#E19 - Cécilia Aguirre de la micro ferme des lilas - Le retour à la nature avec la culture de plantes tinctoriales cover
#E19 - Cécilia Aguirre de la micro ferme des lilas - Le retour à la nature avec la culture de plantes tinctoriales cover
ArtEcoVert LE podcast de la couleur végétale et des plantes tinctoriales

#E19 - Cécilia Aguirre de la micro ferme des lilas - Le retour à la nature avec la culture de plantes tinctoriales

#E19 - Cécilia Aguirre de la micro ferme des lilas - Le retour à la nature avec la culture de plantes tinctoriales

1h04 |13/04/2023
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#E19 - Cécilia Aguirre de la micro ferme des lilas - Le retour à la nature avec la culture de plantes tinctoriales cover
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#E19 - Cécilia Aguirre de la micro ferme des lilas - Le retour à la nature avec la culture de plantes tinctoriales

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Description

⁉️ Connaissez vous le modèle de l'AMAP ?


Dans cet épisode d'Art Eco Vert nous partons à la micro ferme des lilas avec Cécilia Aguirre : restauratrice d'œuvres d'art passionnée par la teinture végétale. Cécilia Aguirre partage son parcours, de sa formation en teinture synthétique à sa découverte de la teinture naturelle, suscitant son intérêt pour des recherches plus durables. Elle évoque son travail avec le laboratoire des monuments historiques, son exploration de la teinture végétale à travers le monde, et son engagement envers la préservation environnementale. Cécilia Aguirre souligne l'importance de la pédagogie pour sensibiliser le public à cette alternative écologique, et expose sa vision d'une industrie textile plus respectueuse de l'environnement. Ne manquez pas cette conversation inspirante sur l'art et l'écologie. On parle également de la culture de ces plantes tinctoriales, autrefois classées dans les plantes industrielles car elles étaient indispensables à l'industrie textile. 


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  • Alimentaire : patisserie, 

  • Teinture végétale : sérigraphie végétale, éco-print, bundle dye, shibori … sur fibres naturelles. La teinture végétale fait partie des teintures naturelles mais n’utilise que des plantes tinctoriales.

  • Cosmétiques : Coloration capillaire végétale, savonnerie (savons végétaux), maquillage,...  

  • Beaux arts : encres végétales, sérigraphie végétale, aquarelles végétales, peintures végétales, craies grasses végétales… 

  • Bio matériaux, bio plastiques teints végétalement, 

  • Agriculture de plantes tinctoriales et production de Colorants biosourcés (Pigments végétaux et Colorants végétaux) Garance, Indigo, Réséda, Tanins… 

En effet, on explore dans ce podcast un des nombreux pouvoirs des plantes à savoir : LA COULEUR 

L’objectif d’ArtEcoVert est de proposer la couleur végétale 🌿 comme alternative combinée à la couleur de synthèse, dérivée du pétrole et est néfaste. 

🚨 Je compte sur vous pour vous abonner à la newsletter du podcast pour ne pas louper la sortie des épisodes :https://podcast.ausha.co/art-eco-vert?s=1

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pour démocratiser la couleur végétale. Mais c’est aussi une communauté sur le Patréon d’ArtEcoVert : https://www.patreon.com/ArtEcoVert de plus de 180 passionnés du sujet qui font bouger les choses ! 

En rejoignant le patréon d’ArtEcoVert vous soutenez le podcast ArtEcoVert (pour qu’il dure) mais vous avez de nombreux avantages : 

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  • Des discussions instantanées que vous pouvez choisir et dans lesquelles vous pouvez parler avec les invités qui ont rejoint Patréon (Cécilia Aguirre, Aurélia Wolff, Charlotte Marembert, Beste Bonnard, Suzy Gallo, …) 💬

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  1. ArtEcoVert LE PROJET ⭐

pour catalyser la réémergence de la filière tinctoriale (construire du lien, des échanges, faire avancer, poser les bases, apporter les preuves, …) 

Pour cela, j’ai créer l’entreprise ArtEcoVert Pauline Leroux dans laquelle je propose

  • mes services :  issus des expériences antérieures (filières agricoles, RSE, Grande Distribution, Distribution Locale, ) et de ma formation d’ingénieure agronome

  • mon énergie 

  • ma passion pour les plantes

  • ma volonté de redynamiser cette filière 

Chaque mission contribuent à soutenir la pérennité du podcast ArtEcovert

Vous êtes intéressés : pauline.artecovert@gmail.com

Bonne écoute 👍

Pauline Leroux

Transcription

  • Pauline Leroux ArtEcoVert

    Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert, le podcast qui vous parle d'art, d'écologie et de verdure. Je suis Pauline Leroux, ingénieure agronome passionnée de plantes, et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications. Que ce soit dans le textile, l'ameublement, l'artisanat, la décoration et dans d'autres domaines, chaque jeudi et samedi à 7h30, je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de Valais. Mon but, fédérer et démocratiser la couleur végétale dans nos vies. Alors, c'est parti ! Bonne écoute ! Alors, bonjour à tous, je suis ravie d'accueillir sur le podcast Cécilia Aguirre. Bonjour Cécilia ! Bonjour ! alors merci alors Cécilia première question est-ce que tu peux nous expliquer qui tu es ton parcours et ta formation alors je suis Cécilia Aguirre mon

  • Cécilia Aguirre Micro Ferme des lilas

    parcours c'est un long parcours vers le végétal en fait et en fait j'ai eu une première approche jeune adulte de la couleur quand j'étais au Sénégal et une première approche de la pratique de la couleur mais qui était vraiment avec les teinturières et la couleur de synthèse de base comme on le fait très mal en Afrique et ensuite j'ai entamé une formation de restauratrice d'oeuvres d'art textile ou là, j'ai eu une formation un peu plus, on va dire, carrée au niveau de la teinture, parce que ce qu'on recherche en restauration, c'est teindre, pas les tissus anciens bien sûr, mais des tissus nouveaux et des fils qui vont nous servir à restaurer, à consolider des œuvres anciennes. et quand j'ai fait ma formation j'ai appris la teinture synthétique avec cette précision de recherche de couleurs et de reproductibilité et on a eu un petit module aussi en technique ancienne sur la couleur et en textile on a abordé la teinture naturelle et vraiment de façon très très ponctuelle et ça m'a j'ai adoré en fait j'avais très envie de poursuivre je me suis beaucoup questionnée et j'ai beaucoup questionné aussi les enseignants et les professionnels de la restauration à ce moment là pour leur demander pourquoi on n'a pas saisi, on ne teignait pas en naturel. Et j'ai beaucoup de public, en fait, les premières années en tant que jeune professionnelle, quand je parlais de mon métier, les gens, avec des étoiles dans les yeux, me disaient Ah, vous faites de la teinture végétale alors ? Et moi, je disais non, je ne sais pas. On m'a dit que ce n'était pas solide, que... c'était pas faisable, c'était pas reproductible je sais pas faire, je fais pas quoi, voilà et à force de questions comme ça et moi-même d'être confrontée à des oeuvres qui ont des siècles et qui ont encore des couleurs magnifiques je me suis dit mais en fait c'est quoi cette réponse à l'emporte-pièce ça... faut aller creuser et donc Et à partir de 2005, j'ai commencé dans mon coin à pratiquer un petit peu la teinture végétale, à me former là où je pouvais. Il n'y avait pas beaucoup d'endroits à l'époque ni de personnes capables. Et puis, je me suis inscrite au premier symposium sur les teintures naturelles qui était organisé par Dominique Cardon, qui avait lieu à Hyderabad en Inde. Et là, j'ai découvert un univers vraiment fascinant qui reliait beaucoup de savoir-faire, de personnes. Ça va de l'agriculteur aux scientifiques, aux artisans. aux artistes et puis un développement aussi social dans pas mal de pays. Et j'ai trouvé que c'était vraiment très très beau, un très très beau symposium, très inspirant. Et à ce symposium-là, j'ai découvert qu'il existait des extraits de plantes hydrosolubles qui venaient de sortir. En fait, c'était couleur de plante à l'époque. en plus fabriqués en France. Et donc là, je me suis dit, je résous mes problèmes de reproductibilité et je vais pouvoir vraiment me pencher là-dessus pour voir si on peut avancer en ce sens pour les introduire en restauration d'œuvres d'art textiles.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #1

    Une fois que je suis rentrée, j'ai commencé à, voilà, j'ai demandé à couleur de plante des échantillons, j'ai commencé à faire des tests. J'ai contacté le laboratoire des monuments historiques qui travaille pour justement le patrimoine, à savoir s'ils pouvaient me tester certains de mes essais. et donc j'ai eu un retour positif même si le laboratoire des monuments historiques ne travaille pas avec des restaurateurs en direct mais travaille pour des institutions donc j'ai eu la chance de pouvoir faire des premiers tests qui m'ont prouvé que mon idée était intéressante et que ils m'ont incité justement à trouver un moyen pour pouvoir travailler avec eux et poursuivre ces recherches. Donc le moyen qu'on a trouvé, c'est d'avoir une bourse d'études. Et à ce moment-là, j'avais vraiment une légitimité pour travailler avec le laboratoire. Et à partir de ce moment-là, bien sûr, j'ai continué à me former. donc en France j'ai fait une formation vraiment sur mesure avec Michel Garcia qui m'a beaucoup apporté avant de partir pour mon grand voyage, donc ma bourse c'était la bourse Carnot qui incite en fait des projets de recherche à l'étranger Donc il fallait que je parte à l'étranger, un bon prétexte. Et donc j'ai fait un magnifique voyage où j'ai eu plusieurs étapes de travail au Brésil, en Afrique, en Inde. C'était les trois étapes principales de travail où j'ai pu continuer mes recherches, mes tests avec les extraits que j'avais découverts, les extraits territoriaux, que j'ai pu mettre au point finalement une méthodologie. pour que mes collègues, parce que moi je suis restauratrice, donc on fait tout en tant que restauratrice, on doit être capable de faire aussi bien les teintures que des lavages, que vraiment la restauration proprement dite, et la couleur est vraiment très importante pour nous, en tout cas on a vraiment l'œil sur la précision. j'ai mis en place une méthodologie pour la recherche de teintes, l'échantillonnage, et qui permettent une reproductibilité, bien sûr, avec des plantes et des méthodes grand teint, parce qu'on a une haute exigence en termes de qualité en conservation, restauration d'œuvres d'art.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #1

    Donc voilà, ça c'est en gros le parcours qui m'a amenée à la teinture végétale, Et à partir de 2012, j'ai commencé à former d'abord mes collègues déjà en place. Et à partir de, je ne sais plus en quelle année j'ai commencé, mais j'ai commencé à donner des cours à l'Institut National du Patrimoine, donc qui forme les restaurateurs. au Bervilliers et voilà et je donne, maintenant je forme mes futurs collègues au sein de l'école même avant qu'ils sortent donc les étudiants ont des cours en colorant de synthèse et aussi en colorant naturel à eux après de choisir ce qu'ils voudront utiliser dans leur pratique selon les objets qu'ils auront sous les yeux etc

  • Speaker #0

    J'avais du coup des précisions. Donc, la formation que vous avez faite à la base, vous n'avez pas donné le nom. Est-ce que vous pouvez...

  • Speaker #1

    Bien, alors c'est l'Institut national du patrimoine en section restauration d'œuvres d'art.

  • Speaker #0

    D'accord, et j'ai une autre question, est-ce que de la restauration d'œuvres d'art, tu avais précisé textile, est-ce que ça veut dire que c'est des œuvres, c'est des tapisseries, c'est des costumes, qu'est-ce que c'est comme type d'œuvre ?

  • Speaker #1

    Alors, tout ce qui peut avoir du textile, donc ça va du costume à la tapisserie, en passant par des objets archéaux, des parties d'objets composites comme du mobilier, où il peut y avoir du bois et du textile, donc on intervient sur les parties textiles. Ça peut être aussi des œuvres contemporaines, des objets. d'art populaire ou des objets techniques. J'ai des collègues qui ont travaillé pour des montgolfières ou des avions, enfin tout ce qui peut avoir du textile et qu'on peut trouver dans des musées ou des monuments historiques.

  • Speaker #0

    Ok, d'accord, c'est plus clair pour moi. Et alors la nuance entre restauratrice d'œuvres d'art et teinturière, en fait, tu m'expliquais que... donc la restauratrice en fait elle supervise l'ensemble de la restauration de l'oeuvre d'art si je comprends bien alors on supervise pas, enfin on supervise et on fait toi t'as la vision d'ensemble c'est ça de tout ce qu'il va falloir apporter ok d'accord je comprends mieux et est-ce que la restauratrice d'oeuvre d'art gère aussi un avis à émettre sur tu sais quand on expose les oeuvres, quand on les met à la lumière d'accord ok et ça tu peux le raconter Est-ce que tu peux me raconter un petit peu ?

  • Speaker #1

    Tout à fait. Alors là, je vais parler au niveau des couleurs principalement. Donc, les UV sont vraiment ce qui altère le plus les couleurs. D'accord. Donc, c'est pour ça que quand vous allez visiter une exposition dans un musée, souvent, vous trouvez que vous ne voyez pas bien. pourquoi ? parce que les normes muséales c'est 50 lux 50 lux c'est pas grand chose et c'est ce qu'on autorise pour pouvoir exposer les textiles et les préserver au maximum l'action de la lumière elle est cumulative donc une fois qu'on a perdu on a perdu et plus on met de lux sur un objet plus il va se dégrader

  • Speaker #0

    est-ce que tu peux via des alors je vais peut-être dire des bêtises mais tu vois je vois souvent des œuvres dans des comment je peux expliquer des boîtes de verre, est-ce que le verre réduit un peu les UV ou est-ce qu'il y a des astuces en fait pour éviter que les œuvres d'art prennent trop de luxe alors les verres en fait,

  • Speaker #1

    les vitrines, ça préserve essentiellement de la poussière d'accord ça n'a aucun intérêt par rapport aux UV d'accord par contre les UV il y a des filtres anti-UV qu'on peut mettre aux fenêtres et puis des lampes spécifiques qui n'émettent pas ou très peu d'UV d'accord ok il y a des appareils qui existent qui sont des luxmètres qui permettent

  • Speaker #0

    de mesurer la quantité de lumière que reçoit, enfin la quantité d'UV que reçoit l'œuvre d'art ?

  • Speaker #1

    UV, non, mais de lumière, oui.

  • Speaker #0

    D'accord, ok.

  • Speaker #1

    Parce que UV, on sait quelles ampoules on utilise et quels sont leurs spectres, y compris dans les UV. Ok. On peut choisir.

  • Speaker #0

    dans les formateurs dont tu as parlé dans ton accompagnement t'as parlé de Michel Garcia est-ce qu'il y avait d'autres noms que tu peux citer de personnes qui t'ont accompagné dans ton parcours, à un moment tu disais je me suis rapprochée des professeurs ou des personnes de l'époque, est-ce que t'as des noms que tu voudrais citer sur ces personnes là ?

  • Speaker #1

    alors j'ai fait mes premières formations c'était à Ocra conservatoire des Ocre dans un dans le Luberon d'accord et j'ai fait une formation avec une italienne à l'époque qui ne vient plus là Rosella Cilano, je sais même pas si elle a la retraite ou pas Rosela Chilano j'ai fait une formation avec Aboubacar Fofana qui m'a voilà qui est un grand ami et qui qui faudra interviewer aussi ça fait déjà 4 fois qu'on le sort son nom il faut que il faut que j'y aille là c'est bon

  • Speaker #0

    4ème fois il faut que je l'appelle ok si vous avez des coordonnées d'ailleurs je veux bien que vous me les envoyez ça me fera c'est top ouais ok

  • Speaker #1

    et puis j'ai fait une autre formation aussi avec Karine Delonnet qui aujourd'hui est à la retraite mais qui est aussi une personne très riche et intéressante ça c'était mes premières formations et puis après j'ai vu Michel Garcia et ensuite dans mon voyage j'ai été aussi en contact avec des teinturiers au Brésil en Inde en Afrique, c'était à Boubacar je suis allée chez lui

  • Speaker #0

    Et est-ce que justement, j'avais posé la même question à Dominique Cardon, est-ce qu'il y a une universalité dans le fait de teindre avec les plantes, un savoir-faire ancestral, etc. Mais est-ce qu'il y a des particularités entre l'Amérique du Sud, l'Afrique, l'Inde, est-ce qu'il y a des choses que tu as pu capter ? sur différentes techniques, sur différents procédés ? Est-ce que tu as des petites anecdotes comme ça sur les différents savoir-faire ?

  • Speaker #1

    Alors, chaque teinturier a ses petits trucs, même en France. Moi, je pratique d'une façon, d'autres pratiquent autrement. Voilà, chacun a nos raisons de faire comme on fait. Alors, au Brésil, je suis allée chez Hébert Ferreira. En fait, sa démarche m'intéressait. Je l'avais rencontrée au Symposium d'Iderabad. Sa démarche m'a intéressée parce qu'il était dans le transfert à l'industrie, donc avec une rigueur, on va dire, que je recherchais, qui n'était pas forcément la pratique artisanale lambda. Donc lui, il avait développé... Deux choses, justement, au niveau extraction, utilisation de pigments aussi pour la coloration des textiles. Voilà, donc j'ai pu tester des choses avec des résultats satisfaisants dans certains points de vue et moins pour d'autres. Donc voilà, ça, c'était bien de pouvoir partager. Ensuite, en Inde, ce que j'ai vu, ça ressemble beaucoup à ce que je fais, sauf qu'il y a des petites... nuances au niveau des plantes utilisées, plus les plantes locales, ce qui est normal. Ensuite, avec Aboubakar, j'ai vraiment vu les cuves par fermentation à l'indigo qui sont passionnantes et voilà.

  • Speaker #0

    Alors du coup, Cécilia, ma question c'est, donc je comprends bien ton parcours, moi je te connais, on a parlé de toi sur la partie plutôt, on va dire botanique, la ferme des Lillas, la Morte Tintilis, est-ce que tu peux nous expliquer le... le parcours en fait comment t'es passée t'es toujours restauratrice d'oeuvres d'art mais tu as une activité en plus et comment tu es arrivée à cette activité en plus alors en fait j'avais déjà j'avais envie de

  • Speaker #1

    mettre les mains dans la terre et j'avais envie de remonter la chaîne parce que pour la restauration d'oeuvres d'art j'utilise des extraits de plantes, toujours parce que ça me facilite la précision, la reproductibilité voilà mais je trouvais pas ça suffisant dans l'approche et la pédagogie surtout voilà ça c'est le volet écologique on va dire on forme des gens à la teinture végétale il faut aussi les former à l'utilisation de la ressource. Donc pour ça, pour moi, rien de mieux que de mettre les mains dans la terre et de savoir ce que c'est vraiment de cultiver ces plantes. Et pour estimer en fait... leur valeur vraiment, leur valeur travail, leur valeur terroir tout ce qu'il y a derrière et quand on va teindre et qu'on a cette conscience là et bien on va pas utiliser les plantes de la même façon, on va être beaucoup plus respectueux on va essayer de les utiliser avec parcimonie sur des belles matières parce que la teinture végétale elle mérite et elle a besoin de belles matières qui la mettent en valeur voilà

  • Speaker #0

    ouais donc t'es plus en conscience le fait d'avoir expérimenté, compris la chaîne comme tu dis, donc de la graine à la couleur finale, c'est exactement le thème du podcast Cécilia, donc on est en bout de temps j'avais des questions très pratico-pratiques est-ce que tu as commencé déjà, tu as lancé tout de suite ta ferme des lumières ou est-ce que tu as commencé on va dire plus secrètement chez toi et par quoi t'as commencé en fait vraiment quelle plante, comment tu t'y es pris raconte-nous

  • Speaker #1

    Alors, j'ai eu la chance d'avoir ce terrain familial qui n'était pas utilisé pour autre chose que de la pâture à chevaux. Et donc, j'ai pu commencer des premiers tests sur cette parcelle-là. et en même temps je me suis formée j'ai fait un BPREA et j'ai fait aussi une formation en permaculture autre chose qui m'a beaucoup inspirée c'est la permaculture et donc quand je me suis sentie prête, on ne va pas dire légitime parce que je ne sais pas si je me sens encore réellement légitime certains vont me dire mais oui oui, d'autres bon En tout cas, quand je me suis sentie prête, j'ai commencé à vouloir cultiver et commercialiser à petite échelle. La commercialisation dans une démarche pédagogique, pour moi, c'était l'AMAP, parce que ça crée un réseau, on va dire, de consom-acteurs, comme on appelle ça dans les AMAP. Ce ne sont plus des simples clients qui achètent les plantes, mais ce sont vraiment des personnes qui savent comment je cultive, qui ont l'occasion de venir sur le terrain. pour m'aider et pour voir justement comment ça se passe, auxquels je dois des comptes. En gros, j'explique ce qui s'est passé telle année, pourquoi telle culture n'a pas bien donné ou pourquoi ça a bien donné, et qui sont partenaires. Parce que l'idée d'une amap, c'est vraiment... d'acheter une production avant qu'elle soit sortie de terre. Ça, c'est très important. Parce que, justement, c'est comme ça qu'on soutient les agriculteurs. D'accord. Ça permet d'avoir, on va dire, un revenu... sécurisé.

  • Speaker #0

    Assuré.

  • Speaker #1

    Ouais, assuré. D'accord. Donc moi, je produis en très petite quantité. Je suis pas du tout... Je suis pas mécanisée déjà, donc voilà. Et c'est ma deuxième activité, donc je fais ce que je peux avec le temps que j'ai et mes petits bras. J'ai beaucoup besoin d'aide des amapiens ou autres bénévoles. Et en fait, l'idée, c'est vraiment d'avoir un... un réseau et que les gens se sentent bien à la ferme et puis voient leur couleur pousser.

  • Speaker #0

    Et alors, c'est basé où la ferme des Lilas du coup ?

  • Speaker #1

    Alors, la micro-ferme des Lilas, elle est dans les Yvelines, donc en Ile-de-France, sur la commune de Longuillier.

  • Speaker #0

    D'accord. Et tu as combien de mètres carrés ?

  • Speaker #1

    Le terrain fait 3 hectares. Je ne cultive pas 3 hectares. Je cultive environ... 1500 mètres carrés mais qui ne sont pas que des teintes oréales je fais aussi des plantes aromatiques et médicinales parce que quand on rentre dans le végétal ben voilà on est en Europe je comprends bien pour être passionnée de plantes je comprends bien ce que tu veux dire t'as un projet de base et après ça part en inspiration ok donc tu fais de l'aromatique de la médicinale et bien teintes oréales voilà c'est ça parce que l'outil de transformation est le même en fait donc j'ai un séchoir que j'ai construit. Et voilà, quand on sèche des teintes oréales, on a aussi envie de sécher des aromatiques, des monicinales, tout ce qui passe, qui peut être utile à l'homme.

  • Speaker #0

    D'accord. Du coup, un séchoir, donc, comment je vais dire, je ne sais pas le terme, mais ce n'est pas un séchoir, ça ne nécessite pas d'énergie, c'est un séchoir que tu as fait, que tu stockes. C'est ça ?

  • Speaker #1

    Le terrain sur lequel je suis n'est pas relié au réseau. Donc, je n'ai pas d'eau, je n'ai pas d'électricité. Par contre, enfin... Du réseau, on va dire. Heureusement, j'ai un puits. donc je lise l'eau avec parcimonie parce qu'avec les sécheresses on est obligé de faire très attention donc heureusement les aromatiques et médicinales ne demandent pas forcément une grosse consommation d'eau le séchoir par contre j'ai dû installer du photovoltaïque pour avoir vraiment un séchoir professionnel qui ne soit pas bricolé et ne pas être dépendant des aléas climatiques par exemple en 2021, on a eu une saison très très pluvieuse. Sécher juste à l'air libre, ça n'aurait pas été possible.

  • Speaker #0

    Voilà.

  • Speaker #1

    donc pour avoir de la plante de qualité j'ai un séchoir avec du photovoltaïque qui fait fonctionner un petit déshumidificateur et aussi avec du solaire thermique qui me permet de pulser de l'air chaud quand il y a du soleil dans

  • Speaker #0

    mon séchoir est-ce que tu peux nous expliquer par quelle variété tu as commencé donc à la base l'idée sur les 1500K c'était de faire de la teinturielle et après tu as des vieilles mais tu as du coup commencé par quelle Quelles essences ? Parce que tu as dit quelque chose qui revient beaucoup, c'est quand je me suis sentie prête, comment tu t'es préparée ? Tu as lu, tu as été voir d'autres jardins tanctoriaux, est-ce que tu as creusé tous les bouquins qu'on peut avoir ? Comment tu t'es préparée et par quoi tu as commencé ?

  • Speaker #1

    Alors, je me suis préparée en rien du tout, je me suis lancée à part ! à planter des graines et les formations que j'ai faites le BPREA et les formations en permaculture en fait ça ne parle absolument pas des plantes teintoriales donc là il y avait tout à défricher ou presque donc j'ai lu quelques livres anciens qu'on trouve sur google book sur la culture de la garance du pastel etc mais voilà c'est j'ai planté des graines et j'ai regardé ce que ça donnait sur mon terrain ça a commencé comme ça et en fait là où je me suis sentie prête c'est surtout au niveau de l'indigo le plus complexe c'est la transformation des feuilles en pigments

  • Speaker #0

    et alors du coup l'indigo tu fais avec le pastel ou tu fais avec la persiquaire tu le fais avec quoi du coup ?

  • Speaker #1

    alors j'ai essayé le pastel et j'ai essayé la persiquaire vu mes contraintes d'énergie j'ai choisi la persiquaire parce que c'est une extraction plus facile que je peux faire à froid sans apport d'énergie le pastel ça peut se faire mais il faut chauffer très fort et des grosses quantités et j'ai juste pas envie et ça n'a pas de sens pour moi de faire comme ça j'aimerais pouvoir transformer le pastel mais plutôt pour faire des cocagnes à destination de cuve par fermentation

  • Speaker #0

    d'accord alors ça me fait ta remarque me fait rebondir sur deux épisodes l'épisode de David Santandreux où il parle justement des cocagnes et pour la fermentation dans des cuves indigo et je pense aussi à Morgane Recoul qui est une jeune agricultrice, je ne sais pas si tu connais, de l'atelier Cazel, qui vient de se lancer dans les graines vectorielles sur un tout petit espace en Aveyron et en fait il y a eu des gros problèmes d'eau la première année où elle s'est lancée et en fait elle m'expliquait qu'elle avait fait le choix de la persica parce que le pastel nécessitait beaucoup trop d'eau pour moi le pastel c'est vraiment une plante très résiliente et bien adaptée à notre terroir d'accord sans

  • Speaker #1

    problème les grosses années de sécheresse on va dire j'ai eu un peu d'altise sur le pastel parce que c'est du chou et voilà il n'y a pas d'eau qui tombe à ce moment là elles ont l'air d'avoir Autoroute tracée pour les altises Mais sinon non En tout cas en Ile-de-France chez moi

  • Speaker #0

    Ça allait D'accord Et alors comme plante J'ai entendu des graines de garance Que tu avais mis L'indigo du coup avec la persiquaire Est-ce que tu as d'autres Variétés dont tu peux nous parler Nous donner des petites anecdotes Sur le niveau de facilité De difficulté Est-ce que tu rencontres toi tous les jours sur le terrain

  • Speaker #1

    Oui, alors que je cultive les autres plantes que je cultive, j'ai aussi de la gaude donc Reseda luteola qui est très bien adaptée chez moi, je suis sur un terrain sableau limoneux, les plantes teintoriales, aromatiques se plaisent bien c'est très drainant donc quand il y a des cas de sécheresse là moi je paille beaucoup pour essayer de retenir au maximum l'eau et éviter l'évaporation Merci ça c'est essentiel sur mon terrain et je pense que même sur d'autres terrains en général ça devrait être essentiel la couverture du sol et par contre la persiquaire a quand même besoin d'eau elle je l'irrigue un peu au moins une fois par semaine l'année dernière avec la sécheresse c'était au moins une fois par semaine sinon toutes les autres plantes elles poussent comme elles poussent voilà ce qui permet qu'elle soit aussi je crois que Patrick en parlait un petit peu dans son podcast que les plantes sont aussi un peu stressées et elles fabriquent leur colorant mieux en coup de stress. Mais il faut quand même un juste milieu. Il ne faut pas qu'elle se rame non plus.

  • Speaker #0

    Donc du coup, on voit un petit peu ta surface, on voit les plantes que tu proposes. Est-ce que tu peux nous parler du travail ? Tu voulais avoir les mains dans la terre. Tu pars de la graine ou tu achètes des plants ? Quand tu t'es lancée, tu as acheté des plants ou tu n'es partie vraiment que de la graine ?

  • Speaker #1

    Obligation de partir de la graine parce qu'il n'y a personne qui fait des plants.

  • Speaker #0

    Du coup, quand tu es partie des graines, donc au semou, on suit le mode d'emploi. On voit pousser, on observe beaucoup. et quels sont les premiers travaux qui apparaissent avec les plantes tectorielles ? Est-ce qu'il y a des buts à faire comme dans d'autres cultures ? Est-ce que c'est uniquement des travaux de cueillette ? Qu'est-ce que tu peux nous raconter comme les premières étapes techniques de la culture des plantes tectorielles ?

  • Speaker #1

    Alors, juste un petit mot sur les graines avant. Aujourd'hui, je fais mes semences. D'accord. J'ai commencé, je me suis fournie de mes semences au conservatoire national, non au conservatoire des plantes de Mille-la-Forêt, CNP-MAI. Donc ils font, ils conservent des plantes aromatiques, médicinales et industrielles.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #1

    Les plantes teintoriales font partie des plantes industrielles. Je pense que c'est important d'avoir en tête l'historique de la teinture, de la production. Avant le XIXe siècle, avant l'industrie de synthèse, toutes les couleurs textiles étaient issues du végétal. donc c'était vraiment de l'industrie on avait des hectares on avait des hectares de culture et on n'en avait pas assez chez nous on allait exploiter des

  • Speaker #0

    surfaces dans les colonies donc ça c'est ça dont tu parles quand tu parles de plantes industrielles,

  • Speaker #1

    ça y est j'ai compris c'est ça qui servait en masse avant oui parce que c'était on avait des gros besoins couleurs en plantes tectoriales pour répondre à toute l'industrie textile. Donc ça faisait partie de l'industrie textile en fait, ces plantes-là.

  • Speaker #0

    D'accord, donc toi tes graines, tu es allée chercher au conservatoire, au conservatoire donc de nuit la forêt.

  • Speaker #1

    Oui, conservatoire des plantes.

  • Speaker #0

    Des plantes. Tu as fait pousser tes graines et donc qu'est-ce qui se passe ensuite en termes de technique, comme je te disais ? Qu'est-ce que tu dois faire ? Quel est ton premier, on va dire, travail en tant qu'agricultrice de plantes tectoriales ?

  • Speaker #1

    Alors le premier travail c'est le semis comme tu l'as dit qui est vraiment une étape très importante parce que suivant les plantes qu'on fait pousser les graines ont des conditions différentes de germination donc certaines plantes vont demander de la chaleur d'autres pas forcément donc pour ça il faut gérer un petit peu son planning pour être prêt à implanter des petites plantules qui ont germé au chaud, on va dire, et les installer une fois que les risques de gel à l'extérieur sont partis. Là, je parle principalement de la persiquaire qui ne supporte pas le gel. Donc, elle, je l'implante après les scènes de glace à la mi-mai. D'accord. Il n'y a plus de risque. Ensuite, moi, je paille bien toutes mes plantes, comme je disais, pour retenir au maximum l'eau et ne pas avoir d'irrigation à faire. Surveiller qu'elles ne viennent pas se faire grignoter par des lièvres ou des limaces. D'accord. qui arrivent régulièrement sur certaines plantes. Par exemple, le cosmos, c'est un régal apparemment. C'est vrai ? Donc, à l'état jeune, il faut vraiment les surveiller, voir les voilées. Les prédateurs viennent. Ensuite, la récolte, c'est... Alors, pour la gaude, c'est quand les plantes sont en fleurs. Fleurs et graines, en général, je récolte au mois de juin, juillet. Voilà, la gaude. Les parties aériennes. Je les passe au hache-paille, je les coupe en petits tronçons et je les fais sécher en couche fine dans mon séchoir. Pour, qu'est-ce qui vient après ? La persiquaire. Donc le travail de la persiquaire, c'est vraiment récolter les feuilles. et ensuite la transformation en pigments. Donc je fais trois extractions par saison. Je commence la première mi-juillet, ensuite mi-août et mi-septembre, en gros. Après, tout ce qui est fleurs, cosmos, coreopsis, etc., donc ça c'est au fur et à mesure de la floraison, à partir de juin, juillet, ça dépend. Et là, c'est tous les deux, trois jours, je peux y aller.

  • Speaker #0

    Tu as l'instrument ? tu cueilles pas à la moindre j'imagine parce que sinon tu t'épuises est-ce que tu mords un genre de je sais pas comment ça s'appelle ce petit râteau à fleurs je sais pas comment ça s'appelle là c'est vraiment pour les fleurs très petites comme la camomille matricaire c'est un peigne à myrtilles c'est

  • Speaker #1

    ça, donc pour les fleurs teintoriales, c'est des fleurs qui sont quand même plus grosses et là c'est toute la récolte émanuelle

  • Speaker #0

    donc un travail de titan c'est pour ça que tu as besoin de d'amapiens et de bénévoles pour venir t'aider parce qu'en plus je suppose que tout arrive d'un coup tu arrives à échanger tes ce qu'on fait pour les salades tu mets 15 jours entre tes salades pour que ça arrive en

  • Speaker #1

    fait la floraison elle arrive petit à petit donc sur les cosmos je commence par récolter 10 fleurs et puis après j'en récolte 20 et puis ça monte ça monte comme ça progressivement par rapport à la croissance de la plante

  • Speaker #0

    et on explique sur des heures de récolte ouais ouais j'imagine en saison et on expliquait j'ai lu je pense que j'ai lu que en fait le fait pour certaines fleurs de couper la fleur réincitait la production à repartir sur une fleur

  • Speaker #1

    Oui, parce que pourquoi la plante produit des fleurs ? C'est pour sa survie, sa reproductibilité. Donc, si on coupe la fleur, il faut qu'elle refasse des fleurs pour faire des graines. L'objectif de la plante, c'est de faire des graines pour se reproduire.

  • Speaker #0

    Donc, quand tu cueilles tes fleurs, je vais peut-être poser des questions bêtes, mais tes choréopsis, c'est pour faire des extraits ? tu en gardes une partie pour recueillir les graines tu en gardes une partie pour les extraits comment tu t'organises en fait pour te dire il faut que je garde mon patrimoine génétique pour moi, ma remise en culture pour mes ventes comment tu gères tes récoltes en disant quel est le meilleur moment est-ce que c'est en début de floraison ou en fin de floraison pour avoir les graines explique-moi un petit peu parce que j'avoue c'est abstrait déjà moi je ne fais pas d'extrait il n'y a que sur l'indigo que je fais de l'extrait d'accord

  • Speaker #1

    ensuite c'est les plantes brutes pour brutes séchées sur les graines en fait par exemple pour le cosmos je regarde parce que les pieds sont tous un peu différents je regarde le pied qui me donne les plus belles fleurs et je vais essayer de garder de moins cueillir on va dire sur ce pied là et c'est ce pied là dont je vais récolter les graines

  • Speaker #0

    en fait il nous faut assez peu de graines d'accord t'as pas besoin d'une grande quantité pour ressemer l'année d'après ensuite après la cueillette je suppose qu'il y a des plantes dans les annuels que tu dois bah enlever pour mettre d'autres cultures après ? Je pense que tu fais une rotation des cultures aussi pour pas qu'il y ait de parasites ou de maladies qui soient communes.

  • Speaker #1

    Oui, tout à fait, je fais des rotations de cultures sur les plantes annuelles. Ensuite, sur la garance aussi j'en fais, mais le cycle est plus long.

  • Speaker #0

    La garance, c'est à partir de combien de temps qu'on peut récolter la racine ? Il me semble que c'était assez long.

  • Speaker #1

    Je la récolte la troisième année. Elle a deux ans et demi quand je la récolte. Chaque année, je mets une nouvelle planche de garance en culture. et j'en récolte une donc j'ai des planches intermédiaires qu'il faut aussi incortiquer

  • Speaker #0

    Eh bien, dis donc, tu me fais rêver, tu vois, j'ai envie de... Mais bon, il faut énormément de rigueur et je ne peux pas être partout, mais tu vois, ça me fait rêver franchement d'entendre ça. Alors du coup, la micro-ferme des Lina, tu as dit qu'on pouvait la visiter, donc accessible au public, elle a un rôle pédagogique, parce que tu accueilles les gens, tu transmets ton savoir. Ça m'amène à la question tout simplement de la transmission. Est-ce que tu peux nous expliquer ? les questions récurrentes que te font les gens qui viennent découvrir ton métier ?

  • Speaker #1

    Alors, petite précision d'abord. La ferme, elle est bien sûr ouverte aux personnes qui veulent venir. Je ne fais pas des visites comme ça. Il faut aussi que je bosse. Donc, les personnes qui veulent venir, elles viennent, mais elles donnent un coup de main. Ce n'est pas juste...

  • Speaker #0

    Oui, elles prennent rendez-vous.

  • Speaker #1

    Oui, très sûr. je sois là aussi parce que je ne suis pas toujours là et par contre il y a des journées organisées par la MAP où j'essaye de faire venir plus de monde qui sont plus conviviales autour d'une action la plantation de la persiquaire par exemple la récolte de garances par exemple et il y a la fête de la ferme aussi qui est vraiment là une occasion de venir voir la ferme tranquillement il y a de la musique, il y a des activités voilà là c'est plus la journée un peu découverte plaisir et conviviale avec plein de choses qui se passent à la ferme donc ça c'est le 25 juin tu me rappelles un truc c'est que toi

  • Speaker #0

    tu vends tes plantes séchées à la MAP et la map se charge de la distribution de ce réseau là derrière, c'est ça ? Quelles sont les questions qu'ils te posent ? Est-ce qu'ils connaissaient déjà les plantes tectoriales ? Quelles questions on te pose par rapport à ça ?

  • Speaker #1

    Souvent ceux qui viennent ils viennent parce qu'ils ont envie de voir les plantes tectoriales donc ils connaissent Ensuite ça arrive qu'il y ait des groupes Ça arrive peu, mais c'est arrivé par exemple qu'il y a un groupe de cyclistes de la région qui me demandent de faire une halte, et là je fais faire une visite, et j'explique un petit peu ce que c'est. Et là, effectivement, il y a beaucoup de gens qui découvrent en fait ce que c'est l'étanctorial. Je vois même dans les... les agriculteurs du coin. On a eu une réunion il n'y a pas longtemps pour la Biosol, parce que je suis aussi labellisée bio, petit détail.

  • Speaker #0

    Quelle est son importance ?

  • Speaker #1

    En fait, les gens savaient... parce qu'ils ne s'étaient jamais posé la question de la couleur sur leurs vêtements, de la couleur en gros, et qu'il pouvait y avoir de la couleur qui vienne des plantes. Donc ça, il y a des gens qui découvrent complètement, même au sein du milieu agricole. Ça dépend du public qui vient, mais souvent, c'est des publics qui connaissent la teinture végétale et qui viennent pour ça.

  • Speaker #0

    Donc, tu n'as pas trop de questions de néophytes, c'est plutôt des gens qui sont déjà aguerris sur ce sujet. Donc, OK. en termes de transmission donc tu accueilles du monde tu fais des stages enfin des stages des visites de jardin est-ce que tu fais d'autres actions en termes de transmission d'intervention auprès de oui en fait donc

  • Speaker #1

    je fais un stage par an autour de l'indigo qui s'appelle Global Indigo où on va où j'explique tout de la graine au pigment à la teinture c'est vraiment de complet j'accueille des stagiaires en formation agricole depuis le confinement en fait j'ai régulièrement des gens qui me demandent c'est vraiment chouette de constater que les gens passent enfin à l'action sinon je fais des formations en teinture naturelle mais aussi bien à l'Institut National du Patrimoine que aussi autre chose personne à interviewer, c'est Colour ton monde, Suzy Gallo. Il faut savoir que j'ai rencontré Suzy en 2011. Elle m'a contactée juste au moment où elle voulait avoir un peu un peu de France. Mais elle vous en parlera, je ne vais pas développer l'histoire de Colour ton monde. Mais en gros, je suis avec elle cofondatrice de cette association. Et donc, je continue à faire mes formations. professionnelle via Color Tournament.

  • Speaker #0

    J'ai un point aussi important, c'est tout ce qui est relation de partenariat. Est-ce que dans la micro-ferme, est-ce que tu as des partenaires ? Parce que tu fais quand même tout, toute seule. Est-ce que tu as quand même des gens, des partenaires réguliers sur certains produits ou des gens qui t'aident ? Comment tu fonctionnes avec tes partenaires ?

  • Speaker #1

    Les gens qui m'aident, c'est les bénévoles qui viennent à la ferme.

  • Speaker #0

    Oui, tu n'as pas d'autres partenaires ?

  • Speaker #1

    Non.

  • Speaker #0

    Donc, tu as les bénévoles, toi, et la MAP par la suite.

  • Speaker #1

    Ensuite, les partenaires, comme je suis agricultrice bio, il y a le Pôle à Biosol, bien sûr. On peut avoir des échanges. Là, on a une prochaine rencontre entre producteurs de PAM et je vais leur présenter les plantes tanctoriales.

  • Speaker #0

    voilà mais c'est tout au niveau de la sphère agricole et est-ce que tu dirais qu'il y a beaucoup d'agriculteurs de plantes tanctoriales en France ?

  • Speaker #1

    non,

  • Speaker #0

    pas beaucoup est-ce que dans d'autres pays c'est plus développé ?

  • Speaker #1

    je pense que oui il y a d'autres pays qui sont plus qui ont une culture on va dire un peu plus agriculture couleur, l'Inde, par exemple, mais encore... Voilà, je ne sais pas, je n'ai pas des chiffres.

  • Speaker #0

    Et une autre question, Patrick Brenac, dans l'épisode qui sort aujourd'hui, précisait que il y a agriculteurs des plantes tanctoriales, mais il parle beaucoup de la production, de la productivité qui peut être faite sur ces parcelles, et il explique qu'il y a vraiment deux catégories, il y a les petits producteurs et les plus gros. Pour toi, comment dire, à partir de quand on est, ce serait quoi en termes d'hectares, quelque chose de productif où tu peux, voilà, c'est quoi l'échelle pour toi d'une grosse ou d'une petite ? J'ai reçu Morgane, tu vois, elle était sur, je crois, 500 mètres carrés, elle démarrait. C'est pour son emport personnel, ses ateliers, ses teintures. quand tu veux faire de la production pour toi, ce serait quoi la surface qui pourrait être intéressante ?

  • Speaker #1

    Là, il faut des hectares. Oui. Il faut être mécanisé. Il faut être mécanisé déjà. Donc, le champ des couleurs, je ne sais pas si c'est prévu dans les interviews, elles ont une échelle qui n'est pas énorme, mais qui est mécanisée, qui est... Voilà, c'est une autre étape encore. Moi, je suis petite échelle, tout manuel, donc je ne peux pas faire autant. Elles, elles sont à 100% sur cette activité-là et avec les outils qu'il faut, quoi.

  • Speaker #0

    d'accord donc pour toi le passage à une plus et puis c'est logique le passage à une plus forte productivité c'est de commencer à se mécaniser j'avais des questions comme tu as bien développé dans ton introduction la partie que tu avais abordée au Brésil sur tu sais pas le retour à l'industrialisation mais presque j'avais quand même envie de te poser cette question selon toi Cécilia qu'est-ce qui ferait que la teinture végétale retrouve ses lettres de noblesse et soit une alternative convaincante et réutilisée demain.

  • Speaker #1

    Ça reparte au niveau de l'industrie textile, c'est ça ? Non,

  • Speaker #0

    mais si on arrive à réduire, je précise ma question parce que c'est important, si les consommateurs arrivent à réduire la quantité de vêtements qu'ils achètent, qu'il y a cette baisse naturelle de consommation de vêtements, et que la teinture végétale est envisageable, qu'est-ce qui ferait qu'on irait ? Quel levier il faudrait débloquer ? Quel frein il faudrait lever ? Qu'est-ce qu'il faudrait pour les industriels ? Comment on pourrait faire ce passage ?

  • Speaker #1

    Je pense que c'est une question de volonté et de demande clientèle, déjà. Il faut que le public soit averti et le demande. Si le public ne le demande pas, si le consommateur ne le demande pas, ça ne se fera pas.

  • Speaker #0

    Mais pour moi,

  • Speaker #1

    c'est la pédagogie. Vraiment, la première chose, c'est la pédagogie. C'est ce que j'essaye de faire à ma petite échelle. C'est ça, quoi, c'est ça. Et la pédagogie sur les pollutions, que ça enchaîne. Parce qu'aujourd'hui, l'industrie textile, elle est quasiment délocalisée, complètement. Il y a très peu d'industries en France. Certains commanditaires sont regardants sur ce qui se passe dans les industries ailleurs. et d'autres ne sont pas du tout regardants et ce qu'ils cherchent c'est le prix et du coup, souvent c'est du n'importe quoi qu'on a derrière au niveau exploitation humaine aussi donc voilà, en fait c'est de la pédagogie déjà là-dessus qu'il faut faire et en même temps proposer des alternatives et montrer d'autres chemins et faire comprendre aux gens que ces autres chemins ils vont être un petit peu plus lourds sur le porte-monnaie comment leur faire comprendre ça et forcément ce sera plus cher mais

  • Speaker #0

    c'est du coup comme en alimentaire c'est moins acheter moins mais acheter mieux et tu vois ce qui me touche dans ton le premier point que t'as sorti c'est le consommateur et la pédagogie et en fait tu vois le podcast à sa petite échelle on s'entend rien que le fait que les gens entendent que les plantes peuvent donner des couleurs et que c'est une alternative possible et que ça existe et qu'il y a du monde derrière et qu'il y a un réseau si ça peut contribuer à en parler je serais la plus heureuse du monde et tu vois je vois que chacun fait sa part toi tu fais de la pédagogie sur le terrain avec des gens que t'accueilles ou non dans d'autres entités et tu vois, je suis contente que tu viennes me le dire parce que tu l'as sorti hyper spontanément, c'est le premier truc qui t'est venu c'est vraiment qu'il faut en fait que les gens prennent conscience et je pense qu'on n'en est pas encore là quoi ce qu'il faut prendre conscience aussi c'est que tout ça toutes les pollutions actuelles,

  • Speaker #1

    elles nous reviennent sur notre santé à nous. Tout impact sur l'écologie, on va dire, mondiale a un impact sur chacun de nous. Et ça, on n'en est pas assez conscients. Et en fait, quand on aura réfléchi la santé aussi différemment, je pense que la consommation sera aussi différente. parce que tout revient en fait à la santé au final c'est nos corps qui en souffrent soit par des polluants qu'on a sur nos vêtements soit par l'eau qu'on consomme qui est dégueulasse bourrée de micro-plastiques, les poissons les machins, enfin voilà tout nous revient en fait parce qu'après on mange et on s'habille et les polluants on les retrouve sur nous

  • Speaker #0

    c'est à notre mesure tu vois moi j'avais fait un épisode zoom je sais pas si tu suis sur le podcast mais il y a les épisodes avec les invités il y a les épisodes zoom et en fait sur les épisodes zoom le premier que j'ai sorti c'est sur l'impact de l'industrie textile mais aussi les bonnes nouvelles parce que tu vois je suis pour le fait de montrer ce qui va pas mais de montrer aussi qu'il y a des gens qui se bougent et qu'en fait c'est possible de se bouger il suffit comme tu disais de volonté donc c'est le premier point euh... Est-ce que tu as d'autres points techniques qui feraient que les industriels se disent Ok, j'ai la demande, comment on pourrait convaincre les industriels aussi d'y aller ?

  • Speaker #1

    Je pense que l'homme est assez ingénieux pour trouver des solutions. donc je ne me fais pas de soucis si la volonté elle est vraiment là les industriels y suivent par contre ce qu'il faut aussi éduquer c'est la comment dire la sobriété colorimétrique Alors, explique-moi. Aujourd'hui, on ne se rend pas compte qu'on est dans un monde qui est dans une profusion de couleurs partout. La couleur, elle ne coûte pas cher, elle coûte même moins que rien. Quand on achète un matériau qui soit coloré ou pas coloré, c'est le même prix. Mais en fait, avant l'apparition des colorants de synthèse, quand on utilisait la plante, la couleur avait un prix. aujourd'hui on ne veut pas les industriels ils veulent payer le moins cher possible la couleur, pourquoi ? Parce qu'ils n'arrivent pas à vendre plus cher un produit coloré et si on veut utiliser et puis mettre en avant aussi les fibres non teintes ça, trouver du brut, du blanc, des crus, du gris, et là-dessus, amener des touches avec des plantes, des décolorants naturels, ça, pour moi, c'est l'avenir, on va dire, parce qu'on ne pourra pas mettre tout en naturel, déjà, avec la consommation actuelle qu'on a de quantité, ça c'est sûr, mais de quantité de couleurs aussi, pour moi, ce n'est pas imaginable. de se dire, demain, on va faire comme aujourd'hui, mais avec que du naturel. Ça, ce n'est pas viable.

  • Speaker #0

    Donc, ça s'accompagne forcément par une remise en question des quantités de vêtements qu'on achète et de la disponibilité. Comme tu dis, tout est coloré. Comment revenir à un bon équilibre ? J'entends du couteau.

  • Speaker #1

    Il y a des plantes qui coûtent cher parce que c'est des couleurs qu'on veut et des couleurs qu'on aime. Le bleu, le rouge. ça coûte cher. Le jaune, on en trouve partout dans la nature, mais des jaunes solides, il y en a moins, mais c'est quand même moins coûteux. Par contre, les beiges, les griffes, tout ce qui est plantes à tannins, là, il y a une profusion, et c'est vrai qu'on pourrait aussi travailler en recyclage, mais il y a déjà plein de gens qui travaillent là-dessus, en recyclage aussi bien de déchets de coupe, d'entretien des forêts. de déchets maraîchers. Il y a plein de solutions pour trouver de la ressource pas très chère, mais ce ne sera pas sur des couleurs luxueuses comme le bleu et le rouge.

  • Speaker #0

    Cécilia, maintenant, je te propose des questions un peu plus, on va dire, légères, dans le sens, c'est plus sur l'inspiration, puis des questions un peu du tac au tac. je voulais te demander pour toi quelles sont les personnes aujourd'hui inspirantes et dans le monde de la teinture végétale et dans le monde des plantes teintoriales alors j'avais regardé un petit peu ta question je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui ont déjà été citées c'est pas grave donc

  • Speaker #1

    voilà en fait Michel c'est juste une référence par son approche, en fait, qui n'est pas... Voilà, Michel, c'est un autodidacte et il a une approche qui n'est pas classique et qui a beaucoup apporté, justement, parce qu'il n'est pas formaté. Ça, c'est vraiment très chouette. Dominique Cardon aussi, par tout son travail, pour le coup, vraiment scientifique qu'elle a fait et qu'elle continue à faire, qui est vraiment très, très riche et qui nous apporte beaucoup. en tant que teinturier. Ensuite, je voulais citer, moi, des personnes qui m'inspirent beaucoup par leur pratique de la teinture. Donc, il y a Boubacar Fofana et aussi par l'art qu'ils en font. Donc, il y a la pratique et la philosophie et ce que ça donne au final. Et il y a aussi une artiste japonaise, je ne sais pas si elle est encore en vie, mais qui était pour moi une très très très belle exposition que j'ai vue à la Maison du Japon il y a quelques années. Cette personne, c'est Fukumi Shimura. et donc elle elle a vraiment son jardin tinctorial enfin elle a toute la chaîne quoi elle a toute la chaîne et elle finit par faire des kimonos mais juste magnifiques vraiment c'est sublime son travail est sublime et elle a en plus développé une école où elle apprend les aux japonais, aux jeunes japonais à tisser enfin voilà, à teindre, à tisser tout ça donc ça c'est vraiment une personne très inspirante pour moi

  • Speaker #0

    qui a vraiment toute la chaîne en main et avec une production artistique magnifique est-ce que tu peux nous recommander des jardins tanctoriaux français ou étrangers à aller visiter j'ai

  • Speaker #1

    pas grand chose il y a le jardin de Loris qui a mis en place Michel bien sûr sinon il y a des Il y a des micro jardins qui se mettent en place ponctuellement, mais je ne suis même pas sûre d'être au courant de tout ce qui se fait. il y a le jardin du conservatoire des plantes de Mila Forêt qui a une petite section de teintorial il va y avoir cet été au jardin de Luxembourg une exposition de plantes teintoriales donc ça dans les jardins de Luxembourg il y aura un parcours teintorial cet été c'est pas encore annoncé mais ça va se faire si tu étais une plante Cécilia,

  • Speaker #0

    une plante teintoriale laquelle serais-tu et peux-tu nous dire pourquoi ?

  • Speaker #1

    la persica indigo c'est juste enfin je ne sais pas si je serais ça mais en tout cas c'est la plante qui me fascine voilà parce que la transformation de l'indigo c'est une alchimie vraiment et c'est magique, c'est toujours magique voilà toujours fascinant de voir l'apparition du bleu à partir des feuilles.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu as une moitière à teinter de prédilection ?

  • Speaker #1

    Alors, j'aime beaucoup le lin que j'utilise en restauration et le lin, ça prend très bien, les beaux lins, ça prend très bien la teinture végétale. Mais j'aime aussi énormément la laine. voilà c'est mes deux matières une animale, une végétale,

  • Speaker #0

    la laine et le lin quel est le projet aujourd'hui dont tu es le plus fière sur la teinture végétale et les plantes teintorielles ?

  • Speaker #1

    je pense que ce que j'ai réussi à mettre en place sans vraiment viser ça au départ de mes recherches c'est aujourd'hui d'enseigner la teinture végétale aux restauratrices, à mes futurs collègues

  • Speaker #0

    déjà ça j'en reviens pas c'est génial c'est à dire que là maintenant tu formes tout ce qui arrive et tout ce qui doit être restaurateur d'oeuvres d'art c'est chouette donc

  • Speaker #1

    ensuite elles choisissent choisissent qu'elles aient. Mais en règle générale, elles attendent ce cours avec impatience. Donc, elles sont vraiment très demandeuses. Et puis ensuite, c'est la mise en place du jardin de la micro-ferme, qui est toujours en chantier et qui demande beaucoup de tenacité, on va dire, pour poursuivre, parce que l'agriculture, c'est chaque saison, chaque journée. voilà,

  • Speaker #0

    c'est du temps est-ce que tu peux nous donner un de tes prochains projets ?

  • Speaker #1

    déménager, mettre en place un super atelier chez moi près de la ferme ou pas ? justement, je vais déménager près de la ferme et j'aurai un atelier et je pourrai teindre voilà sur place correctement ouais c'est ça et et ensuite qu'est-ce que j'ai comme projet Ce qui me tient à cœur aussi, c'est d'associer teinture végétale et bien-être. Parce que ce que j'ai remarqué dans toutes les formations que je fais, je ne suis pas la seule à remarquer ça, c'est que les gens, ils arrivent et il y a de la joie. Et ça met en joie vraiment cette pratique. On fait de la cuisine, on fait de la couleur et on a des... des résultats magnifiques. Moi, je fais faire des nuanciers en général qui sont énormes pendant les stages que je fais. Au démarrage des formations, je demande souvent quelle est la couleur préférée des gens. Souvent, les gens arrivent avec une idée définie de ce qu'ils veulent comme googleurs, de ce qu'ils veulent réussir à reproduire. Et en fait, en fin de stage, quand on a les nuanciers sous les yeux, on n'est plus capable de choisir. parce que nous, nous sommes belles toutes sont belles, toutes se répondent entre elles en teinture végétale en tout cas il y a une harmonie qui se fait et l'harmonie elle a une action sur notre psychisme sur notre corps

  • Speaker #0

    et c'est là où elles apportent du bien-être et c'est à plus ou moins long terme vers ça que j'aimerais aller aussi

  • Speaker #1

    Est-ce que tu aurais trois bouquins, trois livres soit peinture végétale, soit plantes teintoriales ou dans ce domaine on va dire qui t'ont plu, que tu voudrais recommander aux gens qui nous écoutent

  • Speaker #0

    Pareil, je vais... je vais essayer de citer d'autres livres que ceux déjà cités de Dominique Cardon il y a le petit livre de Marie Marquet qui est très très bien petit format il y a tout ce qu'il faut le

  • Speaker #1

    guide des teintures naturelles plantes à fleurs le petit format pour la cueillette le petit format il y a aussi le

  • Speaker #0

    Le livre qu'a écrit Karine Delaunay, qui est vraiment intéressant du point de vue de la pratique, parce que c'est une artiste textile, et dans ce bouquin, elle recense 130 recettes expérimentées de sa part. et c'est très intéressant je ne sais pas s'il est épuisé ou pas ce bouquin mais c'est tout teinture naturelle mais elle emploie aussi elle a fait des tests avec des toxiques etc donc il faut faire le tri entre ce qui est vraiment écologique et pas écologique mais c'est intéressant parce qu'elle donne toutes ses recettes Il y a aussi un livre que j'aime beaucoup, qui est un livre en anglais, Indian Flint, qui fait de l'éco-print, donc je pense que tu en parleras certainement dans tes podcasts, qui s'appelle Second Skin, et en fait, c'est pas spécifiquement l'éco-print en fait, qui m'intéresse dans ce livre-là, c'est sa démarche par rapport au textile qu'on porte, et à la couleur qu'on leur applique, voilà, donc c'est un peu ça.

  • Speaker #1

    sa philosophie est-ce que tu as des événements à ne pas manquer autour des plantes teintoriales ou autour de la teinture végétale que tu voudrais nous citer ?

  • Speaker #0

    alors les événements à ne pas manquer si on peut c'est participer si vraiment on s'intéresse aux teintures végétales participer au symposium internationaux qui sont organisés en général par Dominique Cardon après

  • Speaker #1

    des fois c'est pas toujours facile d'y participer parce que ça peut être à l'autre bout de la planète mais des fois c'est pas très loin et donc c'est ouvert à tout le monde c'est à dire que peu importe qu'on soit teinturière débutante podcasteuse amateur sur la teinture végétale c'est ouvert à tout le monde

  • Speaker #0

    Oui, du moment qu'on paye les frais d'inscription.

  • Speaker #1

    D'accord, ok. Ok, d'accord.

  • Speaker #0

    Ils ne sont pas donnés, on va dire, en général. Mais c'est très intéressant. À l'ORIS, ils faisaient tous les deux ans des événements, mais je ne sais pas si ça se poursuit pour leur garant.

  • Speaker #1

    Et ma dernière question, Cécilia, c'est à qui tu as envie de passer ton micro, de passer le relais ? Donc, à qui toi tu aimerais ? passer ton micro pour que j'aille faire les mêmes exercices qu'on fait aujourd'hui de transmission,

  • Speaker #0

    de partage et de témoignage alors bien sûr tu l'auras compris à Boubacar Fofana à Suzy Gallo de Colore ton monde à Anne-Sylvie Godot qui elle fait des pigments pour les beaux-arts de l'UTA elle est en j'en ai eu ah c'est l'UTA l'UTA c'est ça ? oui c'est ça elle vraiment à Marie Marquet et puis Magali Bontou qui est aussi une teinturière l'herbier à couleurs ça s'appelle et qui est formatrice aussi qui est une très chouette personne Marie Longui qui fait de l'impression textile voilà d'accord ok super voilà est-ce que Cécilia tu as envie de partager un mot de la fin se reconnecter à la nature en fait pour moi c'est le plus important aujourd'hui pour tous ensuite que ce soit via la couleur, via l'alimentation via autre chose c'est se reconnecter à la nature pour prendre conscience de de d'où on vient d'arrêter de lui faire du mal voilà, à l'autre bout de la planète ou même chez nous

  • Pauline Leroux ArtEcoVert

    Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram ARTECOVERT pour y découvrir le nom des prochains invités. Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix. C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale. Merci à tous !

Description

⁉️ Connaissez vous le modèle de l'AMAP ?


Dans cet épisode d'Art Eco Vert nous partons à la micro ferme des lilas avec Cécilia Aguirre : restauratrice d'œuvres d'art passionnée par la teinture végétale. Cécilia Aguirre partage son parcours, de sa formation en teinture synthétique à sa découverte de la teinture naturelle, suscitant son intérêt pour des recherches plus durables. Elle évoque son travail avec le laboratoire des monuments historiques, son exploration de la teinture végétale à travers le monde, et son engagement envers la préservation environnementale. Cécilia Aguirre souligne l'importance de la pédagogie pour sensibiliser le public à cette alternative écologique, et expose sa vision d'une industrie textile plus respectueuse de l'environnement. Ne manquez pas cette conversation inspirante sur l'art et l'écologie. On parle également de la culture de ces plantes tinctoriales, autrefois classées dans les plantes industrielles car elles étaient indispensables à l'industrie textile. 


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#E33 - Stéphanie Hégaret

#E57 - Anne Sylvie Godeau

#E61 - Henry Joseph

#E82 - Gwladys Martin & Jean Marie Neels - Le Bleu de Lectoure

ArtEcoVert, LE podcast de la couleur végétale 🌿, de la graine à la couleur finale dans tous les domaines d'application : 

  • Alimentaire : patisserie, 

  • Teinture végétale : sérigraphie végétale, éco-print, bundle dye, shibori … sur fibres naturelles. La teinture végétale fait partie des teintures naturelles mais n’utilise que des plantes tinctoriales.

  • Cosmétiques : Coloration capillaire végétale, savonnerie (savons végétaux), maquillage,...  

  • Beaux arts : encres végétales, sérigraphie végétale, aquarelles végétales, peintures végétales, craies grasses végétales… 

  • Bio matériaux, bio plastiques teints végétalement, 

  • Agriculture de plantes tinctoriales et production de Colorants biosourcés (Pigments végétaux et Colorants végétaux) Garance, Indigo, Réséda, Tanins… 

En effet, on explore dans ce podcast un des nombreux pouvoirs des plantes à savoir : LA COULEUR 

L’objectif d’ArtEcoVert est de proposer la couleur végétale 🌿 comme alternative combinée à la couleur de synthèse, dérivée du pétrole et est néfaste. 

🚨 Je compte sur vous pour vous abonner à la newsletter du podcast pour ne pas louper la sortie des épisodes :https://podcast.ausha.co/art-eco-vert?s=1

Pour cela 

  1. ArtEcoVert  LE PODCAST 🎧

pour démocratiser la couleur végétale. Mais c’est aussi une communauté sur le Patréon d’ArtEcoVert : https://www.patreon.com/ArtEcoVert de plus de 180 passionnés du sujet qui font bouger les choses ! 

En rejoignant le patréon d’ArtEcoVert vous soutenez le podcast ArtEcoVert (pour qu’il dure) mais vous avez de nombreux avantages : 

  • Épisodes en avance ⌛

  • Épisodes exclusifs (dont les mini séries...)

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  • Des discussions instantanées que vous pouvez choisir et dans lesquelles vous pouvez parler avec les invités qui ont rejoint Patréon (Cécilia Aguirre, Aurélia Wolff, Charlotte Marembert, Beste Bonnard, Suzy Gallo, …) 💬

  • Des informations (sorties, actualités, événements…) 📣

  • … 

  1. ArtEcoVert LE PROJET ⭐

pour catalyser la réémergence de la filière tinctoriale (construire du lien, des échanges, faire avancer, poser les bases, apporter les preuves, …) 

Pour cela, j’ai créer l’entreprise ArtEcoVert Pauline Leroux dans laquelle je propose

  • mes services :  issus des expériences antérieures (filières agricoles, RSE, Grande Distribution, Distribution Locale, ) et de ma formation d’ingénieure agronome

  • mon énergie 

  • ma passion pour les plantes

  • ma volonté de redynamiser cette filière 

Chaque mission contribuent à soutenir la pérennité du podcast ArtEcovert

Vous êtes intéressés : pauline.artecovert@gmail.com

Bonne écoute 👍

Pauline Leroux

Transcription

  • Pauline Leroux ArtEcoVert

    Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert, le podcast qui vous parle d'art, d'écologie et de verdure. Je suis Pauline Leroux, ingénieure agronome passionnée de plantes, et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications. Que ce soit dans le textile, l'ameublement, l'artisanat, la décoration et dans d'autres domaines, chaque jeudi et samedi à 7h30, je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de Valais. Mon but, fédérer et démocratiser la couleur végétale dans nos vies. Alors, c'est parti ! Bonne écoute ! Alors, bonjour à tous, je suis ravie d'accueillir sur le podcast Cécilia Aguirre. Bonjour Cécilia ! Bonjour ! alors merci alors Cécilia première question est-ce que tu peux nous expliquer qui tu es ton parcours et ta formation alors je suis Cécilia Aguirre mon

  • Cécilia Aguirre Micro Ferme des lilas

    parcours c'est un long parcours vers le végétal en fait et en fait j'ai eu une première approche jeune adulte de la couleur quand j'étais au Sénégal et une première approche de la pratique de la couleur mais qui était vraiment avec les teinturières et la couleur de synthèse de base comme on le fait très mal en Afrique et ensuite j'ai entamé une formation de restauratrice d'oeuvres d'art textile ou là, j'ai eu une formation un peu plus, on va dire, carrée au niveau de la teinture, parce que ce qu'on recherche en restauration, c'est teindre, pas les tissus anciens bien sûr, mais des tissus nouveaux et des fils qui vont nous servir à restaurer, à consolider des œuvres anciennes. et quand j'ai fait ma formation j'ai appris la teinture synthétique avec cette précision de recherche de couleurs et de reproductibilité et on a eu un petit module aussi en technique ancienne sur la couleur et en textile on a abordé la teinture naturelle et vraiment de façon très très ponctuelle et ça m'a j'ai adoré en fait j'avais très envie de poursuivre je me suis beaucoup questionnée et j'ai beaucoup questionné aussi les enseignants et les professionnels de la restauration à ce moment là pour leur demander pourquoi on n'a pas saisi, on ne teignait pas en naturel. Et j'ai beaucoup de public, en fait, les premières années en tant que jeune professionnelle, quand je parlais de mon métier, les gens, avec des étoiles dans les yeux, me disaient Ah, vous faites de la teinture végétale alors ? Et moi, je disais non, je ne sais pas. On m'a dit que ce n'était pas solide, que... c'était pas faisable, c'était pas reproductible je sais pas faire, je fais pas quoi, voilà et à force de questions comme ça et moi-même d'être confrontée à des oeuvres qui ont des siècles et qui ont encore des couleurs magnifiques je me suis dit mais en fait c'est quoi cette réponse à l'emporte-pièce ça... faut aller creuser et donc Et à partir de 2005, j'ai commencé dans mon coin à pratiquer un petit peu la teinture végétale, à me former là où je pouvais. Il n'y avait pas beaucoup d'endroits à l'époque ni de personnes capables. Et puis, je me suis inscrite au premier symposium sur les teintures naturelles qui était organisé par Dominique Cardon, qui avait lieu à Hyderabad en Inde. Et là, j'ai découvert un univers vraiment fascinant qui reliait beaucoup de savoir-faire, de personnes. Ça va de l'agriculteur aux scientifiques, aux artisans. aux artistes et puis un développement aussi social dans pas mal de pays. Et j'ai trouvé que c'était vraiment très très beau, un très très beau symposium, très inspirant. Et à ce symposium-là, j'ai découvert qu'il existait des extraits de plantes hydrosolubles qui venaient de sortir. En fait, c'était couleur de plante à l'époque. en plus fabriqués en France. Et donc là, je me suis dit, je résous mes problèmes de reproductibilité et je vais pouvoir vraiment me pencher là-dessus pour voir si on peut avancer en ce sens pour les introduire en restauration d'œuvres d'art textiles.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #1

    Une fois que je suis rentrée, j'ai commencé à, voilà, j'ai demandé à couleur de plante des échantillons, j'ai commencé à faire des tests. J'ai contacté le laboratoire des monuments historiques qui travaille pour justement le patrimoine, à savoir s'ils pouvaient me tester certains de mes essais. et donc j'ai eu un retour positif même si le laboratoire des monuments historiques ne travaille pas avec des restaurateurs en direct mais travaille pour des institutions donc j'ai eu la chance de pouvoir faire des premiers tests qui m'ont prouvé que mon idée était intéressante et que ils m'ont incité justement à trouver un moyen pour pouvoir travailler avec eux et poursuivre ces recherches. Donc le moyen qu'on a trouvé, c'est d'avoir une bourse d'études. Et à ce moment-là, j'avais vraiment une légitimité pour travailler avec le laboratoire. Et à partir de ce moment-là, bien sûr, j'ai continué à me former. donc en France j'ai fait une formation vraiment sur mesure avec Michel Garcia qui m'a beaucoup apporté avant de partir pour mon grand voyage, donc ma bourse c'était la bourse Carnot qui incite en fait des projets de recherche à l'étranger Donc il fallait que je parte à l'étranger, un bon prétexte. Et donc j'ai fait un magnifique voyage où j'ai eu plusieurs étapes de travail au Brésil, en Afrique, en Inde. C'était les trois étapes principales de travail où j'ai pu continuer mes recherches, mes tests avec les extraits que j'avais découverts, les extraits territoriaux, que j'ai pu mettre au point finalement une méthodologie. pour que mes collègues, parce que moi je suis restauratrice, donc on fait tout en tant que restauratrice, on doit être capable de faire aussi bien les teintures que des lavages, que vraiment la restauration proprement dite, et la couleur est vraiment très importante pour nous, en tout cas on a vraiment l'œil sur la précision. j'ai mis en place une méthodologie pour la recherche de teintes, l'échantillonnage, et qui permettent une reproductibilité, bien sûr, avec des plantes et des méthodes grand teint, parce qu'on a une haute exigence en termes de qualité en conservation, restauration d'œuvres d'art.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #1

    Donc voilà, ça c'est en gros le parcours qui m'a amenée à la teinture végétale, Et à partir de 2012, j'ai commencé à former d'abord mes collègues déjà en place. Et à partir de, je ne sais plus en quelle année j'ai commencé, mais j'ai commencé à donner des cours à l'Institut National du Patrimoine, donc qui forme les restaurateurs. au Bervilliers et voilà et je donne, maintenant je forme mes futurs collègues au sein de l'école même avant qu'ils sortent donc les étudiants ont des cours en colorant de synthèse et aussi en colorant naturel à eux après de choisir ce qu'ils voudront utiliser dans leur pratique selon les objets qu'ils auront sous les yeux etc

  • Speaker #0

    J'avais du coup des précisions. Donc, la formation que vous avez faite à la base, vous n'avez pas donné le nom. Est-ce que vous pouvez...

  • Speaker #1

    Bien, alors c'est l'Institut national du patrimoine en section restauration d'œuvres d'art.

  • Speaker #0

    D'accord, et j'ai une autre question, est-ce que de la restauration d'œuvres d'art, tu avais précisé textile, est-ce que ça veut dire que c'est des œuvres, c'est des tapisseries, c'est des costumes, qu'est-ce que c'est comme type d'œuvre ?

  • Speaker #1

    Alors, tout ce qui peut avoir du textile, donc ça va du costume à la tapisserie, en passant par des objets archéaux, des parties d'objets composites comme du mobilier, où il peut y avoir du bois et du textile, donc on intervient sur les parties textiles. Ça peut être aussi des œuvres contemporaines, des objets. d'art populaire ou des objets techniques. J'ai des collègues qui ont travaillé pour des montgolfières ou des avions, enfin tout ce qui peut avoir du textile et qu'on peut trouver dans des musées ou des monuments historiques.

  • Speaker #0

    Ok, d'accord, c'est plus clair pour moi. Et alors la nuance entre restauratrice d'œuvres d'art et teinturière, en fait, tu m'expliquais que... donc la restauratrice en fait elle supervise l'ensemble de la restauration de l'oeuvre d'art si je comprends bien alors on supervise pas, enfin on supervise et on fait toi t'as la vision d'ensemble c'est ça de tout ce qu'il va falloir apporter ok d'accord je comprends mieux et est-ce que la restauratrice d'oeuvre d'art gère aussi un avis à émettre sur tu sais quand on expose les oeuvres, quand on les met à la lumière d'accord ok et ça tu peux le raconter Est-ce que tu peux me raconter un petit peu ?

  • Speaker #1

    Tout à fait. Alors là, je vais parler au niveau des couleurs principalement. Donc, les UV sont vraiment ce qui altère le plus les couleurs. D'accord. Donc, c'est pour ça que quand vous allez visiter une exposition dans un musée, souvent, vous trouvez que vous ne voyez pas bien. pourquoi ? parce que les normes muséales c'est 50 lux 50 lux c'est pas grand chose et c'est ce qu'on autorise pour pouvoir exposer les textiles et les préserver au maximum l'action de la lumière elle est cumulative donc une fois qu'on a perdu on a perdu et plus on met de lux sur un objet plus il va se dégrader

  • Speaker #0

    est-ce que tu peux via des alors je vais peut-être dire des bêtises mais tu vois je vois souvent des œuvres dans des comment je peux expliquer des boîtes de verre, est-ce que le verre réduit un peu les UV ou est-ce qu'il y a des astuces en fait pour éviter que les œuvres d'art prennent trop de luxe alors les verres en fait,

  • Speaker #1

    les vitrines, ça préserve essentiellement de la poussière d'accord ça n'a aucun intérêt par rapport aux UV d'accord par contre les UV il y a des filtres anti-UV qu'on peut mettre aux fenêtres et puis des lampes spécifiques qui n'émettent pas ou très peu d'UV d'accord ok il y a des appareils qui existent qui sont des luxmètres qui permettent

  • Speaker #0

    de mesurer la quantité de lumière que reçoit, enfin la quantité d'UV que reçoit l'œuvre d'art ?

  • Speaker #1

    UV, non, mais de lumière, oui.

  • Speaker #0

    D'accord, ok.

  • Speaker #1

    Parce que UV, on sait quelles ampoules on utilise et quels sont leurs spectres, y compris dans les UV. Ok. On peut choisir.

  • Speaker #0

    dans les formateurs dont tu as parlé dans ton accompagnement t'as parlé de Michel Garcia est-ce qu'il y avait d'autres noms que tu peux citer de personnes qui t'ont accompagné dans ton parcours, à un moment tu disais je me suis rapprochée des professeurs ou des personnes de l'époque, est-ce que t'as des noms que tu voudrais citer sur ces personnes là ?

  • Speaker #1

    alors j'ai fait mes premières formations c'était à Ocra conservatoire des Ocre dans un dans le Luberon d'accord et j'ai fait une formation avec une italienne à l'époque qui ne vient plus là Rosella Cilano, je sais même pas si elle a la retraite ou pas Rosela Chilano j'ai fait une formation avec Aboubacar Fofana qui m'a voilà qui est un grand ami et qui qui faudra interviewer aussi ça fait déjà 4 fois qu'on le sort son nom il faut que il faut que j'y aille là c'est bon

  • Speaker #0

    4ème fois il faut que je l'appelle ok si vous avez des coordonnées d'ailleurs je veux bien que vous me les envoyez ça me fera c'est top ouais ok

  • Speaker #1

    et puis j'ai fait une autre formation aussi avec Karine Delonnet qui aujourd'hui est à la retraite mais qui est aussi une personne très riche et intéressante ça c'était mes premières formations et puis après j'ai vu Michel Garcia et ensuite dans mon voyage j'ai été aussi en contact avec des teinturiers au Brésil en Inde en Afrique, c'était à Boubacar je suis allée chez lui

  • Speaker #0

    Et est-ce que justement, j'avais posé la même question à Dominique Cardon, est-ce qu'il y a une universalité dans le fait de teindre avec les plantes, un savoir-faire ancestral, etc. Mais est-ce qu'il y a des particularités entre l'Amérique du Sud, l'Afrique, l'Inde, est-ce qu'il y a des choses que tu as pu capter ? sur différentes techniques, sur différents procédés ? Est-ce que tu as des petites anecdotes comme ça sur les différents savoir-faire ?

  • Speaker #1

    Alors, chaque teinturier a ses petits trucs, même en France. Moi, je pratique d'une façon, d'autres pratiquent autrement. Voilà, chacun a nos raisons de faire comme on fait. Alors, au Brésil, je suis allée chez Hébert Ferreira. En fait, sa démarche m'intéressait. Je l'avais rencontrée au Symposium d'Iderabad. Sa démarche m'a intéressée parce qu'il était dans le transfert à l'industrie, donc avec une rigueur, on va dire, que je recherchais, qui n'était pas forcément la pratique artisanale lambda. Donc lui, il avait développé... Deux choses, justement, au niveau extraction, utilisation de pigments aussi pour la coloration des textiles. Voilà, donc j'ai pu tester des choses avec des résultats satisfaisants dans certains points de vue et moins pour d'autres. Donc voilà, ça, c'était bien de pouvoir partager. Ensuite, en Inde, ce que j'ai vu, ça ressemble beaucoup à ce que je fais, sauf qu'il y a des petites... nuances au niveau des plantes utilisées, plus les plantes locales, ce qui est normal. Ensuite, avec Aboubakar, j'ai vraiment vu les cuves par fermentation à l'indigo qui sont passionnantes et voilà.

  • Speaker #0

    Alors du coup, Cécilia, ma question c'est, donc je comprends bien ton parcours, moi je te connais, on a parlé de toi sur la partie plutôt, on va dire botanique, la ferme des Lillas, la Morte Tintilis, est-ce que tu peux nous expliquer le... le parcours en fait comment t'es passée t'es toujours restauratrice d'oeuvres d'art mais tu as une activité en plus et comment tu es arrivée à cette activité en plus alors en fait j'avais déjà j'avais envie de

  • Speaker #1

    mettre les mains dans la terre et j'avais envie de remonter la chaîne parce que pour la restauration d'oeuvres d'art j'utilise des extraits de plantes, toujours parce que ça me facilite la précision, la reproductibilité voilà mais je trouvais pas ça suffisant dans l'approche et la pédagogie surtout voilà ça c'est le volet écologique on va dire on forme des gens à la teinture végétale il faut aussi les former à l'utilisation de la ressource. Donc pour ça, pour moi, rien de mieux que de mettre les mains dans la terre et de savoir ce que c'est vraiment de cultiver ces plantes. Et pour estimer en fait... leur valeur vraiment, leur valeur travail, leur valeur terroir tout ce qu'il y a derrière et quand on va teindre et qu'on a cette conscience là et bien on va pas utiliser les plantes de la même façon, on va être beaucoup plus respectueux on va essayer de les utiliser avec parcimonie sur des belles matières parce que la teinture végétale elle mérite et elle a besoin de belles matières qui la mettent en valeur voilà

  • Speaker #0

    ouais donc t'es plus en conscience le fait d'avoir expérimenté, compris la chaîne comme tu dis, donc de la graine à la couleur finale, c'est exactement le thème du podcast Cécilia, donc on est en bout de temps j'avais des questions très pratico-pratiques est-ce que tu as commencé déjà, tu as lancé tout de suite ta ferme des lumières ou est-ce que tu as commencé on va dire plus secrètement chez toi et par quoi t'as commencé en fait vraiment quelle plante, comment tu t'y es pris raconte-nous

  • Speaker #1

    Alors, j'ai eu la chance d'avoir ce terrain familial qui n'était pas utilisé pour autre chose que de la pâture à chevaux. Et donc, j'ai pu commencer des premiers tests sur cette parcelle-là. et en même temps je me suis formée j'ai fait un BPREA et j'ai fait aussi une formation en permaculture autre chose qui m'a beaucoup inspirée c'est la permaculture et donc quand je me suis sentie prête, on ne va pas dire légitime parce que je ne sais pas si je me sens encore réellement légitime certains vont me dire mais oui oui, d'autres bon En tout cas, quand je me suis sentie prête, j'ai commencé à vouloir cultiver et commercialiser à petite échelle. La commercialisation dans une démarche pédagogique, pour moi, c'était l'AMAP, parce que ça crée un réseau, on va dire, de consom-acteurs, comme on appelle ça dans les AMAP. Ce ne sont plus des simples clients qui achètent les plantes, mais ce sont vraiment des personnes qui savent comment je cultive, qui ont l'occasion de venir sur le terrain. pour m'aider et pour voir justement comment ça se passe, auxquels je dois des comptes. En gros, j'explique ce qui s'est passé telle année, pourquoi telle culture n'a pas bien donné ou pourquoi ça a bien donné, et qui sont partenaires. Parce que l'idée d'une amap, c'est vraiment... d'acheter une production avant qu'elle soit sortie de terre. Ça, c'est très important. Parce que, justement, c'est comme ça qu'on soutient les agriculteurs. D'accord. Ça permet d'avoir, on va dire, un revenu... sécurisé.

  • Speaker #0

    Assuré.

  • Speaker #1

    Ouais, assuré. D'accord. Donc moi, je produis en très petite quantité. Je suis pas du tout... Je suis pas mécanisée déjà, donc voilà. Et c'est ma deuxième activité, donc je fais ce que je peux avec le temps que j'ai et mes petits bras. J'ai beaucoup besoin d'aide des amapiens ou autres bénévoles. Et en fait, l'idée, c'est vraiment d'avoir un... un réseau et que les gens se sentent bien à la ferme et puis voient leur couleur pousser.

  • Speaker #0

    Et alors, c'est basé où la ferme des Lilas du coup ?

  • Speaker #1

    Alors, la micro-ferme des Lilas, elle est dans les Yvelines, donc en Ile-de-France, sur la commune de Longuillier.

  • Speaker #0

    D'accord. Et tu as combien de mètres carrés ?

  • Speaker #1

    Le terrain fait 3 hectares. Je ne cultive pas 3 hectares. Je cultive environ... 1500 mètres carrés mais qui ne sont pas que des teintes oréales je fais aussi des plantes aromatiques et médicinales parce que quand on rentre dans le végétal ben voilà on est en Europe je comprends bien pour être passionnée de plantes je comprends bien ce que tu veux dire t'as un projet de base et après ça part en inspiration ok donc tu fais de l'aromatique de la médicinale et bien teintes oréales voilà c'est ça parce que l'outil de transformation est le même en fait donc j'ai un séchoir que j'ai construit. Et voilà, quand on sèche des teintes oréales, on a aussi envie de sécher des aromatiques, des monicinales, tout ce qui passe, qui peut être utile à l'homme.

  • Speaker #0

    D'accord. Du coup, un séchoir, donc, comment je vais dire, je ne sais pas le terme, mais ce n'est pas un séchoir, ça ne nécessite pas d'énergie, c'est un séchoir que tu as fait, que tu stockes. C'est ça ?

  • Speaker #1

    Le terrain sur lequel je suis n'est pas relié au réseau. Donc, je n'ai pas d'eau, je n'ai pas d'électricité. Par contre, enfin... Du réseau, on va dire. Heureusement, j'ai un puits. donc je lise l'eau avec parcimonie parce qu'avec les sécheresses on est obligé de faire très attention donc heureusement les aromatiques et médicinales ne demandent pas forcément une grosse consommation d'eau le séchoir par contre j'ai dû installer du photovoltaïque pour avoir vraiment un séchoir professionnel qui ne soit pas bricolé et ne pas être dépendant des aléas climatiques par exemple en 2021, on a eu une saison très très pluvieuse. Sécher juste à l'air libre, ça n'aurait pas été possible.

  • Speaker #0

    Voilà.

  • Speaker #1

    donc pour avoir de la plante de qualité j'ai un séchoir avec du photovoltaïque qui fait fonctionner un petit déshumidificateur et aussi avec du solaire thermique qui me permet de pulser de l'air chaud quand il y a du soleil dans

  • Speaker #0

    mon séchoir est-ce que tu peux nous expliquer par quelle variété tu as commencé donc à la base l'idée sur les 1500K c'était de faire de la teinturielle et après tu as des vieilles mais tu as du coup commencé par quelle Quelles essences ? Parce que tu as dit quelque chose qui revient beaucoup, c'est quand je me suis sentie prête, comment tu t'es préparée ? Tu as lu, tu as été voir d'autres jardins tanctoriaux, est-ce que tu as creusé tous les bouquins qu'on peut avoir ? Comment tu t'es préparée et par quoi tu as commencé ?

  • Speaker #1

    Alors, je me suis préparée en rien du tout, je me suis lancée à part ! à planter des graines et les formations que j'ai faites le BPREA et les formations en permaculture en fait ça ne parle absolument pas des plantes teintoriales donc là il y avait tout à défricher ou presque donc j'ai lu quelques livres anciens qu'on trouve sur google book sur la culture de la garance du pastel etc mais voilà c'est j'ai planté des graines et j'ai regardé ce que ça donnait sur mon terrain ça a commencé comme ça et en fait là où je me suis sentie prête c'est surtout au niveau de l'indigo le plus complexe c'est la transformation des feuilles en pigments

  • Speaker #0

    et alors du coup l'indigo tu fais avec le pastel ou tu fais avec la persiquaire tu le fais avec quoi du coup ?

  • Speaker #1

    alors j'ai essayé le pastel et j'ai essayé la persiquaire vu mes contraintes d'énergie j'ai choisi la persiquaire parce que c'est une extraction plus facile que je peux faire à froid sans apport d'énergie le pastel ça peut se faire mais il faut chauffer très fort et des grosses quantités et j'ai juste pas envie et ça n'a pas de sens pour moi de faire comme ça j'aimerais pouvoir transformer le pastel mais plutôt pour faire des cocagnes à destination de cuve par fermentation

  • Speaker #0

    d'accord alors ça me fait ta remarque me fait rebondir sur deux épisodes l'épisode de David Santandreux où il parle justement des cocagnes et pour la fermentation dans des cuves indigo et je pense aussi à Morgane Recoul qui est une jeune agricultrice, je ne sais pas si tu connais, de l'atelier Cazel, qui vient de se lancer dans les graines vectorielles sur un tout petit espace en Aveyron et en fait il y a eu des gros problèmes d'eau la première année où elle s'est lancée et en fait elle m'expliquait qu'elle avait fait le choix de la persica parce que le pastel nécessitait beaucoup trop d'eau pour moi le pastel c'est vraiment une plante très résiliente et bien adaptée à notre terroir d'accord sans

  • Speaker #1

    problème les grosses années de sécheresse on va dire j'ai eu un peu d'altise sur le pastel parce que c'est du chou et voilà il n'y a pas d'eau qui tombe à ce moment là elles ont l'air d'avoir Autoroute tracée pour les altises Mais sinon non En tout cas en Ile-de-France chez moi

  • Speaker #0

    Ça allait D'accord Et alors comme plante J'ai entendu des graines de garance Que tu avais mis L'indigo du coup avec la persiquaire Est-ce que tu as d'autres Variétés dont tu peux nous parler Nous donner des petites anecdotes Sur le niveau de facilité De difficulté Est-ce que tu rencontres toi tous les jours sur le terrain

  • Speaker #1

    Oui, alors que je cultive les autres plantes que je cultive, j'ai aussi de la gaude donc Reseda luteola qui est très bien adaptée chez moi, je suis sur un terrain sableau limoneux, les plantes teintoriales, aromatiques se plaisent bien c'est très drainant donc quand il y a des cas de sécheresse là moi je paille beaucoup pour essayer de retenir au maximum l'eau et éviter l'évaporation Merci ça c'est essentiel sur mon terrain et je pense que même sur d'autres terrains en général ça devrait être essentiel la couverture du sol et par contre la persiquaire a quand même besoin d'eau elle je l'irrigue un peu au moins une fois par semaine l'année dernière avec la sécheresse c'était au moins une fois par semaine sinon toutes les autres plantes elles poussent comme elles poussent voilà ce qui permet qu'elle soit aussi je crois que Patrick en parlait un petit peu dans son podcast que les plantes sont aussi un peu stressées et elles fabriquent leur colorant mieux en coup de stress. Mais il faut quand même un juste milieu. Il ne faut pas qu'elle se rame non plus.

  • Speaker #0

    Donc du coup, on voit un petit peu ta surface, on voit les plantes que tu proposes. Est-ce que tu peux nous parler du travail ? Tu voulais avoir les mains dans la terre. Tu pars de la graine ou tu achètes des plants ? Quand tu t'es lancée, tu as acheté des plants ou tu n'es partie vraiment que de la graine ?

  • Speaker #1

    Obligation de partir de la graine parce qu'il n'y a personne qui fait des plants.

  • Speaker #0

    Du coup, quand tu es partie des graines, donc au semou, on suit le mode d'emploi. On voit pousser, on observe beaucoup. et quels sont les premiers travaux qui apparaissent avec les plantes tectorielles ? Est-ce qu'il y a des buts à faire comme dans d'autres cultures ? Est-ce que c'est uniquement des travaux de cueillette ? Qu'est-ce que tu peux nous raconter comme les premières étapes techniques de la culture des plantes tectorielles ?

  • Speaker #1

    Alors, juste un petit mot sur les graines avant. Aujourd'hui, je fais mes semences. D'accord. J'ai commencé, je me suis fournie de mes semences au conservatoire national, non au conservatoire des plantes de Mille-la-Forêt, CNP-MAI. Donc ils font, ils conservent des plantes aromatiques, médicinales et industrielles.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #1

    Les plantes teintoriales font partie des plantes industrielles. Je pense que c'est important d'avoir en tête l'historique de la teinture, de la production. Avant le XIXe siècle, avant l'industrie de synthèse, toutes les couleurs textiles étaient issues du végétal. donc c'était vraiment de l'industrie on avait des hectares on avait des hectares de culture et on n'en avait pas assez chez nous on allait exploiter des

  • Speaker #0

    surfaces dans les colonies donc ça c'est ça dont tu parles quand tu parles de plantes industrielles,

  • Speaker #1

    ça y est j'ai compris c'est ça qui servait en masse avant oui parce que c'était on avait des gros besoins couleurs en plantes tectoriales pour répondre à toute l'industrie textile. Donc ça faisait partie de l'industrie textile en fait, ces plantes-là.

  • Speaker #0

    D'accord, donc toi tes graines, tu es allée chercher au conservatoire, au conservatoire donc de nuit la forêt.

  • Speaker #1

    Oui, conservatoire des plantes.

  • Speaker #0

    Des plantes. Tu as fait pousser tes graines et donc qu'est-ce qui se passe ensuite en termes de technique, comme je te disais ? Qu'est-ce que tu dois faire ? Quel est ton premier, on va dire, travail en tant qu'agricultrice de plantes tectoriales ?

  • Speaker #1

    Alors le premier travail c'est le semis comme tu l'as dit qui est vraiment une étape très importante parce que suivant les plantes qu'on fait pousser les graines ont des conditions différentes de germination donc certaines plantes vont demander de la chaleur d'autres pas forcément donc pour ça il faut gérer un petit peu son planning pour être prêt à implanter des petites plantules qui ont germé au chaud, on va dire, et les installer une fois que les risques de gel à l'extérieur sont partis. Là, je parle principalement de la persiquaire qui ne supporte pas le gel. Donc, elle, je l'implante après les scènes de glace à la mi-mai. D'accord. Il n'y a plus de risque. Ensuite, moi, je paille bien toutes mes plantes, comme je disais, pour retenir au maximum l'eau et ne pas avoir d'irrigation à faire. Surveiller qu'elles ne viennent pas se faire grignoter par des lièvres ou des limaces. D'accord. qui arrivent régulièrement sur certaines plantes. Par exemple, le cosmos, c'est un régal apparemment. C'est vrai ? Donc, à l'état jeune, il faut vraiment les surveiller, voir les voilées. Les prédateurs viennent. Ensuite, la récolte, c'est... Alors, pour la gaude, c'est quand les plantes sont en fleurs. Fleurs et graines, en général, je récolte au mois de juin, juillet. Voilà, la gaude. Les parties aériennes. Je les passe au hache-paille, je les coupe en petits tronçons et je les fais sécher en couche fine dans mon séchoir. Pour, qu'est-ce qui vient après ? La persiquaire. Donc le travail de la persiquaire, c'est vraiment récolter les feuilles. et ensuite la transformation en pigments. Donc je fais trois extractions par saison. Je commence la première mi-juillet, ensuite mi-août et mi-septembre, en gros. Après, tout ce qui est fleurs, cosmos, coreopsis, etc., donc ça c'est au fur et à mesure de la floraison, à partir de juin, juillet, ça dépend. Et là, c'est tous les deux, trois jours, je peux y aller.

  • Speaker #0

    Tu as l'instrument ? tu cueilles pas à la moindre j'imagine parce que sinon tu t'épuises est-ce que tu mords un genre de je sais pas comment ça s'appelle ce petit râteau à fleurs je sais pas comment ça s'appelle là c'est vraiment pour les fleurs très petites comme la camomille matricaire c'est un peigne à myrtilles c'est

  • Speaker #1

    ça, donc pour les fleurs teintoriales, c'est des fleurs qui sont quand même plus grosses et là c'est toute la récolte émanuelle

  • Speaker #0

    donc un travail de titan c'est pour ça que tu as besoin de d'amapiens et de bénévoles pour venir t'aider parce qu'en plus je suppose que tout arrive d'un coup tu arrives à échanger tes ce qu'on fait pour les salades tu mets 15 jours entre tes salades pour que ça arrive en

  • Speaker #1

    fait la floraison elle arrive petit à petit donc sur les cosmos je commence par récolter 10 fleurs et puis après j'en récolte 20 et puis ça monte ça monte comme ça progressivement par rapport à la croissance de la plante

  • Speaker #0

    et on explique sur des heures de récolte ouais ouais j'imagine en saison et on expliquait j'ai lu je pense que j'ai lu que en fait le fait pour certaines fleurs de couper la fleur réincitait la production à repartir sur une fleur

  • Speaker #1

    Oui, parce que pourquoi la plante produit des fleurs ? C'est pour sa survie, sa reproductibilité. Donc, si on coupe la fleur, il faut qu'elle refasse des fleurs pour faire des graines. L'objectif de la plante, c'est de faire des graines pour se reproduire.

  • Speaker #0

    Donc, quand tu cueilles tes fleurs, je vais peut-être poser des questions bêtes, mais tes choréopsis, c'est pour faire des extraits ? tu en gardes une partie pour recueillir les graines tu en gardes une partie pour les extraits comment tu t'organises en fait pour te dire il faut que je garde mon patrimoine génétique pour moi, ma remise en culture pour mes ventes comment tu gères tes récoltes en disant quel est le meilleur moment est-ce que c'est en début de floraison ou en fin de floraison pour avoir les graines explique-moi un petit peu parce que j'avoue c'est abstrait déjà moi je ne fais pas d'extrait il n'y a que sur l'indigo que je fais de l'extrait d'accord

  • Speaker #1

    ensuite c'est les plantes brutes pour brutes séchées sur les graines en fait par exemple pour le cosmos je regarde parce que les pieds sont tous un peu différents je regarde le pied qui me donne les plus belles fleurs et je vais essayer de garder de moins cueillir on va dire sur ce pied là et c'est ce pied là dont je vais récolter les graines

  • Speaker #0

    en fait il nous faut assez peu de graines d'accord t'as pas besoin d'une grande quantité pour ressemer l'année d'après ensuite après la cueillette je suppose qu'il y a des plantes dans les annuels que tu dois bah enlever pour mettre d'autres cultures après ? Je pense que tu fais une rotation des cultures aussi pour pas qu'il y ait de parasites ou de maladies qui soient communes.

  • Speaker #1

    Oui, tout à fait, je fais des rotations de cultures sur les plantes annuelles. Ensuite, sur la garance aussi j'en fais, mais le cycle est plus long.

  • Speaker #0

    La garance, c'est à partir de combien de temps qu'on peut récolter la racine ? Il me semble que c'était assez long.

  • Speaker #1

    Je la récolte la troisième année. Elle a deux ans et demi quand je la récolte. Chaque année, je mets une nouvelle planche de garance en culture. et j'en récolte une donc j'ai des planches intermédiaires qu'il faut aussi incortiquer

  • Speaker #0

    Eh bien, dis donc, tu me fais rêver, tu vois, j'ai envie de... Mais bon, il faut énormément de rigueur et je ne peux pas être partout, mais tu vois, ça me fait rêver franchement d'entendre ça. Alors du coup, la micro-ferme des Lina, tu as dit qu'on pouvait la visiter, donc accessible au public, elle a un rôle pédagogique, parce que tu accueilles les gens, tu transmets ton savoir. Ça m'amène à la question tout simplement de la transmission. Est-ce que tu peux nous expliquer ? les questions récurrentes que te font les gens qui viennent découvrir ton métier ?

  • Speaker #1

    Alors, petite précision d'abord. La ferme, elle est bien sûr ouverte aux personnes qui veulent venir. Je ne fais pas des visites comme ça. Il faut aussi que je bosse. Donc, les personnes qui veulent venir, elles viennent, mais elles donnent un coup de main. Ce n'est pas juste...

  • Speaker #0

    Oui, elles prennent rendez-vous.

  • Speaker #1

    Oui, très sûr. je sois là aussi parce que je ne suis pas toujours là et par contre il y a des journées organisées par la MAP où j'essaye de faire venir plus de monde qui sont plus conviviales autour d'une action la plantation de la persiquaire par exemple la récolte de garances par exemple et il y a la fête de la ferme aussi qui est vraiment là une occasion de venir voir la ferme tranquillement il y a de la musique, il y a des activités voilà là c'est plus la journée un peu découverte plaisir et conviviale avec plein de choses qui se passent à la ferme donc ça c'est le 25 juin tu me rappelles un truc c'est que toi

  • Speaker #0

    tu vends tes plantes séchées à la MAP et la map se charge de la distribution de ce réseau là derrière, c'est ça ? Quelles sont les questions qu'ils te posent ? Est-ce qu'ils connaissaient déjà les plantes tectoriales ? Quelles questions on te pose par rapport à ça ?

  • Speaker #1

    Souvent ceux qui viennent ils viennent parce qu'ils ont envie de voir les plantes tectoriales donc ils connaissent Ensuite ça arrive qu'il y ait des groupes Ça arrive peu, mais c'est arrivé par exemple qu'il y a un groupe de cyclistes de la région qui me demandent de faire une halte, et là je fais faire une visite, et j'explique un petit peu ce que c'est. Et là, effectivement, il y a beaucoup de gens qui découvrent en fait ce que c'est l'étanctorial. Je vois même dans les... les agriculteurs du coin. On a eu une réunion il n'y a pas longtemps pour la Biosol, parce que je suis aussi labellisée bio, petit détail.

  • Speaker #0

    Quelle est son importance ?

  • Speaker #1

    En fait, les gens savaient... parce qu'ils ne s'étaient jamais posé la question de la couleur sur leurs vêtements, de la couleur en gros, et qu'il pouvait y avoir de la couleur qui vienne des plantes. Donc ça, il y a des gens qui découvrent complètement, même au sein du milieu agricole. Ça dépend du public qui vient, mais souvent, c'est des publics qui connaissent la teinture végétale et qui viennent pour ça.

  • Speaker #0

    Donc, tu n'as pas trop de questions de néophytes, c'est plutôt des gens qui sont déjà aguerris sur ce sujet. Donc, OK. en termes de transmission donc tu accueilles du monde tu fais des stages enfin des stages des visites de jardin est-ce que tu fais d'autres actions en termes de transmission d'intervention auprès de oui en fait donc

  • Speaker #1

    je fais un stage par an autour de l'indigo qui s'appelle Global Indigo où on va où j'explique tout de la graine au pigment à la teinture c'est vraiment de complet j'accueille des stagiaires en formation agricole depuis le confinement en fait j'ai régulièrement des gens qui me demandent c'est vraiment chouette de constater que les gens passent enfin à l'action sinon je fais des formations en teinture naturelle mais aussi bien à l'Institut National du Patrimoine que aussi autre chose personne à interviewer, c'est Colour ton monde, Suzy Gallo. Il faut savoir que j'ai rencontré Suzy en 2011. Elle m'a contactée juste au moment où elle voulait avoir un peu un peu de France. Mais elle vous en parlera, je ne vais pas développer l'histoire de Colour ton monde. Mais en gros, je suis avec elle cofondatrice de cette association. Et donc, je continue à faire mes formations. professionnelle via Color Tournament.

  • Speaker #0

    J'ai un point aussi important, c'est tout ce qui est relation de partenariat. Est-ce que dans la micro-ferme, est-ce que tu as des partenaires ? Parce que tu fais quand même tout, toute seule. Est-ce que tu as quand même des gens, des partenaires réguliers sur certains produits ou des gens qui t'aident ? Comment tu fonctionnes avec tes partenaires ?

  • Speaker #1

    Les gens qui m'aident, c'est les bénévoles qui viennent à la ferme.

  • Speaker #0

    Oui, tu n'as pas d'autres partenaires ?

  • Speaker #1

    Non.

  • Speaker #0

    Donc, tu as les bénévoles, toi, et la MAP par la suite.

  • Speaker #1

    Ensuite, les partenaires, comme je suis agricultrice bio, il y a le Pôle à Biosol, bien sûr. On peut avoir des échanges. Là, on a une prochaine rencontre entre producteurs de PAM et je vais leur présenter les plantes tanctoriales.

  • Speaker #0

    voilà mais c'est tout au niveau de la sphère agricole et est-ce que tu dirais qu'il y a beaucoup d'agriculteurs de plantes tanctoriales en France ?

  • Speaker #1

    non,

  • Speaker #0

    pas beaucoup est-ce que dans d'autres pays c'est plus développé ?

  • Speaker #1

    je pense que oui il y a d'autres pays qui sont plus qui ont une culture on va dire un peu plus agriculture couleur, l'Inde, par exemple, mais encore... Voilà, je ne sais pas, je n'ai pas des chiffres.

  • Speaker #0

    Et une autre question, Patrick Brenac, dans l'épisode qui sort aujourd'hui, précisait que il y a agriculteurs des plantes tanctoriales, mais il parle beaucoup de la production, de la productivité qui peut être faite sur ces parcelles, et il explique qu'il y a vraiment deux catégories, il y a les petits producteurs et les plus gros. Pour toi, comment dire, à partir de quand on est, ce serait quoi en termes d'hectares, quelque chose de productif où tu peux, voilà, c'est quoi l'échelle pour toi d'une grosse ou d'une petite ? J'ai reçu Morgane, tu vois, elle était sur, je crois, 500 mètres carrés, elle démarrait. C'est pour son emport personnel, ses ateliers, ses teintures. quand tu veux faire de la production pour toi, ce serait quoi la surface qui pourrait être intéressante ?

  • Speaker #1

    Là, il faut des hectares. Oui. Il faut être mécanisé. Il faut être mécanisé déjà. Donc, le champ des couleurs, je ne sais pas si c'est prévu dans les interviews, elles ont une échelle qui n'est pas énorme, mais qui est mécanisée, qui est... Voilà, c'est une autre étape encore. Moi, je suis petite échelle, tout manuel, donc je ne peux pas faire autant. Elles, elles sont à 100% sur cette activité-là et avec les outils qu'il faut, quoi.

  • Speaker #0

    d'accord donc pour toi le passage à une plus et puis c'est logique le passage à une plus forte productivité c'est de commencer à se mécaniser j'avais des questions comme tu as bien développé dans ton introduction la partie que tu avais abordée au Brésil sur tu sais pas le retour à l'industrialisation mais presque j'avais quand même envie de te poser cette question selon toi Cécilia qu'est-ce qui ferait que la teinture végétale retrouve ses lettres de noblesse et soit une alternative convaincante et réutilisée demain.

  • Speaker #1

    Ça reparte au niveau de l'industrie textile, c'est ça ? Non,

  • Speaker #0

    mais si on arrive à réduire, je précise ma question parce que c'est important, si les consommateurs arrivent à réduire la quantité de vêtements qu'ils achètent, qu'il y a cette baisse naturelle de consommation de vêtements, et que la teinture végétale est envisageable, qu'est-ce qui ferait qu'on irait ? Quel levier il faudrait débloquer ? Quel frein il faudrait lever ? Qu'est-ce qu'il faudrait pour les industriels ? Comment on pourrait faire ce passage ?

  • Speaker #1

    Je pense que c'est une question de volonté et de demande clientèle, déjà. Il faut que le public soit averti et le demande. Si le public ne le demande pas, si le consommateur ne le demande pas, ça ne se fera pas.

  • Speaker #0

    Mais pour moi,

  • Speaker #1

    c'est la pédagogie. Vraiment, la première chose, c'est la pédagogie. C'est ce que j'essaye de faire à ma petite échelle. C'est ça, quoi, c'est ça. Et la pédagogie sur les pollutions, que ça enchaîne. Parce qu'aujourd'hui, l'industrie textile, elle est quasiment délocalisée, complètement. Il y a très peu d'industries en France. Certains commanditaires sont regardants sur ce qui se passe dans les industries ailleurs. et d'autres ne sont pas du tout regardants et ce qu'ils cherchent c'est le prix et du coup, souvent c'est du n'importe quoi qu'on a derrière au niveau exploitation humaine aussi donc voilà, en fait c'est de la pédagogie déjà là-dessus qu'il faut faire et en même temps proposer des alternatives et montrer d'autres chemins et faire comprendre aux gens que ces autres chemins ils vont être un petit peu plus lourds sur le porte-monnaie comment leur faire comprendre ça et forcément ce sera plus cher mais

  • Speaker #0

    c'est du coup comme en alimentaire c'est moins acheter moins mais acheter mieux et tu vois ce qui me touche dans ton le premier point que t'as sorti c'est le consommateur et la pédagogie et en fait tu vois le podcast à sa petite échelle on s'entend rien que le fait que les gens entendent que les plantes peuvent donner des couleurs et que c'est une alternative possible et que ça existe et qu'il y a du monde derrière et qu'il y a un réseau si ça peut contribuer à en parler je serais la plus heureuse du monde et tu vois je vois que chacun fait sa part toi tu fais de la pédagogie sur le terrain avec des gens que t'accueilles ou non dans d'autres entités et tu vois, je suis contente que tu viennes me le dire parce que tu l'as sorti hyper spontanément, c'est le premier truc qui t'est venu c'est vraiment qu'il faut en fait que les gens prennent conscience et je pense qu'on n'en est pas encore là quoi ce qu'il faut prendre conscience aussi c'est que tout ça toutes les pollutions actuelles,

  • Speaker #1

    elles nous reviennent sur notre santé à nous. Tout impact sur l'écologie, on va dire, mondiale a un impact sur chacun de nous. Et ça, on n'en est pas assez conscients. Et en fait, quand on aura réfléchi la santé aussi différemment, je pense que la consommation sera aussi différente. parce que tout revient en fait à la santé au final c'est nos corps qui en souffrent soit par des polluants qu'on a sur nos vêtements soit par l'eau qu'on consomme qui est dégueulasse bourrée de micro-plastiques, les poissons les machins, enfin voilà tout nous revient en fait parce qu'après on mange et on s'habille et les polluants on les retrouve sur nous

  • Speaker #0

    c'est à notre mesure tu vois moi j'avais fait un épisode zoom je sais pas si tu suis sur le podcast mais il y a les épisodes avec les invités il y a les épisodes zoom et en fait sur les épisodes zoom le premier que j'ai sorti c'est sur l'impact de l'industrie textile mais aussi les bonnes nouvelles parce que tu vois je suis pour le fait de montrer ce qui va pas mais de montrer aussi qu'il y a des gens qui se bougent et qu'en fait c'est possible de se bouger il suffit comme tu disais de volonté donc c'est le premier point euh... Est-ce que tu as d'autres points techniques qui feraient que les industriels se disent Ok, j'ai la demande, comment on pourrait convaincre les industriels aussi d'y aller ?

  • Speaker #1

    Je pense que l'homme est assez ingénieux pour trouver des solutions. donc je ne me fais pas de soucis si la volonté elle est vraiment là les industriels y suivent par contre ce qu'il faut aussi éduquer c'est la comment dire la sobriété colorimétrique Alors, explique-moi. Aujourd'hui, on ne se rend pas compte qu'on est dans un monde qui est dans une profusion de couleurs partout. La couleur, elle ne coûte pas cher, elle coûte même moins que rien. Quand on achète un matériau qui soit coloré ou pas coloré, c'est le même prix. Mais en fait, avant l'apparition des colorants de synthèse, quand on utilisait la plante, la couleur avait un prix. aujourd'hui on ne veut pas les industriels ils veulent payer le moins cher possible la couleur, pourquoi ? Parce qu'ils n'arrivent pas à vendre plus cher un produit coloré et si on veut utiliser et puis mettre en avant aussi les fibres non teintes ça, trouver du brut, du blanc, des crus, du gris, et là-dessus, amener des touches avec des plantes, des décolorants naturels, ça, pour moi, c'est l'avenir, on va dire, parce qu'on ne pourra pas mettre tout en naturel, déjà, avec la consommation actuelle qu'on a de quantité, ça c'est sûr, mais de quantité de couleurs aussi, pour moi, ce n'est pas imaginable. de se dire, demain, on va faire comme aujourd'hui, mais avec que du naturel. Ça, ce n'est pas viable.

  • Speaker #0

    Donc, ça s'accompagne forcément par une remise en question des quantités de vêtements qu'on achète et de la disponibilité. Comme tu dis, tout est coloré. Comment revenir à un bon équilibre ? J'entends du couteau.

  • Speaker #1

    Il y a des plantes qui coûtent cher parce que c'est des couleurs qu'on veut et des couleurs qu'on aime. Le bleu, le rouge. ça coûte cher. Le jaune, on en trouve partout dans la nature, mais des jaunes solides, il y en a moins, mais c'est quand même moins coûteux. Par contre, les beiges, les griffes, tout ce qui est plantes à tannins, là, il y a une profusion, et c'est vrai qu'on pourrait aussi travailler en recyclage, mais il y a déjà plein de gens qui travaillent là-dessus, en recyclage aussi bien de déchets de coupe, d'entretien des forêts. de déchets maraîchers. Il y a plein de solutions pour trouver de la ressource pas très chère, mais ce ne sera pas sur des couleurs luxueuses comme le bleu et le rouge.

  • Speaker #0

    Cécilia, maintenant, je te propose des questions un peu plus, on va dire, légères, dans le sens, c'est plus sur l'inspiration, puis des questions un peu du tac au tac. je voulais te demander pour toi quelles sont les personnes aujourd'hui inspirantes et dans le monde de la teinture végétale et dans le monde des plantes teintoriales alors j'avais regardé un petit peu ta question je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui ont déjà été citées c'est pas grave donc

  • Speaker #1

    voilà en fait Michel c'est juste une référence par son approche, en fait, qui n'est pas... Voilà, Michel, c'est un autodidacte et il a une approche qui n'est pas classique et qui a beaucoup apporté, justement, parce qu'il n'est pas formaté. Ça, c'est vraiment très chouette. Dominique Cardon aussi, par tout son travail, pour le coup, vraiment scientifique qu'elle a fait et qu'elle continue à faire, qui est vraiment très, très riche et qui nous apporte beaucoup. en tant que teinturier. Ensuite, je voulais citer, moi, des personnes qui m'inspirent beaucoup par leur pratique de la teinture. Donc, il y a Boubacar Fofana et aussi par l'art qu'ils en font. Donc, il y a la pratique et la philosophie et ce que ça donne au final. Et il y a aussi une artiste japonaise, je ne sais pas si elle est encore en vie, mais qui était pour moi une très très très belle exposition que j'ai vue à la Maison du Japon il y a quelques années. Cette personne, c'est Fukumi Shimura. et donc elle elle a vraiment son jardin tinctorial enfin elle a toute la chaîne quoi elle a toute la chaîne et elle finit par faire des kimonos mais juste magnifiques vraiment c'est sublime son travail est sublime et elle a en plus développé une école où elle apprend les aux japonais, aux jeunes japonais à tisser enfin voilà, à teindre, à tisser tout ça donc ça c'est vraiment une personne très inspirante pour moi

  • Speaker #0

    qui a vraiment toute la chaîne en main et avec une production artistique magnifique est-ce que tu peux nous recommander des jardins tanctoriaux français ou étrangers à aller visiter j'ai

  • Speaker #1

    pas grand chose il y a le jardin de Loris qui a mis en place Michel bien sûr sinon il y a des Il y a des micro jardins qui se mettent en place ponctuellement, mais je ne suis même pas sûre d'être au courant de tout ce qui se fait. il y a le jardin du conservatoire des plantes de Mila Forêt qui a une petite section de teintorial il va y avoir cet été au jardin de Luxembourg une exposition de plantes teintoriales donc ça dans les jardins de Luxembourg il y aura un parcours teintorial cet été c'est pas encore annoncé mais ça va se faire si tu étais une plante Cécilia,

  • Speaker #0

    une plante teintoriale laquelle serais-tu et peux-tu nous dire pourquoi ?

  • Speaker #1

    la persica indigo c'est juste enfin je ne sais pas si je serais ça mais en tout cas c'est la plante qui me fascine voilà parce que la transformation de l'indigo c'est une alchimie vraiment et c'est magique, c'est toujours magique voilà toujours fascinant de voir l'apparition du bleu à partir des feuilles.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu as une moitière à teinter de prédilection ?

  • Speaker #1

    Alors, j'aime beaucoup le lin que j'utilise en restauration et le lin, ça prend très bien, les beaux lins, ça prend très bien la teinture végétale. Mais j'aime aussi énormément la laine. voilà c'est mes deux matières une animale, une végétale,

  • Speaker #0

    la laine et le lin quel est le projet aujourd'hui dont tu es le plus fière sur la teinture végétale et les plantes teintorielles ?

  • Speaker #1

    je pense que ce que j'ai réussi à mettre en place sans vraiment viser ça au départ de mes recherches c'est aujourd'hui d'enseigner la teinture végétale aux restauratrices, à mes futurs collègues

  • Speaker #0

    déjà ça j'en reviens pas c'est génial c'est à dire que là maintenant tu formes tout ce qui arrive et tout ce qui doit être restaurateur d'oeuvres d'art c'est chouette donc

  • Speaker #1

    ensuite elles choisissent choisissent qu'elles aient. Mais en règle générale, elles attendent ce cours avec impatience. Donc, elles sont vraiment très demandeuses. Et puis ensuite, c'est la mise en place du jardin de la micro-ferme, qui est toujours en chantier et qui demande beaucoup de tenacité, on va dire, pour poursuivre, parce que l'agriculture, c'est chaque saison, chaque journée. voilà,

  • Speaker #0

    c'est du temps est-ce que tu peux nous donner un de tes prochains projets ?

  • Speaker #1

    déménager, mettre en place un super atelier chez moi près de la ferme ou pas ? justement, je vais déménager près de la ferme et j'aurai un atelier et je pourrai teindre voilà sur place correctement ouais c'est ça et et ensuite qu'est-ce que j'ai comme projet Ce qui me tient à cœur aussi, c'est d'associer teinture végétale et bien-être. Parce que ce que j'ai remarqué dans toutes les formations que je fais, je ne suis pas la seule à remarquer ça, c'est que les gens, ils arrivent et il y a de la joie. Et ça met en joie vraiment cette pratique. On fait de la cuisine, on fait de la couleur et on a des... des résultats magnifiques. Moi, je fais faire des nuanciers en général qui sont énormes pendant les stages que je fais. Au démarrage des formations, je demande souvent quelle est la couleur préférée des gens. Souvent, les gens arrivent avec une idée définie de ce qu'ils veulent comme googleurs, de ce qu'ils veulent réussir à reproduire. Et en fait, en fin de stage, quand on a les nuanciers sous les yeux, on n'est plus capable de choisir. parce que nous, nous sommes belles toutes sont belles, toutes se répondent entre elles en teinture végétale en tout cas il y a une harmonie qui se fait et l'harmonie elle a une action sur notre psychisme sur notre corps

  • Speaker #0

    et c'est là où elles apportent du bien-être et c'est à plus ou moins long terme vers ça que j'aimerais aller aussi

  • Speaker #1

    Est-ce que tu aurais trois bouquins, trois livres soit peinture végétale, soit plantes teintoriales ou dans ce domaine on va dire qui t'ont plu, que tu voudrais recommander aux gens qui nous écoutent

  • Speaker #0

    Pareil, je vais... je vais essayer de citer d'autres livres que ceux déjà cités de Dominique Cardon il y a le petit livre de Marie Marquet qui est très très bien petit format il y a tout ce qu'il faut le

  • Speaker #1

    guide des teintures naturelles plantes à fleurs le petit format pour la cueillette le petit format il y a aussi le

  • Speaker #0

    Le livre qu'a écrit Karine Delaunay, qui est vraiment intéressant du point de vue de la pratique, parce que c'est une artiste textile, et dans ce bouquin, elle recense 130 recettes expérimentées de sa part. et c'est très intéressant je ne sais pas s'il est épuisé ou pas ce bouquin mais c'est tout teinture naturelle mais elle emploie aussi elle a fait des tests avec des toxiques etc donc il faut faire le tri entre ce qui est vraiment écologique et pas écologique mais c'est intéressant parce qu'elle donne toutes ses recettes Il y a aussi un livre que j'aime beaucoup, qui est un livre en anglais, Indian Flint, qui fait de l'éco-print, donc je pense que tu en parleras certainement dans tes podcasts, qui s'appelle Second Skin, et en fait, c'est pas spécifiquement l'éco-print en fait, qui m'intéresse dans ce livre-là, c'est sa démarche par rapport au textile qu'on porte, et à la couleur qu'on leur applique, voilà, donc c'est un peu ça.

  • Speaker #1

    sa philosophie est-ce que tu as des événements à ne pas manquer autour des plantes teintoriales ou autour de la teinture végétale que tu voudrais nous citer ?

  • Speaker #0

    alors les événements à ne pas manquer si on peut c'est participer si vraiment on s'intéresse aux teintures végétales participer au symposium internationaux qui sont organisés en général par Dominique Cardon après

  • Speaker #1

    des fois c'est pas toujours facile d'y participer parce que ça peut être à l'autre bout de la planète mais des fois c'est pas très loin et donc c'est ouvert à tout le monde c'est à dire que peu importe qu'on soit teinturière débutante podcasteuse amateur sur la teinture végétale c'est ouvert à tout le monde

  • Speaker #0

    Oui, du moment qu'on paye les frais d'inscription.

  • Speaker #1

    D'accord, ok. Ok, d'accord.

  • Speaker #0

    Ils ne sont pas donnés, on va dire, en général. Mais c'est très intéressant. À l'ORIS, ils faisaient tous les deux ans des événements, mais je ne sais pas si ça se poursuit pour leur garant.

  • Speaker #1

    Et ma dernière question, Cécilia, c'est à qui tu as envie de passer ton micro, de passer le relais ? Donc, à qui toi tu aimerais ? passer ton micro pour que j'aille faire les mêmes exercices qu'on fait aujourd'hui de transmission,

  • Speaker #0

    de partage et de témoignage alors bien sûr tu l'auras compris à Boubacar Fofana à Suzy Gallo de Colore ton monde à Anne-Sylvie Godot qui elle fait des pigments pour les beaux-arts de l'UTA elle est en j'en ai eu ah c'est l'UTA l'UTA c'est ça ? oui c'est ça elle vraiment à Marie Marquet et puis Magali Bontou qui est aussi une teinturière l'herbier à couleurs ça s'appelle et qui est formatrice aussi qui est une très chouette personne Marie Longui qui fait de l'impression textile voilà d'accord ok super voilà est-ce que Cécilia tu as envie de partager un mot de la fin se reconnecter à la nature en fait pour moi c'est le plus important aujourd'hui pour tous ensuite que ce soit via la couleur, via l'alimentation via autre chose c'est se reconnecter à la nature pour prendre conscience de de d'où on vient d'arrêter de lui faire du mal voilà, à l'autre bout de la planète ou même chez nous

  • Pauline Leroux ArtEcoVert

    Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram ARTECOVERT pour y découvrir le nom des prochains invités. Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix. C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale. Merci à tous !

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⁉️ Connaissez vous le modèle de l'AMAP ?


Dans cet épisode d'Art Eco Vert nous partons à la micro ferme des lilas avec Cécilia Aguirre : restauratrice d'œuvres d'art passionnée par la teinture végétale. Cécilia Aguirre partage son parcours, de sa formation en teinture synthétique à sa découverte de la teinture naturelle, suscitant son intérêt pour des recherches plus durables. Elle évoque son travail avec le laboratoire des monuments historiques, son exploration de la teinture végétale à travers le monde, et son engagement envers la préservation environnementale. Cécilia Aguirre souligne l'importance de la pédagogie pour sensibiliser le public à cette alternative écologique, et expose sa vision d'une industrie textile plus respectueuse de l'environnement. Ne manquez pas cette conversation inspirante sur l'art et l'écologie. On parle également de la culture de ces plantes tinctoriales, autrefois classées dans les plantes industrielles car elles étaient indispensables à l'industrie textile. 


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  • Alimentaire : patisserie, 

  • Teinture végétale : sérigraphie végétale, éco-print, bundle dye, shibori … sur fibres naturelles. La teinture végétale fait partie des teintures naturelles mais n’utilise que des plantes tinctoriales.

  • Cosmétiques : Coloration capillaire végétale, savonnerie (savons végétaux), maquillage,...  

  • Beaux arts : encres végétales, sérigraphie végétale, aquarelles végétales, peintures végétales, craies grasses végétales… 

  • Bio matériaux, bio plastiques teints végétalement, 

  • Agriculture de plantes tinctoriales et production de Colorants biosourcés (Pigments végétaux et Colorants végétaux) Garance, Indigo, Réséda, Tanins… 

En effet, on explore dans ce podcast un des nombreux pouvoirs des plantes à savoir : LA COULEUR 

L’objectif d’ArtEcoVert est de proposer la couleur végétale 🌿 comme alternative combinée à la couleur de synthèse, dérivée du pétrole et est néfaste. 

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  1. ArtEcoVert  LE PODCAST 🎧

pour démocratiser la couleur végétale. Mais c’est aussi une communauté sur le Patréon d’ArtEcoVert : https://www.patreon.com/ArtEcoVert de plus de 180 passionnés du sujet qui font bouger les choses ! 

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  1. ArtEcoVert LE PROJET ⭐

pour catalyser la réémergence de la filière tinctoriale (construire du lien, des échanges, faire avancer, poser les bases, apporter les preuves, …) 

Pour cela, j’ai créer l’entreprise ArtEcoVert Pauline Leroux dans laquelle je propose

  • mes services :  issus des expériences antérieures (filières agricoles, RSE, Grande Distribution, Distribution Locale, ) et de ma formation d’ingénieure agronome

  • mon énergie 

  • ma passion pour les plantes

  • ma volonté de redynamiser cette filière 

Chaque mission contribuent à soutenir la pérennité du podcast ArtEcovert

Vous êtes intéressés : pauline.artecovert@gmail.com

Bonne écoute 👍

Pauline Leroux

Transcription

  • Pauline Leroux ArtEcoVert

    Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert, le podcast qui vous parle d'art, d'écologie et de verdure. Je suis Pauline Leroux, ingénieure agronome passionnée de plantes, et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications. Que ce soit dans le textile, l'ameublement, l'artisanat, la décoration et dans d'autres domaines, chaque jeudi et samedi à 7h30, je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de Valais. Mon but, fédérer et démocratiser la couleur végétale dans nos vies. Alors, c'est parti ! Bonne écoute ! Alors, bonjour à tous, je suis ravie d'accueillir sur le podcast Cécilia Aguirre. Bonjour Cécilia ! Bonjour ! alors merci alors Cécilia première question est-ce que tu peux nous expliquer qui tu es ton parcours et ta formation alors je suis Cécilia Aguirre mon

  • Cécilia Aguirre Micro Ferme des lilas

    parcours c'est un long parcours vers le végétal en fait et en fait j'ai eu une première approche jeune adulte de la couleur quand j'étais au Sénégal et une première approche de la pratique de la couleur mais qui était vraiment avec les teinturières et la couleur de synthèse de base comme on le fait très mal en Afrique et ensuite j'ai entamé une formation de restauratrice d'oeuvres d'art textile ou là, j'ai eu une formation un peu plus, on va dire, carrée au niveau de la teinture, parce que ce qu'on recherche en restauration, c'est teindre, pas les tissus anciens bien sûr, mais des tissus nouveaux et des fils qui vont nous servir à restaurer, à consolider des œuvres anciennes. et quand j'ai fait ma formation j'ai appris la teinture synthétique avec cette précision de recherche de couleurs et de reproductibilité et on a eu un petit module aussi en technique ancienne sur la couleur et en textile on a abordé la teinture naturelle et vraiment de façon très très ponctuelle et ça m'a j'ai adoré en fait j'avais très envie de poursuivre je me suis beaucoup questionnée et j'ai beaucoup questionné aussi les enseignants et les professionnels de la restauration à ce moment là pour leur demander pourquoi on n'a pas saisi, on ne teignait pas en naturel. Et j'ai beaucoup de public, en fait, les premières années en tant que jeune professionnelle, quand je parlais de mon métier, les gens, avec des étoiles dans les yeux, me disaient Ah, vous faites de la teinture végétale alors ? Et moi, je disais non, je ne sais pas. On m'a dit que ce n'était pas solide, que... c'était pas faisable, c'était pas reproductible je sais pas faire, je fais pas quoi, voilà et à force de questions comme ça et moi-même d'être confrontée à des oeuvres qui ont des siècles et qui ont encore des couleurs magnifiques je me suis dit mais en fait c'est quoi cette réponse à l'emporte-pièce ça... faut aller creuser et donc Et à partir de 2005, j'ai commencé dans mon coin à pratiquer un petit peu la teinture végétale, à me former là où je pouvais. Il n'y avait pas beaucoup d'endroits à l'époque ni de personnes capables. Et puis, je me suis inscrite au premier symposium sur les teintures naturelles qui était organisé par Dominique Cardon, qui avait lieu à Hyderabad en Inde. Et là, j'ai découvert un univers vraiment fascinant qui reliait beaucoup de savoir-faire, de personnes. Ça va de l'agriculteur aux scientifiques, aux artisans. aux artistes et puis un développement aussi social dans pas mal de pays. Et j'ai trouvé que c'était vraiment très très beau, un très très beau symposium, très inspirant. Et à ce symposium-là, j'ai découvert qu'il existait des extraits de plantes hydrosolubles qui venaient de sortir. En fait, c'était couleur de plante à l'époque. en plus fabriqués en France. Et donc là, je me suis dit, je résous mes problèmes de reproductibilité et je vais pouvoir vraiment me pencher là-dessus pour voir si on peut avancer en ce sens pour les introduire en restauration d'œuvres d'art textiles.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #1

    Une fois que je suis rentrée, j'ai commencé à, voilà, j'ai demandé à couleur de plante des échantillons, j'ai commencé à faire des tests. J'ai contacté le laboratoire des monuments historiques qui travaille pour justement le patrimoine, à savoir s'ils pouvaient me tester certains de mes essais. et donc j'ai eu un retour positif même si le laboratoire des monuments historiques ne travaille pas avec des restaurateurs en direct mais travaille pour des institutions donc j'ai eu la chance de pouvoir faire des premiers tests qui m'ont prouvé que mon idée était intéressante et que ils m'ont incité justement à trouver un moyen pour pouvoir travailler avec eux et poursuivre ces recherches. Donc le moyen qu'on a trouvé, c'est d'avoir une bourse d'études. Et à ce moment-là, j'avais vraiment une légitimité pour travailler avec le laboratoire. Et à partir de ce moment-là, bien sûr, j'ai continué à me former. donc en France j'ai fait une formation vraiment sur mesure avec Michel Garcia qui m'a beaucoup apporté avant de partir pour mon grand voyage, donc ma bourse c'était la bourse Carnot qui incite en fait des projets de recherche à l'étranger Donc il fallait que je parte à l'étranger, un bon prétexte. Et donc j'ai fait un magnifique voyage où j'ai eu plusieurs étapes de travail au Brésil, en Afrique, en Inde. C'était les trois étapes principales de travail où j'ai pu continuer mes recherches, mes tests avec les extraits que j'avais découverts, les extraits territoriaux, que j'ai pu mettre au point finalement une méthodologie. pour que mes collègues, parce que moi je suis restauratrice, donc on fait tout en tant que restauratrice, on doit être capable de faire aussi bien les teintures que des lavages, que vraiment la restauration proprement dite, et la couleur est vraiment très importante pour nous, en tout cas on a vraiment l'œil sur la précision. j'ai mis en place une méthodologie pour la recherche de teintes, l'échantillonnage, et qui permettent une reproductibilité, bien sûr, avec des plantes et des méthodes grand teint, parce qu'on a une haute exigence en termes de qualité en conservation, restauration d'œuvres d'art.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #1

    Donc voilà, ça c'est en gros le parcours qui m'a amenée à la teinture végétale, Et à partir de 2012, j'ai commencé à former d'abord mes collègues déjà en place. Et à partir de, je ne sais plus en quelle année j'ai commencé, mais j'ai commencé à donner des cours à l'Institut National du Patrimoine, donc qui forme les restaurateurs. au Bervilliers et voilà et je donne, maintenant je forme mes futurs collègues au sein de l'école même avant qu'ils sortent donc les étudiants ont des cours en colorant de synthèse et aussi en colorant naturel à eux après de choisir ce qu'ils voudront utiliser dans leur pratique selon les objets qu'ils auront sous les yeux etc

  • Speaker #0

    J'avais du coup des précisions. Donc, la formation que vous avez faite à la base, vous n'avez pas donné le nom. Est-ce que vous pouvez...

  • Speaker #1

    Bien, alors c'est l'Institut national du patrimoine en section restauration d'œuvres d'art.

  • Speaker #0

    D'accord, et j'ai une autre question, est-ce que de la restauration d'œuvres d'art, tu avais précisé textile, est-ce que ça veut dire que c'est des œuvres, c'est des tapisseries, c'est des costumes, qu'est-ce que c'est comme type d'œuvre ?

  • Speaker #1

    Alors, tout ce qui peut avoir du textile, donc ça va du costume à la tapisserie, en passant par des objets archéaux, des parties d'objets composites comme du mobilier, où il peut y avoir du bois et du textile, donc on intervient sur les parties textiles. Ça peut être aussi des œuvres contemporaines, des objets. d'art populaire ou des objets techniques. J'ai des collègues qui ont travaillé pour des montgolfières ou des avions, enfin tout ce qui peut avoir du textile et qu'on peut trouver dans des musées ou des monuments historiques.

  • Speaker #0

    Ok, d'accord, c'est plus clair pour moi. Et alors la nuance entre restauratrice d'œuvres d'art et teinturière, en fait, tu m'expliquais que... donc la restauratrice en fait elle supervise l'ensemble de la restauration de l'oeuvre d'art si je comprends bien alors on supervise pas, enfin on supervise et on fait toi t'as la vision d'ensemble c'est ça de tout ce qu'il va falloir apporter ok d'accord je comprends mieux et est-ce que la restauratrice d'oeuvre d'art gère aussi un avis à émettre sur tu sais quand on expose les oeuvres, quand on les met à la lumière d'accord ok et ça tu peux le raconter Est-ce que tu peux me raconter un petit peu ?

  • Speaker #1

    Tout à fait. Alors là, je vais parler au niveau des couleurs principalement. Donc, les UV sont vraiment ce qui altère le plus les couleurs. D'accord. Donc, c'est pour ça que quand vous allez visiter une exposition dans un musée, souvent, vous trouvez que vous ne voyez pas bien. pourquoi ? parce que les normes muséales c'est 50 lux 50 lux c'est pas grand chose et c'est ce qu'on autorise pour pouvoir exposer les textiles et les préserver au maximum l'action de la lumière elle est cumulative donc une fois qu'on a perdu on a perdu et plus on met de lux sur un objet plus il va se dégrader

  • Speaker #0

    est-ce que tu peux via des alors je vais peut-être dire des bêtises mais tu vois je vois souvent des œuvres dans des comment je peux expliquer des boîtes de verre, est-ce que le verre réduit un peu les UV ou est-ce qu'il y a des astuces en fait pour éviter que les œuvres d'art prennent trop de luxe alors les verres en fait,

  • Speaker #1

    les vitrines, ça préserve essentiellement de la poussière d'accord ça n'a aucun intérêt par rapport aux UV d'accord par contre les UV il y a des filtres anti-UV qu'on peut mettre aux fenêtres et puis des lampes spécifiques qui n'émettent pas ou très peu d'UV d'accord ok il y a des appareils qui existent qui sont des luxmètres qui permettent

  • Speaker #0

    de mesurer la quantité de lumière que reçoit, enfin la quantité d'UV que reçoit l'œuvre d'art ?

  • Speaker #1

    UV, non, mais de lumière, oui.

  • Speaker #0

    D'accord, ok.

  • Speaker #1

    Parce que UV, on sait quelles ampoules on utilise et quels sont leurs spectres, y compris dans les UV. Ok. On peut choisir.

  • Speaker #0

    dans les formateurs dont tu as parlé dans ton accompagnement t'as parlé de Michel Garcia est-ce qu'il y avait d'autres noms que tu peux citer de personnes qui t'ont accompagné dans ton parcours, à un moment tu disais je me suis rapprochée des professeurs ou des personnes de l'époque, est-ce que t'as des noms que tu voudrais citer sur ces personnes là ?

  • Speaker #1

    alors j'ai fait mes premières formations c'était à Ocra conservatoire des Ocre dans un dans le Luberon d'accord et j'ai fait une formation avec une italienne à l'époque qui ne vient plus là Rosella Cilano, je sais même pas si elle a la retraite ou pas Rosela Chilano j'ai fait une formation avec Aboubacar Fofana qui m'a voilà qui est un grand ami et qui qui faudra interviewer aussi ça fait déjà 4 fois qu'on le sort son nom il faut que il faut que j'y aille là c'est bon

  • Speaker #0

    4ème fois il faut que je l'appelle ok si vous avez des coordonnées d'ailleurs je veux bien que vous me les envoyez ça me fera c'est top ouais ok

  • Speaker #1

    et puis j'ai fait une autre formation aussi avec Karine Delonnet qui aujourd'hui est à la retraite mais qui est aussi une personne très riche et intéressante ça c'était mes premières formations et puis après j'ai vu Michel Garcia et ensuite dans mon voyage j'ai été aussi en contact avec des teinturiers au Brésil en Inde en Afrique, c'était à Boubacar je suis allée chez lui

  • Speaker #0

    Et est-ce que justement, j'avais posé la même question à Dominique Cardon, est-ce qu'il y a une universalité dans le fait de teindre avec les plantes, un savoir-faire ancestral, etc. Mais est-ce qu'il y a des particularités entre l'Amérique du Sud, l'Afrique, l'Inde, est-ce qu'il y a des choses que tu as pu capter ? sur différentes techniques, sur différents procédés ? Est-ce que tu as des petites anecdotes comme ça sur les différents savoir-faire ?

  • Speaker #1

    Alors, chaque teinturier a ses petits trucs, même en France. Moi, je pratique d'une façon, d'autres pratiquent autrement. Voilà, chacun a nos raisons de faire comme on fait. Alors, au Brésil, je suis allée chez Hébert Ferreira. En fait, sa démarche m'intéressait. Je l'avais rencontrée au Symposium d'Iderabad. Sa démarche m'a intéressée parce qu'il était dans le transfert à l'industrie, donc avec une rigueur, on va dire, que je recherchais, qui n'était pas forcément la pratique artisanale lambda. Donc lui, il avait développé... Deux choses, justement, au niveau extraction, utilisation de pigments aussi pour la coloration des textiles. Voilà, donc j'ai pu tester des choses avec des résultats satisfaisants dans certains points de vue et moins pour d'autres. Donc voilà, ça, c'était bien de pouvoir partager. Ensuite, en Inde, ce que j'ai vu, ça ressemble beaucoup à ce que je fais, sauf qu'il y a des petites... nuances au niveau des plantes utilisées, plus les plantes locales, ce qui est normal. Ensuite, avec Aboubakar, j'ai vraiment vu les cuves par fermentation à l'indigo qui sont passionnantes et voilà.

  • Speaker #0

    Alors du coup, Cécilia, ma question c'est, donc je comprends bien ton parcours, moi je te connais, on a parlé de toi sur la partie plutôt, on va dire botanique, la ferme des Lillas, la Morte Tintilis, est-ce que tu peux nous expliquer le... le parcours en fait comment t'es passée t'es toujours restauratrice d'oeuvres d'art mais tu as une activité en plus et comment tu es arrivée à cette activité en plus alors en fait j'avais déjà j'avais envie de

  • Speaker #1

    mettre les mains dans la terre et j'avais envie de remonter la chaîne parce que pour la restauration d'oeuvres d'art j'utilise des extraits de plantes, toujours parce que ça me facilite la précision, la reproductibilité voilà mais je trouvais pas ça suffisant dans l'approche et la pédagogie surtout voilà ça c'est le volet écologique on va dire on forme des gens à la teinture végétale il faut aussi les former à l'utilisation de la ressource. Donc pour ça, pour moi, rien de mieux que de mettre les mains dans la terre et de savoir ce que c'est vraiment de cultiver ces plantes. Et pour estimer en fait... leur valeur vraiment, leur valeur travail, leur valeur terroir tout ce qu'il y a derrière et quand on va teindre et qu'on a cette conscience là et bien on va pas utiliser les plantes de la même façon, on va être beaucoup plus respectueux on va essayer de les utiliser avec parcimonie sur des belles matières parce que la teinture végétale elle mérite et elle a besoin de belles matières qui la mettent en valeur voilà

  • Speaker #0

    ouais donc t'es plus en conscience le fait d'avoir expérimenté, compris la chaîne comme tu dis, donc de la graine à la couleur finale, c'est exactement le thème du podcast Cécilia, donc on est en bout de temps j'avais des questions très pratico-pratiques est-ce que tu as commencé déjà, tu as lancé tout de suite ta ferme des lumières ou est-ce que tu as commencé on va dire plus secrètement chez toi et par quoi t'as commencé en fait vraiment quelle plante, comment tu t'y es pris raconte-nous

  • Speaker #1

    Alors, j'ai eu la chance d'avoir ce terrain familial qui n'était pas utilisé pour autre chose que de la pâture à chevaux. Et donc, j'ai pu commencer des premiers tests sur cette parcelle-là. et en même temps je me suis formée j'ai fait un BPREA et j'ai fait aussi une formation en permaculture autre chose qui m'a beaucoup inspirée c'est la permaculture et donc quand je me suis sentie prête, on ne va pas dire légitime parce que je ne sais pas si je me sens encore réellement légitime certains vont me dire mais oui oui, d'autres bon En tout cas, quand je me suis sentie prête, j'ai commencé à vouloir cultiver et commercialiser à petite échelle. La commercialisation dans une démarche pédagogique, pour moi, c'était l'AMAP, parce que ça crée un réseau, on va dire, de consom-acteurs, comme on appelle ça dans les AMAP. Ce ne sont plus des simples clients qui achètent les plantes, mais ce sont vraiment des personnes qui savent comment je cultive, qui ont l'occasion de venir sur le terrain. pour m'aider et pour voir justement comment ça se passe, auxquels je dois des comptes. En gros, j'explique ce qui s'est passé telle année, pourquoi telle culture n'a pas bien donné ou pourquoi ça a bien donné, et qui sont partenaires. Parce que l'idée d'une amap, c'est vraiment... d'acheter une production avant qu'elle soit sortie de terre. Ça, c'est très important. Parce que, justement, c'est comme ça qu'on soutient les agriculteurs. D'accord. Ça permet d'avoir, on va dire, un revenu... sécurisé.

  • Speaker #0

    Assuré.

  • Speaker #1

    Ouais, assuré. D'accord. Donc moi, je produis en très petite quantité. Je suis pas du tout... Je suis pas mécanisée déjà, donc voilà. Et c'est ma deuxième activité, donc je fais ce que je peux avec le temps que j'ai et mes petits bras. J'ai beaucoup besoin d'aide des amapiens ou autres bénévoles. Et en fait, l'idée, c'est vraiment d'avoir un... un réseau et que les gens se sentent bien à la ferme et puis voient leur couleur pousser.

  • Speaker #0

    Et alors, c'est basé où la ferme des Lilas du coup ?

  • Speaker #1

    Alors, la micro-ferme des Lilas, elle est dans les Yvelines, donc en Ile-de-France, sur la commune de Longuillier.

  • Speaker #0

    D'accord. Et tu as combien de mètres carrés ?

  • Speaker #1

    Le terrain fait 3 hectares. Je ne cultive pas 3 hectares. Je cultive environ... 1500 mètres carrés mais qui ne sont pas que des teintes oréales je fais aussi des plantes aromatiques et médicinales parce que quand on rentre dans le végétal ben voilà on est en Europe je comprends bien pour être passionnée de plantes je comprends bien ce que tu veux dire t'as un projet de base et après ça part en inspiration ok donc tu fais de l'aromatique de la médicinale et bien teintes oréales voilà c'est ça parce que l'outil de transformation est le même en fait donc j'ai un séchoir que j'ai construit. Et voilà, quand on sèche des teintes oréales, on a aussi envie de sécher des aromatiques, des monicinales, tout ce qui passe, qui peut être utile à l'homme.

  • Speaker #0

    D'accord. Du coup, un séchoir, donc, comment je vais dire, je ne sais pas le terme, mais ce n'est pas un séchoir, ça ne nécessite pas d'énergie, c'est un séchoir que tu as fait, que tu stockes. C'est ça ?

  • Speaker #1

    Le terrain sur lequel je suis n'est pas relié au réseau. Donc, je n'ai pas d'eau, je n'ai pas d'électricité. Par contre, enfin... Du réseau, on va dire. Heureusement, j'ai un puits. donc je lise l'eau avec parcimonie parce qu'avec les sécheresses on est obligé de faire très attention donc heureusement les aromatiques et médicinales ne demandent pas forcément une grosse consommation d'eau le séchoir par contre j'ai dû installer du photovoltaïque pour avoir vraiment un séchoir professionnel qui ne soit pas bricolé et ne pas être dépendant des aléas climatiques par exemple en 2021, on a eu une saison très très pluvieuse. Sécher juste à l'air libre, ça n'aurait pas été possible.

  • Speaker #0

    Voilà.

  • Speaker #1

    donc pour avoir de la plante de qualité j'ai un séchoir avec du photovoltaïque qui fait fonctionner un petit déshumidificateur et aussi avec du solaire thermique qui me permet de pulser de l'air chaud quand il y a du soleil dans

  • Speaker #0

    mon séchoir est-ce que tu peux nous expliquer par quelle variété tu as commencé donc à la base l'idée sur les 1500K c'était de faire de la teinturielle et après tu as des vieilles mais tu as du coup commencé par quelle Quelles essences ? Parce que tu as dit quelque chose qui revient beaucoup, c'est quand je me suis sentie prête, comment tu t'es préparée ? Tu as lu, tu as été voir d'autres jardins tanctoriaux, est-ce que tu as creusé tous les bouquins qu'on peut avoir ? Comment tu t'es préparée et par quoi tu as commencé ?

  • Speaker #1

    Alors, je me suis préparée en rien du tout, je me suis lancée à part ! à planter des graines et les formations que j'ai faites le BPREA et les formations en permaculture en fait ça ne parle absolument pas des plantes teintoriales donc là il y avait tout à défricher ou presque donc j'ai lu quelques livres anciens qu'on trouve sur google book sur la culture de la garance du pastel etc mais voilà c'est j'ai planté des graines et j'ai regardé ce que ça donnait sur mon terrain ça a commencé comme ça et en fait là où je me suis sentie prête c'est surtout au niveau de l'indigo le plus complexe c'est la transformation des feuilles en pigments

  • Speaker #0

    et alors du coup l'indigo tu fais avec le pastel ou tu fais avec la persiquaire tu le fais avec quoi du coup ?

  • Speaker #1

    alors j'ai essayé le pastel et j'ai essayé la persiquaire vu mes contraintes d'énergie j'ai choisi la persiquaire parce que c'est une extraction plus facile que je peux faire à froid sans apport d'énergie le pastel ça peut se faire mais il faut chauffer très fort et des grosses quantités et j'ai juste pas envie et ça n'a pas de sens pour moi de faire comme ça j'aimerais pouvoir transformer le pastel mais plutôt pour faire des cocagnes à destination de cuve par fermentation

  • Speaker #0

    d'accord alors ça me fait ta remarque me fait rebondir sur deux épisodes l'épisode de David Santandreux où il parle justement des cocagnes et pour la fermentation dans des cuves indigo et je pense aussi à Morgane Recoul qui est une jeune agricultrice, je ne sais pas si tu connais, de l'atelier Cazel, qui vient de se lancer dans les graines vectorielles sur un tout petit espace en Aveyron et en fait il y a eu des gros problèmes d'eau la première année où elle s'est lancée et en fait elle m'expliquait qu'elle avait fait le choix de la persica parce que le pastel nécessitait beaucoup trop d'eau pour moi le pastel c'est vraiment une plante très résiliente et bien adaptée à notre terroir d'accord sans

  • Speaker #1

    problème les grosses années de sécheresse on va dire j'ai eu un peu d'altise sur le pastel parce que c'est du chou et voilà il n'y a pas d'eau qui tombe à ce moment là elles ont l'air d'avoir Autoroute tracée pour les altises Mais sinon non En tout cas en Ile-de-France chez moi

  • Speaker #0

    Ça allait D'accord Et alors comme plante J'ai entendu des graines de garance Que tu avais mis L'indigo du coup avec la persiquaire Est-ce que tu as d'autres Variétés dont tu peux nous parler Nous donner des petites anecdotes Sur le niveau de facilité De difficulté Est-ce que tu rencontres toi tous les jours sur le terrain

  • Speaker #1

    Oui, alors que je cultive les autres plantes que je cultive, j'ai aussi de la gaude donc Reseda luteola qui est très bien adaptée chez moi, je suis sur un terrain sableau limoneux, les plantes teintoriales, aromatiques se plaisent bien c'est très drainant donc quand il y a des cas de sécheresse là moi je paille beaucoup pour essayer de retenir au maximum l'eau et éviter l'évaporation Merci ça c'est essentiel sur mon terrain et je pense que même sur d'autres terrains en général ça devrait être essentiel la couverture du sol et par contre la persiquaire a quand même besoin d'eau elle je l'irrigue un peu au moins une fois par semaine l'année dernière avec la sécheresse c'était au moins une fois par semaine sinon toutes les autres plantes elles poussent comme elles poussent voilà ce qui permet qu'elle soit aussi je crois que Patrick en parlait un petit peu dans son podcast que les plantes sont aussi un peu stressées et elles fabriquent leur colorant mieux en coup de stress. Mais il faut quand même un juste milieu. Il ne faut pas qu'elle se rame non plus.

  • Speaker #0

    Donc du coup, on voit un petit peu ta surface, on voit les plantes que tu proposes. Est-ce que tu peux nous parler du travail ? Tu voulais avoir les mains dans la terre. Tu pars de la graine ou tu achètes des plants ? Quand tu t'es lancée, tu as acheté des plants ou tu n'es partie vraiment que de la graine ?

  • Speaker #1

    Obligation de partir de la graine parce qu'il n'y a personne qui fait des plants.

  • Speaker #0

    Du coup, quand tu es partie des graines, donc au semou, on suit le mode d'emploi. On voit pousser, on observe beaucoup. et quels sont les premiers travaux qui apparaissent avec les plantes tectorielles ? Est-ce qu'il y a des buts à faire comme dans d'autres cultures ? Est-ce que c'est uniquement des travaux de cueillette ? Qu'est-ce que tu peux nous raconter comme les premières étapes techniques de la culture des plantes tectorielles ?

  • Speaker #1

    Alors, juste un petit mot sur les graines avant. Aujourd'hui, je fais mes semences. D'accord. J'ai commencé, je me suis fournie de mes semences au conservatoire national, non au conservatoire des plantes de Mille-la-Forêt, CNP-MAI. Donc ils font, ils conservent des plantes aromatiques, médicinales et industrielles.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #1

    Les plantes teintoriales font partie des plantes industrielles. Je pense que c'est important d'avoir en tête l'historique de la teinture, de la production. Avant le XIXe siècle, avant l'industrie de synthèse, toutes les couleurs textiles étaient issues du végétal. donc c'était vraiment de l'industrie on avait des hectares on avait des hectares de culture et on n'en avait pas assez chez nous on allait exploiter des

  • Speaker #0

    surfaces dans les colonies donc ça c'est ça dont tu parles quand tu parles de plantes industrielles,

  • Speaker #1

    ça y est j'ai compris c'est ça qui servait en masse avant oui parce que c'était on avait des gros besoins couleurs en plantes tectoriales pour répondre à toute l'industrie textile. Donc ça faisait partie de l'industrie textile en fait, ces plantes-là.

  • Speaker #0

    D'accord, donc toi tes graines, tu es allée chercher au conservatoire, au conservatoire donc de nuit la forêt.

  • Speaker #1

    Oui, conservatoire des plantes.

  • Speaker #0

    Des plantes. Tu as fait pousser tes graines et donc qu'est-ce qui se passe ensuite en termes de technique, comme je te disais ? Qu'est-ce que tu dois faire ? Quel est ton premier, on va dire, travail en tant qu'agricultrice de plantes tectoriales ?

  • Speaker #1

    Alors le premier travail c'est le semis comme tu l'as dit qui est vraiment une étape très importante parce que suivant les plantes qu'on fait pousser les graines ont des conditions différentes de germination donc certaines plantes vont demander de la chaleur d'autres pas forcément donc pour ça il faut gérer un petit peu son planning pour être prêt à implanter des petites plantules qui ont germé au chaud, on va dire, et les installer une fois que les risques de gel à l'extérieur sont partis. Là, je parle principalement de la persiquaire qui ne supporte pas le gel. Donc, elle, je l'implante après les scènes de glace à la mi-mai. D'accord. Il n'y a plus de risque. Ensuite, moi, je paille bien toutes mes plantes, comme je disais, pour retenir au maximum l'eau et ne pas avoir d'irrigation à faire. Surveiller qu'elles ne viennent pas se faire grignoter par des lièvres ou des limaces. D'accord. qui arrivent régulièrement sur certaines plantes. Par exemple, le cosmos, c'est un régal apparemment. C'est vrai ? Donc, à l'état jeune, il faut vraiment les surveiller, voir les voilées. Les prédateurs viennent. Ensuite, la récolte, c'est... Alors, pour la gaude, c'est quand les plantes sont en fleurs. Fleurs et graines, en général, je récolte au mois de juin, juillet. Voilà, la gaude. Les parties aériennes. Je les passe au hache-paille, je les coupe en petits tronçons et je les fais sécher en couche fine dans mon séchoir. Pour, qu'est-ce qui vient après ? La persiquaire. Donc le travail de la persiquaire, c'est vraiment récolter les feuilles. et ensuite la transformation en pigments. Donc je fais trois extractions par saison. Je commence la première mi-juillet, ensuite mi-août et mi-septembre, en gros. Après, tout ce qui est fleurs, cosmos, coreopsis, etc., donc ça c'est au fur et à mesure de la floraison, à partir de juin, juillet, ça dépend. Et là, c'est tous les deux, trois jours, je peux y aller.

  • Speaker #0

    Tu as l'instrument ? tu cueilles pas à la moindre j'imagine parce que sinon tu t'épuises est-ce que tu mords un genre de je sais pas comment ça s'appelle ce petit râteau à fleurs je sais pas comment ça s'appelle là c'est vraiment pour les fleurs très petites comme la camomille matricaire c'est un peigne à myrtilles c'est

  • Speaker #1

    ça, donc pour les fleurs teintoriales, c'est des fleurs qui sont quand même plus grosses et là c'est toute la récolte émanuelle

  • Speaker #0

    donc un travail de titan c'est pour ça que tu as besoin de d'amapiens et de bénévoles pour venir t'aider parce qu'en plus je suppose que tout arrive d'un coup tu arrives à échanger tes ce qu'on fait pour les salades tu mets 15 jours entre tes salades pour que ça arrive en

  • Speaker #1

    fait la floraison elle arrive petit à petit donc sur les cosmos je commence par récolter 10 fleurs et puis après j'en récolte 20 et puis ça monte ça monte comme ça progressivement par rapport à la croissance de la plante

  • Speaker #0

    et on explique sur des heures de récolte ouais ouais j'imagine en saison et on expliquait j'ai lu je pense que j'ai lu que en fait le fait pour certaines fleurs de couper la fleur réincitait la production à repartir sur une fleur

  • Speaker #1

    Oui, parce que pourquoi la plante produit des fleurs ? C'est pour sa survie, sa reproductibilité. Donc, si on coupe la fleur, il faut qu'elle refasse des fleurs pour faire des graines. L'objectif de la plante, c'est de faire des graines pour se reproduire.

  • Speaker #0

    Donc, quand tu cueilles tes fleurs, je vais peut-être poser des questions bêtes, mais tes choréopsis, c'est pour faire des extraits ? tu en gardes une partie pour recueillir les graines tu en gardes une partie pour les extraits comment tu t'organises en fait pour te dire il faut que je garde mon patrimoine génétique pour moi, ma remise en culture pour mes ventes comment tu gères tes récoltes en disant quel est le meilleur moment est-ce que c'est en début de floraison ou en fin de floraison pour avoir les graines explique-moi un petit peu parce que j'avoue c'est abstrait déjà moi je ne fais pas d'extrait il n'y a que sur l'indigo que je fais de l'extrait d'accord

  • Speaker #1

    ensuite c'est les plantes brutes pour brutes séchées sur les graines en fait par exemple pour le cosmos je regarde parce que les pieds sont tous un peu différents je regarde le pied qui me donne les plus belles fleurs et je vais essayer de garder de moins cueillir on va dire sur ce pied là et c'est ce pied là dont je vais récolter les graines

  • Speaker #0

    en fait il nous faut assez peu de graines d'accord t'as pas besoin d'une grande quantité pour ressemer l'année d'après ensuite après la cueillette je suppose qu'il y a des plantes dans les annuels que tu dois bah enlever pour mettre d'autres cultures après ? Je pense que tu fais une rotation des cultures aussi pour pas qu'il y ait de parasites ou de maladies qui soient communes.

  • Speaker #1

    Oui, tout à fait, je fais des rotations de cultures sur les plantes annuelles. Ensuite, sur la garance aussi j'en fais, mais le cycle est plus long.

  • Speaker #0

    La garance, c'est à partir de combien de temps qu'on peut récolter la racine ? Il me semble que c'était assez long.

  • Speaker #1

    Je la récolte la troisième année. Elle a deux ans et demi quand je la récolte. Chaque année, je mets une nouvelle planche de garance en culture. et j'en récolte une donc j'ai des planches intermédiaires qu'il faut aussi incortiquer

  • Speaker #0

    Eh bien, dis donc, tu me fais rêver, tu vois, j'ai envie de... Mais bon, il faut énormément de rigueur et je ne peux pas être partout, mais tu vois, ça me fait rêver franchement d'entendre ça. Alors du coup, la micro-ferme des Lina, tu as dit qu'on pouvait la visiter, donc accessible au public, elle a un rôle pédagogique, parce que tu accueilles les gens, tu transmets ton savoir. Ça m'amène à la question tout simplement de la transmission. Est-ce que tu peux nous expliquer ? les questions récurrentes que te font les gens qui viennent découvrir ton métier ?

  • Speaker #1

    Alors, petite précision d'abord. La ferme, elle est bien sûr ouverte aux personnes qui veulent venir. Je ne fais pas des visites comme ça. Il faut aussi que je bosse. Donc, les personnes qui veulent venir, elles viennent, mais elles donnent un coup de main. Ce n'est pas juste...

  • Speaker #0

    Oui, elles prennent rendez-vous.

  • Speaker #1

    Oui, très sûr. je sois là aussi parce que je ne suis pas toujours là et par contre il y a des journées organisées par la MAP où j'essaye de faire venir plus de monde qui sont plus conviviales autour d'une action la plantation de la persiquaire par exemple la récolte de garances par exemple et il y a la fête de la ferme aussi qui est vraiment là une occasion de venir voir la ferme tranquillement il y a de la musique, il y a des activités voilà là c'est plus la journée un peu découverte plaisir et conviviale avec plein de choses qui se passent à la ferme donc ça c'est le 25 juin tu me rappelles un truc c'est que toi

  • Speaker #0

    tu vends tes plantes séchées à la MAP et la map se charge de la distribution de ce réseau là derrière, c'est ça ? Quelles sont les questions qu'ils te posent ? Est-ce qu'ils connaissaient déjà les plantes tectoriales ? Quelles questions on te pose par rapport à ça ?

  • Speaker #1

    Souvent ceux qui viennent ils viennent parce qu'ils ont envie de voir les plantes tectoriales donc ils connaissent Ensuite ça arrive qu'il y ait des groupes Ça arrive peu, mais c'est arrivé par exemple qu'il y a un groupe de cyclistes de la région qui me demandent de faire une halte, et là je fais faire une visite, et j'explique un petit peu ce que c'est. Et là, effectivement, il y a beaucoup de gens qui découvrent en fait ce que c'est l'étanctorial. Je vois même dans les... les agriculteurs du coin. On a eu une réunion il n'y a pas longtemps pour la Biosol, parce que je suis aussi labellisée bio, petit détail.

  • Speaker #0

    Quelle est son importance ?

  • Speaker #1

    En fait, les gens savaient... parce qu'ils ne s'étaient jamais posé la question de la couleur sur leurs vêtements, de la couleur en gros, et qu'il pouvait y avoir de la couleur qui vienne des plantes. Donc ça, il y a des gens qui découvrent complètement, même au sein du milieu agricole. Ça dépend du public qui vient, mais souvent, c'est des publics qui connaissent la teinture végétale et qui viennent pour ça.

  • Speaker #0

    Donc, tu n'as pas trop de questions de néophytes, c'est plutôt des gens qui sont déjà aguerris sur ce sujet. Donc, OK. en termes de transmission donc tu accueilles du monde tu fais des stages enfin des stages des visites de jardin est-ce que tu fais d'autres actions en termes de transmission d'intervention auprès de oui en fait donc

  • Speaker #1

    je fais un stage par an autour de l'indigo qui s'appelle Global Indigo où on va où j'explique tout de la graine au pigment à la teinture c'est vraiment de complet j'accueille des stagiaires en formation agricole depuis le confinement en fait j'ai régulièrement des gens qui me demandent c'est vraiment chouette de constater que les gens passent enfin à l'action sinon je fais des formations en teinture naturelle mais aussi bien à l'Institut National du Patrimoine que aussi autre chose personne à interviewer, c'est Colour ton monde, Suzy Gallo. Il faut savoir que j'ai rencontré Suzy en 2011. Elle m'a contactée juste au moment où elle voulait avoir un peu un peu de France. Mais elle vous en parlera, je ne vais pas développer l'histoire de Colour ton monde. Mais en gros, je suis avec elle cofondatrice de cette association. Et donc, je continue à faire mes formations. professionnelle via Color Tournament.

  • Speaker #0

    J'ai un point aussi important, c'est tout ce qui est relation de partenariat. Est-ce que dans la micro-ferme, est-ce que tu as des partenaires ? Parce que tu fais quand même tout, toute seule. Est-ce que tu as quand même des gens, des partenaires réguliers sur certains produits ou des gens qui t'aident ? Comment tu fonctionnes avec tes partenaires ?

  • Speaker #1

    Les gens qui m'aident, c'est les bénévoles qui viennent à la ferme.

  • Speaker #0

    Oui, tu n'as pas d'autres partenaires ?

  • Speaker #1

    Non.

  • Speaker #0

    Donc, tu as les bénévoles, toi, et la MAP par la suite.

  • Speaker #1

    Ensuite, les partenaires, comme je suis agricultrice bio, il y a le Pôle à Biosol, bien sûr. On peut avoir des échanges. Là, on a une prochaine rencontre entre producteurs de PAM et je vais leur présenter les plantes tanctoriales.

  • Speaker #0

    voilà mais c'est tout au niveau de la sphère agricole et est-ce que tu dirais qu'il y a beaucoup d'agriculteurs de plantes tanctoriales en France ?

  • Speaker #1

    non,

  • Speaker #0

    pas beaucoup est-ce que dans d'autres pays c'est plus développé ?

  • Speaker #1

    je pense que oui il y a d'autres pays qui sont plus qui ont une culture on va dire un peu plus agriculture couleur, l'Inde, par exemple, mais encore... Voilà, je ne sais pas, je n'ai pas des chiffres.

  • Speaker #0

    Et une autre question, Patrick Brenac, dans l'épisode qui sort aujourd'hui, précisait que il y a agriculteurs des plantes tanctoriales, mais il parle beaucoup de la production, de la productivité qui peut être faite sur ces parcelles, et il explique qu'il y a vraiment deux catégories, il y a les petits producteurs et les plus gros. Pour toi, comment dire, à partir de quand on est, ce serait quoi en termes d'hectares, quelque chose de productif où tu peux, voilà, c'est quoi l'échelle pour toi d'une grosse ou d'une petite ? J'ai reçu Morgane, tu vois, elle était sur, je crois, 500 mètres carrés, elle démarrait. C'est pour son emport personnel, ses ateliers, ses teintures. quand tu veux faire de la production pour toi, ce serait quoi la surface qui pourrait être intéressante ?

  • Speaker #1

    Là, il faut des hectares. Oui. Il faut être mécanisé. Il faut être mécanisé déjà. Donc, le champ des couleurs, je ne sais pas si c'est prévu dans les interviews, elles ont une échelle qui n'est pas énorme, mais qui est mécanisée, qui est... Voilà, c'est une autre étape encore. Moi, je suis petite échelle, tout manuel, donc je ne peux pas faire autant. Elles, elles sont à 100% sur cette activité-là et avec les outils qu'il faut, quoi.

  • Speaker #0

    d'accord donc pour toi le passage à une plus et puis c'est logique le passage à une plus forte productivité c'est de commencer à se mécaniser j'avais des questions comme tu as bien développé dans ton introduction la partie que tu avais abordée au Brésil sur tu sais pas le retour à l'industrialisation mais presque j'avais quand même envie de te poser cette question selon toi Cécilia qu'est-ce qui ferait que la teinture végétale retrouve ses lettres de noblesse et soit une alternative convaincante et réutilisée demain.

  • Speaker #1

    Ça reparte au niveau de l'industrie textile, c'est ça ? Non,

  • Speaker #0

    mais si on arrive à réduire, je précise ma question parce que c'est important, si les consommateurs arrivent à réduire la quantité de vêtements qu'ils achètent, qu'il y a cette baisse naturelle de consommation de vêtements, et que la teinture végétale est envisageable, qu'est-ce qui ferait qu'on irait ? Quel levier il faudrait débloquer ? Quel frein il faudrait lever ? Qu'est-ce qu'il faudrait pour les industriels ? Comment on pourrait faire ce passage ?

  • Speaker #1

    Je pense que c'est une question de volonté et de demande clientèle, déjà. Il faut que le public soit averti et le demande. Si le public ne le demande pas, si le consommateur ne le demande pas, ça ne se fera pas.

  • Speaker #0

    Mais pour moi,

  • Speaker #1

    c'est la pédagogie. Vraiment, la première chose, c'est la pédagogie. C'est ce que j'essaye de faire à ma petite échelle. C'est ça, quoi, c'est ça. Et la pédagogie sur les pollutions, que ça enchaîne. Parce qu'aujourd'hui, l'industrie textile, elle est quasiment délocalisée, complètement. Il y a très peu d'industries en France. Certains commanditaires sont regardants sur ce qui se passe dans les industries ailleurs. et d'autres ne sont pas du tout regardants et ce qu'ils cherchent c'est le prix et du coup, souvent c'est du n'importe quoi qu'on a derrière au niveau exploitation humaine aussi donc voilà, en fait c'est de la pédagogie déjà là-dessus qu'il faut faire et en même temps proposer des alternatives et montrer d'autres chemins et faire comprendre aux gens que ces autres chemins ils vont être un petit peu plus lourds sur le porte-monnaie comment leur faire comprendre ça et forcément ce sera plus cher mais

  • Speaker #0

    c'est du coup comme en alimentaire c'est moins acheter moins mais acheter mieux et tu vois ce qui me touche dans ton le premier point que t'as sorti c'est le consommateur et la pédagogie et en fait tu vois le podcast à sa petite échelle on s'entend rien que le fait que les gens entendent que les plantes peuvent donner des couleurs et que c'est une alternative possible et que ça existe et qu'il y a du monde derrière et qu'il y a un réseau si ça peut contribuer à en parler je serais la plus heureuse du monde et tu vois je vois que chacun fait sa part toi tu fais de la pédagogie sur le terrain avec des gens que t'accueilles ou non dans d'autres entités et tu vois, je suis contente que tu viennes me le dire parce que tu l'as sorti hyper spontanément, c'est le premier truc qui t'est venu c'est vraiment qu'il faut en fait que les gens prennent conscience et je pense qu'on n'en est pas encore là quoi ce qu'il faut prendre conscience aussi c'est que tout ça toutes les pollutions actuelles,

  • Speaker #1

    elles nous reviennent sur notre santé à nous. Tout impact sur l'écologie, on va dire, mondiale a un impact sur chacun de nous. Et ça, on n'en est pas assez conscients. Et en fait, quand on aura réfléchi la santé aussi différemment, je pense que la consommation sera aussi différente. parce que tout revient en fait à la santé au final c'est nos corps qui en souffrent soit par des polluants qu'on a sur nos vêtements soit par l'eau qu'on consomme qui est dégueulasse bourrée de micro-plastiques, les poissons les machins, enfin voilà tout nous revient en fait parce qu'après on mange et on s'habille et les polluants on les retrouve sur nous

  • Speaker #0

    c'est à notre mesure tu vois moi j'avais fait un épisode zoom je sais pas si tu suis sur le podcast mais il y a les épisodes avec les invités il y a les épisodes zoom et en fait sur les épisodes zoom le premier que j'ai sorti c'est sur l'impact de l'industrie textile mais aussi les bonnes nouvelles parce que tu vois je suis pour le fait de montrer ce qui va pas mais de montrer aussi qu'il y a des gens qui se bougent et qu'en fait c'est possible de se bouger il suffit comme tu disais de volonté donc c'est le premier point euh... Est-ce que tu as d'autres points techniques qui feraient que les industriels se disent Ok, j'ai la demande, comment on pourrait convaincre les industriels aussi d'y aller ?

  • Speaker #1

    Je pense que l'homme est assez ingénieux pour trouver des solutions. donc je ne me fais pas de soucis si la volonté elle est vraiment là les industriels y suivent par contre ce qu'il faut aussi éduquer c'est la comment dire la sobriété colorimétrique Alors, explique-moi. Aujourd'hui, on ne se rend pas compte qu'on est dans un monde qui est dans une profusion de couleurs partout. La couleur, elle ne coûte pas cher, elle coûte même moins que rien. Quand on achète un matériau qui soit coloré ou pas coloré, c'est le même prix. Mais en fait, avant l'apparition des colorants de synthèse, quand on utilisait la plante, la couleur avait un prix. aujourd'hui on ne veut pas les industriels ils veulent payer le moins cher possible la couleur, pourquoi ? Parce qu'ils n'arrivent pas à vendre plus cher un produit coloré et si on veut utiliser et puis mettre en avant aussi les fibres non teintes ça, trouver du brut, du blanc, des crus, du gris, et là-dessus, amener des touches avec des plantes, des décolorants naturels, ça, pour moi, c'est l'avenir, on va dire, parce qu'on ne pourra pas mettre tout en naturel, déjà, avec la consommation actuelle qu'on a de quantité, ça c'est sûr, mais de quantité de couleurs aussi, pour moi, ce n'est pas imaginable. de se dire, demain, on va faire comme aujourd'hui, mais avec que du naturel. Ça, ce n'est pas viable.

  • Speaker #0

    Donc, ça s'accompagne forcément par une remise en question des quantités de vêtements qu'on achète et de la disponibilité. Comme tu dis, tout est coloré. Comment revenir à un bon équilibre ? J'entends du couteau.

  • Speaker #1

    Il y a des plantes qui coûtent cher parce que c'est des couleurs qu'on veut et des couleurs qu'on aime. Le bleu, le rouge. ça coûte cher. Le jaune, on en trouve partout dans la nature, mais des jaunes solides, il y en a moins, mais c'est quand même moins coûteux. Par contre, les beiges, les griffes, tout ce qui est plantes à tannins, là, il y a une profusion, et c'est vrai qu'on pourrait aussi travailler en recyclage, mais il y a déjà plein de gens qui travaillent là-dessus, en recyclage aussi bien de déchets de coupe, d'entretien des forêts. de déchets maraîchers. Il y a plein de solutions pour trouver de la ressource pas très chère, mais ce ne sera pas sur des couleurs luxueuses comme le bleu et le rouge.

  • Speaker #0

    Cécilia, maintenant, je te propose des questions un peu plus, on va dire, légères, dans le sens, c'est plus sur l'inspiration, puis des questions un peu du tac au tac. je voulais te demander pour toi quelles sont les personnes aujourd'hui inspirantes et dans le monde de la teinture végétale et dans le monde des plantes teintoriales alors j'avais regardé un petit peu ta question je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui ont déjà été citées c'est pas grave donc

  • Speaker #1

    voilà en fait Michel c'est juste une référence par son approche, en fait, qui n'est pas... Voilà, Michel, c'est un autodidacte et il a une approche qui n'est pas classique et qui a beaucoup apporté, justement, parce qu'il n'est pas formaté. Ça, c'est vraiment très chouette. Dominique Cardon aussi, par tout son travail, pour le coup, vraiment scientifique qu'elle a fait et qu'elle continue à faire, qui est vraiment très, très riche et qui nous apporte beaucoup. en tant que teinturier. Ensuite, je voulais citer, moi, des personnes qui m'inspirent beaucoup par leur pratique de la teinture. Donc, il y a Boubacar Fofana et aussi par l'art qu'ils en font. Donc, il y a la pratique et la philosophie et ce que ça donne au final. Et il y a aussi une artiste japonaise, je ne sais pas si elle est encore en vie, mais qui était pour moi une très très très belle exposition que j'ai vue à la Maison du Japon il y a quelques années. Cette personne, c'est Fukumi Shimura. et donc elle elle a vraiment son jardin tinctorial enfin elle a toute la chaîne quoi elle a toute la chaîne et elle finit par faire des kimonos mais juste magnifiques vraiment c'est sublime son travail est sublime et elle a en plus développé une école où elle apprend les aux japonais, aux jeunes japonais à tisser enfin voilà, à teindre, à tisser tout ça donc ça c'est vraiment une personne très inspirante pour moi

  • Speaker #0

    qui a vraiment toute la chaîne en main et avec une production artistique magnifique est-ce que tu peux nous recommander des jardins tanctoriaux français ou étrangers à aller visiter j'ai

  • Speaker #1

    pas grand chose il y a le jardin de Loris qui a mis en place Michel bien sûr sinon il y a des Il y a des micro jardins qui se mettent en place ponctuellement, mais je ne suis même pas sûre d'être au courant de tout ce qui se fait. il y a le jardin du conservatoire des plantes de Mila Forêt qui a une petite section de teintorial il va y avoir cet été au jardin de Luxembourg une exposition de plantes teintoriales donc ça dans les jardins de Luxembourg il y aura un parcours teintorial cet été c'est pas encore annoncé mais ça va se faire si tu étais une plante Cécilia,

  • Speaker #0

    une plante teintoriale laquelle serais-tu et peux-tu nous dire pourquoi ?

  • Speaker #1

    la persica indigo c'est juste enfin je ne sais pas si je serais ça mais en tout cas c'est la plante qui me fascine voilà parce que la transformation de l'indigo c'est une alchimie vraiment et c'est magique, c'est toujours magique voilà toujours fascinant de voir l'apparition du bleu à partir des feuilles.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu as une moitière à teinter de prédilection ?

  • Speaker #1

    Alors, j'aime beaucoup le lin que j'utilise en restauration et le lin, ça prend très bien, les beaux lins, ça prend très bien la teinture végétale. Mais j'aime aussi énormément la laine. voilà c'est mes deux matières une animale, une végétale,

  • Speaker #0

    la laine et le lin quel est le projet aujourd'hui dont tu es le plus fière sur la teinture végétale et les plantes teintorielles ?

  • Speaker #1

    je pense que ce que j'ai réussi à mettre en place sans vraiment viser ça au départ de mes recherches c'est aujourd'hui d'enseigner la teinture végétale aux restauratrices, à mes futurs collègues

  • Speaker #0

    déjà ça j'en reviens pas c'est génial c'est à dire que là maintenant tu formes tout ce qui arrive et tout ce qui doit être restaurateur d'oeuvres d'art c'est chouette donc

  • Speaker #1

    ensuite elles choisissent choisissent qu'elles aient. Mais en règle générale, elles attendent ce cours avec impatience. Donc, elles sont vraiment très demandeuses. Et puis ensuite, c'est la mise en place du jardin de la micro-ferme, qui est toujours en chantier et qui demande beaucoup de tenacité, on va dire, pour poursuivre, parce que l'agriculture, c'est chaque saison, chaque journée. voilà,

  • Speaker #0

    c'est du temps est-ce que tu peux nous donner un de tes prochains projets ?

  • Speaker #1

    déménager, mettre en place un super atelier chez moi près de la ferme ou pas ? justement, je vais déménager près de la ferme et j'aurai un atelier et je pourrai teindre voilà sur place correctement ouais c'est ça et et ensuite qu'est-ce que j'ai comme projet Ce qui me tient à cœur aussi, c'est d'associer teinture végétale et bien-être. Parce que ce que j'ai remarqué dans toutes les formations que je fais, je ne suis pas la seule à remarquer ça, c'est que les gens, ils arrivent et il y a de la joie. Et ça met en joie vraiment cette pratique. On fait de la cuisine, on fait de la couleur et on a des... des résultats magnifiques. Moi, je fais faire des nuanciers en général qui sont énormes pendant les stages que je fais. Au démarrage des formations, je demande souvent quelle est la couleur préférée des gens. Souvent, les gens arrivent avec une idée définie de ce qu'ils veulent comme googleurs, de ce qu'ils veulent réussir à reproduire. Et en fait, en fin de stage, quand on a les nuanciers sous les yeux, on n'est plus capable de choisir. parce que nous, nous sommes belles toutes sont belles, toutes se répondent entre elles en teinture végétale en tout cas il y a une harmonie qui se fait et l'harmonie elle a une action sur notre psychisme sur notre corps

  • Speaker #0

    et c'est là où elles apportent du bien-être et c'est à plus ou moins long terme vers ça que j'aimerais aller aussi

  • Speaker #1

    Est-ce que tu aurais trois bouquins, trois livres soit peinture végétale, soit plantes teintoriales ou dans ce domaine on va dire qui t'ont plu, que tu voudrais recommander aux gens qui nous écoutent

  • Speaker #0

    Pareil, je vais... je vais essayer de citer d'autres livres que ceux déjà cités de Dominique Cardon il y a le petit livre de Marie Marquet qui est très très bien petit format il y a tout ce qu'il faut le

  • Speaker #1

    guide des teintures naturelles plantes à fleurs le petit format pour la cueillette le petit format il y a aussi le

  • Speaker #0

    Le livre qu'a écrit Karine Delaunay, qui est vraiment intéressant du point de vue de la pratique, parce que c'est une artiste textile, et dans ce bouquin, elle recense 130 recettes expérimentées de sa part. et c'est très intéressant je ne sais pas s'il est épuisé ou pas ce bouquin mais c'est tout teinture naturelle mais elle emploie aussi elle a fait des tests avec des toxiques etc donc il faut faire le tri entre ce qui est vraiment écologique et pas écologique mais c'est intéressant parce qu'elle donne toutes ses recettes Il y a aussi un livre que j'aime beaucoup, qui est un livre en anglais, Indian Flint, qui fait de l'éco-print, donc je pense que tu en parleras certainement dans tes podcasts, qui s'appelle Second Skin, et en fait, c'est pas spécifiquement l'éco-print en fait, qui m'intéresse dans ce livre-là, c'est sa démarche par rapport au textile qu'on porte, et à la couleur qu'on leur applique, voilà, donc c'est un peu ça.

  • Speaker #1

    sa philosophie est-ce que tu as des événements à ne pas manquer autour des plantes teintoriales ou autour de la teinture végétale que tu voudrais nous citer ?

  • Speaker #0

    alors les événements à ne pas manquer si on peut c'est participer si vraiment on s'intéresse aux teintures végétales participer au symposium internationaux qui sont organisés en général par Dominique Cardon après

  • Speaker #1

    des fois c'est pas toujours facile d'y participer parce que ça peut être à l'autre bout de la planète mais des fois c'est pas très loin et donc c'est ouvert à tout le monde c'est à dire que peu importe qu'on soit teinturière débutante podcasteuse amateur sur la teinture végétale c'est ouvert à tout le monde

  • Speaker #0

    Oui, du moment qu'on paye les frais d'inscription.

  • Speaker #1

    D'accord, ok. Ok, d'accord.

  • Speaker #0

    Ils ne sont pas donnés, on va dire, en général. Mais c'est très intéressant. À l'ORIS, ils faisaient tous les deux ans des événements, mais je ne sais pas si ça se poursuit pour leur garant.

  • Speaker #1

    Et ma dernière question, Cécilia, c'est à qui tu as envie de passer ton micro, de passer le relais ? Donc, à qui toi tu aimerais ? passer ton micro pour que j'aille faire les mêmes exercices qu'on fait aujourd'hui de transmission,

  • Speaker #0

    de partage et de témoignage alors bien sûr tu l'auras compris à Boubacar Fofana à Suzy Gallo de Colore ton monde à Anne-Sylvie Godot qui elle fait des pigments pour les beaux-arts de l'UTA elle est en j'en ai eu ah c'est l'UTA l'UTA c'est ça ? oui c'est ça elle vraiment à Marie Marquet et puis Magali Bontou qui est aussi une teinturière l'herbier à couleurs ça s'appelle et qui est formatrice aussi qui est une très chouette personne Marie Longui qui fait de l'impression textile voilà d'accord ok super voilà est-ce que Cécilia tu as envie de partager un mot de la fin se reconnecter à la nature en fait pour moi c'est le plus important aujourd'hui pour tous ensuite que ce soit via la couleur, via l'alimentation via autre chose c'est se reconnecter à la nature pour prendre conscience de de d'où on vient d'arrêter de lui faire du mal voilà, à l'autre bout de la planète ou même chez nous

  • Pauline Leroux ArtEcoVert

    Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram ARTECOVERT pour y découvrir le nom des prochains invités. Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix. C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale. Merci à tous !

Description

⁉️ Connaissez vous le modèle de l'AMAP ?


Dans cet épisode d'Art Eco Vert nous partons à la micro ferme des lilas avec Cécilia Aguirre : restauratrice d'œuvres d'art passionnée par la teinture végétale. Cécilia Aguirre partage son parcours, de sa formation en teinture synthétique à sa découverte de la teinture naturelle, suscitant son intérêt pour des recherches plus durables. Elle évoque son travail avec le laboratoire des monuments historiques, son exploration de la teinture végétale à travers le monde, et son engagement envers la préservation environnementale. Cécilia Aguirre souligne l'importance de la pédagogie pour sensibiliser le public à cette alternative écologique, et expose sa vision d'une industrie textile plus respectueuse de l'environnement. Ne manquez pas cette conversation inspirante sur l'art et l'écologie. On parle également de la culture de ces plantes tinctoriales, autrefois classées dans les plantes industrielles car elles étaient indispensables à l'industrie textile. 


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  • Alimentaire : patisserie, 

  • Teinture végétale : sérigraphie végétale, éco-print, bundle dye, shibori … sur fibres naturelles. La teinture végétale fait partie des teintures naturelles mais n’utilise que des plantes tinctoriales.

  • Cosmétiques : Coloration capillaire végétale, savonnerie (savons végétaux), maquillage,...  

  • Beaux arts : encres végétales, sérigraphie végétale, aquarelles végétales, peintures végétales, craies grasses végétales… 

  • Bio matériaux, bio plastiques teints végétalement, 

  • Agriculture de plantes tinctoriales et production de Colorants biosourcés (Pigments végétaux et Colorants végétaux) Garance, Indigo, Réséda, Tanins… 

En effet, on explore dans ce podcast un des nombreux pouvoirs des plantes à savoir : LA COULEUR 

L’objectif d’ArtEcoVert est de proposer la couleur végétale 🌿 comme alternative combinée à la couleur de synthèse, dérivée du pétrole et est néfaste. 

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  • … 

  1. ArtEcoVert LE PROJET ⭐

pour catalyser la réémergence de la filière tinctoriale (construire du lien, des échanges, faire avancer, poser les bases, apporter les preuves, …) 

Pour cela, j’ai créer l’entreprise ArtEcoVert Pauline Leroux dans laquelle je propose

  • mes services :  issus des expériences antérieures (filières agricoles, RSE, Grande Distribution, Distribution Locale, ) et de ma formation d’ingénieure agronome

  • mon énergie 

  • ma passion pour les plantes

  • ma volonté de redynamiser cette filière 

Chaque mission contribuent à soutenir la pérennité du podcast ArtEcovert

Vous êtes intéressés : pauline.artecovert@gmail.com

Bonne écoute 👍

Pauline Leroux

Transcription

  • Pauline Leroux ArtEcoVert

    Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert, le podcast qui vous parle d'art, d'écologie et de verdure. Je suis Pauline Leroux, ingénieure agronome passionnée de plantes, et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications. Que ce soit dans le textile, l'ameublement, l'artisanat, la décoration et dans d'autres domaines, chaque jeudi et samedi à 7h30, je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de Valais. Mon but, fédérer et démocratiser la couleur végétale dans nos vies. Alors, c'est parti ! Bonne écoute ! Alors, bonjour à tous, je suis ravie d'accueillir sur le podcast Cécilia Aguirre. Bonjour Cécilia ! Bonjour ! alors merci alors Cécilia première question est-ce que tu peux nous expliquer qui tu es ton parcours et ta formation alors je suis Cécilia Aguirre mon

  • Cécilia Aguirre Micro Ferme des lilas

    parcours c'est un long parcours vers le végétal en fait et en fait j'ai eu une première approche jeune adulte de la couleur quand j'étais au Sénégal et une première approche de la pratique de la couleur mais qui était vraiment avec les teinturières et la couleur de synthèse de base comme on le fait très mal en Afrique et ensuite j'ai entamé une formation de restauratrice d'oeuvres d'art textile ou là, j'ai eu une formation un peu plus, on va dire, carrée au niveau de la teinture, parce que ce qu'on recherche en restauration, c'est teindre, pas les tissus anciens bien sûr, mais des tissus nouveaux et des fils qui vont nous servir à restaurer, à consolider des œuvres anciennes. et quand j'ai fait ma formation j'ai appris la teinture synthétique avec cette précision de recherche de couleurs et de reproductibilité et on a eu un petit module aussi en technique ancienne sur la couleur et en textile on a abordé la teinture naturelle et vraiment de façon très très ponctuelle et ça m'a j'ai adoré en fait j'avais très envie de poursuivre je me suis beaucoup questionnée et j'ai beaucoup questionné aussi les enseignants et les professionnels de la restauration à ce moment là pour leur demander pourquoi on n'a pas saisi, on ne teignait pas en naturel. Et j'ai beaucoup de public, en fait, les premières années en tant que jeune professionnelle, quand je parlais de mon métier, les gens, avec des étoiles dans les yeux, me disaient Ah, vous faites de la teinture végétale alors ? Et moi, je disais non, je ne sais pas. On m'a dit que ce n'était pas solide, que... c'était pas faisable, c'était pas reproductible je sais pas faire, je fais pas quoi, voilà et à force de questions comme ça et moi-même d'être confrontée à des oeuvres qui ont des siècles et qui ont encore des couleurs magnifiques je me suis dit mais en fait c'est quoi cette réponse à l'emporte-pièce ça... faut aller creuser et donc Et à partir de 2005, j'ai commencé dans mon coin à pratiquer un petit peu la teinture végétale, à me former là où je pouvais. Il n'y avait pas beaucoup d'endroits à l'époque ni de personnes capables. Et puis, je me suis inscrite au premier symposium sur les teintures naturelles qui était organisé par Dominique Cardon, qui avait lieu à Hyderabad en Inde. Et là, j'ai découvert un univers vraiment fascinant qui reliait beaucoup de savoir-faire, de personnes. Ça va de l'agriculteur aux scientifiques, aux artisans. aux artistes et puis un développement aussi social dans pas mal de pays. Et j'ai trouvé que c'était vraiment très très beau, un très très beau symposium, très inspirant. Et à ce symposium-là, j'ai découvert qu'il existait des extraits de plantes hydrosolubles qui venaient de sortir. En fait, c'était couleur de plante à l'époque. en plus fabriqués en France. Et donc là, je me suis dit, je résous mes problèmes de reproductibilité et je vais pouvoir vraiment me pencher là-dessus pour voir si on peut avancer en ce sens pour les introduire en restauration d'œuvres d'art textiles.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #1

    Une fois que je suis rentrée, j'ai commencé à, voilà, j'ai demandé à couleur de plante des échantillons, j'ai commencé à faire des tests. J'ai contacté le laboratoire des monuments historiques qui travaille pour justement le patrimoine, à savoir s'ils pouvaient me tester certains de mes essais. et donc j'ai eu un retour positif même si le laboratoire des monuments historiques ne travaille pas avec des restaurateurs en direct mais travaille pour des institutions donc j'ai eu la chance de pouvoir faire des premiers tests qui m'ont prouvé que mon idée était intéressante et que ils m'ont incité justement à trouver un moyen pour pouvoir travailler avec eux et poursuivre ces recherches. Donc le moyen qu'on a trouvé, c'est d'avoir une bourse d'études. Et à ce moment-là, j'avais vraiment une légitimité pour travailler avec le laboratoire. Et à partir de ce moment-là, bien sûr, j'ai continué à me former. donc en France j'ai fait une formation vraiment sur mesure avec Michel Garcia qui m'a beaucoup apporté avant de partir pour mon grand voyage, donc ma bourse c'était la bourse Carnot qui incite en fait des projets de recherche à l'étranger Donc il fallait que je parte à l'étranger, un bon prétexte. Et donc j'ai fait un magnifique voyage où j'ai eu plusieurs étapes de travail au Brésil, en Afrique, en Inde. C'était les trois étapes principales de travail où j'ai pu continuer mes recherches, mes tests avec les extraits que j'avais découverts, les extraits territoriaux, que j'ai pu mettre au point finalement une méthodologie. pour que mes collègues, parce que moi je suis restauratrice, donc on fait tout en tant que restauratrice, on doit être capable de faire aussi bien les teintures que des lavages, que vraiment la restauration proprement dite, et la couleur est vraiment très importante pour nous, en tout cas on a vraiment l'œil sur la précision. j'ai mis en place une méthodologie pour la recherche de teintes, l'échantillonnage, et qui permettent une reproductibilité, bien sûr, avec des plantes et des méthodes grand teint, parce qu'on a une haute exigence en termes de qualité en conservation, restauration d'œuvres d'art.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #1

    Donc voilà, ça c'est en gros le parcours qui m'a amenée à la teinture végétale, Et à partir de 2012, j'ai commencé à former d'abord mes collègues déjà en place. Et à partir de, je ne sais plus en quelle année j'ai commencé, mais j'ai commencé à donner des cours à l'Institut National du Patrimoine, donc qui forme les restaurateurs. au Bervilliers et voilà et je donne, maintenant je forme mes futurs collègues au sein de l'école même avant qu'ils sortent donc les étudiants ont des cours en colorant de synthèse et aussi en colorant naturel à eux après de choisir ce qu'ils voudront utiliser dans leur pratique selon les objets qu'ils auront sous les yeux etc

  • Speaker #0

    J'avais du coup des précisions. Donc, la formation que vous avez faite à la base, vous n'avez pas donné le nom. Est-ce que vous pouvez...

  • Speaker #1

    Bien, alors c'est l'Institut national du patrimoine en section restauration d'œuvres d'art.

  • Speaker #0

    D'accord, et j'ai une autre question, est-ce que de la restauration d'œuvres d'art, tu avais précisé textile, est-ce que ça veut dire que c'est des œuvres, c'est des tapisseries, c'est des costumes, qu'est-ce que c'est comme type d'œuvre ?

  • Speaker #1

    Alors, tout ce qui peut avoir du textile, donc ça va du costume à la tapisserie, en passant par des objets archéaux, des parties d'objets composites comme du mobilier, où il peut y avoir du bois et du textile, donc on intervient sur les parties textiles. Ça peut être aussi des œuvres contemporaines, des objets. d'art populaire ou des objets techniques. J'ai des collègues qui ont travaillé pour des montgolfières ou des avions, enfin tout ce qui peut avoir du textile et qu'on peut trouver dans des musées ou des monuments historiques.

  • Speaker #0

    Ok, d'accord, c'est plus clair pour moi. Et alors la nuance entre restauratrice d'œuvres d'art et teinturière, en fait, tu m'expliquais que... donc la restauratrice en fait elle supervise l'ensemble de la restauration de l'oeuvre d'art si je comprends bien alors on supervise pas, enfin on supervise et on fait toi t'as la vision d'ensemble c'est ça de tout ce qu'il va falloir apporter ok d'accord je comprends mieux et est-ce que la restauratrice d'oeuvre d'art gère aussi un avis à émettre sur tu sais quand on expose les oeuvres, quand on les met à la lumière d'accord ok et ça tu peux le raconter Est-ce que tu peux me raconter un petit peu ?

  • Speaker #1

    Tout à fait. Alors là, je vais parler au niveau des couleurs principalement. Donc, les UV sont vraiment ce qui altère le plus les couleurs. D'accord. Donc, c'est pour ça que quand vous allez visiter une exposition dans un musée, souvent, vous trouvez que vous ne voyez pas bien. pourquoi ? parce que les normes muséales c'est 50 lux 50 lux c'est pas grand chose et c'est ce qu'on autorise pour pouvoir exposer les textiles et les préserver au maximum l'action de la lumière elle est cumulative donc une fois qu'on a perdu on a perdu et plus on met de lux sur un objet plus il va se dégrader

  • Speaker #0

    est-ce que tu peux via des alors je vais peut-être dire des bêtises mais tu vois je vois souvent des œuvres dans des comment je peux expliquer des boîtes de verre, est-ce que le verre réduit un peu les UV ou est-ce qu'il y a des astuces en fait pour éviter que les œuvres d'art prennent trop de luxe alors les verres en fait,

  • Speaker #1

    les vitrines, ça préserve essentiellement de la poussière d'accord ça n'a aucun intérêt par rapport aux UV d'accord par contre les UV il y a des filtres anti-UV qu'on peut mettre aux fenêtres et puis des lampes spécifiques qui n'émettent pas ou très peu d'UV d'accord ok il y a des appareils qui existent qui sont des luxmètres qui permettent

  • Speaker #0

    de mesurer la quantité de lumière que reçoit, enfin la quantité d'UV que reçoit l'œuvre d'art ?

  • Speaker #1

    UV, non, mais de lumière, oui.

  • Speaker #0

    D'accord, ok.

  • Speaker #1

    Parce que UV, on sait quelles ampoules on utilise et quels sont leurs spectres, y compris dans les UV. Ok. On peut choisir.

  • Speaker #0

    dans les formateurs dont tu as parlé dans ton accompagnement t'as parlé de Michel Garcia est-ce qu'il y avait d'autres noms que tu peux citer de personnes qui t'ont accompagné dans ton parcours, à un moment tu disais je me suis rapprochée des professeurs ou des personnes de l'époque, est-ce que t'as des noms que tu voudrais citer sur ces personnes là ?

  • Speaker #1

    alors j'ai fait mes premières formations c'était à Ocra conservatoire des Ocre dans un dans le Luberon d'accord et j'ai fait une formation avec une italienne à l'époque qui ne vient plus là Rosella Cilano, je sais même pas si elle a la retraite ou pas Rosela Chilano j'ai fait une formation avec Aboubacar Fofana qui m'a voilà qui est un grand ami et qui qui faudra interviewer aussi ça fait déjà 4 fois qu'on le sort son nom il faut que il faut que j'y aille là c'est bon

  • Speaker #0

    4ème fois il faut que je l'appelle ok si vous avez des coordonnées d'ailleurs je veux bien que vous me les envoyez ça me fera c'est top ouais ok

  • Speaker #1

    et puis j'ai fait une autre formation aussi avec Karine Delonnet qui aujourd'hui est à la retraite mais qui est aussi une personne très riche et intéressante ça c'était mes premières formations et puis après j'ai vu Michel Garcia et ensuite dans mon voyage j'ai été aussi en contact avec des teinturiers au Brésil en Inde en Afrique, c'était à Boubacar je suis allée chez lui

  • Speaker #0

    Et est-ce que justement, j'avais posé la même question à Dominique Cardon, est-ce qu'il y a une universalité dans le fait de teindre avec les plantes, un savoir-faire ancestral, etc. Mais est-ce qu'il y a des particularités entre l'Amérique du Sud, l'Afrique, l'Inde, est-ce qu'il y a des choses que tu as pu capter ? sur différentes techniques, sur différents procédés ? Est-ce que tu as des petites anecdotes comme ça sur les différents savoir-faire ?

  • Speaker #1

    Alors, chaque teinturier a ses petits trucs, même en France. Moi, je pratique d'une façon, d'autres pratiquent autrement. Voilà, chacun a nos raisons de faire comme on fait. Alors, au Brésil, je suis allée chez Hébert Ferreira. En fait, sa démarche m'intéressait. Je l'avais rencontrée au Symposium d'Iderabad. Sa démarche m'a intéressée parce qu'il était dans le transfert à l'industrie, donc avec une rigueur, on va dire, que je recherchais, qui n'était pas forcément la pratique artisanale lambda. Donc lui, il avait développé... Deux choses, justement, au niveau extraction, utilisation de pigments aussi pour la coloration des textiles. Voilà, donc j'ai pu tester des choses avec des résultats satisfaisants dans certains points de vue et moins pour d'autres. Donc voilà, ça, c'était bien de pouvoir partager. Ensuite, en Inde, ce que j'ai vu, ça ressemble beaucoup à ce que je fais, sauf qu'il y a des petites... nuances au niveau des plantes utilisées, plus les plantes locales, ce qui est normal. Ensuite, avec Aboubakar, j'ai vraiment vu les cuves par fermentation à l'indigo qui sont passionnantes et voilà.

  • Speaker #0

    Alors du coup, Cécilia, ma question c'est, donc je comprends bien ton parcours, moi je te connais, on a parlé de toi sur la partie plutôt, on va dire botanique, la ferme des Lillas, la Morte Tintilis, est-ce que tu peux nous expliquer le... le parcours en fait comment t'es passée t'es toujours restauratrice d'oeuvres d'art mais tu as une activité en plus et comment tu es arrivée à cette activité en plus alors en fait j'avais déjà j'avais envie de

  • Speaker #1

    mettre les mains dans la terre et j'avais envie de remonter la chaîne parce que pour la restauration d'oeuvres d'art j'utilise des extraits de plantes, toujours parce que ça me facilite la précision, la reproductibilité voilà mais je trouvais pas ça suffisant dans l'approche et la pédagogie surtout voilà ça c'est le volet écologique on va dire on forme des gens à la teinture végétale il faut aussi les former à l'utilisation de la ressource. Donc pour ça, pour moi, rien de mieux que de mettre les mains dans la terre et de savoir ce que c'est vraiment de cultiver ces plantes. Et pour estimer en fait... leur valeur vraiment, leur valeur travail, leur valeur terroir tout ce qu'il y a derrière et quand on va teindre et qu'on a cette conscience là et bien on va pas utiliser les plantes de la même façon, on va être beaucoup plus respectueux on va essayer de les utiliser avec parcimonie sur des belles matières parce que la teinture végétale elle mérite et elle a besoin de belles matières qui la mettent en valeur voilà

  • Speaker #0

    ouais donc t'es plus en conscience le fait d'avoir expérimenté, compris la chaîne comme tu dis, donc de la graine à la couleur finale, c'est exactement le thème du podcast Cécilia, donc on est en bout de temps j'avais des questions très pratico-pratiques est-ce que tu as commencé déjà, tu as lancé tout de suite ta ferme des lumières ou est-ce que tu as commencé on va dire plus secrètement chez toi et par quoi t'as commencé en fait vraiment quelle plante, comment tu t'y es pris raconte-nous

  • Speaker #1

    Alors, j'ai eu la chance d'avoir ce terrain familial qui n'était pas utilisé pour autre chose que de la pâture à chevaux. Et donc, j'ai pu commencer des premiers tests sur cette parcelle-là. et en même temps je me suis formée j'ai fait un BPREA et j'ai fait aussi une formation en permaculture autre chose qui m'a beaucoup inspirée c'est la permaculture et donc quand je me suis sentie prête, on ne va pas dire légitime parce que je ne sais pas si je me sens encore réellement légitime certains vont me dire mais oui oui, d'autres bon En tout cas, quand je me suis sentie prête, j'ai commencé à vouloir cultiver et commercialiser à petite échelle. La commercialisation dans une démarche pédagogique, pour moi, c'était l'AMAP, parce que ça crée un réseau, on va dire, de consom-acteurs, comme on appelle ça dans les AMAP. Ce ne sont plus des simples clients qui achètent les plantes, mais ce sont vraiment des personnes qui savent comment je cultive, qui ont l'occasion de venir sur le terrain. pour m'aider et pour voir justement comment ça se passe, auxquels je dois des comptes. En gros, j'explique ce qui s'est passé telle année, pourquoi telle culture n'a pas bien donné ou pourquoi ça a bien donné, et qui sont partenaires. Parce que l'idée d'une amap, c'est vraiment... d'acheter une production avant qu'elle soit sortie de terre. Ça, c'est très important. Parce que, justement, c'est comme ça qu'on soutient les agriculteurs. D'accord. Ça permet d'avoir, on va dire, un revenu... sécurisé.

  • Speaker #0

    Assuré.

  • Speaker #1

    Ouais, assuré. D'accord. Donc moi, je produis en très petite quantité. Je suis pas du tout... Je suis pas mécanisée déjà, donc voilà. Et c'est ma deuxième activité, donc je fais ce que je peux avec le temps que j'ai et mes petits bras. J'ai beaucoup besoin d'aide des amapiens ou autres bénévoles. Et en fait, l'idée, c'est vraiment d'avoir un... un réseau et que les gens se sentent bien à la ferme et puis voient leur couleur pousser.

  • Speaker #0

    Et alors, c'est basé où la ferme des Lilas du coup ?

  • Speaker #1

    Alors, la micro-ferme des Lilas, elle est dans les Yvelines, donc en Ile-de-France, sur la commune de Longuillier.

  • Speaker #0

    D'accord. Et tu as combien de mètres carrés ?

  • Speaker #1

    Le terrain fait 3 hectares. Je ne cultive pas 3 hectares. Je cultive environ... 1500 mètres carrés mais qui ne sont pas que des teintes oréales je fais aussi des plantes aromatiques et médicinales parce que quand on rentre dans le végétal ben voilà on est en Europe je comprends bien pour être passionnée de plantes je comprends bien ce que tu veux dire t'as un projet de base et après ça part en inspiration ok donc tu fais de l'aromatique de la médicinale et bien teintes oréales voilà c'est ça parce que l'outil de transformation est le même en fait donc j'ai un séchoir que j'ai construit. Et voilà, quand on sèche des teintes oréales, on a aussi envie de sécher des aromatiques, des monicinales, tout ce qui passe, qui peut être utile à l'homme.

  • Speaker #0

    D'accord. Du coup, un séchoir, donc, comment je vais dire, je ne sais pas le terme, mais ce n'est pas un séchoir, ça ne nécessite pas d'énergie, c'est un séchoir que tu as fait, que tu stockes. C'est ça ?

  • Speaker #1

    Le terrain sur lequel je suis n'est pas relié au réseau. Donc, je n'ai pas d'eau, je n'ai pas d'électricité. Par contre, enfin... Du réseau, on va dire. Heureusement, j'ai un puits. donc je lise l'eau avec parcimonie parce qu'avec les sécheresses on est obligé de faire très attention donc heureusement les aromatiques et médicinales ne demandent pas forcément une grosse consommation d'eau le séchoir par contre j'ai dû installer du photovoltaïque pour avoir vraiment un séchoir professionnel qui ne soit pas bricolé et ne pas être dépendant des aléas climatiques par exemple en 2021, on a eu une saison très très pluvieuse. Sécher juste à l'air libre, ça n'aurait pas été possible.

  • Speaker #0

    Voilà.

  • Speaker #1

    donc pour avoir de la plante de qualité j'ai un séchoir avec du photovoltaïque qui fait fonctionner un petit déshumidificateur et aussi avec du solaire thermique qui me permet de pulser de l'air chaud quand il y a du soleil dans

  • Speaker #0

    mon séchoir est-ce que tu peux nous expliquer par quelle variété tu as commencé donc à la base l'idée sur les 1500K c'était de faire de la teinturielle et après tu as des vieilles mais tu as du coup commencé par quelle Quelles essences ? Parce que tu as dit quelque chose qui revient beaucoup, c'est quand je me suis sentie prête, comment tu t'es préparée ? Tu as lu, tu as été voir d'autres jardins tanctoriaux, est-ce que tu as creusé tous les bouquins qu'on peut avoir ? Comment tu t'es préparée et par quoi tu as commencé ?

  • Speaker #1

    Alors, je me suis préparée en rien du tout, je me suis lancée à part ! à planter des graines et les formations que j'ai faites le BPREA et les formations en permaculture en fait ça ne parle absolument pas des plantes teintoriales donc là il y avait tout à défricher ou presque donc j'ai lu quelques livres anciens qu'on trouve sur google book sur la culture de la garance du pastel etc mais voilà c'est j'ai planté des graines et j'ai regardé ce que ça donnait sur mon terrain ça a commencé comme ça et en fait là où je me suis sentie prête c'est surtout au niveau de l'indigo le plus complexe c'est la transformation des feuilles en pigments

  • Speaker #0

    et alors du coup l'indigo tu fais avec le pastel ou tu fais avec la persiquaire tu le fais avec quoi du coup ?

  • Speaker #1

    alors j'ai essayé le pastel et j'ai essayé la persiquaire vu mes contraintes d'énergie j'ai choisi la persiquaire parce que c'est une extraction plus facile que je peux faire à froid sans apport d'énergie le pastel ça peut se faire mais il faut chauffer très fort et des grosses quantités et j'ai juste pas envie et ça n'a pas de sens pour moi de faire comme ça j'aimerais pouvoir transformer le pastel mais plutôt pour faire des cocagnes à destination de cuve par fermentation

  • Speaker #0

    d'accord alors ça me fait ta remarque me fait rebondir sur deux épisodes l'épisode de David Santandreux où il parle justement des cocagnes et pour la fermentation dans des cuves indigo et je pense aussi à Morgane Recoul qui est une jeune agricultrice, je ne sais pas si tu connais, de l'atelier Cazel, qui vient de se lancer dans les graines vectorielles sur un tout petit espace en Aveyron et en fait il y a eu des gros problèmes d'eau la première année où elle s'est lancée et en fait elle m'expliquait qu'elle avait fait le choix de la persica parce que le pastel nécessitait beaucoup trop d'eau pour moi le pastel c'est vraiment une plante très résiliente et bien adaptée à notre terroir d'accord sans

  • Speaker #1

    problème les grosses années de sécheresse on va dire j'ai eu un peu d'altise sur le pastel parce que c'est du chou et voilà il n'y a pas d'eau qui tombe à ce moment là elles ont l'air d'avoir Autoroute tracée pour les altises Mais sinon non En tout cas en Ile-de-France chez moi

  • Speaker #0

    Ça allait D'accord Et alors comme plante J'ai entendu des graines de garance Que tu avais mis L'indigo du coup avec la persiquaire Est-ce que tu as d'autres Variétés dont tu peux nous parler Nous donner des petites anecdotes Sur le niveau de facilité De difficulté Est-ce que tu rencontres toi tous les jours sur le terrain

  • Speaker #1

    Oui, alors que je cultive les autres plantes que je cultive, j'ai aussi de la gaude donc Reseda luteola qui est très bien adaptée chez moi, je suis sur un terrain sableau limoneux, les plantes teintoriales, aromatiques se plaisent bien c'est très drainant donc quand il y a des cas de sécheresse là moi je paille beaucoup pour essayer de retenir au maximum l'eau et éviter l'évaporation Merci ça c'est essentiel sur mon terrain et je pense que même sur d'autres terrains en général ça devrait être essentiel la couverture du sol et par contre la persiquaire a quand même besoin d'eau elle je l'irrigue un peu au moins une fois par semaine l'année dernière avec la sécheresse c'était au moins une fois par semaine sinon toutes les autres plantes elles poussent comme elles poussent voilà ce qui permet qu'elle soit aussi je crois que Patrick en parlait un petit peu dans son podcast que les plantes sont aussi un peu stressées et elles fabriquent leur colorant mieux en coup de stress. Mais il faut quand même un juste milieu. Il ne faut pas qu'elle se rame non plus.

  • Speaker #0

    Donc du coup, on voit un petit peu ta surface, on voit les plantes que tu proposes. Est-ce que tu peux nous parler du travail ? Tu voulais avoir les mains dans la terre. Tu pars de la graine ou tu achètes des plants ? Quand tu t'es lancée, tu as acheté des plants ou tu n'es partie vraiment que de la graine ?

  • Speaker #1

    Obligation de partir de la graine parce qu'il n'y a personne qui fait des plants.

  • Speaker #0

    Du coup, quand tu es partie des graines, donc au semou, on suit le mode d'emploi. On voit pousser, on observe beaucoup. et quels sont les premiers travaux qui apparaissent avec les plantes tectorielles ? Est-ce qu'il y a des buts à faire comme dans d'autres cultures ? Est-ce que c'est uniquement des travaux de cueillette ? Qu'est-ce que tu peux nous raconter comme les premières étapes techniques de la culture des plantes tectorielles ?

  • Speaker #1

    Alors, juste un petit mot sur les graines avant. Aujourd'hui, je fais mes semences. D'accord. J'ai commencé, je me suis fournie de mes semences au conservatoire national, non au conservatoire des plantes de Mille-la-Forêt, CNP-MAI. Donc ils font, ils conservent des plantes aromatiques, médicinales et industrielles.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #1

    Les plantes teintoriales font partie des plantes industrielles. Je pense que c'est important d'avoir en tête l'historique de la teinture, de la production. Avant le XIXe siècle, avant l'industrie de synthèse, toutes les couleurs textiles étaient issues du végétal. donc c'était vraiment de l'industrie on avait des hectares on avait des hectares de culture et on n'en avait pas assez chez nous on allait exploiter des

  • Speaker #0

    surfaces dans les colonies donc ça c'est ça dont tu parles quand tu parles de plantes industrielles,

  • Speaker #1

    ça y est j'ai compris c'est ça qui servait en masse avant oui parce que c'était on avait des gros besoins couleurs en plantes tectoriales pour répondre à toute l'industrie textile. Donc ça faisait partie de l'industrie textile en fait, ces plantes-là.

  • Speaker #0

    D'accord, donc toi tes graines, tu es allée chercher au conservatoire, au conservatoire donc de nuit la forêt.

  • Speaker #1

    Oui, conservatoire des plantes.

  • Speaker #0

    Des plantes. Tu as fait pousser tes graines et donc qu'est-ce qui se passe ensuite en termes de technique, comme je te disais ? Qu'est-ce que tu dois faire ? Quel est ton premier, on va dire, travail en tant qu'agricultrice de plantes tectoriales ?

  • Speaker #1

    Alors le premier travail c'est le semis comme tu l'as dit qui est vraiment une étape très importante parce que suivant les plantes qu'on fait pousser les graines ont des conditions différentes de germination donc certaines plantes vont demander de la chaleur d'autres pas forcément donc pour ça il faut gérer un petit peu son planning pour être prêt à implanter des petites plantules qui ont germé au chaud, on va dire, et les installer une fois que les risques de gel à l'extérieur sont partis. Là, je parle principalement de la persiquaire qui ne supporte pas le gel. Donc, elle, je l'implante après les scènes de glace à la mi-mai. D'accord. Il n'y a plus de risque. Ensuite, moi, je paille bien toutes mes plantes, comme je disais, pour retenir au maximum l'eau et ne pas avoir d'irrigation à faire. Surveiller qu'elles ne viennent pas se faire grignoter par des lièvres ou des limaces. D'accord. qui arrivent régulièrement sur certaines plantes. Par exemple, le cosmos, c'est un régal apparemment. C'est vrai ? Donc, à l'état jeune, il faut vraiment les surveiller, voir les voilées. Les prédateurs viennent. Ensuite, la récolte, c'est... Alors, pour la gaude, c'est quand les plantes sont en fleurs. Fleurs et graines, en général, je récolte au mois de juin, juillet. Voilà, la gaude. Les parties aériennes. Je les passe au hache-paille, je les coupe en petits tronçons et je les fais sécher en couche fine dans mon séchoir. Pour, qu'est-ce qui vient après ? La persiquaire. Donc le travail de la persiquaire, c'est vraiment récolter les feuilles. et ensuite la transformation en pigments. Donc je fais trois extractions par saison. Je commence la première mi-juillet, ensuite mi-août et mi-septembre, en gros. Après, tout ce qui est fleurs, cosmos, coreopsis, etc., donc ça c'est au fur et à mesure de la floraison, à partir de juin, juillet, ça dépend. Et là, c'est tous les deux, trois jours, je peux y aller.

  • Speaker #0

    Tu as l'instrument ? tu cueilles pas à la moindre j'imagine parce que sinon tu t'épuises est-ce que tu mords un genre de je sais pas comment ça s'appelle ce petit râteau à fleurs je sais pas comment ça s'appelle là c'est vraiment pour les fleurs très petites comme la camomille matricaire c'est un peigne à myrtilles c'est

  • Speaker #1

    ça, donc pour les fleurs teintoriales, c'est des fleurs qui sont quand même plus grosses et là c'est toute la récolte émanuelle

  • Speaker #0

    donc un travail de titan c'est pour ça que tu as besoin de d'amapiens et de bénévoles pour venir t'aider parce qu'en plus je suppose que tout arrive d'un coup tu arrives à échanger tes ce qu'on fait pour les salades tu mets 15 jours entre tes salades pour que ça arrive en

  • Speaker #1

    fait la floraison elle arrive petit à petit donc sur les cosmos je commence par récolter 10 fleurs et puis après j'en récolte 20 et puis ça monte ça monte comme ça progressivement par rapport à la croissance de la plante

  • Speaker #0

    et on explique sur des heures de récolte ouais ouais j'imagine en saison et on expliquait j'ai lu je pense que j'ai lu que en fait le fait pour certaines fleurs de couper la fleur réincitait la production à repartir sur une fleur

  • Speaker #1

    Oui, parce que pourquoi la plante produit des fleurs ? C'est pour sa survie, sa reproductibilité. Donc, si on coupe la fleur, il faut qu'elle refasse des fleurs pour faire des graines. L'objectif de la plante, c'est de faire des graines pour se reproduire.

  • Speaker #0

    Donc, quand tu cueilles tes fleurs, je vais peut-être poser des questions bêtes, mais tes choréopsis, c'est pour faire des extraits ? tu en gardes une partie pour recueillir les graines tu en gardes une partie pour les extraits comment tu t'organises en fait pour te dire il faut que je garde mon patrimoine génétique pour moi, ma remise en culture pour mes ventes comment tu gères tes récoltes en disant quel est le meilleur moment est-ce que c'est en début de floraison ou en fin de floraison pour avoir les graines explique-moi un petit peu parce que j'avoue c'est abstrait déjà moi je ne fais pas d'extrait il n'y a que sur l'indigo que je fais de l'extrait d'accord

  • Speaker #1

    ensuite c'est les plantes brutes pour brutes séchées sur les graines en fait par exemple pour le cosmos je regarde parce que les pieds sont tous un peu différents je regarde le pied qui me donne les plus belles fleurs et je vais essayer de garder de moins cueillir on va dire sur ce pied là et c'est ce pied là dont je vais récolter les graines

  • Speaker #0

    en fait il nous faut assez peu de graines d'accord t'as pas besoin d'une grande quantité pour ressemer l'année d'après ensuite après la cueillette je suppose qu'il y a des plantes dans les annuels que tu dois bah enlever pour mettre d'autres cultures après ? Je pense que tu fais une rotation des cultures aussi pour pas qu'il y ait de parasites ou de maladies qui soient communes.

  • Speaker #1

    Oui, tout à fait, je fais des rotations de cultures sur les plantes annuelles. Ensuite, sur la garance aussi j'en fais, mais le cycle est plus long.

  • Speaker #0

    La garance, c'est à partir de combien de temps qu'on peut récolter la racine ? Il me semble que c'était assez long.

  • Speaker #1

    Je la récolte la troisième année. Elle a deux ans et demi quand je la récolte. Chaque année, je mets une nouvelle planche de garance en culture. et j'en récolte une donc j'ai des planches intermédiaires qu'il faut aussi incortiquer

  • Speaker #0

    Eh bien, dis donc, tu me fais rêver, tu vois, j'ai envie de... Mais bon, il faut énormément de rigueur et je ne peux pas être partout, mais tu vois, ça me fait rêver franchement d'entendre ça. Alors du coup, la micro-ferme des Lina, tu as dit qu'on pouvait la visiter, donc accessible au public, elle a un rôle pédagogique, parce que tu accueilles les gens, tu transmets ton savoir. Ça m'amène à la question tout simplement de la transmission. Est-ce que tu peux nous expliquer ? les questions récurrentes que te font les gens qui viennent découvrir ton métier ?

  • Speaker #1

    Alors, petite précision d'abord. La ferme, elle est bien sûr ouverte aux personnes qui veulent venir. Je ne fais pas des visites comme ça. Il faut aussi que je bosse. Donc, les personnes qui veulent venir, elles viennent, mais elles donnent un coup de main. Ce n'est pas juste...

  • Speaker #0

    Oui, elles prennent rendez-vous.

  • Speaker #1

    Oui, très sûr. je sois là aussi parce que je ne suis pas toujours là et par contre il y a des journées organisées par la MAP où j'essaye de faire venir plus de monde qui sont plus conviviales autour d'une action la plantation de la persiquaire par exemple la récolte de garances par exemple et il y a la fête de la ferme aussi qui est vraiment là une occasion de venir voir la ferme tranquillement il y a de la musique, il y a des activités voilà là c'est plus la journée un peu découverte plaisir et conviviale avec plein de choses qui se passent à la ferme donc ça c'est le 25 juin tu me rappelles un truc c'est que toi

  • Speaker #0

    tu vends tes plantes séchées à la MAP et la map se charge de la distribution de ce réseau là derrière, c'est ça ? Quelles sont les questions qu'ils te posent ? Est-ce qu'ils connaissaient déjà les plantes tectoriales ? Quelles questions on te pose par rapport à ça ?

  • Speaker #1

    Souvent ceux qui viennent ils viennent parce qu'ils ont envie de voir les plantes tectoriales donc ils connaissent Ensuite ça arrive qu'il y ait des groupes Ça arrive peu, mais c'est arrivé par exemple qu'il y a un groupe de cyclistes de la région qui me demandent de faire une halte, et là je fais faire une visite, et j'explique un petit peu ce que c'est. Et là, effectivement, il y a beaucoup de gens qui découvrent en fait ce que c'est l'étanctorial. Je vois même dans les... les agriculteurs du coin. On a eu une réunion il n'y a pas longtemps pour la Biosol, parce que je suis aussi labellisée bio, petit détail.

  • Speaker #0

    Quelle est son importance ?

  • Speaker #1

    En fait, les gens savaient... parce qu'ils ne s'étaient jamais posé la question de la couleur sur leurs vêtements, de la couleur en gros, et qu'il pouvait y avoir de la couleur qui vienne des plantes. Donc ça, il y a des gens qui découvrent complètement, même au sein du milieu agricole. Ça dépend du public qui vient, mais souvent, c'est des publics qui connaissent la teinture végétale et qui viennent pour ça.

  • Speaker #0

    Donc, tu n'as pas trop de questions de néophytes, c'est plutôt des gens qui sont déjà aguerris sur ce sujet. Donc, OK. en termes de transmission donc tu accueilles du monde tu fais des stages enfin des stages des visites de jardin est-ce que tu fais d'autres actions en termes de transmission d'intervention auprès de oui en fait donc

  • Speaker #1

    je fais un stage par an autour de l'indigo qui s'appelle Global Indigo où on va où j'explique tout de la graine au pigment à la teinture c'est vraiment de complet j'accueille des stagiaires en formation agricole depuis le confinement en fait j'ai régulièrement des gens qui me demandent c'est vraiment chouette de constater que les gens passent enfin à l'action sinon je fais des formations en teinture naturelle mais aussi bien à l'Institut National du Patrimoine que aussi autre chose personne à interviewer, c'est Colour ton monde, Suzy Gallo. Il faut savoir que j'ai rencontré Suzy en 2011. Elle m'a contactée juste au moment où elle voulait avoir un peu un peu de France. Mais elle vous en parlera, je ne vais pas développer l'histoire de Colour ton monde. Mais en gros, je suis avec elle cofondatrice de cette association. Et donc, je continue à faire mes formations. professionnelle via Color Tournament.

  • Speaker #0

    J'ai un point aussi important, c'est tout ce qui est relation de partenariat. Est-ce que dans la micro-ferme, est-ce que tu as des partenaires ? Parce que tu fais quand même tout, toute seule. Est-ce que tu as quand même des gens, des partenaires réguliers sur certains produits ou des gens qui t'aident ? Comment tu fonctionnes avec tes partenaires ?

  • Speaker #1

    Les gens qui m'aident, c'est les bénévoles qui viennent à la ferme.

  • Speaker #0

    Oui, tu n'as pas d'autres partenaires ?

  • Speaker #1

    Non.

  • Speaker #0

    Donc, tu as les bénévoles, toi, et la MAP par la suite.

  • Speaker #1

    Ensuite, les partenaires, comme je suis agricultrice bio, il y a le Pôle à Biosol, bien sûr. On peut avoir des échanges. Là, on a une prochaine rencontre entre producteurs de PAM et je vais leur présenter les plantes tanctoriales.

  • Speaker #0

    voilà mais c'est tout au niveau de la sphère agricole et est-ce que tu dirais qu'il y a beaucoup d'agriculteurs de plantes tanctoriales en France ?

  • Speaker #1

    non,

  • Speaker #0

    pas beaucoup est-ce que dans d'autres pays c'est plus développé ?

  • Speaker #1

    je pense que oui il y a d'autres pays qui sont plus qui ont une culture on va dire un peu plus agriculture couleur, l'Inde, par exemple, mais encore... Voilà, je ne sais pas, je n'ai pas des chiffres.

  • Speaker #0

    Et une autre question, Patrick Brenac, dans l'épisode qui sort aujourd'hui, précisait que il y a agriculteurs des plantes tanctoriales, mais il parle beaucoup de la production, de la productivité qui peut être faite sur ces parcelles, et il explique qu'il y a vraiment deux catégories, il y a les petits producteurs et les plus gros. Pour toi, comment dire, à partir de quand on est, ce serait quoi en termes d'hectares, quelque chose de productif où tu peux, voilà, c'est quoi l'échelle pour toi d'une grosse ou d'une petite ? J'ai reçu Morgane, tu vois, elle était sur, je crois, 500 mètres carrés, elle démarrait. C'est pour son emport personnel, ses ateliers, ses teintures. quand tu veux faire de la production pour toi, ce serait quoi la surface qui pourrait être intéressante ?

  • Speaker #1

    Là, il faut des hectares. Oui. Il faut être mécanisé. Il faut être mécanisé déjà. Donc, le champ des couleurs, je ne sais pas si c'est prévu dans les interviews, elles ont une échelle qui n'est pas énorme, mais qui est mécanisée, qui est... Voilà, c'est une autre étape encore. Moi, je suis petite échelle, tout manuel, donc je ne peux pas faire autant. Elles, elles sont à 100% sur cette activité-là et avec les outils qu'il faut, quoi.

  • Speaker #0

    d'accord donc pour toi le passage à une plus et puis c'est logique le passage à une plus forte productivité c'est de commencer à se mécaniser j'avais des questions comme tu as bien développé dans ton introduction la partie que tu avais abordée au Brésil sur tu sais pas le retour à l'industrialisation mais presque j'avais quand même envie de te poser cette question selon toi Cécilia qu'est-ce qui ferait que la teinture végétale retrouve ses lettres de noblesse et soit une alternative convaincante et réutilisée demain.

  • Speaker #1

    Ça reparte au niveau de l'industrie textile, c'est ça ? Non,

  • Speaker #0

    mais si on arrive à réduire, je précise ma question parce que c'est important, si les consommateurs arrivent à réduire la quantité de vêtements qu'ils achètent, qu'il y a cette baisse naturelle de consommation de vêtements, et que la teinture végétale est envisageable, qu'est-ce qui ferait qu'on irait ? Quel levier il faudrait débloquer ? Quel frein il faudrait lever ? Qu'est-ce qu'il faudrait pour les industriels ? Comment on pourrait faire ce passage ?

  • Speaker #1

    Je pense que c'est une question de volonté et de demande clientèle, déjà. Il faut que le public soit averti et le demande. Si le public ne le demande pas, si le consommateur ne le demande pas, ça ne se fera pas.

  • Speaker #0

    Mais pour moi,

  • Speaker #1

    c'est la pédagogie. Vraiment, la première chose, c'est la pédagogie. C'est ce que j'essaye de faire à ma petite échelle. C'est ça, quoi, c'est ça. Et la pédagogie sur les pollutions, que ça enchaîne. Parce qu'aujourd'hui, l'industrie textile, elle est quasiment délocalisée, complètement. Il y a très peu d'industries en France. Certains commanditaires sont regardants sur ce qui se passe dans les industries ailleurs. et d'autres ne sont pas du tout regardants et ce qu'ils cherchent c'est le prix et du coup, souvent c'est du n'importe quoi qu'on a derrière au niveau exploitation humaine aussi donc voilà, en fait c'est de la pédagogie déjà là-dessus qu'il faut faire et en même temps proposer des alternatives et montrer d'autres chemins et faire comprendre aux gens que ces autres chemins ils vont être un petit peu plus lourds sur le porte-monnaie comment leur faire comprendre ça et forcément ce sera plus cher mais

  • Speaker #0

    c'est du coup comme en alimentaire c'est moins acheter moins mais acheter mieux et tu vois ce qui me touche dans ton le premier point que t'as sorti c'est le consommateur et la pédagogie et en fait tu vois le podcast à sa petite échelle on s'entend rien que le fait que les gens entendent que les plantes peuvent donner des couleurs et que c'est une alternative possible et que ça existe et qu'il y a du monde derrière et qu'il y a un réseau si ça peut contribuer à en parler je serais la plus heureuse du monde et tu vois je vois que chacun fait sa part toi tu fais de la pédagogie sur le terrain avec des gens que t'accueilles ou non dans d'autres entités et tu vois, je suis contente que tu viennes me le dire parce que tu l'as sorti hyper spontanément, c'est le premier truc qui t'est venu c'est vraiment qu'il faut en fait que les gens prennent conscience et je pense qu'on n'en est pas encore là quoi ce qu'il faut prendre conscience aussi c'est que tout ça toutes les pollutions actuelles,

  • Speaker #1

    elles nous reviennent sur notre santé à nous. Tout impact sur l'écologie, on va dire, mondiale a un impact sur chacun de nous. Et ça, on n'en est pas assez conscients. Et en fait, quand on aura réfléchi la santé aussi différemment, je pense que la consommation sera aussi différente. parce que tout revient en fait à la santé au final c'est nos corps qui en souffrent soit par des polluants qu'on a sur nos vêtements soit par l'eau qu'on consomme qui est dégueulasse bourrée de micro-plastiques, les poissons les machins, enfin voilà tout nous revient en fait parce qu'après on mange et on s'habille et les polluants on les retrouve sur nous

  • Speaker #0

    c'est à notre mesure tu vois moi j'avais fait un épisode zoom je sais pas si tu suis sur le podcast mais il y a les épisodes avec les invités il y a les épisodes zoom et en fait sur les épisodes zoom le premier que j'ai sorti c'est sur l'impact de l'industrie textile mais aussi les bonnes nouvelles parce que tu vois je suis pour le fait de montrer ce qui va pas mais de montrer aussi qu'il y a des gens qui se bougent et qu'en fait c'est possible de se bouger il suffit comme tu disais de volonté donc c'est le premier point euh... Est-ce que tu as d'autres points techniques qui feraient que les industriels se disent Ok, j'ai la demande, comment on pourrait convaincre les industriels aussi d'y aller ?

  • Speaker #1

    Je pense que l'homme est assez ingénieux pour trouver des solutions. donc je ne me fais pas de soucis si la volonté elle est vraiment là les industriels y suivent par contre ce qu'il faut aussi éduquer c'est la comment dire la sobriété colorimétrique Alors, explique-moi. Aujourd'hui, on ne se rend pas compte qu'on est dans un monde qui est dans une profusion de couleurs partout. La couleur, elle ne coûte pas cher, elle coûte même moins que rien. Quand on achète un matériau qui soit coloré ou pas coloré, c'est le même prix. Mais en fait, avant l'apparition des colorants de synthèse, quand on utilisait la plante, la couleur avait un prix. aujourd'hui on ne veut pas les industriels ils veulent payer le moins cher possible la couleur, pourquoi ? Parce qu'ils n'arrivent pas à vendre plus cher un produit coloré et si on veut utiliser et puis mettre en avant aussi les fibres non teintes ça, trouver du brut, du blanc, des crus, du gris, et là-dessus, amener des touches avec des plantes, des décolorants naturels, ça, pour moi, c'est l'avenir, on va dire, parce qu'on ne pourra pas mettre tout en naturel, déjà, avec la consommation actuelle qu'on a de quantité, ça c'est sûr, mais de quantité de couleurs aussi, pour moi, ce n'est pas imaginable. de se dire, demain, on va faire comme aujourd'hui, mais avec que du naturel. Ça, ce n'est pas viable.

  • Speaker #0

    Donc, ça s'accompagne forcément par une remise en question des quantités de vêtements qu'on achète et de la disponibilité. Comme tu dis, tout est coloré. Comment revenir à un bon équilibre ? J'entends du couteau.

  • Speaker #1

    Il y a des plantes qui coûtent cher parce que c'est des couleurs qu'on veut et des couleurs qu'on aime. Le bleu, le rouge. ça coûte cher. Le jaune, on en trouve partout dans la nature, mais des jaunes solides, il y en a moins, mais c'est quand même moins coûteux. Par contre, les beiges, les griffes, tout ce qui est plantes à tannins, là, il y a une profusion, et c'est vrai qu'on pourrait aussi travailler en recyclage, mais il y a déjà plein de gens qui travaillent là-dessus, en recyclage aussi bien de déchets de coupe, d'entretien des forêts. de déchets maraîchers. Il y a plein de solutions pour trouver de la ressource pas très chère, mais ce ne sera pas sur des couleurs luxueuses comme le bleu et le rouge.

  • Speaker #0

    Cécilia, maintenant, je te propose des questions un peu plus, on va dire, légères, dans le sens, c'est plus sur l'inspiration, puis des questions un peu du tac au tac. je voulais te demander pour toi quelles sont les personnes aujourd'hui inspirantes et dans le monde de la teinture végétale et dans le monde des plantes teintoriales alors j'avais regardé un petit peu ta question je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui ont déjà été citées c'est pas grave donc

  • Speaker #1

    voilà en fait Michel c'est juste une référence par son approche, en fait, qui n'est pas... Voilà, Michel, c'est un autodidacte et il a une approche qui n'est pas classique et qui a beaucoup apporté, justement, parce qu'il n'est pas formaté. Ça, c'est vraiment très chouette. Dominique Cardon aussi, par tout son travail, pour le coup, vraiment scientifique qu'elle a fait et qu'elle continue à faire, qui est vraiment très, très riche et qui nous apporte beaucoup. en tant que teinturier. Ensuite, je voulais citer, moi, des personnes qui m'inspirent beaucoup par leur pratique de la teinture. Donc, il y a Boubacar Fofana et aussi par l'art qu'ils en font. Donc, il y a la pratique et la philosophie et ce que ça donne au final. Et il y a aussi une artiste japonaise, je ne sais pas si elle est encore en vie, mais qui était pour moi une très très très belle exposition que j'ai vue à la Maison du Japon il y a quelques années. Cette personne, c'est Fukumi Shimura. et donc elle elle a vraiment son jardin tinctorial enfin elle a toute la chaîne quoi elle a toute la chaîne et elle finit par faire des kimonos mais juste magnifiques vraiment c'est sublime son travail est sublime et elle a en plus développé une école où elle apprend les aux japonais, aux jeunes japonais à tisser enfin voilà, à teindre, à tisser tout ça donc ça c'est vraiment une personne très inspirante pour moi

  • Speaker #0

    qui a vraiment toute la chaîne en main et avec une production artistique magnifique est-ce que tu peux nous recommander des jardins tanctoriaux français ou étrangers à aller visiter j'ai

  • Speaker #1

    pas grand chose il y a le jardin de Loris qui a mis en place Michel bien sûr sinon il y a des Il y a des micro jardins qui se mettent en place ponctuellement, mais je ne suis même pas sûre d'être au courant de tout ce qui se fait. il y a le jardin du conservatoire des plantes de Mila Forêt qui a une petite section de teintorial il va y avoir cet été au jardin de Luxembourg une exposition de plantes teintoriales donc ça dans les jardins de Luxembourg il y aura un parcours teintorial cet été c'est pas encore annoncé mais ça va se faire si tu étais une plante Cécilia,

  • Speaker #0

    une plante teintoriale laquelle serais-tu et peux-tu nous dire pourquoi ?

  • Speaker #1

    la persica indigo c'est juste enfin je ne sais pas si je serais ça mais en tout cas c'est la plante qui me fascine voilà parce que la transformation de l'indigo c'est une alchimie vraiment et c'est magique, c'est toujours magique voilà toujours fascinant de voir l'apparition du bleu à partir des feuilles.

  • Speaker #0

    Est-ce que tu as une moitière à teinter de prédilection ?

  • Speaker #1

    Alors, j'aime beaucoup le lin que j'utilise en restauration et le lin, ça prend très bien, les beaux lins, ça prend très bien la teinture végétale. Mais j'aime aussi énormément la laine. voilà c'est mes deux matières une animale, une végétale,

  • Speaker #0

    la laine et le lin quel est le projet aujourd'hui dont tu es le plus fière sur la teinture végétale et les plantes teintorielles ?

  • Speaker #1

    je pense que ce que j'ai réussi à mettre en place sans vraiment viser ça au départ de mes recherches c'est aujourd'hui d'enseigner la teinture végétale aux restauratrices, à mes futurs collègues

  • Speaker #0

    déjà ça j'en reviens pas c'est génial c'est à dire que là maintenant tu formes tout ce qui arrive et tout ce qui doit être restaurateur d'oeuvres d'art c'est chouette donc

  • Speaker #1

    ensuite elles choisissent choisissent qu'elles aient. Mais en règle générale, elles attendent ce cours avec impatience. Donc, elles sont vraiment très demandeuses. Et puis ensuite, c'est la mise en place du jardin de la micro-ferme, qui est toujours en chantier et qui demande beaucoup de tenacité, on va dire, pour poursuivre, parce que l'agriculture, c'est chaque saison, chaque journée. voilà,

  • Speaker #0

    c'est du temps est-ce que tu peux nous donner un de tes prochains projets ?

  • Speaker #1

    déménager, mettre en place un super atelier chez moi près de la ferme ou pas ? justement, je vais déménager près de la ferme et j'aurai un atelier et je pourrai teindre voilà sur place correctement ouais c'est ça et et ensuite qu'est-ce que j'ai comme projet Ce qui me tient à cœur aussi, c'est d'associer teinture végétale et bien-être. Parce que ce que j'ai remarqué dans toutes les formations que je fais, je ne suis pas la seule à remarquer ça, c'est que les gens, ils arrivent et il y a de la joie. Et ça met en joie vraiment cette pratique. On fait de la cuisine, on fait de la couleur et on a des... des résultats magnifiques. Moi, je fais faire des nuanciers en général qui sont énormes pendant les stages que je fais. Au démarrage des formations, je demande souvent quelle est la couleur préférée des gens. Souvent, les gens arrivent avec une idée définie de ce qu'ils veulent comme googleurs, de ce qu'ils veulent réussir à reproduire. Et en fait, en fin de stage, quand on a les nuanciers sous les yeux, on n'est plus capable de choisir. parce que nous, nous sommes belles toutes sont belles, toutes se répondent entre elles en teinture végétale en tout cas il y a une harmonie qui se fait et l'harmonie elle a une action sur notre psychisme sur notre corps

  • Speaker #0

    et c'est là où elles apportent du bien-être et c'est à plus ou moins long terme vers ça que j'aimerais aller aussi

  • Speaker #1

    Est-ce que tu aurais trois bouquins, trois livres soit peinture végétale, soit plantes teintoriales ou dans ce domaine on va dire qui t'ont plu, que tu voudrais recommander aux gens qui nous écoutent

  • Speaker #0

    Pareil, je vais... je vais essayer de citer d'autres livres que ceux déjà cités de Dominique Cardon il y a le petit livre de Marie Marquet qui est très très bien petit format il y a tout ce qu'il faut le

  • Speaker #1

    guide des teintures naturelles plantes à fleurs le petit format pour la cueillette le petit format il y a aussi le

  • Speaker #0

    Le livre qu'a écrit Karine Delaunay, qui est vraiment intéressant du point de vue de la pratique, parce que c'est une artiste textile, et dans ce bouquin, elle recense 130 recettes expérimentées de sa part. et c'est très intéressant je ne sais pas s'il est épuisé ou pas ce bouquin mais c'est tout teinture naturelle mais elle emploie aussi elle a fait des tests avec des toxiques etc donc il faut faire le tri entre ce qui est vraiment écologique et pas écologique mais c'est intéressant parce qu'elle donne toutes ses recettes Il y a aussi un livre que j'aime beaucoup, qui est un livre en anglais, Indian Flint, qui fait de l'éco-print, donc je pense que tu en parleras certainement dans tes podcasts, qui s'appelle Second Skin, et en fait, c'est pas spécifiquement l'éco-print en fait, qui m'intéresse dans ce livre-là, c'est sa démarche par rapport au textile qu'on porte, et à la couleur qu'on leur applique, voilà, donc c'est un peu ça.

  • Speaker #1

    sa philosophie est-ce que tu as des événements à ne pas manquer autour des plantes teintoriales ou autour de la teinture végétale que tu voudrais nous citer ?

  • Speaker #0

    alors les événements à ne pas manquer si on peut c'est participer si vraiment on s'intéresse aux teintures végétales participer au symposium internationaux qui sont organisés en général par Dominique Cardon après

  • Speaker #1

    des fois c'est pas toujours facile d'y participer parce que ça peut être à l'autre bout de la planète mais des fois c'est pas très loin et donc c'est ouvert à tout le monde c'est à dire que peu importe qu'on soit teinturière débutante podcasteuse amateur sur la teinture végétale c'est ouvert à tout le monde

  • Speaker #0

    Oui, du moment qu'on paye les frais d'inscription.

  • Speaker #1

    D'accord, ok. Ok, d'accord.

  • Speaker #0

    Ils ne sont pas donnés, on va dire, en général. Mais c'est très intéressant. À l'ORIS, ils faisaient tous les deux ans des événements, mais je ne sais pas si ça se poursuit pour leur garant.

  • Speaker #1

    Et ma dernière question, Cécilia, c'est à qui tu as envie de passer ton micro, de passer le relais ? Donc, à qui toi tu aimerais ? passer ton micro pour que j'aille faire les mêmes exercices qu'on fait aujourd'hui de transmission,

  • Speaker #0

    de partage et de témoignage alors bien sûr tu l'auras compris à Boubacar Fofana à Suzy Gallo de Colore ton monde à Anne-Sylvie Godot qui elle fait des pigments pour les beaux-arts de l'UTA elle est en j'en ai eu ah c'est l'UTA l'UTA c'est ça ? oui c'est ça elle vraiment à Marie Marquet et puis Magali Bontou qui est aussi une teinturière l'herbier à couleurs ça s'appelle et qui est formatrice aussi qui est une très chouette personne Marie Longui qui fait de l'impression textile voilà d'accord ok super voilà est-ce que Cécilia tu as envie de partager un mot de la fin se reconnecter à la nature en fait pour moi c'est le plus important aujourd'hui pour tous ensuite que ce soit via la couleur, via l'alimentation via autre chose c'est se reconnecter à la nature pour prendre conscience de de d'où on vient d'arrêter de lui faire du mal voilà, à l'autre bout de la planète ou même chez nous

  • Pauline Leroux ArtEcoVert

    Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram ARTECOVERT pour y découvrir le nom des prochains invités. Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix. C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale. Merci à tous !

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