#E7 - Isabelle Rodier - ENSAD de Paris, la pratique essentielle à l'apprentissage de la couleur végétale cover
#E7 - Isabelle Rodier - ENSAD de Paris, la pratique essentielle à l'apprentissage de la couleur végétale cover
ArtEcoVert LE podcast de la couleur végétale et des plantes tinctoriales

#E7 - Isabelle Rodier - ENSAD de Paris, la pratique essentielle à l'apprentissage de la couleur végétale

#E7 - Isabelle Rodier - ENSAD de Paris, la pratique essentielle à l'apprentissage de la couleur végétale

54min |02/03/2023
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#E7 - Isabelle Rodier - ENSAD de Paris, la pratique essentielle à l'apprentissage de la couleur végétale cover
#E7 - Isabelle Rodier - ENSAD de Paris, la pratique essentielle à l'apprentissage de la couleur végétale cover
ArtEcoVert LE podcast de la couleur végétale et des plantes tinctoriales

#E7 - Isabelle Rodier - ENSAD de Paris, la pratique essentielle à l'apprentissage de la couleur végétale

#E7 - Isabelle Rodier - ENSAD de Paris, la pratique essentielle à l'apprentissage de la couleur végétale

54min |02/03/2023
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Description

⁉️Connaissez vous les formations pour la teinture végétale ?


Dans cet épisode d'ArtEcoVert, 


nous explorons avec Isabelle Rodier la formation en design textile et d'art appliqué, où les étudiants acquièrent des compétences diverses, de la teinture à l'impression, en passant par le tissage, les rendant polyvalents malgré le défi de l'abondance d'informations. L'évolution de l'enseignement en art appliqué en France est abordée, avec une école préservant ses ressources malgré la réduction générale des moyens. L'école possède un atelier d'ennoblissement textile, utilisé par des étudiants comme Clément Bottier #E3 et #E80 pour son mémoire. L'épisode explore, avec Isabelle Rodier, la technique d'impression textile au cadre, comparant la sérigraphie au papier et aux textiles, expliquant la création de pochoirs et l'application d'encre sur un cadre tendu. Il souligne l'importance de l'atelier aux Arts Décoratifs, avec son système photosensible. Cet épisode offre un aperçu captivant de la formation en design textile, de l'histoire de l'impression textile et de l'évolution de l'enseignement en art appliqué en France, idéal pour les amateurs de design et d'art textile. 

 

ENSAD : https://www.ensad.fr/ 


Retrouvez Isabelle Rodier sur @isabelle.rodier


ArtEcoVert, LE podcast de la couleur végétale 🌿, de la graine à la couleur finale dans tous les domaines d'application : 

  • Alimentaire : patisserie, 

  • Teinture végétale : sérigraphie végétale, éco-print, bundle dye, shibori … sur fibres naturelles. La teinture végétale fait partie des teintures naturelles mais n’utilise que des plantes tinctoriales.

  • Cosmétiques : Coloration capillaire végétale, savonnerie (savons végétaux), maquillage,...  

  • Beaux arts : encres végétales, sérigraphie végétale, aquarelles végétales, peintures végétales, craies grasses végétales… 

  • Bio matériaux, bio plastiques teints végétalement, 

  • Agriculture de plantes tinctoriales et production de Colorants biosourcés (Pigments végétaux et Colorants végétaux) Garance, Indigo, Réséda, Tanins… 

En effet, on explore dans ce podcast un des nombreux pouvoirs des plantes à savoir : LA COULEUR 

L’objectif d’ArtEcoVert est de proposer la couleur végétale 🌿 comme alternative combinée à la couleur de synthèse, dérivée du pétrole et est néfaste. 

🚨 Je compte sur vous pour vous abonner à la newsletter du podcast pour ne pas louper la sortie des épisodes :https://podcast.ausha.co/art-eco-vert?s=1

Pour cela 

  1. ArtEcoVert  LE PODCAST 🎧

pour démocratiser la couleur végétale. Mais c’est aussi une communauté sur le Patréon d’ArtEcoVert : https://www.patreon.com/ArtEcoVert de plus de 180 passionnés du sujet qui font bouger les choses ! 

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  1. ArtEcoVert LE PROJET ⭐

pour catalyser la réémergence de la filière tinctoriale (construire du lien, des échanges, faire avancer, poser les bases, apporter les preuves, …) 

Pour cela, j’ai créer l’entreprise ArtEcoVert Pauline Leroux dans laquelle je propose

  • mes services :  issus des expériences antérieures (filières agricoles, RSE, Grande Distribution, Distribution Locale, ) et de ma formation d’ingénieure agronome

  • mon énergie 

  • ma passion pour les plantes

  • ma volonté de redynamiser cette filière 


Chaque mission contribuent à soutenir la pérennité du podcast ArtEcovert

Vous êtes intéressés : pauline.artecovert@gmail.com

Bonne écoute 👍

Pauline Leroux

Transcription

  • Pauline Leroux ArtEcoVert

    Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert, le podcast qui vous parle d'art, d'écologie et de verdure. Je suis Pauline Leroux, ingénieure agronome passionnée de plantes, et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications. Que ce soit dans le textile, l'ameublement, l'artisanat, la décoration et dans d'autres domaines, chaque jeudi et samedi à 7h30, je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de Valo. Mon but, fédérer et démocratiser la couleur végétale dans le monde. Alors, c'est parti ! Bonne écoute ! Bonjour Isabelle Rodier, je suis ravie de vous accueillir sur le podcast. Je voulais tout d'abord vous demander de me raconter votre parcours, comment vous étiez arrivée à la teinture végétale.

  • Isabelle Rodier ENSAD

    Bonjour à tous. Alors, comment je suis arrivée à la teinture végétale ? Moi, j'ai un parcours personnel où j'ai été formée dans l'école où j'enseigne aujourd'hui, c'est-à-dire que j'étais formée à l'ENSAD, l'école des arts d'éco à Paris, dans le secteur textile. Alors, c'est une école comme d'ailleurs toutes les écoles d'art appliqué, les écoles supérieures d'art appliqué qui a évolué normalement en suivant l'évolution de nos métiers. Et quand moi j'ai été formée, il y avait vraiment la vocation. elle existe encore, mais elle a beaucoup évolué, la vocation d'être très en lien avec l'industrie. C'est-à-dire qu'on est formé, et on forme aussi encore potentiellement aujourd'hui des designers qui seront des créateurs et des donneurs d'ordres pour la fabrication art appliqué, c'est-à-dire ce sont des arts appliqués à l'industrie. C'est le sens des arts appliqués, donc on ne forme pas du tout des ingénieurs textiles, on en est bien loin, mais il faut... j'ai été formée pour ça, il faut être en capacité de dialoguer avec les gens qui vont fabriquer les projets, les tissus. C'est d'ailleurs ce qui est absolument passionnant. Et donc, il se trouve que quand moi j'ai été formée, il y avait encore potentiellement pas mal d'industries textiles en France et au moment précis où moi j'ai été formée, on pouvait même se spécialiser dans ce qui était impression et teinture. Aujourd'hui, nos étudiants, nos vous, qui sont plutôt très pluridisciplinaires, c'est-à-dire qu'ils sont formés aussi bien sur la teinture et l'impression, ce qu'on appelle dans nos glissements, et au tissage, et la malle. Donc ça fait pas mal de choses. Ce qui d'ailleurs les rend très mobiles, très pluridisciplinaires, qui posent d'autres problèmes, parce qu'effectivement, ça fait beaucoup de choses à acquérir en un temps relativement court. et du coup plus compliquées d'approfondir. C'est un peu le grand souci de nos formations. Elles ont d'autres qualités, celles de rendre les gens très mobiles et de comprendre toutes les possibilités de fabrication entre l'idée et un produit qui soit plutôt textile. Mais le temps pour approfondir nous manque très nettement. Donc moi j'ai été formée de cette manière-là avec beaucoup plus de temps, c'est vrai, puisque c'était l'époque où il n'y avait pas d'ordinateur. Toutes les choses se faisaient manuellement. Et finalement, les domaines de compétences qu'on devait acquérir étaient moindres. On pouvait être très focalisé, passer du temps plus. sur nos techniques. Et puis derrière, très rapidement, justement, on avait une approche qui était encore plus dans le faire, dans le mettre les mains dedans, parce qu'on avait le temps de développer ça et de prendre le temps de comprendre et de prendre le temps de patauger aussi et de saisir un petit peu toutes les ficelles. À ce moment-là... Voilà, on va dire que c'est comme ça que j'ai été formée. D'ailleurs, ça nous donnait, c'est ce qui a vraiment modelé mon parcours, et d'ailleurs ceux des gens avec qui j'étais formée à ce moment-là, ça nous a donné envie d'être des créateurs qui… avait ce rapport très direct à je fais Donc, on est sortis des arts déco, on va dire propulsés un tout petit peu, aidés par nos enseignants qui nous aimaient bien. On a été un petit groupe comme ça et on a eu l'occasion de récupérer une table d'impression. Parce que les usines en France fermaient les unes derrière les autres, on était déjà bien avancés. Dans l'époque de la désindustrialisation du textile en France, les usines fermaient les unes derrière les autres. Et par l'intermédiaire de notre cher professeur d'impression, d'emblouissement et de teinture, que j'ai remplacé beaucoup plus tard quand elle a pris sa retraite, on m'a récupéré avec un petit groupe d'étudiants où on était très soudés, une table d'impression. Et ça nous a propulsés parce que nous... Nos premières collections, on les a réellement prototypées, imprimées, avec les moyens du bord, dans un côté très low-cost, on va dire. Low-tech, low-tech, pas low-cost, low-tech, pardon. On avait la table, certes, mais on n'avait pas grand-chose d'autre. Et ça a été nos premières collections. On a monté un collectif de créateurs qui avaient cette particularité de pensée. le design en même temps que sa fabrication. C'est aussi une époque, mais effectivement, il n'était pas question d'imprimer avec ni tous les cadres, il fallait que ça tienne un ou deux cadres, on n'avait pas ni les moyens. Donc ça a modelé comme ça notre rapport. Le textile, d'une façon très particulière, et donc ce collectif qui a eu une reconnaissance dans les années, fin des années 80, juste un peu plus tard, mais pendant une bonne dizaine d'années, une reconnaissance un peu particulière, un collectif qui s'appelle Robert Le Hero, il avait cette particularité. Nos premières collections, on est allé voir les éditeurs, elles étaient fabriquées. On avait fait le choix du support, le choix de... On avait fait beaucoup de choses et l'éditeur à l'époque, Nobilis, a repris exactement ce qu'on avait initié dans la manière de faire. Les imprimeurs à l'époque étaient un peu catastrophés parce qu'ils avaient essayé d'imprimer des tissus qui avaient le moins de mains possible, c'est-à-dire le moins de toucher possible, avec des encres. qui rentraient le mieux dans le tissu. Et nous, avec nos moyens du bord, on n'avait pas la possibilité d'imprimer aussi bien techniquement. Donc, on était revenus, on avait tiré parti pris d'une manière d'imprimer qui était, au contraire, une pâte, presque une peinture. Les imprimeurs, ils étaient un peu surpris de ce côté très low-tech et très minimaliste des moyens. Mais ça a fonctionné, ça a super bien fonctionné. Ça correspondait à l'air du temps. On était un peu à l'inverse de l'air du temps. Enfin, d'une certaine manière, parce que le tissu d'ameublement, à cette époque-là, on était vraiment dans la réédition du tissu 19e, 18e, etc. on a collé des anges des personnages on était vraiment parti dans une autre écriture en tous les cas ce rapport au faire au fabriquer est extrêmement important c'est comme ça qu'on a été formés et c'est comme ça qu'on essaye quand même toujours de former nos étudiants donc à la pratique à la pratique passer de l'idée à la réalisation c'est vraiment ce qui ce qui euh... caractérise nos écoles d'art appliqué, qui est un peu menacée aujourd'hui, parce qu'il faut quand même dire que les enseignants dans pas mal d'écoles d'art appliqué se voient leurs moyens réduits de plus en plus. Les ateliers qui fondent, le temps d'atelier qui fond, c'est-à-dire que les directives du ministère L'éducation et les écoles qui dépendent du ministère de l'éducation, ce n'est pas la nôtre. D'accord. Ce n'est pas marrant, parce qu'effectivement, ça fond comme neige au soleil, c'est-à-dire que les temps d'atelier, les temps de formation sur la pratique sont jugés anecdotiques. D'accord. Or, c'est primordial. Ces formations textiles dans ces écoles-là ont de moins en moins de moyens, de moins en moins de temps pour aller sur le côté pratique. Il y a deux écoles, la nôtre, où on dépend du ministère de la Culture. Globalement, nos moyens et notre temps sont moins menacés. On a d'autres problèmes parce qu'il y a tellement de choses à acquérir. Mais ce n'est pas l'école qui nous coupe le temps d'atelier. Ce n'est pas du tout une volonté. Au contraire, la volonté est de maintenir et de développer ce temps de pratique. Et puis, il y a l'ENSI qui est aussi quand même une école. qui dépend plutôt du ministère de l'Industrie et qui a un rapport à la fabrication et au fer et à la compréhension. de la fabrication, qui est très important, mais où en textile ils sont beaucoup plus proches du tissage et de la maille, beaucoup moins très peu de l'impression et de la teinture, ils n'ont pas la structure des ateliers. Donc là, on est déjà un tout petit peu, on avance un petit peu dans les questions qu'on va tenir après, mais qui sont les écoles. Donc, on a la chance, nous, d'être une école, depuis que je l'ai faite et depuis bien avant, En textile, il y a un atelier de l'ennoblissement, qui est un merveilleux atelier, qui a été encore presque plus merveilleux quand j'y étais, parce qu'il y avait plus de places, moins d'étudiants, et on avait un atelier qui était encore plus grand. Aujourd'hui, la bataille des mètres carrés fait qu'on est un peu serré, mais néanmoins, c'est un très bel atelier. Est-ce que c'est...

  • Speaker #0

    Est-ce que c'est le même atelier, je vous coupe, que Clément Bautier a utilisé pour son mémoire de fin d'étude ? Il en parle dans l'épisode qui est enregistré là. Ah, je sais, je l'ai bien. Ok, super.

  • Speaker #1

    Voilà, donc après mon parcours professionnel où je vous dis, j'ai toujours été, alors d'abord au début dans ce côté collectif de créateur, imprimer quoi qu'il se passe, teindre, on teignait pas trop, mais imprimer quoi qu'il se passe, soit prototyper, soit même réaliser des pièces unies, des décors. On a beaucoup été dans la fabrication.

  • Speaker #0

    Et du coup, moi, pour ma compréhension, c'est ce qui se passe dans les cadres, c'est ce qu'ils appellent la sérigraphie. Sérigraphie,

  • Speaker #1

    voilà.

  • Speaker #0

    Et donc, vous découpez un modèle. Vous pouvez nous expliquer un peu comment ça se passe ? Parce que j'avoue,

  • Speaker #1

    c'est nouveau pour moi. D'accord. Alors, la sérigraphie, disons qu'on utilise souvent la sérigraphie pour parler du papier. Et pour l'impression textile, on parle d'impression au cadre. Mais en fait, c'est la même chose.

  • Speaker #0

    Ok.

  • Speaker #1

    Ok. Disons que le jargon textile, on ne dit pas trop cérégraphie. Le mot cérégraphie, il est plutôt utilisé pour l'édition de mots à papier. Mais en fait, c'est la même chose. Le principe, en fait, très élémentaire. c'est qu'on va fabriquer un type de pochoir. Vous pouvez peut-être avoir l'image des pochoirs chapelés, par exemple, dans les catagamies. Le principe, c'est qu'on va fabriquer un pochoir. Chaque couleur vue sur le tissu fait l'objet d'un cache, d'un pochoir différent. dans les temps effectivement, ou dans les régions, si on prend l'image des katagamis japonais, c'est du papier qui est découpé avec une toute petite lame du scalpel. Ça a été comme ça aussi, on peut tout à fait le faire d'une manière comme ça, très empirique, on peut le faire comme ça, ça fonctionne. Ensuite, la question, c'est qu'une fois qu'on a ce pochoir, d'une manière ou d'une autre, comment on va étaler l'encre, l'impression ? Qui est ? et là il y a une différence fondamentale entre ce qui est de l'ordre du pigment c'est-à-dire une couleur qui ne se dissout pas dans l'eau qui va rester en surface du tissu et qui va avoir un lien d'une manière ou d'une autre pour accrocher le tissu soit on va utiliser une encre qui est un colorant de même, elle va avoir un lien une formule chimique qui lui permet d'une part de de tenir dans le tissu, de faire une liaison chimique avec la fibre, et aussi qu'il va y avoir un lien, une pâte, une épaisseur, pas que ce soit un truc complètement liquide, mais à l'intérieur duquel la couleur est dissoute dans l'eau et elle a la faculté, la capacité de colorer la fibre, donc de rentrer dans la fibre.

  • Speaker #0

    D'accord. Je me souviens qu'à la formation de Michel Garcia, le dernier jour, il faisait un genre de pâte avec de la goire, si je ne dis pas de bêtises.

  • Speaker #1

    Exactement.

  • Speaker #0

    Un épaississant. Et c'est ça qu'on étale en haut du cadre et qu'on vient racler avec un… Voilà.

  • Speaker #1

    Avec une raclette. Une raclette. Exactement. Tout simplement. Donc, en fait, la technique d'impression au cadre et après toutes les techniques d'impression sur le textile qui en découlent jusqu'au numérique, qui m'ont là été vraiment très différentes. C'est une manière d'avoir un ponchoir et ensuite d'avoir une encre qui soit épaissie, qui soit contienne du pigment, soit qui contienne du... mais de toute façon, elle va avoir une certaine consistance, et on va l'étaler sur ce poche-coiffe d'une manière ou d'une autre. Alors, la grande invention de la sérigraphie, on va dire, et de ce cadre, c'est qu'on tend une toile très… Avant, c'était une soie, et puis maintenant, c'est des polyesters, mais on tend une toile très résistante, très fine, sur un cadre très tendu. Et ensuite, on va se débrouiller pour que ce pochoir ne soit pas quelque chose en papier, mais qu'on occulte le tissu, la soie ou la mâle, qu'on occulte ce polyester pour qu'à certains endroits du dessin, il soit ouvert et à certains, il soit fermé. Ce qui permet, en étalant l'encre, qu'elle ne passe que dans les endroits ouverts.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #1

    Donc c'est un pochoir aussi d'une certaine manière. Et après, là où la sophistication est arrivée, c'est que par un système de produits photosensibles... Ce dessin, il est reporté sur la toile, le tissu, par un système photosensible qui permet d'avoir une extrême finesse, c'est-à-dire d'avoir des matières, des trames, des détails absolument incroyables, qu'on aurait très difficilement si on devait découper tout à la main, comme le font les Japonais, qui arrivent quand même à avoir un système, enfin une finesse incroyable. Mais disons qu'aujourd'hui, on est passé à un système photosensible. Et là, on est sur un cadre plat. Notre atelier à l'école aux arts déco nous permet de faire ces fameux cadres plats avec une assez grande finesse par un système photosensible. Aujourd'hui, dans l'industrie, on n'est quasi plus sur des cadres plats. on est sur des... mais c'est le même système, des cadres rotatifs, des cylindres, et maintenant ce n'est plus de la toile, c'est une toile métallique, enfin je veux dire, on est allé un peu plus loin, mais ça reste toujours le même principe. Et par un système de report photosensible, on va reporter un dessin. Mais globalement, c'est toujours un peu le même sujet, c'est-à-dire qu'il y a de l'encre qui va passer dans un cadre plat ou dans un cylindre, qui est obturé à certains endroits ou vers d'autres, et les endroits où il est ouvert. pâte colorée va être répartie par une raclette de manière le plus homogène possible pour se déposer sur le tissu.

  • Speaker #0

    C'est très bien. Selon vous, qu'est-ce qui a fait qu'on ait passé de colorants naturels et de cette technique de cadre plat à des colorants peut-être de synthèse et des techniques cadre rotatif ? C'est essentiellement économique, c'est essentiellement des gains de temps ?

  • Speaker #1

    Absolument, c'est des gains de temps. qu'on soit passé c'est deux choses très très séparées c'est à dire qu'en fait il y a l'histoire des colorants qui est relativement indépendante de l'histoire de la technique d'impression qu'on soit passé au cadre rotatif qu'on soit passé, ça c'est clairement c'est des améliorations techniques formidables qui permettent de produire plus et plus vite d'accord il n'y a pas de soude il n'y a pas de et abaisser les coûts, ça c'est fondamental. Toute cette révolution, c'est vraiment le moment charnière de la révolution industrielle. C'est vraiment, c'est d'un seul coup, l'avènement de l'industrie, produire plus, produire plus vite, produire moins cher, clairement, pour un plus grand nombre. Après, et produire standardisé aussi, produire la même chose pour tout le monde, c'est un peu aussi la grosse question qui est celle d'aujourd'hui avec laquelle on bataille. Pourquoi produire tout pareil ? Ça, c'est un des grands freins. Et puis l'histoire du colorant, ça je pense que Michel, Clément, tout le monde nous en a parlé. Pourquoi on est arrivé au colorant synthèse ? Effectivement, c'est cette histoire d'abaisser les coûts, clairement, et de standardiser, c'est-à-dire d'aller vers quelque chose de plus répétitif, de manière peut-être plus homogène, constant. Voilà, et d'abaisser quand même un peu les coûts.

  • Speaker #0

    Et selon vous, qu'est-ce qui pourrait faire qu'on revienne à la teinture végétale ? Parce qu'aujourd'hui, comme on en parle, c'est que sur l'industrie textile, il y a quand même énormément de pollution de l'eau et des sols, notamment avec la partie teinture. Et en fait, moi, je voulais avoir votre avis. Qu'est-ce qui pourrait faire ? qu'on revienne ou que les entreprises ne soient pas obligées mais naturellement reviennent au colorant naturel ?

  • Speaker #1

    Alors, moi, ma vision des choses, c'est peut-être… En fait, les freins, je ne suis pas sûre qu'ils soient du côté de l'industrie. Pas du tout. En fait, je ne crois pas. En fait, je pense que… on n'en est plus trop là. On y était peut-être là il y a dix ans, mais je pense qu'on n'en est plus trop là. Je pense qu'il y a plus d'industriels ou de manufactures qui ne soient pas énormes. C'est-à-dire que c'est une question d'échelle. Ça n'aurait aucun sens. Si, en admettant qu'il n'y ait pas de frein, qu'il n'y ait zéro frein, qu'aucun sens, que toute la production actuelle soit en naturel, ça n'a aucun sens. Cultiver, on va perdre du sol cultivable pour des colores en naturel, on a besoin de nourrir la planète, ça n'a juste aucun sens. Ça ne peut devenir que des choses. En fait, c'est une réflexion tellement globale. C'est-à-dire, comment je pourrais ordonner les choses pour dire ça ? Notre problème, il y a bien sûr une histoire de pollution des sols, de refroidissement de l'eau, ça on est bien d'accord. Mais aujourd'hui, une industrie propre, ça existe, avec des colorants de synthèse. C'est une histoire de moyens, c'est une histoire de lieux, c'est une histoire de volonté. En France, les industries textiles qui travaillent en synthétique avec les normes, et s'ils sont responsables, Je ne suis pas tellement sûre que ce soit vraiment plus polluant qu'en naturel. La seule chose, c'est qu'il faut prendre les moyens, le temps, de retraiter correctement leur eau, et il y en a qui le font. Mais ça, on est en France, en Europe, les usines de pointe, qui sont extrêmement conscients et qui intègrent dans leur coût de fabrication, donc ils sont beaucoup plus chers. ils intègrent dans leurs coûts de fabrication la rigueur de leur retraitement d'eau, prendre des très bons colorants. Ils travaillent en ce moment, j'ai une étudiante qui travaille là-dessus avec un industriel français sur comment diminuer la quantité de colorants, comment diminuer la quantité de produits, etc. pour être de plus en plus vertueux. Mais ça y est ! Pour moi, le problème, il n'est pas tellement là, en fait. Le problème, il est dans la mondialisation et dans le ailleurs. Parce que la rigueur que peuvent avoir ces industriels-là qui prennent le temps, l'argent, dans leurs coûts, pour être propres, c'est une volonté que n'ont pas, évidemment, et n'ont pas les fabricants partout dans le monde. Et qui est responsable de ça ?

  • Speaker #0

    Nous, d'une certaine façon, avec la fast fashion.

  • Speaker #1

    Absolument, nous, et surtout les commanditaires, c'est-à-dire ceux qui ne veulent pas payer les euros de plus pour fabriquer de manière correcte, vertueuse. C'est tellement global. Et les industriels français, aujourd'hui, j'en connais quelques-uns, mais ils sont prêts sur le naturel.

  • Speaker #0

    Est-ce que ?

  • Speaker #1

    Techniquement, ils sont prêts, mais juste, ils n'ont pas les comptes. et globalement, ils sont prêts. Ce n'est pas un problème. D'accord, super. Ils veulent bien, ce n'est pas le souci. Mais ils n'ont pas les commandes. En fait, leur gros souci, et même en synthétique, c'est leurs commanditaires, les grosses boîtes, qui vont refaire faire 15 fois des essais pour que la couleur, elle soit de manière… obsessionnelle qu'elle puisse être dans deux ans, dans trois ans, exactement la même teinte. Que des stylistes, des designers, soit la partie marketing, etc., soient en train de refaire faire des essais.

  • Speaker #0

    C'est trop homogène.

  • Speaker #1

    l'homogénéité, une espèce de chose complètement maladive qui fait qu'on ne s'en sort pas. Et donc, il n'y a pas les commandes derrière parce que les commanditaires ne sont pas là et parce qu'ils imaginent ou peut-être, j'en sais rien, le consommateur. Alors, ça, c'est la vraie question. Est-ce que le consommateur est prêt ? En tous les cas, les commanditaires, ils ne veulent pas éduquer leur consommateur dans ce sens. Ou est-ce que réellement le consommateur n'est pas prêt ? Ou est-ce que les marques ne veulent pas faire ce pas parce qu'ils ont peur d'être mis de côté, discrédités. Parce que c'est toute une chaîne qui n'est pas prête derrière. Moi, j'ai entendu, je ne sais pas si c'est vrai, que chez Hermès, ça fait très longtemps, et je viens de l'entendre, parce que les ateliers A.S., c'est une usine, c'est la rôde rose de l'impression en France. ils sont de pointe. Ça fait longtemps, très longtemps qu'ils sont en train d'étudier le naturel. Très, très longtemps. Donc, ils sont au point, c'est sûr. Ces gens-là, ils sont trop intelligents et trop pointus pour ne pas être au point là-dessus. C'est clair qu'ils sont prêts. Mais ils ne font pas le pas. Je veux dire, demain, ça marche. Demain, il y a la commande. Demain, il y a l'impression que… Mais en fait, ils ne font pas le pas. Et ils font… Alors, Hermès, par exemple, c'est… très évident, ils ne font pas le pas. Pourquoi ? Parce que leur client sait les 0,1% de la population mondiale les plus riches, mais ça ne les concerne pas. La question de l'écologie, ils n'en ont absolument rien à faire. C'est-à-dire que ce n'est pas juste leur problème. De toute façon, ils prennent l'avion pour traverser à l'autre bout du monde, pour aller s'acheter un sac Hermès, je ne sais pas quoi, un truc. Mais qu'est-ce qu'ils en ont à faire ? Je n'ai juste pas du tout leurs soucis. Donc, on est quand même dans un cercle de... on a du mal à sortir de ce cercle-là.

  • Speaker #0

    Pour que des grands comme Hermès, qui par exemple sont déjà prêts techniquement vu qu'ils sont à la pointe, pour qu'eux basculent, c'est soit un consommateur qui est averti, qui est sensible et conscient, soit ça peut être des textes de loi qui obligent les entreprises. Est-ce que ça pourrait être envisageable que l'État propose une partie de la production en teinture naturelle ?

  • Speaker #1

    Si on prend Hermès, Est-ce que c'est réellement intéressant qu'il remette ce passant naturel ? Je ne suis pas sûre, parce que des usines comme ça, elles ont les moyens. de faire du synthétique propre. Elles ont les moyens. C'est pour ça que la place du naturel, elle doit être là. Elle est importante, mais il ne faut pas imaginer que ce soit intéressant de remplacer le synthétique par le naturel. Ça n'a pas de sens. Pour moi, personnellement, ça n'a pas de sens. Et d'ailleurs, si ce qu'on se tue et ce que je me tue à dire aux étudiants qui parfois disent que le naturel, c'est écologique, le naturel, ce n'est pas nécessairement écolo. parce que ça consomme beaucoup d'eau, parce que c'est beaucoup plus complexe que ça, et pas parce qu'on utilise des colorants naturels qu'on est vertueux.

  • Speaker #0

    Il ne faut pas faire de raccourcis,

  • Speaker #1

    mais il y a quand même...

  • Speaker #0

    En fait, il faut distinguer plusieurs choses, et vous mettez le doigt dessus, et c'est hyper intéressant, c'est que les industriels, il y a des industriels qui sont déjà propres avec du synthétique.

  • Speaker #1

    Bien sûr.

  • Speaker #0

    Par contre, il y a des pays où les normes de retraitement des eaux et où les usines et le matériel n'est pas à la pointe. Donc,

  • Speaker #1

    on ne peut pas...

  • Speaker #0

    et les colorants ne sont pas de on va dire de qualité pour ne pas être trop impactant donc il y a cette partie là et de l'autre côté il y a la coloration enfin la teinture naturelle qui si elle est bien faite avec un respect des quantités d'eau des quantités de pigments etc peut être intéressante mais il ne faut pas faire le raccourci de

  • Speaker #1

    synthétique veut dire polluant et teinture naturelle veut dire écologique absolument c'est ça ce que je comprends très bien c'est tout à fait ça et en plus d'accord à un moment donné si oui Les couleurs naturelles devenaient, imaginons, ce n'est pas possible, mais imaginons que d'un seul coup, ce soit utilisé à un niveau d'une consommation énorme. On se retrouverait dans les mêmes problèmes de concentration, de rejet.

  • Speaker #0

    L'excès pose problème dans tous les cas.

  • Speaker #1

    Dans tous les cas, c'est l'excès qui pose problème. Et pour moi, c'est ce qu'il faut faire comprendre, nous, ce qu'on essaye de faire comprendre à nos étudiants. Voilà, que ça a plein de qualités. Et en fait, là où c'est intéressant aussi, c'est dans le changement de mentalité et de paradigme. C'est-à-dire que... le naturel, c'est pareil. C'est intéressant si on utilise des colorants locaux. C'est la localité qui est intéressante. C'est le on fait avec ce qu'on a là et puis on fait dans des quantités raisonnables C'est-à-dire qu'on consomme d'une manière intelligente. C'est le sens qui est intéressant. Oui, le bon sens. Pour moi, c'est l'ajout de sens. En plus, et ça je suis reviendrie tout à l'heure parce que c'est majeur, pour moi, quand même, juste le bonheur du naturel, C'est juste la couleur, on oublie de dire le truc le plus principal, ce champ chromatique qui est naturel, c'est juste dans l'éveil des sens. Juste, le naturel, c'est quand même la couleur. Un, d'abord, parce que c'est juste merveilleux, esthétiquement parlant, et puis dans le sens. C'est un monde, et c'est ça qui nous manque aujourd'hui. C'est ça que l'industrie a complètement appauvri. C'est cette espèce de normalisation, c'est cette espèce de platitude des choses. La question, pour moi, ce n'est pas tellement le naturel qui va nous sauver en tant que pollution, Non, il ne faut pas le prendre comme ça. Il peut être polluant, il peut être mauvais, et en plus, s'il est excessif, il l'est de toute façon. Par contre, la grande force, c'est cet ajout de…

  • Speaker #0

    de sens, cet ajout d'émerveillement, j'ai envie de dire, cet ajout de…

  • Speaker #1

    Avec la gamme de couleurs que propose.

  • Speaker #0

    Avec la gamme de couleurs, enfin je ne sais pas, je trouve que portée, d'abord ça se voit, et en plus sur soi, c'est-à-dire un vêtement dont on sait que la plante, c'est telle plante, elle a poussé là. Voilà, c'est retrouver...

  • Speaker #1

    Un lien avec la nature ?

  • Speaker #0

    Absolument, c'est tout ce sens. C'est retrouver une émotion, un affect, c'est remettre tout cet aspect affectif, primordial, dans qu'est-ce que je porte, qu'est-ce que je mets chez moi. Et ça, c'est tout ce qu'on a perdu.

  • Speaker #1

    Et justement, là-dessus, Isabelle, il y a un sujet qui est important et qui revient souvent, c'est l'histoire de la transmission, de l'art de la teinture, mais aussi de l'art de l'impression. Comment vous vous transmettez aujourd'hui ce savoir ? Je crois comprendre que c'est essentiellement par tout ce qui est cours dans l'école. Est-ce que vous pouvez nous dire un peu les matières qui sont étudiées par vos élèves, un petit peu comment ça se passe, les types d'enseignants, les types de pratiques, etc. sur le parc art et déco de Paris ?

  • Speaker #0

    Les étudiants aux arts déco font 5 ans aux arts déco. La première année, c'est une année un petit peu de tronc commun, où ils peuvent naviguer un petit peu dans quelques ateliers, et puis vraiment être dans la transversalité, avant de décider dans quel secteur ils vont aller. Il y a dix secteurs dans l'école, des secteurs qui sont vraiment options très design, design vêtements, design textile et matière, design objet, architecture intérieure, images imprimées, design graphique, cinéma d'animation. Et alors avec des secteurs qui sont un petit peu plus artistiques, photos, vidéos, art espace, donc j'en ai forcément oublié un. Bon voilà, grosso modo, il y a dix secteurs qui sont un peu plus design ou un peu plus art. Quand ils arrivent en design textile et matière, on essaye d'avoir un parcours. D'abord, on les ouvre à quelque chose qui est un petit peu, sans leur parler trop, produit, cible, environnement, mais d'être vraiment plus créatif. Mais dès qu'ils rentrent dans l'école, par exemple, depuis quelques années, la première semaine qu'ils passent dans l'école, ils teignent en naturel des fils. qui vont tisser la semaine d'après ou tricoter. C'est leur première arrivée dans le secteur, déjà, immersion totale, couleur naturelle, dans notre atelier de l'endossissement. Alors, les grandes matières, on va dire, et les grands points forts qu'on essaye de leur donner, c'est vraiment ce sens de la couleur. Textile, c'est la couleur. Le graphisme, parce que la conception graphique en général, le tissage, la maille et l'impression. C'est vraiment les matières principales. Donc, il navigue entre ça, mais toujours avec un lien entre les deux. C'est-à-dire qu'il dessine des choses qui vont venir imprimées, il dessine des choses qui vont les inspirer pour faire de la maille, du jacquard tissé. Enfin, toutes ces choses sont mélangées, la couleur. la maille, le tissage, la matière de manière intrinsèque. Et à chaque fois, tout leur parcours, chaque semaine, tout le temps, ils sont un peu dans les ateliers. Que ce soit l'atelier d'enlouissement, l'atelier de maille, l'atelier de tissage, toute l'année, tout le temps. Alors, c'est la pratique toujours qui rebondit entre un peu de théorie, mais c'est toujours de la réflexion, du concept, étudier. Voilà, mais c'est surtout développer les outils de réflexion et les outils pratiques pour être des concepteurs et pouvoir réaliser dans tous ces domaines-là. Et puis plus ça va, plus ça s'ouvre. Ils peuvent aussi travailler la matière dehors de nos ateliers qui sont stricto sensus textiles et réaliser de la matière partout dans nos ateliers d'école, qui peuvent être des ateliers bois, résine, méthane, céramique, tous ces ateliers-là où ils travaillent la matière. en croisant les ateliers. C'est vrai que c'est une école qui est riche parce que c'est dans les croisements qu'ils apprennent à être très créatifs et qu'ils aiment ça d'ailleurs.

  • Speaker #1

    Et dans les débouchés, dans les élèves qui sont sortis de l'école, que vous avez accompagnés et qui se sont plutôt orientés sur la couleur végétale, est-ce que vous avez des domaines ou des noms à citer de personnes ? Qu'est-ce qu'elles ont eu comme débouchés ?

  • Speaker #0

    Des étudiants qui se sont vraiment orientés de manière très claire, uniquement peinture naturelle, à part Clément, qui est quand même le plus évident. Il est très radical, et qu'il a fait un partenaire merveilleux dans ce domaine-là, et qu'il ne cesse de devenir plus pointu, plus compétent à tous les niveaux. En fait, il n'y a aucun étudiant autre qui s'est spécialisé dans la couleur naturelle. S'il y a une étudiante qui a monté une petite marque, alors qu'à l'école elle n'était pas trop intéressée par ça, puis finalement elle a monté une petite marque où elle fait pas mal de choses avec de l'indigo. exclusivement de l'indigo puis sinon des fibres qui est très une petite marque dont il faut que je retrouve le nom d'accord des chaps je le mettrai en commentaire dans le podcast une fois qu'on aura fini avec des fibres naturelles et puis un petit peu de teinture de l'indigo mais vraiment des étudiants qui se sont spécialisés là-dedans non très peu. Et pourquoi ? Parce qu'effectivement, dans leur parcours, il n'y a pas encore de lieu de fabrication. C'est-à-dire que soit ils deviennent artisans, cet étudiant dont j'ai oublié le nom de la marque, soit ils produisent eux-mêmes, mais sinon...

  • Speaker #1

    Il n'y a pas d'entreprise qui sont prêtes à les accueillir pour les aider à développer cette partie-là. Donc les débouchés aujourd'hui, c'est bouché parce que de l'autre côté, il n'y a pas forcément d'opportunité.

  • Speaker #0

    Il n'y a pas d'opportunité. Donc, à part des chevaliers comme Clément, qui est parti en croisade et qui a décidé de faire tout en naturel dans le domaine dans lequel il s'est développé, c'est un peu cet ordre-là, il faut travailler. Et voilà, il y en a qui seraient prêts. C'est très étonnant, c'est-à-dire que tous les étudiants qui prennent contact avec des petites manufactures, je pense aussi à une étudiante. en ce moment en cinquième année qui travaille sur justement le côté la pièce unique comment la pièce unique peut s'inventer dans une manufacture ou dans une industrie elle a pris contact c'est un sujet super intéressant c'est comment on peut ramener l'unique dans la série et elle a pris contact avec les tisseurs et imprimeurs et ils sont super intéressés par développer leur course compétences en impression naturelle. C'est hyper intéressant, mais on est encore dans des micro-capsules, c'est-à-dire qu'ils ne savent pas qui vont le vendre encore aujourd'hui.

  • Speaker #1

    Donc on revient à ce qu'on disait au début Il faut des commanditaires et des consommateurs avertis Il faut ouvrir un peu les champs Pour qu'il y ait des débouchés Donc du coup on a cité Clément Qui est l'épisode 3 du podcast Qui va passer là Février donc on pourra justement rebondir Et ça c'est top J'avais d'autres questions C'était est-ce que autour de la teinture végétale Il y a des gens qui fédèrent cet art Cette pratique Est-ce que vous connaissez des organismes ou c'est manqué ?

  • Speaker #0

    Dans les formations, pas tant que ça en fait, c'est des personnalités qui fédèrent, et puis vous les avez déjà un peu rencontrées, Dominique Cardon, qui est vraiment la référence, Michel Garcia, qui est vraiment magnifique, Sandrine Rosier, que j'aimerais bien que vous expliquiez, parce que c'est des ambassadeurs. Alors, il y en a d'autres. Pour moi, je dirais qu'il y a un petit peu deux voies. C'est-à-dire que la couleur naturelle, elle se développe. L'intérêt pour la couleur naturelle se développe quand même, mais plutôt dans un côté très loisir créatif, plutôt do-it-yourself. Il y a plein de gens qui font des formations, qui font des week-ends pour que les gens… Alors, ça, c'est intéressant. C'est-à-dire qu'effectivement, il y a ça aussi dans la couleur naturelle. Il y a la possibilité… d'être pour soi dans une démarche d'auto-teinture et tout ça. C'est super intéressant parce que ça, je trouve que ça se développe beaucoup. En tous les cas, on en entend pas mal parler. Des gens qui refont des jardins teintorials, qui font des amaps. Peut-être Clément en a parlé, de Cécilia Aguirre qui a fait une amap. de plantes. Ça, c'est super intéressant. Aurélien Wolff qui fait aussi... Il y a des gens qui ont des super belles initiatives dans le fait de se dire, à une micro-échelle, on peut remettre en culture une amable de plantes territoriales. C'est quand même assez formidable. C'est-à-dire qu'on peut acheter ou on peut cultiver après. Il y a des gens qui poussent dans ce qu'on veut avoir dans son jardin ou justement acheter des plantes territoriales qui ont été poussées en région parisienne. et puis pour faire son autoproduction ça je dirais que c'est une branche c'est pas la branche industrielle c'est deux branches donc il y a deux branches de ce côté là je trouve que ça se développe ça florise C'est un grand intérêt et ça je le vois à l'école, tous les étudiants, j'ai envie de dire tous, ils s'essayent. Dans tous les secteurs, par contexte, ils font tous des teintures à base de l'or. Puisqu'on est vraiment dans le recyclage, etc., donc la grande tendance, c'est mes déchets alimentaires, mes déchets végétaux, je teinte avec ce que j'ai sous la main. Ça, c'est une des tendances. C'est super, c'est sympathique, j'ai envie de dire, parce qu'on passe par ces... Effectivement, on peut teindre avec plein de trucs, mais c'est juste pas du tout. des problématiques de la branche industrielle. Parce que teindre avec sa betterave, son chou rouge ou son curcuma, ou même ses peaux d'avocat, génial, ça ne tient pas. Ça ne tiendra jamais, de toute façon. Et puis, il y a des étudiants qui... Et ça aussi, c'est intéressant, qui font des doctorats. Alors, si je n'en ai pas parlé quand même... quand même des étudiants qui sont actuellement en train de faire des doctorats. Et ça, c'est super intéressant sur la réflexion de comment est-ce qu'on peut intégrer l'usure. Alors l'usure, en général, ça peut être l'usure d'une fille, mais ça peut être aussi l'usure de la couleur. dans la vie d'un produit. C'est-à-dire qu'un produit, on ne conçoit pas des produits qui soient figés. Et ça, c'était l'objet d'un diplôme d'une étudiante il y a quelques années qui aujourd'hui est en doctorat, Lou Ramache, c'est quelqu'un que vous pouvez contacter. Et elle travaille effectivement sur comment... Et ça, c'est beaucoup de choses dont la mentalité a changé. Alors bien sûr, c'est un doctorat, ça reste quelque chose très en amont, très pointu. Mais comment est-ce qu'on pourrait... Et comment elle, elle a intégré... mesure de certaines couleurs. Donc, en cherchant volontairement à utiliser certains colorants, c'est le beau curcuma qui m'a fait penser. C'est-à-dire qu'effectivement, à un moment donné, elle a fabriqué des grandes pièces textiles qu'elle a imprimées ou qu'elle a tissées, avec des fils qui étaient teints. avec un curcuma qui allait passer de toute façon, mais qui a laissé la place à autre chose, un colorant qui tenait mieux derrière, et elle avait imaginé l'évolution du produit pour que dans son intérieur ou chez soi, le produit ne soit pas stable dans le temps, mais que son évolution soit pensée, réfléchie, et qu'on n'ait plus des produits immuables, on est des produits qui bougent,

  • Speaker #1

    des produits qui vivent.

  • Speaker #0

    Donc ça c'est intéressant. Voilà, j'ai envie de dire qu'il y a deux branches. Il y a la branche, effectivement, où on intègre ce côté-là, utiliser des déchets, utiliser... Mais on sera de toute façon dans quelque chose qui sera très volatile, qui ne sera pas stable. Donc, réfléchir à la non-stabilité, c'est super intéressant. Mais si on veut, actuellement, on est déjà loin devant quand on pense ça. On est un peu loin devant, puisqu'on voit bien que même sur un produit qui tient, qui est solide, qui a des super résistances, usure, lavage, lumière, etc., on n'y va déjà pas. Et l'industrie, elle va s'intéresser à ça. Donc, des étudiants qui ont trouvé un débouché dans l'industrie, il n'y en a pas, puisqu'en fait, actuellement, il y a… Il n'y a pas d'industrie, puisqu'il n'y a pas de consommation là-dedans. Nos étudiants, ils sont plutôt sur ce débouché qui est finalement, qui reste très artisanal et qui reste très prospectif. Parce que quand est-ce que le consommateur sera prêt à acheter un produit qui va évoluer avec le temps, qui sera compostable ? On en a envie, on fait tout pour. Voilà. Ce sont les dirigeants de demain. Ok, alors on y croit, on aimerait bien. Alors heureusement, on voit ce petit changement. C'est-à-dire que moi, j'observe au travers de nos étudiants, il y en a quand même qui commencent à se dire, il faut aller à l'intérieur, il faut aller à l'intérieur du problème pour faire bouger. Il ne faut pas rester à la marge, il faut se frotter à la difficulté. Il faut réfléchir. avec les industriels il faut faire bouger c'est les comportements fondamentaux c'est préféré les petites séries les produits qui sont réutilisables les intemporels, la slow fashion mais qui est un coup et puis il y a plein de bonnes intentions mais au moment de de passer à l'acte d'achat ça freine tellement

  • Speaker #1

    on va repartir sur la couleur quel serait votre colorant votre pigment ou votre couleur si elle devait vous définir et pourquoi

  • Speaker #0

    Alors, il n'y en aurait pas une, mais franchement, il n'y en aurait pas une parce que c'est impossible à dire. Non, mais je vais parler de la magie des couleurs naturelles. Et c'est pourquoi est-ce que, par exemple, on commence aux arts déco, première chose quand ils arrivent dans notre secteur, c'est s'il y a matière, pourquoi on leur fait faire la couleur naturelle ? Parce que c'est magique, c'est juste magique. C'est incroyable, on leur montre, mais il n'y a même pas besoin de leur montrer, ils le voient. c'est-à-dire qu'en fait, il teigne des fils, et ensuite il tisse ou il tripote, et quasi quoi qu'il fasse, c'est harmonieux, c'est-à-dire que suivant les affinités, les envies, les goûts, les attirances de l'un ou des autres, il se passe des choses merveilleuses. C'est-à-dire que la couleur, par contre, la couleur naturelle, c'est les couleurs naturelles en général, c'est-à-dire qu'avec… Cinq couleurs en base, c'est un monde chromatique qui est une richesse. C'est-à-dire qu'un indigo, la garance, la cochenille, une orézéda, on va remettre quand même un ou deux jaunes, le bois de campèche, allez, on en prend. Et puis après, on peut enrichir plus subtil avec tous les bois, certains tanins, enfin voilà, si je peux, j'en mets plus quand même. J'en mets une dizaine. Mais avec ça, c'est un monde. qui est merveilleux. Et quoi qu'on fasse, on pose des choses les unes à côté des autres. Et ils font des choses, et c'est beau, et ça donne envie, et ça donne un élan, et on est fasciné. Bon, ben, ça c'est inégalable. Et quand les étudiants, ils appréhendent ça, ils le voient, ben effectivement, ils sont conquis. Ils ont envie de ça. Comme je vous le disais, comme on est quand même... Le but c'est quand même de leur donner un vocabulaire qui leur permet, un vocabulaire de savoir-faire qui leur permet de naviguer dans l'industrie en général. Ils apprennent évidemment tous les colorants et tous les pigments de synthèse pour pouvoir bien évidemment les comprendre et les manipuler de la même manière. Et notre grand problème quand même c'est qu'on manque de temps. On a l'impression que tout est malheureusement un peu survolé. C'est-à-dire que quand ils sortent d'une formation, et Dieu sait si on essaye d'approfondir, s'ils n'ont pas eux-mêmes l'envie, et si en cinquième année, par exemple, ils n'ont pas la volonté de développer particulièrement ça, Il faut que derrière, il y ait une envie de travailler derrière, parce que c'est trop basse, trop long, trop compliqué, pour dire que dans une formation même de 4 ans dans un secteur comme l'école, ils sont performants. Ils ne sont pas du tout performants en sortant.

  • Speaker #1

    il faut continuer à pratiquer énormément quelle est pour vous la matière qui est la plus naturelle qui pour vous est la plus agréable à travailler et pourquoi ?

  • Speaker #0

    avec les colorants naturels La laine est assez merveilleuse parce que la laine et la soie, c'est vrai que les protéines, elles donnent une intensité de couleur qui est vraiment très très belle. Et puis j'ai vraiment envie de défendre la laine parce que dans cette démarche de relocalisation, en France, il y a des filières qui se remontent et on a un grand potentiel quand même parce que de toute façon, il y a des vaches, il y a des moutons. On ne concurrencera pas le Mérinos australien.

  • Speaker #1

    Australien.

  • Speaker #0

    Et on peut quand même, il y a plein de belles choses. Et la naine est merveilleuse avec les colores naturelles. Et le nain, le nain français. voilà, moi je suis très c'est tellement dans le sens de relocaliser les choses, le lin parce que le chanvre, la France a un grand potentiel là-dedans, il y a des filatures de lin qui se remettent en France quand même c'est important de dire enfin c'est merveilleux, des gens qui sont super militants pour redémarrer ces filatures en France et puis la laine c'est deux matières et c'est là où il y a des grandes affinités

  • Speaker #1

    il faut relancer ces filiales-là et leur donner toute leur lettre de noblesse pour finir Isabelle est-ce que vous auriez un livre qui vous a inspiré, accompagné ou a recommandé pour les gens qui écoutent ben non parce qu'il n'existe pas le livre il n'existe pas alors du coup ce serait quoi le livre ?

  • Speaker #0

    moi je pense que il y a une bible c'est celle de Dominique Cardon C'est quand même la Bible. Celui-là, il nous accompagne.

  • Speaker #1

    Celui-ci ?

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Le monde des teintures naturelles.

  • Speaker #0

    C'est notre Bible à tous.

  • Speaker #1

    C'est vrai.

  • Speaker #0

    c'est hyper intéressant mais dites-le que c'est riche quoi je vous enverrai aux étudiants quand ils me posent une question va voir dans la bible tu vas voir ça c'est sûr mais Dominique Cardon c'est vraiment décolorant, comprendre et le livre de savoir-faire le livre qui serait pointu et qui serait c'est le livre que j'aimerais que Lucien Garcia puisse faire un jour

  • Speaker #1

    On va lui envoyer cet extrait de commande de livre technique.

  • Speaker #0

    Qui ne ferait d'ailleurs peut-être pas tout seul, qui ferait peut-être avec un clément, avec une sandrine, qui ferait avec ces gens-là. C'est-à-dire qu'en fait, c'est les praticiens. Et en fait, ils sont sans arrêt en train de, en fait, par la pratique permanente et la recherche permanente. ils sont sans arrêt en train d'évoluer, d'affiner, de simplifier. Je vois par exemple que quand on a commencé, moi j'ai été formée par Michel, au début ce que Michel nous disait, ce qu'il nous apprenait, et quand on se revoyait plus tard, il disait ah ben non, je ne fais plus comme ça et encore il n'arrête pas de changer.

  • Speaker #1

    Il perfectionne à chaque fois.

  • Speaker #0

    Oui, il perfectionne, il simplifie, il essaie de… Le pil, il expérimente en permanence. Le but étant d'avoir des savoir-faire, des recherches, et ça dépend à quoi on les destine. C'est-à-dire que le savoir-faire de quelqu'un dans sa cuisine n'a rien à voir avec le savoir-faire de quelqu'un qui peut assurer résistance, lumière, lavage. Donc, le livre qu'il faudrait, c'est un livre qui puisse dire si on n'est pas trop exigeant, c'est telle recette, on peut aller plus loin. Et si on a besoin de ça. Ce n'est pas la même recette. Et si on est quelque part… Ça, ça n'existe pas. Un livre qui dit un petit peu la latitude de ce qu'on peut faire. Et dans une école comme la nôtre, par exemple, on est obligé quand même de faire des recettes qui soient un peu simplifiées, parce que c'est toujours une sorte de gain de temps. Ce n'est pas la même recette, ce ne sont pas les mêmes choses, si on dit qu'est-ce qu'on veut ? On veut une résistance, on veut un noir parfait qui résiste. Alors là, c'est beaucoup plus de temps, par exemple, qu'on n'a même pas dans une école. Mais est-ce que ça vaut le coup de l'avoir dans une école ? cette résistance, ça dépend quel est le projet. Si c'est montré juste un projet, non. Mais en même temps, on aimerait bien pouvoir dire Mais oui, mais attention, si un jour tu veux avoir vraiment une couleur intense qui résiste, ce ne sera pas le même process. Donc ce livre qui met en perspective, il n'existe pas. Dans le fond, est-ce qu'il n'est pas utopique d'ailleurs ? Parce qu'il faudrait... Voilà. Mais en tous les cas, un livre est... qui aurait cette approche.

  • Speaker #1

    Donc, un livre technique, un livre technique avec les colorants, mais qui se réfléchit par l'usage final du projet. On va relancer Michel là-dessus pour qu'il travaille, s'il est OK.

  • Speaker #0

    Parce que Michel, tout ce qu'il a produit, c'est de référence. c'est disques, c'est CD ces choses là mais un livre qui serait vraiment je pense qu'il n'existe pas trop chacun et puis c'est un peu cette évolution bon bah écoutez Isabelle c'est parfait,

  • Speaker #1

    est-ce que vous avez un mot de la fin que vous avez envie de rajouter ?

  • Isabelle Rodier ENSAD

    Il faut essayer de rentrer dans... C'est-à-dire que c'est un monde chromatique qui est tellement merveilleux que je suis à la fois très contente que même quand ça bricole et même quand c'est pas très abouti, que le plus de gens possible se frottent à ce monde chromatique parce que c'est un éveil de la couleur qui est merveilleux. Voilà, c'est fascinant. Regardez la couleur naturelle, c'est un émerveillement de couleurs. D'une manière ou d'une autre, tous les gens qui essayent de le faire partager, quelle que soit leur manière de le faire partager, je trouve que c'est très bien parce que c'est une sensibilité qu'il ne faut pas perdre, qu'il faut retrouver. C'est une émotion de la couleur qu'il faut propager, en fait.

  • Pauline Leroux ArtEcoVert

    Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram ARTECOVERT pour y découvrir le nom des prochains invités. Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix. C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale. Merci à tous !

Description

⁉️Connaissez vous les formations pour la teinture végétale ?


Dans cet épisode d'ArtEcoVert, 


nous explorons avec Isabelle Rodier la formation en design textile et d'art appliqué, où les étudiants acquièrent des compétences diverses, de la teinture à l'impression, en passant par le tissage, les rendant polyvalents malgré le défi de l'abondance d'informations. L'évolution de l'enseignement en art appliqué en France est abordée, avec une école préservant ses ressources malgré la réduction générale des moyens. L'école possède un atelier d'ennoblissement textile, utilisé par des étudiants comme Clément Bottier #E3 et #E80 pour son mémoire. L'épisode explore, avec Isabelle Rodier, la technique d'impression textile au cadre, comparant la sérigraphie au papier et aux textiles, expliquant la création de pochoirs et l'application d'encre sur un cadre tendu. Il souligne l'importance de l'atelier aux Arts Décoratifs, avec son système photosensible. Cet épisode offre un aperçu captivant de la formation en design textile, de l'histoire de l'impression textile et de l'évolution de l'enseignement en art appliqué en France, idéal pour les amateurs de design et d'art textile. 

 

ENSAD : https://www.ensad.fr/ 


Retrouvez Isabelle Rodier sur @isabelle.rodier


ArtEcoVert, LE podcast de la couleur végétale 🌿, de la graine à la couleur finale dans tous les domaines d'application : 

  • Alimentaire : patisserie, 

  • Teinture végétale : sérigraphie végétale, éco-print, bundle dye, shibori … sur fibres naturelles. La teinture végétale fait partie des teintures naturelles mais n’utilise que des plantes tinctoriales.

  • Cosmétiques : Coloration capillaire végétale, savonnerie (savons végétaux), maquillage,...  

  • Beaux arts : encres végétales, sérigraphie végétale, aquarelles végétales, peintures végétales, craies grasses végétales… 

  • Bio matériaux, bio plastiques teints végétalement, 

  • Agriculture de plantes tinctoriales et production de Colorants biosourcés (Pigments végétaux et Colorants végétaux) Garance, Indigo, Réséda, Tanins… 

En effet, on explore dans ce podcast un des nombreux pouvoirs des plantes à savoir : LA COULEUR 

L’objectif d’ArtEcoVert est de proposer la couleur végétale 🌿 comme alternative combinée à la couleur de synthèse, dérivée du pétrole et est néfaste. 

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  1. ArtEcoVert  LE PODCAST 🎧

pour démocratiser la couleur végétale. Mais c’est aussi une communauté sur le Patréon d’ArtEcoVert : https://www.patreon.com/ArtEcoVert de plus de 180 passionnés du sujet qui font bouger les choses ! 

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  1. ArtEcoVert LE PROJET ⭐

pour catalyser la réémergence de la filière tinctoriale (construire du lien, des échanges, faire avancer, poser les bases, apporter les preuves, …) 

Pour cela, j’ai créer l’entreprise ArtEcoVert Pauline Leroux dans laquelle je propose

  • mes services :  issus des expériences antérieures (filières agricoles, RSE, Grande Distribution, Distribution Locale, ) et de ma formation d’ingénieure agronome

  • mon énergie 

  • ma passion pour les plantes

  • ma volonté de redynamiser cette filière 


Chaque mission contribuent à soutenir la pérennité du podcast ArtEcovert

Vous êtes intéressés : pauline.artecovert@gmail.com

Bonne écoute 👍

Pauline Leroux

Transcription

  • Pauline Leroux ArtEcoVert

    Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert, le podcast qui vous parle d'art, d'écologie et de verdure. Je suis Pauline Leroux, ingénieure agronome passionnée de plantes, et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications. Que ce soit dans le textile, l'ameublement, l'artisanat, la décoration et dans d'autres domaines, chaque jeudi et samedi à 7h30, je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de Valo. Mon but, fédérer et démocratiser la couleur végétale dans le monde. Alors, c'est parti ! Bonne écoute ! Bonjour Isabelle Rodier, je suis ravie de vous accueillir sur le podcast. Je voulais tout d'abord vous demander de me raconter votre parcours, comment vous étiez arrivée à la teinture végétale.

  • Isabelle Rodier ENSAD

    Bonjour à tous. Alors, comment je suis arrivée à la teinture végétale ? Moi, j'ai un parcours personnel où j'ai été formée dans l'école où j'enseigne aujourd'hui, c'est-à-dire que j'étais formée à l'ENSAD, l'école des arts d'éco à Paris, dans le secteur textile. Alors, c'est une école comme d'ailleurs toutes les écoles d'art appliqué, les écoles supérieures d'art appliqué qui a évolué normalement en suivant l'évolution de nos métiers. Et quand moi j'ai été formée, il y avait vraiment la vocation. elle existe encore, mais elle a beaucoup évolué, la vocation d'être très en lien avec l'industrie. C'est-à-dire qu'on est formé, et on forme aussi encore potentiellement aujourd'hui des designers qui seront des créateurs et des donneurs d'ordres pour la fabrication art appliqué, c'est-à-dire ce sont des arts appliqués à l'industrie. C'est le sens des arts appliqués, donc on ne forme pas du tout des ingénieurs textiles, on en est bien loin, mais il faut... j'ai été formée pour ça, il faut être en capacité de dialoguer avec les gens qui vont fabriquer les projets, les tissus. C'est d'ailleurs ce qui est absolument passionnant. Et donc, il se trouve que quand moi j'ai été formée, il y avait encore potentiellement pas mal d'industries textiles en France et au moment précis où moi j'ai été formée, on pouvait même se spécialiser dans ce qui était impression et teinture. Aujourd'hui, nos étudiants, nos vous, qui sont plutôt très pluridisciplinaires, c'est-à-dire qu'ils sont formés aussi bien sur la teinture et l'impression, ce qu'on appelle dans nos glissements, et au tissage, et la malle. Donc ça fait pas mal de choses. Ce qui d'ailleurs les rend très mobiles, très pluridisciplinaires, qui posent d'autres problèmes, parce qu'effectivement, ça fait beaucoup de choses à acquérir en un temps relativement court. et du coup plus compliquées d'approfondir. C'est un peu le grand souci de nos formations. Elles ont d'autres qualités, celles de rendre les gens très mobiles et de comprendre toutes les possibilités de fabrication entre l'idée et un produit qui soit plutôt textile. Mais le temps pour approfondir nous manque très nettement. Donc moi j'ai été formée de cette manière-là avec beaucoup plus de temps, c'est vrai, puisque c'était l'époque où il n'y avait pas d'ordinateur. Toutes les choses se faisaient manuellement. Et finalement, les domaines de compétences qu'on devait acquérir étaient moindres. On pouvait être très focalisé, passer du temps plus. sur nos techniques. Et puis derrière, très rapidement, justement, on avait une approche qui était encore plus dans le faire, dans le mettre les mains dedans, parce qu'on avait le temps de développer ça et de prendre le temps de comprendre et de prendre le temps de patauger aussi et de saisir un petit peu toutes les ficelles. À ce moment-là... Voilà, on va dire que c'est comme ça que j'ai été formée. D'ailleurs, ça nous donnait, c'est ce qui a vraiment modelé mon parcours, et d'ailleurs ceux des gens avec qui j'étais formée à ce moment-là, ça nous a donné envie d'être des créateurs qui… avait ce rapport très direct à je fais Donc, on est sortis des arts déco, on va dire propulsés un tout petit peu, aidés par nos enseignants qui nous aimaient bien. On a été un petit groupe comme ça et on a eu l'occasion de récupérer une table d'impression. Parce que les usines en France fermaient les unes derrière les autres, on était déjà bien avancés. Dans l'époque de la désindustrialisation du textile en France, les usines fermaient les unes derrière les autres. Et par l'intermédiaire de notre cher professeur d'impression, d'emblouissement et de teinture, que j'ai remplacé beaucoup plus tard quand elle a pris sa retraite, on m'a récupéré avec un petit groupe d'étudiants où on était très soudés, une table d'impression. Et ça nous a propulsés parce que nous... Nos premières collections, on les a réellement prototypées, imprimées, avec les moyens du bord, dans un côté très low-cost, on va dire. Low-tech, low-tech, pas low-cost, low-tech, pardon. On avait la table, certes, mais on n'avait pas grand-chose d'autre. Et ça a été nos premières collections. On a monté un collectif de créateurs qui avaient cette particularité de pensée. le design en même temps que sa fabrication. C'est aussi une époque, mais effectivement, il n'était pas question d'imprimer avec ni tous les cadres, il fallait que ça tienne un ou deux cadres, on n'avait pas ni les moyens. Donc ça a modelé comme ça notre rapport. Le textile, d'une façon très particulière, et donc ce collectif qui a eu une reconnaissance dans les années, fin des années 80, juste un peu plus tard, mais pendant une bonne dizaine d'années, une reconnaissance un peu particulière, un collectif qui s'appelle Robert Le Hero, il avait cette particularité. Nos premières collections, on est allé voir les éditeurs, elles étaient fabriquées. On avait fait le choix du support, le choix de... On avait fait beaucoup de choses et l'éditeur à l'époque, Nobilis, a repris exactement ce qu'on avait initié dans la manière de faire. Les imprimeurs à l'époque étaient un peu catastrophés parce qu'ils avaient essayé d'imprimer des tissus qui avaient le moins de mains possible, c'est-à-dire le moins de toucher possible, avec des encres. qui rentraient le mieux dans le tissu. Et nous, avec nos moyens du bord, on n'avait pas la possibilité d'imprimer aussi bien techniquement. Donc, on était revenus, on avait tiré parti pris d'une manière d'imprimer qui était, au contraire, une pâte, presque une peinture. Les imprimeurs, ils étaient un peu surpris de ce côté très low-tech et très minimaliste des moyens. Mais ça a fonctionné, ça a super bien fonctionné. Ça correspondait à l'air du temps. On était un peu à l'inverse de l'air du temps. Enfin, d'une certaine manière, parce que le tissu d'ameublement, à cette époque-là, on était vraiment dans la réédition du tissu 19e, 18e, etc. on a collé des anges des personnages on était vraiment parti dans une autre écriture en tous les cas ce rapport au faire au fabriquer est extrêmement important c'est comme ça qu'on a été formés et c'est comme ça qu'on essaye quand même toujours de former nos étudiants donc à la pratique à la pratique passer de l'idée à la réalisation c'est vraiment ce qui ce qui euh... caractérise nos écoles d'art appliqué, qui est un peu menacée aujourd'hui, parce qu'il faut quand même dire que les enseignants dans pas mal d'écoles d'art appliqué se voient leurs moyens réduits de plus en plus. Les ateliers qui fondent, le temps d'atelier qui fond, c'est-à-dire que les directives du ministère L'éducation et les écoles qui dépendent du ministère de l'éducation, ce n'est pas la nôtre. D'accord. Ce n'est pas marrant, parce qu'effectivement, ça fond comme neige au soleil, c'est-à-dire que les temps d'atelier, les temps de formation sur la pratique sont jugés anecdotiques. D'accord. Or, c'est primordial. Ces formations textiles dans ces écoles-là ont de moins en moins de moyens, de moins en moins de temps pour aller sur le côté pratique. Il y a deux écoles, la nôtre, où on dépend du ministère de la Culture. Globalement, nos moyens et notre temps sont moins menacés. On a d'autres problèmes parce qu'il y a tellement de choses à acquérir. Mais ce n'est pas l'école qui nous coupe le temps d'atelier. Ce n'est pas du tout une volonté. Au contraire, la volonté est de maintenir et de développer ce temps de pratique. Et puis, il y a l'ENSI qui est aussi quand même une école. qui dépend plutôt du ministère de l'Industrie et qui a un rapport à la fabrication et au fer et à la compréhension. de la fabrication, qui est très important, mais où en textile ils sont beaucoup plus proches du tissage et de la maille, beaucoup moins très peu de l'impression et de la teinture, ils n'ont pas la structure des ateliers. Donc là, on est déjà un tout petit peu, on avance un petit peu dans les questions qu'on va tenir après, mais qui sont les écoles. Donc, on a la chance, nous, d'être une école, depuis que je l'ai faite et depuis bien avant, En textile, il y a un atelier de l'ennoblissement, qui est un merveilleux atelier, qui a été encore presque plus merveilleux quand j'y étais, parce qu'il y avait plus de places, moins d'étudiants, et on avait un atelier qui était encore plus grand. Aujourd'hui, la bataille des mètres carrés fait qu'on est un peu serré, mais néanmoins, c'est un très bel atelier. Est-ce que c'est...

  • Speaker #0

    Est-ce que c'est le même atelier, je vous coupe, que Clément Bautier a utilisé pour son mémoire de fin d'étude ? Il en parle dans l'épisode qui est enregistré là. Ah, je sais, je l'ai bien. Ok, super.

  • Speaker #1

    Voilà, donc après mon parcours professionnel où je vous dis, j'ai toujours été, alors d'abord au début dans ce côté collectif de créateur, imprimer quoi qu'il se passe, teindre, on teignait pas trop, mais imprimer quoi qu'il se passe, soit prototyper, soit même réaliser des pièces unies, des décors. On a beaucoup été dans la fabrication.

  • Speaker #0

    Et du coup, moi, pour ma compréhension, c'est ce qui se passe dans les cadres, c'est ce qu'ils appellent la sérigraphie. Sérigraphie,

  • Speaker #1

    voilà.

  • Speaker #0

    Et donc, vous découpez un modèle. Vous pouvez nous expliquer un peu comment ça se passe ? Parce que j'avoue,

  • Speaker #1

    c'est nouveau pour moi. D'accord. Alors, la sérigraphie, disons qu'on utilise souvent la sérigraphie pour parler du papier. Et pour l'impression textile, on parle d'impression au cadre. Mais en fait, c'est la même chose.

  • Speaker #0

    Ok.

  • Speaker #1

    Ok. Disons que le jargon textile, on ne dit pas trop cérégraphie. Le mot cérégraphie, il est plutôt utilisé pour l'édition de mots à papier. Mais en fait, c'est la même chose. Le principe, en fait, très élémentaire. c'est qu'on va fabriquer un type de pochoir. Vous pouvez peut-être avoir l'image des pochoirs chapelés, par exemple, dans les catagamies. Le principe, c'est qu'on va fabriquer un pochoir. Chaque couleur vue sur le tissu fait l'objet d'un cache, d'un pochoir différent. dans les temps effectivement, ou dans les régions, si on prend l'image des katagamis japonais, c'est du papier qui est découpé avec une toute petite lame du scalpel. Ça a été comme ça aussi, on peut tout à fait le faire d'une manière comme ça, très empirique, on peut le faire comme ça, ça fonctionne. Ensuite, la question, c'est qu'une fois qu'on a ce pochoir, d'une manière ou d'une autre, comment on va étaler l'encre, l'impression ? Qui est ? et là il y a une différence fondamentale entre ce qui est de l'ordre du pigment c'est-à-dire une couleur qui ne se dissout pas dans l'eau qui va rester en surface du tissu et qui va avoir un lien d'une manière ou d'une autre pour accrocher le tissu soit on va utiliser une encre qui est un colorant de même, elle va avoir un lien une formule chimique qui lui permet d'une part de de tenir dans le tissu, de faire une liaison chimique avec la fibre, et aussi qu'il va y avoir un lien, une pâte, une épaisseur, pas que ce soit un truc complètement liquide, mais à l'intérieur duquel la couleur est dissoute dans l'eau et elle a la faculté, la capacité de colorer la fibre, donc de rentrer dans la fibre.

  • Speaker #0

    D'accord. Je me souviens qu'à la formation de Michel Garcia, le dernier jour, il faisait un genre de pâte avec de la goire, si je ne dis pas de bêtises.

  • Speaker #1

    Exactement.

  • Speaker #0

    Un épaississant. Et c'est ça qu'on étale en haut du cadre et qu'on vient racler avec un… Voilà.

  • Speaker #1

    Avec une raclette. Une raclette. Exactement. Tout simplement. Donc, en fait, la technique d'impression au cadre et après toutes les techniques d'impression sur le textile qui en découlent jusqu'au numérique, qui m'ont là été vraiment très différentes. C'est une manière d'avoir un ponchoir et ensuite d'avoir une encre qui soit épaissie, qui soit contienne du pigment, soit qui contienne du... mais de toute façon, elle va avoir une certaine consistance, et on va l'étaler sur ce poche-coiffe d'une manière ou d'une autre. Alors, la grande invention de la sérigraphie, on va dire, et de ce cadre, c'est qu'on tend une toile très… Avant, c'était une soie, et puis maintenant, c'est des polyesters, mais on tend une toile très résistante, très fine, sur un cadre très tendu. Et ensuite, on va se débrouiller pour que ce pochoir ne soit pas quelque chose en papier, mais qu'on occulte le tissu, la soie ou la mâle, qu'on occulte ce polyester pour qu'à certains endroits du dessin, il soit ouvert et à certains, il soit fermé. Ce qui permet, en étalant l'encre, qu'elle ne passe que dans les endroits ouverts.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #1

    Donc c'est un pochoir aussi d'une certaine manière. Et après, là où la sophistication est arrivée, c'est que par un système de produits photosensibles... Ce dessin, il est reporté sur la toile, le tissu, par un système photosensible qui permet d'avoir une extrême finesse, c'est-à-dire d'avoir des matières, des trames, des détails absolument incroyables, qu'on aurait très difficilement si on devait découper tout à la main, comme le font les Japonais, qui arrivent quand même à avoir un système, enfin une finesse incroyable. Mais disons qu'aujourd'hui, on est passé à un système photosensible. Et là, on est sur un cadre plat. Notre atelier à l'école aux arts déco nous permet de faire ces fameux cadres plats avec une assez grande finesse par un système photosensible. Aujourd'hui, dans l'industrie, on n'est quasi plus sur des cadres plats. on est sur des... mais c'est le même système, des cadres rotatifs, des cylindres, et maintenant ce n'est plus de la toile, c'est une toile métallique, enfin je veux dire, on est allé un peu plus loin, mais ça reste toujours le même principe. Et par un système de report photosensible, on va reporter un dessin. Mais globalement, c'est toujours un peu le même sujet, c'est-à-dire qu'il y a de l'encre qui va passer dans un cadre plat ou dans un cylindre, qui est obturé à certains endroits ou vers d'autres, et les endroits où il est ouvert. pâte colorée va être répartie par une raclette de manière le plus homogène possible pour se déposer sur le tissu.

  • Speaker #0

    C'est très bien. Selon vous, qu'est-ce qui a fait qu'on ait passé de colorants naturels et de cette technique de cadre plat à des colorants peut-être de synthèse et des techniques cadre rotatif ? C'est essentiellement économique, c'est essentiellement des gains de temps ?

  • Speaker #1

    Absolument, c'est des gains de temps. qu'on soit passé c'est deux choses très très séparées c'est à dire qu'en fait il y a l'histoire des colorants qui est relativement indépendante de l'histoire de la technique d'impression qu'on soit passé au cadre rotatif qu'on soit passé, ça c'est clairement c'est des améliorations techniques formidables qui permettent de produire plus et plus vite d'accord il n'y a pas de soude il n'y a pas de et abaisser les coûts, ça c'est fondamental. Toute cette révolution, c'est vraiment le moment charnière de la révolution industrielle. C'est vraiment, c'est d'un seul coup, l'avènement de l'industrie, produire plus, produire plus vite, produire moins cher, clairement, pour un plus grand nombre. Après, et produire standardisé aussi, produire la même chose pour tout le monde, c'est un peu aussi la grosse question qui est celle d'aujourd'hui avec laquelle on bataille. Pourquoi produire tout pareil ? Ça, c'est un des grands freins. Et puis l'histoire du colorant, ça je pense que Michel, Clément, tout le monde nous en a parlé. Pourquoi on est arrivé au colorant synthèse ? Effectivement, c'est cette histoire d'abaisser les coûts, clairement, et de standardiser, c'est-à-dire d'aller vers quelque chose de plus répétitif, de manière peut-être plus homogène, constant. Voilà, et d'abaisser quand même un peu les coûts.

  • Speaker #0

    Et selon vous, qu'est-ce qui pourrait faire qu'on revienne à la teinture végétale ? Parce qu'aujourd'hui, comme on en parle, c'est que sur l'industrie textile, il y a quand même énormément de pollution de l'eau et des sols, notamment avec la partie teinture. Et en fait, moi, je voulais avoir votre avis. Qu'est-ce qui pourrait faire ? qu'on revienne ou que les entreprises ne soient pas obligées mais naturellement reviennent au colorant naturel ?

  • Speaker #1

    Alors, moi, ma vision des choses, c'est peut-être… En fait, les freins, je ne suis pas sûre qu'ils soient du côté de l'industrie. Pas du tout. En fait, je ne crois pas. En fait, je pense que… on n'en est plus trop là. On y était peut-être là il y a dix ans, mais je pense qu'on n'en est plus trop là. Je pense qu'il y a plus d'industriels ou de manufactures qui ne soient pas énormes. C'est-à-dire que c'est une question d'échelle. Ça n'aurait aucun sens. Si, en admettant qu'il n'y ait pas de frein, qu'il n'y ait zéro frein, qu'aucun sens, que toute la production actuelle soit en naturel, ça n'a aucun sens. Cultiver, on va perdre du sol cultivable pour des colores en naturel, on a besoin de nourrir la planète, ça n'a juste aucun sens. Ça ne peut devenir que des choses. En fait, c'est une réflexion tellement globale. C'est-à-dire, comment je pourrais ordonner les choses pour dire ça ? Notre problème, il y a bien sûr une histoire de pollution des sols, de refroidissement de l'eau, ça on est bien d'accord. Mais aujourd'hui, une industrie propre, ça existe, avec des colorants de synthèse. C'est une histoire de moyens, c'est une histoire de lieux, c'est une histoire de volonté. En France, les industries textiles qui travaillent en synthétique avec les normes, et s'ils sont responsables, Je ne suis pas tellement sûre que ce soit vraiment plus polluant qu'en naturel. La seule chose, c'est qu'il faut prendre les moyens, le temps, de retraiter correctement leur eau, et il y en a qui le font. Mais ça, on est en France, en Europe, les usines de pointe, qui sont extrêmement conscients et qui intègrent dans leur coût de fabrication, donc ils sont beaucoup plus chers. ils intègrent dans leurs coûts de fabrication la rigueur de leur retraitement d'eau, prendre des très bons colorants. Ils travaillent en ce moment, j'ai une étudiante qui travaille là-dessus avec un industriel français sur comment diminuer la quantité de colorants, comment diminuer la quantité de produits, etc. pour être de plus en plus vertueux. Mais ça y est ! Pour moi, le problème, il n'est pas tellement là, en fait. Le problème, il est dans la mondialisation et dans le ailleurs. Parce que la rigueur que peuvent avoir ces industriels-là qui prennent le temps, l'argent, dans leurs coûts, pour être propres, c'est une volonté que n'ont pas, évidemment, et n'ont pas les fabricants partout dans le monde. Et qui est responsable de ça ?

  • Speaker #0

    Nous, d'une certaine façon, avec la fast fashion.

  • Speaker #1

    Absolument, nous, et surtout les commanditaires, c'est-à-dire ceux qui ne veulent pas payer les euros de plus pour fabriquer de manière correcte, vertueuse. C'est tellement global. Et les industriels français, aujourd'hui, j'en connais quelques-uns, mais ils sont prêts sur le naturel.

  • Speaker #0

    Est-ce que ?

  • Speaker #1

    Techniquement, ils sont prêts, mais juste, ils n'ont pas les comptes. et globalement, ils sont prêts. Ce n'est pas un problème. D'accord, super. Ils veulent bien, ce n'est pas le souci. Mais ils n'ont pas les commandes. En fait, leur gros souci, et même en synthétique, c'est leurs commanditaires, les grosses boîtes, qui vont refaire faire 15 fois des essais pour que la couleur, elle soit de manière… obsessionnelle qu'elle puisse être dans deux ans, dans trois ans, exactement la même teinte. Que des stylistes, des designers, soit la partie marketing, etc., soient en train de refaire faire des essais.

  • Speaker #0

    C'est trop homogène.

  • Speaker #1

    l'homogénéité, une espèce de chose complètement maladive qui fait qu'on ne s'en sort pas. Et donc, il n'y a pas les commandes derrière parce que les commanditaires ne sont pas là et parce qu'ils imaginent ou peut-être, j'en sais rien, le consommateur. Alors, ça, c'est la vraie question. Est-ce que le consommateur est prêt ? En tous les cas, les commanditaires, ils ne veulent pas éduquer leur consommateur dans ce sens. Ou est-ce que réellement le consommateur n'est pas prêt ? Ou est-ce que les marques ne veulent pas faire ce pas parce qu'ils ont peur d'être mis de côté, discrédités. Parce que c'est toute une chaîne qui n'est pas prête derrière. Moi, j'ai entendu, je ne sais pas si c'est vrai, que chez Hermès, ça fait très longtemps, et je viens de l'entendre, parce que les ateliers A.S., c'est une usine, c'est la rôde rose de l'impression en France. ils sont de pointe. Ça fait longtemps, très longtemps qu'ils sont en train d'étudier le naturel. Très, très longtemps. Donc, ils sont au point, c'est sûr. Ces gens-là, ils sont trop intelligents et trop pointus pour ne pas être au point là-dessus. C'est clair qu'ils sont prêts. Mais ils ne font pas le pas. Je veux dire, demain, ça marche. Demain, il y a la commande. Demain, il y a l'impression que… Mais en fait, ils ne font pas le pas. Et ils font… Alors, Hermès, par exemple, c'est… très évident, ils ne font pas le pas. Pourquoi ? Parce que leur client sait les 0,1% de la population mondiale les plus riches, mais ça ne les concerne pas. La question de l'écologie, ils n'en ont absolument rien à faire. C'est-à-dire que ce n'est pas juste leur problème. De toute façon, ils prennent l'avion pour traverser à l'autre bout du monde, pour aller s'acheter un sac Hermès, je ne sais pas quoi, un truc. Mais qu'est-ce qu'ils en ont à faire ? Je n'ai juste pas du tout leurs soucis. Donc, on est quand même dans un cercle de... on a du mal à sortir de ce cercle-là.

  • Speaker #0

    Pour que des grands comme Hermès, qui par exemple sont déjà prêts techniquement vu qu'ils sont à la pointe, pour qu'eux basculent, c'est soit un consommateur qui est averti, qui est sensible et conscient, soit ça peut être des textes de loi qui obligent les entreprises. Est-ce que ça pourrait être envisageable que l'État propose une partie de la production en teinture naturelle ?

  • Speaker #1

    Si on prend Hermès, Est-ce que c'est réellement intéressant qu'il remette ce passant naturel ? Je ne suis pas sûre, parce que des usines comme ça, elles ont les moyens. de faire du synthétique propre. Elles ont les moyens. C'est pour ça que la place du naturel, elle doit être là. Elle est importante, mais il ne faut pas imaginer que ce soit intéressant de remplacer le synthétique par le naturel. Ça n'a pas de sens. Pour moi, personnellement, ça n'a pas de sens. Et d'ailleurs, si ce qu'on se tue et ce que je me tue à dire aux étudiants qui parfois disent que le naturel, c'est écologique, le naturel, ce n'est pas nécessairement écolo. parce que ça consomme beaucoup d'eau, parce que c'est beaucoup plus complexe que ça, et pas parce qu'on utilise des colorants naturels qu'on est vertueux.

  • Speaker #0

    Il ne faut pas faire de raccourcis,

  • Speaker #1

    mais il y a quand même...

  • Speaker #0

    En fait, il faut distinguer plusieurs choses, et vous mettez le doigt dessus, et c'est hyper intéressant, c'est que les industriels, il y a des industriels qui sont déjà propres avec du synthétique.

  • Speaker #1

    Bien sûr.

  • Speaker #0

    Par contre, il y a des pays où les normes de retraitement des eaux et où les usines et le matériel n'est pas à la pointe. Donc,

  • Speaker #1

    on ne peut pas...

  • Speaker #0

    et les colorants ne sont pas de on va dire de qualité pour ne pas être trop impactant donc il y a cette partie là et de l'autre côté il y a la coloration enfin la teinture naturelle qui si elle est bien faite avec un respect des quantités d'eau des quantités de pigments etc peut être intéressante mais il ne faut pas faire le raccourci de

  • Speaker #1

    synthétique veut dire polluant et teinture naturelle veut dire écologique absolument c'est ça ce que je comprends très bien c'est tout à fait ça et en plus d'accord à un moment donné si oui Les couleurs naturelles devenaient, imaginons, ce n'est pas possible, mais imaginons que d'un seul coup, ce soit utilisé à un niveau d'une consommation énorme. On se retrouverait dans les mêmes problèmes de concentration, de rejet.

  • Speaker #0

    L'excès pose problème dans tous les cas.

  • Speaker #1

    Dans tous les cas, c'est l'excès qui pose problème. Et pour moi, c'est ce qu'il faut faire comprendre, nous, ce qu'on essaye de faire comprendre à nos étudiants. Voilà, que ça a plein de qualités. Et en fait, là où c'est intéressant aussi, c'est dans le changement de mentalité et de paradigme. C'est-à-dire que... le naturel, c'est pareil. C'est intéressant si on utilise des colorants locaux. C'est la localité qui est intéressante. C'est le on fait avec ce qu'on a là et puis on fait dans des quantités raisonnables C'est-à-dire qu'on consomme d'une manière intelligente. C'est le sens qui est intéressant. Oui, le bon sens. Pour moi, c'est l'ajout de sens. En plus, et ça je suis reviendrie tout à l'heure parce que c'est majeur, pour moi, quand même, juste le bonheur du naturel, C'est juste la couleur, on oublie de dire le truc le plus principal, ce champ chromatique qui est naturel, c'est juste dans l'éveil des sens. Juste, le naturel, c'est quand même la couleur. Un, d'abord, parce que c'est juste merveilleux, esthétiquement parlant, et puis dans le sens. C'est un monde, et c'est ça qui nous manque aujourd'hui. C'est ça que l'industrie a complètement appauvri. C'est cette espèce de normalisation, c'est cette espèce de platitude des choses. La question, pour moi, ce n'est pas tellement le naturel qui va nous sauver en tant que pollution, Non, il ne faut pas le prendre comme ça. Il peut être polluant, il peut être mauvais, et en plus, s'il est excessif, il l'est de toute façon. Par contre, la grande force, c'est cet ajout de…

  • Speaker #0

    de sens, cet ajout d'émerveillement, j'ai envie de dire, cet ajout de…

  • Speaker #1

    Avec la gamme de couleurs que propose.

  • Speaker #0

    Avec la gamme de couleurs, enfin je ne sais pas, je trouve que portée, d'abord ça se voit, et en plus sur soi, c'est-à-dire un vêtement dont on sait que la plante, c'est telle plante, elle a poussé là. Voilà, c'est retrouver...

  • Speaker #1

    Un lien avec la nature ?

  • Speaker #0

    Absolument, c'est tout ce sens. C'est retrouver une émotion, un affect, c'est remettre tout cet aspect affectif, primordial, dans qu'est-ce que je porte, qu'est-ce que je mets chez moi. Et ça, c'est tout ce qu'on a perdu.

  • Speaker #1

    Et justement, là-dessus, Isabelle, il y a un sujet qui est important et qui revient souvent, c'est l'histoire de la transmission, de l'art de la teinture, mais aussi de l'art de l'impression. Comment vous vous transmettez aujourd'hui ce savoir ? Je crois comprendre que c'est essentiellement par tout ce qui est cours dans l'école. Est-ce que vous pouvez nous dire un peu les matières qui sont étudiées par vos élèves, un petit peu comment ça se passe, les types d'enseignants, les types de pratiques, etc. sur le parc art et déco de Paris ?

  • Speaker #0

    Les étudiants aux arts déco font 5 ans aux arts déco. La première année, c'est une année un petit peu de tronc commun, où ils peuvent naviguer un petit peu dans quelques ateliers, et puis vraiment être dans la transversalité, avant de décider dans quel secteur ils vont aller. Il y a dix secteurs dans l'école, des secteurs qui sont vraiment options très design, design vêtements, design textile et matière, design objet, architecture intérieure, images imprimées, design graphique, cinéma d'animation. Et alors avec des secteurs qui sont un petit peu plus artistiques, photos, vidéos, art espace, donc j'en ai forcément oublié un. Bon voilà, grosso modo, il y a dix secteurs qui sont un peu plus design ou un peu plus art. Quand ils arrivent en design textile et matière, on essaye d'avoir un parcours. D'abord, on les ouvre à quelque chose qui est un petit peu, sans leur parler trop, produit, cible, environnement, mais d'être vraiment plus créatif. Mais dès qu'ils rentrent dans l'école, par exemple, depuis quelques années, la première semaine qu'ils passent dans l'école, ils teignent en naturel des fils. qui vont tisser la semaine d'après ou tricoter. C'est leur première arrivée dans le secteur, déjà, immersion totale, couleur naturelle, dans notre atelier de l'endossissement. Alors, les grandes matières, on va dire, et les grands points forts qu'on essaye de leur donner, c'est vraiment ce sens de la couleur. Textile, c'est la couleur. Le graphisme, parce que la conception graphique en général, le tissage, la maille et l'impression. C'est vraiment les matières principales. Donc, il navigue entre ça, mais toujours avec un lien entre les deux. C'est-à-dire qu'il dessine des choses qui vont venir imprimées, il dessine des choses qui vont les inspirer pour faire de la maille, du jacquard tissé. Enfin, toutes ces choses sont mélangées, la couleur. la maille, le tissage, la matière de manière intrinsèque. Et à chaque fois, tout leur parcours, chaque semaine, tout le temps, ils sont un peu dans les ateliers. Que ce soit l'atelier d'enlouissement, l'atelier de maille, l'atelier de tissage, toute l'année, tout le temps. Alors, c'est la pratique toujours qui rebondit entre un peu de théorie, mais c'est toujours de la réflexion, du concept, étudier. Voilà, mais c'est surtout développer les outils de réflexion et les outils pratiques pour être des concepteurs et pouvoir réaliser dans tous ces domaines-là. Et puis plus ça va, plus ça s'ouvre. Ils peuvent aussi travailler la matière dehors de nos ateliers qui sont stricto sensus textiles et réaliser de la matière partout dans nos ateliers d'école, qui peuvent être des ateliers bois, résine, méthane, céramique, tous ces ateliers-là où ils travaillent la matière. en croisant les ateliers. C'est vrai que c'est une école qui est riche parce que c'est dans les croisements qu'ils apprennent à être très créatifs et qu'ils aiment ça d'ailleurs.

  • Speaker #1

    Et dans les débouchés, dans les élèves qui sont sortis de l'école, que vous avez accompagnés et qui se sont plutôt orientés sur la couleur végétale, est-ce que vous avez des domaines ou des noms à citer de personnes ? Qu'est-ce qu'elles ont eu comme débouchés ?

  • Speaker #0

    Des étudiants qui se sont vraiment orientés de manière très claire, uniquement peinture naturelle, à part Clément, qui est quand même le plus évident. Il est très radical, et qu'il a fait un partenaire merveilleux dans ce domaine-là, et qu'il ne cesse de devenir plus pointu, plus compétent à tous les niveaux. En fait, il n'y a aucun étudiant autre qui s'est spécialisé dans la couleur naturelle. S'il y a une étudiante qui a monté une petite marque, alors qu'à l'école elle n'était pas trop intéressée par ça, puis finalement elle a monté une petite marque où elle fait pas mal de choses avec de l'indigo. exclusivement de l'indigo puis sinon des fibres qui est très une petite marque dont il faut que je retrouve le nom d'accord des chaps je le mettrai en commentaire dans le podcast une fois qu'on aura fini avec des fibres naturelles et puis un petit peu de teinture de l'indigo mais vraiment des étudiants qui se sont spécialisés là-dedans non très peu. Et pourquoi ? Parce qu'effectivement, dans leur parcours, il n'y a pas encore de lieu de fabrication. C'est-à-dire que soit ils deviennent artisans, cet étudiant dont j'ai oublié le nom de la marque, soit ils produisent eux-mêmes, mais sinon...

  • Speaker #1

    Il n'y a pas d'entreprise qui sont prêtes à les accueillir pour les aider à développer cette partie-là. Donc les débouchés aujourd'hui, c'est bouché parce que de l'autre côté, il n'y a pas forcément d'opportunité.

  • Speaker #0

    Il n'y a pas d'opportunité. Donc, à part des chevaliers comme Clément, qui est parti en croisade et qui a décidé de faire tout en naturel dans le domaine dans lequel il s'est développé, c'est un peu cet ordre-là, il faut travailler. Et voilà, il y en a qui seraient prêts. C'est très étonnant, c'est-à-dire que tous les étudiants qui prennent contact avec des petites manufactures, je pense aussi à une étudiante. en ce moment en cinquième année qui travaille sur justement le côté la pièce unique comment la pièce unique peut s'inventer dans une manufacture ou dans une industrie elle a pris contact c'est un sujet super intéressant c'est comment on peut ramener l'unique dans la série et elle a pris contact avec les tisseurs et imprimeurs et ils sont super intéressés par développer leur course compétences en impression naturelle. C'est hyper intéressant, mais on est encore dans des micro-capsules, c'est-à-dire qu'ils ne savent pas qui vont le vendre encore aujourd'hui.

  • Speaker #1

    Donc on revient à ce qu'on disait au début Il faut des commanditaires et des consommateurs avertis Il faut ouvrir un peu les champs Pour qu'il y ait des débouchés Donc du coup on a cité Clément Qui est l'épisode 3 du podcast Qui va passer là Février donc on pourra justement rebondir Et ça c'est top J'avais d'autres questions C'était est-ce que autour de la teinture végétale Il y a des gens qui fédèrent cet art Cette pratique Est-ce que vous connaissez des organismes ou c'est manqué ?

  • Speaker #0

    Dans les formations, pas tant que ça en fait, c'est des personnalités qui fédèrent, et puis vous les avez déjà un peu rencontrées, Dominique Cardon, qui est vraiment la référence, Michel Garcia, qui est vraiment magnifique, Sandrine Rosier, que j'aimerais bien que vous expliquiez, parce que c'est des ambassadeurs. Alors, il y en a d'autres. Pour moi, je dirais qu'il y a un petit peu deux voies. C'est-à-dire que la couleur naturelle, elle se développe. L'intérêt pour la couleur naturelle se développe quand même, mais plutôt dans un côté très loisir créatif, plutôt do-it-yourself. Il y a plein de gens qui font des formations, qui font des week-ends pour que les gens… Alors, ça, c'est intéressant. C'est-à-dire qu'effectivement, il y a ça aussi dans la couleur naturelle. Il y a la possibilité… d'être pour soi dans une démarche d'auto-teinture et tout ça. C'est super intéressant parce que ça, je trouve que ça se développe beaucoup. En tous les cas, on en entend pas mal parler. Des gens qui refont des jardins teintorials, qui font des amaps. Peut-être Clément en a parlé, de Cécilia Aguirre qui a fait une amap. de plantes. Ça, c'est super intéressant. Aurélien Wolff qui fait aussi... Il y a des gens qui ont des super belles initiatives dans le fait de se dire, à une micro-échelle, on peut remettre en culture une amable de plantes territoriales. C'est quand même assez formidable. C'est-à-dire qu'on peut acheter ou on peut cultiver après. Il y a des gens qui poussent dans ce qu'on veut avoir dans son jardin ou justement acheter des plantes territoriales qui ont été poussées en région parisienne. et puis pour faire son autoproduction ça je dirais que c'est une branche c'est pas la branche industrielle c'est deux branches donc il y a deux branches de ce côté là je trouve que ça se développe ça florise C'est un grand intérêt et ça je le vois à l'école, tous les étudiants, j'ai envie de dire tous, ils s'essayent. Dans tous les secteurs, par contexte, ils font tous des teintures à base de l'or. Puisqu'on est vraiment dans le recyclage, etc., donc la grande tendance, c'est mes déchets alimentaires, mes déchets végétaux, je teinte avec ce que j'ai sous la main. Ça, c'est une des tendances. C'est super, c'est sympathique, j'ai envie de dire, parce qu'on passe par ces... Effectivement, on peut teindre avec plein de trucs, mais c'est juste pas du tout. des problématiques de la branche industrielle. Parce que teindre avec sa betterave, son chou rouge ou son curcuma, ou même ses peaux d'avocat, génial, ça ne tient pas. Ça ne tiendra jamais, de toute façon. Et puis, il y a des étudiants qui... Et ça aussi, c'est intéressant, qui font des doctorats. Alors, si je n'en ai pas parlé quand même... quand même des étudiants qui sont actuellement en train de faire des doctorats. Et ça, c'est super intéressant sur la réflexion de comment est-ce qu'on peut intégrer l'usure. Alors l'usure, en général, ça peut être l'usure d'une fille, mais ça peut être aussi l'usure de la couleur. dans la vie d'un produit. C'est-à-dire qu'un produit, on ne conçoit pas des produits qui soient figés. Et ça, c'était l'objet d'un diplôme d'une étudiante il y a quelques années qui aujourd'hui est en doctorat, Lou Ramache, c'est quelqu'un que vous pouvez contacter. Et elle travaille effectivement sur comment... Et ça, c'est beaucoup de choses dont la mentalité a changé. Alors bien sûr, c'est un doctorat, ça reste quelque chose très en amont, très pointu. Mais comment est-ce qu'on pourrait... Et comment elle, elle a intégré... mesure de certaines couleurs. Donc, en cherchant volontairement à utiliser certains colorants, c'est le beau curcuma qui m'a fait penser. C'est-à-dire qu'effectivement, à un moment donné, elle a fabriqué des grandes pièces textiles qu'elle a imprimées ou qu'elle a tissées, avec des fils qui étaient teints. avec un curcuma qui allait passer de toute façon, mais qui a laissé la place à autre chose, un colorant qui tenait mieux derrière, et elle avait imaginé l'évolution du produit pour que dans son intérieur ou chez soi, le produit ne soit pas stable dans le temps, mais que son évolution soit pensée, réfléchie, et qu'on n'ait plus des produits immuables, on est des produits qui bougent,

  • Speaker #1

    des produits qui vivent.

  • Speaker #0

    Donc ça c'est intéressant. Voilà, j'ai envie de dire qu'il y a deux branches. Il y a la branche, effectivement, où on intègre ce côté-là, utiliser des déchets, utiliser... Mais on sera de toute façon dans quelque chose qui sera très volatile, qui ne sera pas stable. Donc, réfléchir à la non-stabilité, c'est super intéressant. Mais si on veut, actuellement, on est déjà loin devant quand on pense ça. On est un peu loin devant, puisqu'on voit bien que même sur un produit qui tient, qui est solide, qui a des super résistances, usure, lavage, lumière, etc., on n'y va déjà pas. Et l'industrie, elle va s'intéresser à ça. Donc, des étudiants qui ont trouvé un débouché dans l'industrie, il n'y en a pas, puisqu'en fait, actuellement, il y a… Il n'y a pas d'industrie, puisqu'il n'y a pas de consommation là-dedans. Nos étudiants, ils sont plutôt sur ce débouché qui est finalement, qui reste très artisanal et qui reste très prospectif. Parce que quand est-ce que le consommateur sera prêt à acheter un produit qui va évoluer avec le temps, qui sera compostable ? On en a envie, on fait tout pour. Voilà. Ce sont les dirigeants de demain. Ok, alors on y croit, on aimerait bien. Alors heureusement, on voit ce petit changement. C'est-à-dire que moi, j'observe au travers de nos étudiants, il y en a quand même qui commencent à se dire, il faut aller à l'intérieur, il faut aller à l'intérieur du problème pour faire bouger. Il ne faut pas rester à la marge, il faut se frotter à la difficulté. Il faut réfléchir. avec les industriels il faut faire bouger c'est les comportements fondamentaux c'est préféré les petites séries les produits qui sont réutilisables les intemporels, la slow fashion mais qui est un coup et puis il y a plein de bonnes intentions mais au moment de de passer à l'acte d'achat ça freine tellement

  • Speaker #1

    on va repartir sur la couleur quel serait votre colorant votre pigment ou votre couleur si elle devait vous définir et pourquoi

  • Speaker #0

    Alors, il n'y en aurait pas une, mais franchement, il n'y en aurait pas une parce que c'est impossible à dire. Non, mais je vais parler de la magie des couleurs naturelles. Et c'est pourquoi est-ce que, par exemple, on commence aux arts déco, première chose quand ils arrivent dans notre secteur, c'est s'il y a matière, pourquoi on leur fait faire la couleur naturelle ? Parce que c'est magique, c'est juste magique. C'est incroyable, on leur montre, mais il n'y a même pas besoin de leur montrer, ils le voient. c'est-à-dire qu'en fait, il teigne des fils, et ensuite il tisse ou il tripote, et quasi quoi qu'il fasse, c'est harmonieux, c'est-à-dire que suivant les affinités, les envies, les goûts, les attirances de l'un ou des autres, il se passe des choses merveilleuses. C'est-à-dire que la couleur, par contre, la couleur naturelle, c'est les couleurs naturelles en général, c'est-à-dire qu'avec… Cinq couleurs en base, c'est un monde chromatique qui est une richesse. C'est-à-dire qu'un indigo, la garance, la cochenille, une orézéda, on va remettre quand même un ou deux jaunes, le bois de campèche, allez, on en prend. Et puis après, on peut enrichir plus subtil avec tous les bois, certains tanins, enfin voilà, si je peux, j'en mets plus quand même. J'en mets une dizaine. Mais avec ça, c'est un monde. qui est merveilleux. Et quoi qu'on fasse, on pose des choses les unes à côté des autres. Et ils font des choses, et c'est beau, et ça donne envie, et ça donne un élan, et on est fasciné. Bon, ben, ça c'est inégalable. Et quand les étudiants, ils appréhendent ça, ils le voient, ben effectivement, ils sont conquis. Ils ont envie de ça. Comme je vous le disais, comme on est quand même... Le but c'est quand même de leur donner un vocabulaire qui leur permet, un vocabulaire de savoir-faire qui leur permet de naviguer dans l'industrie en général. Ils apprennent évidemment tous les colorants et tous les pigments de synthèse pour pouvoir bien évidemment les comprendre et les manipuler de la même manière. Et notre grand problème quand même c'est qu'on manque de temps. On a l'impression que tout est malheureusement un peu survolé. C'est-à-dire que quand ils sortent d'une formation, et Dieu sait si on essaye d'approfondir, s'ils n'ont pas eux-mêmes l'envie, et si en cinquième année, par exemple, ils n'ont pas la volonté de développer particulièrement ça, Il faut que derrière, il y ait une envie de travailler derrière, parce que c'est trop basse, trop long, trop compliqué, pour dire que dans une formation même de 4 ans dans un secteur comme l'école, ils sont performants. Ils ne sont pas du tout performants en sortant.

  • Speaker #1

    il faut continuer à pratiquer énormément quelle est pour vous la matière qui est la plus naturelle qui pour vous est la plus agréable à travailler et pourquoi ?

  • Speaker #0

    avec les colorants naturels La laine est assez merveilleuse parce que la laine et la soie, c'est vrai que les protéines, elles donnent une intensité de couleur qui est vraiment très très belle. Et puis j'ai vraiment envie de défendre la laine parce que dans cette démarche de relocalisation, en France, il y a des filières qui se remontent et on a un grand potentiel quand même parce que de toute façon, il y a des vaches, il y a des moutons. On ne concurrencera pas le Mérinos australien.

  • Speaker #1

    Australien.

  • Speaker #0

    Et on peut quand même, il y a plein de belles choses. Et la naine est merveilleuse avec les colores naturelles. Et le nain, le nain français. voilà, moi je suis très c'est tellement dans le sens de relocaliser les choses, le lin parce que le chanvre, la France a un grand potentiel là-dedans, il y a des filatures de lin qui se remettent en France quand même c'est important de dire enfin c'est merveilleux, des gens qui sont super militants pour redémarrer ces filatures en France et puis la laine c'est deux matières et c'est là où il y a des grandes affinités

  • Speaker #1

    il faut relancer ces filiales-là et leur donner toute leur lettre de noblesse pour finir Isabelle est-ce que vous auriez un livre qui vous a inspiré, accompagné ou a recommandé pour les gens qui écoutent ben non parce qu'il n'existe pas le livre il n'existe pas alors du coup ce serait quoi le livre ?

  • Speaker #0

    moi je pense que il y a une bible c'est celle de Dominique Cardon C'est quand même la Bible. Celui-là, il nous accompagne.

  • Speaker #1

    Celui-ci ?

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Le monde des teintures naturelles.

  • Speaker #0

    C'est notre Bible à tous.

  • Speaker #1

    C'est vrai.

  • Speaker #0

    c'est hyper intéressant mais dites-le que c'est riche quoi je vous enverrai aux étudiants quand ils me posent une question va voir dans la bible tu vas voir ça c'est sûr mais Dominique Cardon c'est vraiment décolorant, comprendre et le livre de savoir-faire le livre qui serait pointu et qui serait c'est le livre que j'aimerais que Lucien Garcia puisse faire un jour

  • Speaker #1

    On va lui envoyer cet extrait de commande de livre technique.

  • Speaker #0

    Qui ne ferait d'ailleurs peut-être pas tout seul, qui ferait peut-être avec un clément, avec une sandrine, qui ferait avec ces gens-là. C'est-à-dire qu'en fait, c'est les praticiens. Et en fait, ils sont sans arrêt en train de, en fait, par la pratique permanente et la recherche permanente. ils sont sans arrêt en train d'évoluer, d'affiner, de simplifier. Je vois par exemple que quand on a commencé, moi j'ai été formée par Michel, au début ce que Michel nous disait, ce qu'il nous apprenait, et quand on se revoyait plus tard, il disait ah ben non, je ne fais plus comme ça et encore il n'arrête pas de changer.

  • Speaker #1

    Il perfectionne à chaque fois.

  • Speaker #0

    Oui, il perfectionne, il simplifie, il essaie de… Le pil, il expérimente en permanence. Le but étant d'avoir des savoir-faire, des recherches, et ça dépend à quoi on les destine. C'est-à-dire que le savoir-faire de quelqu'un dans sa cuisine n'a rien à voir avec le savoir-faire de quelqu'un qui peut assurer résistance, lumière, lavage. Donc, le livre qu'il faudrait, c'est un livre qui puisse dire si on n'est pas trop exigeant, c'est telle recette, on peut aller plus loin. Et si on a besoin de ça. Ce n'est pas la même recette. Et si on est quelque part… Ça, ça n'existe pas. Un livre qui dit un petit peu la latitude de ce qu'on peut faire. Et dans une école comme la nôtre, par exemple, on est obligé quand même de faire des recettes qui soient un peu simplifiées, parce que c'est toujours une sorte de gain de temps. Ce n'est pas la même recette, ce ne sont pas les mêmes choses, si on dit qu'est-ce qu'on veut ? On veut une résistance, on veut un noir parfait qui résiste. Alors là, c'est beaucoup plus de temps, par exemple, qu'on n'a même pas dans une école. Mais est-ce que ça vaut le coup de l'avoir dans une école ? cette résistance, ça dépend quel est le projet. Si c'est montré juste un projet, non. Mais en même temps, on aimerait bien pouvoir dire Mais oui, mais attention, si un jour tu veux avoir vraiment une couleur intense qui résiste, ce ne sera pas le même process. Donc ce livre qui met en perspective, il n'existe pas. Dans le fond, est-ce qu'il n'est pas utopique d'ailleurs ? Parce qu'il faudrait... Voilà. Mais en tous les cas, un livre est... qui aurait cette approche.

  • Speaker #1

    Donc, un livre technique, un livre technique avec les colorants, mais qui se réfléchit par l'usage final du projet. On va relancer Michel là-dessus pour qu'il travaille, s'il est OK.

  • Speaker #0

    Parce que Michel, tout ce qu'il a produit, c'est de référence. c'est disques, c'est CD ces choses là mais un livre qui serait vraiment je pense qu'il n'existe pas trop chacun et puis c'est un peu cette évolution bon bah écoutez Isabelle c'est parfait,

  • Speaker #1

    est-ce que vous avez un mot de la fin que vous avez envie de rajouter ?

  • Isabelle Rodier ENSAD

    Il faut essayer de rentrer dans... C'est-à-dire que c'est un monde chromatique qui est tellement merveilleux que je suis à la fois très contente que même quand ça bricole et même quand c'est pas très abouti, que le plus de gens possible se frottent à ce monde chromatique parce que c'est un éveil de la couleur qui est merveilleux. Voilà, c'est fascinant. Regardez la couleur naturelle, c'est un émerveillement de couleurs. D'une manière ou d'une autre, tous les gens qui essayent de le faire partager, quelle que soit leur manière de le faire partager, je trouve que c'est très bien parce que c'est une sensibilité qu'il ne faut pas perdre, qu'il faut retrouver. C'est une émotion de la couleur qu'il faut propager, en fait.

  • Pauline Leroux ArtEcoVert

    Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram ARTECOVERT pour y découvrir le nom des prochains invités. Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix. C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale. Merci à tous !

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⁉️Connaissez vous les formations pour la teinture végétale ?


Dans cet épisode d'ArtEcoVert, 


nous explorons avec Isabelle Rodier la formation en design textile et d'art appliqué, où les étudiants acquièrent des compétences diverses, de la teinture à l'impression, en passant par le tissage, les rendant polyvalents malgré le défi de l'abondance d'informations. L'évolution de l'enseignement en art appliqué en France est abordée, avec une école préservant ses ressources malgré la réduction générale des moyens. L'école possède un atelier d'ennoblissement textile, utilisé par des étudiants comme Clément Bottier #E3 et #E80 pour son mémoire. L'épisode explore, avec Isabelle Rodier, la technique d'impression textile au cadre, comparant la sérigraphie au papier et aux textiles, expliquant la création de pochoirs et l'application d'encre sur un cadre tendu. Il souligne l'importance de l'atelier aux Arts Décoratifs, avec son système photosensible. Cet épisode offre un aperçu captivant de la formation en design textile, de l'histoire de l'impression textile et de l'évolution de l'enseignement en art appliqué en France, idéal pour les amateurs de design et d'art textile. 

 

ENSAD : https://www.ensad.fr/ 


Retrouvez Isabelle Rodier sur @isabelle.rodier


ArtEcoVert, LE podcast de la couleur végétale 🌿, de la graine à la couleur finale dans tous les domaines d'application : 

  • Alimentaire : patisserie, 

  • Teinture végétale : sérigraphie végétale, éco-print, bundle dye, shibori … sur fibres naturelles. La teinture végétale fait partie des teintures naturelles mais n’utilise que des plantes tinctoriales.

  • Cosmétiques : Coloration capillaire végétale, savonnerie (savons végétaux), maquillage,...  

  • Beaux arts : encres végétales, sérigraphie végétale, aquarelles végétales, peintures végétales, craies grasses végétales… 

  • Bio matériaux, bio plastiques teints végétalement, 

  • Agriculture de plantes tinctoriales et production de Colorants biosourcés (Pigments végétaux et Colorants végétaux) Garance, Indigo, Réséda, Tanins… 

En effet, on explore dans ce podcast un des nombreux pouvoirs des plantes à savoir : LA COULEUR 

L’objectif d’ArtEcoVert est de proposer la couleur végétale 🌿 comme alternative combinée à la couleur de synthèse, dérivée du pétrole et est néfaste. 

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  • mon énergie 

  • ma passion pour les plantes

  • ma volonté de redynamiser cette filière 


Chaque mission contribuent à soutenir la pérennité du podcast ArtEcovert

Vous êtes intéressés : pauline.artecovert@gmail.com

Bonne écoute 👍

Pauline Leroux

Transcription

  • Pauline Leroux ArtEcoVert

    Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert, le podcast qui vous parle d'art, d'écologie et de verdure. Je suis Pauline Leroux, ingénieure agronome passionnée de plantes, et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications. Que ce soit dans le textile, l'ameublement, l'artisanat, la décoration et dans d'autres domaines, chaque jeudi et samedi à 7h30, je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de Valo. Mon but, fédérer et démocratiser la couleur végétale dans le monde. Alors, c'est parti ! Bonne écoute ! Bonjour Isabelle Rodier, je suis ravie de vous accueillir sur le podcast. Je voulais tout d'abord vous demander de me raconter votre parcours, comment vous étiez arrivée à la teinture végétale.

  • Isabelle Rodier ENSAD

    Bonjour à tous. Alors, comment je suis arrivée à la teinture végétale ? Moi, j'ai un parcours personnel où j'ai été formée dans l'école où j'enseigne aujourd'hui, c'est-à-dire que j'étais formée à l'ENSAD, l'école des arts d'éco à Paris, dans le secteur textile. Alors, c'est une école comme d'ailleurs toutes les écoles d'art appliqué, les écoles supérieures d'art appliqué qui a évolué normalement en suivant l'évolution de nos métiers. Et quand moi j'ai été formée, il y avait vraiment la vocation. elle existe encore, mais elle a beaucoup évolué, la vocation d'être très en lien avec l'industrie. C'est-à-dire qu'on est formé, et on forme aussi encore potentiellement aujourd'hui des designers qui seront des créateurs et des donneurs d'ordres pour la fabrication art appliqué, c'est-à-dire ce sont des arts appliqués à l'industrie. C'est le sens des arts appliqués, donc on ne forme pas du tout des ingénieurs textiles, on en est bien loin, mais il faut... j'ai été formée pour ça, il faut être en capacité de dialoguer avec les gens qui vont fabriquer les projets, les tissus. C'est d'ailleurs ce qui est absolument passionnant. Et donc, il se trouve que quand moi j'ai été formée, il y avait encore potentiellement pas mal d'industries textiles en France et au moment précis où moi j'ai été formée, on pouvait même se spécialiser dans ce qui était impression et teinture. Aujourd'hui, nos étudiants, nos vous, qui sont plutôt très pluridisciplinaires, c'est-à-dire qu'ils sont formés aussi bien sur la teinture et l'impression, ce qu'on appelle dans nos glissements, et au tissage, et la malle. Donc ça fait pas mal de choses. Ce qui d'ailleurs les rend très mobiles, très pluridisciplinaires, qui posent d'autres problèmes, parce qu'effectivement, ça fait beaucoup de choses à acquérir en un temps relativement court. et du coup plus compliquées d'approfondir. C'est un peu le grand souci de nos formations. Elles ont d'autres qualités, celles de rendre les gens très mobiles et de comprendre toutes les possibilités de fabrication entre l'idée et un produit qui soit plutôt textile. Mais le temps pour approfondir nous manque très nettement. Donc moi j'ai été formée de cette manière-là avec beaucoup plus de temps, c'est vrai, puisque c'était l'époque où il n'y avait pas d'ordinateur. Toutes les choses se faisaient manuellement. Et finalement, les domaines de compétences qu'on devait acquérir étaient moindres. On pouvait être très focalisé, passer du temps plus. sur nos techniques. Et puis derrière, très rapidement, justement, on avait une approche qui était encore plus dans le faire, dans le mettre les mains dedans, parce qu'on avait le temps de développer ça et de prendre le temps de comprendre et de prendre le temps de patauger aussi et de saisir un petit peu toutes les ficelles. À ce moment-là... Voilà, on va dire que c'est comme ça que j'ai été formée. D'ailleurs, ça nous donnait, c'est ce qui a vraiment modelé mon parcours, et d'ailleurs ceux des gens avec qui j'étais formée à ce moment-là, ça nous a donné envie d'être des créateurs qui… avait ce rapport très direct à je fais Donc, on est sortis des arts déco, on va dire propulsés un tout petit peu, aidés par nos enseignants qui nous aimaient bien. On a été un petit groupe comme ça et on a eu l'occasion de récupérer une table d'impression. Parce que les usines en France fermaient les unes derrière les autres, on était déjà bien avancés. Dans l'époque de la désindustrialisation du textile en France, les usines fermaient les unes derrière les autres. Et par l'intermédiaire de notre cher professeur d'impression, d'emblouissement et de teinture, que j'ai remplacé beaucoup plus tard quand elle a pris sa retraite, on m'a récupéré avec un petit groupe d'étudiants où on était très soudés, une table d'impression. Et ça nous a propulsés parce que nous... Nos premières collections, on les a réellement prototypées, imprimées, avec les moyens du bord, dans un côté très low-cost, on va dire. Low-tech, low-tech, pas low-cost, low-tech, pardon. On avait la table, certes, mais on n'avait pas grand-chose d'autre. Et ça a été nos premières collections. On a monté un collectif de créateurs qui avaient cette particularité de pensée. le design en même temps que sa fabrication. C'est aussi une époque, mais effectivement, il n'était pas question d'imprimer avec ni tous les cadres, il fallait que ça tienne un ou deux cadres, on n'avait pas ni les moyens. Donc ça a modelé comme ça notre rapport. Le textile, d'une façon très particulière, et donc ce collectif qui a eu une reconnaissance dans les années, fin des années 80, juste un peu plus tard, mais pendant une bonne dizaine d'années, une reconnaissance un peu particulière, un collectif qui s'appelle Robert Le Hero, il avait cette particularité. Nos premières collections, on est allé voir les éditeurs, elles étaient fabriquées. On avait fait le choix du support, le choix de... On avait fait beaucoup de choses et l'éditeur à l'époque, Nobilis, a repris exactement ce qu'on avait initié dans la manière de faire. Les imprimeurs à l'époque étaient un peu catastrophés parce qu'ils avaient essayé d'imprimer des tissus qui avaient le moins de mains possible, c'est-à-dire le moins de toucher possible, avec des encres. qui rentraient le mieux dans le tissu. Et nous, avec nos moyens du bord, on n'avait pas la possibilité d'imprimer aussi bien techniquement. Donc, on était revenus, on avait tiré parti pris d'une manière d'imprimer qui était, au contraire, une pâte, presque une peinture. Les imprimeurs, ils étaient un peu surpris de ce côté très low-tech et très minimaliste des moyens. Mais ça a fonctionné, ça a super bien fonctionné. Ça correspondait à l'air du temps. On était un peu à l'inverse de l'air du temps. Enfin, d'une certaine manière, parce que le tissu d'ameublement, à cette époque-là, on était vraiment dans la réédition du tissu 19e, 18e, etc. on a collé des anges des personnages on était vraiment parti dans une autre écriture en tous les cas ce rapport au faire au fabriquer est extrêmement important c'est comme ça qu'on a été formés et c'est comme ça qu'on essaye quand même toujours de former nos étudiants donc à la pratique à la pratique passer de l'idée à la réalisation c'est vraiment ce qui ce qui euh... caractérise nos écoles d'art appliqué, qui est un peu menacée aujourd'hui, parce qu'il faut quand même dire que les enseignants dans pas mal d'écoles d'art appliqué se voient leurs moyens réduits de plus en plus. Les ateliers qui fondent, le temps d'atelier qui fond, c'est-à-dire que les directives du ministère L'éducation et les écoles qui dépendent du ministère de l'éducation, ce n'est pas la nôtre. D'accord. Ce n'est pas marrant, parce qu'effectivement, ça fond comme neige au soleil, c'est-à-dire que les temps d'atelier, les temps de formation sur la pratique sont jugés anecdotiques. D'accord. Or, c'est primordial. Ces formations textiles dans ces écoles-là ont de moins en moins de moyens, de moins en moins de temps pour aller sur le côté pratique. Il y a deux écoles, la nôtre, où on dépend du ministère de la Culture. Globalement, nos moyens et notre temps sont moins menacés. On a d'autres problèmes parce qu'il y a tellement de choses à acquérir. Mais ce n'est pas l'école qui nous coupe le temps d'atelier. Ce n'est pas du tout une volonté. Au contraire, la volonté est de maintenir et de développer ce temps de pratique. Et puis, il y a l'ENSI qui est aussi quand même une école. qui dépend plutôt du ministère de l'Industrie et qui a un rapport à la fabrication et au fer et à la compréhension. de la fabrication, qui est très important, mais où en textile ils sont beaucoup plus proches du tissage et de la maille, beaucoup moins très peu de l'impression et de la teinture, ils n'ont pas la structure des ateliers. Donc là, on est déjà un tout petit peu, on avance un petit peu dans les questions qu'on va tenir après, mais qui sont les écoles. Donc, on a la chance, nous, d'être une école, depuis que je l'ai faite et depuis bien avant, En textile, il y a un atelier de l'ennoblissement, qui est un merveilleux atelier, qui a été encore presque plus merveilleux quand j'y étais, parce qu'il y avait plus de places, moins d'étudiants, et on avait un atelier qui était encore plus grand. Aujourd'hui, la bataille des mètres carrés fait qu'on est un peu serré, mais néanmoins, c'est un très bel atelier. Est-ce que c'est...

  • Speaker #0

    Est-ce que c'est le même atelier, je vous coupe, que Clément Bautier a utilisé pour son mémoire de fin d'étude ? Il en parle dans l'épisode qui est enregistré là. Ah, je sais, je l'ai bien. Ok, super.

  • Speaker #1

    Voilà, donc après mon parcours professionnel où je vous dis, j'ai toujours été, alors d'abord au début dans ce côté collectif de créateur, imprimer quoi qu'il se passe, teindre, on teignait pas trop, mais imprimer quoi qu'il se passe, soit prototyper, soit même réaliser des pièces unies, des décors. On a beaucoup été dans la fabrication.

  • Speaker #0

    Et du coup, moi, pour ma compréhension, c'est ce qui se passe dans les cadres, c'est ce qu'ils appellent la sérigraphie. Sérigraphie,

  • Speaker #1

    voilà.

  • Speaker #0

    Et donc, vous découpez un modèle. Vous pouvez nous expliquer un peu comment ça se passe ? Parce que j'avoue,

  • Speaker #1

    c'est nouveau pour moi. D'accord. Alors, la sérigraphie, disons qu'on utilise souvent la sérigraphie pour parler du papier. Et pour l'impression textile, on parle d'impression au cadre. Mais en fait, c'est la même chose.

  • Speaker #0

    Ok.

  • Speaker #1

    Ok. Disons que le jargon textile, on ne dit pas trop cérégraphie. Le mot cérégraphie, il est plutôt utilisé pour l'édition de mots à papier. Mais en fait, c'est la même chose. Le principe, en fait, très élémentaire. c'est qu'on va fabriquer un type de pochoir. Vous pouvez peut-être avoir l'image des pochoirs chapelés, par exemple, dans les catagamies. Le principe, c'est qu'on va fabriquer un pochoir. Chaque couleur vue sur le tissu fait l'objet d'un cache, d'un pochoir différent. dans les temps effectivement, ou dans les régions, si on prend l'image des katagamis japonais, c'est du papier qui est découpé avec une toute petite lame du scalpel. Ça a été comme ça aussi, on peut tout à fait le faire d'une manière comme ça, très empirique, on peut le faire comme ça, ça fonctionne. Ensuite, la question, c'est qu'une fois qu'on a ce pochoir, d'une manière ou d'une autre, comment on va étaler l'encre, l'impression ? Qui est ? et là il y a une différence fondamentale entre ce qui est de l'ordre du pigment c'est-à-dire une couleur qui ne se dissout pas dans l'eau qui va rester en surface du tissu et qui va avoir un lien d'une manière ou d'une autre pour accrocher le tissu soit on va utiliser une encre qui est un colorant de même, elle va avoir un lien une formule chimique qui lui permet d'une part de de tenir dans le tissu, de faire une liaison chimique avec la fibre, et aussi qu'il va y avoir un lien, une pâte, une épaisseur, pas que ce soit un truc complètement liquide, mais à l'intérieur duquel la couleur est dissoute dans l'eau et elle a la faculté, la capacité de colorer la fibre, donc de rentrer dans la fibre.

  • Speaker #0

    D'accord. Je me souviens qu'à la formation de Michel Garcia, le dernier jour, il faisait un genre de pâte avec de la goire, si je ne dis pas de bêtises.

  • Speaker #1

    Exactement.

  • Speaker #0

    Un épaississant. Et c'est ça qu'on étale en haut du cadre et qu'on vient racler avec un… Voilà.

  • Speaker #1

    Avec une raclette. Une raclette. Exactement. Tout simplement. Donc, en fait, la technique d'impression au cadre et après toutes les techniques d'impression sur le textile qui en découlent jusqu'au numérique, qui m'ont là été vraiment très différentes. C'est une manière d'avoir un ponchoir et ensuite d'avoir une encre qui soit épaissie, qui soit contienne du pigment, soit qui contienne du... mais de toute façon, elle va avoir une certaine consistance, et on va l'étaler sur ce poche-coiffe d'une manière ou d'une autre. Alors, la grande invention de la sérigraphie, on va dire, et de ce cadre, c'est qu'on tend une toile très… Avant, c'était une soie, et puis maintenant, c'est des polyesters, mais on tend une toile très résistante, très fine, sur un cadre très tendu. Et ensuite, on va se débrouiller pour que ce pochoir ne soit pas quelque chose en papier, mais qu'on occulte le tissu, la soie ou la mâle, qu'on occulte ce polyester pour qu'à certains endroits du dessin, il soit ouvert et à certains, il soit fermé. Ce qui permet, en étalant l'encre, qu'elle ne passe que dans les endroits ouverts.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #1

    Donc c'est un pochoir aussi d'une certaine manière. Et après, là où la sophistication est arrivée, c'est que par un système de produits photosensibles... Ce dessin, il est reporté sur la toile, le tissu, par un système photosensible qui permet d'avoir une extrême finesse, c'est-à-dire d'avoir des matières, des trames, des détails absolument incroyables, qu'on aurait très difficilement si on devait découper tout à la main, comme le font les Japonais, qui arrivent quand même à avoir un système, enfin une finesse incroyable. Mais disons qu'aujourd'hui, on est passé à un système photosensible. Et là, on est sur un cadre plat. Notre atelier à l'école aux arts déco nous permet de faire ces fameux cadres plats avec une assez grande finesse par un système photosensible. Aujourd'hui, dans l'industrie, on n'est quasi plus sur des cadres plats. on est sur des... mais c'est le même système, des cadres rotatifs, des cylindres, et maintenant ce n'est plus de la toile, c'est une toile métallique, enfin je veux dire, on est allé un peu plus loin, mais ça reste toujours le même principe. Et par un système de report photosensible, on va reporter un dessin. Mais globalement, c'est toujours un peu le même sujet, c'est-à-dire qu'il y a de l'encre qui va passer dans un cadre plat ou dans un cylindre, qui est obturé à certains endroits ou vers d'autres, et les endroits où il est ouvert. pâte colorée va être répartie par une raclette de manière le plus homogène possible pour se déposer sur le tissu.

  • Speaker #0

    C'est très bien. Selon vous, qu'est-ce qui a fait qu'on ait passé de colorants naturels et de cette technique de cadre plat à des colorants peut-être de synthèse et des techniques cadre rotatif ? C'est essentiellement économique, c'est essentiellement des gains de temps ?

  • Speaker #1

    Absolument, c'est des gains de temps. qu'on soit passé c'est deux choses très très séparées c'est à dire qu'en fait il y a l'histoire des colorants qui est relativement indépendante de l'histoire de la technique d'impression qu'on soit passé au cadre rotatif qu'on soit passé, ça c'est clairement c'est des améliorations techniques formidables qui permettent de produire plus et plus vite d'accord il n'y a pas de soude il n'y a pas de et abaisser les coûts, ça c'est fondamental. Toute cette révolution, c'est vraiment le moment charnière de la révolution industrielle. C'est vraiment, c'est d'un seul coup, l'avènement de l'industrie, produire plus, produire plus vite, produire moins cher, clairement, pour un plus grand nombre. Après, et produire standardisé aussi, produire la même chose pour tout le monde, c'est un peu aussi la grosse question qui est celle d'aujourd'hui avec laquelle on bataille. Pourquoi produire tout pareil ? Ça, c'est un des grands freins. Et puis l'histoire du colorant, ça je pense que Michel, Clément, tout le monde nous en a parlé. Pourquoi on est arrivé au colorant synthèse ? Effectivement, c'est cette histoire d'abaisser les coûts, clairement, et de standardiser, c'est-à-dire d'aller vers quelque chose de plus répétitif, de manière peut-être plus homogène, constant. Voilà, et d'abaisser quand même un peu les coûts.

  • Speaker #0

    Et selon vous, qu'est-ce qui pourrait faire qu'on revienne à la teinture végétale ? Parce qu'aujourd'hui, comme on en parle, c'est que sur l'industrie textile, il y a quand même énormément de pollution de l'eau et des sols, notamment avec la partie teinture. Et en fait, moi, je voulais avoir votre avis. Qu'est-ce qui pourrait faire ? qu'on revienne ou que les entreprises ne soient pas obligées mais naturellement reviennent au colorant naturel ?

  • Speaker #1

    Alors, moi, ma vision des choses, c'est peut-être… En fait, les freins, je ne suis pas sûre qu'ils soient du côté de l'industrie. Pas du tout. En fait, je ne crois pas. En fait, je pense que… on n'en est plus trop là. On y était peut-être là il y a dix ans, mais je pense qu'on n'en est plus trop là. Je pense qu'il y a plus d'industriels ou de manufactures qui ne soient pas énormes. C'est-à-dire que c'est une question d'échelle. Ça n'aurait aucun sens. Si, en admettant qu'il n'y ait pas de frein, qu'il n'y ait zéro frein, qu'aucun sens, que toute la production actuelle soit en naturel, ça n'a aucun sens. Cultiver, on va perdre du sol cultivable pour des colores en naturel, on a besoin de nourrir la planète, ça n'a juste aucun sens. Ça ne peut devenir que des choses. En fait, c'est une réflexion tellement globale. C'est-à-dire, comment je pourrais ordonner les choses pour dire ça ? Notre problème, il y a bien sûr une histoire de pollution des sols, de refroidissement de l'eau, ça on est bien d'accord. Mais aujourd'hui, une industrie propre, ça existe, avec des colorants de synthèse. C'est une histoire de moyens, c'est une histoire de lieux, c'est une histoire de volonté. En France, les industries textiles qui travaillent en synthétique avec les normes, et s'ils sont responsables, Je ne suis pas tellement sûre que ce soit vraiment plus polluant qu'en naturel. La seule chose, c'est qu'il faut prendre les moyens, le temps, de retraiter correctement leur eau, et il y en a qui le font. Mais ça, on est en France, en Europe, les usines de pointe, qui sont extrêmement conscients et qui intègrent dans leur coût de fabrication, donc ils sont beaucoup plus chers. ils intègrent dans leurs coûts de fabrication la rigueur de leur retraitement d'eau, prendre des très bons colorants. Ils travaillent en ce moment, j'ai une étudiante qui travaille là-dessus avec un industriel français sur comment diminuer la quantité de colorants, comment diminuer la quantité de produits, etc. pour être de plus en plus vertueux. Mais ça y est ! Pour moi, le problème, il n'est pas tellement là, en fait. Le problème, il est dans la mondialisation et dans le ailleurs. Parce que la rigueur que peuvent avoir ces industriels-là qui prennent le temps, l'argent, dans leurs coûts, pour être propres, c'est une volonté que n'ont pas, évidemment, et n'ont pas les fabricants partout dans le monde. Et qui est responsable de ça ?

  • Speaker #0

    Nous, d'une certaine façon, avec la fast fashion.

  • Speaker #1

    Absolument, nous, et surtout les commanditaires, c'est-à-dire ceux qui ne veulent pas payer les euros de plus pour fabriquer de manière correcte, vertueuse. C'est tellement global. Et les industriels français, aujourd'hui, j'en connais quelques-uns, mais ils sont prêts sur le naturel.

  • Speaker #0

    Est-ce que ?

  • Speaker #1

    Techniquement, ils sont prêts, mais juste, ils n'ont pas les comptes. et globalement, ils sont prêts. Ce n'est pas un problème. D'accord, super. Ils veulent bien, ce n'est pas le souci. Mais ils n'ont pas les commandes. En fait, leur gros souci, et même en synthétique, c'est leurs commanditaires, les grosses boîtes, qui vont refaire faire 15 fois des essais pour que la couleur, elle soit de manière… obsessionnelle qu'elle puisse être dans deux ans, dans trois ans, exactement la même teinte. Que des stylistes, des designers, soit la partie marketing, etc., soient en train de refaire faire des essais.

  • Speaker #0

    C'est trop homogène.

  • Speaker #1

    l'homogénéité, une espèce de chose complètement maladive qui fait qu'on ne s'en sort pas. Et donc, il n'y a pas les commandes derrière parce que les commanditaires ne sont pas là et parce qu'ils imaginent ou peut-être, j'en sais rien, le consommateur. Alors, ça, c'est la vraie question. Est-ce que le consommateur est prêt ? En tous les cas, les commanditaires, ils ne veulent pas éduquer leur consommateur dans ce sens. Ou est-ce que réellement le consommateur n'est pas prêt ? Ou est-ce que les marques ne veulent pas faire ce pas parce qu'ils ont peur d'être mis de côté, discrédités. Parce que c'est toute une chaîne qui n'est pas prête derrière. Moi, j'ai entendu, je ne sais pas si c'est vrai, que chez Hermès, ça fait très longtemps, et je viens de l'entendre, parce que les ateliers A.S., c'est une usine, c'est la rôde rose de l'impression en France. ils sont de pointe. Ça fait longtemps, très longtemps qu'ils sont en train d'étudier le naturel. Très, très longtemps. Donc, ils sont au point, c'est sûr. Ces gens-là, ils sont trop intelligents et trop pointus pour ne pas être au point là-dessus. C'est clair qu'ils sont prêts. Mais ils ne font pas le pas. Je veux dire, demain, ça marche. Demain, il y a la commande. Demain, il y a l'impression que… Mais en fait, ils ne font pas le pas. Et ils font… Alors, Hermès, par exemple, c'est… très évident, ils ne font pas le pas. Pourquoi ? Parce que leur client sait les 0,1% de la population mondiale les plus riches, mais ça ne les concerne pas. La question de l'écologie, ils n'en ont absolument rien à faire. C'est-à-dire que ce n'est pas juste leur problème. De toute façon, ils prennent l'avion pour traverser à l'autre bout du monde, pour aller s'acheter un sac Hermès, je ne sais pas quoi, un truc. Mais qu'est-ce qu'ils en ont à faire ? Je n'ai juste pas du tout leurs soucis. Donc, on est quand même dans un cercle de... on a du mal à sortir de ce cercle-là.

  • Speaker #0

    Pour que des grands comme Hermès, qui par exemple sont déjà prêts techniquement vu qu'ils sont à la pointe, pour qu'eux basculent, c'est soit un consommateur qui est averti, qui est sensible et conscient, soit ça peut être des textes de loi qui obligent les entreprises. Est-ce que ça pourrait être envisageable que l'État propose une partie de la production en teinture naturelle ?

  • Speaker #1

    Si on prend Hermès, Est-ce que c'est réellement intéressant qu'il remette ce passant naturel ? Je ne suis pas sûre, parce que des usines comme ça, elles ont les moyens. de faire du synthétique propre. Elles ont les moyens. C'est pour ça que la place du naturel, elle doit être là. Elle est importante, mais il ne faut pas imaginer que ce soit intéressant de remplacer le synthétique par le naturel. Ça n'a pas de sens. Pour moi, personnellement, ça n'a pas de sens. Et d'ailleurs, si ce qu'on se tue et ce que je me tue à dire aux étudiants qui parfois disent que le naturel, c'est écologique, le naturel, ce n'est pas nécessairement écolo. parce que ça consomme beaucoup d'eau, parce que c'est beaucoup plus complexe que ça, et pas parce qu'on utilise des colorants naturels qu'on est vertueux.

  • Speaker #0

    Il ne faut pas faire de raccourcis,

  • Speaker #1

    mais il y a quand même...

  • Speaker #0

    En fait, il faut distinguer plusieurs choses, et vous mettez le doigt dessus, et c'est hyper intéressant, c'est que les industriels, il y a des industriels qui sont déjà propres avec du synthétique.

  • Speaker #1

    Bien sûr.

  • Speaker #0

    Par contre, il y a des pays où les normes de retraitement des eaux et où les usines et le matériel n'est pas à la pointe. Donc,

  • Speaker #1

    on ne peut pas...

  • Speaker #0

    et les colorants ne sont pas de on va dire de qualité pour ne pas être trop impactant donc il y a cette partie là et de l'autre côté il y a la coloration enfin la teinture naturelle qui si elle est bien faite avec un respect des quantités d'eau des quantités de pigments etc peut être intéressante mais il ne faut pas faire le raccourci de

  • Speaker #1

    synthétique veut dire polluant et teinture naturelle veut dire écologique absolument c'est ça ce que je comprends très bien c'est tout à fait ça et en plus d'accord à un moment donné si oui Les couleurs naturelles devenaient, imaginons, ce n'est pas possible, mais imaginons que d'un seul coup, ce soit utilisé à un niveau d'une consommation énorme. On se retrouverait dans les mêmes problèmes de concentration, de rejet.

  • Speaker #0

    L'excès pose problème dans tous les cas.

  • Speaker #1

    Dans tous les cas, c'est l'excès qui pose problème. Et pour moi, c'est ce qu'il faut faire comprendre, nous, ce qu'on essaye de faire comprendre à nos étudiants. Voilà, que ça a plein de qualités. Et en fait, là où c'est intéressant aussi, c'est dans le changement de mentalité et de paradigme. C'est-à-dire que... le naturel, c'est pareil. C'est intéressant si on utilise des colorants locaux. C'est la localité qui est intéressante. C'est le on fait avec ce qu'on a là et puis on fait dans des quantités raisonnables C'est-à-dire qu'on consomme d'une manière intelligente. C'est le sens qui est intéressant. Oui, le bon sens. Pour moi, c'est l'ajout de sens. En plus, et ça je suis reviendrie tout à l'heure parce que c'est majeur, pour moi, quand même, juste le bonheur du naturel, C'est juste la couleur, on oublie de dire le truc le plus principal, ce champ chromatique qui est naturel, c'est juste dans l'éveil des sens. Juste, le naturel, c'est quand même la couleur. Un, d'abord, parce que c'est juste merveilleux, esthétiquement parlant, et puis dans le sens. C'est un monde, et c'est ça qui nous manque aujourd'hui. C'est ça que l'industrie a complètement appauvri. C'est cette espèce de normalisation, c'est cette espèce de platitude des choses. La question, pour moi, ce n'est pas tellement le naturel qui va nous sauver en tant que pollution, Non, il ne faut pas le prendre comme ça. Il peut être polluant, il peut être mauvais, et en plus, s'il est excessif, il l'est de toute façon. Par contre, la grande force, c'est cet ajout de…

  • Speaker #0

    de sens, cet ajout d'émerveillement, j'ai envie de dire, cet ajout de…

  • Speaker #1

    Avec la gamme de couleurs que propose.

  • Speaker #0

    Avec la gamme de couleurs, enfin je ne sais pas, je trouve que portée, d'abord ça se voit, et en plus sur soi, c'est-à-dire un vêtement dont on sait que la plante, c'est telle plante, elle a poussé là. Voilà, c'est retrouver...

  • Speaker #1

    Un lien avec la nature ?

  • Speaker #0

    Absolument, c'est tout ce sens. C'est retrouver une émotion, un affect, c'est remettre tout cet aspect affectif, primordial, dans qu'est-ce que je porte, qu'est-ce que je mets chez moi. Et ça, c'est tout ce qu'on a perdu.

  • Speaker #1

    Et justement, là-dessus, Isabelle, il y a un sujet qui est important et qui revient souvent, c'est l'histoire de la transmission, de l'art de la teinture, mais aussi de l'art de l'impression. Comment vous vous transmettez aujourd'hui ce savoir ? Je crois comprendre que c'est essentiellement par tout ce qui est cours dans l'école. Est-ce que vous pouvez nous dire un peu les matières qui sont étudiées par vos élèves, un petit peu comment ça se passe, les types d'enseignants, les types de pratiques, etc. sur le parc art et déco de Paris ?

  • Speaker #0

    Les étudiants aux arts déco font 5 ans aux arts déco. La première année, c'est une année un petit peu de tronc commun, où ils peuvent naviguer un petit peu dans quelques ateliers, et puis vraiment être dans la transversalité, avant de décider dans quel secteur ils vont aller. Il y a dix secteurs dans l'école, des secteurs qui sont vraiment options très design, design vêtements, design textile et matière, design objet, architecture intérieure, images imprimées, design graphique, cinéma d'animation. Et alors avec des secteurs qui sont un petit peu plus artistiques, photos, vidéos, art espace, donc j'en ai forcément oublié un. Bon voilà, grosso modo, il y a dix secteurs qui sont un peu plus design ou un peu plus art. Quand ils arrivent en design textile et matière, on essaye d'avoir un parcours. D'abord, on les ouvre à quelque chose qui est un petit peu, sans leur parler trop, produit, cible, environnement, mais d'être vraiment plus créatif. Mais dès qu'ils rentrent dans l'école, par exemple, depuis quelques années, la première semaine qu'ils passent dans l'école, ils teignent en naturel des fils. qui vont tisser la semaine d'après ou tricoter. C'est leur première arrivée dans le secteur, déjà, immersion totale, couleur naturelle, dans notre atelier de l'endossissement. Alors, les grandes matières, on va dire, et les grands points forts qu'on essaye de leur donner, c'est vraiment ce sens de la couleur. Textile, c'est la couleur. Le graphisme, parce que la conception graphique en général, le tissage, la maille et l'impression. C'est vraiment les matières principales. Donc, il navigue entre ça, mais toujours avec un lien entre les deux. C'est-à-dire qu'il dessine des choses qui vont venir imprimées, il dessine des choses qui vont les inspirer pour faire de la maille, du jacquard tissé. Enfin, toutes ces choses sont mélangées, la couleur. la maille, le tissage, la matière de manière intrinsèque. Et à chaque fois, tout leur parcours, chaque semaine, tout le temps, ils sont un peu dans les ateliers. Que ce soit l'atelier d'enlouissement, l'atelier de maille, l'atelier de tissage, toute l'année, tout le temps. Alors, c'est la pratique toujours qui rebondit entre un peu de théorie, mais c'est toujours de la réflexion, du concept, étudier. Voilà, mais c'est surtout développer les outils de réflexion et les outils pratiques pour être des concepteurs et pouvoir réaliser dans tous ces domaines-là. Et puis plus ça va, plus ça s'ouvre. Ils peuvent aussi travailler la matière dehors de nos ateliers qui sont stricto sensus textiles et réaliser de la matière partout dans nos ateliers d'école, qui peuvent être des ateliers bois, résine, méthane, céramique, tous ces ateliers-là où ils travaillent la matière. en croisant les ateliers. C'est vrai que c'est une école qui est riche parce que c'est dans les croisements qu'ils apprennent à être très créatifs et qu'ils aiment ça d'ailleurs.

  • Speaker #1

    Et dans les débouchés, dans les élèves qui sont sortis de l'école, que vous avez accompagnés et qui se sont plutôt orientés sur la couleur végétale, est-ce que vous avez des domaines ou des noms à citer de personnes ? Qu'est-ce qu'elles ont eu comme débouchés ?

  • Speaker #0

    Des étudiants qui se sont vraiment orientés de manière très claire, uniquement peinture naturelle, à part Clément, qui est quand même le plus évident. Il est très radical, et qu'il a fait un partenaire merveilleux dans ce domaine-là, et qu'il ne cesse de devenir plus pointu, plus compétent à tous les niveaux. En fait, il n'y a aucun étudiant autre qui s'est spécialisé dans la couleur naturelle. S'il y a une étudiante qui a monté une petite marque, alors qu'à l'école elle n'était pas trop intéressée par ça, puis finalement elle a monté une petite marque où elle fait pas mal de choses avec de l'indigo. exclusivement de l'indigo puis sinon des fibres qui est très une petite marque dont il faut que je retrouve le nom d'accord des chaps je le mettrai en commentaire dans le podcast une fois qu'on aura fini avec des fibres naturelles et puis un petit peu de teinture de l'indigo mais vraiment des étudiants qui se sont spécialisés là-dedans non très peu. Et pourquoi ? Parce qu'effectivement, dans leur parcours, il n'y a pas encore de lieu de fabrication. C'est-à-dire que soit ils deviennent artisans, cet étudiant dont j'ai oublié le nom de la marque, soit ils produisent eux-mêmes, mais sinon...

  • Speaker #1

    Il n'y a pas d'entreprise qui sont prêtes à les accueillir pour les aider à développer cette partie-là. Donc les débouchés aujourd'hui, c'est bouché parce que de l'autre côté, il n'y a pas forcément d'opportunité.

  • Speaker #0

    Il n'y a pas d'opportunité. Donc, à part des chevaliers comme Clément, qui est parti en croisade et qui a décidé de faire tout en naturel dans le domaine dans lequel il s'est développé, c'est un peu cet ordre-là, il faut travailler. Et voilà, il y en a qui seraient prêts. C'est très étonnant, c'est-à-dire que tous les étudiants qui prennent contact avec des petites manufactures, je pense aussi à une étudiante. en ce moment en cinquième année qui travaille sur justement le côté la pièce unique comment la pièce unique peut s'inventer dans une manufacture ou dans une industrie elle a pris contact c'est un sujet super intéressant c'est comment on peut ramener l'unique dans la série et elle a pris contact avec les tisseurs et imprimeurs et ils sont super intéressés par développer leur course compétences en impression naturelle. C'est hyper intéressant, mais on est encore dans des micro-capsules, c'est-à-dire qu'ils ne savent pas qui vont le vendre encore aujourd'hui.

  • Speaker #1

    Donc on revient à ce qu'on disait au début Il faut des commanditaires et des consommateurs avertis Il faut ouvrir un peu les champs Pour qu'il y ait des débouchés Donc du coup on a cité Clément Qui est l'épisode 3 du podcast Qui va passer là Février donc on pourra justement rebondir Et ça c'est top J'avais d'autres questions C'était est-ce que autour de la teinture végétale Il y a des gens qui fédèrent cet art Cette pratique Est-ce que vous connaissez des organismes ou c'est manqué ?

  • Speaker #0

    Dans les formations, pas tant que ça en fait, c'est des personnalités qui fédèrent, et puis vous les avez déjà un peu rencontrées, Dominique Cardon, qui est vraiment la référence, Michel Garcia, qui est vraiment magnifique, Sandrine Rosier, que j'aimerais bien que vous expliquiez, parce que c'est des ambassadeurs. Alors, il y en a d'autres. Pour moi, je dirais qu'il y a un petit peu deux voies. C'est-à-dire que la couleur naturelle, elle se développe. L'intérêt pour la couleur naturelle se développe quand même, mais plutôt dans un côté très loisir créatif, plutôt do-it-yourself. Il y a plein de gens qui font des formations, qui font des week-ends pour que les gens… Alors, ça, c'est intéressant. C'est-à-dire qu'effectivement, il y a ça aussi dans la couleur naturelle. Il y a la possibilité… d'être pour soi dans une démarche d'auto-teinture et tout ça. C'est super intéressant parce que ça, je trouve que ça se développe beaucoup. En tous les cas, on en entend pas mal parler. Des gens qui refont des jardins teintorials, qui font des amaps. Peut-être Clément en a parlé, de Cécilia Aguirre qui a fait une amap. de plantes. Ça, c'est super intéressant. Aurélien Wolff qui fait aussi... Il y a des gens qui ont des super belles initiatives dans le fait de se dire, à une micro-échelle, on peut remettre en culture une amable de plantes territoriales. C'est quand même assez formidable. C'est-à-dire qu'on peut acheter ou on peut cultiver après. Il y a des gens qui poussent dans ce qu'on veut avoir dans son jardin ou justement acheter des plantes territoriales qui ont été poussées en région parisienne. et puis pour faire son autoproduction ça je dirais que c'est une branche c'est pas la branche industrielle c'est deux branches donc il y a deux branches de ce côté là je trouve que ça se développe ça florise C'est un grand intérêt et ça je le vois à l'école, tous les étudiants, j'ai envie de dire tous, ils s'essayent. Dans tous les secteurs, par contexte, ils font tous des teintures à base de l'or. Puisqu'on est vraiment dans le recyclage, etc., donc la grande tendance, c'est mes déchets alimentaires, mes déchets végétaux, je teinte avec ce que j'ai sous la main. Ça, c'est une des tendances. C'est super, c'est sympathique, j'ai envie de dire, parce qu'on passe par ces... Effectivement, on peut teindre avec plein de trucs, mais c'est juste pas du tout. des problématiques de la branche industrielle. Parce que teindre avec sa betterave, son chou rouge ou son curcuma, ou même ses peaux d'avocat, génial, ça ne tient pas. Ça ne tiendra jamais, de toute façon. Et puis, il y a des étudiants qui... Et ça aussi, c'est intéressant, qui font des doctorats. Alors, si je n'en ai pas parlé quand même... quand même des étudiants qui sont actuellement en train de faire des doctorats. Et ça, c'est super intéressant sur la réflexion de comment est-ce qu'on peut intégrer l'usure. Alors l'usure, en général, ça peut être l'usure d'une fille, mais ça peut être aussi l'usure de la couleur. dans la vie d'un produit. C'est-à-dire qu'un produit, on ne conçoit pas des produits qui soient figés. Et ça, c'était l'objet d'un diplôme d'une étudiante il y a quelques années qui aujourd'hui est en doctorat, Lou Ramache, c'est quelqu'un que vous pouvez contacter. Et elle travaille effectivement sur comment... Et ça, c'est beaucoup de choses dont la mentalité a changé. Alors bien sûr, c'est un doctorat, ça reste quelque chose très en amont, très pointu. Mais comment est-ce qu'on pourrait... Et comment elle, elle a intégré... mesure de certaines couleurs. Donc, en cherchant volontairement à utiliser certains colorants, c'est le beau curcuma qui m'a fait penser. C'est-à-dire qu'effectivement, à un moment donné, elle a fabriqué des grandes pièces textiles qu'elle a imprimées ou qu'elle a tissées, avec des fils qui étaient teints. avec un curcuma qui allait passer de toute façon, mais qui a laissé la place à autre chose, un colorant qui tenait mieux derrière, et elle avait imaginé l'évolution du produit pour que dans son intérieur ou chez soi, le produit ne soit pas stable dans le temps, mais que son évolution soit pensée, réfléchie, et qu'on n'ait plus des produits immuables, on est des produits qui bougent,

  • Speaker #1

    des produits qui vivent.

  • Speaker #0

    Donc ça c'est intéressant. Voilà, j'ai envie de dire qu'il y a deux branches. Il y a la branche, effectivement, où on intègre ce côté-là, utiliser des déchets, utiliser... Mais on sera de toute façon dans quelque chose qui sera très volatile, qui ne sera pas stable. Donc, réfléchir à la non-stabilité, c'est super intéressant. Mais si on veut, actuellement, on est déjà loin devant quand on pense ça. On est un peu loin devant, puisqu'on voit bien que même sur un produit qui tient, qui est solide, qui a des super résistances, usure, lavage, lumière, etc., on n'y va déjà pas. Et l'industrie, elle va s'intéresser à ça. Donc, des étudiants qui ont trouvé un débouché dans l'industrie, il n'y en a pas, puisqu'en fait, actuellement, il y a… Il n'y a pas d'industrie, puisqu'il n'y a pas de consommation là-dedans. Nos étudiants, ils sont plutôt sur ce débouché qui est finalement, qui reste très artisanal et qui reste très prospectif. Parce que quand est-ce que le consommateur sera prêt à acheter un produit qui va évoluer avec le temps, qui sera compostable ? On en a envie, on fait tout pour. Voilà. Ce sont les dirigeants de demain. Ok, alors on y croit, on aimerait bien. Alors heureusement, on voit ce petit changement. C'est-à-dire que moi, j'observe au travers de nos étudiants, il y en a quand même qui commencent à se dire, il faut aller à l'intérieur, il faut aller à l'intérieur du problème pour faire bouger. Il ne faut pas rester à la marge, il faut se frotter à la difficulté. Il faut réfléchir. avec les industriels il faut faire bouger c'est les comportements fondamentaux c'est préféré les petites séries les produits qui sont réutilisables les intemporels, la slow fashion mais qui est un coup et puis il y a plein de bonnes intentions mais au moment de de passer à l'acte d'achat ça freine tellement

  • Speaker #1

    on va repartir sur la couleur quel serait votre colorant votre pigment ou votre couleur si elle devait vous définir et pourquoi

  • Speaker #0

    Alors, il n'y en aurait pas une, mais franchement, il n'y en aurait pas une parce que c'est impossible à dire. Non, mais je vais parler de la magie des couleurs naturelles. Et c'est pourquoi est-ce que, par exemple, on commence aux arts déco, première chose quand ils arrivent dans notre secteur, c'est s'il y a matière, pourquoi on leur fait faire la couleur naturelle ? Parce que c'est magique, c'est juste magique. C'est incroyable, on leur montre, mais il n'y a même pas besoin de leur montrer, ils le voient. c'est-à-dire qu'en fait, il teigne des fils, et ensuite il tisse ou il tripote, et quasi quoi qu'il fasse, c'est harmonieux, c'est-à-dire que suivant les affinités, les envies, les goûts, les attirances de l'un ou des autres, il se passe des choses merveilleuses. C'est-à-dire que la couleur, par contre, la couleur naturelle, c'est les couleurs naturelles en général, c'est-à-dire qu'avec… Cinq couleurs en base, c'est un monde chromatique qui est une richesse. C'est-à-dire qu'un indigo, la garance, la cochenille, une orézéda, on va remettre quand même un ou deux jaunes, le bois de campèche, allez, on en prend. Et puis après, on peut enrichir plus subtil avec tous les bois, certains tanins, enfin voilà, si je peux, j'en mets plus quand même. J'en mets une dizaine. Mais avec ça, c'est un monde. qui est merveilleux. Et quoi qu'on fasse, on pose des choses les unes à côté des autres. Et ils font des choses, et c'est beau, et ça donne envie, et ça donne un élan, et on est fasciné. Bon, ben, ça c'est inégalable. Et quand les étudiants, ils appréhendent ça, ils le voient, ben effectivement, ils sont conquis. Ils ont envie de ça. Comme je vous le disais, comme on est quand même... Le but c'est quand même de leur donner un vocabulaire qui leur permet, un vocabulaire de savoir-faire qui leur permet de naviguer dans l'industrie en général. Ils apprennent évidemment tous les colorants et tous les pigments de synthèse pour pouvoir bien évidemment les comprendre et les manipuler de la même manière. Et notre grand problème quand même c'est qu'on manque de temps. On a l'impression que tout est malheureusement un peu survolé. C'est-à-dire que quand ils sortent d'une formation, et Dieu sait si on essaye d'approfondir, s'ils n'ont pas eux-mêmes l'envie, et si en cinquième année, par exemple, ils n'ont pas la volonté de développer particulièrement ça, Il faut que derrière, il y ait une envie de travailler derrière, parce que c'est trop basse, trop long, trop compliqué, pour dire que dans une formation même de 4 ans dans un secteur comme l'école, ils sont performants. Ils ne sont pas du tout performants en sortant.

  • Speaker #1

    il faut continuer à pratiquer énormément quelle est pour vous la matière qui est la plus naturelle qui pour vous est la plus agréable à travailler et pourquoi ?

  • Speaker #0

    avec les colorants naturels La laine est assez merveilleuse parce que la laine et la soie, c'est vrai que les protéines, elles donnent une intensité de couleur qui est vraiment très très belle. Et puis j'ai vraiment envie de défendre la laine parce que dans cette démarche de relocalisation, en France, il y a des filières qui se remontent et on a un grand potentiel quand même parce que de toute façon, il y a des vaches, il y a des moutons. On ne concurrencera pas le Mérinos australien.

  • Speaker #1

    Australien.

  • Speaker #0

    Et on peut quand même, il y a plein de belles choses. Et la naine est merveilleuse avec les colores naturelles. Et le nain, le nain français. voilà, moi je suis très c'est tellement dans le sens de relocaliser les choses, le lin parce que le chanvre, la France a un grand potentiel là-dedans, il y a des filatures de lin qui se remettent en France quand même c'est important de dire enfin c'est merveilleux, des gens qui sont super militants pour redémarrer ces filatures en France et puis la laine c'est deux matières et c'est là où il y a des grandes affinités

  • Speaker #1

    il faut relancer ces filiales-là et leur donner toute leur lettre de noblesse pour finir Isabelle est-ce que vous auriez un livre qui vous a inspiré, accompagné ou a recommandé pour les gens qui écoutent ben non parce qu'il n'existe pas le livre il n'existe pas alors du coup ce serait quoi le livre ?

  • Speaker #0

    moi je pense que il y a une bible c'est celle de Dominique Cardon C'est quand même la Bible. Celui-là, il nous accompagne.

  • Speaker #1

    Celui-ci ?

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Le monde des teintures naturelles.

  • Speaker #0

    C'est notre Bible à tous.

  • Speaker #1

    C'est vrai.

  • Speaker #0

    c'est hyper intéressant mais dites-le que c'est riche quoi je vous enverrai aux étudiants quand ils me posent une question va voir dans la bible tu vas voir ça c'est sûr mais Dominique Cardon c'est vraiment décolorant, comprendre et le livre de savoir-faire le livre qui serait pointu et qui serait c'est le livre que j'aimerais que Lucien Garcia puisse faire un jour

  • Speaker #1

    On va lui envoyer cet extrait de commande de livre technique.

  • Speaker #0

    Qui ne ferait d'ailleurs peut-être pas tout seul, qui ferait peut-être avec un clément, avec une sandrine, qui ferait avec ces gens-là. C'est-à-dire qu'en fait, c'est les praticiens. Et en fait, ils sont sans arrêt en train de, en fait, par la pratique permanente et la recherche permanente. ils sont sans arrêt en train d'évoluer, d'affiner, de simplifier. Je vois par exemple que quand on a commencé, moi j'ai été formée par Michel, au début ce que Michel nous disait, ce qu'il nous apprenait, et quand on se revoyait plus tard, il disait ah ben non, je ne fais plus comme ça et encore il n'arrête pas de changer.

  • Speaker #1

    Il perfectionne à chaque fois.

  • Speaker #0

    Oui, il perfectionne, il simplifie, il essaie de… Le pil, il expérimente en permanence. Le but étant d'avoir des savoir-faire, des recherches, et ça dépend à quoi on les destine. C'est-à-dire que le savoir-faire de quelqu'un dans sa cuisine n'a rien à voir avec le savoir-faire de quelqu'un qui peut assurer résistance, lumière, lavage. Donc, le livre qu'il faudrait, c'est un livre qui puisse dire si on n'est pas trop exigeant, c'est telle recette, on peut aller plus loin. Et si on a besoin de ça. Ce n'est pas la même recette. Et si on est quelque part… Ça, ça n'existe pas. Un livre qui dit un petit peu la latitude de ce qu'on peut faire. Et dans une école comme la nôtre, par exemple, on est obligé quand même de faire des recettes qui soient un peu simplifiées, parce que c'est toujours une sorte de gain de temps. Ce n'est pas la même recette, ce ne sont pas les mêmes choses, si on dit qu'est-ce qu'on veut ? On veut une résistance, on veut un noir parfait qui résiste. Alors là, c'est beaucoup plus de temps, par exemple, qu'on n'a même pas dans une école. Mais est-ce que ça vaut le coup de l'avoir dans une école ? cette résistance, ça dépend quel est le projet. Si c'est montré juste un projet, non. Mais en même temps, on aimerait bien pouvoir dire Mais oui, mais attention, si un jour tu veux avoir vraiment une couleur intense qui résiste, ce ne sera pas le même process. Donc ce livre qui met en perspective, il n'existe pas. Dans le fond, est-ce qu'il n'est pas utopique d'ailleurs ? Parce qu'il faudrait... Voilà. Mais en tous les cas, un livre est... qui aurait cette approche.

  • Speaker #1

    Donc, un livre technique, un livre technique avec les colorants, mais qui se réfléchit par l'usage final du projet. On va relancer Michel là-dessus pour qu'il travaille, s'il est OK.

  • Speaker #0

    Parce que Michel, tout ce qu'il a produit, c'est de référence. c'est disques, c'est CD ces choses là mais un livre qui serait vraiment je pense qu'il n'existe pas trop chacun et puis c'est un peu cette évolution bon bah écoutez Isabelle c'est parfait,

  • Speaker #1

    est-ce que vous avez un mot de la fin que vous avez envie de rajouter ?

  • Isabelle Rodier ENSAD

    Il faut essayer de rentrer dans... C'est-à-dire que c'est un monde chromatique qui est tellement merveilleux que je suis à la fois très contente que même quand ça bricole et même quand c'est pas très abouti, que le plus de gens possible se frottent à ce monde chromatique parce que c'est un éveil de la couleur qui est merveilleux. Voilà, c'est fascinant. Regardez la couleur naturelle, c'est un émerveillement de couleurs. D'une manière ou d'une autre, tous les gens qui essayent de le faire partager, quelle que soit leur manière de le faire partager, je trouve que c'est très bien parce que c'est une sensibilité qu'il ne faut pas perdre, qu'il faut retrouver. C'est une émotion de la couleur qu'il faut propager, en fait.

  • Pauline Leroux ArtEcoVert

    Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram ARTECOVERT pour y découvrir le nom des prochains invités. Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix. C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale. Merci à tous !

Description

⁉️Connaissez vous les formations pour la teinture végétale ?


Dans cet épisode d'ArtEcoVert, 


nous explorons avec Isabelle Rodier la formation en design textile et d'art appliqué, où les étudiants acquièrent des compétences diverses, de la teinture à l'impression, en passant par le tissage, les rendant polyvalents malgré le défi de l'abondance d'informations. L'évolution de l'enseignement en art appliqué en France est abordée, avec une école préservant ses ressources malgré la réduction générale des moyens. L'école possède un atelier d'ennoblissement textile, utilisé par des étudiants comme Clément Bottier #E3 et #E80 pour son mémoire. L'épisode explore, avec Isabelle Rodier, la technique d'impression textile au cadre, comparant la sérigraphie au papier et aux textiles, expliquant la création de pochoirs et l'application d'encre sur un cadre tendu. Il souligne l'importance de l'atelier aux Arts Décoratifs, avec son système photosensible. Cet épisode offre un aperçu captivant de la formation en design textile, de l'histoire de l'impression textile et de l'évolution de l'enseignement en art appliqué en France, idéal pour les amateurs de design et d'art textile. 

 

ENSAD : https://www.ensad.fr/ 


Retrouvez Isabelle Rodier sur @isabelle.rodier


ArtEcoVert, LE podcast de la couleur végétale 🌿, de la graine à la couleur finale dans tous les domaines d'application : 

  • Alimentaire : patisserie, 

  • Teinture végétale : sérigraphie végétale, éco-print, bundle dye, shibori … sur fibres naturelles. La teinture végétale fait partie des teintures naturelles mais n’utilise que des plantes tinctoriales.

  • Cosmétiques : Coloration capillaire végétale, savonnerie (savons végétaux), maquillage,...  

  • Beaux arts : encres végétales, sérigraphie végétale, aquarelles végétales, peintures végétales, craies grasses végétales… 

  • Bio matériaux, bio plastiques teints végétalement, 

  • Agriculture de plantes tinctoriales et production de Colorants biosourcés (Pigments végétaux et Colorants végétaux) Garance, Indigo, Réséda, Tanins… 

En effet, on explore dans ce podcast un des nombreux pouvoirs des plantes à savoir : LA COULEUR 

L’objectif d’ArtEcoVert est de proposer la couleur végétale 🌿 comme alternative combinée à la couleur de synthèse, dérivée du pétrole et est néfaste. 

🚨 Je compte sur vous pour vous abonner à la newsletter du podcast pour ne pas louper la sortie des épisodes :https://podcast.ausha.co/art-eco-vert?s=1

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pour démocratiser la couleur végétale. Mais c’est aussi une communauté sur le Patréon d’ArtEcoVert : https://www.patreon.com/ArtEcoVert de plus de 180 passionnés du sujet qui font bouger les choses ! 

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  1. ArtEcoVert LE PROJET ⭐

pour catalyser la réémergence de la filière tinctoriale (construire du lien, des échanges, faire avancer, poser les bases, apporter les preuves, …) 

Pour cela, j’ai créer l’entreprise ArtEcoVert Pauline Leroux dans laquelle je propose

  • mes services :  issus des expériences antérieures (filières agricoles, RSE, Grande Distribution, Distribution Locale, ) et de ma formation d’ingénieure agronome

  • mon énergie 

  • ma passion pour les plantes

  • ma volonté de redynamiser cette filière 


Chaque mission contribuent à soutenir la pérennité du podcast ArtEcovert

Vous êtes intéressés : pauline.artecovert@gmail.com

Bonne écoute 👍

Pauline Leroux

Transcription

  • Pauline Leroux ArtEcoVert

    Bonjour et bienvenue dans le podcast ArtEcoVert, le podcast qui vous parle d'art, d'écologie et de verdure. Je suis Pauline Leroux, ingénieure agronome passionnée de plantes, et je vous emmène à la découverte de la couleur végétale et de toutes ses applications. Que ce soit dans le textile, l'ameublement, l'artisanat, la décoration et dans d'autres domaines, chaque jeudi et samedi à 7h30, je vous propose des épisodes riches avec des invités passionnants pour approfondir le sujet de la couleur végétale sur toute la chaîne de Valo. Mon but, fédérer et démocratiser la couleur végétale dans le monde. Alors, c'est parti ! Bonne écoute ! Bonjour Isabelle Rodier, je suis ravie de vous accueillir sur le podcast. Je voulais tout d'abord vous demander de me raconter votre parcours, comment vous étiez arrivée à la teinture végétale.

  • Isabelle Rodier ENSAD

    Bonjour à tous. Alors, comment je suis arrivée à la teinture végétale ? Moi, j'ai un parcours personnel où j'ai été formée dans l'école où j'enseigne aujourd'hui, c'est-à-dire que j'étais formée à l'ENSAD, l'école des arts d'éco à Paris, dans le secteur textile. Alors, c'est une école comme d'ailleurs toutes les écoles d'art appliqué, les écoles supérieures d'art appliqué qui a évolué normalement en suivant l'évolution de nos métiers. Et quand moi j'ai été formée, il y avait vraiment la vocation. elle existe encore, mais elle a beaucoup évolué, la vocation d'être très en lien avec l'industrie. C'est-à-dire qu'on est formé, et on forme aussi encore potentiellement aujourd'hui des designers qui seront des créateurs et des donneurs d'ordres pour la fabrication art appliqué, c'est-à-dire ce sont des arts appliqués à l'industrie. C'est le sens des arts appliqués, donc on ne forme pas du tout des ingénieurs textiles, on en est bien loin, mais il faut... j'ai été formée pour ça, il faut être en capacité de dialoguer avec les gens qui vont fabriquer les projets, les tissus. C'est d'ailleurs ce qui est absolument passionnant. Et donc, il se trouve que quand moi j'ai été formée, il y avait encore potentiellement pas mal d'industries textiles en France et au moment précis où moi j'ai été formée, on pouvait même se spécialiser dans ce qui était impression et teinture. Aujourd'hui, nos étudiants, nos vous, qui sont plutôt très pluridisciplinaires, c'est-à-dire qu'ils sont formés aussi bien sur la teinture et l'impression, ce qu'on appelle dans nos glissements, et au tissage, et la malle. Donc ça fait pas mal de choses. Ce qui d'ailleurs les rend très mobiles, très pluridisciplinaires, qui posent d'autres problèmes, parce qu'effectivement, ça fait beaucoup de choses à acquérir en un temps relativement court. et du coup plus compliquées d'approfondir. C'est un peu le grand souci de nos formations. Elles ont d'autres qualités, celles de rendre les gens très mobiles et de comprendre toutes les possibilités de fabrication entre l'idée et un produit qui soit plutôt textile. Mais le temps pour approfondir nous manque très nettement. Donc moi j'ai été formée de cette manière-là avec beaucoup plus de temps, c'est vrai, puisque c'était l'époque où il n'y avait pas d'ordinateur. Toutes les choses se faisaient manuellement. Et finalement, les domaines de compétences qu'on devait acquérir étaient moindres. On pouvait être très focalisé, passer du temps plus. sur nos techniques. Et puis derrière, très rapidement, justement, on avait une approche qui était encore plus dans le faire, dans le mettre les mains dedans, parce qu'on avait le temps de développer ça et de prendre le temps de comprendre et de prendre le temps de patauger aussi et de saisir un petit peu toutes les ficelles. À ce moment-là... Voilà, on va dire que c'est comme ça que j'ai été formée. D'ailleurs, ça nous donnait, c'est ce qui a vraiment modelé mon parcours, et d'ailleurs ceux des gens avec qui j'étais formée à ce moment-là, ça nous a donné envie d'être des créateurs qui… avait ce rapport très direct à je fais Donc, on est sortis des arts déco, on va dire propulsés un tout petit peu, aidés par nos enseignants qui nous aimaient bien. On a été un petit groupe comme ça et on a eu l'occasion de récupérer une table d'impression. Parce que les usines en France fermaient les unes derrière les autres, on était déjà bien avancés. Dans l'époque de la désindustrialisation du textile en France, les usines fermaient les unes derrière les autres. Et par l'intermédiaire de notre cher professeur d'impression, d'emblouissement et de teinture, que j'ai remplacé beaucoup plus tard quand elle a pris sa retraite, on m'a récupéré avec un petit groupe d'étudiants où on était très soudés, une table d'impression. Et ça nous a propulsés parce que nous... Nos premières collections, on les a réellement prototypées, imprimées, avec les moyens du bord, dans un côté très low-cost, on va dire. Low-tech, low-tech, pas low-cost, low-tech, pardon. On avait la table, certes, mais on n'avait pas grand-chose d'autre. Et ça a été nos premières collections. On a monté un collectif de créateurs qui avaient cette particularité de pensée. le design en même temps que sa fabrication. C'est aussi une époque, mais effectivement, il n'était pas question d'imprimer avec ni tous les cadres, il fallait que ça tienne un ou deux cadres, on n'avait pas ni les moyens. Donc ça a modelé comme ça notre rapport. Le textile, d'une façon très particulière, et donc ce collectif qui a eu une reconnaissance dans les années, fin des années 80, juste un peu plus tard, mais pendant une bonne dizaine d'années, une reconnaissance un peu particulière, un collectif qui s'appelle Robert Le Hero, il avait cette particularité. Nos premières collections, on est allé voir les éditeurs, elles étaient fabriquées. On avait fait le choix du support, le choix de... On avait fait beaucoup de choses et l'éditeur à l'époque, Nobilis, a repris exactement ce qu'on avait initié dans la manière de faire. Les imprimeurs à l'époque étaient un peu catastrophés parce qu'ils avaient essayé d'imprimer des tissus qui avaient le moins de mains possible, c'est-à-dire le moins de toucher possible, avec des encres. qui rentraient le mieux dans le tissu. Et nous, avec nos moyens du bord, on n'avait pas la possibilité d'imprimer aussi bien techniquement. Donc, on était revenus, on avait tiré parti pris d'une manière d'imprimer qui était, au contraire, une pâte, presque une peinture. Les imprimeurs, ils étaient un peu surpris de ce côté très low-tech et très minimaliste des moyens. Mais ça a fonctionné, ça a super bien fonctionné. Ça correspondait à l'air du temps. On était un peu à l'inverse de l'air du temps. Enfin, d'une certaine manière, parce que le tissu d'ameublement, à cette époque-là, on était vraiment dans la réédition du tissu 19e, 18e, etc. on a collé des anges des personnages on était vraiment parti dans une autre écriture en tous les cas ce rapport au faire au fabriquer est extrêmement important c'est comme ça qu'on a été formés et c'est comme ça qu'on essaye quand même toujours de former nos étudiants donc à la pratique à la pratique passer de l'idée à la réalisation c'est vraiment ce qui ce qui euh... caractérise nos écoles d'art appliqué, qui est un peu menacée aujourd'hui, parce qu'il faut quand même dire que les enseignants dans pas mal d'écoles d'art appliqué se voient leurs moyens réduits de plus en plus. Les ateliers qui fondent, le temps d'atelier qui fond, c'est-à-dire que les directives du ministère L'éducation et les écoles qui dépendent du ministère de l'éducation, ce n'est pas la nôtre. D'accord. Ce n'est pas marrant, parce qu'effectivement, ça fond comme neige au soleil, c'est-à-dire que les temps d'atelier, les temps de formation sur la pratique sont jugés anecdotiques. D'accord. Or, c'est primordial. Ces formations textiles dans ces écoles-là ont de moins en moins de moyens, de moins en moins de temps pour aller sur le côté pratique. Il y a deux écoles, la nôtre, où on dépend du ministère de la Culture. Globalement, nos moyens et notre temps sont moins menacés. On a d'autres problèmes parce qu'il y a tellement de choses à acquérir. Mais ce n'est pas l'école qui nous coupe le temps d'atelier. Ce n'est pas du tout une volonté. Au contraire, la volonté est de maintenir et de développer ce temps de pratique. Et puis, il y a l'ENSI qui est aussi quand même une école. qui dépend plutôt du ministère de l'Industrie et qui a un rapport à la fabrication et au fer et à la compréhension. de la fabrication, qui est très important, mais où en textile ils sont beaucoup plus proches du tissage et de la maille, beaucoup moins très peu de l'impression et de la teinture, ils n'ont pas la structure des ateliers. Donc là, on est déjà un tout petit peu, on avance un petit peu dans les questions qu'on va tenir après, mais qui sont les écoles. Donc, on a la chance, nous, d'être une école, depuis que je l'ai faite et depuis bien avant, En textile, il y a un atelier de l'ennoblissement, qui est un merveilleux atelier, qui a été encore presque plus merveilleux quand j'y étais, parce qu'il y avait plus de places, moins d'étudiants, et on avait un atelier qui était encore plus grand. Aujourd'hui, la bataille des mètres carrés fait qu'on est un peu serré, mais néanmoins, c'est un très bel atelier. Est-ce que c'est...

  • Speaker #0

    Est-ce que c'est le même atelier, je vous coupe, que Clément Bautier a utilisé pour son mémoire de fin d'étude ? Il en parle dans l'épisode qui est enregistré là. Ah, je sais, je l'ai bien. Ok, super.

  • Speaker #1

    Voilà, donc après mon parcours professionnel où je vous dis, j'ai toujours été, alors d'abord au début dans ce côté collectif de créateur, imprimer quoi qu'il se passe, teindre, on teignait pas trop, mais imprimer quoi qu'il se passe, soit prototyper, soit même réaliser des pièces unies, des décors. On a beaucoup été dans la fabrication.

  • Speaker #0

    Et du coup, moi, pour ma compréhension, c'est ce qui se passe dans les cadres, c'est ce qu'ils appellent la sérigraphie. Sérigraphie,

  • Speaker #1

    voilà.

  • Speaker #0

    Et donc, vous découpez un modèle. Vous pouvez nous expliquer un peu comment ça se passe ? Parce que j'avoue,

  • Speaker #1

    c'est nouveau pour moi. D'accord. Alors, la sérigraphie, disons qu'on utilise souvent la sérigraphie pour parler du papier. Et pour l'impression textile, on parle d'impression au cadre. Mais en fait, c'est la même chose.

  • Speaker #0

    Ok.

  • Speaker #1

    Ok. Disons que le jargon textile, on ne dit pas trop cérégraphie. Le mot cérégraphie, il est plutôt utilisé pour l'édition de mots à papier. Mais en fait, c'est la même chose. Le principe, en fait, très élémentaire. c'est qu'on va fabriquer un type de pochoir. Vous pouvez peut-être avoir l'image des pochoirs chapelés, par exemple, dans les catagamies. Le principe, c'est qu'on va fabriquer un pochoir. Chaque couleur vue sur le tissu fait l'objet d'un cache, d'un pochoir différent. dans les temps effectivement, ou dans les régions, si on prend l'image des katagamis japonais, c'est du papier qui est découpé avec une toute petite lame du scalpel. Ça a été comme ça aussi, on peut tout à fait le faire d'une manière comme ça, très empirique, on peut le faire comme ça, ça fonctionne. Ensuite, la question, c'est qu'une fois qu'on a ce pochoir, d'une manière ou d'une autre, comment on va étaler l'encre, l'impression ? Qui est ? et là il y a une différence fondamentale entre ce qui est de l'ordre du pigment c'est-à-dire une couleur qui ne se dissout pas dans l'eau qui va rester en surface du tissu et qui va avoir un lien d'une manière ou d'une autre pour accrocher le tissu soit on va utiliser une encre qui est un colorant de même, elle va avoir un lien une formule chimique qui lui permet d'une part de de tenir dans le tissu, de faire une liaison chimique avec la fibre, et aussi qu'il va y avoir un lien, une pâte, une épaisseur, pas que ce soit un truc complètement liquide, mais à l'intérieur duquel la couleur est dissoute dans l'eau et elle a la faculté, la capacité de colorer la fibre, donc de rentrer dans la fibre.

  • Speaker #0

    D'accord. Je me souviens qu'à la formation de Michel Garcia, le dernier jour, il faisait un genre de pâte avec de la goire, si je ne dis pas de bêtises.

  • Speaker #1

    Exactement.

  • Speaker #0

    Un épaississant. Et c'est ça qu'on étale en haut du cadre et qu'on vient racler avec un… Voilà.

  • Speaker #1

    Avec une raclette. Une raclette. Exactement. Tout simplement. Donc, en fait, la technique d'impression au cadre et après toutes les techniques d'impression sur le textile qui en découlent jusqu'au numérique, qui m'ont là été vraiment très différentes. C'est une manière d'avoir un ponchoir et ensuite d'avoir une encre qui soit épaissie, qui soit contienne du pigment, soit qui contienne du... mais de toute façon, elle va avoir une certaine consistance, et on va l'étaler sur ce poche-coiffe d'une manière ou d'une autre. Alors, la grande invention de la sérigraphie, on va dire, et de ce cadre, c'est qu'on tend une toile très… Avant, c'était une soie, et puis maintenant, c'est des polyesters, mais on tend une toile très résistante, très fine, sur un cadre très tendu. Et ensuite, on va se débrouiller pour que ce pochoir ne soit pas quelque chose en papier, mais qu'on occulte le tissu, la soie ou la mâle, qu'on occulte ce polyester pour qu'à certains endroits du dessin, il soit ouvert et à certains, il soit fermé. Ce qui permet, en étalant l'encre, qu'elle ne passe que dans les endroits ouverts.

  • Speaker #0

    D'accord.

  • Speaker #1

    Donc c'est un pochoir aussi d'une certaine manière. Et après, là où la sophistication est arrivée, c'est que par un système de produits photosensibles... Ce dessin, il est reporté sur la toile, le tissu, par un système photosensible qui permet d'avoir une extrême finesse, c'est-à-dire d'avoir des matières, des trames, des détails absolument incroyables, qu'on aurait très difficilement si on devait découper tout à la main, comme le font les Japonais, qui arrivent quand même à avoir un système, enfin une finesse incroyable. Mais disons qu'aujourd'hui, on est passé à un système photosensible. Et là, on est sur un cadre plat. Notre atelier à l'école aux arts déco nous permet de faire ces fameux cadres plats avec une assez grande finesse par un système photosensible. Aujourd'hui, dans l'industrie, on n'est quasi plus sur des cadres plats. on est sur des... mais c'est le même système, des cadres rotatifs, des cylindres, et maintenant ce n'est plus de la toile, c'est une toile métallique, enfin je veux dire, on est allé un peu plus loin, mais ça reste toujours le même principe. Et par un système de report photosensible, on va reporter un dessin. Mais globalement, c'est toujours un peu le même sujet, c'est-à-dire qu'il y a de l'encre qui va passer dans un cadre plat ou dans un cylindre, qui est obturé à certains endroits ou vers d'autres, et les endroits où il est ouvert. pâte colorée va être répartie par une raclette de manière le plus homogène possible pour se déposer sur le tissu.

  • Speaker #0

    C'est très bien. Selon vous, qu'est-ce qui a fait qu'on ait passé de colorants naturels et de cette technique de cadre plat à des colorants peut-être de synthèse et des techniques cadre rotatif ? C'est essentiellement économique, c'est essentiellement des gains de temps ?

  • Speaker #1

    Absolument, c'est des gains de temps. qu'on soit passé c'est deux choses très très séparées c'est à dire qu'en fait il y a l'histoire des colorants qui est relativement indépendante de l'histoire de la technique d'impression qu'on soit passé au cadre rotatif qu'on soit passé, ça c'est clairement c'est des améliorations techniques formidables qui permettent de produire plus et plus vite d'accord il n'y a pas de soude il n'y a pas de et abaisser les coûts, ça c'est fondamental. Toute cette révolution, c'est vraiment le moment charnière de la révolution industrielle. C'est vraiment, c'est d'un seul coup, l'avènement de l'industrie, produire plus, produire plus vite, produire moins cher, clairement, pour un plus grand nombre. Après, et produire standardisé aussi, produire la même chose pour tout le monde, c'est un peu aussi la grosse question qui est celle d'aujourd'hui avec laquelle on bataille. Pourquoi produire tout pareil ? Ça, c'est un des grands freins. Et puis l'histoire du colorant, ça je pense que Michel, Clément, tout le monde nous en a parlé. Pourquoi on est arrivé au colorant synthèse ? Effectivement, c'est cette histoire d'abaisser les coûts, clairement, et de standardiser, c'est-à-dire d'aller vers quelque chose de plus répétitif, de manière peut-être plus homogène, constant. Voilà, et d'abaisser quand même un peu les coûts.

  • Speaker #0

    Et selon vous, qu'est-ce qui pourrait faire qu'on revienne à la teinture végétale ? Parce qu'aujourd'hui, comme on en parle, c'est que sur l'industrie textile, il y a quand même énormément de pollution de l'eau et des sols, notamment avec la partie teinture. Et en fait, moi, je voulais avoir votre avis. Qu'est-ce qui pourrait faire ? qu'on revienne ou que les entreprises ne soient pas obligées mais naturellement reviennent au colorant naturel ?

  • Speaker #1

    Alors, moi, ma vision des choses, c'est peut-être… En fait, les freins, je ne suis pas sûre qu'ils soient du côté de l'industrie. Pas du tout. En fait, je ne crois pas. En fait, je pense que… on n'en est plus trop là. On y était peut-être là il y a dix ans, mais je pense qu'on n'en est plus trop là. Je pense qu'il y a plus d'industriels ou de manufactures qui ne soient pas énormes. C'est-à-dire que c'est une question d'échelle. Ça n'aurait aucun sens. Si, en admettant qu'il n'y ait pas de frein, qu'il n'y ait zéro frein, qu'aucun sens, que toute la production actuelle soit en naturel, ça n'a aucun sens. Cultiver, on va perdre du sol cultivable pour des colores en naturel, on a besoin de nourrir la planète, ça n'a juste aucun sens. Ça ne peut devenir que des choses. En fait, c'est une réflexion tellement globale. C'est-à-dire, comment je pourrais ordonner les choses pour dire ça ? Notre problème, il y a bien sûr une histoire de pollution des sols, de refroidissement de l'eau, ça on est bien d'accord. Mais aujourd'hui, une industrie propre, ça existe, avec des colorants de synthèse. C'est une histoire de moyens, c'est une histoire de lieux, c'est une histoire de volonté. En France, les industries textiles qui travaillent en synthétique avec les normes, et s'ils sont responsables, Je ne suis pas tellement sûre que ce soit vraiment plus polluant qu'en naturel. La seule chose, c'est qu'il faut prendre les moyens, le temps, de retraiter correctement leur eau, et il y en a qui le font. Mais ça, on est en France, en Europe, les usines de pointe, qui sont extrêmement conscients et qui intègrent dans leur coût de fabrication, donc ils sont beaucoup plus chers. ils intègrent dans leurs coûts de fabrication la rigueur de leur retraitement d'eau, prendre des très bons colorants. Ils travaillent en ce moment, j'ai une étudiante qui travaille là-dessus avec un industriel français sur comment diminuer la quantité de colorants, comment diminuer la quantité de produits, etc. pour être de plus en plus vertueux. Mais ça y est ! Pour moi, le problème, il n'est pas tellement là, en fait. Le problème, il est dans la mondialisation et dans le ailleurs. Parce que la rigueur que peuvent avoir ces industriels-là qui prennent le temps, l'argent, dans leurs coûts, pour être propres, c'est une volonté que n'ont pas, évidemment, et n'ont pas les fabricants partout dans le monde. Et qui est responsable de ça ?

  • Speaker #0

    Nous, d'une certaine façon, avec la fast fashion.

  • Speaker #1

    Absolument, nous, et surtout les commanditaires, c'est-à-dire ceux qui ne veulent pas payer les euros de plus pour fabriquer de manière correcte, vertueuse. C'est tellement global. Et les industriels français, aujourd'hui, j'en connais quelques-uns, mais ils sont prêts sur le naturel.

  • Speaker #0

    Est-ce que ?

  • Speaker #1

    Techniquement, ils sont prêts, mais juste, ils n'ont pas les comptes. et globalement, ils sont prêts. Ce n'est pas un problème. D'accord, super. Ils veulent bien, ce n'est pas le souci. Mais ils n'ont pas les commandes. En fait, leur gros souci, et même en synthétique, c'est leurs commanditaires, les grosses boîtes, qui vont refaire faire 15 fois des essais pour que la couleur, elle soit de manière… obsessionnelle qu'elle puisse être dans deux ans, dans trois ans, exactement la même teinte. Que des stylistes, des designers, soit la partie marketing, etc., soient en train de refaire faire des essais.

  • Speaker #0

    C'est trop homogène.

  • Speaker #1

    l'homogénéité, une espèce de chose complètement maladive qui fait qu'on ne s'en sort pas. Et donc, il n'y a pas les commandes derrière parce que les commanditaires ne sont pas là et parce qu'ils imaginent ou peut-être, j'en sais rien, le consommateur. Alors, ça, c'est la vraie question. Est-ce que le consommateur est prêt ? En tous les cas, les commanditaires, ils ne veulent pas éduquer leur consommateur dans ce sens. Ou est-ce que réellement le consommateur n'est pas prêt ? Ou est-ce que les marques ne veulent pas faire ce pas parce qu'ils ont peur d'être mis de côté, discrédités. Parce que c'est toute une chaîne qui n'est pas prête derrière. Moi, j'ai entendu, je ne sais pas si c'est vrai, que chez Hermès, ça fait très longtemps, et je viens de l'entendre, parce que les ateliers A.S., c'est une usine, c'est la rôde rose de l'impression en France. ils sont de pointe. Ça fait longtemps, très longtemps qu'ils sont en train d'étudier le naturel. Très, très longtemps. Donc, ils sont au point, c'est sûr. Ces gens-là, ils sont trop intelligents et trop pointus pour ne pas être au point là-dessus. C'est clair qu'ils sont prêts. Mais ils ne font pas le pas. Je veux dire, demain, ça marche. Demain, il y a la commande. Demain, il y a l'impression que… Mais en fait, ils ne font pas le pas. Et ils font… Alors, Hermès, par exemple, c'est… très évident, ils ne font pas le pas. Pourquoi ? Parce que leur client sait les 0,1% de la population mondiale les plus riches, mais ça ne les concerne pas. La question de l'écologie, ils n'en ont absolument rien à faire. C'est-à-dire que ce n'est pas juste leur problème. De toute façon, ils prennent l'avion pour traverser à l'autre bout du monde, pour aller s'acheter un sac Hermès, je ne sais pas quoi, un truc. Mais qu'est-ce qu'ils en ont à faire ? Je n'ai juste pas du tout leurs soucis. Donc, on est quand même dans un cercle de... on a du mal à sortir de ce cercle-là.

  • Speaker #0

    Pour que des grands comme Hermès, qui par exemple sont déjà prêts techniquement vu qu'ils sont à la pointe, pour qu'eux basculent, c'est soit un consommateur qui est averti, qui est sensible et conscient, soit ça peut être des textes de loi qui obligent les entreprises. Est-ce que ça pourrait être envisageable que l'État propose une partie de la production en teinture naturelle ?

  • Speaker #1

    Si on prend Hermès, Est-ce que c'est réellement intéressant qu'il remette ce passant naturel ? Je ne suis pas sûre, parce que des usines comme ça, elles ont les moyens. de faire du synthétique propre. Elles ont les moyens. C'est pour ça que la place du naturel, elle doit être là. Elle est importante, mais il ne faut pas imaginer que ce soit intéressant de remplacer le synthétique par le naturel. Ça n'a pas de sens. Pour moi, personnellement, ça n'a pas de sens. Et d'ailleurs, si ce qu'on se tue et ce que je me tue à dire aux étudiants qui parfois disent que le naturel, c'est écologique, le naturel, ce n'est pas nécessairement écolo. parce que ça consomme beaucoup d'eau, parce que c'est beaucoup plus complexe que ça, et pas parce qu'on utilise des colorants naturels qu'on est vertueux.

  • Speaker #0

    Il ne faut pas faire de raccourcis,

  • Speaker #1

    mais il y a quand même...

  • Speaker #0

    En fait, il faut distinguer plusieurs choses, et vous mettez le doigt dessus, et c'est hyper intéressant, c'est que les industriels, il y a des industriels qui sont déjà propres avec du synthétique.

  • Speaker #1

    Bien sûr.

  • Speaker #0

    Par contre, il y a des pays où les normes de retraitement des eaux et où les usines et le matériel n'est pas à la pointe. Donc,

  • Speaker #1

    on ne peut pas...

  • Speaker #0

    et les colorants ne sont pas de on va dire de qualité pour ne pas être trop impactant donc il y a cette partie là et de l'autre côté il y a la coloration enfin la teinture naturelle qui si elle est bien faite avec un respect des quantités d'eau des quantités de pigments etc peut être intéressante mais il ne faut pas faire le raccourci de

  • Speaker #1

    synthétique veut dire polluant et teinture naturelle veut dire écologique absolument c'est ça ce que je comprends très bien c'est tout à fait ça et en plus d'accord à un moment donné si oui Les couleurs naturelles devenaient, imaginons, ce n'est pas possible, mais imaginons que d'un seul coup, ce soit utilisé à un niveau d'une consommation énorme. On se retrouverait dans les mêmes problèmes de concentration, de rejet.

  • Speaker #0

    L'excès pose problème dans tous les cas.

  • Speaker #1

    Dans tous les cas, c'est l'excès qui pose problème. Et pour moi, c'est ce qu'il faut faire comprendre, nous, ce qu'on essaye de faire comprendre à nos étudiants. Voilà, que ça a plein de qualités. Et en fait, là où c'est intéressant aussi, c'est dans le changement de mentalité et de paradigme. C'est-à-dire que... le naturel, c'est pareil. C'est intéressant si on utilise des colorants locaux. C'est la localité qui est intéressante. C'est le on fait avec ce qu'on a là et puis on fait dans des quantités raisonnables C'est-à-dire qu'on consomme d'une manière intelligente. C'est le sens qui est intéressant. Oui, le bon sens. Pour moi, c'est l'ajout de sens. En plus, et ça je suis reviendrie tout à l'heure parce que c'est majeur, pour moi, quand même, juste le bonheur du naturel, C'est juste la couleur, on oublie de dire le truc le plus principal, ce champ chromatique qui est naturel, c'est juste dans l'éveil des sens. Juste, le naturel, c'est quand même la couleur. Un, d'abord, parce que c'est juste merveilleux, esthétiquement parlant, et puis dans le sens. C'est un monde, et c'est ça qui nous manque aujourd'hui. C'est ça que l'industrie a complètement appauvri. C'est cette espèce de normalisation, c'est cette espèce de platitude des choses. La question, pour moi, ce n'est pas tellement le naturel qui va nous sauver en tant que pollution, Non, il ne faut pas le prendre comme ça. Il peut être polluant, il peut être mauvais, et en plus, s'il est excessif, il l'est de toute façon. Par contre, la grande force, c'est cet ajout de…

  • Speaker #0

    de sens, cet ajout d'émerveillement, j'ai envie de dire, cet ajout de…

  • Speaker #1

    Avec la gamme de couleurs que propose.

  • Speaker #0

    Avec la gamme de couleurs, enfin je ne sais pas, je trouve que portée, d'abord ça se voit, et en plus sur soi, c'est-à-dire un vêtement dont on sait que la plante, c'est telle plante, elle a poussé là. Voilà, c'est retrouver...

  • Speaker #1

    Un lien avec la nature ?

  • Speaker #0

    Absolument, c'est tout ce sens. C'est retrouver une émotion, un affect, c'est remettre tout cet aspect affectif, primordial, dans qu'est-ce que je porte, qu'est-ce que je mets chez moi. Et ça, c'est tout ce qu'on a perdu.

  • Speaker #1

    Et justement, là-dessus, Isabelle, il y a un sujet qui est important et qui revient souvent, c'est l'histoire de la transmission, de l'art de la teinture, mais aussi de l'art de l'impression. Comment vous vous transmettez aujourd'hui ce savoir ? Je crois comprendre que c'est essentiellement par tout ce qui est cours dans l'école. Est-ce que vous pouvez nous dire un peu les matières qui sont étudiées par vos élèves, un petit peu comment ça se passe, les types d'enseignants, les types de pratiques, etc. sur le parc art et déco de Paris ?

  • Speaker #0

    Les étudiants aux arts déco font 5 ans aux arts déco. La première année, c'est une année un petit peu de tronc commun, où ils peuvent naviguer un petit peu dans quelques ateliers, et puis vraiment être dans la transversalité, avant de décider dans quel secteur ils vont aller. Il y a dix secteurs dans l'école, des secteurs qui sont vraiment options très design, design vêtements, design textile et matière, design objet, architecture intérieure, images imprimées, design graphique, cinéma d'animation. Et alors avec des secteurs qui sont un petit peu plus artistiques, photos, vidéos, art espace, donc j'en ai forcément oublié un. Bon voilà, grosso modo, il y a dix secteurs qui sont un peu plus design ou un peu plus art. Quand ils arrivent en design textile et matière, on essaye d'avoir un parcours. D'abord, on les ouvre à quelque chose qui est un petit peu, sans leur parler trop, produit, cible, environnement, mais d'être vraiment plus créatif. Mais dès qu'ils rentrent dans l'école, par exemple, depuis quelques années, la première semaine qu'ils passent dans l'école, ils teignent en naturel des fils. qui vont tisser la semaine d'après ou tricoter. C'est leur première arrivée dans le secteur, déjà, immersion totale, couleur naturelle, dans notre atelier de l'endossissement. Alors, les grandes matières, on va dire, et les grands points forts qu'on essaye de leur donner, c'est vraiment ce sens de la couleur. Textile, c'est la couleur. Le graphisme, parce que la conception graphique en général, le tissage, la maille et l'impression. C'est vraiment les matières principales. Donc, il navigue entre ça, mais toujours avec un lien entre les deux. C'est-à-dire qu'il dessine des choses qui vont venir imprimées, il dessine des choses qui vont les inspirer pour faire de la maille, du jacquard tissé. Enfin, toutes ces choses sont mélangées, la couleur. la maille, le tissage, la matière de manière intrinsèque. Et à chaque fois, tout leur parcours, chaque semaine, tout le temps, ils sont un peu dans les ateliers. Que ce soit l'atelier d'enlouissement, l'atelier de maille, l'atelier de tissage, toute l'année, tout le temps. Alors, c'est la pratique toujours qui rebondit entre un peu de théorie, mais c'est toujours de la réflexion, du concept, étudier. Voilà, mais c'est surtout développer les outils de réflexion et les outils pratiques pour être des concepteurs et pouvoir réaliser dans tous ces domaines-là. Et puis plus ça va, plus ça s'ouvre. Ils peuvent aussi travailler la matière dehors de nos ateliers qui sont stricto sensus textiles et réaliser de la matière partout dans nos ateliers d'école, qui peuvent être des ateliers bois, résine, méthane, céramique, tous ces ateliers-là où ils travaillent la matière. en croisant les ateliers. C'est vrai que c'est une école qui est riche parce que c'est dans les croisements qu'ils apprennent à être très créatifs et qu'ils aiment ça d'ailleurs.

  • Speaker #1

    Et dans les débouchés, dans les élèves qui sont sortis de l'école, que vous avez accompagnés et qui se sont plutôt orientés sur la couleur végétale, est-ce que vous avez des domaines ou des noms à citer de personnes ? Qu'est-ce qu'elles ont eu comme débouchés ?

  • Speaker #0

    Des étudiants qui se sont vraiment orientés de manière très claire, uniquement peinture naturelle, à part Clément, qui est quand même le plus évident. Il est très radical, et qu'il a fait un partenaire merveilleux dans ce domaine-là, et qu'il ne cesse de devenir plus pointu, plus compétent à tous les niveaux. En fait, il n'y a aucun étudiant autre qui s'est spécialisé dans la couleur naturelle. S'il y a une étudiante qui a monté une petite marque, alors qu'à l'école elle n'était pas trop intéressée par ça, puis finalement elle a monté une petite marque où elle fait pas mal de choses avec de l'indigo. exclusivement de l'indigo puis sinon des fibres qui est très une petite marque dont il faut que je retrouve le nom d'accord des chaps je le mettrai en commentaire dans le podcast une fois qu'on aura fini avec des fibres naturelles et puis un petit peu de teinture de l'indigo mais vraiment des étudiants qui se sont spécialisés là-dedans non très peu. Et pourquoi ? Parce qu'effectivement, dans leur parcours, il n'y a pas encore de lieu de fabrication. C'est-à-dire que soit ils deviennent artisans, cet étudiant dont j'ai oublié le nom de la marque, soit ils produisent eux-mêmes, mais sinon...

  • Speaker #1

    Il n'y a pas d'entreprise qui sont prêtes à les accueillir pour les aider à développer cette partie-là. Donc les débouchés aujourd'hui, c'est bouché parce que de l'autre côté, il n'y a pas forcément d'opportunité.

  • Speaker #0

    Il n'y a pas d'opportunité. Donc, à part des chevaliers comme Clément, qui est parti en croisade et qui a décidé de faire tout en naturel dans le domaine dans lequel il s'est développé, c'est un peu cet ordre-là, il faut travailler. Et voilà, il y en a qui seraient prêts. C'est très étonnant, c'est-à-dire que tous les étudiants qui prennent contact avec des petites manufactures, je pense aussi à une étudiante. en ce moment en cinquième année qui travaille sur justement le côté la pièce unique comment la pièce unique peut s'inventer dans une manufacture ou dans une industrie elle a pris contact c'est un sujet super intéressant c'est comment on peut ramener l'unique dans la série et elle a pris contact avec les tisseurs et imprimeurs et ils sont super intéressés par développer leur course compétences en impression naturelle. C'est hyper intéressant, mais on est encore dans des micro-capsules, c'est-à-dire qu'ils ne savent pas qui vont le vendre encore aujourd'hui.

  • Speaker #1

    Donc on revient à ce qu'on disait au début Il faut des commanditaires et des consommateurs avertis Il faut ouvrir un peu les champs Pour qu'il y ait des débouchés Donc du coup on a cité Clément Qui est l'épisode 3 du podcast Qui va passer là Février donc on pourra justement rebondir Et ça c'est top J'avais d'autres questions C'était est-ce que autour de la teinture végétale Il y a des gens qui fédèrent cet art Cette pratique Est-ce que vous connaissez des organismes ou c'est manqué ?

  • Speaker #0

    Dans les formations, pas tant que ça en fait, c'est des personnalités qui fédèrent, et puis vous les avez déjà un peu rencontrées, Dominique Cardon, qui est vraiment la référence, Michel Garcia, qui est vraiment magnifique, Sandrine Rosier, que j'aimerais bien que vous expliquiez, parce que c'est des ambassadeurs. Alors, il y en a d'autres. Pour moi, je dirais qu'il y a un petit peu deux voies. C'est-à-dire que la couleur naturelle, elle se développe. L'intérêt pour la couleur naturelle se développe quand même, mais plutôt dans un côté très loisir créatif, plutôt do-it-yourself. Il y a plein de gens qui font des formations, qui font des week-ends pour que les gens… Alors, ça, c'est intéressant. C'est-à-dire qu'effectivement, il y a ça aussi dans la couleur naturelle. Il y a la possibilité… d'être pour soi dans une démarche d'auto-teinture et tout ça. C'est super intéressant parce que ça, je trouve que ça se développe beaucoup. En tous les cas, on en entend pas mal parler. Des gens qui refont des jardins teintorials, qui font des amaps. Peut-être Clément en a parlé, de Cécilia Aguirre qui a fait une amap. de plantes. Ça, c'est super intéressant. Aurélien Wolff qui fait aussi... Il y a des gens qui ont des super belles initiatives dans le fait de se dire, à une micro-échelle, on peut remettre en culture une amable de plantes territoriales. C'est quand même assez formidable. C'est-à-dire qu'on peut acheter ou on peut cultiver après. Il y a des gens qui poussent dans ce qu'on veut avoir dans son jardin ou justement acheter des plantes territoriales qui ont été poussées en région parisienne. et puis pour faire son autoproduction ça je dirais que c'est une branche c'est pas la branche industrielle c'est deux branches donc il y a deux branches de ce côté là je trouve que ça se développe ça florise C'est un grand intérêt et ça je le vois à l'école, tous les étudiants, j'ai envie de dire tous, ils s'essayent. Dans tous les secteurs, par contexte, ils font tous des teintures à base de l'or. Puisqu'on est vraiment dans le recyclage, etc., donc la grande tendance, c'est mes déchets alimentaires, mes déchets végétaux, je teinte avec ce que j'ai sous la main. Ça, c'est une des tendances. C'est super, c'est sympathique, j'ai envie de dire, parce qu'on passe par ces... Effectivement, on peut teindre avec plein de trucs, mais c'est juste pas du tout. des problématiques de la branche industrielle. Parce que teindre avec sa betterave, son chou rouge ou son curcuma, ou même ses peaux d'avocat, génial, ça ne tient pas. Ça ne tiendra jamais, de toute façon. Et puis, il y a des étudiants qui... Et ça aussi, c'est intéressant, qui font des doctorats. Alors, si je n'en ai pas parlé quand même... quand même des étudiants qui sont actuellement en train de faire des doctorats. Et ça, c'est super intéressant sur la réflexion de comment est-ce qu'on peut intégrer l'usure. Alors l'usure, en général, ça peut être l'usure d'une fille, mais ça peut être aussi l'usure de la couleur. dans la vie d'un produit. C'est-à-dire qu'un produit, on ne conçoit pas des produits qui soient figés. Et ça, c'était l'objet d'un diplôme d'une étudiante il y a quelques années qui aujourd'hui est en doctorat, Lou Ramache, c'est quelqu'un que vous pouvez contacter. Et elle travaille effectivement sur comment... Et ça, c'est beaucoup de choses dont la mentalité a changé. Alors bien sûr, c'est un doctorat, ça reste quelque chose très en amont, très pointu. Mais comment est-ce qu'on pourrait... Et comment elle, elle a intégré... mesure de certaines couleurs. Donc, en cherchant volontairement à utiliser certains colorants, c'est le beau curcuma qui m'a fait penser. C'est-à-dire qu'effectivement, à un moment donné, elle a fabriqué des grandes pièces textiles qu'elle a imprimées ou qu'elle a tissées, avec des fils qui étaient teints. avec un curcuma qui allait passer de toute façon, mais qui a laissé la place à autre chose, un colorant qui tenait mieux derrière, et elle avait imaginé l'évolution du produit pour que dans son intérieur ou chez soi, le produit ne soit pas stable dans le temps, mais que son évolution soit pensée, réfléchie, et qu'on n'ait plus des produits immuables, on est des produits qui bougent,

  • Speaker #1

    des produits qui vivent.

  • Speaker #0

    Donc ça c'est intéressant. Voilà, j'ai envie de dire qu'il y a deux branches. Il y a la branche, effectivement, où on intègre ce côté-là, utiliser des déchets, utiliser... Mais on sera de toute façon dans quelque chose qui sera très volatile, qui ne sera pas stable. Donc, réfléchir à la non-stabilité, c'est super intéressant. Mais si on veut, actuellement, on est déjà loin devant quand on pense ça. On est un peu loin devant, puisqu'on voit bien que même sur un produit qui tient, qui est solide, qui a des super résistances, usure, lavage, lumière, etc., on n'y va déjà pas. Et l'industrie, elle va s'intéresser à ça. Donc, des étudiants qui ont trouvé un débouché dans l'industrie, il n'y en a pas, puisqu'en fait, actuellement, il y a… Il n'y a pas d'industrie, puisqu'il n'y a pas de consommation là-dedans. Nos étudiants, ils sont plutôt sur ce débouché qui est finalement, qui reste très artisanal et qui reste très prospectif. Parce que quand est-ce que le consommateur sera prêt à acheter un produit qui va évoluer avec le temps, qui sera compostable ? On en a envie, on fait tout pour. Voilà. Ce sont les dirigeants de demain. Ok, alors on y croit, on aimerait bien. Alors heureusement, on voit ce petit changement. C'est-à-dire que moi, j'observe au travers de nos étudiants, il y en a quand même qui commencent à se dire, il faut aller à l'intérieur, il faut aller à l'intérieur du problème pour faire bouger. Il ne faut pas rester à la marge, il faut se frotter à la difficulté. Il faut réfléchir. avec les industriels il faut faire bouger c'est les comportements fondamentaux c'est préféré les petites séries les produits qui sont réutilisables les intemporels, la slow fashion mais qui est un coup et puis il y a plein de bonnes intentions mais au moment de de passer à l'acte d'achat ça freine tellement

  • Speaker #1

    on va repartir sur la couleur quel serait votre colorant votre pigment ou votre couleur si elle devait vous définir et pourquoi

  • Speaker #0

    Alors, il n'y en aurait pas une, mais franchement, il n'y en aurait pas une parce que c'est impossible à dire. Non, mais je vais parler de la magie des couleurs naturelles. Et c'est pourquoi est-ce que, par exemple, on commence aux arts déco, première chose quand ils arrivent dans notre secteur, c'est s'il y a matière, pourquoi on leur fait faire la couleur naturelle ? Parce que c'est magique, c'est juste magique. C'est incroyable, on leur montre, mais il n'y a même pas besoin de leur montrer, ils le voient. c'est-à-dire qu'en fait, il teigne des fils, et ensuite il tisse ou il tripote, et quasi quoi qu'il fasse, c'est harmonieux, c'est-à-dire que suivant les affinités, les envies, les goûts, les attirances de l'un ou des autres, il se passe des choses merveilleuses. C'est-à-dire que la couleur, par contre, la couleur naturelle, c'est les couleurs naturelles en général, c'est-à-dire qu'avec… Cinq couleurs en base, c'est un monde chromatique qui est une richesse. C'est-à-dire qu'un indigo, la garance, la cochenille, une orézéda, on va remettre quand même un ou deux jaunes, le bois de campèche, allez, on en prend. Et puis après, on peut enrichir plus subtil avec tous les bois, certains tanins, enfin voilà, si je peux, j'en mets plus quand même. J'en mets une dizaine. Mais avec ça, c'est un monde. qui est merveilleux. Et quoi qu'on fasse, on pose des choses les unes à côté des autres. Et ils font des choses, et c'est beau, et ça donne envie, et ça donne un élan, et on est fasciné. Bon, ben, ça c'est inégalable. Et quand les étudiants, ils appréhendent ça, ils le voient, ben effectivement, ils sont conquis. Ils ont envie de ça. Comme je vous le disais, comme on est quand même... Le but c'est quand même de leur donner un vocabulaire qui leur permet, un vocabulaire de savoir-faire qui leur permet de naviguer dans l'industrie en général. Ils apprennent évidemment tous les colorants et tous les pigments de synthèse pour pouvoir bien évidemment les comprendre et les manipuler de la même manière. Et notre grand problème quand même c'est qu'on manque de temps. On a l'impression que tout est malheureusement un peu survolé. C'est-à-dire que quand ils sortent d'une formation, et Dieu sait si on essaye d'approfondir, s'ils n'ont pas eux-mêmes l'envie, et si en cinquième année, par exemple, ils n'ont pas la volonté de développer particulièrement ça, Il faut que derrière, il y ait une envie de travailler derrière, parce que c'est trop basse, trop long, trop compliqué, pour dire que dans une formation même de 4 ans dans un secteur comme l'école, ils sont performants. Ils ne sont pas du tout performants en sortant.

  • Speaker #1

    il faut continuer à pratiquer énormément quelle est pour vous la matière qui est la plus naturelle qui pour vous est la plus agréable à travailler et pourquoi ?

  • Speaker #0

    avec les colorants naturels La laine est assez merveilleuse parce que la laine et la soie, c'est vrai que les protéines, elles donnent une intensité de couleur qui est vraiment très très belle. Et puis j'ai vraiment envie de défendre la laine parce que dans cette démarche de relocalisation, en France, il y a des filières qui se remontent et on a un grand potentiel quand même parce que de toute façon, il y a des vaches, il y a des moutons. On ne concurrencera pas le Mérinos australien.

  • Speaker #1

    Australien.

  • Speaker #0

    Et on peut quand même, il y a plein de belles choses. Et la naine est merveilleuse avec les colores naturelles. Et le nain, le nain français. voilà, moi je suis très c'est tellement dans le sens de relocaliser les choses, le lin parce que le chanvre, la France a un grand potentiel là-dedans, il y a des filatures de lin qui se remettent en France quand même c'est important de dire enfin c'est merveilleux, des gens qui sont super militants pour redémarrer ces filatures en France et puis la laine c'est deux matières et c'est là où il y a des grandes affinités

  • Speaker #1

    il faut relancer ces filiales-là et leur donner toute leur lettre de noblesse pour finir Isabelle est-ce que vous auriez un livre qui vous a inspiré, accompagné ou a recommandé pour les gens qui écoutent ben non parce qu'il n'existe pas le livre il n'existe pas alors du coup ce serait quoi le livre ?

  • Speaker #0

    moi je pense que il y a une bible c'est celle de Dominique Cardon C'est quand même la Bible. Celui-là, il nous accompagne.

  • Speaker #1

    Celui-ci ?

  • Speaker #0

    Oui.

  • Speaker #1

    Le monde des teintures naturelles.

  • Speaker #0

    C'est notre Bible à tous.

  • Speaker #1

    C'est vrai.

  • Speaker #0

    c'est hyper intéressant mais dites-le que c'est riche quoi je vous enverrai aux étudiants quand ils me posent une question va voir dans la bible tu vas voir ça c'est sûr mais Dominique Cardon c'est vraiment décolorant, comprendre et le livre de savoir-faire le livre qui serait pointu et qui serait c'est le livre que j'aimerais que Lucien Garcia puisse faire un jour

  • Speaker #1

    On va lui envoyer cet extrait de commande de livre technique.

  • Speaker #0

    Qui ne ferait d'ailleurs peut-être pas tout seul, qui ferait peut-être avec un clément, avec une sandrine, qui ferait avec ces gens-là. C'est-à-dire qu'en fait, c'est les praticiens. Et en fait, ils sont sans arrêt en train de, en fait, par la pratique permanente et la recherche permanente. ils sont sans arrêt en train d'évoluer, d'affiner, de simplifier. Je vois par exemple que quand on a commencé, moi j'ai été formée par Michel, au début ce que Michel nous disait, ce qu'il nous apprenait, et quand on se revoyait plus tard, il disait ah ben non, je ne fais plus comme ça et encore il n'arrête pas de changer.

  • Speaker #1

    Il perfectionne à chaque fois.

  • Speaker #0

    Oui, il perfectionne, il simplifie, il essaie de… Le pil, il expérimente en permanence. Le but étant d'avoir des savoir-faire, des recherches, et ça dépend à quoi on les destine. C'est-à-dire que le savoir-faire de quelqu'un dans sa cuisine n'a rien à voir avec le savoir-faire de quelqu'un qui peut assurer résistance, lumière, lavage. Donc, le livre qu'il faudrait, c'est un livre qui puisse dire si on n'est pas trop exigeant, c'est telle recette, on peut aller plus loin. Et si on a besoin de ça. Ce n'est pas la même recette. Et si on est quelque part… Ça, ça n'existe pas. Un livre qui dit un petit peu la latitude de ce qu'on peut faire. Et dans une école comme la nôtre, par exemple, on est obligé quand même de faire des recettes qui soient un peu simplifiées, parce que c'est toujours une sorte de gain de temps. Ce n'est pas la même recette, ce ne sont pas les mêmes choses, si on dit qu'est-ce qu'on veut ? On veut une résistance, on veut un noir parfait qui résiste. Alors là, c'est beaucoup plus de temps, par exemple, qu'on n'a même pas dans une école. Mais est-ce que ça vaut le coup de l'avoir dans une école ? cette résistance, ça dépend quel est le projet. Si c'est montré juste un projet, non. Mais en même temps, on aimerait bien pouvoir dire Mais oui, mais attention, si un jour tu veux avoir vraiment une couleur intense qui résiste, ce ne sera pas le même process. Donc ce livre qui met en perspective, il n'existe pas. Dans le fond, est-ce qu'il n'est pas utopique d'ailleurs ? Parce qu'il faudrait... Voilà. Mais en tous les cas, un livre est... qui aurait cette approche.

  • Speaker #1

    Donc, un livre technique, un livre technique avec les colorants, mais qui se réfléchit par l'usage final du projet. On va relancer Michel là-dessus pour qu'il travaille, s'il est OK.

  • Speaker #0

    Parce que Michel, tout ce qu'il a produit, c'est de référence. c'est disques, c'est CD ces choses là mais un livre qui serait vraiment je pense qu'il n'existe pas trop chacun et puis c'est un peu cette évolution bon bah écoutez Isabelle c'est parfait,

  • Speaker #1

    est-ce que vous avez un mot de la fin que vous avez envie de rajouter ?

  • Isabelle Rodier ENSAD

    Il faut essayer de rentrer dans... C'est-à-dire que c'est un monde chromatique qui est tellement merveilleux que je suis à la fois très contente que même quand ça bricole et même quand c'est pas très abouti, que le plus de gens possible se frottent à ce monde chromatique parce que c'est un éveil de la couleur qui est merveilleux. Voilà, c'est fascinant. Regardez la couleur naturelle, c'est un émerveillement de couleurs. D'une manière ou d'une autre, tous les gens qui essayent de le faire partager, quelle que soit leur manière de le faire partager, je trouve que c'est très bien parce que c'est une sensibilité qu'il ne faut pas perdre, qu'il faut retrouver. C'est une émotion de la couleur qu'il faut propager, en fait.

  • Pauline Leroux ArtEcoVert

    Je vous invite à me rejoindre sur ma page Instagram ARTECOVERT pour y découvrir le nom des prochains invités. Je me permets de vous rappeler que la seule manière de soutenir ce podcast est de le noter et le commenter sur la plateforme d'écoute de votre choix. C'est ainsi qu'on arrivera à faire porter la voix de ces passionnés de la couleur végétale. Merci à tous !

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