Speaker #0Bonjour et bienvenue dans le podcast Areco Vert. Le podcast de celles et ceux qui veulent comprendre, structurer et déployer la couleur végétale et du vivant dans le monde réel. Je suis Pauline Leroux, ingénieure agronome passionnée de plantes et depuis trois ans, chaque jeudi, je reçois celles et ceux qui font la couleur du vivant. On part de la graine à la couleur finale. On parle plantes et autres sources panctoriales, usage concret, filière, santé. environnement, innovation et biotechnologie. Du textile à la cosmétique, de l'artisanat à l'industrie, du design aux fibres naturelles, une seule approche, relier la couleur du vivant aux usages réels. L'objectif est clair, fédérer et démocratiser la couleur végétale et recréer une souveraineté de la couleur du vivant chez nous. Belle écoute ! Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien. Je vous fais le débrief de la première journée de la quinzaine de l'agriculture tanctoriale. La quinzaine tanctoriale plutôt, qui a eu lieu. Donc ça a démarré le 2 mars. On a fait la première journée. Normalement, je vais faire des épisodes de podcast de synthèse tous les jours, mais c'est les aléas de la vie, donc on est parti avec un peu de retard. Aujourd'hui, je vous parle de cette première journée où on a mis les cartes sur la table, c'est-à-dire que... On a, avec les agriculteurs en Tinctorial, validé et invalidé des hypothèses qu'on avait posées depuis trois ans. Donc on s'est regardé clairement en face et on a fait une photo à un tenté de ce qu'était la filière Tinctorial à Mont, donc au niveau agricole. Et donc c'est exactement le démarrage de cette quinzaine Tinctorial. Et ensuite, on ira voir les débouchés. Si vous n'avez pas encore pris vos places pendant la quinzaine, faites comme Sabrina, Vincent et Margot. pouvez rejoindre en cours. De toute façon, vous avez accès au replay complet des conférences et de tous les échanges qu'il y a eu dans le chat pendant plus d'un mois. Et si vous prenez un abonnement via Patreon, vous avez tout ça dans votre espace Notion. Parenthèse fermée. Donc, la première journée, le programme, c'était l'état des lieux de l'agriculture territoriale française en recueillant des témoignages bruts. Donc, on a eu des intervenants, on a eu le champ des couleurs, Laura et Amandine Roussier qui sont à l'initiative de la... deuxième vague du retour à l'agriculture tinctoriale. Après bientôt neuf ans d'installation, elles nous ont fait un retour. Puis, on a eu Henri-Joseph, le professeur Henri-Joseph de Phytobocase en Guadeloupe pour nous parler de comment ça se structure dans les territoires d'outre-mer. Et enfin, on est revenu au très local focus sur la Bretagne. Je vous en parle tout de suite après. Donc, dans les points clés de cette première journée, il y a eu la photo intentée. Donc, Comment on a fait ça ? J'ai lancé un questionnaire auprès des agriculteurs. Ce questionnaire a rassemblé plus d'une vingtaine d'agriculteurs répartis dans toute la France. J'ai aussi eu des agriculteurs francophones européens. Je reprécise, vu que j'ai reçu des messages, oui, on va laisser le questionnaire ouvert. Et il est bien sûr ouvert à tous les répondants. Je vous mettrai le lien. Si vous êtes agriculteur, que vous cultivez des plantes teintoriales, n'hésitez pas à le compléter. C'est anonyme. et on consolide les données pour le collectif. Donc, ce qu'on a pu constater, je ne vous en fais part que de quelques-unes, c'est que la majorité des producteurs sont installés depuis entre 2 et 5 ans. Donc, pour pratiquer les plantes tectoriales, c'est une filière jeune en construction, mais on a aussi des acteurs sur des très grandes surfaces qui sont là depuis plus longtemps. On a vu et établi les principales ressources tectoriales cultivées sur le territoire métropolitain. Merci. Persicaire, Cosmosul, Fureux, Oeillet d'Inde, Garance, Pastel, Reseda sont les plus cultivés et on a une palette riche d'autres espèces comme le Cotatinctoria, le Murasaki, la Verge d'Or, etc. Tous les détails du questionnaire qui est extrêmement riche sont dans Patreon pour la communauté. En termes de surface, il y a beaucoup de nouveaux installés qui ont fait un peu tomber la surface moyenne cultivée mais Et à date, avec tous ces acteurs qui se sont mis, on est sur une surface moyenne de 1500 m² et environ 50 kg de production par an par agriculteur. Ce n'est pas encore une agriculture industrielle, mais vous verrez qu'on a des beaux exemples, une poignée d'exemples d'agriculteurs sur des grandes surfaces qui produisent beaucoup plus. Alors, ce qu'ils ont en commun, par contre, ça, c'était hyper intéressant. Pour moi, c'est de voir comment la filière va se tourner vers l'avenir. Et donc, j'ai demandé à voir s'il y avait des terres disponibles qui pourraient être cultivées à l'avenir, etc. et recueillir les données. Donc, ce qui est... extrêmement intéressant, c'est que 80% ont des terres disponibles pour agrandir dès qu'il y aura plus de demandes. Donc ça, c'est un point clé. On passe au nœud du problème, c'est les débouchés. Les débouchés, ce n'est pas très glamour comme nom, mais c'est la vente. Comment nos agriculteurs vendent leurs ressources territoriales ? Car vous le savez peut-être, il y a des moyens de... stocker ce qu'on a cultivé, stocker sans altérer la qualité des couleurs cultivées. Mais l'idée qu'on a, si on veut monter une filière, c'est de trouver les débouchés stables et pérennes dans le temps. Donc, 78% de nos agriculteurs vendent leurs plantes sous forme séchée. C'est la forme la plus accessible, mais pas forcément la plus valorisante. C'est-à-dire qu'on le verra dans le deuxième jour de la quinzaine, il y a des opérations qu'on peut faire sur ces plantes pour les rendre encore plus pratiques. pour les différents domaines d'application. Une chose sur laquelle moi perso j'ai été surprise, c'est que 67% d'entre eux pratiquent en plus de la culture la cueillette sauvage, notamment pour la recherche de tannins, de jaunes et de plantes médicinales qui sont disponibles dans la nature, dans leur environnement, bien sûr en cueillant avec respect. Donc il y a tout ce qui est bois, écorces, tannins et des plantes comme la tannésie, etc. Un truc très important, c'est que 97% d'entre eux disposent d'un atelier de transformation sur leur exploitation pour passer d'une plante fraîche à une plante sèche, voire à des pigments, des pâtes pigmentaires, etc. Ce que ça me dit pour la suite, c'est qu'il y a peut-être moyen de mutualiser du matériel plus évolué pour ces exploitations. Bref, c'est une piste entre d'autres. On a recensé aussi les débouchés de ces agriculteurs et 100% des agriculteurs vendent à la teinture végétale. 61% vendent aux espaces Beaux-Arts et ça pour moi c'est une surprise, donc encres, aquarelles, peintures. Et autre info importante, c'est que beaucoup vendent à des centres de formation qui arrivent en troisième position. Donc notre rendez-vous de jeudi au programme On aura les centres de formation, c'était une belle intuition parce qu'il y a beaucoup de quantités qui passent là-bas, notamment pour les formations et pour la revente dans ces centres de formation. Et le quatrième acteur, c'est la savonnerie artisanale, ou comme j'avais fait une newsletter, d'ailleurs, si vous n'êtes pas abonné à la newsletter, allez-y, pour expliquer comment les savonniers pouvaient intégrer les pigments dans leur savon. Donc, on a reçu trois témoignages, Blossom Savonnerie, le laboratoire Poule-Rivière, et on aura une troisième personne sur le savon. Et on recevra donc, vendredi prochain, l'atelier de la réserve et Blossom qui nous parleront. de la savonnerie artisanale, donc avec les mêmes contraintes que la savonnerie industrielle, mais au niveau artisanal, et elles peuvent utiliser des couleurs végétales. Alors ensuite, ce qu'on a constaté aussi, c'est la part de chiffre d'affaires des agriculteurs avec la vente des plantes teintoriales. Donc aujourd'hui, elle est complémentaire, mais pas autosuffisante. On est aux alentours de 50% de chiffre d'affaires, sachant qu'il y a eu plus de 8 nouveaux installés l'année dernière qui viennent... descendre, comme je vous le disais, les surfaces, les rendements, etc. Mais le rôle aussi d'Aréco Vert et de la communauté, c'est d'accueillir ces nouveaux, de les mettre en lien avec des pairs qui appartiennent à une communauté, de leur donner la parole et de les faire participer à tous les événements quinzaine. Donc là, on comprend bien que la première étape, ça va être de fournir les acteurs déjà convaincus par la couleur végétale. Et quand vous voyez tous les experts qui ont répondu présents pour cette quinzaine, vous comprenez qu'on a déjà une première marche, c'est-à-dire que les gens convaincus par la couleur végétale, au lieu qu'ils s'approvisionnent à l'étranger, Inde, Turquie, etc., qu'on puisse leur proposer des plantes de qualité française, souvent bio, et leur dire que ça existe, leur dire que c'est là, et se mettre à mailler davantage. C'est l'objectif, clairement, de cette quinzaine. D'autres bonnes nouvelles, c'est que 78% des agriculteurs sont prêts à contractualiser de manière pluriannuelle. Si des gros volumes viennent à tomber, ils sont OK pour mutualiser leur lot, pour les faire analyser, pour faire des mélanges, des matrices de mélange, etc. Et ça, c'est une super bonne idée. Pareil, il y a un très, très gros taux d'engagement. 100% des agriculteurs m'ont répondu favorablement à participer au groupe de travail que j'anime, soit sur la création d'un produit filiaire avec Greening et les agriculteurs, soit pour travailler les plantes teintoriales, soit pour mettre en place des barèmes, pour la formation des agriculteurs. Donc ça, c'est une excellente nouvelle. Donc le point clé numéro 3, il arrive évidemment, c'est la force du collectif. Et donc là, je voudrais parler, alors c'est gênant, mais je voudrais quand même parler du travail d'Aréco Vert sur trois ans. Et je voudrais ensuite faire un focus sur les organisations, notamment en Bretagne. Donc vous dire que ça a été reconnu par tous les interrogés, le Aréco Vert apporte... à la filière tinctoriale apporte aux agriculteurs à 100%. 100% ont répondu oui, avec une note à plus de 8,5 sur 10, quelques améliorations notamment dans la fédération et on m'a aussi demandé la fédération en région. Je n'y avais pas encore pensé, mais vous allez voir. Donc, Aréco Vert a rassemblé, animé, fédéré tous les maillons de la couleur végétale depuis trois ans et a animé quatre et maintenant cinq quinzaines. pour aider les agriculteurs à s'installer, à trouver des premiers revenus. rémunérateur, donc on parlera du produit filière tinctoriale mais on va aussi parler d'autres débouchés comme la formation de nouveaux agriculteurs, donc tout ça c'est tout ce que je vous dis là, c'est vraiment une infime partie de tout ce qui a été dit, donc n'hésitez pas à rejoindre Patreon pour avoir tout ce travail là et un super modèle c'est ce qui se passe en Bretagne c'est 4 agricultrices en tinctorial qui ont décidé de travailler ensemble donc Stéphanie, Cécile, Séverine et Aline se sont alliées, non pas en se voyant, considérant comme des concurrentes, mais pour faire de la mutualisation, des rencontres, du partage, de s'échanger des informations, etc. Être plus forte, pourquoi pas créer une structure pour être plus importante aux yeux de la Chambre d'agriculture ou au niveau régional, pourquoi pas aller demander des aides. C'est un super modèle et c'est exactement ce qui serait intéressant de décliner dans toutes les régions. Donc du coup... deux choses. Suite à cette proposition, on m'a demandé d'animer ces comités en région, c'est-à-dire de rassembler les acteurs et d'initier cet élan en région. Donc, j'ai déjà deux régions qui m'ont demandé, sur les 18 en France métropolitaine. Pourquoi pas ? Si c'est des choses qui vous intéressent, n'hésitez pas à me faire un petit mail. Si des régions sont motivées, on pourrait le faire. Et côté nous, Hauts-de-France, il y a eu beaucoup de rapprochements. Donc, on va rendre à César ce qui est à César grâce à Patrick Martin, de l'IUT de Béthune, qui a initié les rencontres teintoriales où moi, personnellement, j'ai pu rencontrer les acteurs de la région. Ensuite, on a été début janvier voir l'association Les Teintoriales, qu'on va aussi recevoir jeudi. Et avec les agriculteurs du Nord, on a commencé à échanger. Il reste encore à faire, on est bien d'accord. Pareil, il y a eu des échanges téléphoniques avec Géraldine Goya, qui est... très active sur la région des Hauts-de-France. Il faut reprendre contact avec David et Hélène Brunel, mais ça va se faire. Bref, pour vous dire que moi, je suis très clairement très motivée pour booster tout ça dans les Hauts-de-France. Donc, pareil, s'il reste des acteurs dans les Hauts-de-France qui ne sont pas identifiés, n'hésitez pas à me faire un mail. Et on n'a pas oublié, bien sûr, les territoires d'outre-mer. 80% de la biodiversité, c'est dans les territoires d'outre-mer. C'est eux. qui peuvent compléter clairement et enrichir la palette teintoriale. Comme l'a dit très bien le professeur Henri-Joseph de Phytobocase, lui travaille des plantes que nous n'envisageons pas, il fait des découvertes, il va explorer de nouveaux domaines d'application et il faut absolument travailler main dans la main. C'est ce qu'on fait depuis le début avec les territoires d'outre-mer, mais je voulais quand même le dire. Donc, le collectif, vous voyez, est hyper important, donc n'hésitez pas à rejoindre ce collectif. Même en cours de route, rejoignez la quinzaine, rencontrez vos pairs, échangez entre vous. Ce qu'on s'est dit, c'est que la prochaine quinzaine n'aurait plus lieu en virtuel, mais en physique. C'est un constat très clair. Donc, si vous avez un lieu pour accueillir, si vous avez des envies particulières, de mon côté, je vais aussi chercher. Mais l'idéal, ce serait vraiment qu'on se rencontre tous parce que ça commence à vraiment bien grandir. Les nouveaux sont bien accueillis et les anciens sont prêts à transmettre, à structurer. Et on a les maillons de la chaîne qu'il faut pour structurer. Et le dernier point, c'est la volonté du premier produit filière Tinctorial français. L'idée, c'est de proposer des débouchés pérennes aux agriculteurs en Tinctorial pour leur permettre d'écouler des quantités qu'ils ont, mais de travailler ce produit à le transformer en extrait qualitatif, multidomaine, avec les maillons qu'il faut. Donc là, on vous en parlera plus longuement, mais ce groupe de travail, j'en suis, on va avoir la trompe. troisième réunion, là, après la quinzaine, ça avance très bien. Les acteurs sont extrêmement motivés, extrêmement apporteurs, et franchement, j'ai tellement hâte. Et pareil, cette vision de multiplier les points de contact, c'est-à-dire que chaque agriculteur a un site de vente en ligne, au lieu que ce soit une personne qui s'occupe du commercial, globalement, il y aura toute cette force de réseau et la communauté à récouverts et la communication à récouverts sur ce... Qu'est-ce que je voulais vous dire d'autre pour pas que ça dure trois heures ? Les opportunités. Nous avons refait le tour de tous les débouchés possibles de la couleur végétale. On a aussi fait le constat que même si c'était parfois compliqué pour les agriculteurs, il y avait un vrai regain de tous les domaines d'application pour la couleur végétale. Et ça, ça a été dit de manière indéniable. On a identifié le luxe, on a identifié la relocalisation, on a identifié des nouveaux secteurs de débouchés. Donc ça, c'était vraiment le point positif. On a aussi dressé tout ce qui nous manquait, mais on voit les opportunités réelles. Donc, la coloration capillaire végétale, qui est un vrai boost. On remercie encore les laboratoires Isatis, qui sponsorisent la quinzaine. On a identifié le bâtiment, la peinture décorative et la marge qui manque pour aller les chercher. Donc là, c'est vraiment dans la formulation. On en parlera sur le jour 2. Et on va aussi beaucoup plus travailler avec les filières alliées, c'est-à-dire les filières... de fibres naturelles qui sont présentes en France, qui se battent comme nous, mais on pourrait très bien s'aider mutuellement puisque la couleur a besoin d'un support, la couleur végétale a besoin d'un support et les supports ont besoin souvent de couleurs. Quoique certaines laines aux qualités de fibres se suffisent à elles-mêmes, on pourrait envisager des choses. Donc pareil, si vous êtes porteur d'une filière, d'un collectif, n'hésitez pas à vous rapprocher de nous. On est hyper open pour échanger. Donc voilà, je clôture ici pour pas que ça dure trois heures, mais en gros, on va lancer donc la rencontre de la quinzaine, la prochaine quinzaine en physique. On laisse le questionnaire des agriculteurs ouvert. On lance le hashtag collective-tentorial sur Insta et sur LinkedIn. Le but, c'est quoi ? C'est de mettre en avant vos démarches régionales, collectives et clairement que chacun... aille sur ce hashtag, relaie les posts régulièrement qui sont mis dedans et pareil sur Haricot Vert, je les mentionnerai dans les podcasts, les magazines, sur Patreon, sur tous les médias, les moyens de communication qu'on a mis en place sur le groupe LinkedIn qui bouge beaucoup, donc avec clairement des débouchés à cueillir. Donc voilà, j'espère ne rien avoir oublié. Je vous mets tous les liens en description et je vous dis à tout de suite pour le débrief de... la super présentation de Patrick Brenac et Isabelle Brenac de Greening sur comment on passe d'une plante teintoriale à un colorant utilisable pour les domaines d'application. Belle journée ! Merci pour votre écoute. Pour soutenir La Couleur Végétale, abonnez-vous au podcast Aréco Vert sur la plateforme d'écoute de votre choix et laissez un commentaire si vous avez appris quelque chose. Ça soutient vraiment le podcast. Pour les artisanes de La Couleur Végétale qui veulent aller plus loin, vous pouvez rejoindre la plateforme Patreon ou la communauté Areco Vert à vie. Et pour les entreprises qui souhaitent creuser davantage le sujet de la couleur végétale, me faire intervenir dans leurs entreprises pour leur expliquer la filière et les enjeux, on se retrouve sur arecovert.kitkit.com.