- Siwan
Pour moi, si tu veux réussir dans la vie, il faut être curieux. Ton meilleur ami, c'est ta poche. Quand j'ai commencé à voyager, j'ai vu qu'il y avait des gens comme moi. J'étais dans des cars au Costa Rica, 17 heures de route, des mecs à côté de moi, ils ont des impacts de balles sur le bras, avec des cicatrices comme ça. Pourquoi à Paris, quand tu dis bonjour à quelqu'un, le gars, il touche ses poches. Je travaillais avec Snoop Dogg, Philippe Lain, j'ai fait des gros artistes, Martin Garrix, Akon, et c'était incroyable. Je commençais à traîner en Rolls Royce. Les gens ne me regardaient pas pareil, j'avais une Yaris.
- Ossama
Oyé, oyé la popu ! De retour sur Artisan de l'Esprit, format vidéo cette fois. Aujourd'hui, je reçois Siwan. Siwan qui est DJ, producteur, ingé son, qui, de mon point de vue, a réalisé ses rêves, ou en tout cas une partie de ses rêves. Comme d'habitude, on est là pour comprendre l'état d'esprit des gens et surtout apprendre à toucher le cœur des gens. Comme on dit, n'écoute pas les conseils des gens, écoute leur histoire. C'est parti pour une nouvelle interview. On dit qu'on n'a qu'une vie. Et si en vrai on n'avait qu'une seule moi ? Moi, c'est Oussama. J'ai vu ma vie défiler et depuis, j'ai changé de mental. De l'usine à la fac et de la fac à l'entrepreneuriat, j'ai lancé Artisans d'Esprit. Et si t'es ici, c'est pour entendre des récits vrais de gens qui doutent, qui tombent, mais qui avancent avec foi. Notre but, valoriser les quartiers de France. Parce qu'ils portent des talents, des rêves et des combats. Artisans d'Esprit, c'est des échanges sincères, authentiques et sans langue de bois. N'écoute pas les conseils des gens. Écoute leur histoire. C'est maintenant sur Artisans d'Esprit. Siwon, déjà, merci de me recevoir. toi avec plaisir ça me fait vraiment plaisir on se connaît depuis très très peu de temps à travers un spectacle haine ouais notamment à travers nicolas n qui nous a tous mis en relation oui j'ai une première question pour toi c'est la question que je pose à tous mes invités c'est
- Siwan
comment va ton coeur moi ça va un douleur tranquille ça va le le coeur il est en bonne santé Donc l'organe est en bonne santé et l'autre cœur, le cœur de l'âme, il est doux là, ça va.
- Ossama
Eh bien, content de l'apprendre. En leur souhaitant une longue vie. Deuxième question, est-ce que tu peux raconter ta jeunesse, mais à travers ton quartier ?
- Siwan
Moi, en fait... Ma jeunesse à travers un quartier, ok. Déjà, il faut comprendre un truc, c'est que moi j'ai beaucoup déménagé. J'ai grandi dans le 95, dans le Val d'Oise, à Herblay. Ma famille, du côté de ma mère, ils étaient à Hermon. Et moi en fait, j'habite à Herblay, mais j'allais à Hermon deux fois par semaine, le mercredi parce qu'il n'y avait pas l'école, et le week-end. J'ai mon cousin là-bas, ma cousine, on a le même âge. J'avais mes oncles et tout, et ma grand-mère. Et moi, ma jeunesse, c'était... J'étais tout le temps dehors. J'aimais bien être dehors. Je faisais jouer avec mes potes, je faisais du foot. Jeunesse normale, genre. J'étais intéressé par deux, trois trucs. Petit, déjà, je faisais un peu de trucs un peu artistiques.
- Ossama
Ok, du style ?
- Siwan
J'étais à la chorale.
- Ossama
Ok.
- Siwan
J'étais à la chorale, après j'ai fait de la vidéo, je commençais tôt.
- Ossama
T'as commencé à quel âge ? À 12 ans ? Ouais,
- Siwan
12 ans.
- Ossama
Ok. La chorale, t'es rentré à quel âge ?
- Siwan
C'était en 6ème ça. J'avais 11 ans.
- Ossama
Mais comment tu te retrouves dans une chorale ?
- Siwan
C'était ma prof de musique. On faisait des... On jouait des instruments et on avait des cours de chant. Elle a vu que je chantais bien. Elle m'a dit ouais vas-y viens à la chorale. Je suis allé à la chorale. Après au final j'ai été. On a fait une comédie musicale, je sais pas. Ah !
- Ossama
plein de trucs c'est quoi tes premiers souvenirs ? est-ce que tu kiffais vraiment ou tu t'es senti obligé ? je sais quoi moi je sais que quand j'étais psy il y avait trop de clichés et de préjugés sur chorale sur théâtre et tout moi je m'en fous moi les gens et tout ce qu'ils pensent je m'en fiche ouais
- Siwan
il fait de la chorale il fait je sais pas quoi je m'en fous t'as eu des remarques comme ça ? non même pas même pas pour te dire Mais ouais, non, j'ai pas eu de problème avec ça. J'ai toujours fait des trucs un peu en décalé des autres.
- Ossama
Ok.
- Siwan
Je faisais du rap, genre j'ai fait plein de trucs. J'aimais trop en fait créer des choses. T'as vu même par exemple à l'école, j'étais un élève médiocre. Genre j'avais des 1 de moyenne, 3 de moyenne et tout au collège. Mais il y avait des trucs, en fait quand j'aimais bien, j'avais des bonnes notes. Par exemple en français, on devait faire des poésies, des trucs comme ça. J'aimais bien les cours de musique, j'aimais bien l'art plastique, j'aimais bien... technologie j'aimais bien ces trucs et j'avais des bonnes notes. Mais non, j'ai pas eu de problème particulier par rapport à ça, au fait que je fasse des choses en décalé des autres.
- Ossama
Ok, c'est bien déjà, c'est une bonne chose. Justement, dans quel environnement, dans quel quartier tu grandis où plutôt ta jeunesse dure le plus longtemps, à peu près ?
- Siwan
Plus longtemps ?
- Speaker
Ouais.
- Siwan
Bah en vrai, c'est quand j'étais à Herblay, c'était un quartier résidentiel, dans une résidence. Après j'ai habité aussi pas mal de temps à Hermon, c'était une cité mais tranquille. Et en fait c'était beaucoup de... même un moment j'étais chez ma tante, t'as vu il y avait plein de... j'ai beaucoup bougé mais...
- Ossama
Donc t'avais pas vraiment de routine ? Tu avais des repères, mais ça changeait tout le temps, mine de rien.
- Siwan
Ouais, en fait, c'est ça, il y avait beaucoup de changements. Beaucoup de changements. Après, moi, je faisais le suivi quand même avec les gens que je connaissais par téléphone. On s'appelait, message, je continuais, je faisais le déplacement. Mais, on va dire à partir de mes 15 ans, j'étais à Paris. J'étais pas trop...
- Speaker
Paris même ?
- Siwan
Ouais, j'étais dans Paris. la journée et le soir.
- Speaker
C'est quoi, les études ?
- Siwan
Non, même pas. Je t'ai dit, j'aime bien la musique. J'allais voir des concerts dans des open mics. Ah ouais ? J'écoutais tout ça, voir et tout. Je rappelais un petit peu. J'ai rencontré pas mal de gens. Je faisais de la vidéo, donc je prenais ma caméra. J'allais, je filmais.
- Ossama
Ah ouais ? Il y a beaucoup d'infos. Alors déjà, tu commences la vidéo à l'âge de 12 ans.
- Siwan
Ouais.
- Ossama
Donc comment tu te retrouves dans la vidéo déjà ?
- Siwan
Avec des potes. En fait, j'ai un pote à moi, il faisait du skate. Et moi je voulais filmer, parce qu'il était chaud, on se filme, je te fais des vidéos, mais genre on filme notre journée. Et du coup il avait ramené une GoPro, la première GoPro, dès qu'elle est sortie la première, il l'a ramenée, et on a commencé à faire des vidéos. Moi à côté je faisais du montage sur mon ordi, mais les trucs, genre c'est pas ce que j'ai fait, par exemple cette année, ça n'a rien à voir, mais c'était vraiment les bases. C'était un logiciel sur Windows, c'était quoi ? Movie Maker. J'ai le montage. Et en fait, ça rendait bien. Et j'aimais bien parce que ça rendait bien. Donc du coup, j'ai continué à faire des vidéos à 12, 13, 14, 15 ans. Je faisais que des vidéos pour mes potes et tout. Et ça, après, je commençais à bosser un peu.
- Ossama
Et tu t'en faisais quoi des vidéos une fois qu'elles étaient faites ?
- Siwan
Je leur donnais. Ils m'étaient sur YouTube. Ils m'étaient sur Facebook. Facebook à l'époque, quoi. Ouais. Et il y avait des trucs, ça avait bien marché. Je faisais des clips aussi. Mais c'était claqué ! C'était claqué ! Des porquiers ! Des gars de chez moi ! Mais c'était claqué !
- Ossama
Ah c'est marrant ça ! Donc très jeune, direct, tu découvres un truc et tu dis allez hop, c'est parti. Et en plus t'es validé par les gens.
- Siwan
Ouais les gens les aimaient bien.
- Ossama
Donc ils te valident.
- Siwan
Les gens ils t'y faisaient.
- Ossama
Et c'est quoi le... C'est pas la première petite claque que tu te manges et tu te dis ah ouais c'est dur ou c'est chaud ou...
- Siwan
Claque ! où je me dis c'est dur,
- Ossama
ça c'est plus tard ça c'est après il n'y a pas un truc où tu dis ça demande vraiment du taf ou il faut vraiment que je me concentre que sur ça si je veux arriver au bout je me suis posé cette question,
- Siwan
je me suis dit écoute je me suis dit soit je fais de la vidéo en fait quand j'étais au Maroc un été mon père m'avait acheté une petite caméra et en fait je me suis dit quoi, je me suis dit cette caméra là elle coûte 250 euros mais je sais qu'elle peut me rapporter beaucoup plus
- Ossama
Ok.
- Siwan
Tu vois ? Et quand j'ai eu cette réflexion-là, je me suis dit, attends, ça, ça peut me faire de l'oseille. À l'école, je ne suis pas bon. J'étais en lycée, en professionnel argentin, juste à côté, là. Et je me disais, vas-y, en plus, ce que je fais, je n'aime pas. Vas-y, je vais me mettre dans la vidéo. Du coup, je vais à Hermon. Et il y avait un mec à Hermon. C'était un producteur. Tu as vu ? Il avait des artistes. Il a bossé avec des gros labels, des gros artistes et tout. Et je lui dis, moi, je fais de la vidéo et tout. mets-moi dans ton truc tu vois donc petit à petit il a commencé à me présenter des gens des pratiques chez KOR on a fait des vrais trucs genre on a bossé sur des gros clips et tout et c'est là où j'ai commencé à...
- Ossama
Et à cette époque KOR il avait sorti quoi déjà ?
- Siwan
Tu sais c'était quelle époque ? C'était l'époque quand il travaillait avec Niska et SCH.
- Ossama
Oh oui d'accord donc c'est pas aussi vieux que ça en vrai.
- Siwan
Non moi j'ai 27 ans.
- Ossama
c'est vrai après t'as commencé jeune et tout mais c'est incroyable j'avais 17 ans ça, 16 ans donc à 15 ans tu te dis vas-y je commence à traîner à Paris tu traînes tout seul à Paris ?
- Siwan
non il y avait des mecs de chez moi il y avait des... en fait c'était des gens de partout et on se voyait on se côtoyait c'était des groupes,
- Ossama
t'as vu tu les croisais c'est ouf parce qu'en fait quand je t'entends parler Tu sais, tu dis, c'est tellement évident pour toi.
- Siwan
Ouais.
- Speaker
Et en même temps, on se dit, mais attends, il y a des groupes. Comment il a fait son réseau ? Comment il s'est retrouvé à rencontrer plein de monde dès le départ ?
- Siwan
En fait, regarde, je vais te donner un exemple. Tu vois le rappeur PLK ?
- Speaker
Ouais.
- Siwan
Lui, il était dans ça.
- Speaker
Comment ça ?
- Siwan
Quand ils faisaient du rap. Je t'ai dit que j'allais dans les open mic, dans les trucs. Je voyais ce genre de gars-là.
- Speaker
Ok.
- Siwan
Mais quand ils ont mon âge. Ils ont 27, 28 ans, t'as vu ? Quand je les voyais, ils avaient mon âge. 14, 15 ans, 16 ans. Et du coup, on se voyait. Et je sais qu'il y avait des associations où il y avait des studios de musique, machin. Du coup, moi, j'allais là-bas aussi. J'ai rencontré des gens, je fais reconnaître. Du coup, les gens m'ont appelé, ils m'ont dit « Ouais, du coup, il y a ça là-bas. » Des trucs que je ne connaissais pas. J'allais avec eux. Tu vois ? Moi j'avais des parents, je ne veux pas dire laxistes, mais ils étaient cool, ils me faisaient confiance. Même des fois, le lendemain, j'étais au lycée.
- Speaker
Ah ouais, t'enchaînais direct ? Des fois,
- Siwan
je finissais à 16h, je venais à la Paname. Je rentrais à 4h du matin. Moi, dans ma tête, quand j'expliquais à mes parents, je leur ai dit que c'était parce que je voulais bosser, je voulais faire du tapis.
- Speaker
Donc, tu as eu cette maturité très jeune par rapport à ce que tu disais juste avant, justement, de se dire, OK, mon père m'a offert une caméra et tout de suite, tu as pensé en mode entrepreneur. Tout de suite, tu t'es dit, je peux faire de l'argent avec.
- Siwan
Ouais, en fait, c'est même pas une question de je peux faire de l'argent avec. C'était plus un truc de, vas-y, je peux bosser.
- Speaker
Ah, c'est vraiment bosser, genre, moi, de m'améliorer, quoi.
- Siwan
Ouais, maintenant, je peux bosser, genre, moi, je peux avoir un... Je peux être mon taf.
- Speaker
OK, je comprends.
- Siwan
Genre... Merci. Ce n'était pas forcément l'aspect financier, puisque je proposais des vidéos à 30, 50 euros. Je ne vais pas gagner beaucoup d'argent. Je vais une journée, je filme un mec toute l'après-midi. Je fais deux jours de montage, je prends 30 euros ou 50 euros. Ce n'est pas intéressant. Mais c'est plus en mode, je bosse. Tu as vu, je crée une dynamique. Et là, tu vas voir la dynamique, on va en revenir.
- Speaker
Vas-y, ça me va.
- Siwan
Pendant l'interview, la dynamique est importante.
- Speaker
Tu finis tes années de lycée ou pas du tout ?
- Siwan
Oui, j'ai eu mon bac. rattrapage et tout, j'ai eu mon bac après ça, voyage je commence à comme je commençais à bosser avec le gars là le producteur j'avais fait des tournages, je commençais à faire des petits clips et tout, je fais un peu d'argent je commence à voyager un petit peu je travaillais à côté mon grand-témoin avait une pizzeria je travaillais là-bas, je faisais de l'oseille à côté, je coffrais un peu Merci. Et après, je suis parti aux Etats-Unis.
- Speaker
C'est un délire parce que, en fait, vraiment, je ne sais pas si vous, c'est pareil, mais tu parles. Pour toi, c'était logique.
- Siwan
Ouais, bah oui. Mais en fait, moi, comment je vois la vie, je la vois comme un film. T'as vu, t'es acteur, t'es un réalisateur. T'as vu, toi, t'es acteur et tu fais ton, tu fais ton, tu joues ton rôle. D'accord. Moi, dans ma tête, j'ai une petite idée de ce que j'aimerais faire. Et je le vois comme un film, avec des chapitres.
- Speaker
Alors, dans ce cas-là, je vais prendre cette image-là. Comment tu as fait pour passer du figurant au premier rôle ?
- Siwan
Premier rôle ? Je ne veux pas dire premier rôle, mais de figurant à avoir un bon rôle dans mon film, c'est le travail. Déjà, tu as vu, il faut bosser. Les gens disent je suis fatigué. Tu as vu, moi, je ne crois pas trop à ça. Surtout quand on est jeune. Une fois que tu as 35, 40 ans, je peux comprendre. Tu as des obligations, des trucs. Tu as vu, moi, je ne suis pas marié, je ne suis pas d'enfant. J'ai 27 ans. Je ne peux pas dire, ouais, j'ai la flemme ou je suis fatigué, t'as vu. J'ai la flemme, je suis fatigué, mais non. Donc déjà, c'est un point important. Deuxième point important, pour moi, si tu veux réussir dans la vie, il faut être curieux.
- Speaker
Si tu n'es pas curieux,
- Siwan
ça ne sert à rien d'essayer. La curiosité, elle est trop importante. Et dans la curiosité, il y a aussi l'idée de comprendre que tu n'es pas parfait, t'as vu. en fait dans la curiosité c'est des choses c'est c'est Ton corps devient une éponge et t'absorbe des choses, t'as vu ? Et pour absorber ces choses-là, il faut aller les chercher. Donc il faut être curieux.
- Speaker
Et t'as pas eu ce truc-là où, d'un côté, tu progresses dans un milieu hyper créatif où t'es autodidacte, et en parallèle de ça, t'es au lycée, où on te fait comprendre, de manière inconsciente, que t'as pas le droit à l'erreur, tu dois réussir dès le premier coup. malgré qu'il y ait des pièges, etc. Comment tu fais pour ne pas péter les plans ?
- Siwan
En fait, tu m'avais dit tout à l'heure de te donner des exemples. Je vais te donner un exemple. Je suis en première, tu as vu. Je suis à deux doigts de me faire virer parce que mon comportement et mes notes, ce n'est pas trop ça. Et j'ai mon prof principal qui dit à mes parents, il faut qu'il se réveille, machin, nain. Tu as vu, moi, ça rentre là, ça sort là. En fait, l'école, ça marche. Ça peut marcher de ouf pour des gens, tu as vu. Mais moi, je sais que ça ne peut pas marcher avec moi. Pourquoi ? Parce que moi... Comme je t'ai dit, j'essaye de créer une dynamique de vie. Si pour moi, je vois que les choses de ma vie deviennent trop répétitives, que ça devient comme une routine, pour moi, ce n'est pas bon. Pour moi, il faut qu'il y ait un truc qui casse et qu'on change. Et moi, l'école, c'était tout l'inverse. C'était de mes 3 ans à mes 17 ans, donc 14 ans de ma vie, je me lève à 6h30. Je rentre chez moi et 17h, 18h. Et j'ai une pause à midi. En fait, t'as vu, et moi je regarde mes parents. J'ai fait un calcul la dernière fois avec ma mère. Ma mère, elle habitait à Herblay, elle travaillait à Courbevoie. Tous les matins et tous les soirs avec les bouchons, elle mettait 2h aller, 2h retour. Ça fait 4h par jour. T'as vu, là, elle ne travaille plus. Tu sais, elle a passé combien d'années dans sa vie sur la route pour aller là-bas ? 7 ans. Au revoir. C'est-à-dire, dis-toi, dans ta vie, pendant 7 ans, tu vas au travail et tu rentres du travail. Tu ne les traverses pas. C'est de la dinguerie. Je te rends compte, c'est une dinguerie.
- Speaker
Ah, c'est une dinguerie.
- Siwan
Et moi, tu as vu ça, c'est quand je l'ai dit à ma mère, elle n'a pas trop calculé et tout, mais moi, tu as vu, moi, un jour, mon fils est venu et il me dit ça, je lui ai dit, mais comment j'ai perdu autant de temps ? Mais imagine-toi, tu travailles pendant 40 ans ou 35 ans au même endroit et tu mets 2 heures pour y aller. ou une heure et demie de transport. Les gens, ils font ça tous les jours. En France, à Paname, les gens, ils font ça.
- Speaker
J'ai l'impression que les gens, dans ce truc-là, c'est très robotique. Tu déconnectes ton cerveau, parce que tu dois y aller. Et ça, moi, j'ai l'impression que c'est un truc que j'ai appris très jeune. Entre l'usine, entre le charbon, même quand j'allais à la fac, moi, je faisais compiènes en terre, une heure et demie aller, une heure et demie retour, minimum. et ça jouait sur la fatigue, la santé et tout. Mais c'est un truc de fou. Et en fait, toi, c'est quoi ? Tu jettes ton cartable 16 heures et tu vas recharger tes batteries.
- Siwan
Par rapport à quoi ?
- Speaker
Quand tu vas à Paname, quand tu...
- Siwan
En fait, je crée une balance. Il fait que je craque pas. T'as vu ? Je crée une balance parce que moi, mon objectif, en fait, c'est de contrebalancer. Tu vois, c'est de ne pas avoir de routine. Et en fait, quand t'es à l'école, t'es un peu obligé. T'as vu, moi, je suis pas le genre de mec qui va abandonner les études. Non. Je me suis engagé dans une formation, je vais la finir, je vais prendre mon diplôme en faisant la politique du moindre effort. Moi j'en fais, mais je m'efforce, t'as vu ? Mais toujours avec une certaine malice et une certaine curiosité pour passer entre les mailles du filet et avoir mon truc à la fin, t'as vu ? Ah, j'avoue. Genre, je vais te donner un exemple. Moi je suis le genre d'élève à l'école qui a fait des conneries de ouf mais qui s'est jamais fait virer.
- Speaker
Ok.
- Siwan
Tu vois ?
- Speaker
C'est quoi, c'est une gueule d'ange ? Non,
- Siwan
c'est ça. Les gens qui me connaissent depuis très longtemps, ils savent qu'en fait, t'as vu, Siwan a 27 ans et Siwan a 14 ans, c'est la même personne. T'as vu même comment je te parle, je te parle pareil. Genre, j'ai pas trop changé. T'as vu ? Peut-être un peu physiquement avec l'âge et tout, mais ma cogite, ma gamberge, c'est la même. Et elle restera toujours la même. C'est-à-dire,
- Speaker
je dis encore, tu fous un peu la merde.
- Siwan
Non, c'est pas en mode comme ça. Mais genre, c'est plus dans le délire où j'ai toujours la même curiosité. J'ai compris qu'il fallait être malin. J'ai compris qu'il fallait travailler. Et en fait, depuis que j'ai compris ça, je n'ai pas changé mes attitudes.
- Speaker
Quand tu dis que tu as compris qu'il fallait être malin, dans quel sens du terme ? Il y a quel moment ?
- Siwan
C'est simple. Faut être malin, pourquoi ? Parce qu'à la finalité, moi je me suis beaucoup... Il y a beaucoup de gens qui ont utilisé en fait un peu mon travail. En fait, quand je te dis ça, je vais t'expliquer. À un moment donné, je suis arrivé à un stade où, t'as vu, il y a plein de gens qui me demandaient de leur faire des vidéos, des photos, tout ça. Et je leur faisais gratuit parce que je les connais. Et en fait, moi, je me suis beaucoup fait utiliser comme ça. Les gens, ils savaient. Appelle Siouane, il va te le faire gratuit. Les gens pensaient comme ça. Jusqu'au jour où j'ai été malin, j'ai compris, et j'ai mis un cadre. Au début, je ne voulais pas dire non. Au début, je disais que je n'étais pas dispo. Après, j'ai commencé à dire que j'achetais du matériel. Quand je dis qu'il faut être malin, c'est que, en gros,
- Speaker
il faut mettre le cadre, comme tu as dit.
- Siwan
Il faut mettre un cadre. ça c'était pour ma situation mais après il y a plein d'autres situations je t'en raconterai après par rapport à la musique mais il faut être malin dans le sens où il faut voir son intérêt ton meilleur ami c'est ta poche si t'as un problème avant d'aller voir les gens tu vas voir ta poche C'est une réalité. Je ne te dis pas ça en mode je suis riche et tout. Je te dis ça genre en gros, c'est des leçons de vie qui arrivent par rapport à des expériences où tu comprends qu'il faut être malin, tu comprends qu'il faut voir un peu aussi son côté. C'est bien de donner, tu as vu, mais il ne faut pas être utilisé. C'est tout.
- Speaker
Ok.
- Siwan
C'est ça le malin.
- Speaker
Ok, ça me va très bien comme réponse. Donc là, tu commences vraiment à... à développer ta créativité, à te sentir bien, à connaître un peu tout Paname. Qu'est-ce qui se passe un peu quand tu as eu ton bac, quand tu commences à travailler ?
- Siwan
J'ai bossé un peu, je suis parti au Maroc. Je suis parti au Maroc, je suis parti pendant 8 mois pour aller bosser pour un mec. On devait ouvrir des commerces et tout, au final, ce n'est pas fait, il a parlé chinois. J'étais chez le mec, je suis parti de chez lui. Au final, après, je travaillais dans un... dans un club avec le directeur artistique. C'est là où j'ai connu un peu la musique, on va dire la musique actuelle. Je commençais à travailler avec le DA, j'organisais des événements, je faisais de la vidéo, de la photo. J'ai commencé à travailler pour des grosses entreprises. Après, j'ai eu des problèmes avec les gars qui m'ont ramené et les gars qui voulaient... Je devais travailler avec eux. Donc, j'ai préféré en gros dire, vous savez quoi, je vais travailler avec personne, je vais rentrer. Je suis retourné en France et après, j'ai commencé à voyager un peu. Après, avant le Covid et tout, j'ai commencé à bien voyager. J'étais aux Etats-Unis. Je suis resté un bon moment là-bas. Je suis parti en Amérique du Sud. Je suis parti en Afrique, au Négal.
- Speaker
Mais à ce moment-là, tu cours dans la vidéo.
- Siwan
Ouais, je faisais toujours de la vidéo. J'avais ma boîte de prod et je bossais pour des... Gros artistes en France, aux Etats-Unis. Je faisais des tournées avec eux et tout. Et c'était là où j'avais ma boîte de prod. Là, j'ai ouvert ma boîte de prod. J'ai commencé à acheter du matériel. Je me suis vraiment bien structuré pour repartir sur une nouvelle dynamique. Et c'est là, en fait, après, où ça a commencé à bien marcher.
- Speaker
Il y a DJ Snake qui vient du même quartier que toi, que tu as vu, que tu as croisé. Est-ce que pour toi, ça a été un modèle d'inspiration ou est-ce que c'est quelqu'un qui t'a vraiment aidé peut-être à te confirmer que tu étais sur la bonne voie ?
- Siwan
En fait, moi, je le trouve grave chaud dans trois trucs. En musique, c'est un tueur à gages. En com', c'est un tueur à gage. Et en relation humaine, relation PR, relation publique, il est grave chaud. Après, moi je m'inspire de lui dans deux choses. Je m'inspire de lui dans sa com' et dans sa relation avec les gens et les médias. Après, musicalement, ce n'est pas forcément mon créneau. Ça n'empêche pas qu'il y a des sons que j'aime bien, même que j'aime beaucoup. Mais moi, où vraiment je m'inspire, c'est comment il communique et comment il crée en fait un lien et en même temps une distance avec les gens.
- Speaker
C'est super bien fait. J'aimerais bien que tu pousses un peu comment tu...
- Siwan
Genre en gros, on va commencer par la com et après par... Sa com, t'as vu, c'est réfléchi, mais quand tu la regardes, on dirait qu'il se prend pas la tête.
- Speaker
On dirait que c'est spontané.
- Siwan
Ouais. Mais en fait, justement, le travail dans ça, c'est de rendre cette chose-là spontanée.
- Speaker
Ok, je vois.
- Siwan
C'est en gros de mentir sur ton truc, t'as vu. Et ça, moi, je trouve ça grave bien fait. Et après, la relation avec les gens, c'est que Snake, c'est un gars qui est inaccessible sur beaucoup de choses.
- Speaker
Ok.
- Siwan
Mais par contre, il peut aller voir un gars et faire un podcast avec lui parce qu'il a parlé un peu avec lui, il aime bien.
- Speaker
Ok.
- Siwan
Sans que ce soit calculé. Voilà, en fait, c'est lui qui décide. Bien sûr, tu ne peux pas dire que ce n'est pas calculé, parce qu'il y a toujours un intérêt par rapport à de la visibilité, par rapport à plein de choses. Mais en gros, il a une liberté de créer de la distance ou de créer de la proximité quand il en a envie. Et moi, c'est ça que je respecte, parce que ça, c'est très dur à faire. Longtemps, tu vois. Et moi, ça, ça m'inspire de ouf, parce que j'aime bien son truc.
- Speaker
Ça me fait penser à une fille qui cartonne sur les réseaux, c'est Crazy Sally.
- Siwan
Ouais,
- Speaker
tu vois, moi, elle est très, très forte. Elle m'a agréablement surpris parce que j'avais travaillé sur un... Enfin, travaillé. J'avais co-animé avec elle une conférence avec Tian Yang. Tian Yang, qui est un entrepreneur sénégalais et américain. Et en fait, on était au Vélodrome et elle était avec moi et tout. Et franchement... Tout le monde qui venait la voir, toujours souriant. Et en fait, tu vois que ce n'est pas hypocrite. Très souriant, très professionnel, elle prenait le temps avec chacune des personnes.
- Siwan
Elle est grave humaine, on se suit sur Insta. Je l'ai rencontrée plusieurs fois. Super sympa. Et même, à un moment, on avait parlé un peu. Elle voulait aller en Afrique. Je ne sais plus, vers Lake Victoria, Victoria Lake. On m'a demandé des endroits, tout ça. Et en vrai, c'est une fille. Elle est grave intéressée. Elle est curieuse de ouf. Elle est... Et elle est tout le temps dans le virage. Elle va tout le temps faire des... En gros, elle a une ligne directrice de créer de l'information et de faire de la diffusion d'informations. Mais elle a toujours des formats différents et tout. J'aime bien.
- Speaker
Même pour l'anecdote aussi, c'était le lendemain quand elle est rentrée sur Paris. Elle a fait des stories pour dire qu'elle avait fait l'événement et tout. Elle s'est prise la tête. Elle est partie chercher Artisan d'Esprit. Elle m'a marqué en story. Elle est partie chercher mon compte perso pour dire Artisan d'Esprit écrit par Osama. et elle a tout mis en story, elle a tout marqué elle est très très douée donc si vous cherchez du travail de qualité
- Siwan
Crazy Sally c'est votre père force à elle et dédicace à Samy Seghir dédicace à toi aussi Samy donc on a compris,
- Speaker
t'es dans la réalisation t'es aussi un petit peu dans la musique t'as quand même des modèles qui sont proches de toi, des gens qui sont inspirants comme DJ Snake Est-ce que ça a été ton game changer ?
- Siwan
Moi, mon game changer... En fait, il y a eu deux game changers. Premier game changer, c'est quand j'ai ouvert ma boîte de prod, j'ai acheté un petit peu de matériel et j'ai commencé à vraiment travailler d'une manière professionnelle. En gros, où je me suis structuré, j'ai créé un process de travail, donc de prospection pour trouver des clients, etc. J'ai fait un peu de networking. Je suis parti toquer au port, j'ai envoyé des DM sur Insta, je me suis mis une déter en fait, tu vois. Je me suis mis une déter où en mode c'était, vas-y je vais pas attendre qu'on m'appelle pour faire des tournages, je vais aller chercher mes trucs et tout, tu vois. Et du coup, le premier Game Changer ça a été quoi ? Je commençais à travailler avec des gros artistes. Au début j'ai travaillé pour un gros projet, un jeu vidéo, qui s'appelle Stage Eleven. C'est un projet avec le métavers et tout, bref, à l'époque, avant le Covid. pendant le Covid. Ça, c'était un super contrat et c'est là où j'ai commencé à travailler avec des grosses équipes. Je fais de l'ADA, je fais du contenu, je fais du live, je fais pas mal de trucs. Donc j'ai pris pas mal de bagages sur ça et après ça, Covid. Je dis mince et tout. Je fais quoi ? Je pars de la France. Je suis parti au Mexique, je suis parti au Costa Rica, je suis parti aux Etats-Unis. Je suis parti au Canada.
- Speaker
Genre, coup de tête ? Vraiment ? Ouais,
- Siwan
en fait, je t'explique. De base, je suis parti au Mexique. Je suis parti un mois. Je me suis dit, vas-y, j'ai Covid, je vais aller au Mexique. Je pars au Mexique avec un pote à moi, Yacine Azouz. C'est un mec qui habite à L.A. Et c'est un mec de France, de Hermon. Il est acteur. Il me dit quoi ? Il me dit, vas-y, le Mexique, ça bouge, il faut que t'ailles à Toulou. Faut qu'on aille à Toulou, mais tout machin. Du coup, on va à Toulou. Moi, j'arrive à débloquer quoi là-bas ? J'arrive à débloquer un tournage pour une marque de boisson. Une marque de boisson sénégalaise. En plus, rien à voir. Et je débloque ça. Du coup, on va là-bas. Et en fait, tu as vu, quand je suis arrivé au Mexique, je me suis posé et je me suis dit, qu'est-ce que je fais en France ? Et en plus, à côté de ça, tu avais Yacine Azouz à côté de moi. qui me disait tout le temps à l'oreille, il faut que tu viennes au stage, il faut que tu viennes au stage. Moi, dans ma tête, ça chauffait, j'étais mince. Je commençais à faire des gros tournages et tout, ça veut dire que je pouvais y aller, tu vois. Vas-y, j'ai fait quoi ? Le Mexique, je suis rentré en France. Je fais une petite escale à New York, je suis entré en France, après j'ai commencé à que bouger autour de l'Europe. Je suis parti au Maroc, je suis parti à Malte, je suis parti en Espagne. Je voulais pas rester en France. Vraiment, ça m'a... Je suis revenu à Paris, j'ai vu la vie de Paris, j'ai dit mais en fait c'est pas ça qu'il me faut.
- Speaker
C'est quoi, c'est anxiogène ?
- Siwan
Donc, hein ?
- Speaker
C'est parce que c'est anxiogène ?
- Siwan
Non, en fait ça correspond grave pas. En fait, quand je suis parti, quand j'ai commencé à voyager, j'ai vu qu'il y avait des gens comme moi. Ah ok Je me suis dit mais en fait eux ils sont comme moi Faut que je reste avec eux, faut pas que je retourne en France Là-bas les gens en France sont pas comme moi Mais comment tu te définis quand tu dis comme toi ? Moi ? T'as vu moi je suis quelqu'un De... J'ai la tête sur les épaules Enfin c'est comment je me définis Je veux pas que ça paraisse prétentieux J'ai la tête sur les épaules, j'ai les pieds sur terre Et j'ai connaissance de la réalité de la vie C'est tout Donc je sais ce qu'il faut faire pour passer une bonne vie Selon moi pour vous. Faut être bon, déjà faut être bon, c'est important de distribuer du sourire, c'est important de communiquer avec les gens, t'as vu ? De parler, tu sais c'est l'humain, t'as vu genre tu rencontres un mec, t'as vu dans ma vie j'ai rencontré des gens, j'étais dans des cars au Costa Rica, 17h de route, des mecs à côté de moi, ils ont des impacts de balles sur le bras avec des cicatrices comme ça. Et je parle avec eux, ils me parlent comme si j'étais leur ami, t'as vu ? Et je les connais, et j'ai rencontré d'autres gens. Des mecs, ils t'ont créé des trucs, t'as mal à la tête, ils pèsent des 200, 300 millions. Et quand je leur parle, c'est pareil. Et en fait, tu sais c'est quoi ? C'est juste de comprendre en fait, c'est quoi la réalité de la vie. T'as vu ? Pourquoi à Paris, quand tu dis bonjour à quelqu'un, le gars, il touche ses poches. Allô ? Tu te rends compte de ce que tu viens de faire ? Genre, à Paris, les gens, ils sont... ils sont encore plus serrés que toi et moi dans le métro, t'as vu ? Ils se regardent même pas. Ils se regardent même pas, gros. Et t'as vu, pour moi, ça, c'est pas vivre. Pour moi, ça, c'est survivre. Ça veut dire qu'en fait, dans ta tête, t'as une sorte de brouillard, t'as vu ? Et je sais pas t'as quoi, mais tu t'attaches à des trucs, en fait, t'as vu ? La France, c'est un pays qui a été créé pour que les gens puissent prendre des crédits, t'as vu ? Tu vas à l'école, tu fais des études, tu trouves un taf, t'as un CDI, tu fais un crédit, tu te maries. Tu payes ton crédit, à la fin, tu revends ta maison et tu déménages dans le sud avec tes enfants. T'as vu ? Et moi, quand j'ai vu que la France, c'était ça, j'ai dit, c'est pas pour moi. Et là, je suis parti. Et en fait, pour moi, c'est ça, la vie. La vie, c'est parler avec les gens, rencontrer des gens. Je fais ça depuis que je suis tout petit. Je suis quelqu'un de timide, mais je sais pas comment j'arrive à rencontrer plein de gens. Mais par contre, je suis timide. Je vais pas aller vers quelqu'un, tu vois. mais pour moi c'est ça la vie frérot donc tu fais le tour du monde et tu rencontres plein de gens et tu dis là il faut que j'aille à LA ouais parce que Yassine il me parlait de LA il me disait il faut que tu viennes à LA tu vas kiffer tout ça et au final après je suis allé au début j'ai fait un mois et demi et en fait j'ai kiffé de ouf j'ai kiffé l'ambiance j'étais où Yassine il habitait c'était à West Hollywood c'est bien placé et puis Et du coup ça se passait bien. Je suis retourné en France, je suis resté quelques mois, je suis retourné à L.A. Et en plus je suis resté. J'ai rencontré plein de gens, j'ai commencé à faire des gros tournages. J'ai bossé pour Hug, la marque de cette chaussure. Je travaillais avec Snoop Dogg, Philippe Lain. J'ai fait des gros artistes, Martin Garrix, Akon et c'était incroyable. Après, j'ai fait... plein d'autres artistes, genre Burnaboy, Lil Baby. C'était vraiment lourd. J'ai kiffé.
- Speaker
J'ai l'impression que ça, c'est vraiment la période charnière dans ta vie. Mais pas que professionnelle, tu vois. En termes d'état d'esprit, en termes de façon de voir les choses. On voit tout de suite que tu as pris beaucoup de distance avec la France. sur la mentalité française puisque la France en soit et qu'est-ce que tu vois, tu as travaillé avec Snoop Dogg et plein d'autres gens comme ça, des célébrités c'est quoi la différence qu'on peut voir entre que toi tu vois entre la France et les Etats-Unis sur plusieurs aspects parce qu'on dit toujours que les Etats-Unis sont en avance etc. mais d'un autre côté on dit que la banlieue influence Paname et Paname influence le monde donc toi avec ton analyse Qu'est-ce qu'il y a de bon et de moins bon chez nous ?
- Siwan
En fait... Moi, avec mon analyse des deux côtés, pour moi, il y a du bon et du mauvais dans les deux. Moi, ce qui m'a surpris en tout premier avec les États-Unis, t'as vu gros, c'est organisé frère, c'est organisé. Mais quand je te dis c'est organisé, t'as vu par exemple, moi je fais de la vidéo, toi tu fais de la vidéo, tu sais comment c'est les modifications. Tu sais très bien, par exemple tu fais un montage, t'as des retouches. T'as vu là-bas. Ils ont une plateforme qu'ils utilisent uniquement pour faire une plateforme web. Ils ont un site internet pour faire de la correction de vidéos. En gros, il va t'envoyer des timelines avec des timecodes où il va te dire de telle seconde à telle seconde, changement de plan sur ça, Et t'as vu, gros, c'est organisé.
- Speaker
T'es en train de dire qu'ils demandent ça à une IA ou c'est une plateforme ? Non,
- Siwan
eux, c'est eux. En gros, quand ils te font des modifs, ils vont pas t'appeler. C'est un slack,
- Speaker
quoi.
- Siwan
C'est encore mieux qu'un slack parce que... Ta vidéo, tu peux la prendre et prendre les time codes, faire les trucs. C'est une dinguerie. Et en gros, quand je te dis s'organiser, tu vois par exemple cet exemple-là, c'est dans tout. Et en fait, pourquoi ils le sont ? Il y a une réalité, c'est que le marché est plus gros. En fait, le marché américain, il touche le monde entier. Donc je vais te prendre un exemple. Moi, je vais filmer dans un studio qui s'appelle Digital Domain à LA. Tu as vu ce studio-là par exemple ? C'est où ils tournent Avenger, Marvel. C'est où ils tournent Labyrinthe, Hunger Games C'est un gros gros studio Moi je vais là-bas Déjà, par exemple c'est le Covid T'as vu les règles de sécurité Les gens ils les respectent
- Speaker
Ok donc la distance,
- Siwan
les masques La distanciation sociale, les gens ils respectent Les masques, les gens ils respectent, ils ont pas le masque là T'as vu ? Ou là Et après quand il y a un mec qui vient il fait ça Non les gens ils respectent En fait, moi, j'ai compris un truc, c'est que si t'es une personne organisée que t'aimes te faire respecter, en fait, la France, c'est compliqué, frérot. Parce qu'en France, t'as vu, il y a beaucoup de problèmes d'organisation dans le travail, alors qu'on est un pays de service, on est un pays de tertiaire, t'as vu. Et il y a un gros problème avec les gens, en fait. Les gens, ils ont un problème d'ego en France. T'as vu, genre... Tu peux pas leur imposer des choses. Mais en fait, des fois, il y a un intérêt général. Et ça, il faut le prendre en compte et se dire que... Ah ouais, aux États-Unis, ils ont respecté les règles et tout, machin, un, un. Mais par contre, ils ont ouvert leurs frontières et ils ont pu voyager plus tôt. Tu vois ? Ils avaient pas de couvre-feu. Moi, je taillais, je sortais. Il y a les restos, distanciation sociale, moins de table, les masques quand tu te lèves et tout. Mais du moment que les gens les respectent, c'est pour notre bien en fait qu'ils font ça, t'as vu ? Peut-être qu'il y en a qui vont dire « Ouais, mais non, c'est le Covid, machin. » Eh, t'as vu frérot, à la finalité, il y a des gens qui meurent, des gens qui sont malades, et il y a des gens qui disent « C'est le Covid. » T'as vu, c'est une réalité. Donc, vas-y, viens, on respecte un peu. À Paris, deux ans après le premier confinement, il y avait encore des couvre-feu, des trucs. C'est dinguerie. C'est une dinguerie.
- Speaker
Qui n'est pas du tout respecté, d'ailleurs. Ça ne ressemble à rien, même.
- Siwan
À rien du tout, frère. Et voilà, moi, j'ai bien aimé ça, tu vois.
- Speaker
Il y a quand même des qui le veulent bien, en France.
- Siwan
Oui, en France aussi, justement. Je pense qu'il y a du bien et du mauvais dans les deux. Le mauvais aux États-Unis, frérot, tu sais c'est quoi ?
- Speaker
C'est quoi ?
- Siwan
Et surtout, par exemple, moi, je prends l'exemple d'Elle, parce que c'est où j'étais le plus. Elle est... C'est une ville. Quand tu rencontres quelqu'un, c'est impossible de rencontrer une personne qui vient d'Elle.
- Speaker
C'est comme Paris.
- Siwan
Non, Paris, il y a des gens de Paname. Moi, je suis de Paris. Toi, t'es de Paris. Genre, t'es de Compiègne, mais pour moi, c'est Paris. Ah,
- Speaker
tu veux dire étranger, toi, carrément.
- Siwan
C'est des gens, ils sont pas de L.A.
- Speaker
Ok.
- Siwan
Genre, si tu veux rencontrer vraiment des gens de L.A., faut que t'ailles dans la vallée, et encore, ou faut que t'ailles dans les quartiers un peu chauds, t'as vu, tu vas à Campton, tu vas à Inglewood, tu vas à South Central, tout ça, les gens, ils peuvent dire, I'm from L.A. Mais tu vas à Beverly Hills, à Hollywood, West Hollywood, tous les quartiers Westwood, tu vas partout, tu vas rencontrer en fait une personne qui est venue à LA parce qu'elle a un projet. Et ça veut dire quoi ? Ça veut dire que sur les relations sociales, les gens quand tu les rencontres, et quand eux te rencontrent, en fait ils vont directement essayer de trouver un intérêt à leur projet, pour leur projet à te parler. Exemple, tu fais des podcasts, t'as une visibilité, moi je suis artiste et je viens et je te rencontre, ah ça va et tout, machin, je deviens ton pote parce que tu fais des podcasts et que moi je vais pouvoir en faire un, si t'es mon pote.
- Speaker
Ouais mais moi je trouve qu'en France aussi ça existe.
- Siwan
Ouais mais là-bas c'est que ça.
- Speaker
Ok. Moi je suis jamais parti aux Etats-Unis, c'est pas spécialement un endroit qui me parle, mais j'irai, tu vois, pour voir. Et j'ai déjà rencontré plein de gens, notamment des entrepreneurs qui sont partis là-bas pour l'entrepreneuriat, pour un contexte très précis. Et qui disaient justement, quand ils faisaient du networking, qu'ils ne perdaient pas leur temps. En gros, ce n'est pas, raconte-moi ta vie avant de me pitcher ton projet. Salut, tu t'appelles comment ? C'est quoi ton projet ?
- Siwan
Oui, c'est carré, c'est organisé. En fait, l'américain moyen, il réfléchit d'une manière très simple. tu as la première approche. En fait, les Américains, le premier contact que tu as avec eux, ils sont grave ouverts, grave expressifs. Mais le deuxième, pour atteindre vraiment ce deuxième, pour vraiment connaître la personne en profondeur, c'est très long et très compliqué. Les gens restent toujours sur les premiers abords. En Europe, c'est l'inverse. En Europe, les gens sont très fermés. Mais par contre, quand tu les connais bien, ils sont très ouverts. Là-bas, c'est l'inverse. Ils sont très ouverts, mais ils sont fermés sur qui ils sont vraiment. Tu iras très rarement ou jamais chez eux. Tu vois, genre, c'est compliqué. Alors que nous, vas-y frère, vas-y, viens à la maison, tac, tac. Tu vois, genre, eux, ça va se limiter à faire des restos, faire des dates, aller boire des cafés.
- Speaker
Toujours en extérieur.
- Siwan
Ouais, genre, ils se mélangent pas trop.
- Speaker
Ok.
- Siwan
Tu vois, et je te disais ça par rapport à ce que tu disais. t'es obligé d'être carré en fait et pas de raconter ta vie parce que les américains racontent pas leur vie en fait, les américains ils viennent et ils te ils te disent ce qu'ils veulent en fait écoute je sais que tu fais ça après c'était une plus-value et qu'en soit tu peux lui rapporter quelque chose, il va pas te dire non lui il réfléchit, il met les choses dans des box, dans des boîtes si pour ce qu'il te dit, par exemple toi tu vas lui dire ouais je fais des podcasts je sais que t'es connu, moi j'ai un peu de visibilité pas chez moi, lui il va pas te dire non par ego, où il ne va pas te dire non parce qu'il ne veut pas, il te connaît. Non, il va se dire quoi ? Lui, il réfléchit vite. Il va te mettre dans la case business. Ce gars-là, il peut me rapporter de la visibilité, donc de l'argent.
- Speaker
C'est un peu comme les clichés qu'on voit dans les séries ou les films américains où tu es à la fac ou tu es au lycée et pour avoir de la notoriété, il faut que tu traînes avec telle personne ou alors il faut aller à telle soirée pour être validé.
- Siwan
Mais c'est le monde qui est comme ça, parce que l'humain, il réfléchit comme ça. L'humain, il te met dans des cases. Si par exemple, tu viens à un rendez-vous, tu arrives en Clio 2 et tu fais le même rendez-vous, mais que tu arrives en dernier classe S, le mec ne va pas te regarder pareil.
- Speaker
Même en co-chute. Et ça, c'est n'importe qui.
- Siwan
Ce n'est pas basé, c'est l'humain qui est comme ça. Et l'Américain, en fait, le problème, c'est que comme c'est un pays capitaliste qui est basé sur les biens matériels et la vie à crédit, du coup, c'est amplifié. C'est genre, t'as un amplificateur. Et à quoi 30 ? Genre, moi, j'ai un pote à moi à LA. Je le considère comme mon frère. Il s'appelle Nabil. T'as vu ? Ce gars-là, avec lui, j'ai compris une chose. Le jour. Pour lui, hamdoulilah, ça va, tu vois. Il m'a prêté une Rolls Royce. Je commençais à traîner en Rolls Royce. Les gens ne me regardaient pas pareil. J'avais une Yaris. Je louais une peu de Tayaris. Et je commence à traîner en Rolls Royce. Tu vois l'upgrade ? En fait, j'ai compris. Tu as vu que les gens, c'est que ça. Et eux, ils ont une expression. Aux Etats-Unis, ils disent « fake it until you make it » . Fais semblant de faire ce que tu fais vraiment. Mais tu as vu ? Pour eux, ça marche. Là-bas, ça marche. Tu fais ça, ça marche. Et combien de douilles ils ont réussi à pop ? On en connaît plein. Tu as vu ? Que ce soit dans la musique, dans la mode, dans tout, frère. Et hip-hop. Tu sais pas d'où ils sortent. Mais c'est des mecs qui ont fait semblant de faire jusqu'à ce qu'ils fassent vraiment. T'as vu ? Et là bas, ça marche. Ici, c'est pas comme ça. Ici, t'as ça, mais ça va pas t'empêcher de pas avoir de contrat, de deal, de close des deals avec des gens et tout. Tu vois ? Là bas, ça peut. Tu vois ? Genre, c'est pour ça qu'il y a une mode aux Etats-Unis. C'est la mode des gens minimalistes.
- Speaker
Ok.
- Siwan
T'as jamais entendu parler des minimalistes ? je connais le concept de minimalisme t'as vu quand je dis minimaliste c'est que les gens ils commencent à vivre un peu comme en Europe ils prennent les transports ils ont des vélos électriques
- Speaker
C'est plus écologique ça. Mais il y a une réalité.
- Siwan
La réalité, tu sais c'est quoi ? C'est que le gars, il peut pas s'acheter un 4x4. Il peut pas s'acheter un SUV après. C'est vrai. Mais par contre, dans ça, pareil, il y a des niches où tu peux faire de l'oseille. Tu vois ? C'est genre, il y a des mecs, tu les vois, ils roulent en vélo électrique, mais c'est des... Ils sont dans la tech.
- Speaker
Ouais.
- Siwan
Ils bossent pour Meta. Ouais. T'as vu ?
- Speaker
Bah, j'avais rencontré deux E, c'est deux Vialet. ou deviaient les enceintes les enceintes ils montaient dans le métro avec lui normal, ils rentraient en métro à Paname tu vois, et ils sont discrets ils aiment bien, ils se prennent par la tête après t'en as effectivement du coup ça c'est les vrais,
- Siwan
mais maintenant t'as des faux mais c'est juste des mecs qui n'ont pas d'oseille pour vivre comme ils voulaient vivre, du coup ils ont changé de mode de vie en fait ils ont besoin d'être dans des box ok je vois très bien,
- Speaker
c'est ça les américains ok euh Donc t'as parlé de Snoop Dogg Avec quel artiste Grosse resta t'as kiffé travailler ?
- Siwan
Icon Icon c'est un bon de fou C'est des gars la rec
- Speaker
Pourquoi c'est un bon ? T'as fait quoi avec lui déjà ?
- Siwan
J'ai bossé pour le projet de jeu vidéo Stage 11 On a fait des séances de motion capture On a fait des shootings photos Des vidéos Et même c'est un bon, t'as vu ? On était dans la voiture, on parlait. Je t'enverrai des photos, tu les mettras si tu veux.
- Speaker
Avec plaisir.
- Siwan
On est partis se poser dans un rooftop, on a discuté. Le lendemain, on s'est revus à la piscine. Franchement, c'est un bon gars de fou. C'est un bon gars. Et en fait, pourquoi j'ai kiffé Icon ? Parce que moi, quand j'étais petit, j'aimais de fou Icon. Et t'as vu ? En fait, tu travailles avec des gens connus. mais là tu travailles avec des gens avec qui t'as grandi t'as vu moi des mecs comme Snoop Dogg comme Akon, comme Mac Tyson t'as vu c'est des gens avec qui j'ai travaillé et en fait je me suis rendu compte que t'avais eu tout ce qui dégageait en fait ils sont vraiment comme ça Genre par exemple Snoop Dogg, t'as vu ? Tout le monde a l'image de Snoop Dogg. Tu sais, tout le monde sait à quoi il ressemble Snoop Dogg. Bah t'as vu dans la vraie vie, il est comme ça. Il est comme ça gros.
- Speaker
Tu sais, ça me fait penser à qui quand tu dis ça ? Ça me fait penser à Jean-Pascal Zaddy.
- Siwan
Il dit quoi ?
- Speaker
En fait tu vois dans ses films, il est comme ça.
- Siwan
C'est un bon, parce que c'est un vrai acteur.
- Speaker
Voilà.
- Siwan
Parce qu'il vit ça, il est dans son film à lui en fait.
- Speaker
Il est dans son film à lui tu vois.
- Siwan
C'est ça, mais c'est exactement ça. Et t'as vu ? Moi, quand je te dis, la question que tu m'as posée, c'est qui j'ai préféré, je te dis c'est Eikon. Parce que déjà, Sénégal-rec, c'est un Sénégalais. Moi, les Sénégalais, c'est mes frères. Tu as vu, moi, j'aime trop le Sénégal et j'aime bien. Je suis parti là-bas.
- Speaker
Tu as une origine marocaine.
- Siwan
Oui, je suis marocain. Marocain algérien. Mon père est marocain, ma mère est algérienne. Mais si je pouvais choisir une origine... Voilà, j'aurais choisi le Sénégalais.
- Speaker
Il y a un truc avec le Sénégalais et le Maroc. C'est trop bien.
- Siwan
Moi, les Galcènes, surtout ceux de là-bas, c'est des bons de fous. Des fous, des ducasses, les capsides à la ligue, les gars de Dakar. C'est incroyable. Franchement, c'est un de mes meilleurs voyages. Et Aikon, déjà, parce qu'il est Sénégalais. Deuxième, parce que moi, quand on était petits... ses albums et tout, c'était une dinguerie.
- Speaker
Premier album,
- Siwan
c'est une dinguerie. Et même aussi parce que humainement, c'est un bon gars.
- Speaker
Il s'est un peu décrédibilisé par rapport à O'Connor, Lighting in Africa. Ouais,
- Siwan
même sur le truc là, Econ City. Ouais, mais en fait, t'as vu, c'est comme tout le monde. Tu donnes du crédit à qui tu as envie d'en donner, déjà d'une. Et de deux, tu sais pas il fait quoi tous les jours en fait. Je sais pas que le mec, il lâche pas combien d'enfants frérot. T'es fou, il les met bien, il les éduque bien. T'as vu, genre, ok il peut parler chinois sur des trucs. T'as vu, on est humain, on fait tous des erreurs. Je fais des erreurs, t'as fait des erreurs, tout le monde a fait des erreurs. Et même, t'as eu les gens qui boycottent ces Acorn parce que tu me parles de par exemple de Acorn City ou ces trucs. Frère, ok, ça change quoi à ta vie en fait ? Ça change quoi à sa vie ? Moi, je suis pas dans le truc où il y a des gens qui boycottent les gens et machin. Moi, je suis pas trop dans ça frérot, je te le rends pas. Genre, je travaillais avec lui, je l'ai rencontré, j'ai passé du temps avec lui. Tous ces moments-là, c'était des bons moments. Il a toujours été genre... bon, respectueux, sympa, professionnel et correct et diplomatique. Donc moi, c'est une personne que j'aime bien. Tu vois, parce qu'il me donne du respect, du coup, je lui donne du respect. Tout simplement. Après, ce qui se passe derrière, c'est des problèmes avec les autres.
- Speaker
Et de toute façon, comme tu as dit, on ne sait pas tout. Oui,
- Siwan
on ne sait pas tout. Ça se trouve, en fait, lui, il a vraiment signé, même pour Icon City, ça se trouve, il a signé un contrat. Et au final, les gars ont parlé chinois. Mais lui, il ne peut rien faire. Ce n'est pas de sa faute. C'est juste que médiatiquement, c'est lui qui est en avant. Tu vois, mais genre dans la vie, des fois, il y a des paramètres ou même si par exemple tu veux boycotter, moi il y a des trucs que je boycotte, t'as vu, mais si tu veux boycotter des trucs, il faut regarder les paramètres. Tu vois, essayer de voir, ça se trouve comme chez G, un investisseur, il a lâché, il a désintéressé ou comme c'était à l'époque où ils allaient faire aussi, en même temps, il y avait le projet Riyad Season, tu sais, en Arabie Saoudite. Ouais, long bâtiment. Neom et tout machin, un Inde, peut-être c'était un coup de hype.
- Speaker
ils se sont fait éteindre tu vois je sais pas mais genre ah mais c'est des projets tellement conséquents rien moi je saurais pas faire ça quoi ça demande du temps de l'argent enfin même beaucoup d'investissement ne serait-ce que humain tu vois ah ouais et à contrario une personne avec qui t'as détesté t'as fait en star détesté ou ça t'a saoulé pas forcément détesté mais au moins ça t'a saoulé quoi
- Siwan
tu n'as pas envie de sortir de l'ombre ? si je vais en sortir un je réfléchis entre deux parce qu'il y en a un c'est pas une star mais genre les gens surtout les noms, les gars en banlieue les gens pensent qu'il est un peu connu il y en a deux mais je l'hésite en vrai je vais t'en donner deux il y en a un avec qui j'ai détesté travailler c'est Rof j'aime pas Je... J'aime pas frérot, c'est... Musicalement, t'as vu, j'ai bercé mon enfance. Dans ma famille, tout le monde écoutait Rof, t'as vu ? J'ai écouté Rof, j'écoute encore Rof. Mais travailler, ouais, Rof. Et le deuxième, c'est... Le deuxième, c'est un manager. C'est pas un artiste. Mais peut-être que tu le connais, c'est Mani. Mani Nordin. Non, ça me tient. C'est un mec qui... C'est lui, il travaillait avec Snoop Dogg, avec tous les artistes et tout. Tu regarderas sur Internet. Moi, j'ai pas aimé l'expérience. Il m'a apporté beaucoup de choses, mais c'était plus de la perte de temps que de durer à l'avance. On arrive bientôt à la fin. Aujourd'hui, qu'est-ce que tu fais ? Alors aujourd'hui, je fais une interview. Logique. En ce moment, j'ai mis la vidéo de côté. Je me suis donné des objectifs et j'ai atteint ces objectifs. Maintenant, pour moi, je vais prendre un virage. Je vais continuer la vidéo pour moi, pour mes projets, pour les autres trucs que je vais sortir. Mais là, maintenant, je fais du son. Depuis, ça fait un an et demi. Et ça fait un an, même pas, depuis mars dernier, pardon. Depuis mars dernier, je commence à faire des dates.
- Speaker
Donc mars 2024.
- Siwan
Je mixe et tout. Et en gros, je commence à sortir des tracks. Je fais de la musique électronique. J'ai sorti des projets avec d'autres DJ aussi. Et je commence à jouer. Là, le 31 décembre, j'ai un festival. Après, je vais au Maroc. Je vais jouer à Casablanca dans un club. À Marrakech. J'ai deux dates à Marrakech. Après, je vais peut-être retourner aux Etats-Unis. Là je suis dans ça en fait, là je fais de la musique, j'essaye un peu de calquer l'expérience que j'ai eu dans la vidéo mais dans la musique parce qu'en fait c'est l'audiovisuel, c'est pas l'un ou l'autre, c'est l'un et l'autre, ça va ensemble. Et j'ai fait de la vidéo et là maintenant je suis dans le son et je m'épanouis d'une manière différente. contrairement à la vidéo c'est un métier où tu es pas derrière la caméra mais devant la caméra donc il ya une autre approche en termes d'image mais avec l'expérience que j'ai eue dans la vidéo je j'appréhende le truc bien tu vois j'ai
- Speaker
l'impression que c'est une question de timing c'est à dire que est ce que tu dis pas ouais c'est ton moment à toi aussi de peut-être pas pas de briller face caméra, de manière... Pas forcément être dans l'ego. Mais peut-être que par rapport avec tout ce que tu as vécu, tu sens le potentiel et peut-être que tu te dis que c'est ton moment à toi aussi, non ?
- Siwan
Non, en fait, tu sais c'est quoi ? C'est pas forcément ça, il y a un peu de ça, mais c'est pas forcément la gloire ou quoi que ce soit, parce que comme je te l'ai dit, moi à la base c'est l'humain, moi si je fais de la musique là aujourd'hui, c'est pour... C'est vraiment pour déjà m'exprimer à travers un autre format que la vidéo. Et aussi, c'est plus, j'ai fait la vidéo, je fais le son, je vois ça donne quoi. J'essaie un peu de calquer le process, voir où ça me mène. Je me suis donné des objectifs comme je me suis donné des objectifs dans la vidéo. Et une fois que je les ai atteints, je vais voir. Moi, c'est comme ça. Les objectifs, ce n'est pas des objectifs être connu ou être riche, etc. C'est des objectifs de performance musicale, genre certains prix, certaines choses, certaines habilités. Et une fois que j'ai ça, je vais essayer de voir ce que je peux en faire avec la vidéo, avec tout ça. Mais là, aujourd'hui, je suis DJ, je mixe dans des clubs et dans des festivals. Je sors des tracks sur les plateformes. Mais ça se trouve, dans 15 ans, je continuerai de faire ça peut-être, mais il y aura un virage encore. C'est vraiment, en fait, moi, je le vois plus comme des étapes pour atteindre, en fait, un objectif final, tu vois. Et je vais te prendre l'exemple d'un gars comme Virgil Abloh, par exemple, ou Skepta, t'as vu, c'est des gars qui sont rappeurs, réalisateurs, designers, directeurs artistiques, DJs. Et les gars, ils se mélangent. Ils sont pas dans le brouillard, t'as vu ? Tout est très bien distinct, tu vois. Et moi, c'est plus une démarche comme ça que j'aimerais avoir. C'est de pouvoir, en fait, proposer beaucoup de choses, t'as vu ? Par exemple, si un jour, j'ai une marque de luxe qui me contacte pour faire une pub, je peux la faire. Et pour l'avant-première de cette pub, je peux mixer, tu vois. Genre, c'est vraiment un peu plus comme ça. Et là, c'est ça. C'est ça qui se passe, là. Là, c'est que je suis dans la musique. Je veux collaborer avec des artistes et je veux sortir beaucoup de tracks, faire beaucoup de dates, m'étendre un peu sur le monde et présenter déjà musicalement ce que je peux faire.
- Speaker
Grosse force pour ça déjà. On arrive à la dernière, à la touche artisan de l'esprit. À la fin de chaque interview, j'essaie tant mieux que mal de faire un parallèle avec les cultures urbaines et ton parcours. et je suis tombé sur une vidéo de Fianso je vais te la montrer l'inconscience c'est énorme chez nous le plus fou,
- Ossama
tout le monde l'aime le savoir c'est un calvaire parce que ça te met tellement de limites avoir un minimum de réflexion, c'est pas de la peur c'est de la réflexion, être intelligent pas avoir des réactions disproportionnées pas tirer sur un mec pour un peu d'argent pas se rendre compte qu'il y a un million de trucs qui valent pas le coup, tu vois ce que je veux dire et le savoir c'est un calvaire Merci. T'as plus les mêmes armes que tout le monde. Toi, tu fais plus le fou. T'as un but, t'as un objectif dans ta vie. T'es concentré, t'essayes d'aller dans le bien. Celui qui fait le fou, à côté de toi, ça rendra peut-être compte à 45 ans. Tout de suite. T'as vu l'asta ? Tout le monde le kiffe.
- Speaker
Est-ce que tu t'es reconnu un peu dans ce personnage ? Pas un personnage.
- Siwan
Par rapport à la question de le savoir s'incalvaire, en fait, il a raison sur un point. En fait, quand toi, tu sais des choses essentielles, Selon toi, c'est essentiel de savoir ça. Qu'il y a des gens qui ne le savent pas. Et que du coup, devant toi, tu vois en fait, qu'ils ne font pas ce que tu fais. Mais c'est essentiel en fait. Le respect, les trucs, mettre son écho de côté. Quand tu vois des gens qui font ça, alors que si ils avaient la réflexion et le recul de savoir ces choses-là mais qu'ils ne le savent pas, c'est frustrant. C'est pour ça qu'ils disent que c'est un calvaire. Et en fait, le calvaire, il est dans quoi ? C'est que tu vois, en fait, c'est du gâchis. Ouais. Tu vois, c'est ça, en fait, le problème. C'est que, comme t'es... Je vais te donner un exemple. Vas-y. T'es né en 90. En 2005, t'as 15 ans. OK ? Tu connais cette période 2005. T'as vu en 2005 ? T'as 15 ans. On est en 2025. Ok. C'est-à-dire, t'as quel âge là ?
- Speaker
2005, t'as 15 ans.
- Siwan
Ouais.
- Speaker
T'as 35 ans. 2025, t'as 20 ans de plus.
- Siwan
Donc t'as 35 ans. Ouais. Prends ce gars-là, qui est né en 90, et il est là aujourd'hui en 2025, est-ce qu'il a le même recul que ce petit jeune par exemple ? Non. Ouais. Il l'a pas. Mais c'est normal. Et en fait... Pour pallier à ça, en gros, pour éviter de créer ce genre de problème dans les quartiers, les problèmes... Nous, on appelle ça les problèmes neufs. C'est ton neufs, c'est ton égo. T'avais le problème d'égo, les problèmes... Mais c'est dû à quoi ? C'est dû à la jalousie, c'est dû à plein de choses. Et ça rentre aussi dans l'éducation. Là, on rentre dans un truc un peu plus deep, un peu plus profond. Mais pour faire court... Moi je comprends ce qu'il dit. sur le côté, ah vas-y, s'il met son égo de côté, qu'il a un peu plus les pieds sur terre et qu'il a un peu plus Hanin, t'as vu, t'as un peu plus un bon, en fait, dans ta vie, tu ferais beaucoup de choses, en tout cas, moi, je pense.
- Speaker
C'est ça,
- Siwan
en fait, qu'il dit.
- Speaker
C'est ce qu'il dit, mais ce que j'aimerais savoir, c'est est-ce que toi, tu t'es pas retrouvé dans des situations où t'as failli sombrer un peu dans le côté obscur, tu vois ? Parce que t'as fait Paris, t'as fait le monde entier.
- Siwan
Sombré par rapport à quoi ? Je sais pas, peut-être... Me noyer dans des plaisirs.
- Speaker
Peut-être.
- Siwan
Non, parce que moi, comme je t'ai dit, moi j'ai vite compris en fait que t'as vu, ici, sur cette terre, frérot, c'est... Faut travailler, t'as vu, faut être concentré. Tu te renseignes un peu, t'es curieux, frérot, tu regardes les parcours des gens. Moi, j'ai rencontré des mecs comme Tommy Lee. Tu connais Tomili ? Tomili, c'est un batteur, c'est un batteur, c'est le batteur du Motley Crue. Ce gars-là, dans les années 90, il était avec Pamela Anderson. Je t'enverrai des photos, tu les mettras si tu veux. T'as vu Tomili ? Ce gars-là, je parlais avec lui et on sortait de chez Philippe Lain, de chez lui, sa maison. Je parlais avec lui vite fait. Il m'a dit « reste concentré, il fait pas comme moi » . Il m'a dit ça. Restez focus. Me direz si vous ne vous concentrez pas comme moi. Et en fait, ces gens-là, ils admettent qu'ils ont commis des erreurs dans leur vie, t'as vu. Et en fait, tu le vois sur quoi ? Il y a des gens, tu regardes, ils sont au top. Et en fait, comme ils ont un train de vie où ils ont un peu glissé, t'as vu, tu vois, en fait, leur carrière, elle prend un coup. Ils ont, je ne sais pas, c'est la crise dans leur société, où ils sont accusés de viol, où ils ont des... des problèmes de drogue ou d'alcool. Eh gros, il y a des histoires comme ça, il y en a trop, non ? En fait, moi, ma question, c'est d'accord. Ça, ça peut nier à ta carrière. Ta carrière, c'est quoi ? C'est des années de travail. Pour pas que ça nuit à ma carrière, qu'est-ce que je dois faire ? Bah écoute, quand je vais travailler et qu'on me propose des after, des trucs, je vais y aller, mais chill. J'arrive le dernier, je repars le premier. T'as vu ? Quand je suis entouré avec des gens et qu'on me propose des trucs que j'ai pas envie, je dis non. Et je dis pourquoi ? Et je dis parce que moi je fais pas ça, je suis pas comme ça. Et en fait, au début, les gens vont te mettre un peu, ils vont créer une distance. Mais après, ils vont se rendre compte d'un truc. Ils vont dire, ouais mais en fait, ce gars-là, il est lui-même.
- Speaker
Authentique.
- Siwan
Et en fait, une fois que les gens savent que t'es authentique, mais ils meurent pour toi. Ça met un peu plus de temps, mais après... Au début, les gens vont rigoler. Ils vont pas te calculer. Mais après, ils meurent pour toi. Moi, j'ai des gens, je te jure, que j'ai rencontrés dans ma vie, et je les considère de fous. Et ça fait 18 mois, 20 mois, 40 mois, je les ai pas vus. Mais demain, je vais le voir, je dors chez lui. Je l'ai au téléphone tous les 2 mois, 3 mois. Mais genre, c'est parce qu'ils savent qui je suis, et je sais qu'ils sont... Et en fait, c'est ça le problème. C'est que si tu glisses, c'est que t'as changé ton idée de base. Donc t'es un peu moins toi-même. Tu vois, c'est ça en fait.
- Speaker
Je vois très bien. Dernière question pour toi. Comme les nègres marrons, si tu devais faire le bilan.
- Siwan
C'est pas maintenant le bilan, moi. Là, je vais te faire une petite synthèse. Mais le bilan, c'est dans longtemps.
- Speaker
Fais-moi ta petite synthèse.
- Siwan
Une petite synthèse. Écoute, par rapport à mon parcours, si je devrais faire même pas une synthèse, on va dire une première conclusion, c'est une conclusion de leçons qui sont de travailler dur pour atteindre ses objectifs, rester soi-même et pas changer peu importe les conditions parce qu'à la finalité, c'est toi qui perds, si t'es pas toi-même. Ne pas se fier aux autres et se fier à soi-même, à ses idées, à sa poche. Et être très patient. C'est tout.
- Speaker
C'est peut-être une bonne conclusion.
- Siwan
Oh non.
- Speaker
Il faut rester concentré, les amis. Il faut rester focus. En tout cas, merci à toi.
- Siwan
Avec plaisir.
- Speaker
Vraiment, merci de nous avoir reçus. Big up à l'ex-camarade à la caméra. Ouais,
- Siwan
c'est un bon gars.
- Speaker
Et écoutez, on se revoit très très vite pour un prochain épisode.