- Speaker #0
Bienvenue sur Arty Time, ta dose d'humour culturel. Je te parle d'artistes morts ou vivants ou morts-vivants. De lieux culturels à absolument visiter et les autres à absolument... Absolument éviter ! Je te fais des résumés, des expositions si t'as la flemme d'y aller et que tu veux briller à la machine à café ou le dimanche midi chez ta belle-mère. Ne me remercie pas, c'est gratuit ! Enfin, tu peux quand même lâcher un petit commentaire, ça serait sympa. Allez, bonne écoute ! Coucou mes petits curieux ! Très heureuse de vous retrouver pour cette nouvelle saison, la cinquième déjà de votre podcast artistique préféré, j'espère ! qui se consomme comme une petite pastille Valda à la menthe, idéale pour chouchouter votre gorge asséchée en ce début d'année de mois de janvier 2026. Cet épisode n'est pas sponsorisé par Valda, mais plutôt par une marque de carton. Car oui, aujourd'hui on va parler de la plus déménageuse des artistes, Eva Jospin. Puisque si vous ne la connaissez pas encore, sachez qu'elle travaille le carton pour ses œuvres. Je suis toujours Célia Rastoin, l'heureuse plume de ce podcast. Le reste du temps, je suis consultante organisatrice en communication et ça m'arrive même de faire des podcasts pour des entreprises. Mais on n'est pas là pour parler de ça. Aujourd'hui, on plonge dans les forêts d'Eva Jospin, artiste plasticienne née en 1975 à Paris. Elle est devenue l'une des plus grandes figures de la sculpture contemporaine française en taillant du carton comme d'autres taillent de la pierre. Cette artiste plasticienne dont le travail tourne autour du paysage, de l'architecture et de la création d'espaces immersifs avec... un matériau qui semble humble au départ, mais elle le transforme en matière noble du carton. Comme vous ne semblez obnubilé que par une seule chose depuis le début de cet épisode, je vais de suite lever le mystère. Oui, c'est bien la fille de l'ancien Premier ministre Lionel Jospin. Mais rassurez-vous, ce ne sont pas les débats à l'Assemblée nationale qui ont construit ces forêts. Quoiqu'elle aurait eu le temps. Mais plutôt des heures de travail à l'atelier cutter à la main. Et donc pour passer du statut « j'aime créer » au statut « abonnez-vous » , artiste reconnu, il y a eu un endroit par lequel beaucoup transitent, l'École Nationale Supérieure des Beaux-Arts. Eva Jospin y étudie et obtient en 2002 son diplôme. C'est là qu'elle forge son langage plastique, qu'elle explore la sculpture, le volume et pose les bases de ce qui deviendra ses plus grands paysages sculptés, notamment ses forêts. Certains accumulent des partiels, elle accumule des couches de carton. Son œuvre s'inscrit très vite dans un dialogue avec l'histoire de l'art. Elle s'intéresse aux jardins historiques, aux grottes artificielle et aux architectures imaginaires. Et à tout ce qui transforme un paysage en décor construit presque mental. Mais bon, faut quand même parler de ce fameux carton. Pas celui qui finit à la poubelle après un déménagement, quoique ça commence souvent comme ça, mais plutôt un matériau qu'elle découpe, qu'elle plisse, qu'elle assemble pour en faire des forêts, des grottes, des architectures extrêmement détaillées. Ces œuvres sont souvent des bas-reliefs ou des installations monumentales où le carton est travaillé en strates, comme si on creusait une peau parois rocheuses ou en sous-bois. Le résultat, c'est un paysage sculpté où on a envie de s'avancer, de regarder de près et où le simple matériau de récupération devient un objet de contemplation, quasi hypnotique. Elle décline aussi en dessin, en broderie, en bronze. Son travail est traversé par des références historiques, des jardins baroques italiens, les grottes du XVIIIe siècle, les folies et les architectures de théâtre et surtout les vues en perspective. Ces paysages, c'est pas des copies de la nature, mais plutôt des constructions qui rejouent l'histoire de ces jardins et de ces décors. On est quelque part entre la sculpture, la maquette architecturale et le décor de Seine, avec cette ambiance de forêt intérieure où l'on sent autant la culture que la nature. Bref, vous l'aurez compris, je suis fan de cette randonnée conceptuelle. En 2015, elle reçoit le prix de l'Académie des Beaux-Arts, prix de sculpture Frédéric et Jean de Vernon.
- Speaker #1
Euh... Jamais entendu parler.
- Speaker #0
Bah moi non plus ! Mais sachez qu'il s'agit d'une distinction importante. En 2016-2017, elle est pensionnaire à la Villa Medicis de Rome.
- Speaker #1
Ah ça je connais !
- Speaker #0
Oui, c'est-à-dire l'Académie de France à Rome. Un lieu pile poil pour elle, puisque se croisent jardin, architecture, histoire et création contemporaine. Un terrain de jeu nickel pour ses recherches. Et cerise sur le carton, en 2024, elle est élue membre de l'Académie des Beaux-Arts, l'une des plus anciennes institutions artistiques françaises, au sein de la section de sculpture. Bon alors là, elle plie le game. On la fait rentrer officiellement dans le cercle des artistes reconnus. Et depuis le début des années 2010, on croise les oeuvres d'Eva Jospin dans beaucoup de lieux importants. En France, lieux comme le Palais de Tokyo à Paris, notamment dans son exposition Inside en 2014, où ces paysages en carton participent à une réflexion. sur l'espace intérieur et la perception. Elle expose aussi également au domaine de Chaumont-sur-Loire, je vous en parle souvent de ce lieu magique avec le Festival des Jardins. Ses installations voyagent aussi.
- Speaker #1
Ce qui est pratique c'est qu'elles sont facilement emballables ces œuvres du coup.
- Speaker #0
Effectivement, dans des musées, des fondations, des centres d'art en France et à l'international. Et elle collabore avec des institutions et des maisons prestigieuses comme Dior pour laquelle elle a créé un sac à main sublime. Bon maintenant qu'on sait à peu près qui est Eva Jospin, On sait qu'elle transforme des cartons de déménagement en cathédrales gothiques. J'ai envie de finir cet épisode en vous parlant un peu de son expo grotesco, en ce moment même au Grand Palais. Et vous y verrez quoi ! Plus de 15 œuvres, dont plusieurs ont été créées spécialement pour l'occasion. On y déambule dans un univers foisonnant de forêts, de grottes, de ruines architecturales, de promontoires, d'habitations troglodytes. Le titre « Grotte » fait référence à la légende romaine du jeune homme qui découvre par hasard les fresques de la Domus Ornithi. Ausha de Néron, ensevelie depuis des siècles. Ses motifs, entrelacés de végétaux d'architecture et de fantastique, donnent naissance au style grotesque de la Renaissance. C'est exactement l'univers des Vages aux Spins, un monde en perpétuelle transformation, où chaque œuvre révèle de nouveaux motifs. Et parmi les pièces inédites, une série de bas-reliefs brodées, splendides. Elles fusionnent ici sa maîtrise du carton avec le textile, où la sculpture rencontre la délicatesse de la broderie. Un délice à regarder ! Ces œuvres mêlent petits formats raffinés et des œuvres monumentales spectaculaires. Mais je ne vous en dis pas plus. Ah si, quand même, un autre truc. En ce moment, juste en face de la salle d'Eva, vous pourrez aussi découvrir le travail tout aussi sublime de Claire Tabouret que j'avais découvert à la Biennale de Venise. Elle y présente son expo d'un seul souffle, les coulisses de ses vitraux pour Notre-Dame. Donc d'un côté, les forêts de carton et de l'autre, des maquettes de vitraux contemporains. Végétal fantastique versus lumière sacrée Le Grand Palais adore ces contrastes, et moi aussi. Courez voir cette expo qui a transformé le Grand Palais en grotte baroque 2.0. C'est probablement l'expo la plus hypnotique de ce début 2026.
- Speaker #1
Cet épisode, il va m'écartonner !
- Speaker #0
Je vous laisse là-dessus. A bientôt mes petits curieux ! Ça t'a plu ? Laisse-moi un gentil commentaire, ça aidera mes amis les algorithmes à propulser ce podcast. Et parle-en autour de toi, à la machine à café, dans le métro... Bah tiens oui, si là t'es dans le métro, en ce moment, parle-en à ton voisin. Tu peux aussi lui parler de la page Instagram d'Artitaïm. Merci, allez, bisous bisous !