- Speaker #0
Et là, j'en ai un. C'est assez dur pour moi de commencer l'interview sans l'avoir mangé.
- Speaker #1
On pourra faire une pause. Tu as le droit de manger ton pain au chocolat. Non,
- Speaker #0
ce sera la récompense. Trop bien.
- Speaker #1
Le son est bon. Génial.
- Speaker #0
Je sens que je suis en train de... Tu vois j'ai les prix et donc je suis désolé pour ça.
- Speaker #1
C'est pas grave tu diras que tu es en train de te moucher, il n'y a pas de problème. Moi ça me va la spontanéité.
- Speaker #0
Non mais même pour vous voilà bon je sais pas ce que j'ai. Ah oui ah oui non. Mais bon voilà.
- Speaker #2
Je pense que ce sera Célia qui va monter l'épisode.
- Speaker #1
Ouais ouais ouais.
- Speaker #2
Le but en fait c'est de garder le côté naturel de l'épisode. Ah non pardon.
- Speaker #0
La santé pour vous. Ah ouais ouais. Dans la pièce. Ok. Parce que j'étais en train de me dire j'ai même pas de masque et bon.
- Speaker #2
ça je sais pas si c'est important de le rappeler en fait on est pas dans les conditions du direct on faut faire comme si c'était tout comme oui après de toute façon tu montes c'est ce que j'allais te dire c'est au cas où tu bafouilles moi je coupe quelqu'un d'autre le fera avant moi je sais pas encore c'est de reprendre le début de sa phrase ça marche pas de soucis absolument merci je vous souhaite un bon podcast merci carrément effectivement j'ai pas mis le cadre parce qu'habituellement,
- Speaker #1
c'est moi qui fais tout ça. d'accord ah oui oui évidemment je le fais à la maison et là il fait en plus atrocement chaud donc chez moi pire que ici surtout la bonne qualité de son et d'image donc ça c'est chouette tant mieux et effectivement si tu bafouilles si tu dis en fait là la phrase elle est mal sortie ça me plaît pas je veux recommencer voilà en termes de timing en général on est sur de la discussion de 35 à 40 minutes ok aussi parce que je pose des questions et tu me posais la question d'est-ce que je dois beaucoup répondre A toi de voir, moi c'est compté comme, je vois le timing et je sais que là il faut s'arrêter, aussi parce que, en termes d'écologie, toujours pareil, de contenu, en fait les gens n'ont pas le temps de s'écouter plus de 40 minutes, donc c'était plutôt à ce niveau-là, mais voilà, on aura de toute façon partagé des choses et je rajouterai les éléments que tu me disais.
- Speaker #2
Voilà,
- Speaker #1
ça marche, c'est parfait. Et aucun souci si tu te mouches. C'est normal, on est des humains.
- Speaker #0
Oui, ça m'a fait de la spontanéité. Tu me dis quand on condense.
- Speaker #1
C'est parti. Hello mes petits curieux et bienvenue à bord de ce nouvel épisode d'Artytime avec. Et aujourd'hui, je suis hyper contente de recevoir Marine Galland. Bienvenue Marine.
- Speaker #0
Merci beaucoup Célia. Bienvenue à toi aussi.
- Speaker #1
Merci. Moi je suis toujours Célia Rastoin. l'heureuse propriétaire et productrice de ce podcast. Et le reste du temps, je suis consultante en communication et formatrice. Mais on n'est pas là pour parler de ça. On est là pour parler de toi, Marine, et d'autres artistes. Mais d'abord, est-ce que tu veux bien te présenter ?
- Speaker #0
Oui. Alors, je suis Marine Galland. J'ai 41 ans aujourd'hui, en 2026. Et je suis ce qu'on appelle une slasheuse. Donc, je vis de différentes activités. Je suis comédienne, improvisatrice, voix off. Et je suis en passe d'être chanteuse, voilà, nouvelle casquette, et par ailleurs je suis conférencière, coach de vie, formatrice, soft skills, et aussi prof de fitness.
- Speaker #1
Génial, rien que ça, il y a déjà beaucoup de choses en effet miroir qui nous ressemblent, j'adore. Moi je t'ai découverte, surtout dans la pièce, une année de réchauffement, et je suis super heureuse de t'avoir à mon micro aujourd'hui. Tu connais le principe de mes épisodes, parce que je crois que t'en as écouté beaucoup pour te préparer. Merci pour ça. On est là pour parler d'une artiste en particulier que tu aimes beaucoup. Je te laisse m'annoncer le nom et peut-être la présenter brièvement.
- Speaker #0
Il s'agit de Niki de Saint-Fal.
- Speaker #1
Que j'adore moi aussi.
- Speaker #0
Du coup, je n'ai même pas vu que tu avais fait un épisode dessus. Donc chers auditeurs, auditrices, je vous invite à aller voir l'épisode aussi.
- Speaker #1
Effectivement, je l'avais mise à l'honneur. J'avais parlé de la fontaine Stravinsky à Beaubourg. Tu te souviens de la première fois que tu étais en contact avec elle ?
- Speaker #0
Alors j'en ai entendu parler par ma mère dans les années je pense 90.
- Speaker #1
Donc t'avais une petite dizaine d'années.
- Speaker #0
Ouais c'est ça. Et en fait il y avait, donc ma mère qui gérait une association qui proposait des activités artistiques pour les enfants, avait dans les élèves une descendante de Nikit Sinfal. Et donc elle parlait énormément avec la mère de l'élève. Donc je sais plus ce qu'elle disait mais ce nom était à la maison. Et de coup, elle m'avait parlé de ses créations, elle m'avait montré des photos, etc.
- Speaker #1
C'est une artiste franco-américaine née en 1930, marquée profondément par l'art contemporain. Ces œuvres, comment tu pourrais les traduire ? Quelques mots pour ceux qui ne la connaissent pas.
- Speaker #0
Audace, volume, couleur, elle prend la place. Et puis, liberté aussi.
- Speaker #1
Très féministe aussi, hyper engagée là-dedans. Il y a peut-être que tu l'as vu, un biopic de Céline Salette, avec Charlotte Lebon, qui est incroyable, et qui raconte tout ça, tout son parcours, parce qu'elle a aussi été marquée comme beaucoup de femmes, et surtout, elle a été violée pour dire les choses clairement, et donc ça aussi traduit sa production artistique après. Je trouve qu'il y a quelque chose quand même qui résonne vachement avec ton parcours de slasheuse, d'improvisatrice, tout ce que tu m'as dit. C'est donc cette idée qu'on peut avoir plusieurs vies en une vie. Et donc effectivement tu vis tout ça. Est-ce que tu as parfois l'impression que, comme Niki de Saint-Fal, de refuser qu'on t'enferme dans une seule case ? Et qu'est-ce que ça produit le fait de ne pas être dans une seule case ?
- Speaker #0
Oui, alors c'est quelque chose de très important pour moi. Parce que j'ai beaucoup souffert de ça il y a un peu plus de dix ans, maintenant beaucoup moins, parce que j'ai l'impression que la pluridisciplinarité est plus acceptée, plus de normes. Mais c'est vrai que je revois plein de gens me dire, mais en fait, tu fais quoi exactement ? C'est quoi ton métier sous-entendu ? Si tu ne te spécialises pas dans une chose, tu ne la maîtrises pas bien. Et j'avais vu un TEDx à l'époque qui s'appelait Multipotentiel. Et c'est gens qui sont plutôt horizontaux et pas verticaux. Et du coup, des touches à tout. Et en fait, c'est des profils, c'est des personnalités. Et ça m'a fait un bien fou le jour où j'ai entendu le terme « slash » . Je me suis dit, si vous voulez me mettre dans une case, je serai slasheuse. Et il y aura plein de choses dedans.
- Speaker #1
Niki de Saint-Val, elle transformait souvent ses blessures, ses colères, on l'a dit un peu en intro, très colorées, très vivantes. Est-ce que toi, l'humour, l'impro ou la scène, ça t'aide aussi à transformer certaines émotions qui auraient pu être compliquées ?
- Speaker #0
Oui, complètement. C'est en ça que j'ai aussi adoré la suivre, ou en tout cas rétrospectivement comprendre son parcours, parce que je trouve que l'art en thérapie, c'est incroyable. Et je crois que le fil rouge peut-être de toutes mes casquettes, c'est peut-être les émotions et la gestion des émotions. Et donc quand je coach ou quand je forme sur ces sujets-là, j'aide les gens à mieux gérer leurs émotions. Mais quand je joue sur scène ou quand je chante ou quand j'écris des slams... C'est vraiment l'idée de permettre aux gens des purges émotionnelles, de s'autoriser à vivre plein d'émotions dans un endroit safe et en fait ça fait du bien.
- Speaker #1
Est-ce que l'art t'a aidé à des périodes clés de ta vie ?
- Speaker #0
Oui, complètement. Notamment mon passage, ma découverte de la maternité il y a dix ans. C'était une catastrophe Donc voilà je fais partie de ces femmes Qui trouvent ça Bon bref c'est très dur d'être mère On ne s'y attendait pas en fait
- Speaker #1
Moi je partage ça aussi Qu'est-ce que c'est que ce truc qui nous arrive C'était une claque énorme
- Speaker #0
Donc ma première fille a 10 ans La deuxième a 3 ans Et je crois que je n'aime pas vraiment la petite enfance Et heureusement avec le temps à passer Et être maman c'est pas que la petite enfance Heureusement c'est bien fait parce que ça grandit C'est clair C'est clair. et du coup je pense que j'ai traversé une dépression à ce moment là et donc c'est vrai que à ce moment là je jouais énormément sur scène et beaucoup de théâtre d'improvisation et du coup c'était génial j'ai vraiment pu m'autoriser plein de rôles, plein d'émotions différentes et puis à travers les slams aussi j'ai beaucoup écrit de slams sur le rapport à la parentalité ou le rapport notamment à la dépression Oui. Et c'est génial.
- Speaker #1
Du coup, le slam, c'était plutôt des slams humoristiques, plutôt en colère ? Qu'est-ce que ça traduisait ? Non,
- Speaker #0
plutôt vulnérabilité. Colère et vulnérabilité, oui.
- Speaker #1
Tu parlais en introduction, quand tu décrivais les œuvres de Niki, effectivement, elles prennent de la place. Donc, c'est des grosses structures qu'on appelle les nanas. Donc, effectivement, c'est très physique. Ces sculptures prennent de la place. Ça déborde, ça déborde. Toi qui fais, du coup, pas mal d'improvisations, comment tu joues avec ton corps ? et comment pour toi c'est un élément essentiel j'imagine ? Oui,
- Speaker #0
alors j'ai été éduquée avec un père très sportif, donc dans le sport, dans un rapport au corps, le mouvement c'est la vie pour moi vraiment. Et du coup c'est vrai que je fais partie de ces improvisatrices qui improvisent énormément avec l'espace, avec le corps, avec les mimes. J'aime jouer sur des grandes scènes pour pouvoir, même si mes personnages sont peu marqués physiquement, c'est des déplacements aussi qui nourrissent. Et c'est marrant parce que je pense qu'à l'image de Niki, je me raconte depuis que je suis toute petite que je prends trop de place.
- Speaker #1
C'est quelque chose qu'on a pu te dire ou pas ?
- Speaker #0
Je ne sais pas, je ne me rappelle pas précisément, mais en tout cas c'est un truc que je me raconte. Et du coup, je suis toujours en bataille avec ce truc-là, en me disant « attention, je parle trop, je parle trop fort, je prends trop de place même physiquement, je bouge trop » . Et avec le temps, évidemment, j'ai travaillé cette croyance limitante. Mais c'est vrai que souvent en impro, je sors de scène en me disant « Ah, j'espère que j'ai pas pris trop de place par rapport à mes partenaires de jeu. »
- Speaker #1
Ouais, soit trop de place, je te rejoins aussi là-dessus. Et surtout, est-ce que j'ai laissé suffisamment de place à l'autre ?
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Le parallèle, c'est aussi quand tu as tendance à tout faire dans ta vie, parce que tu te dis « c'est à moi de faire, c'est à moi de faire » , et en fait, tu ne laisses pas la personne en face, juste à prendre fait personnel de... Tu fais tout à la maison, charge mentale, mais à quel moment toi-même tu t'imposes ta charge mentale ? Pourquoi tu fais cette action-là, impôts pas prasses, alors qu'en réalité, si tu ne le faisais pas, ça se ferait, quelqu'un d'autre le ferait à ta place. Et plutôt très bien, oui.
- Speaker #0
Effectivement,
- Speaker #1
le mouvement, c'est le médicament. Ça, c'était une ancienne pub de l'assurance maladie.
- Speaker #0
Énorme !
- Speaker #1
Parce qu'en fait, on pense que quand on a mal au dos, il ne faut pas bouger, alors qu'au contraire, le mouvement, c'est le médicament. On est d'accord. On sent la fubarde. Et tu enseignes donc l'improvisation. aussi effectivement est-ce qu'apprendre à improviser c'est aussi apprendre à accepter l'imprévu, le désordre évidemment ça j'imagine que c'est dur chez certains apprenants parce que du coup t'es aussi formatrice oui je suis prof d'impro comment tu t'arrives à si quelqu'un là demain se dit j'arrive pas à faire de l'impro c'est quoi les tips que tu pourrais donner ?
- Speaker #0
la base, le premier outil c'est d'étendre notre rapport à l'erreur Merci.
- Speaker #1
Je crois que tu allais dire, le lâcher prise, ça me va bien, j'aime bien quand on parle d'erreur.
- Speaker #0
Oui, oui, c'est le lâcher prise, c'est le laisser aller. En tout cas, c'est vraiment changer son état d'esprit sur le fait qu'en fait, il n'y a pas d'erreur dans la vie. C'est juste des imprévus. Et les imprévus, c'est génial parce que c'est source de créativité, d'opportunité. Donc, c'est un peu ça les concepts de l'impro. Et après, l'idée, c'est de travailler en jeu. Donc, on fait plein d'exercices qu'on appelle Brian Fuck. qui vont court-circuiter notre cerveau, où forcément, on ne va plus contrôler et on va se planter. Et on finit les exercices qui sont impossibles à réussir en se plantant et on dit « Ouais, je me suis plantée ! » Pour vraiment ancrer au plus profond de nous que se planter, c'est génial. Et plus on va être détendu par rapport à ça, plus on va être audacieux, audacieuse, on va prendre des risques et on va improviser.
- Speaker #1
Tu dirais que c'est quand même très inscrit dans la culture plutôt française. J'ai l'impression que c'est un peu moins inscrit dans la culture américaine, si je fais le parallèle. Peut-être qu'on n'a pas la réponse. Que le fait justement qu'aux Etats-Unis on... On célèbre ! Ah oui, complètement ! On célèbre aussi les erreurs.
- Speaker #0
Oui, oui, c'est triculturel. En France, on est beaucoup aussi dans l'éducation. Stylo rouge, stylo vert, c'est bien, c'est mal. Donc oui, il y a quelque chose à déconstruire, à désapprendre pour apprendre autrement. Et on dit souvent que 80% de la réussite d'une improvisation, c'est lié à notre attitude. Et tant qu'on est... On appelle ça H2S, à l'école dans laquelle j'enseigne, les impronotes, Happy Healthy Sexy. C'est juste une posture ouverte et enthousiaste, confiant, quoi qu'il arrive c'est bon.
- Speaker #1
Il faut aussi avoir vachement confiance en soi pour pouvoir accepter ça, je trouve que...
- Speaker #0
Ça se travaille, vraiment, c'est à la portée de tout le monde, c'est juste que ça se muscle.
- Speaker #1
Il y a eu d'autres accidents, comme tu le décris, dans d'autres parties de tous tes côtés slasheuses, d'autres parties de ta vie.
- Speaker #0
J'ai eu des accidents physiques il n'y a pas longtemps. Je n'ai pas l'exemple là, mais il y a eu plein d'accidents. Je pense que dans mon parcours, ne serait-ce que la naissance de ma première fille qui a été catastrophique, j'ai eu vraiment l'impression de me planter, de me dire pourquoi je suis devenue maman ? Je fais peut-être partie de ces femmes qui auraient pu s'épanouir autrement. Mais au final, rétrospectivement, cet accident m'a permis de me reconvertir parce qu'initialement je travaillais en entreprise dans les cabinets de conseil. Et finalement, ma fille, c'est ma première source de créativité. Plein d'égards. Donc voilà, il n'y a pas d'accident. Il n'y a que des opportunités de rebond et de création.
- Speaker #1
Oui, d'apprendre. Est-ce que tu dirais, du coup, tu as fait une deuxième ? J'espère qu'à un moment donné, elles vont peut-être écouter ces épisodes. Quand elles seront plus grandes !
- Speaker #0
Et je les aime très fort !
- Speaker #1
Du coup, la deuxième, tu t'es dit, moi j'ai qu'une fille. Je me suis arrêtée à une en me disant, oh mon Dieu, la catastrophe ! Je vais pouvoir faire une deuxième. Et souvent, je me suis quand même dit, ah mais mince, parce que la deuxième... Ça aurait été nickel quoi, mais en même temps non parce que forcément tu ne sais pas ce qui va arriver. Mais toi tu t'es plutôt dit je vais faire la deuxième pour pouvoir appliquer tout ce que je n'ai pas appliqué pour la première ?
- Speaker #0
Ah c'est une bonne question. Bah en fait déjà je me suis séparée du papa de la première fille et j'ai rencontré un autre conjoint qui n'avait pas d'enfant. Il m'avait dit que c'était complètement ok de ne pas en avoir d'autre puisque... Juliette, la première, était aussi devenue quelque part sa fille, elle était devenue beau-père. Mais je crois que moi j'avais envie de... c'est le goût du risque. Le goût de me dire je suis tombée à cheval, j'ai envie de retenter l'expérience. Parce que ça m'a aussi apporté des trucs énormes. Et du coup, ça a été un peu moins dur, mais c'est quand même... Oh là là, j'en chie ! Un petit enfant, c'est dur !
- Speaker #1
Elle en a chié aussi, Nikit Sanfal ?
- Speaker #0
Oui ! C'est ça aussi que j'ai trouvé merveilleux dans son histoire. Et elle a dit toute petite à sa mère, que pour elle, le royaume de sa mère, c'était sa maison en fait. C'était une femme de l'époque, femme au foyer, qui était la reine dans ce royaume. Et elle lui a dit toute petite, un jour où elle pliait le linge, mais c'est horrible ta vie, je serai jamais comme toi. Et je trouvais ça fou, surtout à son époque pour le coup, Niquide Saint-Faël est dans les années 30 je crois. Oui,
- Speaker #1
1930.
- Speaker #0
Et du coup je trouve ça formidable de s'affranchir de modèles parentaux. Et j'ai pu vivre un peu ça peut-être avec ma mère, qui pour moi a été aussi la reine de son royaume, qui a été une cuisinière, une femme au foyer, une mère incroyable, c'est une grand-mère incroyable. Et c'est aussi une artiste amatrice, notamment justement peintre, art plastique, etc. Et je trouve qu'elle a un talent fabuleux. Et je me dis toujours, mais quelle aurait été sa vie si elle n'avait pas été happée par son royaume ? Et c'est ma Niki de Saint-Phale non révélée à moi.
- Speaker #1
C'est une belle déclaration. Du coup, tu as eu l'aspect artistique de ta maman et l'aspect plus physique, tu disais, de ton papa. Oui,
- Speaker #0
et entrepreneurial de mon père. Et mon père aussi m'a transmis le goût de son travail. C'était quelqu'un de passionné par son travail, dans son domaine à lui. Ingénieur sur des moteurs. Mais voilà.
- Speaker #1
Je le disais tout à l'heure, les nanas, ces grosses sculptures colorées, plantureuses, ces nanas de Niki de Saint-Phalle, elles étaient des femmes qui étaient puissantes, joyeuses, énormes, effectivement. Alors, loin des normes. classique qu'on pouvait se faire à l'époque et qu'on se fait encore maintenant, la représentation féminine. Toi, est-ce qu'en tant que comédienne, tu trouves encore, malheureusement, que les femmes ont encore du mal à prendre toute leur place dans le monde du spectacle ? Tu disais, je prends trop de place, mais comment tu vis ça ? Toi qui vis dans ce monde que depuis dix ans finalement, ce qui est déjà un beau...
- Speaker #0
Oui, avant j'étais en amatrice. Alors, les deux m'ont capitaine. C'est-à-dire que le chemin parcouru est... énorme, on revient de loin donc il y a eu plein de belles avancées mais il y a encore plein de choses qui doivent bouger et notamment moi dans le microcosme de l'improvisation théâtrale on a vu des avancées incroyables ne serait-ce que dans la parité des troupes d'impro, ne serait-ce que dans les histoires qu'on raconte j'ai fait partie d'une troupe féministe pendant plusieurs années qui s'appelait Les Impromises et justement on a beaucoup exploré la notion de Merci. de genre sur scène, de quelles histoires on raconte. On était en impro, en plus, tu pars de ta première idée, donc c'est les premiers clichés qui te viennent. Donc on a déjà fait le constat qu'on était beaucoup amenés à jouer les filles 2, les mères 2, les secrétaires 2, les putes 2.
- Speaker #1
Et du coup,
- Speaker #0
on a dû vraiment bosser pour déconstruire ça et de se dire comment faire en sorte que ma première idée, quand je monte sur Sienne, quand on appelle un chirurgien, que ce soit moi qui arrive, en fait. Ce sera moi la chirurgienne et pas l'assistant. Voilà, donc ça a été très joyeux comme exploration. Et je trouve que les lignes ont énormément changé.
- Speaker #1
Il existe aussi des associations qui intègrent et qui demandent à intégrer dans les scénarios plus de biodiversité.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et d'élargir aussi ce spectre. Je fais le parallèle avec ce que tu disais par rapport à la place de la femme. Alors toi, tu fais aussi du coaching. On en a un petit peu parlé tout à l'heure. Tu parlais de l'erreur, le fait que finalement, faire une bonne impro, entre guillemets, ça passe aussi par l'erreur. Si on fait le parallèle avec le monde en entreprise, où l'erreur n'est pas forcément très bien acceptée, est-ce que ça t'arrive de donner des cours, des formations, des tips d'impro dans les entreprises ? Ce serait quoi le conseil côté pro ?
- Speaker #0
Oui, j'interviens beaucoup en entreprise, de moins en moins, mais je suis beaucoup intervenue. Et on leur fait vivre des exercices autour d'improvisation théâtrale pour goûter des temps de ce rapport à l'erreur. Donc il y a ce message qu'on fait beaucoup passer, même si effectivement on a des oui mais dans l'entreprise, oui mais soyons le changement que nous voulons voir dans ce monde. Et l'autre message fort, je pense que c'est la posture, l'attitude de oui et. En impro on a un truc qui s'appelle le oui et.
- Speaker #1
C'est pas oui mais.
- Speaker #0
Voilà c'est ça, qui est un annulateur verbal. Le oui et c'est accept, fucking accept, la proposition de l'autre. Et accepte-la vraiment, c'est pas oui oui, alors attends je vais te parler de mon idée. Et donc, c'est comment je me dis, ce que l'autre me dit, en fait, même si j'ai des a priori, même si ce n'était pas mon idée, en fait, c'est génial. Je mets mon idée à la poubelle et on va partir sur ton idée. Et je me dis comment je vais en faire briller ton idée. Et je me mets dans une posture d'être au service de l'autre pour une véritable collaboration.
- Speaker #1
Il n'y a tellement pas ça en entreprise.
- Speaker #0
Voilà. De temps en temps, mais oui.
- Speaker #1
C'est vraiment mettre l'ego de côté. Oui, c'est clair. C'est presque carrément une façon de vivre en fait. C'est pas seulement que quand t'es sur les planches.
- Speaker #0
Ouais, je suis complètement d'accord. Quand j'ai découvert l'impro il y a 15 ans, et je suis sortie du premier cours d'impro, et je me suis dit what the fuck.
- Speaker #1
C'est ça que je veux faire. Ouais, c'est ça que je veux faire,
- Speaker #0
parce que c'était bien plus que la discipline artistique que je prolongeais. C'était une philosophie de vie, qui m'a aussi beaucoup changé moi en tant qu'individu.
- Speaker #1
Tu me parles un petit peu de la pièce dans laquelle je t'ai découverte ?
- Speaker #0
Une année de réchauffement ? Oui, alors c'est une pièce engagée. Et quand on fait des choses qui permettent aussi de faire passer des messages, c'est toujours très joyeux. Donc c'est une pièce qui a été co-écrite par Julien Kirsch et Timothée Anciot de la compagnie E, E-X. Qui est une impro à la base.
- Speaker #1
Oui, c'est une compagnie d'improvisation.
- Speaker #0
Mais ils font... Mais on ne fait pas que ça, on écrit aussi des pièces. Et donc la pièce a été écrite à l'occasion du Green Summit de Natixis. On avait l'habitude d'intervenir pour eux, on fait des spectacles d'impro pour eux, autour du monde de demain, de l'écologie, etc. Et cette année-là, ils m'ont dit « proposez-nous autre chose » . Et il se trouve que Tim et Julien étaient en train d'écrire. Et donc c'est une pièce d'une heure, c'est une comédie. Ils l'ont voulu vraiment comédie intentionnellement. et qui aborde le sujet du changement climatique à travers le prisme des différents personnages. Et l'idée, c'est de ne pas être moralisateur, mais c'est de balayer à travers l'histoire d'un héros qui va vivre de l'éco-anxiété et qui va essayer désespérément de se sortir de cette éco-anxiété. Et il va être amené à croiser plein de gens différents avec des prismes différents sur le sujet. Et c'est de mettre en lumière qu'on est tous et toutes plein de paradoxes. Donc arrêtons de se juger. Et essayons de se prendre main dans la main avec beaucoup de bienveillance.
- Speaker #1
Oui, très déculpabilisante, j'ai trouvé cette pièce. Moi qui suis très engagée, qui ai été très très très très très engagée, voire extrémiste, voire relou avec tout le monde. D'ailleurs, j'en profite pour m'excuser. Effectivement, là je ressens le besoin de, non pas me déculpabiliser, mais plutôt d'être aussi... Voilà, on a tous nos paradoxes, essayons de... C'est des curseurs, tout n'est pas tout noir, tout blanc, surtout sur ce sujet. où en fait le citoyen n'est pas à l'initiative à 100% des actions qu'il peut mener. Donc voilà, il faut aussi pouvoir respirer à ce niveau-là. Et donc du coup, projet de chanteuse, raconte-nous.
- Speaker #0
Oui, et juste, pardon, je finis sur une année de réchauffement. On va sans doute le rejouer, on est au Funambule Montmartre, on va le rejouer. Et ce qui est génial, c'est qu'en fait, il y a pas mal de gens qui sont venus la voir et qui l'ont commandé pour des événements privés en entreprise. Donc ça, c'est trop chouette. Le plus on va la jouer, le plus on va permettre. circuler les émotions et des prises de conscience, le mieux on se portera.
- Speaker #1
Prise de conscience via l'art, c'est comment tu racontes des récits différemment, et ça impacte ça, je trouve ça hyper intéressant. Surtout à l'heure actuelle où malheureusement ces sujets-là sont quand même grandement mis de côté au profit de budgets alloués à l'IA typiquement, dans des sujets stratégiques. Donc c'est bien de pouvoir conserver ces sujets complètement. C'est clair.
- Speaker #0
Et je te rejoins sur le... Moi j'ai vécu mon féminisme de manière très violente. Quand j'ai donné naissance à ma première fille, pour faire le diagnostic de Nikit-Sinfal, et en fait, j'ai eu vraiment l'impression d'être sortie de la caverne de Platon et de me dire, il faut que j'alerte tout le monde. Le monde n'est pas égalitaire, on est dans des schémas dont on n'a même pas conscience, on a intériorisé des infériorisations, etc. Et c'est vrai que ça a été très violent, pour moi et pour mes proches. Je m'excuse aussi. Et c'est vrai que du coup, l'écologie, j'y suis allée plus tard. Et avec vraiment... Plus cool. Beaucoup plus cool.
- Speaker #1
Du coup, là aussi, t'as été trop. Est-ce que toi aussi, on te dit... Je fais pareil avec moi. Oui. Tu es trop. Toujours trop. Trop de place, tu disais.
- Speaker #0
Oui, oui. Trop. Oui, oui. Trop d'émotions, surtout. Mais en même temps, c'est tellement génial. Oui, oui, bien sûr. Les émotions, c'est la vie. Oui. Donc, chanteuse.
- Speaker #1
Oui. Attends, est-ce que du coup, tu voulais aussi me parler d'un autre artiste ? C'était pas... Non, pas du tout. C'était pas Aurélien Le San dont tu hésitais ?
- Speaker #0
Ah si, c'est vrai. J'avais complètement oublié. J'avais hésité, mais comme c'est un mec, j'ai eu le côté.
- Speaker #1
Écoute, moi aussi, parce que je n'ai pas forcément beaucoup préparé, mais je le connais. Enfin, je le connais. Je connais bien l'artiste. Parce que j'y vois un lien avec le slam, la chanson, a priori, et les textes un peu engagés aussi.
- Speaker #0
Je trouve que c'est un artiste incroyable. Et pour moi, il illustre parfaitement la puissance de l'artiste quand il arrive à vraiment parler de l'intime. Et quand l'intime parle de l'universel et franchement voilà tous ces textes sont géniaux et on sent vraiment qu'il parle de lui vraiment avec son coeur et donc ouais c'est très inspirant
- Speaker #1
Et donc c'est très inspirant pour la neuvième case Oui c'est ça ouais ouais alors donc il y a pour la petite histoire j'ai voulu faire du cinéma
- Speaker #0
En sortant du confinement, je me suis dit « Ah mais je suis comédienne, mais en fait j'ai aussi envie de faire de l'image, nanana » .
- Speaker #1
C'est souvent ce que les gens font aussi, ils commencent par la comédie, par le théâtre, par l'humour, pour pouvoir avoir... Ouais, ouais,
- Speaker #0
alors moi ça n'a jamais été un objectif, vraiment ça ne m'a jamais attiré. En plus, je ne suis pas très cinéphile, je suis boulimique de théâtre depuis des années, mais c'est vrai que le confinement a eu un effet, peut-être parce que justement j'ai regardé beaucoup Netflix. Et je me suis dit « Ok, je vais faire du cinéma, nanana » , donc je suis retournée à l'école. J'ai fait toutes les démarches, j'ai fait plein de courts-métrages, j'ai pris un agent.
- Speaker #1
École de cinéma ? Ouais, de cinéma.
- Speaker #0
Et en fait, il y a un an, j'ai été vraiment essoufflée. Mon mec m'avait offert la création d'une chanson pour un de mes anniversaires il y a 4 ans. Et j'avais trouvé ça hyper joyeux. Après, il m'a offert une guitare. Et en fait, je me suis dit, l'année dernière, c'est de chanter que j'ai vraiment envie de chanter. Donc ça fait un an que j'ai mis tous les rencontres d'Irkast. de côté et je chante et c'est la meilleure décision que j'ai prise je crée, je chante et le dernier le dernier slam que j'ai sorti c'est grâce à une amie, Suzy Deschamps qui est comédienne incroyable et réalisatrice et qui me dit est-ce que tu fais le Nikon cette année ? En général je le fais chaque année et je lui dis non cette année vraiment j'ai envie de chanter et elle me dit t'as qu'à faire un slam et je lui dis mais on n'a pas le droit et elle me dit bah pourquoi pas c'est vraiment ce genre de conversation je dirais les barrières.
- Speaker #1
Tu veux expliquer Nikon ? Ah oui,
- Speaker #0
c'est un festival de court-métrage qui est produit par Nikon. C'est un 2 minutes 20. Donc voilà, il y a des prix à gagner. Et c'est toujours très joyeux comme création. Et il y a plein d'artistes qui se révèlent lors de ce festival. Non mais c'était vraiment drôle ces 2-3 échanges, mais on n'a pas le droit. Bah si, pourquoi pas. Ok, trop bien. Et en plus, on venait d'avoir un échange sur un sujet. J'avais mon thème. J'avais l'idée du slam. Et je lui ai dit, tu me le réalises. Elle m'a dit OK. Et c'était trop bien. Et en plus, on a été sélectionnés à la sélection des femmes. Donc, on était vraiment trop heureuses. Elle a fait une réelle de ouf. Merci, Suzy.
- Speaker #1
Tu disais que tu chantais. Du coup, tu as pris des cours ou c'était des choses intuitivement qui sont venues ?
- Speaker #0
Oui, alors j'ai pris des cours de guitare. J'ai pris des cours de chant. Alors moi, comme d'hab, quand je me dis, je veux un truc, j'y vais à fond. Et j'ai pris des cours de formation professionnelle chez Harmonique. Mais la marche a été un peu haute parce que vraiment je partais de rien. J'étais entourée que de chanteurs professionnels. Et donc ça m'a quand même pas mal plombé le moral. J'étais dans l'étape de l'apprentissage où tu conscientises que t'es nulle. Tu conscientises tout ce que tu ne sais pas. Mais j'ai pas lâché. Après j'ai fait d'autres formations. Et là je continue à prendre des cours de chant et j'y vais plus tranquille.
- Speaker #1
Depuis le début, on parle de la notion de slasheuse, de faire beaucoup de choses, de l'impro, du théâtre, du coaching. Alors ça nourrit, parce qu'il y a un parallèle avec moi.
- Speaker #0
À de faire ton interview.
- Speaker #1
La multiplicité nourrit cette créativité évidemment. Mais comment tu gères l'épuisement, l'épuisement émotionnel ? Comment tu te recharges ? Parce que quand on donne beaucoup, je me permets de m'inclure. Il faut aussi se protéger soi en fait.
- Speaker #0
Eh bien, je dirais que déjà... Comme tous mes métiers, c'est comme des loisirs.
- Speaker #1
Et puis ça se nourrit aussi.
- Speaker #0
Ça se nourrit les uns les autres. En fait, je suis vraiment ressourcée. Je suis une workaholic, mais parce que je m'éclate dans la création, dans les projets et surtout d'être à son compte, de choisir les gens avec qui tu bosses. Mais c'est incroyable, incroyable. Ensuite, quand je suis devenue maman, j'ai très vite mis en place des... J'ai beaucoup réfléchi sur ma gestion du temps et j'ai des devises comme « Fais vaut mieux que parfait » . Donc... La loi de Pareto, les 20-80, il y a plein de choses que je mets en place pour vraiment essayer de m'économiser et faire que des choses que j'aime. Après, moi le terrain le plus dur qui m'épuise c'est la petite enfance. Et ça c'est vraiment épuisant parce qu'on dort pas bien, toujours pas, elle a 3 ans. Et du coup, c'est dur. C'est vraiment cette partie-là qui est dure. Là, il y a mon corps qui m'a fait les farces. J'ai eu des petits trucs de santé. Et du coup, pour moi, là, c'est un message clair qu'il faut que je me repose plus. Donc là, j'ai une stratégie de dodo. Il faut que je sois au lit à 22h tous les soirs. Là, je vais faire une cure pendant un mois. Ça sera obligatoire.
- Speaker #1
Tu arrives à être plus calme ? Voilà, c'est forcé. Parce que voilà, tu te dis, mais est-ce que même dans la journée, est-ce que tu arrives à être plus au calme ? Est-ce qu'il y a des moments ?
- Speaker #0
En fait, j'ai plein de moments calmes parce qu'en fait, il y a tous les moments où je suis chez moi, sur mon ordi, où je fais de l'admin. Pour moi, c'est des moments calmes. Je fais tous les jours de la guitare. Et en fait, pour moi, c'est des moments calmes. Je fais tous les jours du sport. Mais quand je dis du sport, alors oui, je donne mes cours de gym, mais sinon, je fais aussi beaucoup de yoga, de pilates. Je n'arrive pas à m'éditer parce que j'ai besoin d'être en mouvement. Mais pour moi, ces moments-là, j'ai ma petite musique douce, j'ai mes mouvements.
- Speaker #1
On peut méditer en marchant en plus. La méditation, ce n'est pas forcément que le corps est arrêté.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. Du coup, ma méditation, ça va être un peu ces moments où je fais mes mouvements, mon cycle de mouvements de yoga ou de pilates en respirant. Ces moments m'apportent beaucoup de ressourcements.
- Speaker #1
Tu as des petites routines de création ?
- Speaker #0
Non, si ce n'est qu'allouer des espaces, l'écrire mes chansons. En fait, j'ai des idées tout le temps, donc j'ai plein de notes. sur des thèmes, tac, tac, tac, partout. Et quand je décide de faire un slam, là j'ai mon idée du prochain. Ça sera sur une nana à qui je dois mon prénom, qui s'appelle Marine Jacquemin, qui venait en vacances dans le village de mes grands-parents, que ma mère adorait, c'était une reporter de guerre. Et elle a sorti ses mémoires il y a quatre ans, et ma mère m'a offert son livre qui s'appelle « Mes guerres » . Et j'ai trouvé le livre incroyable. Elle parle d'endométriose, on vient de m'en détecter, elle parle d'harcèlement moral, elle parle de workaholisme, de métier sacrificiel, de son rapport à la maternité. Elle n'a pas pu être mère et je me suis dit mais il faut que je fasse une pièce de théâtre sur elle mais j'ai absolument pas le temps et l'énergie. Quand t'as des gammes, fille, tu dormiras. Voilà c'est ça. Du coup à chaque fois que j'ai des envies de pièces de théâtre, je me dis j'en fais un slam et donc ça sera mon prochain slam. Donc, je me fixe, comme disait Walt Disney, entre un rêve et un projet, il y a une date. donc en général quand j'ai l'idée je me fixe une deadline donc là je voudrais que cette heure sorte pour septembre et après je me cale des heures dans l'agenda des trucs réalistes, des plages d'une heure ou deux et même si je suis pas inspirée et en fait la contrainte me donne l'inspiration je me dis c'est maintenant ou jamais donc go et je le fais de la contrainte naît la créativité complètement,
- Speaker #1
de ouf est-ce que ça t'est arrivé sans transition de gérer la gestion du track comment de la réaction Est-ce que tu en as et comment tu le gères ?
- Speaker #0
Oui, j'en ai, comme tout le monde. Comment je le gère ? Déjà, je ne vois pas le stress ou le trac comme un truc négatif. Je sais que pour moi, c'est l'adrénaline et je cherchais depuis toute petite. Et en fait, même avant de commencer le théâtre ou l'impro, je faisais beaucoup de sport à risque. J'aimais faire des choses qui créent des... beaucoup de dopamine. C'est marrant parce que j'ai compris plus tard que j'avais une bradycardie. J'ai un corps qui bat très lentement, ce qui est génial pour la sportive que je suis. Mais du coup, le jour où on m'a détecté ça, je me suis dit c'est pour ça que je suis à la recherche de sensations fortes,
- Speaker #1
peut-être. Aussi la recherche de dopamine. Oui,
- Speaker #0
c'est ça.
- Speaker #1
C'est une petite hyperactivité, je pense.
- Speaker #0
C'est ça, exactement. Et non, les tips, en fait, c'est de s'y confronter. Plus je suis confrontée au trac, plus mieux je le gère et puis tu dis en fait ça va j'arrive et puis en fait quand il arrive je suis contente et c'est marrant parce que pour faire des pièces à texte et de l'impro mon track le plus important reste en improvisation
- Speaker #1
Nikita Sinfail a parlé beaucoup d'enfance de liberté de jeu, tu parlais de ta maison d'enfance là à l'instant est-ce que tu penses que devenir artiste c'est aussi garder du coup et préserver cette petite partie d'enfance oh mais oui elle est géniale ta question,
- Speaker #0
en fait il y a un truc de fou que j'ai capté Mon école de cinéma, quand je suis retournée à l'école, mais plutôt cinéma, nous a fait faire un exercice un peu développement personnel, où elle nous faisait alterner un dialogue entre nous, notre individu,
- Speaker #1
et notre comédienne,
- Speaker #0
pour distinguer l'individu du comédien. Et en fait, c'était un truc de fou, j'ai retrouvé dans cet exercice, la comédienne, quand la comédienne parlait, elle a fini en Ausha total, en mode, tu m'as étouffée pendant 15 ans, 20 ans. C'est pas parce que t'as plein de métiers ou parce que t'es maman que tu vas m'oublier. Et du coup, depuis, j'ai ce symbole. En fait, c'est vraiment ça que je vis depuis 15 ans, que je suis vraiment devenue artiste, que j'ai grandi dans un milieu qui n'était pas trop... Trop artistique, c'est surtout parce que mon père gérait un peu aussi nos vies, nos rythmes, le sport, et il y avait peu d'espace à cool, on fait rien et puis du coup je me regarde les doigts de pied et je rêve, je crée. On était toujours très occupé par plein d'activités.
- Speaker #1
Le temps libre qui fait naître aussi beaucoup de créativité.
- Speaker #0
Exactement, et en fait l'artiste elle n'a pas pu s'exprimer et du coup c'est pour ça aussi qu'aujourd'hui, je pense que c'est une force aussi, c'est que je suis maman de trois enfants. mais deux filles et l'artiste qui souvent rapplique quand je m'occupe trop des autres en mode hey et ça m'aide énormément à dire ok ce soir les amis je joue, ce soir les amis je vais au théâtre ce soir là maman elle fait de la guitare et on n'embête pas maman
- Speaker #1
Si Nikita Sainz-Fal elle assistait à un de tes spectacles, t'aimerais qu'elle ressente quoi en sortant de la salle ?
- Speaker #0
Moi je crois qu'avant tout j'aimerais qu'elle soit émue qu'elle soit touchée qu'elle Et... qu'elle ait des résonances avec des choses qu'elle a pu vivre et que ça lui fasse un peu de bien.
- Speaker #1
Ouais, du bien. C'est souvent ce qu'on ressent. En tout cas, moi, c'est ça que je vais chercher quand je vais au théâtre ou au cinéma. Est-ce qu'il y a un défaut avec lequel tu vis hyper bien ?
- Speaker #0
Oui, maintenant, c'est que je suis très sensible.
- Speaker #1
Ah non, c'est pas un défaut ! Non,
- Speaker #0
mais c'est pour ça que je dis maintenant, parce que je l'ai vécu comme un défaut pendant longtemps et que j'ai la larme hyper facile. Et du coup, je pense que c'est aussi ça qui m'a fait me pencher sur tous les sujets de développement humain et l'art. Mais maintenant, j'adore. Je suis trop heureuse. Voilà, j'ai accès à mes émotions très facilement. Je communique très facilement dessus. Et je pleure facilement. Je suis complètement à l'aise avec ça.
- Speaker #1
Heureusement, dans nos sociétés, qu'un grand S, c'est de plus en plus accepté.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Il y a une question que tu aurais aimé que je te pose pour finir ?
- Speaker #0
C'est une bonne question. Non, pas spécialement. Je pense qu'on a abordé plein de choses,
- Speaker #1
c'était cool. Merci Marine d'avoir répondu à mes questions. On peut te suivre sur tes réseaux sociaux pour suivre tes actus, le spectacle qui revient. Et puis il y a une nouvelle chanson.
- Speaker #0
Oui, une nouvelle chanson, une année de réchauffement qui va sans doute reprendre. Et aussi je joue dans trois spectacles d'improvisation qui me tiennent à cœur. Histoire d'amour improvisé. Donc là c'est plein d'histoires courtes. à partir des suggestions du public, de leurs histoires d'amour. C'est à la fois très drôle, c'est plutôt une comédie, mais il y a aussi des endroits très touchants et ça fait quand même vachement réfléchir sur l'amour. Théa Dumaré, je suis aussi dans un drame improvisé. Là, c'est assez dark, mais j'adore, parce que justement, purge émotionnelle, on joue les méchants, on joue la noirceur humaine. Et pour le coup, c'est un longue forme, c'est une seule histoire en une heure. C'est à l'Apollo Théâtre. Et ensuite, je vais reprendre Alors... Une comédie familiale que j'adore, qu'on joue depuis six ans, je crois, qui s'appelle Histoire de famille, à la Folie Théâtre. Et donc, on est sept sur scène, six ou sept selon les soirs. On crée, c'est improvisé, et on crée la famille que vous voulez, et on crée des extraits de cette famille. Et c'est génial aussi, c'est à venir voir en famille.
- Speaker #1
De beaux thèmes, super. Merci beaucoup Marie, c'était très chouette. Merci à toi Célia,
- Speaker #0
c'était super. C'est génial ce que tu fais. Écoutez tous les autres épisodes, parce que c'est vraiment hyper intéressant.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
A bientôt.
- Speaker #1
Trop bien, merci, c'était trop chouette. Ouais, c'était trop cool. C'est passé vite. Ah ouais, de ouf. 47, trop cool. Ouais, ouais. On a le temps de débrief. Je regardais un petit peu. Ouais, ouais. On va voir. Je vais peut-être rappeler. Ah, trop bien. Merci. On s'est demandé si quelqu'un revenait. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Allez, on met le coup de...
- Speaker #1
Ouais, le petit coup de frappe. Il y aura peut-être un problème. Ouais, ouais. Est-ce que je peux te râler ?