Speaker #0Quand on parle de storytelling, on pense souvent que raconter son histoire, c'est parler de soi. Mais si je te disais que ton histoire devient vraiment puissante au moment où elle arrête de tourner uniquement autour de toi ? Dans cet épisode, on va démêler une nuance qui change tout. Ton histoire n'est pas là pour te mettre en vitrine. Elle est là pour créer un pont, ouvrir une porte, tendre un miroir. Parce qu'au fond, c'est pas seulement ce que ton histoire dit de toi qui compte, c'est ce qu'elle permet à l'autre de comprendre, de ressentir ou de reconnaître en lui. C'est parti Merci. Bienvenue dans le podcast À ta couleur. Moi, c'est Marie-Pierre, mais tout le monde m'appelle la voisine. Je t'accueille depuis ma maison jaune au cœur d'un petit village rural où j'ai choisi de ralentir pour mieux écouter et mieux raconter. Très jeune, j'ai compris le pouvoir de ces récits qui touchent, qui nous rassemblent au... autour de quelque chose de plus grand que soi et qui nous donne la permission d'être pleinement humain. Ce n'est pas un hasard si j'étudie l'histoire. À l'époque, je pensais observer le passé, mais je me préparais surtout à ce que je fais aujourd'hui, aider les entrepreneurs à fouiller dans leur propre histoire pour y trouver du sens, se réunir et se faire connaître. révéler et apprendre à se présenter à partir des pépites qu'ils portent déjà en eux. C'est ça le storytelling introspectif, un pont entre la connaissance de soi et la communication. Ici, tu vas entendre mes réflexions en solo, puis des conversations complices avec des invités qui ont choisi d'aligner leur entreprise sur ce qui les habite profondément. Parce qu'au fond, ce qui connecte, c'est pas juste ton expertise, c'est qui tu es. Alors installe-toi sur ma galerie, puis laisse-toi inspirer. Salut à toi Bienvenue sur le podcast À ta couleur. Aujourd'hui, j'ai envie qu'on prenne un petit pas de recul sur une phrase qu'on entend souvent quand on parle de storytelling, la fameuse phrase « raconte ton histoire » . Parce que souvent, quand on... on l'entend, cette phrase-là, notre cerveau traduit ça par « parle de toi, de ton parcours, de ta vie, de tes affaires » . Je pense que les choses les plus difficiles à saisir quand on commence à raconter son histoire en ligne, c'est que, paradoxalement, c'est pas vraiment à propos de soi. Je le sais, c'est mêlant. Quand je dis ça, parce que quand on parle de storytelling, quand on parle de raconter son histoire, quand on parle de ses valeurs, de ses bouleversements, de ses prises de conscience, de ses leçons, ses combats, son parcours, bref, toutes ces fameuses pépites de connexion de mon univers, on a naturellement l'impression que ça doit parler de nous. C'est logique. On raconte pas l'histoire du voisin d'en face, on raconte notre histoire, la nôtre. Mais c'est là que la nuance devient hyper importante parce que la vraie question, c'est pas « qu'est-ce que je peux dire à propos de moi ? » La vraie question, c'est plutôt « qu'est-ce que mon histoire permet à l'autre de ressentir, de comprendre ou de reconnaître en lui ? » Puis ça, c'est une nuance que je vois être vraiment difficile à saisir chez la plupart des clients que j'accompagne. Parce qu'on a tellement associé le fait que de parler de soi... C'est quelque chose qui est vu comme du narcissisme parfois, comme quelque chose de malaisant, de trop personnel, de « Hey, regardez-moi, j'aime-moi » . Quand on oublie qu'une histoire bien racontée, c'est pas là pour nous mettre sur un piédestal. C'est surtout là pour créer un lien. C'est là pour ouvrir une porte. Notre histoire est là pour dire à l'autre « Tu sais, ce que tu vis là, ce que tu ressens, ce que t'es en train de traverser, C'est peut-être pas si isolé que ça. C'est là que le storytelling devient puissant. Pas quand on raconte notre vie tout en détail, ni quand on fait une biographie complète, style le générique de fin d'un film avec une musique dramatique. Tu vois ce que je veux dire ? Le violon. C'est pas ça, mais c'est quand on choisit un morceau de notre histoire qui peut devenir utile pour quelqu'un d'autre. Utile dans le sens humainement utile. un morceau de ton histoire qui peut éclairer, qui peut... qui peut rassurer, qui peut faire sentir quelqu'un moins seul, donner des mots parfois, donner une permission, faire voir une possibilité. C'est exactement ça que je vais explorer avec toi aujourd'hui, parce que raconter son histoire, c'est pas se mettre au centre de tout. C'est utiliser ce que t'as vécu, ce que t'as compris, ce que t'as traversé ou même ce qui t'a transformé pour créer un pont entre toi. Et la personne que tu veux atteindre, la personne qui t'écoute, qui te lit, qui te suit, qui te découvre. Ton histoire, dans le fond, c'est pas une vitrine, c'est un miroir. Moi, j'en parle souvent dans mes accompagnements, dans mes petits produits aussi. L'effet miroir, ce fameux effet miroir-là qui est si important, puis on va démêler ça ensemble aujourd'hui. Quand j'accompagne des entrepreneurs dans leur storytelling, je vois souvent deux peurs revenir. La première peur, c'est celle de pas assez se raconter. OK ? Ces entrepreneurs-là, ils vont souvent rester dans du contenu très éducatif, très utile. Très bien structuré, tu sais, le genre de contenu qui donne des conseils, qui vont expliquer une méthode, qui vont partager des trucs, des astuces, ils vont faire des publications, oui, qui sont très pertinentes, mais parfois, quand on lit ce genre de contenu-là, on pourrait presque enlever le nom de l'entrepreneur en question, mettre celui de quelqu'un d'autre à la place, puis ça fonctionnerait pareil. C'est pas du contenu qui est pas bon, en fait, comme exemple que je donne, mais c'est juste que ça manque, je trouve, de présence. Ça manque de... de couleur, oui Ça manque un petit quelque chose qui fait dire « Ah oui, ça c'est elle, ça c'est lui » Pis c'est pas juste une expertise, c'est une façon de voir le monde, c'est une sensibilité, des convictions, des nuances, des angles morts même parfois. Bref, tout ce qui rend un contenu vivant. Pis souvent ces entrepreneurs-là, oui, ne se racontent pas assez parce que... qu'ils ont peur de prendre trop de place. C'est des entrepreneurs qui peuvent se dire « Je suis qui, moi, pour parler de ça ? Est-ce que c'est vraiment pertinent ? Est-ce que les gens vont trouver que je parle trop de moi ? Est-ce que je suis en train de faire mon intéressant ? Est-ce que mon histoire mérite vraiment d'être racontée ? » Fait que c'est ce qui fait en sorte que parfois, ces entrepreneurs-là vont se retourner dans du contenu beaucoup plus neutre, plus sécuritaire, plus... Je dirais plus général même. Un peu comme si... Hey, là, je vais faire une métaphore avec les couleurs, là. Je sais pas qu'est-ce que j'ai ces temps-ci. C'est peut-être le nom du podcast qui m'inspire, mais c'est un peu comme si, là, tu mettais un manteau beige par-dessus toute ta vraie couleur. C'est vrai qu'un manteau beige, ça peut être bien pratique dans ta garde-robe parce que c'est assez neutre, on s'entend. J'ai rien contre le beige, mais disons que pour faire sentir une présence unique, on repassera le manteau beige. Puis il y a l'autre type d'entrepreneur qui a la peur inverse, la peur de trop se raconter. Donc la peur de tomber dans le journal intime public, la peur de faire du déballage, d'être trop personnel, de partager des choses qui n'ont pas leur place dans un contexte, entre guillemets, professionnel. La peur de mettre son audience dans une position inconfortable. Bref, la peur de prendre trop de place. Pis t'sais, cette peur-là, je la trouve légitime aussi parce que oui, il existe une façon de se raconter qui peut être lourde. Oui, ça existe de se raconter en manquant de recul. Ça existe aussi de se raconter en donnant l'impression qu'on dépose quelque chose sur l'autre au lieu de créer un espace avec lui. J'en ai vu de toutes les couleurs. Dans les contenus, c'est sûr. Puis c'est exactement pour ça que la nuance est hyper importante, parce qu'entre les entrepreneurs qui disent rien d'eux, puis les autres, au contraire, qui racontent toute leur vie sans filtre, il y a quand même un immense territoire. Puis ce territoire-là, pour moi, c'est celui du storytelling authentique. Pas dans le déballage, on n'est pas performé dans sa vulnérabilité. On n'est pas dans l'autobiographie complète non plus, ni dans le contenu générique. Le storytelling authentique, c'est une parole incarnée qui dit « Voici ce que j'ai vécu, voici ce que j'ai compris, ce que j'ai choisi, ce que j'ai traversé, ce qui m'a transformé, et voici pourquoi ça peut te rejoindre, toi aussi. » C'est là que ça change tout. Parce que tu racontes pas seulement ton histoire pour être vue, tu racontes pour faire. voir quelque chose à l'autre. Je vais te donner un exemple très simple. Imagine que j'écris « J'ai quitté mon emploi parce que j'étais plus heureuse. » C'est une information. On s'entend ? On apprend quelque chose sur moi, on comprend que j'ai vécu un changement, on peut peut-être trouver ça intéressant, à la limite, mais l'autre reste quand même un peu spectateur, c'est-à-dire la personne qui va lire ça, très passive. Mais si je dis Si tu sens que ton ancienne façon de travailler te ressemble plus, mais que t'as pas encore le courage de tout changer, je te comprends. J'ai moi aussi connu ce moment étrange où rester semblait plus sécurisant, mais où partir devenait nécessaire. Là, on n'est plus dans une information, on est dans ce que j'appelle faire un pont. Parce que je suis plus seulement en train de dire « voici ce qui m'est arrivé » . Je suis en train de dire, voici une sensation que tu connais peut-être, toi aussi. Voici un endroit intérieur où on peut se rejoindre, toi pis moi. C'est la même histoire, mais ça n'a pas le même effet. Dans la première version, la personne apprend quelque chose sur moi. Dans la deuxième, elle peut reconnaître quelque chose en elle. C'est là, c'est exactement là que le storytelling devient puissant. Parce que l'objectif... C'est pas que la personne se dise « Wow, mais quelle vie intéressante » Non, l'objectif, c'est qu'elle se dise « Ah, je comprends ce qu'elle veut dire. Hé, moi aussi, j'ai déjà ressenti ça. Ah, je suis peut-être pas la seule à être dans cette situation-là, à me sentir comme ça. Ou, ah, ça me donne des mots pour quelque chose que je vivais, mais sans trop savoir comment le nommer. Pis ça, c'est une connexion. C'est pas une démonstration, c'est une connexion. Un autre exemple que je pourrais te donner, je pourrais te dire, j'ai toujours été perfectionniste. Encore une fois, on est dans une information ici. Mais si je dis, pendant longtemps, j'ai cru que tant que c'était pas parfait, ben c'était pas prêt. Peut-être que toi aussi, t'as déjà repoussé un projet, pas parce qu'il manquait de valeur, mais parce qu'il te semblait pas encore assez impeccable pour être vu. Là, je suis plus juste en train de parler de mon perfectionnisme, t'auras compris, je suis en train de créer un espace dans lequel l'autre peut entrer. Je parle de moi, oui, mais je parle pas juste de moi. Je parle d'une expérience humaine que plusieurs peuvent se reconnaître. Ce moment où on attend, on peaufine, on repousse, on procrastine, on recommence, on change 3 virgules, on ouvre Canva pour ajuster le visuel une 48e fois, alors que le fond, il est déjà là. Et là, la personne qui écoute, elle peut se dire « Ah ouais, ça, c'est moi, ça » . Tu sais, elle a peut-être pas vécu exactement la même chose que je décris. Mais elle peut reconnaître l'émotion derrière. Puis ça, c'est souvent la clé en storytelling. C'est ce qui crée un lien dans une histoire. C'est pas toujours l'événement même, OK ? C'est l'émotion humaine derrière l'événement. Que ça soit la peur, le doute, la honte, la fierté, la colère, un désir de liberté, de reconnaissance, la fatigue d'essayer de toujours rentrer dans un moule, l'impression de pas être à sa place, le besoin de ralentir. L'envie de faire autrement, la petite voix intérieure qui dit « il y a quelque chose ici qui ne me ressemble plus » . Bref, la palette d'émotions, elle est très, très, très vaste, on s'entend. Puis ça, c'est ce qui fait qu'une histoire devient plus grande que l'anecdote. C'est pour ça que ton histoire peut toucher même des gens qui n'ont pas vécu exactement la même chose que toi. Parce que ça se peut que ça ne soit pas nécessairement ton événement que tu racontes qui vont les rejoindre. C'est ce que cet événement-là révèle. C'est là que je veux vraiment insister, parce que son histoire, c'est pas de raconter tous les détails. C'est choisir les bons détails, parce qu'on confond souvent profondeur et quantité. On pense que pour qu'une histoire soit profonde, il faut tout dire, tout expliquer, parfois tout contextualiser, tout ramener depuis l'enfance, ça aussi je l'ai entendu, pour que ce soit profond. On pense qu'on doit aller se psychanalyser jusqu'à très jeune. Nommer parfois chaque étape, chaque détour qu'on a vécu, chaque moment où on a changé d'idée en cours de route. Mais non, parfois, le seul détail bien choisi peut créer beaucoup plus de connexions qu'un long résumé de parcours aussi. Ça peut être une phrase qu'on a entendue, une peur qu'on n'osait pas nommer, un moment de déclic, une petite contradiction intérieure. Une image porte une prise de conscience. Bref, la profondeur, elle vient pas du nombre d'informations, elle vient de la justesse. Et la justesse, c'est souvent de savoir pourquoi je raconte ça. Pas juste, est-ce que c'est vrai ce que je raconte ? Évidemment, on espère que oui. On espère que c'est vrai ce que tu racontes, mais à quoi ça sert dans la relation avec l'autre, ce que je veux raconter ? Est-ce que ça l'aide à se reconnaître ? Est-ce que ça lui donne une permission ? Est-ce que ça lui offre un mot, une image, une nuance ? Est-ce que ça lui permet de voir quelque chose autrement ? Parce que sinon, on peut très facilement tomber dans le « je me moi » , dans le « moi, moi, moi » . Pis t'sais, je dis pas ça, là, dans le jugement, on l'a tout déjà fait. On a tout déjà raconté quelque chose avec une intention qui était sincère, mais sans nécessairement faire le pont avec l'autre. Puis souvent, quand on ne fait pas ce pas-là... En storytelling, je trouve que le contenu est moins fort. Même si l'histoire est bonne derrière, je trouve ça quand même moins fort parce que notre histoire n'est pas reliée. C'est comme si elle reste fermée sur elle-même, finalement. C'est comme, je vais donner la métaphore, bon, là avec les couleurs, je suis pas avec les couleurs, là je vais rentrer dans les métaphores de maison, c'est mes métaphores préférées tout le temps. Un peu comme une maison avec toutes les lumières allumées à l'intérieur, mais avec une porte barrée. Tu sais, il y a quelque chose à l'intérieur qui est allumé, mais on sait pas comment entrer. Une bonne histoire, au contraire, ça ouvre la porte, hein, ça laisse pas la porte barrée. Ça dit « entre, il y a quelque chose ici qui va te parler » . Je trouve que l'image du miroir est vraiment parlante aussi. C'est pour ça que j'utilise souvent ça, cet effet miroir-là dans mes mots. Parce qu'une bonne histoire, elle ne fait pas juste dire « Ah, elle a vécu ça » Elle fait dire « Hey, moi aussi, à quelque part, je me reconnais. » Puis ce « quelque part-là » , il est hyper important. Ton audience n'a pas besoin d'avoir vécu la même situation exacte pour être touchée. Elle n'a pas besoin d'avoir quitté le même emploi que toi. Elle n'a pas besoin d'avoir vécu exactement la même transition. Elle n'a pas besoin d'avoir traversé le même deuil, le même doute, le même échec, la même prise de conscience. Mais elle peut reconnaître, par contre, une émotion. Elle peut reconnaître aussi un désir ou une tension. Elle peut reconnaître le moment où tu as dû choisir entre rester confortable et rester cohérente. Elle peut reconnaître le moment où tu as réalisé que tu jouais un rôle. Le moment où tu as arrêté de vouloir prouver quelque chose. Ou ce moment où tu as commencé à te demander... Qu'est-ce qui est vraiment ma couleur là-dedans ? Qu'est-ce qui est vraiment moi là-dedans ? Puis tu sais, même si ton histoire est personnelle, c'est partageable. Elle devient relationnelle. Elle devient utile à l'autre. Puis souvent ça, là, quand on comprend ça, quand un entrepreneur que j'accompagne comprend que son histoire peut être utile aux autres, ça enlève un gros poids sur leurs épaules. Souvent, je le vois, là. Ça enlève un gros poids sur leurs épaules parce qu'elles se disent « Ok, bon, j'ai moins l'impression que c'est juste à propos de moi, j'ai moins l'impression de m'exposer, de mettre le spotlight sur moi, c'est utile pour l'autre, je tends la main aux autres. » Ça vient donner un sens beaucoup plus profond, beaucoup plus grand et ça permet souvent de faire le pas qu'on n'ose pas faire, cette espèce de frein-là parfois qui nous retient par peur de parler de nous. Mais c'est pas à propos de toi, c'est à propos de l'autre. C'est pour ça que je dis souvent que c'est pas ton histoire qui crée la connexion, c'est pas l'histoire brute, c'est le sens que t'en fais émerger. Ton histoire brute, c'est ce qui s'est passé, mais le storytelling authentique, c'est ce que t'en comprends maintenant. C'est la lumière que tu poses dessus sur cette histoire-là, c'est le fil que t'en retires, c'est la pépite que t'extrais finalement. Parce qu'une anecdote sans sens... Bien, ça reste une anecdote. Mais une anecdote qui révèle une valeur, une croyance, une leçon, un combat que tu mènes, une transformation, bref, toutes les pépites de connexion dans mon univers, bien c'est ça, justement, bien ça devient une pépite de connexion. Puis c'est là que beaucoup de personnes se trompent parce que j'entends souvent des gens qui se demandent quoi raconter, tu sais, des gens qui cherchent la bonne histoire. Pis souvent ces personnes-là se disent Bien, j'ai rien vécu d'assez intense. J'ai pas de grands moments spectaculaires, moi, dans mon histoire. Mon parcours est vraiment ordinaire. J'ai rien d'incroyable à raconter. Mais souvent, le problème, c'est pas qu'elles ont pas d'histoire, c'est que c'est des personnes qui cherchent l'événement spectaculaire au lieu de chercher le sens derrière. C'est des personnes qui vont chercher le gros moment cinématographique, je dirais, hein, digne d'un film. le moment où tout bascule, ou la grande révélation, la scène là avec je dirais la scène avec du vent dans les cheveux là, pis une musique là super dramatique en arrière-plan là, t'sais. Mais parfois, la pépite de connexion est beaucoup plus discrète que ça. C'est une phrase qui est revenue plusieurs fois dans ta vie. C'est une situation aussi, ça peut être une situation bien banale là, qui t'a fait réaliser qu'il y a des choses que tu pouvais plus accepter dans ta vie. C'est une petite décision mais qui a changé parfois la façon de te percevoir. C'est une valeur que t'as toujours défendue sans même t'en rendre compte. C'est une blessure qui t'a rendue plus attentive peut-être à certaines réalités. Ça peut être une tension que t'observes chez tes clients parce que tu l'as toi-même connue. C'est du matériel tellement puissant, ça. C'est du matériel narratif extraordinaire. Pas parce que c'est spectaculaire, mais parce que c'est vrai. puis que ça peut rejoindre quelqu'un. Je pense qu'il y a aussi un autre piège dans lequel on tombe souvent. Pensez que pour que notre histoire parle à l'autre, il faut la rendre générale. Comme si on devait enlever les détails personnels pour que ça soit plus universel. Mais c'est souvent l'inverse. Plus une histoire est incarnée, plus elle peut toucher. C'est vraiment pas en devenant plus vague qu'on devient universel. C'est en étant précis dans l'expérience humaine qu'on révèle quelque chose d'universel. Par exemple, si je dis « j'ai vécu une période de changement » , bon, même si c'est vrai, ça reste un peu général, ça reste un peu flou. On s'entend, mais si je dis... J'ai vécu une période étrange où je continuais à faire ce que j'avais toujours fait, mais avec l'impression que mon corps avait quitté la pièce avant moi. Ok, là, il y a une image, il y a une sensation, il y a quelque chose de beaucoup plus incarné. Puis peut-être même que si tu lis ça, ou si t'entends ça, peut-être que toi, t'as pas vécu ça, ce changement-là, ou en tout cas, du moins, t'as pas vécu le même changement que moi. Mais tu connais peut-être cette sensation-là d'être à quelque part, physiquement. Mais qu'à l'intérieur de toi, t'es pas là pour tout. T'sais, t'es ailleurs dans tes pensées. Bien, c'est ça qui crée l'écho. C'est ça qui crée l'écho. C'est ça qui fait reconnaître les personnes qui te lisent dans ce que tu racontes. Donc, quand je dis « c'est pas à propos de toi » , ça veut pas dire de s'effacer, de pas parler de soi, de se cacher derrière ce qu'on a vécu, de faire semblant d'être neutre. Pas du tout Même au contraire, ça veut dire « ne t'arrête pas à toi » . C'est très différent. Tu peux partir de toi. Tu peux parler de toi, tu peux nommer ce que t'as vécu, tu peux utiliser ton histoire, mais arrête-toi, surtout pas là. Demande-toi, qu'est-ce que cette histoire ouvre chez l'autre ? Parce que si ton histoire reste seulement centrée sur toi, oui, elle peut devenir intéressante, mais elle va pas créer un pont avec l'autre, ok ? C'est quand elle crée un pont avec l'autre qu'elle devient marquante, qu'elle peut faire une différence. Puis, il y a une très grande, je trouve, différence entre être intéressant et être marquant. Une histoire intéressante, ça va attirer l'attention, mais une histoire marquante, ça va laisser une marque, ça va laisser une trace. C'est souvent cette trace-là avec laquelle la personne va repartir, pas juste avec une information sur toi. Elle va repartir avec une compréhension sur elle. Alors concrètement, comment on fait pour raconter une histoire qui ne reste pas centrée uniquement sur soi ? Je te propose trois questions toutes simples. La première, qu'est-ce que cette histoire révèle de moi ? Pas juste qu'est-ce qui s'est passé, mais qu'est-ce que ça révèle ? Est-ce que ça révèle une valeur importante que je porte, un combat que je mène ? Est-ce que c'est une croyance, une leçon que j'ai apprise, une transformation que j'ai vécue, une sensibilité que j'ai dans mes accompagnements ? Parce que si ton histoire ne révèle rien... Elle risque de rester au niveau de l'anecdote, là. Elle va pas aller plus loin que ça. Peut-être que ton anecdote est bien drôle, est bien le fun, on aime ça les anecdotes. Mais en storytelling, on veut aller chercher ce qu'il y a en dessous. La deuxième question à te poser, c'est qu'est-ce que cette histoire-là peut faire ressentir à l'autre ? Est-ce qu'elle peut le faire ressentir du soulagement, de la confiance, lui donner une permission, de la clarté, de la fierté, un sentiment d'être moins seul, une impression d'être compris ? Parce que ce que les gens retiennent le plus souvent... C'est pas chaque détail de ce que t'as raconté, c'est ce que tu leur as fait vivre intérieurement. Et la troisième question, quel pont je veux créer ? Est-ce que je veux que la personne se reconnaisse ? Est-ce que je veux qu'elle voit une nouvelle possibilité ? Est-ce que je veux que cette personne-là réalise qu'elle n'est pas obligée de faire comme tout le monde ? Est-ce que je veux qu'elle pose un geste précis ? Cette question-là, elle change tout. Parce qu'elle va te sortir du réflexe, qu'est-ce que je pourrais dire sur moi aujourd'hui ? Elle t'amène plutôt vers... Qu'est-ce que je veux créer comme rencontre avec mon audience ? Puis pour moi, c'est ça, c'est ça le cœur du storytelling authentique. C'est pas une mise en scène de soi, c'est une rencontre. Donc je vais te donner une petite structure très simple que tu peux utiliser dans tes contenus. Tu pars d'un morceau de ton histoire, ensuite de ça tu nommes ce que t'as compris, puis tu fais un pont avec l'autre. Par exemple, comme morceau d'histoire, ça pourrait être « J'ai longtemps cru que mon contenu devait surtout... » tout démontrer mon expertise. Ce que j'ai compris, puis j'ai réalisé que les gens ne connectent pas seulement à ce qu'on sait, ils connectent aussi à ce qu'on porte, à ce qu'on défend, à ce qu'on comprend d'eux. Et là, enfin, le pont avec l'autre. Alors, si ton contenu est très utile, mais que tu sens qu'il ne crée pas encore le lien que tu souhaites avec l'autre, c'est peut-être pas parce qu'il manque de valeur, c'est peut-être parce qu'il manque de toi. Ça, c'est un storytelling qui crée un pont. Et ça peut se décliner dans une publication, dans un courriel, une page à propos, une intro de podcast, une conférence, une vidéo, une story, nomme-les tous les formats. Même si le format change, le principe reste le même. Je veux aussi nommer quelque chose d'important. Quand je dis que ton histoire doit parler à l'autre, ça veut pas dire qu'elle doit plaire à tout le monde. Oh que non Pis même une histoire, là, vraiment incarnée, vraiment habitée, là, elle plaira probablement pas à tout le monde. Parce qu'elle porte une vision, une sensibilité, parfois un combat, une manière à toi de voir le monde. Pis c'est parfait comme ça. Parce qu'une histoire qui cherche à parler à tout le monde, ça finit souvent par toucher personne. Ton histoire a pas besoin d'être universelle au sens où tout le monde doit s'y reconnaître. Ton histoire doit être assez vraie pour que les bonnes personnes s'y reconnaissent. Les bonnes personnes qui partagent tes valeurs, ta quête, ta mission, ton envie, toutes tes pépites de connexion finalement. Quand tu racontes ton histoire avec tes pépites, t'attires pas seulement l'attention. Tu fais ce que j'appelle un tri naturel. Tu permets à certaines personnes de se dire « Ouais, c'est avec cette personne-là que je veux travailler, c'est avec cette personne-là que je veux suivre. » Ça, là, ça me parle. Cette façon-là de voir les choses, ça me fait du bien. C'est avec elle que je veux travailler. Puis ça, c'est rarement parce que t'as récité ton CV, mais c'est parce que t'as révélé une façon d'être au monde. Puis ça, en entrepreneuriat, c'est extrêmement puissant. Si je devais résumer l'épisode d'aujourd'hui en une phrase, je te dirais ceci. Ton histoire devient puissante quand elle cesse d'être une vitrine sur toi et qu'elle devient un miroir pour l'autre. Je te rappelle que c'est pas à propos de toi. Mais ça part de toi. C'est là toute la nuance. Ça part de ce que t'as vécu, de ce que t'as compris, de ce que tu portes, de ce que tu refuses, de ce que tu veux transmettre, de ce qui t'a transformé. Mais ça reste pas enfermé en toi. Ça devient une invitation, une main tendue, un pont. Une façon de dire « je suis passé par là, puis peut-être que ça peut éclairer quelque chose pour toi aussi » . Puis c'est pour ça que raconter son histoire, ça devrait jamais, jamais... être vu comme un acte centré sur soi. Au contraire, quand c'est bien fait, c'est un acte de connexion. C'est une façon de créer la proximité dans un monde où beaucoup de contenus se ressemblent. Tu sais de quoi je parle ? Le contenu générique à profusion dans nos villes d'actualité. C'est une façon, le storytelling authentique, de remettre de l'humain dans une communication qui, malheureusement, parfois, je trouve, qui est trop performante. trop rapide, trop même optimisé pour pas dire parfait. C'est une façon de dire, je suis pas juste ici pour être vu, là. Je suis pas juste ici pour être visible. Je suis ici pour créer une vraie rencontre avec mon audience. Puis peut-être que c'est ça, au fond, qui nous manque le plus en ligne. C'est pas le contenu, évidemment que non. C'est pas plus de conseils, ça non plus. C'est pas des publications parfaites, mais je pense que c'est des récits qui nous font sentir, ressentir quelque chose. Des récits qui nous ramènent davantage à nous. Qui nous donnent envie de dire, « Hey, moi aussi, je comprends. Je ne suis pas toute seule. C'est super de voir qu'il y a d'autres façons de faire. Si ton histoire peut faire ça pour quelqu'un, alors non, elle ne parle pas juste de toi, elle devient un passage. » Puis ça, pour moi, c'est toute la beauté du storytelling authentique. Donc, pour terminer cet épisode, j'ai envie de te laisser avec quelques questions. J'en ai cinq pour toi. Des petites questions à méditer. Quelle histoire de ton parcours pourrait aider quelqu'un à se sentir moins seul ? Quelle prise de conscience que t'as vécue et qui pourrait donner des mots à quelqu'un d'autre ? Quelle valeur importante chez toi mériterait d'être incarnée dans une histoire, pas juste dans une liste de valeurs qui prônent fièrement, par exemple, sur ton site web ? Quel combat que tu mènes ? pourrais créer un pont avec les personnes que tu veux vraiment rejoindre. Puis surtout, qu'est-ce que ton histoire permet à l'autre de comprendre sur lui, sur elle, sur son propre chemin ? Parce que c'est souvent là que se cachent les plus vrais pépites de connexion, pas seulement dans ce que ton histoire dit de toi, mais dans ce qu'elle ouvre chez l'autre. J'ai envie de t'inviter à poursuivre cette belle réflexion-là le 12 mai prochain avec un épisode bien spécial. J'ai six entrepreneurs que j'ai accompagnés dans mon espace collectif Le Village de janvier à mars 2026 qui se sont joints à moi dans des tables rondes pour jaser de ce qui nous empêche. de nous raconter, puis de ce que ça change quand on ose enfin le faire. Ça va être diffusé le 12 mai prochain. J'espère t'y retrouver. Salut Merci d'avoir été là. C'est toujours un privilège de te savoir quelque part assis avec moi sur ma galerie. J'espère que ça t'a donné envie de t'arrêter un instant, juste assez, pour te recentrer, te déposer, puis peut-être découvrir une pépite de connexion que t'avais pas encore vue en toi. Si le cœur t'en dit, abonne-toi, puis prends un instant pour laisser 5 étoiles ou un petit mot. C'est tellement la meilleure façon de faire découvrir le podcast à d'autres entrepreneurs. C'est comme une chaise de plus qui s'ajoute sur ma galerie. Plus on est nombreux à s'y asseoir, plus les conversations voyagent loin. Puis si quelque chose t'a touché aujourd'hui, partage-le en story puis tag-moi, la voisine pro. J'adore te lire puis repartager tes réflexions. À bientôt pour un autre épisode à ta couleur