Speaker #0Salut, c'est Hachoum, le podcast des allergies qui répond à tes souhaits. Je m'appelle Philippe, je suis médecin allergologue et je t'emmène avec moi dans le groupe passionnant des allergies. Aujourd'hui, nous fermons l'année 2025 et ouvrons l'année 2026. Je vous avais promis l'Urcicaire et les Oedèmes, je décale. Promis, ce sera pour le mois prochain. En cette fin d'année, j'avais envie de prendre un peu de hauteur, fermer 2025 proprement et ouvrir 2026 avec l'énergie du bon sens. Alors, d'abord, bonne aide 2026 à tous, qu'elle vous apporte plein d'informations utiles sur les allergies pour stimuler votre cerveau et votre curiosité. D'abord, vous l'avez vu, j'ai profité de cette fin d'année pour reprogrammer le site internet. plus simple, plus visuel, plus rapide et à jour techniquement. Vous pouvez désormais constituer votre liste d'articles et faire part de vos réflexions. Deux courts textes de la revue médicale suisse m'ont marqué cette année. Le premier rappelle que les nouvelles générations veulent, et ont raison, un meilleur équilibre avec un temps de formation souvent morcelé. Et c'est donc à nous de transmettre plus, mieux, en moins de temps. Le second nous invite à redevenir des leaders inspirants, à remettre de l'humour, de l'empathie et de la fierté dans un métier que l'administratif tente parfois de rendre moins réjouissant. Sur Allergique.org, depuis 2001, on essaie justement de faire ça, être sérieux sans se prendre au sérieux, et 2025 a été une année charnière. Mieux prévenir, mieux classer, mieux traiter, en intégrant l'exposome, la biologie moléculaire, les biothérapies et déjà l'IA. Votre retour est bon, avec des audiences records. Ce mois de décembre, vous avez été plus de 250 000 visiteurs uniques. Merci à vous. Revenons sur cette année passée. Il y a plusieurs axes qui me semblent à considérer d'abord. L'allergie n'est pas une crise, c'est une trajectoire. L'atopie se pense au long cours, une histoire de fenêtres d'intervention, de cumul d'exposition et de terrain, et c'est exactement l'esprit de l'article « Atopie des maladies pour toute une vie » et de « Comment prévenir l'apparition des allergies » . Il faut sortir des slogans et entrer dans le concret. Côté microbiote et nutrition, les messages se sont affinés. Les prébiotiques en prévention de l'eczéma mettent en avance un bénéfice modeste qui dépend du contexte, population, timing, produit, critères. L'intérêt du bio en prévision des allergies rappelle que les signaux épidémiologiques existent mais que les biais, comportements, niveaux socio-économiques et autres expositions peuvent aussi mimer un effet protecteur. Dans la même logique, le terrain allergique démarre in utero. C'est ce que montrent les articles « L'alimentation de la maman influe sur la qualité de la peau de bébé » et « Protection de l'allergie alimentaire par l'allaitement » qui insistent sur une prévention périnatale plus globale. Pas seulement éviter, mais comprendre les expositions et le bon moment pour introduire les aliments. Sur l'asthme du nouveau là aussi. Hygiène, infection, pollution, tout est dans la nuance. Hygiène et sibilance et rôle des infections dans la jeunesse de l'asthme rappellent que concernant la prévention ou la création de l'asthme, tout dépend du type d'infection, du moment et du profil de l'enfant. Par ailleurs, l'exposome atmosphérique s'est imposé comme un déterminant majeur, avec deux articles, les polluants atmosphériques, rôle de l'ozone dans la naissance de l'asthme et rôle de la pollution liée aux incendies de forêt sur la qualité de vie des atopiques. A l'inverse, l'article « L'aluminium est non coupable dans l'asthme » aide à calmer les fausses pistes. Mieux vaut cibler les facteurs réellement étayés. Enfin, prévention égale adhésion. Le papier qui doit nous rendre le plus humble de l'année est peut-être celui-ci. Les parents savent ce qu'il faut faire, mais ne le font pas pour prévenir les allergies alimentaires. Le message est simple. L'information ne suffit pas, il faut des stratégies de communication, des routines et une prévention non culpabilissante. Et pour garder le sens du calendrier des saisons, le calendrier des allergies donne une trame très utile au quotidien. Il nous faut également devenir plus précis, c'est ce que rappellent les articles comme l'article Allergologie moléculaire, prise de position, qui résume bien l'enjeu. La biologie moléculaire sert à mieux stratifier le risque et mieux comprendre les réactivités croisées. Il ne remplace nullement un interrogatoire. Les nouveaux allergènes de l'année sont édifiants parce qu'ils expliquent des discordances. Les nouveaux allergènes du sésame, qui aident à mieux lire certaines allergies au sésame. Côté acariens, la troponine, nouvelle allergène des acariens, remet sur la table une famille de protéines partagées et des croisements inattendus. Chez les pollens, les allergènes du pollen d'olivier, comme les allergènes de l'humulus japonicus, illustrent une allergologie où le climat rencontre la pertinence clinique. Pour le nez, 2025 a été très utile, avec l'origine de la rhinite de l'enfant, qui clarifie les trajectoires et évite de tout appeler allergie, tandis que la rhinite locale remet en lumière une entité sous-diagnostiquée. Par ailleurs, un consensus sur la prise en charge de la toux chronique offre un chemin clinique pour sortir de l'errance. Et l'impact de la rhinite allergique sur la sexualité est à garder en tête quand un patient dort mal, qu'il évite des activités ou qu'il s'épuise. Même logique de précision en urgence. L'article cofacteur de l'anaphylaxie rend explicable ce que les patients vivent comme une injustice, avec des allergènes tolérés un jour, dangereux le lendemain. L'effort, les AINS, l'alcool, l'infection, les chaleurs, le sommeil changent le seuil de réaction. Côté œdème et angio-œdème, profil des patients souffrant d'œdème et retentissement des angio-œdèmes héréditaires rappelle que la maladie est aussi une charge mentale et sociale permanente. Sur l'urticaire chronique, un article, toujours utile, qui confirme que pour l'urticaire chronique on ne teste pas, sauf, qui nous appelle à raisonner avant de prescrire un bilan réflexe. Plus méconnu, souvent sous-estimé, la démonstration de la continuité clinique est résumée dans le continuum d'hermographisme vers l'urticaire chronique. Mieux traité, être plus ciblé, plus mesurable. Pour les biothérapies, l'année a gardé un ton de prudence clinique. Du pilumab né sous le signe du cancer n'est pas un signal panique, mais un rappel. Il faut prescrire, cibler, surveiller, déclarer et garder la nuance entre association et causalité. Les nouveaux outils thérapeutiques ont pris de la place. L'usage des antijacques en allergologie résume bien la promesse, efficacité rapide sur inflammation prurite et l'exigence, sélection, facteur de risque et surveillance. En allergie alimentaire, l'utilisation des anti-GE montre une bascule. L'anti-GE n'est plus seulement pour l'asthme ou l'urticaire, il devient un outil de sécurisation des réintroductions. L'innovation a même pris un détour avec l'idée d'un vaccin anti-allergie Ausha, encore loin de la routine mais révélateur d'un champ qui avance. L'immunothérapie allergénique a consolidé deux piliers, le bénéfice vécu et la vraie vie. L'effet très positif de la désensibilisation sur la qualité de vie met l'accent sur des améliorations concrètes, symptômes, sommeil, activité, anxiété. Et efficacité de l'immunothérapie allergénique en vraie vie rappelle que l'efficacité dépend de l'observance, de la sélection et du suivi. 2025 a beaucoup insisté sur les marqueurs, des marqueurs d'efficacité dans la désensibilisation à la cacahuète et les marqueurs d'efficacité pour la désensibilisation au venin qui poussent la discipline vers une immunothérapie allergénique plus mesurable. Au passage, un point crucial, l'allergologie est aussi une médecine de continuité des soins. Les allergies aux anticancéreux montrent que désensibiliser, c'est souvent permettre de ne pas interrompre un traitement vital. Et la vraie vie, c'est aussi voyager, organiser, anticiper. L'article sur les allergies en transport aérien nous l'a rappelé. Enfin, le numérique est là, avec Drago, l'application de suivi des désensibilisations qui illustre l'arrivée bienvenue d'outils ludiques. Tandis que l'article « Absence de partage entre médecins et patients à propos de leurs outils numériques » pointe un paradoxe. Des outils partout, mais du dialogue pas toujours. Sur l'IA, 2025 a franchi un cap pratique avec faire lire ses tests cutanés à une IA et une mise au point plus large avec l'IA en allergologie. Quelques brèves de 2025 sont importantes à garder en tête avec une synthèse sur le prurite, le patch de désensibilisation à la cacahuète qui arrive doucement, Le fait qu'il existe aussi des produits de contraste en échographie et donc des allergies à ces produits de contraste, qu'il faut faire de l'activité physique dans l'asthme de l'enfant et qu'il y aura peut-être un jour un film sublingual d'adrénaline pour traiter les urgences. Et l'alerte alimentaire du futur avec l'arrivée des protéines d'insectes. Attention, danger en particulier pour les allergiques aux acariens. Et puis il y a Hachoum, le podcast. En 2025, tout ce que je vous ai raconté épisode après épisode. On a parlé de l'allergologie du mécanisme au quotidien, l'immunologie de l'allergie, l'allergie à l'arachide, au pollen, l'asthme allergique, l'environnement intérieur, l'allergie à l'œuf, l'arinite allergique, un peu d'immunologie avec l'IGE, l'anticorps qui fait disjoncter l'immunité, l'eczéma de contact allergique, un petit détour par les mythes et légendes, gluten, lactose, gourou, et plus sérieusement les allergènes, ces molécules responsables. En clair, on a parlé mécanisme, aliments, pollen, voie respiratoire, peau, environnement et croyances, et surtout de ce qui aide à agir sans dramatiser. En conclusion, ce que 2025 raconte, c'est une allergologie plus mature, avec une meilleure prévention, des diagnostics mieux étayés, des traitements plus personnalisés, et une couche de numérique qui devient utile quand elle sert à la relation du soin. Si on reprend les deux textes suisses, il est important de transmettre mieux et de donner envie. Alors, CAP sur 2026, on garde la rigueur, on simplifie le message, on partage la passion et on n'oublie pas que derrière chaque IGE, il y a du vivant qui attend notre aide. Lors du prochain épisode, je vous parlerai cette fois vraiment des urtiques et des œdèmes. Prenez soin de vous et bonne année !