Speaker #0Salut, c'est Hachoum, le podcast des allergiques qui répond à tes souhaits. Je m'appelle Philippe. Je suis médecin allergologue et je t'emmène avec moi dans le monde passionnant des allergies. Aujourd'hui, je vais vous parler d'Ihachou, votre assistant documentaire. Pas de pollen, pas d'acariens, pas d'anaphylaxie. Enfin, si, tout ça est là, en filigrane, comme toujours. Mais ce dont je vais vous parler aujourd'hui, c'est quelque chose d'un peu différent. Quelque chose que je préparais depuis un petit moment, avec ce mélange de sérieux et d'humour qui est, vous le savez, la signature de ce site depuis 25 ans déjà. Je vais vous parler d'Ihachou. Commençons par le commencement. Si vous avez déjà cherché sur internet des informations sur une allergie, que vous soyez patient, parent, professionnel de santé, vous avez probablement vécu la même expérience. Vous posez une question, vous avez des réponses, trop vagues, trop assurées, qui se contredisent, et finalement vous ne savez pas vraiment à quoi faire confiance. Avec l'essor des outils d'intelligence artificielle, ce problème ne s'est pas vraiment arrangé. Alors, Avant de vous expliquer ce qu'est Iachum, il faut qu'on parle un moment de ce qu'il n'est pas. Et pour ça, une petite analogie simple. De celui qui croit tout savoir à celui qui sait qu'il ne sait pas tout. Vous connaissez tous ces caricatures de politiciens. Présents dans tous les pays, dans tous les partis, ils sont capables de parler avec une autorité absolue de n'importe quel sujet. L'économie, la santé, la politique étrangère et pourquoi pas l'allergologie moléculaire. Ils s'expriment avec fluidité, ils donnent l'impression de maîtriser, mais en fait, dès qu'on gratte un peu, on s'aperçoit qu'ils ont surtout lu les titres, qu'ils confondent les données, qu'ils mélangent les nuances, et ils sont incapables de dire qu'ils ne savent pas, parce qu'ils ne savent pas qu'ils ne savent pas. C'est exactement ainsi que fonctionnent les grands modèles de langage généralistes. Vous les connaissez tous, on appelle ça des LLM. Ils ont ingéré une quantité vertigineuse de textes, tout l'Internet ou presque. L'avis de votre concierge sur les acariens, les recommandations internationales les plus sérieuses sur l'anaphylaxie, les études cliniques sérieuses et les théories les plus farfelues sur les allergies que l'humanité numérique a su générer sur les allergies. Tout ça, ça cohabite dans sa mémoire, sans hiérarchie naturelle. Pour en tirer quelque chose d'utile, il faut lui préciser qui vous êtes, ce que vous voulez exactement, dans quel cadre et avec quel niveau d'expertise. La qualité de la réponse dépend directement de la qualité de votre question. et de ce que le modèle sait de vous. Si vous êtes vague, il sera vague. Et pour la plupart des gens, dans la plupart des situations médicales, c'est un problème sérieux. Le SLM, lui, c'est une autre histoire. Imaginez non plus le politique omniscient, mais un expert de terrain. Celui qui a passé 20 ans à travailler dans un domaine précis. Il ne sait pas tout sur tout, mais dans son domaine, il est vraiment compétent. Vous n'avez pas besoin de lui expliquer le contexte à chaque fois. parce que de toute façon il ne fait qu'une chose, mais il le fait bien. Il ne vous parlera pas des allergies selon la lune, non pas parce qu'on lui a interdit, mais parce que dans ses sources, il n'y a pas d'informations de ce type. Un SLM bien nourri ne fait pas dans l'ésotérique. Sauf si bien sûr quelqu'un a décidé de lui pourrir le cerveau en choisissant des mauvaises sources. La règle est simple, la qualité d'un SLM dépend entièrement de la qualité de ce qu'on lui a donné à lire. Iachum, c'est un SLM. Un Small Language Model, plus compact qu'un grand modèle généraliste, plus ciblé, plus économe en ressources et spécialisé en allergologie. Il ne sait pas tout, mais ce qu'il sait, il le sait vraiment, parce qu'on lui a choisi ses sources avec soin. Et l'allergologie ne s'apprend pas n'importe où. Ses sources, parlons-en. Yachoum ne répond pas depuis sa seule mémoire. Il travaille selon un principe qu'on appelle la recherche augmentée. Au lieu de demander à une IA de deviner intelligemment à partir de ce qu'elle a appris, on lui donne d'abord un environnement documentaire choisi, organisé, spécialisé. On lui ouvre la bonne bibliothèque, on lui montre les bonnes étagères, et ensuite seulement on lui demande de faire une synthèse. Quand vous posez une question à IA-Chun, il active un moteur de récupération, un RAG, Retrival Augmented Generation, qui explore plusieurs couches de sources. D'abord le corpus éditorial d'Allergic.org, 25 ans de contenu relu et actualisé. Allergen.org pour la nomenclature officielle de l'IUIS. AllerData pour les familles moléculaires, les réactivités croisées, les publications associées. Évidemment les sites officiels, le WAO, le ACI, l'ARIA, le GINA, etc. Il hiérarchise les résultats, élimine les doublons, prépare un dossier cohérent. Et c'est seulement après cette étape que le modèle de langage intervient. Cette fois, ce n'est pas pour improviser mais pour synthétiser. Un chatbot généraliste répond avec sa mémoire. Yachoum répond avec un dossier. En allergologie, cette distinction est importante. La différence entre un allergène source et un allergène moléculaire, entre une réactivité croisée cliniquement pertinente et une réactivité théorique, entre une PRDIS et une protéine de stockage, ces nuances ont des implications diagnostiques directes. En allergologie, chercher à peu près, ce n'est pas possible. Yachoum cherche juste. Seul, on va plus vite. ensemble, on va plus loin. Yachoum est née d'une idée. Une idée portée depuis un moment par quelqu'un convaincu qu'une IA documentaire sérieuse pouvait changer la manière dont patients et professionnels accèdent à l'information allergologique. Ouais, c'est moi. Mais une idée, aussi bonne soit-elle, ne devient un projet solide que lorsqu'elle rencontre les bonnes personnes pour la challenger, l'affiner, l'améliorer. C'est précisément ce qui se passe avec le groupe de travail e-santé et intelligence artificielle de la Société Française d'Allergologie, la SFA. Ce groupe rassemble des passionnés, cliniciens, chercheurs, spécialistes de l'information médicale ou de l'informatique, animés par la même question. Comment mettre l'intelligence artificielle au service d'une spécialité de précision, sans sacrifier la rigueur, la transparence ni la qualité des données ? Car un outil documentaire médical ne résume pas à son architecture technique. Il vaut ce que valent ses sources, la qualité de leur sélection, la pertinence de leur organisation et la vigilance de ceux qui les maintiennent. Le groupe de travail apporte exactement cela, une communauté de regard critique capable d'évaluer à la fois les méthodes informatiques et la qualité des données médicales. Iachum est donc né sur allergique.org, mais il grandit avec la SF1. Les IA ne sont pas obligés de détruire la planète. Parlons maintenant d'un choix qui me tient à cœur. Iachum est hébergé en Europe, sur des serveurs conformes au RGPD et alimenté par de l'énergie renouvelable. Il y a un concept important en santé publique, le One Health, la santé unique. La santé humaine, animale, des écosystèmes sont profondément liés. On ne peut pas soigner les unes en dégradant les autres. Les allergies en sont un des exemples les plus frappants. Le réchauffement climatique allonge les saisons polliniques, permet à des plantes invasives comme l'ambroisie de coloniser de nouveaux territoires, amplifie le pouvoir allergisant des pollens en synergie avec l'opposition atmosphérique, modifie les populations d'acariens et de moisissures. Le dérèglement climatique est un facteur aggravant, direct, documenté de la crise allergologique mondiale. Alimenter Yachoum avec de l'énergie renouvelable, ce n'est pas qu'un geste symbolique, c'est une cohérence. On ne peut pas parler sérieusement de la montée des allergies liées au réchauffement et faire tourner nos outils numériques sur des ressources carbonées sans se poser de questions. Et concernant le RGPD, lorsque vous posez une question de santé, vous avez le droit de savoir où sont vos données. Et avec Yachoum, elles sont, en Europe, dans un cadre juridique clair. de l'intelligence centralisée à l'intelligence distribuée. Une dernière idée un peu plus conceptuelle éclaire la direction que nous prenons. En neurosciences, il y a une hypothèse fonctionnelle sur l'intelligence distribuée. Le cerveau ne fonctionnerait pas comme un centre omniscient qui saurait tout sur tout, mais plutôt comme un réseau de zones spécialisées, chacune experte dans un domaine précis, qui se coordonne pour produire une pensée cohérente. Pas un grand cerveau qui sait tout, mais de nombreux petits cerveaux spécialisés qui travaillent ensemble. C'est la philosophie d'Ia-Chum. C'est pourquoi il sera distribué sur Spip Contrib sous licence GPL. N'importe quel site spécialisé pourra s'en emparer, le nourrir de ses propres sources expertes et construire dans son domaine une intelligence documentaire performante. En conclusion, pour le grand public, Ia-Chum construit un pont entre la mémoire documentaire d'Allergic.org et votre question du moment. Il présente ses résultats par niveau, point clé, réponse développée, source identifiée, mode expert si nécessaire. Une bonne réponse médicale n'est pas seulement une conclusion, mais une traçabilité. Vous pouvez le trouver directement intégré au moteur de recherche. Pour les professionnels de santé, c'est un assistant documentaire ancré dans une démarche validée par la communauté d'allergologie française. Et pour tous, des données qui restent en Europe, des sources choisies avec rigueur et un outil qui dit tout simplement quand il ne sait pas. Je vous invite à le découvrir, à le tester, à l'interroger et à me dire ce que vous en pensez parce que ce genre d'outil se construit aussi avec vous. Et le mois prochain, promis, retour à la clinique, je vous parle des allergies oculaires. Prenez soin de vous les amis. A bientôt.