- Speaker #0
Cet épuisement moral veut dire que je n'ai plus envie. Au bout de deux mois, on m'a découvert un cancer. Une voiture, on fait un contrôle technique. Il faudrait faire pareil pour nous. Qu'est-ce que vous diriez face à cette attitude ? On préfère aller boire un after work. C'est sympa. On va boire un coup. C'est rigolo. C'est sympa. Vous pouvez faire toutes les chimios du monde. Tout ça, si dans votre tête, vous brassez du négatif, vous avez des chances de refaire des rechutes.
- Speaker #1
Le psychothérapeute et psychiatre Victor Frankel travaillaient presque exclusivement avec des patients suicidaires avant d'être envoyés en camp de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale. Quant au paravent, il avait vu des patients libres qui voulaient mourir. Il était maintenant au milieu des personnes emprisonnées qui, en dépit des pires conditions qu'on puisse imaginer, se battaient pour survivre. « Dans une telle situation, quand il ne nous reste plus rien, disait Frankel, on doit faire plusieurs choses. Considérer son sort avec un froid détachement. » Développer des stratégies pour survivre, trouver une raison de vivre pour les minutes qui viennent et pour le reste de sa vie. Si on trouve un but, non seulement on survit, mais on progresse en tant qu'être humain. Il disait que, quand on est confronté à la souffrance ou à l'angoisse, on doit s'engager dans la situation, sachant qu'on est toujours libre de choisir au moins une chose, son attitude vis-à-vis de la situation. En décidant du sens qu'on va lui donner, cela permet de transformer les défis en accomplissements. Bienvenue dans notre podcast. Attitude, podcast du service STEP, le premier service de santé au travail des entrepreneurs par la prévention en France, en Belgique et en Suisse. Je suis Iris Ramos, je suis psychologue du travail,
- Speaker #0
présidente et fondatrice du service. Bienvenue dans notre nouvel épisode.
- Speaker #1
Nous voilà dans le cinquième épisode du podcast Attitude, le podcast du service STEP. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Alexandre Aymelin qui est dans l'Est. qui nous a été recommandée par Virginie Puel, notre directrice dans cette zone. Alexandre, je veux bien que vous puissiez vous présenter, que vous puissiez nous expliquer votre parcours. Qu'est-ce que vous faisiez avant ? Qu'est-ce que vous faites aujourd'hui ?
- Speaker #0
Bonjour Élise. Pour expliquer ce que je fais aujourd'hui, je gère une conciergerie depuis maintenant 2022. j'ai un gros... passer dans l'immobilier. J'ai assez de conciergerie et j'ai d'autres activités pour la création d'événements networking et surtout travailler sur les événements autour de la santé. Je crée des tables rondes. J'en ai créé une en Alsace, j'en ai créé une autre dans les Vosges pour faire échanger tous les dirigeants. autour de la problématique de la santé, sachant que moi, depuis la création de mon entreprise, j'avais revendu une entreprise et en recréant une autre entreprise, au bout de deux mois, on m'a découvert un cancer. Donc, on est parti dans toute cette phase à la fois diagnostique, à la fois opération, traitement. Donc voilà, des années compliquées en gérant une SAS. Et malheureusement, moi, pour le coup, je n'avais pas pris de prévoyance. Donc, je me suis retrouvé un petit peu tout seul. En ayant monté une SASU, forcément, je n'avais pas d'associé à l'époque. Donc, c'était un petit peu compliqué. Et donc, il fallait un peu gérer entre la vie pro, perso, et toutes ces obligations que rencontre finalement un créateur, on va dire ça comme ça, d'entreprise.
- Speaker #1
Et vous aviez quel âge au moment du diagnostic ?
- Speaker #0
40 43 ans. 43 ans, quelque chose de bête. Une découverte simple. Je ne rentrais pas dans le listing de ce type de cancer, pour le coup, parce que je n'étais pas fumeur. J'avais un peu moins de poids, donc un peu plus sportif, n'est-ce pas ? Et donc, je n'étais pas exposé à des produits pétrochimiques. En 43 ans, c'est un cancer qui touche les personnes de plus de 60 ans. C'était un cancer de quoi exactement ? C'est un cancer de la vessie, avec des récidives qui sont venues par la suite, une découverte soi-disant d'une infection urinaire qui traînait, qui traînait, comme d'habitude. Et le traitement, on y passe, on y croit. Et puis finalement, on a 43 ans, le médecin vous dit... A 43 ans, ce n'est pas possible d'avoir un cancer. Impossible. Et puis, j'ai eu cette chance d'avoir une interne qui était là, qui, elle, pour le coup, était consensueuse et m'a préconisé d'aller voir un neurologue. Elle a tout fait pour que j'en rencontre un. Et du coup, résultat des courses, le diagnostic, malheureusement, a été positif. Très positif dans le sens que je l'ai découvert à temps, on va dire ça comme ça. Donc c'est vrai que personne n'est à l'abri. J'ai été le premier, comme tout le monde, à penser que ça n'arrive qu'aux autres. Voilà, donc du coup, tout s'écroule, le château de cartes, les projets. Bref, c'est une spirale totalement négative. Ce qui est le plus compliqué, c'est de garder le psychologique. qu'il a, je peux... En toute sincérité, même maintenant, on est en 2025, ça reste toujours une phase où je n'ai pas encore, malheureusement, pas passé toutes ces étapes de reconstruction. Quand on est salarié, on se met en arrêt maladie, on a quand même des employeurs, des collègues, on a pas mal de choses. Sauf que quand on est indépendant, même que c'est une société, on a des salariés, donc on doit être au top du top, n'est-ce pas ? Donc moi, je me suis vu animer des réunions en networking le matin et l'après-midi faire de la chimio. Donc voilà, c'est dans le psychologique. Donc vous là, voilà, voilà. Et donc l'année dernière, en networking, j'ai rencontré une personne idéale, donc Virginie. Et donc effectivement, ça m'a permis de découvrir aussi d'autres activités qui existent.
- Speaker #1
Au niveau de l'activité que vous aviez à l'époque, c'était une conciergerie immobilière, c'était cette activité-là qui démarrait, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui, on va dire, moi je faisais de l'immobilier classique, j'étais développeur de franchise et j'ai stoppé, j'ai créé une première conciergerie, donc une conciergerie de service pour répondre en zone rurale, on va dire ça comme ça, partie d'une grande ville pour aller sur la zone rurale et donc répondant à tous les besoins que... un particulier aurait besoin, donc ça veut dire chercher un artisan, répondre à un besoin administratif, et ainsi de suite. Cette conciergerie, je l'ai revendue, et j'ai voulu absolument faire une conciergerie privée, ayant travaillé dans la partie plus luxe, le pan un peu plus luxe de l'immobilier, et malheureusement, effectivement, oui, c'est une activité qui prend beaucoup de temps, parce que la gestion du Airbnb, la gestion du client, Il faut être constamment disponible. Dans ce modèle économique, normalement, vous êtes disponible 7 jours sur 7, 24h à 24h, on va dire ça comme ça. Donc c'est vrai que le temps de repos, c'est compliqué. Et c'est là où on découvre effectivement que la double peine, on va dire ça comme ça, c'est toute la vision que ressentent les personnes quand vous leur annoncez ça, qu'on a un problème. Vous êtes censé être sans problème, on va dire ça comme ça. Ça veut dire qu'à la fois, vos clients, eux, ils n'en ont rien à faire. Ils ne veulent pas savoir que vous êtes à l'hôpital ou quoi que ce soit. Donc, eux, ils ont une question, vous faites une réponse. Vous avez votre comptable qui, lui, vous envoie la facturation. Donc, lui, ça, ce n'est pas un problème non plus pour lui. Et puis, vous avez aussi vos salariés qui, pour le coup, vont se faire un père. Vous êtes le patron méchant. Donc, forcément, vous n'avez pas le droit d'être malade, vous, pour le coup. Ça, c'est un pas de chance. Et puis vous avez la famille qui ne comprennent pas parce que pour les trois quarts, eux, ils ont été dans le salariat. Donc c'est vrai que pour le coup, on va chez le médecin, on se met en arrêt maladie. Puis personne ne vient vous embêter. Vous ne recevez plus de mail, vous ne recevez plus de téléphone, d'appel téléphonique. Là, pour le coup, voilà. Moi, un exemple juste, un exemple. À la suite de ma première opération, j'ai rallumé mon téléphone pour appeler mon épouse. Et j'ai un client qui m'a appelé. Lui, il a été plus rapide que mon épouse, n'est-ce pas ? Et lui, c'était bon de me parler qu'il y avait la problématique d'un de ses voyageurs dans le Airbnb qui avait fait des dégradations. Vous laissez imaginer que quand vous sortez du pôle opération, encore moitié à côté, de solutions, soit on ne répond pas, soit on y répond. Donc moi, j'ai répondu, mais ça ne m'avait pas valu plus de remerciements ou quoi que ce soit. Donc c'est là où c'est la double peine. Voilà, l'humain.
- Speaker #1
Vous n'aviez aucun antécédent, aucun signe annonciateur de ce cancer. Est-ce que le corps médical vous a un peu donné d'explications ? Comment ? Pourquoi ? Est-ce que vous avez eu un peu d'infos sur les possibles origines de ce cancer ?
- Speaker #0
Si vous ne posez pas les questions, vous ne les avez pas. Moi, en contrepartie, à côté, est-ce que c'est ça ? Est-ce que ce n'est pas ça ? On pourrait considérer que ce n'est placebo et ainsi de suite. via les réseaux j'ai rencontré des gens qui commercialisent de la micro-algues tout ce qui est affanis oméga 3 donc ça j'ai traité et ils m'ont donné un maximum d'informations sur tout ce qu'on retrouve sur les sites internet type américain ou chinois effectivement de tous ces de ses propriétés chimiques. En dehors de ça, en corps médical, en termes général, aucun accompagnement. J'aurais tendance à dire, c'est comme partout, c'est que quand vous avez du caractère et que vous n'êtes pas en train de planicher sur votre sort, il n'y a personne qui est là pour vous écouter. Malheureusement, ce qu'on déplore, c'est que les gens ne savent pas écouter. C'est-à-dire qu'ils ne savent pas anticiper, vous écouter, vous comprendre. On ne cherche pas à vous comprendre. Il faudrait toujours celui qui pleure, qui pleurniche. il vient, on va dire, poser toujours son problème, lui, on va l'écouter, on va lui donner un peu de compassion, tant soit peu, mais à personne qui ne donne pas de signaux faibles ou de baisse psychologique, elle, elle n'est pas impactée, on n'a pas besoin de passer du temps à lui demander, ne serait-ce que, comment ça va, et ainsi de suite. C'est là qu'on découvre, comme je disais tout à l'heure, la double peine. Parce que quand vous êtes dans une situation comme ça, l'objectif, c'est pas effectivement qu'on s'apitoie sur vous, ça sert à rien. Des fois, dans les moments de solitude, de difficultés psychologiques, on va dire ça comme ça, rencontrés, ne serait-ce que d'avoir un message, salut, ça va, ou d'aller boire un café, ou rencontrer des gens qui vous amènent du positif dans la vie, ou qui tout simplement une écoute, ça, ça n'a pas de prix. Parce que finalement, on s'aperçoit que non, il n'y a personne qui vous écoute.
- Speaker #1
Combien de temps ça a duré la période de traitement, de convalescence pendant laquelle vous ne pouvez pas travailler ou pas trop travailler, il n'y a pas de prévoyance, vous n'êtes pas payé pendant ce temps-là ? Combien de temps ça a duré ?
- Speaker #0
Moi, ce n'est pas compliqué. C'est la période entre les récidives et... Moi, j'ai eu cette chance. J'espère que ça va continuer. J'ai eu cette chance 1. d'avoir été pris à temps, et même sur les récidives, d'être sur un grade départ, un premier grade, qui évite la prolifération des cellules dans les muscles, dans la partie musculaire, et de partir à droite à gauche. Donc ça, pour le coup, j'ai eu cette chance. Le traitement, lui, a été en plusieurs étapes. J'ai eu un traitement qui était, on va dire, intra. qui a permis d'avoir moins d'effets secondaires. Il ne faut pas se voiler la face. Mais néanmoins, des fatigues et autres. Mais le problème, c'est qu'en étant bloqué dans une certaine situation, vous ne travaillez plus, mais vous êtes encore obligé de travailler. Parce que malheureusement, c'est soit vous éteignez tout, et là, le problème, c'est que ça devient compliqué. C'est-à-dire que tous les sacrifices que vous avez fait, toutes les économies, tout ça. Avec le recul, j'aurais mieux fait de mettre tout en stand-by. et à rouvrir après. Je me suis raccroché finalement à ça en me disant, c'est ce qui va me faire tenir. C'est vrai que la famille aussi, quand vous avez des enfants bas âge, vous ne pouvez pas montrer de signaux faibles. Mais c'est vrai que l'après-coup vient seulement maintenant. Vous voyez, ces efforts de concentration, tout ça, ça devient de plus en plus. Là, je veux dire, les deux ans, je les paye seulement maintenant, il y a quelques mois. C'est-à-dire de toute cette fatigue psychologique, de tout. Cet épuisement moral, je veux dire, j'ai plus envie. Des fois, j'ai plus envie, j'ai plus... Et au niveau de ma société, on va dire, ce qui est assez flagrant, c'est que j'arrivais à plus tenir la barre quand j'étais malade, quasiment aujourd'hui. Parce qu'il y a l'après.
- Speaker #1
Il y a l'après.
- Speaker #0
C'est une catastrophe, là. Exact.
- Speaker #1
Comment ça va aujourd'hui ?
- Speaker #0
Ça va... Si on a connu meilleur... Physiquement.
- Speaker #1
Physiquement,
- Speaker #0
physiquement. Physiquement, bien. On va dire, je suis toujours suivi. Là, d'ailleurs, dans quelques semaines, pendant deux semaines, j'ai un suivi. Mais physiquement, oui. C'est plus le côté psychologique qui est le plus dur, effectivement, à passer.
- Speaker #1
Parce qu'on a eu peur de mourir, parce qu'on n'a pas eu le temps de récupérer, parce qu'on n'est pas des surhommes, des surfemmes et qu'on a besoin de temps pour digérer.
- Speaker #0
En 2024, j'ai stoppé une partie de ma conciergerie et j'ai accompagné dans la partie networking parce que finalement, je m'étais isolé. C'est-à-dire que j'avais besoin de rencontrer du monde, tout ça. J'ai passé de 2024 à 2025 à développer certains networking en parallèle de ma société. Finalement, preuve en est que ce n'est pas forcément une des meilleures solutions parce que c'est beaucoup plus chronophage. On pense se rattrocher à des personnes, mais ce n'est pas forcément. des vraies zones d'échange, d'accord ? Parce qu'aujourd'hui, malheureusement, on ne veut plus partager le problème des autres. Parce qu'on a tellement peur, ça nous impacte, nous. À l'issue, comme j'expliquais tout à l'heure, j'ai rencontré effectivement Virginie, enfin, que j'ai rencontrée à travers les réseaux. Elle est venue se greffer à un premier événement. qui s'est passé à Strasbourg, où je la remercie parce que c'était une de mes plus grosses communicantes et qui a fait le plus fort taux d'impact, qui avait un peu une idée, une copie de ce qu'avait organisé la Ligue contre le cancer dans les Vosges. C'est-à-dire, je me suis dit, pourquoi pas organiser un événement ? J'organise des tables rondes autour de l'immobilier, pourquoi pas faire autour de la santé et faire partager, sans forcément m'apitoyer ou exposer ma problématique, non. C'est de construire une table ronde, un échange. amener à la fois des professionnels et à l'amener à la fois des gens qui veulent témoigner, qui expliquent leur parcours. Parce que moi, pour le coup, je n'ai pas été informé. Et on s'aperçoit que les informations sont quand même compliquées à faire passer. Et ce qui est assez impressionnant, c'est qu'à la fois on a des organismes, je prends le cas, certains organismes, je prends le cas sur la dernière table ronde que j'ai organisée dans les Vosges, des organismes qui sont censés donner l'information. ne sont pas très réactifs ou ne sont pas très enclins. De l'autre côté, on a ces entrepreneurs qui sont des invincibles. Ça n'arrive qu'aux autres et qu'aux faibles. Il n'y a que les faibles qui s'expliquent. Et donc, on retrouve une petite partie de la population qui est fort intéressée. Mais je prends le cas là où c'est assez aussi flagrant. C'est au lieu d'unir sur un sujet qui est ultra important et enlever ce côté commercial. On est tous commercial, on vit, on développe des business, on est tous là pour faire du commerce. Il n'y a pas de souci là-dessus. Là où je déplore que ce soit dans les Vosges, encore plus dans les Vosges, parce que là on a une contrainte qui est, comment dire, électoraliste, voire autre. C'est tout le monde qui essaie d'être celui qui va organiser l'événement. Ce n'est pas moi qui organise, donc ça ne m'intéresse pas d'y participer. Non, je trouve ça assez petit, parce que le sujet de la santé, c'est un sujet qui touche tout le monde. Celle de Strasbourg était verrouillée à la partie entrepreneuriale. Celle de Strasbourg était portée par une société, donc ma société. Celle des Vosges, je suis président d'association des entrepreneurs. Je me suis dit, la première table ronde de redémarrage de cette association, on va le faire sur la santé, parce qu'on va pouvoir amener... à la fois des dirigeants, des salariés, des retraités, des jeunes, des moins jeunes, tout un ensemble, un panel de personnes, des collectivités, tout ça. Et on s'aperçoit que finalement, c'est très compliqué à mobiliser. On a fait une quarantaine de personnes. Pour le premier coup, Virginie de Steps était en vidéo, donc c'est toujours compliqué quand on fait la vidéo d'arriver à trouver la captation du public et à échanger. On l'a très bien fait sur la dernière réunion dans les Vosges. Le domaine de la santé, c'est hyper compliqué. Et surtout, de faire passer un message, ce que beaucoup n'ont pas compris, c'est de faire passer un message utile. Après, le commercial se fait de suite. À l'instant que vous allez trouver la captation, le partage, les gens forcément viendront vers vous. Mais ça, c'est compliqué à faire comprendre.
- Speaker #1
On se heurte avec Step à une problématique. Les dirigeants vont nous dire « je ne veux pas faire un bilan des examens parce que j'ai peur qu'on me trouve quelque chose » . Qu'est-ce que vous leur diriez sur cette partie des pistaches précoces qui a changé la donne pour vous ? Est-ce que c'est mieux de savoir tôt ? Est-ce que c'est mieux de savoir alors que les choses se jouent déjà ? Qu'est-ce que vous diriez face à cette attitude des dirigeants qui est souvent « je ne veux pas savoir, ça va me faire peur, je ne veux pas qu'on cherche parce que quand on cherche, on trouve » .
- Speaker #0
Ce qu'on dirait, c'est une forme d'intelligence de s'intéresser, surtout à nous, parce qu'on parle toujours de la santé psychologique et de la santé physique, d'accord ? Sauf que, moi, je ne suis pas qualifié là-dessus. Mais l'un ne va pas sans l'autre. On va dire ça comme ça. Ça veut dire qu'aujourd'hui, si le physique ne fonctionne pas, le mental n'est pas là et le mental va impacter sur le physique. Aujourd'hui, j'aurais tendance à dire, c'est une voiture, on fait un contre-technique. Il faudrait faire pareil pour nous. D'accord ? Je prends le cas de mon cancer, juste pour citer. Le dernier CHIR que j'ai vu à Nancy m'indiquait qu'il y avait un jeune de 27 ans, ultra sportif, condition de l'impacté par le même cancer. Donc aujourd'hui, ça ne touche pas les autres, ça ne touche pas que les autres, on va dire. Ça ne touche pas non plus que les seniors, n'est-ce pas ? Ça touche vraiment tout le monde. Effectivement, il ne faut pas tomber dans cette... spirale aussi du bien-être, entre guillemets, comment on pourrait nous le vendre avec certains coachs, avec de l'alimentation, tout ça, c'est surtout le psychologique. C'est trouver son terrain, son terrain d'équilibre, mais surtout le diagnostic, c'est le plus important, parce que plus vous détectez un problème avant, plus ce sera facile de le traiter, et surtout de passer les plaques. Moi, je prends le cas, s'il aurait été traité peut-être 3, 4, 5 mois, je ne suis pas chirurgien ni chercheur, ça je ne sais pas, mais pour le coup, s'il aurait muté dans les muscles, tout ça, moi j'ai des amis du même âge que moi qui sont décédés de la même chose, donc ça pourrait être compliqué. La problématique, c'est que moi, ça a été détecté avant. Les autres, ça a eu le temps de muter, donc à partir de là, moi j'ai une chimio en intra, les autres, ça va être une chimio classique. on va dire, qui est beaucoup plus dur, et qui finalement, moi si je serais passé par là, ça aurait été à mon avis beaucoup plus compliqué pour moi. C'est pour ça que je me dis que moi pour le coup, je m'en sors bien, j'espère que ça continue comme ça, certains chirurgiens vous disent que c'est dans la tête aussi que tout se passe. On vous parle souvent d'assigner à enlever le sucre, je suis d'accord, je n'ai pas de théorie là-dessus, mais le sucre, les parties alimentaires, Sauf que le problème, c'est que vous êtes déjà dans une péripétie très compliquée. Si en plus, vous y ajoutez une frustration, ça devient encore plus compliqué. Donc, il faut trouver le juste milieu. Et surtout, j'aurais tendance à dire, il faut trouver le bon encadrement. Échanger, pas échanger avec les bonnes personnes qui ont une capacité d'avoir une certaine prise de hauteur. Et il faut surtout s'instruire. Venir à une table ronde, c'est partager un bon moment, échanger, ne pas juger, comprendre. et se dire, ben merde, ça pourrait me toucher moi demain, ça se trouve, je sors de là, peut-être que oui, effectivement, j'ai mal au ventre, il serait peut-être bien de me faire diagnosticer, quoi.
- Speaker #1
Pour moi, il est important aussi de savoir, quand la situation était là, comment vous avez fait face. Concrètement, le podcast Attitude vient des recherches du psychothérapeute Victor Frankel. Victor Frankel disait, dans la vie, C'est 10% de ce qui t'arrive et 90% de comment tu le prends. Donc, quelle est l'attitude de la personne face à la situation ? Comment elle fait face à ce qui lui arrive ? Donc, quelles ont été les ressources ? Comment vous avez mobilisé les choses pour faire face ? Comment vous l'avez pris et comment vous avez fait face ?
- Speaker #0
J'ai fait face, malheureusement, comme je disais tout à l'heure, par l'être pris dans cette spirale et ce tunnel. Je n'ai pas été demandé grand de... grand support à tout ce sport, on va dire ça comme ça. Dans le problème de l'orientation, dans tout le parcours médical, les personnes qui vous accompagnent, même si vous faites une demande, on vous dit que vous êtes médecin, enfin, vous êtes entrepreneur, il n'y a personne qui vous oriente vers les bonnes personnes. Donc, la seule chose, c'est que vous vous regardez, vous avez une vie de famille, vous avez des enfants, vous avez une société, vous avez des obligations, des clients. Et donc, du coup, c'est ce que je disais tout à l'heure, moi, je suis resté enfermé dans cette spirale à ne pas me plaindre et à faire, voilà, encaissé en silence. Et c'est ce que je disais tout à l'heure, le problème étant, c'est un, la sentence, elle est perverse parce que vous essayez toujours de rattraper le retard, malheureusement, que vous avez pris parce qu'au fur et à mesure, on a beau dire ce qu'on veut, mais quand vous n'êtes plus dans votre business, vous vous écartez du... plan de business que vous avez donné à votre business, on va dire ça comme ça, et c'est d'autant plus vrai que tant que vous ne pouvez pas structurer, vous n'avez pas un business qui roule et puis vous n'avez pas ce qu'on appelle l'homme clé qui va venir derrière tout ça, c'est très compliqué. Donc moi, comment j'ai agi ? Effectivement, face à la péripétie, il y a deux choses, c'est soit on baisse les bras ou soit on fait face. Moi, c'est ce que j'ai fait face. Et je me suis, malheureusement, on reviendra en marche arrière, j'aurais pris plus de hauteur sur tout ça, et me dire, effectivement, je vais demander de l'aide, regarder qu'est-ce qui existe, ne serait-ce que... Vous voyez, ça fait deux tables rondes, on fait intervenir des comptables. On pourrait justement expliquer comment on peut mettre en pause sa société, ou quel modèle, enfin, on va dire, quel levier on peut utiliser, justement, pour minorer, on va dire, cette double peine. C'est d'ailleurs pour ça que dans les deux tables rondes qui ont été faites, réalisées, et que j'aimerais en faire une troisième en début d'année, c'est toujours dans le même principe, c'est de se dire, on va traiter le avant. Le pendant et le après. Le avant, c'est tous les gens qui écoutent. On ne m'a jamais sensibilisé à ça. Pour le coup, je n'ai pas pu écouter parce qu'on n'est jamais venu vers moi pour m'expliquer. On ne saurait ce que même de m'inviter sur un événement. Comme je le dis toujours, on est toujours à solliciter sur des événements qui sont toujours à partir de bien-être. Vous savez, faire du sport au travail, faire des choses, ainsi de suite. Quand vous êtes seul face à votre société, moi aussi je me demande bien de refaire du sport, mais il y a la difficulté, il y a la vraie vie, c'est ça la question, parce que c'est toujours bien d'avoir des conseils, mais quand on a la possibilité de faire, on le fait, quand on ne peut pas, on fait avec. Le pendant, c'est super important, parce que c'est justement que ce soit un dirigeant, que ce soit pour lui-même ou pour un salarié, mais c'est de dire. Là, je vais l'aider ou je vais me faire aider. Parce que pour passer cette période minorée, tant pis, je n'ai pas anticipé. On va faire avec. Et le après. J'aurais tendance à dire que le avant et le après sont les plus importants. Parce que le avant, on anticipe tout. On a assez de chance. On ne peut jamais tout anticiper à 100%. Mais pour le coup, on peut mettre des jalons qui vont nous permettre d'avoir un plan A, B, C, D pour un peu anticiper. Et puis, après, c'est comment je peux justement laisser ça derrière. Parce que je peux vous dire que ça pèse comme un boulet. Il faudrait essayer de le mettre derrière, mais c'est compliqué parce que ça revient toujours dans votre tête. Et d'autant plus quand vous êtes entrepreneur. Donc, mon discours, il n'est pas de dire que l'entrepreneur, il doit être plus à plein qu'un salarié. Ce n'est pas mon objectif. Mais sauf que la différence, c'est que l'entrepreneur a une double charge. Donc ça, malheureusement, c'est le plus compliqué à faire comprendre. Moi, là où je vois sur les deux parcours, on ne peut pas faire une synthèse sur deux histoires, on va dire que c'est comme ça, sur deux tables rondes, on a mis des personnes un peu différentes. Et ce qui est assez marrant, j'aurais tendance, ma femme est étrangère, donc ça me permet de voir aussi d'autres mentalités. Chez nous, on est formaté un peu dans ce principe de case, c'est-à-dire que là, les gens n'écoutent pas, tout de suite, ils catégorisent la chose. je prends le cas par exemple du Virginie on va dire bah oui mais elle essaye de vendre son programme auprès des dirigeants oui ça c'est en soit si t'as compris ce qu'elle a voulu exprimer effectivement t'as compris que 1 c'était le seul module qui existe en France à cette heure donc très révolutionnaire et que t'en as besoin il faudrait le prendre mais là où t'as pas compris, et ça c'est un peu dommage, on n'a pas l'avoir compris, c'est qu'elle a su transpirer, elle, une expérience. Pourquoi, comment, on en a rien là ? Et pourquoi elle s'investit à ça ? Parce qu'elle est passée, elle veut partager aux gens. Effectivement, elle n'a pas eu ce problème, mais elle a eu un autre problème qui a fait tout.
- Speaker #1
La mission de STEP est très claire. On veut rendre le système accessible et préventif à une population qui, aujourd'hui, est totalement... oublié, négligé par la société. Quand on est à son compte, il n'y a personne qui vient toquer. Bonjour, vous ne travaillez pas trop ? Vous n'êtes pas trop fatigué ? On va vous faire des contrôles, on va vérifier si le médecin vous autorise à continuer comme ça. On va même vous donner de l'argent pour prendre le temps de vous occuper de tout, etc. Non, ça n'existe pas. Donc, ce que vous disiez tout à l'heure, et c'est très important, c'est que j'appelle à la responsabilité de chacun Les dirigeants, on leur dit que notre programme est participatif, on facilite les choses, on améliore l'existant, mais on a besoin que chacun puisse être saisi de ce sujet d'anticipation, de contrôle, de suivi, d'information. Et donc, on ne fonctionne qu'avec une mission de service public et la participation des dirigeants. Pourquoi le dirigeant doit s'impliquer ? Parce que d'abord, On n'a pas prévu de faire un financement par des mutuelles ou par l'État. Pour une question très simple, aujourd'hui, la logique financière du système actuel est extrêmement restrictive et perd très souvent de vue l'intérêt du patient. Donc, le fait de dire j'investis dans la prévention pour moi en tant que pionnier dans un système, c'est un acte d'investissement sociétal.
- Speaker #0
Pour changer les choses. Donc, oui, STEP est une entreprise privée. On ne peut pas payer pour les autres. Si les personnes ne participent pas au programme, il n'y aura pas de changement dans le système. Mais notre positionnement est un positionnement d'abord de pédagogie, puisqu'il y a un gros programme de recherche scientifique. C'est un positionnement de mission sociale. Et la problématique, c'est que comme c'est nouveau et c'est différent,
- Speaker #1
On ne rentre dans aucune case. J'aurais tendance à dire ça, et c'est un sujet, je prends le cas, je vais vous donner un autre exemple. On a organisé des événements avec ce qu'on appelle l'IA, l'intelligence artificielle et la cybermalveillance. Intervention de la gendarmerie, donc on parle sur les faits factuels, concrets, sérieux, qui touchent le commun des mortels, sa femme salariée, sa grand-mère, son enfant qui est avec un portable, et ainsi de suite. comme c'est un sujet qui fait peur on ne s'y intéresse pas on préfère aller boire un after work c'est sympa, on va boire un coup c'est rigolo, c'est sympa et on va repousser et je devrais avoir tendance à dire que ça c'est juste un exemple là où moi je regrette sur la partie santé pour le voir que je ne suis pas spécialisé dedans mais qu'on va dire moi je n'ai pas du tout d'intérêt c'est ce que j'expliquais moi à mes membres ça m'a un peu chagriné d'entendre ça parce que D'un côté, vous avez une organisation, je vais vous donner deux expériences, deux visions, on va dire, partagées. Un, création d'un événement en tant que patron d'une société qui fait ce qu'on appelle du networking. On pourrait entendre que cette table ronde est une vocation business. On se dit, lui, il est patron de networking, il est en train de faire sa capture de lead. Il est en train d'organiser là-dessus sur le malheur des autres. Ce qui n'était pas du tout, du tout, du tout le cas. Une première analyse. Deuxième analyse, on se dit, je vais demander à fédérer avec les autres parce que c'est un sujet important. Et tant soit peu, on entend quand même parler de la télé, qu'aujourd'hui, nos générations, je ne sais pas où vous me situez, mais on va dire entre 35 et 60 ans et 51 ans, on va dire. La quarantaine aujourd'hui, il y a quasiment un cancer, enfin une personne sur dix qui est touchée par un cancer. Donc aujourd'hui, si ça c'est pas parlant, je vous ferai dire dans une salle, vous avez réuni 40 personnes, il y a 4 personnes qui ont le cancer maintenant. Donc comme ça on est tranquille. Et on parle que du cancer. On parle pas des AVC, on parle pas de plein d'autres choses. On peut réanalyser, on se dit bon, ok, on a amené 50 personnes, chaque organisme. à essayer de tirer vers lui que c'est le plus beau, le plus intelligent qu'il n'y a qu'eux qui ont compris. Voilà, on va l'organiser en tant qu'association. D'accord ? On invite les élus. Là, on ouvre au commun des mortels parce qu'on se dit, un salarié peut devenir un jeune créateur donc il ne passera pas par la même connerie que moi. On va dire ça comme ça. Le problème, c'est que vous avez... Vous appelez des institutionnels, que ce soit dans la santé ou non, personne ne répond. Personne ne répond. Comme ça, c'est carré, voilà.
- Speaker #0
C'est dans l'angle mort des préoccupations des institutionnels. Ça n'intéresse personne.
- Speaker #1
Le problème, j'aurais tendance à dire, vous savez, on parle de greenwashing en environnement. Là, on pourrait faire un greenwashing, enfin un santéwashing, on va dire ça comme ça, parce que ceux qui en parlent ont une vision. Moi, j'ai été invité dans certaines conférences. Je me suis dit, tiens, je vais aller quand même voir ailleurs. Le problème, c'est que c'est... Là, pour le coup, on ne parle que business. Ah ouais, il faut venir avec mon coaching, ça, il n'y a que moi, voilà, tout ça, il n'y a que moi qui arrive à te faire passer. Et ce qui est là où ça me gênait, c'est que nous, les événements, justement, et d'ailleurs dans le discours de Steph, et bien retransmis par Virginie, c'est qu'à plus un échange, la personne viendra vers vous pour prendre de l'information, de continuer et de personnaliser son... Voilà, ce n'est pas autour du tableau ronde qu'on personnalise son besoin. D'accord ? Simplement, on est là pour développer de l'intérêt, essayer de trouver un intérêt qui va ouvrir des portes. Peut-être qu'aujourd'hui, on en entend parler, on n'est peut-être pas concerné. Peut-être que demain, on sera concerné parce qu'on apprendra que notre voisin, notre copain, aura ce problème et on se dira « Est-ce que je n'irai pas voir Virginie ? Pour le coup, je l'ai rencontrée il y a six mois dans une table ronde. » Ça, c'est le plus important.
- Speaker #0
Et donc, si je résume la partie avant, pendant et après, pour vous, le plus important, c'est de dire j'anticipe, je me renseigne, je fais attention et après coup, je gère comment ? Parce que le pendant, tout le monde sait plus ou moins par où il faut passer, même si certains ne veulent pas y penser ou en parler. Donc, la partie chimio, la partie soins, la partie traitement qui est violente quand même. Et l'après ?
- Speaker #1
L'après, moi, j'aurais tendance à dire que c'est pas le plus dur, mais pas loin, parce que le problème, c'est que vous reprenez le deuxième coup. Ça veut dire que là, pour le coup, vous redémarrez. Les gens vous disent, tout ce que vous avez mis en attente va se faire retraiter. C'est là où c'est plus compliqué. Et comme on est dans un système qui, comme vous l'avez très bien dit, aujourd'hui, si par exemple, vous devez nous ça, vous ne leur demandez pas d'attendre. Malade, pas malade, ils n'en ont rien à foutre. C'est terrible. C'est terrible. Voilà. Donc, du coup, résultat des courses. C'est aussi de trouver des personnes qui vont anticiper ou qui vont vous accompagner. J'aurais tendance à dire, c'est de trouver des personnes qui répondent à vos besoins dans le niveau où vous êtes. Si vous avez la capacité d'anticiper, vous allez réfléchir le avant pour anticiper. Si malheureusement, vous n'avez pas eu le temps, vous êtes en plein dedans. C'est quand même d'avoir une personne qui va travailler votre pendant et le après. Ça, c'est le plus intéressant parce que c'est ce qui, pour le coup, voilà. Et si vraiment, vous avez trouvé personne comme moi, par exemple, le après, c'est le plus important parce que c'est ce qui va, parce que là, du coup, vous pensez que vous allez vous... Pour éviter toute récidive, il faut être bien dans votre tête. D'accord ? Donc là, si vous pouvez faire toutes les chimios du monde, je pense, c'est que mon analyse, je ne suis pas un médecin, vous pouvez faire toutes les chimios du monde, tout ça, si dans votre tête, vous avez, vous brassez du négatif et que... vous avez des chances, de refaire des rechutes, pour la simple raison que vous avez tellement une masse de stress qui est générée, que votre corps va lâcher. Il ne lâche pas sur pourquoi vous êtes arrêté, il lâchera pour autre chose. En tous les cas. Et c'est là où c'est le plus important, c'est d'arriver à trouver, je pense que le message est novateur, pour le coup, parce que voilà Mais c'est d'expliquer à tout le monde que finalement, on est tous égaux face à ça. Il n'y a pas de plus fort, il n'y a pas de plus faible. J'aurais tendance, les plus faibles, c'est ceux qui pensent être les plus forts. Mais c'est vraiment d'ouvrir une forme d'intelligence et de se dire, c'est con, il m'arrive un pépin dans la vie. C'est deux solutions, soit je plaque tout et ça, c'est la double peine, ou soit effectivement, je me bats. Moi, je vais vous donner une source de confidence. J'ai fait deux projets, je suis président de société. Et je me suis retrouvé là pour quelques temps, salarié à côté, pour la simple raison, c'est qu'aujourd'hui, j'arrive à faire ma société. Il y a des choses qui ne sont pas rentrées, des contrats. Et aujourd'hui, l'Ursaf n'attend pas, donc elle paye. Donc, ma société rentre parce que la part Ursaf, elle doit payer l'Ursaf. Sauf que moi, je n'ai plus rien à mettre dans ma gamelle. Donc, du coup, il faut que moi, je me nourrisse. Du coup, je me retrouve à gérer deux sociétés plus une vie salariée. C'est bien beau d'avoir des beaux discours, il faut dormir 7 heures par jour, il faut faire ci, il faut faire ça, il faut faire du sport. Mais quand vous avez une vie de chami, quand vous avez d'autres problèmes, vous dormez moins. Le sport, on verra quand on malheureusement aura le temps. C'est là où c'est le plus compliqué, c'est ce que je disais tout à l'heure, après c'est la double peine, c'est que vous pensez passer une étape et finalement le tunnel se reprolonge. Vous avez vu un peu le jour, et hop là, vous êtes reparti.
- Speaker #0
J'enseigne à l'université et mes étudiants me disent, Madame, on ne veut pas être à notre compte, on serait très mal couvert d'un point de vue santé. Est-ce que c'est vrai ? Est-ce qu'on est vraiment très mal couvert ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, on est très mal couvert parce que le problème, ça c'est typiquement français, c'est que le patron, on assimile le mot patron du cas de parent, donc à des gens qui leur envient un pépin, il n'y a pas de souci. Je prends le cas, moi, je sors de l'immobilier, je veux dire… Quand vous avez 3, 4, 5, 6 soins immobiliers, des loyers qui tombent tous les mois, c'est comme à la retraite, vous avez déjà quelque chose qui tombe. Là, aujourd'hui, moi, je suis parti, j'ai donné une source de confidence, on va dire ça comme ça, parce que je suis parti salarié dans l'assurance. Donc, aujourd'hui, je me repose à vendre de l'assurance, de la prévoyance, au-delà même de mon intérêt à faire du patrimonial. Mais pour le coup, voilà. Il y a des sources de possibilités, il faut se faire accompagner, c'est sûr, ce n'est pas donné non plus, mais c'est un bon accompagnement. Ça veut dire, c'est comment aujourd'hui, moi, je peux mettre en place des solutions qui vont me garantir de, si demain il m'arrive un problème, de limiter. On ne va pas dire de tout faire, mais au moins de limiter. Et effectivement, oui, les jeunes, le problème, c'est parce que le discours est mal donné. Ça veut dire qu'aujourd'hui, effectivement, on est mal renseigné. Tout est construit, le modèle économique français est construit pour le salarié et pas pour l'entrepreneuriat. Donc, c'est soit effectivement, vous vous démerdez tout seul, vous avez capacité à vous démerder tout seul, ou soit effectivement, c'est plus compliqué.
- Speaker #0
Est-ce que vous pourriez complètement abandonner l'entrepreneuriat pour des raisons de santé et dire je redeviens salarié ? Ou est-ce que ça vous ferait très mal au cœur ?
- Speaker #1
Là, c'est la double peine. Moi, ma femme, elle me dit toujours pourquoi tu n'arrêtes pas ? Parce qu'aujourd'hui, je n'ai pas tellement serré les dents. Je ne sais pas si tu vois le truc, c'est animer une réunion le matin, aller en chimio à midi. Il y a des gens qui ont des petits rhumes, qui se prennent un arrêt maladie. Moi, je ne suis pas en arrêt maladie, j'y vais, j'y vais, je suis à fond. Et même fatigué, j'y vais, il n'y a pas de souci. Je dois répondre, je dois faire, il n'y a pas de souci. C'est comme ça, malheureusement, chacun n'est pas la même personne. Personne ne réagit pareil ou même problématique. Mais j'aurais tendance à dire non. C'est plus important d'aller au bout de son projet. Un projet, il faut le réussir. Après, c'est dommage d'en arriver là. Ce que je retrouve problématique, c'est qu'effectivement, vous ne vous accompagnez pas, vous êtes volontaire, vous voulez faire des choses. Et que tout ce process vient vous redonner encore une couche supplémentaire de coup. Dire, tiens, tu es encore trop fort pour réussir, on va encore te donner encore un coup. parce que tu n'en as pas encore eu assez. Et c'est ça qui est dommage. Et c'est vrai que pour le coup, vous voyez, la CAF, tout, tout, tout, tout, tout ce système. Moi, je suis en ALD, par exemple. Oui, ça ne veut rien dire quelque chose, au niveau de la sécurité sociale, mais ça ne veut rien dire même pour avoir des allégements fiscaux, des allégements de charges et ainsi de suite. Quand vous êtes patron, entrepreneur, vous pouvez vous gratter.
- Speaker #0
En guise de conclusion, qu'est-ce qui vous fait garder en peu d'énergie,
- Speaker #1
le moral, c'est quoi ? Les enfants. Le big why. Le big why, ça veut dire le pourquoi de j'ai créé ma propre structure. Aujourd'hui, j'ai un cap. Tant pis, c'est compliqué à l'avoir, mais on va le réussir. Et puis, effectivement, comme pour les formations américaines, il faut trouver son why, son big why, le pourquoi, comment, pourquoi on fait ça. Et moi, effectivement, moi, c'est ma vie, mes enfants. Quand on a un... Moi, j'ai un... une fille de 5 et un enfant de 10, je peux me dire qu'aujourd'hui, je n'ai pas le droit à l'erreur, je n'ai pas le droit de flancher et c'est pour eux que je n'ai pas le droit de m'appuyer. Je dois être là, je dois réussir et il n'y a pas de choix.
- Speaker #0
Merci pour cette force, cette résilience, ce partage. Le dirigeant se croit souvent invincible, se croit pas touché par les problématiques des autres, alors que rien n'est prévu pour lui, il doit anticiper encore plus. On est là pour l'accompagner, au moins pour lui rendre plus simples les choses au quotidien. C'est-à-dire qu'il renonce à consulter parce que c'est chronophage et c'est complexe. Nous, on leur rend les choses simples. Donc, on va rendre le système beaucoup plus accessible et beaucoup plus préventif. Par contre, on se heurte parfois à des problématiques d'éducation où le dirigeant a les moyens. veut bien faire, mais est un peu dérangé par le fait de dire, on verra quand on aura un problème. Là, je n'ai pas de problème, oui, mais quand vous aurez un problème, ce sera plus difficile. Je suis persuadée qu'en urgence, on est moins bien soigné que quand on anticipe et quand on est en prévention. Donc, c'est la raison d'être de STEP, et je vous remercie encore une fois pour ce témoignage. J'espère qu'il servira à d'autres personnes. se renseigner à ne pas avoir peur de consulter parce que les conséquences sont moins graves et on peut même parfois avoir un traitement plus léger. On peut avoir même la possibilité d'anticiper financièrement. Beaucoup de choses sont possibles quand on sait tôt, quand on agit et quand on ne fait pas l'autruche. Et c'est ce que vous avez fait, donc merci pour ce partage.