- Speaker #0
Investir en sa santé est une forme d'investissement et un gain de ressources.
- Speaker #1
Un dorm-out sur place, je ne pouvais plus marcher, je suis rentré en chaise en volant.
- Speaker #0
Le psychothérapeute et psychiatre Viktor Frankl travaillait presque exclusivement avec des patients suicidaires avant d'être envoyé en camp de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale. Quant au paravent, il avait vu des patients libres qui voulaient mourir. Il était maintenant au milieu des personnes emprisonnées qui, en dépit des pires conditions qu'on puisse imaginer, se battaient pour survivre. Dans une telle situation, Quand il ne nous reste plus rien, disait Frankel, on doit faire plusieurs choses. Considérer son sort avec un froid détachement. Développer des stratégies pour survivre. Trouver une raison de vivre pour les minutes qui viennent et pour le reste de sa vie. Si on trouve un but, non seulement on survit, mais on progresse en tant qu'être humain. Il disait que, quand on est confronté à la souffrance ou à l'angoisse, on doit s'engager dans la situation, sachant qu'on est toujours libre de choisir au moins une chose. Son attitude. vis-à-vis de la situation. En décidant du sens qu'on va lui donner, cela permet de transformer les défis en accomplissements. Bienvenue dans notre podcast Attitude, podcast du service STEP, le premier service de santé au travail des entrepreneurs par la prévention en France,
- Speaker #1
en Belgique et en Suisse. Je suis Iris Ramos, je suis psychologue du travail, présidente et fondatrice du service. Bienvenue dans notre nouvel épisode.
- Speaker #0
Bonjour Stéphane, tu me fais le plaisir de venir dans le podcast Attitude de Step. Je suis ravie de te voir aujourd'hui dans le podcast à distance, même si récemment j'ai pu avoir le plaisir de te rencontrer à Strasbourg. Est-ce que tu veux bien te présenter ?
- Speaker #1
Avec plaisir Iris, et puis merci de me recevoir. Je m'appelle Stéphane Witz, je suis actuellement entrepreneur, j'occupe des fonctions de direction externalisée et je suis associé d'un groupe de... groupe qui se nomme Kéros. Donc, direction externalisée, ça veut dire quoi ? C'est-à-dire que j'occupe des fonctions de direction générale adjointe ou direction commerciale pour assister, accompagner des PME principalement dans leur déploiement ou dans des projets spécifiques.
- Speaker #0
Ça fait combien de temps que tu fais ce métier ?
- Speaker #1
Alors, chez Kéros, ça fait six mois que je suis associé, mais j'ai un parcours, on va dire atypique, mais aujourd'hui, il n'y a plus de... parcours type, puisqu'on a tous des parcours atypiques. Donc j'ai quitté en 2019, j'ai quitté des fonctions de dirigeante dans un groupe américain, dans lequel j'ai travaillé pendant plus de 15 ans à l'international, donc dans des domaines énergétiques et puis assez sensibles. Et depuis 2019, profiter un peu de ma famille pendant la période du Covid, puisque c'était une période un petit peu délicate. J'ai même rouvert une société en 2021. J'ai voulu me faire plaisir. J'ai ouvert un atelier design et fabrication de mobilier que j'ai gardé pendant trois ans. Et voilà, j'ai déposé le bilan l'an dernier, puisque la conjoncture n'était pas tout à fait favorable à ce type de produit. Donc, je me suis recentré vers ce que je savais faire, c'est-à-dire diriger des entreprises et aider à diriger mieux ce type d'entreprise.
- Speaker #0
Donc tu es dirigeant depuis combien d'années au total ?
- Speaker #1
Là, ça fait plus de 20 ans. Ça fait plus de 20 ans que j'occupe des fonctions dirigeante, que ce soit dans des fonctions techniques, puisque j'ai un double parcours, à la fois commercial, managérial et technique, on va dire triple parcours. Donc ça fait maintenant plus de 20 ans, effectivement, que j'occupe des fonctions de responsabilité et dirigeante.
- Speaker #0
Et dans l'activité qui est la tienne, donc de dirigeant, mais surtout pour accompagner d'autres dirigeants, tu as accepté aujourd'hui de nous partager des choses qui te semblent importantes, notamment liées à la santé de ceux qui portent des projets. Tu en as fait l'expérience, est-ce que tu veux bien nous en dire un peu plus ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Alors, pour introduire le sujet, c'est vrai qu'aujourd'hui, si je fais ce que je fais, il y a plusieurs raisons. La première, c'est que je suis passé par la case entrepreneuriat et je me suis retrouvé très seul. Et donc, j'ai voulu aujourd'hui apporter mon aide, mon expérience justement dans des grands groupes, mais également dans l'encadrement de petites structures pour permettre aux dirigeants de réagir plus efficacement. Et la deuxième raison, c'est effectivement mon expérience qui m'a amené dans des directions assez délicates. pour moi au niveau de ma santé. Aujourd'hui, je voulais faire profiter également de cette expérience à des dirigeants ou des cas dirigeants ou des chefs d'entreprise en leur évitant certains écueils que j'ai pu avoir moi de mon côté. Alors ça s'est passé comment ? C'est simple, quand j'ai intégré la structure dans laquelle j'ai évolué de nombreuses années, j'ai participé au développement d'un nouveau service. On a commencé tout petit, on faisait quelques dizaines de milliers d'euros de chiffre d'affaires et dix ans après, on était une trentaine et on faisait plus de 6 millions de chiffre d'affaires. Donc un investissement de tous les jours, je dirais même un surinvestissement, mais ça c'est lié à ma personnalité. Je suis quelqu'un de très passionné et donc quand je choisis de travailler dans un projet, je m'y lance à fond. Et à un moment donné, je me suis retrouvé face à un blocage, un blocage que je ne savais pas identifier. Et lors d'un séminaire à Dubaï, où l'ensemble des responsables des services mondiaux étaient là, je me suis retrouvé face à une situation où j'ai compris que ce n'était pas le groupe. qui était en responsabilité du fait qu'on n'arrivait plus à se déployer. Mais c'était une question de personnes, notamment. Mais mes responsables, le problème, c'est que moi, mon cerveau, il a fait tilt à ce moment-là. C'est-à-dire que le surengagement, c'est bien. d'être tout le temps dans l'action, dans l'action c'est bien, mais il faut savoir se réguler. à un moment donné. Donc j'ai fait un burn-out sur place, on était à Dubaï, je ne pouvais plus marcher, j'étais alité, je suis rentré en chaise roulante par avion et on a mis plusieurs semaines à identifier ce qui se passait, c'est tout simplement mon système de l'équilibre qui s'était complètement déréglé. Donc je ne pouvais plus marcher, c'était comme si j'avais bu trois bouteilles de whisky, donc j'ai passé mes journées allongées sans pouvoir me relever. Donc c'est là que j'ai compris que mon corps m'avait dit stop. Donc t'as plus le choix, il faut que tu fasses ce que je te demande de faire.
- Speaker #0
Combien de temps ça a duré ? A peu près le temps de ne pas pouvoir marcher ?
- Speaker #1
A peu près deux mois. On a mis un mois, un mois et demi à identifier vraiment le problème. Ensuite, il a fallu trouver un traitement qui me permettait de récupérer. C'était en gros, on a six canaux d'équilibre. J'en avais trois sur les six qui ne fonctionnaient plus. Au bout de deux mois, j'ai commencé à pouvoir remarcher correctement et commencer à m'occuper de moi. Le fait d'être alité et d'être bloqué, je me suis dit, bon maintenant, mon corps m'a envoyé un signal, il faut que je l'écoute. Et il faut que j'écoute surtout ce qu'il a à me dire et que je fasse le nécessaire par rapport à ça. Alors chose que j'ai faite, bien évidemment.
- Speaker #0
Comment tu as vécu la situation en tant que tel ? Comment tu as fait face ? Qu'est-ce qui t'a aidé ?
- Speaker #1
Alors comment je l'ai vécu ? Très mal. Comme toute personne passionnée, engagée dans une fonction, dans un métier ou dans une entreprise, c'est-à-dire qu'on s'estime tous invincibles, on est tous des supermans, on peut faire des journées entières sans se fatiguer, mais à un moment donné, il faut aussi savoir identifier les raisons. de notre action, ce qui créait un bug dans la matrice. Donc, je l'ai vécu très mal, puisque me sentir immobilisé du jour au lendemain comme ça, c'était relativement pénible. Je viens d'un monde où, anciennement, on nous disait que les vrais hommes, c'est ceux qui travaillaient, qui travaillaient tout le temps, qui n'étaient pas fatigués, qui savaient tenir. Les émotions, on n'en tient pas compte. Son corps, on l'écoute. Tout un monde qui s'est effondré. Et là, j'ai commencé à comprendre que le monde dans lequel je vivais n'était pas forcément le bon. Je me suis recréé mon monde à moi, avec mon mode de fonctionnement, ce qui m'a permis de rebondir d'une façon importante.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu as changé après ?
- Speaker #1
Tout. Tout. Alors, qu'est-ce qui a changé ? Déjà, j'ai conscience qu'il fallait que j'écoute mon corps. Je me suis fait accompagner parce que c'est un travail qu'on ne peut pas faire seul. Et c'est d'ailleurs pour ça qu'aujourd'hui, j'accompagne d'autres personnes, d'autres dirigeants. On ne peut pas le faire seul. On peut initier la démarche. D'ailleurs, c'est obligatoire. Je pense que si on veut avancer, évoluer, il faut initier soi-même la démarche. Ça ne viendra jamais de l'extérieur. Si on n'en a pas conscience, on n'y arrivera jamais. Donc, à un moment donné, on vous explique que vous n'êtes pas Superman, que vous n'avez pas toute la misère du monde sur le dos, que votre entreprise continuera de tourner même si vous êtes... pas là et si c'est pas le cas c'est que vous avez mal fait les choses j'ai recommencé à vivre d'une façon tout à fait différente où j'ai appris à prendre du recul j'ai appris à apprendre que ben moi j'avais des compétences j'étais passionné j'avais de l'engagement voire du surengagement mais qu'à un moment donné la machine fallait la faire redescendre c'est à dire que si vous avez une voiture de course vous pouvez pas vous retrouver à fond pendant 100 tours et à un moment donné il faut refroidir la machine sinon ça marche plus et le moteur explose c'est exactement ce qui m'était arrivé donc j'ai appris à relativiser plein de choses et ça ça m'a vraiment aidé
- Speaker #0
Aujourd'hui, comment tu prends le temps de récupérer quand tu sens que c'est à la limite ?
- Speaker #1
Alors déjà, je n'atteins plus les limites. Donc j'ai énormément travaillé sur moi, j'ai énormément travaillé tout court, puisque à côté de ça, j'ai commencé à faire de la recherche en sciences cognitives pour expliquer le pourquoi du comment de ce type de comportement, d'attitude, qu'on rencontre d'ailleurs tous les jours encore dans les entreprises. Mais le rencontrer, avoir deux, trois explications superficielles, c'est une chose, mais de pouvoir définir exactement à un manager. comment gérer une personne qui peut être dans ce cas de figure, c'est beaucoup plus compliqué. Et donc aujourd'hui, je passe mon temps à ça.
- Speaker #0
Est-ce que tu sais ce qu'on t'a expliqué ? Est-ce que tu es familiarisé avec ça ? La problématique du burn-out, c'est qu'on n'arrive plus à stresser. Et le système du stress, il est très important pour le corps. C'est-à-dire que d'un point de vue de la science, chez STEP, on fait des tests pour savoir si quelqu'un a assez de cortisol ou trop de cortisol dans le corps. Et donc, par exemple, quand une personne n'a pas assez, ses problématiques, elle n'arrive pas à suivre une courbe correcte du cortisol. Et donc, elle n'arrive pas à avoir suffisamment d'hormones de stress pour fonctionner correctement. Le stress étant une réponse adaptative. Combien de temps tu as mis à vraiment pouvoir retrouver ce coup de jus, c'est-à-dire ce côté adaptatif du stress, puisque le mécanisme avait été, à un moment donné, ralenti ? Comment tu as compris, vécu ça et combien de temps ça t'a pris ?
- Speaker #1
Ça m'a pris plusieurs années. Ça m'a pris plusieurs années parce que dans un premier temps, je suis retourné très rapidement au travail après quelques mois, qui était trop tôt, mais je l'ai découvert qu'après. L'avantage que j'avais, c'est que j'avais pu mettre des mots sur mes mots et que je savais être attentif à ce qui pouvait m'arriver. Donc, j'ai retourné à la situation dans le sens où j'ai continué de faire ce que je savais faire, c'est-à-dire être passionné, travailler et puis m'engager, mais je l'ai mis au service d'un... projet qui était raisonnablement beaucoup mieux pour moi qu'avant. C'est-à-dire que j'ai fait le point sur ce qui n'allait pas, sur ce qu'il fallait faire, comment je pouvais agir. Et le premier point sur lequel je me suis mis d'accord avec moi-même, c'est que le triptyque classique des éléments sur lesquels on peut agir, c'est est-ce que je suis en capacité d'agir sur tel élément ? Si oui, je le fais, sinon je ne le fais pas. Est-ce que je suis capable d'influencer ? Oui ou non. et si je ne peux rien faire, je ne peux rien faire. Et donc là, j'ai arrêté de m'angoisser ou de me stresser pour des choses sur lesquelles je ne pouvais pas agir. Par exemple, je n'étais pas en capacité d'agir sur le président du groupe qui était à 10 000 kilomètres de chez moi et avec qui j'avais trois niveaux hiérarchiques de différence. Donc, s'il lui prenait des sillons, c'était comme ça. Ce que je pouvais influencer, je le faisais. Et là où je pouvais agir, je le faisais. Et ça m'a permis d'avoir une vision de l'entrepreneuriat déjà, puisque même si j'étais salarié, j'ai toujours eu cette vision. cette conception entrepreneuriale, d'être beaucoup plus carré dans ma façon d'agir et beaucoup plus aligné alors avec moi-même. Puisque du coup, on n'a pas ce niveau d'attente qu'on peut avoir quand on s'estime qu'on peut tout gérer tout le temps avec tout le monde. Et c'est vraiment ce que j'ai fait au départ, c'était de gérer ce niveau d'attente, de redescendre, redescendre les curseurs pour avoir quelque chose de beaucoup plus acceptable.
- Speaker #0
D'un point de vue pratique, qu'est-ce que tu as mis en place aujourd'hui dans ton agenda, dans tes habitudes ? Qu'est-ce que tu fais aujourd'hui que tu ne faisais pas avant ? Qu'est-ce que tu ne fais plus de manière très pratique ?
- Speaker #1
De manière très pratique, c'est que je ne charge jamais un agenda. Dans mon agenda, j'aurai toujours une journée ou deux journées dans la semaine où je me laisse du temps pour caler des éléments. Voilà, pourquoi ? Parce que l'agenda surchargé, j'ai des relations avec certaines personnes, quand on essaie de caler un rendez-vous, il faut 6 mois pour caler un rendez-vous tellement il n'y a pas de place. Donc à un moment donné, je leur dis, mais attention, à un moment donné, ça marche quand on a 30, 35, 40 peut-être, mais à un moment donné, on ne peut plus gérer ça, ça, on explose. Donc garder de la place dans son agenda, ne pas se surcharger mentalement. Encore une fois, c'est par rapport à moi, c'est ma personne, d'autres personnes vont réagir différemment, mais cette surcharge, ne pas se surcharger mentalement. Pour rien, notre esprit, sachant qu'on parlait de burn-out, il y a l'aspect professionnel. On sait aussi qu'il y a l'environnement personnel qui peut impacter, l'environnement amical, c'est-à-dire que le triptyque professionnel, amis, famille, est quand même très important. Quand on est mobilisé à 100% ou à 120% par l'aspect professionnel, déjà, on ne laisse plus de place au reste. Donc, à un moment donné, il peut y avoir des grains de sable dans les rouages qui font que ça rajoute du plus sur du plus et on ne peut plus s'en sortir. Donc aujourd'hui, clairement, comme je vous l'ai dit, en 2019, j'ai quitté par exemple mes fonctions, pris deux ans pour rester avec ma famille, profiter de ma famille, me ressourcer. Donc ça, c'est des éléments que je fais régulièrement, prendre le temps de se ressourcer, prendre le temps, une après-midi où on va faire complètement autre chose. On va lire, on va se promener, on va promener son chien, mais il faut absolument prendre le temps de se ressourcer, sinon notre esprit, en tout cas moi, mon cerveau, tourne très vite, fonctionne très vite. Si je ne lui donne pas un temps de repos, repos adéquat, je sais qu'à un moment donné, je peux repartir graduellement. Alors, on ne s'en rend pas compte au départ. C'est graduellement, on remonte, on remonte, on remonte en pression. Et à un moment donné, on ne s'est plus rendu compte qu'on est allé trop haut et qu'il est très compliqué de redescendre. Donc ça, c'est un élément pratique, ne jamais surcharger son planning.
- Speaker #0
Et prendre le temps de récupérer. Est-ce que tu as des recommandations à donner, des conseils ? Qu'est-ce que tu recommanderais à des personnes qui sont aujourd'hui en activité et qui... n'ont jamais le temps de s'occuper de quoi que ce soit, ne se sentent pas concernés parce qu'elles ont une boîte à gérer et autre chose à faire que de penser à leur santé.
- Speaker #1
Alors c'est le paradoxe d'ailleurs de cette problématique, c'est que quand on s'estime, comme j'ai dit, quand on se prend pour Superman et qu'on s'estime indestructible, ou qu'on a des obligations telles qu'on ne prend même plus le temps d'aller voir un médecin, c'est contre-productif. qu'à un moment donné, s'il pilote, il n'est plus en forme, l'avion, il va mal se piloter. Donc pour une entreprise, c'est pareil. Alors des conseils, je n'en donne jamais parce que je pense qu'on n'a pas à donner de conseils, on a juste à faire prendre conscience à certaines personnes qu'on n'est pas immortel, qu'à un moment donné, prendre soin de soi, c'est aussi prendre soin des autres. Et ça, on l'oublie trop souvent. On a une entreprise à faire tourner, on a des familles à faire tourner, qui comptent sur nous. Donc en tant que dirigeant d'entreprise, si l'autre dirigeant ne prend pas soin de lui, à un moment donné, il n'y aura plus de... plus de pilote dans l'avion et quand le pilote va disparaître ou qu'il aura un problème de santé, c'est tout le monde qui va trinquer à ce moment-là. Et moi, j'en ai vu régulièrement et j'en vois encore des entrepreneurs qui se retrouvent dans des situations délicates, qui ne l'ont pas anticipé, qui n'ont même pas de prévoyance parce que pour eux, c'était tout à fait impossible de tomber malade. c'est toute l'entreprise qui est en danger c'est l'entreprise qui peut même disparaître donc avec ça derrière tous les salariés toutes les familles sont impactées par cet élément là donc penser à soi c'est s'y penser aux autres ça c'est un message que j'aimerais passer c'est important ce que tu dis parce que le premier invité du podcast te disait heureusement que j'avais une prévoyance ça m'a évité de faire la manche à la sortie de l'hôpital c'est pas du tout anecdotique
- Speaker #0
les dirigeants qui ne pensent pas du tout à la problématique de santé pourraient ne jamais s'arrêter pour identifier justement quelle est la couverture. Et le problème, c'est que la société, elle n'a pas prévu d'accompagner un dirigeant ni avec le chômage, ni avec une aide, ni avec rien en fait. Donc si on ne le fait pas nous-mêmes... déjà en faisant attention à soi, mais en ayant pris l'assurance qui va bien, etc. Non seulement on aura à gérer la problématique de santé, mais en plus de ça, une précarité et une situation complexe d'un point de vue économique et d'un point de vue social. Ça, c'est la première chose. La deuxième, c'est que chez STEP, on fait des bilans réguliers et souvent, on va faire passer, par exemple, des tests salivaires à cinq moments de la journée. Le matin, à huit heures, au réveil, une demi-heure plus tard, à midi, à 17h et à 22h. La plupart des résultats sont mauvais, pas dans ce que les gens imaginent, pas forcément dans une courbe de stress qui monte trop fort, mais plutôt dans une courbe de stress qui monte presque plus. Et la problématique qu'on a, c'est que ça veut dire que les personnes, elles n'arrivent plus à avoir de l'énergie. Donc le matin, la courbe, elle doit monter, elle doit redescendre un peu, elle doit remonter. Donc elle doit suivre une répartition un peu particulière. Et quand on fait nos tests salivaires, Les personnes qui sont déjà en grand dépuissement émotionnel n'ont pas du tout assez d'énergie, donc assez de cortisol, et n'arrivent plus à avoir une courbe qui leur permet d'affronter la journée correctement. On entend souvent qu'il faut gérer son stress, etc. Et moi j'ai envie de dire qu'il faut être tolérant au stress. Et pour être tolérant au stress, il faut avoir un corps qui encaisse bien, qui t'accompagne, qui réagit bien. Donc peut-être qu'on peut recommander aux personnes qui nous écoutent de tester justement cette quantité de cortisol dans le corps parce que tant que le mécanisme n'est pas enrayé, c'est assez simple de corriger ça. Par contre, à partir du moment où ça s'arrête, on a un blocage au niveau du corps et ça peut prendre des années.
- Speaker #1
Alors c'est très intéressant effectivement et c'est en cela que, quand j'ai découvert STEP, j'ai apprécié votre programme parce que jusqu'à présent, pour analyser ou estimer, on va dire, le. le niveau de stress ou l'état d'un dirigeant ou d'un cadre dirigeant, ça se faisait principalement à l'appréciation. Or là, vous vous apportez des éléments biochimiques qui sont parlants, parce que là, on ne se trompe pas, c'est on-off. Et effectivement, ces éléments-là, moi, je pense qu'à l'époque, j'aurais aimé les avoir parce que ça m'aurait permis de me rendre compte que de... J'aurais bien aimé avoir effectivement ces tests parce que ça m'aurait permis de me rendre compte beaucoup plus rapidement et de manière beaucoup plus pragmatique de mon état. C'est vrai qu'en fonction de l'environnement, on peut se rendre compte que moi, j'étais dans un environnement où le surengagement ne posait pas de problème. Bien au contraire, souvent les personnes qui sont surengagées plaisent bien, sont bien encadrées parce qu'elles font le boulot de deux ou de trois et que ça arrange un peu tout le monde tout le temps. Et donc on accompagne ça jusqu'au bout, jusqu'au craquage et après on se dit, ben non, on a tout fait, on l'a bien encadré, je ne comprends pas. Donc d'avoir des éléments pragmatiques biochimiques aujourd'hui, c'est vraiment un plus. Ils peuvent aller amener nombre de dirigeants à se dire, ok, je prends le temps de faire mes petits checks avec Step, ça ne me prend pas beaucoup de temps, je sais que vous n'êtes pas intrusif. Et au contraire, vous facilitez le diagnostic. Et puis voilà. Et puis à la sortie, j'ai un bilan. C'est OK, c'est OK. On continue, c'est pas OK. On peut peut-être agir avant qu'il soit trop tard. Et moi, c'est ce que je répète toujours, même à mon environnement aujourd'hui ou à des liens où je rencontre. Vous savez, vous pouvez continuer comme vous voulez. Moi, j'ai eu une chance énorme. C'est que mon corps m'a dit stop, m'a demandé de rester allongé. Contre, je n'ai pas développé de cancer, j'ai pas fait d'infarct J'ai pas eu de problème beaucoup plus grave. J'en ai rencontré beaucoup aussi des gens dans la vie. J'ai bossé à un moment donné dans une maison de retraite médicalisée. J'avais des dirigeants d'entreprise qui avaient fait des AVC à 36 ans, à 42 ans, qui étaient tétraplégiques et qui m'expliquaient que le matin à 6h, ils étaient déjà debout jusqu'à 23h avec des repas d'affaires, avec tout ce qui allait autour. Et puis finalement, à un moment donné, le corps craque. Donc ça, à chaque fois que je veux revenir dans un mouvement un peu trop engagé, je pense à ça et je me dis ok, non. Maintenant, cet après-midi, tu as prévu de faire ça. Ça fait trois jours que tu es dessus. Maintenant, tu prends le temps de récupérer, de redescendre un petit peu. Et c'est d'ailleurs pour ça que j'ai choisi d'être associé Kéros, parce que le temps partagé me permet de me partager justement entre plusieurs entreprises et d'organiser mon activité en fonction de mon planning et du planning et de l'activité que je désire. Et ça, c'est très important.
- Speaker #0
Ekeros apporte aujourd'hui du soutien aux dirigeants avec des compétences qu'il ne pourrait pas avoir en interne, en lui donnant les moyens d'avoir de manière partagée une ressource qui va malgré tout absorber une partie de sa charge mentale et l'aider à trouver des réponses supplémentaires dans plein de domaines dans lesquels... il n'a pas envie d'y aller ou il n'a pas les compétences.
- Speaker #1
Alors, c'est ce qui différencie Kairos de la plupart des entreprises qui font la même chose que nous, c'est qu'on est principalement d'anciens cadres dirigeants qui ont vécu, qui ont fait ce genre d'expérience. Et donc, moi, personnellement, quand j'accompagne une entreprise, j'accompagne effectivement sur la partie pratique, on va dire classique, hard skill. Mais je suis très attentif également à tous ces environnements de travail et notamment par rapport aux dirigeants, de pouvoir échanger en tant que pair pour leur... pas pour leur dire quoi faire, parce qu'encore une fois, je pense que ce n'est pas mon rôle, mais pour leur faire prendre conscience qu'à un moment donné, c'est eux qui sont importants. Et ça, par contre, c'est l'avantage d'être un directeur externalisé, parce qu'on a ce pouvoir de dire les choses à un dirigeant que ses propres équipes ne voudront ou ne pourront pas faire. Et ça, ça apporte un plus indéniable dans une gouvernance d'entreprise.
- Speaker #0
Je pense qu'il y a des choses qui parlent bien à un dirigeant. La première, c'est la notion d'investissement ou d'économie de ressources. Si tu prends quelques salivettes une fois par an, tu regardes ton cortisol, ça te prend quelques secondes dans une journée. Et derrière, tu vas prendre une heure où tu vas voir l'un de nos spécialistes. Et ces spécialistes vont te dire, écoute, prends quand même un traitement d'appoint parce que tu n'arrives plus à stresser correctement. C'est important ce que je te dis parce que j'entends beaucoup dire que les gens sont trop stressés et tout ça, la problématique, c'est pas... C'est pas évident quand les personnes sont trop stressées, ça amène pas mal de conséquences négatives. Mais ce qui devient très grave, c'est quand ils n'arrivent plus à stresser du tout, quand ils sont tout proches de ça. Donc pour un dirigeant qui cherche à avoir une économie de ressources et à investir, quelques secondes de gestion d'une salivette vont lui faire gagner des années avec un traitement simple par moment pour rééquilibrer. avant d'avoir un organisme complètement à l'arrêt. Et ça, c'est important pour moi de le souligner. Parce que le dirigeant, il n'est pas motivé par le fait de ne pas être malade, parce que dans sa tête, il ne sera jamais malade, tu sais, ça ne lui arrive pas. Mais il sera peut-être motivé par le gain de temps, par l'économie des ressources, par un bon investissement. Et je voudrais terminer par ça, investir dans sa santé, prendre le temps de récupérer, faire des suivis réguliers, c'est une forme d'investissement et un gain de ressources.
- Speaker #1
Exactement, Iris, vous avez entièrement raison. Et je dirais même par rapport à ses équipes et à son environnement professionnel, un dirigeant qui est bien dans sa peau, qui est bien dans sa forme, qui est bien dans sa tête, véhiculera un message beaucoup plus positif, qui incitera les collaborateurs à être beaucoup plus... plus pertinent, efficace et rentable par définition que l'inverse. Donc ça, c'est un constat qu'on peut faire, que j'ai fait. Et il faut essayer juste de convaincre les dirigeants que c'est leur intérêt de s'occuper d'eux.
- Speaker #0
Je te rejoins. Je vais terminer par ce n'est pas un privilège, c'est une responsabilité. Merci à toi de ton partage. STEP est le premier service de santé au travail des entrepreneurs en France et Attitude est le podcast de STEP afin de pouvoir aider les dirigeants dans leur... prise de conscience, dans le fait de pouvoir avancer dans leurs réflexions, puisque souvent, un des facteurs de risque pour leur propre santé, c'est vraiment cet état d'esprit très résilient, très protecteur par moments, mais qui empêche de demander l'aide et de passer à l'action de manière anticipée.