- Speaker #0
Mon épouse est décédée le 10 avril de façon subite. Le lendemain, j'ai fait quelques mails et quelques appels pour prévenir mon équipe et les clients avec qui il y avait des sujets urgents. Ils ont juste dit, à mon lieu, si t'es pas là, comment est-ce qu'on fait ?
- Speaker #1
Le psychothérapeute et psychiatre Victor Frankel travaillait presque exclusivement avec des patients suicidaires avant d'être envoyé en camp de concentration pendant la Seconde Guerre mondiale. Quant au paravent, il avait vu des patients libres qui voulaient mourir. Il était maintenant au milieu des personnes emprisonnées qui, en dépit des pires conditions qu'on puisse imaginer, se battaient pour survivre. « Dans une telle situation, quand il ne nous reste plus rien, disait Frankel, on doit faire plusieurs choses. Considérer son sort avec un froid détachement, développer des stratégies pour survivre, trouver une raison de vivre pour les minutes qui viennent et pour le reste de sa vie. Si on trouve un but, non seulement on survit, mais on progresse en tant qu'être humain. » Il disait que, quand on est confronté à la souffrance ou à l'angoisse, on doit s'engager dans la situation, sachant qu'on est toujours libre de choisir au moins une chose, son attitude vis-à-vis de la situation. En décidant du sens qu'on va lui donner, cela permet de transformer les défis en accomplissements. Bienvenue dans notre podcast Attitude, podcast du service STEP, le premier service de santé au travail des entrepreneurs par la prévention en France. en Belgique et en Suisse. Je suis Iris Ramos, je suis psychologue du travail, présidente et fondatrice du service.
- Speaker #0
Bienvenue dans notre nouvel épisode.
- Speaker #1
Bonjour Anthony, bienvenue dans le podcast Attitude, podcast du service Step. Le principe du podcast, c'est de recevoir et de donner la parole à des entrepreneurs qui nous racontent leur histoire de vie, ce qui leur arrive. Cela permet à d'autres dirigeants de comprendre comment on fait face à certaines situations et pouvoir apprendre des autres et toujours intéressants. Je te laisse te présenter, je suis ravie de t'accueillir.
- Speaker #0
Bonjour Iris, je m'appelle Anthony Coelho, je suis gérant d'une entreprise ESN qui a trois salariés. Donc nous faisons du développement sur mesure de solutions métiers, des applications mobiles et des sites internet.
- Speaker #1
Ça fait combien de temps que tu fais ça ?
- Speaker #0
Ça fait 11 ans.
- Speaker #1
Ok. Est-ce que tu peux me raconter des anecdotes, des situations qui te sont arrivées, autant pour toi personnellement ou autant dans ta vie d'entrepreneur, qui n'ont pas été faciles à gérer ? Comment tu as fait face à ces situations ? C'est toujours le principe du podcast. C'est de dire qu'il peut nous arriver plein de choses, des problématiques de santé, des situations de vie qui ne sont pas simples à gérer. Et comment on fait face quand on a une entreprise ? qui nous demandent, qui nous sollicitent. Je pense que tu peux déjà parler aussi de la partie Covid avec une surcharge importante d'activités alors que tout le monde était en train de se préoccuper un peu de soi et que tu devais gérer aussi toutes les problématiques des clients. Donc, je te laisse choisir les exemples, mais je pense que tu peux commencer aussi par celui-là, comment tu gères des salariés à distance en plein Covid tout en essayant, toi, de rester calme.
- Speaker #0
Alors, c'est vrai que pour tout le monde, le Covid, ça a été une sorte de coup d'arrêt. La plupart des métiers ont dû s'arrêter puisque les gens ne pouvaient plus se rendre de leur domicile à leur travail. En ce qui nous concerne, on était déjà fort robustes vis-à-vis de cette problématique puisque l'ensemble des salariés et moi-même travaillons intégralement en télétravail. Pour nous, le Covid, ça a été un surcroît d'activité très important. Avec beaucoup de clients paniqués parce qu'on avait beaucoup de projets de travail à distance pour eux, mais qu'ils ne mettaient pas en place parce que ce n'était pas le moment, ce n'était pas l'urgence. Et ça l'est devenu du jour au lendemain à partir de l'annonce du président. On a vécu vraiment, je pense qu'on a doublé notre charge de travail du jour au lendemain.
- Speaker #1
Ça, c'était début 2020. Et après, tu as eu plein d'autres moments un peu plus difficiles personnellement. Est-ce que tu veux bien en parler ?
- Speaker #0
Donc, le confinement a commencé le 13 mars. Et pendant quasiment un mois, moi, je travaillais jour et nuit, en fait, pour répondre à la demande de nos clients paniqués. Il se trouve que mon épouse est décédée le 10 avril de façon subite. et qu'il a fallu faire face à ce drame dans un contexte social complètement dégradé puisque en théorie on ne pouvait voir personne. J'étais seul avec mes deux enfants dans la maison. Heureusement, je connais beaucoup de gens qui ont bravé les interdits et qui nous ont soutenus et accompagnés dans cette épreuve.
- Speaker #1
Comment tu as pu, toi, gérer l'activité, gérer les enfants, t'occuper de toi ? Normalement, qu'est-ce qui se passe quand on a un job salarié ? On prend quelques jours, on prend le temps de se remettre, on prend le temps pour soi, on digère, on vit. Mais quand on a une boîte, c'est plus compliqué. Donc, comment tu as fait ?
- Speaker #0
Le soir même, j'étais en contact avec une cliente qui était dans l'après-midi, juste avant le décès. qui avait une panne. Donc le soir même, après le drame, je me suis reconnecté pour finir le dépannage. Je ne sais pas, j'étais en mode automatique et il y avait une mission à terminer. Le lendemain, j'ai fait quelques mails et quelques appels pour prévenir mon équipe et les clients avec qui il y avait des sujets urgents pour les prévenir que pendant quelques jours, j'allais être... être incapables de répondre à leurs demandes. Le temps d'organiser les obsèques à minima, puisqu'on m'en a fait la demande de savoir à quel délai j'allais avoir besoin pour rebondir, en suggérant que potentiellement ils allaient faire appel à quelqu'un d'autre de façon très délicate. Ils sont sympas les clients. Non, mais je pense qu'ils étaient vraiment dans leur urgence, ils étaient vraiment la tête sous l'eau, et puis après, les mêmes personnes se sont montrées plus humaines par la suite, mais je pense que sous le coup de l'émotion, ils ont pensé à leur problème. Ils n'ont pas projeté forcément les conséquences que ça avait pour moi, ils ont juste dit, à mon lieu, si tu n'es pas là, comment est-ce qu'on fait ? Voilà, tout simplement. Donc, une réaction totalement humaine, même si elle est... un petit peu choquante, enfin même totalement choquante. Nous nous sommes réorganisés au niveau de l'équipe, j'ai eu la chance d'avoir une bonne équipe, une très bonne équipe, et donc par conséquent, ils se sont réorganisés tous les trois pour prendre ma charge de travail et me permettre d'organiser les obsèques de façon... cohérente, on va dire, même si forcément, dans le contexte Covid, il n'y avait rien de cohérent du tout.
- Speaker #1
Tu t'es retrouvé seul avec deux enfants, avec ton activité, avec ta douleur, puisque un deuil, ce n'est pas quelque chose qu'on va gérer en 15 jours. Comment tu as fait face ? Le temps est long après et en même temps, la vie, elle ne s'arrête pas. Qu'est-ce qui t'a aidé ? Qu'est-ce que tu as mis en place ? Qu'est-ce que tu as fait pour toi à un moment donné ?
- Speaker #0
J'ai été bien accompagné. par mes gestionnaires d'assurance qui déjà dans un premier temps m'ont envoyé suivre des séances de psychothérapie, de traitement du choc, avec un traitement en quelques séances qui permet déjà d'atténuer le choc en tant que tel. Et ensuite j'ai mis en place un suivi un peu plus long. avec différents praticiens pour m'accompagner dans la gestion du deuil et la gestion de la famille aussi. Et sur le moyen et long terme, thérapie familiale pour pouvoir gérer les choses avec les enfants puisque c'était compliqué pour elle aussi.
- Speaker #1
Tu as pu te remettre au sport, tu as pu faire attention à toi petit à petit, mais toujours en gardant un niveau d'activité au-dessus de 110%. Donc... Tu as quand même trouvé le temps, malgré tout, dans tout ça.
- Speaker #0
Oui, alors j'ai un peu ralenti mon activité, on va dire, par rapport à un salarié cadre classique. Je pense que je suis à une fois, une fois et demie le niveau d'heure standard. Mais par rapport à un entrepreneur, comme je voyais les choses auparavant, j'ai divisé par deux ou trois ma charge de travail. Ça fait des semaines à 50 heures, 50-60 heures, ce qui est gérable lorsqu'on ne dort pas. Puisque quand vous travaillez, vous allez au sport la nuit, ça se passe, ça se passe très bien, donc le corps tient. Et puis quand il s'arrête de tenir, vous prenez des excitants et puis... Puis vous consultez quelqu'un quand même au bout d'un moment pour vous dire que ça ne va pas très très bien.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu aurais fait différemment avec le recul maintenant en disant « j'ai bossé, j'aurais peut-être moins bossé » . Comment tu gérerais autrement si tu t'es confronté à une situation de crise aussi soudaine et aussi impactante que celle-là ?
- Speaker #0
Je ne sais pas s'il y avait une meilleure façon de la gérer. Très honnêtement, mes enfants m'ont beaucoup soutenu, mes amis m'ont beaucoup soutenu. Mes salariés m'ont beaucoup soutenu. Donc, je pense que déjà, de ce côté-là, c'était un accompagnement vraiment très réconfortant. Et puis, moi, de toute façon, j'ai géré le choc comme j'ai pu. Et j'ai arrêté de travailler pendant une semaine avant de reprendre progressivement le travail. Donc, je pense que j'ai fait au mieux. Et je n'ai pas repris le même rythme. par avant, donc j'espère que j'ai su tirer les conséquences de ce qui s'est passé, à savoir prendre plus soin de ma santé. Effectivement, j'ai repris le sport tout en faisant attention, parce que reprendre le sport à 40 ans, on ne peut pas reprendre le sport comme à 20 ans. Mais voilà, j'ai repris le sport de façon régulière, j'ai repris mon régime alimentaire en main, j'ai essayé de ne pas dériver dans... dans des biais type alcool, drogue, etc. Même si avec l'alcool, c'est le truc le plus facile, je pense, dans nos milieux, avec les réseaux, les soirées réseaux, quand elles ont repris, c'était assez facile de boire trop. Et je pense que je suis en meilleure santé aujourd'hui que je ne l'étais au moment du drame.
- Speaker #1
Et si tu devais... T'adresser à quelqu'un, un dirigeant qui vit une situation de crise ou un deuil, tu lui dirais quoi ? Si tu devais, toi, conseiller une personne qui va traverser ou qui traverse cette situation, pas forcément les conseils parce qu'on n'est pas en posture de donner des conseils, mais les enseignements que toi tu as, que tu voudrais bien lui transmettre.
- Speaker #0
Moi, j'ai pris conscience que de faire très attention à ma santé, c'était vraiment le plus important parce que mon épouse est morte de façon subite. Je veux dire, je déjeunais avec elle le jour même et à 17h, elle était décédée. Elle est tombée, elle ne s'est jamais relevée. Par conséquent, j'ai commencé à prendre beaucoup plus soin de ma santé en me disant que si ça lui est arrivé à elle, ça pourrait m'arriver à moi. Donc, ce n'est pas forcément un conseil, mais en tout cas, c'est une bonne pratique que j'ai mise en place, à savoir surveiller ma santé, surveiller mon hygiène de vie. Encore récemment, un de nos amis a fait un infarctus. alors qu'on était en réunion associative, on dînait ensemble et il a fait un malaise. Heureusement, nous étions plusieurs personnes à être formées au geste de premier secours et puis nous avons appelé le SAMU immédiatement, ce qui fait qu'il n'y a pas eu des conséquences trop graves. Mais il a 56 ans, donc il n'est pas non plus très âgé, et chef d'entreprise lui aussi. Donc je pense que c'est très facile d'oublier son quotidien et sa santé, parce qu'on est trop occupé à regarder ce qui se passe au niveau du travail et à s'occuper des autres. s'occuper de sa boîte, s'occuper de ses gars, s'occuper de ses enfants. Et je pense que j'ai très bien pu m'oublier moi aussi à une certaine époque et donc je fais attention à ne plus le faire.
- Speaker #1
Aujourd'hui, tu es adhérent de Step depuis le premier jour. Tu as été le premier client en mars 2022 quand on a été prêt. Tu as refait ton accompagnement en 2023, 2024, 2025 et on est reparti là pour 2026. Qu'est-ce que ça te permet de gagner en temps ou en charge mentale ? Pourquoi tu ne le fais pas tout seul ? Comment tu t'en sors avec ça ? Qu'est-ce que ça t'apporte ?
- Speaker #0
Le gain principal, c'est la charge mentale. Je sais qu'au moins j'ai fait ce qu'il fallait, j'ai fait mes check-up. En théorie, ce n'est pas qu'il ne peut rien m'arriver, mais déjà, moi en tout cas, j'ai fait ma part. C'est comme le colibri face à l'incendie, même si je n'ai mis qu'une goutte d'eau, au moins j'ai fait mon job. Voilà, s'il y a quelque chose qui pète, j'aurais fait mon possible. Ça, c'est primo. Donc, le fait de faire des check-up, c'est essentiel. Après, de le faire soi-même ou de le faire par l'intermédiaire de Step, c'est vrai que Step me fait gagner beaucoup de temps. Et puis, vous êtes là pour me rappeler qu'il faut le faire. Donc, c'est de la charge mentale en moins et c'est du temps de gagner. En tant qu'entrepreneur, je pense que c'est vraiment ce qui me manque le plus. Il n'y a pas de sujet. L'argent, j'arrive à en trouver. Du temps, je n'arrive pas à en inventer.
- Speaker #1
Est-ce que ça t'aide aussi à savoir ce qu'il faut faire ? Parce que parfois, on ne répond pas à ta demande. On te propose des choses en disant, écoute, telle ou telle chose selon le suivi qu'on a pour toi, on te le propose, c'est toi qui décides si oui ou non tu le fais. Mais tu aurais dû... Passer du temps à chercher ce qui est bon, ce qui n'est pas bon, ce qu'il faudrait faire, pas faire, dans quel ordre. Est-ce que finalement, le fait de dire qu'il y a quelqu'un qui passe du temps pour ça, qu'il y a une équipe pour ça, ça me permet de savoir ce qu'il faut faire dans le bon ordre sans y passer des heures ou des jours à faire quelque chose qui ne me plairait pas.
- Speaker #0
Autant le premier check-up, il y avait plusieurs examens que je connaissais, que j'attendais en fait. l'examen cardiaque, l'examen de peau, le podologue, des petites choses qui sont classiques, j'attendais après elles, autant déjà l'examen des artères, cet examen-là il a commencé à me surprendre un peu, il y a eu d'autres choses, bon après il y avait les yeux, les oreilles, tout ça c'était classique, mais c'est vrai qu'au niveau des examens sanguins, par exemple, vous testez... tout un tas de choses que je ne connaissais pas et qui m'ont apporté des informations, je dirais, intéressantes, surtout pour le suivi du poids et le suivi de l'état de forme. Je pense que c'est un bon indicateur. Je ne savais même pas qu'on pouvait avoir des substances comme ça qui pouvaient nous indiquer qu'on était au bout du rouleau ou qu'on était trop énervé ou ci ou ça. Enfin voilà, je me doute bien qu'il y a des indicateurs. Je ne les connaissais pas lesquelles, donc je n'aurais jamais su en fait quel examen demander, tout simplement. Donc je ne serais même pas, enfin, pari passer des jours à des jours, mais je n'aurais jamais pris ce temps-là.
- Speaker #1
Et est-ce que tu remarques certains marqueurs, des éléments qu'avant allaient moins bien ? Nous, on n'a pas accès à tes résultats. Est-ce que tu te dis, tiens, quand j'ai commencé, j'avais du cholestérol. Là, avec ce que j'ai mis en place au niveau de l'alimentation, des compléments, du sport, j'en ai moins. Est-ce qu'il y a des choses que toi tu as remarquées qui ont changé après ? Parce que la partie diagnostique, elle est importante, mais ça ne sert à rien de dire ça, ça ne va pas, ça ne va pas. Le but, c'est aussi d'améliorer des choses. Est-ce que tu les remarques ?
- Speaker #0
J'ai fait le test de l'apnée du sommeil il y a un an et demi, je crois. Ce n'était pas le test de l'an dernier, c'était celui d'avant. Ce que j'ai remarqué, c'est que depuis que nous avons mis en place le suivi de poids et donc la perte de 7 kilos, Je pense que mes nuits sont quand même beaucoup plus satisfaisantes. Je me réveille, je suis beaucoup moins fatigué. Et donc, au niveau des marqueurs de forme, je suis mieux. Idem pour le sport, quand j'ai commencé la reprise du sport, j'étais une baleine sur le tatami et donc, par conséquent, c'était quand même très compliqué. C'est-à-dire que moi, j'étais HS au bout des 15 minutes d'échauffement. Donc, un entraînement de deux heures et demie, pour moi... C'était un petit peu comme de me prendre une baffe toutes les secondes pendant deux heures et demie, ça fait beaucoup de baffes. Aujourd'hui j'arrive à tenir les séances d'entraînement, alors c'est comme tout, c'est cardio, donc par conséquent c'est normal d'en baver, mais de là à être sur le point de vomir au bout de 15 minutes, il y avait des limites à ne pas franchir, donc je pense que les indicateurs sont clairement améliorés et sont quasiment au beau fixe aujourd'hui.
- Speaker #1
Tu vas aussi beaucoup mieux d'un point de vue de ton humeur, de tes relations, de la gestion de ton organisation. Tu as travaillé aussi à accompagner tes enfants pour les aider à traverser tout ce qu'ils ont vécu, mais surtout à grandir, à passer des moments d'adolescence, d'orientation scolaire. Pas évidente, vraiment des situations pas évidentes que tu as dû toi piloter, gérer seul, en plus de tout le reste. Et tu as pu aussi travailler sur ça aujourd'hui. On pense que la santé, c'est l'activité physique et l'alimentation, mais c'est aussi la qualité des relations. Et dans notre accompagnement, on fait un point d'honneur à ce que ton humeur soit bonne, tes relations soient bonnes, ton harmonique familiale soit bonne. Et on travaille aussi là-dessus. C'est toujours en évolution parce que nos enfants ont toujours besoin d'accompagnement et les situations évoluent. Mais tu as aussi un métier extrêmement sédentaire qui amène plein de risques, puisqu'en tant qu'informaticien, tu n'as pas une activité physique très forte. Est-ce que ça t'a permis également de te dire qu'avec des mesures, là, il faut que je bouge, là, je peux attendre encore un peu, de t'apercevoir aussi de certains... certaines conséquences de ton métier sur ton état de santé et de les corriger ?
- Speaker #0
Oui, tout à fait. J'ai mis en place déjà un système de bureau debout qui peut se relever ou se baisser à volonté. Je suis actuellement assis sur un ballon pilate qui permet d'avoir moins mal au dos puisqu'il mobilise en fait tout ce qui est ceinture abdominale en permanence du fait qu'on soit assis sur quelque chose d'instable. J'ai aussi un tapis de marche et un vélo, une chaise vélo de bureau qui me permettent de temps en temps, lorsque je suis sur une situation où je ne suis pas en train de frapper au clavier, soit de marcher, soit de pédaler. Pendant que je pilote un briefing ou quelque chose comme ça, je suis en train de parler et les gens me voient rebondir, marcher ou pédaler. Ils sont un petit peu morts de rire, mais en même temps, il y en a beaucoup qui s'en inspirent. Je suis moins sain d'horte air qu'il y a cinq ans. Donc ça fonctionne, c'est sûr qu'on a un retour des métriques qui permet, voilà, les examens de santé permettent de savoir où est-ce qu'on en est vis-à-vis de notre état de forme et puis après libre à nous de mettre en place des processus pour améliorer la situation.
- Speaker #1
Je pense aussi qu'avec ton expérience, tu aurais eu une appréhension à te lancer dans le sport sans y voir clair. Il y a beaucoup de dirigeants qui ne font pas d'activité et qui se lancent assez soudainement dans une activité intense. Cela peut déclencher des problématiques, notamment AVC ou crise cardiaque. Donc tu voulais également, pour pouvoir améliorer cette partie sportive, être sûr que ton état de santé était compatible avec cette activité. Tu fais pas mal de choses aujourd'hui avec le CJD ou autre. partager un peu ce que t'es pratique, c'est-à-dire que t'es aussi dans le fait de partager des choses et ça contribue à ta santé sociale donc qu'est-ce que tu fais pour ça ?
- Speaker #0
Au bout de 3 ans, 3 ans et demi de veuvage, je me suis dit que je m'étais assez renfermé sur moi-même et que j'avais besoin de retourner au contact des gens et de préférence au contact de gens que je connaissais pas parce que mon cercle amical est très satisfaisant, mais je pense que j'avais besoin de voir d'autres personnes. Donc j'ai adhéré au CJD, qui est un mouvement d'entrepreneurs qui prône la formation managériale et puis l'amélioration du monde actuel. J'ai rencontré des personnes très intéressantes. Ça m'a permis de me former, de me former pour mieux manager mes équipes, mieux gérer les situations de stress, mieux communiquer, mieux gérer les conflits. Voilà, sur les deux dernières années, j'ai fait pas mal de formations dans ce sens-là. Sur le développement personnel aussi, j'ai fait une formation sur la gestion du deuil. Voilà, ça me paraissait à propos. Aujourd'hui, je suis bien impliqué, j'ai un poste au bureau de la section locale et puis je vais à beaucoup de forums au niveau régional pour rencontrer d'autres JD et puis échanger avec eux, partager. et puis nous apporter mutuellement des choses, le partage d'expériences, le partage dans les situations de stress, savoir comment ils ont géré les choses, comment moi je les ai gérées, puis s'apprendre les uns aux autres. Puis j'ai eu la chance de rencontrer, grâce au CJD, quelqu'un qui partage ma vie depuis maintenant six mois, et donc je suis bien content.
- Speaker #1
Et nous aussi on est très contents pour toi. je voudrais aussi que tu puisses t'exprimer sur le fait que certaines personnes ne veulent pas faire l'examen pour ne pas savoir s'ils ont un petit problème de santé ou autre. Tu as cette expérience de stepper depuis 2022, donc tu es dans ta cinquième année, parce que ça fait 22, 23, 24, 25, 26 que tu es suivi et accompagné dans nos programmes longitudinaux. Donc tu as cinq ans on va... Je ne sais pas si tu le sais, mais on commence à attribuer des classes médicales au stepper. Il y a le stepper de classe 1, 2, 3, 4, 5. Donc, tu es bien le stepper avec la classe la plus élevée, comme les pilotes. Et donc, tu es le stepper classe 5. Qu'est-ce que tu pourrais dire à ces personnes qui préfèrent ne pas savoir ? Tu sais, ils imaginent qu'en ne sachant pas, ça va s'arranger encore mieux et qu'ils n'ont pas besoin de se soucier de ça.
- Speaker #0
Oui, après c'est de l'ordre de la prière. Je prie pour que tout se passe bien. Personnellement, je préfère savoir, savoir le plus tôt possible. J'ai eu une discussion avec quelqu'un de mon entourage encore aujourd'hui qui a dû patienter un petit peu pour des raisons financières pour un traitement dentaire. Donc aujourd'hui, elle sait le prix que ça va lui coûter. C'est en milliers d'euros. Là où un soin... Par rapport à sa problématique, s'il avait été détecté il y a un an, ça aurait été le tiers du prix ou le quart du prix. Donc de toute façon, se voiler la face et mettre son mouchoir dessus, je pense que ce n'est pas la bonne idée, parce que dans toute pathologie, plus elle est prise de bonheur, mieux elle est traitée et moins le traitement est lourd. Je pense que je peux être confronté à la maladie, tu peux être confronté à la maladie. Malheureusement, dans les sociétés actuelles, ça fait partie des statistiques. Mais je pense sérieusement que plus on détecte tôt, mieux ça se passera.
- Speaker #1
Et quand on est dirigeant, si on apprend les choses un peu trop tard, on ne peut pas agir et se retourner. Et donc, les conséquences sont encore plus graves. Donc, on est absolument persuadé chez STEP que plus tôt, ça permet d'agir, le plus tôt possible. En guise de conclusion, j'aimerais que tu puisses partager aussi ta vision des choses au niveau de l'entreprise. Tu prends énormément soin de tes salariés. J'en suis témoin puisque je les accompagne également en tant que psy du travail. Tu te soucies énormément de tes partenaires indépendants, de tes salariés. Cette vision, je pense qu'elle est... cohérente avec le manager, le dirigeant que tu es. Mais qu'est-ce que tu peux en dire sur ce sujet ? Tu ne le fais pas que pour toi, tu le fais aussi pour les autres. Mais ce qui a changé, c'est que tu t'es inclus dedans et ça fait vraiment partie de l'ADN de ta boîte. Comment ça change le jeu ? Pourquoi tu le fais ? Qu'est-ce que tu fais ?
- Speaker #0
Je pense que j'ai toujours essayé de prendre soin de mon équipe. Potentiellement, c'est vrai que les premières années, je me suis peut-être un peu oublié. Et donc, par conséquent, là, j'ai compensé. Alors, quand je compense, je compense toujours dans les grandes lignes. Et je ne sais pas faire autrement. Donc, aujourd'hui, je prends beaucoup plus soin de moi et je prends du temps pour moi. Ce qui a nécessité un rééquilibrage aussi de la charge de travail pour mon équipe. Donc, je les ai mis à contribution sur les dernières années. Je les surveillais plus. Je faisais peut-être des choses. Alors, je prenais soin d'eux, mais peut-être que c'était assez infantilisant. Et je ne m'en rendais pas forcément compte. Je leur apportais beaucoup, j'ai essayé de leur apporter des meilleures conditions financières, des meilleures conditions de santé, des meilleures conditions de prévoyance. Là, on est en train de regarder ensemble avec aussi un partenaire pour un pacte d'associés, histoire de les intégrer dans la réussite de la société. Tout ça, je pense que ça fait partie effectivement d'un parti pris qui est, si la personne se sent bien, elle va fournir un bon travail. Un travail de qualité, donc ce n'est pas uniquement de la générosité, c'est une réflexion gagnant-gagnant. L'an dernier, c'était une année assez compliquée, j'ai deux de mes collaborateurs qui ont des soucis perso, qui ont traversé la sphère perso vers la sphère professionnelle. Heureusement, je dirais que... À un moment, nous avons réussi à en discuter, à poser les mots et à donner un axe d'amélioration pour que la situation n'aille pas trop trop dans le déficit. Et puis, nous avons réussi à terminer l'année de façon satisfaisante pour tout le monde. Et je dois admettre que la météo... La météo personnelle de chacun en début d'année était beaucoup plus satisfaisante qu'en milieu d'année dernière. Donc je pense que ça a redonné le sourire à tout le monde de se serrer les coudes, de se dire « Ok, chacun d'entre nous a pu avoir un problème dans l'année, c'est juste pas de chance et qu'il y en a eu plusieurs en commun, il y a eu plusieurs problèmes différents mais en même période. » Et donc forcément, dans ces cas-là, l'équipe, c'est beaucoup plus compliqué de produire. Mais je pense que nous avons su nous serrer les coudes et rebondir. Ça, c'est hyper important. Et c'est gratifiant aussi pour un manager de se dire que tout le monde a participé et que la situation, c'est l'équipe qui l'a sauvée. Ce n'est pas juste moi qui me suis donné à 2000% de façon seule. Je ne suis pas le sauveur du monde. Cette année... quand il y a eu un problème, j'ai poussé une gueulante. Mais de toute façon, il y a des moments, il faut savoir le faire. Et ça, c'est peut-être quelque chose que je n'avais pas su avant. Et donc, cette année, quand il y a eu le problème, à un moment, je me suis aperçu vraiment de la conséquence du problème. Et puis, nous nous sommes expliqués. Alors, ça nécessitait la mise en place d'un plan de sauvegarde et puis de mettre des actions strictes et claires. pour que tout le monde puisse participer au sauvetage.
- Speaker #1
Ton entreprise se porte bien aujourd'hui ?
- Speaker #0
Nous avons terminé sur un bilan positif et sur des gens contents.
- Speaker #1
Les gens sont contents de travailler avec toi, chez toi, pour toi. Et ça, c'est important. On va terminer là-dessus. Tu fais partie des personnes qui entreprennent en conscience. Avec responsabilité en prenant soin de toi, mais aussi en faisant attention aux autres. Et je souhaite aux personnes qui nous écoutent, donc chez Step, on a lancé ce podcast pour donner la parole à des entrepreneurs. Et je souhaite que les personnes qui nous écoutent puissent également voir, identifier d'autres façons d'entreprendre que de se sacrifier, que de négliger sa santé. au service de son entreprise, pour la réussite de son entreprise, ce n'est pas forcément une clé de succès et ce n'est pas forcément le seul chemin.