- Speaker #0
Bienvenue dans Au bord des praticables, le podcast qui donne la parole à celles et ceux qu'on n'entend pas toujours, mais qui vivent tout en silence ou en tension autour du tapis. Chaque mois, je te propose deux épisodes en solo ou en compagnie, avec des histoires inspirantes, des témoignages touchants et des clés puissantes pour mieux traverser les émotions dans ton sport. Que tu sois parent, coach ou athlète, tu es au bon endroit. Bonne écoute ! Bonjour Denis, merci d'avoir accepté cette invitation sur le podcast Au bord des praticables. Donc là, on n'est pas sur les pistes de ski, mais je t'emmène dans mon univers et j'aimerais bien que toi aussi, tu nous fasses partager aussi ton univers au bord sur les pistes de ski. Donc, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #1
Oui, alors salut, je suis Denis Grosset, je suis entraîneur de l'équipe de France de ski alpin féminine. J'entraîne le groupe Coupe d'Europe, je l'ai déjà dit. Et voilà.
- Speaker #0
Trop bien.
- Speaker #1
Merci de m'accueillir et bonjour.
- Speaker #0
Génial et ça fait combien de temps que tu entraînes cette équipe Coupe d'Europe ?
- Speaker #1
Ça fait deux ans.
- Speaker #0
Ça fait deux ans.
- Speaker #1
Là j'ai attaqué la deuxième année.
- Speaker #0
Ok donc en fait on a un point en commun c'est que toi tu entraînes les filles et que nous dans le milieu de la gymnastique rythmique il y a aussi des garçons mais c'est essentiellement une discipline où il y a des filles et j'aimerais vraiment qu'on débatte dessus. Donc toi par exemple ta relation... Entraîneur entraîné, donc tu es un garçon avec que des jeunes filles. Et comment ça se passe ? Tu es plutôt quel entraîneur ? Un papa poule, un coach hyper sévère ? Quel statut tu as ?
- Speaker #1
Je me qualifierais plus de papa poule. J'essaye de me placer en tant que grand frère. On n'a pas beaucoup de différence d'âge, donc c'est plutôt grand frère.
- Speaker #0
D'accord. Est-ce qu'elle se confie à toi en termes techniques ou des problèmes liés à l'école ou dans leurs relations ? Au sein de l'équipe, entre elles ?
- Speaker #1
Oui, on va dire qu'on est plusieurs entraîneurs. Dans l'équipe, je suis plutôt celui à qui elle se confie. Comme je disais, le grand frère. Donc, tu conseilles, mais aussi tu es un peu le frère strict, mais pas trop.
- Speaker #0
Ok. Toi, Denis, tu es entraîneur de ski alpin et en même temps, tu as apporté une petite touche supplémentaire pour avoir les outils de préparation mentale dans la formation de... de Nathan. Et qu'est-ce qu'aujourd'hui, enfin pourquoi ça t'a apporté quelque chose ? Qu'est-ce qui t'a manqué avant d'entrer dans la formation ?
- Speaker #1
Eh bien, j'avais déjà cet aspect mental, on va dire, avant la formation. Mais c'est vrai que ça m'a aidé à avoir des outils pour vraiment dire, là, on est pas en préparation mentale, mais des outils pour préparer le mental des athlètes, et le mien aussi un petit peu. Et oui, des outils juste pour débloquer certaines situations qui qui ne font pas partie ni de la technique, ni du physique, mais vraiment les aspects mentaux.
- Speaker #0
Oui, nous, par exemple, en Angers, j'accompagne aussi les athlètes, les gymnastes et les entraîneurs à mieux performer. Et justement, ce que je retrouve, tu me dis si on a les mêmes, ce que je retrouve chez les gymnastes, c'est des championnes de l'entraînement, mais le jour J, elles ne répondent pas, elles stressent, elles perdent leurs moyens, elles ont mal aux ventes, elles ont du mal à... à dormir, elles tremblent, enfin, c'est presque plus du tout les mêmes athlètes. Est-ce que toi, c'est à peu près les mêmes symptômes ?
- Speaker #1
C'est exactement pareil. Alors, à chaque fois, on se dit, elle est forte, elle est forte. Mais en fait, même au sein de la fédération, nous, on va les défendre dans le fait qu'elles sont fortes ou quoi. Et en fait, en course, ça ne se passe pas forcément comme toujours. Je pense que c'est pour tous les... Enfin, tous les coachs c'est un peu pareil, tous les athlètes, je veux dire. Et j'en ai une, c'est l'inverse. et par rapport à ce que je disais tout à l'heure à Nathan elle,
- Speaker #0
elle prend un peu plus de recul parce qu'elle est binationale elle a deux nationalités et je trouve que ça aide aussi à prendre un petit peu de recul c'est-à-dire que elle qu'est-ce qui la différencie par rapport aux autres ?
- Speaker #1
là, d'aspect on va dire la coquille est la même, elles sont pareilles, mais par contre le jour de la course elle va pas se mettre la même pression elle va se mettre la pression aussi, mais elle va plus s'en servir Je pense que c'est important d'avoir la pression, mais de savoir s'en servir à bon usage. Parce que même les filles... Pour les autres, par exemple, elles ne vont pas performer comme elles performent à l'entraînement, mais sans se rendre compte qu'elles sont totalement stressées, qu'elles arrivent de base à dormir tout bien. Mais le jour de la course, ça ne se passe pas comme elles voudraient.
- Speaker #0
Et elles arrivent quand même à avouer qu'elles sont stressées ou elles ne disent rien ? Elles sont assez renfermées ?
- Speaker #1
Ça dépend de la confiance qu'il y a. Souvent, c'est après coup. Ah ouais, en fait, j'étais stressé ou quoi que ce soit. Alors, j'essaye d'amener à la discussion avant la course. Mais c'est vrai qu'avant la course, tout va assez vite. L'organisation est assez cadrée. Donc, il n'y a pas énormément de temps pour discuter.
- Speaker #0
Ok, nous, par exemple, en compétition en GR, l'entraîneur est là auprès de la gymnaste. Et jusqu'au moment où on la lâche, c'est à elle de passer toute seule. Mais quand même, l'entraîneur est là. Et justement, il y a quand même ces trois minutes de concentration juste avant de passer. Là, la gymnase, l'athlète a vraiment ce moment pour elle, avec ou sans l'entraîneur. Souvent, l'entraîneur est là. Mais il y a des athlètes qui arrivent maintenant à être autonomes. Est-ce que toi, au ski alpin, tu as aussi ce moment où tu ne t'entraînes plus, il n'y a plus de technique en fait. Et il y a ce moment où dans deux minutes, c'est à toi de passer ou pas du tout ?
- Speaker #1
Oui, c'est totalement comme ça. Alors nous, on les voit beaucoup plus loin. en termes de temps, parce que nous, on est sur la piste au moment où elles partent. Et donc, nous, on les voit une demi-heure avant, au moment de la reconnaissance du parcours.
- Speaker #0
Et après ?
- Speaker #1
Et après, plus rien, elles sont entre elles. Et s'il y a les techniciens, ceux qui préparent les skis, qui sont avec elles, qui, eux, ont un rôle aussi, je pense, assez important, qui doivent bien les connaître et tout. Mais c'est plus un rôle d'amis, on va dire.
- Speaker #0
Donc toi, tu n'es pas là juste avant, tu les as lâchées une demi-heure avant et tu les retrouves une fois qu'elles sont finies.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
D'accord. Et comment tu arrives à leur donner suffisamment confiance ? Qu'est-ce que tu leur dis ? Qu'est-ce qui se passe pendant l'heure d'avant finalement ? Parce que pendant une demi-heure, tu es en bas en attendant qu'elles descendent sans pouvoir leur dire quoi que ce soit.
- Speaker #1
Je pense que déjà, au niveau justement de la reconnaissance, il y a souvent, et j'ai fait aussi l'erreur, de... de faire attention à tel endroit. Et ça, c'est vrai que ça fait monter un peu le stress pour pas grand-chose, parce qu'au final, quand on s'entraîne, en fait, on ne fait jamais la reconnaissance avec elles. Elles savent très bien faire. Sauf que nous, le jour de la course, on doit se donner un rôle. Et donc, on est sur le parcours à dire qu'il faut faire attention à lui, attention là. Et déjà, j'essaye justement de bannir tout ce qu'il faut. J'essaie de bannir dans ce que je dis, de tout ce qu'il ne faut pas faire, mais plutôt de ce qu'il faut faire. D'être dans l'action et pas dans l'attention.
- Speaker #0
C'est intéressant ce que tu dis. Du coup, je rebondis sur le fait que beaucoup d'entraîneurs, et c'est ce que je fais aussi quand j'accompagne les entraîneurs, c'est soudainement, le jour J, il faut qu'on soit mieux que d'habitude. Sauf que finalement, on a passé des mois et des mois à s'entraîner. il faut juste faire ton job. Pas plus, pas moins, fais comme d'habitude. Et c'est vrai que souvent l'entraîneur, comme tu le dis si bien, on se donne soit un rôle ou on va encore plus donner de consignes, même des choses comme ça. Et que là, du coup, tu viens... Donc là, ça y est, toi, t'as pu bannir toutes ces... Alors, j'ai essayé au maximum. Alors,
- Speaker #1
c'est vrai que... Mais en fait, c'est juste en fait que nous aussi, je pense qu'on est un peu stressés.
- Speaker #0
On a besoin d'être assurés.
- Speaker #1
Exactement. Et donc, il y a fait attention là. Au moins, je l'ai dit, elle va faire attention, quoi. Et moi, j'ai souvent tendance à dire que moi, je suis entraîneur, donc j'entraîne. Et le jour de la course, c'est votre jour. Je vous ai embêté pendant des mois à rabâcher tel truc ou tel truc. Et que le jour de la course, c'est la délivrance. C'est faites ce que vous avez à faire. Et on voit à la fin de la course les rectifications qu'il y a à faire pour la prochaine.
- Speaker #0
Est-ce que du coup, tout à l'heure, tu parlais d'outils, que tu as réussi à avoir des outils. Est-ce que toi, tu intègres, par exemple, la visualisation ? Tu parlais de reconnaissance de pistes, j'imagine. Voilà, comme nous, on peut faire... Dans un gymnase, est-ce que tu utilises la visualisation ou l'imagerie ?
- Speaker #1
Oui, elles s'en servent déjà beaucoup, mais elles ont été formées depuis... Ça, c'est vraiment la base. Oui, la base, c'est l'outil principal qu'on a pour ça, et pour la reconnaissance, pour savoir le tracer. Et donc, ils ont été formés, mais pas tous pareils. Et bizarrement, j'en ai parlé à certaines filles, elles n'ont pas du tout le même mode de visualisation. Il y en a qui vont plus se reconnaître globalement, plus la piste, d'autres plus vraiment le nombre de portes. C'est assez différent pour chacune.
- Speaker #0
Et quand tu dis qu'elles ont été formées, est-ce que c'est depuis tout petit ou les skieuses, enfin les skieuses et skieurs, peu importe, là on parle beaucoup de filles, elles ont été formées, ça fait partie de leur formation de visualiser ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Ça n'a pas été vraiment formulé. Il n'y a pas une réelle formation, c'est juste essayer de vous rappeler du tracé au début, et petit à petit, elles vont trouver leurs propres moyens, mais sans qu'on s'en occupe réellement. Alors peut-être qu'il faudrait s'en occuper un petit peu plus, et je sais que la plupart quand même voient un préparateur mental et travaillent dessus. Je suis pas mal en relation avec... Elles ont quasiment toutes la même. Je suis pas mal en relation avec et on parle de ça.
- Speaker #0
Et du coup, est-ce que tu sais, toi, quand elles visualisent, donc tu me disais, chacun se visualise différemment, est-ce qu'elles se visualisent juste, je fais, je descends ? Ou est-ce que vraiment elles arrivent à le ressentir à l'intérieur de leur corps, tous leurs muscles, leurs sensations ?
- Speaker #1
Eh bien, elles, elles le font beaucoup. Alors tu sais, elles sont sur les bâtons et beaucoup avec les mains. Elles cèdent beaucoup des mains, vraiment le parcours. Après, j'avais vu des techniques différentes de faire en vision avec notre vision ou à l'extérieur, je ne sais plus comment on appelle ça, et qui n'utilisent pas la même énergie, il me semble. Et moi, je sais que quand j'étais coureur, je faisais plus vraiment global et un peu bizarre. Il y avait des différentes couleurs. mais je pense que chacun un peu trouve alors ça a du bien et du pas bien de d'être guidé ou moins à faire ça, mais en tout cas, chacun va trouver sa meilleure façon.
- Speaker #0
Donc toi, le fait d'avoir ces outils de préparation mentale, aujourd'hui, t'arrives à mieux guider tes...
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
J'allais dire tes gymnastes. T'arrives mieux à guider tes skieuses pour leur donner l'outil qui correspond finalement.
- Speaker #1
C'est vrai qu'à ce niveau-là, au niveau de la visualisation, on est tellement dans le fait qu'elles savent que du coup, ça, je m'en occupe pas trop et c'est vrai que je vais peut-être changer d'avis le prochain coup, ça va me faire réfléchir. Par contre, après, ce qu'on a fait aussi avec Nathan, c'était tout ce qui est fixation d'objectifs et tout ça. Ça m'a donné pas mal de billes et aussi sur d'autres aspects aussi au niveau du placement entre entraîneurs et entraînés qui m'ont aussi bien aidé.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, cette place de la relation entraîneur-entraîné, Au début, tu étais toujours coach papa poule ou est-ce qu'aujourd'hui... Enfin non, papa poule, pardon, grand frère, tu m'as dit, excuse-moi. Et aujourd'hui, cette place, elle est toujours, mais peut-être avec un positionnement différent ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Alors, ce qu'il y a, c'est que j'ai des athlètes depuis assez longtemps, donc on se connaît par cœur, donc il n'y a pas grand-chose à se dire. Mais quand j'ai commencé, j'étais en ski club, donc avec des plus jeunes, avec des moins de 14 ans et moins de 16 ans. donc là c'est C'était assez facile, même si moi aussi j'étais plus jeune, au final c'est les mêmes. Mais c'était plus facile de mettre cette barrière. Là, c'est de plus en plus compliqué parce qu'on a toujours le même âge, je veux dire, mais ça se rapproche, quoi. Enfin, ça se rapproche, c'est de moins en moins flagrant. Et donc, je pense qu'il faut quand même le mettre un peu. J'ai du mal parfois, j'avoue, mais... Mais en tout cas, il y a toujours cet aspect quand même de si je vais monter un peu le ton ou vraiment très léger. Elles vont savoir que là, c'est entraîneur-entraîné. Parce que c'est vrai que, par exemple, je suis parti un mois en stage avec elle. On est 24 heures sur 24 avec. Donc, c'est sûr que ça rapproche mine de rien et tu te connais. Et si tu ne mets pas de temps en temps cette barrière justement entraîneur-entraîné. c'est plus compliqué, je pense, à se faire respecter et à vraiment donner ses intentions claires et précises.
- Speaker #0
Et justement, ce partage d'expérience, où là vous êtes parti un mois, c'est ça, en stage, c'était où ?
- Speaker #1
Oui, à Ushuaïa, en Argentine. Waouh,
- Speaker #0
génial ! Un mois, donc ces athlètes, dans 10 ans, dans 15 ans ? Elles arrêteront peut-être leur carrière, peut-être qu'elles seront elles aussi entraîneurs ou préparateurs mentaux, bref. Qu'est-ce que toi, à travers ton rôle d'entraîneur, avec des outils de préparation mentale en plus, qu'est-ce que tu as envie qu'elles retiennent de toi dans 20 ans ? Tu les recroises dans 20 ans et elles se disent « Tu t'es eu comme entraîneur, qu'est-ce que tu as envie qu'elles retiennent de toi ? »
- Speaker #1
Je ne sais pas trop. C'est vrai que j'ai déjà des athlètes qui ont arrêté, évidemment. Et c'est vrai que je suis toujours en contact avec. Et notamment une qui fait des études de psychologie. On parlait déjà beaucoup mental avec elle. Et elle, c'est vrai qu'au final, elle m'aide autant que je l'aide ou que je l'ai aidée. et moi c'est plus ça qu'elle se rappelle que j'étais aidant et que j'étais compréhensif compréhensif et empathique je pense que c'est plus ça t'aurais envie qu'elle dise que tu les as vraiment aidé d'avoir été un bon coach, alors je pense que on peut pas tout avoir et il y a plein de bons coachs différents qui ont aidé pour plein d'aspects différents mais si j'ai pu aider il y a Moi, le truc principal, en fait, c'est que je veux qu'elles apprennent à se connaître au-delà. Alors, qu'elles soient performantes et tout, mais par le fait de se connaître et pas juste le fait d'écouter l'entraîneur et de se dire, OK, il m'a dit ça, OK, il m'a aidé à performer, mais sous l'aspect de s'apprendre à se connaître.
- Speaker #0
Et toi, tu as appris à te connaître en tant qu'entraîneur ? Tu as casquette d'ancien athlète et aujourd'hui entraîneur. Est-ce que... Comment t'as fait pour avoir cette place, pour te sentir à ta place, confiant et légitime ?
- Speaker #1
Ça n'a pas été simple.
- Speaker #0
Pour entraîner ce niveau-là, du coup ?
- Speaker #1
Alors, c'est vrai qu'en attaquant jeune et en prenant un peu le temps, petit à petit, on s'y fait. Mais c'est vrai qu'au moment où je suis rentré justement en équipe de France, je me suis dit... Pourquoi moi ? Ça pourrait être plein d'autres. Lui, il est très bon. Au début, ça donne un peu ce truc d'imposteur. Petit à petit, en voyant les résultats, comment les athlètes ont confiance en toi et qu'elles viennent plus t'écouter toi qu'un autre, ou peu importe, que ça se passe bien, ça aide un petit peu. Mais ce n'est jamais linéaire. Il y a toujours des moments où... où je me dis non mais je ne suis pas du tout capable là ça ne performe pas et tu le prends assez personnellement avec résultat mais en tout cas c'est plus l'aspect avec les athlètes qui m'aident à me sentir légitime en fait et à savoir vraiment pourquoi je fais ça et
- Speaker #0
ainsi de suite et te sentir à ta place est-ce que la formation que tu avais fait avec Nathan t'a permis aussi de te sentir plus à ta place ?
- Speaker #1
Moi aussi.
- Speaker #0
Et légitime, ça t'a aidé en tant qu'être humain, on va dire ?
- Speaker #1
Oui, totalement.
- Speaker #0
Tu te souviens d'un déclic ?
- Speaker #1
J'ai eu un déclic avec un des formateurs, avec Fred, qui m'a beaucoup aidé, qui en fait avait connu un peu le même problème, si je me souviens bien, et qui m'avait beaucoup aidé. Mais après, des fois, on oublie un peu, donc ça redescend. Après, on se dit bon, OK, rappelle-toi de ça, ça revient, et ainsi de suite. Ce n'est pas linéaire.
- Speaker #0
Et du coup, quel conseil tu pourrais donner justement à un entraîneur, peu importe le sport, que ce soit au ski, en gym, en GR ou peu importe, qui justement a envie de performer, qui a envie d'avoir des résultats, haut niveau ou pas, et qui ne se sent pas à sa place, pas confiant, pas légitime ? Qu'est-ce que tu en penses ?
- Speaker #1
C'est compliqué. Déjà, je pense que travailler un peu le mental, je trouve que ça aide beaucoup, de comprendre le mental. Et de travailler le mental sur soi, ça aide quand même énormément. Alors, ça ne va pas régler tous les problèmes tout de suite et sur du très long terme. Mais en tout cas, tu as les outils après. Je pense que c'est ça qui est important, c'est d'avoir les outils pour après faire un petit peu à sa façon et apprendre à se connaître, tout simplement.
- Speaker #0
Et continuer à tester,
- Speaker #1
à se former. Oui, c'est ça, continuer. Oui, exactement. Et de ne pas avoir peur d'essayer, d'essayer et puis d'en tirer des leçons.
- Speaker #0
Ok. Et est-ce que tu as une phrase clé ou un mot clé que tu dis à tes athlètes avant une compète, avant un tournoi ? Oui,
- Speaker #1
alors j'ai une phrase qui est... Si tu veux bien la partager.
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Par rapport au ski alpin, parce qu'on a souvent tendance... Alors, je ne sais pas si c'est que le ski alpin a toujours tout compliqué, comme on disait tout à l'heure. Mais je leur dis juste, le ski, c'est simple. Ce n'est pas facile, mais c'est simple. Donc faites simple et ça ira très bien.
- Speaker #0
C'est rigolo ce que tu me dis, parce que j'ai une gymnase que j'ai accompagnée en préparation mentale qui fait du ski. Et un jour... Sa maman qui compare un peu les deux disciplines et qui me dit « J'ai un entraîneur au ski qui parle toujours de dire « faites simple » . » Ce n'est pas toi parce qu'elle est toute jeune, cette jeune fille, elle n'est pas à ce niveau-là, mais c'est marrant parce que ça résonne chez moi en disant « j'ai une seule gymnaste que j'ai accompagnée qui a fait aussi du ski » et la maman me disait ça, de faire simple, arrêtons de compliquer.
- Speaker #1
Non mais c'est ça. J'ai l'impression qu'en tant que coach, on veut tellement résoudre les problèmes qu'on va quasiment en créer pour pouvoir le résoudre. Alors que c'est simple, la base c'est d'aller le plus vite possible d'un point A à un point B. Alors, aller le plus vite possible d'un point A à un point B.
- Speaker #0
Ok, et j'essaye aussi de voir par rapport à la gym, à la GR, ou de se dire, c'est simple, c'est difficile de dire c'est simple, parce qu'en fait, ce n'est pas si simple que ça. On a envie que ça soit simple, mais ce n'est pas du tout simple. Imagine demain, tu dois nous remplacer, tu dois entraîner une gymnaste qui est prête. Elle est prête juste à l'accompagner, à l'entraîner. Qu'est-ce que tu aurais envie de lui dire ? Un mot magique ? En sachant qu'elle est prête, elle a bossé techniquement.
- Speaker #1
Elle est totalement prête. Juste, fais comme tu... Alors, j'ai un truc que je dis souvent au départ, c'est fais... Par exemple, la fille s'appelle Zoé. Je vais dire fais comme Zoé. Fais ce que fait Zoé à l'entraînement. Et là, la gymnaste, ce sera pareil. Je n'ai pas beaucoup d'influence au niveau d'entraînement. Je veux dire en gym. Donc, c'est fait comme tu sais faire, tout simplement.
- Speaker #0
Super. Trop bien. Merci.
- Speaker #1
Pas de souci.
- Speaker #0
Est-ce que tu veux rajouter quelque chose ?
- Speaker #1
Non, c'est tout bon. Mais c'est vrai que par rapport à ça, j'avais vu un athlète d'anneau. Aux Jeux Olympiques, il y a un interview, il a médaille d'or, il dit, j'ai juste fait comme je fais tous les jours à l'entraînement.
- Speaker #0
Exact.
- Speaker #1
Ma chorégraphie et puis voilà, juste à faire ça.
- Speaker #0
Pas plus, pas moins.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Je fais ce que je sais faire, en fait.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. Mais c'est tout le monde,
- Speaker #0
l'entourage, déjà l'environnement, le public, il suffit qu'il y ait beaucoup de monde, qu'on sente une petite pression, les parents, enfin tout l'entourage qui nous dit, ah, aujourd'hui, on m'attend, aujourd'hui, il faut que je fasse...
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Il faut que ça... Non, il faut... Fais juste comme tu sais faire.
- Speaker #0
Fais avec plaisir et le travail était fait. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
Belle saison du coup avec tes skieurs.
- Speaker #1
Merci. En attendant la neige. C'est un peu tôt, mais...
- Speaker #0
Bientôt. Merci beaucoup.
- Speaker #1
Merci. Ciao.
- Speaker #0
Merci d'avoir été là avec moi au bord des pratiques câbles. Si cet épisode t'a touché ou fait réfléchir, pense à t'abonner et à laisser un 5 étoiles sur ta plateforme préférée. C'est tout simple, mais ça m'aide énormément à faire grandir ce podcast. Et si tu connais un parent, un coach ou un athlète à qui ça pourrait faire du bien d'écouter cet épisode, alors partage-lui. On ne sait jamais quelles graines ça peut planter. Allez, à très vite, au bord des praticables.