- Speaker #0
Bienvenue dans Au bord des praticables, le podcast qui donne la parole à celles et ceux qu'on n'entend pas toujours, mais qui vivent tout en silence ou en tension autour du tapis. Chaque mois, je te propose deux épisodes en solo ou en compagnie, avec des histoires inspirantes, des témoignages touchants et des clés puissantes pour mieux traverser les émotions dans ton sport. Que tu sois parent, coach ou athlète, tu es au bon endroit. Bonne écoute !
- Speaker #1
Il y a beaucoup de jeunes athlètes qui vivent la même chose, mais qui n'en parlent jamais.
- Speaker #0
À l'entraînement, elles regardent les autres. Elles se disent « elle est plus forte que moi, elle est plus souple, elle est plus gracieuse » . Alors à ce moment-là, elles doutent, elles hésitent à essayer, elles ont peur d'être ridicules, elles ont peur du regard des autres. Et parfois même, elles finissent par croire qu'elles ne sont pas à la hauteur. Eva était cette jeune fille, une gymnaste passionnée, mais enfermée dans ses pensées. Quand on lui disait « c'était bien » , elle ne le croyait même pas. Aujourd'hui, Eva va te raconter son chemin. Le chemin d'une adolescente qui a appris à comprendre ce qui se passe dans sa tête. A apprivoiser ce petit hulk intérieur qui lui criait qu'elle n'était pas capable. Et surtout, elle a osé être elle-même. Si tu es athlète, parent ou entraîneur, je te conseille d'écouter cet épisode jusqu'au bout. Parce que tu pourrais bien te reconnaître dans son histoire. Ok Eva, merci d'accepter cette invitation. On est arrivés. On est arrivé à la fin de notre accompagnement qu'on a commencé, c'était en août ou en juillet ? En août, je crois.
- Speaker #1
En juillet.
- Speaker #0
Oui, juillet. En juillet 2025, là on est en janvier, en février déjà, 2026. On a fini tous ces mois d'accompagnement et lors de notre dernière séance, donc la séance de bilan, tu m'as tellement dit des choses trop belles que je me suis dit, waouh, il faut que... J'aimerais trop que tout le monde puisse t'entendre. Donc voilà pourquoi je t'invite aujourd'hui. Donc franchement, merci à toi.
- Speaker #1
Avec plaisir, moi aussi, ça me fait plaisir de pouvoir aider d'autres gens.
- Speaker #0
Super. Alors aujourd'hui, j'ai envie que tu racontes ton chemin, qu'on parle de toi, Eva. Que ça puisse parler à des jeunes filles ou des jeunes garçons qui pourraient vraiment se reconnaître dans ta situation et qui puissent se dire, ok, je ne suis pas seule à ce moment-là. Est-ce que tu peux me raconter un petit peu ? Avant qu'on... Donc tu vois, nous on a commencé en juillet, donc par exemple il y a un an, en janvier 2025. Quelle jeune fille tu étais ? C'était comment dans ta tête ?
- Speaker #1
J'étais plutôt renvermée sur moi-même. À l'AGR, je n'étais pas forcément à l'aile parce que je n'osais pas faire ce qui est vraiment en recherche à l'AGR. Quand même être assez... pas extravertie, mais il faut oser et avoir conscience en soi. Ce n'était pas forcément quelque chose que j'avais. Donc, je me comparais beaucoup aux autres. Je voyais que j'étais assez différente, même si tout le monde est différent. Je me sentais renfermée sur moi-même. C'est nul. C'est nul. Voilà, ce n'était pas toujours facile. La guerre, c'était même plus un plaisir d'en faire.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
J'y voyais plus de positif. parce que c'est ce que j'ai toujours adoré faire.
- Speaker #0
OK, quand tu dis que le regard des autres, tu te trouvais nulle, qu'est-ce que tu trouvais chez les autres que toi, tu pensais ne pas avoir ?
- Speaker #1
Ben, j'osais essayer.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
J'essayais et puis ça rendait bien.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Directement, alors que moi, déjà, j'essayais pas. Et quand j'essayais, ben, ça allait pas du tout.
- Speaker #0
OK. Est-ce que tu te souviens ce que tu te disais à ce moment-là quand t'étais à l'entraînement et que... Soit tu n'osais pas ou quand tu osais, ça ne rendait pas bien. Tu te trouvais comment à ce moment-là ?
- Speaker #1
Je trouvais que j'étais ridicule. Je ne voulais pas y aller. Je n'aimais pas quand il y avait du monde à l'entraînement. Je préférais quand j'étais toute seule.
- Speaker #0
Et en compétition, comment c'était ?
- Speaker #1
En compétition, il n'y avait pas les filles de mon club que je connaissais. Toutes les grandes, etc. Je voyais qu'elles étaient bien plus fortes et activement comparées surtout. Donc, il y avait les filles de ma catégorie. Et dans ma catégorie, j'ai toujours vu que j'avais un potentiel quand même. Et du coup, je faisais ce que j'ai travaillé, ma choré, etc. Et il y a eu des passages bien, des passages moins bien. Mais bon, je ressortais toujours un peu avec le même bilan, du genre, bon, ben, voilà quoi, c'était pas faux. Mais voilà, je suis en fait là et voilà.
- Speaker #0
Ok. Et à l'entraînement ou en compète, quand on te disait que c'était bien, comment tu le vivais, toi ?
- Speaker #1
C'est toujours quelque chose de gentil. Je préfère qu'on me dise que c'est bien plutôt qu'on me dise que c'est minable. Mais quand je recevais ce genre de compliments d'une fille qui était super forte, je ne la croyais pas. Parce que quand elle est dans sa colline de moi, elle était super jolie à regarder, alors que moi, je n'ai pas la même souplesse. Je ne suis pas aussi gracieuse, etc., je trouve.
- Speaker #0
Donc, tu ne les croyais pas ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Et tes entraîneurs, quand ils te disent ou quand ils te disaient « Ah, c'est bien Eva » , comment tu le recevais ?
- Speaker #1
C'est très rare d'Eva.
- Speaker #0
Mais quand ça arrive ?
- Speaker #1
Quand ça arrive, oui, je le croyais de la part de l'entraîneur puisque c'est quand même leur travail, leur métier. Elle nous a pas fait pas beaucoup de critiques, mais justement, c'est des critiques qui nous permettent de s'améliorer, de rebondir dessus. Mais du coup, oui, quand tu as un compliment, je sais qu'il est vrai.
- Speaker #0
D'accord. Et ce regard des autres, à la GR, ça te pesait ? C'est-à-dire que tu voyais des gymnastes qui étaient, selon toi, plus fortes que toi, plus gracieuses, plus souples, ok ? Donc ça, c'était la gym. Du coup, toi, tu te minimisais à ce moment-là. Et à l'école, par exemple, ou dans ta famille, ou dans tes relations amicales, est-ce que ce regard des autres était aussi pesant pour toi ?
- Speaker #1
Beaucoup moins qu'à l'AGR. J'ai souvent été quand même très joyeuse comme petite fille. Donc, beaucoup moins à la maison et à l'école. Début collège, c'était pas la même chose qu'à l'actuinaire. Ça change quand même. Le collège, c'est pas la même chose.
- Speaker #0
C'est comment ?
- Speaker #1
Le collège, il ne faut pas être à la mode, etc. Il y a toujours des trucs à avoir. Et quand tu ne les as pas ou que tu vois que les gens te sont appréciés, ils sont toujours super gentils ou alors au contraire très égoïstes, etc. Et que toi, tu es entre les deux un peu timide et réservé. Je ne sais pas trop comment être. J'ai changé de personnalité, mais bon, ce n'est pas ce qu'il faut faire au final.
- Speaker #0
OK, donc quand tu arrives au collège, en fait, tu ne sais plus trop qui tu es. Est-ce qu'il faut faire comme eux ou est-ce qu'il faut faire comme eux ? Tu ne sais plus trop, tu te perds un peu dans ta personnalité.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
OK, donc du coup, ce que je vois là, c'est qu'avant, à la gym, enfin la GR, tu avais énormément de peur, tu avais beaucoup de doutes sur toi, sur ce que tu faisais. Et tu étais assez replié sur toi-même, presque. C'était mieux si le gymnase était pour toi toute seule, pourvu que personne ne te regarde. Et à chaque fois qu'on te disait que c'était bien, tu ne le croyais pas. Et pourquoi là, il y a eu ce déclic d'accompagnement ? Pourquoi tu as accepté de te faire accompagner ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Raconte-nous. Est-ce que c'est toi ? Est-ce que c'est tes parents ? Comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
Du coup, je t'avais déjà vue au singe doute.
- Speaker #0
Oui, ça a été ou pas ? Allez,
- Speaker #1
dis-moi pour de vrai maintenant. Ça s'est très bien passé. C'était un accompagnement très différent aussi des courses vraiment coachières. Du coup, maman avait vu que j'avais des accompagnements mentaux, des rendez-vous. Même si on n'en parlait pas souvent, elle savait que j'avais peur de regarder les autres. Le stress avait une grande place aussi. Du coup, c'est elle qui m'a annoncé qu'elle m'avait inscrite. On en parlait, donc au début, j'étais quand même énervée. Mais bon, j'ai fait les premiers rendez-vous, ça s'était plutôt bien passé.
- Speaker #0
Donc, tu étais énervée contre ta mère qu'elle ait pris cette décision ? Oui. Ok. Est-ce que ça a fait des disputes ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Non, quand même pas. Ok. Et après, on a eu notre premier rendez-vous. Comment tu t'es sentie ? Donc déjà, tu es venue, je rassure tout le monde, tu es quand même venue, même si tu étais un peu fâchée contre maman, tu es quand même venue. Et alors ?
- Speaker #1
Le premier rendez-vous, c'est là où on avait fait un peu le bilan sur quoi on allait travailler, etc. Donc, je trouvais toujours que c'était une mauvaise idée. Et finalement, ce n'était pas si mal. C'était rassurant d'avoir déjà vu avant, de connaître un peu ce que c'était, etc. Mais bon, je me lançais quand même dans un truc que je ne connaissais pas du tout. Et je me suis dit que ça n'allait mener à rien.
- Speaker #0
T'imaginais ça comment, toi ?
- Speaker #1
Je sais pas. Un peu comme de la source élevée.
- Speaker #0
Ok, d'accord.
- Speaker #1
Voilà, je sais pas trop, justement.
- Speaker #0
Ouais, tu savais pas dans quoi tu t'embarquais, en fait. C'est vrai que c'est un peu abstrait quand on parle du mental. Autant on va faire de la préparation physique, c'est clair, de la technique, c'est clair, mais de la préparation mentale, c'est encore un peu abstrait. On ne sait pas trop. Et puis, il y a plein de choses, il y a plein de méthodes. Est-ce que là, au début de notre accompagnement, est-ce que tu t'es dit, tiens, Layla va vraiment m'apporter de l'aide ou est-ce qu'il t'a fallu quand même du temps ?
- Speaker #1
Après quelques rendez-vous, j'ai compris que le stress, quand même, ça allait changer. Je savais qu'au fur et à mesure du temps, je l'avais pris exprès pour le stress, ça allait bien changer quelque chose. Comment, je ne le savais pas, mais ça allait changer.
- Speaker #0
Sur une échelle de 1 à 10, toi, tu étais stressée à combien, toi ?
- Speaker #1
Je n'étais pas vraiment stressée, j'étais stressée à 3 ou 4, maximum.
- Speaker #0
Pas beaucoup. Et du coup, en termes de confiance sur une échelle de radiste, toi, tu avais confiance en toi à combien ?
- Speaker #1
Ah, mais stressée pour la GR ?
- Speaker #0
Ah oui, pour la GR, oui.
- Speaker #1
Je croyais pour les rendez-vous. Non, non, pour la GR, je dirais 8,59. OK,
- Speaker #0
donc tu étais presque au max, max du stress. Et en termes de confiance en toi ?
- Speaker #1
3.
- Speaker #0
OK. Donc, 3 sur 10, ça c'est comment tu sais... Voici les chiffres quand tu es arrivée avec moi au tout début. Donc, tu t'embarques là-dedans, tu ne sais pas trop ce que Leïla va t'apporter comme sorcellerie, mais on y va, on y va quand même. Du coup, pour ceux qui pensent comme toi, en disant, c'est quoi la préparation mentale, c'est de la sorcellerie ou autre chose, qu'est-ce qu'on y travaille, est-ce que tu pourrais un petit peu plus expliquer avec toi tes mots ? Tu vois, à quelqu'un qui ne connaît pas du tout la préparation mentale. Qu'est-ce qu'on y fait ?
- Speaker #1
Déjà, il ne faut pas hésiter à raconter vraiment ce qu'on ressent. Parce que dans le cas où je suis encore plus, ça ne va pas nous aider. Donc, c'est en disant vraiment, en expliquant ce qu'on ressent, qu'on va recevoir les bonnes aides. Donc, votre coach mental, il va savoir s'adapter à vous et à ce que vous demandez, en fait. Et au fur et à mesure des séances, peut-être quand vous allez sortir du rendez-vous, vous allez vous dire que c'était n'importe quoi qu'elle m'a raconté. Mais finalement, quand on y réfléchit bien, ça aide beaucoup. Parce que moi, il y a plein d'astuces que maintenant j'utilise et qui ne sont vraiment pas ridicules.
- Speaker #0
Oui, on y reviendra, on dira plus. Justement, qu'est-ce qui t'a le plus marqué dans le coaching ?
- Speaker #1
C'est une astuce.
- Speaker #0
Oui, tu peux la dévoiler.
- Speaker #1
Souvent, je suis mitigée comme si j'étais coupée en deux. Il y a une personne qui est à côté de moi qui me dit que je suis capable de faire les choses, que je peux y arriver. Et il y a une autre personne qui me dénigre énormément et qui me dit que je ne ferai jamais, jamais ça, que c'est ridicule et que je ne pourrai pas y arriver. Et du coup, quand j'en ai parlé à Leïla, On en a parlé, etc. Et elle m'a fait découvrir un petit bonhomme qui s'appelle Hulk. Et du coup, j'avais réussi à visualiser les deux petits bonhommes qui étaient au-dessus de mes épaules. Donc, un petit ange qui me disait que j'étais capable et un Hulk qui me disait qu'il n'y arriverait pas. Et dans ce Hulk, je le rassurais parce qu'il n'avait juste pas conscience en lui. Et donc, il fallait lui prouver qu'il avait tort. Donc, il fallait l'écouter. Finalement, pas se boucher d'oreille pour ne pas l'écouter. Il fallait entendre ce qu'il nous disait et trouver une astuce pour l'utiliser.
- Speaker #0
Ouais, super. J'utilise beaucoup avec toi et avec tous les athlètes que j'accompagne quand je parle de Hulk. J'aime bien utiliser ce bonhomme vert, tout grand, tout fort, qui est juste là en mode stress, comme s'il se sentait en danger. Et moi, on l'écoute et puis il va battre très, très, très fort. Donc, l'idée, c'est de prendre ce petit Hulk comme un enfant de 3 ans et le rassurer et dire que tout va bien. Je ne suis pas en danger, je suis juste dans une compétition d'un sport que j'aime et je ne suis pas en danger. Effectivement, il y avait cette petite astuce que tu as bien aimée. Est-ce qu'il y a eu une autre prise de conscience qui t'a fait voir les choses autrement, Eva ?
- Speaker #1
Déjà, j'ai plus pris conscience en moi. Parce qu'on a fait attention cette année au code. Et on l'a vraiment pris en compte parce que, du coup, tu m'as beaucoup aidée aussi. Et ce qui a fait que ma courriel, c'est de démarquer les fins des autres. Ok. Les combats, etc. Et donc, ça donne aussi un peu confiance d'avoir notre propre truc. Et pas un truc qui ressemble aux autres, mélangé entre tout.
- Speaker #0
Ta propre chorégraphie à toi, dans ton univers.
- Speaker #1
Donc se démarquer, même si on reste dans une compétition avec plein de monde. Savoir qu'on sort du lot, même si on n'est pas les plus fortes, ça va quand même augmenter la compétition.
- Speaker #0
Ok. Est-ce que tu te souviens, toi ? Même si c'est inconscient, toutes les séances qu'on a faites, ça a créé de la confiance. Il n'y a pas eu une séance spéciale où on n'a fait que de la confiance. C'est sur toutes les séances qu'on a construit ça. Mais est-ce que tu te souviens, toi, un souvenir spécial d'une séance où il y a eu un petit déclic sur ta confiance ou sur peut-être le regard que tu posais sur toi à l'époque ?
- Speaker #1
Je pense que c'était après ma compétition où j'avais fini première.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
J'ai vraiment pris du coup de la confiance et j'ai repensé à tout ce qu'on avait dit sur la confiance en soi, etc. Et ça a pris sens du coup. Parce que quand tu es venue d'avoir confiance en toi, qu'il ne faut pas écouter les autres, sur le moment, on le prend en compte et voilà. Mais on n'a pas tout de suite confiance en nous après.
- Speaker #0
Et surtout, comme je te disais, Ce n'est pas... La confiance, beaucoup de gens disent « Oui, il suffit juste que tu aies confiance en toi. » Mais ce n'est pas quelque chose de palpable. Ce n'est pas une matière physique où on met « Ah, tiens, je prends mon juste corps, je prends mes engins et je prends ma confiance dans mon sac. » Non, ça ne se prend pas. Ça se construit, ça grandit. Et puis, tu te souviens, la confiance, c'est d'abord l'amour de soi. C'est « Est-ce qu'à combien de points je m'aime, je m'accepte ? » mon estime de moi et après par les actions du coup je fais beaucoup d'actions et du coup ces actions font que ma confiance augmente et en plus je le vois et tu te souviens justement lors de cette première compétition et puis il y a beaucoup d'athlètes qui pensent ça c'est une fois que j'aurai gagné j'aurai confiance en moi et moi j'arrête pas de dire que c'est pas une fois que t'auras gagné que tu vas avoir confiance c'est parce que tu as confiance en toi que tu vas gagner Et cette compétition, je t'avais vraiment préparée, conditionnée comme ça, comme une guerrière, en te disant, c'est toi la première, c'est personne d'autre. C'est parce que tu as confiance en toi que tu vas gagner. Et ça l'a fait.
- Speaker #1
Oui, je m'en rappelle.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, Eva, comment il est ton rapport au regard des autres ? Est-ce qu'il a évolué ? Comment ça se passe aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je l'ose beaucoup plus, que ce soit à l'ingénieur ou ailleurs.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est moins compliqué pour moi de tester de nouvelles choses et d'être avec d'autres gens, de nouveaux gens et d'affirmer ma propre personnalité.
- Speaker #0
Ok, super.
- Speaker #1
Et voilà.
- Speaker #0
Est-ce que c'est encore, par exemple au collège, est-ce que c'est encore ambigu en disant je ne sais pas trop comment me comporter ? Est-ce qu'aujourd'hui, tu es pleinement toi, finalement ?
- Speaker #1
Avec les bonnes personnes, oui. Après, le collège, je pense que c'est quand même un peu compliqué parce que veille à Beaucoup, beaucoup de gens sont différents. Et voilà. Mais quand je trouve les bonnes personnes, oui, moi, je vois que je suis vraiment à l'aise et je suis moi.
- Speaker #0
OK. Et du coup, à la GR, tu oses beaucoup plus faire les choses, de tester ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Est-ce que tu as vu une différence sur les résultats, du coup ?
- Speaker #1
Pas forcément sur les résultats.
- Speaker #0
Non, pas forcément résultats sportifs, mais sur les résultats, par exemple, j'ose plus faire. tel élément, du coup je le fais plus et du coup est-ce que je le réussis plus ou pas ?
- Speaker #1
Bon la réussite c'est encore autre chose je trouve, mais oui, quand il faut tester des trucs, des mouvements que je sais que je n'ai jamais fait et que ça ne va pas être très joli la première fois que je vais le faire je le fais quand même, au moins je sais que il deviendra plus joli après mais bon, si les autres me voient me foirer pas grave.
- Speaker #0
Oui parce que la première étape c'est déjà l'essai. Essai, erreur, essai, erreur, essai, erreur Ah ! Essai, réussite. Mais c'est parce que j'ai fait beaucoup d'essais-erreurs qu'à un moment donné, ça marche. Eva, aujourd'hui, si tu devais te situer aujourd'hui en confiance, tu dirais quoi ? Il y a un an, tu m'as dit 3 sur 10. Aujourd'hui, tu es à combien ? Tu dirais quoi sur ça ?
- Speaker #1
Moi, je dirais 7,5 à peu près.
- Speaker #0
Ok. Tu le vois par rapport à quoi ?
- Speaker #1
À ma personnalité avec les autres. Je suis beaucoup moins préservée, etc. Par exemple, la dernière fois, je te donne un exemple.
- Speaker #0
Vas-y, concrète.
- Speaker #1
J'étais à une fête avec les filles de la LDR.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Je me rappelle qu'avant, jamais je me serais levée pour danser ou chanter avec mes copines. Alors que là... Mes copines ont halluciné, ma mère aussi, quand on l'a vu. J'étais beaucoup plus moi-même et finalement, je me suis retrouvée cette fille joyeuse qui profite.
- Speaker #0
Qui danse et qui chante au milieu de tout le monde sans se poser la question de qu'est-ce qu'on va dire, est-ce qu'on va me juger, est-ce qu'on va me critiquer ? Génial, bravo Eva ! T'étais bien, comment tu t'es sentie ?
- Speaker #1
C'était trop bien.
- Speaker #0
Trop bien, t'as envie de refaire du coup ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Super ! Et à la maison, du coup, comment tu te sens maintenant ? Enfin, tu te sens bien chez toi, ce n'est pas la question, mais comment tu te sens à la maison, du coup ?
- Speaker #1
À la maison, je suis toujours la petite sœur un peu pénible et arrêtée. Mais bon, ça va parce que je suis quand même moins renfermée sur moi-même.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Même si je le fais encore parce que, je pense que c'est un peu comme ça pour tous les adolescents.
- Speaker #0
C'est-à-dire être comme ça, comme tous les adolescents, c'est comment ? Raconte-moi. Moi, je ne sais plus, c'était il y a longtemps.
- Speaker #1
Je trouve qu'on a tendance souvent à se mettre dans nos chambres et à ne pas vouloir parler avec nos parents. Moi, je sais que je ne veux toujours pas trop parler avec mes parents, mais je n'y arrive pas. C'est comme ça, j'ai beau essayer, c'est compliqué.
- Speaker #0
Ok. Pourquoi ? Parce que tu as l'impression que quoi ? De les déranger ? Tu as l'impression qu'ils vont te juger ? Tu as l'impression qu'ils ne te comprennent pas ? Ou tu n'as juste pas envie ?
- Speaker #1
Je crois que je n'ai juste pas envie et l'impression qu'ils ne me comprennent pas.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Je n'ai pas peur qu'ils me jugent. Donc, je ne sais pas.
- Speaker #0
Ok. Et en même temps, alors, il n'y a pas de notice pour les ados, tu vois. Mais en même temps, si tu leur... Moins tu parles, c'est comme à la gym. Moins tu oses faire l'élément et moins tu vas réussir. Et là, c'est la même chose. Moins tu vas parler à tes parents et moins ils vont comprendre. Peut-être que ça va faire essai-erreur au début. Peut-être que ça va faire je parle, on se dispute, je parle, on se dispute. Et puis, à un moment donné, à force de faire essai-erreur, ça va faire ça y est, ça match, ils m'ont compris. Et les parents vont dire j'ai compris mon ado. Donc, c'est encore ce petit... le fait d'oser. Mais bon, après, ça passe. OK, comment tu te parles, toi, maintenant, quand quelque chose ne se passe pas comme prévu ?
- Speaker #1
Ça arrive, c'est que ça doit arriver.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Et qu'il faut que je rebondisse dessus.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Donc que je me serve de ce qui s'est passé pour pouvoir ressortir du positif et une meilleure version du coup de moi ou de ce qui s'est passé.
- Speaker #0
OK. Comment aujourd'hui tu as réussi à avoir cette vision-là ? Grâce à quoi ?
- Speaker #1
C'est compliqué à répondre.
- Speaker #0
Est-ce que... Déjà, moi, dans ma méthode de coaching, à chaque fois que je te sortais un événement, je te disais toujours, c'est quoi le bénéfice ? C'est quoi les inconvéniences ? Donc déjà, du coup, tu penses que tu t'es rendu compte que rien n'arrive par hasard.
- Speaker #1
Oui, oui. En fait, c'est pour rebondir sur les choses et pour ressortir du positif parce que ça fait toujours une leçon de vie. qu'elle soit bonne ou mauvaise, c'est quelque chose que tu apprends et que tu vas pouvoir te servir plus tard. Et voilà.
- Speaker #0
Ok. Donc, du coup, à chaque fois que tu as un événement maintenant, agréable ou désagréable, parce que tout n'est pas fade et lisse, eh bien maintenant, tu arrives à voir l'autre côté. Tu arrives à switcher, comme j'aime bien dire, par rapport à mon dé. On voit... un événement, tu vois qu'une partie du dé et du coup, moi, j'arrive à te faire switcher pour dire, ok, regarde, c'est aussi cool de vivre ce truc pas bien et regarde, c'est aussi pas bien de vivre ce truc cool. Ça te permet de voir la vie comment, ça ?
- Speaker #1
Ben... Pour plus d'aspects parce que il y a du bien, mais il y a aussi du mauvais et le mauvais, il faut aussi le prendre en compte pour ne pas l'oublier. Et au contraire, quand il y a du mauvais, il faut aussi voir le bien. Et pas se renfermer sur le mauvais.
- Speaker #0
Oui, ok. Ça te permet d'avoir un champ beaucoup plus grand des possibilités ? Eva, maintenant, imagine que moi, je suis une copine à toi, une gymnaste, et tu me vois stressée à 9 sur 10, pas du tout confiance en moi, j'ose pas du tout faire les choses. Qu'est-ce que toi, Eva, pas une préparation mentale, toi, Eva, qu'est-ce que déjà tu viendrais me dire, comme conseil ?
- Speaker #1
On n'a qu'une vie, et si tu fais de la gère, c'est parce que t'aimes ça. Et je me suis aussi beaucoup dit pendant la saison, Ma idée comme conseil, c'est que si tu fais ce sport, c'est que tu l'aimes. Sauf que si tu ne fais pas ce sport, ta vie sera vide. Après, si ta vie sera vide, tu seras triste. Donc si tu fais ce sport, c'est que tu l'aimes. Donc il faut que tu sortes une positive. Quand tu es à ta compétition, c'est pourquoi tu fais ce sport, c'est pourquoi tu l'aimes. Donc que tu la rates ou que tu la gagnes, même si c'est un enjeu, ça fait partie de ton sport et c'est ce que tu aimes. finalement.
- Speaker #0
Trop bien. Génial. Et maintenant, imagine, je suis toujours ta copine à la GR et je stresse toujours autant et je pleure et j'ai la boule au ventre et j'ose pas faire les choses. Et là, qu'est-ce que tu aurais envie de me donner comme... Alors, pas comme conseil, mais tu vois, qu'est-ce que tu me dirais ou qu'est-ce que ta mère dirait à ma mère, tu vois ?
- Speaker #1
Ben, décide de parler à quelqu'un qui pourra t'aider. de trouver un accompagnement qui va t'aider toi et pas les autres. Il faut qu'ils soient personnalisés pour toi. Tu expliques, je vais essayer d'expliquer parce que ce n'est pas toujours facile, ce que tu penses et que tu ressens. Et là, tu recevras des vraies aides. Tu prends les bonnes personnes et c'est là que ça va changer.
- Speaker #0
Ok, super. Et toi, Eva, qu'est-ce que cet accompagnement avec moi t'a permis de comprendre sur toi que tu n'aurais jamais compris toute seule ? Ou peut-être pas compris toute seule, pardon.
- Speaker #1
Déjà, j'ai le droit de rater.
- Speaker #0
Oh, bien !
- Speaker #1
Mais quand je rate, c'est au pied. Il ne faut pas que je me bloque dessus. C'est normal de rater. On n'est pas des robots, on n'est pas parfaits. Donc, justement, quand on rate, on apprend de nos erreurs. comme quoi toujours des trucs qu'on retient et qu'on rebondit dessus donc c'est ça ton plus bel apprentissage de cette année que t'as le droit de rater trop bien merci Eva est-ce que t'aurais envie de nous dire un dernier petit mot si vous voulez apprendre des coachs mentaux faites-le même si ça parait un peu bizarre ces vidéos qui vont te faire déstresser je pense que pour devenir la meilleure version de soi-même. Parce que c'est en attendant et en pleurant que ça va marcher. Donc, au bout d'un moment, il faut agir. Et on en ressortira que du bien. Même si ça ne marche pas, on aura essayé. Et on aura la conscience d'avoir essayé, d'avoir changé. Et c'est déjà beaucoup plus drôle. Et voilà.
- Speaker #0
Trop bien, trop cool. Merci beaucoup Eva. A très bientôt. Si tu viens d'écouter l'histoire d'Eva, tu pourrais penser que c'est simplement l'histoire d'une gymnaste. Une jeune fille qui travaille énormément, qui s'entraîne dur, qui donne tout. Et qui pourtant le jour de la compétition, se retrouve submergée par le stress. Mais la vérité c'est que l'histoire d'Eva, je ne l'entends pas qu'une fois. Je l'entends toutes les semaines. Chez des gymnastes, chez des parents, chez des entraîneurs. Et c'est là qu'il faut peut-être se poser une vraie question. Quand on parle de performance dans le sport, on sait exactement ce qu'on regarde. On regarde la technique, le physique, le corporel, l'amplitude, la souplesse, la propreté des éléments. Et sur tout ça, soyons honnêtes, les entraîneurs sont formés. Depuis des années, on progresse, on se perfectionne. Mais il y a une dimension de la performance dont on parle encore beaucoup, trop peu. La capacité à se gérer intérieurement. Le stress, la pression, les émotions, la peur de décevoir, le regard des autres. Et ça, très franchement, personne ne nous l'apprend. Ni à l'école, ni dans la vie, ni dans le sport. Alors on fait comme on peut. On dit aux enfants, allez, continue ! Allez, Ausha ! Bon, ne stresse pas ! Bon, relâche un peu si t'es fatigué. Mais on ne leur apprend jamais comment faire. Et très vite, des étiquettes arrivent sur chaque enfant. Oui, elle, elle travaille quand elle veut. Elle se met à fond seulement la semaine de la compétition. Elle n'a vraiment pas l'esprit d'équipe. Oh, ses parents sont trop investis. Ses parents ne sont pas assez investis. Mais je vais le dire clairement, un enfant ne peut pas être responsable des émotions des adultes. Si tu m'écoutes aujourd'hui et que tu es parent, entraîneur, dirigeant, nous avons tous une responsabilité. La responsabilité d'apprendre à gérer nos propres émotions. Parce que l'enfant en face de nous n'est souvent que le miroir de ce qui se passe à l'intérieur de nous. Et aujourd'hui, je vais être honnête avec vous. Moi ? De mon côté, je suis fatiguée de voir qu'on fait sans cesse les mêmes erreurs ou les mêmes constats. On parle des mêmes problèmes, on analyse, on pose des diagnostics. Mais derrière, il y a quoi ? Il y a très peu d'action. Alors, moi, Leïla, à mon niveau, à mon échelle, c'est ça qui m'anime aujourd'hui. Faire bouger les choses par le bas. Parce que parfois, quand ça bouge assez fort en bas, ça finit par faire du bruit là-haut. Peut-être qu'on se trompera, mais après tout, se tromper fait partie du chemin vers la victoire. Aucune victoire ne se construit sans chute. Alors si toi aussi tu sens qu'il est temps de faire évoluer enfin les choses, j'ai décidé d'organiser une conférence gratuite le vendredi 20 mars à midi, spécialement pour les parents ou les personnes qui accompagnent des jeunes sportives. Dans cette conférence, on ne va pas refaire un énième état des lieux, c'est bon, on le connaît déjà. Mais je veux surtout vous partager des clés concrètes pour comprendre ce qui se passe réellement dans la tête des jeunes athlètes sous pression. Et comment, en tant qu'adultes, autour d'elles, on peut vraiment les aider ? Et pour celles et ceux qui voudront aller plus loin, je vous présenterai aussi SwitchedOz, l'accompagnement que j'ai créé pour aider les gymnastes à apprendre, enfin, à gérer leur mental en compétition. Parce qu'au fond, la vraie question n'est pas seulement la médaille. Une médaille dans 20 ans, ça sera dans un carton. Mais la confiance qu'un enfant construit à travers son sport, ça, elle peut le garder toute sa vie. En tout cas, si ce sujet te parle, je te mets le lien pour la conférence dans la description de l'épisode. Et on se retrouve ! très bientôt au bord des praticables. Merci d'avoir été là avec moi au bord des praticables. Si cet épisode t'a touché ou fait réfléchir, pense à t'abonner et à laisser un 5 étoiles sur ta plateforme préférée. C'est tout simple, mais ça m'aide énormément à faire grandir ce podcast. Et si tu connais un parent, un coach ou un athlète à qui ça pourrait faire du bien d'écouter cet épisode, alors partage-lui. On ne sait jamais quelles graines ça peut planter. Allez, à très vite ! Au bord de Praticab