- Speaker #0
Salut à toi et bienvenue dans Au-delà du mur. Avant de plonger dans l'épisode du jour, je veux prendre quelques secondes pour remercier la Joconde de Genève pour son message d'essai sur Apple Podcast. Elle a écrit « Merci Hugo de t'investir autant pour partager ton expérience. Et pour partager le travail qu'on ne voit pas dans les coulisses. La préparation des interviews, le montage et la com. Toujours un plaisir. Merci beaucoup pour ces mots, ça me touche énormément. » Et si toi aussi tu écoutes régulièrement le podcast, n'hésite pas à laisser une note 5 étoiles et un commentaire. C'est ce qui aide le plus le podcast à grandir et à toucher de nouveaux coureurs. Aujourd'hui, on va parler d'une course aussi fascinante que mystérieuse, la Chartreuse Terminorum. 300 km, 25 000 m de dénivelé, aucun GPS, aucun balisage... et seulement 40 participants sélectionnés sur lettres de motivation. Pour en parler, j'ai le plaisir de recevoir Simon Lencevelet, sociologue, coureur et auteur du livre La Quête, fruit de 4 années passées à observer et à vivre cette aventure de l'intérieur. Avec lui, on va parler de sens, de transformation, de communauté, mais aussi d'humour et d'humanité. Parce que derrière cette course extrême se cache avant tout Une aventure profondément humaine. Et toi ? Quelle est ta propre quête ? Allez c'est parti ! Bienvenue dans Au-delà du mur, le podcast pour tous les passionnés de course, qu'il s'agisse de bitume, de nature ou de piste. Que vous soyez débutant ou coureur à guérit, nous explorons ensemble la préparation physique et mentale, la nutrition et la santé, pour vous aider à atteindre vos objectifs. Si vous cherchez des conseils pratiques, Des témoignages inspirants et des discussions captivantes, vous êtes au bon endroit. Préparez-vous, votre voyage au-delà du mur commence ici. Eh bien mon cher Simon, bonsoir, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Bonsoir Hugo, je vais très bien et toi ?
- Speaker #0
Fantastique, merci beaucoup. Pour les personnes qui ne te connaissent pas, est-ce que tu pourrais nous en dire un peu plus sur toi et ton parcours ?
- Speaker #1
Oui. Tu l'as dit, moi je m'appelle Simon, j'ai 33 ans, je traille à l'université de Grenoble justement en tant que sociologue et j'ai réalisé des études sur la course à pied et le trail, plus particulièrement sur une épreuve qui s'appelle la Chartreuse Terrain en Rome, je pense qu'on aura bien l'occasion d'y revenir, mais juste pour la présenter rapidement, c'est ni plus ni moins que la Barclay à la française avec quelques ajustements et moi j'ai suivi pendant... quatre années les coureurs de cette Terminorum pour comprendre un peu comment ça se passait pour eux. Et récemment, j'ai écrit un livre qui a été publié, qui vient d'être publié au mois de mai dernier, qui relate un peu leur parcours, mais je pense qu'on aura le plaisir de venir aussi.
- Speaker #0
Effectivement, un livre que j'ai eu le plaisir de découvrir en préambule, en préparation de ce livre-là. J'avais peur de ne pas pouvoir me le procurer, et puis finalement, la magie d'Internet a opéré, et puis je l'ai reçu deux jours après l'avoir commandé. Donc, c'était parfait. Qu'est-ce qui t'a conduit dans cette interrogation au départ déjà ?
- Speaker #1
Alors déjà, je pense que ce qui m'a conduit à m'intéresser à cette course et ce qui conduit, je pense, tout le monde à s'intéresser à un sujet à un moment donné, c'est de la curiosité, tout simplement. On se dit, mais qu'est-ce qui se passe là ? On a envie d'en savoir plus et ça vaut pour cette course, mais ça vaut pour d'autres. Mais c'est vrai que la Terminorum, la particularité, je le dis rapidement, c'est une course qui est née alors. il n'y a pas si longtemps, qui est en 2017, qui est la traduction française de la Barclay, qui se déroule en Chartreuse, dans un territoire un peu particulier où il y a une présence de l'ordre de la Grande Chartreuse, un ordre monastique depuis très longtemps. Et cette course à la Terminorum, elle vient se greffer là-dedans, avec un univers à la fois du monastère et de la Barclay qui viennent se confronter. Donc ça, déjà, ça fait un choc un peu... un mélange un peu bizarre, finalement, un peu esthétique qu'on a envie de découvrir. Et surtout, moi, quand j'ai découvert cette course dès sa naissance, puisque j'habitais à l'époque à Saint-Pierre-de-Chartreuse, il se trouve que je me suis dit, autant la Barclay, on sait qu'elle est finissable. Il y a eu des précédentes, on a eu cette épreuve-là. Aujourd'hui, personne ne sait même pas si elle est finissable. Est-ce qu'on est sur le bon côté, finalement ? Est-ce qu'on n'est pas un petit peu du border, parfois ? Et j'ai eu envie de comprendre ça. et d'année en année. Il se trouve que les années passant, les éditions passant, il n'y a pas eu de personnes qui ont été capables d'aller au bout de cette épreuve qui fait 300 kilomètres et 25 000 mètres de dénivelé. Et donc là, la question, elle était encore plus forte et j'avais encore plus envie de m'y intéresser. Donc, j'ai décidé concrètement de passer plusieurs années à essayer de lever un peu le voile et les secrets de cette course.
- Speaker #0
C'est quoi ton historique sportif avec cette course ? Est-ce que tu y as déjà participé ? Est-ce que tu comptes y participer ? Est-ce que tu es un ultra-trailer à la base ou pas forcément ?
- Speaker #1
Alors moi, j'ai toujours été plus ou moins sportif. J'ai fait de la course à pied depuis l'école élémentaire, on va dire, quand j'avais 10 ans. J'avais fait un peu de la piste, du cross, des courses assez classiques. Et progressivement, je suis venu sur des épreuves un peu plus longues. Mon père faisait des marathons, donc j'ai toujours un peu baigné dans une distance. Et avec la mode du trail, et le fait d'avoir aussi eu la chance de travailler en chartreuse pour l'entreprise Red Light, qui est un équipement de chez Trail, j'ai eu l'occasion de mettre le pied à l'étrier dans le trail. Mais pour autant, je n'avais pas forcément fait d'ultra. quand je me suis lancé dans la Terminorum et dans l'idée de comprendre ce qu'était la Terminorum, c'est vraiment venu en allant parce que la Terminorum, c'est une course qui est particulière où il y a plein de règles qui sont finalement secrètes. Le parcours est découvert la veille seulement pour les initiés, 40 coureurs qui vont se sélectionner sur dossier. Il y a des livres à trouver qui aussi sont secrets, il y a plein de règles. Et finalement, quand moi, j'ai commencé un peu à me poser des questions, à poser des questions aux coureurs de la Terminorum, j'ai été assez vite confronté, on va dire, Merci. Un mur, parfois, un silence, et qui me disait, mais si tu veux savoir, finalement, viens dans la communauté et fais partie de cette communauté. Donc, j'ai fait de l'ultra pour entrer dans cette communauté, pour un jour participer, espérer participer, être parmi les 40 sélectionnés. Ce qui a été le cas. J'ai pris part deux fois au départ, en 2022 et en 2023. Mais ça a été un peu aussi un parcours du combattant, parce que finalement, les places sont chères, et il faut mériter sa place, pas parce qu'on dit qu'on a envie de... de travailler sur les preuves et que ça nous passionne, que c'est suffisant, il faut montrer un peu davantage, on va dire, pour espérer être au départ.
- Speaker #0
Tu as parlé, tu as donné quelques éléments concernant la Chartreuse Terminorum, donc les 300 kilomètres, les 25 000 mètres de dénivelé, quelques éléments qui nous rappellent justement cette fameuse Barclay inventée par Laz dans les États-Unis. C'est quoi un peu les autres codes, les marqueurs ? qu'on peut retrouver dans cette fameuse chartreuse terminorum.
- Speaker #1
Les marqueurs communs avec les Etats-Unis ?
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Bon déjà on a un état d'esprit je pense que c'est la première chose à dire parce que sur cette course et c'est la même chose aux Etats-Unis parce qu'on a des coureurs qui ont participé aux deux il y a un esprit de communauté qui est très fort on a que 40 coureurs sélectionnés chaque année, ce qui sous-entend que l'organisateur connaît tous les coureurs et les coureurs aussi connaissent tous les organisateurs résonateur et se connaissent aussi tous entre eux. Donc, il y a vraiment un esprit de confrérie, je dirais, qui existe et qui permet aussi d'aller le plus loin possible. Parce que certains viennent avec un objectif de finir la course, d'aller au bout d'eux-mêmes, mais tous, on participe quand même à une édition et le but, c'est que quelqu'un ait le plus loin possible dans cette édition. Donc, il y a vraiment un peu, c'est pour ça aussi, l'idée d'une quête, d'où le titre du livre. C'est presque une quête chevaleresque. On parle souvent du Graal, etc. Il ne faut pas oublier qu'autour de la table ronde, il y a plusieurs chevaliers et que chacun a des capacités qui m'offrent profit justement de ce graal. Ensuite, je dirais plus classiquement, c'est une course de navigation. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, sur la plupart des épreuves entre elles, il y a du balisage, on connaît le parcours, on peut même le reconnaître parfois, ce qui est le cas des plus grandes courses. Sur la Terminorum, comme sur la Barclay, c'est une course où les coureurs doivent s'orienter à la carte, donc une carte. en France, IGN, et suivre un itinéraire pour justement réussir à faire une boucle. Et pour être certain qu'il soit passé au bon endroit, il y a des livres qui sont disséminés à plusieurs endroits de ce parcours et desquels les coureurs doivent arracher des pages qui correspondent à leur numéro de dossard. Donc ces livres, souvent, c'est entre on va dire autour d'une quinzaine de livres par année, ça peut évoluer. Mais là aussi, l'emplacement des livres, comme le parcours, parcours évolue chaque année. Ensuite, ce qu'on peut aussi noter, c'est que ces courses-là, il y a une part d'imprévisibilité et de surprise qui est très grande. C'est ce qui fait que c'est intéressant aussi. On l'a dit avec le parcours qui évolue, le fait d'être sélectionné, ça change quand même beaucoup la donne. Et jusqu'au départ, le départ est dévoilé une heure auparavant en concurrent. Donc, aux États-Unis, l'ASE, traditionnellement soufflée dans une conque. En Chartreuse, le Triumvirat, qui est le nom de l'organisation souffle dans... un corps de chasse et donc les concurrents savent qu'une heure après ils vont prendre le départ et donc ça voilà on retrouve des on va dire des grandes lignes mais bien sûr en chartreuse du fait de l'histoire comme je l'évoquais tout à l'heure et des particularités du massif puisque dans le Tennessee on est sur des boss finalement assez basse en altitude et sur une forêt qui est aussi différente en chartreuse au contraire on est sur des sommets plus hauts donc il y a des réadaptations qui ont été faites, des traductions si je puis dire qui ont été opérées par l'organisation et qui fait que cette course aujourd'hui même si c'est la petite soeur de la Barclay elle a sa propre identité une identité qui est très forte encore une fois
- Speaker #0
Là on a parlé des similarités avec la Barclay mais il y a quand même alors vu de l'extérieur en tout cas pour moi il y a quand même des grosses différences, ne serait-ce qu'au niveau de la distance, du dénivelé. La Barclay, elle a peut-être été réalisée pour ne pas être terminée, ou alors que par un certain pourcentage. Mais la Chartreuse, on a l'impression qu'elle a été créée pour que personne ne puisse la terminer.
- Speaker #1
Alors, si l'idée était de créer une course que personne ne peut terminer, en Chartreuse, on a 300 kilomètres en 80 heures sur 5 tours. L'idée, si moi je veux créer une course que personne ne termine, je dis de faire... 400-500 km sur 80 heures donc là l'idée c'est quand même c'est pas de faire une course impossible c'est de faire une course qui finalement est possible mais à certaines conditions qui sont des conditions liées à l'athlète mais aussi des conditions qui vont être liées je dirais à l'environnement, faire que les planètes finalement soient alignées l'idée c'est pas, parfois moi quand je parle de ces courses on me dit mais c'est n'importe quoi c'est de la surenchère toujours plus c'est pas ça forcément l'idée c'est d'avoir une course où finalement finir ça Merci. ça revêt un sens particulier et qu'il y ait une progression pour finir finalement, que ça ne soit pas juste sur commande. Ça, c'est aussi l'histoire de la course. Après, c'est vrai que les deux épreuves, elles diffèrent. Tu l'as très bien dit, la terminorome est beaucoup plus longue en kilomètres et en durée, en dénivelé aussi, ce qui suppose des qualités aussi différentes parce que d'entrée de jeu, on a une nuit blanche, une privation de sommeil supérieure avec une nuit de sommeil Merci. en moins, vu que l'épreuve est beaucoup plus longue, 80 heures par rapport à 60. Donc tout ça, ça demande aussi d'un entraînement qui diffère. Et après, sur la technicité du terrain, pour avoir échangé avec beaucoup de coureurs, comme Maxime Gaudien, qui a participé aux deux épreuves, la technicité varie aussi un petit peu. Aux Etats-Unis, classiquement, les éditions sont souvent dites un petit peu plus techniques, même si lors de la dernière Terminorum, le Triumvirat a... à corser l'affaire en mettant un parcours qui, d'après Sébastien Echon, était assez technique et dans l'esprit Barclay.
- Speaker #0
Quand on lit ton livre La Quête, on a vraiment l'impression, en tout cas dans les premiers chapitres, que les créateurs de cette chartreuse se sont vraiment creusé les méninges pour essayer de faire en sorte que ces courses, quand bien même elles soient récentes, on a l'impression que c'est une course qui raconte une histoire qui s'est déroulée il y a des centaines d'années, c'est pour reprendre le côté chevaleresque dont tu parlais avant. Donc, c'est vraiment important pour toi d'avoir une histoire qui se raconte aussi bien que ça pour faire que les personnes, elles arrivent à mordre à l'hameçon et puis à s'inscrire à cette course.
- Speaker #1
Ce qui est sûr, c'est que c'est... La Terminorum, pour moi, c'est un jeu, c'est une pièce de théâtre où il y a plein d'ingrédients et il y a forcément, qui dit pièce de théâtre, dit une certaine scénographie. Et il se trouve que... qu'en Chartreuse, les ingrédients étaient déjà assez bien présents, avec ce monastère, cette forêt qui est assez mystique. Il ne faut pas oublier que les moines se sont retirés à l'époque pour se couper un peu de ce qu'ils appelaient l'éphémère du monde, un petit peu, justement, pour revenir aux sources, une vie de contemplation, de prière. Donc, ça a du sens aussi par rapport, nous, à notre monde, où finalement, on court toujours après le temps. Parfois, on a l'impression on a une perte de sens avec des burn-out, etc. Il y a une histoire. Et bien sûr, ça participe aussi. Cette scénographie rend la course encore plus intéressante et plus intrigante. C'est vrai que dans les membres du Triumvirat, Nicolas notamment a travaillé en lien avec le monastère et de la Grande Chartreuse. Donc, ils connaissent aussi très bien l'histoire locale. Ils savent, je ne vais pas la sublimer, mais ce... s'appuyer sur elle et parfois en jouer aussi. Dans cette course, il y a aussi beaucoup d'humour. C'est quelque chose qu'on ne perçoit pas forcément de l'extérieur parce qu'on a l'impression que c'est quelqu'un de sadique presque, etc. Et le triumvirant pourrait penser à la même chose, mais au contraire, il y a beaucoup d'humour et ça, ça participe encore à une certaine dérision. Et quand l'humour fonctionne, on s'amuse tout simplement. Et donc, c'est ce qui fait encore une fois que c'est un grand jeu. à grandeur nature.
- Speaker #0
Une des différences entre la chartreuse et la Barclay, c'est effectivement le fait que le Triumvirate soit composé de plusieurs personnes et la Barclay a émergé peut-être de l'esprit d'une seule personne. Est-ce que tu penses que c'est quelque chose qui fait peut-être la particularité, qui permet justement d'avoir un récit encore plus complet ? que la Barclay qui finalement est tirée d'un récit que tout le monde connaît de l'évasion qui a duré une soixantaine d'heures avec uniquement quelques mètres parcourus.
- Speaker #1
Je pense qu'il y a la personnalité de l'Asie-États-Unis qui est très forte aussi, en plus de ce qui cristallise un petit peu aussi le mythe de la Barclay, parce qu'on connaît plus l'Asie que parfois l'histoire derrière de la prison, en tout cas pour le grand public. Il y a quand même des gens qui vont travailler avec l'ASE. Quand on lit un peu certains bouquins spécialisés sur la Barclay, on se rend compte qu'encore aujourd'hui, l'ASE n'est pas tout seul. Il y a même une passation de flambeaux, je dirais. En tout cas, c'est la personnalité qui est mise en avant, qui est la plus médiatique. Sur la Terminorum, le Triumvirat, on ne l'a pas forcément dit, mais c'est quatre personnes qui travaillent à l'organisation de cette course. On a Benoît Laval qui va être un peu la figure un peu plus mise en avant médiatique du fait de son aura d'athlète et de son activité aussi d'entrepreneur dans le trail. Mais voilà, c'est un quatuor qui se complète bien au chacun des missions, ce qui permet à certains de plus creuser le côté, tiens, comment on va mettre en récit la course avec le roadbook, sur quelle partie du parcours on va aller chacun, on va dire un petit peu ses points forts. compétences et ce qui permet d'avoir une course qui finalement en très peu de temps est arrivée vite à maturité aussi
- Speaker #0
Si on revient sur l'écriture de ton livre au début de la discussion tu parlais du fait que tu as commencé à interroger les coureurs et puis apparemment si tu voulais avoir des réponses à tes questions ils t'ont fait comprendre que tu n'avais qu'à y entrer et quand tu y es entré tu as fait progressivement la connaissance de certaines personnes d'ailleurs on on peut suivre ses récits dans le livre. Et on se rend compte que dans le bouquin, les personnages que tu décris, ce n'est pas des allumés de la technologie ou des mecs qui veulent absolument se faire mal. C'est des gens qui, finalement, pourraient être des gens comme toi et moi.
- Speaker #1
C'est des gens qu'on pourrait croiser dans la rue sans se supposer une seule seconde qu'ils sont capables ou qu'ils ambitionnent, en tout cas, de... de s'inscrire à ce genre de cours. C'est vrai, ce n'est pas écrit sur leur front. La plupart, certains ne courent même pas avec des mondes connectés, en tout cas pas avec les vêtements ou les produits dernier cri, ça c'est une certitude. Et c'est des personnes qui finalement, à l'exception peut-être de Sébastien Réchon, qui avait déjà gagné le Thor et des grandes courses aussi, des courses en raide-aventure, finalement la plupart sont, sans leur manquer de respect, et de le dire eux-mêmes. de très bons coureurs amateurs mais encore anonymes en fait et très peu ont réussi à gagner des courses ailleurs ou finalement à se mettre en avant ailleurs ou alors sur des formats qui sont encore aujourd'hui plutôt à la marge et moins médiatisés comme une Transpyrénéa ou ce genre de choses, mais si on regarde un peu les coureurs même des athlètes que j'ai eu l'occasion de suivre qui n'avaient pas forcément fait d'ultra ou fait leur preuve sur l'ultra mais qui avaient juste finalement pour cette course un intérêt, une curiosité, ce dont je parlais tout à l'heure qui a fait qu'à un moment donné, ils se sont dit mais cette course-là, moi, je suis obligé d'y aller parce qu'elle me fait vibrer tout simplement. Et c'est ce qu'il fait aussi, le fait que cette course va faire vibrer ses coureurs, va faire qu'ils sont capables, à un moment donné, d'avoir le petit truc en plus, je dirais, pour se surpasser et puis revenir chaque année jusqu'à ce que ils aient atteint un peu ce qu'ils étaient venus chercher ou voir quelque chose de complètement différent, mais qui les a transformés parfois.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a un... marqueur entre toutes les personnes, un dénominateur commun entre toutes les personnes que tu as pu côtoyer dans ce monde-là, où finalement, c'est chacun, en fonction de son parcours, à un moment donné, il va être appelé justement, ou ça va résonner chez lui, le fait de participer à cette course ?
- Speaker #1
Oui, je pense que tu as raison de poser cette question, c'est une assez bonne question, et on me l'a déjà posée il n'y a pas si longtemps, quand je fais des dédicaces pour le bouquin. La première chose, et ça peut paraître... complètement bateau de dire ça, mais pour autant, c'est la première raison à mesure, c'est que c'est des gens qui aiment plus que tout cette course pour ce qu'elle est, c'est-à-dire pour l'esprit de convivialité, être avec les 40, avoir l'impression d'être au camp de vacances avec des gens qui sont comme vous, qui partagent la même passion, et c'est des gens qui sont... profondément amoureux, je pense, du massif de la Chartreuse, qui l'aime pour son histoire, pour son symbole et aussi pour gérer l'atmosphère qui y règne. Et c'est ce qui fait que chaque année, ils ont envie d'aller un petit peu plus loin. Après, c'est sûr qu'il y a des parcours très différents. Chacun ne va pas raisonner avec la même chose. Il y en a qui vont raisonner par le collectif. Il y en a qui vont raisonner par l'histoire, se dire « tiens, je marche dans les pas de Saint-Bruno » par exemple. Ou d'autres qui vont dire « moi, je vais raisonner parce que je vais être… » Aujourd'hui, je suis dans une zone où je ne suis jamais allé. Je n'ai jamais fait 200 kilomètres en course. Ça ne m'est jamais arrivé. La navigation, je n'ai jamais fait. Ça, ça donne aussi. C'est un challenge de se dire que finalement, de découvrir quelque chose de nouveau, ça permet aussi de découvrir des choses sur soi. Donc ça, c'est des choses qui peuvent varier d'un individu à l'autre. Mais globalement, ce qui les rassemble, c'est cet amour pour la course et l'envie d'être surpris, en fait, de se dire qu'on a fait plein de plans. tout imaginer et on sait que ce jour-là, ça ne se passera pas comme dans notre imagination et c'est ce réel-là qui vient de rechercher, je dirais, cette connexion à une course qui, finalement, sort de l'ordinaire et de toutes les autres courses qu'on peut connaître.
- Speaker #0
Et ça, c'est pour autant qu'il soit sélectionné parce que, justement, comme la barre clé, c'est sur candidature, donc on peut être attiré par une course, on peut être motivé. il faut écrire une lettre de motivation et on commence à s'entraîner. Donc, en s'entraînant, en sachant qu'on ne va pas forcément être pris pour participer cette année, l'année prochaine, il y a quand même un certain nombre d'inconnus avec lesquels il faut gérer dans le cadre de sa préparation, quand bien même on est en train d'écrire une lettre, on commence à s'entraîner. Donc, comment est-ce que tu as ressenti ça chez les personnes peut-être que tu as côtoyées quand tu écrivais ton livre, quand elles t'ont raconté ?
- Speaker #1
leur passif en leur disant peut-être que ça faisait 5 ans qu'elle s'inscrivait et que c'est la première fois qu'ils participent globalement les personnes que j'ai rencontrées finalement ont été assez vite sélectionnées je pense par exemple à Nicolas Marou c'est peut-être l'un des cas où ça a été le plus long il a eu 2-3 tentatives avant d'être sélectionné ce qui n'a pas empêché après d'avoir un parcours formidable Mais sinon, la plupart souvent, c'est ça, c'est la faire d'une ou deux tentatives. Peut-être qu'après, dans le futur, il y aura de plus en plus de personnes qui vont candidater, la sélection sera plus dure, et je pense que ça l'est déjà plus dure qu'elle l'était il y a quelques temps. Mais globalement, il n'y a pas des personnes qui mettent cinq ans avant d'être sélectionnées, ou alors c'est parce qu'elles n'ont pas forcément saisi ce que le Triumvirat attendait justement, c'est l'aide de motivation qui n'est pas... qui n'est pas juste un CV où on montre ses muscles et dire je suis le plus fort et je vais tout casser ça finalement c'est pas ce qui importe au Triumvirat, ce qui lui importe c'est de se dire cette course là le coureur va se donner à fond si on a un coureur qui dit je viens sur la Terminoram parce que j'ai envie de préparer la fin de l'été je sais pas je dirais genre 2-3 l'échappée belle ou l'UTMB ou le Thor et c'est pas forcément les bons arguments parce que finalement l'organisateur va se dire mais peut-être à un moment donné s'il doit aller un peu plus loin et presque à se faire mal entre guillemets il va peut-être penser à la course d'après pas à l'instant présent donc on veut des gens j'ai honte mais le tramvire veut des gens parce qu'ils m'ont déjà dit qu'ils ont en eux-mêmes la capacité justement de se donner à fond dans l'instant et de se donner à fond pour cette course après ça c'est un petit peu ce qu'on peut dire Et globalement, les cohorts que j'ai rencontrés souvent se sont mis à s'entraîner une fois qu'ils avaient reçu la lettre d'acceptation. La candidature, ça fait un boost. On est dans une période où c'est toujours cool de s'entraîner. De toute façon, c'est toujours cool de s'entraîner tout le temps pour eux. Mais l'acceptation, c'est vraiment la période où là, d'un coup, ça s'intensifie. On commence à lire des projections par semaine, par mois, en kilomètres, en dénivelé. Et on voit aussi les cohorts se rapprocher pour faire des sorties communes. Ça, c'est une période quand même... assez particulière pour ça.
- Speaker #0
Tu parlais des critères de sélection qui deviennent très certainement de plus en plus exigeants. La médiatisation, effectivement, fait qu'il y a peut-être plus de monde qui s'intéresse à la course. On parle de combien de candidats par année est-ce que tu as ces chiffres-là pour 40 prix ?
- Speaker #1
Les chiffres, récemment, je ne les ai pas eus. Je sais qu'il y a quelques années, on était entre 100 et 200. Globalement, je n'ai pas renseigné ces derniers temps, mais je sais que sur les listes d'attente, on a parfois une centaine de cours. Il y a quand même une demande. Après, c'est une course qui reste aussi récente, qui est confidentielle. Beaucoup ne la connaissent pas aussi. C'est une course en construction. On n'est pas encore comme sur la Barclay où finalement... Si sur la Terre énorme, on pourrait faire faire plusieurs Terminorum vu le nombre de candidats, mais sur la Barclay, c'est encore différent et le processus de sélection est un peu plus complexe qu'il l'est pour la Terre énorme à l'heure actuelle.
- Speaker #0
Sur les profils, les différents profils que tu as suivis pour la rédaction de ton livre, est-ce qu'il y en a un ou plusieurs qui t'ont frappé plus particulièrement que les autres ?
- Speaker #1
Moi, je dirais que quand tu passes quand même 4 ans avec des coureurs, tu les vois progresser, tu as un peu un rapport. Je peux dire que je vois ça comme mes enfants qui grandissent, c'est pas ça l'idée, mais en tout cas, je n'arriverai pas à en mettre un devant les autres. C'est des choses qui sont assez difficiles, parce que finalement, toutes et tous, je les ai vus, comme je l'ai dit, passer par des cheminement, arriver parfois dans des zones de doute, des moments où ils ne sont pas bien, et en même temps, des moments où... Parfois, j'ai eu des frissons pour des situations qui, de l'extérieur, pourraient être assez anodines. Après, souvent, j'ai quand même suivi des individus qui s'étaient donnés à fond pour cette course, certains encore plus que d'autres. Un coureur qui s'est donné vraiment énormément les moindres réussies, je pense que c'est Mickaël, un des personnages du livre que j'ai suivi, qui est donc un vrai coureur. Mickaël Abbas c'est quelqu'un qui n'aime pas courir tout simplement, il le dit assez facilement il a couru parce qu'il était militaire, il était obligé de courir mais il n'avait pas la passion de la course, il était putain de nageur et en sortant de l'armée il a toujours dit qu'il arrêterait de courir sauf qu'un jour il rencontre quelqu'un en train de faire du trail en chartreuse justement et il se dit tiens mais si quelqu'un arrive à courir là où moi je fais que de la randonnée il y a quand même quelque chose, ça l'intrigue il se met à trottiner en descente et puis il se dit finalement... Je ne le dis pas avec cette voix-là, bien sûr, mais ça lui plaît quand même. Et donc, de fil en aiguille, il se retrouve à faire des courses un peu plus longues. Et un jour, il découvre cette terminorome alors qu'il revient du Tennessee, on va dire en avion. Et là, il se dit, mais il y a quelque chose, il faut que je m'y inscrive. Il arrive à participer à cette course. Et lorsqu'il a appris sa première participation, il se dit, mais ça, c'est la course de ma vie. C'est presque l'objectif de ma vie à ce moment-là. Et il décide de s'y consacrer à fond, c'est-à-dire qu'il plaque tout, pour ainsi dire, quasiment, il change de métier, il va vivre en camping-car. Et donc là, Mickaël, c'est sûr qu'on a la chance de pouvoir suivre un athlète comme ça. Forcément, on vit avec lui des moments énormes, je dirais, où on le voit passer par tous les états, mais en tout cas, il a un cheminement, et ce cheminement-là, il est personnel, bien sûr. parce que Mickaël dit toujours qu'il cherche sa propre authenticité, c'est quelque chose qui revient souvent, ce n'est pas juste une course pour lui, il y a quelque chose presque de métaphysique derrière cet accomplissement-là, et forcément quand on est aux premières loges, et qu'on a la chance aussi de le suivre en courant parfois comme son nombre, alors que ce n'est pas tous les jours, parce que du fait de vivre en camping-car, on ne peut pas se déplacer tout le temps avec lui, mais en tout cas c'est sûr qu'il y a des moments de vie très riches, mais de la même façon, J'ai eu l'occasion de suivre Jean-David, qui est un coureur qui habite plutôt du côté de Aix-en-Provence, dans le sud plutôt, qui a participé à Terminorum et m'a donné à vivre des émotions assez fortes dans des scènes d'abandon, par exemple, ou dans des petits textes qu'il pouvait écrire, alors pas forcément ses lettres ou ses candidatures de ses essais, mais en tout cas, voilà, tout ça, c'est des personnalités qui, moi, m'ont vraiment marqué parce que c'est des gens, comme tu l'as dit, qu'on croiserait dans la rue, on ne se douterait pas. mais qui ont une richesse, une humilité aussi, parce que justement, jamais ils ne vont se mettre en avant plus que ça. Et ils sont vraiment pour ça hyper inspirants, parce qu'ils arrivent à concilier une vie de famille, un travail, avec un objectif sportif qui n'est non pas impossible, mais très difficile à réaliser. Et ça, je pense que ça parle même à ceux qui ne courraient pas.
- Speaker #0
Tu as parlé de parcours de profils totalement différents. D'après toi, Après autant de temps passé à côtoyer les personnes qui cherchent à terminer cette course, qu'est-ce qu'il faudrait pour être un finisher ? Alors tu as parlé d'un alignement de planètes, mais ça c'est une partie des choses, alors bien sûr il y a toujours un facteur chance, mais qu'est-ce qu'il faudrait vu de l'extérieur après 4 ans tu dirais ? Alors, sur ça, j'ai un peu de chance parce que j'ai réécouté aujourd'hui des audios pour un boulot parallèle de plusieurs finisseurs et aussi de l'organisation. Et donc, j'ai des éléments assez qui viennent de première main, on va dire. Et ce que disait Nicolas du Triumvira, donc Nicolas, c'est un organisateur, il disait qu'il prenait l'exemple de Mickaël et que finalement, à un moment donné... Pour réussir à aller loin dans un terminorum, pas forcément finir, mais peut-être pas forcément finir tout de suite, il fallait peut-être déjà venir en chartreuse pour s'imprégner un petit peu de toute la complexité, de l'atmosphère, de l'épreuve qui est assez particulière. Et comme Mickaël l'a fait aussi, passer beaucoup de temps. Mickaël l'a fait, d'autres l'ont fait. Je pense à d'autres personnages qui se sont évoqués dans le livre, à Benoît Bachelet notamment, à Éric André, à Eliès McClough, Aurélien Sanchez qui a couru la barque. elle est venue aussi en chartreuse puisqu'elle a participé plusieurs fois. Ils tous ont investi le terrain, ont passé des jours, des nuits, et ont essayé de le comprendre en fait, et de voir ses particularités. On a essayé de faire des boucles, de deviner des boucles, on fait des projections, et donc ça c'est une grande force en fait, et c'est quelque chose qu'il faut entretenir pour essayer d'aller le plus loin possible. Donc forcément ça demande de passer du temps, et il faut accepter que la Terminorum, ce n'est pas un projet en one shot. Ce qui fait aussi que sa beauté, c'est que c'est quelque chose qui se construit sur un an, deux ans, peut-être trois, voire plus. Certains ont mis même plus que trois, quatre ans pour y arriver, cinq ans. Ça, c'est quelque chose qui est quand même assez important. Après, forcément, ça demande peut-être quelques sacrifices aussi sur une certaine rigueur de vie à avoir au quotidien. Si je prends l'exemple des finisseurs que j'ai pu rencontrer, que ce soit par exemple Michael ou Benoît Bachelet. c'est des personnes qui s'entraînaient quasiment tous les jours, alors pas forcément des centaines de kilomètres par semaine, mais tous les jours un petit circuit training, et ça devient une routine aussi. Et finalement, ce qui peut aider, c'est de se dire que cette course, moi je me sens que Mickaël avait dit qu'il la finirait même si c'était hors délai. Et à un moment donné, il a passé, il a fait sauter presque un verrou mental, et gérer cette barrière psychologique, c'est peut-être la plus dure. sur ça il y a un travail qui doit être effectué aussi soit avec un préparateur ou de la lecture un travail en tout cas qui peut exister donc ça c'est différentes réponses, après si j'avais une réponse parfaite j'aurais moi-même fini l'épreuve j'ai participé deux fois, ça ne m'est jamais arrivé et je pense que ce qui est commun quand même à tous ces finisseurs c'est que si on regarde leur programme d'entraînement, si toi tu le suis si les auditrices et les auditeurs le suivent Merci. on n'arrivera pas à finir parce que c'était le leur. C'était un programme qu'ils avaient construit par rapport à leur force, leurs habitudes. Et ils avaient une expérience de leur propre corps qui était assez impressionnante. Donc ça, c'est quand même quelque chose aussi à retenir. C'est de s'écouter et de garder la bonne oreille pour ne pas non plus tomber parfois dans devenir sourd ou à l'inverse, être trop dans l'attention, porter sur des petits détails. Donc c'est un savant mélange, mais sur ça, c'est assez personnel quand même.
- Speaker #1
Tu as parlé de finisseurs. Une grande part ne termine pas. Comment est-ce que tu as ressenti ou que t'ont raconté les personnes qui ne sont pas allées au bout sur qu'est-ce que ça leur a apporté ? Parce que j'imagine qu'il y en a d'autres qui se sont dit, finalement, ce n'est pas fait pour moi. Il y en a peut-être qui se sont dit, justement, tant que je n'aurai pas réussi à la terminer, je vais m'y inscrire. Mais qu'est-ce qui a changé chez les... les participantes et les participants qui n'ont pas pu aller au bout ?
- Speaker #0
Déjà, ils ont pu passer le seuil de la Terminorum, c'est-à-dire qu'avant, c'était un monde presque inconnu, ils sont revenus, ils deviennent des vétérans, finalement, ils ont vu d'un peu plus près, ils arrivent à se figurer les difficultés, à se figurer ce qu'est la Terminorum, et donc ça, c'est déjà, je dirais, quelque chose de formidable, parce qu'on voit le terrain, on se dit, ouais, ok, là, on est sûr. quelque chose d'assez différent, on voit la communauté. Donc ça, on sort forcément, je peux dire toujours transformé, mais il y a quelque chose qui s'est passé. Finalement, on revient toujours avec plus que lorsqu'on arrive. Après, ces coureurs, si je vais en prendre peut-être deux, trois exemples, j'ai suivi une athlète qui s'appelle Céline qui n'avait pas l'ambition d'aller au bout. Son objectif, Céline, c'était de faire un tour. Elle n'a pas forcément une expérience de l'ultra aussi confirmée que les coureurs que j'ai cités précédemment. Elle, Céline, elle a eu la chance d'être sélectionnée, elle s'est donné les moyens, elle a fait une lettre, ce n'est pas qu'une question de chance, c'est une déformation quand je dis ça. Elle s'est donné les moyens, elle s'est entraînée. Elle est venue une première fois, elle a essayé de faire ses preuves, mais elle a été confrontée à l'échec. Et pour autant, en fait, ça lui a donné une certaine confiance en elle parce qu'elle s'est rendue compte que, tiens, par exemple, la navigation, elle pensait redouter. Et forcément, cette navigation, elle avait des aptitudes, en fait. La navigation, donc, elle a appris des choses aussi. Elle a rencontré des autres individus qui, parfois, sur le papier, étaient plus forts qu'elle. Et dans le jour J, en fait, non, elle n'était pas... ce n'était pas la plus mauvaise. Donc ça, c'est quand même quelque chose d'assez formidable. Et donc ça lui a permis de vouloir revenir à cette Terre in Rome et de construire un parcours et surtout de devenir un membre à part entière de la communauté. Moi, souvent, j'aime bien voir la Terre in Rome comme le livre s'appelle La Quête. Souvent, quand on parle de quête, on se pense à conquête, conquête spatiale aussi. Moi, j'aime bien voir ça comme une fusée et se dire, OK, une fusée, on sait qu'à la fin, c'est juste un... tout petit bout de la fusée qui arrive sur l'astre, la lune, c'est tout petit. Et pour autant, il y a plein d'éléments qui ont été décrochés auparavant, et tous ces éléments, ils ont participé quand même à aller sur la lune. Et en fait, c'est un peu ce côté-là avec la Terran, ça revient à l'idée du début, mais ça, c'est de participer à une quête collective, et ce n'est pas tous les jours qu'on a l'occasion de faire ça. Mais pour certains, pour d'autres coureurs, je pense par exemple à Elias McClough, qui a participé aussi à la... à la Barclay cette année, à Aurélien ou à Maxime Gaudien, la Terminorum, elle leur a permis de se rapprocher un peu de ce rêve de la Barclay en faisant aussi leur preuve. Donc c'est une épreuve finalement où chacun va y projeter ce qu'il a envie et ce qui l'anime en fait, tout simplement.
- Speaker #1
Et toi, après avoir passé autant de temps à côtoyer ces personnes, et j'imagine que tu es resté en contact quand même avec un certain nombre, Tu ne peux pas abandonner ça du jour au lendemain. Ça fait partie de toi. Ça fait plusieurs années que ça fait partie de toi. Qu'est-ce que tu ressors de cette expérience et de ce livre ?
- Speaker #0
Je pense que ce que je ressors, c'est justement le livre. Parce que quand on passe autant de temps avec des personnes, quand on vit des émotions, forcément, pour moi, c'est un livre d'aventure. Parce que toutes ces personnes ont vécu des aventures. des aventures, on va dire, plus ou moins extraordinaires. Et ça, forcément, ça transforme quand on voit un coureur qui est en larmes parfois parce qu'il a atteint son objectif, quand on voit ses proches aussi, forcément, on vit des émotions et on est transformé. Moi, c'est quelque chose qui m'a vraiment... qui, encore aujourd'hui, me laisse presque sans mots. C'est vrai que c'est assez dur de dire ce qui a changé pour moi. Ça permet aussi de prendre un certain recul sur le trail d'une manière générale parce que là, on est sur une course qui est confidentielle avec des valeurs que j'ai parlé de communauté. Je ne l'ai pas dit tout à l'heure, mais pour participer, ça ne coûte que 3 euros aussi. Donc, des valeurs non marchandes, il faut le dire clairement, où on a la notion de navigation, presque un trail des origines. Ça permet aussi de faire un pas de côté parfois et de se dire, voilà, on nous dit que c'est de l'aventure, on nous dit que finalement, on est sur de, je ne sais pas, le... sur le respect de l'environnement, ce genre de choses, ça permet quand même d'avoir... Moi, j'ai un discours un peu plus critique que je l'avais quand j'étais juste coureur il y a 10-15 ans, parce que finalement, ça m'a permis d'évoluer aussi dans ma propre réflexion. Et forcément, en tant que sociologue, c'est ce qui, moi, me plaisait le plus dans cette épreuve, parce que c'est une épreuve qui est marginale. Et forcément, quand on parle d'une épreuve marginale ou radicale, ça dit beaucoup, comme un miroir inversé, en fait, de ce qui est... l'autre côté du miroir, finalement, le trait est un petit peu plus mainstream. Mais pour autant, je ne suis pas aujourd'hui à ranger ça, c'est pas forcément pour les opposer, mais c'est pour essayer de comprendre comment ces deux mondes peuvent aussi coexister et comment on peut passer d'un monde à un autre, parce que les coureurs, aujourd'hui, il n'y a pas des spécialistes de la Terminorum ou de la Barclay ou des Backyard et ça commence à exister, mais en tout cas, c'est des individus qui naviguent aussi d'un univers à un autre, donc ça, c'est quelque chose qui est aussi intéressant à suivre.
- Speaker #1
Et comment tu vois maintenant cette chartreuse Terminorum après avoir sorti ce livre ?
- Speaker #0
Je la vois évoluer, je la vois changer aussi, grandir. C'est vrai que moi, quand j'ai commencé à m'intéresser, personne ne l'avait terminé. Le livre le raconte. De toute façon, il y a certains coureurs qui ont réussi à venir à bout. Donc forcément, il y a des petits ajustements. Mais tous les ans, quand je retourne à la... à la zone de départ, à l'hostellerie de la DIA. J'ai tout le temps la même question qu'ont les coureurs, c'est qu'est-ce qu'il va y avoir de nouveau cette année ? En quoi le Triumvirat va encore réussir à surprendre son monde ? Et ça, pour l'instant, c'est inépuisable parce que peut-être qu'un jour, eux-mêmes se lasseront, je n'espère pas. Peut-être que d'autres prendront le relais, on ne sait jamais. Mais ça, il y a une magie qui perdure encore et c'est vrai que c'est Benoît Bachelet qui m'avait dit ça un jour, quand on arrive sur ce lieu de... de départ il se passe quelque chose et que le temps est comme suspendu arrêté et ça c'est encore le cas quand j'y retourne aujourd'hui alors après ce qui est sympa c'est d'avoir des coureurs qui ont lu le livre aussi qui qui m'ont dit le livre m'a permis de mieux comprendre de mieux me préparer ou voilà ça c'est cool aussi de voir que finalement moi le bouquin c'est ça marque une étape c'est l'étape des pionniers le premier pas sera une si je continue de filer cette métaphore un petit peu mais maintenant il ya la suite et cette suite elle est Pour l'instant, elle n'est pas à raconter. Elle est encore à courir, on va dire, et l'observer. J'ai passé des années à le faire et je n'ai pas vu le temps passer, justement. Donc, je continue un peu à le faire, même si c'est avec moins de distance. Et surtout, je ne cours plus avec les coureurs, ce qui était le cas pendant plusieurs années. Aujourd'hui, j'ai pris plus de distance par rapport à ça, parce que ça prenait énormément de temps et que le corps, à un moment donné, par rapport aux cours que j'enseigne aussi aujourd'hui, c'est difficile. de maintenir les deux,
- Speaker #1
j'ai pu le faire pendant plusieurs années aujourd'hui c'est un peu plus dur mais en tout cas je suis toujours ravi de suivre les aventures des vétérans et des possédeurs de la terminale et les prochaines aventures de Simon elles seront composées de quoi à peu près ?
- Speaker #0
alors très bonne question c'est là dans un avenir assez proche moi ce qui m'a animé dans cette démarche du livre c'est de Merci. c'est de rencontrer des passionnés tout simplement donc je vais à la rencontre de futurs lecteurs ou de lecteurs dans des librairies, sur des salons, dans des shops aussi de running, ça m'arrive assez souvent donc dans les prochains mois il y a quand même une bonne vingtaine de dates déjà jusqu'à la fin d'année donc ça c'est toujours assez sympa parce que ça permet d'avoir des temps d'échange et je pense que si aujourd'hui t'as lancé un podcast c'est aussi pour ça pour... pour vivre des rencontres et prolonger un peu ces bons moments. Et après, peut-être, j'ai toujours l'activité d'enseignant, d'enseignant-chercheur à l'Université de Grenoble où j'interviens dans le diplôme universitaire sur le trail running avec d'autres collègues. Donc, ça continue. Après, je pense que j'essaierai de continuer l'expérience, l'aventure plutôt littéraire en me consacrant à un nouveau projet. Mais pour l'instant, je ne l'ai pas encore. totalement définie.
- Speaker #1
Magnifique. Je te remercie beaucoup, Simon, d'avoir pris le temps de parler de ton livre, donc La Quête, qui est sorti au mois de mai, que j'invite à lire à toutes et tous qui cherchent justement à découvrir une course unique, cette fameuse chartreuse Terminorum qui regorge de nombreux mystères et puis surtout, tu rencontres des personnes qui sont vraiment fascinantes et très, savoureuses, je veux dire, de par leur profil. Merci beaucoup, Simon.
- Speaker #0
Merci à toi, Hugo.
- Speaker #1
A bientôt.
- Speaker #0
A bientôt.
- Speaker #1
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