- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, je suis ravi de vous retrouver pour ce nouvel épisode de podcast. Aujourd'hui, un épisode destiné aux 40% de l'audience féminine qui écoute le podcast au-delà du mur. Tout d'abord, je voulais vous remercier, vous êtes au top. C'est par hasard que je suis tombé sur le profil Instagram de mon invité du jour. C'est une grande adepte des courses de montagne, mais c'est un tout autre type de contenu que celui sur les courses de montagne qui a piqué ma curiosité. Ce thème, c'est la gestion des cycles menstruels chez les femmes dans le sport. Au début, je dois vous avouer que je me sentais un peu mal à l'aise face à ce sujet, mais plutôt par méconnaissance, parce que j'avais peur de commettre une maladresse. C'est compliqué de parler d'un sujet dont tu ne perçois les effets qu'à travers les personnes que tu côtoies. J'ai régulièrement entendu des femmes autour de moi dire qu'elles n'arrivaient plus à faire du sport parce qu'elles avaient leurs règles. Cet épisode, c'est un moyen de partager avec le plus grand nombre le retour d'expérience d'une femme qui a trouvé sa formule pour ne plus les subir, mais faire en sorte de les intégrer dans son quotidien. Et pour ceux qui comme moi ont peur d'être maladroit, c'est une super opportunité de s'informer. J'espère que dans les mots d'Amélie, vous trouverez une piste pour vous aider, vous informer et vous inspirer. Je vous souhaite une très belle écoute. Bienvenue dans le podcast Au-delà du mur, le podcast destiné aux coureurs amateurs. Je suis Hugo Cabral. Deux fois par mois, je vous donne rendez-vous pour aborder des sujets comme l'organisation quand on n'a pas de temps pour faire du sport, la nutrition avec des conseils pour toute la famille ou encore la préparation mentale afin d'atteindre vos objectifs tout en jonglant avec vos responsabilités parentales. Restez à l'écoute pour des conseils pratiques et des interviews inspirantes pour vous aider à construire votre propre champion. Amélie, bienvenue.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Comment ça va ?
- Speaker #1
Ça va bien, ça va bien.
- Speaker #0
Le petit générique, t'as plu, ça va ? Ouais,
- Speaker #1
ouais, je l'ai écouté plusieurs fois ces derniers jours. Ah ouais ?
- Speaker #0
Ah, t'as cheaté ? T'as cherché à t'imprégner un peu ? Oh là là !
- Speaker #1
Il fallait travailler un peu.
- Speaker #0
Non, ça va. Tu m'as raconté ton histoire, donc c'est très facile. C'est très facile. En tout cas, merci beaucoup d'être là aujourd'hui. Avant de débuter, petite question pour se mettre un peu en jambe. C'est quoi ce gout que tu as à côté d'Amélie ? C'est un d'Aus.
- Speaker #1
c'est ça ? un daïou ça tourne toujours du même sens donc c'est un petit peu compliqué je pense que c'est un petit peu un animal totem pourquoi ?
- Speaker #0
parce que t'aimes bien crapahuter en haut de la montagne c'est ça ?
- Speaker #1
je crois qu'il y a une petite passion là derrière et puis une fascination aussi pour ces animaux qui vivent là-haut et qui montent avec autant d'aisance beaucoup plus d'aisance que nous et avec des sabots en plus c'est leur milieu naturel
- Speaker #0
je dirais. Donc, c'est un peu normal que ça soit plus facile pour eux. C'est une excuse pour du mec qui n'arrive pas à monter. C'est juste pour ça. Bien. Pour celles et ceux qui ne te connaissent pas, est-ce que tu peux nous dire d'où tu viens ? Comment ça se fait que tu es là ?
- Speaker #1
Alors, d'où je viens ? J'ai grandi à Belfort, donc vraiment pas très loin de Fribourg. J'ai fait toute ma scolarité à Belfort, ensuite à Fribourg pour le CO, pour... le collège et pour l'université. Donc j'ai passé beaucoup de temps à Fribourg. Et puis à travers ça, j'ai beaucoup pratiqué l'athlétisme. D'abord dans le club de Belfort et puis ensuite au TSV Didingen, outre Sarine. Donc je suis très imprégnée par le sport et la course à pied. Et le sport et la course à pied avec une origine fribourgeoise.
- Speaker #0
Ok, excellent. Une pure clubiste locale, pourquoi tu t'es expatriée au TSV ?
- Speaker #1
Pourquoi je me suis expatriée au TSV ? TSFao je pense que principalement parce qu'il y avait un groupe de filles qui s'entraînaient là bas et ça paraissait super stimulant de se retrouver avec un groupe de demi fonds fribourgeois et puis il y avait aussi peut-être un attrait pour cette langue spéciale qui est parlée de l'autre côté de la sarine et qui est relativement utile quand on habite en Suisse.
- Speaker #0
Ah donc tu maîtrises officiellement maintenant ?
- Speaker #1
Maîtriser je pense jamais totalement quand on a parlé le français depuis tout petit mais je pense que je me débrouille pas trop mal.
- Speaker #0
La raison principale pour laquelle tu es là aujourd'hui, d'ailleurs je l'ai dit en introduction de l'épisode, c'est le contenu que tu publies sur ton profil Instagram. C'est du contenu qui est très différent de ce que j'ai l'habitude de voir, à plusieurs titres d'ailleurs. Tu parles très régulièrement des sites menstruels et du lien avec le sport. D'où est-ce qu'elle t'est venue cette idée ?
- Speaker #1
Alors, donc il faut savoir que j'ai étudié le sport à l'université, donc j'ai fait un bachelor et un master en sport santé recherche à l'université de Fribourg. Et puis, durant mes dernières années d'études, j'ai commencé à m'intéresser au cycle menstruel. Je pense principalement parce qu'en tant que sportive, j'étais longtemps sous contraception et à un moment donné, j'ai eu envie d'arrêter. J'ai envie de retrouver un cycle naturel et puis finalement à ce moment-là je me suis posé la question de qu'est-ce que ça avait comme impact ou qu'est-ce que ça avait comme répercussion sur mon entraînement et mes performances. Et puis en fait je me suis rendu compte qu'en ayant fait 5 ans d'études dans le domaine du sport, c'est un sujet qu'on n'a jamais abordé, qui n'a jamais fait l'objet de cours ou de publications que j'avais pu lire. Et puis là j'ai commencé à gratter et puis je me suis rendu compte que je n'étais pas la seule sur cette terre à commencer à gratter sur ce sujet-là. Et que depuis 2019, finalement, c'est un sujet qui commence à vraiment émerger, dont on parle beaucoup plus. Et puis, il y a encore beaucoup de choses à faire, mais c'est un sujet très, très actuel.
- Speaker #0
2019, donc... Le lien est facile à faire avec l'éventuelle vague violette de 2019, donc il y a plein de sujets qui sont sortis un peu de la boîte de Pandore, et puis ça c'est celui qui t'a le plus attiré en fait.
- Speaker #1
Ouais je pense que c'est celui qui m'a le plus attiré, d'une part parce que j'ai toujours été très attiré par la physiologie de l'exercice, pour comprendre vraiment quels sont les mécanismes sous-jacents de la physiologie du sport, et puis finalement le cycle menstruel fait partie vraiment de cette partie du... des sciences du sport, et puis elle est super intéressante. Le système endocrinien, c'est un sacré merdier, mais c'est super intéressant d'aller creuser dans cette partie-là.
- Speaker #0
J'imagine que quand tu as commencé à t'intéresser à ce sujet-là, tu t'es rendu compte qu'il n'y a pas simplement de monde qui se posait des questions, mais qu'en étaient-ils des réponses ? Est-ce que tu as trouvé facilement des réponses à tes questions ?
- Speaker #1
Non, ça a été super compliqué parce que finalement, il n'y a pas beaucoup d'articles. Quand j'ai commencé à m'intéresser à ça, il n'y avait pas beaucoup d'articles scientifiques. Alors c'était d'une part un peu compliqué parce que les conclusions étaient assez difficiles à avoir. Et puis, il n'y avait pas vraiment de pesant scientifique qui pouvait nous donner des réponses. Par contre, ce qui était cool, c'était qu'il n'y avait pas beaucoup d'articles. Donc, il n'y avait pas besoin de potasser PubMed pendant des jours pour trouver les articles qui étaient disponibles.
- Speaker #0
Et donc tu te rends compte qu'il n'y a rien, il n'y a rien du tout. Et puis pour faire peut-être le parallèle, c'est de nouveau, quand on fait des études, en général c'est plutôt l'homme blanc d'un certain âge, donc les femmes sont mises de côté, les gens qui ont une autre origine ethnique que caucasien sont également mis de côté. Donc comment est-ce que tu te structures pour te dire, ok, à partir de maintenant, à chaque fois que je vais trouver une recherche, je vais la classer comme ça pour permettre justement de progresser de manière itérative ?
- Speaker #1
Oui. Je pense que ce n'est pas si compliqué que ça, parce que finalement, dans le monde scientifique, par rapport au sujet du cycle menstruel, il y a une seule chose qui a posé beaucoup de problèmes jusqu'à aujourd'hui, c'était la qualité des études. Donc comment on a fait pour... tirer certaines conclusions en fonction des phases du cycle, puis comment on a déterminé les phases du cycle. Et ça, c'est le premier nœud du problème, c'est que finalement, le cycle menstruel, c'est des variations hormonales qui se passent sur, on va dire, 28 ans. jours, 30 jours, ça dépend vraiment des femmes. Et puis, comme c'est très individuel, que les variations peuvent être très grandes, ça pose vraiment déjà ici un problème méthodologique. Donc la problématique, c'était qu'il y avait au début pas mal d'études, mais qui étaient de qualité assez médiocre parce qu'on avait juste déterminé que l'ovulation était à jour 14. Et puis finalement, on sait aujourd'hui que l'ovulation peut arriver à jour 15, à jour 20, à jour 12, en fonction des femmes. Donc c'est beaucoup plus compliqué que ça. Et... Et ça, ça a été un peu la première cible, c'était de trouver surtout des études qui déterminaient l'ovulation de manière qualitative, on va dire.
- Speaker #0
Et tu y es arrivé ?
- Speaker #1
Oui, il y en a quelques-unes. Et puis, il y a quelques méta-analyses aujourd'hui qui sortent avec vraiment une méthodologie qui est déjà bien meilleure aujourd'hui. Donc, ça bouge bien. Ça bouge bien dans le monde scientifique.
- Speaker #0
Parce qu'on dit toujours aussi, j'entends en tout cas très souvent dire, il n'y a pas un seul type, juste un monde de règles. D'ailleurs, tu viens de le confirmer. Donc, est-ce qu'on arrivera à prédire ou à définir un modèle prédictif du cycle menstruel des femmes à l'avenir ?
- Speaker #1
Alors j'espère qu'un jour on arrivera à tirer des conclusions. Je discutais encore aujourd'hui avec une médecin du CHUV qui travaille avec les adolescents. Et puis on disait peut-être qu'un jour on arrivera à dire, voilà, si on a telle ou telle gêne, le cycle sera plutôt long avec une ovulation plus ou moins à tel ou tel jour. Et puis peut-être qu'il y a plus de douleurs parce qu'il y a telle ou telle gêne qui est exprimée. Peut-être qu'un jour on arrivera à dire ça. On est encore loin de ça aujourd'hui. Mais je pense que si on y met l'énergie et puis les moyens, on arrivera sûrement à tirer des conclusions.
- Speaker #0
Si on revient au métier que tu exerces aujourd'hui, donc physiothérapeute, Dans quelle mesure tu peux appliquer tes enseignements envers tes patients aujourd'hui ? Dans quelle mesure c'est plus ou moins bien reçu ?
- Speaker #1
Alors, je dirais que je n'aborde pas forcément tout de suite le sujet du cycle menstruel. C'est principalement dans le cas d'athlètes ou même de personnes qui aiment juste un petit peu pratiquer le sport. Mais souvent on arrive sur le sujet un peu par hasard. Et puis, ce que je trouve intéressant, c'est qu'on arrive à ouvrir une conversation assez rapidement. Et puis, on sent qu'il y a vraiment une volonté du côté féminin de peut-être partager ses expériences. Et il y a vraiment une énergie qui pousse à vouloir s'exprimer et puis vouloir comprendre un peu qu'est-ce qui se passe. Donc, c'est chouette.
- Speaker #0
Si on en vient aussi à un autre trait de caractère chez toi, c'est que tu disais avant que tu étais quelqu'un de très sportif. Donc, tout ce que tu apprends... quel est le lien, quelle corrélation est-ce que tu as pu établir avec ta pratique sportive et dans quelle mesure ça a pu t'aider ?
- Speaker #1
Je pense que tout ce que j'apprends, j'aime aussi le tester et j'aime creuser ce que je vis tous les jours, donc je pense que c'est toujours un lien entre la pratique et puis la théorie que j'ai besoin d'expérimenter, je pense que j'ai vraiment besoin d'avoir ces deux côtés-là et c'est très intéressant d'avoir les deux.
- Speaker #0
Et chaque mois, ça se rassemble ou dans le sens où vous battez tu sais, 20, 30 jours, tu sais, au niveau de ta planification sportive, il y a 30 jours dans le mois, tu sais qu'arriver à un certain stade où justement, tu commenceras à éprouver les premières douleurs, donc tu vas rentrer plutôt dans un autre cycle dans ton programme d'entraînement ou c'est quelque chose que tu ajustes ?
- Speaker #1
Alors je vois plutôt ça souvent comme une trame de fond et je pense que c'est un petit peu la clé aujourd'hui. Déjà il faut connaître sa trame de fond, c'est à dire vraiment avoir une toile ou une peinture de se dire ok ben pour moi ça se passe comme ça début du cycle. enfin premier jour de règles je me sens au fond du bac donc c'est vraiment un moment où l'énergie est vraiment basse ensuite il ya peut-être trois quatre jours où je commence à sentir que l'énergie monte et puis et puis c'est le moment où je me sens plus énergique ensuite et puis après il ya il y a une baisse d'énergie et je pense que c'est à voir comme une trame de fond et je pense qu'il y avait une idée à un moment donné d'expliquer le cycle menstruel avec les saisons et finalement je pense que cette idée là elle est assez intéressante parce qu'elle permet d'imaginer qu'il y a toujours les saisons qui se chevauchent et puis on pourrait dire ça dépend vraiment des personnes mais par exemple pour moi je sais très bien que juste avant les règles c'est clairement l'hiver, c'est qu'il fait noir il faut sortir la fondale, il faut... se pousser à mort pour partir courir. Et puis premier, deuxième jour de règle, c'est aussi toujours un peu l'hiver, début de printemps, il y a peut-être encore de la neige, c'est un peu difficile. Et puis après, à partir du deuxième, troisième jour, je me sens vraiment toujours plus énergique, je peux entamer mille choses, je peux avoir douze projets en même temps, je peux m'entraîner presque trois fois par jour parce que j'ai beaucoup d'énergie. Et puis, passé la période d'ovulation, je sais qu'ensuite, ce sera une trame un peu plus douce, il y aura un petit peu moins d'énergie, mais qui me permet quand même de m'entraîner. Et puis après, on retourne dans l'hiver et ça donne... aussi un rythme ça donne vraiment une idée un petit peu de comment on peut agencer les charges mais seulement si on a pu définir vraiment cette trame individuelle et ça c'est le plus gros job c'est apprendre à se connaître et puis apprendre à savoir quand est-ce que c'est son univers quand est-ce que c'est son été quand est-ce que son hôtel du coup je vais me j'ai imaginé que j'ai une femme et du coup comment est-ce que je définis ma trame je commence par quoi bah on commence déjà par par définir la longueur de son cycle donc d'ailleurs de tenir un journal pour savoir déjà la longueur du cycle, parce qu'on sait que, on dit que c'est 28 jours, mais on sait aujourd'hui que, pour certaines, ça peut être 24, 25, 32, 34 jours, on dit entre 21 et 35 jours, donc c'est une grosse variabilité d'une femme à l'autre, donc déjà d'avoir la durée de son cycle, c'est super important. Et puis après, si on veut vraiment comprendre un petit peu la prédominance de chaque hormone, donc on sait que dans le cycle menstruel, le premier jour, c'est le jour du nouveau cycle, après, il y a la phase... folliculaire qui est déterminée jusqu'à l'ovulation et puis l'ovulation après l'ovulation c'est la phase luthéale et puis pour savoir quand est ce qu'est la phase folliculaire et quand est ce qu'est la phase luthéale il faut déterminer l'ovulation et là aujourd'hui j'espère qu'on va faire un petit peu de progrès pour pouvoir de manière rapide et à moindre coût surtout déterminer l'ovulation parce que finalement aujourd'hui on a comme moyen pas très cher on a la température corporelle qui peut être mesurée avec un thermomètre une fois par jour, au matin, au réveil, même avant de s'être levé, mais c'est relativement contraignant. On a aujourd'hui des entreprises qui mettent sur pied, qui ont développé des outils comme des bagues de température corporelle, des choses comme ça, qui sont relativement chères mais qui marchent assez bien parce qu'on peut les porter la nuit et puis ça diminue la problématique de se dire avant que je me lève, il faut vite que je prenne encore la température C'est relativement contraignant, donc ça c'est déjà un petit peu... plus intéressant. Sinon, il y a les tests d'ovulation, mais les tests d'ovulation, c'est aussi encore un grand marché. Et les tests d'ovulation, des fois, ça ne marche pas. Et en fait, on ne sait même pas pourquoi. Et ça génère aussi pas mal d'anxiété, parce que si on fait 12 tests et qu'ils sont tous négatifs, on se dit, mais qu'est-ce qui se passe avec moi ? Et ça, c'est ce que j'ai un peu pu retirer aussi de mon travail de master, de se dire, finalement, c'est quand même relativement anxiogène de commencer à réfléchir, quand est-ce qu'il y a l'ovulation ? Quand est-ce que je peux... Et j'espère que dans le futur on fera un petit peu des progrès là-dedans et qu'on ne va pas devoir mettre, je ne sais pas, 12 000 francs pour avoir quelque chose qui est planté dans le bras et qui détermine son taux d'oestrogène et de progestérone en temps réel. Mais ouais, on verra. Ça va aller. Mais déterminer l'ovulation, ça permet déjà de savoir un petit peu quand est-ce que la phase folliculaire se passe et quand est-ce que la phase luthéale se passe. Et puis après, c'est notifier, c'est tenir un journal. Et puis ce que j'aime bien dire aussi, c'est qu'il faut tenir un journal sur tout le cycle, parce qu'on donne beaucoup d'importance à la part des menstruations, donc les jours de règles et les jours avant les règles, qui sont souvent des jours douloureux, des jours où on n'a pas beaucoup d'énergie. Et on met beaucoup d'importance là-dessus, mais on met souvent moins d'importance là où il y a des grandes augmentations d'énergie. Et puis elles sont souvent plus longues et plus sympas. que les parties moins cool avec des symptômes, avec des douleurs. Donc de générer et de notifier les deux parties, les parties qui sont haute en énergie et basse en énergie, pour avoir vraiment une vue globale sur tout le cycle.
- Speaker #0
Est-ce que tu as pu voir au niveau de tes résultats sportifs et tes performances un impact, une modification, une augmentation de tes performances suite justement à tes découvertes ?
- Speaker #1
Je pense qu'aujourd'hui, c'est aussi un petit peu ce que les études scientifiques ressortent, c'est que finalement, il n'y a pas vraiment d'impact du cycle menstruel sur les performances. Et je dis bien performances parce qu'on entend performance par il faut performer le jour J, il y a une compétition et on met tout de notre côté pour que ça se passe bien. Donc là, il n'y a pas... pas vraiment d'impact, je pourrais dire que de mon côté il n'y a pas vraiment d'impact non plus, je ne pense pas que je me suis dit mince c'est jour 3 de mon cycle j'ai une compétition et ça va mal se passer et ça s'est mal passé, par contre je connais des patterns et des choses auxquelles il faut faire attention et si une compétition tombe à un certain jour de mon cycle, je sais qu'il faudra que je mette toutes les chances de mon côté peut-être que je fasse un petit peu plus de récup pour être en forme le jour J
- Speaker #0
Dans la partie technique, quand tu m'expliquais justement comment déterminer son cycle, je ne suis pas un expert, mais il y avait un côté très scientifique dans les propos que tu tenais. Tu as terminé quand ton travail de master ?
- Speaker #1
Je l'ai rendu fin août.
- Speaker #0
Ce qui explique la fraîcheur et la clarté des propos, même pour un profane, le profane que je suis. Il y avait aussi une question. Alors, tu parlais, enfin on parlait... au début du fait que c'était un sujet qui était pas très documenté. Si on revient aux prémices, quand tu faisais du sport et que tu étais plus jeune, comment est-ce que tu gérais ces sensations-là ? Parce que tu n'avais pas les informations que tu as aujourd'hui. Donc si tu pouvais revenir en arrière, déjà, comment est-ce que tu le vivais ?
- Speaker #1
Je pense qu'on parlait de l'intérêt que j'ai eu pour ce sujet qui a peut-être commencé il y a quelques années, mais finalement c'est un intérêt que j'avais depuis très longtemps. Je me rappelle encore mon travail de maturité, je l'avais fait sur les carences en fer chez les athlètes féminines, donc j'étais déjà bien imprégnée de ce sujet. Mais c'est vrai que quand j'ai commencé à avoir mes règles, j'ai eu assez rapidement des règles très abondantes, donc j'ai perdu énormément de fer, j'ai eu énormément de problèmes de... faire et puis c'est vrai que c'était un sujet, alors j'ai eu de la chance d'avoir une entraîneur qui était une entraîneur femme avec qui la discussion était assez facile à aborder mais on en parlait, je me rappelle qu'elle avait essayé de trouver des solutions aussi pour que je sois moins en carence de faire et puis que je sois moins tous les 6 mois en énergie très très basse mais on n'avait pas de solution et puis on... On tâtonnait sur... En vrai, la seule solution qui était proposée, c'était souvent la contraception. Et je pense qu'il y a aujourd'hui d'autres solutions. J'ai fait avec, j'ai un peu serré les dents. Bien sûr que s'il y a des symptômes, des douleurs, c'est sûr que serrer les dents ça aide. Mais je pense que pouvoir en parler ouvertement ça aide déjà à mieux comprendre. Et puis ça aide déjà à avoir peut-être plus de bienveillance envers soi-même. Et puis avec un entourage aussi qui est peut-être plus bienveillant.
- Speaker #0
Et si on transpose la situation que tu as vécue quand tu étais plus jeune à l'athlétisme aujourd'hui ? Comment est-ce que tu le perçois ? Est-ce qu'on a progressé ou est-ce que c'est toujours plus ou moins la même chose ?
- Speaker #1
Je pense qu'aujourd'hui, on a progressé, ouais. Et je pense que les réseaux sociaux ont joué un rôle assez intéressant parce que c'est vrai que maintenant, il y a quand même beaucoup de choses qui sont beaucoup moins taboues parce qu'on en parle premièrement sur les réseaux et puis après, on arrive peut-être mieux à en parler dans la vraie vie. Donc je pense que de ce côté-là, oui, ça a bougé. Je pense que c'est encore difficile. Dans le monde du... sport, d'aller sur ce sujet et je trouve super chouette aussi que tu aies eu envie de faire un podcast là-dessus parce que finalement la jante masculine est souvent un petit peu démunie face à ça et puis aujourd'hui, je saurais pas sortir les chiffres mais la majeure partie des personnes qui coachent des athlètes c'est encore des hommes, donc ça reste encore une barrière qui est là aujourd'hui et qui doit être enfoncée.
- Speaker #0
Clairement, et la majorité des personnes qui coachent des athlètes, c'est des hommes. Et quand tu as choisi ton travail de master, tu me disais d'ailleurs en préparation de l'interview qu'il n'y avait que des hommes pour pouvoir te suivre. Donc comment est-ce que tu t'y es prise pour trouver quelqu'un qui voulait bien être d'accord, de faire comme moi aujourd'hui, se geler dans le vide dans un sujet que finalement on ne maîtrise pas du tout ?
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. La première personne à qui j'ai demandé de suivre mon travail de master, elle a été très ouverte. J'avais déjà justement avec cette personne... fait un travail de séminaire sur ce sujet mais la réponse a été moi c'est pas mon domaine déjà et en plus je me sens pas de me lancer là-dedans, c'était très juste de sa part mais c'est vrai que je me suis heurtée un peu à un mur et puis après on m'a redirigée vers des personnes qui étaient tout à fait aptes à suivre, c'était aussi principalement des femmes mais il y avait aussi dans l'équipe qui m'a suivie il y avait aussi des hommes et qui étaient super intéressés sur le sujet j'espère en tout cas que le le groupe avec qui j'ai fait mon travail de master va continuer à essayer de creuser ce sujet.
- Speaker #0
Et au niveau conscience collective, si je me dis ok, bon, il y a Amélie Berchi à son niveau, elle a fait tout ce qu'elle a fait, ce qui est extraordinaire, comment est-ce que tu files un immense coup et tu fais un home run et puis que tu envoies ce genre d'informations genre à Swiss Olympique ? Est-ce que tu perçois qu'à ce niveau-là, ils ont déjà compris, peut-être pas Swiss Olympique, mais oui, Swiss Olympique et toutes les institutions sportives ? Tu sens qu'il y a déjà ce genre d'informations ou de préoccupations qui commencent à germer ?
- Speaker #1
Oui, clairement. En fait, chez Suisse Olympique, c'est aussi un organisme vers lequel je m'étais tournée pour mon travail de master. Malheureusement, personne n'a pu me suivre là-bas, mais j'ai eu beaucoup de contacts avec eux. Et eux, je crois en 2020, si je ne dis pas d'erreur, ou peut-être 2021, ont créé tout un onglet sur leur site dédié à l'athlète féminine. Donc, il y a un gros travail qui se fait de ce côté-là. ils ont tout un pôle qui fait vraiment de la recherche et qui fait un travail de fond pour pour essayer de véhiculer une image positive sur tous les spécificités de l'athlète féminine parce qu'on parle aujourd'hui du cycle menstruel mais le cycle menstruel ne touche pas non plus toutes les femmes et puis il y a aussi beaucoup d'autres aspects de l'athlète féminine qui doivent être creusés aussi.
- Speaker #0
Et donc ils te sollicitent régulièrement étant donné que tu es un réservoir d'information ?
- Speaker #1
J'aimerais bien après on verra peut-être que... que l'avenir me portera à quelque part d'autre
- Speaker #0
Suisse olympique si vous écoutez c'est pour vous si on en revient à un élément un fil conducteur du podcast c'est le sport je disais aussi en introduction que je suis entouré d'un certain nombre de femmes qui disent que quand elles ont leurs règles, justement, elles peuvent rien faire, elles sont clouées au lit. J'ai ma femme qui, de temps en temps, a des règles douloureuses, elle peut rien faire. Pour toi, les règles, tu viens de me démontrer, en tout cas de par ton expérience, que c'est compatible avec une vie sportive. Est-ce que tu recommandes formellement, là je pose la question, de faire du sport quand on a ces règles ?
- Speaker #1
Oui, clairement oui. Alors, je vais mesurer un peu ma réponse, mais clairement oui, parce qu'on a suffisamment d'évidence scientifique qui nous disent que la pratique du sport, alors on n'a pas besoin d'aller pour des intervalles difficiles. une séance d'entraînement dure, mais une légère activité sportive permet de diminuer un peu les douleurs de règles, permet aussi des fois de diminuer l'intensité du flux. Donc ça, c'est ce que les études scientifiques nous disent. Après, c'est sûr que chacun est individuel. Il y a vraiment de grosses variations entre différentes... manière de vivre cette période de règles. Donc je pense que l'activité physique peut être utilisée comme médicament pour réduire les douleurs de règles, mais il y a d'autres choses qui existent aussi, et puis j'espère qu'on en trouvera encore d'autres, mais clairement, il faut faire du sport quand on a ces règles. Le yoga aussi, apparemment, dans les études, l'activité physique modérée et le yoga... permettait de diminuer les douleurs.
- Speaker #0
Effectivement, avec tout ce que tu me racontes, avec le réservoir d'informations que tu as et le potentiel de bruit que tu peux faire, je me dis que t'es pas vraiment à ta place. Du coup, elle est où Amélie dans 10 ans ? Elle est dans 5 ans.
- Speaker #1
Elle fait plus de bruit, je sais pas. Non, j'ai un peu de la peine à me projeter, mais j'espère que... J'espère que je me vois en tout cas toujours un petit peu à l'afflux de véhiculer une image positive dans les spécificités de l'athlète féminine. Mais on verra.
- Speaker #0
Parce que... Et ce que j'ai aussi vu sur tes réseaux sociaux, donc sur ton compte Instagram, qui est un peu plus habituel, c'est quand même des photos de toi sur des trucs escarpés où tu te tiens à des câbles et tout. C'est ta passion actuelle, dont on n'a pas beaucoup parlé, c'est la course de montagne. Comment est-ce que tu en es arrivée à là ? Parce qu'entre le CA, le CS Belfort et puis le TSV du Dingon et jouer les dahus en haut de la montagne, c'est quand même pas la même chose. Donc comment est-ce que tu as découvert cette discipline ?
- Speaker #1
Je pense que j'ai des parents qui ont toujours aimé la... la montagne et je pense que eux ont peut-être posé une petite graine à quelque part et il y a un moment donné où avec l'athlétisme j'en ai eu un petit peu marre de tourner en rond dans un stade je pense j'ai aussi eu une période qui était assez imprégnée de blessures et puis je pense que retourner à l'athlétisme c'était toujours difficile j'ai fait un peu de course sur route mais la route c'était pas très fun je trouvais et puis aussi En 2015, j'ai commencé à travailler l'été dans une cabane de montagne. Pour moi, c'était un petit peu pendant l'été une évidence que pour s'entraîner, il fallait absolument gravir des chemins escarpés. Et puis de chemin escarpé à mener à hors chemin escarpé. Et je pense que ça s'est fait vraiment progressivement en travers de la montagne. Et puis à un moment donné, je me suis dit, en fait, courir en montagne, c'est vraiment vachement plus fun que la piste.
- Speaker #0
Je confirme. par contre si tu avais quand même des prédispositions qui sont certainement liées à ton passé dans l'athlétisme ils font que tu as quand même un palmarès qui commence à devenir intéressant quand même c'est très beau les compétitions auxquelles tu participes c'est laquelle d'ailleurs rafraîchit
- Speaker #1
dans la mémoire la dernière à laquelle tu as participé la dernière course que j'ai faite c'était l'extrême à Zermatt donc une des courses de l'Ultrax de Zermatt qui est une course qui se déroule pour pour 70% hors des chemins. C'est une course un peu spectacle, qui est très médiatisée, mais c'est vrai que c'est une course qui est super intéressante parce qu'il y a une partie sur chemin, et puis après on sort des chemins, on descend dans des pierriers, on remonte dans des pierriers, on traverse des glaciers, on court sur des arêtes. Et ce côté aérien, ce côté un peu plus sauvage m'attire beaucoup. Et j'aime beaucoup me dépenser dans ces environnements qui font un peu rêver, qui sont féériques et qui sont magnifiques.
- Speaker #0
Donc, tu as trouvé un peu ton élément. Tu vas rester en montagne à nous poser des photospectacles, justement, à l'extrême. C'était à l'extrême que j'avais vu la dernière photo. C'était exactement ça. Et si on en revient... au contenu des réseaux sociaux, tu parlais avant de faire du bruit sur les réseaux sociaux est-ce qu'il y a des personnes qui te contactent via les réseaux sociaux pour poser des questions ou alors te dire, non mais attends pourquoi est-ce que tu parles de ça ici, etc Alors, j'ai eu quelques sollicitations, souvent plutôt bienveillantes, plutôt en disant ah ouais, mais du coup, tu penses quoi de ça ? Parce que c'est vrai que comme il y a encore peu d'évidence scientifique sur les réseaux, on y va un petit peu de tous les conseils. Et puis, il y a beaucoup de choses qui sont très intéressantes et qui sont très justes. Puis, de temps en temps, il y a un peu des choses qui sortent de l'ordinaire. Et puis, j'ai eu quelques demandes par rapport à ça. à est-ce que tu valides ou pas cette information.
- Speaker #1
Donc les gens savent finalement où aller chercher l'info.
- Speaker #0
Ouais, je pense. Après, j'ai aussi passé un petit peu de temps pour recruter les participants de mon étude et je l'ai fait via les réseaux sociaux. Donc ça a aussi peut-être un peu influencé ça.
- Speaker #1
Moi, j'ai totalement en tête où tu seras dans 5 ans. Mais du coup, je vais le garder pour moi et puis on se prendra un petit thé dans 5 ans et on verra si j'avais raison.
- Speaker #0
Avec plaisir.
- Speaker #1
Je te remercie infiniment d'être venue me rendre visite, Amélie, et d'avoir répondu à mes questions. J'espère que ce contenu va aider un maximum de personnes et qu'on va continuer à faire du bruit et que j'aurai apporté ma meilleure contribution à ton succès. Je te souhaite très bon vent, Amélie.
- Speaker #0
J'en suis persuadée.
- Speaker #1
Merci infiniment,
- Speaker #2
très bien. Merci à toi. Si cet épisode vous a plu, merci de lui laisser un avis 5 étoiles et partagez-le avec vos amis et votre famille. Me laissez un commentaire, c'est mon fil l'occasion de m'améliorer pour continuer à être écouté par vous. D'ici la publication du prochain épisode, vous pouvez retrouver mes aventures sur le compte Instagram Podcast Au-delà du Monde. Portez-vous bien, allez à très vite, ciao !