- Speaker #0
Bonjour les amis, j'espère que vous allez bien. Je suis ravi de vous retrouver pour ce nouvel épisode du podcast Au-delà du mur. Aujourd'hui, vous allez faire la connaissance du nouvel expert que j'aurai la chance d'accueillir dans plusieurs épisodes. Il y a des interviews pour lesquelles on n'est pas prêt. On a beau l'avoir préparé ensemble, certains mots que mon invité a prononcé résonnent encore dans ma tête. Comme par exemple, le fait qu'il ait des athlètes. qui se sont retrouvés dans un stade de dénutrition parce que leur coach leur disait que pour progresser, il fallait perdre du poids. On vit dans un monde où les codes de beauté et de performance sont encore et toujours liés à certains standards de maigreur, sans tenir compte du fait que quelqu'un qui va perdre du poids ne va pas forcément améliorer ses performances, mais risque bien de finir par se blesser. Beaucoup de monde débute la course à pied pour perdre du poids. Dans cet épisode, on verra que c'est moins évident que ça. Toutes les vérités ne font pas du bien à entendre, mais j'espère que celles que nous allons partager avec vous dans cet épisode vous aideront à vous questionner sur la performance de tous les messages qui sont notamment partagés via les réseaux sociaux et sur le danger de croire qu'il existe une recette pour la performance identique, applicable de la même manière pour tous. Je vous souhaite une très belle écoute. Bienvenue dans Au-delà du mur, le podcast dédié à tous les passionnés de l'asphalte, de la nature ou de la piste. Ici, nous allons explorer les recoins de l'univers de la course à pied. Que vous soyez novice ou que vous ayez déjà plusieurs de ça à votre actif. Au fil des épisodes, nous plongerons au cœur de la préparation physique et mentale, nous décortiquerons les secrets d'une nutrition équilibrée et nous nous pencherons sur les enjeux cruciaux de la santé pour vous permettre d'atteindre vos objectifs en toute sérénité. Si vous recherchez des avis d'experts, des témoignages de sportifs, des conseils pratiques pour vous aider à améliorer votre condition physique, à renforcer votre mental et à optimiser votre alimentation, tout ça dans la bonne humeur, vous êtes au bon endroit. Prenez une profonde inspiration, relâchez toutes les tensions, votre voyage au-delà de la lumière commence ici. Maïké Kruzman, bonjour, comment ça va ?
- Speaker #1
Bonjour, ça va très bien, merci. Merci de m'accueillir sur ton podcast.
- Speaker #0
C'est vraiment un plaisir. Alors malheureusement, il se fait à distance à cause d'un virus ou d'une petite maladie. C'est que partie remise, on se reverra bientôt, mais j'espère que tu vas mieux.
- Speaker #1
Oui, ça va bien. Je suis sur pied en tout cas. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Ah, génial, génial. Donc toi, tu viens actuellement à Genève, Genève-Fribourg. Est-ce que tu pourrais nous dire un peu qui tu es et d'où tu viens ?
- Speaker #1
Oui, alors je regrette vraiment de ne pas être avec toi dans le studio aujourd'hui, particulièrement parce que c'était pour moi l'occasion de revenir un peu sur mes terres, puisque j'ai grandi dans le canton de Fribourg. Et ça fait des années que je vis, que je travaille à Genève, où je suis venue pour étudier, bêtement. C'est le seul endroit en Suisse romande, encore aujourd'hui, qui offre une formation. de diététicienne. C'était ça le métier que j'avais choisi. Et c'est toujours l'endroit où se trouve la haute école de santé qui propose la filière de nutrition et diététique. Donc la formation de bachelor en nutrition et diététique.
- Speaker #0
Effectivement. Il y a une école de santé à Fribourg, mais je ne crois pas qu'il y ait ce genre de filière-là. Non.
- Speaker #1
Il y a plusieurs hautes écoles de santé, bien sûr, en Suisse romande, mais il n'y en a qu'une qui propose la formation de nutrition et diététique, et elle se trouve à Genève. Donc, je suis venue ici, et puis je suis restée, parce que j'ai trouvé du boulot extrêmement intéressant. On finit sans mes études, en fait, dans le cadre de stages. Et donc, je suis restée. J'ai eu la très grande chance de mettre un pied dans la recherche clinique. aux hôpitaux universitaires. Et puis ça m'a permis de faire un parcours totalement atypique pour une diététicienne à l'époque. Et c'était vraiment super intéressant. Et voilà, ça m'a ouvert pas mal de possibilités.
- Speaker #0
Et tu t'occupais de la diététique en général ou tu avais plutôt une orientation sportive ou personne qui avait certaines pathologies ?
- Speaker #1
Alors le sport c'est venu plus tard en fait, quand j'ai fini ma formation, moi j'étais très intéressée, très passionnée par la nutrition clinique et la recherche. Et puis à l'époque, l'épidémie de sida n'avait pas encore de traitement comme aujourd'hui. Alors même si on ne le guérit pas, on le soigne beaucoup mieux, mais à l'époque vraiment les gens avaient de... très grands troubles nutritionnels et se dénutrissaient très vite. Et donc, moi, j'ai travaillé dans ce domaine-là pendant plusieurs années. Donc, mon domaine, c'était la dénutrition et la prévention de la dénutrition. Et ensuite, j'ai fait pas mal de santé publique, j'ai fait pas mal de… j'ai travaillé pas mal dans le domaine de l'obésité et des troubles alimentaires, toujours aux hôpitaux universitaires, mais en consultation ambulatoire. Et puis, comme en parallèle, j'ai toujours continué à faire… à la recherche et à me former dans ce domaine. J'ai bifurqué ensuite vers le milieu plus académique en rejoignant la haute école de santé. Donc, je suis toujours restée à Genève, puisque, comme je le disais tout à l'heure, c'est là que se trouve la filière nutrition et diététique. Et j'ai continué à bolter. Alors, disons, j'ai arrêté les consultations ambulatoires, mais j'ai bifurqué sur l'enseignement. Et j'ai continué à faire de la recherche. Donc, ça, ça a toujours été le fil rouge, en fait, pendant toutes ces années. Et puis, le sport est arrivé, en fait. J'étais encore aux hôpitaux universitaires de Genève. J'ai eu l'occasion de collaborer sur des projets de recherche, en fait. Et c'est comme ça que je suis arrivée à la nutrition du sport. Probablement aussi parce que j'en pratiquais. Donc, ça m'intéressait beaucoup pour moi. Mais disons, j'ai commencé à travailler dans ce domaine-là. un petit peu plus tard et à me former particulièrement de ce domaine-là aussi par la suite. Donc voilà, j'ai fait un parcours avec quelques petites bifurcations, mais quand même une certaine logique, heureusement, où finalement chaque étape s'est vraiment construite sur les précédentes.
- Speaker #0
Et quand tu as fait ta fameuse bifurcation, parce qu'il y a passé de la dénutrition et des troubles alimentaires, Au sport, ce n'est pas forcément, je dirais, c'est vrai que c'est un méchant virage, ce n'est pas en arrière, mais quand même. Est-ce que c'était parce que tu as une pratique sportive justement où tu sentais que tu avais des besoins ou est-ce que c'était par rapport à ton entourage et aux observations que tu faisais de part, ou justement le rôle que tu avais d'enseignante ou les gens que tu côtoyais dans la recherche ?
- Speaker #1
Moi, tu sais, c'est marrant quand on regarde après coup. on se rend compte que c'est toujours un mix en fait de hasard, de rencontres, et puis qu'au fond, il y avait quand même aussi une volonté, un choix. Sur le moment, on ne le voit pas, on se dit c'était du bol Mais en vrai, je pense qu'il y avait quand même cette passion que j'avais pour le sport, ce qui m'a toujours plu, la santé aussi, le fait d'aider les gens à vivre le mieux possible, le plus sainement possible, de vraiment avoir un impact sur la qualité de vie. je dirais de changer la vie des gens, alors en toute modestie, mais c'est vraiment ça qui me plaisait. Et puis, comment je suis partie, enfin, passer de la dénutrition aux autres dimensions de mon métier ? C'est alors un peu du hasard, je suis partie en voyage pendant six mois et j'étais entre deux contrats, en fait, donc je n'ai profité pour partir en voyage. Et pendant cette période-là, sont apparus… enfin sur le marché, les trithérapies, donc ces fameux médicaments qui ont contribué à soigner, à mieux soigner, disons, les personnes qui étaient atteintes de sida. Et donc, quand je suis revenue, il y avait beaucoup moins de problématiques de dénutrition dans cette pathologie-là. Et en parallèle, on m'a proposé un poste en médecine ambulatoire sur d'autres champs, donc au comportement alimentaire et autres. Donc, c'était un petit ajustement. mais ça tombait bien finalement. Et puis, ce que je faisais auprès de mes patients pour essayer de prévenir la dénutrition, c'est-à-dire changer leurs habitudes, trouver des stratégies qui leur permettaient de changer leur comportement, leurs habitudes, etc., j'ai pu les réutiliser, bien sûr, dans d'autres domaines, parce qu'au fond, quand on essaye de changer une habitude, on doit mettre en branle tout un tas de… de croyance, d'habileté, de stratégie, etc. Et puis ça, c'est quelque chose qui a toujours été, enfin qui est une constante, je dirais, dans mon parcours. Et quand on parle de nutrition du sport, on est aussi dans ce domaine-là.
- Speaker #0
Il y a un truc qui me sidère à chaque fois que je parle avec un ou une spécialiste de l'alimentation, je dirais, en général, c'est qu'on parle très rarement de how-to, de procédure, de la mécanique, je dirais. On parle... très très souvent de la partie comportementale et de la partie changement d'habitude. C'est vraiment de ça qu'il s'agit, c'est changer les habitudes.
- Speaker #1
Oui, alors évidemment que quand on parle entre nous, entre professionnels, on est beaucoup sur des procédures, on est beaucoup sur des protocoles, etc. Mais ce n'est pas quelque chose qui est pertinent pour nos patients. Donc, de la même manière que moi, par exemple, je fais des calculs extrêmement pointus pour les athlètes que je suis. Mais après, quand je leur parle, je ne leur parle pas de grammes de glucides ou de milligrammes de fer. Je leur parle d'aliments. Et donc, notre job en tant que diététicien, diététicienne, c'est vraiment de traduire les données, la science, et de traduire les procédures et les protocoles en quelque chose de réalisable, de pratique, de concret dans leur vie de tous les jours. Et c'est vrai que dans, autant dans mon job de, je dirais, de chercheuse que d'enseignante, que maintenant, je fais de la consultation, j'ai mon propre cabinet à Genève. Et donc avec mes patients, c'est la même chose. Je suis un peu, je dirais, une traductrice des données scientifiques, des connaissances scientifiques en un langage et surtout des choix et des comportements qui sont adaptés. Et puis là, on parle à des gens qui n'ont que faire finalement de procédures et de listes et de planning. Je pense que les gens, ils ont envie d'entendre concrètement. ce que l'alimentation peut leur apporter de positif dans leur vie.
- Speaker #0
Et avec le recul et l'expérience que tu as, maintenant que tu as ton cabinet, c'est quoi qui revient le plus souvent ? Les besoins peut-être, alors je ne sais pas si c'est le secret médical, tu ne vas pas pouvoir me le dire, mais s'il y a une trame, est-ce qu'il y a un fil conducteur de la plupart des gens qui viennent te voir ?
- Speaker #1
Je dirais que le plus grand point commun, c'est vraiment que les gens ne savent plus du tout quoi faire. Où ils en sont ? Alors j'ai évidemment un biais de sélection. Quand les gens viennent nous voir, c'est qu'ils se posent des questions, bien sûr. Mais même quand ils ont l'impression d'avoir les idées un peu claires, dès qu'on creuse un peu, on se rend compte qu'en fait, leur vie nutritionnelle, en quelque sorte, c'est une superposition de multiples couches de connaissances, de croyances, d'informations, d'injonctions, beaucoup. Et à force d'être exposé à tout un tas de messages. qui ne sont pas forcément d'ailleurs adaptés ou qui ne leur sont pas forcément destinés à eux personnellement, eh bien, ça fait une espèce de grand brouhaha et ils ne savent plus du tout où ils en sont. Et je dirais que les réseaux sociaux, ça n'a vraiment pas aidé, parce qu'on trouve, pour faire un mauvais jeu de mots, à boire et à manger là-bas. Et il y a parfois des choses qui sont très pertinentes. D'ailleurs, je poste aussi des choses sur Instagram et c'est des choses qui sont pertinentes. Mais on trouve aussi… beaucoup, beaucoup de choses stupides, voire dangereuses.
- Speaker #0
C'est très juste ce que tu dis, cette infobésité en termes nutritionnels. Je ressens justement tout le temps cette sensation-là. J'ai l'impression que plus j'ai l'impression d'en apprendre ou d'en connaître, d'en enrichir mes connaissances, plus je suis perdu. C'est quand même paradoxal de se dire, non, non, non, plus je vais me renseigner, plus je vais acheter des livres sur la nutrition, savoir qu'est-ce qu'il faut que je mange, à quel moment il faut que je mange, meilleur je serai dans ma pratique sportive et mieux je serai dans mon quotidien. Et puis en fait, pas du tout. À chaque fois que ça marche, où je me retrouve justement dans un cycle où les choses elles vont bien, c'est quand je retourne aux bases et j'arrête de me faire chier avec tous ces trucs qui sont écrits dans les bulletins, qui, comme tu le dis justement, sont... peut-être pas fait pour moi et puis j'ai peut-être pas la bonne interprétation.
- Speaker #1
C'est vraiment ces deux choses-là, tu mets vraiment le doigt sur le truc hyper important. Il y a une chose, je l'ai mentionné, c'est le fait d'être exposé finalement à des messages qui ne sont pas destinés à tout le monde. Et puis l'autre chose, c'est que souvent il manque les connaissances ou les compétences pour interpréter correctement l'information. Et c'est une chose de recevoir l'info et c'en est une autre de pouvoir l'appréhender et en faire quelque chose de... concrètement utile et de quelque chose de positif pour sa santé, pour sa vie et pour sa performance en l'occurrence. Mais c'est aussi vrai pour les gens qui véhiculent ces informations. Et en fait, moi je ne compte pas le nombre de fois où j'entends des gens très bien intentionnés et qui sont dans le domaine plus ou moins de la santé, ça peut être des infirmiers, ça peut être des physios, ça peut être des coachs, très souvent c'est des coachs. Ça peut être des nutritionnistes, et je mets vraiment le terme nutritionniste entre guillemets, parce que dans ce monde-là, il n'y a aucune réglementation. Donc n'importe qui peut être nutritionniste avec des formations qui ne sont pas du tout réglementées. Donc ce n'est pas une profession, disons, vraiment de la santé. Donc toutes ces personnes arrivent avec des connaissances qui sont partielles, qui sont fragmentées et qui ne peuvent pas rattacher à un corpus académique adéquat, suffisant pour pouvoir l'appliquer correctement chez la bonne personne. Et donc ils vont transmettre des espèces d'infos qui sont tronquées en fait et ça va ajouter à la confusion beaucoup ou alors au pire, ils vont donner des infos qui sont carrément fausses et mauvaises pour la santé. Et là, on se retrouve vraiment avec des catastrophes. Et mes collègues diététiciens et diététiciennes, on se retrouve très souvent dans notre cabinet avec des gens qui, au mieux, sont perdus, au pire, sont dans des états nutritionnels vraiment, je dirais, déplorables.
- Speaker #0
C'est un tableau sombre que tu peins quand même.
- Speaker #1
Oui, mais en fait, ce qu'il y a, c'est que nous, on est un peu aux premières loges pour voir les choses catastrophiques. Les gens qui vont bien, les gens qui n'écoutent pas tous ces messages idiots. Les gens qui mangent avec leur bon sens et qui ont peut-être dans leur famille appris à manger sainement, ils ne viennent pas nous voir, ils vont très bien. Tu vois, donc on a, bien sûr, et surtout, je veux dire, moi, je suis quand même un peu connue dans mon domaine. Donc, les gens qui viennent me voir, c'est des gens qui sont un peu désespérés, quoi. Et donc, ou qui ont des questions très pointues. Mais du coup, on se retrouve quand même souvent avec des situations qui sont difficiles. Et les médecins qui me connaissent, ils m'envoient les patients chez qui. ça ne va pas très bien. Sinon, ils se débrouilleraient tous seuls.
- Speaker #0
Donc, la mission que je nous ai confiée, qu'on s'est confiée du coup, d'essayer de décortiquer le vrai du faux, alors c'est un peu arrogant parce qu'on ne peut pas se permettre de dire qu'on détient la vérité, mais en tout cas, essayer de donner un maximum de clés de compréhension aux gens, ça ne va pas être une mince affaire, mais on va essayer de le faire de la meilleure des manières qui soient. Et puis, L'intro, tu avais commencé quasiment à la faire quand tu parlais justement de tous ces coachs et tous ces gens sur les réseaux sociaux. Et le premier sujet, je dirais, quand on discutait de ce premier épisode, c'est un sujet qu'on peut quand même appeler racoleur, mais qui parlera à tout le monde. C'est si on part de l'idée, il y a des athlètes élites, Sky Munch, donc c'est une triathlète. Aujourd'hui encore, le jour où on enregistre cet épisode, tu as publié un post sur Insta. Je n'ai malheureusement pas pris le temps d'écouter l'épisode, mais j'irai, je le prendrai. C'est une athlète élite qui, comme tu l'as dit, justement pour reprendre tes mots, est sortie du bois. Et puis, la phrase que tu as dit cet après-midi, elle résonne encore dans ma tête. C'était pendant des années, mon coach m'a dit que je devais perdre du poids si je voulais être performante.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est terrible. Et ça, c'est terrible. Alors, je dis, on part vraiment dans le côté extrême, extrême, des messages qui peuvent être véhiculés sur les réseaux sociaux. Mais avec du recul, on trouve quand même des trucs comme ça sur les réseaux sociaux. Donc, il y a des gens qui disent, forcément, si tu as 8 ans de kilos et que tu veux courir plus vite, si tu perds 10 kilos, c'est sûr que ça va être moins difficile de te traîner en avant. Donc, par contre, le plus important pour y arriver, c'est... ce n'est pas le même. Il y a quand même passablement de choses à déconstruire et quand on voit que les coachs, les athlètes élites, certains sont encore dans cette logique-là, c'est que ça va mal.
- Speaker #1
Alors, c'est d'une banalité malheureusement extrême. C'est-à-dire que n'importe quel sportif ou sportiviste, particulièrement dans les sports d'endurance, là on parle de course à pied, donc dans tous ces sports-là, tous les sportifs, que ce soit des athlètes pro, élite ou des sportifs qui s'entraînent pour faire une course une fois dans leur vie ou une fois par année, tous, ils pensent que s'ils vont perdre du poids, ils iront plus vite. Tous. Et il y en a chez qui c'est vrai. Et il y en a beaucoup chez qui ce n'est pas vrai. Et il y en a un certain nombre, un assez grand nombre et un nombre de plus en plus grand, je dirais, chez qui... C'est tellement faux que ça va plutôt réduire leur performance. Et donc, on se trouve dans un message qui a été véhiculé pendant des années, des décennies. Plus t'es mince, plus tu vas vite. Plus t'es léger, plus tu vas vite, etc. Et qui a été, je dirais, a posteriori un peu décortiqué de manière pseudo-scientifique. Et puis... Images à l'appui d'athlètes pro qui sont parfois extrêmement minces. voire maigre, on dit Ah mais regarde, il est tellement maigre, il va tellement vite, ou elle est tellement maigre, elle va tellement vite, si je suis aussi maigre, aussi mince que cette personne, j'irai aussi vite. Et en fait, c'est faire fi de tout ce qui fait la performance. C'est ignorer que le poids, c'est juste un paramètre parmi de nombreux autres, et que de jouer avec le poids, c'est quelque chose qui peut être extrêmement dangereux. Là, vraiment, moi, ça m'a fondu le cœur quand j'ai entendu le podcast sur lequel Sky Munch vient sur ces années où elle a progressé très bien, performé très bien, mais où pendant toutes ces années, son coach lui disait il faudrait que tu perdes 3-4 kilos Et elle disait quel que soit mon poids, on me disait de perdre 3-4 kilos Et elle raconte en fait dans quelle mesure ça l'atteint, comment ça l'atteint et ce que ça lui fait. Et elle, elle s'en est bien sortie. il y a des dizaines d'athlètes pro, élite et autres qui se retrouvent avec une dénutrition pour revenir sur ce domaine-là, avec des blessures, avec de l'épuisement, avec tout un tas de symptômes, une baisse de la performance au final qui peut vraiment affecter une saison, voire une carrière entière. Et ce n'est pas banal de balancer comme ça tu devrais perdre un peu de poids. Et en fait, un coach, il devrait jamais, jamais dire ça, parce que ce n'est pas son job. Le coach, il n'est pas là pour parler de poids, il n'est pas là pour parler de nutrition, et encore moins pour juger de la corpulence d'un ou d'une athlète. Il n'y a pas de poids, de performance qu'on peut décréter. Et quand on n'est pas professionnel du domaine, il faut se taire sur ce sujet parce que je pense que la grande majorité d'entre eux ne se rendent même pas compte de l'effet que ça peut avoir sur les athlètes. Mais ça affecte vraiment, vraiment la santé mentale et physique des sportifs.
- Speaker #0
Admettons, je suis coach, je crois que je ne serai jamais coach quand j'entends tes propos. Je n'aurai jamais la connaissance suffisante pour pouvoir entraîner qui que ce soit. Peut-être moi-même, mais si je prends le marathon, le marathon, donc sport d'endurance, il y a quand même un physique, un type de physique. Alors naïvement, je dirais que c'est quand même aseptisé le type de physique du marathonien. Je n'ai pas vu de marathonien avec ma corpulence. Là, je fais 76 kilos. Je ne sais pas combien il pèse Eliud Kipchoge ou combien il pèse Kelvin Kipchoge, mais je pense que je le soulève avec un doigt en caricaturant. Il y a quand même des liens, il y a quand même des choses qui sont indéniables par rapport à ce qu'on a l'habitude de voir à l'heure actuelle.
- Speaker #1
Oui, absolument. Et en fait, le grand malentendu, il est là. C'est-à-dire que lorsqu'on regarde le champ élite, On voit très bien les morphologies, les typologies, les corpulences qui se détachent particulièrement et qu'il y a certains corps, pour parler vraiment de manière très utilitaire, il y a certains corps qui vont bien pour faire certains sports. Et en fait, ces gens qui arrivent au plus haut niveau dans leur carrière, ils ont été repérés, identifiés depuis très jeunes ou alors un peu plus tard, mais parce qu'ils avaient ces prédispositions physiques, ils ont pu progresser et arriver au meilleur niveau. Mais c'est un petit peu, si tu regardes, moi je ne sais plus la pointure de Michael Phelps, mais c'est un truc assez impressionnant. Et en fait, c'est un peu comme si tu dis Ah, mais Michael Phelps, il nage très très vite, il a des très grands pieds, il a une très grande envergure aussi. Il se met debout avec les bras écartés, je ne sais plus quelle longueur ça fait, mais c'est immense. Et donc, les gens disent, si on veut appliquer cette logique, on dit Ah, ben alors c'est bon ! Je fais grandir mes pieds et je pourrais nager comme lui. Tu vois, c'est ça la logique, en fait. Lui, il est né avec des prédispositions qui l'ont rendu très bon pour faire de la natation. Il se trouve qu'il en a fait, qu'il était bon, qu'il a aimé ça, qu'il a continué, etc. Il aurait pu faire toute autre chose. Et il y a plein de gens qui ont une corpulence très mince, qui détestent le sport, qui passent leur vie à lire et à regarder des séries télé. Ça va très bien. Ils pourraient probablement être très bons parce qu'ils ont des prédispositions génétiques et physiologiques pour ça, mais juste, ils ne l'ont pas utilisé pour ça. Et il y a des personnes qui ont des corpulences qui sont peut-être plus rondes, plus athlétiques, et qui ont envie de pratiquer un certain sport et qui peuvent être extrêmement bons dans ce sport. Et de quel droit est-ce qu'on va leur dire Ah ben non, t'es trop grosse ou T'es trop gros pour faire ça, tu vas jamais performer parce que t'es trop gros, t'es trop grosse Déjà, on n'en sait rien parce qu'en vérité, on n'a pas de poids, comme je disais tout à l'heure, le poids ne se décrète pas, le meilleur poids ne se décrète pas. Et effectivement, il y a des personnes qui vont performer mieux avec un peu plus de kilos que leurs voisins ou que leurs voisines parce que leur physiologie est ainsi faite, tout simplement.
- Speaker #0
Tu parles, tes termes sont très justes. Donc, si j'ai entre les lignes, tu es un peu en train de dire que l'entraînement, il est censé être individualisé. Ce n'est pas parce qu'on voit qu'il y a un plan d'entraînement qui marche pour Kelvin Kiptoom, où il fait 200 et quelques kilomètres par semaine. Ce n'est pas parce que je vais faire 200 kilos par semaine. Je suis persuadé que je vais progresser, si je ne me blesse pas, bien sûr. Mais ce n'est pas parce que je fais 200 kilos par semaine que je vais descendre sous les deux ors au marathon.
- Speaker #1
Exactement. Exactement. Et par exemple, la capacité de récupération, la capacité à encaisser certaines charges d'entraînement, c'est aussi d'énormes facteurs génétiques. Bien sûr, la nutrition joue un rôle et plein d'autres choses, le sommeil, etc. Mais il y a aussi le facteur génétique, la physiologie qui fait que ça marche ou ça ne marche pas. Et il y a des gens, il y a vraiment des étoiles filantes. Il y a des gens qui arrivent, on les voit, ils sont forts, etc. Ils se mettent la pression, ils perdent du poids, ils deviennent plus minces, plus minces. Tout d'un coup, pouf, ils ont disparu. Ils se sont blessés à répétition, ils ont disparu. Une des blessures les plus fréquentes en course à pied, mais pas que en course à pied, c'est toujours ce qu'on appelle la fracture de fatigue. En anglais, c'est la fracture de stress. Et en fait, on croit toujours que c'est les impacts et l'intensité qui causent ces fractures, mais pas du tout. Le plus grand facteur de risque des fractures de stress, c'est l'insuffisance des apports nutritionnels.
- Speaker #0
C'est étonnant. Naïvement, je me disais justement que c'était un entraînement inadapté.
- Speaker #1
Oui, mais non, en fait. Et lorsqu'on corrige, il y a des très jolies études maintenant qui commencent à sortir, où on a comparé des groupes de coureuses, où un groupe reçoit une nutrition spécifique et où on fait un travail de prévention vraiment sur… ces apports nutritionnels pour s'assurer qu'ils soient vraiment suffisants etc et chez les autres on donne un conseil un peu général fait on fait le standard disons et bien celle qui s'alimente mieux correctement et qui mettent plus de carburant finalement dans leur dans leur organisme pour faire leur sport pas ce blessement elle se blesse moins donc vraiment À quel moment est-ce que quelqu'un a imaginé qu'on pouvait être plus performant si on arrêtait de s'alimenter ? Ça a été la grande mode pendant des années de faire des kilomètres et des kilomètres à vélo, par exemple, sans rien manger. Et maintenant, heureusement, ça ne se fait plus parce que la science a progressé et est allée voir un petit peu ce qui se passait. Mais je veux dire, dans certaines situations, ça perdure. Et je ne compte pas le nombre d'athlètes qui vont courir à Jean pour essayer de perdre du poids. ou qui vont s'entraîner à jeun pour essayer de perdre du poids, déjà, il n'y a pas forcément toujours du poids à perdre. Et puis, c'est une des pires stratégies. C'est comme si on part en vacances en voiture sans faire le plein. On voit bien que ce n'est pas logique, ce n'est pas possible. On ne peut pas demander autant de travail à un organisme sans lui donner les nutriments dont il a besoin pour fournir le travail. On va s'en sortir pendant une course, pendant une saison, peut-être un peu plus si on est très résistant. Mais on va finir par se blesser et se casser, quoi.
- Speaker #0
Si je relis ou je réécoute un peu entre les lignes dans ce que tu dis, je perçois quand même un côté, une transposition qu'on fait de la société actuelle où il y a un code qui dit qu'on est censé être mince, etc. Et puis si tu commences à avoir un peu un tour de taille... Ce n'est pas joli. Et puis ça, ça se transpose en fait à tout, y compris au sport. C'est vrai que c'est difficile à concevoir qu'on puisse performer en ayant un peu de gras et des poignées d'amour. Mais je suis persuadé, je sais qu'il y a des gens qui performent à ce niveau-là. Mais il y a aussi ce côté culturel-là où justement, il y a la chasse aux calories, il y a la chasse à la graisse. Le gras, c'est mal. Et puis, ça vient dans le sport aussi, effectivement.
- Speaker #1
Oui, il y a beaucoup d'injonctions. pour être mince, etc. C'est associé à la beauté, la vitalité. Et quand on parle, on parlait d'Instagram tout à l'heure, mais c'est un exemple, mais dans la publicité en général, quand on parle de santé, quand on parle de bien-être, on voit très bien que les supports imagés, c'est la minceur. presque toujours. Et puis sinon, c'est du soi-disant body positive. Donc, dès qu'on met des gens qui sont juste normaux,
- Speaker #0
on fait du body positive. Donc, il faut un nom spécial pour parler de la normalité. C'est quand même dingue. Et ça, bien sûr que les femmes athlètes, et là, on parle des élites, des pros, elles le vivent en plus. Elles ont un peu la double peine, je dirais. Parce que d'une part, il y a cette pression avec l'idée que plus je serai mince, plus je vais performer, plus j'irai vite, etc. Et en plus, je dois ressembler à quelque chose qui correspond au code. au standard de ce qui est imposé par le monde de l'image d'aujourd'hui. Donc ça c'est aussi très difficile pour beaucoup de femmes athlètes, et puis encore mille fois plus chez les femmes sportives. Et je pense que pour les hommes c'est vrai aussi, c'est qu'il y a des hommes et des femmes qui sont très sportifs. qui ont un corps qui ne correspond pas aux standards qu'on s'imaginerait en parlant d'un athlète ou d'un sportif, et qui ont des poignées d'amour, comme tu disais très joliment. Et puis les gens vont ouvrir des grands yeux quand ils leur disent qu'en fait, ils font de la course à pied, du triathlon, du marathon, etc. Ça va les surprendre parce qu'ils n'ont pas la gueule de l'emploi, si j'ose dire ça comme ça. Et c'est quand même fou, quoi. Alors que maintenant, heureusement, dans le monde du sport, aussi du sport pro, on voit de plus en plus quand même des corps un peu plus variés, c'est-à-dire qu'il y a des athlètes de très haut niveau qui, effectivement, ont des petites poignées d'amour, sont un petit peu plus moelleux, si je peux le dire comme ça, et ça sort un petit peu de cette maigreur ascétique absolue qui donne finalement l'impression que c'est absolument ça qu'il faut rechercher.
- Speaker #1
Donc il y a un passablement de travail pour... Pour déconstruire quand même ses croyances, parce qu'on vit dans un monde où l'image, c'est plus important presque que les performances. Donc, quand tu regardes une vidéo, si la couverture n'est pas à la chance, tu ne vas pas regarder. Donc, si le type, il bat Usain Bolt, mais qu'il me ressemble à moi, les gens ne vont pas regarder la vidéo. Donc, s'il voit qu'il a plus de temps physique de bodybuilder, ça attira davantage. Oui,
- Speaker #0
je ne sais pas.
- Speaker #1
Tu parlais des sorties longues à jeun. C'est quelque chose que je ne pratique plus parce que je n'ai pas le temps. Mais à l'époque, je me suis laissé entendre dire que le fait de faire des sorties langagins quand tu fais une préparation marathon, c'était bon pour aller puiser dans ton taux de glycogène pour éviter d'avoir ce fameux mur pendant le marathon.
- Speaker #0
Alors, c'était intéressant parce que ça illustre... parfaitement un peu le millefeuille dont je parlais tout à l'heure. Il y a un tas de choses avec des résonances qui sont justes, qui sont correctes, et puis en fait, au final, le raisonnement, il est faux. Donc, je vais essayer de le faire un peu simple et un peu court, parce qu'on parle un peu du poids, etc., mais il y a... Lorsqu'on court, lorsqu'on fait un effort à Jean, donc le matin, Après une nuit de jeûne qu'on a mangé la veille, on a une petite réserve, toute petite réserve de glycogène. Donc, c'est le sucre qu'on a stocké dans notre corps. C'est comme ça qu'il est stocké dans le foie et dans le muscle. Donc, on en a une petite réserve dans ces endroits clés. Et puis, très souvent, le but de ces sorties à jeûne, ce n'est pas tellement d'épuiser notre réserve de glycogène, c'est plutôt de forcer notre organisme à utiliser les matières grasses comme carburant principal. Et pourquoi faire ça ? Eh bien parce que lorsqu'on fait un effort d'endurance, notre réserve de glycogène étant limitée, ça c'est un petit peu le problème avec le sucre, c'est qu'il marche très bien pour nous faire faire du sport, mais on a des réserves qui sont petites, alors qu'on a des réserves de graisse qui sont importantes, même chez quelqu'un de très mince, de très maigre, on aura quand même, alors chez les tout maigres, on aura 12-15% de masse grasse, mais chez le commun des mortels, on est plutôt… à 20-25% de matières grasses. Et donc, ça fait quand même, par rapport au poids, ça fait quand même pas mal de réserves potentiellement illimitées, quasiment, pour utiliser ça à l'effort. Et donc, l'idée qui est derrière la course ou l'entraînement agent, c'est d'obliger l'organisme à aller utiliser ces matières grasses, le rendre plus capable d'utiliser les matières grasses à l'effort pour... lui apprendre à épargner le glycogène pendant l'effort pour éviter le mur. Parce que le mur, c'est quoi ? C'est lorsqu'on n'a plus de carburant, ou plus de carburant en suffisance, de carburant rapide, de sucre en suffisance dans le corps. lorsqu'on fait un effort soutenu, on va manger nos réserves de sucre qui sont mises en réserve dans le foie et dans les muscles sous forme de glycogène. Quand il n'y en a plus, avant qu'il n'y en ait plus, notre corps n'est pas fou, il ne va pas nous mettre en famine absolue, mais disons, quand il n'y en a plus assez, on est obligé de ralentir. Pourquoi ? Parce que quand on court moins vite, on est capable d'utiliser nos réserves graisseuses. Quand on court plus vite, on n'y arrive pas. Et donc, le but de ces sorties à Jean, c'était de... d'entraîner l'idée qui est derrière, c'est d'entraîner notre capacité à utiliser les matières grasses, même quand on va un petit peu plus vite. Et en fait, ça, c'est quelque chose qui est… on en est beaucoup revenus. D'abord, on s'est rendu compte que même en faisant ça, les gens, ils ne vont pas plus vite, en fait. Ils sont un petit peu meilleurs pour brûler les graisses, aller fort, mais ça ne leur permet pas d'aller plus vite. Ils vont plafonner plutôt, donc ce n'est pas une super bonne idée. Et puis, l'autre chose, c'est que, en fait, les femmes, on est déjà des super brûleuses de graisse. Donc, ça ne sert absolument à rien de faire ça. Donc, c'est des entraînements qui ont été observés sur des recherches qui ont été faites chez des hommes. Puis, on a dit, on va faire ça chez tout le monde, c'est super, elles vont brûler les graisses, elles seront plus minces. Ben non, en fait, ce n'est pas du tout comme ça que ça marche. Et puis, les femmes, on est déjà des super brûleuses de graisse. Ce n'est pas la peine de faire ce type d'entraînement pour cet objectif-là.
- Speaker #1
Donc, quelque chose de supplémentaire qui vient de nouveau s'écrouler. Si j'ai envie, je suis en train de me préparer pour Sierre-Zinal cet été, il y a quelques courses, quelques échéances que j'ai placées entre deux, dont à 10 km, etc. Quand j'écoute ce que tu me dis, j'ai l'impression qu'il n'y a pas grand-chose de ce que je fais qui est juste. Alors, je ne fais pas les sorties, parce que je n'ai pas le temps. Mais tu reçois des gens dans ton cabinet, tu consultes. Est-ce que tu fais aussi des plans d'entraînement ? Tu accompagnes des gens aussi dans leur performance ou pas du tout ?
- Speaker #0
Alors non, moi, je ne suis pas coach. Tout à l'heure, je disais, les coachs, ils ne doivent pas parler du poids et de la bouffe. Moi, je suis diététicienne, je ne parle pas d'entraînement. Et moi, je parle de nutrition. Donc, si le coach dit, va faire tel plan d'entraînement, tel machin, tel truc, moi, j'adapte. les conseils alimentaires pour que l'entraînement se fasse au mieux et que l'objectif soit atteint. Et il arrive qu'on suggère des entraînements avec peu ou pas de glucides, dans certains cas très précis, avec un objectif très précis. Ça arrive, on se concerte avec le coach, on se met d'accord, on fait ce plan et on observe aussi l'impact que ça peut avoir. Parce que l'idée, c'est toujours d'améliorer la performance dans ces cas-là. Donc moi, mon job, c'est ça. Ça dépend un petit peu du type de personne qui vient me voir. Lorsque c'est quelqu'un qui débute dans la course à pied, qui va faire son premier marathon, les conseils nutritionnels vont être adaptés à son niveau, à son rythme, etc. Quand j'ai des athlètes professionnels, c'est quasiment au jour le jour qu'on fait des plans alimentaires, en fonction du plan d'entraînement. Mais on arrive à quelque chose de très pointu qui serait… inutile de mettre en place chez quelqu'un qui débute. Pourquoi ? Parce que c'est un petit peu, moi je dirais, c'est un petit peu comme un gâteau. Le plan alimentaire périodisé, adapté pour chaque séance d'entraînement, c'est vraiment la cerise sur le gâteau. Mais pour quelqu'un qui commence tout juste à courir, on commence par faire un gâteau. Donc on commence par lui apprendre les bases de l'alimentation saine, on lui apprend à manger correctement. à optimiser sa composition corporelle, éventuellement, oui, parfois, à perdre un peu de masse grasse pour avoir une meilleure efficience, mais ce n'est pas l'idée forcément de perdre du poids. Et puis, une fois que tout ça est mis en place et que les entraînements se passent bien, on passe au plan de course et on fait un plan nutritionnel pour la course le jour J, pour les jours avant, etc. Mais c'est quelque chose qui fera…
- Speaker #1
moins complexe et moins pointu que ce qu'on pourrait imaginer pour quelqu'un dans le métier en fait c'est de performer bien sûr c'est ça me rassure au moins tu me dises que tu n'es pas en guerre des tranchées avec les coachs parce que non je travaille avec eux j'allais
- Speaker #0
dire main dans la main Voilà quand j'ai le temps que tu la possibilité je vais sur le terrain je vais voir les gens voilà moi j'aimerais faire plus de ça en fait aller les voir à l'entraînement aussi C'est évidemment pas toujours possible, c'est plutôt assez rarement possible, mais au minimum, quand il y a des coachs, j'essaie d'avoir un contact avec pour... pour voir comment ça se passe. Et souvent maintenant, les gens, même des gens qui sont dans leur phase un petit peu débutante, je dirais, de course, ils aiment bien faire un test d'effort, savoir où ils en sont, adapter leur zone d'entraînement, etc. Donc, ils ont envie d'avoir des connaissances à leur service, des mesures, etc. à leur service. Et souvent, c'est très utile. Et là, c'est vrai que… D'avoir un petit contact avec le coach pour discuter de deux mots des résultats, ça peut être très utile.
- Speaker #1
Oui, parce qu'on est quand même dans une période, dans une époque de KPIs. Quand tu parlais, je me retrouvais. Moi, j'ai envie de progresser. Alors, à moins que je ne serai jamais un athlète d'élite, mais à mon niveau, j'ai envie de tout mettre en œuvre pour progresser. Continuer à m'amuser, bien sûr. Mais j'ai quand même envie de voir jusqu'où je suis en mesure d'aller. Et puis, si on a envie de progresser, ça implique quand même faire un certain nombre de mesures. Le test d'effort, c'est un test qui déjà a un coût, c'est protocolé, etc. Donc, ce n'est pas anodin. Alors, même pour le petit amateur qui n'est pas un élite, ça reste quand même quelque chose d'hyper important. Et puis, dans les gens que je côtoie, je n'ai pas l'impression qu'il y a beaucoup de monde qui a les deux composantes. Coach. Je crois qu'il y a quasiment tout le monde qui a. Les nutritionnistes, il y en a qui ont. Je n'utilise pas le terme.
- Speaker #0
Non, justement,
- Speaker #1
je n'utilise volontairement le terme.
- Speaker #0
Ah, tu fais volontiers, d'accord. Voilà,
- Speaker #1
j'utilise volontairement le terme nutritionniste parce que c'est nutritionniste. Je suis allé voir une diététicienne à Fribourg, dont je tairai le nom. Je suis presque sûr que tu sais qui c'est.
- Speaker #0
Imane Reber.
- Speaker #1
ma chère collègue des pétitiennes du sport je suis stérile parce que il y avait des choses que j'avais l'impression que je ne comprenais pas et qui me titillaient, je me disais mais ce n'est pas possible qu'il y ait des pétitiennes et des nutritionnistes et qu'on ait le même discours donc effectivement je me suis rendu compte qu'il n'y avait pas du tout le même discours et puis alors, je n'ai pas de coach ces temps-là, donc je fais mon propre plan d'entraînement tout seul, donc c'est nettement plus simple d'adapter les conseils que me donnent les diététiciennes pour mon entraînement mais là le message c'est pour les populaires qui représentent la plus grande majorité des gens qui font la course à pied ça veut dire qu'il faut quand même faire attention
- Speaker #0
Alors oui et non, c'est-à-dire qu'à un moment on a envie de tout compliquer, complexifier tout ça Les gens se disent que si je dépense beaucoup d'argent, je vais être meilleure. Mais ce n'est pas toujours vrai. C'est intéressant ce que tu disais tout à l'heure. Moi, en tant qu'amateur, j'ai envie de progresser, etc. Et puis là, c'est vraiment un message aux gens qui écoutent ce podcast. Mais ce qui est génial quand on est amateur, quand on débute, c'est qu'on ne peut quasiment que progresser. À partir du moment où on commence à courir régulièrement, à partir du moment où on mange plus sainement que ce qu'on faisait avant, on peut... que progresser. Et en fait, le danger, il vient plutôt de, j'aime bien le terme anglais, overdo it c'est d'en faire un peu trop. Donc, de chercher justement à manger tellement sainement qu'on ne va plus sortir, on n'osera plus se faire plaisir avec tel ou tel aliment parce qu'on a lu quelque part que ce n'était pas bon. On lit partout que le sucre, c'est toxique, alors je n'en prends plus. Du coup, je fais mes entraînements sans glucides. Ce n'est pas une très bonne idée. Ensuite, mais bon. Pareil avec la course, il faut que je fasse tant de kilomètres, il faut que je fasse tant de séries, il faut que je fasse tant de volumes, il faut que je fasse telle vitesse, il faut que je fasse telle allure, il faut que je fasse ci, il faut que je fasse ça. Il faut que je mesure ma glycémie minute par minute. Pour finir, les gens, ils sont branchés de partout. Ils comptent un milliard de choses. Ils ne savent même plus pourquoi ils courent. Alors que la course à pied, c'est l'ultime sport de liberté. Littéralement, on n'a besoin de rien. Pour courir, d'une paire de chaussures, oui, c'est mieux, disons. Mais même à pieds nus, on peut le faire. Donc, je veux dire, c'est vraiment le sport où on sort de chez soi et on y va. Et donc, chercher à trop complexifier, ce n'est pas forcément non plus un gage d'améliorer sa performance. Mais ce qui est certain, c'est que si on a le sentiment que notre alimentation n'est pas optimale, que notre composition corporelle… pourrait être améliorée. Parce que tout à l'heure, j'ai dit Il ne faut pas chercher à maigrir à tout prix. Bien sûr que non. Mais quelqu'un qui a du surpoids, bien sûr qu'il va y gagner à perdre du poids. Là, je ne suis pas en train de parler d'une personne qui n'a pas les standards, les canons et qui n'est pas maigrissime. Je parle de quelqu'un qui a un réel surpoids. Oui, il va... probablement y gagner à perdre un petit peu de masse grasse. C'est possible. Et puis ensuite, il y a juste au niveau qualité de l'entraînement, rythme, récupération, etc., où il y a toujours des choses à apprendre chaque année. Mais là aussi, comme tu faisais la comparaison tout à l'heure entre les nutritionnistes et les diététiciennes, les diététiciennes vont vous donner un conseil professionnel. De la même manière, il y a coach et coach. Il y a des coachs qui ont des véritables formations de préparateurs physiques, et puis en physiologie du sport et en physiologie de l'effort, il y a des coachs qui ont fait un cours quelque part un peu obscur, puis qui sont eux-mêmes des grands sportifs, puis qui se disent ça marche pour moi, je vais le faire pour les autres Donc, il faut être un peu critique, je pense, quand on cherche de l'info. Il faut vraiment exercer son esprit critique, jamais se sentir obligé. Et là, moi, je dis toujours, c'est comme le consentement dans les rapports affectifs et relationnels. C'est, en fait, si je ne la sens pas, cette personne, je peux dire non. Et si j'ai dit oui, et puis qu'en cours de discussion, je me rends compte que son diplôme, en fait, c'est un peu n'importe quoi, je peux lui dire, finalement, non, je n'aimerais pas faire ce suivi avec vous. C'est tout à fait possible. Et un coach qui dit… Il faut que tu perdes du poids, mais vous pouvez le quitter tout de suite parce que c'est ça. Ne décrète pas comme ça.
- Speaker #1
Donc, ça veut dire que maigrir pour courir plus vite, tu as répondu à la question.
- Speaker #0
C'est parfois vrai, mais ce n'est en tout cas pas une règle. Et puis, c'est surtout vachement dangereux.
- Speaker #1
Mais est-ce que courir, ça maigrit ?
- Speaker #0
Ça peut. Ça peut, mais c'est rare. En fait, le sport aide à ne pas regrossir les personnes qui ont perdu du poids. Donc là, je parle de personnes qui ont perdu du poids et qui avaient du surpoids. Le sport, il est parfois utilisé à mauvaise estion. Ce n'est pas une bonne manière de le formuler, mais il y a des personnes qui cherchent la maigreur à tout prix et qui utilisent le sport à outrance pour rester à un poids inférieur à leur poids physiologique. Ça c'est pathologique, c'est autre chose. Pour des personnes qui ont souffert d'obésité, qui ont souffert de surpoids, qui ont perdu du poids volontairement de manière plus ou moins saine d'ailleurs, quelle que soit la manière qu'elles ont eu de perdre du poids. Une des façons de maintenir cette perte de poids, c'est de pratiquer de l'activité physique. Ça peut être de la course à pied, ça peut être une autre activité physique, mais c'est une des façons qui aide le plus à ne pas regrossir.
- Speaker #1
Ça veut dire qu'une fois que j'aurai atteint mon poids de forme, si j'arrête le sport, il y a des chances que la balance reparte dans l'eau.
- Speaker #0
Oui, exactement. Après, il y a des personnes qui perdent du poids en faisant du sport, qui étaient très sédentaires et qui sont passées à un programme d'entraînement très intense, qui se sont mis au marathon, à la course à pied, au triathlon ou autre, et qui font vraiment… au minimum, je dirais, 12 heures d'entraînement par semaine, ça peut les aider, mais ils ont en général aussi beaucoup changé leur alimentation. Si on garde la même alimentation et qu'on ajoute, entre guillemets, juste du sport, ça ne fait pas maigrir tant que ça, au fond.
- Speaker #1
Si je synthétise les éléments dont on a discuté sur ce thème, justement, le coach qui nous dit de maigrir, Donc, tu as poussé un gros coup de gueule. Il y a certains coachs qui ne vont peut-être pas t'aimer, qui ne vont pas aller jusqu'à la fin de l'épisode. Mais ce n'est pas grave. Mais si je retiens quelque chose, la clé, alors il y a déjà cet aspect nutritionniste et diététicienne, ça c'est un fait. Mais il y a aussi ce côté individualisation du plan d'entraînement, vraiment. Et puis, le côté métier. Donc, le coach, il est là pour coacher. Et le côté diététicien, il est là. pour faire en sorte que l'alimentation soit au service de la performance ou l'un avec l'autre. Mais c'est vraiment deux mondes séparés. Et c'est vrai que culturellement, il y a les biais, il y a les fausses croyances, il y a tout qui vient se mêler là-dedans. Et puis, c'est vrai qu'on se retrouve quand même assez perdus. Donc, pour les gens qui écoutent cet épisode-là, par quoi est-ce qu'ils peuvent commencer ? Demain, l'épisode sortira à minuit 00, donc celui qui est sur le chemin du travail ou peut-être en train de faire son entraînement à 6h du mat. Comment est-ce qu'il peut faire pour changer les choses dans le bon sens, dès maintenant, s'il est dans le cycle, en se disant, il faut que je perde du poids parce que je veux gagner 10 secondes au kilomètre.
- Speaker #0
Alors déjà, il faut se poser la question du poids actuel. Est-ce que c'est le poids physiologique ou pas ? Est-ce que c'est un poids auquel je peux rester sans que ce soit compliqué pour moi ou pas ? Et si la personne, elle est à un poids auquel elle doit lutter, en fait, pour rester à ce poids-là, c'est probablement qu'il est trop bas. Donc, quand c'est la bagarre contre son corps, en fait, en général… on ne sort pas gagnant. Le corps finit par casser ou le mental finit par casser. Donc voilà, ça c'est peut-être un élément. Après, il y a les fluctuations pondérales au cours de la vie et puis il y a le mode de vie. On a beaucoup parlé des athlètes élites, tout tourne autour du sport et de la performance chez eux. Mais les gens qui nous écoutent, c'est des gens qui ont des vies. boss, ils ont des familles, ils s'entraînent à côté par plaisir, ils cherchent la performance certes, mais enfin ils ont une vie. Ils ne peuvent pas manger à l'heure qu'ils veulent, ils ne peuvent pas manger exactement ce qu'ils aimeraient parfois. Moi j'ai beaucoup de patients par exemple qui ont de nombreux repas au restaurant avec des clients, ou même parfois avec des collègues, ça ne se fait pas de ne pas aller manger avec eux, etc. C'est un peu compliqué parfois, donc on les aide aussi à… appréhender ces problématiques-là. Mais par rapport au poids et à ce que tu disais, c'est vrai que j'espère qu'on n'a pas fait fuir les coachs qui écoutaient. Je pense qu'il y en a quand même beaucoup qui sont absolument conscients de ce problème et qui, lorsqu'ils parlent du poids, c'est aussi que les gens leur posent la question. Donc, il faut aussi que tout un chacun se rende compte que le problème, souvent, il ne vient pas du poids. Il vient souvent de la récupération, du sommeil. Il vient de la qualité de l'alimentation. Il vient du... est-ce que je respecte le plan d'entraînement que m'a fait le coach ou pas ? Ou est-ce que je saute une séance sur deux, puis après j'essaie de tout les rattraper pendant le week-end ? On sait que ça ne va pas marcher, par exemple. Et donc, je pense que là, on travaille vraiment en bonne intelligence dans la majorité des cas. Et c'est vrai que souvent, eux, ils sont un petit peu embêtés aussi avec qu'est-ce que je peux leur dire ? Vous pouvez leur dire de venir voir un diététicien ou une diététicienne du sport. On est quand même relativement nombreux en Suisse romande. Tu parlais tout à l'heure de Simone Rébert à Fribourg, qui est une très bonne collègue. À Neuchâtel, il y a Roberto Amadio, il y a Séverine Chédel, il y a Valérie Ducommant, qui est d'ailleurs aussi sur Genève. À Genève, il y a Eléa Schneeberger et moi. Il y a donc Valérie Ducommant que j'ai citée. Il y a Sandrine Lasserre. Je veux dire, on est quand même relativement nombreux, nombreuses. à être au service des sportifs qui cherchent à améliorer leur performance et qui voudraient faire un bilan de leur état nutritionnel et de leur alimentation. En général, en deux ou trois consultations, le problème est réglé. Même des fois, une c'est un peu juste, mais en deux ou trois, on arrive à faire déjà énormément de choses. Donc je pense que ce n'est pas un luxe quand on voit ce que les gens dépensent en chaussures,
- Speaker #1
en montres.
- Speaker #0
en voyage, en dossard, etc., de dépenser quelques centaines de francs pour aller voir un diététicien spécialisé dans la manière d'alimenter la machine qui va vous amener à la ligne d'arrivée. Ce n'est pas du gaspillage, ça. Par contre, d'aller voir effectivement des personnes qui ne sont pas bien formées, ça oui, c'est du gaspillage et ça peut être très dangereux pour la santé. Voilà, ça c'est quelque chose, même avec les meilleures intentions du monde, les gens pas formés en nutrition ou pas adéquatement formés avec un bachelor en nutrition et diététique, ils peuvent vraiment faire des dégâts. Je te remercie en tout cas beaucoup d'avoir abordé cette thématique parce que c'est vraiment important. Je suis ravie que des athlètes professionnels commencent maintenant à parler de ces pratiques, de pousser les gens à maigrir parce que c'est vrai que c'est délétère. Et en fait… corps, il faut le nourrir, il ne faut pas l'amaigrir en fait. C'est vraiment ça le message. Chez MK Nutrition, à Genève ou ailleurs, on sera ravis de répondre aux questions des gens qui en auraient besoin.
- Speaker #1
Donc tu fais des consultations à distance, j'espère, parce que Fribourg, Genève, pour une consulte, il faut la journée.
- Speaker #0
Oui, absolument, on fait des consultations à distance. par visioconférence, en fait. Donc, on est présente tous les jours, on couvre tous les jours de la semaine et parfois même le week-end pour certaines personnes. Nos VIP, on les reçoit même le week-end. Wow.
- Speaker #1
Et j'ai même vu que des fois, tu donnes des conférences. Alors, tu étais à Fribourg l'année passée, en fin d'année passée, je crois, à Mora. Oui. Tu donnes des conférences. Apparemment, le thème, c'était le sucre. Je regrette de ne pas avoir assisté à une conférence là. Mais tu te déplaces aussi pour éduquer les gens à la bonne bouffe.
- Speaker #0
Oui, alors on est très souvent sollicité par des clubs sportifs, soit des clubs élites, soit des groupes simplement de sportifs qui se réunissent, qui s'entraînent entre eux, etc. Soit pour les coachs, soit pour les athlètes eux-mêmes ou les sportifs, souvent pour des jeunes, mais pas seulement. Et puis, on vient parler de différentes thématiques. Alors, ça peut être le poids, justement, dans les clubs de course à pied. C'est un thème qu'on aborde beaucoup. la gestion du poids. Et puis, ça peut être différentes choses selon les types de sport, mais on a plein de thèmes à proposer et on se déplace pour faire des présentations qui sont en général bien appréciées.
- Speaker #1
Je mettrai le lien vers ton site internet et ton Instagram dans les descriptions de l'épisode. Comme ça, toutes celles et ceux qui veulent te bombarder de questions et de prises de rendez-vous, ils pourront prendre contact directement avec toi.
- Speaker #0
Oui, il y a moi, puis il y a toutes mes collègues et mes collègues en diététique sportive. Absolument.
- Speaker #1
Je te remercie infiniment.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
Pour m'accompagner pour ce premier sujet. Je me réjouis pour la suite, c'est prometteur. On ne va pas spoiler le titre du prochain épisode, mais je pense qu'il y a peut-être des fausses croyances qui vont à nouveau prendre un petit coup.
- Speaker #0
Qui vont passer par la fenêtre.
- Speaker #1
Exactement. Merci beaucoup. Et puis, on se revoit très vite. On se revoit.
- Speaker #0
À très vite. Salut.
- Speaker #1
Si cet épisode vous a plu, merci de lui laisser un avis 5 étoiles et partagez-le avec vos amis et votre famille. Me laissez un commentaire, c'est maufi l'occasion de m'améliorer pour continuer à être écouté par vous. D'ici la publication du prochain épisode, vous pouvez retrouver mes aventures sur le compte Instagram Podcast. au-delà du mot. Portez-vous bien, allez à très vite, ciao !