- Speaker #0
Salut les amis, j'espère que vous allez bien. Dans cet épisode, on va aborder un sujet essentiel pour de nombreuses futures mamans et jeunes mamans après le postpartum, la pelvipérinéologie. On va explorer ensemble comment prendre soin de votre périnée, que vous soyez sportive ou sédentaire, et découvrir pourquoi le renforcement périnéal est crucial pour prévenir des problèmes comme l'incontinence urinaire et améliorer votre confort après l'accouchement. Mais, cher papa... Cet épisode est également pour vous. En comprenant comment le périnée évolue et pourquoi la rééducation périnéale est essentielle, vous serez mieux équipé pour soutenir votre partenaire dans cette période délicate. Que ce soit pour la reprise d'une activité physique ou dans la vie de tous les jours, cette connaissance va vous aider à accompagner votre partenaire avec compréhension et bienveillance. Si vous êtes enceinte, ou alors après un accouchement, ou alors si vous souhaitez mieux comprendre ce que vit votre partenaire, cet épisode est pour vous. Je vous souhaite une très belle écoute.
- Speaker #1
Bienvenue dans Au-delà du mur, le podcast pour tous les passionnés de course, qu'il s'agisse de bitume, de nature ou de piste. Que vous soyez débutant ou coureur à guérit, nous explorons ensemble la préparation physique et mentale, la nutrition et la santé pour vous aider à atteindre vos objectifs. Si vous cherchez des conseils pratiques, Des témoignages inspirants et des discussions captivantes, vous êtes au bon endroit. Préparez-vous, votre voyage au-delà du mur commence ici.
- Speaker #0
Bienvenue, merci d'avoir fait le déplacement depuis ton canton de Vaud au Natal. Je ne sais même pas si c'est Natal, mais en tout cas, merci d'être venue à moi par cette magnifique journée ensoleillée. Pour les gens qui ne connaissent pas, est-ce que tu peux nous faire un CV ? Qui est Anne ?
- Speaker #1
Alors, je viens de Corsier-sur-Vevey. J'ai toujours vécu dans la région de Vevey depuis toute petite. Je viens d'une famille nombreuse, j'ai quatre frères. J'ai...... J'ai fait toujours un peu de sport dans ma jeunesse, notamment de la natation et de la gym, jusqu'à finalement faire enfin du volet à l'âge de 12 ans, qui ne m'a plus quitté jusqu'à mes 27 ans. Et j'ai dû arrêter malheureusement suite à un accident de voiture, un petit accident de parcours. Et c'est suite à ça aussi qu'après, je me suis dirigée sur d'autres sports parce qu'il fallait bien continuer à bouger. Puis en tant que femme... Ce n'est pas toujours évident quand on a été intégré dans une équipe de pouvoir trouver la motivation à faire du sport seul ou débuter un nouveau sport à l'âge de 27 ans. Il n'y a plus beaucoup d'équipes non plus au niveau féminin. Quand tu compares avec les hommes, le foot par exemple, où il y a des catégories de tout âge. Ça c'est par rapport au sport. Sinon, j'adore faire du ski en hiver, beaucoup de freeride. avec mon compagnon. Et puis sinon, je suis une fan de plongée sous-marine. Je me suis mise à la longboard à l'âge de 30 ans. Alors, je suis encore en apprentissage, en apprentissage des chutes pour le moment. Mais sinon, j'adore marcher en montagne, randonner en tout genre, être en pleine nature. On a la chance d'avoir un van, donc on bouge beaucoup et puis on est beaucoup dehors. Une passion aussi pour l'eau et le bateau. avec un projet futur de partir pour voyager à la voile.
- Speaker #0
C'est un immense menu. Et puis, tu arrives avec tous ces hobbies et toutes ces passions dans ta vie à être physiothérapeute quand même.
- Speaker #1
Alors, c'est tout un challenge. Des fois, je dis que je suis même entrepreneur parce que j'ai une vie de maman, j'ai une vie de physiothérapeute, j'ai une vie de chef d'entreprise. J'ai une vie de voyageuse, j'ai une vie sociale, enfin voilà. Et tout ça, c'est un gros mix à faire. Et après, j'ai fait des choix dans ma vie. Donc la famille d'abord, le travail ensuite. Donc je travaille à un plus petit pourcentage avec comme objectif de pouvoir m'occuper de ma famille avant tout. Et puis quand les filles seront plus grandes, de reprendre un rythme un peu plus important au niveau du travail.
- Speaker #0
Donc tu as réussi à trouver ton équilibre justement malgré toutes les casquettes que tu as.
- Speaker #1
Plus ou moins. plus ou moins. J'ai toujours envie d'avoir un peu plus de temps, des journées un peu plus longues ou un peu plus de temps pour moi, surtout pour le sport. Tout doit être organisé. Si ce n'est pas dans un planning, ça ne marche pas. Donc, voilà, le sport au quotidien, c'est une mission quasi impossible pour moi. Alors après, je dis toujours, c'est une gestion du temps et ce qu'on veut bien faire. N'étant pas du tout une lefto, j'ai du mal à dire, je me lève une heure plus tôt pour faire mon sport. J'ai des plannings organisés avec du sport dans les pauses de midi et puis j'essaye de m'y tenir au mieux. Voilà, on fait comme on peut.
- Speaker #0
Effectivement quand on a des enfants, on travaille chacun un peu son parcours et ses bornes. Mais en tout cas, c'est assez similaire à mon quotidien sauf que je ne suis pas en lève tôt mais je me lève quand même tôt parce que sinon je ne peux pas faire de sport. Et là, ce n'était pas un peu, c'était soit ça soit rien du tout. Donc tu es physiothérapeute, tu viens de courser sur Brevet, donc la maison Chaplin, un endroit merveilleux que j'ai eu la chance de visiter l'an dernier, mais c'est absolument pas de ça qu'on va parler aujourd'hui. Tu es donc physiothérapeute, mais tu as une spécialisation plutôt liée au plancher belgien, c'est ça ?
- Speaker #1
Alors, à la toute base, c'est toujours été la pédiatrie mon premier amour en physiothérapie, donc j'ai fait 7 ans au CHUV en premier à l'hôpital de l'enfance. Et là, je me suis spécialisée en sport, dans la prise en charge des adolescents notamment, suite à des plastides ligamocroisés, des entorses, etc. J'ai eu la chance de collaborer avec des médecins qui m'ont laissé aussi de la place pour créer, pour mettre en place des choses. Et puis, suite à ça, en 2015, j'ai décidé de devenir indépendante. J'aurais voulu garder un pied aux chevilles. Dans la partie sport, malheureusement, ça n'a pas été possible à l'époque. Et puis, j'ai suivi beaucoup de bébés. pour leur développement, pour des plagiocéphalies, pour différents troubles, avec forcément des mamans qui les accompagnent, notamment, qui m'ont demandé aussi après des suivis. Et donc j'ai commencé à mettre en place un cours de gym maman-bébé, que je trouvais sympa justement de pouvoir faire quelque chose avec son propre enfant. Et à l'époque, dans la région, je n'avais pas connaissance que ça existait. Il y en avait peut-être, mais enfin, je n'en ai jamais pris connaissance. Et puis, site à ça, j'ai décidé de me former en pelvipérinologie pour avoir aussi un peu plus de crédit auprès des mamans et pour donner ces cours aussi, d'avoir un papier qui justifie entre guillemets ce que je fais. Et jusqu'à ce que je tombe enceinte, c'est là à commencer l'aventure de la maternité, des questionnements, plein de choses. auxquelles personne n'arrivait vraiment me répondre, que ce soit ma gynécologue ou les personnes qui m'entouraient. Je suis toujours assez curieuse, j'aime bien comprendre de moi-même. De là est partie ma voie dans l'appel d'hypérinologie, si on peut dire ça comme ça. Je me suis formée pour les femmes, mais aussi récemment pour les enfants. Toujours des formations complémentaires dans le sport, avec la clinique du coureur notamment. avec Miquel Amostegui dans tout ce qui est technique manuelle et obstétricale, avec Bernadette de Gasquet parce que c'est quelque chose de connu et j'avais envie d'avoir la version de Gasquet. Et puis avec tout ça, je fais un gros mix, je mélange le tout, je lis des études scientifiques et puis j'en tire ma pratique au quotidien.
- Speaker #0
Donc c'est un peu le besoin, la demande des mères qui t'a amené à la Pellevis ? Périnologie, c'est ça ?
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
La Suisse, c'est effectivement un pays des diplômes, comme tu l'as bien dit. Donc, la nécessité, effectivement, de baquer les formations que tu as par un papier, c'est quelque chose d'essentiel pour pouvoir avoir, effectivement, cette crédibilité. Mais si on revient au niveau des suivis des enfants et des femmes, est-ce qu'on parle des mêmes pathologies ou pas du tout ?
- Speaker #1
Alors, pas tout à fait, parce que l'enfant est différent d'une femme. Mais un enfant peut être sujet à des incontinences, à des problèmes de constipation, à des problèmes morphologiques aussi parfois. Ce n'est pas tout à fait pareil que chez la femme, mais finalement, il y a quand même pas mal de points communs.
- Speaker #0
Et dans ta quête sans fin, donc je dis sans fin parce que j'imagine que tu n'as pas encore les réponses à toutes les questions.
- Speaker #1
Exactement, ça ne s'arrête jamais.
- Speaker #0
Ça serait vraiment chouette. Par rapport au constat de base que tu t'es fait justement quand tu es tombé enceinte, tu t'es dit purée, il n'y a personne qui est capable de me donner une réponse qui me satisfait. Là, on est plusieurs années après. Comment est-ce que tu as vu évoluer justement la science, la recherche et la prise en charge des mamans et des enfants à ce niveau-là ?
- Speaker #1
Alors j'ai l'impression que de plus en plus de physiothérapeutes en Suisse sont formés maintenant en pèlvi-périnologie. Il y a une énorme demande. Et à l'époque, quand j'avais téléphoné à une physiothérapeute pour avoir un rendez-vous, il fallait attendre plusieurs semaines. C'était, je ne sais plus, six semaines, huit semaines. Et puis j'avais trouvé ça extrêmement long. Et l'idée, c'est de pouvoir prendre en charge ces femmes, ces mamans rapidement. pour pouvoir répondre à leurs besoins du moment et pas de les laisser dans l'attente. Donc je pense qu'en Suisse, c'est vraiment en train d'exploser. Le monde de la paix de vie pérennologique, c'est vraiment... Il est mis en avant de plus en plus. Les médecins aussi en parlent plus. Il y a une meilleure interdisciplinarité, on va dire ça comme ça, entre physiothérapeutes, ostéopathes, sages-femmes, enfin toutes les personnes qui tournent autour des mamans. Et je pense que... Chacun d'entre nous a sa place et chacune doit trouver où elle veut aller piocher les informations et qui elle souhaite qu'il entoure. Je pense que c'est un sujet qui est très d'actualité en Suisse et heureusement.
- Speaker #0
Et qui c'est qui doit le premier entre guillemets lever la main pour poser les questions ou en tout cas sensibiliser ? Parce qu'il n'y a pas toutes les femmes qui sont sensibilisées à cette thématique-là. Ma femme, c'est le plus grand exemple. Les deux grossesses, j'allais avec elle chez le gynécologue et jamais on ne nous a parlé de polypérinologie.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que... Alors, j'ai tendance à dire que c'était avant, c'était des gynécologues... de la génération d'avant. Heureusement, même dans nos études, que ce soit physiothérapeute ou médecin, on a des cours blocs en commun. Je pense que ça aide aussi à comprendre les différentes professions et qu'est-ce qui fait l'autre. Mais malheureusement, il y a encore des physiothérapeutes qui n'en parlent pas. Et parfois, même certaines mamans qui demandent des accès à la physiothérapie qui leur sont refusées. Parce qu'en Suisse, on est tenu par les assurances et les médecins sont vraiment sous pression par rapport au coût. Et donc, certains ne veulent plus donner de physiothérapie ou prétendent que d'être enceinte, ce n'est pas être malade. Enfin, on entend malheureusement encore ce genre de discours et puis ça fait toujours un peu peur. C'est triste finalement.
- Speaker #0
C'est effectivement être enceinte, ce n'est pas une maladie, c'est un état de fait. Mais après, juste faire ce constat-là et laisser les... Les mères vivraient elles-mêmes, ce n'est pas forcément la bonne réponse. Toi, tu disais justement que les médecins sont sous pression, donc j'imagine que pour pouvoir venir te voir, il faut quand même une prescription.
- Speaker #1
Tout à fait. En Suisse, on travaille sous prescription. On rêverait d'avoir un accès direct. C'est pour le futur.
- Speaker #0
Comme au Québec.
- Speaker #1
Voilà, comme au Québec, exactement. On est en train de mettre aussi les formations. de plus en plus poussé. Donc, on nous demande maintenant des bachelors. On est en train de mettre en place des CAS, des MAS, des DAS. Voilà, des masters, différents niveaux de compétences. Le gros problème en Suisse, c'est que face à des assurances qui ont un énorme pouvoir. Et puis, on nous demande beaucoup, beaucoup de formations actuellement. Et par contre, le tarif physio, lui, ne bouge pas depuis des dizaines d'années. Donc... C'est toujours un petit peu compliqué de faire la balance là-dedans.
- Speaker #0
Je comprends tout à fait ce côté tarifs physio. D'ailleurs, pour ma culture, il y a eu une votation il n'y a pas longtemps, mais c'était fédéral,
- Speaker #1
c'est ça ? En fait, on se bat actuellement en physiothérapie pour augmenter le point, pour augmenter le tarif, pour être mieux reconnu. Et puis, on n'arrive pas à se mettre d'accord avec les assurances. Et du coup, le Conseil fédéral avait voulu prendre des décisions. Puis en fait, la votation a... permis à ce que vos fédérales ne prennent pas eux des décisions mais ils nous laissent encore le temps de négocier avec les assurances et je crois que le délai est posé en
- Speaker #0
2025, juillet 2025. Ok, donc les assureurs ils vont jouer la montre ?
- Speaker #1
Je ne sais pas, j'espère qu'enfin on trouvera une solution adéquate pour tout le monde mais en tout cas le public est un peu plus sensibilisé maintenant à la cause de la physiothérapie.
- Speaker #0
grâce à cette votation ça c'est vrai c'est très bien ça a permis effectivement de mettre le sujet sur la table ce qui est une très bonne chose si on revient aux mères aux mamans, aux femmes qui sont enceintes est-ce qu'on arrive à poser tu parlais d'interdisciplinarité au niveau des métiers, est-ce qu'on arrive à poser un cadre ou en tout cas un nombre de spécialistes ou un type de spécialisation dont elles auraient besoin quand elles sont enceintes je pense que chacune est différente chacune a des besoins différents
- Speaker #1
Mais d'être au courant de ce qui existe, c'est ça qui n'est pas toujours évident. Donc, on se renseigne beaucoup sur Internet. Il y a beaucoup de choses qui se font maintenant aussi sur Instagram, les réseaux sociaux en général. Parfois, on est un peu perdu dans toutes ces informations. Normalement, la première personne qu'on voit lorsqu'on est enceinte, ça reste le gynécologue, qui normalement maintenant oriente de plus en plus les mamans là où elles veulent. On peut aussi maintenant passer par des maisons de naissance, donc directement par des sages-femmes. Il existe aussi des doulas qui sont de plus en plus mises en avant. Donc, il y a des choses qui se font. Maintenant, chercher l'information, ce n'est pas toujours évident. La chance qu'on a en physiothérapie, c'est que les personnes peuvent venir nous voir sous prescription et que c'est à la charge de l'assurance maternité. Donc, à partir de la 13e semaine de grossesse en Suisse, on peut... avoir accès à la physiothérapie et ça sera pris en charge 100% par l'assurance maternité. Donc c'est souvent comme ça le premier biais qu'on... Enfin c'est la première porte ouverte pour la physiothérapie et puis c'est vrai que nous on conseille après toujours les mamans sur ce qui existe et on les réoriente au besoin chez d'autres professionnels de la santé ou selon leurs envies et leurs questions, on essaie de les réorienter au mieux.
- Speaker #0
Quand on parle de typologie de femmes qui sont enceintes ou même au niveau du postpartum, quand on préparait cet épisode-là, on avait identifié des douleurs ou en tout cas des symptômes spécifiques comme les douleurs lombaires, douleurs du coccyx, douleurs sciatiques chez les femmes enceintes et les sensations de lourdeur et fuite urinaire. Si on les prend séparément, au niveau des douleurs lombaires, c'est assez facile de se représenter. où est-ce qu'on a mal et surtout d'où ça vient, mais comment est-ce que la prise en charge pour ces quatre points-là, ou alors pour commencer pour la partie lombaire, tu la gères ?
- Speaker #1
Donc en général, la première fois qu'on rencontre une maman, on fait vraiment un bilan complet, où on va déjà faire une énorme anamnèse sur ses activités, son travail, son quotidien, est-ce que c'est une première grossesse, est-ce qu'il y a déjà des enfants avant, est-ce qu'il y a eu... des traumatismes dans sa vie, des accidents, des choses, la médication, on traverse vraiment tout ça, on fait une anamnèse très complète, et puis après seulement, on va aller dans ce qui est physique, et puis en fait, là on va faire différents tests, pour voir est-ce que les douleurs se situent là où la maman les décrit, ou est-ce qu'il y a d'autres choses, et puis en fait... Après, le traitement en soi est individualisé en fonction de tout ce qu'on observe avant. Mais c'est vrai que la plupart du temps, les mamans sont amenées à faire de la physiothérapie en premier parce qu'elles ont mal au dos, notamment. C'est vraiment une cause fréquente. Ou régulièrement des douleurs de sciatique, qui ne sont pas des vraies sciatiques, mais elles décrivent des douleurs sciatiques. Et de par mon parcours, j'ai aussi beaucoup de mamans qui viennent plus pour de la prévention maintenant, parce qu'elles font du sport et qu'elles ont besoin de conseils par rapport à leur sport, savoir est-ce qu'elles font juste, qu'est-ce qu'elles peuvent faire, jusqu'où est-ce qu'elles peuvent aller. Donc voilà, je dirais que c'est un petit peu ça. On a aussi des mamans qui viennent parce qu'elles ont des lourdeurs, des sensations d'inconfort dans le bas-ventre, des tiraillements. Ça peut être aussi de l'incontinence à l'effort, mais aussi de l'incontinence en faisant rien de plus. Donc voilà, c'est tout ce genre de cas qui, quand elles en parlent aux médecins, en général, nous les renvoient en physio. Et puis, c'est la porte d'entrée à la physiothérapie. Puis en général, on profite aussi de ces séances-là pour faire tout ce qui est le travail de prévention. En fait, on ne va pas juste traiter des douleurs de dos, mais on va préparer. pour préparer la femme à l'accouchement, physiquement si on peut dire ça comme ça, dans la mobilité, dans le renforcement, dans la posture, etc.
- Speaker #0
Tu disais avant qu'il y a la possibilité de beaucoup se documenter sur Internet, les gens qui font leurs recherches. Comment est-ce que tu as vu l'évolution ou alors peut-être l'augmentation du nombre de personnes qui viennent consulter ? Pour ce genre de symptômes-là, parce que j'imagine qu'à une époque il y avait un certain tabou peut-être aussi, ou le fait de se dire purée, j'ai à peine 30 ans, j'ai déjà de l'incontinence, j'ai déjà des fuites urinaires alors que ma grand-mère m'en parle maintenant Comment est-ce que tu sens ou tu perçois que la thématique est abordée ou perçue par les femmes de nos jours ?
- Speaker #1
Je pense que les femmes de nos jours en parlent de plus en plus entre elles. C'est moins tabou que la génération de nos mamans. Et heureusement, parce que finalement, d'avoir des incontinences, d'avoir des douleurs, ce n'est pas quelque chose de normal. Et il y a des solutions pour tout ce genre de problème. Donc, le fait d'en parler et de pouvoir se faire aider, ça permet aussi d'aller de l'avant.
- Speaker #0
C'est très juste. Et quand on discutait avant de débuter l'enregistrement, tu disais qu'il y avait aussi un certain nombre de... de crainte ou d'idée de fausse croyance en lien justement avec la physiothérapie qui peuvent entraver ou en tout cas décourager les femmes de venir consulter. C'était effectivement en se disant qu'il y avait effectivement des manipulations qui pouvaient se faire, qui étaient faites effectivement en interne mais également en externe. Et puis qu'il y a des gens qui se disaient que c'était forcément de toute manière en interne et puis c'était un frein à des femmes pour venir consulter.
- Speaker #1
Oui alors malheureusement il y a encore cette croyance que physiothérapie égale... traitement interne avec sonde, avec des appareils, etc. Alors, je ne dis pas que ce n'est pas tout le temps, mais de toute façon, c'est systématiquement avec le consentement de la patiente. Donc, on pose toujours la question avant. Et puis, si la personne nous dit non, c'est non. Puis, on respecte son choix. Et il y a déjà pas mal de possibilités de travail par la thérapie manuelle externe, par des exercices de mobilité, de renforcement, un travail postural. un travail respiratoire, on peut déjà avoir des super progrès. Puis des fois, il faut aussi créer un lien avec la patiente jusqu'à ce qu'elle se sente prête. Et puis un jour, elle nous dit en fait, finalement, c'est OK pour moi. Mais c'est vrai qu'il ne faut pas avoir peur de venir chez le physio. par peur d'un traitement interne parce qu'on peut très bien traiter en externe, en tout cas dans un premier temps. Et puis après, c'est toujours selon les désirs de la patiente. On ne va jamais faire quoi que ce soit si elle ne nous donne pas son consentement.
- Speaker #0
Et ce qu'il y a de frustrant, en tout cas, ça c'est le point de vue du papa et du mari dans la partie postpartum, une fois que madame a eu ses enfants, c'est qu'elle parle des fois de douleurs au bas du dos ou de douleurs qui, pour nous, paraissent... anodines en fait, qui pourraient avoir de multiples causes, mais quand on va chez les généralistes, parce que c'est forcément la porte d'entrée pour éventuellement avoir une ordonnance fusion, on en parlait avant, elles reviennent à nouveau avec plus de questions que de réponses. J'imagine bien que faire des exercices de manière préventive, ça va éviter certaines douleurs, mais est-ce qu'il y a des exercices qu'on pourrait introduire dans une routine quotidienne pour les personnes qui bougent régulièrement ? et qui vont justement, je dirais, repousser le mâle le plus longtemps possible ou pas du tout ?
- Speaker #1
Alors, moi je travaille énormément pendant la grossesse la posture, le travail postural et le travail de la respiration, parce que ça va prévenir aussi en post-accouchement différents problèmes qui pourraient survenir. C'est vrai que quand on est maman, c'est beaucoup de câlins, donc on s'enroule beaucoup sur nous-mêmes. On alaite, si on alaite ou même si on donne le biberon finalement, c'est des postures vraiment de fermeture. Et puis finalement, on amonte ça, on peut travailler tout le renforcement du haut du dos, des autograndissements. C'est vraiment global, la prise en charge n'est pas seulement au niveau du plancher pelvien, mais de tout ce qui concerne les abdominaux. Et puis le dos, notamment la force du dos. Et c'est vrai que régulièrement, lors d'une première grossesse, on peut avoir des douleurs, mais qui peuvent assez facilement disparaître en postpartum. Et si on a plusieurs grossesses, c'est des douleurs qui ont tendance à s'accentuer. Donc de faire aussi une bonne rééducation ou une bonne éducation durant la grossesse, ça permet de prévenir différents maux par la suite. Donc plus vite, en fait, on aura les bonnes informations, plus ce sera efficace et on changera notre façon de faire. Des fois, ça s'en rend compte, mais finalement, dans le quotidien, il y a beaucoup de petites choses qu'on peut faire, notamment la position qu'on adopte sur les toilettes, la hauteur des pieds. Enfin voilà, plein de choses de ce style qui peut faire toute la différence.
- Speaker #0
C'est hyper vaste. Alors si on prend... La partie postpartum ou même grossesse, donc on parle de plusieurs mois de suivi. Oui. La partie postpartum, ça dépend effectivement comment on est assidu dans les exercices. Moi,
- Speaker #1
je suis...
- Speaker #0
C'est un traitement qui peut prendre quand même un certain temps. La volonté, c'est quand même que les femmes soient indépendantes, qu'elles arrivent à gérer de manière autonome quand même à partir d'un certain temps leurs exercices et puis qu'elles soient en mesure de... entre guillemets s'auto-diagnostiquer ou c'est un rendez-vous périodique avec toi qu'elles prennent pour les 20 prochaines années ?
- Speaker #1
Non, non, ce n'est pas un rendez-vous périodique. On essaie vraiment de donner des conseils pour créer des automatismes et de beaucoup travailler avec des petits changements, mais dans les activités de la vie quotidienne. Donc notamment la posture sur les toilettes, ça peut être quelque chose qu'on n'a jamais appris toute notre vie. Et puis finalement... C'est pas très compliqué à changer, mais ça peut changer beaucoup de choses, notamment sur la constipation, la vidange de la vessie, etc. Donc, on essaie vraiment d'autonomiser nos patientes, et non, elles ne vont pas venir nous voir forcément toute leur vie. Durant la grossesse, en fait, ça va être vraiment selon leurs besoins, et on peut être amené à les voir deux fois par semaine, s'il y a vraiment des fortes douleurs. Parfois, c'est une fois par semaine, et parfois, c'est une fois par mois. Et parfois c'est selon leurs besoins aussi. On préfère nous remettre un rendez-vous à un peu de distance quand elle n'est pas trop sûre, parce que c'est plus facile dans nos plannings de les enlever que de les rajouter. Mais encore une fois, c'est vraiment selon les besoins. Certaines mamans ont besoin d'être accompagnées, soutenues, beaucoup plus que d'autres qui sont assez indépendantes et qui finalement d'elles-mêmes trouvent leurs ressources. Ça va à qui poser les questions et ont moins besoin d'un soutien. Que ce soit physique, mais aussi psychologique, relationnel. Enfin voilà, c'est la personne humaine qu'on traite, donc c'est un tout.
- Speaker #0
Tu as parlé de la partie prise en charge dans le cabinet. Tu as parlé de la partie justement... Voix vers l'autonomie des personnes, ça c'est le côté je dirais très médical, mais est-ce qu'il existe des séminaires ou des endroits où justement les femmes pourraient se rendre pour acquérir, je dirais, entre guillemets, en une soirée, le parfait guide de la maman qui va tomber enceinte et puis qui va faire ses exercices au niveau du postpartum ou ça n'existe pas ?
- Speaker #1
Alors je pense que le parfait guide de la maman au pré-postpartum n'existe pas vu qu'on est toutes différentes, mais... À ma connaissance, non. Il n'existe pas vraiment de lieu comme ça où on peut apprendre tout sur une soirée. Par contre, on peut sur, je dirais déjà deux séances de physiothérapie, donner pas mal d'informations. Et la maman peut déjà repartir avec des bonnes bases. Donc, il n'y a pas forcément besoin toujours de faire neuf séances. On a des mamans qui sont très actives, que ce soit dans leur travail, dans leur sport, etc. qui n'ont pas forcément le temps non plus. Donc en fait, ce qu'on essaye de faire au sein de notre cabinet, c'est de les voir sur 45 minutes au lieu de 30 sur un premier rendez-vous. Comme ça, on peut vraiment déjà poser les bases. Et puis en fait, après, elles peuvent prendre le temps de réfléchir à tout ce qu'on leur a dit. Et puis en fait, on met un deuxième rendez-vous légèrement à distance, on va dire ça comme ça. Puis elles reviennent avec leurs questions, puis on reprend ce qu'elles ont besoin de... D'approfondir. Alors après, de nouveau, on ne peut pas faire ce qu'on fait en 10 séances, en 2 séances, mais je pense que des bonnes bases, on peut déjà les transmettre. On peut aussi donner des liens. Il existe des physios actifs sur les réseaux sociaux qui ont des très bonnes vidéos, des très bonnes explications, où on peut trouver plein d'informations. Après, nous, on propose des ateliers. et c'est vrai qu'on n'a pas forcément d'ateliers sur la grossesse mais des ateliers moteur moi je propose et là c'est plus dans quelle comment dire ça qu'elle pas comme par meubles mec qu'est ce qui qu'est ce qu'on a réellement besoin lorsque on va accoucher au niveau mobilier au niveau installations etc parce que maintenant on vit dans tout ce qui est magasin, boutique en ligne, ça déborde de choses pour les bébés, pour les mamans. Et là, on essaie aussi de les guider. Donc, c'est possible de faire un peu un cours atelier privé, papa, maman qui viennent. Et puis, elle pose les questions qui leur conviennent. Après, il y a toujours aussi tout ce qui est la préparation à la naissance avec les sages-femmes. Et là, ça va être plus le côté théorique. Mais ça peut se faire en groupe, ça peut se faire aussi en privé pour des personnes qui n'aiment pas forcément être en groupe ou qui ont des questions un peu plus précises. Du coup, il existe quand même des sources d'informations chez les professionnels de la santé, mais c'est vrai que ce n'est pas toujours très bien mis en avant. Il faut qu'on progresse là-dessus, je pense.
- Speaker #0
Donc, séance projette dans l'avenir, dans dix ans, tu le vois comment ton métier à ce niveau-là ?
- Speaker #1
J'espère que je ne vais pas devoir développer les réseaux sociaux encore plus parce que c'est une galère. J'espère vraiment qu'on reste à chacun son job. Mais je pense qu'on peut transmettre notre savoir. On n'est pas très bon des fois pour se vendre en tant que physiothérapeute. On a toujours ce... Je ne sais pas, j'ai l'impression qu'on a cet état d'esprit de se dire Ouais, mais il y en a sûrement d'autres qui savent toujours mieux que moi. Et puis finalement, quand on voit dans d'autres pays, Certains font des choses, mettent en place des programmes, etc. Et parfois, on se dit, mais j'ai quand même pas mal d'expérience, je pourrais aussi. Donc, je pense qu'on va... Dans dix ans, peut-être qu'on se vendra mieux.
- Speaker #0
Ça, c'est le syndrome suisse de se dire qu'il faut avoir 25 diplômes avant de fêter le premier et de le mettre en avant.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Effectivement. C'est vraiment... À chaque fois que je parle de cette thématique-là, ça devient de plus en plus vaste. Ça ouvre encore la porte à d'autres questions. C'est le quatrième épisode que j'enregistre là-dessus. Et je me rends compte que les personnes qui m'écoutent, le public, est en train de devenir de plus en plus féminin. On va savoir pourquoi. Mais j'espère qu'il y a plein de papas qui écoutent aussi ce genre de podcast-là parce que c'est aussi notre rôle de sensibiliser les mamans justement à ne pas accepter l'état de fait de se dire que t'as accouché, c'est bon, voilà, c'est fait, c'est la vie, les incontinences, etc., ça fait partie de ton quotidien, et de bousculer l'ordre établi. Oui,
- Speaker #1
tout à fait. Et nous, dans nos séances de physiothérapie, durant la grossesse notamment, alors on ne peut pas le faire à chaque fois, mais on essaie d'intégrer les papas. Donc quand c'est possible, on propose des séances aux mamans, avec les papas, et on montre notamment des petits massages, de détente qu'ils pourraient faire pour soulager certaines douleurs qu'elles ont au quotidien. 2-3, pas des manipulations mais des postures qui peuvent aider. Et puis je pense que le coparent il est indispensable que ce soit pendant la grossesse, au moment de l'accouchement et après et de les intégrer le plus tôt possible. Je pense que ça c'est encore aussi un travail à faire. Souvent, c'est encore la question de la maman. Et puis, le papa est rarement là. Donc, nous, on essaye de plus en plus au centre de faire au moins une séance avec le papa. Et ils disent toujours que c'est super intéressant parce qu'ils apprennent plein de choses et ils découvrent la maternité différemment quand ils accompagnent leur femme, en fait.
- Speaker #0
Effectivement, parce qu'on se sent extrêmement acteur pendant toute la grossesse. On se sent acteur pendant la naissance. On se sent acteur pendant le premier mois de l'accouchement. si on a l'occasion de participer, j'ai eu la chance de participer aux cours de préparation à la naissance et puis d'autres cours ou d'autres séances d'information. Et c'est vrai que ça nous permet aussi de rendre réel, un peu plus réel en tout cas, que le petit truc, le petit être qui est en train de grandir, part dans notre ventre parce que finalement, on dort très bien la nuit, on continue à faire la fête jusqu'au jour, bam, c'est fini et là, c'est encore plus violent. Donc peut-être qu'il y a aussi quelque chose à faire au niveau de l'évolution de la prise de conscience. conscience aussi au niveau des papas et de l'intégration des papas.
- Speaker #1
Exactement. Tout ce qui est coparent, c'est pareil. C'est une thématique qui est de plus en plus mise en avant. Je pense que les papas se sentent de plus en plus concernés, ou les conjoints se sentent de plus en plus concernés. Mais je pense qu'on peut encore faire un pas en avant dans cette direction.
- Speaker #0
On fera l'état des lieux dans cinq ans alors.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Merci beaucoup d'être venue, Anne.
- Speaker #1
Merci beaucoup à toi de m'avoir invité.
- Speaker #0
Avec plaisir. À bientôt.
- Speaker #1
À bientôt.
- Speaker #0
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