- Speaker #0
Ce podcast est proposé par Au-delà du Mur et Disruptive Audio. Eh ouais !
- Speaker #1
Bonjour à toutes et à tous, j'espère que vous êtes en pleine forme. Dans cet épisode, nous mettons le cap sur un événement mythique, le Marathon du Mont Blanc. Cette course emblématique, née en 1979, ne cesse d'innover pour offrir une expérience unique tout en relevant les défis environnementaux d'aujourd'hui. Cette année, des mesures audacieuses sont mises en place. 40% des dossards sont réservés aux coureurs venant en train ou en bus. Et une compensation carbone obligatoire est désormais exigée pour tous les participants. Pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir Magali Chevalier, responsable des grands événements au Club des Sports de Chamonix. Ensemble,
- Speaker #0
nous allons explorer les coulisses de cette transformation, comprendre les motivations derrière ces décisions et discuter des impacts qu'elles pourraient avoir sur le futur des événements sportifs. Restez avec nous ! Car cet épisode promet d'être aussi inspirant que révolutionnaire. Je vous souhaite une très belle écoute.
- Speaker #1
Bienvenue dans Au-delà du mur, le podcast pour tous les passionnés de course, qu'il s'agisse de bitume, de nature ou de piste. Que vous soyez débutant ou coureur à guéris, nous explorons ensemble la préparation physique et mentale, la nutrition et la santé pour vous aider à atteindre vos objectifs. Si vous cherchez des conseils pratiques, des témoignages inspirants et des discussions captivantes, vous êtes au bon endroit. Préparez-vous, votre voyage au-delà du mur commence ici.
- Speaker #0
Ma chère Magali, bonjour,
- Speaker #1
comment vas-tu ?
- Speaker #0
Très bien, merci. Et toi Hugo, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Très bien, je te remercie. Merci beaucoup d'accepter de discuter avec moi en ce merveilleux vendredi ensoleillé. Quel météo il fait chez vous à Chamonix ?
- Speaker #0
Écoute, il fait plutôt beau. C'est un petit peu bouché sur le Mont Blanc, mais on a quand même du soleil qui n'est pas loin d'approcher.
- Speaker #1
Ah, quelle chance tu as ! Moi, pour la petite histoire, j'ai la vue sur le sommet de l'Abera. C'est le sommet le plus haut du coin où je vis et puis il trône fièrement, je crois, à 1600 mètres d'altitude. Allez, on ne peut pas encore concurrencer ce merveilleux Mont Blanc. Pour les gens qui ne savent pas qui tu es, est-ce que tu pourrais nous faire un CV ? Qui est Magali Chevalier ?
- Speaker #0
Absolument, avec plaisir. Moi, je suis une salariée du Club des Sports. Le Club des Sports, c'est une association qui a été créée en 1905 à Chamonix. C'est une association à but non lucratif et on a deux missions au sein du Club des Sports. La première, c'est de faire faire du sport sportif aux enfants de la vallée, au travers de 25 sports différents. On a 4 000 licenciés et notre deuxième mission, c'est la promotion touristique du territoire au travers d'événements sportifs internationaux que sont le Marathon du Mont-Blanc, la Coupe du Monde d'Escalade et la Coupe du Monde de Ski Le Candard. Et mon travail au sein du Club des Sports, c'est d'être responsable de l'organisation de ces trois événements.
- Speaker #1
C'est magnifique. J'imagine que tes journées doivent être quand même assez chargées ?
- Speaker #0
Oui, je ne manque pas d'occupation, mais c'est hyper intéressant et c'est très varié. Donc j'aime beaucoup ce que je fais.
- Speaker #1
Et sur la description en tout cas dont on adresse, mais l'on voit responsable des grands événements. Donc j'imagine que ces grands événements, c'est ceux dont tu viens de nous parler. Donc essentiellement orientés au marathon du Mont Blanc et puis la course de ski alpinisme, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui, alors effectivement les trois événements, les trois grands événements comme on les appelle, Donc le Marathon du Mont-Blanc, qui est une course de trail. La Coupe du Monde d'Escalade, là, qui se déroule sur un mur artificiel qu'on met en place sur la place du Mont-Blanc à Chamonix et qui a lieu au mois de juillet. Et la Coupe du Monde de Ski Le Candard, ça c'est une descente et un slalom en ski alpin homme, qui a lieu en fin janvier, début février et qui n'a pas forcément lieu tous les ans puisque c'est en fonction des aléas du calendrier de la Fédération Internationale de Ski.
- Speaker #1
L'association ? plus d'une centaine d'années quand même, tu avais dit 1905. Donc qu'est-ce qui explique selon toi cette longévité pour un club sportif ?
- Speaker #0
Eh bien parce que d'abord on est dans une vallée très sportive. Comme je te disais il y a 4000 licenciés au sein du club des sports pour 9000 habitants dans la vallée. Donc on a l'habitude de dire qu'on a un licencié par famille dans la vallée et puis aussi par une volonté politique de la collectivité d'avoir du sport, de proposer du sport aux enfants de la vallée. Donc c'est vrai qu'on est dans un cadre où tout se prête à faire des activités sportives et on a une population très dynamique et très sportive donc je pense que c'est ce qui fait la longévité et la popularité du club du sport.
- Speaker #1
Donc c'est vraiment un cadre pour les champions en herbe ?
- Speaker #0
Exactement, on est très fiers de pouvoir dire qu'on a eu à chaque Olympia d'hivernale un sélectionné du club des sports qui a participé au JO d'hiver depuis 1924. Donc c'est pour nous une grande fierté. On est très fiers de ces champions chamoniards qui font briller les couleurs de Chamonix au plus haut niveau.
- Speaker #1
Effectivement, vous avez l'habitude d'être sur le devant de la scène. Une des raisons pour laquelle on est en train de discuter aujourd'hui, c'est pour parler plus spécifiquement du Marathon du Mont-Blanc ? Et puis, une annonce vue depuis la Suisse, depuis ma petite Helvetia et ma Bera à 1600 mètres. C'est un peu un séisme dans le monde de la course à pied en montagne, du trail. Vous avez décidé de modifier les conditions d'attribution des dossards pour favoriser les personnes qui se déplaceraient en mobilité douce. Sans vouloir rentrer directement dans le vif du sujet, est-ce que tu peux nous expliquer un peu la démarche qui a mené à cette décision ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr ! Donc, comme je te le disais, on est avant tout des habitants de la vallée et on organise nos événements dans le but de la promouvoir, mais avec toujours quand même une volonté de ne pas l'impacter et de la préserver le plus possible. Donc, notre objectif, il est de préserver la vallée et de la partager. Et donc, depuis qu'on a créé le Marathon du Mont-Blanc en 1979 avec à l'époque une seule course, le Cross du Mont-Blanc, on a chaque année fait des actions pour organiser l'événement de la façon la plus propre possible. Donc, ce n'est pas récent qu'on fait des actions environnementales sur cette épreuve. On a commencé par supprimer les gobelets plastiques, imposer des contenants individuels aux participants. Ensuite, on a mis des éco-toilettes, on a limité le nombre de participants par course. Des actions, je pourrais en citer des dizaines et des dizaines. On a aussi… aussi une action assez forte qu'on a mis en place il y a trois ans en arrière. On a supprimé toutes les bouteilles plastiques d'eau plate, d'eau pétillante et de cocage non ravitaillement. Donc c'est vrai qu'on est très attachés à ne pas impacter ou impacter le moins possible notre vallée. Et du coup, pour analyser l'impact de l'événement, on réalise depuis trois ans une analyse d'impact environnemental pour savoir un petit peu comment on se positionne, sur quels axes de travail on doit aller. Et il est ressorti de cette analyse d'impact que 96% de l'empreinte carbone de l'événement, elle était liée au transport des participants pour venir dans la vallée de Chamonix participer au marathon du Mont-Blanc. Donc c'est vrai que ce chiffre pour nous, il a été un petit peu un électrochoc. On faisait déjà beaucoup de choses, mais on s'est dit « c'est super ce qu'on fait, mais il faut qu'on aille plus loin parce que ce n'est pas suffisant, on ne peut pas avoir envie de préserver notre vallée » . et accepter que le transport participant ait un tel impact dans l'empreinte carbone de l'événement.
- Speaker #1
Donc c'est de là qu'est née cette idée. C'est juste pharaonique, effectivement, de se dire que vous avez supprimé tout ce qui est contenant jetable. Alors oui, c'est des gestes qui sont effectivement importants, mais quand on regarde la proportion et qu'on se rend compte qu'on n'est pas forcément en train de cibler le vrai problème, c'est vrai que ça pose quand même des questions ? Alors, entre le moment où vous faites l'analyse de l'impact, de quelles sont les sources des missions les plus grandes et le fait de prendre des décisions, j'imagine qu'il y a quand même d'autres courses qui se sont peut-être déjà engagées vers cette voie ou qui se posent ce genre de questions-là. Passe encore le moment où on prend la décision et comment cette décision a été prise au sein du comité ?
- Speaker #0
Eh bien, c'est notre chance et c'est notre force au sein du Club des Sports, c'est qu'étant associatif, on a organisé aucune pression financière, aucune pression de différents intervenants extérieurs et donc on est une petite structure. Donc notre comité s'est réuni et puis il s'est dit comment faire pour changer les choses, pour changer ce chiffre, réduire ce chiffre et on a réfléchi à différentes solutions et on s'est dit pour pouvoir aller plus loin il faut qu'on augmente la part du transport en commun dans la mobilité des participants. Alors, on avait déjà des données, puisque pour pouvoir réaliser notamment notre analyse d'impact, on demandait depuis trois ans aux participants lors de leurs inscriptions comment ils venaient à Chamonix pour participer à l'événement. Et on avait des données où les gens nous répondaient qu'il y avait en moyenne 20% des gens qui venaient en train ou en bus pour participer à l'épreuve. Et donc c'est de là qu'est partie notre idée, on s'est dit eh bien, 20% c'est bien mais ce n'est pas assez. On va augmenter, on va essayer de doubler ce chiffre et donc amener 40% des gens à venir en mobilité plus vertueuse, en transport en commun dans la vallée de Chamonix. C'est de là que tout est parti suite à l'analyse des différentes informations qu'on avait sur le transport des participants. Et une fois qu'on s'est dit, on va inciter 40% des gens à venir en transport en commun, Après, il a fallu réfléchir à comment mettre en place ça. Et c'est là qu'on s'est dit, eh bien, on va réserver 40% des dossards de nos épreuves aux gens qui s'engageraient à venir en train ou en bus.
- Speaker #1
Ok, et comment est-ce que vous vérifiez cette proportion-là ?
- Speaker #0
Alors, pour ça, il faut savoir que pour pouvoir s'inscrire au Marathon du Mont-Blanc, il faut participer à un tirage au sort parce qu'on a beaucoup plus de demandes que de places Donc, il y a 10 000 personnes qui participent aux 8 courses du Marathon du Mont-Blanc. Et pour pouvoir tenter de s'inscrire, il faut faire un tirage au sort. Et l'année dernière, on a eu plus de 33 000 demandes d'inscription au tirage au sort. Alors, toutes les courses ne sont pas soumises à tirage au sort. Seules les courses les plus emblématiques le sont, puisqu'on a des courses pour les enfants. On a un mini-cross où il y a 1 000 enfants qui partagent. on a un kilomètre vertical qui n'est pas soumis à tirage au sort, mais les quatre épreuves les plus emblématiques, que sont le 90 km, le 42 km, le 23 et le duo étoilé, elles sont soumises à tirage au sort. Ces quatre courses, ça représente 6 000 inscriptions. Et du coup, c'est 33 000 personnes qui essayent de s'inscrire au tirage au sort pour pouvoir bénéficier de ces 6 000 dossards. Donc on s'est dit, eh bien ces deux sarts trimbus, comme on les appelle, pour pouvoir les affecter, on ne va pas les soumettre au tirage au sort et on va donner la possibilité aux gens qui seraient enclins à s'inscrire dans cette démarche de s'inscrire sans passer par le tirage au sort. On ne savait pas non plus, au moment où on a pris la décision, si la mesure allait être bien acceptée de la part des participants donc on s'est dit pour récompenser les gens qui s'inscriraient dans cette démarche, on ne les soumettra pas au tirage au sort. Donc ça c'est la première chose, si on souhaite un dossard sans bus, on ne passe pas par le tirage au sort. Et du coup les inscriptions ont eu lieu à l'automne, au mois d'octobre, et donc quand on a ouvert les inscriptions, on ne savait pas si les dossards allaient partir vite, pas vite, si ça allait bien marcher, et on a été très heureux de constater que Les coureurs étaient prêts à nous suivre dans cette démarche, puisque au moment de l'ouverture des inscriptions, tous les dossards train-bus ont été vendus en moins d'une minute. Donc c'est très positif. Ça veut dire que les gens, alors c'est vrai qu'ils ont très envie de participer à l'événement, mais ils sont aussi prêts à changer leur mode de transport pour pouvoir participer à l'événement et pour pouvoir s'inscrire sans passer par le tirage au sort. et puis ensuite malheureusement on sait que il faut un petit peu de contrôle sur tous les premières années on l'a bien vu quand on a mis en place du matériel obligatoire sur les courses type le gobelet etc et bien on était, les premières années on faisait énormément de contrôle sur le matériel obligatoire, on sait que si on ne contrôle pas malheureusement l'engagement des gens ne va pas jusqu'au bout pour toutes les personnes donc Les personnes qui bénéficient des dossards train-bus ont l'obligation de télécharger sur leur bulletin d'inscription avant le 4 mai leurs billets de train ou de bus et on vérifie les billets de train ou de bus pour vérifier que ça correspond aux engagements pris par les coureurs.
- Speaker #1
C'est vraiment admirable parce que justement moi je me posais la question, si on peut contourner le tirage au sort et être certain d'avoir un dossard, on est prêt à accepter un certain nombre de choses ? sur le moment, mais dès le moment où il faut concrétiser et matérialiser l'engagement qu'on s'est pris, c'est comme les systèmes de dons, des fois ça devient un peu plus compliqué. Je salue justement le fait que vous ayez réalisé l'exercice jusqu'au bout en vous assurant de pouvoir contrôler effectivement que tout un chacun aura montré patte blanche et aura respecté sa part du contrat.
- Speaker #0
De toute façon, ce qu'on espère, c'est que les gens seront le plus vertueux possible, donc on aura personne à qui il faudra tirer l'oreille. Mais après, on sait bien que s'il n'y a pas un système de contrôle, notamment les Français, on aime bien un petit peu contourner parfois la loi, le règlement, la vitesse limitée, des choses comme ça. On sait qu'on a besoin d'avoir un petit système de contrôle les premières années pour être sûr que tout le monde joue le jeu.
- Speaker #1
Donc vous avez mis en place ce système pour réserver les dossards aux personnes qui se déplaceraient ? à travers les moyens de mobilité douce et respectueuse de l'environnement. J'imagine que ça, ça a quand même un impact sur les infrastructures et puis sur le nombre de trains roulants et de bus qui devront être mis à disposition pour la manifestation. Donc vous avez dû discuter aussi avec les transporteurs en amont, j'imagine ?
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Alors, autant pour venir à Chamonix, ça n'a pas forcément un impact très important puisque Chamonix, on a la chance d'être bien desservis par le train, bien desservis par des lignes de bus régulières au départ de grandes villes, notamment sur les villes françaises environnantes. Mais par contre, et puis parce que aussi les coureurs se répartissent sur trois jours, étant donné qu'on a des événements qui se déroulent du vendredi 24 27 au dimanche 29, et qu'il y a des gens qui arrivent dès le début de semaine, d'autres le mardi, le mercredi. Les gens arrivent un peu au fil de l'eau dans la vallée, mais effectivement tu as tout à fait raison. Une fois qu'ils sont dans la vallée, il y a un vrai enjeu transport pour être sûr que tout le monde puisse voyager facilement, se rendre de son hébergement sur le départ de la course, etc. Donc on discute avec la SNCF pour la ligne Mont-Blanc-Express C'est la ligne qui dessert Saint-Gervais-les-Bains-le-Fayet à Val-Orsines, donc qui dessert la vallée de Chamonix. Et puis avec le transporteur de cars qui s'appelle Chamonix Mobilité pour pouvoir avoir des bus supplémentaires pour se rendre au départ des courses, des trains supplémentaires pour se rendre au départ des courses et puis idem, des bus, des trains, etc., le soir pour pouvoir rentrer. Notamment la nuit puisqu'on a des courses qui se terminent en pleine nuit à… 2, 3, 4 heures du matin comme le 90 km où le temps maximum est de 25 heures. Les coureurs partent à 4 heures du matin le vendredi matin et puis les derniers vont arriver autour de 3 heures du matin, 4 heures du matin, 5 heures du matin dans la nuit de vendredi à samedi. Donc il faut que ces gens, on puisse les ramener chez eux et à ces horaires-là, il n'y a plus de transport en commun. Donc on a mis en place un système de navettes de l'organisation qui, qui attend les coureurs sur la ligne d'arrivée, qui les rassemble et puis qui les ramène dans leurs différents hébergements dans la vallée de Chamonix.
- Speaker #1
Et ça justement, ça m'amène à l'autre aspect où j'imagine que vous avez dû aussi réfléchir et ça vous a causé certainement des nœuds au cerveau, c'est la partie hébergement parce que les personnes qui venaient en voiture jusqu'à maintenant, j'imagine qu'elles ne s'inquiétaient pas trop de leur heure d'arrivée en se disant « au pire je dors dans ma voiture » ou alors « je rentre chez moi directement » . Donc au niveau des hébergements, j'imagine que vous avez aussi dû aborder cette question-là avec les hôteliers de la région.
- Speaker #0
Alors pas trop parce qu'il faut savoir qu'il y a 80 000 lits touristiques dans la vallée de Chamonix, ce qui est assez important et du coup on n'a pas trop de problèmes pour que les coureurs puissent trouver de l'hébergement dans la vallée. Donc on voit quand même qu'il y a un effet sur l'hébergement avec cette mesure parce qu'à ce jour, Quand on cherche de l'hébergement dans la vallée, on trouve que tous les hébergements les plus accessibles en termes de tarifs ont déjà été réservés. Mais il reste encore un grand nombre d'hébergements parce que 80 000 lits touristiques… Nous, le marathon du Mont-Blanc, c'est 10 000 coureurs et 30 000 accompagnants, donc environ 40 000 personnes. Donc, c'est la moitié de la capacité hôtelière de la vallée. Donc là-dessus, on n'avait pas d'inquiétude sur l'hébergement des gens dans la vallée.
- Speaker #1
Effectivement, ce sont des chiffres qui sont juste hallucinants. Je ne m'imaginais même pas ça. Et puis, toutes ces modifications, toutes ces discussions, j'imagine qu'au sein du comité, ça a quand même amené son lot de nouveautés, son lot de nouvelles discussions pour une organisation qui, je serais tenté de dire, roulait, vous aviez vos habitudes au niveau des transports, la sécurité, etc. Donc il y a aussi un vrai enjeu au sein du comité pour se challenger et apporter des solutions à des nouveaux problèmes ou des nouveaux quoi qui pourraient arriver.
- Speaker #0
Oui, tu as tout à fait raison. C'est sûr qu'on pourrait se dire que le marathon du Mont-Blanc, ça fait depuis 1979 qu'on l'organise, ça roule, c'est facile, on sait ce qu'il faut faire. Mais en fait, on est toujours dans une recherche d'amélioration. Il n'y a pas une année qui se passe sans qu'on se pose des questions sur comment améliorer l'événement, qu'est-ce qu'on peut faire pour impacter moins, qu'est-ce qu'on peut faire quand on a décidé de supprimer les bouteilles plastiques d'eau plate et d'eau pétillante à l'époque ? On avait un partenaire qui nous donnait l'eau et qui nous donnait de l'argent en plus. Donc, c'était assez facile pour nous. Il y avait deux smear morts qui arrivaient avec des milliers de bouteilles plastiques et puis on n'avait plus qu'à aller les répartir sur les ravitaillements. Mais on s'est dit « mais ça, ce n'est plus possible » . Quand on voyait ces camions qui arrivaient, le volume de déchets produits avec toutes ces bouteilles, on s'est dit « mais on doit changer les choses » . Nous, à Chamonix, la chance qu'on a… On boit l'eau du robinet, c'est l'eau des glaciers, elle est excellente. Pourquoi on amène de l'eau ? Pourquoi on crée ces déchets ? Donc, changeons les choses. Et à l'époque, quand on a décidé de supprimer ces bouteilles… On a acheté des cuves, on a acheté des machines pour injecter du gaz dans l'eau du robinet pour pouvoir créer de l'eau pétillante et mettre des électrolytes. On a discuté avec notre partenaire énergétique qui proposait des électrolytes pour trouver une composition qui marchait bien pour être intégrée dans l'eau pétillante. Et tout ça c'est beaucoup de travail, c'est beaucoup de réflexion mais on n'est pas du genre à s'arrêter sur nos acquis à se reposer sur nos acquis, on veut toujours aller de l'avant et être les pionniers de nouvelles idées, de nouveaux développements.
- Speaker #1
Tu as lancé justement le mot pionnier, vous n'avez effectivement pas attendu l'année passée ou le rapport pour agir, donc vous avez cette intelligence collective en tout cas pour identifier les problèmes et trouver des solutions pragmatiques pour les résoudre. Quel impact ? Est-ce que vous pensez que votre décision et les mesures que vous prenez auront sur d'autres courses majeures ? Moi, en Suisse, je pense par exemple à la course herzinal qui est une course qui ferait partie de ce genre de catégorie-là.
- Speaker #0
Ce qu'on espère, mais après, on n'est pas là pour faire... Enfin, on sait qu'on est plutôt des bons élèves, mais notre objectif, il n'est pas de dire « Regardez ce qu'on fait, faites comme nous » . Nous, ce qu'on espère, c'est que les autres organisateurs vont se dire « Oh, ben ils l'ont fait. » Eh bien, peut-être que nous aussi, on peut essayer. On espère qu'on va servir de modèle. Honnêtement, on sert aussi un peu de crash test, puisque quand c'est la première fois que tu mets en place des choses comme ça, t'as des gens qui sont un peu virulents, qui peuvent trouver que la mesure elle est... On nous a taxé de greenwashing, que ça n'allait pas changer grand-chose parce que de toute façon, il y avait tellement de touristes à Chamonix, c'est pas ça qui allait révolutionner les choses. Mais... Nous, notre objectif, c'est de faire changer les choses à notre échelle. On espère que les autres se diront que si on l'a fait, c'est faisable et qu'ils n'hésiteront pas à venir nous voir pour avoir des conseils sur comment mettre en place ce genre de choses pour que ça se fasse bien pour eux. Mais après, on n'a pas vocation à dire « Vous devez tous faire comme nous. » Chacun fait en fonction de ses capacités. Il y a aussi l'aspect où on a… la chance d'être très demandée. Quand je te parlais du nombre de personnes qui essayent de s'inscrire au tirage au sort, c'est sûr que là-dessus, on a cette facilité de dire qu'on peut plus facilement demander aux coureurs de faire des efforts parce qu'on sait qu'on a une très forte demande pour participer à notre épreuve. Chose que d'autres organisateurs, peut-être, ne peuvent pas faire parce qu'ils n'ont pas forcément la même demande. Mais bien sûr, ce n'est pas forcément le cas de Cierdinal ou d'autres grands organisateurs.
- Speaker #1
Après, vous avez effectivement suffisamment de demandes pour que les décisions que vous prenez puissent avoir un impact déjà sur le public parce que c'est des choses qui marquent quand même j'imagine en tant que participant. Tu parlais avant effectivement des gens qui vous taxaient de greenwashing. J'ai suivi de très près sur les réseaux sociaux l'annonce, les annonces qui ont été faites l'année dernière et effectivement pour la personne qui doit changer ses habitudes et qui se retrouve contrainte de changer ses habitudes, forcément, elle, elle se voit entravée dans sa pratique sportive et puis elle se dit « Ah purée, encore un truc qui va me mettre des bâtons dans les roues et m'empêcher de réaliser le sport que j'aime » . Après, ce que je trouve extrêmement ambigu et je suis le premier aussi à l'admettre pour mon cas de figure, c'est que toutes les personnes, j'imagine, qui participent au Marathon du Mont-Blanc, quand on leur demande pourquoi elles viennent là, dans les trois premières raisons qu'elles vont citer, j'imagine qu'elles vont dire que parce qu'elles adorent la nature et les paysages. et puis après dès le moment où on va leur dire pour préserver la nature et le paysage on va mettre en place des mesures drastiques de limitation de l'empreinte carbone des personnes qui se déplacent et bien là, le discours et la posture changent totalement il y a quand même cette ambivalence chez les gens de passer de la réflexion à l'axe qui est quand même assez extraordinaire c'est pour ça, pour en venir justement au fait que vous êtes une immense structure c'est que Oui, vous n'êtes pas des donneurs de leçons, mais vous avez su aussi endosser un certain rôle moral pour tenter de changer les choses, comme tu disais, à ton niveau. Et ça, il faut vraiment le souligner. Bravo.
- Speaker #0
C'est gentil, c'est gentil. Mais tu sais, on est avant tout chamonniards. Moi, je suis née à Chamonix. Quand j'étais petite, je pouvais aller au pied du glacier des Bossons. C'est le glacier qui descend jusqu'au cœur de Chamonix. On allait à pied au pied du glacier des Bossons en 10 minutes de marche. Désormais, le glacier des Bossons a tellement fondu qu'il est à la moitié de la montagne. Donc on voit au quotidien les effets du réchauffement climatique, on les vit au quotidien. Les glaciers fondent, la montagne tous les étés, il y a des éboulements dans la montagne parce que le permafrost fond parce qu'il fait trop chaud. L'hiver, au lieu de neiger, il pleut parce que 3° d'écart, ça fait qu'au lieu de neiger, c'est la pluie qu'on a. Et vraiment, on sent au quotidien ces effets du réchauffement climatique. Pour nous, on considère qu'on a une responsabilité. On veut continuer à faire partager notre vallée avec ce bel événement qu'est le Marathon du Mont-Blanc. Mais on veut aussi que les gens se rendent compte qu'il y a un impact quand on organise un événement et qu'on essaye de faire en sorte de réduire cet impact. Notre autre fil conducteur, c'est de se dire plus que les autres organisateurs, nous, ce qu'on espère à notre humble niveau, c'est faire changer les mentalités, c'est de se dire quelqu'un qui est venu au marathon du Mont-Blanc en train et qui aura vécu une belle expérience parce que finalement il sera parti de chez lui, il n'aura pas été fatigué, il a pu se reposer dans le train, il n'a pas eu à conduire pendant 3-4 heures. Ça se trouve, il a rencontré des gens sympas qui font la même démarche que lui et puis après sa course, il est crevé donc il repart en train au lieu à nouveau d'être fatigué en voiture, etc. Il peut se reposer. et on se dit peut-être que quand ils reviendront à Chamonix ou quand ils iront sur une autre course, ils reproduiront un nouveau mode de transport. Ce qu'on espère c'est qu'en forçant un petit peu les gens derrière, on leur fasse changer sur le long terme leur mode de transport pour venir à Chamonix ou pour aller sur d'autres courses.
- Speaker #1
Et ça c'est juste admirable, il n'y a que comme ça effectivement qu'on arrive à faire en sorte que les choses bougent. Avant tu disais que vous faisiez aussi office de crash test, j'ai beaucoup aimé la... L'analogie, pour vérifier, valider si cette mesure aura un succès, qu'est-ce que vous avez prévu de mesurer et comment est-ce que vous avez prévu de le communiquer ?
- Speaker #0
Comme je te disais, tous les ans c'est une analyse d'impact environnemental à l'issue de l'événement. Bien entendu, on va refaire cette analyse d'impact environnemental après le marathon et du coup ça va nous permettre de voir... on espère bien que le transport participant sera beaucoup moins impactant sur les retombées environnementales de l'événement. Donc, quand on fait l'analyse d'impact environnemental, c'est presque 400 questions, près de 400 questions sur lesquelles il faut répondre, il faut rentrer des données. Et donc, comme au moment où les gens s'inscrivent, ils doivent saisir leur adresse de résidence, quel mode de transport ils vont emprunter pour venir ? le nombre de kilomètres aller-retour qu'ils font. C'est comme ça qu'on sait l'impact du transport participant et j'espère bien qu'il va être réduit, puisque au lieu d'avoir seulement 20% qui auront pris les transports en commun, on aura 40% des gens qui les auront empruntés.
- Speaker #1
Donc là, effectivement, ça sera quelque chose qui sera directement perceptible au niveau des personnes qui utiliseront les transports en commun. J'ai également vu sur le site Internet que pour l'autre catégorie dédiée, de personnes, donc des personnes qui viendraient quand même en utilisant des moyens de transport motorisé par exemple la compensation est obligatoire c'est ça ?
- Speaker #0
Oui tout à fait alors jusqu'à présent chaque personne qui s'inscrivait jusqu'en 2024 jusqu'à l'édition 2024 du Marathon du Mont Blanc chaque personne qui s'inscrivait pouvait sur la base du volontariat compenser son empreinte carbone ce qui veut dire que quand il s'inscrivait Il y avait un petit calculateur dans le bulletin d'inscription. Il rentrait son adresse de résidence. Il avait ensuite les modes de transport qui lui étaient proposés. Et en fonction des modes de transport, ça lui disait les kilos de CO2 qui allaient être émis avec son transport. Et puis ensuite, il avait une question commerce, entre guillemets comme on dit, où il pouvait remplir sur la base du volontariat l'argent qui correspondait aux émissions de CO2 qu'il allait émettre avec son transport. Donc ça, ça faisait deux ans qu'on proposait cette compensation carbone sur la base du volontariat. et du coup on s'est dit là pour 2025 on va plus seulement le proposer sur la base du volontariat, on va le rendre obligatoire puisque eh bien toutes les émissions qu'on n'aura pas pu supprimer ou réduire on va imposer aux gens de la compenser de façon obligatoire. Donc toute personne qui s'inscrit au marathon du Mont-Blanc doit payer sa compensation carbone liée à son transport et même les participants qui s'engagent à venir en train ou en bus, ce qu'il faut savoir que… en train aussi, il y a un petit peu d'impact. En bus également, même si c'est réduit par rapport à une voiture individuelle. Donc, à chaque personne qui s'inscrit, elle rend son adresse de résidence. Ça lui propose les différents modes de transport et elle sélectionne le mode de transport correspondant et ensuite, ça lui inclut dans son bulletin d'inscription les coûts de la compensation carbone à payer.
- Speaker #1
C'est limpide ! Pour ma curiosité, est-ce que tu saurais me dire combien coûte le kilogramme de CO2 par exemple à la compensation ?
- Speaker #0
Alors il faut savoir qu'il n'y a pas de règle officielle sur le prix d'un kilo de CO2. On considère les industriels, quand ils doivent payer les tonnes de CO2 émis, le tarif est d'environ 6 euros la tonne. Donc c'est plus ou moins Vraiment pas très cher. Nous, on trouvait que ce n'était pas très représentatif et qu'il n'était pas réellement juste d'appliquer ce prix-là puisque ça voudrait dire 0,006 euros par kilo de CO2. Ce n'est pas très engageant. Non, et puis ça n'avait pas vraiment de sens. Donc, on s'est fait quand même conseiller par l'agence Aircop qui travaille avec nous sur la compensation carbone. et qui nous a dit qu'il semblerait juste de proposer quelque chose autour de 0,06 centimes le kilo de CO2. Donc ce n'est pas très élevé non plus, mais on considérait que c'est déjà plus juste. Donc voilà à combien est le kilo de CO2 sur la compensation carbone pour le marathon du Moulin.
- Speaker #1
Magnifique. Et si j'ose m'exprimer crûment, vous allez faire quoi avec le magot ?
- Speaker #0
Comme je te le disais, nous on est une association, une association but non lucratif et cet argent, on ne va pas le garder pour nous. Il est prévu qu'il soit reversé intégralement mais comme par le passé avec l'argent qui était donné sur la base du volontariat les années dernières, on le reversait intégralement à des associations qui font des choses pour la compensation carbone. Alors à ce jour, les associations n'ont pas été validées définitivement puisqu'il y qui font de la compensation carbone. Il y en a aussi beaucoup qui nous ont contactés quand ils ont vu qu'on avait mis en place ça et du coup, avec le comité d'organisation, on est en train d'étudier les différentes associations pour choisir des structures qui font des choses qui pour nous ont du sens et sur lesquelles on est sûr que l'argent sera vraiment utilisé de façon durable, pérenne pour la compensation carbone et pas juste on donne l'argent comme ça à une association dont on n'est pas vraiment sûr de ce qu'elle fera avec.
- Speaker #1
C'est magnifique, j'ai presque l'impression que la boucle est bouclée. Alors le cercle n'est peut-être pas parfait, comme tu le disais avant, mais je serais tenté de dire qu'à votre échelle, vous avez quand même très bien pensé les choses. Je me réjouis en tout cas vraiment d'entendre les suites de cette histoire. Avant de te laisser tranquille ce vendredi ensoleillé, je te propose de revenir sur quelques dates clés, sur quelques chiffres clés. On s'y concerne les inscriptions déjà. Est-ce qu'il reste de la place pour une ou l'autre catégorie ?
- Speaker #0
Alors, il reste très peu de place puisque toutes les courses emblématiques sont complètes. 90, 42, 23 et puis du haut étoilé, celles-ci elles sont complètes. Le 10 km et le kilomètre vertical, il reste à peine une cinquantaine de dossards sur l'ensemble de ces deux courses. ce sont uniquement des dossards pour les gens qui viennent en train ou en bus puisque ces courses n'étant pas soumises à tirage au sort, les gens peuvent s'inscrire ou avec un mode de transport véhicule ou avec un dossard train-bus. Donc il reste uniquement une cinquantaine de dossards sur ces courses en transport train-bus et puis il reste la place sur le mini-cross et la young race marathon qui sont des courses… Pour les enfants, le mini-cross est une course gratuite pour les enfants de 7 à 15 ans. Et la Young Race, c'est une course pour les jeunes de 16 à 19 ans, où là, il y a encore une petite centaine de places.
- Speaker #1
D'ici la sortie de l'épisode du podcast, d'ici mi-février, là on enregistre, on est le 24 janvier. Donc d'ici mi-février, j'imagine que tous ces dossards pour le KV et le 10K seront très certainement partis.
- Speaker #0
Il y a de fortes chances, malheureusement ça part très très vite.
- Speaker #1
Et puis une autre échéance également qui était importante, en tout cas que je voulais soulever, c'est qu'à partir de lundi 27 janvier donc, il y a l'ouverture pour les inscriptions des bénévoles.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. On a quand même 750 bénévoles qui nous aident à organiser l'événement. Sans eux, on ne pourrait pas faire une si belle épreuve. Et du coup, les inscriptions pour être bénévole ouvrent lundi et on attend nos fidèles bénévoles avec plaisir dès lundi pour qu'ils s'inscrivent sur la plateforme.
- Speaker #1
Magnifique. L'appel est lancé. Je te remercie en tout cas vraiment beaucoup Mayeli d'avoir répondu si précisément à mes questions. Je suis vraiment ébahie, émerveillée de ce que vous avez réussi à mettre en place. Malheureusement je ne pourrais pas être là pour assister en live à la transformation qui est en train de s'opérer mais je suivrai de très près en tout cas vos aventures et puis je vous souhaite une magnifique édition.
- Speaker #0
Merci Hugo et puis à savoir que... Si tu n'es pas à nos côtés, on aura quand même un live qui retransmet sur les réseaux toutes les épreuves. Donc, n'hésite pas à se connecter et à suivre en live les épreuves du Marathon du Mont-Blanc.
- Speaker #1
Alors, je le ferai, ça c'est garanti. Donc, rendez-vous est pris entre, tu disais, la semaine du 26-27 juin ? Voilà,
- Speaker #0
c'est allé. Exactement.
- Speaker #1
Génial. Donc, rendez-vous est pris. Merci beaucoup Magali. Je te souhaite une très belle fin de semaine et une excellente édition. Et encore bravo. Merci Hugo, merci pour ce temps consacré. Avec plaisir, ciao. Pensez à laisser un avis 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée. Ça m'aide énormément à faire conduire la communauté d'au-delà du mur. A très bientôt pour une nouvelle exploration de l'autre côté du mur. Jusque là, continuez à questionner, à explorer et à repousser vos limites.