- Speaker #0
Un athlète, ce qu'il a besoin, c'est d'avoir du contrôle, de se sentir bon, puis d'avoir des gens qu'il respecte, qu'il aime, des coachs, des coéquipiers. S'il y en a un des trois qui est problématique, le contrôle, le pouvoir, la compétence, puis les liens, les relations, c'est ça qui génère le stress pour l'ancienne performance.
- Speaker #1
Salut Jean-Michel Salut,
- Speaker #0
ça va ?
- Speaker #1
Comment ça va ?
- Speaker #0
Yes, moi, ça va super bien
- Speaker #1
Écoute, on ne fera pas comme si on ne se connaissait pas. On collabore ensemble chez Brio. En fait, tu es un collaborateur de longue date de chez Brio quand même.
- Speaker #0
Oui, ça fait quasiment 10 ans.
- Speaker #1
C'est ça. Je te laisserai débuter ça par te présenter un petit peu. Aujourd'hui, on va parler de psychologie sportive en lien très proche avec la psychologie de la performance aussi, un peu tes deux créneaux. Je te laisse te présenter. Donne-nous un petit peu. C'est une idée de ton parcours. Qui est Jean-Michel et pourquoi la psychologie du sport finalement ?
- Speaker #0
C'est sûr que moi, j'ai toujours été passionné par l'optimisation des choses. Il y a des gens qui optimisent des entreprises, ils veulent faire plus d'argent. Moi, j'optimise l'être humain. J'optimise ce qui se passe dans le cerveau. Je suis obsédé par ça. Je lisais depuis que je suis tout petit, depuis que j'ai 18, 19, 20 ans. Je voulais devenir psychologue du sport avant quasiment même que ça existe. J'ai toujours voulu faire ce métier-là. Puis ça a été très dur parce qu'il n'y avait pas de formation. Ça n'existe pas, tu sais, une formation en psychologie du sport au Québec. Fait que j'ai construit un peu cette formation-là. J'étais chercher mon doctorat en psychologie. Mais, tu sais, moi, ce qui m'intéresse le plus, c'est pas tant la psychologie en général, c'est comment on peut faire pour s'optimiser en tant qu'être humain. Comment on peut faire en tant que gestionnaire pour s'améliorer, pour se performer, comment on peut faire en tant qu'athlète, parce que moi, je travaille beaucoup avec les athlètes. Puis j'adore travailler avec les athlètes parce que eux, leur performance est comme plus évidente, on va dire ça comme ça. Ils ont une tâche, tout ça. Mais en entreprise, c'est un peu la même chose. C'est que les gestionnaires, ils ont des tâches, ils ont des choses, ils ont de la pression. Puis une des choses que je travaille le plus, c'est la pression. Fait que j'aime ça analyser les zones de pression, puis comment le corps puis le cerveau réagit face à la pression. Puis tu sais, ce qui est difficile, c'est que presque tous les gens réagissent différemment. Fait que l'art du psychologue, c'est surtout de... d'aller chercher cette espèce de personnalisation qu'on ne peut pas faire en donnant des conseils généraux.
- Speaker #1
Puis là, si on recule un peu, toi, dans le fond, tu l'as dit clairement, tu t'es inscrit en psychologie en sachant clairement que tu voulais être psychologue du sport. C'était pas un cours qui se donnait. La psychologie t'intéressait, mais tu avais un objectif finalement plus loin. Est-ce qu'à ce moment-là, c'était vraiment l'aspect sportif, donc athlète, Ouh ! Tu savais qu'il allait y avoir des liens à faire avec les gestionnaires, avec les professionnels.
- Speaker #0
Ce qui est drôle, c'est que j'hésitais entre le marketing et la psychologie. Il y a beaucoup de parallèles à faire entre la psychologie et le marketing. J'ai choisi la psychologie parce que j'ai vraiment un intérêt particulier avec le côté humain. J'aime entrer en relation. Oui, il y en a en marketing, mais c'est plus pour dire que... cette jonction-là entre le monde des affaires et le monde de la psychologie, déjà là, j'étais déjà passionné. Puis le sport, c'est juste que ça me donne... Moi, je suis un joueur. Je joue au hockey, je joue au tennis, je joue à tous les jeux possibles, je joue à des jeux de société. Je suis un vrai joueur. Je ne suis peut-être pas le gars qui va aller courir des marathons, des demi-marathons. Tu sais, des fois, on pense que toutes les personnes du sport, toutes les gens qui s'intéressent à la sport, font des demi-marathons. Mais moi, je ne suis pas ce profil-là. Moi, je suis plus un profil de joueur. Je joue à tout, je m'intéresse à tous les jeux. C'est pour ça que je suis allé en psychologie, parce que moi, ce que j'aime, c'est quasiment m'amuser, jouer en travaillant. J'essaie d'inculquer ça un peu, mais tout en gardant un côté sérieux. Même des fois en entreprise, j'ai déjà fait des escape rooms, des jeux d'évasion qui mettent les gens sous pression, mais ça nous permet d'apprendre tout en jouant. Parce que dans mes valeurs fondamentales, c'est que je pense qu'on peut jouer tout en étant... sérieux.
- Speaker #1
C'est ça, il y a beaucoup de l'aspect ludique, l'aspect de ramener le jeu dans les apprentissages, dans le fond.
- Speaker #0
Puis qu'on peut rendre ça le fun.
- Speaker #1
C'est ça, ça n'a pas besoin d'être un atelier assis théorique pendant trois heures, qu'on pitche du contenu. Tu sais, t'es vraiment plus dans une approche expérientielle, dynamique, qu'on met les gens en action.
- Speaker #0
Mais c'est une de mes valeurs fondamentales, tu sais, si t'as pas de fun avec qu'est-ce qu'on fait, bien c'est sûr que tu vas moins apprendre, puis tu vas avoir moins de motivation aussi. C'est clair.
- Speaker #1
Là, j'aimerais ça, écoute, tu suis des athlètes, tu suis des entrepreneurs, bref, tu vois des professionnels, tu vois une vaste clientèle, tu vois différents types de personnes. J'aimerais ça que tu m'expliques un peu le lien que toi tu fais entre des athlètes de haut niveau et... des entrepreneurs ou des professionnels qui ont... C'est ça, qui gèrent de la performance pis tout ça. J'aimerais ça. C'est quoi le parallèle que tu vois le plus évident ou qui fait le plus de sens pour toi ?
- Speaker #0
Je vais en donner un précis, mettons, pour les entrepreneurs qui gèrent des gens. C'est très semblable à ce qu'un coach doit faire. T'sais, t'as différentes personnes avec différentes personnalités, pis toi, t'as une personnalité. Tu gères pas tes émotions de la même façon. Moi, je gère pas les émotions de la même façon que toi. Pis plus tu te connais, puis plus tu connais la façon de réagir sous pression de toi et de tes employés, bien, meilleur tu vas être. Exemple, il y a des rencontres annuelles à chaque année. Tu sais, des fois, il y a des entreprises qui évaluent leurs employés. Mais c'est des moments très stressants. Comment tu donnes le feedback ? Comment l'autre va percevoir ? Pourquoi le même feedback négatif ou la critique, l'autre l'a bien perçu, puis l'autre l'a très, très mal perçu ? Ça a un impact négatif dans mon entreprise, puis je peux perdre mon employé, puis là, j'ai dit la même chose, puis il n'y a rien qui s'est passé. Fait que comment, moi, je m'ajuste par rapport à toutes ces variables-là que, des fois, on oublie. Fait que moi, je m'intéresse beaucoup aux zones de pression en entreprise. Mettons, l'évaluation annuelle, en ce cas, je l'entends souvent. Fait que c'est pour ça que j'en parle aujourd'hui. Oui,
- Speaker #1
bien oui, bien oui.
- Speaker #0
Fait que ça fait un genre de zone de pression, puis des fois, il y a des obligations. Je ne sais pas trop qui, il faut qu'à chaque année, il soit évalué ou tout ça. À chaque trois mois, à chaque trimestre, peu importe. Puis ces moments-là, c'est des moments où la pression est élevée, la critique est possible, puis tout ça. Puis c'est là où, en plus, pour évoluer, ça prend des critiques. Mais là, c'est l'art de donner des critiques. C'est pas donné à tout le monde. Encore une fois, même si je donnais un cours sur comment donner des critiques, ça pourrait être très pertinent, il pourrait y avoir des choses, mais le vrai enjeu, c'est comment on peut personnaliser selon la personne qu'on a devant nous.
- Speaker #1
Puis, tu dirais-tu que, écoute, ma lecture de la chose, puis ce que je vois de l'externe, c'est que j'ai l'impression que la performance est de plus en plus omniprésente, on est dans une société de plus en plus hyperactive et axée sur la performance. Toi, est-ce que dans l'évolution de ta pratique, parce que tu as l'air assez jeune, mais... Ça fait combien de temps que tu es...
- Speaker #0
Ça fait 10 ans que je suis psychologue. C'est quand même 15 ans que je travaille dans le domaine un peu.
- Speaker #1
C'est ça. Fait que as-tu vu une évolution par rapport à ça au niveau que on est plus dans la performance, peut-être qu'il y a 10 ans dans nos milieux de travail, par exemple ?
- Speaker #0
Moi, je trouve qu'il y a un mélange des deux. Les gens sont un peu plus sensibles au bien-être quand même. On voit quand même, surtout au niveau familial, qu'il y a des gens qui prennent beaucoup plus de temps. avec un nouveau nez ou des trucs comme ça. Moi, je pense qu'il y a une amélioration de ce côté-là, même s'il y a toujours du travail à faire. Puis, il y a aussi des ajouts de performance. Puis, tu sais, comme tantôt, je parlais de demi-marathon, marathon. C'est comme si avant, c'était quelques personnes faisaient des demi-marathons. Mais là, c'est comme si c'est rendu une pression implicite de la société. Il faut que tu sois en forme aussi. Il faut être 35 ans, deux enfants, que tu fasses des demi-marathons ou que tu fasses un sport de façon régulière. Alors que, oui, évidemment, c'est bon de faire du sport. tu sais. La performance n'est pas toujours obligatoire. Puis l'amélioration, puis être dans un mode performance, ce n'est pas toujours une obligation. Puis effectivement, ce n'est pas toujours sain. Mais des fois, ça peut être très, très bon aussi. Tu comprends ? Ça dépend de chaque personne.
- Speaker #1
Parce qu'il y a vraiment une tendance, ça doit être exacerbé par les réseaux sociaux et tout ça, mais comme tu dis, il y a une tendance au demi-marathon, puis à faire des trucs, justement des marathons et tout ça. Puis ça peut, autant ça peut être positif que ça peut être aussi, ça peut être... Tout est dans l'équilibre, on va dire, entre les deux.
- Speaker #0
Bien, mettons qu'on prend un cas, un entrepreneur, on va dire, un gestionnaire de premier niveau, mettons, 5-6 employés à sa charge, puis c'est un nouveau poste, c'est la première fois qu'il est gestionnaire, il a deux enfants, deux jeunes enfants de 1 et 4 ans, puis c'est à ce moment-là qu'il veut faire un marathon ou un Ironman, ça peut que ce ne soit pas le bon timing. Tu as un bébé d'un an avec un autre de 4 ans, je dis... pas que c'est mal ou bien, puis il y a des gens qui le font, puis c'est bien correct, c'est pas ça que je veux dire, mais ça se peut que sur le plan de la pression puis familiale, etc., ça soit pas le bon moment. Puis peut-être trois ans plus tard, ça va être un bon moment. Fait que l'ajouter de la performance, des fois, c'est une question plus de timing.
- Speaker #1
Puis tu vois dessus, ça me fait penser un peu l'aspect pression, l'aspect performance, que ce soit avec des athlètes. On peut prendre un cas d'un athlète, par exemple. Est-ce que c'est quelque chose qui se développe ? Est-ce que c'est quelque chose d'inné, que tu es né avec ça, avec un certain threshold ou une certaine limite, où tu peux venir, on va dire avec l'expérience, avec justement des consultations et tout, venir un petit peu augmenter cette limite-là que tu es capable de prendre en termes de pression ?
- Speaker #0
Bien, en fait, la pression… Oui, ça s'améliore sur comment on va gérer l'après-midi. Mais un être humain, par définition, comme n'importe quel système, tu vois un pont, oui, il peut gérer beaucoup d'autos, mais il y a toujours une limite. Puis si certaines variables en même temps, il y a une tempête, il y a plein de monde sur le pont, je ne sais pas si tu comprends, il y a des fois où il y a plein de variables qui arrivent en même temps, bien, un être humain, c'est la même chose. Ta mère peut tomber malade après ça. Toi, tu peux avoir un conflit avec ta copine. ta copine ou ton copain, etc. Des fois, tout arrive en même temps. Si la pression vient de tout bord, de tout côté, que tu sois super capable de gérer la pression. Même moi, être un psy qui connaît la pression, des fois, on peut craquer.
- Speaker #1
C'est clair. Mais là,
- Speaker #0
quand on craque ou quand la pression, on n'est pas capable de la gérer, mais qu'est-ce qu'on fait ? C'est ça mon rôle aussi. Moi, j'espère que les gens que je suis ne sont pas rendus là, mais je peux aussi aider quand ils sont rendus là.
- Speaker #1
Je comprends.
- Speaker #0
C'est-à-dire qu'il y a tellement de pression qu'ils ont craqué.
- Speaker #1
Puis un exemple qu'on a parlé avant, un truc que je trouvais vraiment intéressant, on a parlé, mettons, d'un skieur olympique. Puis en plus, les Olympiques arrivent, fait que le timing est bon pour faire un enregistrement. Oui,
- Speaker #0
puis j'en ai eu quand même des histoires. Oui,
- Speaker #1
fait que, tu sais, mettons, t'as un skieur qui s'installe à la gate en haut, avant de descendre, puis il visualise et tout. Et qui a une forme de pression, ou bref, tout le stress qui vient avec ça. Puis, tu as, mettons, un CPA ou un comptable qui, au mois de, on va dire, au mois de janvier, bien, ça doit être déjà commencé. Oui, oui, avec les erreurs, tout. Puis, tu sais, c'est deux qui voient la pile de dossiers s'empiler, tu sais. C'est quoi le lien ? Bien, en fait, c'est qu'on, quand on s'imagine, on se dit, OK, l'athlète de très haut niveau, qui est justement le skieur, bien, ça doit être... débile la pression qu'il ressent dans ce moment-là, mais c'est comparable. C'est le même mécanisme un petit peu, ou du moins, il y a des similitudes dans les mécanismes qui sont engagés.
- Speaker #0
Exactement. Puis moi, j'utilise beaucoup l'échelle de 0 à 10 pour montrer. Évidemment, si la personne est en train de se qualifier pour les Olympiques, c'est vraiment important, ou elle est rendue aux Olympiques, c'est sûr qu'il y a une pression de plus. Donc, si d'habitude, dans une descente, tu es à 6, 7 sur 10, mais ça se peut qu'aux Olympiques, tu sois à 8, 9. Ça va. Dans les périodes d'impôt, c'est un peu la même chose. Ça se peut que tu as un contrat avec une entreprise qu'il ne faut pas que tu fasses d'erreur. Tu as la pression la plus grande. Ça se peut qu'il y en a d'autres que tu es plus relax et qu'il y a moins de risques d'erreur. Ça dépend de c'est quoi le contexte de la tâche. Déjà là, il faut évaluer sur une échelle de 0 à 10. Quand tu t'évalues, je suis-tu à 8, je suis-tu à 6 ? Quand tu es rendu à 8, 9, c'est que ça ne te prend presque rien pour pogner le 10. Le 10, c'est l'attaque de panique, c'est le choc. plein de réactions, mais bref, ça va pas. Fait que quand un athlète est à 8, 9, puis il me dit ça, là, je suis comme, OK, mais quelle stratégie on peut faire pour être à 7, 8, et non pas 8, 9 ? Mais je peux pas prendre mon athlète puis l'envoyer à 2 ou à 3 la veille des Olympiques.
- Speaker #1
En tout cas,
- Speaker #0
c'est bonne chance.
- Speaker #1
Ouais. Puis, ça me fait penser, on parle d'athlète puis on parle d'Olympique, c'est quoi la différence entre la psychologie sportive et la préparation mentale ? Dans le sens, c'est quoi la différence ? C'est vraiment différent, je sais, mais peux-tu nous expliquer un petit peu les nuances très différentes ?
- Speaker #0
On peut mettre des mots. La préparation mentale, les consultants en performance mentale, ils vont plus s'occuper de la préparation avant la compétition. Ils vont faire des ateliers, ils vont parler de gestion du stress. Mais quand le niveau de fonctionnement est en haut du niveau de fonctionnement, tu fonctionnes bien, tu dors bien, tu ne fais pas d'insomnie, tu n'es pas dépressif nécessairement. Tu peux avoir des vagues. Mais le préparateur ne va pas nécessairement traiter une attaque de panique. Il ne va pas nécessairement traiter un trouble d'insomnie. Tandis que le psychologue, lui, il peut faire la gestion du stress avant la compétition, mais il peut aussi aller plus loin. Puis c'est souvent là où il y a une plus-value. C'est quand ça ne va vraiment pas. Là, il y a un traitement soit de l'insomnie ou soit des... Moi, je suis beaucoup spécialisé en micro-trauma ou trauma. C'est quand il y a des blocages majeurs. Quelqu'un a eu une blessure, c'est sûr que si tu es un joueur de hockey et que tu as eu une commotion cérébrale, tu ne retournes pas au hockey sur le coin de la bande avec la même détermination. Ça fait six mois que tu as mal à la tête. Ça se peut que tu aies peur d'avoir mal à la tête, je ne sais pas si tu comprends.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
oui, exact. Il faut avoir eu une commotion pour comprendre ce que je dis. Quelqu'un à la maison qui nous entend, il se dit « j'ai eu une commotion » , je sais ce qu'il dit. Quand tu n'as pas eu de commotion, « ah oui, mal de tête » , non, pas un mal de tête. C'est 7 sur 10, là, c'est à 9-10 pendant 6 mois.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. Non, non, exact.
- Speaker #0
Tu lèves chaque matin avec un mal de tête, fait que quand ton mal de tête commence à diminuer, pis que t'as le goût de retourner jouer au hockey, ça se peut que t'aies une certaine réticence sur le coin de la bande.
- Speaker #1
Ouais, c'est clair. Tu sais, moi, j'ai joué au foot et au hockey, mais plus principalement au foot, pis je me souviens que j'ai eu quand même des blessures assez majeures, pis je me souviens que... au niveau de l'intensité où tu peux être beaucoup plus hésitant. Moi, c'est une blessure au tendon d'Achille. Ça n'a pas de lien, mais la première fois que tu commences à sprinter et à avoir des contacts, tu y penses. Tu y penses vraiment.
- Speaker #0
Il y a une guerre qui s'est perdue avec Achille. Le talon d'Achille, c'est quand même important. C'est comme un tendon qui est quand même fragile. Un coup qui est cassé, c'est quelque chose qui est très rare souvent. Mais quand il casse, il devient fragile. Oui, c'est tout à fait normal. Mais en même temps, il y a des choses à faire pour retourner en haut jeu avec le moins possible de résistance, d'inquiétude. Oui, c'est ça. C'est là où j'ai une plus-value.
- Speaker #1
Exact.
- Speaker #0
Le préparateur mental peut préparer des choses, justement, travailler sur la gestion du stress. Mais si ça reste bloqué... Il fait une passe sur la palette avec le psychologue. Puis moi, un coup que j'ai traité les enjeux plus profonds, bien là, je leur fais une passe sur la palette.
- Speaker #1
Fait que vous êtes un team, dans le fond. Exactement. C'est complémentaire. Puis moi, écoute, je coach le football encore aujourd'hui. Je coach le niveau Midget 3 dans le civil à Victoriaville. Puis je voulais savoir, toi, tu vois des jeunes comme des plus vieux. Est-ce que tu trouves qu'au niveau, les jeunes ont plus de besoins à ce niveau-là en termes de... Est-ce que les jeunes se mettent plus de pression qu'avant ? Est-ce qu'ils sont plus stressés, sont plus anxieux, sont plus... C'est ça. Je voulais savoir, tu vois-tu ça ? Parce que moi, j'ai cette impression-là vraiment en tant que coach, mais c'est une impression.
- Speaker #0
Je pense que le mot anxiété est surutilisé. On va utiliser beaucoup « je suis anxieux » , alors que oui, tu es stressé pour une game importante. C'est normal d'être stressé pour une game importante. Mais des fois, on va utiliser des mots justement... qui fait référence à une certaine pathologie ou problème de troubles anxieux, je vis de l'anxiété et tout ça. Des fois, c'est le cas. Des fois, ça ne l'est pas. Mais l'utilisation du mot est beaucoup plus fréquente. Est-ce que la détresse, il y en a moins qu'avant ou plus ? Moi, je ne suis pas prêt à dire ça. Je pense qu'il y en a toujours eu.
- Speaker #1
Oui, c'est juste que là, c'est plus... Les gens en parlent plus.
- Speaker #0
Mais les gens en parlent beaucoup plus. Moi, mon rôle de psychologue du sport, évidemment, moi, à l'époque où j'étais joueur de hockey, il y a peut-être 20 ans, C'est sûr que je n'aurais pas été voir un psychologue du sport. Il n'y avait pas de psychologue du sport. Ils n'avaient pas pu aller en voir. Ce n'était même pas quelque chose qui existait. Si tu étais en détresse, tu vivais avec ta détresse. Tu restais poigné avec. Aujourd'hui, on voit qu'il y a plusieurs athlètes olympiques, il y a plusieurs athlètes qui ont parlé de santé mentale, qui ont parlé justement qu'il y avait des ressources, qu'il y avait des choses qu'on pouvait faire pour les aider. Puis là, ça a ouvert, je te dirais, depuis 2020, depuis la pandémie, je te dirais qu'il y a eu une ouverture très très grande à la santé mentale.
- Speaker #1
Là, tu parles d'un point de vue global, mais aussi du côté des athlètes. Bien,
- Speaker #0
que ce soit... Tu sais, on peut revenir aussi aux entreprises. Même en entreprise, j'ai vu qu'en 2020, tu sais, l'importance... Tu sais, des fois, on mélange bien-être puis santé mentale, mais tu sais, en gros, l'importance de se sentir bien, de se sentir énergique, de se sentir à la hauteur, de pas vivre de la... honte ou de se sentir déprimé, on peut vivre des phases qu'on soit un entrepreneur, qu'on soit un gestionnaire ou un employé, qu'on soit un athlète de haut niveau, un athlète en développement, on va vivre des phases où on ne va pas bien.
- Speaker #1
C'est clair.
- Speaker #0
Si on tombe trop bas, il y a des gens pour nous aider. Tu peux commencer avec un préparateur mental, tu peux commencer avec des ressources qui sont plus accessibles, mais si ça ne marche pas, il existe des psychothérapies efficaces qu'il y a différents types. mais qui peuvent servir. Puis pas juste les psychologues du sport, il y a plein de psychologues aussi qui peuvent vous aider sur d'autres choses.
- Speaker #1
C'est clair. Tu parles beaucoup des zones de pression, des zones de tension. C'est un peu ton… Bien, tu sais, tu as plusieurs un peu angles, mais en tout cas, ça, ça en fait partie. Peux-tu nous parler un petit peu d'un point de vue gestionnaire, employé, peu importe, at large, y a-t-il des choses qui reviennent ? Y a-t-il des zones de pression, justement, qui sont récurrentes, que tu vois de plus en plus ?
- Speaker #0
Puis c'est pour ça que j'utilise la zone de pression, parce que ça rend concret l'anxiété. Un des problèmes, à chaque fois que les gens viennent me voir, les entrepreneurs, les gens qui vivent la pression, ils me disent toujours « je suis stressé, je ne suis pas confiant » . Mais moi, ça ne me dit absolument rien. Puis là, je vais dire « ok, mais c'est à quel moment, dans quel contexte tu te sens sous pression ? Dans quel contexte tu ne te sens pas confiant ? Dans quel contexte tu te sens stressé ? » Puis souvent, ce n'est pas tout le temps. C'est un moment, une zone de pression, qui a un impact peut-être sur son quotidien, mais c'est une situation qui est problématique. Un coup qu'on a identifié la zone de pression, après ça, c'est beaucoup plus facile de trouver une solution. Parce qu'il y a une expression qui dit un problème bien ciblé ou bien campé est à moitié réglé, mais c'est la même chose en psychologie. C'est la même chose en entreprise. Quand vous identifiez un problème, il est déjà à moitié réglé. C'est comme si je disais que l'entreprise ne va pas bien. Je pense qu'on a trop de... On n'a pas assez... Je ne sais pas ce qu'on pourrait dire comme problématique, mais on peut dire...
- Speaker #1
Peu importe. On vit un changement important. Je ne sais pas moi. Il y a trop de changements.
- Speaker #0
On vit trop de stress à cause des changements. C'est ça. Je n'ai aucune idée de ce que tu veux dire.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
ça veut rien dire les formations pour le nouveau logiciel qui va être instauré de comptabilité ça va faire beaucoup de changements pis il y en a quelques-uns qui vivent des grosses zones de pression parce qu'ils savent qu'ils vont avoir l'air pas bon ah ok ben là c'est pas pareil on part d'un problème très très général à un problème très spécifique pis le problème spécifique est à moitié réglé parce qu'on voit qu'il y en a certains qui vont pas bien en vivre, fait qu'on peut mettre des choses en place ouais
- Speaker #1
Est-ce que tu as l'impression que les gestionnaires, parce qu'on travaille justement chez Brio en ce moment sur un guide sur la santé psychologique des gestionnaires.
- Speaker #0
OK, cool.
- Speaker #1
Une étude un peu qu'on va faire en collaboration avec l'Université de Sherbrooke. Mais penses-tu que les gestionnaires ont plus de difficultés à en parler ou qu'ils sont plus... Quand il y a des enjeux, ils sont plus... Je prends, j'encaisse. Quand ils arrivent justement à... au moment de consulter ou d'aller chercher de l'aide, souvent, ils ne sont pas loin de l'élastique qui est sur le bord de pété. As-tu cette impression-là ?
- Speaker #0
Oui, bien, les gestionnaires vivent... Ça dépend du niveau de gestionnaire, mais en général, même s'il y a différents niveaux, ils vivent la pression en haut et en bas, de côté. C'est ça,
- Speaker #1
bidirectionnel même.
- Speaker #0
C'est ça, partout. Puis, tu sais, des fois, même, il y a des changements au niveau mondial. Il y a de la pression, je ne sais pas, comme actuellement, il y a la pression mondiale, tout ça. Bien là, il y a des choses, c'est le gestionnaire qui le vit. Mais si tu montes trop ta vulnérabilité, ça peut avoir des enjeux. Il y a des gens qui peuvent utiliser ça, tout ça. Puis si tu n'en montes pas assez, c'est un autre problème. Tu as l'air fake, tu as l'air froid, etc. Dans l'arbre et l'écorce, comment je fais pour gérer ça ? Le gestionnaire, c'est souvent lui qui est poigné entre l'arbre et l'écorce. Mais en psychologie, moi, ma stratégie que les gestionnaires, dans ces cas-là, c'est l'aspect de positionnement. C'est ma stratégie numéro un. C'est comment on se positionne pour... psychologiquement dans tel contexte, selon ta personnalité, on personnalise le positionnement pour l'aider justement à passer à travers pour pas avoir l'air fake d'un côté ou pas avoir l'air trop vulnérable de l'autre côté. Parce que t'es quand même en position de gestion.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. C'est vraiment un... C'est encore là un équilibre de savoir comment doser. Souvent, ben... Souvent, tu as besoin, tu peux avoir besoin de support ou de formation, justement, de quelqu'un pour t'aider à venir identifier ces zones-là, puis où ça peut basculer d'un côté ou de l'autre. Oui,
- Speaker #0
puis un exemple de positionnement, bien, un, je rencontre tous mes employés, mais il y en a deux qu'il va falloir que je me prépare plus, que je change de positionnement et d'attitude parce que ces deux-là ont telle ou telle problématique, et moi, je ne suis pas à l'aise avec ça, donc je dois… C'est un positionnement, mais ça ne veut pas dire que tu es obligé de tout changer ton approche. Parce que 80% des autres, c'est correct.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
Souvent, les coachs et les gestionnaires, ils veulent changer leur approche, leur attitude, mais vous ne pouvez pas changer qui vous êtes. Mais quand il y a un problème, tu sais, dans un coach, actuellement, tu coaches, ce n'est pas toute ton équipe le problème.
- Speaker #1
Non, non, non.
- Speaker #0
Il y en a peut-être deux. Oui. Un, deux. Puis on commence par ces un, deux-là. Tu vas voir que l'équipe va bien aller. Si tu mets tout ça sur l'équipe, c'est là que tu vas avoir des problèmes. Il y en a qui vont trouver ça injuste. Oui.
- Speaker #1
Puis si je fais un peu un parallèle entre le football, parce qu'évidemment, c'est ce que je coach, mais si je prends le corps arrière, par exemple, dans une équipe de football qui est comme, on va dire, le joueur le plus visible, ou du moins, c'est lui qui peut avoir le plus de pression, qui peut avoir l'impression d'avoir le plus de pression parce que le jeu dépend beaucoup de lui. C'est un peu... la même réalité dans certaines organisations ou dans les entreprises de dire qu'il y a souvent un joueur clé qui... Il y a beaucoup de spotlight, puis ça vient aussi avec des responsabilités. Ça vient avec... Ça vient avec plus de pression. Je veux pas, parce que quand t'as plus de spotlight sur toi, tu veux toujours être plus performant ou être meilleur et tout ça. C'est quand même un parallèle.
- Speaker #0
C'est intéressant, parce que peut-être que non.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est ça le point, c'est que c'est le corps arrière. Oui, objectivement, ça c'est vrai, t'as raison, objectivement, il reçoit la pression directement, mais ça se peut que sur ces lignes, sur la ligne, il y en a un là-dedans qui vit beaucoup plus de pression parce que justement, le corps arrière, à chaque fois qu'il fait une erreur, celui qui est à la ligne offensive ou qui le protège, à chaque fois qu'il fait une erreur, le corps arrière est fâché contre lui. Comme tu as dit, lui, il a plus de pouvoir dans l'équipe parce que c'est comme le cœur et tout ça. Lui va critiquer ou il va dire « Pourquoi tu as fait cette erreur-là ? Tu l'as laissé passer. » Mais la vraie pression, c'est le gars à la ligne qui doit bloquer avant de lui. Ça se peut que l'intervention ne soit pas avec le corps arrière. Ça soit d'abord avec lui et que lui, on se rend compte que le corps arrière fait des erreurs au niveau de son non-verbal. Donc, avoir l'air bête ou dans son regard être désapprobateur envers celui qui a fait l'erreur. Tout ça se passe de façon inconsciente. Le corps arrière ne va pas nécessairement dire que tu as fait une erreur. Mais juste dans le regard, le corps arrière peut être très incisif ou froid. Comme un gestionnaire, des fois, quand on est stressé, fatigué, certains gestionnaires vont réagir face à l'erreur, face aux problèmes et tout ça. La personne peut se sentir sous pression. Ta façon d'analyser est logique, est intuitive. C'est vrai qu'il y a de la pression, mais l'analyse du problème, moi, ce n'est pas ça que je regarde. Lui, il a de la pression, on va l'aider, on va le soutenir. Ça se peut qu'il se sente super bien et qu'il n'y ait pas de pression. Par contre, si je sais que le corps arrière, qui est le cœur de l'équipe, arrive de blessure, je suis comme, il arrive de blessure, comment on peut faire pour justement lui enlever de la pression ? Ça se peut que ce soit ça le problème.
- Speaker #1
Tu es sur un nouveau lanceur. Tu as tout le temps un peu des projets. J'aimerais que tu nous parles un peu de ton nouveau Une seconde d'avance.
- Speaker #0
Oui, c'est grâce.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Parle-nous un peu de... Je ne pense pas que tu ailles un peu là,
- Speaker #0
mais c'est mon nouveau petit projet.
- Speaker #1
Oui, Une seconde d'avance. Parle-nous où tu t'en vas avec ça. Une seconde d'avance, c'est quoi l'essence de ce projet-là pour toi ?
- Speaker #0
Je vais te dire l'origine. J'ai lu un peu sur quelque chose qui s'appelle le priming. C'est super intéressant pour les joueurs d'hockey, les plongeurs, n'importe quel... athlète. Le priming, c'est de prendre... Avant de faire son lancé, c'est que tu t'imagines en train de faire ton lancé puis d'assumer ta décision. Un joueur de hockey, il rentre, il traverse la ligne bleue. Je prends la décision de déjouer puis de passer du côté droit. Je l'assume, je prends la décision, je l'assume. Là, ça a l'air facile, mais la plupart des gens, ils vont traverser la ligne... Les athlètes, ils vont traverser la ligne bleue, ils vont hésiter. Ah, je saute dessus. Je fais-tu une passe ou...
- Speaker #1
Ça, ça se passe, on s'entend dans des fractions de secondes. Fractions de secondes,
- Speaker #0
ou je déborde du côté droit. Le priming, c'est pas tout le temps, mais des fois, c'est important de prendre la décision, de l'assumer, quitte à ce qu'il y ait une erreur. Parce que c'est une prise de risque. Effectivement, ça se peut que ça ne soit pas la meilleure chose que tu as faite, ça se peut. Mais lorsqu'on analyse notre prise de risque et notre prise de décision dans le priming, peut-être que tu vas faire du priming face au défenseur le moins bon.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Puis peut-être avec le défenseur meilleur, tu vas faire un shot, peut-être pour te débarrasser, pour avoir une mise en jeu, parce que tu le sais qu'il est très difficile à déjouer. Mais ta décision, quand tu traverses la ligne bleue, tu vois que c'est le défenseur qui est moins bon. Prime débordé, beaucoup plus de chances de faire une chance de marquer. Donc le priming est très utile, puis la prise de risque devient plus élevée, puis tu gagnes à peu près une demi-seconde, j'ai dit une seconde d'avance, mais dans les faits, sur le plan scientifique, c'est à peu près... Je te dirais une demi-seconde. Puis moi, cette demi-seconde-là est super importante dans le sport.
- Speaker #1
Oui, ça change tout. C'est sûr, ça change toute la dynamique.
- Speaker #0
Fait que souvent, je vais beaucoup travailler cette partie-là en surface pour assumer la prise de décision. Puis ce qui est particulier, c'est que souvent, les coachs vont dire « pause » . Quand tu arrives, il faut que tu fasses une pause. Ce que les coachs ont de la difficulté à comprendre, c'est que… Normalement, les jeunes savent qu'il faut faire des passes. Puis la passe, on va la faire si on voit la trajectoire. Ça devient quasiment un réflexe. On n'a presque pas besoin de réfléchir à ça. En gros, tu primes débordé à droite. Puis si tu vois que tu as une trajectoire de passe, ton cerveau et ton corps vont, de façon réflexe, faire la passe. Parce que tu n'as pas besoin de réfléchir à ça. Mais les coachs, souvent, vont dire « Non, non, il faut absolument que... » tu prennes la décision de passer, mais tu n'as pas besoin parce que c'est un réflexe. Ce n'est pas évident. Des fois, il y a des passes que c'est des décisions. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Ça dépend. Tout est une question de ce qui se passe. Mais tout ça, ce qui me passionne là-dedans, c'est que tout ça se passe dans un...
- Speaker #0
dans des fractions, tu sais, ça va tellement vite.
- Speaker #1
Le réflexe, c'est .03 secondes. Je suis allé vérifier, c'est un intriguier. C'est à peu près... Là, j'ai pas de certitude à 100 %. Il y a pas encore d'études qui ont dit... Mais le réflexe, c'est à peu près .03 secondes. La prise de décision assumée, c'est .6. Fait qu'on joue... Puis c'est pas sûr à 100 %. C'est pour ça que j'ai utilisé une seconde avance. Tu vois, je joue avec les mots, mais... Un gardien de but devrait 80 % du temps être... Dans le réflexe ou la décision, selon toi, un gardien de nuit ?
- Speaker #0
Dans le réflexe.
- Speaker #1
Dans le réflexe. Puis un attaquant devrait être 80 % dans la décision. Puis le défenseur devrait être 50-50. En général. Puis là, il faut voir les contextes, puis selon ta personnalité, ton style de joueur, etc., etc. Tu sais, si tu es sur le quatrième trio, c'est pas pareil que si tu es le premier. Mais c'est juste pour vous dire que c'est quand même intéressant comme nouvelle... En tout cas, moi, ça me passionne. C'est comme un nouveau champ au niveau de la neuro, au niveau du... les prises de décision, la rapidité et quel type de décision. Moi, ce que j'aime, c'est de faire gagner des millisecondes. Ce qui est cool, c'est que là, c'est en surface, mais moi, je travaille aussi quand il y a un blocage du passé, comme une commotion où tu as dit ton talon d'achille, il y a des choses qui ont resté bloquées, mais moi, je peux aller traiter les micro-traumas ou les marques qui ont resté dans le passé. Si j'enlève une charge du passé, ça donne peut-être 0,5 seconde. Plus le 0,5 seconde que je donne, c'est... C'est ça que j'ai dit, c'est à peu près une seconde. Si tu viens me voir, ça va te permettre peut-être de gagner une seconde à vendre dans des moments de pression ultime. Mais en entreprise, il y a des moments où c'est important, ces choses-là. Quand tu rencontres un client important, ton 0.5 seconde, qu'est-ce que tu vas dire au bon moment, c'est ça. Si tu n'es pas préparé ou si tu n'assumes pas ce que tu dis selon tes valeurs, tout ça, ça se peut que tu hésites et tu as l'air moins... crédible et moins bon et tu ne vendras pas ton produit.
- Speaker #0
100%.
- Speaker #1
Je ne sais pas si vous allez directement chez des clients, mais si vous offrez quelque chose, vous vendez quelque chose, ça prend un plan de match, il y a de la pression. Si tu ne vends aucun truc, c'est sûr que ton boss va dire qu'un jour, il va falloir que tu vendes quelque chose. Parce que la performance est inhérente à certains métiers.
- Speaker #0
Tu as parlé, ça fait déjà un petit bout, mais je... Tu as parlé de gestion de risque en ce moment. Je pense que c'est... Est-ce qu'on prend assez de risques ? Est-ce qu'on est trop dans notre zone de confort ? Est-ce que c'est quelque chose... Bref, parle-nous un peu de ça, parce que je sais que ça aussi, ça fait partie un peu de ce qu'on voulait parler aujourd'hui et des angles que toi, tu abordes beaucoup.
- Speaker #1
C'est une des choses que j'aime le plus, c'est de trouver une zone... J'ai appelé ça l'intervalle de confiance.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Ça vient de la science, quand tu fais des études, il y a toujours, au niveau statistique, un intervalle de confiance. On ne peut plus jamais être sûr à 100 %, mais la prise de risque, c'est la même chose. On ne peut jamais être sûr à 100 % de si on est au bon niveau de risque. Imagine que quelqu'un fait du vélo de montagne. Il ne sait jamais à 100 %. OK, je me suis comme haut, bas, il ne sait jamais à 100 %, mais il y a un intervalle. Il sait que dans cette zone-là, il y a beaucoup de chances que ça va être correct. Moi, j'appelle ça l'intervalle de confiance. C'est la zone payante, c'est-à-dire assez de risques pour te sortir un peu de ta zone de confort, mais pas trop pour ne pas être en danger.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Les bons athlètes sont capables de toujours être, bien, le plus souvent possible, être dans cette zone-là. Mais quand on est blessé ou quand on vit des épreuves, quand on est stressé ou quand on vit des enjeux psychologiques, on a soit tendance à ne pas assez prendre de risques ou à en prendre trop. Puis ça, les gens l'oublient. Tu sais, j'ai des clients qui viennent me voir, ils ont eu trois blessures. particulière, ça s'est répété, pis là, ils pensent que leur vie est finie, justement, parce qu'ils vont toujours avoir des blessures. Ça fait trois de suite, mettons, ils font du ski, ça fait trois blessures. Là, j'analyse. Là, t'avais quand même un pouvoir, là. T'as pris beaucoup de risques, là. Je sais pas, moi, t'es allé à Whistler, pis t'as...
- Speaker #0
Survenu à ces blessures-là.
- Speaker #1
T'as pris un hélicoptère, pis t'es allé en haut, pis là, ils me contrent toutes les histoires. Je suis comme, « Ouais, mais moi aussi, je me serais peut-être blessé. » Tu comprends ? « Ouais, ouais, ouais. » Tu as quand même pris des risques alors que tu n'étais même pas revenu sans poste de table à sur. Puis tout ça pour être avec tes amis. Je suis comme, oui, ça se tient, mais il va falloir travailler ton... Comment je l'appelle ça ? Souvent, le fait d'être influençable. Oui, c'est ça. Parce que là, si tu n'es pas capable de dire, oui, je suis blessé, je ne pourrais pas aller dans l'hélicoptère à Whistler et faire cette descente-là, je vais rester... Je vais rester au chalet en bas parce que c'est trop risqué pour moi. Parce que je sais que si tu n'es pas capable de t'affirmer à ce moment-là, c'est sûr que tu te mets très à risque de te re-blesser. Il arrive dans mon bureau, ça fait 3, 4, 5 blessures qu'il y a.
- Speaker #0
Ils ont dépassé leur capacité. C'est eux qui connaissent, pas qu'ils connaissaient nécessairement mal leur capacité, mais qui se sont dit, évidemment, le problème peut venir des différentes facettes de leur vie, mais qui ont dépassé leur capacité ou leur gestion de risque, dans le fond, leur limite de gestion de risque, ils l'ont dépassé, comme tu disais, ou il y en a qui vont complètement un peu...
- Speaker #1
Si c'est plus facile, on en voit souvent du monde qui... Je prends plus de risques, je prends plus rien, j'ai été blessé. C'est ça. L'inverse, c'est plus évident, mais souvent, on oublie l'autre. Ceux qui sont dans l'autre sont quand même drôles. Ouais, quand ils se rendent compte, c'est vrai que c'était pas... Il aurait fallu que je réfléchisse un peu. Puis souvent, dans leur enfance, souvent, ils ont des TDA, des troubles de déficit d'attention ou des difficultés d'impulsivité. Ils vont faire des trucs de plus impulsifs. Ça fait qu'ils sont beaucoup plus à risque de vivre des blessures ou des choses comme ça. Mais ça se travaille. Quand tu es conscient, je ne dis pas qu'on peut nécessairement tout changer la personne, mais la personne que j'ai eue comme client n'est pas revenue. C'est mon signe.
- Speaker #0
C'est ça, exact, exact. On arrive bientôt à la fin. J'aimerais ça qu'on parle un petit peu de cas, de trucs que tu as vécu avec certains clients. Je commencerais par... Tu dois avoir quand même des histoires à succès. que ce soit des entrepreneurs, des professionnels, des athlètes ou un peu de ton travail ou les différents trucs qu'on a parlé très rapidement aujourd'hui ont eu vraiment un impact direct y'a-tu quelque chose qui te vient en tête tu dois en avoir quelques-unes en tête y'a-tu une procédure ou une personne, évidemment t'as pas besoin de nommer de nom mais un cas en particulier qui t'a marqué ou plusieurs qui t'ont marqué positivement
- Speaker #1
Bien, évidemment, je ne peux pas nommer de nom, mais il y a quand même des moments que je trouve super intéressants. Puis la clé, ce que je veux dire, le principal outil du psychologue, ce que je fais, c'est de prendre le temps d'analyser le problème psychologique ou de la situation. Puis là, il y a des gens qui viennent dans mon bureau, des choses évidentes quand on l'analyse, mais sur le coup, on ne sait pas pourquoi. Un exemple en natation, un athlète en natation… Son coach donne des conseils. En entraînement, ça va bien. Il arrive en compétition, son coach donne les mêmes conseils. Il a la même attitude en compétition. Son énergie et sa motivation shot-down pendant la compétition.
- Speaker #0
En pratique, il est au top. Ça va bien. La même routine.
- Speaker #1
Même affaire. Son coach donne les mêmes conseils. Même affaire. Selon vous, c'est quoi le problème ?
- Speaker #0
C'est-tu justement l'aspect qu'il faut qu'il y ait moins de pression parce qu'il est en entraînement ? Ou c'est-tu un aspect, je ne sais pas, je ne connais pas tant la natation, c'est-tu l'aspect qu'il y a une foule qui est là à ce moment-là ou qu'il y a des gens ?
- Speaker #1
Toutes les réponses que tu dis, c'est des réponses intuitives qu'on pourrait penser que c'est ça, mais c'est justement rarement la chose évidente. Parce que si c'était ça... on aurait déjà trouvé probablement une solution. C'est ça. Souvent, les conseils viennent de trucs évidents. Dans ce cas-là, par exemple, après l'avoir écouté et tout ça, je me suis rendu compte que quand il est en entraînement, les conseils de son chum, pas de son chum, les conseils de son coach, j'ai fait un lapsus, les conseils, si vous avez des conseils de vos chums, de vos blondes, c'est correct aussi, mais les conseils en entraînement, c'était correct, mais lorsqu'il donnait des conseils en compétition, et perdait du contrôle. Puis qu'est-ce qu'on a besoin dans une compétition quand on est quelqu'un qui a besoin de contrôle, puis que c'est une situation stressante pour le... Lui, c'est un individu ou c'est un athlète qui avait besoin de contrôle en période de pression. Ça, je l'avais identifié. Quand le coach lui donnait un conseil, il enlevait du contrôle. Puis le fait qu'il enlevait du contrôle, le mettait sous pression. Avoue que c'est pas intuitif.
- Speaker #0
Non, c'est vraiment pas intuitif.
- Speaker #1
Mais... C'est toujours dans l'analyse et dans juste l'écoute de ne pas prendre pour acquis que la raison évidente, c'est ça. Ah oui, il doit être stressé parce qu'il y a trop de monde. Ou la température est froide, il n'aime pas ça. Mais même souvent, l'athlète ne sait même pas que c'est ça. Il le sait inconsciemment, mais il ne veut pas le dire à son coach parce que c'est lui le problème.
- Speaker #0
Oui, c'est clair. On va rencontrer justement un athlète de très haut niveau. dans les prochains épisodes. Ça va être intéressant parce que là, on parle à un psychologue sportif. Mais là, on va parler du côté athlète plus justement tout l'aspect psychologie et tout. Qu'est-ce que... Quel conseil, toi, comme psychologue sportif, là, tu vas me dire chaque individu est unique et tout, mais bref.
- Speaker #1
Oui, une réponse de psy. Oui, c'est ça, c'est ça.
- Speaker #0
Mais, tu sais, qu'est-ce qu'il y a, justement, bien, tu sais, il va probablement écouter cet épisode-là, mais bref, qu'est-ce que tu dirais à un athlète de haut niveau pour un petit conseil ou comme pour optimiser, justement... Non, mais ta question est quand même bonne.
- Speaker #1
Évidemment, je donne jamais de conseils random sans connaître le contexte, mais en général, sur le plan théorique, un athlète, ce qu'il a besoin, c'est d'avoir du contrôle. de se sentir bon et d'avoir des gens qui le respectent, qui l'aiment, des coachs, des coéquipiers. S'il y en a un des trois qui est problématique, le contrôle, le pouvoir, la compétence, puis les liens, les relations, c'est ça qui génère le stress et l'anxiété de performance. Il n'y a pas mille choses chez l'être humain qui génèrent du stress. Si tu n'as pas de contrôle, tu vas être stressé. Souvent, en entreprise, on va dire micro-management. Est-ce qu'on aime ça, du micro-management ?
- Speaker #0
Micro-gestion.
- Speaker #1
« Ah non, on n'aime pas ça. » Bien, il y en a qui aiment ça.
- Speaker #0
Oui, exact.
- Speaker #1
Il y en a qui aiment vraiment pas ça. Mais ça dépend quel type d'employé. Ça dépend, est-ce que c'est un junior ? Est-ce que c'est un senior ?
- Speaker #0
Non, non, c'est clair.
- Speaker #1
C'est quoi ces types de tâches ? Est-ce qu'ils ont une importance capitale dans la survie de l'entreprise ? Tu comprends ? Tu sais, du micro-management, quand tu as la survie de l'entreprise, moi, je trouve ça normal.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Tu sais, ça dépend. Mais en même temps, si la personne est compétente, puis on peut lui donner des responsabilités, mais c'est la même chose. Je te dirais, chez les athlètes, si tu as un athlète qui vient te voir en podcast, justement, il peut poser la question « OK, c'est quoi ? » Puis à un coup, on a identifié. Là, on peut mettre des choses en place stratégiques. Parce que si tu ne te sens pas à la hauteur, qu'est-ce qu'on fait quand on ne se sent pas à la hauteur ?
- Speaker #0
Quand on ne se sent pas à la hauteur, on peut abandonner ou on peut se retrousser les manches. Puis il y a les deux fois, ça peut nous donner du gaz, justement, je pense.
- Speaker #1
Oui, mais c'est surtout que quand on ne se sent pas à la hauteur, on va chercher un mentor qui est meilleur que nous pour nous accompagner, ou on va chercher de la formation, ou si tu ne te sens pas bon, ça te prend de la formation. Si tu te sens en perte de contrôle, qu'est-ce qu'on fait ?
- Speaker #0
Tout dépendant d'où vient cette perte de contrôle-là, on peut réduire la charge, réduire...
- Speaker #1
On essaie de reprendre le console, selon le contexte. Je sais que ça a l'air évident, mais un coup que tu t'identifies, c'est facile. Mais si je te dis... Il va falloir que tu gères mieux ton anxiété de performance. C'est ça. C'est la même chose avec les relations. Si tu as un conflit avec ton gestionnaire, c'est normal que tu sois anxiote. Mais il va falloir regarder ce qui se passe avec ton gestionnaire, l'analyser et trouver un positionnement. Souvent, dans les relations, je l'ai dit tantôt, c'est souvent une question de positionnement qui va faire la différence.
- Speaker #0
Parce que la performance soutenable et durable, ça existe. On s'entend.
- Speaker #1
Oui, puis il y a un concept que j'ai évidemment pas eu le temps de parler, mais il y a beaucoup de choses. Oui, ça existe, mais il faut avoir des périodes de récupération. Puis en anglais, ça sonne mieux, le recovery. C'est comme de retrouver son énergie, sa recharge. Mais comme la plupart des milieux de performance, que ce soit en entreprise ou chez les athlètes, dans le sport, la recharge, la récupération, c'est pas vraiment bien équilibré, on va dire ça comme ça.
- Speaker #0
c'est souvent un enjeu majeur à ce niveau-là dans le sens qu'il y a trop de performance pas assez de récupération la récupération ou la recherche tant de besoin pour performer c'est souvent là où il y a le plus grand déséquilibre ou problématique puis
- Speaker #1
c'est un changement de culture comme tu as dit, c'est quelque chose qui s'améliore avec les années, depuis 2020 je trouve qu'il y a une amélioration mais il y a encore beaucoup de travail à faire si un employé n'a pas de fenêtre puis il est sensible à la... la lumière, parce qu'il y en a des plus sensibles, ça se peut que son énergie diminue avec les années.
- Speaker #0
C'est clair.
- Speaker #1
Il y en a qui m'ont dit qu'on n'a rien à faire, on ne peut rien faire. OK, mais le problème va se continuer. Ça a l'air évident, l'employé n'a pas de lumière, mais ça a un impact sur son énergie et sa vitalité. Ça fait partie de sa récupération.
- Speaker #0
Merci Jean-Michel. On va se voir à notre colloque pour les gens qui... qui vont te rencontrer en fait en personne. Tu vas avoir une conférence d'ouverture le 22 avril à Drummondville, donc pour notre deuxième édition. On va aller un petit peu plus loin dans tout ce qu'on a parlé aujourd'hui. On a effleuré tout un peu les sujets, mais tu sais, c'est ça. Ça va être une belle conférence. Je pense que les gens vont aussi apprendre des choses, vont repartir avec un...
- Speaker #1
Tu sais, mon but de cette conférence-là, c'est vraiment de vous éveiller sur certaines choses puis vous outiller sur tout. pour avoir un impact, puis travailler justement l'anxiété de performance dans le but d'augmenter vos performances, mais sans affecter votre santé. Parce que si vous performez, vous êtes malade. Je dis « bref » . Parce que c'est pas full inspirant, là.
- Speaker #0
C'est ça,
- Speaker #1
c'est ça. Fait que moi, j'accorde, tu sais, un de mes taglines, c'est « performer en santé » ou « performer naturellement » . C'est mes deux... Tu sais, j'aime la performance, j'y crois beaucoup, mais on peut pas se dénaturer pour performer, puis on peut pas non plus être malade.
- Speaker #0
Tomber malade, ouais.
- Speaker #1
Tomber malade pour performer. En tout cas, moi, je trouve que ça fait pas de sens. Puis si des gens trouvent que ça fait du sens, ben, alléluia, là, c'est ça. Puis, tu sais, des fois, on peut avoir des périodes... ou qu'on investit un peu plus ou qu'on sacrifie un peu notre sommeil ou tout ça, mais en général, il n'y a aucune raison pour sacrifier notre santé versus la performance.
- Speaker #0
C'est clair.
- Speaker #1
Surtout en 2026. En tout cas, selon moi, on devrait vraiment équilibrer ça, parce qu'on le sait, un être humain, ça peut être fragile. Il y a beaucoup de choses qui peuvent arriver dans notre vie, puis quelqu'un qui a sur 20 ans, 30 ans, 40 ans de carrière, il ne s'est rien passé, qui était là tous les jours. Bien, bravo, t'as une belle vie. En tout cas, j'en ai pas rencontré. Ouais. Je sais pas si t'en avais rencontré. Puis, tu sais, souvent, on rencontre des fois des jeunes de 25 ans qui disent « Oui, mais j'ai jamais rien arrivé. » OK, mais c'est cool, mais sur 25-30 ans, c'est quasiment impossible. Pas de divorce, pas de burn-out, pas de décès dans ta famille de personnes proches, pas de ci, pas de ça, pas de problème de santé. Tu sais, toutes les choses qu'on peut vivre en tant qu'être humain. Tu me dis que t'as rien eu pendant toute ta carrière. Bien, bravo, t'es chanceux, mais justement, touche du bois parce que... La plupart des gens autour de vous vont vivre certaines épreuves dans leur vie.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Puis c'est plus comment le gestionnaire, comment les gens vont réagir, qu'ils vont faire peut-être une grosse différence dans son retour à un niveau de fonctionnement plus normal.
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #1
Ou en centre mental.
- Speaker #0
Merci, Jean-Michel. C'est un plaisir. On se refile un peu. Oui, oui, oui. Justement pour, on va pouvoir cruiser ça.
- Speaker #1
On pourrait avoir des cas avec des acteurs précis ou des gestionnaires plus précis. Ça me ferait plaisir de…
- Speaker #0
On va refaire ça, c'est à nous l'année prochaine.