- Speaker #0
Dans les postes critiques liés à la santé et sécurité au travail, un travailleur sur cinq qui avait utilisé des substances moins de deux heures avant ou pendant son quart de travail, l'enjeu là-dedans, c'est que les gens, ils n'en parlent pas. Ils le font, puis ils gardent ça secret. C'est ça qui fait que c'est important de s'en préoccuper.
- Speaker #1
Bonjour tout le monde, ça me fait plaisir d'être avec vous encore aujourd'hui pour un nouvel épisode de l'Audio Brio. En débutant, j'aimerais vous parler très rapidement de notre offre de services et ce que Brio peut vous offrir. On a chez Brio différents services en santé organisationnelle, que ce soit de l'analyse des risques psychosociaux, que ce soit du coaching de gestion, de la médiation, de la gestion de conflits, un beau catalogue de formation aussi très complet. Donc, je vous invite à aller jeter un oeil, aller voir ce qu'on offre. On a aussi un nouveau site web, une nouvelle image. qu'on a travaillé très fort l'équipe là-dessus. Donc, je vous invite à aller voir également si vous aimez ce qu'on fait, si vous aimez le contenu qu'on produit. Vous pouvez partager, nous laisser un j'aime, commenter et tout. Ça nous aide à pouvoir poursuivre ce projet-là. On a des très bons commentaires, que ce soit de nos clients et des non-clients, sur ce qu'on fait en termes de balado. Donc, on vous propose encore des sujets super intéressants, super actuels en lien avec la santé. et le mieux-être au travail. Donc, sur ce, je vous laisse avec mon prochain invité. Une très belle journée. Donc, bonjour, Christina. Je suis vraiment content que tu sois avec nous aujourd'hui. C'est un plaisir. Je pense que je pourrais te présenter, mais on ne se connaît pas encore tant que ça. Je pense que je te laisserais te présenter parce que tu vas être meilleure que moi pour le faire, tout simplement. Fait qu'on part ça comme ça.
- Speaker #0
C'est bon. Je m'appelle Christina Blié. Je suis travailleuse sociale de formation. Je suis directrice adjointe de la relance Nicolas Bécancour, qui est un organisme en prévention des dépendances situé à Bécancour.
- Speaker #1
Puis, ton rôle à la relance est pour le PADE, parce qu'on est un peu là pour ça aujourd'hui, puis pour mettre les gens en contexte. En fait, on est un programme d'aide aux employés, comme les gens doivent le savoir, mais il y a un nouveau programme qui existe, ou du moins c'est très récent, qui est le PADE. et donc qui est un programme d'aide aux dépendances en entreprise, ce qui est assez récent. C'est quoi ton rôle dans autant l'organisation de la relance pour que les gens puissent faire la nuance entre les deux, pour la relance et pour le PADE qui est comme un antithème un petit peu à part ?
- Speaker #0
Oui, bien le PADE qui est le programme d'aide aux dépendances en entreprise, c'est un volet de service. Ça fait que nous, la relance, on est un organisme communautaire, on a une mission qui est vraiment 0-100 ans, donc on fait de la prévention chez tous les groupes d'âge. Moi, comme directrice adjointe, je suis supervise un petit peu en collaboration avec la directrice générale. Toutes les opérations de la relance, tous les programmes qu'on déploie, on est présent dès la quatrième année du primaire avec des ateliers de sensibilisation. On est dans les écoles secondaires aussi avec les 12-17 ans pour faire de la sensibilisation, du repérage, l'intervention précoce. Référer les jeunes aussi vers le bon service pour les aider à raconter leur histoire quatre fois. Quand ils s'adressent à un intervenant, on veut qu'il soit orienté vers le bon niveau de service. Puis, on a aussi un volet 18-24 ans. qui est auprès des jeunes adultes dans les minutes de formation postsecondaire. Fait que les écoles, le Centre d'éducation des adultes, l'école professionnelle, le cégep, l'université, tout ça, c'est pour Mauricie-Centre-du-Québec. Puis pour le programme d'aide aux dépendances en entreprise, c'est comme un autre volet de service. Le programme, il existe depuis 10 ans, mais la nuance, c'est que l'an dernier, on a reçu une subvention du programme sur l'usage de substances et les dépendances qui nous permet de le déployer à plus grande échelle puis de mettre les bouchées doubles pour le faire connaître, le faire implanter parce que Ça fait dix ans qu'il est implanté dans le Bécancour-Nicolet-Yamaska, dans le fond.
- Speaker #1
Puis on va y revenir, c'est sûr et certain, plus tard. C'était plus pour mettre en contexte. Parle-moi un peu de toi. Aujourd'hui, on va parler des dépendances en milieu de travail parce qu'on est plus spécialisés là-dessus. Puis je pense que c'est plus nouveau. Ça fait longtemps qu'on parle des dépendances, prévention des dépendances en milieu scolaire. On en a parlé aussi avant d'enregistrer. Mais c'est ça, aujourd'hui, c'est notre sujet. Parle-nous un petit peu de ton background. Pourquoi tu es là aujourd'hui finalement et pourquoi tu viens nous parler d'indépendance en milieu de travail ? D'où ça vient cet intérêt-là pour toi de travailler dans ce domaine-là ?
- Speaker #0
Il n'y a pas d'événement marquant, spécifique. Je pense que c'est plus une impression générale. Quand j'ai fait mon bac en psycho, une fois à Trois-Rivières, puis dans trois ans de formation à temps plein, je n'ai eu aucun cours sur la dépendance, alors qu'en santé mentale, c'est vraiment un incontournable. En fait, ça concerne toute la population. Si on n'extrapole à l'usage de substances, ça peut concerner tout le monde. Si on ajoute les jeux d'honneur et d'argent, la superdépendance, je veux dire, on ne se pose pas la question. C'est pertinent pour n'importe qui qui est humain sur cette terre. Ça me dépassait de voir que je n'avais pas eu de cours. Je sais que ça a évolué depuis. Ça fait quelques années déjà que j'ai fini mon bac. En allant à la maîtrise en travail social, j'ai décidé de m'intéresser plus en détail à la problématique de la dépendance. Moi, je m'intéressais à la concomitance entre la dépendance et les troubles du comportement alimentaire. J'ai pris un petit aparté, mais je suis revenue à la dépendance. Je m'intéressais beaucoup à la prévention. Comment renforcer les compétences chez les jeunes pour éviter qu'ils développent une dépendance ? Parce que ça reste que, entre utiliser des substances puis devenir dépendant, il n'y a pas nécessairement toujours une grosse différence. C'est une question de stratégie d'adaptation, c'est la capacité à gérer son stress, à composer avec les émotions, tolérer l'inconfort. Je veux dire, il faut penser aussi en amont. Fait que je pense que c'est ça, je pense que c'est devant le manque de formation qu'il y avait en lien avec les dépendants. J'ai voulu m'intéresser plus en détail. par rapport à ce sujet-là. Puis ça m'a amenée de fil en aiguille dans des organismes communautaires en prévention, dans le secteur de la recherche. Sinon, j'ai travaillé pour une association québécoise aussi qui représente les organismes communautaires en dépendance. Puis là, depuis le début de l'année, je suis de retour à la relance, qui avait été mon premier employeur quand j'ai fini mon bac. Je travaillais dans les écoles comme éducatrice en prévention. Puis là, je suis de retour comme directrice adjointe. Fait que je peux compléter un petit peu ce qui avait été entamé. Je trouve que c'est un... Un full circle,
- Speaker #1
comment on dit en français ? Oui, un tour de... je ne sais pas. Full circle, ça... Désolée,
- Speaker #0
j'aurais aimé le terme français, mais c'est ça.
- Speaker #1
OK, super. Je pense que c'est une bonne introduction, puis ça explique aussi pourquoi on est là aujourd'hui. On va commencer, puis à parler un petit peu plus général, on va revenir au milieu de travail plus spécifique plus tard. On va commencer un petit peu par les dépendances de manière plus globale, puis on pourra revenir plus tard pour la suite. Si on commence ça en peut-être parlant un petit peu de chiffres, d'usages canadiens, québécois, tu sais, juste pour mettre un peu la table, puis on en est où en 2025, bientôt 2026, par rapport à ça, qu'est-ce qui... C'est ça, en fait, faire un petit topo là-dessus pour que les gens puissent avoir une meilleure idée, en fait.
- Speaker #0
Bien d'abord, tu sais, comme j'ai dit tantôt, il faut distinguer... Dans le fond, il y a la problématique clinique, si on veut, des troubles liés à l'usage de substances ou les troubles liés aux jeux de hasard et d'argent qui concernent à peu près 4 à 5 % de la population. En fait, 4 %, puis si on ajoute les jeux de hasard et d'argent, on parle de 5 % de la population. Ça fait que ça, c'est la problématique clinique. C'est là où la personne ne peut plus vaquer à ses occupations régulières. Il y a une souffrance marquée, la personne a besoin de soutien pour son rétablissement. Mais si on remonte à des habitudes d'usage à risque, utiliser des comportements à risque. Si on inclut les écrans là-dedans, ça concerne vraiment une forte proportion de la population. Tu sais, des chiffres par rapport à... Tu sais, j'ai beaucoup de chiffres en milieu de travail, parce que c'est sûr que là, c'est la majeure de mon intérêt ces temps-ci. Mais c'est un travailleur sur cinq qui est concerné par l'usage à risque en milieu de travail. Il y a une étude super intéressante du Centre canadien sur les dépendances usage de substances qui a été tenue cet été. Donc, en juillet, les résultats sont vraiment tout frais. puis C'était 20 %, fait qu'un travailleur sur cinq qui avait utilisé, dans les postes critiques liés à la santé et sécurité au travail, un travailleur sur cinq qui avait utilisé des substances moins de deux heures avant ou pendant son quart de travail. Puis l'enjeu là-dedans, c'est que les gens, ils n'en parlent pas. Ils le font, puis ils gardent ce secret, fait que c'est ça qui fait que c'est important de s'en préoccuper.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Sinon, pour l'usage à risque, on parle à peu près 9 % de la population qui a des comportements d'usage à risque.
- Speaker #1
Quand même.
- Speaker #0
C'est quand même beaucoup.
- Speaker #1
Oui. Tu prends la population générale, c'est une personne sur dix quand même. Si la réalité est vraie dans les milieux de travail aussi, si c'est dans la population générale.
- Speaker #0
Ça varie selon les types de substances. Parce qu'on dit souvent, on fait souvent la distinction alcool et drogue, mais l'alcool, c'est une drogue. C'est une substance psychoactive comme les autres. C'est pour ça qu'à la relance, on va vraiment les mettre dans le même panier. Si on parle d'alcool, on parle...
- Speaker #1
Oui. Je vais parler de la société plus nord-américaine. L'alcool est comme plus banalisé ou du moins très banalisé depuis longtemps par rapport aux autres substances. Il y a aussi le cannabis qui vient de rentrer un peu dans un peu, pas la même idée que l'alcool, mais on connaît bien la SQDC ici au Québec, qui est comme une boutique en fait, où tu peux te procurer du cannabis. un peu, c'est un petit peu moins... axé promotion que la SAQ, on s'entend là ? On est moins dans...
- Speaker #0
C'est un message par rapport au cannabis.
- Speaker #1
Plus dans la prévention que la SAQ va l'être, par exemple.
- Speaker #0
Exact.
- Speaker #1
Mais je pense que c'est très bien de rappeler que l'alcool est une drogue parce qu'on l'oublie souvent.
- Speaker #0
On l'oublie. Puis tu sais, on est...
- Speaker #1
C'est ancré dans la... C'est dans la culture.
- Speaker #0
C'est correct aussi. Je pense aux Européens, ça fait partie. C'est tout le temps de rester conscient par rapport à ses habitudes. À la relance, on le dit souvent, on n'est pas là pour démoniser les substances ou être coercif. Au contraire, on veut en parler le plus possible pour que les gens fassent juste des choix éclairés. Ça se peut que ça fasse partie de ta vie de consommer, mais quel choix tu fais avant de consommer ? Est-ce que ça t'apporte du positif ? Y a-t-il quelques changements que tu peux faire dans tes habitudes pour que t'en retires les bénéfices sans vivre les conséquences ? C'est tout le temps d'avoir... Une prise de conscience par rapport à ses habitudes.
- Speaker #1
Absolument, absolument. Puis, les nouvelles dépendances, tu vas me dire, il n'y a pas de nouvelles dépendances parce que ça existe depuis longtemps, mais les écrans, je pense que, le vapotage, les écrans, qui sont plus restés, qui sont plus nouveaux quand même, mais les écrans qu'on parle de plus en plus, je pense, puis qui doivent avoir de plus en plus de recherches et de constats par rapport à cette... dépendance-là, qui est le téléphone, les jeux vidéo et tout ça.
- Speaker #0
C'est un univers en soi. On est plus dans des dépendances comportementales. Même les gens pourraient se dire « Mais s'il n'y a pas d'effet psychoactif, pourquoi ça peut rendre dépendable ? » Ça me fait penser à mon passé en trouble du comportement alimentaire. C'est un peu la même mécanique. Je ne sais pas où je m'en allais avec ça, mais c'est... Les écrans, on ouvre tout un autre univers parce que dans les écrans, il y a la tolérance à l'ennui. Comment j'occupe mon quotidien ? Quelle place ça prend ? Il y a aussi le fait que c'est conçu pour nous garder devant l'écran. Si on pense aux réseaux sociaux, je veux dire, c'est évident.
- Speaker #1
Les algorithmes sont réfléchis en fonction de…
- Speaker #0
On se crée un tunnel. Ça nous amène dans quelque chose qui nous plaît, qui nous amène du réconfort. Physiologiquement, ça fait sécréter de la dopamine au même titre que la nourriture, les substances psychoactives. nos habitudes de vie aussi. On l'inclut dans notre routine. Mais il y a aussi le fait que... Je pense aux applications de jeux qu'on peut télécharger. Elles sont conçues pour nous garder. Il y a des délais pour avoir la récompense. On est beaucoup dans la gamification. On ouvre, on en voit de plus en plus, clairement. Ce que je trouve intéressant aussi, c'est que dans les dernières années, à la relance, il y a beaucoup d'adultes qui viennent faire des demandes de services pour gérer leurs habitudes en lien avec les écrans. Parce qu'on a beaucoup identifié les jeunes. Ça concerne vraiment tout le monde. On a tous une prise de conscience à faire par rapport à ça. C'est dur de ne pas être sujet à ça. C'est vraiment conçu pour nous garder accrochés. À la différence de la télé conventionnelle où l'émission se termine, juste les plateformes en continu, c'est conçu pour ça.
- Speaker #1
Exact. Je pense que c'est vraiment important de juste en être conscient. D'être conscient que c'est quelque chose et après ça... Évidemment, mettre des actions en place, c'est sûr que c'est...
- Speaker #0
Puis on se met à risque aussi avec les écrans. Je pense à tenir son téléphone quand on est au volant. Je pense sur les milieux de travail, avoir son téléphone sur soi, ça peut mettre la santé et la sécurité à risque aussi. Ça fait que ce n'est pas à négliger.
- Speaker #1
C'est clair. Puis il y a un point que je voulais parler. Je vais m'en parler d'alcool un peu plus tôt. Je trouvais ça quand même important d'en parler. Les jeunes... En tout cas, mon feeling personnel, puis là, je ne me base pas sur des études ou autre, mais j'ai l'impression qu'il y a moins de consommation d'alcool, du moins, ou il y a une baisse de la consommation en général. Est-ce que je me trompe en disant ça ou c'est quelque chose qui est étudié puis qui est…
- Speaker #0
Oui. Dans la dernière enquête, dans le fond, tous les quatre ans, il y a l'Institut de la statistique du Québec. Il y a une large enquête avec des milliers de jeunes secondaires. Ils sont capables de sortir des chiffres statistiquement significatifs. L'enquête québécoise sur la santé des jeunes secondaires, la dernière était en 2020, si je ne me trompe pas. J'ai un blanc, ce n'est pas grave, mais aux quatre ans. Effectivement, la consommation est en diminution, mais les modes de consommation changent. Il y a des nouvelles substances qui font leur entrée. Mais oui, nous, on est super fiers de ça parce qu'on a... Les efforts de prévention, ça prend du temps avant de voir l'impact. Nous, on déploie des programmes de prévention, comme je disais tantôt, de la quatrième année du primaire jusqu'à la cinquième secondaire. Pour que nos jeunes en voient les effets, il faut qu'ils aient fait le parcours scolaire pour vraiment avoir eu l'ensemble du programme. Nous, d'avoir l'enquête québécoise à tous les quatre ans comme ça, on est capable de voir quand même un effet intéressant. Parce qu'on sait qu'ils ont eu plusieurs ateliers, il y en a deux par année. On sait qu'ils ont eu plusieurs de nos visites. Mais oui, en 2020, 2019... Le ministre Carman avait octroyé un financement significatif aux organismes communautaires partout à travers le Québec pour déployer des programmes de prévention dans toutes les écoles. On est vraiment reconnaissant de ça parce que ça donne des moyens pour aller rejoindre les jeunes. Ils ne vont pas venir vers nous. C'est nous qui devons aller vers eux.
- Speaker #1
C'est clair. On va parler des milieux de travail plus tard. Les jeunes à l'école sont nos futurs employés. Oui. Et puis,
- Speaker #0
on sait des emplois.
- Speaker #1
exactement.
- Speaker #0
Les personnes de 16 ans, ils sont dans les lieux de travail ou même avant, des fois, des emplois d'été. Absolument. Mais oui, oui,
- Speaker #1
oui. Je pense que c'est très positif. Puis comme tu dis, moi, je... J'ai connu, on dirait, le primaire, le secondaire, justement, du moins, je n'étais pas là avant, mais il y avait quand même des actions, justement, bon, je pense à Action Tox dans ma région, à Victoriaville, qui déployaient des efforts, justement, en prévention. Puis, bien, en tout cas, ça fait quand même un petit bout que je suis au primaire, au secondaire, puis je pense que, bien, si on voit des postes de consommation, bien, ça veut dire que ça fonctionne, puis que c'est mission accomplie. c'est sûr que Ça ne sera jamais 100 %, mais il y a quand même, si on voit quelque chose de positif, c'est important aussi.
- Speaker #0
Oui, effectivement.
- Speaker #1
OK, donc on va basculer un petit peu plus au niveau milieu de travail, parce qu'évidemment, on est là un petit peu plus pour ça. Puis j'aimerais ça qu'on commence par discuter un petit peu dans les milieux de travail, que ce soit un gestionnaire, une personne en ressources humaines, un employé. Est-ce qu'on peut commencer par les signes à surveiller et les différents impacts que ça peut avoir dans nos milieux de travail ?
- Speaker #0
C'est une bonne question. C'est une question qui est impossible à répondre dans le sens où les signes à surveiller apportent certains signes aigus de consommation. Ils sont très subjectifs. C'est le portrait général. Les employeurs reconnaissent leurs employés. Puis c'est eux les mieux placés pour voir s'il y a un changement significatif aussi dans les habitudes ou chez la personne, dans le fond. Est-ce que tu peux me rappeler ta question ? Excuse-moi.
- Speaker #1
Bien oui, pas de problème. En fait, les signes à surveiller, les impacts, en fait, si on commence par les signes, plus initialement, les signes à surveiller dans les milieux de travail ou comment les employeurs, les gestionnaires, les RH et les employés peuvent être mieux aiguës ou avoir des petits red flags qui peuvent se lever un petit peu plus ?
- Speaker #0
Bien, c'est ça. Il y a les signes aigus, mais je pense que... La question, c'est est-ce que dans mon entreprise, les employés ont l'espace pour le dire s'il y a quelque chose, que ce soit leur superviseur, leur collègue. Parce que comme je disais tantôt, c'est 5 personnes sur 10 dans les postes critiques qui n'en parlent pas de leurs enjeux de consommation. Il y a des bonnes chances qu'on ne le saura pas. Ce n'est pas parce que la personne n'est pas intoxiquée sur les heures de travail qu'elle n'a pas les facultés affaiblies ou qu'elle n'est pas affectée par sa consommation en dehors des heures de travail. Ça peut affecter. la productivité au travail. Ça se peut aussi qu'il y ait eu un incident, que les collègues sont au courant, mais les gens couvrent la personne, ça crée de la tension, ou personne ne veut travailler avec cette personne-là parce qu'ils savent que, des fois, elle est intoxiquée et permet la santé et la sécurité des autres travailleurs à risque. Il y a tellement de petits éléments subtils dans le contexte que c'est pour ça qu'on ne peut pas nécessairement donner une réponse générale. Ça dépend dans chaque contexte. Est-ce que c'est un emploi dans le secteur industriel, dans le secteur de la construction ? On est-tu en restauration ? Ça fait partie. de l'offre de services, de prendre un verre avec les clients.
- Speaker #1
Il y a tellement de nuances.
- Speaker #0
Mais ce qui est sûr, c'est que ça a un impact. Même si ce n'est pas un travailleur ou une travailleuse qui est intoxiquée sur ses heures de travail, c'est sûr que ça peut avoir un impact. On extrapole aussi souvent à l'intérêt de... de se soucier de la dépendance en milieu de travail, c'est aussi, tu sais, j'ai en tête un travailleur qui a son enfant à une dépendance. C'est sûr que ça a un impact sur sa prestation de travail à ce travailleur-là. Dépendamment, son jeune est-il soutien ? Est-ce que comme parent, il est outillé pour intervenir avec son jeune ? On a tellement de couches d'oignon à couvrir que... C'est ça, je suis en train de m'éparpiller, mais je trouve ça vraiment...
- Speaker #1
C'est ça l'objectif aussi.
- Speaker #0
Complexe.
- Speaker #1
Puis, en termes de climat de travail, c'est C'est particulier comme question, mais est-ce que, assurément, la réponse est oui. Je connais déjà la réponse à la question, mais j'aimerais ça que tu nous en parles un peu. L'impact sur le climat de travail ou sur l'équipe ou sur, c'est quoi le niveau d'impact que ça peut avoir finalement ?
- Speaker #0
À partir du moment où on est conscient qu'un collègue ou une collègue a une problématique d'usage à risque ou de dépendance, c'est déjà, ça ajoute une tension. Si on se préoccupe pour ce collègue-là, on ne sait pas où l'orienter. Ou la semaine dernière, on avait une formation avec des gestionnaires, on donnait une formation à des gestionnaires en ressources humaines, puis ils nous disaient, OK, c'est bien beau, j'ai pris conscience, il y a une problématique dans mon entreprise, mais je propose quoi ? Parce qu'on ne sait pas nécessairement à quelle porte cogner la personne. Est-ce que c'est avoué, c'est pas avoué ? Est-ce qu'on ne veut pas être discriminatoire non plus ? On marche beaucoup sur des oeufs par rapport à la dépendance.
- Speaker #1
C'est clair. C'est une question que j'aurais dû te poser au début, mais usage à risque versus dépendance, peux-tu juste me... m'aiguiller là-dessus ?
- Speaker #0
Nous, on fait la nuance parce que, premièrement, toutes les substances sont pertinentes. Quand on parle de dépendance, on ne met pas l'alcool dans une boîte puis le cannabis, les autres substances dans une autre boîte. Toutes les substances sont pertinentes. L'usage à risque, c'est un usage qui a des conséquences négatives sur que ce soit l'aspect physique, psychosocial de la personne. La personne approfite moins des bénéfices de la substance puis elle vit des conséquences. La dépendance, pour nous, c'est vraiment le trouble lié à l'usage de substances. C'est une problématique qui peut être diagnostiquée par un professionnel de la santé.
- Speaker #1
OK. Bon, ça met bien la table.
- Speaker #0
À partir du moment où la personne la consomme, avant ou pendant sa prestation de travail, c'est certainement un usage à risque.
- Speaker #1
Absolument. C'est clair. J'aime tout le temps ça qu'on reste dans le concret et qu'on ait des petits exemples. Je trouve que ça met en lumière un peu plus. On est au bureau, peu importe où je suis, je suis dans une usine. Il y a un de mes collègues qui arrive clairement en état d'intoxication. C'est quoi un petit peu... Là, tu vas me dire qu'il n'y a sûrement pas une façon de procéder, mais en gros, c'est quoi, comment je réagis comme collègue, comme gestionnaire ? Qu'est-ce que je peux faire, en fait ? C'est quoi la bonne action, les bonnes actions à prendre ?
- Speaker #0
Bien, le mot d'ordre, mettons, c'est la sécurité de la personne. Ce qu'on dit souvent à nos gestionnaires qui nous appellent pour du soutien, c'est pas le moment d'essayer de comprendre ou d'expliquer, dans le fond, la politique sur les substances. Il faut être affirmatif, mais il faut s'assurer de la sécurité de la personne. Fait qu'à partir du moment où on sait que la personne, elle peut pas compléter son corps de travail, bien, c'est de s'assurer qu'elle rentre chez elle en toute sécurité, s'assurer qu'elle a ses clés de voiture sur elle, qu'elle part en taxi. ou qu'il y a quelqu'un qui vient la chercher, qu'elle ne sera pas toute seule à la maison, cette personne-là. S'il y a l'air d'avoir une urgence, si la personne est incohérente, on sent qu'elle a besoin d'assistance médicale, même appeler l'ambulance. Mais je dis aussi que la personne apporte avec ses clés parce que c'est déjà arrivé aussi qu'on la retourne chez elle puis elle se rend compte qu'elle n'a pas sa voiture puis elle revient en taxi chercher sa voiture, à notre insu. Mais c'est d'assurer sa sécurité, je pense. Il n'y a pas de... Comme tu dis, il y a plein de petits éléments subtils. Ça dépend de ce que l'entreprise est syndiquée, on est dans quel secteur de travail. Mais de façon générale, c'est d'assurer la sécurité de la personne. L'intervention, elle viendra après quand la personne sera... Puis on est en intoxication, mais oui.
- Speaker #1
C'est clair. Puis, jusqu'où va la responsabilité d'un gestionnaire, du moins d'un point de vue légal ou autre ? Puis, tu n'as peut-être pas exactement la réponse, mais en tout cas, tu comprends un peu l'angle de ma question. C'est ça. Des fois, c'est dur en tant que gestionnaire ou en tant qu'organisation de savoir où est la ligne, comment on…
- Speaker #0
Légalement, il y a l'obligation d'accommodement. Si le gestionnaire a conscience que son employé a une problématique de dépendance qui est appuyée par un biais médical, le gestionnaire a l'obligation d'offrir un accommodement dans les limites de ce qui est possible dans l'entreprise. Il ne faut pas que ça nuise non plus à la gestion, à la saine gestion de l'entreprise. Ça, c'est une chose. Puis l'autre chose, c'est l'employeur doit offrir un traitement équitable à tous ses employés. J'ai des exemples d'entreprises qui ont payé la thérapie, par exemple, une thérapie avec hébergement à l'employé. Il faut quand même que l'entreprise s'assure que s'il y a 5-10 employés qui ont le même besoin, est-ce qu'elle va pouvoir y répondre de façon équitable ? Ça, c'est deux valises légales qui sont encore là, c'est du cas par cas, dans quelle mesure ça s'applique, puis jusqu'où la mesure d'accommodement va. mais d'entrée de jeu, c'est sûr que l'employeur qui a conscience que son employé a une problématique de dépendance doit offrir une mesure d'accommodement. Ça peut être par exemple le PAN, c'est en soi une mesure d'accommodement. D'avoir une entente de service avec la relance puis d'offrir d'orienter la personne vers nos services, c'est une mesure d'accommodement. Sinon, offrir la thérapie, c'est une autre possibilité. Mais encore là, il faut s'assurer qu'on peut être équitable avec tous les employés.
- Speaker #1
Puis justement, je reviendrai un petit peu en je prends la balle au bon, PAE. P-A-D-E-T, complémentaire. On sait, on en a parlé aussi avant d'enregistrer. C'est deux ressources, je pense, qui sont super intéressantes et super complémentaires. Le PAD, en fait, c'est un programme que vous, vous avez mis en place. Vous avez du moins, la Relance a créé de toutes pièces. Si, par exemple, j'ai une entreprise à Montréal qui dit, bien, je trouve ça super intéressant, mais c'est pas... Comment ça fonctionne, en fait, niveau PAD pour le déployer dans différentes régions ? C'est plus ça ma question, en fait.
- Speaker #0
Techniquement, la relance, nous, on l'offre à Mauricie-Centre-du-Québec. Donc, c'est nous, en fait, qui fait les ententes de services avec les entreprises. Mais on l'a conçu aussi pour permettre à d'autres organismes qui voudraient le déployer dans leur région de pouvoir le faire. Fait que, c'est comme là, en 2025-2026, on a sept régions. qui offrent, qui ont acheté le programme puis qui l'offrent à leur tour dans leur région. Montréal, on n'a pas d'organisme encore, mais le programme PAD, c'est vraiment la relance qui l'a conçu. Puis s'il y a un organisme intéressé dans la région de Montréal, nous, tout ce qu'on veut, c'est que ça fasse des petits puis on n'a pas d'intérêt pécunier. On est une OBNL. Fait que si il y a une organisation qui est intéressée à le déployer, on va la former puis on va l'accompagner à le faire. Puis tu sais,
- Speaker #1
on sait... en ce moment. On se connaît parce qu'on travaille chez certains clients ensemble. Peux-tu m'expliquer de toi un peu ta vision de la complémentarité entre un programme d'aide aux employés et le PAD, en fait, qui est très complémentaire, en fait ?
- Speaker #0
Bien, la dépendance, c'est... Dans l'imaginaire collectif, on le voit comme un comportement. La personne, elle consomme. Nous, on le voit vraiment comme un symptôme. La santé bien-être au travail, c'est primordial si on veut prévenir les dépendances chez nos employés. Le fait d'avoir un PAE, c'est un filet de sécurité qu'on offre à nos employés. S'il y a une problématique, si vous sentez que l'équilibre est moins là, ils peuvent appeler au programme d'aide aux employés. Nous, on est une expertise en dépendance. C'est tout ce qui est... Des fois, je l'ai dit tantôt, dans mon programme de formation, il n'y avait pas... pas de cours, il n'y en a encore pas assez dans les programmes de formation, fait que les professionnels en santé psychosociale, ils sont moins à l'aise souvent aussi de parler dépendance. Il y a tellement de petits éléments aussi à considérer, tu sais, il y a le risque de sevrage, il y a toutes sortes de petits trucs avec lesquels les gens sont moins à l'aise, fait que nous, on a vraiment l'expertise en dépendance, fait que c'est comme un filet de sécurité supplémentaire, nous, on le voit comme ça, puis on se référence aussi des gens régulièrement.
- Speaker #1
C'est un travail d'équipe, 100%.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
si on parle un petit peu plus, le PAE, on s'inscrit oui dans intervenir avec les employés qui sont en détresse ou qui ont des besoins X, mais on s'inscrit aussi dans une culture de prévention, ce qui est le cas aussi du PAD, vraiment beaucoup. Puis, en fait, de déstigmatisation, c'est un mot difficile, en lien avec ça. Comment Puis j'en ai parlé un petit peu plus tôt, dans les écoles, ça a été beaucoup ça, la prévention, la prévention, pour finalement avoir des résultats. Comment transposer un peu le support de travail qui était fait dans les écoles dans les milieux de travail ? C'est quoi un peu ta vision de ça ?
- Speaker #0
C'est un peu la même mécanique, dans le fond. C'est la même approche. Quand on arrive dans un milieu de travail et qu'on implante le PAN, c'est ça la nuance aussi, c'est que le PAN, ça ne peut pas être juste. on fait de l'intervention avec vos travailleurs. Quand on a une entente de service avec l'entreprise, on forme les gestionnaires, on fait de la sensibilisation et on intervient avec les travailleurs, travailleuses et leurs familles. Mais c'est indissociable. C'est vraiment une approche globale. C'est ça qu'on a martelé aussi auprès des jeunes secondaires. Parce que, si je donne un exemple, au secondaire, on se présentait dans une classe et donnait un atelier. Parler de substance, parler de dépendance, parler de gestion des émotions, peu importe. Puis ne pas donner un intervenant disponible pour répondre aux questions des élèves qui sont préoccupés ou pour qui ça soulève quelque chose, c'est irresponsable. C'est pas correct de faire ça parce qu'à partir du moment où on ouvre le dialogue, on envoie le message que s'il y a quelque chose, on est ouvert à parler nous-en. Fait que dans le pan, c'est la même approche. Quand on arrive dans une entreprise, ce qu'on souhaite, c'est que premièrement, c'est de parler de dépendance, de parler d'usage de substances, pas de normaliser, mais de... de démontrer aussi aux employés que c'est une réalité qui existe. Si tu fais l'usage de substances ou tu es préoccupé par cette réalité-là dans ton milieu de travail, tu n'es pas seul. Je le disais tantôt, il y a jusqu'à 20 % dans le secteur d'activité des travailleurs qui sont concernés par l'usage de substances à risque. Ça, c'est d'en parler ouvertement. Ça, souvent, ça fait augmenter, ça fait soulever, ça fait popper, si on veut, des demandes de services. Parce que là, les gens se disent « OK, je sais à qui m'adresser » ou « Ah, je n'avais pas réalisé que peut-être ma consommation, d'alcool ou cannabis, c'était peut-être à risque ou avait peut-être un impact sur mon travail. Ça, c'est important. Puis l'autre couche qu'on ajoute au pan, c'est qu'on soutient les gestionnaires. Parce que dans l'entreprise, la connotation de la politique sur les substances dans le milieu de travail, elle va beaucoup donner la donne aussi. Elle va donner le ton aux employés sur est-ce que si j'ai une problématique, je peux m'ouvrir puis je peux le nommer puis aller chercher de l'aide ou je suis mieux de le cacher parce que la politique est très coercitive. C'est pour ça que le PAD, nous, on met l'accent sur accompagner les gestionnaires aussi, avoir des politiques qui sont bienveillantes, qui ont un juste équilibre aussi entre l'aspect légal, puis la bienveillance, les droits des travailleurs. C'est le même principe, c'est la même approche que dans les écoles, où là, on accompagne les directions d'école avec les politiques en lien avec les substances, mais c'est le même principe, c'est un changement systémique qu'on veut apporter dans l'entreprise plutôt que juste... tu as été pris en état de consommation, fait que tu vas consulter la relance. C'est pas...
- Speaker #1
Exact,
- Speaker #0
c'est ça. Pour nous, l'indicateur que le programme marche, c'est quand les travailleurs viennent vers nous de façon volontaire, puis en amont, avant. Ou que des gestionnaires, des chefs d'équipe, des délégués sociaux nous réfèrent déjà tôt dans le processus. Là, pour nous, c'est... Là, on est fiers, on se rend compte que ça marche dans l'entreprise.
- Speaker #1
Culture de prévention, puis on agit en amont. C'est ça.
- Speaker #0
Quand on entend de dernière chance, c'est que l'employeur dit, là, c'est la condition, Non, il faut que tu restes. Ça en fait partie aussi. C'est une réalité, mais... On a vraiment une approche de prévention, d'intervenir en amont le plus tôt possible. De se questionner même juste pour évaluer ses habitudes, même si nous, on a souvent des gens qui viennent, je veux juste faire le point, je suis-tu correct ? Puis qui n'ont pas d'intention de changer, mais qui veulent juste prendre conscience de leurs habitudes, c'est correct aussi.
- Speaker #1
Bien, c'est parfait. Puis ça me fait penser beaucoup au PAE. Avec le PAE, on essaie d'instaurer beaucoup cette culture-là, de dire, vous avez des ordres disponibles avec... Oui. un conseiller financier avec un nutritionniste, avec un psychoéducateur, peu importe l'expert, en fait, dans un domaine, utilisez-les, puis agissez en prévention. Vous n'avez pas besoin d'être rendu en burn-out, puis être en petite boule à terre pour aller consulter un professionnel. Ça peut se faire quand vous voyez des petits signes précurseurs, mais tout ça passe par la prévention, par l'éducation, par marteler le message aussi aux employés, puis se faire répéter certaines choses. Oui, on sait déjà, mais des fois, ça fait du bien aussi de se faire répéter.
- Speaker #0
Absolument.
- Speaker #1
Je reviens un petit peu à ce qu'on discutait, mais le tabou encore, puis ça me fait penser aussi à... Tu sais, je pense que la consultation en santé psychologique, on a fait un très beau travail dans les dernières années, puis nous, on le voit aussi que c'est de plus en plus, en tout cas, de moins en moins tabou. On en est où par rapport à la dépendance ? Tu sais, nous, on est moins connectés peut-être à cet angle-là spécifiquement, mais on est où par rapport à ça ? Puis comment on brise ces tabous-là dans les milieux de travail, dans la société en général, tu sais ?
- Speaker #0
C'est une giga grande question.
- Speaker #1
C'est une très grande question. Tu n'as pas besoin de... Non,
- Speaker #0
non, mais c'est super intéressant. En même temps, c'est pas... C'est juste... Tu sais, on progresse quand même. Moi, je... Je me revois au secondaire. On ne parlait pas. Un, on n'en parlait pas. Puis nous, on était quand même novateurs parce que dans notre école, il y avait un intervenant en toxicomanie. Fait que ne serait-ce que le choix des mots, on a évolué. On parle de dépendance, on parle de substances psychoactives. Il y a des grosses traces. Dans la couverture médiatique, on est... Fait que comment, comme société, on parle des substances, ça influence beaucoup comment les gens le vivent puis comment les gens le perçoivent. Fait que c'est sûr qu'on est encore dans des eaux de... Si j'ai une problématique d'anxiété, je vais aller consulter beaucoup plus vite que si j'ai une problématique de consommation de cocaïne. Il reste que, je ne veux pas pointer du doigt, mais il reste que, je ne veux pas pointer du doigt, je suis une moine. Mais dans la couverture médiatique, on est encore dans le clivage, comme je disais tantôt, l'alcool et les drogues. Ça fait que ça fait en sorte que, dépendamment de la substance que tu consommes, peut-être que tu vas être plus enclin à aller vers les services. Je pense que c'est 30 % des gens. qui ont une problématique de dépendance, qui vont par eux-mêmes vers les services. Ça fait que c'est la tière. C'est vraiment pas beaucoup. C'est ça. Ça fait que c'est un symptôme aussi du fait qu'il y a encore beaucoup de stigmatisation. Ça fait que selon les substances, la légalisation du cannabis, ça a beaucoup aidé quand même. Ça a forcé les gens à parler de substances. Mais moi, je pense que tant qu'il y a un traitement, c'est un peu... C'est vraiment scindé. Il y a l'alcool. Là, on est dans un modèle capitaliste. Il y a des points de fidélité, on a notre carte Inspire, on a des suggestions personnalisées pour aller chercher le bon produit. Il y a le coup de cœur de Marc à l'insectique.
- Speaker #1
C'est incroyable.
- Speaker #0
C'est quand même fascinant. Après ça, il y a le cannabis, où là, on est vraiment plus dans un modèle neutre. On est dans un modèle légal, régulé, où le gouvernement donne accès à une substance dont on connaît la composition. On est capable de... Dépendamment de ton profil, de ta préférence, tu peux aller chercher un cannabis qui te convient mieux, aller chercher un cannabis avec plus de CBD, moins de THC. Reste qu'avant la légalisation, il n'y avait pas ça.
- Speaker #1
On est dans la prévention. Les pamphlets, les affiches de prévention, comment ça fonctionne. On est vraiment dans l'éducation des gens par rapport à ça.
- Speaker #0
Les préposés sont là pour te permettre de faire un choix éclairé, mais pas t'influencer ou te faire goûter un produit.
- Speaker #1
Non, non, c'est ça.
- Speaker #0
À la caisse, c'est ça. Puis je ne suis pas là pour moraliser, c'est juste qu'objectivement, quand on regarde ça, on est comme, mais voyons, comment c'est qu'on a ce regard-là tellement différent d'une substance à l'autre ? Ça fait que c'est sûr que l'issue de tout ça, c'est que la personne, dépendamment de ce qu'elle consomme, elle ne va pas nécessairement aller vers les services aussi rapidement. Non, non,
- Speaker #1
non, c'est clair.
- Speaker #0
Ça fait que le regard social, il est là. Mais dès qu'on entre dans une entreprise, qu'on se met à former les gestionnaires, à faire des kiosques de sensibilisation, puis quand nous on On va au-devant et on l'ouvre, le dialogue, c'est sûr que ça change les choses. Juste de signer avec la relance, l'employeur, c'est vraiment un engagement de dire, nous, on va parler d'usage de substances dans notre entreprise, on va épauler les personnes qui en ont besoin. C'est un bel engagement.
- Speaker #1
100%, puis je ramène ça un petit peu au PAE, puis au niveau de la gérante en prévention. En fait, s'assurer ou maximiser les chances que nos employés soient en santé. Soit bien, soit en confiance, soit en santé sur tous les volets, c'est la base. Je pense que de parler un petit peu plus de dépendance, la majorité de notre vie, on la passe au travail. Je pense que de minimiser l'impact qu'un milieu de travail peut avoir sur quelqu'un, il reste que... Je ne pense pas que c'est 100 % la responsabilité de l'employeur, mais je pense que si l'employeur peut faire une différence, why not ?
- Speaker #0
C'est là où la loi 27 change la donne. On parle de santé, sécurité au travail, et la santé psychologique aussi. Puis ils sont indissociables, santé psychologique, santé physique, les deux s'influencent. On a trop longtemps considéré le cerveau comme une boîte à porc. Tout ça, ça va ensemble. C'est des systèmes qui s'influencent. Fait que, oui, on engage les humains dans leur ensemble. Ces humains-là, ils ont une histoire de vie, ils ont un parcours. parcours. On a toute notre histoire, on a tous nos petits accrochages dans notre vie, on a toutes nos façons de s'adapter, certaines moins saines, certaines plus saines, mais c'est sûr que ça a un impact. La personne qu'on embauche, comment elle est dans le milieu de travail, c'est un reflet de comment elle est dans sa vie privée.
- Speaker #1
On n'engage pas de personnes différentes,
- Speaker #0
donc on ne peut pas en faire fi.
- Speaker #1
Ça, c'est sûr. On a quand même fait un bon tour. C'est sûr qu'écoute, je pense que c'est un sujet qu'on aurait pu parler vraiment plus longuement. On veut garder ça quand même assez court. Qu'est-ce que tu dirais ou ce serait quoi, s'il y a une chose à retenir de notre entretien d'aujourd'hui, ce serait quoi que tu aurais à dire aux gens qui nous écoutent aujourd'hui ? Ce serait quoi un peu ton message clé ? Ça peut être plusieurs aussi, ça n'a pas juste besoin d'être une chose, mais ce serait quoi ? Comment tu voudrais clôturer ça ? On sait qu'on ne se rappelle pas que ce soit dans une conversation, une conférence, peu importe ce qu'on écoute, ce serait quoi pour toi ?
- Speaker #0
Je pense que c'est que l'usage de substances, ça concerne toutes les entreprises. Dès qu'on emploie des humains, il faut s'intéresser à leurs habitudes de consommation. Puis si on a parlé de consommation, on n'a pas parlé de jeu d'haseur d'argent, mais ça fait aussi partie des écrans. Dès qu'on engage des humains, il faut s'intéresser à leur stratégie d'adaptation, dont l'usage de substances, puis les jeux d'haseur, la cyberdépendance et compagnie. Ça concerne toutes les entreprises.
- Speaker #1
C'est clair. Puis, en fait, je propose aux gens qui nous écoutent d'aller aussi sur votre site, larelance.net. Vous avez des ressources, vous avez différentes choses, en fait, qui sont disponibles. Je vous invite aussi, si vous êtes une entreprise, à vous informer sur le pad qui est aussi, il y a un site Internet qui peut être accessible via votre... de la relance ? C'est quoi la trajectoire pour ça ?
- Speaker #0
Oui, les deux sont reliés ensemble. Sinon, le site exclusif pour le programme d'aide aux dépendants, c'est lepad.com. Donc, L-E-P-A-D-E.com. Là, il y a vraiment toute l'information sur le pad, la tarification, la composition du programme, etc. Il y a même un fascicule à télécharger si vous voulez en parler en conseil d'administration ou en comité de direction.
- Speaker #1
Excellent. Fait qu'on aborde la discussion, on en parle. C'est comme ça, je pense, qu'on va avancer dans la bonne direction. Merci beaucoup. de t'être déplacée. Merci pour ton temps. Peut-être que c'est une première. On pourra aller plus loin dans certains sujets dans votre expertise. Merci à tout le monde aussi d'avoir été là. Merci pour votre temps. On se retrouve dans un prochain épisode.