Speaker #0Salut, je vous retrouve pour un podcast un peu spécifique, spécifique et castre. Bon évidemment j'ai déjà plein de ponts dans la tête, mais disons que la porte d'entrée là est spécifique et castre. Je vois beaucoup de personnes qui pour construire une séance ont ce besoin et cette envie de faire. Ils font plein de trucs, ils donnent de la consistance à la séance avec plein d'exercices. Alors qu'en réalité, il s'agit d'apprendre à attendre. Quand vous êtes à la longe, vous vous demandez aux chevaux de trotter, ils trottent. Le but n'est pas qu'ils trottent, le but c'est qu'ils aillent se délier dans son trou, que le dos s'assouplisse dans ce trou, de gagner en qualité d'allure dans le trou, mais par la patience. Bien sûr qu'on peut un tout petit peu agir. sur l'attitude, sur l'incurvation, sur la place de l'épaule. Une fois que c'est fait, il s'agit d'attendre. Attendre que le cheval se délie là-dedans. C'est un peu comme vous, si vous faisiez votre séance de yoga ou votre séance d'étirement, vous prenez la pose, la posture, vous changez, vous changez, il ne va rien se passer. Il y a une notion de temps d'attente, de temps d'exposition à chaque moment. Et ça, c'est assez peu compris. Et finalement, de réussir à faire une séance avec quelques très très bonnes transitions, mais pas ce que vous, vous appelez des bonnes transitions, pas le but c'est de passer du pas au trop, non, c'est le but que la transition passe dans tout le corps du cheval, avec une connexion impeccable, avec un fonctionnement bioméca impeccable, avec le fait que vous puissiez doser exactement ce que vous voulez, comme vous voulez, à l'entrée, à la sortie, le tout sans prendre et juste à l'intuition, là on commence à parler d'une bonne transition, on commence. Et ensuite, en fait, on est au trop sur le cercle et on attend. On place notre corps, qui représente le couloir des aides, dans la position qui permet au cheval de passer, et on attend. Au début, il est un peu raide. Il ne s'agit pas de lui taper dessus en disant « Ah bah mon Dieu, dis donc, toi t'es bien raide ! » Vous, si vous êtes raide et que je viens vous taper dessus en changeant d'exercice chaque deux pour trois, ça ne va en aucun cas vous assouplir. Donc on attend dans cette posture et on le laisse s'étirer, on le laisse passer, on le laisse trouver la confiance. Comme on ne nuit pas et qu'on va avec et qu'on stabilise la posture qui permet l'incurvation et qu'il soit un peu porteur, on attend en fait et il s'offre à nous progressivement, il se délie progressivement, il s'étire lui-même. Et petit à petit, on sent qu'il est disponible. Et une fois qu'il est disponible de ce côté-là, on choisit. Soit on fait une transition, soit on change de main. Mais on attend, on peut aller chercher un peu plus de disponibilité dans la disponibilité. Et donc je vois plein de personnes qui se donnent de la consistance à faire des séances complexes en faisant plein de trucs, mais il n'y a rien de bien fait. Et il n'y a pas cette notion d'attente. À la fin, il ne s'est rien passé, le cheval ne s'est pas assoupli, rien n'a été allégé. Une bonne séance, le cheval comprend ce qu'il s'est passé, il finit plus souple et vos aides finissent plus légères. C'est hyper important à comprendre. A la fin, vous avez allégé vos aides et lui a fini plus souple que ce qu'il a commencé. Et ça va même plus loin que ça, c'est que la séance d'après, il la commence plus souple. Sauf si vous avez patienté deux semaines parce que vous aviez plein de rendez-vous. Et ça, c'est un petit peu moi, mon paradoxe pour l'instant. C'est capital. D'aller chercher un mouvement de côté, une épaule en dedans ratée, un contre-gale ou figé, c'est pas très intéressant en fait. Et il y a cette notion où on refuse d'être en train de ne rien faire et d'attendre. Et en fait, d'accompagner dans la bonne position en allant avec, ça n'est pas tellement rien faire si on y pense, parce qu'il y a moyen d'aller chercher énormément de finesse là-dedans. D'apprendre à sentir, mais pas d'apprendre à prendre. D'apprendre à être comme un bol vide et d'apprendre à sentir, tiens cette foulée là, mon cheval est vraiment passé. Vous n'êtes pas en train de rien faire, vous êtes en train de percevoir. Là vous êtes en train vraiment d'évoluer, parce que vous allez aller avec, avec de plus en plus de précision. Vous allez sentir avec de plus en plus de précision, vos timings vont s'améliorer. Là vous commencerez à vraiment monter à cheval. Mais ça mène à la peur du vide. C'est-à-dire que rester 5 minutes sur un cercle au trop en ne faisant rien, très peu de gens sont capables de ça. Tout comme très peu de gens sont capables de rester là 7 minutes inertes à regarder un point fixe, tranquille. Il y a une notion de patience. De savoir que dans ce mouvement le cheval va se délier et qu'ensuite ce mouvement-là sera disponible. Mais que de forcer à aller chercher ce mouvement-là maintenant n'a aucun putain d'intérêt. Cette notion de patience, elle est capitale. Cette notion de temps, elle est capitale. Sans ça, vous ne dresserez jamais correctement, quelle que soit votre discipline. C'est-à-dire que cette notion du respect du physique est très importante. Et du coup, ça demande d'augmenter vos perceptions. Déjà à la longe, tiens là, le cheval est un petit peu raide. Tiens, là, il s'assouplit. Ah bah tiens, là, il fonctionne vraiment. Ah ouais, là, il fonctionne vraiment dans tout son corps. Ça, c'est chouette. Ah bah du coup, il y a tout ça qui est disponible. Incroyable. Là, je peux rétrécir le cercle. Ah bah là, voilà, il est plus en équilibre. OK. Là, on a obtenu ce qu'on voulait aujourd'hui. On a été grappiller les deux petits bouts de fromage supplémentaires. C'est cool. On peut changer de main ou on peut passer, voilà. Mais cette notion-là, d'être capable de ne faire rien, des cercles complets, de ne pas agir, de laisser le cheval en autonomie, d'être vous en autonomie, de vous concentrer à 2000% sur le fait de simplement accompagner, d'être parfaitement en équilibre sur vos pieds et avec justesse dans votre équilibre, que votre cercle soit tracé par le couloir de vos aides, et le couloir de vos aides n'est pas vos extrémités mais est bien votre position. La répartition de votre poids, votre centre de gravité, et que du coup votre cheval passe dans son corps, et que vous sentiez quand il passe, et que vous puissiez vous dire là j'étais dans la bonne position, parce que mon cheval a pu passer, c'est beaucoup, beaucoup plus puissant que tout ce que vous ferez d'autre. Peu de gens sont capables de faire un vrai beau cercle. Et en fait, on fait un beau cercle quand on arrête de le faire, quand juste on est dans la bonne position. Le cercle est simplement le bilan, l'examen final, il est rond, ah bah ça devait être juste, on devait avoir une connexion stable, fluide. Et là, le cheval, du coup, comme vous n'allez plus être en train de faire plein de choses, ces actions qui sont là pour compenser le fait que vous n'avez pas gardé la bonne posture et que vous avez fait des fautes d'équilibre, donc vous faites des fautes d'équilibre, vous n'avez pas la bonne posture. C'est pas très agréable pour le cheval, vous perdez la connexion, vous perdez l'incurvation, vous perdez la stabilité et vous voulez corriger votre instabilité. Mais vous ne prenez pas les choses à l'essence. L'essence c'est qu'à la base, vous, vous n'étiez pas stable dans votre posture et dans votre équilibre. Et donc vous compensez, en rajoutant de la lourdeur, vous que vous agissez plus et plus, en faisant des actions qui ne mèneront pas à ce que vous souhaitez. Et c'est là qu'on arrive sur... avec des chevaux qui ont une rondeur qui est prise, on leur tient la tête, donc ils sont ronds devant parce qu'ils sont bien capotés, mais ils ne sont pas du tout en train de passer dans tout leur corps et dans une rondeur globale et dans une souplesse globale. Et du coup, on en vient à des fausses postures, des compensations. Ça, ça n'est pas juste. Du coup, vous agissez plus et plus. Non, l'idée, c'est juste que vous êtes posés là et vous attendez. Vous acceptez de ne pas tout contrôler, vous vous concentrez pour vous. vous concevou, votre équilibre, ne pas nuire, accompagner, être un sac à dos confortable. Et simplement d'envisager le fait de monter sur un cercle trois allures comme vous le feriez, comme vous feriez, comme vous longeriez votre cheval, à la voie, en simplement vous concentrant pour être avec lui dans votre corps et pour féliciter quand il passe dans son corps à lui. Mais là, vous allez évoluer de fou, de fou. Et vous vous rendrez compte qu'en fait, il y a très très peu d'actions que vous faites qui sont pertinentes. Votre posture est essentielle. Vos actions, il y en a peu qui sont pertinentes. Le timing est important, très important. Mais c'est votre posture le plus essentiel. C'est votre énergie et votre posture. Je vous fais le pont ou pas ? Vous l'avez tous vu. Voilà, ça c'est capital. Je ne sais pas comment je peux enfoncer le clou davantage. Mais si vous attendez votre cheval et que vous ne nuisez pas, il finira plus souple. Il va s'échauffer progressivement, il va fonctionner. Il ne sera pas bloqué, donc il pourra fonctionner dans tout son corps. Si vous utilisez votre voix pour vos transitions et que petit à petit vous les codez avec votre corps, mais de manière très légère, très intuitive, très intentionnelle, il va trouver ça hyper confortable parce qu'il ne pourra pas passer, il aura confiance. Et donc il s'offrira à vous plus et plus. Vous n'aurez plus rien à faire. Mais ça, c'est très effrayant pour des personnes qui ont appris pendant des années à agir, à prendre, à s'asseoir, à se durcir. En fait, il s'agit juste d'accompagner dans la bonne posture et vous n'aurez plus rien à faire. Et donc on se dit, ah bah mon Dieu, on a appris à monter à cheval pendant 15 ans pour apprendre à ne rien faire, à laisser passer. Il en va de même à l'obstacle. Une courbe, c'est dans votre corps. Rééquilibrer, c'est dans votre corps. Et laisser passer. Mais on fait toujours les choses un peu trop tôt. Et on compense le fait que c'est trop tôt. On compense le fait que c'est instable. Et donc là, on alourdit. Alors qu'en attendant un tout petit peu plus, le cheval se serait musclé là-dedans, se serait assoupli là-dedans. Et hop, il est prêt à faire l'étape d'après. Deux. Par lui-même, au final, il y a très très peu de technique sur un Grand Prix. Je vais être hyper choquante en disant ça, mais il y a très très peu de technique. Il y a très très peu de technique sur des tout grosses épreuves obstacles. Il y en a très très peu. Il y a peu de technique. Par contre, il y a énormément d'équilibre et de posture. Il y a aller avec. Et ensuite, apprendre à vous synchroniser à partir de cette synchronisation. Vous apprenez à... tout petit peu influencé. Mais c'est vraiment léger. Beaucoup plus léger que ce qu'on pense. Parce que quand votre action est dans le bon timing, qu'elle est perçue, que vous l'avez codée avec légèreté, avec votre voix au début, que vous avez attendue, votre cheval va être très sensible et donc respecter la moindre variation d'encolure, d'équilibre. Et donc, être à l'écoute de ça et vous donner la bonne réponse à ça. Et donc là, vous commencez vraiment à monter avec finesse. Et ça, c'est beau. Ça n'a rien à voir une danse arrachée et une danse vraiment fluide. Une danse poussée ou prise. Et une danse vécue à deux, où il y a vraiment une connexion très puissante et où la pensée presque suffit. C'est ce vers quoi il faut tendre. Et c'est possible à tous les niveaux. Mais avec plus de patience. Il ne s'agit pas de partir de l'objectif, il s'agit de partir de ce qui est. Qu'est-ce qu'il a ici et maintenant et comment est-ce que je peux l'accompagner, le faire évoluer ? C'est même pas le faire évoluer, c'est lui permettre d'évoluer. Je crois que je vais vous laisser là-dessus. Comment est-ce qu'on va l'appeler ce podcast ? Apprendre à ne rien faire ? Il me semble qu'on a déjà fait quelque chose qui a ce nom. C'est vraiment une capacité d'attendre, une patience, mais qu'il s'agit de cultiver en soi. La méditation aide. Alors moi, je n'ai jamais voulu m'obliger, me cantonner à une routine contrôlée, contrôlante. Ça n'a pas été mon choix. Par contre, ça m'est arrivé de méditer par envie. Mais c'est de rentrer dans un état méditatif comme ça où le temps n'existe plus. plus et où on est là, ici et maintenant et on reçoit. Et ça, on peut l'incarner à cheval, mais on peut l'incarner dans d'autres espaces de vie, où on a moins ce besoin de contrôle, où on est un peu dans la confiance. Voilà. C'est essentiel et je pense que c'est posposable dans bien des milieux. Je vous embrasse.