Speaker #0Il y a un autre truc dont j'avais envie de parler, c'est les chevaux difficiles. Les chevaux difficiles ont souvent une raison de l'être. Ça ne m'est pas arrivé dans ma carrière d'avoir un cheval qui n'était pas récupérable. Je sais que ça m'est arrivé de discuter avec des personnes qui, elles, ont vu un cheval qui avait vraiment un déséquilibre. Mais ça, moi, je ne l'ai pas vécu. Je n'ai pas vécu, donc pour l'instant je n'ai croisé que des chevaux qui étaient certes très difficiles, certes très sauvages, qui pouvaient être agressifs, qui pouvaient être considérés dangereux, qui pouvaient tout ce que vous voulez, mais qui pour autant étaient juste des chevaux qui n'avaient pas trouvé leur place, qui avaient des souffrances émotionnelles ou physiques et des incompréhensions, et donc une manière d'appréhender leur environnement et l'humain qui était à revoir. Et comment est-ce qu'on gère ça ? Alors déjà, il faut savoir que gérer ça, et ça on me l'avait dit, alors pour le coup, moi je pense qu'il y a beaucoup, beaucoup de choses qui se gèrent, beaucoup plus que ce qu'on envisage. Par contre, il y a un prix à payer qui est le temps. Et on en revient sur les plans financiers. Il y a quelqu'un qui m'avait dit à l'époque, Audrey, tu te rends pas compte, les cinq chevaux que tu as là, c'est un travail énorme, si t'en as déjà pour une journée de boulot, pour juste les passer. Parce qu'en fait, forcément, quand vous avez un cheval où tout va bien, votre cheval de tête, même si c'est un cheval de grand prix, la séance va durer un moment mais des chevaux où tout va bien où tout est fluide prennent assez peu de temps sont assez peu énergivores par contre des chevaux où il y a des gros gros sujets déjà il faut être très très ancré avoir une réactivité incroyable et toujours à la bonne place parce que ça peut être dangereux avoir un calme indiscutable même si comme tout le monde souvent me dit comment tu fais pour rester aussi calme et rester aussi longtemps focus pour autant j'ai vieilli un peu et puis il y a des moments où je n'ai pas été aussi bonne que j'aurais voulu et donc il y a une notion d'être vraiment très en forme à ce moment là et c'est vrai que du coup c'est très énergivore et donc ça en revient à pourquoi vous le faites par amour si c'est pour une question de rentabilité je peux vous dire que ça prend beaucoup de temps et donc la rentabilité je sais pas Moi, c'est des expériences que j'avais vraiment envie de vivre. C'était juste pour moi de les faire. Et puis des fois, vous pouvez être financés. C'est-à-dire que si c'est quelqu'un qui vous demande et qui vous laisse carte blanche, ça c'est vraiment des chouettes. Parce qu'à ce moment-là, non seulement vous gagnez votre vie, et en plus vous faites un truc que vous aimez. Après par contre, ce qui n'est pas toujours facile, c'est de relayer le dossier, où là il faut vraiment prendre le temps de former également la personne. C'est juste vous laisser le cheval entre les mains de la personne. Ça risque de ne pas être pérenne. Enfin, ça il me semble que j'en ai déjà parlé dans certains des podcasts. Ce que je veux dire, c'est que ce qui est capital pour ces chevaux-là, la priorité absolue, c'est l'amour. C'est remettre un cadre d'amour. C'est souvent des chevaux dans lesquels on ne croyait plus, qui ont été rejetés, qui ont été mis sur le côté, qui ont agacé, qui ont créé des réactions chez l'autre, qui du coup... qui n'ont pas été compréhensibles pour eux et qui se sont résignés, se sont éloignés. La priorité, c'est de remettre un cadre d'amour. La priorité, c'est de croire et de permettre et d'attendre. Et finalement, ça ne se passe pas sans compétences. C'est tout le challenge. Il y a une part très abstraite. Très énergétique, de quoi que tu fasses, tu es aimé, je comprends d'où tu viens. Il y a une lecture, une profonde compréhension. Je comprends d'où tu viens, je comprends ce que tu vis, je sens et je vais rester là à côté de toi. Et je serai là en fait. Que tu sois rentable, pas rentable, que tu donnes ce que... Il y a une notion de pas d'attente, de vraie présence dans l'amour sans attente. Alors qu'en réalité, la plupart du temps, il y a quand même un objectif. Et donc de se détacher de l'objectif, c'est pas... En tout cas, pour moi, dans les chevaux, c'était assez facile. Parce que j'ai cette chance d'arriver à... Je suis assez détachée. Pas de cheval, parce que je suis très attachée aux chevaux. Et puis quand ils partent, je pleure. De l'objectif, quoi, ça c'est pas vrai. Et donc vous proposez ce cadre avec cet amour sans attente, en ayant une vraie certitude, une vraie foi. Que le cheval va réussir, que la relation va mener à un épanouissement. Ou comment, pourquoi, vous n'en savez rien, c'est flou, mais il y a cette certitude. Et donc vous allez donner du temps. Et en fait c'est le cheval qui vous donne la distance, le match énergétique de quand est-ce que vous faites quoi. Et au plus vous êtes capable d'écouter, au plus vous êtes pertinent, au plus vous allez vite, ce qui n'est pas l'objectif, mais au plus vous serez pertinent, au plus vous gagnerez sa confiance. Et au plus le lien se construira avec solidité et fluidité. Et là, bien sûr, se rajoute la technique. Il s'agit d'être à la bonne place, parce que sinon vous pouvez vous blesser. Et puis d'avoir les bons gestes. Et donc ça demande énormément de dextérité. Pour avoir de la dextérité et de la simplicité dans les gestes, c'est des heures et Un positionnement. Et donc il y a le positionnement physique, factuel. Les gestes physiques et factuels. Et puis il y a la posture. Il y a quelque chose d'extrêmement important, c'est d'être capable de mettre un cadre clair, cohérent, consistant, contenant, considérant, et j'en oublie. Mais la clarté, la cohérence, tous les jours le même cadre, tous les jours la même clarté, des mots simples, braves, non. Et au début il y a très très peu de non, il y a très peu de non parce qu'en fait dans tous les cas il n'y a pas de cadre, c'est des chevaux qui, ça dépend de ce à quoi... J'ai été, il n'y a pas très longtemps, dans une SPA et j'ai vu des chiens. Moi, j'ai un peu peur des chiens, ce n'est pas du tout mon métier. Moi, je parle cheval et puis je parle humain, de plus en plus. Je parle humain, en tout cas émotionnel, énergétique et j'essaye de mettre les mots maintenant, dans le cadre de mon métier. Dites la nana qui fait des coachings, des mentorings et de la terre. Mais bon, parce que je suis très perfectionniste, je voudrais vraiment mener ça plus loin. Mais les chiens, c'est encore autre chose. Et pour autant, je pense que pour la personne qui parle chien, c'est exactement la même chose. C'est juste un langage légèrement différent. Donc moi, je ne suis pas très à l'aise avec les chiens. Donc voir le chien trembler au fond d'une cage, prêt à être agressif parce qu'en fait, il a vécu des misères. À la fois, je ne suis pas très à l'aise parce que ce n'est pas mon langage. Et à la fois, il a besoin de la même chose, en fait. De quelqu'un qui croit en lui, qui va lui laisser le temps, qui va poser un cadre d'amour avec un oui clair, un brave clair, en ayant une posture, qu'il ne le mette jamais à risque. Le problème, c'est quand vous vous mettez à risque, c'est le cheval qui y perd. Parce que si vous n'êtes plus là alors que vous étiez sa première encre émotionnelle, le lien risque d'être altéré. Et si vous vous faites peur parce que vous avez trouvé que le lien risque d'être altéré, et donc vous faites un pas en arrière. Donc, c'est très important de se protéger dans ces situations-là, de prendre son temps, de rester dans des zones très vertes. Il y a cette notion de temps et à la fois, il y a quand même des actions à poser parfois et sentir quand c'est le bon moment de poser certaines actions. Il y a une jument qui m'a beaucoup marquée dans ma vie, qui était complètement sauvage à 7 ans. Ça a été toute une affaire pour ceux qui me connaissent de la transporter. C'était mon ami Jean-Pierre, la personne dont j'ai récupéré une partie de mon élevage et à qui j'ai acheté suite et saufagne, les deux premiers chevaux avec lesquels j'ai commencé. Un chouette éleveur, il avait sélectionné sa souche pendant des années, il avait déjà fait des chevaux de grand prix, des chevaux qui concouraient à très haut niveau, en obstacle également. Il sélectionnait très bien ses souches, mais c'était à l'ancienne. Donc en fait, il emmenait les chevaux de A à Z avec des ficelles. Il n'y avait pas forcément de licole, on ne pouvait pas forcément les caresser. Enfin, c'était à l'ancienne. Ce n'est pas forcément dans mes valeurs, mais il faisait comme il pouvait, il gérait son élevage tout seul. Enfin, c'était mon pote, c'est impossible pour moi de critiquer ça. En revanche... Il avait des chevaux très sensibles, dont une jument très sensible qui s'était fait peur, qui était assez inapprochable. Voilà, est arrivé le moment où lui, il ne pouvait plus trop, il avait des box, il fallait qu'il cure les box, il avait un certain âge. J'ai dit écoute, je vais te récupérer quelques juments. Et voilà, certaines je les travaillerai, je les vendrai. Et puis, alors je ne faisais pas ça, c'était vraiment pour l'aider, c'était pour lui libérer les box. Et je l'avais flashé sur Secret, Secret vient de là-bas. Et voilà, il y en avait une, en fait, où on a essayé de la transférer. Le problème, c'est que bon, je ne fais que vous. Je vous passe les détails. Pour Suite et So, qui étaient jeunes, quand je les ai achetées, j'ai été les manipuler tous les jours, là-bas. J'avais encore le temps de faire les allers-retours, et donc j'ai pu faire des chargements qui étaient tout à fait appropriés. Pour cette jument-là, j'étais déjà très loin, je ne pouvais pas aller la manipuler tous les jours. Elle avait vraiment un haut niveau de non-manipulabilité, c'était inapprochable, inapprochable. Et donc, il fallait arriver à la ramener ici pour que je puisse commencer à travailler. Bon, ce sont des mauvaises idées dans la vie, il ne faut pas faire ça. Mais c'est quand même quelque chose que j'ai vécu. Donc, je sais dans ces cas-là, quel type de transport, comment, pourquoi, comment on s'y prend. Non sans mal, parce qu'il y a quand même eu des trucs un peu limites. Et elle est arrivée ici, et du coup elle est arrivée ici en liberté, dans un couloir, et puis on l'a mise dans un box, et puis après il a fallu pouvoir la toucher dans le box pour pouvoir lui mettre un licol, pour pouvoir lui apprendre, mais bon, 7 ans, 1m70, pété de sensibilité, pété de sang, enfin très très bon cheval, en réalité, très très bon cheval, et du coup ça m'amuse parce que j'ai des copains qui vont manipuler des mustangs, moi mon mustang que je l'ai eu il était ici quoi, vraiment. Voilà, j'en ai eu d'autres, on m'en a apporté pas mal des cas. Et des fois, ça prend vraiment énormément de temps. Moi, j'écoutais de la musique. Après, en plus, c'est le chat qui se mord la queue parce que vous n'avez pas toujours les infrastructures qui vont bien pour ce type. En fonction de chacune de vos activités, de chacun de vos plans financiers, il ne faut pas les mêmes types d'infrastructures que vous soyez éleveur ou avec des chevaux de sport ou beaucoup d'entiers ou justement des chevaux qui arrivent avec des problématiques. Ce n'est pas exactement les mêmes infrastructures de la même manière. Quand vous faites beaucoup de débourrage, votre but, c'est de faire du sport de haut niveau. Vous avez besoin d'une piste aux dimensions. Ce n'est pas les mêmes choses. C'est difficile de tout avoir. Les infrastructures n'étaient pas tout à fait prévues pour. Il a fallu dealer avec ce qui était possible. J'ai passé énormément de temps dans son boxe à écouter de la musique classique, à essayer de la caresser. Ça a été compliqué. Le premier décollage a été compliqué. Les pieds, tout a été compliqué. Mais là, je... C'est pour ne choquer personne dans ce podcast, mais ça a été vraiment quelque chose. On m'a dit arrête, t'y arriveras pas, arrête. Et avec beaucoup d'amour, du cadre, de la patience, c'est devenu un cheval incroyable. Par contre, il y a cette notion de temps. Et donc effectivement, si vous êtes jeune entrepreneur, c'est sûr que pendant ce temps, je n'ai pas gagné ma vie. J'ai gagné en expérience et c'était incroyable. Et à refaire, je le referai. Parce que ça fait qui je suis aujourd'hui, et ça fait ma manière d'anticiper les événements, ça fait ma manière d'appréhender les chevaux, d'appréhender les gens. C'était incroyablement riche. Pour autant, c'était dangereux. Et puis pendant ce temps, voilà, vous ne faites pas autre chose. Et ça, les quelques personnes que j'ai autour de moi avaient essayé de me le dire, sauf que bon, je suis très têtue. Et donc ça m'importait d'avancer sur ces sujets-là. J'ai adoré vraiment faire des chevaux très difficiles, j'ai adoré ça. Bon, maintenant, j'ai envie de faciliter. Mais par contre, en fait, dans la facilité, vous avez toujours des moments où des questions se posent et ça permet d'avoir une boîte à outils énorme pour répondre aux différentes questions qui se posent. Par contre, voilà, maintenant, j'ai un âge où j'ai envie que les choses soient fluides, faciles, et j'irai plus... J'adore élever les chevaux. L'idée, c'est de pouvoir monter les chevaux que j'ai élevés, où il y a déjà ce lien très fort. Je m'empêche pas de flasher sur un cheval à l'extérieur si ça m'arrivait de tomber dingue. quelque part, mais voilà, dans l'idée, il y a un temps pour tout. Mais ce temps-là a été très important pour moi. Pourquoi je vous dis ça ? Parce que le message principal, c'est que c'est le cadre d'amour. Qu'il faut tout de même énormément d'expérience. Qu'il y a un rapport financier. J'aime bien quand même parler d'argent. Ça vous coûtera. Parce que ça vous coûtera du temps, ça vous coûtera de l'énergie. Il faut un espoir, un calme, une non-attente. Une patience d'envergure énorme. Vous avez des retours en arrière aussi, avec des désillusions. Ça demande beaucoup de solidité, de sécurité intérieure, de solidité émotionnelle. Si c'est votre seul cheval, alors là, moi, j'ai la chance, c'est que c'était quand même dans un cadre professionnel. Ça pouvait ne pas... Il y a eu des situations où j'étais un peu la dernière chance de certains chevaux. Et autant, ça met une pression, mais ça en retire une aussi. C'est-à-dire que c'est soit moi, soit moi. Donc en fait, j'ai le temps et puis ça va être moi. Et donc, on va faire ce qu'il faut et puis tranquille. Donc ça, c'était... J'ai eu... Je me suis délestée dans ces moments-là d'une pression temps et finance qui aurait fait échouer le truc. En tout cas, moi, avec lequel je n'aurais pas réussi à dealer ou qui m'aurait fait rentrer dans... ne plus être à l'écoute de ce qui était juste à ce moment-là avec toutes les erreurs possibles, évidemment. Et ensuite, cette forme de cohérence. Tous les jours, c'est la même chose, cette stabilité qui fait que l'autre peut se déposer. L'autre se rend compte qu'en fait, le résultat importe peu, qu'il est bienvenu comme il est, que dans tous les cas, il est aimé pour ce qu'il est, il est accueilli pour ce qu'il est. C'est mieux s'il ne me fait pas de mal. Dans l'idée, c'est la première chose à réussir à remettre en place. Il y a le cadre, je suis là pour toi, tu peux venir avec ce que tu veux. Dans l'idée... Moi, je suis à côté de toi et je te tiens la main. Si tu peux ne pas me mordre, c'est mieux. Ça me permet de rester à côté de toi. Déjà, il faut que l'être prenne goût de la présence et que ça vienne calmer quelque chose chez lui. Il y a des similitudes avec des enfants, il y a des similitudes dans le cadre thérapeutique, il y a des parallèles à faire qui sont très intéressants. Bref, 7 juillet, je suis restée là, assise à côté d'elle. Après, j'ai fait en sorte qu'elle accepte. Je ne vous dis pas que c'était le meilleur ordre à refaire, je referais les choses différemment. J'ai fait en sorte qu'elle accepte aussi que je puisse avoir des mouvements et que tous mes mouvements étaient... Et donc j'allais danser dans son box. À refaire, je referais tout différemment. Mais en tout cas, ces choses-là, écouter de la musique et qu'elle se rende compte que je puisse être vivante et que je puisse avoir des gestes qui ne sont pas forcément intentionnels et pas forcément vers elle et que ça ne sert à rien de s'inquiéter de tout. tout moment de manière exagérée. Et alors, il y a un autre truc, c'est qu'on ne peut rien contre le temps. J'ai beaucoup parlé de temps, mais tout le monde ne va pas faire pop au même moment. Et des fois, tout descend d'un coup, mais vraiment beaucoup plus tard. Et ils ne reviennent pas toujours vers nous. C'est-à-dire que ces duements-là, pour le coup, il a fallu moi revenir. Et revenir et aussi savoir quand est-ce que c'est pertinent, quand est-ce que ça ne l'est pas. Vous trompez, vous vous tromperez. Dans ce type d'aventure, vous vous tromperez. C'est juste au plus tôt vous vous en rendez compte, au mieux c'est parce que vous pouvez redeler. Donc c'est au plus vous avez cette capacité d'écoute, d'observation, ce détachement du résultat, ce détachement de l'attente et le temps, au plus vous serez pertinent. Et au plus vous êtes dans l'accueil. C'est vraiment une capacité de ne rien prendre personnellement. De ne rien prendre pour soi, de ne rien prendre personnellement et de comprendre que c'est l'autre, le véhicule de l'autre, ses capacités à ce moment-là et ses blessures finalement. Et c'est valable pour les chevaux et pour les jambes. Ce sont vos attentes qui vont vous éloigner le plus de l'évolution. Parce que ce sont des pressions qu'ils ne peuvent pas recevoir. Et ça vous éloigne d'être juste ici et maintenant dans l'amour. Et dans un ancrage profond qui permet de recevoir et de canaliser. J'essaie de mettre des mots pour que ça soit clair. Voilà, c'est une posture intérieure. C'est de la technique extérieure, un cadre extérieur, mais c'est aussi un cadre intérieur et une posture intérieure qui fait qu'une ou une autre présence ne va pas avoir le même effet. Il y a un truc que j'aime bien citer, c'est le fameux montoir, où en fonction, le même cheval dressé au montoir pareil, avec les personnes qui vont faire les mêmes gestes en fonction de l'état intérieur de la personne, soit le cheval va être relax à côté du montoir, soit un peu tendu, et c'est ce qui fait que l'une va réussir tel truc avec tel cheval et pas l'autre, c'est passionnant à regarder. C'est ce qui fait aussi que quand on met une personne au milieu d'un troupeau, on sait vraiment beaucoup de choses sur la personne. Quand on met une personne, même qui n'a rien à voir avec les chevaux, des postures humaines, en face d'un cheval, dans un manège, la manière dont la personne va dealer avec son énergie, avec ses pieds, dit énormément de la personne. Moi, je trouve ça absolument passionnant. Et donc, finalement, développer cette capacité d'encre et d'amour. va être pertinent pour les chevaux les plus compliqués. Et indirectement, moi, m'a appris également à améliorer mon self-leadership, mon leadership global, ma capacité de guider, ma capacité d'accompagner, ma capacité de coacher. Tout est lié. Votre posture intérieure vous permet d'accueillir les chevaux les plus compliqués avec de la technique, mais aussi... des situations plus complexes dans la vie et de tenir des situations plus complexes et de pouvoir les accompagner tout est intimement lié le maître mot tout ça pour dire que le maître mot par contre c'est l'amour si vous êtes dans une forme de susceptibilité et moi ça m'est arrivé un cheval qui était un peu sauvage je passe du temps avec il y sait ça on commence à établir une relation, si je pars un matin, je reviens. Ils sont très stables, les chevaux, quand même. Il y en a avec des allers-retours, etc. Mais ça reste très clair. Moi, quand on me dit un cheval n'est pas clair, moi, je pète des câbles devant des ordinateurs parce que je crie qu'il ne se passe rien, je ne comprends pas. Les chevaux sont extrêmement clairs. Je les trouve limpides. Pour moi, tout est prévenu, tout est dit. Il n'y a pas de surprise. Je sais bien que ça peut participer. Quand on a traduit ça toute sa vie, tandis que l'ordinateur, pourquoi un jour ça marche, un jour ça ne marche pas, moi ça m'angoisse complètement. Je ne comprends pas le délire. Pourquoi je clique là, hier ça fonctionnait, aujourd'hui ça ne fonctionne pas, et toi tu cliques et ça marche. Je suppose qu'il doit y avoir aussi un truc énergétique, je n'en sais rien, mais alors ça je ne peux pas vous en donner des cours, je vous le dis. Et donc ce jour-là, je vais vers Stine Jumand, elle me monte ses fesses, et ce jour-là, je ne sais pas, j'étais un peu plus susceptible. Je l'ai pris moi, et après j'ai pu. Et ça vraiment, c'est ce qui fait la différence entre un amateur et vraiment le professionnalisme. C'est cette capacité d'être ok, de s'en foutre en fait, de savoir que ça ne nous appartient pas. Ça ne nous appartient pas. Et donc, en fait, ça n'est pas apprendre personnellement. Et donc, c'est reset et c'est accueillir chaque seconde comme une nouvelle seconde, chaque attitude comme une nouvelle attitude, en prenant bien sûr en considération la mémoire de ce qui s'est passé avant, mais sans pour autant en faire des maths et du si conditionnel qui mène d'office à ça. Il peut y avoir des retours, il peut y avoir des choses incongrues et on ne comprendra pas tout. Par contre, sans tout comprendre, il faut pouvoir tout accueillir. Alors, évidemment... Dans le cadre des chevaux, c'est facile, en tout cas pour moi. Ça met des années. Et pour autant, il y a des jours, franchement, il y a des jours où on a nos règles, et puis là, quand même, ça me les pète. On est des humains. Mais l'idée, c'est de pouvoir être au contact quand on est capable de ça. C'est valable également dans l'accompagnement d'humains. Mais il y a des jours, le meilleur des thérapeutes, il a aussi moins d'accueil ce jour-là. Je pense qu'il faut pouvoir le reconnaître, où il est plus facilement touché dans tel cadre. Et donc il faut pouvoir mettre le cadre dans lequel il n'y a pas de pollution, enfin voilà, un cadre neutre est très important. Et puis bon, dans la vie privée, c'est encore... plus difficile parce que là, il y a les enjeux de chacun, il y a les attentes, il y a les projections, il y a... Voilà. Alors la vie privée, là, ça devient compliqué. Mais à la base, il faudrait pouvoir, dans sa vie privée, être dans cette même optique. Et je pense que c'est dans la vie privée que c'est le plus difficile à mettre en place parce que se jouent là des choses très personnelles à tout individu. Et donc, on revient à une forme d'individu et à plus... Cette capacité d'accueil et d'amour universel qu'on peut prendre comme posture auprès de chevaux, auprès d'élèves, auprès de personnes qu'on mentorise, etc. J'espère que ce que j'ai expliqué est clair. Donc, si vous vous apprêtez à faire des chevaux dits compliqués, dits irrécupérables, alors déjà, il faut bien que vous sachiez que ça parle de vous. Souvent, quand on a envie de faire ça, ça parle de nous. Ce sont des aventures incroyables avec des amours incroyables avec à la fin des liens très forts. Par contre ça va vous prendre une énergie de fou, un temps de fou. Ça va vraiment vous secouer dans votre capacité à ne pas attendre, à ne pas projeter de ce que le cheval deviendra, à ne pas avoir de timing et de délais, à ne rien prendre personnellement, à accepter de recommencer. C'est eux qui mettent le timing. C'est pas vous, vous êtes dans... C'est une énergie de don à nouveau, de présence et de don. Donc si vous vous engagez là-dedans, moi ça a été des aventures dans ma vie transformatrices vraiment. Pour autant, d'accompagner des choses simples, avec des bonnes bases, avec une génétique, super, c'est aussi transformateur. Il n'y a pas de mieux, il n'y a pas de moins bien. Ce sont des aventures différentes. Et souvent, quand on raisonne avec un être, c'est pas pour rien. Moi, c'est du moment, ça résonne, et pour moi, pour tout un tas de raisons, je vous fais pas un schéma, c'est comme ça. Il y a notre vécu, notre bagage, ce qu'on a besoin de vivre, ce qui nous permet de retraverser ce qu'on a à traverser. Mais ayez conscience de tout ça, parce que... Et c'est la même énergie pour faire un cheval avec beaucoup de qualité. Que vous ayez beaucoup de qualités dans le fait de construire et d'accueillir un cheval, c'est la même énergie. Sachez dans quoi vous voulez mettre votre énergie. Quelle est l'aventure que vous avez envie de vivre, avec les tenants et aboutissants de toutes. Quelles sont les compétences réelles que vous avez, qu'est-ce que vous voulez aller chercher et vous mettre aussi en sécurité. Ça n'est pas... Il y a quand même des gens qui vont dans des chevaux compliqués pour combattre, pour se prouver, parce que c'est la frime, parce que rien, non, c'est que dalle, ça parle aussi de vous, c'est pas la frime d'aller mater, c'est pas ça qui se joue, ça n'est plus... C'est toute la différence entre la notion de dominant, dominer, diriger... Alors diriger ça peut être guider, mais souvent on se méprend dans ce que j'essaye de transmettre, il y a aucunement une énergie de... Vous ne pouvez pas forcer 600 kilos, vous pouvez le résigner, il y en a qui arrivent, mais vous n'avez pas la force. C'est-à-dire qu'il faut développer, et ça n'a aucun intérêt, ça ne crée rien de permanent, de pertinent. Il faut développer la capacité de proposer un cadre dans lequel l'autre se sent bien, peut s'épanouir, et de lui-même se dit « Tiens, avec cette personne, je suis en sécurité, ça peut être une bonne idée d'écouter ce qu'il raconte. Tiens, cette personne a l'air de savoir où elle va. Elle incarne. En fait, c'est ce que vous incarnez. Parce qu'en fait, c'est pareil. On discutait l'autre jour différentes techniques de coaching. C'est bien, il y a beaucoup de mots. Mais il n'y a qu'à ce qu'on incarne. Qu'est-ce qu'on incarne ? Et est-ce que ce que l'on incarne fait que l'autre peut descendre à côté de nous ou pas et fait que l'autre peut se reposer à côté de nous ou pas et que du coup il se sentira en confiance de nos suivre ? C'est ça le leadership. C'est de pouvoir emmener vers une vision parce qu'on incarne cette vision. Et en aucun cas on mate, en aucun cas on... Voilà, alors je... Moi, dans mon évolution, personne n'a fait aucune erreur, n'a pas compris, n'a pas... Voilà, il y a des séances où quand même il y a des cadres qui ont... Il s'agit de pouvoir poser un cadre. Quand vous êtes face à un cheval de 600 kg qui a des... Il faut pouvoir poser un cadre, ça demande d'être vite dans ses aides. Au plus vous êtes techniquement bon, au plus vous êtes pertinent, au plus ça se fait sans toucher et avec énormément de calme. Par contre, pour arriver à ce niveau-là, ça prend un peu de temps. Et au plus vous êtes extrêmement dans le calme, extrêmement neutre, extrêmement ancré, au plus c'est très puissant. Et donc c'est ce qui fait la différence entre quelqu'un qui sait faire, qui va faire, quelqu'un de bon, quelqu'un de très bon, quelqu'un d'excellent. Il y a une notion quand même de précision et d'efficacité. Et ça vient qu'en travaillant, donc en vivant des expériences, mais des expériences appropriées. Il ne s'agit pas de se prouver quelque chose en réalité. Il s'agit de vivre une expérience en étant le plus à même et le plus conscient possible des enjeux autour de l'expérience. Voilà. L'idée, être capable de poser un cadre d'amour et de comprendre à quel point poser un cadre extérieur permet une liberté dans le lien. Et une qualité donc dans le lien, parce que liberté dans le lien. L'importance de la clarté. L'importance d'une position claire et cohérente. Qui fait qu'on... Les chevaux n'aiment pas être surpris. Moi j'ai ça, j'aime pas trop qu'on me surprenne. Je suis souvent pas hyper pertinente dans la surprise. Ils aiment savoir à quoi s'en tenir. C'est rassurant, un cadre. Claire, on sait à quoi s'en tenir, les choses sont dites, même si avec les chevaux c'est pas avec des mots. Et donc on peut se déposer là parce qu'il n'y a pas de questions, il n'y a pas de sous-entendus, il n'y a pas à réfléchir, c'est comme ça et c'est simple. Il faut énormément de compétences pour revenir à la simplicité, pour autant c'est dans la simplicité qu'on peut le plus souffler et se déposer. Je vous laisse avec ça. J'espère que vous en comprendrez les sens. C'est très abstrait. Pour autant, c'est riche. Je vous embrasse.