- Speaker #0
Bonjour, bienvenue sur le podcast Aventures et Associés, le podcast dédié aux aventures d'entrepreneurial entre associés. Je m'appelle Anne-Sophie Rio, avocat en droit des sociétés et fondatrice de l'Enox Avocat. Depuis 18 ans, j'accompagne des dirigeants et leurs entreprises. J'ai réalisé que ce qui me passionne dans mon métier, ce sont avant tout les interactions humaines, notamment entre associés. C'est pourquoi j'ai décidé de centrer mon activité sur l'association en élaborant un accompagnement spécifique pour les associés, à la fois humain et juridique. De là est née l'idée de ce podcast. Aujourd'hui, dans Aventure et Associés, on part à la croisée de l'éducation et de la franchise. Je reçois Elisabeth Ruel-Megrelis, master franchisée et de Hélène Doran English, ainsi que son associé Ilana Chalem. Elisabeth développe un réseau de centres d'anglais pour enfants et ados partout en France, avec une ambition simple, rendre l'anglais aussi naturel qu'une langue maternelle dès le plus jeune âge. On va parler d'éducation, de franchise, de ce que ça veut dire construire un réseau et aussi de leur duo. d'associer au quotidien. Elisabeth, Ilana, bienvenue. Merci beaucoup d'avoir accepté mon invitation dans ce nouvel épisode. Est-ce que vous pourriez me parler de votre parcours à chacune et surtout, comment est-ce que vous vous êtes rencontrées ?
- Speaker #1
Bonjour Anne-Sophie. Je suis Elisabeth Ruel-Mégrelis. J'ai un parcours un petit peu atypique. Je suis ingénieure de l'armement à l'origine. Je suis partie monter une première société, un réseau de... de magasin de cosmétiques en Turquie à la sortie de mes études. Je suis restée trois ans à Istanbul. J'ai eu mon premier enfant et ça n'a pas marché. J'ai fermé cette première société. Je suis rentrée en France et suis revenue à mon métier d'ingénieur initial en m'engageant dans des projets de matières premières. J'ai beaucoup voyagé. J'étais sur des projets miniers en Afrique noire et j'étais sur des projets gaziers plutôt en Russie élite. autre pays de l'ex-URSS. En 2015, j'avais trois enfants à l'époque, un projet d'envoyer ma fille du milieu dans une boarding school anglaise pour trois mois, afin de la rendre bilingue et de lui faire un petit challenge, puisqu'elle était un petit peu en avance à l'école et c'était un projet qui m'a été proposé par la directrice à l'époque de son école. Et je me suis retrouvée à chercher des cours d'anglais pour son retour en France, afin qu'elle ne perde pas. passer ses acquis pendant trois mois. Et donc, j'ai découvert le marché français de l'éducation dans l'anglais auprès des enfants. Sur Internet, j'ai fait quelques recherches, j'ai fait quelques rendez-vous dans des centres de langue existants et j'ai trouvé par hasard un réseau qui s'appelle Hélène Doron English. Je les ai contactés pour savoir s'ils avaient des professeurs en France. J'étais vraiment charmée tout de suite sur leur site par leur méthode. Et ils m'ont répondu que non, ils n'étaient pas encore présents en France, mais qu'ils cherchaient un entrepreneur pour les lancer. Voilà comment je me suis retrouvée à la tête d'un réseau de franchise en France en 2016.
- Speaker #0
D'accord, donc tu t'es lancée seule.
- Speaker #1
Je me suis lancée seule.
- Speaker #0
D'accord. Et Ilana ?
- Speaker #1
Alors bonjour Anne-Sophie, moi je suis Ilana.
- Speaker #2
Alors j'ai un parcours tout aussi atypique que celui d'Elisabeth, mais très différent. Donc moi je suis ingénieure de formation aussi. plutôt spécialisée en santé publique et en épidémiologie. J'ai travaillé pendant 25 ans dans la santé et les 15 dernières années dans l'industrie pharmaceutique. En 2021, j'ai eu une petite crise de la cinquantaine, une recherche de sens. J'adorais ce que je faisais, mais voilà, j'étais à un moment de ma vie où j'avais envie d'autre chose. Et puis, de par mon background personnel, Je suis latino-américaine, je suis née en Colombie. J'ai un papa qui était égyptien. Et donc, la langue commune à la maison, c'était l'anglais. L'espagnol, évidemment. Et donc, moi, j'avais cette chance depuis toujours d'être trilingue. Et je me suis rendue compte que pendant toutes ces années dans l'industrie pharma, dans un environnement international, malheureusement, les équipes françaises étaient quand même en souffrance. Quand il s'agissait de s'exprimer, de prendre la parole, ils étaient capables de me faire des articles en anglais. En revanche, la prise de parole était compliquée. Et moi, j'ai vu des carrières qui n'ont pas évolué comme elles auraient dû évoluer à cause de cette problématique-là. Donc, j'ai commencé à mettre en place des choses au sein des équipes. Mais au moment de faire le point et de voir ce que je voulais faire, l'anglais m'a paru une évidence. Et puis, comme Elisabeth, j'ai commencé à regarder sur Internet ce qui se passait, ce qui était proposé. J'ai rien qui m'a frappée, je trouvais ça très académique, très scolaire, très représentatif du pourquoi l'anglais ne fonctionne pas en France. Et puis je suis tombée sur Ellen DeWalt English, mais par le plus grand hasard, j'ai appelé... Je suis tombée sur Elisabeth. Directement ? Oui, directement. Et ça a été une vraie rencontre humaine, d'abord. Et puis, par la suite, j'ai été immergée dans son centre. Et ça a été une rencontre professionnelle. C'est-à-dire que la méthode m'a emballée. Elle reproduisait ce que moi, j'avais eu la chance de vivre chez moi. C'est-à-dire, on apprend l'anglais sans papier-crayon au début, en parlant, en s'amusant, en vivant au quotidien l'anglais. Et voilà.
- Speaker #1
Et donc, j'ai fait le choix en 2021 de me lancer dans cette aventure.
- Speaker #0
D'accord. Et donc, aujourd'hui, vous êtes associée au sein d'un centre, de ce que j'ai compris, dans le 16e.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Alors, fin 2021, il s'est trouvé qu'un de mes franchisés souhaitait quitter le réseau. Et donc, son centre, très, très bien situé dans le 16e arrondissement de Paris, était à reprendre. J'en ai parlé à Ilana en lui demandant si c'était quelque chose qui l'intéressait, parce qu'Ilana... est ambitieuse, est ambitieuse et toujours ambitieuse et donc avait pour objectif d'ouvrir une deuxième franchise. Et Ilana m'a répondu, ah oui, ça m'intéresse, mais pas seule. Et là, je me suis posé la question de, ah tiens, moi aussi, ça ne m'intéresserait pas seule non plus. Et il a fallu trois secondes pour se dire, lançons-nous toutes les deux. On se connaissait très peu. On avait une relation franchiseur-franchisé, en fait. Et ça a été le début d'une belle aventure. qui n'est pas terminée d'ailleurs.
- Speaker #2
J'espère bien. Oui, c'est exactement ça. On s'est dit, on y va. On y va, on ne se connaît pas encore très bien, même si on a travaillé de façon très proche, parce qu'Elisabeth accompagne ses franchisés de façon très rapprochée au moment du lancement. Donc, on se parlait assez fréquemment quand même. On avait déjà vu un peu comment on fonctionnait l'une et l'autre. Mais oui, c'était un risque à prendre, mais c'est un risque qu'on s'est dit... Enfin, c'était un risque qu'on pensait... relativement maîtrisées et que nos compétences respectives pouvaient se compléter assez bien pour qu'on y aille. Mais on ne savait pas comment allait être l'aventure. Trois ans plus tard, c'était bien.
- Speaker #0
C'est toujours bien. Est-ce que vous pouvez nous parler de cette fameuse méthode Hélène Doron English ?
- Speaker #1
Hélène Doron English est basée sur le processus naturel d'apprentissage de sa langue maternelle. C'est une formule un petit peu longue, mais en gros, c'est un apprentissage naturel. Chez Hélène Doron, le premier principe, c'est l'immersion. Un enfant ne peut pas apprendre une langue s'il n'est pas immergé dans cette langue. Et d'ailleurs, ça me fait hurler quand je vois dans les cours d'anglais traditionnels des professeurs qui parlent en français, qui traduisent les textes en français. Et si vous regardez les preuves du brevet des collèges il y a quelques années, eh bien, le texte était en anglais, les questions en français et les réponses en français. Comment voulez-vous ? avoir un bon niveau d'anglais en terminale quand l'apprentissage de l'anglais se fait de cette manière. C'est un réel problème. Donc pour nous, l'immersion est indispensable. On a une immersion pendant nos cours, évidemment. On ne traduit pas. Nos élèves ne savent pas traduire. Nos petits élèves qui parlent anglais dans le contexte, qui prennent la parole et qui parlent correctement, ne sont pas capables de traduire mot à mot du tout une phrase. Et ce n'est pas grave, en fait. C'est vraiment comme ça qu'on enseigne l'anglais. Après, évidemment, ils sont obligés de traduire. Quand ils sont plus grands, ils vont avoir déjà le cerveau un peu moins spongieux et ils vont plus passer par la traduction. En tout cas, c'est ce qu'on veut. Cette immersion pendant le cours est complétée par une immersion quotidienne à la maison. Tous nos élèves suivent des programmes, reçoivent des kits pédagogiques dans lesquels il y a leur manuel, leur cahier d'activité pour les plus petits et des pistes audio du programme. Et c'est un vrai contrat qu'on a avec les parents. Ces pistes audio doivent être... entendu, je dis bien entendu, écoutez, entendu de manière passive en fond sonore tous les jours à la maison. Une vingtaine de minutes, idéalement même deux fois. Et c'est une écoute en fond sonore qui reproduit un peu ce qui se passe quand on écoute la radio à la maison. Vous savez, on a la radio en fond sonore, on entend des chansons. Souvent, les chansons se répètent. Et puis un jour, on chantonne ces chansons. On ne sait pas pourquoi. Comment est-ce qu'on a appris ces paroles ? On ne sait pas. Mais en tout cas, ça sort. Les bons mots. les bonnes structures de phrases, le bon accent. Et c'est ça, vraiment, le nerf de la guerre de notre méthode, cette immersion.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Voilà. Après, évidemment, on a des cours ludiques. Le terme ludique est un petit peu utilisé à toutes les sauces. Certaines écoles utilisent le mot ludique quand les enfants sont en jeu libre. Nous, on a des cours qui sont ludiques, mais structurés. La structure de nos cours est indispensable. On a des rythmes de cours qui sont... Très rapide, la capacité de concentration chez les petits notamment est très courte. Donc toutes les 2-3 minutes, on va changer d'activité en alternant du mouvement et des activités calmes, en manipulant, en s'engageant. Nos élèves ne sont jamais passifs pendant les cours, ils sont toujours engagés, ils ont quelque chose dans la main, quelque chose à faire, quelque chose à dire. Et cette structure très fine, donc on a des plans de cours, nos professeurs sont formés. chaque petite activité de 2-3 minutes à... un objectif pédagogique très précis. Rien n'est fait sans but. Voilà. Tout est pensé en amont.
- Speaker #2
Si je peux ajouter, c'est que ludique, comme dit Elisabeth, ça veut tout et rien dire, mais là, comme c'est structuré, il est important de préciser que nos professeurs sont tous formés de façon intensive parce que ce n'est pas si simple d'enseigner de façon ludique. Il faut le travailler. Et donc, il y a une vraie méthode derrière qui est développée depuis 40 ans. par des linguistes, par des professionnels de l'éducation. Ce n'est pas juste des jeux, il y a une raison derrière chaque activité. Et nos professeurs doivent apprendre à le faire.
- Speaker #0
Et donc les professeurs, ils sont tous de langue maternelle anglaise ?
- Speaker #2
Alors ça ne veut rien dire la langue maternelle. Je vais vous dire les choses comme elles sont. Moi je suis colombienne, l'anglais c'est ma langue depuis toujours. Je ne suis pas née dans un pays anglophone, mais c'est une langue maternelle. tous nos professeurs. parle l'anglais de façon naturelle et spontanée. Il faut aussi se rappeler d'une chose, parce que ça, c'est quelque chose qui revient beaucoup en France, l'accent. Je ne sais pas si vous avez déjà entendu un Galois ou un Écossais parler.
- Speaker #0
J'ai passé quatre mois en Écosse et une année entière au Pays de Galles.
- Speaker #2
Donc, ce n'est pas si simple. L'anglais est une langue globale avec plusieurs accents. Au sein même des États-Unis, il y a une variété d'accents pas possibles. Au sein de l'Angleterre, il y a plein d'accents. et donc Nos professeurs ont des accents très neutres. Quand ils sont anglophones, ils sont anglophones. Quand ils ne sont pas nés dans un pays anglophone, ils parlent l'anglais parfaitement.
- Speaker #0
Plutôt londonien que des nabours.
- Speaker #2
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Alors, il faut que les enfants puissent les comprendre et que nous, en tant qu'entrepreneurs, on puisse communiquer avec nos équipes. Donc, c'est mieux de bien pouvoir les comprendre. Mais il faut garder en tête que nos enfants ... Les anglais, demain, vont travailler dans un monde global avec très peu de londoniens, mais plus avec des chinois, des pakistanais, des africains, des sud-américains. Vous voyez le nombre d'accent qu'il faut quand même comprendre, parce que parfois, il y a des situations cocasses. Donc, l'anglais de niveau natif, oui, nos profs ne sont pas londoniens. En tout cas, on en a peut-être un ou deux sur 50.
- Speaker #2
Avec le Brexit, on n'en a plus tellement, en fait.
- Speaker #1
On a des américains,
- Speaker #2
on a des australiens, on a des gens de partout, mais on a aussi... des gens qui ont vécu dans des pays anglophones pendant longtemps et qui ne sont pas nés dans un pays anglophone.
- Speaker #1
On a 25 nationalités sur 55 enseignants en France. Je vous donne une idée, 25 nationalités.
- Speaker #0
Il y a une super diversité. Et donc, comment ça se passe ? Vous accueillez les enfants, les adultes ? À quel moment ?
- Speaker #2
Alors, notre spécialité, ce sont les enfants. D'accord ? Donc, on accueille des enfants à partir de l'âge de 3 mois. Je vous vois écarquiller les yeux.
- Speaker #1
Les bébés. Les bébés.
- Speaker #2
Comme vos propres bébés apprennent leur propre langue maternelle. Donc, on ne s'attend pas à ce qu'ils nous répondent. On est bien d'accord. Mais ils intègrent la langue. Ils comprennent. On se rend très vite compte qu'ils comprennent les instructions. Ça veut dire que la langue rentre. Et puis, le jour où ils sont capables de s'exprimer, ils vont commencer à s'exprimer en anglais.
- Speaker #1
Jusqu'au bac.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #2
Globalement.
- Speaker #0
Mais ce n'est pas une...
- Speaker #1
C'est de l'extra-scolaire. On a plusieurs types d'activités, d'offres. La première, c'est d'accueillir des enfants toutes les semaines de septembre à juin, après l'école, le mercredi, le samedi. Notre deuxième activité, ce sont des stages de vacances intensifs. On accueille les enfants en demi-journée, en journée complète. Ça, c'est évidemment à partir de trois ans, l'école maternelle. On n'a pas des bébés de trois mois qui vont passer la semaine en intensif chez nous. Une troisième activité qui est aussi d'intervenir dans les écoles. Donc, on a nos équipes de salariés qui vont, sur les temps scolaires ou périscolaires, donner des cours d'anglais. Et ça, on a des contrats avec des crèches, des contrats avec des écoles primaires, avec des écoles élémentaires, avec des collèges. Et on commence à développer aussi le lycée en after school, club de débat, préparation aux examens Cambridge. Ça, c'est notre troisième activité. Notre quatrième activité, on vient de lancer une offre pour les CSE, donc pour les enfants des collaborateurs, pour mettre en place des English Camps responsables et engagés au sein des entreprises.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc ça, c'est notre dernière offre dont on est très, très fiers et qui est en train de se développer sur le territoire français.
- Speaker #0
D'accord. Et alors, cette relation d'associés ? J'ai compris que c'était une vraie rencontre.
- Speaker #2
C'est vrai, c'est vrai, on peut le dire.
- Speaker #0
Sur un coup de téléphone ?
- Speaker #2
Oui, sur un des coups de téléphone, des dizaines de coups de téléphone qu'on se passe hebdomadairement.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui ferait, vous diriez, que ça a fonctionné assez vite et que l'envie s'est développée ? Parce qu'au-delà de la franchise, après vous avez vraiment construit une relation d'associés sur le centre du 16ème.
- Speaker #2
Tu me diras ce que t'en penses Elisabeth, moi je crois que c'est les valeurs. C'est-à-dire qu'on partage des valeurs qui sont celles de la passion d'éducation. Du bien-être des enfants qu'on accueille, de les voir se développer en anglais. Évidemment, c'est le nerf de la guerre, mais pas que. C'est-à-dire qu'on va plus loin que l'anglais. On a vraiment une passion d'éducation et de comment développer les enfants. Aussi, le respect de nos salariés, parce que je crois que ça, c'est fondamental dans la façon de travailler. On veut des salariés heureux. parce que ça fera des enfants heureux et des patrons heureux aussi. Voilà, donc les valeurs. Et probablement, et là je te laisse la parole, la complémentarité entre Elisabeth et moi.
- Speaker #1
Oui, alors moi je voudrais dire aussi le fait, et j'en suis persuadée, je sais qu'il y a beaucoup de contre-exemples à ça, mais moi dans ma vie, j'ai vécu, donc je suis en train de vivre deux associations. Celle avec Ilana qui réussit et celle dans un cadre associatif du Centre des Jeunes Dirigeants dont je co-préside la section de Paris avec un co-président qui est un peu mon associé aussi. Ma conclusion c'est qu'en fait quand on se lance dans l'association et qu'on ne se connaît pas très bien, on ne se permet pas de ce qu'on se permettrait de faire avec un vieux copain, avec un frère, avec une sœur. Donc il y a un respect immédiat et une distance qui est nécessaire de respect. pour faire que ça fonctionne bien. Et moi, vraiment, je le vis. On se connaissait un peu, mais pas si bien que ça, finalement. Même si ça faisait six mois qu'on travaillait ensemble, donc c'est très court. Et donc, on se respecte beaucoup plus, je pense, que si on avait été des vieilles copines d'école maternelle.
- Speaker #2
Je ne sais pas si on se respecte plus. En tout cas, on prend plus de pincettes. C'est-à-dire qu'on... D'abord... On aborde les sujets qu'on n'oserait peut-être pas aborder avec quelqu'un de très proche, c'est-à-dire ceux qu'on doit aborder dans le cadre d'un pacte d'associés, ce genre de choses qui sont un peu tricky quand il y a beaucoup d'émotions. Et puis, on fait attention à ce qu'on dit. Et au fur et à mesure où se développe la relation d'associés, on prend peut-être un peu plus de liberté, mais toujours avec cette idée de faire attention à l'autre.
- Speaker #0
Comme on dit au CJD, bienveillance sans complaisance. C'est exactement ça.
- Speaker #1
Exactement. Tout à fait. Et puis après, oui, là, tu parlais de la complémentarité. Alors, complètement, on est complètement complémentaires. C'est-à-dire qu'en fait, on a deux manières de travailler très, très différentes. Ilana est extrêmement bien, on va dire, organisée, en tout cas, prévoit en avance ses réunions, sa stratégie. Il y a des étapes, il y a un plan d'action. Bon, moi, je ne suis pas du tout comme ça. J'ai le point, j'ai l'objectif. Et puis, le chemin vers l'objectif, parfois, je… Voilà, je navigue un peu et puis parfois je fais les choses à la dernière minute. Ça me va bien, j'adore l'adrénaline de la dernière minute. Et donc là, on se complète vraiment bien parce qu'on a deux manières complètement différentes. Et c'est agréable parce que je pense qu'on a une bonne influence l'une sur l'autre. Ilana qui me challenge pour que je m'organise un peu mieux en amont. Et moi qui la calme et la continue.
- Speaker #2
Ah oui, oui.
- Speaker #1
Si on n'est pas prêt, qu'est-ce qui va se passer ici et ci ? Calme, tu vas voir. le problème, la solution va arriver.
- Speaker #2
Non mais c'est ça, en fait, ça fait trois ans, c'est ça ? On est sur la quatrième année, je crois. Moi, je me suis détendue. Pas totalement, parce que ce n'est pas ma nature.
- Speaker #0
Parce que tu es rassurée peut-être aussi. Oui,
- Speaker #2
mais bien sûr, parce qu'à chaque fois qu'on a traversé des petits aléas, les choses ont été résolues. Et puis parce que justement, on a cette complémentarité, parce que... Je réfléchis peut-être un peu différemment d'Elisabeth et d'Elisabeth de moi. Et donc, en fait, en mixant nos perspectives, on a une image un peu plus grande encore des choses. Et comme on se respecte, on est d'accord de ne pas être d'accord. En anglais, on dit « we agree to disagree » . C'est vrai et ça, c'est important. Et donc, on s'écoute. Et quand par exemple Elisabeth me dit Ah bah non moi je vois pas les choses comme ça Je lui dis bah dis moi comment tu les vois Et on peut ne pas être d'accord mais ça nous enrichit
- Speaker #1
Jusque là ça nous a pas amené au pied du mur Et puis finalement quand il y a un désaccord L'une lâche de manière naturelle
- Speaker #0
Il y en a une qui s'aligne Qui efface un peu ça
- Speaker #2
Oui ton orgueil On a pas d'orgueil mal placé Je crois que ça c'est important
- Speaker #0
Et peut-être une capacité à se remettre en question. Oui, j'espère. C'est ce que j'entends en tout cas. Oui,
- Speaker #2
j'espère.
- Speaker #0
Et ça, c'est essentiel.
- Speaker #2
Vraiment.
- Speaker #0
Et donc, sur le centre du 16e, vous êtes à 55 ans ?
- Speaker #2
Elisabeth est à 51 et moi, je suis à 49.
- Speaker #0
D'accord. Et ça, c'était une... Comment ça s'est pris, cette décision ? Alors,
- Speaker #2
c'était une stratégie parce que, en gros... Voilà, c'est stratégique. Il y avait une raison derrière qu'on a discuté.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Et qui était dans l'intérêt du centre. Oui. en fait, l'intérêt financier du centre, pour la faire simple. Et à partir de ce moment-là, je n'avais pas à avoir un orgueil mal placé de dire, ah ben non, moi, je veux 50, je veux 50 absolument. Si c'est dans l'intérêt du business, autant le faire. Et comme on se fait confiance, et comme on a fait un pacte d'associés,
- Speaker #0
bravo !
- Speaker #2
Non, mais parce que ça, c'est important. C'est-à-dire que toutes ces décisions qui peuvent paraître extrêmement rationnelles pour le business, elles doivent s'accompagner derrière d'anticipation. potentiel de désaccord ou de quelqu'un qui veut quitter l'association.
- Speaker #0
Et particulièrement parce que vous connaissez peu.
- Speaker #2
Exactement. Oui, mais c'est très bien. Parce qu'on ne l'aurait peut-être pas fait si on se connaissait bien. Et je pense que ça fait partie des choses un peu fondamentales. Donc voilà, et ce choix a été fait de façon rationnelle, en réfléchissant potentiellement à ce qui pouvait se passer.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Alors, à savoir que ce pack d'associés, on y a bossé beaucoup pendant trois mois. Combien de fois est-ce qu'on l'a lu depuis ?
- Speaker #2
Je t'ai même demandé si on l'avait bien lu.
- Speaker #1
Je vois bien ce que tu veux dire. Les choses ont été posées au départ, et puis après, on les met de côté, et puis on est dans l'action.
- Speaker #0
Après, on dit qu'effectivement, le impact, quand il est un peu humanisé, on va dire, c'est bien de se poser la question et de le re-regarder une fois par an. On va éventuellement le réécrire.
- Speaker #1
On va le faire l'année prochaine.
- Speaker #0
C'est ça. Non, non, mais on le fera. Et se faire une réunion ou un séminaire d'associés en dehors de l'entreprise, une fois par an. Ce n'est pas pour ça qu'on le réécrit. Mais on se pose juste des questions pour voir si les choses ont évolué.
- Speaker #2
Peut-être que ce sera une bonne occasion de faire un petit week-end, Elisabeth. Exactement. Merci beaucoup. Je pense que c'est des perspectives réjouissantes.
- Speaker #0
Et de reconstruire une stratégie encore plus développée. Exactement. J'ai compris qu'il y avait des rôles assez... clair. Est-ce que vous pourriez dire, c'est pareil, vous vous êtes posé après votre pack d'associés en vous disant qui va faire quoi, qui fait quoi au quotidien, qu'est-ce qui fait que ça fonctionne ?
- Speaker #2
Alors Elisabeth sait que j'avais un point faible que j'améliore, que j'améliore. Les finances.
- Speaker #1
C'est pas un point faible, c'est t'aimes pas ça. Je déteste ça.
- Speaker #2
Je m'améliore parce que je n'ai pas d'autre choix que de m'améliorer, mais c'est vrai que quand on s'est réparti des tâches, et comme Elisabeth a une appétence particulière Merci. pour cet axe-là, on s'est dit c'est pas la peine d'aller se contraindre sur des choses qu'on n'aime pas, qu'on va faire la mort dans l'âme, alors qu'elle, elle aime ça, donc assez naturellement, elle a pris toute la partie finance. Ce qui ne veut pas dire que je n'y mets pas un oeil, évidemment, mais en tous les cas, le quotidien, c'est elle qui le gère. Et moi, comme j'ai une appétence particulièrement sur l'humain et la gestion humaine, ça a été... J'ai fait ça toute ma vie, j'ai dirigé des équipes et j'aime ça. Moi, j'ai pris la partie RH. Et ensuite, tout ce qui est marketing, comme Elisabeth en prend une bonne partie, puis tout ce qui est stratégie marketing. Maintenant, on est beaucoup plus aidés. C'est un peu plus simple. On a des gens qui travaillent avec nous dans le cadre de la franchise et qui s'occupent aussi du 16e. Voilà, on s'est répartis globalement les tâches de cette façon-là. Ça marche comment, Elisabeth ? Très bien. Voilà,
- Speaker #1
très bien.
- Speaker #0
Mais vous n'êtes pas physiquement dans les mêmes bureaux ?
- Speaker #1
En fait, on est rarement. Et c'est un peu un... Oui. On est rarement dans notre centre du 16ème parce qu'on a une manager on a eu une manager, maintenant on a une coordinatrice ça roule quand même vachement bien on a eu super équipe en place voilà, chose que j'ai pas moi on s'est réunis au pétage ça et finalement on y va très peu c'est peut-être une des choses qu'il faut qu'on discute
- Speaker #2
Tous les ans,
- Speaker #1
on se dit que l'année prochaine, on y va une semaine sur deux. C'est ça. Tous les ans, on y va la même chose. On commence deux semaines et puis la troisième, il n'y a plus personne.
- Speaker #2
Parce qu'il y a d'autres centres, parce qu'Elisabeth a son activité de master franchise, qui est quand même assez importante. Voilà. Mais on a des choses qu'on peut toujours améliorer, évidemment. Et moi, cette histoire de petit séminaire entre nous, c'est peut-être une bonne idée. Oui, on prendra l'ordi.
- Speaker #0
Une réunion d'alignement.
- Speaker #1
Non, mais on va faire ça comme ça, on est d'accord. C'est clair qu'il faudra le faire, avec grand plaisir.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez déjà surmonté des difficultés dans le cadre de votre association ? Et comment ça s'est passé ?
- Speaker #1
Alors, pas réellement. On est d'accord de ne pas être d'accord, comme disait Ilana. Donc, il y a des fois, on n'est pas alignés. On en discute. Alors, on est très cash, toutes les deux. Ça, il faut le savoir. On se dit les choses en face. On ne se cache jamais derrière notre petit doigt. Donc, dès qu'on sent qu'il y a une tension, on s'appelle, mais immédiatement, on s'appelle dans l'heure et on résout le problème. C'est-à-dire qu'on en parle et quand on raccroche, c'est résolu, on est passés toutes les deux à autre chose. Donc, finalement, il n'y a jamais de tension qui est restée plusieurs jours, ça ne nous est jamais arrivé. Il n'y a pas de mauvais sentiments, de ressentiments. J'allais dire on se pardonne, mais non, il n'y a pas à se pardonner puisqu'il n'y a pas de pardon à avoir, puisqu'il n'y a pas de problème. Non,
- Speaker #2
mais on peut être en désaccord. Moi, je sais que je peux avoir un ton de voix qui monte. Elisabeth est plus souple que moi, je crois, dans sa façon de dire des choses.
- Speaker #1
Alors là, tu vas choquer pas mal de gens qui me disent que je suis beaucoup trop cash. Mais je peux passer pour souple auprès de toi, ça me fait bien plaisir. Avec moi, c'est une guerre.
- Speaker #2
Mais on accepte ça l'une de l'autre. Je crois qu'on s'est dit quand même qu'on a eu un moment, toutes les deux, où ça a été pas du tout compliqué entre nous, mais compliqué dans nos vies personnelles pour des raisons diverses, déçues, des choses comme ça. Où on a été un peu moins présente dans le cadre de l'association et on en a parlé et naturellement, l'autre a pris la main pendant la période où une de nous deux traversait un moment difficile.
- Speaker #0
Vous l'avez bien partagé. Ah oui,
- Speaker #2
vraiment. Et on en a parlé vraiment entre nous. Et ça s'est fait assez naturellement, sans difficulté. Ça a été des périodes lourdes pour chacune d'entre nous quand c'est arrivé. Parce que là, ça veut dire que toute la charge est sur l'autre. Mais c'est la moindre des choses, en fait.
- Speaker #0
C'est la moindre des choses parce que vous avez cette mentalité et que vous avez toutes les deux ces valeurs. Mais parce que c'est un point, justement, qu'il faut être... qui doit être creusé avant même qu'on s'associe parfois, parce que justement, il y en a qui n'ont pas cette même...
- Speaker #1
C'était naturel.
- Speaker #2
Je crois que ça a été vraiment naturel.
- Speaker #1
Je pense qu'on a énormément d'empathie l'une pour l'autre. Ah oui. C'est-à-dire qu'il y en a une des deux qui ne va pas, l'autre est inquiète.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Il y a une grosse inquiétude. Et on le sent très vite. On le sent très vite. Mais ce qu'il faut savoir aussi, c'est que, en fait, on se parle minimum quatre fois par jour au téléphone.
- Speaker #0
Ah oui, donc vous avez des contacts vraiment réguliers.
- Speaker #2
Par l'association, puisqu'on est dans une relation franchiseur-franchisée dans le cadre de mon centre du 17e arrondissement. On se parle dans ce contexte-là. Et puis, comme on est associé sur un centre, ça multiplie les raisons de s'appeler. Donc, on est en contact vraiment assez rapproché.
- Speaker #1
Oui, et puis on est devenu amis aussi, ça je voudrais le dire. On a une belle amitié entre nous. On connaît mutuellement nos familles. Ilana connaît mes enfants, a une relation très particulière, notamment avec ma fille. Et je connais le mari d'Ilana. C'est une amie aujourd'hui. C'est vraiment une amie que je respecte énormément. Pour vous donner un exemple, j'ai eu un accident assez cocasse en début d'année, en janvier 2025. Je suis tombée d'un chameau sur des pierres dans le sud du désert égyptien. Et j'ai été rapatriée toute seule. Ma famille m'a rejoint plus tard, mais j'ai été rapatriée par vol sanitaire toute seule. Le 4 janvier, je me suis retrouvée chez moi. Je pense que je n'avais pas tous mes neurones alignés, j'avais une grosse fracture au crâne, j'ai eu un gros trauma crânien. Et Ilana débarquait chez moi. Et en fait, ma fille...
- Speaker #0
Tous nos amis étaient à l'étranger. Ma fille a eu l'audace, parce que je ne répondais pas au téléphone ou apparemment que je parlais bizarrement, d'appeler Ilana. Et Ilana a débarqué chez moi.
- Speaker #1
Alors là, vous ne me voyez pas,
- Speaker #0
je souris à pleines dents.
- Speaker #1
Je suis extrêmement touchée. Oui, on a développé une vraie amitié. Et je crois que c'est aussi la force d'une association quand elle se passe bien. C'est-à-dire qu'on partage des choses. importante. Enfin, un business, ce n'est pas rien, c'est impactant. Et comme on le partage avec des valeurs communes, comme on se parle tellement souvent, et parce qu'on a ça en commun, je crois, une réelle empathie, on est devenus vraiment amis. Et Elisabeth, c'est quelqu'un d'important pour moi. Vraiment. Donc, voilà. Je ne sais pas si ça se passe dans toutes les associations. En tout cas, ça, c'est notre histoire. Alors, on n'a pas rencontré de réelles problématiques. Mais je suis intimement persuadée, et je regarde Elisabeth avec le sourire, que même si on traverse des moments difficiles, parce que ce n'est pas possible d'imaginer qu'il n'y aura jamais de moments réellement difficiles dans une histoire professionnelle, je pense qu'on a partagé suffisamment de choses. On est suffisamment en contact tous les jours pour être capable de s'asseoir.
- Speaker #2
Les fondations sont solides.
- Speaker #1
Je crois vraiment. sans arriver à des situations que j'ai pu entendre entre des associés qui peuvent être proches d'un divorce qui se passe mal.
- Speaker #2
Oui, complètement.
- Speaker #1
Je pense que si on doit divorcer, on essaiera de divorcer dans de bonnes conditions. J'espère que ça n'arrivera pas. Mais si ça devait arriver, je pense que ça sera à l'amiable et que les choses, normalement, devraient bien se passer. Je pense qu'on a les fondements pour ça.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #0
Après, la question de si un jour on vend notre boîte commune...
- Speaker #1
Mais ça ne sera pas un divorce ?
- Speaker #0
Ça ne sera pas un divorce, ça sera un projet. Mais c'est marrant parce qu'on s'est posé plusieurs fois la question et si on vend, qu'est-ce qu'on fait de notre boîte ? Est-ce qu'on la ferme ?
- Speaker #1
On est d'accord.
- Speaker #0
Ou est-ce qu'on la laisse juste ouverte pour...
- Speaker #1
Autre chose.
- Speaker #0
Qu'à où quelque chose d'autre se présente. C'est ça. Et en fait, moi, je suis plus dans cette dynamique de dire en fait, on va la laisser vivre cette boîte parce que le jour où on la fermera, pour moi, ça sera... Hyper dure émotionnellement. Je suis d'accord. Et je me dis, ça veut dire que c'est la fin avec Ilana. Et ça me ferait beaucoup de mal.
- Speaker #1
Je ne sais pas quoi dire tellement je suis touchée. Donc, en fait, pour réussir à me faire taire, c'est quand même assez incroyable. Voilà, notre histoire, c'est celle-là. Et je me sens extrêmement privilégiée d'avoir cette relation-là dans le cadre d'une association. Et pour être sincère, quand on a démarré cette association, on a travaillé évidemment avec un avocat. qui nous a fortement conseillé de parler de toutes les possibilités et qui nous a fortement poussé à faire ce pacte d'associés. C'est une personne que je connaissais moi personnellement et qui m'a dit Ilana, tu dois réfléchir à ces choses-là, même si on n'a pas envie d'y réfléchir, quand on démarre une aventure à deux. Et je pense que c'est le meilleur conseil qu'on ait pu nous donner en réalité.
- Speaker #2
Mais est-ce que vous avez travaillé même en amont, parce que vous avez des valeurs communes, mais... J'ai l'impression qu'en fait, elles sont un petit peu innées chez chacune. Mais vous n'êtes pas posé la question de vos valeurs. Est-ce que vous... Ah si, si,
- Speaker #1
dans la préparation du pacte d'Astentier, j'ai un souvenir, Elisabeth. Je me rappelle de cet exercice, moi, de mettre les valeurs, les objectifs. D'accord, ok. Donc ça, ça a été travaillé. On l'a travaillé en amont, en fait. On nous avait donné cet exercice à faire et on avait partagé ça et on le sentait. Mais on l'avait formalisé.
- Speaker #2
Parce que c'est hyper important.
- Speaker #0
Mais on avait les mêmes. Mais oui, c'est pour ça que... Mais ta liste était ma liste.
- Speaker #1
Ben oui. Et donc, ça, c'est un exercice que le conseil qu'on avait, nous avait demandé de faire. Et on lui avait dit, ben non, mais en fait... C'est évident. En fait, c'est évident. Il dit, non, non, c'est pas évident. Je crois absolument que vous fassiez cet exercice et on verra si c'est évident.
- Speaker #2
Et surtout, on verra si, du coup, vous voulez vraiment vous associer. Exactement. Parce que moi, j'ai déjà accompagné des gens qui étaient tout feu, tout flamme pour s'associer. On a fait ces fameuses réunions d'alignement et puis finalement, non, ils ne se sont pas associés. Et tant mieux,
- Speaker #0
parce que c'est en amont.
- Speaker #2
C'est ça. Et souvent, les gens se disent mais non, on n'a pas besoin. Voilà, ça va bien se passer. On va faire juste un petit pacte sur le bout de la table avec une startup légale qui va faire ça en ligne. Mais en fait, il y a l'élément humain et ça, vraiment, vous en avez parlé, qui est essentiel dans la préparation et le fait que votre association, elle soit ce qu'elle est, solide et qu'elle perdure aujourd'hui. sincèrement.
- Speaker #1
Mais vous en tant que spécialiste des associations d'avocats spécialisés je trouve qu'il y a aussi un rôle presque de psychologie derrière C'est pour ça que j'ai fait une formation de coaching. Ah, je sais. Exactement. Mais oui, mais ça me paraît fondamental. Quand je vois le parcours qu'on a eu, nous, pour faire ça, il faut qu'il y ait, du côté du conseil, une compréhension et pour être capable d'alerter ou en tout cas de faire se poser les bonnes questions aux personnes qui veulent s'associer.
- Speaker #2
Nous, c'est vraiment tout un parcours qu'on fait. Avant qu'on parle du pacte en tant que tel et des clauses un peu ennuyeuses en droit. Il y a vraiment quatre réunions où je vois d'abord chaque associé tout seul. Ensuite, on se voit ensemble et on va creuser les valeurs, la vision, le rapport à l'argent. On fait des tests de personnalité en disque. Voilà, donc on creuse vraiment la relation humaine avant d'aller chercher la relation juridique. Et après, vous repartez avec ce qu'on appelle un pacte humain, qui est en fait aussi une espèce de charte de l'association, avec évidemment des données juridiques, comme dans tout pacte d'associés, parce que je suis avocat en droit des sociétés avant tout. Mais c'est vraiment comme ça que je travaille et c'est ça qui fait que je pense que les associations que j'accompagne font qu'elles perdurent. Et puis, je les contrains presque à se dire, voilà, tous les ans, on se revoit et on ne va pas forcément réécrire tout ce qui est écrit dans le pacte. Mais s'il y a des besoins d'ajustement, c'est nécessaire qu'on en parle. Et les fameuses réunions d'associés, alors j'ai l'impression que vous vous parlez régulièrement, vous n'avez pas besoin. Mais moi, j'invite aussi à faire au moins une fois par semaine. le qu'est-ce qui va, qu'est-ce qui ne va pas.
- Speaker #0
Bon, on le fait quatre fois par jour. Ça, on est bon. Mais la petite réunion sympathique... Oui, pour se poser d'autres questions.
- Speaker #2
En tout cas, moi, ce que je peux vous dire de ce que j'entends,
- Speaker #1
et ce que je peux conseiller à n'importe quelle personne qui veut s'associer, c'est de passer par ce process-là avant de se lancer dans une association. Chez nous, ça a été clé. Je pense que notre accompagnement a été... peu moins complet que le vôtre. Et je pense que... Voilà. Alors, je ne peux qu'applaudir et dire non, non, vraiment, il faut le faire. Nous, on a eu la chance d'être accompagnés par un conseil qui n'était pas aussi spécialisé que vous dans ce domaine-là, mais en tout cas qui a appuyé sur les bons boutons pour nous faire réfléchir. Mais quand je vois ce que vous proposez, c'est vraiment le conseil que je donne à des associés. Vraiment, pour moi, l'analogie d'un... d'associer, c'est un mariage. Ou un pacte. Pas complètement. Voilà.
- Speaker #2
Complètement.
- Speaker #1
C'est quelque chose qui est engageant, impactant, et qui peut être une belle aventure, vraiment.
- Speaker #2
Mais qui peut aussi vous empêcher de dormir si ça se passe mal. On est bien d'accord.
- Speaker #1
Et je trouve qu'on a pas mal de chances de ne pas avoir eu de nuit blanche liée à ça.
- Speaker #0
On a eu des nuits blanches, mais rien n'a pas lié à ça. On a eu de l'inquiétude, l'une pour l'autre, quand on a traversé des phases difficiles personnelles. Là, il y avait une vraie inquiétude l'une pour l'autre. Mais humaine. Humaine et puis plutôt en empathie. Oui,
- Speaker #2
c'est ça. Mais vous sentiez justement que vous étiez présente l'une pour l'autre. Ah, c'est sûr.
- Speaker #0
C'est sûr. Ça, c'est sûr.
- Speaker #2
Ça, c'est essentiel.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #2
oui. Alors, quels conseils vous donneriez à trois personnes, enfin à des personnes, des jeunes associés ? Parce qu'en plus, parfois, quand on est jeune, on n'a pas la maturité justement de se dire, on va se poser toutes ces questions-là.
- Speaker #0
Mais on est très jeunes.
- Speaker #2
je ne réponds pas à cette question mais quand on a 25 ans par exemple, on sort de l'école parce qu'il y a quand même beaucoup de jeunes qui montent leur boucle bien sûr,
- Speaker #0
et c'est formidable il faut prendre son temps il faut bien réfléchir il faut aborder ces questions de valeur, et il faut bien répartir les tâches que ce soit clair dès le début et également dès qu'il y a un problème, une tension immédiatement creuser l'abcès et pas laisser de malaise s'installer dans le temps. La communication, oui.
- Speaker #1
Et en amont, préparer les choses. C'est-à-dire s'assurer que les associés soient alignés sur les objectifs du projet ou de l'entreprise. Les perspectives de développement. Peut-être aussi la relation à l'investissement, parce que ça, c'est souvent une problématique. Il faut investir pour avoir du retour sur investissement. La relation à l'argent est importante. Et ça, on savait qu'on était bon là-dessus. Voilà, ça se travaille en amont, c'est ce que disait Elisabeth. Travailler le projet, travailler les valeurs. et se faire accompagner probablement avec des gens comme vous pour s'assurer, ou en tout cas pour mettre les bonnes bases d'une collaboration qui sera fructueuse.
- Speaker #2
Et j'ai entendu tout à l'heure quand on préparait, la transparence ?
- Speaker #0
Ah oui,
- Speaker #1
communication et transparence.
- Speaker #0
En fait, il ne faut pas s'associer, je pense, s'il y a un doute, ou s'il y a un questionnement qui n'a pas été, qui n'a pas trouvé sa réponse. c'est hyper important parce que si on part sur quelque chose qui n'est pas stable, où il y a une frustration d'un côté ou de l'autre, c'est vraiment casse-gueule. C'est-à-dire que c'est bancal. C'est voué à l'échec. Donc, aborder vraiment tous les sujets en amont. Vraiment tous.
- Speaker #1
Et il n'y a pas de sujet tabou. C'est-à-dire qu'il y a peut-être des choses qui, je ne pense à aucune pour l'instant, mais si on creusait, on pourrait. Il y a peut-être des choses pour moi qui sont complexes. à gérer qui le sont beaucoup moins pour mon associé. Il faut que mon associé soit au courant. Si j'en pense à une, j'ai beaucoup évolué depuis. Moi, j'avais une difficulté liée à demander un paiement à mes clients. C'est bête pour un entrepreneur, j'avoue. J'avoue, c'est compliqué. J'avais une relation très judéo-chrétienne à l'argent. Elisabeth a une relation décomplexée parce qu'elle a géré des entreprises avant moi. Et on en a discuté, elle le savait parce qu'elle m'avait vue six mois avant dans mon entreprise. Et on a parlé de ces difficultés-là. Moi, j'ai fait un travail sur moi-même.
- Speaker #0
Ça y est, je suis décomplexée.
- Speaker #1
De façon tout à fait raisonnable, sans avoir des dents longues du tout. Mais voilà, les choses sont réglées. Mais il y a des choses qui peuvent être. des problématiques personnelles qui peuvent être impactantes sur le pro et je pense qu'il faut parler de ces choses-là. Je crois qu'il n'y a pas de sujet tabou.
- Speaker #0
Faut oser la vulnérabilité, on dirait au CIGD. Il faut être authentique, naturel, soi-même. On ne peut pas jouer un rôle dans une association, comme dans un mariage. On ne peut pas faire semblant. En tout cas, le mariage évoie l'échec très rapidement.
- Speaker #1
Au bout de trois mois, on se rend compte de tout.
- Speaker #2
C'est ça.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #2
Eh bien, un grand merci à vous deux pour ce témoignage très inspirant. Merci à vous.
- Speaker #0
Merci à toi, Anne-Sophie. À bientôt. À bientôt.
- Speaker #2
Merci à tous d'avoir écouté cet épisode d'Aventuré Associé. Si vous avez aimé ce podcast, n'hésitez pas à le partager et à laisser un commentaire. On se retrouve très bientôt pour un nouveau portrait d'entrepreneurs passionnés. À bientôt.