- Speaker #0
Bonjour, bienvenue dans un nouvel épisode d'Aventures et Associés, le podcast dédié aux aventures entrepreneuriales entre associés. Je suis Anne-Sophie Rio, avocate en droit des sociétés et fondatrice de l'Enox Avocat. J'accompagne depuis de nombreuses années des dirigeants, leurs entreprises et surtout les relations entre associés. Aujourd'hui, nous allons parler d'un sujet essentiel mais encore trop rarement anticipé. Que se passe-t-il si l'un des associés décède brutalement ou devient invalide ? Quand on crée une entreprise, on pense à la stratégie, on pense aux clients, au financement, à la croissance, mais on pense rarement à ce qui se passerait si l'un des piliers du projet n'était plus en mesure d'exercer. Et pourtant, les conséquences peuvent être considérables pour l'entreprise, pour les associés survivants, mais aussi pour les proches de l'associé concerné. Donc c'est aujourd'hui un épisode expert, et pour en parler, je reçois Julie Perrier, courtier en assurance chez Finbul Assurance. Julie, merci beaucoup d'être avec moi pour ce nouvel épisode.
- Speaker #1
Bonjour Anne-Sophie, merci beaucoup pour cette invitation.
- Speaker #0
Je suis ravie de te recevoir et est-ce que tu pourrais nous parler de ton parcours, de ton expérience et aussi de tes relations d'associés si tu en as eu ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Donc moi je suis fondatrice du cabinet Finbul Assurance. C'est un cabinet qui est spécialisé en protection sociale du dirigeant et des associés. Mon parcours a débuté chez Generali. Un groupe italien où j'ai commencé ma carrière dans l'instruction des dossiers sinistres prévoyance, ce qui m'a donné une forte expérience sur les contrats prévoyance des entreprises. J'ai ensuite rejoint un cabinet de courtage parisien spécialisé également en assurance collective, puis un courtier grossiste où j'ai appris l'accompagnement des dirigeants sur la santé, la prévoyance, la retraite. en Ile-de-France et sur la région Nord. Et à la suite de ça, j'ai souhaité créer mon cabinet en 2009. Je suis parti de zéro, avec une conviction forte, apporter aux entreprises et aux dirigeants un accompagnement de proximité sur des sujets souvent complexes mais essentiels. Aujourd'hui, nous intervenons principalement sur les risques santé, prévoyance, retraite, épargne salariale, garantie chômage, assurance emprunteur, tout ce qui touche. à la personne, on va dire. Et on s'est ouvert depuis le 1er janvier à tout ce qui est assurance de biens et responsabilité. Alors en effet, le sujet des associations me parle, car en tant que dirigeante, j'ai été associée trois fois. Tout à fait. Trois fois, mais complètement différemment. La première fois avec un groupement d'experts comptables. Donc là, on était associés, on va dire, financièrement, mais on avait des métiers différents. Donc plutôt facile, on va dire, en termes d'association, parce qu'on ne se marchait pas, chacun avait son domaine de prédilection. Ensuite, je me suis associée avec une personne qui faisait le même métier que moi, donc belle expérience également. Et enfin, je me suis associée pour la création d'une start-up avec un ingénieur en informatique, où là, de la même façon, on avait chacun nos domaines de spécialité et ça fonctionnait plutôt bien. Après, pour différentes raisons, on s'est séparés pour notamment une levée de fonds qu'on n'a pas pu aboutir. Mais sinon, c'était plutôt assez dynamique. Donc, j'ai toujours été, on va dire, bien protégé de par mon métier, forcément.
- Speaker #0
Quand même.
- Speaker #1
Exactement. Et j'avais systématiquement un pacte d'associés. Ça, c'était primordial pour moi. Et sinon, concernant mon expérience professionnelle et surtout mon engagement, je suis une personne assez engagée, une personne de réseau. J'aime bien également transmettre, rendre service. Et donc, j'ai été membre du CJD 92, le Centre des Jeunes Dirigeants, où j'ai eu la fonction de présidente du 92 pendant deux ans, parce que ce sont des mandats de deux ans. Et ensuite, j'ai intégré le COMEX national également pendant deux ans.
- Speaker #0
Donc le CJD, c'est un mouvement patronal à politique où il y a au moins 5000 membres en France.
- Speaker #1
Donc c'est pareil, j'ai pu croiser pas mal de personnes avec aussi des problématiques souvent d'association. C'est quand même le sujet dont tout le monde parle.
- Speaker #0
C'est régulier, effectivement.
- Speaker #1
C'est un peu normal parce qu'en fait... On est seul en tant que dirigeant, donc on cherche toujours à se dire, tiens, si j'avais un associé, peut-être que ça irait mieux. Oui.
- Speaker #0
Parfois, ça va mieux ou peut-être qu'il faudrait juste mieux cadrer le début de la relation. C'est justement ce que je propose.
- Speaker #1
Donc, voilà mon parcours, Anne-Sophie.
- Speaker #0
Très bien. Eh bien, écoute, je suis ravie de faire cet épisode avec toi. Et moi, j'ai les associés qui viennent me voir. quand ils s'associent au début de leur relation. Une des questions que je leur pose lors des réunions d'alignement d'associés, qui est justement souvent une étape un peu délicate, je leur pose des questions mais si l'un de vous deux décédait, ou bien si l'un de vous deux avait un cancer, une grave maladie, même si il faisait amputer d'une main, d'un bras, d'une jambe, qu'est-ce que... Qu'est-ce que vous faites avec votre associé ? Est-ce que vous continuez à lui verser une rémunération ? Pendant combien de temps ? Est-ce que vous seriez même prêt à lui racheter ses parts ou pas d'ailleurs, à partir du moment où il est plus opérationnel ? Ça peut être aussi une conséquence sur la valeur de l'entreprise. Si l'un des deux, qui était quand même un personnage clé de l'entreprise, ne peut plus travailler, apporter ses compétences. Et donc ça, c'est quand même un point crucial de la discussion qui amène souvent des tensions. là notamment je sais que j'accompagne deux associés dont l'un a des enfants et pas l'autre et forcément ils n'ont pas les mêmes réponses il y en a un qui peut importe si ses parents rachètent et l'autre en revanche elle veut absolument que ce soit ses enfants qui puissent hériter à une valeur importante donc c'est un sujet souvent qu'on ne traîne pas en une seule fois il y a besoin de réflexion de temps long pour prendre des décisions Merci. Mais je pense que tu peux aussi, toi, leur apporter des solutions au-delà du juridique. En tout cas, on peut cadrer juridiquement tout ça en fonction de leurs souhaits et leur apporter des assurances peut-être.
- Speaker #1
Oui, il peut y avoir des situations de famille différentes. Il peut y avoir aussi un âge différent avec des horizons de sortie qui peuvent différer de l'un à l'autre. Donc, c'est essentiel en tout cas de se protéger. de protéger son entreprise, de protéger sa famille. Donc, il y a différents dispositifs qui existent. Aujourd'hui, en tout cas, on va décrypter et approfondir celui de la garantie homme-clé avec justement la garantie associé-croisé qui permet en effet de s'assurer chacun avec des montants qui sont préétablis. Et d'ailleurs, c'est souvent toi qui le notifie dans ton pacte d'associé. Donc en effet, ça existe.
- Speaker #0
Ok, donc concrètement, comment ça se passe ? Donc ça veut dire que si moi, j'ai mes clients qui viennent me voir, on travaille l'alignement, une fois qu'ils sont bien en phase de se dire oui, on veut vraiment s'associer, qu'on a bien creusé toutes les questions, moi j'aurais dit un pacte d'associés. Et à partir de là, comment ça se passe ? Il faut qu'ils viennent te voir au moment de la rédaction du pacte, un petit peu en amont, après, qu'est-ce que tu préconises ? Parce que s'il faut que des... clause soit insérée bien spéciale ? Est-ce qu'il faut qu'elle soit mentionnée dans le pacte, selon toi ?
- Speaker #1
Donc c'est important, en effet, de notifier et de voir un comité d'assurance ou un agent d'assurance avant d'écrire le pacte d'associés. Pourquoi ? Parce qu'il y a une sélection médicale. Et si l'un des deux associés ne peut pas se faire assurer, peut-être que dans le pacte d'associés, tu peux prévoir d'autres choses.
- Speaker #0
C'est ça, exactement.
- Speaker #1
Parce que les assureurs, forcément, ils se protègent. Et donc les assureurs peuvent soit majorer la prime, soit exclure la pathologie en question. Mais c'est important de bien vérifier ça en amont.
- Speaker #0
D'accord. Parce qu'effectivement, dans le pacte, on va parler du décès, de l'invalidité, du départ d'un associé, des conflits, des cessions de titres. On peut organiser juridiquement comment racheter les titres, selon quelle modalité, selon quel prix. Donc c'est vraiment ce qui va... organiser les relations entre associés, mais est-ce qu'on pourrait prendre un exemple concret de clients qui viennent me voir et qui ensuite me disent, nous on a décidé effectivement, si l'un décède, on veut absolument lui racheter ses actions, il n'a pas le choix, c'est une promesse qui est déjà consentie dans le pacte, donc qui va s'imposer même aux héritiers. Mais toi, comment est-ce que tu peux, parce que peut-être que celui qui va rester n'aura pas forcément les liquidités ni la société, parce qu'il y a aussi quand même des mécanismes de réduction de capital qui peuvent être utilisés quand la société a les capacités financières pour le rachat, tout ça, ça se structure, mais donc comment est-ce qu'on fait s'il n'y a pas l'argent et qu'il y a quand même cette clause qui impose à l'associé restant, malheureusement, de racheter aux héritiers ? Qu'est-ce que tu préconises ?
- Speaker #1
Alors, en effet, déjà, il faut... En plus de l'avocat et du courtier d'assurance, mettre autour de la table peut-être son expert comptable ou en tout cas la personne qui a créé notamment au toit, d'ailleurs peut-être les statuts. Parce que si c'est une SARL ou une SAS, les droits d'enregistrement ne sont pas forcément les mêmes. Donc ça c'est important aussi d'y penser en amont. Et financièrement, il faut permettre à l'autre associé de pouvoir acheter. les parts. Donc ces montants sont décidés avec en général l'avocat et ensuite nous on regarde côté des assureurs à combien peut s'élever la prime avec différentes garanties, donc tu l'as dit le décès, l'IAD qui est l'invalidité absolue et définitive qui correspond à l'invalidité 3ème catégorie et qui correspond au versement du capital décès par anticipation. On a aussi la garantie invalidité classique, puisqu'il y a trois catégories en invalidité aujourd'hui. La première, on peut travailler à mi-temps. La seconde, normalement, on ne peut pas travailler. Et la troisième, là, on ne peut pas travailler et on a besoin de l'aide d'une tierce personne. Donc, on peut s'assurer là-dessus. On peut s'assurer aussi sur l'arrêt de travail. Mais en tout cas, ce qui est déjà conseillé au minimum, c'est le DCIAD. Ça, c'est vraiment la garantie obligatoire. Et ensuite, je me dis qu'il y a la sélection médicale et après, ça se passe plutôt bien. Donc, c'est l'associé qui reçoit le capital. Ce n'est pas l'entreprise. D'accord. Parce qu'à la base, la garantie homme-clé, le bénéficiaire, c'est l'entreprise. D'accord ? Ok. Donc, la spécificité de l'option garantie croisée, c'est que le capital va être versé à l'associé restant.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Net dans sa poche.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Voilà. Donc, c'est plus intéressant qu'une assurance vie. Parce que parfois... En effet, il y a des personnes qui peuvent se dire, moi c'est bon, j'ai l'argent de côté ou pas. Non, il vaut mieux en effet le prévoir dans le pacte d'associés. Bien sûr.
- Speaker #0
Et s'il y a plusieurs associés, comment est-ce qu'on peut organiser les choses ?
- Speaker #1
Donc en effet, il faut le prévoir dans le pacte d'associés et ses primes d'assurance, elles sont en général payées par l'entreprise, mais ça reste quand même un avantage social. D'accord. Voilà, ça c'est important.
- Speaker #0
Ok. Et donc s'il y a plusieurs associés ? par exemple 3 ou 4, il y en a un qui décède ils peuvent tous mourir en même temps comment ça se passe ? tu préconises que ce soit un tiers, ou ça c'est vraiment encore une fois selon leur souhait ?
- Speaker #1
c'est selon leur souhait, c'est selon aussi leur participation s'il y a en effet une association équilibrée on peut partager de la même façon s'il y a un déséquilibre on va assurer à hauteur de chacun d'accord ça on peut faire des montages différents d'un associé à l'autre Merci. et en fonction du montant de part qu'il a.
- Speaker #0
D'accord. Et en termes de coûts, puisque ça, c'est souvent une question qui est abordée par les fondateurs, parce que souvent, quand on crée une entreprise, en tout cas, on cherche à faire des économies. Donc, parfois, ils ne font ni pacte ni assurance. Donc, voilà, pour avoir une idée concrète, c'est quoi ? C'est un pourcentage de la valeur de l'entreprise qui, du coup, il y a une prime qui est révisée chaque année. Comment ça se passe ?
- Speaker #1
Alors, en fait, déjà, c'est une prime qui est calculée par rapport à l'âge. D'accord, ça c'est important par rapport au montant assuré. En général, c'est deux critères de tarification. Et après, c'est des contrats qui en effet évoluent chaque année, qui sont indexés, mais qui sont encadrés dès le départ. D'accord,
- Speaker #0
donc ce n'est pas quelque chose qui va quand même plomber totalement la trésorerie de l'entreprise.
- Speaker #1
Non, c'est assez abordable comme tarif.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
et c'est nécessaire c'est comme j'ai envie de te dire un contrat de prévoyance quand on crée son entreprise malheureusement moi je rencontre encore trop souvent de chers entreprises qui mettent ça de côté et qui malheureusement le jour où se réveillent soit sont déjà ont
- Speaker #0
déjà une pathologie et donc peuvent plus s'assurer et donc c'est important vraiment d'y penser avant Ok alors peut-être pour les jeunes entrepreneurs est-ce que tu peux nous expliquer ce que c'est Merci. Précisément la prévoyance justement ?
- Speaker #1
Le contrat de prévoyance va protéger l'individu et sa famille. Ça lui permet d'avoir en cas d'arrêt de travail un revenu de remplacement qui est déterminé de la même façon au début, une garantie invalidité, une garantie capitale d'essai. On peut aussi prévoir des rentes d'éducation, des rentes de conjoint si on a des époux qui ne travaillent pas. Donc ça protège vraiment la personne et ce n'est pas très onéreux. D'accord. Non, franchement, pour quelqu'un qui se lance, je ne sais pas, on va dire 30 ans, qui a une rémunération d'environ 40 000 euros, en fonction du secteur d'activité, parce qu'il y a un peu plus de critères de tarification, en fonction des compagnies, il peut y avoir d'autres critères, mais c'est entre 800 et 1200 euros l'année.
- Speaker #0
Ah oui, et c'est une charge déductible pour l'entreprise ? Oui,
- Speaker #1
c'est souvent soumis en fonction de son statut, soit la loi Madeleine, soit si on est salarié. Mais clairement, c'est essentiel.
- Speaker #0
D'accord. Et ça veut dire que, pour bien comprendre, dès le lendemain de ton arrêt maladie, tu peux être couvert ou il y a quand même des délais de carence peut-être qui s'appliquent ?
- Speaker #1
En effet, il y a des délais de carence. qu'on choisit au départ. Donc en général, quand on met en place un contrat, il y a un délai de 90 jours qui, lui, ne peut pas être supprimé sauf en cas d'accident. Donc en cas d'accident, on est couvert à compter du premier jour. En cas de maladie, une fois que ces 90 jours sont passés, on est assuré après, soit au bout de 3 jours en cas d'accident et d'hospitalisation, soit au bout de 30 jours, soit en général de maladie. C'est en général la franchise qu'on comprend. Il y a des franchises plus courtes, mais c'est assez onéreux après. Et ça, tant que vous êtes en arrêt de travail,
- Speaker #0
ça couvre. Ça permet d'avoir une rémunération et qui, du coup, n'est plus une charge pour l'entreprise.
- Speaker #1
Qui n'est plus une charge pour l'entreprise. Ça permet de peut-être embaucher un remplaçant. Bien sûr. Après, il y a d'autres garanties qui existent, bien évidemment. On ne va peut-être pas les énumérer ici, puisque je passerai beaucoup trop de temps. Mais les garanties qui sont nécessaires, selon moi... avant la mutuelle, parce que souvent, j'ai encore trop de gens qui me disent, il faut absolument une mutuelle. Oui, mais la prévoyance, non, non, ça ne verra plus. Non, mais non, parce qu'en fait, une mutuelle, tu peux la prendre dans ton lit d'hôpital. Une prévoyance, non.
- Speaker #0
C'est bien sûr. Et toi, donc, vraiment, t'as spécialisé, c'est vraiment d'accompagner l'entreprise et le dirigeant d'entreprise dans la protection de sa...
- Speaker #1
De son entreprise et de ses salariés.
- Speaker #0
Et de sa famille. Et surtout, et voilà, et lui-même, en fait, c'est ça.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Voilà, donc toi, tu accompagnes vraiment des... grands groupes, des PME ?
- Speaker #1
Exactement, on a des indépendants, on a DPE, PME et ETI.
- Speaker #0
D'accord. Et tu as une équipe de salariés avec toi qui est là pour... Toi, tu es l'interlocuteur privilégié, j'imagine ? Oui, exactement.
- Speaker #1
Après, mon back-office est tout en fait en capacité de répondre aussi aux demandes entrantes. Mais en général, c'est plutôt moi qui suis l'interlocutrice des dirigeants et des RH ou DAF.
- Speaker #0
D'accord. Et alors, si on prenait un exemple concret ? Et donc, on va dire que Marc et Mathieu s'associent à 50% chacun dans une société qui, grâce à leur investissement au cours des années, est valorisée aujourd'hui de 2 millions d'euros. Donc chacun a une valorisation effectivement retenue à 1 million d'euros. L'entreprise décide donc de mettre en place une assurance homme-clé et garantie croisée entre associés. Et là, malheureusement, Mathieu décède. Donc, qu'est-ce qui se passe ?
- Speaker #1
Donc, qu'est-ce qui se passe ? Eh bien, écoute, si en effet, ils ont souscrit un contrat garanti associé croisé, eh bien, la personne restante va toucher le capital, donc qui l'aura assuré, et va pouvoir racheter les parts à la famille de son associé.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est vraiment l'intérêt du dispositif. Ça permet d'éviter à la société qu'elle soit bloquée. Ça permet de financer le rachat à titre personnel. Et ça permet de continuer à faire tourner l'entreprise.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Et après, c'est vrai que ma recommandation, moi, sur le pack d'associés, c'est d'avoir vraiment écrit. Ce que je recommande souvent, c'est d'avoir une clause où c'est une option pour l'associe restant. C'est-à-dire que s'il souhaite... Les héritiers ont, eux, en revanche, l'obligation. Ils consentent déjà une promesse au travers du pacte qui les lie. Donc, ils lient la succession. Donc, ça, c'est vraiment ce que je recommande, parce que ça permet d'avoir les mains libres pour celui qui reste. Donc, s'il veut, il peut racheter, mais ce n'est pas une obligation, parce qu'il peut aussi bien s'entendre avec les héritiers. Mais s'il ne veut pas rester avec, justement, ces fameux héritiers, parce qu'il faut aussi se rendre compte que parfois, les enfants sont petits. Tout à fait. Et donc, on se retrouve associé avec le conjoint ou la conjointe de la personne qui est décédée. En tout cas, c'est elle qui a les droits de vote, etc. puisqu'elle représente les enfants. Et ça, c'est pas forcément... Quand on s'associe avec quelqu'un, on ne s'associe pas forcément avec son mari ou sa femme.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Voilà. Donc, c'est en tout cas le père ou la mère des enfants.
- Speaker #1
Il y a toujours des personnes bien ou malveillantes, surtout autour, qui vont venir apporter leur expérience. c'est... Et donc, il faut plutôt, en effet, comme tu l'as dit, vraiment le prévoir en amont. Et en amont aussi, quand tout se passe bien. On n'a pas forcément envie de penser à ce qui va mal se passer. Mais pour autant, c'est quand tout se passe bien, quand on ne gagne pas forcément encore d'argent, qu'on peut penser à ce genre de choses. Où on a, je trouve, un esprit plus clair que quand on commence à gagner de l'argent, quand il y a un des deux associés qui ramène plus d'argent que de l'autre. Et là, c'est là où les tensions commencent à arriver. Et c'est peut-être même un peu tard pour écrire un pacte d'associés.
- Speaker #0
Je suis d'accord. Et donc, il y a une question que me posent souvent les clients quand on aborde cette question aussi, quand je leur préconise de venir. C'est cette question de la fiscalité. Qu'en est-il de ces assurances fiscalement ? Quelles sont les conséquences ? Si je perçois cet argent pour racheter les titres, est-ce que je vais être imposée sur cette somme ? Est-ce que tu pourrais nous en dire un peu plus là-dessus ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. C'est un sujet important et c'est pour ça que la garantie croisée a tout son sens. Le capital n'est pas soumis à l'impôt sur le revenu car il est destiné à financer le rachat des titres. Et comme je l'ai dit tout à l'heure, après, bien évidemment, il y aura des droits d'enregistrement. Ça, c'est plus ta partie. Et en fonction de la forme de la société, ils seront plus ou moins importants.
- Speaker #0
C'est-à-dire que c'est effectivement 3% en SARL et 0,1% en SAS. Après, on peut aussi envisager en cours de décès, non, mais après le décès, la transformation effectivement de SARL en SAS, si c'est nécessaire. Et après, est-ce que peut-être que ces fameux 3% peuvent être même prévus par l'AS ? L'assurance, je sais pas. Oui,
- Speaker #1
complètement, on peut gonfler l'enveloppe parce que l'enveloppe, c'est nous qui la déterminons. Après, il faut qu'elle soit cohérente. Mais bien sûr, ça peut être anticipé et c'est même conseillé que ce soit anticipé.
- Speaker #0
D'accord. C'est d'où l'importance de réfléchir dès le début à son régime social, parce que la forme sociale, c'est ce que j'entends. Parce qu'effectivement, en SARL et en SAS, c'est un impact non seulement sur la rémunération des dirigeants, mais comme vous pouvez le comprendre aussi, sur la partie session et tout ce qui va avec la session, notamment en cas de décès. Alors, les erreurs les plus fréquentes que tu peux voir, Julie ?
- Speaker #1
Oui, en effet. Alors, souvent, il n'y a pas de pacte d'associés. Parce que... Au départ, quand on s'associe, l'entreprise n'a pas forcément de valeur, d'importance. On est petit, donc on se dit que les pactes d'associés, c'est pour les grosses boîtes. Ça coûte cher et puis ce n'est pas nécessaire. Ça coûte cher, nous on est tout petit, on n'a même pas encore fait de business. Eh bien non, encore une fois, c'est vraiment dès le départ qu'il faut y penser. Parfois, on peut aussi avoir fait un pacte d'associés, mais il n'est plus à jour. Donc ça aussi, il faut le réviser régulièrement, comme un contrat d'assurance d'ailleurs aussi, quel qu'il soit. Une valeur d'entreprise qui peut être devenue obsolète. Donc, il faut redéterminer les montants, tant dans le pacte d'associés que dans l'assurance. Et on peut aussi être sous-assuré, parfois. Donc, c'est important de revoir ces clauses régulièrement.
- Speaker #0
Ok, j'ajouterai également, parfois les erreurs à éviter, c'est sur les mécanismes clairs de valorisation dans le pacte. Voilà, il faut vraiment... Prévoir à quelle valeur vous allez racheter selon des mécanismes qui sont clairement établis et des clauses imprécises. D'où l'importance. C'est vrai que les gens maintenant peuvent se dire, mais notre pack d'associés, on va le faire sur ChatGPT, sur Cloud. Je prêche évidemment pour ma paroisse, mais c'est quand même quelque chose de très important. Parce qu'il y a quand même une technique juridique, il y a une expérience qui est liée à la rédaction d'un pacte. Et l'approche que j'ai, justement, comme elle est à la fois humaine et juridique, c'est vraiment d'aller creuser les clés de l'alignement des associés pour vérifier qu'ils sont bien en phase et se dire que la manière dont ils vont travailler ensemble va être complètement reflétée dans le pacte. Et donc, du coup, aussi, comment ils devraient se séparer ? Parce qu'il y a le décès, mais il y a aussi la séparation. Est-ce que toi, tu as des recommandations sur les séparations ? il y a des... Des assurances qui peuvent être envisagées ou pas du tout ? Ça, ça n'existe pas ?
- Speaker #1
Non, pas encore. C'est peut-être une idée, mais non. En tout cas, moi, je ne connais pas d'assurance qui permet de couvrir les associés en cas de litige. Alors après, si, tu peux avoir une protection juridique.
- Speaker #0
D'accord, oui, mais ça, c'est pour couvrir les frais d'avocat.
- Speaker #1
Mais pour couvrir les frais d'avocat, mais ça, ça a un temps.
- Speaker #0
D'accord. Et alors, si on devait donner quelques conseils très concrets aux dirigeants qui nous écoutent, quels seraient-ils ? à la fois effectivement sur ses assurances, mais aussi sur ta propre expérience de l'association.
- Speaker #1
Le premier conseil en effet, c'est de prendre un rendez-vous avec un avocat pour en discuter, de connaître la valeur de son entreprise. Donc ça, ce n'est pas évident, parce que quand on lance son entreprise, on n'a pas toujours... de repères. Donc ça, les experts comptables sont assez forts aussi.
- Speaker #0
Il y a des gens qui sont spécialisés sur cette matière-là.
- Speaker #1
Oui, il y a des référentiels qui permettent, en fonction des activités, de connaître un peu les valos des boîtes, de travailler également sur les montants des capitaux à assurer. Et voilà, simplement de déjà faire une première consultation. De toute manière, quand on fait un business plan, il faut le... Prévoir la prime d'assurance, il faut la prévoir. Donc, ça ne vous coûte rien d'aller en effet voir un avocat ou prendre une consultation ou de voir un courtier pour déjà avoir une petite idée des montants que ça coûte.
- Speaker #0
Effectivement, la mise à jour régulière du pacte, je pense que c'est aussi un moment, j'en parle dans les autres épisodes, mais c'est les fondateurs de Babymove qui ont écrit le livre qui s'appelle « L'art de s'associer » . Il explique vraiment qu'ils avaient chaque année leur séminaire d'associés. Ils partaient tous les trois au vert. Et puis après, ils avaient des temps d'associés toutes les semaines. Et on n'est pas obligé de le réécrire chaque année. Mais en tout cas, de se poser la question de est-ce qu'on veut changer des choses dans notre pacte ? Et ça, c'est vraiment important.
- Speaker #1
Exactement. C'est important de prendre du recul, de poser les valises et de revenir à l'essentiel.
- Speaker #0
Exactement. Et donc, s'il fallait résumer tout ce qu'on s'est dit en une idée, est-ce que... qu'on dirait que le pacte d'associés organise juridiquement le rachat et l'assurance fournit les moyens financiers de le réaliser.
- Speaker #1
Exactement, c'est tout à fait ça. C'est le pacte d'associés, l'avocat organise juridiquement et écrit tout bien et l'assurance est là pour le financer. Donc les outils sont vraiment complémentaires. Indispensables.
- Speaker #0
L'un sans l'autre, c'est pas possible.
- Speaker #1
Non, parce qu'on peut écrire un pacte d'associés, un très très beau pacte d'associés mais si derrière financièrement L'associé qui n'a pas les moyens financiers de reprendre l'entreprise. Alors là, c'est la catastrophe.
- Speaker #0
Bien sûr. Est-ce que tu veux nous donner un conseil de ton expérience d'associé ?
- Speaker #1
En tout cas, c'est ce que j'ai dit tout à l'heure. Pour moi, il ne faut pas se dire qu'on est petit, donc on ne pense pas à ce sujet. Non, c'est dès le départ. Il faut y penser. Il faut voir grand parce qu'on n'est pas à l'abri d'une réussite.
- Speaker #0
Donc le vrai sujet ce n'est pas de savoir combien vaut votre entreprise aujourd'hui, le vrai sujet c'est et si votre associé tombait malade ou disparaissait demain matin est-ce que vous auriez les fonds nécessaires pour racheter ses actions ? On espère que cet épisode vous aura appris des choses les coordonnées de Finbul Assurance et de Julie Perrier seront effectivement dans le lien de l'épisode Julie, est-ce que tu veux rajouter quelque chose pour conclure cet épisode ?
- Speaker #1
Merci à toi, Sophie, de m'avoir permis de prendre la parole. Et surtout, sortez et couvrez-vous bien.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Julie. Et à très bientôt. Merci à tous d'avoir écouté cet épisode d'Aventuré Associé. Si vous avez aimé ce podcast, n'hésitez pas à le partager et à laisser un commentaire. On se retrouve très bientôt pour un nouveau portrait d'entrepreneur passionné. À bientôt.