- Speaker #0
Bienvenue Mélissa, c'est un plaisir de t'accueillir sur le podcast. Est-ce que tu peux te présenter un peu pour ceux qui ne te connaissent pas encore ?
- Speaker #1
Bien sûr, merci beaucoup de m'avoir invitée Karine, ça me fait très plaisir d'être là. Donc moi c'est Mélissa Bertin, j'ai 28 ans et j'ai cofondé la société Bellicare qui propose des plats cuisinés pour les personnes qui ont des intolérances alimentaires et notamment qui souffrent d'intestins irritables. Et moi à la base je suis diététicienne et ingénieure. agroalimentaire et je me suis spécialisée dans la prise en charge de l'intestin irritable parce que j'ai moi-même souffert longuement des troubles digestifs. C'est ce que c'est. Raconte-nous comment est née l'idée de Bellicare. L'idée de Bellicare, ça remonte. Ça fait quasi 10 ans que c'est en cours, c'est en cheminement parce que justement il y a 10 ans, j'étais en études diététiques et il y a une période où je me réveillais vraiment chaque matin avec une part de douleur. au ventre et je ne comprenais pas. Heureusement, j'étais dans la santé. Donc, j'ai pu voir le syndrome de l'intestin irritable, mais c'est vraiment par mes propres recherches. Les médecins étaient un peu désemparés face à mes troubles.
- Speaker #0
Déjà, aujourd'hui, c'est dur, mais alors il y a du temps,
- Speaker #1
ça doit être compliqué. Et en plus, ma famille aussi ne comprenait pas trop. Je suis un peu dans une famille où, si ce n'est pas visible, il n'y a pas de souci. à se faire. Donc, en fait, ils ne comprenaient pas du tout que je sois aussi mal. Ils m'ont dit, si c'est vraiment si grave, va consulter. Sinon, je suis psychote et tu te crées tes propres mots. Donc, j'ai consulté. Les médecins, vraiment pleines de bonne volonté, ils m'ont fait faire des analyses, mais rien. Ils m'ont juste dit, votre intestin, il est irrité. Mangez équilibré, gérez votre stress, mais plus flou, tu meurs.
- Speaker #0
C'est dans la tête.
- Speaker #1
Voilà, c'est dans la tête. Et du coup, moi, je me suis pris sur moi, forcément. Mais j'ai continué à me documenter. Et c'est un sujet qui m'intéressait. Déjà, le plus j'apprenais sur la physiologie digestive, je trouvais ça incroyable. Enfin, notre corps est vraiment incroyable. Et l'intestin, c'est vraiment un sujet qui me passionne encore. Et j'ai fait un travail de recherche sur les FODMAP dans mes études. Et donc, les FODMAP, ce sont des petits sucres indigestes qu'on retrouve dans plein d'aliments bons pour la santé. mais quand on... On a un intestin hypersensible, le fait de nourrir nos bactéries et d'avoir plein de gaz qui sont produits au niveau du côlon, ça nous fait ballonner et ces ballonnements nous font mal. Et je trouvais ça incroyable et je me suis dit pourquoi on n'apprend pas ça à l'école de diététique ? Je trouvais ça un peu problématique de ne pas avoir de choses un peu evidence-based, comme on dit, donc vraiment basées sur la science. Et j'ai gardé ça dans un coin de ma tête. Donc ça déjà, c'était en 2017, je pense. Et plusieurs années plus tard, j'ai continué mes études, j'ai fait une école d'ingénieur et la nutrition me manquait. On était en Covid 2020, j'étais un peu en quête de sens. Moi, je travaillais en industrie, donc mon travail n'était pas essentiel. Donc j'étais au chômage technique, je me posais beaucoup de questions sur cette poursuite d'études. Et je me suis dit, là, c'est l'occasion, j'ai un peu d'argent, je vais me former au régime pauvre en FODMAP. Parce que même si moi, ça va globalement mieux, mais je sais qu'il y a quelque chose à creuser. donc je me suis formée et c'était... révolutionnaire. Tu as fait la formation de la Monash ? J'ai commencé par une formation française, par un diététicien qui s'appelle Florian Saffer, qui a une formation un peu en e-learning et un jour et demi vraiment de présentiel. Et j'ai trouvé ça... Déjà, je tombais des nues. Il y a des choses que j'ai apprises à l'école qu'on m'a dit, en fait, ce n'est pas du tout ça qu'il faut conseiller à des personnes qui ont un intestin irritable. Et je me suis dit, ok, maintenant que j'ai les reconnaissances, je vais le mettre en place. Même si moi, ça va mieux, mais demain, je peux aider quelqu'un avec... Cette connaissance, même pas deux jours. Je me suis dit, mais quel enfer, qui a le temps de déjà regarder toutes les recettes, de se renseigner, de savoir exactement quel grammage, etc. Et ensuite, d'aller dans plein de boutiques spécialisées. Moi, j'habitais en Normandie, dans un pâtelin paumé à l'époque. Donc, il faut faire 30 bornes pour trouver un magasin bio, pour trouver un truc qui vende juste en gluten. Donc, je me dis, mais ce n'est pas pratique. Et moi, pareil, éducation familiale, on est sur du pragmatique. On veut simplifier la vie, on optimise tout.
- Speaker #0
C'est clair.
- Speaker #1
Et je me dis, mais pourquoi on a des barres ? sans gluten, du pain sans gluten, alors que ça concerne 1% de la population. Mais les FODMAP, il n'y a rien, alors que c'est 15% de la population. Donc déjà, fort de ce constat, je me suis dit...
- Speaker #0
À cause des médecins. Parce qu'ils pensent que c'est dans la tête.
- Speaker #1
C'est aussi un problème de... Il y a plein de problèmes structurels sur... Déjà, comment on s'intéresse à l'intestin irritable, mais même sur la connaissance en nutrition, on est hyper largué sur beaucoup de sujets. Même dans le cursus du BTS diététique, on apprend plein de choses pour passer notre diplôme. Mais après, il faut qu'on se reforme sur d'autres choses parce que c'est complètement désuet, même si les fondations sont là. Et donc, c'est là où a été l'idée. Donc, ça sera en 2020. Et en fait, j'étais en cursus d'ingénieur alimentation santé. Et on avait un projet d'école cette année où on avait carte blanche. C'était développer un aliment à bénéfice santé. Vous avez trois mois. c'était tout tracé c'est ça et donc c'est là que mon camarade de classe Rémi à l'époque qui est aussi diététicien il m'a dit bah Melissa ça te dit on travaille ensemble je suis un sujet vraiment diététique et j'ai dit cherche pas plus loin je sais ce qu'on va faire on va faire des plats cuisinés pauvres en FODMAP des snackings pauvres en FODMAP on va faire en fait toute l'alimentation nomade dans l'idée de faire des plats cuisinés pour des personnes qui ont l'intestin irritable et en fait il m'a dit bah moi j'y connais rien mais ok on fait ça Et donc, on était quatre étudiants à l'époque à travailler sur ce sujet. Et quand on travaillait dessus, justement, moi, j'ai poussé le truc loin. Je me suis dit, ce n'est pas juste un projet d'école. On prend un dossier et tout. C'est en mode facile. On crée une marque, on va créer une charte graphique, on va faire le jaune, le bleu, on va faire un petit logo. Et du coup, c'est venu là, Bellicare, l'ami du bidou. C'était notre projet d'études. Et en fait, nos profs étaient hyper emballés par le sujet. nous en dis pas. Là, on se projetait loin. Dans la présentation, j'avais mis, oui, là, on va vendre en e-commerce, mais après, on va aller dans les grandes surfaces. En fait, on trouvera partout.
- Speaker #0
Tu avais déjà une étude de marché, un plan, tu avais déjà tout.
- Speaker #1
Même pas sans même renseigner sur est-ce qu'il existe des aliments pauvres en FODMAP, parce que là, le sujet aussi, c'était développer un aliment. Il y a aussi le côté très académique. Mais j'avais déjà une vision de me dire, en fait, on pourrait trouver partout. Je veux que ça soit démocratisé, qu'on aille chez Prêt-à-Manger. On trouve... du Lofodmap que ça ne soit pas juste réservé en fait personne n'a choisi d'avoir une maladie chronique donc pourquoi on devrait s'infliger on a apparemment un temps de vie supplémentaire au reste de la population pour s'éduquer nous même sur la nutrition pourquoi ? Nous c'est notre métier on parlait tout à l'heure, chacun son métier nous c'est notre métier de se casser la tête pour les patients et ben voilà c'est donc ça la jeunesse de
- Speaker #0
Bellicare de toute façon vous vous êtes attaqué à un problème vraiment Merci. dur. Il y a quelque chose qui touche quand même 15% de la population. Et oui, on galère tous à... Enfin, tous ceux qui ont le syndrome de l'intestin irritable galèrent à manger. Quand tu sors, il n'y a rien pour ces personnes-là. L'OFODMAP, personne ne sait que ça existe même.
- Speaker #1
Entre le moment où tu souffres et tu n'as aucune idée pourquoi, du jour au lendemain, tu viens d'en faire. Entre ça, avoir un diagnostic qui soit clair. Et qu'on t'explique, même une fois qu'on te diagnostique, t'es laissée dans la nature, et c'est juste, oh bah stressée par...
- Speaker #0
C'est l'abandon total. Moi, quand j'ai été diagnostiquée, le médecin m'a donné une feuille en me disant, ben voilà, la liste des ingrédients que vous ne pouvez pas manger. Ah ouais.
- Speaker #1
Psychologiquement, il n'y a rien de pire.
- Speaker #0
En plus, il n'y avait pas tout dedans. Déjà, il n'a même pas cherché à savoir quels étaient vraiment les aliments qui me posaient problème. Et il y avait... il n'y avait rien dans sa liste. Il y avait une dizaine d'aliments. Si j'avais suivi ça, je serais encore en train de souffrir et plier en quatre. C'est un abandon total de la part des médecins. C'est vrai que quand tu as un diagnostic, tu es abandonné de partout. Les médecins, les restaurateurs, les fabricants de plats, tout. Il n'y a rien. Rien à l'heure actuelle ? Il y avait l'ICER. Du coup, j'imagine que le déclic, tu l'as eu assez rapidement. Tu l'as eu pendant tes études. Ça a été une évidence. Il y a quand même eu quelque chose qui t'est dit en sortant de tes études. Faisons-le, allons jusqu'au bout.
- Speaker #1
Déjà, avant, quand j'étais encore en études de détective, j'avais 19 ans, on avait un truc qui s'appelait projet web. Et donc, on devait... crée son site internet. Et moi, j'avais créé un site qui s'appelait Intestanote pour avoir vraiment une boîte à outils complète pour comprendre toutes les pathologies digestives et tous les troubles digestifs. Donc, j'étais déjà vraiment dans cette démarche de l'intestin. C'est mon crédo. En plus de plein d'autres choses, parce que c'est fascinant. Je ne pourrais pas en parler pendant des heures. Mais voilà, il y a tellement de choses, qu'on n'a même pas conscience. Je m'en rends compte, moi je suis dans une famille qui n'est pas dans la santé, où je m'en rends compte, en fait on ne sait rien, on a grandi, on mange tous les jours, et en fait on ne sait pas pourquoi on mange ça, on ne sait pas à quoi ça sert, on ne sait pas pourquoi, en fait, ce n'est pas toujours adapté. Donc ouais, ce déclic, et moi j'ai profondément envie de rendre les gens acteurs de leur santé, d'éveiller les consciences aussi, on mange tous, pourquoi on ne sait pas comment manger, c'est un peu une connaissance de première nécessité à mon sens.
- Speaker #0
Pas seulement les personnes qui ont des maladies chroniques, d'ailleurs. C'est pour tout le monde, en fait. Moi, je ne comprends pas pourquoi à l'école, on n'apprend pas à se nourrir. Apprendre les bases de la vie avant d'apprendre à parler deux langues.
- Speaker #1
Ou de faire de la flûte. C'est hyper utile quand même, la flûte. Au quotidien. Franchement. Mais même moi aussi, je me suis rendue compte dans la façon dont j'ai grandi. Moi, je mangeais énormément de sucre petit. J'avais aucune faim. Mes parents étaient très cools. Je buvais des sodas régulièrement. Il y avait une boîte à bonbons. Moi, j'étais que du sucre. J'avais les dents pourries à 6 ans. Et en fait, je me dis, mais on avait juste zéro conscience. Ce n'était pas de la mauvaise volonté. Mes parents pensaient aussi bien faire. Ma mère, elle a une éducation qui lui dit, en fait, le Nutella, c'est bon pour la santé. C'est des noisettes. Donc, bien sûr, elle va dire, je vais donner des sandwichs au Nutella Hermégoz parce que c'est des noisettes, c'est hyper bon pour la santé. Mais quand tu n'y connais rien, tu prends ce qu'on te donne aussi. Oui,
- Speaker #0
évidemment.
- Speaker #1
Donc voilà, je ne suis en feu pas. Mais en fait, en grandissant, quand j'ai vraiment pris ce sujet à bras le corps, je me dis mais il n'y a rien qui va. Tu m'étonnes que j'ai mal au ventre tous les jours.
- Speaker #0
C'est clair.
- Speaker #1
Pour revenir à Bellicaire, quand tu as commencé, est-ce que tu avais conscience que tu étais pionnière sur le marché, que tu étais la seule ?
- Speaker #0
Tu as cherché à savoir s'il y avait d'autres trucs ?
- Speaker #1
Oui. Alors déjà, pour revenir sur comment on s'est décidé à créer. Alors, ce n'était pas moi à la base qui voulait... créer l'entreprise et aller de l'avant. C'est Rémi, mon associé, qui lui, justement, était aussi en alternance à ce moment-là où ça ne se passait pas très bien. Et lui, il voulait avoir vraiment un sujet qui pouvait prendre à bras le corps. Il a dit, mais là, on a un truc, on tient un truc. Pourquoi on ne crée pas notre boîte ? On fait ça. Moi, j'étais en mode, c'était un projet d'école. Très bien. Et moi aussi, j'étais dans une alternance où ça se passait plutôt bien, où je me dis, bon, il y a peut-être des perspectives. Je me vois peut-être rester. Et donc, on s'est laissé l'année. entre l'été, pardon, entre la quatrième et cinquième année, donc la dernière année. Et en fait, sur cet été-là, il s'est passé beaucoup de choses. Je me suis rendu compte de beaucoup de choses. Et je me suis dit, en fait, non, je ne peux pas rester en salarié dans ce cadre. En tout cas, ça ne me convient pas. Et on s'est dit, OK, là, on laisse notre cinquième année d'études pour prendre des informations et on étudie le truc. On se renseigne, on devient étudiant entrepreneur. On regarde qu'est-ce qui se passe. En plus, notre école, j'ai fait une école d'ingénieur à Beauvais, qui est un pôle entrepreneurial. vraiment en plein essor, donc je les salue. Et justement, ils nous ont donné plein de briques, justement, comment faire un pitch, etc. Mais clairement, à ce moment-là, on voyait que c'était un truc inconnu au bataillon. Mais je pense qu'on avait un peu la naïveté de se dire... Aussi, quand t'es technicien, je pense que c'est hyper... Enfin, moi, je sais qu'il y a plein de choses, parce que je sais, forcément, c'est hyper clair dans ma tête, mais parfois, je ne me rendais pas compte que... Quelqu'un qui n'a jamais entendu parler, déjà juste d'avoir mal au ventre tous les jours, que ça ne lui parle pas du tout. Ouais, de vraiment percer ce marché. Ouais, je ne me rendais pas compte forcément de la difficulté de percer la niche.
- Speaker #0
Et du coup, le vrai lancement, le vrai départ, c'était il y a combien de temps ? Il y a trois ans, c'est ça ?
- Speaker #1
Donc en fait, on s'est lancé à temps plein sur ce projet en septembre 2022, donc il y a trois ans. Mais on a vraiment commercialisé pour la première fois. Alors, un peu en deux temps. On a fait des précommandes en 2023. Mais le temps qu'on puisse avoir vraiment notre local de production, etc., le vrai lancement, c'est avril 2024. Donc, un an et demi, à peu près. Voilà.
- Speaker #0
Autour de toi, c'est quoi les réactions ? Est-ce que les gens comprennent le concept ? Que ce soit ta famille, tes amis ?
- Speaker #1
Ouais, franchement, j'ai eu beaucoup de... Enfin, je ne suis pas reconnaissante pour mon entourage, parce qu'il n'y a vraiment personne qui a été négative, je pense. Tout le monde a été hyper dans le soutien. Encore une fois, pour parler de la famille, j'ai une famille hyper qui me dit « Fais ce que tu veux, j'ai toujours été éduquée. Fais ce qui te plaît, ce qui t'anime, c'est ça le plus important. » On tient tellement à la vie, à ce qu'on s'accomplisse. C'était en mode « Tu veux tester ça ? Fais, donne-toi les moyens. » Même mon copain, au départ, il m'a dit « T'es sûre ? Tu veux pas prendre un salarié ? » Le côté sécurité. Après, il s'est dit « Non, je vais pas t'empêcher de faire un truc que tu kiffes. » Et même tous mes potes à l'école, ils disaient en mode « Ah ouais, mais c'est trop cool » . Je suis aussi dans un milieu où on adore les start-up food hyper stylés. Donc franchement, beaucoup de retours très positifs. Et vraiment une minorité de personnes qui ne comprenaient pas du tout le concept. Après, c'est sûr qu'il y a des gens qui ne comprennent pas parce qu'ils ne sont pas touchés par la chose. Ouais, on m'a déjà dit... J'ai fait un DU d'étudiant entrepreneur et il y a un des formateurs qui m'a dit « je ne comprends pas pourquoi tu vas faire un énième plat en barquette, il y a déjà plein de plats en barquette sur le marché, qu'est-ce que ça apporte ? » Donc je me suis dit « waouh, la valeur ajoutée n'a pas du tout été perçue. En fait, nous, on n'est pas une boîte de bouffe, on n'est pas Fleury Michon, on ne vise pas à être industriel, leader du plat cuisiné. Nous, notre but, c'est de simplifier la vie des gens. »
- Speaker #0
Voilà. Parce qu'il n'a pas compris la portée du projet, quoi. Parce que c'est vrai que le low-fond map, on en parle très peu. Et même le syndrome d'intestin irritable, ça m'est arrivé d'en parler à des gens, ils ne connaissaient pas. Les gens, ça fait ce que c'est. Donc du coup, évidemment, oui, quand tu parles de ce concept, j'imagine que les gens doivent dire, ça ne sert à rien.
- Speaker #1
En fait, il y a des gens, ils peuvent comprendre, mais après, ils se disent... C'est soit un peu l'extrême, on a aussi des personnes qui nous ont dit « Ah oui, c'est une solution médicale, donc il faut une prescription. » En fait, comme si on vendait un médicament alors qu'on ne vend pas un médicament. En soi, c'est un peu un pansement. Le régime pauvre infodemable, ça aide à atténuer des symptômes, ça n'aide pas à guérir. On ne vend pas du tout une guérison, on vend une simplification de la vie. Mais du coup, ce n'est pas la même chose. Mais on a, par exemple, dans notre poule d'investisseurs, une personne qui nous a dit « Non, mais il faut une prescription médicale. » médicalisé, alors qu'en soi même ma mère elle m'a dit mais moi en soi je pourrais manger tes plats, tout le monde peut les manger en vrai oui ça va pas te faire de mal même ma soeur c'est une de mes clientes et elle a pas non je pense à un syndrome de l'intestin irritable pas du tout assumé, mais elle me dit bah en fait j'adore quand je mange tes plats, je fais des beaux cacas moi je suis contente, elle déteste cuisiner, c'est pas son truc, moi j'adore cuisiner je peux passer des heures à cuisiner, c'est ma zone de génie, si moi je peux mettre ça faciliter la vie des gens avec un truc que j'adore C'est tout gagné.
- Speaker #0
Est-ce que justement, tu as dû beaucoup éduquer tes partenaires ou les professionnels avec qui tu travailles pour leur faire comprendre l'intérêt de ton produit ?
- Speaker #1
Oui, en fait, il y a vraiment déjà expliqué. Comme dans le parcours du patient, c'est compliqué, c'est tout aussi compliqué. Quand tu veux démocratiser un peu ce sujet, il y a beaucoup de travail déjà éduqué. C'est quoi le syndrome d'un destin irritable ? En fait, c'est quoi un faux de mâle ? Donc va traduire « fermentable oligodime » « saccharides » « polyols » En fait, maintenant, j'arrête de me placer la tête. C'est des sucres, qu'on digère mal, ça nourrit les bactéries. Voilà, c'est un peu plus accessible. Mais juste ce temps de pouvoir avoir un message entendable, compréhensible, je pense que ça m'a mis un an et demi à comprendre comment Comment je vulgarise un peu cette info-là ? Même sur la démarche du FODMAP, parce que même les... Du coup, sur des professionnels de santé, ça va. Même les médecins, parce qu'il y a beaucoup de gastro qui sont très au fait et qui disent, oui, le FODMAP, je le conseille à tous mes patients, mais ce n'est pas leur taf d'accompagner sur la nutrition. Ça, c'est le travail d'une diététicienne. Moi, je ne leur en veux pas. Ils ont plein de défauts, mais aussi, ils font leur métier. Eux, leur métier, c'est de soigner avec les outils qu'ils ont. Oui,
- Speaker #0
bien sûr. Après, t'orienter vers un diététicien, ça pourrait être une bonne chose quand même. Parce que te lâcher dans la nature et t'es là, tu te dis, qu'est-ce que je fais maintenant ? Moi, quand je suis sortie de chez mes soins, je me suis dit que c'est hors de question que je reste comme ça sans rien faire. Et du coup, j'ai tout de suite cherché des infos, comment faire pour que ça aille mieux et que je puisse manger sans avoir peur. peur d'être malade et sans être malade surtout. Donc ouais, j'étais diététicien mais direct. Et en trois mois, ça allait déjà beaucoup mieux.
- Speaker #1
Il y a des médecins qui sont entourés, qui ont des diètes de référence, et il y en a d'autres, en fait, ils sont tellement noyés par plein de choses. Moi, j'ai un gastro qui est un peu post-Covid, il me dit « je suis tellement en retard sur tous les cancers à traiter, les diagnostics trop tardifs, les gens qui pètent, ce n'est pas ma priorité. » Si moi, je peux les rediriger, ce n'est même pas pour moi, mais c'est pour eux, ils vont venir me voir. Moi, je ne peux pas vraiment les aider. Donc, c'est d'avoir... les bons partenaires et je pense que nous aussi le défi c'est d'aller trouver aussi les patients où ils s'en sont parce qu'il y a beaucoup de personnes justement, elles ont tellement galéré toutes seules qu'au moment où elles découvrent Bellicare, c'est trop tard en fait, elles ont déjà trouvé 10 000 solutions pour gérer leur intestin à l'étape parce qu'il n'y a pas une solution pour tout le monde le problème c'est que c'est une intolérance et du coup c'est minimisé parce que c'est pas une allergie c'est qu'une intolérance
- Speaker #0
Sauf que c'est quand même une intolérance qui donne des symptômes bien, bien costauds. Et ça, il y en a plein qui n'arrivent pas à le comprendre. Qu'avoir mal aux ventes tous les jours et être pliée en quatre, avoir vraiment des douleurs très, très fortes. Et puis, être sur les toilettes pendant des heures, c'est dur quand même. Et ne pas savoir ce que tu vas manger si tu sors, te dire je ne peux pas voyager parce que... je ne sais pas ce que je vais pouvoir manger. C'est quand même une charge mentale hyper forte.
- Speaker #1
Énorme. Et surtout, tu as l'impression que le monde dans lequel on vit n'est pas fait pour toi. Et que ton corps t'a trahi. En fait, il ne t'autorise pas à vivre. Donc oui, il y a énormément de souffrance. Mais même les patients aussi, entre eux. Je suis beaucoup de groupes Facebook. Mais du coup, il y a tout et n'importe quoi qui se diffuse sur ce type de groupe. Et en fait, quand tu essayes d'apporter une solution scientifiquement crédible, Ah non, non, mais non, on ne fait pas de commercial, on ne fait pas ça. Ok, donc vous préférez vous donner des conseils de bas étage qui peuvent mettre limite en danger les gens. Ce n'est pas du tout adapté, ce n'est pas personnalisé. Plutôt que dire, ok, ça, c'est un truc fiable, ça peut marcher, c'est de l'alimentaire. Et ça aussi, c'est très compliqué aussi sur ce secteur en particulier. C'est aussi la méfiance énorme. Oui, c'est clair.
- Speaker #0
Il y a beaucoup de sceptiques. Quand tu parles de l'offre de marque, il y a beaucoup de gens qui disent non, mais ça ne marche pas. Mais en fait, il faut vraiment le faire, mais bien, quoi. Parce qu'il y en a plein qui font tout seuls et qui passent à côté de trucs, quoi. Parce qu'ils l'ont fait trop vite, ils l'ont mal fait. Ils se disent, ouais, bon, je sais pas à quoi je suis intolérant, c'est pas grave. En fait, du coup, tu te coupes de plein de trucs que tu pourrais manger. Si je m'étais arrêtée en me disant, ok, j'enlève tous les faux de mape, il y a plein de trucs que je mangerais pas. Moi, je suis intolérante au lactose, au gosse et au fructane. Je peux manger, c'est génial.
- Speaker #1
Du coup, comme tu dis, tu te prives d'une variété d'aliments, mais surtout tu te prives d'un plaisir de la vie qui est mangé, pour rien potentiellement. Et même dans l'éducation, même les médecins, ils pensent bien faire. Encore une fois, je leur en veux pas. Mais du coup, en donnant une liste interdite, autorisée, en fait, c'est pas aussi binaire et je trouve que ça n'a aucun sens. Surtout si tu n'expliques pas que le but, c'est de réintroduire. Ce n'est pas un régime sans FODMAP. C'est un régime pauvre en FODMAP avec une réintroduction pour identifier tes intolérances. Et ça, du coup, c'est compliqué à diffuser.
- Speaker #0
Oui, parce que le truc, c'est qu'on est tous uniques là-dessus. Et c'est ça le gros problème du syndrome de l'intestin irritable. C'est que tu vas avoir deux personnes qui vont avoir le même syndrome, mais qui vont avoir des intolérances totalement différentes.
- Speaker #1
Même juste des sensibilités.
- Speaker #0
Des sensibilités différentes aussi.
- Speaker #1
L'activité physique, pour moi, c'est indispensable. Sinon, je crampe direct. Si je fais trois jours de sédentarité, c'est fini pour moi. Alors qu'il y a d'autres personnes, ce n'est pas du tout un sujet. Pour eux, c'est vraiment uniquement alimentaire. Comme il n'y a pas de one-size-fits-all dans l'intestin irritable, il faut beaucoup creuser. En médecine traditionnelle, c'est compliqué. Aujourd'hui, tu es hyper tendu. On te donne un hypotenseur. Régler, on sait.
- Speaker #0
Mais si c'était que le stress, ça se saurait. C'est vrai que ça joue beaucoup sur les syndromes d'intestin irritable, mais il n'y avait que ça. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Et souvent, le stress, c'est un peu genre, je ne sais pas trop quoi lui dire. Donc, c'est le stress.
- Speaker #0
Oui, mais après aussi, c'est un engrenage. C'est-à-dire que moi, au tout début, quand j'ai appris que j'avais des symptômes, j'étais très stressée. En fait, le stress me donnait des symptômes. Et après, du coup, j'avais peur, je stressais parce que j'avais peur d'être malade. Et en fait, c'était... C'était impossible de me sortir de ce truc-là. J'ai dû faire de l'hypnose. Et ça a marché.
- Speaker #1
Ça, ça aide beaucoup. C'est même scientifiquement démontré.
- Speaker #0
Ça a été incroyable. J'ai fait trois séances, c'était réglé. Plus de stress, j'y pensais plus. Et ça allait déjà mieux. sans changer l'alimentation. Après, j'ai été voir le diététicien. C'était incroyable.
- Speaker #1
C'est trop bien. Et surtout, ce qu'on a du mal à comprendre, l'intestin irritable, ça nous met face au fait qu'on est issu du vivant, que tout n'est pas contrôlable. Et il y a des moments de ta vie où peut-être tu vas manger des pâtes carbo, ça va être génial, et tout va bien se passer. Mais il y a d'autres moments où tu vas manger le même plat et ça ne va pas du tout bien passer parce que juste, tu n'es pas dans les mêmes dispositions. Il faut aussi être à l'écoute de ces moments-là. Et c'est ça qui est le vrai challenge, c'est de savoir s'écouter.
- Speaker #0
Ah ouais, c'est ça le challenge. Être très, très, très à l'écoute de soi, de son corps.
- Speaker #1
Et après aussi pouvoir traduire ça à son entourage, qui est aussi un autre défi. En fait, il n'y a que des défis dans cette pathologie.
- Speaker #0
Des défis, mais à un moment donné, il y en a marre. Mais bon, on n'a pas le choix, on est obligé de vivre avec. Sinon, au niveau de Bellicare... Qu'est-ce qui a été la plus grosse incompréhension, le plus gros cliché auquel tu as dû faire face quand tu as lancé tout ça ?
- Speaker #1
Parfois, il y a des personnes qui nous confondent avec une solution de perte de poids. Or, ce n'est pas du tout le sujet. Donc, oui, ça, c'est quand même une confusion qui arrive souvent. Ah oui, la plus grosse confusion, c'est « Ah, vous êtes comme HelloFresh, je vais cuisiner chez moi » . Et moi, je n'ai jamais compris parce qu'à chaque fois, on dit que c'est des plats cuisinés, c'est tout prêt, c'est de plat. préparé. Ah bah c'est comme HelloFresh ! Mais ça n'a aucun rapport ! Donc je vais jamais trop compris ! Ouais, c'est surtout ça en fait, dans la compréhension déjà de qu'est-ce qu'on vend concrètement.
- Speaker #0
Ouais, de toute façon c'est déjà un concept qui est vraiment très niche donc c'est particulier à expliquer, donc j'imagine que oui, les incompréhensions te l'amèrent pas mal.
- Speaker #1
Et puis même sur les FODMAP au final les personnes qui sont concernées souvent découvrent les... Fodmap trop tard. Et du coup, sur notre communication, vu qu'on met Fodmap partout, mais si tu ne sais pas concrètement ce que c'est, tu ne vas pas te retrouver dans notre offre. Et puis même, il y a des personnes qui confondent aussi entre... En fait, tout est perdu entre...
- Speaker #0
Sans gluten, entre végétariens, entre en fait, non mais il y a du beurre, donc je ne peux pas, il y a du lactose. Alors non, le beurre n'a pas de lactose et ça, c'est hyper compliqué. Tout de suite, il y a des produits laitiers, ils se disent, mais pourquoi il y a des produits laitiers ?
- Speaker #1
Mais ça, c'est aussi une grosse incompréhension. C'est que les gens se disent que dans tous les produits laitiers, il y a du lactose. Alors que non, il y a plein de fromages qu'on peut manger.
- Speaker #0
Oui, mais il y a une dame qui commente régulièrement sur nos pubs Facebook en redisant les mêmes choses. En redisant, mais pourquoi vous avez toujours du lait ? En plus, là, on a retravaillé notre gamme. On a retiré tous les produits laitiers qui contiennent du lactose. Par exemple, on avait un risotto avec dedans du parmesan, de la crème, parce qu'on croit aussi dans le plaisir. Ce n'est pas parce que tu manges différemment que tu dois être coupé des...
- Speaker #1
Dans le parmesan, il n'y a pas de lactose. Par contre, dans la crème, oui.
- Speaker #0
Dans la crème, et du coup, on est sur une portion contrôlée en FODMAP. Mais du coup, je peux comprendre que ça n'inspire pas confiance. Et en fait, la dame, au début, elle nous disait « Oui, pourquoi vous avez des produits lictistes, pro-inflammatoires ? » C'est ça, c'est pas du tout à adapter. OK, là, on a changé notre gamme. Il n'y a que quelques recettes avec de la purée qui a du beurre dedans, parce que moi, je crois aussi en la bonne cuisine française. Et pareil. Non, mais pourquoi vous n'avez pas mis de margarine ? En fait, déjà, deux, un très coûte plus cher. Deux, deux, c'est moins quali. Il y a plus de... Enfin, voilà, le but, c'est aussi de rester traditionnel. Après, si c'est ce que veut le marché au global, OK, mais j'ai découvert aussi beaucoup de personnes qui ne sont pas du tout dans un truc de « je ne veux manger que les végétaux » . En fait, non, ils veulent manger comme des gens normaux. Ils veulent manger aussi des choses un peu tradines. On fait un bœuf pour l'union, il est excellent, il est hyper apprécié. Et on a su le faire sans ail ni oignon, mais tout autant de plaisir.
- Speaker #1
Moi, je suis intolérante au lactose. Je ne bois que du lait de vache. Du lait de vache enrichi en lactase. C'est tout. Parce que remplacer mon lait de vache... par du lait de soja ou du lait d'amande ou je ne sais pas quoi, déjà, je ne peux pas le boire, le lait de soja, le lait d'amande non plus. Donc, du coup, je n'avais pas d'autre solution. Et puis, laisse-moi mon plaisir de... Le lait de vache, c'est meilleur.
- Speaker #0
Et surtout, ça fait cher l'eau. Je paye 4 euros ta bouteille, c'est que de l'eau.
- Speaker #1
Quelles ont été les plus grosses galères au démarrage de Bellicare au niveau production, réglementation, tout ça ?
- Speaker #0
Je pense que la première galère, déjà, c'est de savoir ce que tu veux. En fait, au-delà de la logistique, c'est vraiment ça. Déjà, on était trois associés, donc déjà de comprendre qu'est-ce que veut chacun, quelle est l'appétence de chacun. Honnêtement, l'humain, c'est ce qui a été le plus compliqué, de trouver aussi un terrain d'entente, que tout le monde soit content dans l'histoire. Au final, on est passé de trois à deux, ça ne faisait pas une raison. Et après, vraiment, sur le démarrage, c'était de... Je pense aussi, on était très bornés sur notre produit. On était en mode, ouais, on va faire des plats cuisinés. pasteurisés, qui se gardaient en moi, on était hyper bornés sur un truc qui n'avait peut-être aucun sens, qui se basait fondamentalement sur rien. Donc déjà, de trouver un local adapté à ça, en fait, on est partis sur des choses où on ne peut pas forcément faire dans notre cuisine. Il faut absolument une halle, un truc. Là où aujourd'hui, je vois qu'il y a plein de gens qui se lancent en cuisinant chez eux. Je ne suis pas hyper fan. Mais je me dis, en fait, au début, quand tu n'as pas beaucoup de moyens, nous, on a passé beaucoup de temps à aussi choper les subventions. avoir des fonds, on était tout de suite dans une démarche de « il faut lever des fonds pour créer notre activité » . Et aujourd'hui, je pense que c'était un peu une connerie. On nous a aussi... C'est l'écosystème entrepreneurial aussi qui veut ça. Mais aujourd'hui, avec du recul, je trouve qu'on aurait pu tellement faire différemment pour, en fait, y aller palier par palier, aussi parler avec des vrais gens pour savoir aussi « est-ce que ça, c'est important pour toi ? Est-ce que le fait que ça soit du free, c'est important pour toi ? » Et après, bon, nous, un peu, les planètes se sont alignées fin 2023 parce que La halle où on produit actuellement, le Food Lab, en fait, a été inauguré. Et en fait, il se trouve que c'est juste derrière notre école d'ingénieurs. Donc, en fait, on retourne un peu à la maison. Donc, trop cool. En plus, c'est des partenaires avec qui on travaillait déjà. En fait, une fois que cette partie vraiment opérationnelle a été levée, c'était beaucoup plus fluide parce qu'on avait des vrais produits. On pouvait vraiment parler de quelque chose. Mais du coup, de passer de l'idée même à comment, en fait, je monte une chaîne logistique totale. C'est vrai que c'est un peu compliqué, surtout quand tu fais peu de volume. en fait c'est ça qui est vraiment compliqué c'est que tu commences en fait toi tu veux faire des petites séries je sais pas de 100 barquettes enfin peut-être et en fait les fournisseurs bah nous le minimum de commandes c'est 100 000 barquettes ah oui d'accord et même en termes d'approvisionnement en fait on peut pas On bénéficie entre guillemets de tarifs de gros parce qu'on est petit, on ressemble plus à un restaurant d'entreprise par exemple plutôt qu'à Fleury-Michon.
- Speaker #1
Oui, on a démarré quelque part mais c'est vrai que c'est compliqué.
- Speaker #0
Et quand tu mets du temps aussi à créer la société, parce que nous on avait aussi des subventions qu'on ne pouvait qu'avoir si on n'était pas créé, donc en fait on a retardé la création d'entreprise un maximum. Mais du coup, pour vraiment pouvoir se renseigner, prendre des trucs, quand tu n'as pas de numéro de sirède, tu ne peux pas te mettre sur des réseaux de professionnels. C'est compliqué aussi d'avoir vraiment toutes les informations. On a créé une structure de coût qui n'avait aucun sens parce qu'on n'avait en fait aucune idée de combien ça coûtait vraiment. On s'est juste dit, ça, ça paraît bien. Mais en fait, une fois qu'on est dans le vif du truc, on se dit, en fait, ça, ça va du tout. On n'a pas du tout la marge qu'on voulait. Donc ça aussi, c'est tout un ajustement. Et l'alimentaire, c'est d'autant plus contraignant parce qu'en fait, tu dois produire. des trucs que tu ne peux pas commercialiser. Tu dois produire des échantillons qualité que tu vas juste garder au cas où. Si quelqu'un est malade, il faut qu'on ait un backup pour envoyer en laboratoire, etc. C'est aussi un manque à gagner. Quand on dit la qualité, ne crée pas de valeur. C'est un peu pour ces raisons-là. Même si je viens de la qualité, je trouve ça très important. Mais ouais, tout est compliqué.
- Speaker #1
Vous avez un peu tout appris sur le tas.
- Speaker #0
Et surtout, je pense que le plus... ce qui est nécessaire, c'est de passer à l'action. C'est de commencer à faire des choses, en fait, même petit, même tu dis juste, ok, je fais, je sais pas, moi, tu loues, il y a des trucs que tu peux louer, un Airbnb, imaginons, et tu dis, ok, là, on fait une soirée, l'eau faut de ma, venez, tu publies sur des cours Facebook. Moi, je pense qu'on aurait dû commencer par ce genre de petits trucs pour avoir des premiers retours recettes. Au final, on a tout développé parce que, ah, en fait, on fait une campagne de prix-commande, ok, d'accord, je vais faire des photos, on va faire ça, on va faire ça, sans avoir vraiment testé les recettes avec des gens, on a voulu se caler. En fait, L'essentiel, c'est de caler sur un vrai besoin, parler à des vrais humains qui vont acheter ta solution et te baser sur leur avis pour créer tout autour et pas partir de ce que tu penses qu'ils veulent. Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Et ça, ce n'est pas toujours évident. Il faut vraiment parler à sa cible pour savoir ce qu'elle attend. Parce que si tu te lances avec tes propres croyances, tu peux te planter complètement.
- Speaker #0
Totalement. Et même nous, on a parlé à des gens, mais entre parler à des gens, interpréter vraiment. Et nous aussi, on s'est dit, on n'a pas de produit, donc en fait, on n'est pas légitime à leur parler. Et puis, c'est notre première boîte aussi. Donc, on est aussi un peu des jeunes diplômés. On n'y connaît rien, financièrement.
- Speaker #1
Et du coup, comment tu as géré aussi la question du goût ? Parce que les plats préparés, ça fait souvent peur. On se dit, ouais, c'est des trucs de cantine, là.
- Speaker #0
Ouais, c'est une appréhension, en tout cas, des gens. Ça aussi, c'est une complication sur ce marché particulièrement, parce que les gens sont déjà méfiants. Donc, quand tu repères de plat préparé, c'est tout de suite ultra transformé. C'est mauvais. Et non, la question du goût. Donc, moi, j'ai fait un CAP cuisine en 2023. Donc, la première année, on s'est lancé pleinement. Parce que même si j'avais beaucoup de base en cuisine, mais je me suis dit, ça peut déjà s'en rendre dans l'imposteur. J'avais besoin de formation pour me sentir plus apte. Mais ça m'a beaucoup aidée pour retravailler ce côté un peu tradit. Même apprendre à faire des bonnes sauces. Et la complication, c'est que sans oignons, sans échalotes, c'est la base. La base de la cuisine française, c'est le beurre, les oignons, les échalotes, la crème, l'ail. Tout bouclier garni, c'est oignons, ail, carottes. Donc, je me dis, OK, en fait, il n'y a que la carotte que je peux utiliser là. Comment on recrée du goût ? Donc, ça m'a aussi, avec toutes les compétences culinaires, je pense que j'ai approfondi avec le CAP. Ça m'a aidé, notamment dans notre première gamme. On avait une sauce au beurre blanc à l'estragon. inspiré un peu de la sauce béarnaise, mais là, réinventé en sauce pour poisson. De base, on a de l'échalote, il y a beaucoup de crème, etc. Je l'ai réinventé avec un peu de crème dans des quantités tolérées et du lait sans lactose pour avoir plus de matière. En vrai, c'est un défi, surtout, nous, on pasteurise. Ça veut dire que nos barquettes, on va les chauffer dans une grosse marmite, une grosse cocotte minute, pour tuer toutes les bactéries qui peuvent être dangereuses. ça. en fait on avait totalement sous-estimé le fait que ça impacte aussi le goût à la base on avait un bœuf bonquignon avec des pâtes sans gluten, les pâtes sans gluten mais quel enfer parce que un coup c'est pas assez cuit ou c'est trop cuit ou c'est trop collant en fait ça s'imbibe beaucoup trop de la sauce donc on a décidé de dégarer cette référence, on a remplacé par une purée qui est beaucoup plus simple à gérer c'est pour ça aussi qu'on a beaucoup de purée parce que techniquement c'est beaucoup mieux en termes de texture que Oui, oui. des nouilles, on fait un pas de taille. Aujourd'hui, ça va, on maîtrise mieux, mais ça prie beaucoup d'essais. Même le bœuf bourguignon, en test, la viande est hyper dure, parce qu'en fait, c'est trop cuit, parce que tu rajoutes une cuisson avec la pasteurisation.
- Speaker #1
Donc, il faut sous-cuire.
- Speaker #0
C'est ça. En fait, il faut tout... Sous cuir, pareil, là, on est en train de développer des plats stérilisés. Donc, c'est juste une cuisson à plus haute température. Donc, pareil, nos poulets, en fait, on doit les sous cuir par rapport à ce qu'on faisait avant. Enfin, c'est vraiment toute une réflexion. C'est un vrai métier, finalement, d'être technicien de l'alimentation. Donc, en fait, c'est vraiment comme la cuisine chez soi. En fait, il faut tester. Sinon, tu ne sais pas si c'est bon.
- Speaker #1
Tu ne peux pas réussir du premier coup, faire plusieurs recettes, plusieurs tests.
- Speaker #0
Et puis, même trouver aussi le... Dans la faisabilité humaine, nous on commence, on n'est que nous avec nos quatre mains avec Rémi. Au début, on était trois. Quand notre associé est parti, on s'est dit, ok, là il faut vraiment revoir aussi l'offre et il faut faire des concessions. À la base, moi je voulais des légumes bio déclassés de la ferme d'à côté. Parce qu'on est en Picardie, on est vraiment plein dans les champs. Je me dis, c'est génial. Mais non, en fait, décroter toutes les carottes qui sont moches là. Ça prend trois heures. Donc, quand tu n'as que deux jours dans la semaine pour produire, pour sortir tes 200 plats, tu n'as pas trois heures à passer à faire ça. Et du coup, il faut vraiment définir c'est quoi ta valeur ajoutée. Nous, c'est la cuisson, la transformation d'un truc en low-food map. Et voilà, une de nos clientes, elle nous a dit, j'ai l'impression que c'est ma grand-mère qui a cuisiné low-food map pour moi. En fait, ça n'a pas un goût industriel, ça n'a pas un goût gras comme les plats préparés.
- Speaker #1
Ça fait plaisir, c'est clair. D'ailleurs, qu'est-ce qui te touche le plus dans les retours que tu reçois de tes clients ?
- Speaker #0
Déjà ça c'est un retour qui m'a beaucoup touchée. Quand on dit justement les plats sont bons, moi au départ je suis un peu psychorigide sur les bords, donc j'étais en mode ouais, toutes les feuilles de laurier, il faut les retirer à la main, comme ça, ça se retrouve pas dans le plat, ça se fait pas, genre comme si j'avais un restaurant 5 étoiles. Et en fait il y a une de nos clients qui me dit, ah mais moi j'aime bien parce que justement, ça fait vraiment fait maison, parce que je retrouve des feuilles de laurier dans ma purée, en fait c'est artisanal. Et c'est vrai, en fait on est des artisans. Donc ça déjà ça me touche parce que je me dis ok des trucs que moi je pensais être imparfaits en fait c'est apprécié donc trop cool. Et moi c'est vraiment aussi sur le soulagement qu'on a commencé à vraiment appeler tous nos clients avec Rémi. Ce qui nous a fait le plus chaud au cœur c'est quand les gens ils disent bah en fait là je mange genre une de mes clientes elle m'a dit moi je paye ma tranquillité d'esprit. J'ai tellement galéré là je sais je mange tout se passe bien. Je me dis waouh elle a compris. la promesse. Je paye ma tranquillité d'esprit et c'est vraiment ça. Nous, on veut apporter de la quiétude et ça, c'est quand même royal. Juste que les gens disent « En fait, j'ai plus mal au ventre. Là, je digère. C'est bon, je me régale et j'ai pas mal au ventre. » C'est un combo. Oui,
- Speaker #1
c'est clair que c'est la meilleure chose. Justement, est-ce qu'il y a une anecdote ou un message qui t'a particulièrement marqué, autre que ceux dont tu nous as parlé ?
- Speaker #0
On a touché une cible qu'on ne visait pas spécialement. C'est les parents d'enfants qui ont la maladie celiaque. Et c'est vrai qu'eux, ils vivent aussi une autre galère que personne au cours. Parce qu'eux, ils mangent normalement de tout. Et en fait, ils doivent faire beaucoup d'organisations pour que leurs enfants mangent sans gluten. Et nous, on a une maman qui commande régulièrement pour envoyer sa fille en classe... Enfin, en voyage scolaire, en fait. Elle a commandé Bellicare pour... Elle prépare sa glacière et elle dit, ah ben, je suis trop contente parce que ma fille, je suis sûre qu'elle va déjà bien manger, manger suffisamment. Et ouais, on a testé ensemble et c'est bon. Et du coup, je me dis, en fait, on soulage une vraie douleur qu'on n'avait même pas identifiée à la base. Et ça, ça fait vraiment chaud au cœur. Et quand ils disent, surtout, les enfants ne mentent jamais. Ah ouais, ma fille, elle s'est régalée. Mon fils, il y a une dame, le 24 décembre, donc le 24 de Noël, qui nous envoie un truc. Elle nous a envoyé un message comme ça. On a bien reçu. On est ravis de pouvoir manger ça. Enfin, c'est hyper touchant.
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
c'est clair. Surtout les gens qui se sentent... Une de... qu'on a envoyé nos précommandes pour la première fois. Il y a une des clientes, c'était la première à passer commande sur Ulule. Elle m'avait envoyé un message sur Insta en disant en fait là, je suis tellement émue de voir ces plats dans mon frigo. Juste d'avoir quatre plats que je sais sont faits pour moi, qui ont été pensés pour moi. Ça m'émeut quoi. Je me dis wow.
- Speaker #1
Ça doit faire trop plaisir. Du coup, j'ai vu sur les réseaux, tu en as beaucoup parlé ces temps-ci. que tu as récemment changé complètement le mode de fabrication des plats. Donc, dis-nous un peu plus pourquoi ce changement ?
- Speaker #0
Oui, alors, il y a une réalité quand on est entrepreneur, c'est les chiffres. Les chiffres ne mentent pas. Et déjà, on était en réflexion d'aujourd'hui, on fait du frais. Ça demande beaucoup de logistique, ça demande de fabriquer, d'avoir aussi en termes de sécurité alimentaire, il y a quand même beaucoup de contraintes. Et il faut envoyer via chrono fraîche. Chrono fraîche, ça coûte une blinde, on va être honnête. Et même, on doit tout stocker. On garde un stock dans le labo qu'on loue. Donc, il faut aussi payer ce stock-là. Et en fait, nos clients, quand on leur parlait, nous disaient « En fait, ça me fait chier d'attendre un livreur toute la journée. En plus, il ne vient pas. En plus, il vient une semaine plus tard. En fait, moi, je ne suis pas vraiment chez moi. » Et en fait, quand on appelait les gens, on se rendait compte qu'il n'y avait aucune valeur ajoutée à avoir des plats frais. On se dit, pourquoi on se casse la tête à faire ça ? Parce qu'en plus, nous, ça nous génère des frais de produire régulièrement. On produit là sur 2025. Déjà, moi, j'étais en cuisine toutes les semaines. Et ensuite, c'est passé à une semaine sur deux parce qu'on était un peu contraintes par notre labo. Et en fait, je me dis, on s'inflige une logistique qui n'a aucune valeur ajoutée, qui nous coûte cher pour aucune raison valable. Et du coup, on s'est dit, déjà, on avait aussi des projets. On s'est dit, ouais, peut-être on veut visser la grande surface, on veut élargir notre champ. Et aujourd'hui, de produire en frais, c'est trop contraignant. Même quand on va à des salons ou autres, on ne peut pas transporter. Vu qu'on n'habite pas non plus, enfin, moi, je n'habite pas à Beauvais, j'habite en Ile-de-France. Donc, en fait, je ne peux pas toujours avoir des produits sous la main pour présenter, pour faire goûter, pour faire, voilà. Et ça, du coup, c'est compliqué dans la démarche de vente aussi. Du coup, en prenant en compte tous ces paramètres, on s'est dit, pourquoi ? pourquoi on fait du frais ? Ça serait bien de faire du température ambiante. Et à la base, on voulait faire des plats en sachet, en sachet d'OIPAC. Donc, je ne sais pas si tu vois ce que c'est.
- Speaker #1
Oui, c'est un peu...
- Speaker #0
Le riz en clubène, c'est un bon exemple. Oui, voilà, je vais le dire. Ou céréales bio, ça dépend. On voit qu'elles sont beaucoup selon la référence qui parle. À la base, c'était ça notre projet. Et en fait, c'était une galère parce que ces produits-là, c'est des minimums de commandes hyper importants. Tout est fabriqué à la demande. Donc, tu as des délais d'attente de trois mois. Et nous, à notre petite échelle de start-up, on n'a pas trois mois à perdre sur attendre une matière. Il faut qu'on avance. Et aussi, notre labo nous mettait un peu la pression. C'est un labo partagé, là, vous prenez beaucoup de place. Donc, ça serait bien que vous trouviez d'autres solutions de production. Donc, tout ça, ça nous a un peu contraints à réfléchir différemment. Et en fait, les tests n'étaient pas concluants sur le doy-pack. Donc, ça mettait beaucoup la pression. Et Rémi m'a dit, mais en fait, on fait déjà des barquettes. Pourquoi on ne fait pas juste des barquettes stérilisées ? Genre on maîtrise déjà. Et en plus, tous nos best-sellers, c'est que des plats tradis, des hachis parmentiers, poulet puré, des trucs assez simples, mais qui sont bien, qui ne se transposent pas dans un toy pack. Et du coup, on perdrait aussi notre ADN.
- Speaker #1
Ouais, c'est clair que tu ne peux pas faire ça.
- Speaker #0
Non. Un hachis en sachet, c'est un peu bizarre.
- Speaker #1
Tout mélangé,
- Speaker #0
comme ça. Et du coup, on s'est dit, on fait ça, on a pivoté en quelques semaines. Et on avait déjà une semaine d'essai prévue en juin. Donc là, le but, c'est juste... En fait, nous, on pasteurise. Donc en fait, ça veut dire qu'on chauffe pendant deux heures à un palier de 90 degrés. On refroidit et après, on peut garder au frais pendant 30 jours, 30-40 jours. Et du coup, là, le but, c'était de chauffer un peu plus fort, donc à 118 degrés. Et là, ça permet de vraiment stériliser le produit. Comme ça, il n'y a pas de croissance de microbes qu'on ne veut pas. Et là, on peut par contre le garder dans son placard. C'est trop bien. Donc c'est ça le projet. Et surtout quand on parlait à nos clients, beaucoup, nous, on pensait que les gens, ils allaient faire un régime low-fodmap 100% bellicaire et juste commander midi soir bellicaire. Mais notre offre aussi ne s'y prête pas encore. On n'a pas encore un petit-déj bellicaire, les desserts bellicaire, etc. Pas encore. Pas encore. Mais du coup, quand on parlait à nos clients, ils nous disaient, ah oui, en fait, c'est un peu ma roue de secours. En fait, moi, j'ai le temps de prévoir tant de repas, mais parfois, je n'ai pas le temps. Donc j'aime bien avoir ça sous la main. Donc même dans la consommation, en fait. Il y a beaucoup de nos clients, en fait, ils congelaient nos plats parce qu'ils se disent, ah oui, comme ça, j'ai toujours une roue de secours. Et au final, vu qu'on a réussi à atteindre aussi des gens qui sont un peu... Ce n'est pas des cuisiniers. Ils n'ont pas d'appétence pour ça. Et globalement, ils ont d'autres priorités dans leur vie. Donc, je me dis, en fait, oui, pourquoi on va occuper la moitié de leur frigo avec nos plats alors qu'en fait, ce n'est pas franchement leur priorité. Autant occuper leur placard. Ils peuvent avoir le temps de l'oublier et de se dire, ah, attends, j'ai toujours ça. Je rentre de vacances, j'ai ça. Même si je pars en vacances, je mange sur l'air d'autoroute. C'est juste Merci. Beaucoup plus pratique, quoi.
- Speaker #1
Les aires d'autoroute.
- Speaker #0
Un enfer.
- Speaker #1
Il n'y a rien. Il n'y a rien. Il n'y a rien sans gluten. Le fond de mâle, on n'en parle même pas. Il n'y a rien.
- Speaker #0
Sans gluten. J'étais étonnée cet été. J'ai vu beaucoup de... J'ai vu des pans sans gluten, mais pas du tout ensalés. Par contre, il n'y a que des madeleines, des trucs... Ce qui est déjà bien.
- Speaker #1
T'as de la chance. Parce que moi, j'en ai fait des heures d'autoroute. J'ai rien trouvé. Et à chaque fois, je regarde. C'est un enfer. Je mange des chips. Mais ouais, si un jour, on pouvait trouver des plats belliquaires sur l'autoroute, le bonheur, c'est ça. C'est à faire. Du coup, quelles sont les prochaines étapes ?
- Speaker #0
Déjà là, pour pouvoir faire cette transition vers des plats stérilisés, ça demande de la R&D, ça demande un peu d'argent. Et justement, là, on est un peu sur une phase un peu compliquée. Honnêtement, en termes de trésorerie, le temps de faire ces changements-là, on a mis en pause notre production, on ne livre plus nos clients depuis cet été. Et là, on est en pleine campagne de précommande pour justement aller dans cette direction, jusqu'au 17 octobre. Là, on a encore des tests. On a eu quelques... imprévus, mais normalement d'ici la fin du mois, on aura fini le développement de 10 recettes stérilisées low-fat map. Et on est en discussion justement aujourd'hui avec un partenaire industriel qui pourra lui prendre la main sur la production, parce qu'aujourd'hui ça prend beaucoup de temps, autant j'adore ça, mais aujourd'hui, j'ai envie d'être aussi au plus proche de nos clients, de pouvoir aussi les aider, d'apporter du conseil, parce que l'alimentation c'est une partie, et en fait la vocation de Bellicare, c'est vraiment de devenir la boîte à outils de l'intestin irritable. et que tu puisses trouver vraiment plein de ressources. Donc là, justement, on veut pouvoir skyler vraiment sur la production et sous-traiter ça à quelqu'un qui sait faire, qui sait le métier, sans pour autant réduire la qualité de nos plats. Donc ça, c'est un défi en soi. Donc ça, on espère, 2026, si tout se passe bien. On est en pleine levée de fonds, justement, pour pouvoir continuer. Donc là, on est un peu à une étape charnière, soit on ferme demain, soit tout se passe comme prévu. Mais bon, après... On est là et justement là, on est en train de lancer un accompagnement parce qu'il y a des personnes qui se lancent dans le low-fodmap sans savoir, qui n'ont pas la vision aussi de... Enfin moi, ce qui m'a aidée, ce n'est pas le low-fodmap dans ma pathologie, c'est vraiment d'avoir une vision 360 d'équilibre de vie. Et j'ai envie de pouvoir apporter ça aux gens qui souffrent et qui sont tellement en train de se noyer là dans tout. Enfin, tout est compliqué. Donc juste de pouvoir dire, hé, t'es pas tout seul, ça n'a pas besoin d'être compliqué.
- Speaker #1
Si tu vends des plats tout préparés, il faut aussi que les gens sachent à quoi ça sert, pourquoi ils ont besoin de manger le FODMAP, et qu'est-ce que c'est, et comment faire au jour le jour, et aussi comment améliorer leur vie globalement, parce que ce n'est pas que la nourriture qui est en cause dans ce syndrome.
- Speaker #0
Il faut aussi rencontrer les gens où ils sont. Je ne m'attends pas si demain, je rencontre Gérard, 47 ans, qui est en déplacement tout le temps, qui ne cuisine pas parce qu'il est tout le temps en mouvement. Et en fait, ce n'est pas adapté à son mode de vie de lui dire « Mais faites tout maison, monsieur. Cuisinez tout, mais anticipez. Comment ça ? Vous n'avez pas huit heures à donner dans votre week-end pour préparer tous les plats de la semaine et en porter avec vous ? » Ça n'a aucun sens. Il faut s'adapter aux gens. Et nous, dans l'idée, c'est de dire « Là, tu n'es pas encore un cordon bleu et ça ne t'intéresse pas. Je comprends. Là, tu as des plats qui peuvent t'aider, mais le temps aussi d'apprendre, c'est quoi l'OFODMAP ? Et surtout, il y a des gens, en fait, pour trois semaines de test l'OFODMAP, pourquoi ils vont réinventer toute leur alimentation, leur façon de cuisiner ? Autant simplifier cette démarche-là. Et en fait, après, tu peux évoluer, de se dire, OK, maintenant, je sais, je ne tolère pas les oignons. Maintenant, je vais adapter ma cuisine. Mais voilà,
- Speaker #1
c'est d'apporter des briques de simplification. Et dans le meilleur des cas, c'est tout ce qu'on vous souhaite, américains. Si on se projette dans 5 ans, t'imagines quoi ?
- Speaker #0
Dans 5 ans, moi j'aimerais bien avoir du bellicaire dans tous les prêts à manger. D'avoir vraiment, par exemple, qu'on ait réussi à démocratiser l'alimentation digestive. Je parle beaucoup de FODMAP, mais il n'y a pas que ça. Il y a aussi le gluten, il y a aussi les sujets d'histamine, etc. C'est des choses sur lesquelles on ne travaille pas aujourd'hui, mais peut-être à terme. Mais le but, c'est vraiment qu'on soit une boîte à outils. et qu'on puisse nous retrouver un peu sur tous les fronts. Tu veux être vraiment accompagné, on te tient par la main. Là, on a une œuvre vraiment premium. On prend soin de toi, on regarde tout dans son ensemble et tu es accompagné par un professionnel qui t'aide à retrouver goût à la vie et te sentir aligné avec toi et tes tripes. Mais tout autant sur le plan alimentaire, parce que c'est quand même ça aussi notre métier, c'est de pouvoir trouver partout des options pour te faciliter la vie. Au final, c'est ça, notre cœur de métier, c'est de faciliter le quotidien.
- Speaker #1
Sur l'autoroute, on en veut.
- Speaker #0
Voilà, l'autoroute de vacances.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui te motive à continuer, même quand c'est difficile ? Parce que là, tu as dû vivre des périodes assez difficiles.
- Speaker #0
Oui, c'est la mission aussi. On a créé Bellicare, justement, au début de l'interview, j'avais plein de friction parce que je me dis, c'est toujours quelque chose qui m'anime. En fait, je veux tellement aider. Je pense que personne n'a besoin de galérer alors qu'il y a des solutions accessibles. Il faut juste les faire. connaître et ça c'est compliqué mais il ne faut pas perdre de vue il y a plein de gens qui ont besoin qu'on les écoute, qui ont besoin d'aide qui ont besoin qu'on simplifie leur vie et je me dis avec Rémi on peut leur apporter de l'acquiétude donc pourquoi on va se freiner, là je ne vais pas te mentir c'est compliqué, on ne se paye pas depuis deux mois mais en fait c'est quoi deux mois sur l'échelle d'en disant on a transformé le marché du FODMAP en France c'est aussi un long game Miii ! On s'est engagé, on a choisi aussi cette vie et c'est des remises en question permanentes. Mais voilà, il faut perdre le cap de dire c'est quoi ma mission, le endgame, c'est ça.
- Speaker #1
Oui, parce que vous avez une vraie, vraie mission là.
- Speaker #0
Oui, challengeante. Oui,
- Speaker #1
c'est très challengeante. Si quelqu'un aujourd'hui veut se lancer dans une marque, dans un secteur encore méconnu, très niche, quel serait ton conseil ?
- Speaker #0
Vraiment, deviens expert de ta niche. et parle à un maximum de personnes concernées par ta niche et développe. En fait, en premier, tu sais que ça va être dur de... Clairement, développe une offre de service qui te permet d'avoir du cash. Parce que sans cash, tu ne peux pas atteindre tes... Enfin, on n'est pas dans le monde des bisounours. Ce n'est pas juste en rêvant, en vivant d'air frais. Enfin, voilà. D'air et d'eau fraîche. D'air et d'eau fraîche, voilà. C'est ça, ce qu'on dit. Vraiment, sécurise-toi en premier. pour avoir l'allure de tes ambitions. Commence palier par palier, maîtrise à fond ta niche, découvre vraiment c'est quoi le point de douleur que tu vas solutionner toi, c'est quoi ton expertise et sois très clair aussi, qu'est-ce que tu aimes, qu'est-ce que tu n'aimes pas du tout faire parce qu'en fait, si tu vas faire un truc qui ne te plaît pas, qui ne te motive pas, ça ne sert à rien de t'obstiner juste parce que tu dis ah mais là, il y a un océan bleu mais ça te fait chier, tu ne vas jamais tenir. sur le long terme.
- Speaker #1
C'est une évidence.
- Speaker #0
Oui, mais ce n'est pas toujours... C'est surtout... C'est assez masculin, je trouve, de se dire, ah non, mais là, il y a un truc qui est cravaché. C'est le travail. Voilà. Il faut que ça soit dur pour mériter... Pas du tout. Enfin, fais un truc que tu kiffes, déjà, et tu auras l'énergie parce que c'est vraiment contrôler son énergie, maîtriser son énergie qui est hyper importante dans l'entrepreneuriat.
- Speaker #1
Il faut avoir envie de se lever le matin, quoi. Oui. Sinon, tu te lèves pas si ça ne te plaît pas ce que tu fais.
- Speaker #0
Si t'as pas un truc qui t'anime profondément, ben n'y va pas. Et ça n'a pas besoin d'être aussi poussé. Enfin, ça peut juste être genre, en fait, il y a plein de gens juste qui galèrent. Moi, je veux pas qu'ils galèrent. Et c'est peut-être ça juste qui t'anime. Et après, de trouver en fonction de tes compétences. Mais pas des œillères sur quelles sont tes compétences et quelles compétences tu peux monétiser facilement. Et après, tu peux développer, voilà. Moi, je dirais, fais du service d'abord. Après, fais du produit quand tu as le cash pour... et être autosuffisant. On voit bien.
- Speaker #1
Ouais, au début. Pas lever de l'argent tout de suite.
- Speaker #0
Surtout, ça devient de plus en plus compliqué de lever de l'argent. On ne lève plus sur un pitch deck, comme en 2017. Enfin, c'est fini, ces temps-là. Donc, vraiment, surtout, c'est tes ambitions. Donc, pourquoi d'autres personnes vont financer tes ambitions ? Au final, maintenant, avec le recul, je me pose cette question-là. Sauf si, vraiment, c'est hyper stratégique et qu'en fait, tu vas apporter une solution à un groupe. Je ne sais pas, mais voilà. Si tu es sur de l'hyper niche, commence toi-même, fais toi-même. fais, tu peux, en fait, t'es autosuffisant, t'as pas besoin de 10 000 conseillers, t'as pas besoin de 10 000 prestataires, tu peux faire toi-même, forme-toi un maximum pour avoir le max de compétences que t'as besoin pour percer, et après tu délègueras, après tu, voilà, mais reste focus en fait, ça c'est, une fois que t'as étudié ton marché, de quoi il a besoin, tu restes focus dessus, et là tu dis, ok, quelles compétences j'ai besoin pour absolument répondre à ce besoin-là, comment je me forme si j'ai pas ces compétences-là, et tu passes à l'action et tu testes rapidement, le plus vite tu échoues, le plus vite tu pourras avancer, Et ça, je pense, chez les nouveaux preneurs, entre guillemets, c'est ça qui est compliqué. Surtout, nous, on est sortis d'école, on s'est lancés dans ce truc-là, on était très scolaires aussi. En fait, il ne faut pas du tout être bon élève en tant qu'entrepreneur. Si tu veux un truc, tu testes. Et puis, même si c'est nul, on s'en fout.
- Speaker #1
Il ne faut pas avoir peur d'échouer. C'est comme ça qu'on grandit, justement, et qu'on apprend.
- Speaker #0
Oui, et surtout, il ne faut pas avoir peur de mal faire. Moi, je suis très perfectionniste sur des trucs, mais en fait, c'est juste de la peur de ne pas être acceptée. d'être rejetée, qu'on te dise que t'es nulle alors que tout le monde s'en fout surtout quand tu maîtrises ton sujet tu es la personne la plus compétente pour l'aborder donc faut pas avoir peur d'être nulle on est pas à l'école, on va pas te noter au pire les gens vont dire bah j'ai pas aimé ok bah qu'est-ce que t'as pas aimé,
- Speaker #1
comment je peux m'améliorer et d'être vraiment dans cette démarche d'amélioration continue et du coup si tu devais parler à la version de toi qui démarrait Bellicare il y a 3 ans, tu lui dirais quoi ?
- Speaker #0
moi je lui dirais écoute ton intuition Surtout ça. Écoute, ton intuition, il y a plein de choses que j'ai vues venir mais que je n'ai pas agi dessus ou que je pensais mais que je n'ai pas dit parce que j'étais la seule fille dans un groupe de mecs. Donc, il y a plein de choses où j'ai pris un peu un rôle de maman en me disant qu'il faut créer l'harmonie. C'est mon rôle de... Pas du tout. En fait, non. Moi, je pense que je devais être un homme à la base. Et en fait, non. Si tu as une vision, tu as une intuition, suis là. Et ouais, vraiment... Je pense que j'aurais écouté mon intuition, j'aurais pu facilement gagner un an sur la vie de belliqueur.
- Speaker #1
C'est pas évident, c'est son intuition, on a peur souvent aussi.
- Speaker #0
Ouais, on se dit qu'on n'est pas légitime, mais parfois, ce que te dit ton corps paraît dans l'intestin héritable. Pourquoi ? Est-ce qu'il y a des choses qui te prénotrent ? Peut-être que tu ne t'écoutes pas suffisamment.
- Speaker #1
C'est clair.
- Speaker #0
Donc quand tu écoutes ton intuition, bizarrement, tu es hyper alignée dans tout, intérieurement, somatiquement. Ouais, c'est vraiment... hyper important de ne pas avoir peur de dire des choses, d'agir, de faire de l'imparfait. Aujourd'hui, on a fait un chemin. Je pense qu'on avait beaucoup de choses à apprendre. Mais je pense que j'aurais pu couper énormément de peines, de doutes, juste en faisant, en passant à l'action, en cuisinant, en faisant des choses qui me font kiffer. De ne pas être distraite, de ne pas dire qu'il faut lever des fronts, qu'il faut faire ci, qu'il faut faire ça. En fait, tu traces ton chemin.
- Speaker #1
Écoute, merci. Merci d'avoir partagé tout ça avec nous. Ce projet Bellicare, il est vraiment incroyable. Et je pense que tu vas pouvoir aider plein de gens. Donc, j'encourage tous ceux qui nous écoutent à suivre Bellicare et à acheter tes produits.
- Speaker #0
Bellicare.fr Ouais,
- Speaker #1
voilà, Bellicare.fr. De toute façon, je mettrai aussi le lien.
- Speaker #0
Trop bien, merci Carrie.