- Speaker #0
Bienvenue dans un nouvel épisode de Bellicare, l'espace des ventres sensibles. Aujourd'hui, je vous invite à suivre une conversation entre Chloé et moi. Chloé est diététicienne spécialisée dans la prise en charge des troubles digestifs, dont le syndrome de l'intestin irritable, mais aussi dans les troubles du comportement alimentaire, et elle se forme à la micronutrition. Pendant cet épisode, on va aborder son parcours, sa manière de voir la prise en charge de ses patients en diététique, et comment elle pourra aider et améliorer la prise en charge à la suite. Bonne écoute. Bonjour Chloé.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Bienvenue sur le podcast, merci d'avoir répondu présente.
- Speaker #1
Merci de m'avoir invitée surtout, je suis très honorée.
- Speaker #0
Alors Chloé, tu es diététicienne spécialisée aujourd'hui dans la prise en charge de l'intestin héritable, dans les troubles du comportement alimentaire, mais qu'est-ce qui t'a amenée vers la diététique en premier lieu ? Comment t'as trouvé ta voie ?
- Speaker #1
Quel a été mon chemin vers la diététique ? C'est un métier que j'ai découvert quand j'étais au collège quatrième, troisième, lors d'un salon de l'étudiant. J'ai découvert une école, l'école finalement où j'ai fait mes études, le DNH, de Paris. J'étais un petit peu quand même intéressée par la diététique parce que je traversais une phase de trouble du comportement alimentaire à l'époque. Donc je voyais aussi une diététicienne en parallèle. Et ce que l'école proposait en termes de cours, de stages, d'enseignement, me parlait beaucoup. Et c'est vraiment par ce biais-là que je me suis intéressée au métier. J'essayais quand même de laisser des portes ouvertes. pour voir s'il y avait d'autres métiers qui pouvaient m'intéresser. Mais en fait, jusqu'à ce que j'arrive au lycée, au bac, je suis restée dans cette envie-là. Donc, ça a été un petit peu mon objectif tout au long de ma scolarité.
- Speaker #0
Ça a été un appel, une évidence pour toi. Et qu'est-ce qui t'intéressait particulièrement ? C'était vraiment le côté soins ? Est-ce que c'était l'aspect scientifique ou la partie vraiment aider les autres ? Comment ça t'a appâtée ?
- Speaker #1
Il y avait en priorité, je pense, l'envie d'aider. d'écouter les gens, de pouvoir accueillir leurs souffrances, parce que j'avais conscience du coup, via le parcours de troubles du comportement alimentaire, à quel point l'alimentation pouvait avoir un impact sur l'hygiène de vie en général, mais aussi sur l'aspect émotionnel, sur l'aspect social. Et c'était vraiment quelque chose que je voulais mettre en avant dans ma pratique. Et je ne me suis jamais vue faire autre chose que de l'accompagnement en libéral. Je ne me suis jamais vue à l'hôpital travailler en restauration collective. C'est vraiment le contact avec l'humain en priorité qui m'a donné envie de faire ce métier. Et au fur et à mesure, je me suis aussi beaucoup intéressée à tout l'aspect pathologique en lien avec la diététique. Et donc, c'est pour ça que j'essaie de faire des petites formations en plus pour pouvoir mieux accompagner.
- Speaker #0
Et toi, tu t'es lancée tout de suite en activité libérale ?
- Speaker #1
Oui, j'ai eu une phase de transition pendant un an après avoir passé le bachelor. en 2018, où j'ai fait toute autre chose. Enfin, j'ai fait un travail autre et en parallèle, je passe à un DU en psychologie et pédagogie du comportement alimentaire pendant un an. Du coup, ensuite, j'ai fait un remplacement en diététique et donc c'était ma première expérience en libéral. Donc j'ai déménagé et j'ai remplacé une diététicienne qui partait en congé maternité pendant quasiment un an au final. Et ensuite... Je me suis installée en libérale dans la foulée, dans le mois qui a suivi la fin de mon remplacement. Et depuis, j'y suis toujours. Je développe mon cabinet. Qui est situé ? À Lille.
- Speaker #0
Ok, super. Tu t'es justement spécialisée dans les troubles du comportement alimentaire, de la psychologie. Pour ceux qui ne connaissent peut-être pas le concept d'un DU, qu'est-ce qu'on apprend dans cette spécialité ? En quoi ça consiste et comment ça t'aide aujourd'hui dans ta pratique ?
- Speaker #1
concernant le début que moi j'ai passé ? Ça remonte un peu, mais c'était une approche très axée un peu psychologie, thérapie comportementale et cognitive, approche neurocognitive. On avait plusieurs modules différents avec plusieurs intervenants. Il y avait un psychologue, il y avait deux intervenants du GROW, le groupe de recherche de l'obésité et du surpoids. On a eu aussi en intervenant Florian Saffer qui fait beaucoup d'approches d'actes. Je ne sais plus. l'acronyme, je ne sais plus ce que ça veut dire mais c'est un dérivé de TCC et donc c'était une approche finalement pour, enfin plusieurs approches pour savoir comment le comportement alimentaire influait sur l'alimentation avec plusieurs techniques aussi,
- Speaker #0
des exercices à mettre en place avec les patients donc plus une approche on va dire pratique de mise en place de techniques pour euh... soulager un trouble du comportement alimentaire ?
- Speaker #1
Oui. Ce n'était pas forcément ciblé spécifiquement au trouble du comportement alimentaire. C'était le comportement alimentaire en général, avec en effet parfois des approches plus spécifiques pour l'anorexie, la boulimie, l'héperphagie, mais c'était globalement le comportement alimentaire en soi. toute la pédagogie autour de ça.
- Speaker #0
Ok, donc aujourd'hui, c'est quelque chose qui a vraiment enrichi ta pratique et ton accompagnement.
- Speaker #1
Ça m'a donné des clés. J'avoue qu'il y avait beaucoup d'informations et beaucoup aussi d'approches un petit peu, qui étaient complémentaires mais aussi différentes, donc j'ai pris un petit peu ce qui moi me parlait plus. Donc ça m'a permis d'avoir un discours un petit peu plus élaboré et de proposer parfois quelques exercices, chose que j'avais très peu finalement d'informations là-dessus. Enfin... Merci. Suite au BTS et au bachelor, on n'avait pas de choses concrètes. Donc ça a enrichi quand même mon approche.
- Speaker #0
Ok. Et comment t'as passé de ça à t'intéresser aux troubles digestifs ?
- Speaker #1
C'est vrai que le lien n'y était pas à ce moment-là. Je pense que le premier moment où je me suis vraiment posé la question, c'était pendant nos études. de bachelor. On a quand même eu une longue phase de cours sur tous les troubles digestifs et on avait très très rapidement survolé le syndrome d'intestin irritable. Je suis même pas sûre qu'on ait parlé du SIBO.
- Speaker #0
Ça n'existait pas à l'époque.
- Speaker #1
Je me souviens qu'il y avait eu un petit exposé sur les FODMAP, etc. Et ça restait encore très flou à l'époque quand même pour moi. Et c'est ensuite pendant mon remplacement de diététique, où j'étais confrontée à une patiente avec le syndrome d'intestin irritable, qui avait une vraie demande, qui voulait faire le protocole FODMAP, et moi, je connaissais pas. Enfin, je connaissais les FODMAP, mais le protocole en soi, on ne l'avait jamais appris. Donc, j'ai été un petit peu perturbée, parce que je ne savais pas vraiment comment l'accompagner, je me sentais pas légitime non plus. Néanmoins, j'ai fait plein de recherches pendant des heures et des heures pour pouvoir lui proposer quelque chose, et en fait, la patiente n'a pas voulu Merci. qu'on continue ensemble. Et elle m'a même reproché de ne pas être spécialisée. Enfin, ça a été un peu un coup dur pour moi. Et je me suis dit, OK, il ne faut plus que ça m'arrive. OK. Enfin, c'est un peu long. Elle m'a demandé de lui rembourser la consultation. Pourtant, ce n'était pas du tout précisé que la diététienne que je remplaçais était spécialisée dans un nombre d'intestins et les FODMAP. Mais elle s'est dit, je vais voir une diète. Elle doit forcément savoir le faire. Bref, je ne voulais plus que ça m'arrive à nouveau. donc j'ai... regarder quelles étaient les formations qui étaient proposées. Et du coup, j'ai décidé de me former dans les FODMAP. Comme ça, au moins, j'étais au clair et je me sentais légitime de pouvoir accompagner. Et en parallèle, j'étais quand même un peu intéressée sur le sujet des troubles digestifs parce que, que ce soit moi ou un petit peu dans ma famille, côté femme, on a plus de troubles digestifs. Alors, rien de très difficile à vivre au quotidien. On le gère toutes. Mais il y avait quand même de l'inco... confort et au final, je me suis dit que ça allait m'apporter aussi à moi quelque chose.
- Speaker #0
Aujourd'hui, ça fait combien de temps que tu es formée au protocole faible en FODMAP ?
- Speaker #1
Je l'ai fait assez rapidement. Ça doit faire peut-être 7 ou 8 ans.
- Speaker #0
Et depuis, tu communiques justement sur cet aspect-là. Est-ce que tu attires à toi beaucoup de patients qui ont cette demande-là ?
- Speaker #1
De plus en plus, je pense que Là, je dois être entre un quart et un tiers de ma patientèle qui vient pour des troubles digestifs. Ou en tout cas, ça semble être un certain nombre d'intestins irritables. Parfois, c'est pas identifié. Les patients, enfin les personnes, ont entendu parler de ça. Ils en ont parlé rapidement à leur médecin, mais le médecin n'a rien trouvé. Parfois, il y a eu une consultation gastro-entérologue, mais pas toujours. Enfin, du coup, je... Sans que ça prenne de plus en plus d'ampleur. Ou en tout cas que les gens consultent plus pour ces symptômes-là, qui ne normalisent plus autant peut-être qu'avant aussi.
- Speaker #0
Et vu que tu as aussi cette spécialité sur les techniques cognitivo-comportementales, le comportement alimentaire en général, est-ce que tu as déjà eu des patients ou patientes qui sont arrivés avec cette problématique-là, mais qu'au final tu vois que ça a aussi des teints sur la sphère digestive ?
- Speaker #1
Oui, c'est vrai que le lien entre les troubles digestifs et le comportement alimentaire est assez étroit. Il y a des patients qui, de base, ont des troubles du comportement alimentaire et qui ont développé après des troubles digestifs parce que, notamment, leur comportement alimentaire ne permettait pas au système digestif de fonctionner normalement. Et notamment, les personnes qui sont passées par des phases d'anorexie restrictive avec une grosse perte de poids, de l'année de nutrition. Évidemment que ça va impacter le système digestif. Il y a quand même des parois musculaires autour des intestins de l'estomac. Donc forcément, ça a un impact. Et puis la dénutrition en soi, quand on n'a pas assez de micronutriments. Ça ne peut pas fonctionner normalement. Donc, ça peut engendrer, en effet, des troubles intestinaux. Et même s'il n'y a plus de troubles du comportement alimentaire, on se retrouve avec cette conséquence à gérer. Et inversement, le fait d'avoir des troubles intestinaux et digestifs, ça peut en effet induire une relation vraiment perturbée avec l'alimentation, avec beaucoup de restrictions cognitives, de la peur de manger, parce que comme on n'arrive pas non plus à identifier forcément ce qui pose problème, Non On met tout dans le même sac et au final, on préfère. J'ai des patients qui m'ont dit qu'ils préféraient ne pas manger pendant plusieurs jours d'affilée, des fois, pour juste être tranquille. Donc oui, après, ça a quand même un gros impact sur la relation à la nourriture. Et pour réintégrer des choses, c'est vraiment pas évident.
- Speaker #0
Donc toi, tu travailles peut-être surtout sur la peur, au final, d'avoir des symptômes aussi, parce que ça impacte beaucoup psychologiquement. On le voit chez énormément de patients qui ont l'intestin irritable, justement, qui préfèrent... ne pas manger parce que tellement manger est un sujet compliqué. Ils ne savent pas quoi manger. S'ils mangent, ils vont avoir mal. S'ils ne mangent pas, ils ne vont pas s'alimenter. Donc, c'est vraiment compliqué à gérer ce comportement-là. Comment est-ce que toi, tu l'approches avec tes patients ?
- Speaker #1
Dans un premier temps, j'essaie de leur expliquer qu'en théorie, il y a des choses qui sont censées être tolérées. Donc, on va déjà essayer de réintégrer ce qui, dans la théorie, est censé être toléré en petites quantités, en faisant attention globalement à l'hygiène... alimentaire global, manger lentement, jouer sur le stress aussi, et expliquer aussi l'importance de remanger pour justement relancer la digestion et redonner aussi au corps ce dont il a besoin pour bien digérer. Et expliquer que sur le long terme, le fait de ne pas assez manger ou d'évincer trop d'aliments va créer encore plus d'intolérance et que sur le long terme, en fait, ça ne s'améliorera pas. Au pire, ça peut... temps. Au contraire, ça peut s'empirer. Donc c'est pour leur donner aussi une perspective. Ça vaut le coup quand même de réintégrer des choses pour que ça puisse aller mieux dans quelques mois, quelques années. Et ne pas se voir dégringoler au niveau de la santé globale aussi.
- Speaker #0
C'est sûr, parce qu'on risque d'une part d'appauvrir déjà son microbiote parce qu'on ne mange pas quasiment plus de fibres.
- Speaker #1
Des légumes, des crudités, c'est le premier truc où les gens ont peur.
- Speaker #0
Et effectivement, si on n'a pas assez de nutriments, on n'a pas assez de protéines, par exemple, pour construire nos parois intestinales, pour faire des enzymes digestives, etc. Ça ne peut pas marcher.
- Speaker #1
Pour même faire les jonctions entre les cellules intestinales. On parle beaucoup d'hyperperméabilité intestinale, mais si on n'a pas assez de protéines, comme les jonctions, c'est des protéines, c'est la structure. Au final, ça ne peut pas se remettre correctement en place.
- Speaker #0
Oui, finalement, je pense qu'il y a beaucoup de patients aussi qui vont aller chercher un peu midi à 14h à vouloir prendre des compléments XYZ, alors que déjà, la base, c'est juste tu ne manges pas assez. Ton corps n'a pas les nutriments pour fonctionner, donc ça ne peut pas aller mieux. Mais c'est compliqué de vaincre surtout la peur que ça ne passe pas.
- Speaker #1
Oui, totalement. Et on a l'insensation que les compléments alimentaires vont mieux passer, ce qui n'est pas forcément le cas. Parce que quand on ne digère pas bien, forcément, ça ne sera pas non plus. bien absorber ce qu'on va mettre en complément alimentaire.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
En fonction aussi de la qualité du complément alimentaire, de la galénique, de l'emballage, de la capsule, il y a des facteurs limitants aussi qui vont jouer. Et finalement, pour les personnes qui ont des troubles digestifs, c'est recommandé d'aller vers des compléments alimentaires sans capsule, sans emballage, plutôt du liquide. Pour qu'il n'y ait pas ce facteur de malabsorption. Et parce que généralement, dans la capsule, il y a aussi des éléments qui vont inflammé ou en tout cas perturbé le microbiote.
- Speaker #0
Et parfois, on a même des capsules végétales qui vont être fermentées par notre microbiote. Donc, ça peut empirer un peu dans l'ensemble. Et quelles sont peut-être d'autres erreurs fréquentes que tu vois chez tes patients qui ont un intestin irritable ?
- Speaker #1
Ceux qui viennent et qui se sont déjà un petit peu renseignés sont déjà partis par la première phase d'éviction.
- Speaker #0
OK. Sur le protocole
- Speaker #1
FODMAP, ils ont essayé d'enlever... Alors souvent, ce qui se passe, c'est qu'ils vont chez le médecin ou le gastro-entérologue. On leur donne une feuille avec les aliments riches en FODMAP à éviter, sans aucune nuance de quantité, de fréquence ou autre. Et donc, ils n'ont que ces informations-là. Donc forcément, ils vont écouter, ils vont tester. Parfois, ça améliore, parfois non. Mais souvent, l'erreur, c'est de les avoir éliminés pendant trop longtemps. Parce que normalement, c'est maximum 8 semaines. Et j'ai des patients, ça fait 3-6 mois qu'ils les ont enlevés. Ils arrivent et je suis là, bon, va falloir passer par la phase de réintroduction. Sauf que parfois, en fait, ils ont mal supprimé, entre guillemets, enfin, ils ont supprimé suffisamment de FODMAP, mais il en reste. Donc, les troubles digestifs sont quand même encore présents, mais ils ne comprennent pas pourquoi, parce qu'ils ont l'impression déjà d'avoir supprimé beaucoup de choses et que c'est sans fin. Et donc, on doit quand même repasser par cette phase-là d'éviction. Mais du coup, d'être dans une éviction la plus large possible pour pouvoir ensuite réintégrer. Donc ça, c'est une erreur d'éliminer pendant trop longtemps. Pour les personnes qui sont plutôt de la team constipation, l'erreur, c'est d'augmenter trop les fibres. Parce que c'est les recommandations de la constipation. Que ce soit pour... Les recommandations que donnent les diététiciennes, les gastro-entérologues ou les médecins, c'est les recommandations de base avec une bonne hydratation. Et souvent, ça fait pire que mieux.
- Speaker #0
Oui, parce que qu'est-ce que... Quand ils viennent te voir justement et tu comprends qu'ils ont juste augmenté leur apport en fruits et légumes, comment tu leur expliques justement que ces consignes-là, ce n'était peut-être pas hyper adapté ?
- Speaker #1
Ce n'était pas adapté parce que les FODMAP, on les retrouve dans beaucoup de fruits et de légumes. Donc forcément, en augmentant l'apport en fruits et légumes, on augmente l'apport en FODMAP, plus en fibres. Et ça va plus fermenter, donc forcément les symptômes vont être décuplés. Alors, on pourrait augmenter sa consommation de fruits et légumes. dans le syndrome d'intestin irritable, mais avec des fruits et légumes pauvres en FODMAP.
- Speaker #0
Oui, comme le kiwi ou la clémentine, selon la période de l'année.
- Speaker #1
La banane pas trop mûre.
- Speaker #0
Et c'est vrai que c'est compliqué quand on a de la constipation chronique versus la constipation ponctuelle, parce que quand c'est ponctuel, oui, augmenter ses fibres, ça va être utile. Là où quand c'est de la constipation chronique, c'est souvent qu'on a déjà un intestin ralenti, que c'est notre microbiote qui joue. En fait, il y a plein d'autres facteurs. Et effectivement, on va juste augmenter la fermentation si on augmente les fibres, Mais ça ne va pas... accélérer le chemin du blic, si on peut dire. Ça va juste gonfler plus. Donc voilà, on déconseille finalement. Et les patients qui viennent, est-ce qu'il y a pareil des aliments où ils se disent, soit ils sont trop catégoriques à se dire, ah non mais ça je peux pas manger à cause des faux-d'mape alors que pas du tout. Ou à l'inverse, des choses où ils se disent, bah ah mais, comment dire, en fait ils vont pas l'interdire alors que oui ça peut être problématique.
- Speaker #1
Soit ils ont l'impression qu'il y a un... Un aliment qu'ils ne pourraient pas manger, alors qu'au contraire, ce serait intéressant pour eux. Et inversement, oui, alors, je n'ai plus trop en tête, mais ça a dû arriver en effet, où finalement, des fausses idées sur certains aliments, et au contraire, ça aurait été intéressant qu'ils les intègrent. Et inversement, mais je pourrais plutôt donner d'exemples très concrets. C'est vrai que,
- Speaker #0
notamment sur les produits laitiers, beaucoup de personnes vont aller, par exemple, sur des alternatives végétales parce qu'ils disent « ok, ça c'est sans lactose, donc c'est sûr » . Mais, par exemple, j'ai eu le cas d'une patiente qui avait switché son yaourt pour un yaourt de soja, sauf que ce n'était pas un yaourt à base de protéines de soja, qui, ça, c'est ok. Par contre, dans le soja, on retrouve des FODMAP. Oui,
- Speaker #1
c'est une légumineuse, le soja.
- Speaker #0
Voilà. Pour ceux qui ne le savaient pas.
- Speaker #1
Et c'est vrai que souvent, quand je liste un petit peu les aliments riches en FODMAP, je simplifie et je dis, globalement, les légumineuses, elles contiennent toutes des FODMAP. Alors, on peut en consommer en certaines quantités. C'est des petites quantités. Donc, en fait, dans l'assiette, ça ne représentera pas une portion suffisante pour que ça soit soit une source de féculents, soit une source de protéines. Donc, il faudra forcément compléter avec autre chose. Et le soja, en effet, c'est une légumineuse. Et sous forme liquide, semi-liquide, donc yaourt, lait, boisson, Et tofu soyeux, merci. Ce n'est pas autorisé normalement dans le protocole Funmap. Il n'y a que le tofu ferme finalement qui est OK. Donc oui, il y a en effet cette alternative au lactose, les yaourts de soja. Et donc souvent, en effet, merci de l'avoir cité, il y a une consommation de yaourts de soja. Et je suis là, ça peut-être qu'il faudra qu'on tente d'enlever. Et dans ce cas, je préfère largement qu'on passe par des produits laitiers de vache délactosés pour avoir quand même l'apport en calcium, en protéines plutôt que de passer vers une alternative complètement végétale parce que la seule alternative végétale finalement qui est la mieux tolérée c'est le yaourt de coco généralement mais vraiment d'un point de vue nutritionnel ça n'apporte pas grand chose surtout
- Speaker #0
que le yaourt de coco c'est quand même 10 fois plus gras qu'un yaourt normal donc ça contribue quand même aux matières grasses et sachant que le gras peut prendre plus de temps à digérer. Donc si déjà, on n'est pas très serein sur ce front-là.
- Speaker #1
Néanmoins, la coco, les acides gras du lait de coco n'ont pas besoin des mêmes enzymes que les autres matières grasses. Donc en fait, la coco, c'est une des matières grasses la mieux digérée normalement.
- Speaker #0
Le petit tips de l'experte. Et aussi, est-ce qu'il y a des patients euh justement qui font cet amalgame aussi gluten-foodmap, où ils se disent juste je vais prendre que des produits sans gluten et c'est bon.
- Speaker #1
Exact. L'amalgame est forcément vite fait parce que... Dans le blé, il y a en effet des FODMAP, c'est le fructane, mais il y a aussi le gluten. Donc en fait, on ne pourra jamais savoir si c'est plutôt le fructane ou plutôt le gluten qui posera problème. Mais en effet, par simplicité, du coup, les personnes vont aller vers des produits sans gluten. Mais ils ne sont pas forcément sous FODMAP parce que les farines qui sont mises ne sont pas forcément low FODMAP, notamment si on met des farines de légumineuse, ça ne va pas forcément très bien se passer non plus. Donc souvent, moi, j'ai essayé de lister quelques aliments du commerce sans FODMAP. Et donc, j'ai essayé de faire l'indistinction, en effet, dans les produits sans gluten, ceux qui contiennent des FODMAP. Et donc, j'essaye de donner des références à mes patients pour que ça puisse leur simplifier un petit peu la vie.
- Speaker #0
Et c'est quoi les conseils, justement, un peu clés en main que tu leur donnes, un peu ton starter pack FODMAP ?
- Speaker #1
Mon dossier starter pack est assez volumineux. En fait, je donne un document avec des recettes sucrées et salées, un document avec des menus selon la saison. J'en ai pas fait quatre. J'ai fait saison, printemps, été et automne, hiver quand même. Il n'y a plus de saison de façon, c'est pas grave.
- Speaker #0
En effet.
- Speaker #1
J'ai un document où j'ai listé des références de produits du commerce. J'ai un document avec quelques références aussi, Insta, des blogs, des sites internet. Des adresses sur l'île aussi, j'essaie de trouver des boulangeries qui font du pain low FODMAP, quelques adresses de restos, de cafés. J'essaie de donner le plus de clés et d'informations pour que les personnes n'aient pas trop recherché aussi par elles-mêmes. Après, ce n'est pas exhaustif et parfois, c'est les patients aussi qui m'apportent des nouvelles infos sur des nouveaux produits aussi qu'ils ont testés. Parce que je ne peux pas faire de la veille tout le temps non plus. C'est un petit peu redondant. Et j'ai aussi créé des documents spécifiques au protocole FODMAP pour chaque phase. Il y a des documents d'accompagnement. Donc, voilà, j'essaie de donner le max d'infos et de regrouper aussi des infos dans des documents. pour synthétiser un petit peu.
- Speaker #0
Et c'est vrai que ce qui est compliqué avec le régime faible en FODMAP, parfois c'est, oui, on peut avoir une liste aliments interdits autorisés, et en soi, ce n'est pas de suivre une liste qui est compliquée, c'est plus comment on vit au quotidien avec ces restrictions-là, et justement d'avoir des astuces sur quel restaurant je peux, où est-ce que je peux aller manger au restaurant, qu'est-ce que je peux manger au restaurant aussi, parce que parfois on n'a pas envie non plus de se couper du monde, et c'est ça qui est compliqué quand on a des restrictions alimentaires, que ce soit... pour le sans gluten, sans lactose ou toute autre intolérance ou restriction, c'est que le monde extérieur est un peu plus compliqué à gérer. Et aujourd'hui, comment est-ce que tu expliques justement à tes patients peut-être qui ne connaissaient pas le protocole faible en FODMAP, comment est-ce que tu leur présentes assez simplement justement les phases de ce régime et comment ça va se passer ?
- Speaker #1
Je leur explique déjà que c'est un protocole sur un laps de temps défini, que le but, c'est vraiment de réintroduire le maximum d'aliments à la fin. Et ensuite, je leur décris les trois phases du protocole. Donc, première phase d'éviction, entre 4 à 8 semaines. Donc, on fait de son mieux pour limiter au maximum les aliments qui vont contenir des FODMAP. Il y a des aliments qui contiennent des FODMAP, mais en quantité limitée, ils sont autorisés. Donc, j'insiste bien là-dessus sur le fait que c'est important aussi de les intégrer, pour qu'ils puissent aussi avoir une diversité alimentaire. Si la phase 1 fonctionne, c'est-à-dire s'il y a une bonne réduction des symptômes, on peut passer à la phase 2, qui est une phase de test. Donc là... On prend chaque famille de FODMAP, on teste un aliment dans des quantités croissantes pour pouvoir voir la tolérance quantitative. Et donc, il y a neuf tests différents à faire, donc à peu près neuf semaines de phase 2. Et ensuite, la phase 3, c'est une phase de réintroduction. Donc, les aliments testés en phase 2, on les réintroduit dans l'alimentation du quotidien, sachant que les tests en phase 2 se font en dehors des repas. C'est la grosse contrainte, je trouve, de la phase 2, c'est d'arriver à... Faire des tests alimentaires en plein milieu de l'après-midi sur des aliments qu'on n'a clairement pas envie de manger en plein milieu de l'après-midi, comme l'ail ou l'oignon. Bizarre. Et donc, phase 3, réintroduction avec des tests de fréquence et des tests d'association. Parce que, bien sûr, les phodmètes peuvent interagir entre eux. Et donc, quand on les consomme au sein d'un même repas, parfois, ça peut poser problème. Alors que consommer individuellement, ça va bien.
- Speaker #0
Par exemple, on pourrait manger, je ne sais pas moi, des pâtes à un moment. avec de la sauce tomate et ça se passe très bien, mais on met une sauce à l'ail, full ail, là, cette combinaison, elle peut ne pas être tolérée chez quelqu'un, c'est ça ?
- Speaker #1
Oui, alors même qu'on a bien respecté les quantités des pâtes qu'on tolère et de la quantité d'ail qu'on a identifié qu'on pouvait tolérer, mais en effet, ensemble, ça ne passe pas.
- Speaker #0
Et c'est compliqué aussi de le découvrir.
- Speaker #1
Oui, parce qu'en effet, la phase 3, même dans le protocole, quand je l'ai appris, elle est beaucoup moins détaillée. Merci. C'est beaucoup moins protocolaire finalement que la phase 2 où là on a 2-3 options d'aliments, les quantités vraiment définies. La phase 3, moi souvent je le présente comme... On se base en fait sur les habitudes de la personne, sur les associations qu'elle aime bien faire. Si elle aime bien manger du pain tous les matins au petit déjeuner, ben voilà, c'est très bien. On va faire des tests de fréquence sur du pain tous les matins pour voir si ça peut passer ou s'il ne faudra le faire que deux fois par semaine par exemple. Donc c'est un petit peu... compliqué dans l'organisation pour la phase 3. Souvent, je recommande aux patients de faire leur menu. Je pourrais en faire pour eux, mais si ça ne colle pas à leurs habitudes, ça n'a pas de sens. C'est là où ça leur demande aussi un peu plus de travail. Mais au moins, le protocole peut aller jusqu'à la fin et dans les meilleures conditions possibles. Et ensuite, les événements de la vie font qu'on fait des tests. Si on va au restaurant, c'est un test en soi. Siam. Une bonne opportunité aussi pour voir si on peut tolérer quelque chose ou pas. Si on a invité ou autre. Voilà.
- Speaker #0
Et justement, pendant la phase 2, qu'est-ce que tu proposes ? Vu que c'est des choses à tester en dehors des repas, est-ce que tu as quelques exemples peut-être des choses que tu conseilles à tes patients ?
- Speaker #1
Justement, pour le fameux ail-oignon, souvent ce que je propose, c'est déjà de le faire cuire, parce que cru, c'est quand même dur. Donc faire... Comme une petite compotée d'oignons, finalement. Normalement, c'est recommandé de ne rien manger à côté. Alors, j'ai des patients qui adorent la compotée d'oignons, donc ils se font des petites cuillères de compotée d'oignons en collation. Mais souvent, je leur dis, si vous voulez prendre un morceau de pain, une cracotte, le FODMAP que vous avez déjà testé et que vous êtes sûr que ça passe, vous vous faites une petite tartine, c'est quand même un petit peu plus agréable. Ensuite... Ça, c'est vraiment la spécificité pour l'ail et l'oignon. Pour le fructose aussi, ce n'est pas évident, ne serait-ce que pour les quantités qui sont proposées à la base. C'est soit du miel d'acacia, parce que c'est le plus riche en fructose, soit juste de la poudre de fructose. Et la quantité maximale à tester, c'est 60 grammes de miel ou de sucre. Déjà,
- Speaker #0
ça fait beaucoup pour une journée.
- Speaker #1
Ça fait beaucoup pour une journée. Ça fait de toute façon trop à gérer en quantité de sucre pour l'intestin. ce serait étonnant qu'il n'y ait pas...
- Speaker #0
Pas un minimum de symptômes.
- Speaker #1
Sachant que tout le monde est un peu intolérant aux fructoses parce qu'on est limité sur l'absorption de ce sucre. Donc tout le monde pourrait avoir des troubles digestifs après.
- Speaker #0
Et puis, si vous le mangez à la petite cuillère, c'est écœurant au bout d'un moment. Donc souvent, je propose de le mettre dans une boisson. Ça passe un peu mieux. Et de réduire les quantités qui sont proposées. Moi, sur mon document officiel, j'ai mis les quantités telles qu'elles sont censées être. proposé, mais à l'oral aux patients, je leur dis si vous voulez, on peut changer les quantités, on va y aller un petit peu plus progressivement, si déjà vous tolérez 10, 20, 30 grammes, c'est déjà bien, et puis en fait, vous n'allez jamais consommer 60 grammes de miel en une fois. Enfin j'espère, oui. Même dans un gâteau, on ne met pas autant, enfin l'équivalent d'une portion, ce ne serait pas autant. Je me réadapte un petit peu, je m'autorise quelques libertés. Après, j'ai des patients qui vraiment font ces quantités-là. Ça se passe bien, donc super tolérance aux fructoses.
- Speaker #1
Mais un petit problème de foie gras. Aujourd'hui, qu'est-ce que tes patients apprécient le plus dans ton accompagnement ? Qu'est-ce qui les aide vraiment au quotidien ? Parce que justement, on a dit que c'est un protocole. Ça a été établi par des chercheurs, ça se voit. des gens qui ne font que des tests en laboratoire et qui ne vivent pas dans le vrai monde. Donc, qu'est-ce que, justement, ça apporte aux patients d'avoir une diététicienne qui les suit ?
- Speaker #0
Déjà, ils ne s'arrêtent pas à la phase 1. Parce qu'en fait, c'est hyper compliqué d'aller au-delà de la phase 1 quand on est tout seul et qu'on n'a pas les quantités à tester. Donc, déjà, ça leur permet de faire chaque phase du protocole, d'être assurés parce que parfois, en fait, ils ont des questions, ils ne savent pas s'ils peuvent manger tel ou tel aliment. Moi, je leur dis toujours à la première consultation que si jamais ils ont des doutes, ils m'envoient un message, une photo de l'aliment avec les ingrédients. Je regarde, je check et je leur dis si c'est OK ou pas. Parfois, je me retrouve avec des mails, une dizaine d'aliments à étudier. Mais c'est OK, je leur ai proposé et je préfère qu'ils me le demandent plutôt qu'ils attendent six semaines avant qu'on se voit pour savoir s'ils pouvaient manger quelque chose.
- Speaker #1
Parce que du coup, les rendez-vous sont espacés de six semaines.
- Speaker #0
C'est rare. que les patients fassent des rendez-vous intermédiaires pendant chaque phase. Donc, en général, je leur propose le premier rendez-vous bilan. Soit ils se sentent suffisamment autonomes pour mettre en place la phase 1 tout seul, soit ils veulent qu'on se revoie. Parce que souvent, je leur propose quand même de faire une phase de préparation avant de se lancer, d'être baissé dans le protocole, d'anticiper les courses, de vider un peu les placards éventuellement.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est un truc auquel on ne pense pas du tout. Non,
- Speaker #0
mais parce qu'en fait, il y a trop de tentations. Et si c'est un corps là, c'est dur. Alors... Alors, quand on a une vie de famille ou je ne sais pas, qu'on est en coloc ou en couple et qu'il y a d'autres personnes, on fait avec. Mais quand on peut gérer soi-même sa nourriture tout seul, c'est mieux quand même d'anticiper un petit peu. Donc souvent, moi, ce que je recommande, c'est d'avoir quand même 3-4 semaines de préparation. Sauf pour les personnes qui se sont déjà bien renseignées avant.
- Speaker #1
Qui ne mangeaient peut-être déjà plus rien.
- Speaker #0
Mais pour ceux vraiment qui sont novices, entre guillemets, et qui débarquent un peu dans le monde des FODMAP. Bref, il y a cette première phase. Donc, parfois, on se revoit à l'issue des 3-4 semaines pour vraiment lancer ensemble la phase 1. Et en général, du coup, il y a un rendez-vous à la fin de la phase 1 pour préparer la phase 2, pour avoir le point de la phase 1, voir si on passe à la phase 2 et la préparer. Je les laisse en général faire leurs tests pendant les 9 semaines. On prévoit souvent une petite marge de 2 semaines, parce que parfois, il y a juste des événements qui font qu'ils ne pourront pas faire les tests, donc ça repousse un petit peu. Et ensuite, rendez-vous pour préparer la phase 3. et souvent Au bout de 5 semaines de phase 3, on se revoit pour faire le point, voir s'il y a encore des choses à travailler, refaire des tests, faire des tests différents aussi, parce que, par exemple, l'alcool n'est vraiment pas prévu dans le protocole, mais on se rend compte quand même qu'il y a des troubles digestifs à la consommation d'alcool, donc c'est des tests aussi qu'on peut faire en dehors, enfin, on peut rajouter autant de tests qu'on veut, finalement, mais on n'a pas envie de se rajouter des tests, mais on a déjà suffisamment à faire. Il y a à chaque phase un rendez-vous, parfois un rendez-vous intermédiaire, mais c'est plus rare.
- Speaker #1
Ça dépend aussi du besoin du patient. C'est ça l'avantage d'être accompagné, c'est qu'on va aussi à son rythme. Là où quand tu es tout seul, tu peux te retrouver un peu noyé dans toutes les informations que tu peux recevoir. Et justement, est-ce que tes patients te demandent s'il n'existe pas des plats préparés, faibles en FODMAP ou des choses un peu clés en main parce que c'est peut-être des gens qui ne cuisinent pas du tout de base ?
- Speaker #0
C'est vrai, il y en a qui ne cuisinent pas, donc ils apprennent à cuisiner. ce qui n'est pas non plus... plus mal, parfois. Parce que parfois, il y a aussi beaucoup d'hygiène de base à revoir. Mais clé en main, oui. Dans mon petit document avec toutes les ressources extérieures, il y a Abélikaire. J'ai des patients qui ont testé. Je ne pense pas qu'il y en ait beaucoup. Il y a souvent le côté budget qui freine. Parce qu'il y a quand même tous les à-côtés à acheter aussi. Les petits déj' même si vous commencez à vous développer. Il n'y a pas tout, donc il y a déjà pas mal de frais. Je pense qu'il y en a certains qui sont quand même pas mal bloqués là-dessus. Ça répond à ta question ? Je ne sais plus.
- Speaker #1
Les gens demandent d'avoir des choses un peu clés en main pour garder sous le coup. Oui, en fait,
- Speaker #0
une des demandes, c'est en effet d'avoir de la clarté, de la simplicité. pour mettre en place tout ça. Et parfois, j'ai des patients qui m'envoient un mail pour me dire qu'en fait, ce n'est pas le moment pour eux de mettre en place le protocole. Ils préfèrent repousser parce que ça ne matche pas avec leur quotidien du moment. Quand j'y pense, j'essaie en effet de les relancer vers vous, vers d'autres options de transition, on va dire, pour limiter un petit peu quand même les symptômes. Donc voilà.
- Speaker #1
Super. Et est-ce qu'aujourd'hui... Qu'est-ce que tu aimerais dire à quelqu'un qui recevrait un diagnostic de SII ? On leur dit qu'il faudrait commencer le protocole faible en Ausha. Qu'est-ce que tu leur dirais ?
- Speaker #0
Je comprends que ça puisse faire peur parce que ça prend du temps. Ça demande beaucoup d'organisation. C'est une grosse charge mentale. Je remarque que pour les personnes avec qui je le mets en place, ça fonctionne quand même dans la plupart des cas. Pas pour tout le monde. J'ai quand même eu des échecs avec quelques patients. Ce n'est pas la majorité, mais il y a des patients. Ils ont toujours. autant de symptômes. Mais pour la plupart ça marche donc ça vaut le coup. Et j'essaye aussi de leur dire qu'on peut manger quand même des aliments, même si on se focalise beaucoup sur ce qu'on ne peut pas manger, ne serait-ce qu'en termes de féculents. En fait il y a plus de féculents qu'on peut manger que de féculents qu'on ne peut pas manger. Alors c'est vrai que la base, le blé, épaule petite épautre, on essaie, on évite, mais il reste quand même un large panel de féculents. Enfin, il y a le riz, le quinoa, patates douces, pommes de terre. un peu de maïs, l'avoine, le sarrasin, le millet.
- Speaker #1
Déjà, de base, je pense que personne ne mange autant de féculents.
- Speaker #0
Mais du coup, j'essaye de leur amener aussi la diversité que ça peut leur apporter et à la fin, la richesse qu'ils vont pouvoir avoir à la fin du protocole. Parce que comme ils pourront réintégrer normalement des choses, ils auront eu les nouveaux aliments qu'ils auront testés, plus les aliments qu'ils mangeaient avant. Donc, c'est d'amener aussi ça sous... Ça me laisse peut-être être un petit peu plus curieux et de dire que ça peut aider aussi à diversifier plus l'alimentation.
- Speaker #1
Oui, que ce n'est pas un régime restrictif, mais une opportunité de revoir, de diversifier son alimentation. Et c'est quoi peut-être le retour le plus touchant que tu as pu avoir d'un patient que tu as pu accompagner sur ces sujets ?
- Speaker #0
Déjà, tous les patients qui ont réussi à aller jusqu'au bout du protocole et où on a réussi à aller vraiment à la fin et où en fait, il n'y a plus de symptômes. ou alors ils savent les gérer, ils savent vraiment ce qui pose problème ils savent quand est-ce qu'ils peuvent se faire plus plaisir que d'autres moi je trouve que j'ai déjà génial en fait même s'il n'y a pas un retour avec des remerciements on m'envoie des fleurs envoyez-lui des fleurs mais juste en fait de voir le patient évoluer se comprendre mieux et qu'il puisse remanger des choses et même il y a une meilleure tolérance parfois à la fin qu'au début au début il y a des choses qui vraiment ne passaient pas. Et à la fin, au bout des 5 mois de protocole, ils peuvent remanger des choses qu'ils ne pensaient même pas pouvoir remanger à un moment donné. Juste le résultat d'aller jusqu'au bout et de voir qu'il n'y a plus de cento, moi, ça me touche déjà beaucoup.
- Speaker #1
C'est hyper gratifiant. Surtout, il y a des patients qui souffrent déjà depuis longtemps et qui étaient en restriction depuis longtemps. Ils se disaient, jamais je ne pourrai remanger comme avant. Jamais ça ne sera normal à nouveau. Donc, ça doit être hyper... Ça doit faire chaud au cœur aussi de savoir que tu as pu les accompagner dans cette démarche à mieux vivre, parce que manger, c'est la vie. Donc c'est bien de pouvoir le faire. Et qu'est-ce que tu dirais à la Chloé qui débutait en tant que diététicienne libérale vis-à-vis de la prise en charge du SI, avec ce que tu connais aujourd'hui, l'expérience que tu as ? Quel conseil ou quel mot tu lui dirais aujourd'hui ?
- Speaker #0
Je pense qu'en fait, quand j'ai fait ma formation pour le protocole, Je me suis dit, ok, c'est bon, c'est la solution. J'ai un truc hyper protocolaire. Ça me rassurait, en fait, de savoir que j'allais pouvoir proposer quelque chose vraiment de très cadré. Heureusement que j'ai pu passer par cette phase-là parce que j'aurais eu du mal à me lancer. Mais je pense que je lui dirais d'avoir un petit peu plus d'ouverture d'esprit et de s'attendre à ce que ça ne fonctionne pas forcément et de s'attendre aussi à ce que les personnes ne puissent pas aussi le mettre en place de manière aussi cadrée. et rigide qu'il le faudrait et d'amener dès le début plus de flexibilité parce que c'est vrai que quand on débute, on a envie que les personnes puissent faire les choses le plus parfaitement possible. Alors je ne suis pas rigide non plus moi, de base. Et je préfère dire qu'il vaut mieux quand même se faire plaisir à manger quelque chose qui nous donne envie plutôt que de devoir se restreindre pendant des mois. Mais d'être un petit peu plus ouverte et de ne pas avoir peur que cette flexibilité gâche les chances de réussite aussi. Et qu'en ayant aussi ce discours-là, ça rassure. les personnes qui le mettent en place. Parce que ça donne la sensation, en fait, que vraiment, pendant cinq mois, il faut être hyper discipliné et qu'il n'y a le droit à aucune erreur. Alors qu'en fait, en cinq mois, oui, il y a des événements sociaux qui vont arriver, il y a des anniversaires, il y a des fêtes,
- Speaker #1
il y a la vie,
- Speaker #0
quoi. Et que, oui, c'est normal de pouvoir être linéaire pendant autant de temps et que ce n'est pas grave et qu'en fait, le protocole se passe quand même très bien. Et qu'au pire, ça repousse un petit peu la fin. Mais ce n'est pas grave.
- Speaker #1
Je pense que ce qui est un peu vicieux dans l'intestin irritable, c'est que contrairement à un régime de perte de poids, par exemple, où des personnes vont se dire qu'il faut absolument que je tienne un régime strict pour perdre du poids. En soi, si tu fais un écart quand tu perds du poids, et encore, on n'est pas très dans cette démarche-là avec Chloé. Quand tu fais un écart, en soi, c'est juste, entre guillemets, tu dis ok, j'ai trop mangé, ce n'était pas mon but et ça te fait chier. Alors que quand tu fais un écart, entre guillemets, et que tu as des troubles digestifs, c'est que derrière, tu le... paye. Donc en fait, t'as une sorte de double peine parce que d'une part, tu te dis, ah bah je savais que je devais pas manger, je sais pas moi, un prix fou, et je l'ai mangé et là, bah je le paye le lendemain, et après tu culpabilises d'avoir eu ce moment d'égarement, alors qu'en fait, t'as pris plaisir à manger ça, c'était bien et je pense que c'est bien de rester justement sur le positif, si tu te fais plaisir, ça t'a fait plaisir sur le moment, t'as voulu participer, et ok, le lendemain, t'as mal au ventre, mais c'était aussi un choix qui est fait, t'as voulu profiter là, là, ok, c'est désagréable, mais Merci. pense à ce moment-là où tu as profité à fond et d'essayer de garder ce côté positif.
- Speaker #0
C'est vrai que, quelle que soit la problématique, j'essaie de recentrer sur le moment, le choix. En fait, pourquoi vous avez fait ça ? Est-ce que c'était conscientisé ou pas ? Et quel était le résultat ? Est-ce que vous avez pris plaisir ou pas ? Ça apprend juste quelque chose aussi sur nos besoins, sur notre manière de consommer. Et en effet, pour les troubles digestifs, sur les résultats que ça peut avoir, ok. Là, vous savez que le pré-fou, en effet, vous ne le tolérez pas très bien. Si vous ne voulez pas être embêté et vraiment pas, dans ce cas, vous réduisez la quantité dans un premier temps. Vous faites des tests. Mais c'est en effet de recentrer sur le moment. Si vous l'avez fait, c'est que vous en avez envie, besoin. Et quelle aurait été la conséquence de ne pas tester ? Est-ce qu'il n'y aurait pas eu des regrets ? Est-ce que vous n'auriez pas juste mangé autre chose chez vous en plus grande quantité derrière ? Et ça aura eu aussi des conséquences. Donc, en fait... Il y a rarement de quoi culpabiliser parce qu'on fait rarement des choix pour se faire mal. On est vraiment quand même dans l'auto-sabotage vraiment conscientisé. C'est remettre où il y a un petit peu les besoins au centre, moins culpabiliser. Et je pensais à autre chose aussi par rapport à ta question. Ah oui, de ne pas rester focalisé que sur le protocole aussi et de voir qu'il y a d'autres... source aussi de symptômes que purement l'alimentation et de travailler sur d'autres sphères digestives que juste l'intestin, il y a aussi le foie à travailler souvent pour la constipation souvent par des problèmes de bile, j'ai appris aussi récemment qu'il y avait aussi peut-être tout un pan par rapport à l'intolérance à l'histamine donc il faut que je me plonge un peu plus dessus la gestion du stress
- Speaker #1
Je pense que c'est une pathologie vraiment qui invite à s'écouter. C'est ça qui est compliqué parce que tout le monde voudrait juste faire une prise de sang et se dire je suis intolérant à X, Y, Z, je supprime ça. Et c'est facile. Or, il y a tellement d'écoute à avoir, comme Chloé le met en avant, c'est qu'il y a d'un côté la théorie de la science, que dit la science sur ce qui est censé être toléré, comment on met en place, etc. Mais il y a aussi la vraie vie. Et dans la vraie vie, si tu ne bouges pas, tu fumes tous les jours, tu es hyper stressé, tu dors très mal. il y a peu de chances que ton corps soit en bonne santé. Donc, il faut un peu travailler toutes ces choses-là. Et même si tu suis ce que dit la science à la lettre, ça peut ne pas te convenir parce que justement, tu n'es pas dans le plaisir. Tu ne vis plus. Donc, c'est vraiment un juste milieu. Et c'est pour ça aussi d'avoir un professionnel de santé qui peut accompagner pour lier un peu la théorie et la pratique. Ça simplifie vachement la démarche.
- Speaker #0
J'essaie vraiment en effet d'avoir un regard vraiment large. Dans les bilans, les premiers rendez-vous, on parle En effet, alimentation, mais il y a aussi le sommeil, sport, gestion émotionnelle. Et je n'hésite pas à orienter aussi vers d'autres professionnels, parce que je ne peux pas tout faire. Et que je peux tout faire dans tout. Et que c'est bien aussi de se sentir écoutée aussi par plusieurs personnes. Et d'avoir vraiment, de se construire une petite équipe autour de soi qui nous apporte plein d'éléments. Enfin, ça soulage aussi, ça permet quand même de verbaliser plus aussi des douleurs et de ne pas se sentir tout seul. J'ai appris aussi, grâce à un patient, que le... TENS, je ne sais pas si tu connais.
- Speaker #1
Pour l'endométriose ?
- Speaker #0
Oui, c'est beaucoup mis en avant pour l'endométriose. C'est de la stimulation électrique. On met des petites électrodes. En fait, il y a plusieurs types de protocoles. Et il y en a un qui va stimuler une nerve vague. Alors, c'est des... des électrodes hyper particulières qui sont auriculaires en fait, donc c'est un petit peu difficile de se les procurer, c'est super cher. Mais en fait, j'ai vu une patiente qui l'utilisait pour tout autre chose que ses symptômes digestifs, et elle m'a dit que dans les effets positifs, il y avait en fait un rétablissement du transit. Et du coup, j'essaye de me renseigner aussi là-dessus sur les protocoles plutôt qui touchent aux nerfs vagues, pour du coup apaiser le système nerveux et comme il y a des symptômes en effet qui sont liés au stress, enfin qui sont amplifiés. par le facteur stress, ça peut aussi aider.
- Speaker #1
Surtout que l'intestin héritable, c'est une pathologie de l'axe intestin-cerveau. Ce n'est pas vraiment une pathologie intestinale. Donc de travailler sur cette relation-là, c'est une clé indispensable pour mieux gérer ses symptômes au quotidien.
- Speaker #0
C'est ça. Donc vraiment, il y a l'alimentation, mais il y a aussi plein d'autres choses qu'on peut faire à côté.
- Speaker #1
C'est ça. Et en plus, on cesse de grandir sur les connaissances à ce sujet. Il y a beaucoup de recherches qui sont faites. Donc justement, en tant que professionnel, toi, tu te renseignes, tu fais de la veille pour évoluer dans tes pratiques. Donc c'est normal aussi que peut-être il y a dix ans, vous avez consulté une diététicienne, ça ne vous a pas plu. Mais peut-être qu'aujourd'hui, vous allez trouver quelqu'une qui est plus compétente et plus renseignée aussi. On évolue en fait tout le temps dans notre carrière.
- Speaker #0
Et heureusement parce que...
- Speaker #1
Heureusement, oui.
- Speaker #0
Les choses évoluent beaucoup dans le domaine de la santé et dans le domaine de l'intestin, du microbiote. Et puis en plus, avec tous les compléments alimentaires maintenant, enfin, j'y pense, mais il y en a beaucoup, beaucoup. Il y a beaucoup de labos qui se lancent. Il y a des centaines de probiotiques à disposition. Et c'est un peu difficile de se retrouver là-dedans. Donc là-dessus aussi, il y a beaucoup de formations à faire.
- Speaker #1
Et donc, Chloé, où est-ce qu'on peut te retrouver si des personnes voudraient te consulter ?
- Speaker #0
Sur Doctolib. J'ai mon compte sur Doctolib, je fais de la visio. Donc si vous n'habitez pas à Lille, ce n'est pas très grave. J'ai beaucoup d'ailleurs de patients que je ne vois qu'en visio. De plus en plus que je n'ai jamais rencontrés en vrai. Donc voilà, il y a Doctolib. J'ai un compte Instagram aussi.
- Speaker #1
Donc c'est Chloé Brouard diététicienne. Et Chloé Brouard sur Doctolib à Lille.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Super. Est-ce que tu as un petit mot de la fin ? pour que ce soit tes patients ou tes futurs patients ?
- Speaker #0
Eh bien, je n'y avais pas réfléchi. Je n'y ai pas réfléchi. Ce n'est pas une fatalité, le syndrome d'intestin irritable. Il y a des solutions, comme on l'a dit, alimentaires et non alimentaires. Il y a quand même pas mal de choses à faire. Et ce n'est pas parce que la solution alimentaire ne fonctionne pas qu'il n'y a pas d'autres solutions non plus. De bien s'entourer, de trouver des bons professionnels si ça ne matche pas avec quelqu'un, ce n'est pas grave. Maintenant, il y a quand même beaucoup de diététiciennes et d'autres professionnels qui se spécialisent, des bons professionnels qui ont une bonne approche holistique, bienveillante. Même si c'est une charge mentale de devoir trouver d'autres personnes, c'est vraiment hyper important de bien s'entourer.
- Speaker #1
Super, merci beaucoup Chloé.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
Et merci à vous d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. S'il vous a plu, n'hésitez pas à laisser 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute et à très bientôt pour un prochain épisode de Belly Care. l'espace des ventres sensibles. A bientôt !