- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur un nouvel épisode de Bellicare, l'espace des ventres sensibles, le podcast où on met en lumière et on donne la parole aux troubles digestifs chroniques, dont le syndrome de l'intestin irritable, avec des parcours de patients et de soignants. Et aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Enzo, pharmacien en devenir, mais aussi entrepreneur. Il a créé Intestilip pour pouvoir apporter une approche holistique 360 dans l'accompagnement des patients qui souffrent du syndrome de l'intestin irritable et on va découvrir son parcours. Bonjour Enzo.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Comment ça va aujourd'hui ?
- Speaker #1
Ça va super. Merci beaucoup déjà pour l'invitation.
- Speaker #0
Besséfique. grand plaisir. Alors Enzo, tu es étudiant en pharmacie. Est-ce que tu peux nous partager qu'est-ce qui t'a mené à devenir pharmacien ?
- Speaker #1
Oui, carrément. Au début, je voulais faire médecine parce que je ne connaissais que ça, tout simplement. Et puis, c'est en première année, de par ma licence chimie que j'ai découvert qu'il y avait aussi cette matière qui m'intéressait, la chimie, en plus de la santé. Et donc, je me suis dit pourquoi pas pharma ? Alors que je me suis beaucoup renseigné, j'ai parlé à beaucoup de professionnels de santé pour justement m'orienter au mieux. Il y a énormément de métiers possibles dans cette filière. C'est ça qui est vraiment exceptionnel.
- Speaker #0
C'est vrai qu'on pense souvent aux pharmaciens derrière son comptoir, mais je pense qu'il y a beaucoup d'autres possibilités.
- Speaker #1
C'est vrai que c'est la majorité des pharmaciens dans les officines, mais il y a aussi bien d'autres métiers.
- Speaker #0
Et justement, qu'est-ce qui t'a guidé vers la santé de base ?
- Speaker #1
Franchement, c'était un stage en cardiologie de base. Un petit stage de troisième où je me suis dit, je veux vraiment soigner le patient.
- Speaker #0
Do à un testilif, ça sort. Pas de nulle part, je pense que ça part d'une expérience personnelle. Quand est-ce que l'intestin irritable a commencé à faire partie de ta vie ?
- Speaker #1
Moi, les symptômes, ils ont apparu, je vais dire, aux alentours de la troisième, un petit peu. Pour moi, c'était plutôt dû à des chocs psychologiques, mais peut-être une partie de génétique aussi, puisque mes grands-mères aussi sont atteintes. Ça a commencé en troisième seconde. Comme pour beaucoup, je pense, ça a pris du temps au niveau du diagnostic. C'est alors, après une coloscopie, qu'on m'a diagnostiqué, du coup, le syndrome de l'intestin irritable.
- Speaker #0
Quels étaient tes symptômes, justement ? Qu'est-ce qui t'a... poussé à consulter.
- Speaker #1
J'avais des douleurs abdominales toutes les semaines, une anxiété qui était très présente, c'est ce qui impactait vraiment ma qualité de vie, l'anxiété dans les débuts puis après forcément avec l'axe intestin-cerveau ça se répercutait aussi sur mes intestins des troubles du transit, moi c'était plutôt diarrhée au lycée c'est super difficile c'est super tabou, au début on ne sait pas trop comment faire on est un peu perdu, donc le médecin réoriente un petit peu et donc il m'a emmené voir un gastro-entérologue à cette époque-là et c'est là qu'il m'a dit je cite, voilà, tu as le colon irritable
- Speaker #0
C'est quelque chose dont tu avais parlé avec tes amis à l'époque ou c'était hyper tabou ?
- Speaker #1
C'était très tabou. Alors mes meilleurs amis, j'en parlais un petit peu. J'avais un meilleur ami pour l'anecdote qui s'est déscolarisé en fait à cause de la pathologie. Donc comme quoi ça peut pousser vraiment très très loin au niveau de l'impact social. Cet ami-là justement, j'avais essayé de lui en parler, de lui dire écoute, essaye de te faire accompagner parce que c'est vraiment le secret dans l'intestin irritable, c'est de se faire accompagner par les bonnes personnes. Donc je lui dis essaye, reprends tes études, passe au moins le bac, tout ça. Franchement c'est tabou, on en parle à une poignée de personnes finalement.
- Speaker #0
Comment tu t'en es sorti ? Qu'est-ce que tu as pu essayer justement pour te soulager ?
- Speaker #1
Déjà, la priorité numéro une, c'était résoudre le souci d'anxiété, les crises d'angoisse hebdomadaires. Dès que j'étais dans des lieux publics, ça, ce n'était pas possible. Parce que je suis sûr qu'il y en a plein qui vont se reconnaître dans ce que je vais dire. Mais ça m'arrivait de vomir avant d'aller au lycée ou avant d'aller au travail. Donc, ça a été très impactant quand même sur mon quotidien. Donc, le suivi psychologique, c'était déjà la base. Et en fait, ce qui m'a fait aller mieux, ça a été vraiment après une séance, le déclic. C'est ce que j'ai découvert plus tard en pharmacie. C'est un petit peu les thérapies cognitivo-comportementales où tu modifies un peu ta façon de penser et résultat, ça modifie ton comportement, pour faire très simple. C'est vraiment ce qui m'a permis d'y voir plus clair, moi. Pourquoi tu stresses vraiment ? C'est ça, la question qu'il faut se poser. Identifier le problème. Et une fois que je l'ai identifié, moi, personnellement, c'était grandement la peur de ne pas trouver de toilette. Franchement, c'était dur à me l'avouer au début. Je ne savais pas, en fait, ce que c'était. T'anxiétais, de quoi elle découlait. Mais voilà, après plusieurs séances, c'était ça. Et puis après, forcément, la nutrition. C'est sûr qu'il faut se faire... aider parce qu'il y a tellement de choses à savoir, les règles hygiéno-diététiques, le protocole low FODMAP, enfin voilà. Il a fallu que j'identifie les aliments que je supportais pas.
- Speaker #0
Et toi, tu as entrepris justement le régime Fablan FODMAP ?
- Speaker #1
Alors moi, malheureusement, à cette époque-là, je ne connaissais pas encore, on ne me l'avait pas encore indiqué, donc j'ai dû trouver tout seul les aliments. Mais bon, ça a pris des années en fait. J'ai perdu énormément de temps, d'énergie. Je déconseille fortement de faire ça parce que clairement, on va juste perdre de l'argent. Après, j'ai essayé plein de compléments alimentaires. des médicaments et au final, c'était ça qu'il me fallait depuis le début, identifier les aliments.
- Speaker #0
Et aujourd'hui, tu sais à quoi t'es intolérant, qu'est-ce que tu supportes moins ?
- Speaker #1
Moi, ça va être tout ce qui va être fructo-ligosaccharides, galacto-ligosaccharides, beaucoup. Fructane à forte dose, mais sinon, franchement, ça va. Donc moi, ça va, j'ai de la chance, c'est plus que ça, entre guillemets. Donc ça va, c'est assez facile. Et encore, maintenant, je mange quand même de tout, c'est juste que je le mange pas n'importe quand. C'est-à-dire que voilà, ça ne me dérangerait pas d'avoir mal au ventre après une assiette de lentilles, mais voilà, plutôt le week-end.
- Speaker #0
Donc au final, ce n'est pas une fatalité non plus d'avoir des intolérances alimentaires ?
- Speaker #1
Non, non, non, aucun problème, non. En fait, il faut accepter de priver entre guillemets de temps en temps, mais aussi de se faire plaisir. C'est important, mais en sachant que le lendemain, on aura mal au ventre. Comme ça, ça nous enlève le poids de la douleur le lendemain. C'est-à-dire que là, j'ai envie de profiter, j'ai envie de me faire un plat que j'aime bien, mais je sais qu'il va me faire mal au ventre. Eh bien, ce n'est pas grave, je suis OK avec ça. Le lendemain, j'aurai un peu mal, mais je sais pourquoi je l'ai fait. Je pense que c'est super important, ça.
- Speaker #0
Tu considères que ton SI impacte encore ta qualité de vie, ou justement tu as pu faire ce chemin pour être à un stade où justement tu comprends tes douleurs et c'est ok ?
- Speaker #1
Franchement, je fais ce que je veux, même avec mon SI. C'est-à-dire que tous les événements qui pouvaient me stresser avant, je le fais. Je ne me fixe aucune barrière due à mon syndrome. Donc non, franchement, il n'impacte plus. Alors, ça m'arrive d'avoir encore des douleurs, d'avoir des problèmes de transit. Forcément, de toute façon, ça ne peut pas tellement disparaître comme ça. Il peut être en rémission, c'est possible. Là, je suis plus sur un SI léger.
- Speaker #0
Et avec tes études justement en pharma, comment est-ce qu'on aborde les sujets de syndrome de l'intestin irritable ? Est-ce que c'est quelque chose que vous voyez en cours ou c'est absent du programme ?
- Speaker #1
Malheureusement, non, pas trop. Pour avoir fait pas mal de formations aux étudiants en pharmacie dans les différentes facs, j'ai vu que même en sixième année, donc souvent la dernière année, il y avait encore des manquements. Mais je sais que ce n'est pas les élèves parce que moi-même, en ayant vu les programmes et en ayant parlé aussi aux sixièmes années, on ne voit pas beaucoup. beaucoup de choses. C'est vraiment à nous de se renseigner à côté, prendre en charge les patients. On voit vraiment la base, la base, mais même les règles hygiénodietétiques, tu vois, la différence entre fibres solubles, insolubles, c'est fait très rapidement. Pareil entre les différents types de graisses, c'est un grand manquement, surtout que ça touche jusqu'à 10% de la population, donc c'est terrible. Au comptoir, on en voit énormément, énormément.
- Speaker #0
C'est vrai qu'on l'oublie, je pense, mais le pharmacien, c'est un professionnel de santé et en fait, c'est le... premier auquel on a accès, parce qu'on n'a pas besoin de prendre un rendez-vous, on débarque au comptoir et on raconte sa vie. Comment tu vois, toi, en tant que futur professionnel de santé, c'est que dans cette pathologie, quelle est la place du pharmacien ?
- Speaker #1
Déjà, j'aimerais revenir sur ce point que tu dis là, parce que j'aimerais vraiment démonter cette idée reçue. C'est que oui, le pharmacien ne distribue pas seulement des boîtes de médicaments. Il y a un... rôle de conseil derrière. Énorme. Et justement, en parlant de conseil, la pharmacie, c'est un endroit où tu peux venir, tu poses tes questions gratuitement. Tu as des conseils d'un professionnel de santé gratuitement. Ou est-ce qu'on peut avoir ça encore maintenant, aujourd'hui, à part en pharmacie ? C'est juste impressionnant. Bien que par ce rôle de conseil, il a un rôle pivot. Et le nombre de patients SI qui commencent, diagnostiqués ou non, qui commencent par aller voir son pharmacien, c'est énorme. C'est énorme. Il y a une étude, je crois, c'est 77... des patients qui ont pris des médicaments sans prescription médicale. Donc ça montre qu'ils sont passés forcément par le pharmacien.
- Speaker #0
On va souvent pour dire, j'ai des ballonnements, je digère mal, c'est simple d'aller en pharmacie. Je pense qu'on ne se rend pas compte aussi, moi avant je ne savais même pas que les pharmaciens faisaient des études aussi longues. Je pensais juste qu'ils étaient là derrière leur comptoir. Alors que non, ils sont aussi calés que des médecins.
- Speaker #1
Au moins sur le médicament, ça c'est sûr. En fait, on est les spécialistes du médicament et même du complément alimentaire aussi. On a beaucoup de formations, on lit pas mal d'études aussi sur les sujets. On a une thèse. Et oui, le pharmacien a aussi une thèse. C'est un docteur, finalement. C'est un docteur, effectivement. Donc non, non, j'aimerais forcément combattre ces idées reçues. C'est super important, clairement. Oui, il peut vraiment conseiller les patients sur son SI et surtout le réorienter au mieux. Ça, c'est important.
- Speaker #0
Et comment tu penses, aujourd'hui, on peut faire évoluer la formation du pharmacien pour pouvoir prendre en considération, oui, le SI, mais même d'autres pathologies chroniques ?
- Speaker #1
Non, mais de manière générale, peut-être plus de pratiques aussi. On a beaucoup de théories, beaucoup, beaucoup. Et je me dis, peut-être davantage de cas comptoirs dans nos études, peut-être même un petit peu plus tôt, ça pourrait aider. Un système un peu plus d'alternance. Bon, là, en sixième année, ça commence à bouger. Justement, en sixième année, c'est ce qui ressemble à une alternance. Ça, déjà, c'est formidable, je pense, pour prendre. Franchement, sur la pratique, il n'y a rien de mieux. Franchement, tout ce que j'ai appris avec un test libre ou même quand j'ai fait mes stages et que j'ai travaillé en officine, c'est impressionnant, le terrain. Et puis aussi, se renseigner soi-même aussi, lire des études, être à jour, organiser sa veille scientifique, c'est super important.
- Speaker #0
Et là, on a abordé Enzo, le futur pharmacien. Maintenant, Enzo, l'entrepreneur, qui est la troisième facette. Justement, on voit que l'intestin irritable, c'est quelque chose qui t'a impacté beaucoup dans ta vie et qui a orienté aussi tes choix de carrière. Et maintenant, tu transformes aussi ce vécu en un outil pour aider les autres. Est-ce que tu peux nous en dire plus sur ton projet entrepreneurial ? Oui,
- Speaker #1
carrément. En fait, je me suis dit, plus j'avançais dans mes études de pharmacie et plus justement, on voyait, comme je t'ai dit... Le médicament, le complément alimentaire, on était spécialiste. On mettait du temps à avoir les conseils. Et moi, avec mon expérience patient, je me suis dit, notamment sur le syndrome de l'intestin qui traite, il y a plein de conseils à dire, il y en a plein. Et donc, je me suis dit, justement, l'objectif, c'est de former le patient. Pourquoi il n'y a pas plus de centres de formation pour former les patients qui deviennent vraiment experts de leur pathologie pour qu'ils aillent mieux ? C'est ça, en fait, la problématique. Et en me renseignant un peu sur les autres pays, je me suis dit, en fait, dans d'autres pays, il y a des petits centres comme ça, privés et ou publics, qui se développent avec une équipe. pluridisciplinaire pour accompagner le patient. Donc je me suis dit, partant de ce constat-là, je vais essayer de m'entourer de professionnels, moi aussi, pour justement accompagner le patient sur le SI.
- Speaker #0
Et ça, c'est une super initiative parce que c'est vrai que dans d'autres pathologies, donc des personnes qui ne sont peut-être pas dans le milieu médical, on a ce qu'on appelle l'éducation thérapeutique du patient. Par exemple, chez des patients diabétiques, donc le diabète, c'est une pathologie chronique. On peut s'inscrire dans des séjours de plusieurs semaines où on va être formé par des diététiciens, pharmaciens, médecins, infirmières, pour tout savoir sur sa pathologie, savoir la gérer et avoir vraiment une vision 360, activité physique, alimentation, médicaments, pour vraiment gérer sa pathologie et devenir autonome et acteur de sa pathologie. et c'est vrai que dans le syndrome de l'intestin... Saint-Héritable, je m'étais renseignée un peu sur ce sujet parce que je me suis dit pourquoi ça n'existe pas. Il faudrait un encadrement 360 parce que c'est vraiment une pathologie 360. Dans le cadre de l'ARS, en fait, ce n'est pas compatible parce que ce n'est pas considéré comme une pathologie chronique au même titre que le diabète. Mais voilà, ça existe sur d'autres pathologies et c'est dommage justement qu'aujourd'hui, les patients doivent un peu se débrouiller par eux-mêmes. Donc, c'est super de pouvoir centraliser tout ça. Et aujourd'hui, ça fait un an que tu travailles sur ce projet.
- Speaker #1
Oui, un peu plus d'un an. Ça fait bien deux ans que j'ai une idée. L'entrepreneuriat, ça me tente beaucoup. Et il y a un an, je me suis dit, je prends une année de pause dans mes études et je me lance à fond.
- Speaker #0
Et là aujourd'hui, qu'est-ce que c'est Intestin Libre ? Comment ça marche ? Qu'est-ce que tu proposes concrètement et à qui ?
- Speaker #1
Alors déjà, Intestin Libre, c'est scindé en deux. On a un volet pour les patients, vraiment justement pour les accompagner, tant sur la nutrition que sur l'anxiété pour qu'ils aillent mieux. Ça, c'est déjà le premier point, finalement sur l'axe intestin-cerveau globalement. Donc pour ça, on a une équipe de plusieurs professionnels, dont une diététicienne, un hypnothérapeute. Ça, c'est vraiment la base dans les recos nationales, internationales. Et puis après, on aura aussi une sophrologue. une kiné formée en thérapie viscérale, une prof de yoga aussi, ça c'est super important pour le côté activité physique. On a même un petit chef cuistot pour des petites recettes si les gens veulent s'essayer un petit peu la nourriture sans FODMAP par exemple.
- Speaker #0
Et comment ça se matérialise ?
- Speaker #1
Ça se matérialise sous la forme d'une plateforme. En fait, ils auront des vidéos à regarder quand ils seront prêts. Nous, on fait le point ensemble chaque mois pour répondre aux questions. Il y a un suivi aussi derrière par messagerie. Il y a bien sûr une grosse consultation avec notre diététicienne de compris formée. Au protocole d'Ofenmap, un suivi diététique, c'est la base. Avant de se lancer directement dans un programme, il faut d'abord un petit peu faire le point. Et pour ça, on fait un bilan complètement gratuit sur le SI pour voir où en est le patient, ce qu'il a déjà essayé, donner déjà les premiers leviers concrets pour qu'il aille mieux, les premiers conseils. Ça nous permet aussi de s'assurer qu'il est bien diagnostiqué SI, parce que notre objectif, ce n'est pas d'accompagner un patient et se rendre compte qu'en fait, il a une myquie, donc une maladie inflammatoire chronique de l'intestin. cancer colorectal, je ne sais pas. Donc ça, c'est important. J'insiste là-dessus que le médecin, d'amont, diagnostique le patient. Et après, on a un deuxième volet, plus pour les entreprises. Parce que oui, comme je l'ai dit tout à l'heure avec mon ami qui s'était déscolarisé, ça impacte grandement la qualité de vie au travail. C'est d'ailleurs le sujet de ma thèse. C'est vraiment passionnant. Pour ça, je fais des interventions d'entreprise pour justement aider les collaborateurs à aller mieux au niveau de la santé digestive. De manière cette fois... plus générales.
- Speaker #0
Et comment ça se matérialise ces interventions en entreprise ? De quoi tu parles ? Et comment même on aborde ? Parce qu'aujourd'hui, je ne sais pas si c'est vraiment une thématique à laquelle les entreprises sont habituées sur les sujets de qualité de vie au travail.
- Speaker #1
Franchement, tu as raison, ils ne sont pas encore assez habitués. Mais d'un autre côté, là, tu vois, ça fait seulement un mois, un mois et demi, et je vois qu'il y a déjà des premières entreprises intéressées parce que les chiffres sont là. C'est-à-dire que l'absentéisme pour certains patients, c'est quasi doublé. Les patients sont là, mais ils ne sont pas très productifs. Donc ça s'appelle le présentéisme. Et... De manière générale, ça va être des patients qui vont vraiment, entre guillemets, ralentir la production. Mais là, je parle plus du côté entreprise. Je n'aime pas ça, mais c'est aussi important pour montrer aux entreprises l'impact. Parce que tout simplement, c'est des patients qui souffrent. Donc, comment on pallie ça ? Au travers d'une intervention où justement, on va venir dédramatiser la chose. On ne va pas non plus trop vulgariser. On va rester sérieux quand même parce que c'est vrai que ça reste un tabou en entreprise. Donc, on n'est pas là pour non plus gêner l'ADRH, le responsable. L'objectif, c'est vraiment que les collaborateurs se sentent concernés au travers de l'intervention. Donc là, plutôt collective. Ils peuvent poser leurs questions. Et après, pareil, on fait un système de bilan, cette fois anonyme pour l'entreprise. Ça, c'est important, c'est-à-dire que les collaborateurs peuvent prendre rendez-vous. L'entreprise n'en sait rien, n'ont pas les noms. Et moi, ça me permet de voir avec eux, de leur donner encore une fois les premiers conseils. Sur le long terme, en fait, pourquoi j'ai étendu aux entreprises ? C'était parce que je voulais que déjà, ça soit plus l'entreprise qui finance pour les patients. Pour eux, c'est un investissement. C'est clair, il faut le voir comme ça. Et moi, je vois surtout le côté patient où ça va être des patients qui pourront aller mieux.
- Speaker #0
Et quels sont les retours que tu as pu avoir sur le côté entreprise ? Parce que là, tu es en plein démarchage. Oui, carrément. Tu as déjà réalisé tes premières interventions.
- Speaker #1
Alors, j'ai fait de nombreuses interventions déjà dans les facultés de pharma. Pour l'instant, ça s'est super bien passé. Franchement, je vois que même dans les études, en fait, ça impacte les étudiants. Donc, ça a été déjà le premier levier. Et c'est là où je me suis dit, si ça impacte les étudiants, ça impacte forcément les travailleurs. Et donc, après, je vais faire les interventions. Là, j'en ai une. de prévues bientôt.
- Speaker #0
Super. Quels ont été les retours de l'entreprise ? Pourquoi ils ont accepté d'aller de l'avant ? Est-ce qu'ils voyaient vraiment l'investissement ?
- Speaker #1
Oui, carrément. Les entreprises ont accepté parce que je ne parle pas spécifiquement de l'intestin irritable mais aussi toutes les maladies qui vont toucher les troubles de l'interaction cerveau-intestin. Donc en fait, là, quand on regarde les études, ça monte jusqu'à... 40% des gens. Donc c'est juste énorme cette fois. Et là, ça a un gros impact. Et en plus, je peux m'adapter aussi aux entreprises, puisque le pharmacien, on est vraiment à la frontière de la nutrition, de la gestion de l'anxiété, des compléments alimentaires. On est un petit peu les meilleurs intervenants pour justement en parler. Donc je m'adapte aussi aux entreprises beaucoup. Certaines entreprises vont plus me demander... un côté nutrition parce que voilà ils ont des collaborateurs avec des horreurs décalées donc ils aimeraient des conseils un peu plus personnalisés là-dessus d'autres plus anxiété et d'autres un peu des deux donc c'est pour ça que ça trouve vraiment sa place en entreprise Ok et justement sur les troubles de l'axe intestin-cerveau comment est-ce que ça se manifeste concrètement chez des collaborateurs justement dans les études que tu as pu lire qu'on voit 40% ?
- Speaker #0
des personnes concernées.
- Speaker #1
Souvent, ça va être de l'inconfort abdominal. Déjà, il y a aussi un gros impact de tout ce qui est dyspepsie. C'est un petit peu le trouble fonctionnel, mais plutôt côté estomac. Cette sensation de lourdeur après le repas, cette sensation un peu de nausée, on n'a pas trop faim, on est un peu écœuré, tout ça. Et ça, ça peut être un petit peu dommage dans le sens que les collaborateurs vont peut-être refuser un restaurant. peut-être éviter de sortir en after-work, ils vont un petit peu s'isoler, ils vont se lever régulièrement parce qu'ils auront des ballonnements, de la distension abdominale. Ça peut être des symptômes très variables. L'idée, c'est aussi de leur apporter des pistes au niveau de l'alimentation, typiquement, pour pas qu'ils se prennent la tête. Je pense que c'est aussi pour ça que toi, t'as fait Belly Care. C'est un casse-tête parfois, notamment le protocole. au colophonemap. Donc c'est aussi ces conseils-là qui sont importants, très clairement.
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'un employeur peut mettre en place dans l'entreprise pour permettre à ses collaborateurs de mieux prendre soin de leur vente ?
- Speaker #1
Déjà qu'ils comprennent que même si personne n'en parle, le problème est là, le problème existe. Donc autant en parler pour essayer de déjà limiter la casse, on va dire, résoudre un petit peu les problèmes de son équipe, puisque sur la longueur, il verra vraiment l'impact et financier et en termes de qualité de vie au travail. Ça, c'est super important. Donc déjà, il faut qu'ils comprennent ce point-là. Ensuite, qu'ils mettent en place des choses, notamment des interventions délivrées pour ces équipes, montrer que des solutions existent et qu'ils ne sont pas obligés de s'isoler. Ils ne sont pas obligés de souffrir en silence. C'est vraiment le mot.
- Speaker #0
Puis même, je pense qu'il y a d'autres choses dans le sens où en parler, c'est bien. Mais derrière, si tu as un boss qui n'est pas compréhensif ou si tu t'absentes dix fois dans la journée parce que tu es en pleine crise, c'est de lever un peu le tabou sur ça et de dire... pas un problème et que tu te sentes aussi à l'aise sur ton lieu de travail, de dire ça fait aussi partie de ma vie, je passe 70% de ma vie au travail, ça va m'impacter aussi.
- Speaker #1
Complètement. Il y a des aménagements tout simples qui peuvent vraiment impacter le collaborateur. Mais pour ça, il faut ouvrir le dialogue. Il faut vraiment casser le tabou et c'est l'objectif de ces prochaines années.
- Speaker #0
Sachant qu'aussi, il y a des choses un peu plus basiques qui relèvent de l'hygiène de vie globale, mais permettre aux collaborateurs d'être moins sédentaires, parce que ça permet aussi de juste dégazer tranquillement, d'avoir plus de pause et que ça soit plus acceptable aussi peut-être de faire plus de choses debout ou de ne pas forcément prendre de l'alcool à table pour des repas d'affaires. C'est vraiment normaliser plein de choses qui sont déjà de base juste pour la santé. Mais d'autant plus quand on a une digestion sensible, de ne pas avoir à se justifier.
- Speaker #1
C'est ce que j'allais dire. Il y en a marre vraiment de se justifier à chaque fois qu'on dit non, je ne prends pas d'alcool. Dans notre tête, c'est non, je n'ai pas envie d'avoir mal au ventre pour juste un verre d'alcool finalement. Et en plus, doit justifier Fatiguant.
- Speaker #0
Donc aujourd'hui, Intestin Libre, c'est encore à ses débuts. Comment tu vois l'avenir d'Intestin Libre dans 5 ans ?
- Speaker #1
C'est vrai qu'on est à nos débuts. D'un autre côté, je travaille avec des collaborateurs et eux, ils ne sont clairement pas dans leur début. La diététicienne a accompagné déjà des centaines de patients. L'hypnothérapeute, c'est plusieurs centaines de patients. C'est juste impressionnant les retours qu'il a parce qu'il est aussi infirmier à côté. Mes collaborateurs ont quand même un gros bagage derrière, une grosse expérience. Donc ça déjà, c'est important. Ensuite, franchement, c'est là que le volet entreprise se développe, qu'on rentre vraiment dans une démarche. RSE de manière plus globale et puis lever le tabou, ça j'insisterai jamais assez dessus, que les collaborateurs soient contents aussi qu'on en parle, d'avoir les solutions mettre un mot aussi sur leurs troubles, on n'en a pas parlé mais c'est vrai qu'on a beaucoup parlé des symptômes mais certains ne savent pas en fait qu'ils ont le SI par exemple ou d'autres pathologies de manière générale et ils sont un petit peu en errance donc déjà quand t'es en errance, c'est dur de trouver la bonne prise en charge derrière.
- Speaker #0
C'est sûr et même il y a des choses assez basiques mais si on sait pas que aller aux toilettes 5 fois par jour et que ça soit liquide, ça peut être problématique Ouais En fait, on se dit que c'est juste la norme et on ne se pose pas forcément la question entre copine ou copain, il va combien de fois à la selle ?
- Speaker #1
Et à contrario, ce n'est pas grave si vous n'y allez que trois fois la semaine. Parce que je rappelle, le fait d'aller à la selle, les valeurs normales, c'est de trois fois par semaine à trois fois par jour. Donc, c'est vachement large quand même.
- Speaker #0
Oui, et surtout qu'on est tous différents. Il y a des normes établies par la science, mais si tu as toujours fait comme ça, c'est juste que ton organisme, il est comme ça et c'est tout. Il n'y a pas forcément besoin de changer. Tu as pas mal abordé aussi le sujet des compléments alimentaires. Aujourd'hui, on est quand même face à un marché croissant, très dynamique, avec énormément d'acteurs. Et je pense, d'un côté, c'est bien de parler justement de digestion, de regarder d'autres pistes hors médicaments. Ça, je trouve que c'est positif. En revanche, je trouve qu'on évite à diaboliser, en fait, à s'inquiéter parfois des troubles. qui sont assez bénins et que tout le monde ressent, on va jouer sur tu es fatigué, tu es ballonné. On peut vite se dire, ah, j'ai forcément un problème. Alors que non, c'est juste la vie. Mais toi, qu'as-tu prise en tant que pharmacien sur l'efficacité déjà des compléments alimentaires et de la place qu'ils devraient prendre dans la prise en charge du SI notamment ?
- Speaker #1
Comme son nom l'indique, complément alimentaire. Donc, ça vient en complément. Moi, j'en parle forcément. Mais déjà, quand les patients ont déjà des règles hygiénio-diététiques établies, ça, c'est vraiment important. Et à expliquer les bonnes règles, ça prend facile 20-30 minutes, voire plus chez certains patients. Parce que le but, c'est aussi pas seulement leur donner un conseil. C'est-à-dire, mange assis. Oui, mais d'accord, pourquoi manger assis ? C'est-à-dire que si tu manges debout, tu auras peut-être plus d'air qui va rentrer dans ton système digestif, plus de ballonnement, plus de gaz. Tout de suite, le patient va mieux retenir, mieux appliquer. Ça aussi, c'est l'un des fondements chez Intestine. C'est vraiment tout expliqué pour, justement, que le patient comprenne. Ensuite, là, une fois qu'on a déjà tout essayé en termes d'alimentation... voire même de médicaments. Si aussi, en termes d'alimentation, on voit qu'il y a tellement d'aliments qu'on n'aime pas, potentiellement des carences, par exemple les fibres. Je sais, en tant que diététicienne, que c'est 25 grammes à 30 grammes par jour. Franchement, je pense que très peu de gens le sont.
- Speaker #0
La moyenne des Français, c'est 20 grammes par jour. Ou 21. Même c'est mondial. En France, c'est quand même faible. Mais du coup, c'est pour ça aussi que beaucoup de personnes pensent qu'ils sont sensibles au FODMA possible, mais c'est juste qu'ils ne mangent pas. déjà pas assez de fibres, donc leur intestin est déjà moins habitué à digérer des fibres végétales.
- Speaker #1
Ouais, non mais carrément. Et c'est pour ça, avant de se pencher sur le complément alimentaire, déjà, c'est aussi le rôle du pharmacien ou de la diététicienne, c'est de se dire, attendez, on reprend les bases et après on peut parler de complément alimentaire. Oui, pourquoi pas. Mais maintenant, après c'est impossible aussi de généraliser en termes de complément alimentaire. C'est-à-dire qu'il y en a, ça va être du bullshit marketing. Très clairement. Et d'autres, là, il y aura plus d'efficacité, notamment pour le SI. Il y a des compléments type psyllium où là, ça fait vraiment consensus à l'échelle internationale. Pareil, quand même la glutamine aussi pour le SI, notamment après dominance diarrhée. Ça peut aussi être quand même bien envisagé. Enfin voilà, il y a des solutions qui existent. Mais d'abord, j'aimerais quand même revoir les bases.
- Speaker #0
Ça, c'est sûr. Mais c'est vrai qu'en officine, ce n'est pas toujours évident de prendre le temps d'expliquer les choses.
- Speaker #1
Non, carrément. Puis les patients, c'est tabou aussi chez eux. Parfois, ils ne vont pas en parler. C'est à nous aussi de leur dire, OK, vous avez mal aux ventes. Mais depuis combien de temps ? Oh, ça fait longtemps que ça n'a rien. Là, cette phrase, le petit soupir et après, vous savez, ça fait des années que je suis comme ça. Qu'est-ce qu'on l'entend finalement quasiment tous les jours, tous les deux jours ? Il y a un rôle de prévention aussi derrière.
- Speaker #0
Et en tant que pharmacien, c'est quoi ton avis sur le charbon actif ?
- Speaker #1
Ah, le charbon végétal actif. Pas au long cours. On peut essayer d'autres compléments alimentaires avant. Et ensuite, pourquoi pas essayer ça pour tout ce qui est ballonnement, gaz excessif. Des conseils aussi, c'est à distance des autres médicaments, parce que ça absorbe avec un dé les gaz, mais pas seulement, ça peut aussi absorber certains médicaments aussi. Donc, il peut y avoir des interactions. Donc voilà, l'idée, pas au long cours du tout, parce que même ça peut aussi entraîner quelques carences potentiellement. Donc voilà, anecdotique et pas du tout dans les premières intentions, je dirais.
- Speaker #0
Ok, mais pour les ballonnements, est-ce que c'est avéré efficace selon la science ?
- Speaker #1
Bah quand même, moi ça m'arrive de le recommander aussi, ça va être spécifique au ballonnement et au gaz. Après comme là on est aussi pareil sur du court terme, le SI c'est du long terme, donc c'est aussi compliqué. Toujours conseiller des traitements court terme chez les patients SI, parce qu'on a aussi toujours peur un petit peu que ça devienne une habitude. Je sais qu'il y a pas mal de patients... qui peuvent être au long cours de par exemple opéramine, des traitements comme ça. L'idée, c'est aussi de leur montrer d'abord toutes les solutions avant de passer aux médicaments. Après, c'est aussi une discussion avec le médecin, bien sûr. On ne remplace pas la vie médicale.
- Speaker #0
Et c'est vrai qu'entre troubles chroniques et troubles aigus, ce n'est pas du tout la même prise en charge. Effectivement, prendre des laxatifs une fois parce qu'on est en voyage et on n'est pas chez nous et on est un peu bloqué, ok. Mais des laxatifs tous les jours, c'est peut-être déconseillé ?
- Speaker #1
C'est vraiment voir avec le médecin. Les premières intentions, tout ce que je peux dire, c'est que c'est fibres, hydratation. Ça, c'est certain. Puis après, la constipation chronique, forcément. On va essayer de tout faire pour retarder le traitement médicamenteux. Parce que plus on retarde et plus ça nous laisse aussi des solutions dans la poche. Ça, c'est aussi important.
- Speaker #0
Maintenant, l'huile essentielle de menthe poivrée. Qu'est-ce que tu en penses ?
- Speaker #1
Oui, non, carrément. L'huile en gélule gastro-résistante. C'est mieux dans le sens où ça peut rendre un petit côté acide au niveau de l'estomac. Donc, c'est pour ça. Gélule gastro-résistante. Après, il y a des contre-indications aussi. Donc, bien demander l'avis d'un professionnel de santé, pharmacien ou médecin. Et là, ça va être pour... les douleurs abdominales, vraiment spécifiques, puisqu'en fait, ça va être dû au L-mantol que contient l'huile essentielle, puisque ça va venir avoir un effet antispasmodique, un petit peu comme le spasmon, au niveau des muscles, justement, abdominaux.
- Speaker #0
On voit le passionné de chimie.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. J'adore encore la chimie.
- Speaker #0
Aujourd'hui, est-ce que tu as des erreurs fréquentes que tu vois en officine ou qu'on te rapporte, que ce soit en stage, dans tes expériences que tu as pu avoir, pour les patients SI ?
- Speaker #1
Après c'est des erreurs mais ça peut être un petit peu Malgré aussi le pharmacien J'aimerais pas blâmer mes collègues mais Peut-être un quiproquo dans le sens où par exemple J'ai eu un bilan SI avec un patient Qui m'a dit bah moi ça fait plusieurs mois Que je fais le protocole Lofodmap Bah non, c'est pas au long cours du tout Le but c'est d'identifier Les aliments que tu ne supportes pas C'est pas du tout de faire ça sinon tu vas Potentiellement risquer des carences Ou des troubles alimentaires Je ne sais pas mais Merci. Non, ce n'est pas du tout au cours. Donc, bien expliquer ça. Autre chose aussi super importante, là, c'est plus sur les groupes Facebook que je l'ai vu. Ça m'inquiète toujours. C'est les traitements antidépresseurs, entre guillemets. C'est-à-dire qu'ils vont pouvoir être prescrits dans l'ESI, notamment sévère. Pas forcément pour la dépression. Et ça, c'est super important parce qu'on n'est pas forcément au courant. Mais juste, entre guillemets juste, attention, pour la douleur. En fait, ils vont jouer justement sur la modulation de la douleur. C'est le cas notamment des antidépresseurs tricycliques. Et ça, c'est important de l'expliquer aux patients. Parce que si on l'oublie... de l'expliquer au patient. C'est un coup à ce qu'après, il aille sur un groupe Facebook qui dise, mon médecin m'a prescrit ça, je n'ai pas eu trop d'explications dessus, je crois que c'est un antidépresseur, je ne vais pas le prendre.
- Speaker #0
Parce qu'il voit ça péjoratif de prendre un antidépresseur.
- Speaker #1
Oui, ça peut être mal vu, alors qu'en fait, pas du tout, parce que le médecin a sûrement adapté la postologie, notamment l'antidépresseur tricyclique. Souvent, on le prescrit vraiment à une dose bien plus faible que pour la dépression. On peut augmenter progressivement les doses. L'idée, c'est toujours de trouver la dose la plus faible, mais la dose efficace. C'est souvent ça qu'on essaye de chercher.
- Speaker #0
Et surtout que la dépression n'est pas une tare. En plus ! Je tiens à préciser.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que c'est important quand même de dédiaboliser ça aussi envers le patient.
- Speaker #0
Il y a souvent un discours de « Ah, je ne veux pas prendre de médicaments. » Moi, j'ai déjà eu des patients qui me disent « Non, mais je prends du Météo Space 1000 tous les jours, mais j'en ai marre de reprendre. » Mais d'un côté, si c'est efficace et ça soulage ta douleur, ça a un bénéfice à le prendre. Et après, ce n'est pas parce que tu prends quelque chose de naturel que ça va être plus efficace ou que c'est moins dangereux. Il y a des choses naturelles qui sont dangereuses. Et c'est important de le préciser parce que parfois, les patients n'ont pas du tout cette notion-là. Et si on vous prescrit un médicament, c'est pour une raison. Parfois, il ne faut pas hésiter aussi à demander des explications plus claires à votre médecin et qu'il prenne le temps. Si c'est un bon médecin, il va prendre le temps de vous expliquer. ou un pharmacien qui connaît aussi comment ça marche. Et parfois, ils ont plus de temps. Quand il y a moins de gens en pharmacie, ils peuvent vraiment prendre le temps de vous expliquer les choses.
- Speaker #1
Là, je vais revenir justement sur le naturel parce que tu m'as tendu la perche. C'est une idée reçue que le patient a de dire que parce que c'est naturel, ce n'est pas forcément dangereux. C'est complètement faux. L'exemple que je donne toujours, c'est que la cocaïne, c'est naturel. Sinon, l'huile essentielle demande poivre et il y a des contre-indications aussi, l'eopsilium aussi. Et puis, il y a des précautions d'emploi aussi. Ça nécessite des conseils adaptés avec. Donc, en fait, ce n'est pas parce que c'est naturel que c'est sans danger. Et ça, c'est important de le préciser.
- Speaker #0
Aujourd'hui, qu'est-ce que tu dirais aux Enzo qui venaient de découvrir qu'il avait un intestin irritable ?
- Speaker #1
Fais-toi accompagner. Tu vas juste perdre de l'argent dans des solutions parfois inutiles. Tu vas perdre beaucoup de temps et du temps de vie parce que tu vas être bloqué chez toi, soit aux toilettes, soit dans ton lit parce que tu auras mal. Et en fait, non. Fais-toi accompagner par une diététicienne. par un médecin, par ton pharmacien. Si tu as de l'anxiété, ça peut être hypnothérapeute, j'en ai déjà parlé, mais ça peut être aussi psychologue formé aux thérapies cognitivo-comportementales, c'est possible aussi. Voilà, il y a plein de possibilités en termes d'accompagnement, mais ce qu'il faut, c'est se faire clairement accompagner et d'en parler. C'est forcément un jour un petit peu délicat avec le tabou, mais je suis sûr que ça va changer, notamment grâce aux réseaux sociaux, ça a du bon aussi. On est plein. de professionnels à justement parler des troubles digestifs. Et ça, c'est important comme ça. Les patients voient qu'ils ne sont pas tout seuls.
- Speaker #0
C'est le but de ce podcast finalement, l'espace des ventres sensibles, pour qu'on en parle. Et c'est vrai que sur les réseaux sociaux, on peut avoir des très bons professionnels, mais on a aussi un peu des charlatans qui disent tout et n'importe quoi. Donc, ce n'est pas toujours évident de démêler le vrai du faux. Et déjà, de s'approcher à des professionnels répertoriés sur intestinier, par exemple.
- Speaker #1
Très clairement. Et puis, moi, je sais que je relis sans cesse mes posts, enfin, trois fois, je vérifie bien, je cite. Toujours mes sourds, je vérifie qu'il n'y ait pas trop de conflits d'intérêts, sinon je le précise. Faites attention aux fake mails, ça c'est vraiment important. Plus le message est incroyable, souvent plus il est un petit peu faux, plus il y a des incohérences.
- Speaker #0
Ouais, c'est assez douteux quoi.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. Enfin, je sais que moi j'ai choisi une com très tranquille, je veux dire, je me base sur la science. Donc quand je propose par exemple les règles hygiéno-diététiques, ça fonctionne, j'ai près d'un patient sur deux. Je le dis très clairement, mais ça ne fait pas rêver. Alors que voilà, c'est pareil pour le protocole. collophonable, ça fonctionne chez plein de personnes, mais pas chez tout le monde. Et encore une fois, le fait de formuler ça comme ça, ça ne fait pas rêver. Mais voilà, c'est important.
- Speaker #0
La nuance, ce n'est pas très marketing, hélas. Et vu que les gens, après trois secondes de hook, c'est fini, il faut s'accrocher. Mais effectivement, parfois, quand c'est trop beau pour être vrai ou ça paraît tellement simple, ça ne repose pas souvent sur la science validée.
- Speaker #1
Ou c'est exagéré.
- Speaker #0
Et donc Enzo, tes posts scientifiquement validés, on peut les trouver où ?
- Speaker #1
Sur Instagram, donc enzo-intestilibre. Après, il y a aussi plusieurs petits outils Merci. accessible sur mon site internet. Vous pouvez par exemple tester vos symptômes, la sévérité des symptômes du SI. Ça, c'est tout à fait possible. C'est le score de Francis. Très utilisé, notamment en clinique, dans la recherche, tout ça. C'est important pour la prise en charge. J'ai parlé des SI sévères, modérés, légers. C'est justement grâce à ce test. Et puis, un petit guide sur les probiotiques aussi, voilà, avec les souches. Donc ça, c'est sur mon site internet. Intestine.com.
- Speaker #0
Super. Et sur LinkedIn aussi ?
- Speaker #1
Ouais. Enzomarguerite sur LinkedIn. Je fais aussi pas mal de posts pour montrer l'impact. Là, je viens tout juste de finir un livre blanc, justement pour montrer à quel point ils perdent à la fois de l'argent et à la fois leurs salariés souffrent en silence. Donc ça, c'est quelques pages, mais franchement, ça vaut le coup. Je mets assez à disposition des entreprises. Une mini-thèse, un extrait de ma thèse finalement.
- Speaker #0
Des collaborateurs en bonne santé, ça crée plus de valeur. Donc c'est hyper important. Donc super. Écoute, merci beaucoup Enzo pour ton temps et pour tout ce que tu nous as partagé pendant cet épisode.
- Speaker #1
Encore merci à toi pour l'invitation.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode. jusqu'au bout. Si vous avez plu, n'hésitez pas à nous faire un petit retour sur bellicare.fr ou à noter 5 étoiles sur la plateforme d'écoute. A très bientôt pour le prochain épisode de Bellicare, l'espace des ventres sensibles.