Valérie FayolleAujourd'hui, on va parler des choses qui fâchent, on va parler du bazar et on va parler du rangement. Parce que oui, c'est un gros point de douleur, c'est un gros point de douleur particulièrement pour nous les femmes. Et ça c'est vrai qu'on soit en famille, qu'on soit en couple ou qu'on soit célibataire, c'est un sujet qui revient inlassablement. Et parfois ça nous prend tellement la tête qu'on finit par ne plus aimer sa maison. Alors comme je n'ai pas envie que vous en arriviez là, j'ai décidé de faire un épisode entier sur ce sujet. Restez avec moi, c'est ce dont on va parler tout de suite après le jingle. Bienvenue chez toi, je suis tellement heureuse de t'accueillir ici, dans ce podcast. Je suis Valérie Fayolle, mentor en leadership féminin et experte Feng Shui. Et ici, je m'adresse à toutes les femmes audacieuses qui ont envie de s'affranchir des codes, qui ont envie de s'affranchir de la norme pour se créer une vie qui leur ressemble vraiment. J'espère que cet espace sera pour toi une source d'énergie et une source d'inspiration. Tu retrouveras un nouvel épisode chaque semaine. Et si tu aimes ce que je te partage, pense à t'abonner et n'hésite pas à le diffuser autour de toi. Bonjour à toutes, j'espère que vous allez bien. Aujourd'hui, on va parler du bazar et je sais que c'est un gros sujet dans la maison. Je pense que vous serez nombreuses à vous reconnaître aujourd'hui dans cet épisode parce que c'est un sujet qui revient... extrêmement souvent dans les messages que vous m'envoyez, chez les femmes que j'accompagne aussi. C'est vrai que c'est un sujet qui peut créer beaucoup de tensions et beaucoup de frictions. En vrai, il ne s'agit pas simplement du bazar, mais plutôt de ce que ça vient activer et réveiller en vous, et c'est ça qu'on va décortiquer ensemble aujourd'hui. Alors on ne va pas se raconter d'histoire, avoir une maison en désordre, c'est souvent une vraie source d'inconfort. Moi je me souviens quand mes enfants étaient petits, je me rappelle vraiment de ces soirées, de ces week-ends entiers à ranger, à nettoyer, à ramasser tout ce qui traîne, et puis aussi à trier, à vider des placards, à changer les vêtements, etc. Avec l'espoir, le vain espoir, que ça tienne plus de quelques jours. Mais non, en fait ça revenait tout le temps. Moi ça me rendait dingue, j'avais l'impression en fait d'un perpétuel recommencement, un peu comme un mauvais rêve. Je ne sais pas si vous connaissez ce film, l'histoire sans fin, où chaque jour l'acteur se réveille et revit la même journée. J'avais la même impression avec le bazar. Et puis j'avais aussi l'impression de porter beaucoup de choses toute seule. Comme si j'étais la seule à être dérangée par ce bazar. Comme si les autres ne voyaient rien ou que ce n'était pas important pour eux. Ça, ça me mettait vraiment hors de moi. Parce qu'à la charge de travail s'ajoutait aussi... Un énorme sentiment d'incompréhension, d'injustice, d'impuissance. J'avais l'impression de me battre un petit peu contre des moulins. J'avais beau dire les choses, rien ne bougeait, etc. Bref, je pense que vous connaissez ça vous aussi. Et honnêtement, à ce moment-là, je ne voyais pas comment me sortir de cette équation. Mais le résultat, c'est qu'à la fin des week-ends, moi j'étais fatiguée au lieu d'être posée. Et non seulement j'étais fatiguée, mais j'en voulais à la terre entière. J'en voulais aussi et surtout à mon conjoint en particulier. Parce qu'au-delà du bazar, ce qui se joue réellement derrière, c'est des tensions dans le couple ou avec ses enfants, c'est des disputes pour une chaussette qui traîne, pour une vaisselle non faite ou pour une veste qui a été jetée un peu nonchalamment dans l'entrée. Tout ça, moi je l'ai vécu moi aussi. Et je sais combien ce schéma-là, ce schéma de tension, il se répète dans de nombreux foyers. Et puis même si la maison semble rangée, peut-être que vous avez chez vous ce placard de la honte. Celui qu'on évite d'ouvrir parce que dedans c'est de l'accumulation en vrac, en fait on ne sait même plus ce qu'il y a dedans, on y jette rapidement tout ce qu'on ne veut pas voir ailleurs. Parfois c'est juste un placard, mais d'autres fois en fait c'est une pièce entière ou alors c'est une cave ou un grenier, là où des meubles, des objets en tout genre s'accumulent au fil des ans. Et là aussi il y a des gros sujets de tension, parce qu'on va chercher un coupable et on va reprocher à l'autre, à son conjoint de préférence, d'accumuler. inutilement, de garder des choses inutilement. Ce qui nous empêche au passage de voir nos propres dysfonctionnements, de voir nos propres angles morts. Parce qu'en vrai, cette question du bazar, elle ne concerne pas uniquement les couples ou la vie de famille. Moi, je vois beaucoup de femmes, et d'hommes aussi parfois, qui sont encombrées avec ce sujet alors qu'elles vivent seules. Et ici, c'est troublant parce que la colère et l'incompréhension vont se retourner contre nous-mêmes. Et justement, on peut aussi ressentir énormément de culpabilité quand notre maison est en bazar, même quand on est seul, j'ai envie de dire, surtout quand on est seul. Et parfois, notre propre bazar, il peut vraiment nous empêcher de faire des choses importantes pour nous. Moi je vois des femmes qui, par exemple, vont se mettre une pression de dingue à chaque fois qu'elles reçoivent quelqu'un. C'est typiquement ce que fait ma mère, par exemple. Maman, je t'aime si tu écoutes cet épisode, mais à chaque visite, même pour les proches, même pour ses enfants ou ses petits-enfants, pour elle, la maison, elle doit être nickel, absolument parfaite. Et ça lui met une pression de dingue. Et alors qu'elle a envie de recevoir... En fait, le plaisir, il est complètement supplanté par la pression qu'elle se met. Du coup, il y a plein de fois où elle va préférer dire non, plein de fois où elle va préférer ne pas accueillir les personnes qu'elle aime ou se cacher derrière des excuses bidons, parce qu'en fait, c'est trop lourd. Et ça, c'est quelque chose que je vois chez énormément de femmes. Donc, regardez ce que vous faites vous aussi. Est-ce que vous aussi, vous rangez votre maison du sol au plafond avant d'accueillir vos amis ? Est-ce que vous êtes mal à l'aise ? Quand quelqu'un sonne à l'improviste parce que vous pensez que ce n'est pas assez rangé chez vous ? Est-ce que vous vous excusez de l'état de votre maison quand quelqu'un y entre ? Il y a cette phrase que j'entends régulièrement, « Ah, désolé pour le bazar ! » On sort ça un peu comme une formule de politesse, une formule magique, alors qu'en fait l'autre n'avait rien remarqué du tout. Donc cette question du bazar, ce n'est pas du tout un petit sujet, c'est un vrai point névralgique, ça déclenche un émotionnel fort, et parfois c'est un tel point de douleur. qu'on va chercher des solutions dans tous les sens. C'est là qu'on va se mettre à avoir une espèce de frénésie, qu'on va se mettre à acheter des boîtes de rangement. Bonjour les catalogues d'IKEA qui en sont pleins. Et on va penser que c'est ça qui va faire la différence. Ou alors on va se plonger dans des méthodes toutes faites du style Marie Kondo, qui a plein de mérites. Et ce n'est pas pour rien si son livre a eu un tel succès. C'est parce qu'il y a une vraie demande, il y a un vrai besoin, il y a une vraie douleur à cet endroit-là. Et puis il y a aussi parfois des personnes qui vont jusqu'à faire appel à des home organizers. Donc ça aussi c'est un métier émergent qui a le vent en poupe. Parce que ce sont des personnes qui vont carrément venir chez vous pour vous aider à organiser et à ranger votre maison. Il me semble même qu'il y a des émissions de télé là-dessus aujourd'hui. Donc il y a plein de solutions qui se présentent à vous aujourd'hui pour résoudre votre problème de rangement. Mais si vous avez déjà essayé tout ça, vous savez aussi... que ça fonctionne rarement, ou en tout cas, que ça fonctionne rarement sur la durée. Pourquoi ? Parce que selon moi, ça ne prend pas le sujet sous le bon angle. Alors, sous quel angle, justement, on devrait prendre ce sujet du bazar ? Pour répondre à ça, moi j'ai d'abord envie de vous poser une question. Pourquoi vous voulez absolument ranger votre maison ? Et ça, c'est une question qu'on se pose rarement. Parce que là, on va me regarder avec des gros yeux, tellement ça semble évident, et vous allez me dire, bah, parce que... Une maison rangée, une maison en ordre, ça fait du bien, ça apporte la paix dans son foyer, etc. Et c'est aussi ce qu'on vous dit dans les méthodes que j'ai évoquées plus haut. Comme si avoir une maison rangée, c'était normal, et surtout comme si c'était la clé de votre bonheur. Moi, j'ai un peu envie de démonter cette évidence, parce que je crois qu'en réalité, c'est beaucoup plus complexe que ça, et qu'il y a plein de choses qui se cachent derrière le simple fait de ranger sa maison. La première chose... qui est juste derrière, c'est notre éducation. Et je voudrais remettre un petit peu les pendules à l'heure là-dessus parce que, contrairement à ce qu'on voudrait nous faire croire, le rangement, ce n'est pas quelque chose qui viendrait naturellement chez tout le monde. En fait, c'est surtout le fruit de notre éducation. On nous a transmis cette image de la maison bien tenue comme étant la référence. Mais c'est une construction totale. Et c'est important de se le rappeler, surtout pour nous les femmes. Parce qu'on a aussi grandi avec cette idée plus ou moins formulée, plus ou moins explicite, qu'une maison rangée, ça fait partie de ce qu'on attend d'une femme. Derrière ça, pas loin, là, il y a l'image de la bonne ménagère. Et ce n'est pas ancien, c'est encore très très présent dans l'inconscient collectif et dans notre mode de fonctionnement personnel. Donc avec tout ça, on va se mettre une pression sur quelque chose qui n'est non pas naturel, mais qui est une injonction de plus en direction des femmes. Donc forcément, à l'intérieur de nous, ça va tirailler. Ça va tirailler entre la pensée collective de « je dois ranger pour avoir une belle maison et me sentir bien chez moi » et le refus individuel, personnel de cette injonction supplémentaire. Et c'est justement parce que ranger est perçu comme une obligation qu'on va créer souvent de la résistance. Ce n'est pas de la paresse, c'est une réaction à quelque chose qui n'est pas véritablement choisi. Donc ça va être vraiment important de sortir de cette injonction de regarder notre bazar pour ce qu'il est vraiment, et de remettre le choix au cœur du sujet. Et ça, toutes les méthodes n'en parlent pas. On vous explique toujours comment ranger, on va mettre le focus sur le symptôme, mais on ne vous apprend pas d'abord à regarder si c'est vraiment important pour vous et pourquoi c'est important pour vous. Et aujourd'hui j'ai envie de vous dire, non, avoir une maison rangée, c'est pas une évidence. Et on peut tout à fait se détendre là-dessus. Et il y a un deuxième point important aussi qui se cache derrière notre stress du rangement, c'est la peur du regard des autres. En fait, quand on veut ranger chez soi, on pense que c'est pour notre propre bien-être et notre bonheur ou celui de notre famille. Mais en réalité, il y a non seulement le poids de cette éducation dont je viens de vous parler, mais il y a aussi l'envie d'être une bonne personne aux yeux des autres. Et ça, c'est très fort. Parce que derrière le rangement et l'état de notre maison, inconsciemment, il y a tout un système d'évaluation qui se met en place. Je vous parlais tout à l'heure de la bonne ménagère, mais c'est vraiment ça. En fait, on range pour se rassurer sur notre capacité à être quelqu'un de bien. Quelqu'un de capable, quelqu'un qui maîtrise sa vie, quelqu'un qui a les idées claires, quelqu'un qui est ordonné. C'est ça qu'on essaie d'être quand on veut ranger notre maison. Mais c'est une supercherie, bien sûr. Et puis, à l'inverse, si on n'arrive pas à ranger, si on échoue, alors là, ça peut être perçu comme quelque chose de terrible. Parce qu'on aurait la preuve tangible, à travers notre maison, qu'on n'est pas cette personne parfaite ou irréprochable. Et regardez d'ailleurs si vous avez des difficultés à ranger chez vous aujourd'hui, tous les jugements qui viennent avec. Peut-être que vous vous dites ou que vous vous sentez incapable, impuissante, dépassée. Ça, ce sont les mots que vous utilisez pour m'en parler, ce ne sont pas mes mots à moi, c'est vraiment votre vocabulaire. Et ces mots-là, ils vous ramènent toujours vers quelque chose qui vous fait vous sentir petite, qui vous fait vous sentir pas assez, pas suffisante. Comme si le rangement de votre maison était une façon d'évaluer vos compétences, vos capacités ou votre personne. Et puis vous allez comparer votre maison à celle des autres aussi, parce que sinon ce ne serait pas drôle. Donc ça va loin cette histoire. Moi je vois des femmes qui souffrent vraiment beaucoup avec cette question du rangement, parce qu'elles s'évaluent à travers ça. Elles évaluent leur valeur à travers ça. Et elles pensent aussi que les autres vont les évaluer là-dessus. Et c'est ce que je vois aussi dans mon accompagnement Maison Sérénité, quand on travaille sur l'aménagement des pièces. Je leur demande, je demande aux femmes que j'accompagne de partager des vidéos et des photos de leur intérieur pour qu'on puisse travailler dessus. Et je dois vraiment insister à chaque fois pour qu'elles ne rangent pas avant de faire ces visuels. C'est important pour qu'on puisse travailler à partir de leur vie réelle, pas à partir d'une image de catalogue. Mais je vois à quel point, et elles me le disent, à quel point c'est compliqué, à quel point il y a de la résistance pour elles. On ne montre pas sa maison si c'est le bazar. Elles ont peur de ce que vont penser les autres. elles ont peur de la comparaison et elles ont peur aussi de ce que moi je vais penser à propos d'elles-mêmes. Et ça c'est vraiment des réflexes qui sont tellement ancrés à l'intérieur de nous. On a énormément de résistance à ça. Et c'est aussi pour ça d'ailleurs qu'on a du mal à accueillir des invités simplement quand c'est le bazar à la maison. Parce qu'il y a cette évaluation qui est là pas loin derrière. Mais en réalité si vous regardez bien ce qui se passe, ce que vos amis viennent chercher chez vous, c'est pas votre rangement, c'est vous. C'est le moment passé ensemble. C'est la conversation, c'est le café que vous allez partager, c'est les rires que vous allez échanger. Et quand vous vous rappelez vous aussi d'un bon moment chez les amis, vous ne vous souvenez pas de comment était la maison ce jour-là. Vous vous souvenez de comment vous vous êtes sentis avec vos amis. Donc on voit bien que ça ne tient pas la route tout ça. Et pourtant on a du mal à se défaire de cette peur du regard des autres, de cette peur de l'évaluation. Et c'est tout ça qu'il y a aussi derrière notre injonction à ranger. Ce n'est pas juste une histoire de carton ou de boîte de rangement. C'est toutes ces peurs-là, cette peur de l'évaluation. Et puis, il y a un troisième point aussi que je voulais vous partager aujourd'hui à propos du rangement, c'est l'illusion du bonheur. Parce que oui, on nous a vendu ça aussi. On nous fait croire à travers les magazines, les réseaux sociaux, Pinterest, les intérieurs impeccables qu'on nous montre un peu partout, toute cette mode aussi autour du minimalisme qui est encore très tendance aujourd'hui. On nous fait croire qu'une maison rangée, c'est un préalable à une vie idéale, à une vie qui va super bien. Mais tant qu'on croit, tant qu'on pense qu'on peut se sentir bien uniquement dans une maison qui est parfaitement en ordre, en fait on passe à côté de l'essentiel. On se met surtout une pression qui est absolument démesurée, et c'est assez surréaliste quand on y pense. On est en train de mesurer notre niveau de bonheur et d'épanouissement en fonction de l'état de notre panier à linge ou du rangement de notre bureau. Et c'est une pression qui, la plupart du temps, ne vient même pas de votre besoin réel, mais d'une image qu'on vous a vendue et que vous avez validée. Et c'est là qu'apparaît un paradoxe qui mérite vraiment qu'on s'y arrête. En fait, on veut ranger pour profiter davantage de notre maison, de notre vie, de nos proches, et pourtant, regardez ce qu'on va sacrifier au passage. On va sacrifier pour pouvoir ranger, on va sacrifier des moments de repos, on va sacrifier des week-ends entiers, comme moi je l'ai fait. On va s'énerver contre nos enfants pour Dieu des ordres, alors qu'au fond, c'est simplement le signe de leur présence dans la maison. On va passer des heures à tout planquer avant que des amis arrivent, alors que ce temps-là, on aurait pu le passer à se préparer, à se sentir bien, à être disponible pour eux. Et donc au bout du compte, c'est exactement l'inverse qui se produit. La maison qu'on voudrait, qu'on veut ranger pour mieux vivre, en fait, devient ce qui nous empêche de bien vivre. Et c'est complètement paradoxal, mais c'est ce qui est là. Et c'est toute cette complexité, en fait, qui se cache derrière la réalité de notre bazar. Ce n'est pas étonnant qu'une simple méthode de rangement ne règle rien, parce que ça ne soulève pas du tout tous ces sujets-là, toutes ces questions-là. Et ce qu'on oublie aussi souvent, c'est que le bazar, ça n'existe pas vraiment en soi. Il n'y a pas de niveau universel à partir duquel une maison serait en bazar. Ce qui existe en revanche, c'est l'écart entre l'état réel de votre maison et l'image que vous fantasmez sur ce qu'elle devrait être. Et je vous invite encore une fois à repenser à quelques-uns des... les plus beaux moments que vous avez vécu chez vous. Ça peut être un dîner, un fourrir, une soirée avec les enfants, un moment de calme, un dimanche matin, ou un moment spécial avec votre amoureux en fait. Demandez-vous sincèrement si la maison était parfaitement rangée à ce moment-là. Très souvent, vous allez vous rendre compte que l'état du rangement n'avait aucune importance dans ce souvenir, peut-être même que vous ne vous en souvenez pas. Ce qui comptait, c'était bien autre chose. Alors le problème, c'est peut-être pas votre bazar. Le problème, c'est que vous demandez en fait à votre maison de ressembler à une vie qui n'est pas la vôtre. Une maison avec trois enfants ne ressemble pas à une maison qui est sans enfants. Une maison dans laquelle vous travaillez tous les jours ne ressemble pas à une maison où vous venez uniquement pour dormir. Une maison partagée avec votre conjoint n'est pas la même qu'une maison où vous vivez seul. Donc la bonne question, ce n'est pas comment je fais pour ranger ma maison. La bonne question, c'est de quoi j'ai réellement besoin chez moi aujourd'hui pour soutenir la vie qui est la mienne. Et puis aussi, votre maison, ce n'est pas un showroom, parce qu'il y a un danger à l'autre bout du spectre, dont on parle rarement, mais c'est celui de la maison qui ne bouge plus d'un poil, en fait. Celui de l'intérieur qui est tellement nickel, tellement parfait, tellement figé, qu'on n'ose plus rien toucher. Peut-être que vous avez déjà vu ça vous aussi, peut-être que c'est ce qui se passe chez vous. Une maison soi-disant parfaite, mais tellement parfaite que chaque objet a une place fixe. Et vous, vous n'osez pas poser vos fesses sur le canapé de peur de déranger cet ordre établi. En fait, si c'était plutôt ça le vrai signal d'alarme, si ce n'était pas le bazar le signal d'alarme, mais plutôt ça, l'absence de mouvement, l'absence de vie dans une maison. Et je pense souvent à Elisabeth, une femme que j'ai accompagnée il y a quelques années, et à son histoire de plaide. Sa fille, en fait, qui était une jeune adulte, elle venait la voir régulièrement, et à chaque fois... Elle se levait dans le canapé du salon, comme elle le faisait quand elle était ado, et puis les coussins, ils étaient... ils bougeaient, quoi, ils se retrouvaient déplacés, le plaid, il finissait en vrac, roulé en boule, parfois à moitié par terre, et puis quand elle partait, ça restait en l'état. Et à chaque fois, Elisabeth, ça la foutait en rogne, parce qu'elle s'agacait de ça, elle remettait tout en ordre dès que sa fille était partie, et puis elle bouillonnait intérieurement, elle ronchonnait. Et un jour, je lui ai posé une question très simple. En fait, qu'est-ce qui est le plus important pour toi ? C'est un canapé impeccable ? Ou alors c'est ta fille qui se sent tellement bien chez toi qu'elle revient régulièrement pour y faire son nid ? Et cette conversation, en fait, ça a absolument tout changé. Juste de se poser la question autrement, parce que le plaid, lui, il a toujours continué d'être en vrac après le passage de sa fille, mais le regard d'Elisabeth, le regard qu'elle portait sur ce bazar, en fait, était complètement différent. Il y avait beaucoup plus de tendresse, elle ne le percevait plus justement comme du bordel apparent, c'était devenu la trace du passage de sa fille chez elle. Et donc l'agacement qu'elle ressentait avant à chaque fois, ça a complètement disparu. Et c'est un peu la même chose avec les jouets qui traînent, avec les affaires de votre conjoint qui sont posées là où vous ne voudriez pas qu'elles soient. Parce que le jour où les enfants sont partis, souvent on pleure devant une maison qui est trop silencieuse, trop rangée justement. Alors qu'est-ce qu'on en tire de tout ça ? Surtout qu'une maison n'a pas besoin d'être parfaite. Le bazar c'est aussi un signe de mouvement, c'est un signe de vie. Une maison qui est trop parfaite, c'est pas une maison vivante, c'est juste une maison figée. Alors attention, je ne suis pas en train de vous dire que vous ne devez plus jamais ranger. Ce serait absurde et ce n'est pas du tout mon propos. Mais il y a une vraie différence entre le rangement aussi et la saleté. La saleté, c'est effectivement une énergie basse. Donc on va l'éviter chez soi. Mais on confond trop souvent en fait les deux. Comme si vouloir garder un peu de bazar chez soi voudrait dire vivre dans la crasse. Mais ça n'a rien à voir. Vous pouvez tout à fait avoir un bazar propre. Et ce dont je vous parle aujourd'hui, ce n'est pas de ça. Mais c'est de cette exigence. de perfection permanente qui vous coûte énormément d'énergie et qui vous tient éloigné justement de la vie que vous cherchiez à obtenir en rangeant votre maison. Mais entre une maison qui est sans dessus-dessous et une maison figée, il y a un élément important, c'est vous. Parce que ce dont vous avez besoin, ce n'est pas d'un showroom, ce n'est pas d'une maison parfaite, c'est d'une maison qui vous ressemble et qui soutient la vie qui est la vôtre. Donc certaines personnes vont avoir besoin vraiment de s'entourer de plein d'objets. Parce que c'est leur univers, parce que ça les rassure, parce que ça les rend créatifs. Et pour d'autres, elles auront besoin d'un espace plus dépouillé, moins chargé. Donc il n'y a pas de modèle universel, contrairement à ce qu'on voudrait nous faire croire. Et donc si on commençait par se foutre la paix, par sortir des injonctions, par sortir des obligations et par sortir de la peur du regard des autres, parce qu'à ce moment-là, il y a fort à parier que votre bazar ne sera plus du tout aussi pesant. Et je vais même vous partager quelque chose qui va vous paraître étonnant. C'est souvent quand on lâche cette obsession de la perfection, quand on remet du plaisir dans sa maison, même si elle est en bazar, surtout si elle est en bazar, alors là, comme par magie en fait, le rangement se fait naturellement, sans même qu'on ait besoin d'y penser. Et aujourd'hui, peut-être que vous essayez encore de ranger votre maison pour vous y sentir bien, alors que c'est l'inverse qui devrait se passer. Une maison dans laquelle vous vous sentez déjà bien va se ranger naturellement. et facilement. Voilà ce que je voulais vous partager aujourd'hui. J'espère que cet épisode vraiment aura de la valeur pour vous et que ça vous remettra un peu douce dans tout ce sujet qui est un peu un sujet de tension. Je vous mets aussi dans la légende de cet épisode un lien vers un guide qui justement va vous permettre de commencer à regarder votre maison autrement. Donc je vous invite à le télécharger. Et puis, avant qu'on se quitte aussi, je vous invite vraiment à faire une chose cette semaine. Si vous êtes fâché avec votre bazar, ne cherchez pas forcément à ranger. Mettez-vous sur pause pendant un moment et puis posez-vous plutôt la question « Pourquoi est-ce que ça me dérange autant ? » et « À quelle injonction est-ce que j'essaie d'obéir ? » Et puis demandez-vous aussi « De quoi avez-vous réellement besoin chez vous aujourd'hui ? » Et puis racontez-moi en commentaire, dites-moi en commentaire ou par mail si vous vous reconnaissez dans ce que je vous ai partagé dans cet épisode. On se retrouve ici, sur ce podcast, dès la semaine prochaine. Moi je vous dis à très bientôt et d'ici là. Prenez soin de vous surtout.