- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur le podcast d'Extra Life, je suis Louise Thiard, architecte-ingénieur passionnée par le réemploi de matériaux de construction. Et dans ce podcast, je rencontre des acteurs de l'économie circulaire, autrement dit des personnes engagées comme moi, dans le réemploi de matériaux et la réutilisation des matériaux plus globalement. Aujourd'hui, je suis hyper heureuse car je suis en compagnie de Naomi Scherer, qui est fondatrice de Moor Reemploi, premier courtier en matériaux de réemploi. Elle va nous expliquer ce que c'est le métier de courtier et on va surtout parler de son parcours d'auto-entrepreneuse dans le domaine de l'économie circulaire. Naomi, est-ce que tu pourrais me dire en deux mots pourquoi tu fais tout ça ? Pourquoi tu t'es engagée ? Qu'est-ce qui te tient à cœur dans cette activité ?
- Speaker #1
Bonjour Louise et merci de me recevoir sur ton podcast. C'est tout simple, c'est deux mots, c'est mes enfants. Un jour, je me suis levée et je me suis posé la question, est-ce que dans 20 ans, quand j'aurai mes enfants qui seront adultes, qu'est-ce que j'ai envie de leur dire ? Je me suis vite répondue en disant que j'ai envie de les regarder dans les yeux et leur dire que j'ai tout fait pour eux, tout simplement.
- Speaker #0
C'est super touchant. Tout fait pour eux et que tu as fait le maximum à ton échelle. Exactement. Pourquoi en fait ? Pour protéger les ressources, pour protéger la nature qu'il y a autour d'eux ?
- Speaker #1
Exactement. Les ressources pour moi, c'est presque une obsession. Je pense qu'on travaille dans leur emploi. le fait que La réréfaction des ressources autour de nous devient de plus en plus un sujet, enfin c'est un sujet, c'est une vraie problématique, et quand je regarde rien que le sable et les plages qui disparaissent partout dans le monde, moi je ne peux pas imaginer de fermer les yeux et faire comme si rien n'était, Aujourd'hui, on le sait. Et en fait, c'était plus fort que moi de ne pas... pas... Enfin, j'ai dû réagir. J'ai dû faire quelque chose.
- Speaker #0
Ok. Et donc, pour retracer un peu ton parcours et en fait, de voir comment tu as agi, ton rôle, c'est d'être un AMO, c'est accompagnement et maîtrise d'ouvrage sur le réemploi. Parfois, tu es aussi en appui au bureau d'études pour faire ce sourcing des matériaux, pour trouver des matériaux dans les projets ou alors trouver des repreneurs quand il y a des matériaux dont on veut se séparer. Ça, c'est ce que tu fais aujourd'hui chez Moor. Tu habites dans le Beaujolais, au nord de Lyon. Tu es passée de... Il y a deux ans, tu habitais... Non, c'était il y a plus longtemps.
- Speaker #1
Il y a... Jusqu'au Covid. Jusqu'au Covid, j'habite à Paris.
- Speaker #0
C'est ça. Après le Covid, tu passes de Paris à un village de 600 habitants pour te rapprocher de l'Italie, de ta famille, de là où tu viens. Et tu fais en fait une rénovation de ta propre maison qui sera un laboratoire du réemploi et que tu appelleras la maison circulaire qui est une référence pour beaucoup dans ce secteur puisque tu t'en sers comme d'un démonstrateur. C'est aussi là-bas que tu as bossé quatre ans chez Circuler, donc c'est du recyclage. C'est du recyclage ? Tout à fait.
- Speaker #1
C'est du recyclage de fins de peau de peinture qui arrivent en déchetterie et qui sont reformulées pour être remises sur le marché.
- Speaker #0
Et donc, peut-être qu'à ce moment-là, tu te poses la question de l'économie circulaire et tu décides de devenir auto-entrepreneuse. Donc, tu as un peu superposé le salariat et l'auto-entrepreneuriat.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Au moment où tu as créé Moor, il y a deux ans. Et jusqu'ici, tu es... tu es à ton compte totalement indépendante à 100%. Et donc, Moor, c'est une aide sur mesure pour intégrer l'économie circulaire dans les chantiers. Est-ce que tu peux m'expliquer comment... Ah oui, tu m'avais dit d'abord que tu avais commencé par des petits projets pour tester ta méthode de travail.
- Speaker #1
Oui, c'est ce que je peux...
- Speaker #0
Est-ce que tu peux reparler du début de Moor?
- Speaker #1
Oui, tout à fait. Alors, Moor, en vrai, Moor part il y a bien plus qu'il y a deux ans. Donc, j'ai fait juste une petite parenthèse, mes parents sont tous les deux entrepreneurs. Et moi, j'ai toujours dit, je n'ai pas envie de devenir entrepreneur. Ça ne m'a jamais atterré. Et puis, j'étais toujours salariée, j'étais bien contente, heureuse d'être salariée. Et quand j'étais chez Cirque Couleur, la première année, j'ai vu les deux fondatrices de Cirque Couleur, entrepreneurs et jeunes femmes avec des enfants et tout. Et on va dire, depuis deux ans déjà, j'étais en 100% télétravail. Et en fait, entre regarder, elle m'a un peu servi d'exemple ou d'envie de... pour me dire que ça peut être intéressant cette autonomie. Et en effet, quand tu es jeune mère et que tu as toutes les contraintes liées aux enfants, avoir ta propre autonomie, ça vaut de l'or. Moi, je suis restée quatre ans pour m'occuper de Circuler et ça a été une grande passion. Et chez Circuler aussi, en parallèle, j'ai... J'ai appris plein de choses autour de l'économie circulaire, la partie recyclage, qu'aujourd'hui, ceux qui sont dans leur emploi ont moins de visibilité, on va dire, sur les contraintes vis-à-vis des matériaux de recyclage qui viennent des déchets. Donc, il y a toute une autre contrainte aussi qui est liée aux organismes qui traitent les déchets et comment on les sort du statut de déchet. Donc, ça, c'est hyper intéressant. mais donc la La première phase, c'est le goût pour l'entrepreneuriat. Ensuite, je me souviens avoir dit, oui, mais je n'ai pas d'idée, je ne saurais pas quoi faire. Et en fait, en parallèle de Moor, comme tu disais, après Paris, on a quitté Paris. Donc, moi, je travaillais déjà dans le secteur du bâtiment. Je me suis formée à l'économie circulaire par des MOOC en ligne, typiquement celui de l'ADEME sur le réemploi qui avait lieu en 2021. Et je ne sais pas s'il est encore en ligne d'ailleurs. Et donc, on est arrivé ici, on a acheté notre maison. Moi, j'étais déjà à fond sur le réemploi. Je me suis dit, je veux faire un maximum de réemploi ou de recyclage de matériaux sur le chantier. Et en effet, c'est devenu un vrai laboratoire pour moi, pour voir ce qui était possible de faire, où étaient les limites. Et au fur et à mesure, en plus, les limites sont allées de plus en plus loin parce que des offres sont sorties au fur et à mesure. Là, je te parle de début 2022, il n'y avait pas grand-chose, on va dire, entre le reconditionnement, je pense que ça n'existait même pas encore à l'époque, et plein de solutions n'étaient pas encore existantes. Et en fait, c'est en faisant ce chantier-là que je me suis rendue compte que le maître d'ouvrage n'était pas du tout accompagné dans la recherche de matériaux. Donc, j'ai eu une super architecte qui m'a aidée dans la conception pour faire du réemploi in situ. Donc ça, ça a très bien marché. Mais pour faire justement la partie sourcing, en fait, je n'ai pas été forcément accompagnée. Et c'est là, donc j'ai commencé chez Circuler, j'ai voyé les grands comptes qui pouvaient avoir déjà des premiers accompagnements, donc des IMO réemploi, etc. Mais du coup, j'ai me dit, mais en fait, par contre, le rôle vraiment de quelqu'un qui cherche les matériaux auprès des acteurs du réemploi, Ça n'existe pas vraiment. Alors que chaque acteur du remploi a ses propres contraintes avec ses méthodes. Et quelqu'un qui, à chaque fois, doit recommencer la recherche de zéro, ça leur prend un temps fou. Alors que moi, maintenant, j'essaie que, j'en sais rien, par exemple, Articonex, il a tel type de fonctionnement, Baticycle fonctionne de telle manière, etc. Et du coup, j'essaie déjà comment me comporter avec eux ... quand je trouve les matériaux dans leur établissement. Et donc, j'ai tourné pendant quand même, je crois, un an autour du projet. Et c'est au final, en été 2023, quand il y avait la… Excuse-moi, je me suis perdue. Quand il y a eu la remise des trophées de… construction 21 exactement et construction 21 donc c'est un média qui essaie de promouvoir une économie plus durable et le concours s'appelle green solutions awards et donc moi j'avais participé avec la rénovation de la maison circulaire donc j'étais un particulier qui proposait sa maison il n'y avait rien de plus et je me souviens que j'avais essayé de faire voter tout le monde tous mes copains en sachant que à côté j'avais deux soeurs On était au total 219 candidats, dont Bouygues et Fage, il y avait l'archipel 0, il y avait le Rensau Piano, enfin vraiment c'était les plus gros. Et à Marvaille il y avait la maison circulaire et un jour je reçois un appel de construction en me disant « Naomi, t'as gagné deux prix » . On était surpris, mais ouais t'as gagné deux prix. Et donc le premier c'était le prix du public, donc tout le monde avait voté pour mon projet. Et le deuxième surtout c'était la mention coup de cœur du jury. qui avait justifié ce prix, au-delà de mon engagement personnel, parce que le modèle était reproductible à large échelle. Et comme on dit ça, j'ai dit, mais en fait, c'est ça que je dois faire, c'est aider les autres à faire exactement la même chose que je fais chez moi. Et donc, en octobre 2023, j'ai lancé le métier de courtier en matière de remploi. Et je me suis éclatée, vraiment. J'ai découvert, en parallèle de mon salariat, dans les heures disponibles que j'avais, on va dire, principalement, j'ai découvert une passion à dénicher les matériaux partout en France, aller trouver des clients qui avaient envie de faire du remploi. Et je me suis éclatée, vraiment. Ça a été super intéressant, en sachant que j'avais décidé, Et... pour les premières années de tester ma solution parce que c'était quelque chose de nouveau. Le terme courtier matériel de remploi, ça n'existait pas avant. Et il y a encore aujourd'hui la personne qui utilise ce terme, je suis la seule. Et peut-être il faut que j'explique aussi ce que ça veut dire courtier.
- Speaker #0
Oui, tu peux.
- Speaker #1
Je finis l'histoire, après je vais expliquer ce que c'est le terme courtier. Et donc les deux premières années... Je me suis éclatée et j'ai eu envie de tester ma solution parce que justement j'étais la première à proposer un type de solution principalement basé sur le sourcing de matière de réemploi. Et donc j'ai beaucoup travaillé sur des petits projets, à la fois pour des professionnels qui avaient envie de faire du réemploi et des particuliers. pourquoi ? parce que j'avais envie de voir quelle était aussi la limite de l'usager, jusqu'à où l'usager acceptait leur emploi après dans sa vie, parce que c'est nous qui utilisons les bâtiments, qui vivons dans les bâtiments, que ce soit du tertiaire ou de l'habitat. Et donc, ça m'a beaucoup appris. Ça m'a beaucoup appris aussi dans la pédagogie. Qu'est-ce que tu as appris ?
- Speaker #0
De l'usager, justement, de sa tolérance du réemploi et aussi de sa capacité. Tu constates que c'est très compliqué de se sourcer en matériaux quand tu n'y connais rien et que tu es un particulier. Donc, tu crées cette offre, cet accompagnement. Et quelle réponse ? J'imagine que les clients t'appellent spécialement parce qu'ils veulent en faire, mais c'est quoi leur seuil de tolérance, d'ailleurs ?
- Speaker #1
Justement, j'ai beaucoup appris dans ce point de vue. le seuil, en fait j'ai que j'ai compris, c'est que le seuil de tolérance dépend du type de personne qui est devant toi. Avant de même vendre mon offre, j'essaie de comprendre qui j'ai devant moi. Tu ne peux pas faire du remploi si la personne veut juste faire des économies. Parce que le remploi, ce n'est pas forcément synonyme d'économie. Du coup, tu ne peux pas juste le faire parce que tu... tu veux baisser les coûts de ton chantier. Parce qu'en fait, tu ne vas pas comprendre pourquoi, à la place de te montrer un catalogue avec 200 types de références de robinets, je t'en montre juste deux, par exemple. Et donc, moi, quelque chose que je fais de manière… Maintenant, c'est systématique. Quand j'ai des appels ou quand j'échange avec des clients, je suis bien consciente, je leur pose vraiment la question, pourquoi ils veulent faire du réemploi ? quel est leur... leur idée. D'accord. Donc ça, c'est la première chose. Et après, bien entendu, comme je disais tout à l'heure, ça dépend vraiment des personnes. Cette année, par exemple, j'ai eu un chantier où les gens me disaient « oui, oui, nous on va faire du remploi, ça nous intéresse, les économies carbone, etc. » Et après, ils ont refusé quatre typologies de sanitaires reconditionnés. Parce que c'était reconditionné, ce n'était pas neuf. Alors que moi, je m'appelle Maud Réemploi, je t'aimais partout que c'est du réemploi. Donc, j'ai fait vraiment très attention sur le choix des maîtres d'ouvrage.
- Speaker #0
À la base, oui, d'accord. Et donc là, le courtier, qu'est-ce qu'il peut apporter ? Qu'est-ce que c'est le quotidien ? Qu'est-ce que c'est son job, le courtier ?
- Speaker #1
Alors, le courtier, déjà, vis-à-vis du maître d'œuvre ou du maître d'ouvrage, c'est un gain de temps. Parce que le maître d'œuvre n'a pas forcément de temps, tout simplement, pour se mettre à échanger avec tous les fournisseurs de réemploi. Comme je l'ai dit tout à l'heure, chacun a ses contraintes. Et donc, en fait, je leur fais en premier lieu gagner du temps dans le fait où je gère, moi, complètement, je suis l'interlocuteur principal. Et entre le maître d'œuvre, le maître d'ouvrage de l'autre côté et les acteurs du réemploi. Et en fait, tous les jours, c'est « je cherche tel et tel matériau » , ce qui tourne par hasard. Est-ce que tu as fait des diag récemment où tu vas faire de la dépose soignée de tel et tel matériau parce que j'en cherche ? Je cherche des portes, je cherche des sanitaires, je cherche des robinets, du carrelage. Est-ce que tu peux m'envoyer une proposition de carrelage ? Voilà, c'est souvent ça. Et au final, mes partenaires, on devient copains, c'est des amis pour moi, parce qu'on se parle tout le temps. Moi, je leur amène des clients, donc pour eux, c'est gagné. Et moi, ça me permet d'avoir accès à toute une matérialité nationale par téléphone.
- Speaker #0
Oui. Et je pense qu'il faut insister sur le côté, enfin je pense que tu seras d'accord, que le fait d'être vraiment dans un écosystème, dans un réseau, et d'être tout le temps en contact avec les gens qui font la même chose que nous, c'est essentiel.
- Speaker #1
Moi aujourd'hui, je reçois toutes les newsletters de tous les acteurs quasiment, ou si je ne la reçois pas, parce que je sais déjà qu'il y a... eux, ils ont telle ou telle offre, ou parce qu'ils ont la mise à jour en ligne de leur matériau, donc je n'ai pas besoin de recevoir une mise à jour. Mais sinon, j'ai reçu régulièrement des diagnostics PEMD existants ou ressources, parce qu'on ne peut jamais savoir à quel moment on trouve tel ou tel matériau sur les différents chantiers. Et en effet, le côté, ça fait un peu mafia, mais c'est vrai que... Il faut connaître les acteurs de l'économie circulaire, il faut qu'on se connaisse tous, parce que quand j'appelle, j'ai besoin de savoir s'ils ont tel et tel matériau. J'ai un très bon exemple, il y a deux ans, l'été dernier, j'ai travaillé sur un projet pour indépendance dans une maison à Lyon. J'ai cherché du parquet, le client m'avait dit « je voudrais du parquet contrecollé parce que le parquet massif coûte trop cher » . Donc je commence à chercher le parquet contrecollé, je voulais le trouver en Rhône-Alpes pour éviter les transports, le prix du transport mais aussi le carbone qui est consommé par les camions, etc. Et un jour je me souviens, j'ai appelé un bureau d'études, je leur ai dit par hasard dans vos diags, est-ce que vous avez du parquet ? Ils m'ont dit bah oui, tiens, on a fait un diag, il ne le publie pas forcément. Et là, ils vont commencer la démolition la semaine prochaine. Je t'envoie ça. Et le client a fini par s'acheter 60 m² de parquet à 10 € le mètre carré. Et donc, il a eu du parquet massif magnifique, en très bon état, déposé à règle d'art. Et il était trop content.
- Speaker #0
Oui, c'est ça aussi ce que permet le réemploi, c'est l'accès à des matériaux anciens de bonne qualité.
- Speaker #1
De qualité.
- Speaker #0
Oui. et qui sont robustes et qui ont déjà traversé une première vie et qui peuvent en traverser encore de nombreuses.
- Speaker #1
Exactement, tout à fait.
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'ils recherchent d'ailleurs tes clients quand du coup première aide bien dans un écosystème solide ? Peut-être que je peux redire que tu es membre du... du CA de Mineka, que tu es membre au SPREC aussi et que tu as rejoint le groupe Ville Aménagement Durable. Donc première étape pour un courtier, se faire un réseau, rencontrer tout le monde, se faire plein de contacts. Questionner son client sur ses besoins aussi, c'est un peu un deuxième essentiel. Et quels sont les besoins des clients que tu rencontres ?
- Speaker #1
Alors, plus que questionner les besoins des clients, c'est qu'est-ce qu'ils ont envie de faire. Et après, en fait, c'est moi qui leur dis plutôt, en fait, tel et tel matériau existe. Alors aujourd'hui, en plus, on est hyper facilité par les acteurs qui font du reconditionnement. donc ça devient un peu plus de plus en plus facile, entre guillemets, ce métier. Mais typiquement, il y a des bureaux, et eux, ils disent, on voudrait faire du réemploi. Ils sont complètement perdus. En gros, en fait, sachez que vous, vous pouvez faire des faux planchers, vous pouvez mettre de la moquette de réemploi, le mobilier de réemploi. En Rhône-Alpes, on peut faire aussi des cloisons en réemploi. Après, il y a toute la partie, on va dire, plomberie avec tout ce qui est céramique sanitaire en réemploi. Et après, il y a aussi toute la partie de fin de vie, fin de collection. Donc typiquement, moi, je recherche très régulièrement le carrelage, la robinetterie aussi, des parois de douche aussi. Ça peut être à la fois dans le tertiaire, quand ils font des douches pour leurs collaborateurs, ou dans les maisons aussi, dans les habitations pour des salles de bain. Moi, je suis principalement dans le second d'œuvre. Il y a tellement à faire, rien que dans ce secteur-là. Il y a vraiment beaucoup à faire.
- Speaker #0
Brique par brique, on remplace du neuf par du réemploi. Est-ce que c'est épuisant ? Je me demande, parce que parfois, c'est tellement simple de commander un truc sur la plateforme du bâtiment. En fait, toi, tu es cette plateforme-là, tu es le moteur de recherche. qui va proposer des choses. Il y aura moins de choses à proposer parce que tu fais en fonction de ce que tu as sous la main. Est-ce que tu as eu d'ailleurs... Tu pourrais me raconter une histoire qui a été un peu fatigante, celle avec les références de carnage.
- Speaker #1
J'ai travaillé avec un architecte avec qui je m'entends très bien et qui a vraiment la même... la même démarche que moi, les mêmes envies, etc. Et on avait un client qui nous a demandé plein de matériaux, etc. Et le premier, je me souviens, avant le carrelage, on commence par la robinetterie. Donc, il m'avait dit, nous, on voudrait un robinet, un collant de douche incastré pour notre salle de bain. Et je me souviens, je le retrouve, une fin de collection, mais il y en avait une et pas plus de... super belles marques, vraiment, c'était un ensemble, en fait, en plus complet, donc il n'y avait rien à rajouter, qui coûtait littéralement comme de l'entrée gamme. Plus encastré, enfin, ça avait un prix incroyable. Et déjà, la première chose, ils me disent maintenant, en fait, notre artisan, en fait, il peut nous faire le même prix. J'ai dit, bon, ok, alors si vous faites le même prix, autant prendre la fin de collection et n'est pas acheter du neuf, tu vois. Donc, en soi... Mais c'était pour d'autres, ce n'était pas les mêmes marques. Donc, la première chose, ils refusent après des heures et des heures de recherche de prendre cette colonne de douche. Mais bon, voilà, c'est leur problème. Et ensuite, on commence le carrelage. Ils n'avaient aucune idée de ce qu'ils voulaient. Et donc, moi, je commence par leur montrer 5, 6 références de carrelage qui étaient disponibles. Et non, ça, on n'aime pas. En fait, j'ai fini par leur montrer 25 types. typologie de carrelage et là à un moment en fait qu'on a arrivé à 25 types de carrelage proposé je me suis dit ok non mais stop en fait il ne comprend pas du tout la démarche moi je suis pas en fait on peut pas faire de sur mesure on peut pas dire ah bah moi je veux le carrelage se râle là précis en telle dimension le réemploi en fait ça marche pas comme ça et et alors ce qui est incroyable c'est pas faute de ne pas le dire parce que je pense que nos copains du réemploi on est tous très pédagogue dans notre métier. Je crois que 50% de notre métier, c'est faire de la pédagogie. Et donc, du coup, en fait, on n'a pas réussi à trouver un terrain d'entente. C'est mon côté italien. Et du coup, on a décidé avec l'architecte, ensemble, d'arrêter la mission.
- Speaker #0
Et dans ces cas-là, tu comptais tes heures et après tu étais payée au nombre d'heures passées ? Non,
- Speaker #1
en fait, moi j'ai travaillé en temps passé, mais en jour, j'ai un forfait, et le client paye en première partie un compte au début, et après au milieu il paye une autre partie, et à la fin il paye une autre partie. Et là en fait, quand j'ai vu que j'étais payée pour les heures que j'avais faites, et que... Il n'était pas forcément à l'écoute des problématiques du remploi tout simplement. Après 25 typologies de carrelage, tu veux dire que tu ne trouves pas un carrelage qui te plaît ? Et donc on a décidé avec l'architecte, toutes les deux, d'arrêter la mission directement.
- Speaker #0
Ah oui, quand même.
- Speaker #1
Oui, l'architecte aussi.
- Speaker #0
Elle aussi. Vous êtes soutenue dans le truc, mais quand même.
- Speaker #1
En fait, ce qui m'a rassurée, c'est que l'architecte était avec moi, il comprenait, et c'est là justement, c'est ce que j'ai dit au début, où aujourd'hui, je préfère ne pas accepter des clients, plutôt qu'en accepter, mais qu'il n'y ait aucune sensibilité au sujet de l'économie circulaire en général.
- Speaker #0
Oui, Oui, c'est vrai que si tu es à court d'arguments, enfin aussi les arguments du... Moi, je me mets un peu à la place d'une personne qui fait des travaux chez elle. Elle doit un peu refaire son système de choix et de pensée et de consommation parce que ce n'est plus sur du catalogue. Elle choisit quelque chose qu'elle aime et qu'elle aimera peut-être. Après aussi, il y a un problème, c'est qu'en fonction des modes, parfois on achète un truc neuf, mais on s'en lasse un jour. Alors que là, en réemploi, on va se dire, on nous a proposé quelque chose. Ce n'est pas forcément ce à quoi j'avais pensé au tout début, mais je vais apprendre à aimer quelque chose. Et je vais l'aimer hyper longtemps, parce que j'aurais appris à l'aimer plutôt qu'il ait été créé selon mon besoin à un instant T. Et du coup, quelque chose qui peut se faner, qui est un peu éphémère, en fait.
- Speaker #1
Écoute, je suis 100% d'accord avec toi. Et c'est ce qui m'est arrivé, moi, dans la rénovation de ma maison. Il y a des... Typiquement, alors moi j'ai travaillé 8 ans sur le salon Batimat, et plus spécifiquement, j'ai été directrice de clientèle pour la partie salle de bain, sur le salon Idiobain. Et du coup, j'ai visité tous les fabricants de salles de bain de l'Europe entière quasiment, Italie, Portugal, Espagne, Turquie, Grèce, enfin je voyageais beaucoup à l'époque. Et donc, j'ai une vraie sensibilité pour la salle de bain. La salle de bain et le carrelage en général, la globalité. Et du coup, je me souviens, j'avais des idées sur le carrelage que je voulais. Et dans la salle de bain du rez-de-chaussée, en fait, je me suis laissée surprendre par une couleur qui n'était pas du tout la couleur que j'avais imaginée. Et aujourd'hui, à chaque fois que je vais, je suis trop contente et l'adore. Surtout, j'adore cette démarche de dire, je ne m'attendais pas à choisir cette couleur. Et finalement, en fait, tout le monde adore. Alors que dans ma salle de bain, j'avais réussi à quand même En fin de collection, j'avais quand même réussi à trouver la couleur que j'ai rêvée depuis longtemps. Aujourd'hui, je m'en lasse de cette couleur-là. Je vois tout à fait ce que tu veux dire.
- Speaker #0
À chaque fois, il y a l'originalité qui nous revient. Et en fait, on a plus de plaisir à avoir quelque chose qui nous surprend à chaque fois plutôt qu'un truc qui est pile dans ce qu'on voulait à ce moment-là. Parfois aussi, les matériaux de réemploi, et je pense que là, je parle à la designeuse qui est en toi, les matériaux de réemploi sont parfois, on disait, anciens, robustes et qui ont prouvé leur efficacité, mais ils sont parfois aussi un peu bizarroïdes. Les fin de stock, c'est des choses dont personne ne veut, c'est des couleurs parfois qui ne font pas l'unanimité, mais finalement, les couleurs qui font l'unanimité, c'est le beige et le gris. Parfois, c'est ça, on se retrouve avec des choses, avec des formes et des couleurs un peu plus originales et qui rendent la démarche beaucoup plus joyeuse et beaucoup plus fun.
- Speaker #1
Tout à fait. Et en plus, elle... Elle donne une unicité au chantier, alors qu'aujourd'hui on se balade sur Instagram et on voit toujours les mêmes projets architecturaux. Et en fait, je trouve qu'on y a du remploi. Après, ça dépend bien sûr de matériaux, parce que dans le tertiaire, on reste quand même sur des projets, on va dire, très simples, sauf pour certains acteurs. Il y a par exemple Tissus, qui est hyper original avec ses tissus, par exemple en Ronalp. enfin Il y a plein d'acteurs qui font des choses originales. On voit une touche différente, mais aujourd'hui, comme on va vers un produit qui est de plus en plus industrialisé, on va aussi sur la standardisation du réemploi, qui est très intéressante à la fois pour rassurer le maître d'ouvrage ou le maître d'œuvre, et même les artisans. Mais de l'autre côté, je trouve que ça perd un peu de touche. On ne voit pas forcément l'authenticité dans cette standardisation du réemploi.
- Speaker #0
Après, c'est plus une question de déco, parce que je ne fais pas de la décoration. Je fais que de l'aménagement de matériaux d'installation. C'est aussi, je pense, au décorateur d'ajouter des touches plus personnalisables sur un projet de seconde main.
- Speaker #1
D'ailleurs, comment tu verrais l'avenir ? Est-ce que tu veux devenir un peu plus le concepteur aussi ? tu peux te concentrer surtout sur la... l'accompagnement et chercher les matériaux pour les autres.
- Speaker #0
Moi, dans l'avenir, je me vois plutôt en aimant réemploi avec vraiment cette casquette de sourcing, de courtier en matière de réemploi. On appuie à la fois des bureaux d'études qui n'ont pas forcément cette compétence en interne ou qui n'ont pas le temps de gérer parce que ça prend beaucoup de temps. Rien que les échanges, en fait, ça prend plus de temps d'échanger. pour avoir les informations des matériaux, créer on va dire une espèce de traçabilité du produit, plutôt que trouver le matériau. Et je pense qu'il y a des bureaux d'études qui nous écoutent et vont faire « Ah bah ouais, c'est vrai ! » Parce que quand on connaît le réseau, ça ne prend pas beaucoup de temps pour les trouver. C'est plus le temps derrière d'échanges, de créer les dévis, de recevoir des photos qui soient un peu sexy, parce qu'avant le reconditionnement, les photos ne sont pas forcément très jolies. Donc, j'ai vraiment envie d'appuyer ce côté I'm a re-emploi. Et aussi, pourquoi pas, aider à trouver des repreneurs sur certains matériaux et faire aussi des diagnostics PEMD dont je viens de recevoir ma certificat.
- Speaker #1
C'est vrai que tu viens de recevoir ?
- Speaker #0
À l'instant, oui, je viens de recevoir que j'ai… j'ai passé la formation de diagnostiqueur PEMD. Voilà.
- Speaker #1
Bravo.
- Speaker #0
Je suis très contente. Je viens de... J'ai vu le pop-up et j'ai dit non, il faut que je l'ouvre. Ça, je ne veux pas attendre. Bravo. Voilà, je suis très contente.
- Speaker #1
Tu avais une demande et ça t'empêchait de faire ce diag ?
- Speaker #0
En fait, je me suis rendu compte que mon rôle de courtier en matière de remploi, c'est une étape, un maillon de la chaîne du remploi. Mais à plusieurs reprises, j'ai eu des demandes de maîtres d'œuvre qui voulaient avoir une casquette complète. Et moi j'aime beaucoup, je suis un peu, donc moi je suis toute seule, je travaille toute seule, mais j'ai beaucoup de partenaires partout en France, à la fois pour trouver les matériaux, mais aussi pour collaborer sur des projets. Donc je travaille déjà avec des bureaux d'études à Paris, à Lyon et ailleurs, pour faire des projets ensemble, en groupement. Et donc j'avais envie d'avoir aussi la certification pour... pour montrer mes compétences vis-à-vis du réemploi. J'aime bien me former tous les 4-5 ans sur quelque chose pour m'améliorer dans mes compétences techniques.
- Speaker #1
Ok. Et la prochaine fois, tu me raconteras ce que sera ta prochaine quête. Exactement.
- Speaker #0
On verra dans 4-5 ans.
- Speaker #1
C'est bon. Tu es sécurisée pendant 4-5 ans.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Et donc, tu parlais de... apporter finalement c'est ta connaissance de l'écosystème le temps aussi faire gagner du temps on te paye pour que tu t'occupes parfois des petites galères des impacts sur le planning de gérer les gens et la troisième brique c'est faire de la pédagogie tu disais comment on fait de la pédagogie est-ce que c'est Merci. Est-ce qu'on s'adresse aux sensibles chez les gens ? On leur parle d'économie ? Est-ce qu'on leur parle de carbone ?
- Speaker #0
Comment on fait pour toucher,
- Speaker #1
convaincre ?
- Speaker #0
Alors, j'ai dit déjà, moi, je ne suis pas organisme de formation. Ce n'est pas mon métier, même si j'aime bien parler en public, etc. Mais j'ai fait de la logique. déjà, la première étape c'est la base, donc qu'est-ce que c'est le réemploi, quelle est la différence entre le réemploi et le recyclage, parce que je ne sais pas, même toi, combien de fois tu as eu des gens qui disent « Ah oui, mais les matériaux recyclés, j'ai mis ça, et en fait, ce n'était pas du tout ça. » C'était peut-être les matériaux biosourcés qu'ils avaient mis, ils parlaient de ça. Donc déjà, mettre les bases sur qu'est-ce que c'est le réemploi et pourquoi c'est important d'un point de vue d'un impact carbone. l'économie circulaire versus l'économie linéaire. Donc ça, c'est la base de mes explications, mais bon, c'est vraiment le premier niveau. Et par la suite, c'est les... Enfin, après, ça dépend des interlocuteurs que j'ai en face, mais comment en fait ça se déroule en chantier. Donc par exemple, quelle est la différence, quels sont les besoins quand tu dois faire un chantier de rénovation ou construction neuve, et où moi, je peux intervenir, quelles sont les étapes. où le client a besoin pour faire du remploi. En gros, c'est « Ok, j'ai envie de faire du remploi, je n'y connais rien. » Comment je m'y prends ? Et à partir de là, du coup, OK, alors quel est votre chantier ? Vous avez un chantier, j'en sais rien, c'est une petite rénovation, moi, de 1000 m², on va dire, donc il n'y a pas de diagnostic PEMD à faire. Peut-être ça peut être un diagnostic ressources pour essencer quels sont les matériaux qu'on peut employer in situ. Et à la suite, c'est OK, alors qu'est-ce que vous voulez faire de ces matériaux-là ? Est-ce que vous voulez les garder pour votre chantier ? On cherche des repreneurs. Et par la suite, après, trouver aussi des entreprises de curage. Et après, si jamais ils veulent garder ces matériaux-là, c'est les faire déposer, les stocker, les reconditionner et les reposer. Et sinon, là où c'est vraiment ma partie préférée, c'est aller chercher les matériaux pour les intégrer. Parce que de toute façon, il n'y a pas un chantier qui n'achète pas… Enfin, tous les chantiers achètent des matériaux neufs. Il y a toujours quelque chose à faire.
- Speaker #1
Oui. Est-ce que parfois tu fonctionnes avec un système de pourcentage sur le montant de l'achat pour te rémunérer quand c'est juste ponctuel ? Non, jamais.
- Speaker #0
Je ne fais pas du ponctuel. En fait, je n'y vois pas l'intérêt. Dans le sens où faire une petite mission pour trouver juste des robinets, ça veut dire qu'il y a un loupé sur le chantier pour moi. Soit on fait tout un projet et on étudie bien. et on fait vraiment une vraie démarche de réemploi, mais soit juste, j'en sais rien, mettre des, je dis robinets, mais ça peut être n'importe quoi, je trouve qu'en fait, il manque vraiment, c'est juste pour faire du greenwashing et dire que on a fait du réemploi, et on a mis des robinets de réemploi, enfin, j'ai dit robinets, mais ça peut être sanitaire, peu importe.
- Speaker #1
Oui, c'est intéressant, même dans l'autre sens, si on demande de trouver un repreneur, un peu last minute parce qu'on se rend compte qu'en fait, on va faire un gaspillage énorme d'équipements, par exemple, de secondes œuvres. Tu te dis que non, en fait, ils auraient dû déjà anticiper après faire une démarche globale en regardant au cas par cas et avoir trouvé un repreneur avant de se poser la question.
- Speaker #0
Avant de déposer les matériaux, etc. Enfin, si on démarche... Pour moi, en tout cas, le mot d'ordre du remploi, c'est anticipation. On ne peut pas faire du remploi si on ne l'a pas anticipé auparavant. Et c'est des mois et des mois de travail. Parfois, les gens ne se rendent pas compte de combien de temps ça prend pour que ça soit trouver des repreneurs ou aller chercher les matériaux derrière. Parfois, c'est plus compliqué qu'on le pense. Et là, par exemple, je suis en train de travailler sur une construction neuve. pour une maison individuelle. Le maître d'ouvrage c'est un particulier et donc je travaille avec un architecte des PLG pour ce projet-là qui est complètement dans tout ce qui est bâtiments positifs. Ils ont vraiment poussé la démarche très très très loin et du coup moi j'interviens dans le cadre de réemploi. Et typiquement sur ce projet-là, j'ai plein de choses à trouver, mais vraiment plein plein plein plein de choses. Et parmi ça, c'est un projet que j'ai en cours, il y a des portes, mais des portes qui font 73 cm. Donc on va dire la vieille porte d'une maison particulière. Et en plus, avec la contrainte qu'ils veulent le cadre de la porte, bien entendu, et surtout ils veulent une porte pleine. Et en fait, en cherchant... littéralement quasiment partout. Je n'arrive pas à trouver une porte qui fasse 73 cm parce qu'aujourd'hui, en fait, tout ce qu'on dépose, c'est souvent dans... En fait, soit ce sont des logements où il y a des portes alvéolaires. Mais sinon, la porte pleine, en fait, c'est souvent dans des bureaux et les bureaux font plus de 73 cm. Et du coup, au final, tu vois, je n'ai pas trouvé la porte. Je finis par ne pas... J'en ai trouvé une qui fait 83 parce qu'il y avait la largeur pour... Pour les 83, il y en avait une qui pouvait rentrer. Du coup, celle-là, je l'ai trouvée, mais en 73, je ne l'ai pas trouvée.
- Speaker #1
Et si tu prends une porte pleine de 83 et que tu la recoupes, ça a trop de temps, trop cher ?
- Speaker #0
En fait, il y a quand même des... En tout cas, le menuisier du projet ne veut pas récupérer des portes. Donc, c'est... Bye. Du coup, par exemple, ce soleil, ça m'a mis des heures et des heures de travail. et au final, je n'ai pas trouvé. Mais pour moi, c'est aussi, on va dire, j'apprends tous les jours parce que j'aurais pu anticiper cette problématique que je vois sur d'autres types de matériaux et qu'au fur et à mesure, j'apprends aussi. Après, en soi, le client aura quand même ses bénéfices sur les autres matériaux dont je n'ai pas de problème à sourcer. Mais du coup j'ai appris que ça m'a pris beaucoup d'heures pour finalement ne pas les trouver.
- Speaker #1
Oui et est-ce que d'ailleurs aussi tu vas dans des... enfin tu explores quoi ? Les plateformes numériques et tu vas aussi dans des menuiseries, dans des matériothèques, dans des plateformes physiques ?
- Speaker #0
Oui c'est principalement les matériothèques, enfin les plateformes de matières d'or-emploi partout en France. Et après, les bureaux d'études et les plateformes en ligne, bien entendu. Mais les bureaux d'études qui font des diag aussi sont partie de ma ressource.
- Speaker #1
Qui font des catalogues ?
- Speaker #0
Exactement, quand ils font les diag ressources, c'est là où je peux souvent retrouver pas mal de choses.
- Speaker #1
Et tu nous as donc raconté une histoire qui s'est un peu mal passée. et Est-ce que maintenant, tu pourrais nous raconter une petite victoire d'un projet de réemploi qui s'est bien passé et le client est super satisfait ?
- Speaker #0
Écoute, alors j'en ai plusieurs, mais ma préférée, c'est ma cliente à Chèvreuse. qui a... Donc, c'était mon premier projet. Et donc, en fait, c'est un couple qui a acheté un... grande maison à Chevreuse qui ont d'abord rénové la maison pour y habiter dedans. Ensuite, quelques mois plus tard, ils ont fait un appartement pour le louer. Et là, en ce moment, ils sont en train de terminer le gîte. Et donc, c'est un projet qui dure depuis deux ans au final. Moi, j'interviens dans la partie sourcing. Et en fait, ma cliente que j'adore, en fait, on s'entend super bien. Elle est... Elle a vraiment la fibre pour tout ce qui est innovatif et elle adore s'élancer dans des nouveaux défis, dans des nouveaux projets et du coup comme je la connais bien, ça m'est souvent arrivé surtout dans le projet de la maison qui était le plus gros projet, de lui proposer des matériaux parce que je me suis dit ça se trouve, c'est les mêmes teintes, c'est la même couleur de sa maison etc. Et on a fait des choses extraordinaires, vraiment. Et en fait, c'est une deuxième maison circulaire. On est allé, alors elle, elle a eu plus de chance parce qu'entre-temps, il y a beaucoup de reconditionnement qui s'est mis en place. Et elle, on est allé jusqu'à avoir la plaque de déclenchement des WC reconditionnés. On est allé très, très, très loin.
- Speaker #1
C'est chouette. C'est vachement bien. Et chaque matériau, alors... et... Est-ce que c'est plutôt de l'ancien ? Comment ça rend ?
- Speaker #0
Il y a de tout. La maison, elle est plutôt des années 70, mais vu de l'extérieur, elle ressemble un peu aux maisons plus anciennes. On a mis, par exemple, au sol, dans la cuisine et l'entrée, on a mis des anciennes tomates rectangulaires de 1,5 cm. C'est ce qu'elle voulait et j'avais réussi à le trouver. On a mis du parquet contrecollé euh... dans certaines chambres et dans le rez-de-chaussée. Et après, on a mis la peinture sur couleur, bien entendu. On a fait faire la cuisine sur mesure par un minuisier qui était spécialisé en bois de réemploi. Le plan de travail, c'est du austréat, donc c'est les coquilles d'huître, des déchets de coquilles d'huître. La robinetterie, c'est des stocks dormants ou des fins de collection. Voilà, on a le carrelage. Alors, une partie du carrelage, c'est elle qui a déposé, parce que les métros, les anciennes tomettes de la salle de bain, elle les a nettoyées, enlevées la colle une par une. Et on a fait du coup le complément du sol, parce qu'elle, elle avait les faillances. Et voilà, enfin, tout comme ça, vraiment. Et c'est pareil, elle adore expérimenter. Et c'est une très bonne négociatrice. Donc, elle arrive sur des projets qui sont encore un peu conceptuels à... à avoir des super prix pour des trucs, mais vraiment c'est super ce que je fais.
- Speaker #1
C'est chouette. Et est-ce que vous avez toutes les deux, ou toi, est-ce que tu as mis à la main la pâte ? Est-ce que tu as, toi aussi, rénové ou tu laisses les artisans faire à ce moment-là ?
- Speaker #0
Dans ce projet ou en général ?
- Speaker #1
Je pense que tu vas me dire peut-être que sur ta maison, tu as mis un peu la main à la pâte.
- Speaker #0
Alors moi, je ne suis pas très bricoleuse en général. J'aime bien en fait avoir les idées, mais à part la peinture, ce n'est pas le reste. Nous, en fait, on a fait travailler des artisans. Et justement, c'est un des sujets qui ressort très régulièrement. C'est comment l'artisan accepte l'intégration du remploi. et donc C'est d'ailleurs une des choses qui intéresse quand je parle de ma rénovation. Les gens disent, mais ton artisan a accepté de poser plan WC reconditionné ou des choses comme ça. Et donc, c'est facile quand tu es bricoleur, c'est ta propre responsabilité qui agit. Mais quand il y a quelqu'un qui pose, en fait, l'artisan, il n'est pas assuré sur le produit, il est assuré sur la pose du produit. C'est hyper compliqué parce que tu ne sais plus retrouver à qui elle a faute. Mais la personne qui peut l'expliquer le mieux, c'est Elisabeth Gello de Scovavocat, pour laquelle j'ai beaucoup d'admiration. Elle explique très bien les problématiques d'assurance. Mais en tout cas, moi, ça m'est arrivé très souvent de perdre des chantiers parce que l'artisan ne voulait pas faire du remploi. où... être boycotté par l'artisan lors du chantier par exemple.
- Speaker #1
Comment ça ?
- Speaker #0
Et bah typiquement j'avais un projet des bureaux où il y avait plein de matériaux de réemploi à sourcer et pour le lot plomberie, j'ai eu le plombier, donc il y avait des sanitaires posés sur pied, avec le recevoir en céramique, je les avais fait arriver chez le plombier. Donc je me souviens, lui il m'envoie en photo des matériaux qui ont été déposés de la palette. Il m'envoie la photo, il me dit « voilà, je les ai reçus » . Et en gros, une semaine plus tard, le conducteur de travaux m'appelle et me dit « mais Naomi, qu'est-ce qui se passe aux receveurs ? » J'ai dit « c'est-à-dire ? » « Ils sont tous sales à l'intérieur » . Et en gros, en fait, le plombier, on a découvert ça avec le responsable économie circulaire de la boîte, on a découvert qu'en gros, en fait, l'artisan était allé chercher des recevoirs sales. pour pouvoir montrer que leur emploi, ce n'était pas bien.
- Speaker #1
Ah oui ? En plus de ce que tu lui avais livré des propres ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et lui, il est venu sur le chantier avec des salles, en disant, voilà ce que j'ai reçu, ce n'est pas bien.
- Speaker #0
Exactement. Alors que quand il les avait reçus, il m'a dit, c'est bon, j'ai tout reçu. Il les a déposés un par un de la palette, donc il les a regardés, tu vois, il a identifié et tout. Et heureusement que cette boîte avait un responsable d'économie circulaire. qui a compris la problématique et qui était de mon côté.
- Speaker #1
Oui. Et comment vous vous êtes sorties de cette situation ?
- Speaker #0
On est sorties qu'ils ont tous compris cette problématique. Et voilà, il n'y a pas de... Mais c'est vrai que quand j'ai reçu ça en premier, en plus c'était un de mes premiers projets, c'était l'A2A, j'ai dit waouh. Et depuis, ça ne m'est plus jamais arrivé.
- Speaker #1
Oui, tu t'es dit waouh, que c'est culotté quand même.
- Speaker #0
Oui, complètement. Surtout que c'était un partenaire avec qui j'avais déjà travaillé à plusieurs reprises. J'avais vu leur façon de travailler. Je savais qu'ils avaient des exigences sur le compte. En fait, ça se voyait qu'ils n'avaient même pas été lavé ces recevoirs. Ils avaient 20 ans et ils étaient à l'intérieur complètement sales.
- Speaker #1
Et tu leur as fait nettoyer et poser ceux-là ou alors récupérer les tiens ?
- Speaker #0
Non, je leur ai laissé. Celui qui s'est débrouillé, je pense qu'il les a mis après sur un autre chantier. Ok.
- Speaker #1
Ah oui. Ce qu'il a reçu, il les a peut-être revendus sur un autre chantier.
- Speaker #0
Oui, je ne sais pas ce qu'il en a fait après. Je ne suis plus en contact avec ce plombier.
- Speaker #1
Non, oui.
- Speaker #0
Mais ça forge après. Je pense que nous tous, acteurs du réemploi, on fait face à... En fait, ce sont des nouveaux métiers. Ce sont de nouvelles façons de faire. Et du coup, quelqu'un qui est habitué en deux clics à commander ses toilettes Géberit, j'ai dit ça au pif, ou un autre, peu importe, il se voit quelqu'un qui arrive et dit « non mais attends, je vais te dire moi ce que tu vas commander » . Il faut être ouvert d'esprit pour accepter le défi.
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Et après aussi, elle est un peu flexible. prendre le temps de comprendre. Lui, il ne va peut-être pas se refaire une marge sur l'achat, sur la fourniture. Donc, il peut être un peu réticent.
- Speaker #0
Voilà, mais bon, après, sans plomber l'atmosphère, je pense que l'ambiance, je pense que ça arrive à tout le monde d'avoir des expériences folles dans nos métiers. Moi, ça m'est arrivé avant, quand j'ai travaillé dans d'autres boîtes, etc. Je pense que ça fait partie aussi du défi qu'on a, nous, acteurs du réemploi, de devoir se confronter avec des gens qui n'ont pas du tout envie de t'avoir. En plus, il y a beaucoup de jeunes femmes dans le métier du réemploi. Donc, ça fait aussi partie des nouvelles... on va dire de nouvelles catégories d'acteurs qui existent sous le marché.
- Speaker #1
Oui, est-ce que tu as envie d'en parler d'ailleurs de ton expérience en tant que femme indépendante avec des enfants, la double responsabilité ?
- Speaker #0
Ben, écoute, alors ça m'est arrivé il y a deux semaines d'avoir perdu un énorme projet à lequel j'y tenais énormément. Ça faisait des mois que j'ai travaillé dessus et au final, le client m'a dit… Bref, il est parti sur autre chose et je me souviens, j'étais au bout parce que l'entrepreneuriat, c'est beaucoup des montagnes russes, on le sait. Dans tous les podcasts pour entrepreneurs, etc., tout le monde le dit. Je me souviens, je suis arrivée à la maison. J'ai rentré de Paris après toute la semaine de formation en plus. Donc, j'étais fatiguée. Et j'arrive et mes enfants n'étaient pas encore couchés. Et quand ils sont venus me voir, ils m'ont embrassée. Et en fait, j'ai ressenti, c'est comme s'ils m'avaient passé de l'énergie. Et là, du coup, je me suis dit, mais c'est pour ça que je fais ce que… Alors, c'est drôle parce qu'on revient au début, mais… Ouais, et ils m'ont redonné cette énergie de dire non mais en fait il faut continuer. Et je pense qu'être une maman entrepreneuse, t'es encore plus forte parce que t'as presque un devoir vers quelqu'un, vers un petit être ou des petits êtres. Et du coup, je... Moi j'aime beaucoup et de l'autre côté je peux être plus disponible pour eux. Et maintenant en plus que je suis totalement à mon compte, et enfin je trouve ça super qu'ils puissent voir eux tant qu'enfants. Donc j'ai une grande fille qui a 9 ans et un garçon qui a 6 ans. Et moi honnêtement si je repense à mon enfance quand il y avait ma mère qui était entrepreneuse, J'étais hyper fière d'elle et je la voyais, quand on la voyait à la télé parce qu'elle est interprète, traductrice-interprète. Donc souvent elle allait faire des traductions dans des conférences ou des choses comme ça. Et j'étais trop fière de la voir. Et pareil eux, quand ils me voient dans des photos, dans des journaux et je le vois dans leurs yeux, ils sont hyper fiers et ça te donne une force que... Je ne sais pas mais voilà, moi en tout cas ça me donne...
- Speaker #1
Ça te donne envie de continuer en tout cas. Et que ce plombier qui salit des receveurs,
- Speaker #0
c'est pas là. En fait, j'ai envie de dire tant pis pour lui parce qu'à force de faire comme ça, leur emploi se petit à petit mais s'en pose de plus en plus, c'est lui qui sera perdant. Il faut juste avoir le bon point de vue et dire : "De quel côté je veux regarder la situation ? " C'est aussi ça l'entrepreneuriat, avoir du recul et savoir que tu peux te tromper. Et dire : "OK, maintenant je me suis trompée, qu'est-ce que je peux faire pour avancer et aller vers l'avant ? " J'ai l'avantage de ne pas avoir de salariés. Si je veux changer quelque chose, je le change sans demander l'avis de quelqu'un. Ou en tout cas, sans devoir accompagner d'autres personnes dans ce changement. Et tant que je suis là, j'en profite. Mais c'est vrai que c'est aussi une force de pouvoir faire ce qu'on veut et quand on veut, et dans le secteur qu'on veut.
- Speaker #1
Et donc là, on voit que ta vie pro influence beaucoup ta vie perso parce que tu bosses de chez toi, tu fais du réemploi au quotidien, t'es vraiment à fond dans tout ce qui est la seconde main et donner une seconde vie. Et en fait, c'est ce que je cherche aussi parfois dans mes podcasts, c'est des personnes qui effacent un peu la limite entre leur travail, qui ne font pas une espèce de dissociation entre... je vais au travail, je rentre chez moi le soir, je suis une autre personne. En fait, ça nous touche et ça nous habite. C'est un peu plus fort que nous, je trouve, parfois. Tout à fait. C'est un élan de... C'est envie de prendre soin des choses, de prendre soin des autres. Et c'est vrai que ça donne beaucoup de force. Ah oui,
- Speaker #0
tout à fait. Et d'ailleurs, à propos de ça, donc moi, je fais beaucoup, beaucoup de choses en dehors de ma vie. Je suis très active dans... dans la vie du village, c'est un village qui est très vivant où j'habite. Il y a plein d'événements etc. et parmi mes activités extra professionnelles on va dire, je suis bénévole deux fois par an dans une association qui organise pendant un week-end, donc là c'était le week-end dernier d'ailleurs, un événement qui s'appelle le Troc and Donne, où en fait on loue une salle de fête la plus proche possible Et on met à disposition cette salle pour des gens, pour déposer des affaires et après prendre tout ce qu'ils veulent. Et donc, c'est 100% gratuit. Il n'y a pas de limite à ce que soit tu donnes. Il faut juste que ça soit en bon état. Et ce que tu prends, tu peux prendre tout ce que tu veux. Il n'y a vraiment pas de limite de panier, etc. Et donc, ça fait deux ans qu'on organise ça. Et le week-end dernier, on a organisé la quatrième édition ou la cinquième même. Et en fait, on voit que ça commence à prendre et les gens jouent le jeu. Il y a ceux qui arrivent avec les anciens jouets dès lors de gamins et ils vont récupérer... des vêtements pour leur nièce. Ah, bah tiens, ça, ça pourrait plaire pour les cadeaux de Noël. Ouah, je pars à la montagne, je prends cette veste et c'est génial. Et tout le monde est heureux de voir cette économie parallèle circulaire.
- Speaker #1
Complètement, oui. Ça donne de la liberté aussi. Ça fait du bien de voir qu'on peut créer un modèle parallèle à aller juste au supermarché et faire un truc super linéaire entre... et tu ne constates pas des effets un peu indésirables de personnes qui abuseraient en fait tu vois que les gens apprécient tellement la démarche qu'ils jouent le
- Speaker #0
jeu les gens jouent le jeu après ce qui est intéressant de ce que j'ai observé dans cet événement le Troc and Donne c'est que les gens ne sont tellement pas habitués à une économie, je dirais locale et solidaire. C'est le terme qui me vient le plus avec bien entendu et circulaire en plus. Les gens sont tellement peu habitués à ce type d'économie qu'en fait ils se retiennent. Ils n'osent pas. Et ils disent non mais ils arrivent parce que c'est curieux et dire mais vous faites quoi ? Ou j'en ai entendu parler mais vous faites quoi ? Mais moi, je n'ai rien apporté. Et non, mais ce n'est pas grave vraiment. Prenez parce que de toute façon, en fait, il y a plus de gens qui donnent par rapport à ceux qui prennent. Et les gens n'osent pas. En fait, ils ont peur d'être jugés et d'abuser de cet événement alors que vraiment l'objectif, c'est que tout le monde prenne, qu'il n'y a pas… Et c'est drôle aussi, alors ça c'est la première chose que j'ai remarqué. Donc les gens n'osent pas aller vers... même si c'est gratuit, ils ne veulent pas... Ce n'est pas comme dans les salons où les gens vont chercher tous les goodies et cherchent d'en prendre le maximum possible. Je ne sais pas pourquoi mais les gens ne veulent pas oser. Et l'autre chose que j'ai remarqué et que je trouve ça très très très mignon, ce sont les enfants qui ont devant la table des jouets. et ils vont voir leurs parents, ou mes enfants le font, ils viennent me voir et me disent : "On peut l'acheter ? " Automatiquement, ils disent : "On peut l'acheter ? " Et moi je leur dis : "Mais en fait c'est gratuit, enfin on ne doit pas..." "Alors on le prend ! " J'ai dit : "Non non attends, est-ce qu'on en a vraiment besoin à la maison de ce truc où oui toujours deux heures et après tu l'abandonnes là ? " Et du coup voilà, c'est hyper intéressant de voir ces enfants qui ont déjà 5/6 ans l'automatisme de dire : "Est-ce qu'on peut l'acheter ? " Parce qu'ils ne se rendent pas compte, eux aussi, déjà, ils sont déjà dans cette dynamique de... c'est l'économie classique.
- Speaker #1
Oui, oui. Et peut-être même qu'ils auraient peur aussi de le prendre et de priver quelqu'un d'autre de l'avoir. Donc, ils se remettent en question sur vraiment, est-ce que j'en ai vraiment besoin ? Oui, ça apprend des super valeurs.
- Speaker #0
On verra après si ça sert à quelque chose.
- Speaker #1
pour y gâter. Mais c'est vrai que ça apprend à se contenir et à faire tout ce qu'on fait, à penser aux autres. C'est solidaire et écologique aussi d'une certaine manière parce qu'on ne va pas les acheter en neuf. Et aussi, on va éviter de le jeter donc ça réduit les déchets. Est-ce que parfois à la fin de la journée il reste des choses ?
- Speaker #0
L'événement dure deux jours et en fait, tout ce qui reste le dimanche après-midi, on trie entre ce qu'on garde pour l'édition d'après. On les met dans des cartons, on les stocke pendant six mois. Et toute notre partie va à une association du coin dans l'ESS, une espèce de brocante association du coin.
- Speaker #1
D'accord. Ok. Je te dirai la prochaine fois.
- Speaker #0
fois qu'on fait le Troc and Donne.
- Speaker #1
Oui, il faut que je vienne ou alors il faut que tu me racontes exactement comment tu le mets en place et qu'on fasse ça dans tous les villages de France, exactement. Après, je pense que c'est quand même de l'énergie pour faire la com et pour organiser. Mais après, à la fin, c'est surtout un lieu de stockage, c'est ça ?
- Speaker #0
Oui. Après, nous, tu sais, dans la campagne, on a tous des grandes maisons. Donc, pour stocker en soi, ça, c'est le minimum. Mais il y a une équipe derrière. Enfin, moi, la première édition, j'avais aidé dans l'organisation. Et après, maintenant, je suis tellement… occupé à droite, à gauche de partout en plus avec Noël. Enfin bref. Et que du coup, je suis juste là pour être bénévole les deux jours et pour ranger, etc. Mais sinon, je n'organise plus l'événement. Mais on en reparlera si tu veux.
- Speaker #1
Oui, avec plaisir. Eh bien, on a beaucoup... enfin on a parcouru plein de sujets j'avais juste une dernière question sur le t'as remporté un prix la startup Beaujolaises est-ce que en quoi ça consiste ?
- Speaker #0
écoute ouais c'est la petite fierté de cette année c'était il y a un mois j'ai participé à un concours pardon un salon, c'était mon premier salon avec Moor et donc c'est le salon qui s'appelle Connect qui est organisé par la chambre de commerce du Beaujolais. Et en fait, il y avait toute une zone avec un dizaine de startups. Et toute la journée, les visiteurs votaient pour leur startup préférée sur différentes catégories. Et du coup, j'ai gagné le prix. Donc, il y avait trois catégories et moi, j'ai gagné le prix de la startup beaujolaise. Et ça a été une belle fierté. Principalement parce que déjà j'étais la seule femme parmi les startups et surtout que c'était un sujet environnemental qui a gagné le prix du territoire. Et je n'ai pas gagné le prix classique de la startup engagée ou des choses comme ça, ils ne m'ont pas forcément mis dans une catégorie, enfin dans la catégorie on va dire bobo écolo mais ils ont vraiment choisi enfin la catégorie classique où n'importe qui aurait pu gagner et du coup pour moi c'est là la belle victoire
- Speaker #1
Pour le réemploi en général parce que ça permet de commencer à en parler et donc voilà j'étais très contente oui tout à fait oui c'est le prix territoire donc c'était comparé à n'importe quelle start up pas forcément dans la catégorie écolo exactement c'est
- Speaker #0
ça
- Speaker #1
C'est vachement bien. Merci beaucoup pour tous tes retours d'expérience et tous tes conseils. Je pense que c'est super inspirant. Tu as un parcours vraiment intéressant. Je pense que ce n'est pas prêt de s'arrêter là. C'est super cool de voir qu'il y a un nouveau métier qui se crée et en plus des nouvelles compétences. et on voit que ça rend heureux, c'est peut-être fatigant mais que ça en vaut la peine. Je te remercie énormément d'avoir partagé tout ça avec nous et on se tient au courant pour la suite des événements. Est-ce que tu as un dernier truc que tu voudrais dire ? Une recommandation ?
- Speaker #0
Juste merci beaucoup de m'avoir invitée dans ton podcast, j'ai eu beaucoup de plaisir à papoter avec toi et juste en phrase que j'ai lu dans un livre de Catherine Pancol cet été quand il y a la brume devant nous ça veut pas dire que il n'y a pas le beau devant nous donc dans les moments qui sont plus difficiles il faut juste se dire que même si on ne les voit pas les belles choses sont quand même devant nous derrière la brume merci beaucoup Naomi Merci Louise.
- Speaker #1
Et à bientôt, bonne journée.