Speaker #0Je suis Sandrine Martin, enseignante et formatrice en Yin Yoga et en Yoga fonctionnel. J'ai créé ce podcast pour donner une autre vision du yoga. Un yoga où chacun peut trouver sa place, que l'on soit raide ou flexible, petit ou grand, fin ou rond, quel que soit son âge. Je ne crois pas aux règles universelles de l'alignement. En revanche, je crois que chacun peut trouver ses propres alignements. Chaque semaine, seul ou avec mes invités, je vous propose des réflexions, des partages d'expériences et des explorations. L'intention de ce podcast est de vous offrir la liberté de pratiquer un yoga qui vous ressemble et qui vous fait vibrer. Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Blabla Yoga. Aujourd'hui, je vous propose de nous poser ensemble autour d'un sujet qui me tient à cœur. Les idées reçues sur le Yin Yoga. Vous savez, ces petites croyances, ces petites phrases que l'on entend souvent et qui finissent par devenir des vérités. Alors... Si vous vous êtes déjà dit que le Yin Yoga c'est facile ou que c'était réservé aux personnes souples, vous êtes au bon endroit. Dans cet épisode, nous allons explorer ces idées avec curiosité et bienveillance, sans jugement, juste pour voir si elles tiennent vraiment la route. Installez-vous donc confortablement, respirez, et c'est parti pour un moment tout en douceur et en nuance. Sachez que je vous mettrai en description le chapitrage des différentes idées reçues, comme ça vous les retrouverez facilement. si vous avez besoin de réécouter l'épisode une deuxième fois. Commençons avec cette première idée reçue, le Yin Yoga c'est uniquement pour les personnes souples. Beaucoup de personnes pensent que le Yin Yoga est réservé aux personnes très souples car les postures sont maintenues longtemps et semblent parfois inaccessibles. Et puis, faut dire, les images qui circulent sur le net montrent souvent le même type de personnes. Des personnes fines, longilignes et très pliables. Mais soyons honnêtes, parce que dans la vie tout le monde n'est pas fait comme ça. Par exemple, dans mes cours, j'ai beaucoup plus de personnes raides que de personnes flexibles. Alors qu'en est-il de cette idée reçue ? Eh bien le Yin Yoga est précisément conçu pour travailler sur la souplesse des tissus, que ce soit les muscles, les fascias, et dans une moindre mesure les ligaments. Parce que les ligaments sont faits pour tenir et soutenir les articulations, ils plissent, Ils se déplisent, mais ils n'ont pas du tout vocation à être étirés. Quand on reste longtemps dans les postures, on joue sur l'élasticité des tissus, ce qui favorise la souplesse. Donc le yin est fait pour favoriser la souplesse, on ne part pas forcément avec de la souplesse au départ. Et aussi, le yin est adapté à tous les niveaux de flexibilité. Pour être tout à fait honnête avec vous, le yin est plutôt fait pour les raides, les sédentaires, Ce qui cumule les tensions musculaires. Parce que justement, la pratique va jouer sur l'allongement, la souplesse et la détente. Donc si vous vous sentez raide, le yin est une pratique qui est faite pour vous. Parce que si vous êtes déjà souple, avec une certaine laxité, quand on reste dans les postures longtemps, on augmente encore cette souplesse. Ce qui à terme, finit par fragiliser la stabilité des articulations. Pour moi, une personne déjà souple va rester moins longtemps dans les postures, va aller moins loin dans les postures, et surtout doit travailler le renforcement musculaire et articulaire par des activités autres que le yoga. Et j'insiste bien sur ça, autres que le yoga. Courir, faire du crossfit, aller à la salle, faire de la muscu, c'est comme ça qu'on va renforcer le yoga. Le yoga n'a pas la vocation à renforcer les muscles et les articulations de la bonne manière. Ou en tout cas... d'une manière suffisante pour une personne qui est souple, ample et laxe. Et pour finir sur cette idée reçue de la souplesse, l'utilisation d'accessoires permet de rendre les postures accessibles à chacun, quelle que soit la souplesse ou l'âge. Et c'est là où interviennent les compétences d'un professeur de yoga. C'est ce qui nous emmène d'ailleurs à l'idée reçue suivante. Le Yin Yoga, c'est facile. Ça on l'a entendu plein de fois, le Yin Yoga c'est facile. En fait comme c'est une pratique qui est lente et moins dynamique que les autres styles comme le Vinnasa ou l'Ashtanga, certains pensent que c'est une pratique qui est facile ou réservée aux personnes peu actives. Ajoutez à cela la taille du répertoire du yin qui comprend une vingtaine de postures type. Et là, je ne parle pas de toutes les variations qui existent à chaque posture type, parce que sinon le chiffre alors explose. Alors voyons ça de plus près. Même si le yin yoga ne demande pas beaucoup d'efforts musculaires, il peut être très intense sur le plan mental et émotionnel. Ce n'est pas parce que vous ne sentez rien qu'il ne se passe rien. Les longues tenues des postures demandent une grande tension. une patience, une capacité à rester avec les sensations, ce qui peut être un véritable défi pour beaucoup de personnes. Parce qu'aujourd'hui, on bouge vraiment beaucoup, on est tout le temps, tout le temps sollicité, et ce n'est pas évident de rester en contact avec ces sensations et de savoir quoi en faire de ces sensations. Et on viendra dans cette notion plus tard dans le fil de l'épisode. Rester avec son souffle et son mental pendant 5 minutes sans avoir rien d'autre à faire que de tenir la posture, et bien, ce n'est pas si facile que ça. C'est loin d'être évident pour tout le monde. Donc quand on parle de facilité, qu'est-ce que vous entendez par facile ? Le fait de rester longtemps dans les postures ? Le fait d'être immobile ? Le fait d'être mentalement disponible pour rester 5 minutes dans la posture ? Qu'est-ce que ça évoque pour vous ? Ensuite, on peut aussi pratiquer pour les sensations physiques et la qualité de l'étirement. Et dans ces cas-là, il faut savoir gérer mentalement et émotionnellement la sensation. Faut-il rester dans la pose ? Faut-il sortir ? À quel endroit on doit lutter pour rester ? À quel endroit on lâche ? Alors ça ne veut pas dire abandonner, mais ça veut dire aussi savoir s'écouter. Apprendre à gérer ses questions, ses sensations, eh bien ça demande du temps. Et ce n'est pas si facile, encore une fois, ça la demande de la pratique, d'y revenir et d'apprendre à écouter. Donc non, le yin-yang n'est peut-être pas si facile que ça. Il suffit de rester. Dans plusieurs postures, pour se rendre compte qu'il y a une question d'accessibilité, certes, mais qu'il y a aussi des défis dans le fait de rester immobile. Idée reçue numéro 3. Le Yin Yoga n'apporte pas de véritables bénéfices physiques. Certains pensent que comme le Yin est une pratique lente, une pratique qui ne cherche pas forcément l'étirement ou la sensation physique, et bien dans ces cas-là, elle n'apporte pas autant de bienfaits physiques que les autres styles de yoga plus actifs. En réalité, c'est parce que dans notre culture, ce qui compte, C'est le mouvement, la force, la puissance et la transpiration. On a une espèce de dichotomie entre ce qui est fort, puissant et musclé d'un côté et ce qui est lent, immobile et subtil de l'autre. Ok, c'est le yang et le yin. Mais la question qu'il faut se poser c'est, à quel moment pour vous le corps a-t-il vraiment travaillé ? Est-ce que c'est uniquement quand vous transpirez, quand vous sentez vos muscles brûler et que vous avez des courbatures ? Ou bien est-ce possible que le corps travaille en profondeur, même dans l'immobilité et sans sensation physique derrière ? Donc si pour vous le Yin-Yu-Ga n'apporte pas de véritable bénéfice physique, je vous invite à réfléchir à votre propre perception de l'effort et du travail corporel. Les bénéfices du Yin sont multiples, mais comme la pratique travaille sur les tissus profonds comme les muscles, les facials, les ligaments, les articulations, elle améliore essentiellement la mobilité articulaire. En ciblant ces zones, il permet de prévenir les raideurs articulaires et de maintenir la flexibilité particulièrement avec l'âge. Et ça, c'est déjà quelque chose. L'idée reçue que je préfère est le Yin Yoga est ennuyeux. Et oui, comme c'est une pratique lente, avec de longues tenues de posture, certains pensent qu'il peut être monotone ou ennuyeux ce Yin Yoga. Et quand j'entends ça, je me marre. Je me marre parce que cette idée, je l'ai eue lors de mon premier cours de Yin. Je me suis demandé ce que les gens trouvaient de bien dans cette pratique. Quel était l'intérêt de passer du temps dans l'immobilité ? Bon, faut le dire, je suis une hyper-yang, j'ai besoin de bouger tout le temps, de sentir souvent mon corps. J'ai un flot de pensées en arborescence, ça n'arrête jamais dans ma tête, et j'ai du mal à me poser. Être face à mes pensées, franchement, comme je suis dans ma tête tout le temps, je ne voyais vraiment vraiment pas le truc. L'ennui, c'était la bonne définition. Et puis j'ai aussi appris que l'immobilité permettait de limiter les mouvements, les pensées, et en tout cas, apprendre à les diriger plus sérieusement. Pour ceux qui cherchent constamment l'action ou la stimulation, le Yin Yoga peut sembler un peu déstabilisant au début. Cependant, beaucoup de personnes trouvent que la lenteur permet d'explorer plus profondément le corps et l'esprit. C'est une pratique introspective qui permet de développer une plus grande présence et une connexion subtile avec soi-même. Et puis, qui sait, le yin, c'est peut-être l'art de s'ennuyer. Parce que si on réfléchit, pourquoi cette peur de l'ennui ? Dans notre société où tout doit aller vite, où on cherche constamment la stimulation et l'action, s'ennuyer peut paraître inconfortable. Pourtant, c'est justement dans ces moments d'immobilité, quand le corps est calme et que l'esprit n'a plus d'échappatoire, que l'on apprend à être vraiment présent. Le Yin Yoga nous invite à rester dans cette sensation d'ennui, à l'observer, à la traverser, et peut-être même à découvrir que derrière ce sentiment se cachent des trésors de clarté, de lâcher prise et de connexion à soi. L'ennui dans le Yin Yoga, c'est peut-être simplement l'espace où tout... peut se révéler. Intéressant comme programme, non ? Passons à l'idée reçue suivante. Il n'y a pas de risque de blessure dans le Yin Yoga. Ou il n'y a pas de possibilité de blessure dans le Yin Yoga, parce que c'est lent, encore une fois, et beaucoup de gens pensent qu'il est sans risque. Eh bien, figurez-vous que, comme dans toute pratique, le Yin doit être abordé avec une attention particulière aux sensations du corps. Rester trop longtemps dans une posture ou aller au-delà de ses limites peut provoquer des blessures, et en particulier au niveau des articulations. C'est pourquoi il est essentiel d'écouter son corps, de respecter ses propres limites, sans chercher à atteindre une forme esthétique dans la posture. Et il est souvent difficile de distinguer l'intensité dans la posture de la douleur. Il ne faut pas grand-chose pour passer d'une intensité forte à de la douleur. Et c'est apprendre à observer ça qui est important, de savoir sortir de la posture quand c'est nécessaire. Parce que pour beaucoup de personnes, on reste dans la douleur parce qu'on a cette sensation, cette compréhension, cette croyance que dans la douleur ça va passer. Au bout d'un moment ça va lâcher. Non, la douleur elle est là aussi pour nous avertir, elle nous sert de signal d'alarme. Donc c'est important d'écouter et d'apprendre à faire la différence entre intensité forte et douleur. Un autre point commun à toute autre pratique de yoga, c'est la sortie de la posture. Parce qu'on met beaucoup d'attention à l'entrée de la posture, à la posture elle-même, et il faut parfois aller chercher une autre énergie pour sortir de la posture. Si vous prenez une posture dynamique qui vous demande beaucoup d'efforts, voyez l'énergie qui vous reste pour en sortir. Souvent on sort comme ça, un peu en catastrophe, sans trop respirer, sans se poser la question de comment il faut faire. On sort de la posture pour un petit peu en urgence. Eh bien, en yin, après quelques minutes de relâchement, il est nécessaire de se préparer mentalement et physiquement à la sortie, parce que là, les muscles ont été étirés, ramollis, allongés, et ils n'ont peut-être plus assez de répondants pour pouvoir redresser le corps. Donc, prendre conscience de l'effort à fournir et des muscles qui ne sont pas au rendez-vous, ou encore envisager le chemin à prendre et faire attention à certaines parties du corps, eh bien, c'est important. pour sortir d'une posture. Parce que la blessure, encore une fois, elle peut arriver en entrant dans la pose, en restant trop longtemps, ou en en sortant en catastrophe. Donc oui, la blessure est possible aussi en yin yoga, comme dans n'importe quelle autre pratique corporelle. Regardez, vous traversez la route, vous tordez la cheville, en passant sur le trottoir un peu rapidement, et puis voilà, des fois il ne suffit pas grand chose pour que la blessure arrive. Et le yoga n'est pas épargné par les blessures. Passons à la sixième idée reçue. Le yin yoga est trop passif pour les athlètes ou les personnes actives. Ceux qui pratiquent des activités intenses comme la course ou des styles de yoga plus dynamiques pensent que parfois le yin n'aura pas d'impact sur leur performance. La réalité est tout autre. Le yin est un excellent complément pour les athlètes ou les personnes qui pratiquent des sports et des activités physiques intenses. Parce qu'il permet d'étirer, de relâcher les tissus profonds qui sont souvent tendus, ou parfois même crispé après des efforts répétitifs. Et cela favorise surtout la récupération et la prévention des blessures. Donc le yin est une superbe pratique de récupération. Mais je vous mets en garde parce que le yin fait baisser les performances. Si vous avez besoin d'utiliser votre force, vos muscles toniques, votre puissance, la pratique du yin doit se faire à distance de votre entraînement ou de votre compétition. Par exemple, Pas de yin la semaine avant le marathon. Après, vous pouvez y aller sans aucun problème, mais avant, vous risquez d'avoir l'impression de courir au ralenti. Donc si vous avez un temps visé, vous aurez du mal à atteindre ce temps visé parce qu'encore une fois, votre corps sera au ralenti si vous avez fait trop de yin en préparation. Pareil, pas de yin avant de soulever des poids parce que vous allez sentir que vos muscles n'auront pas assez de force et de puissance pour pouvoir soulever de lourds poids. D'où l'importance de savoir quelle est la fonction de chaque type d'entraînement. pour que lorsqu'ils sont mélangés, ils fonctionnent ensemble et pas en annulant les bénéfices des autres. Aussi, si vous pratiquez une activité ou un sport qui demande de la performance et de l'endurance, il faudra définir en quoi la pratique de Yin va soutenir votre pratique et surtout tester voir ce qui marche pour vous et dans quel ordre. Ici, on revient sur ce que j'appelle la pratique fonctionnelle. La pratique fonctionnelle, c'est à quoi ça va me servir. dans mon objectif, dans mon intention. Donc, vérifiez, testez, observez, notez et choisissez ce qui marche pour vous avant vous et après vos compétitions et vos entraînements. Pour terminer, la dernière idée reçue est la suivante. Enseigner le Yin Yoga, c'est facile, il suffit de faire tenir les élèves dans les postures. Certains pensent que l'enseignement du Yin se limite à faire tenir les élèves dans des postures pendant longtemps. sans réelle complexité, et par conséquent qu'une formation n'est pas nécessaire. Mais c'est justement le fait de maintenir longtemps les postures qui révèlent les spécificités anatomiques de chaque élève. Le rôle de l'enseignant est alors crucial. Il doit connaître des variations anatomiques, c'est-à-dire la longueur des os, l'angle des articulations, la souplesse des fascias, la souplesse des muscles, la manière dont le système nerveux fonctionne. pour aider chaque élève à trouver une posture qui respecte ses limites personnelles. Ce qui peut sembler juste une posture pour certains peut être très intense pour d'autres, selon la structure de leur corps. Un élève va être bien dans une posture et l'élève d'à côté en grande souffrance. L'enseignante doit donc adapter ses consignes pour éviter les tensions inutiles ou un inconfort excessif, tout en guidant les élèves vers une exploration subtile de leur propre alignement. Le rôle de l'enseignant de Yin Yoga va bien au-delà de simplement faire tenir une posture, parce que l'immobilité et la durée peuvent faire émerger des émotions, des résistances, des inconforts, tant physiques que mentaux. Il est important de pouvoir accompagner ces états en proposant des consignes adaptées, en créant un espace de sécurité et en encourageant l'écoute intérieure. C'est un véritable travail d'accompagnement psychologique subtil qui demande de la présence et une réelle capacité d'écoute. Et tout cela s'apprend, cela fait partie de la pédagogie. Et pour finir, le yin-yang a un effet spécifique, que ce soit sur les muscles et les fascias, les articulations ou les méridiens d'énergie, les pensées ou encore la respiration. L'enseignant doit être capable de structurer sa séance avec une intention. pédagogique claire, que ce soit pour travailler un groupe de méridiens, améliorer la flexibilité d'une articulation ou favoriser un état méditatif. La lenteur de la pratique exige de l'enseignant une capacité à guider avec précision et à offrir des instructions claires pour que chaque posture vise à atteindre, tant sur le plan physique qu'énergétique, ce qu'il a décidé de travailler dans sa séquence. Nous voilà arrivés à la fin de cet épisode. Alors, pour récapituler rapidement ce que nous avons vu ensemble aujourd'hui, nous avons démystifié plusieurs croyances, comme l'idée que le yin yoga serait une pratique facile ou ennuyeuse, que les bénéfices physiques seraient moindres et que l'enseignement du yin se limiterait à faire tenir les élèves dans les postures. Vous voyez, il y a tellement plus à découvrir, à comprendre et à vivre dans cette pratique. Si cet épisode vous a inspiré ou si vous avez des expériences à partager sur le Yin Yoga, n'hésitez pas à me laisser un commentaire ou à en faire parler autour de vous. C'est toujours un plaisir d'échanger et d'apprendre les uns des autres. Je vous retrouve très bientôt pour un nouvel épisode. Et d'ici là, prenez le temps d'écouter ce que votre corps a à vous dire, que ce soit en mouvement ou en immobilité. A très vite sur Blabla Yoga. Et n'oubliez pas, Que ce soit sur ou en dehors du tapis, optez toujours pour une pratique libre et décomplexée. A bientôt !