- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de Blédard, les voix invisibles. Depuis le lancement du podcast, j'ai eu la chance de recevoir cinq femmes incroyables, avec des parcours différents. Ces femmes sont originaires de pays différents, l'Algérie, le Costa Rica, la Roumanie, l'Allemagne et la Tunisie. Des femmes qui nous ont raconté leur histoire, partagé leur expérience avec générosité et sincérité. Après ces cinq épisodes, oui déjà cinq, Je tenais à faire une compilation de deux sujets que j'ai évoqués avec elle. Le premier sur le message qu'elle voudrait porter aux immigrés d'aujourd'hui et le second, celui qu'elle voudrait adresser aux Français. Alors j'ai décidé de faire un récap de leurs messages que j'ai souhaité mettre en avant pour porter leur voix de façon collective. Donc ça sera le sujet du podcast d'aujourd'hui. Allez, let's go ! On va commencer avec Tizieri, qui a tout quitté à 27 ans, qui a quitté l'Algérie pour recommencer de zéro en France. Sa réponse résonne vraiment avec ce pourquoi je fais ce podcast. Je vous laisse l'écouter. Est-ce que Tizieri, tu aurais un message pour les personnes étrangères qui sont dans des situations compliquées aujourd'hui ?
- Speaker #1
Évidemment. Donc, je leur dis, faites-vous confiance. Ayez confiance en vous. Et surtout, ayez conscience que vous méritez de réussir. Si vous êtes là, c'est que vous le méritez. Et vous méritez tout le bien qui va vous arriver plus tard. Donc, ayez confiance et ayez conscience de votre mérite.
- Speaker #0
Et force à vous. Et force à vous.
- Speaker #1
Ah oui, ça, ils en ont besoin.
- Speaker #0
Pour les personnes, les autres personnes qui ne sont pas concernées, pour les Français, par exemple. qui ne sont pas issus de l'immigration, qu'est-ce que tu as envie de leur dire par rapport à ce qu'ils peuvent entendre par ailleurs sur la réalité, la soi-disant réalité des étrangers ?
- Speaker #1
Comme je le disais tout à l'heure, la France n'est pas raciste, elle n'est pas ce qu'on veut nous faire croire. Et je dirais, apparemment, pour les étrangers, on a tous, on est tous les mêmes, on a tous les mêmes aspirations. En fait, si on vient en France, si on fait tout ce chemin, si on laisse tout derrière nous, c'est pour, justement, avoir une vie meilleure, c'est pour construire. Donc on est là pour construire.
- Speaker #0
Et ensuite, j'ai reçu Laura, qui est venue du Costa Rica, sans parler français, sans réseau, sans filet, et pourtant, elle a tenu, elle a réussi et est aujourd'hui française. Je vous partage son message. Et pour les personnes qui, aujourd'hui, vivent les difficultés que toi, tu as vécues, qu'est-ce que tu as envie de leur dire ?
- Speaker #2
Si c'est ça qu'ils veulent, en fait, si c'est ça que leur corps leur dit de faire. Et malgré les difficultés, il faut tenir parce que je pense que les résultats qu'on a derrière, c'est assez gratifiant. Et ça montre aussi, ça montre qui est la personne, en fait. Ça montre des valeurs. de courage, de résilience, de persévérance, qui sont déjà des valeurs, des traits qui vont servir pour beaucoup de choses dans la vie.
- Speaker #0
Ça développe des obstacles.
- Speaker #2
Exactement. Mais franchement, ça fait partie de l'histoire de chacun. Il faut les porter avec fierté. Et les choses qui arrivent... facile, c'est pas forcément les choses qui vont nous rendre les plus fiers dans la vie, mais au contraire en fait. Et après, chacun doit écouter son corps et chacun doit savoir aussi quand le temps pour retourner au fur et à mesure c'est arrivé.
- Speaker #0
Et aux Français qui nous écoutent, quand je dis Français, les personnes qui ne sont pas concernées par l'immigration, qui n'ont jamais été, qu'est-ce que tu voudrais qu'ils comprennent justement de ta réalité ?
- Speaker #2
J'aimerais qu'ils s'entraînent, monsieur F. La première, c'est de ne pas faire de suppositions. Vous ne pouvez pas supposer que l'histoire immigrante d'une personne est la même pour tout le monde. Parce que la raison pour laquelle on est migré est très différente pour tout le monde. Cela ne veut pas dire qu'il y a des personnes qui, comme moi, c'était un choix. Il y a d'autres qui sont en position. Et c'est une question aussi de survie. Cela ne veut pas dire que parce qu'on l'a vécu d'une certaine façon, que pour un c'est plus simple que l'autre. La réalité c'est que n'importe quel était le choix de faire cette... décision d'immigrer, c'est un choix qui est difficile et que nous on essaie de s'adapter au mieux dans la culture. Parfois les faits, parce que parfois j'entends des gens qui disent non mais là cette personne il vient d'ici, il n'est pas français, il ne veut pas faire de ces efforts, ben non en fait. La personne est en train de faire énormément de ces efforts à apprendre une langue c'est hyper dur. Surtout quand on est déjà âgé, ce n'est pas quelque chose qui est simple. et la personne est en train de faire de son mieux, la personne est en train de perdre. Et c'est pas déranger déjà, parce qu'on veut pas déranger les autres, on veut pas, on est pas ici pour déranger, on veut apporter. Et c'est en gardant en fait une ouverture d'esprit que on peut voir les différences en fait de chacun, et ce que chacun peut apporter. Moi j'aimerais aussi dire que vous avez une chance énorme. dans ce pays. C'est une chance déjà de comment vous êtes grandi, au niveau de l'éducation, au niveau de la santé, au niveau de la sécurité. C'est une chance qu'on n'a pas tous dans notre pays d'origine. Mais aussi la chance de vivre dans un pays qui est apprécié par le monde et donc que vous pouvez trouver énormément de cultures différentes ici qui peuvent vous apporter.
- Speaker #0
Apporter, c'est clair. Après j'ai reçu Anna qui venait de Roumanie. Anna aspirait à une vie meilleure qu'elle a réinventée en France. Et aujourd'hui, elle est épanouie. Et les gens qui sont justement aujourd'hui dans la même situation dans laquelle tu étais en arrivant où c'était pas facile, de ce que tu disais, qu'est-ce que tu as envie de leur dire ?
- Speaker #3
Parce qu'on ne doit pas mettre à cœur tout ça. On doit être vraiment insensible si on veut rester. Parce que je pense que c'est le cas pour toutes les personnes immigrantes. En fait, on part d'un pays pour peu importe quelle raison. On part d'un pays, on déménage dans un autre pays, on essaie de suivre les règles, on essaie de s'intégrer. Et après ça, on revient peut-être visiter le pays d'origine, on ne se sent plus à la maison. En fait, on ne se sent plus à la maison, ni dans le pays d'origine, ni dans le pays où on habite. Alors, on est des citoyens du monde.
- Speaker #0
Et pour les Français qui nous écoutent, qui ne sont pas d'origine étrangère, qu'est-ce que tu as envie de leur dire par rapport à leur rapport aux étrangers et aux immigrés ?
- Speaker #3
Alors, j'aimerais leur dire d'être plus gentils, simplement plus gentils. Vous savez, c'était un truc... super sympa et qui dit j'aimerais qu'il sache comment je suis drôle dans ma langue maternelle alors on est des gens tout court qui doivent respecter apprécier et pris en prise en considération d'accord et que la première question après bonjour que ça va pas de De quelle origine es-tu ? Je suis un être humain. Tout court.
- Speaker #0
Et il y a eu une autre Anna. Promis, je ne l'ai pas fait exprès. Anna qui vient d'Allemagne, qui est arrivée en France, mais qui a beaucoup voyagé avant d'arriver en France. Elle est venue par amour et elle est restée par choix. Sa réponse est pleine de sagesse. Je vous laisse avec elle. Qu'est-ce que tu voudrais dire aux personnes qui seraient aujourd'hui dans la même situation dans laquelle tu étais quand c'était compliqué pour toi ?
- Speaker #4
J'aimerais dire que chaque complexité, chaque difficulté est une opportunité.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu as envie de dire aussi aux personnes qui n'ont pas immigré ou qui ne sont pas du tout concernées par ce sujet ? Quel regard tu voudrais qu'ils portent vis-à-vis des étrangers ?
- Speaker #4
Je pense que c'est important de se rendre compte que... On juge les choses dans leur relation à autre chose. Donc si je n'ai jamais quitté mon village, je vais toujours juger tout par rapport à mon voisin. Donc ça c'est important à prendre en compte qu'en fait il y a une culture qui fonctionne à sa manière, mais il y a aussi les micro-cultures aux fonctions où on se trouve. Et que chaque culture ou micro-culture est un écosystème très complexe. très individuelles et on ne peut pas les comparer parce que chaque fonctionnement est différent. Gardez en tête, si moi je suis en minorité, quelque part, c'est plus facile de se rendre compte de la différence. Mais si les autres sont comme moi, je vais juger par rapport à ça. Donc ça c'est la première chose. Et la deuxième chose, c'est qu'il faut aussi garder en tête que notre perception du monde et aussi des cultures différentes sont façonnées par ce que les médias nous racontent. Si un pays est mal positionné dans les médias de mon pays, la télé ou les médias que je consomme, je pense que je vais avoir un avis, mais en réalité, tu n'as pas d'avis, tu as juste redit ce que tu as entendu quelque part. Ça s'appelle façonner un avis, ça s'appelle la doctrine publique, si on veut bien, même si on se retrouve dans le camp opposé et on pense d'avoir une... une expression de... une libre-pensée, on se retrouve quand même dans le camp opposé. Donc, on est toujours un peu infiltrés par les opinions publiques. Et moi, j'en fais bien sûr partie, mais je pense que c'est important de s'en rendre compte que quand je rencontre un individu, je rencontre l'individu. Et ce qui est raconté dans les médias, n'importe si c'est un pays fortuné ou pas, ça ne miroite pas. l'essence de l'individu et son potentiel et si c'est une bonne ou une mauvaise personne.
- Speaker #0
Il faut avoir la curiosité justement d'aller rencontrer cette personne et de s'intéresser profondément à elle pour la juger individuellement au-delà de ce qui est raconté par ailleurs.
- Speaker #4
Oui,
- Speaker #0
absolument. Et enfin, j'ai reçu sourire, docteur, coach et auteur. notre Wonder Woman, qui nous a partagé sa vision et ses réponses avec beaucoup d'humilité et beaucoup de sens. Et qu'est-ce que tu voudrais dire aux étrangers qui, aujourd'hui, arrivent en France et qui sont confrontés à ce à quoi tu as pu être confronté, au fait d'aller à la préfecture à 4h du matin ? obtenir un ticket ou avoir un rendez-vous, qu'est-ce que tu voudrais leur dire ?
- Speaker #5
Déjà, il faut qu'ils soient courageux pour se lever tôt à la préfecture, surtout en hiver. Après, j'ai envie de leur dire que la patience est la clé pour obtenir ce qu'on veut. Il ne faut pas se décourager. Au début, c'est toujours difficile, certes, mais il faut... vous finirez par affirmer votre légitimité. Et il faut apprendre à briser vos propres barrières mentales, celles qui vous font douter de votre valeur ou de votre place. Donc si vous êtes là aujourd'hui, c'est que c'est l'endroit où vous devez être. Et n'hésitez pas à poser des questions, maîtriser vos droits et soyez proactifs dans votre recherche d'informations.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu aimerais dire aux Français qui ne sont pas concernés par ces sujets-là et qui aujourd'hui se fie à ce que disent les médias sur l'immigration et sur les étrangers ?
- Speaker #5
Oui, alors, ce que je voudrais dire, c'est qu'il faudrait qu'ils soient conscients. Chacun porte sa propre histoire. Et on est tous différents. Et si nous sommes ici, c'est pour une bonne raison. Donc, en fait, ce que je vais leur demander, c'est de rester vigilants face à ce qu'ils consomment dans les médias. Parce qu'on a trop souvent tendance... à enfermer les immigrés dans un même moule ou à les réduire à des clichés. Parfois, on a même l'impression d'être dépossédés de notre identité pour servir un message politique ou médiatique.
- Speaker #0
Et voilà, c'est déjà la fin de cet épisode. Ces cinq femmes que vous avez découvertes ou redécouvertes, Tiziri, Laura, les deux Anna et Sourire, racontent des histoires de vie différentes mais convergent vers la même vérité, la persévérance, le courage. La légitimité et la volonté de contribuer à construire la France. J'espère que ce nouveau format vous a plu. Si vous n'avez pas encore écouté les épisodes complets, je vous invite à le faire parce que chaque histoire m'arrive d'être entendue en entier. Puis derrière chaque extrait, il y a une vie à découvrir. Merci à vous de nous avoir écoutés. N'hésitez pas à partager autour de vous, à continuer à soutenir Bledar. Ses voix existent grâce à vous. Et si vous aussi, vous avez envie de partager votre histoire et votre parcours, contactez-moi par mail sur contact.bledar.gmail.com ou directement sur LinkedIn. Je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode. Au revoir.