- Speaker #0
On parle souvent des immigrés en France, mais on les entend rarement. Ils travaillent, ils réussissent, ils contribuent à construire le pays, et pourtant, ils restent invisibles dans l'ombre. Bled'Are est le podcast qui les met en lumière. Bled pour nos origines, Are comme We Are pour dire qui nous sommes, aujourd'hui ici en France, est pleinement légitime. Je m'appelle Wassila la Moussaoui, Française, née et grandi à l'étranger, immigrée depuis 20 ans, et un jour, j'en ai eu assez qu'on parle de nous, sans nous. Alors j'ai créé Blédard, un espace de parole, de témoignage vrai, pas un débat, pas une polémique, juste des réussites, des histoires vraies, les leurs, celles qu'on n'entend jamais jusqu'ici. Bled'are, les voix invisibles, c'est parti !
- Speaker #1
Et la réalité, c'est que nous sommes là, nous travaillons pour la France, nous faisons progresser la France et surtout nous représentons aussi la France. Bonjour à toutes et à tous, bienvenue dans mon podcast Bled'are, les voix invisibles.
- Speaker #0
Le podcast qui donne la parole aux immigrés qui sont aujourd'hui invisibilisés et auxquels je donne une place particulière en les mettant en lumière. Je reçois aujourd'hui, Souhir... Souhir qui a eu un parcours académique et professionnel assez impressionnant et je suis ravie, vraiment ravie de la recevoir aujourd'hui. Bonjour Souhir.
- Speaker #1
Bonjour Wassila, merci pour ton invitation.
- Speaker #0
Avec grand plaisir. Est-ce que tu peux te présenter Souhir, nous parler un peu de toi, de ton parcours personnel, ton parcours professionnel et le partager avec nos auditeurs ?
- Speaker #1
Oui, merci beaucoup Wassila. Alors moi c'est Souhir, 43 ans. Je suis maman de deux enfants et je suis arrivée en France en 2007. J'étais déjà ingénieure en Tunisie, j'avais un diplôme d'ingénieur et j'étais venue ici, j'avais deux objectifs. Un, rejoindre mon mari et faire une thèse, j'avais pour objectif de faire une thèse de doctorat en informatique. Par la suite, quand je suis arrivée ici, il fallait faire une équivalence, une sorte d'équivalence pour mon diplôme d'ingénieur. Donc, j'ai fait une année de master. Puis, j'ai enchaîné avec la thèse de doctorat. Et ensuite, j'avais enseigné à l'université. Et par la suite, j'ai travaillé dans des entreprises de renommée internationale en tant qu'ingénieure, puis cheffe de projet. Et comme je suis aussi intéressée par l'humain et tout ce qui l'entoure, j'ai suivi une formation et j'ai été certifiée en tant que master coach. professionnelle. Donc aujourd'hui, je suis docteur en traitement automatique des langues, c'est une spécialité en informatique, et aussi coach en santé mentale.
- Speaker #0
Et tu as ton compte aujourd'hui ? Tu travailles dans une entreprise ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Depuis quand ?
- Speaker #1
Depuis deux ans.
- Speaker #0
Et donc, tu es auto-entrepreneur, et quel type d'intervention tu fais aujourd'hui ?
- Speaker #1
Donc aujourd'hui, en fait, je fais un peu les deux. Donc, j'ai toujours mon métier en informatique. Et aussi, j'interviens en tant que coach en santé mentale. Et en fait, comme je suis master coach professionnel, je peux intervenir aussi dans des entreprises pour un coaching d'équipe ou un coaching en one-to-one.
- Speaker #0
OK. Et quand tu es arrivée en France, est-ce que tu peux justement nous parler de cette arrivée, notamment pour ton... ton master et les étapes qui ont suivi ?
- Speaker #1
Oui, donc en fait, quand je suis arrivée, je suis arrivée en tant qu'étudiante. Donc, j'ai fait toute la procédure en Tunisie qui a duré après un an. Donc, les candidatures à l'université, les entretiens, il y a Campus France. Il y a aussi certaines universités ont demandé le DALF, en langue française. Et donc, voilà. tout ce qui va avec pour la préparation du visa, donc les relevés de notes et tout ça.
- Speaker #0
Et quand tu es arrivée en France, tu es arrivée sur un master recherche ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Pour faire ton doctorat ?
- Speaker #1
Oui, master d'abord, pour pouvoir avoir le droit de faire une thèse de doctorat. Parce qu'en fait, le diplôme d'ingénieur, il n'était pas reconnu.
- Speaker #0
Donc, tu as fait l'équivalence d'un an pour avoir la reconnaissance de ton master et tu as enchaîné ensuite sur... ta thèse, est-ce qu'il y a des choses qui étaient plus compliquées en tant qu'étrangère par rapport à cette thèse-là ?
- Speaker #1
Alors, en tant qu'étrangère, la procédure, elle est plus longue parce que déjà, il y a la carte séjour. Quand je suis arrivée, j'étais dans un petit cercle vicieux entre la carte... la carte vitale et la carte bancaire. Et à chaque fois, en fait, je ne pouvais pas faire la carte bancaire sans la carte vitale et vice-versa, je ne pouvais pas faire la carte vitale sans avoir une carte bancaire.
- Speaker #0
C'est ce qu'on disait la dernière fois dans l'un de mes épisodes. Pour le titre de séjour, il faut avoir un compte bancaire. Et pour avoir un compte bancaire, il faut avoir un titre de séjour. Pour la sécurité sociale, si tu veux avoir ta carte vitale, il faut avoir un compte bancaire. Donc, en fait, il y a des niveaux de difficultés qui se cascadent. Et en fait, c'est le serpent qui se mord la queue. C'est ça, oui. Et quelles ont été les démarches, du coup, par rapport à ton titre de séjour ? Est-ce que tu estimes que c'était simple au niveau de la préfecture ? Est-ce que c'était fluide en tant que Tunisienne ?
- Speaker #1
En fait, pour la carte de séjour, il fallait aller à la préfecture très tôt le matin pour la file d'attente. parce qu'en fait On y allait à 6h du matin, alors que la préfecture ouvrait à 9h. Et il y avait un nombre de tickets limité. Donc, la peur, c'était toujours d'être à la limite du nombre de tickets. Donc, non, ce n'était pas facile. Je me rappelle encore de ces jours où on faisait la queue. Et même quand on arrivait 6h ou 5h du matin, il y avait des gens avec des sacs de couchage.
- Speaker #0
Oui, il y avait des gens qui passaient la nuit ici.
- Speaker #1
Voilà. qui viennent minuit, 3h du matin, pour être les premiers. Parce qu'en plus, il faut poser la journée. Ou alors, c'est chez les cours, si on est étudiant.
- Speaker #0
Tout à fait. Et est-ce que, quand t'es arrivée, il y a des choses qui t'ont surprise, que ce soit positivement ou négativement ? Est-ce qu'il y a quelque chose que tu t'es dit ? Ah ouais ?
- Speaker #1
Alors... Il y a un truc qui m'a marquée. Les premiers jours quand j'étais arrivée, naturellement, j'étais allée à la fac pour faire mon inscription. Et donc, il y avait une file d'attente devant le bureau des inscriptions. Donc, je me suis mise à la file. Et là, il y a un monsieur qui sort et qui dit, en fait, les étrangers sur la file de droite et les autres sur la file de gauche. Donc, j'étais sur la file de gauche. C'est bon. Et après, d'un coup, je me suis rendue compte que j'étais l'étrangère. Et ce jour-là, en fait, je ne sais pas, mais ça m'a marquée. En fait, c'était une prise de conscience d'une nouvelle identité.
- Speaker #0
Ok. Donc, tu t'es mise dans la mauvaise file.
- Speaker #1
Oui. En fait, j'ai changé. J'ai réfléchi un peu, mais ça m'a marquée.
- Speaker #0
D'avoir été catégorisée. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. C'était une sorte de nouvelle identité pour moi. Donc, aujourd'hui, je suis étrangère. Ça m'a marquée.
- Speaker #0
Je comprends. Est-ce qu'il y a des choses qui t'ont surprise positivement ?
- Speaker #1
Oui, en fait, quand je suis arrivée, j'ai remarqué qu'ici, c'est beaucoup plus organisé. Tout est bien cadré. Quand j'y vais, je ne sais pas, à la poste, à la mairie, il y a toujours une file d'attente. Le premier qui arrive, il passe. Et voilà, en fait. Ce qui était différent de ce que tu as... ce que tu avais connu. Oui, oui.
- Speaker #0
Et par rapport à... Donc, tu racontais là dans ton histoire que tu avais été ramenée à ton statut d'étrangère. Est-ce que justement, ce statut-là d'étrangère, à un moment donné, t'en as souffert dans ta vie professionnelle ou ta vie personnelle ? Est-ce que tu as senti que tu as été ramenée à tes origines à un moment donné ou stigmatisée ?
- Speaker #1
Par exemple, une fois, j'étais... Quand j'étais... Je me suis levée le matin, un matin, et j'avais un bleu au visage. Donc, je ne savais pas c'était quoi la cause. Et bon, après, je suis allée au travail. Et là, il y a une collègue qui me regarde bizarrement et me dit, « Souhir, ça va ? » Elle est Française. Et j'ai dit, « Oui, ça va, tout va bien. » Et là, après, elle me retire dans un coin. « Ça va, tout va bien ? C'est quoi le bleu que tu as ? » J'ai dit, « Oui, ça va, c'est rien. » Et je n'avais pas compris sur le champ. Et après, en la regardant, je me suis rendue compte qu'elle avait une idée derrière. Elle me dit, ah oui, en fait, j'ai eu peur. J'ai cru que tu t'es disputée avec ton mari.
- Speaker #0
Et tu penses que c'est lié à tes origines ?
- Speaker #1
Oui, c'est lié à une idée qu'on a. Parce que je le sens et je le vois parfois dans certains comportements. Parfois, on lit des idées ou des choses qu'on voit sur les médias ou qu'on entend parler. Et ça peut être un événement ou un fait divers qui peut arriver. En Tunisie, en France, avec des Français, des Tunisiens, des Suédois.
- Speaker #0
Des étrangers.
- Speaker #1
N'importe qui, en fait. Et oui, j'ai senti que ça visait un certain a priori. Des a priori, des idées reçues.
- Speaker #0
Aujourd'hui, tu es Française ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et tu l'es depuis quand ?
- Speaker #1
Je le suis depuis 2014. En fait, la première fois que j'ai déposé la demande, c'était en 2011, mais je ne l'ai pas eue. On a déposé une demande, mon mari et moi, et on avait ma fille qui était née à ce moment-là. Donc, lui et elle, ils ont eu la nationalité, mais pas moi. Parce qu'à ce moment-là, j'étais en thèse, donc j'avais un CDD. Et la raison, c'était parce que je n'avais pas de rémunération pérenne.
- Speaker #0
Tu n'avais pas tes trois avis d'imposition avec un salaire fixe ?
- Speaker #1
J'étais à 4 ans et demi depuis que j'étais en France. J'étais avec mon mari aussi et je n'avais pas le droit de faire un recours avant deux ans. Du coup, j'ai attendu. Après, j'ai réussi à relancer la demande peu avant la date limite et je l'ai obtenue.
- Speaker #0
Parce que tu étais en CDI à ce moment-là ou pas ? Non. Du coup, qu'est-ce qui a changé entre la première et la deuxième demande ? Rien.
- Speaker #1
Non, c'était plus... Peut-être que j'ai eu mon diplôme de doctorat entre-temps.
- Speaker #0
Oui, peut-être que ça a pu jouer. Donc, la première fois, tu ne l'as pas eu parce que tu n'avais pas un statut entre guillemets stable professionnellement, parce que tu n'étais pas en CDI.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Et pourtant, tu étais là depuis... Tu avais quand même un emploi.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
oui, j'étais, oui. Ok. Et qu'est-ce que tu voudrais dire aux étrangers qui, aujourd'hui, arrivent en France et qui sont confrontés à ce à quoi tu as pu être confrontée, au, justement, le fait d'aller à la préfecture à 4h du matin pour obtenir un ticket ou avoir un rendez-vous ? Qu'est-ce que tu voudrais leur dire ?
- Speaker #1
Déjà, il faut qu'il soit courageux pour se lever tôt à la préfecture, surtout en hiver. Après, j'ai envie de leur dire que la patience est la clé pour obtenir ce qu'on veut. Il ne faut pas se décourager. Au début, c'est toujours difficile, certes, mais vous finirez par affirmer votre légitimité. Et il faut apprendre à briser vos propres barrières mentales, celles qui vous font douter. de votre valeur ou de votre place. Donc si vous êtes là aujourd'hui, c'est que c'est l'endroit où vous devez être. Et n'hésitez pas à poser des questions, maîtriser vos droits et soyez proactifs dans votre recherche d'informations.
- Speaker #0
Et justement, par rapport au fait de briser ces croyances limitantes ou briser les barrières mentales, tu as sorti un livre à ce sujet. Où tu parles de saboteurs invisibles et j'aime bien. invisible, ça fait lien avec une voix visible. Est-ce que tu pourrais nous en parler ?
- Speaker #1
Oui, j'ai sorti un livre dernièrement sur les barrières mentales. C'est parce qu'on a tous et toutes des barrières mentales. On se dit qu'on a envie de faire quelque chose, mais on le ne fait pas, mais on ne sait pas pourquoi. Et derrière, il y a un blocage dans sa tête. Ça peut être le syndrome de l'imposteur, ça peut être le fait qu'on ne s'accuse. ne se croit pas ce droit. Ça peut être aussi des idées reçues selon, par exemple, peut-être à l'enfance, on a eu des idées. Ça peut être la loyauté familiale. On ne veut pas se lancer dans un projet parce qu'il y a quelqu'un dans la famille qui s'est déjà lancé dans un projet pareil et il n'a pas réussi. Du coup, on ne va pas réussir. Alors que ce n'est pas vrai. C'est quelque chose qui me tient à cœur d'en parler. Et voilà. J'espère que... Ce livre aidera des personnes.
- Speaker #0
Où est-ce qu'on peut le trouver, ce livre ?
- Speaker #1
Il est disponible sur Amazon. Le titre est Brise tes barrières mentales, 7 saboteurs invisibles qui t'empêchent d'oser.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses que ça peut être un guide parfait pour justement les étrangers qui, aujourd'hui, n'osent pas peut-être affronter certains challenges ou avoir le courage de se lancer dans certains projets ?
- Speaker #1
Oui, je pense que ça peut aider. En fait, le livre, c'est un petit guide. Donc, ça peut donner des idées et ça peut déclencher des réflexions par rapport à ce sujet-là et se rendre compte de certaines barrières. Parce que parfois, on fait des choses, on ne se rend pas compte. Et c'est pour ça que c'est des barrières invisibles, en fait.
- Speaker #0
Est-ce que toi, tu sens que ce guide-là aurait pu t'aider ? Ou en tout cas, quand tu étais étrangère, est-ce que toi-même, tu as été victime de ces barrières ?
- Speaker #1
Oui, tout à fait, oui. Oui, j'étais victime. Ça, je le sais parce que... Moi, j'ai l'habitude de, par exemple, j'ose pas poser les questions, j'ose pas demander parce qu'avant, c'est arrivé et on nous répond pas ou on répond d'une manière différente. Alors que parfois, poser des questions, ça répond, ça aide beaucoup. Si on pose pas des questions, on saura pas.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que toi, justement, par rapport à ton histoire personnelle, en quoi ça aurait pu t'aider ? en tant qu'étrangère ?
- Speaker #1
Avoir l'envie et le courage d'aller vers les autres.
- Speaker #0
Parce qu'on ne connaît personne ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. C'est ce qui est difficile, en fait. Quand on arrive ici, on est seul. Par exemple, quand on est en famille, on discute, on pose la question. Il y a un cousin, peut-être, qui est déjà passé par là. Mais ici, tout est nouveau. Le système est nouveau. L'environnement, il est nouveau. la culture, c'est une autre culture. Comment dire ? Tout ce qui est administratif, c'est différent, les procédures et tout ça. Donc, on ne pourra pas savoir si on n'en parle pas.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui a été le plus difficile pour toi ?
- Speaker #1
Alors, pour moi, la période la plus difficile, c'était quand j'étais en thèse. Donc, j'ai eu un bébé. Et à ce moment-là, c'était trop difficile parce qu'il fallait gérer le nouveau-né. la thèse parce qu'il ne faut pas lâcher sinon j'aurais fait des années et puis ne pas aller jusqu'au bout à un moment donné je me suis dit je vais tout arrêter mais heureusement que j'ai pu tenir mais c'est pas facile parce qu'il n'y a personne pour t'aider la famille elle n'est pas là là ici je vois par exemple j'ai mes enfants là les copains et tout parfois il y a les grands-parents qui aillent les chercher donc moi je n'ai pas celui qui est ici Il faut qu'on arrive à gérer tout seul. Et surtout, une thèse avec un bébé, tout ce que doit faire une maman. Je devais chercher aussi une nounou parce qu'à la crèche, c'était compliqué. On n'a pas réussi à trouver une place. Il y a beaucoup de nombres.
- Speaker #0
Normal, quoi.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Donc, voilà.
- Speaker #0
Et à ce moment-là, tu étais encore avec des... Comment dire ? Des démarches en tant qu'étrangers, parce que ce n'était pas encore Française.
- Speaker #1
Oui, non, je n'étais pas Française.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu aimerais dire aux Français qui ne sont pas concernés par ces sujets-là et qui aujourd'hui se fient à ce que disent les médias sur l'immigration et sur les étrangers ?
- Speaker #1
Oui, alors, ce que je voudrais dire, c'est qu'il faudrait qu'ils soient conscients. Chacun porte sa propre histoire et on est tous différents. Et si nous sommes ici, c'est pour une bonne raison. Donc en fait, ce que je vais leur demander, c'est de rester vigilant face à ce qu'ils consomment dans les médias, parce qu'on a trop souvent tendance à enfermer les immigrés dans un même moule ou à les réduire à des clichés. Parfois, on a même l'impression d'être dépossédés de notre identité pour servir un message politique ou médiatique. Donc, soyez tolérants. Et la réalité, c'est que nous sommes là, nous travaillons pour la France, nous faisons progresser la France et surtout, nous représentons aussi la France.
- Speaker #0
Et tu le représentes très bien avec ton super doctorat et ta super expérience. Donc, tu es une chance, oui, tu es une chance pour la France. Qu'est-ce que tu voudrais dire à la Souhir petite, qu'il y avait peut-être des rêves, des ambitions ? Qu'est-ce que tu voudrais lui dire ?
- Speaker #1
Je voudrais dire qu'en fait, il suffit d'y croire pour le voir.
- Speaker #0
Et c'était quelque chose que tu voulais... C'est un projet que tu avais depuis toujours ou c'est arrivé comme ça, comme une opportunité avec ton mari ?
- Speaker #1
À un moment donné, j'ai eu l'idée de faire des études en France. En fait, l'idée de base de tout ce jour, c'était faire les études et puis revenir en Tunisie. Mais bon, finalement... Je suis toujours là. J'avais l'idée, mais après aussi, j'ai eu l'occasion de partir. Je me suis dit pourquoi pas ? Parce que pour moi, c'était une opportunité de découvrir une autre culture. de pouvoir évoluer, de voir autre chose. Et aussi, en fait, ça me permettait de faire un troisième cycle dans un endroit où il y avait plus de technologies, plus de moyens. Donc, oui, c'était une bonne opportunité pour moi.
- Speaker #0
Très bien. Est-ce que tu veux rajouter quelque chose ?
- Speaker #1
Oui, en fait, il y a l'opportunité que m'a offerte la France. de devenir spécialiste en TAL. Et au-delà du diplôme, l'expatriation a été une école de vie. Donc, elle m'a apporté une maturité et des enseignements que seuls ceux qui ont tout quitté peuvent comprendre. Donc, on dit souvent qu'un immigré vit plusieurs vies en une seule. On possède une expérience de vie bien plus dense qu'un parcours ordinaire. Donc, c'est une force invisible qui nous suit partout.
- Speaker #0
Je suis bien d'accord avec toi. Je l'ai déjà dit, mais ça développe des soft skills. Je pense qu'on peut exploiter aussi bien dans notre vie quotidienne qu'en entreprise parce qu'on a une capacité d'adaptation et de flexibilité et une résilience qui sont des qualités très valorisées aussi bien en entreprise que dans la vie de tous les jours. En tout cas, merci beaucoup Souhir pour ton témoignage.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
Merci de donner du courage à ceux qui sont aujourd'hui dans la même situation dans laquelle tu as pu être toi. Je pense que ça va leur donner de l'espoir et de se dire qu'eux aussi peuvent avoir un PhD. Merci pour cette mise en lumière. Merci à vous, auditrices et auditeurs, de nous avoir écoutés. j'espère que Cette histoire vous aura inspiré et vous donnera envie d'écouter les suivantes. Vous pouvez toujours partager mon épisode sur les réseaux. N'hésitez pas à me laisser un commentaire ou à me laisser 5 étoiles. Ça me donnera de la visibilité et de la force. Je vous dis à très bientôt et au revoir.