- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de Blédard, les voix invisibles. Aujourd'hui, je reçois un nouvel invité, Mohand, un homme, un monsieur que je reçois avec grand plaisir parce que c'est le premier invité homme que je reçois depuis le lancement du podcast. Ce n'est pas un choix, c'est les circonstances et la vie qui a fait que jusqu'alors je n'ai reçu que des fins, donc je suis ravie de le recevoir. Bonjour Mohand.
- Speaker #1
Bonjour, bonjour, voici là. Je suis très ravi aussi de participer à cette initiative très intéressante. Et je suis tout aussi content d'être le premier homme qui est invité sur ce podcast.
- Speaker #0
Génial. Mohand, pour commencer, c'est le rituel maintenant. Est-ce que tu peux nous parler de toi, te présenter, nous dire d'où tu viens et nous parler de ton parcours personnel et professionnel ? Et elle va nous dire comment aujourd'hui tu es arrivé en France et pourquoi.
- Speaker #1
Oui, donc Mohand, je m'appelle Mohand et puis j'ai 44 ans. Je suis né et j'ai grandi en Algérie, en Kabylie plus particulièrement, dans un petit village à 1000 mètres d'altitude où il neige tous les hivers. C'est assez joli. Et une région qui s'appelle Michelet. Michelet, l'historien, qui a gardé un peu son nom colonial. Il y a bien un autre nom officiel, Al-Hammam, mais je trouve ça assez marrant et ambivalent du rapport qu'a cette région à la France, par travers, par exemple, les noms des patelins. Voilà, je suis fils d'instituteur francisant. Mes deux parents ont été instit à l'école primaire. dans le petit village, et j'ai grandi avec plein de manuels, avec des livres où ça parlait français assez souvent à la maison. J'ai eu une formation plutôt mateuse, j'ai eu un bac en Algérie, un bac maths, et j'ai fait une année de fac à Alger, avant de venir en France pour continuer mes études, des études en mathématiques et en informatique, globalement. Et j'ai pu avoir au bout de... plusieurs années d'études en France, à Paris, mon diplôme d'ingénieur en informatique, précisément en mathématiques appliquées. Et j'ai pu faire un changement de statut. J'imagine qu'il y a plein de gens qui sont passés par cette étape pour travailler dans la suite de ma formation comme ingénieur informaticien. Je suis actuellement chef de projet informatique.
- Speaker #0
Ok. Et la France, pour toi, c'était une évidence ou alors tu avais envisagé d'autres pays, notamment par rapport à ta formation en tant qu'ingénieur informatique ou qui est, j'ai envie de dire, un métier assez prisé partout dans le monde ? Est-ce que la France, c'était une évidence ? Qu'est-ce qui t'a fait décider en fait ?
- Speaker #1
Alors, c'était plutôt une évidence de... par mon entourage immédiat, mon histoire familiale. Dans la région où j'ai grandi, où on a tous un cousin, un oncle. Dans mon cas, mes deux grands-pères ont travaillé en France. Je revois mon grand-père avec son béret, un petit Parisien provençal. Et aussi, il y a beaucoup de mes cousins. C'est un peu cliché, mais il y avait les cousins émigrés qui revenaient tous les étés. Et puis, à l'adolescence, je les voyais cool avec leurs habits branchés, avec leur walkman. Je trouvais ça cool, je me disais « waouh, c'est génial » . Et puis, finalement, la fenêtre sur la France, c'était plutôt la télé. Je ne dis rien d'incroyable, je pense qu'on est un certain nombre à avoir eu… Ça t'aperçut via la télé, via les séries françaises. Moi, quand j'étais ado, je pensais que la France, c'était Hélène et les garçons, premier baiser et tout ça. Donc, il y avait quand même cette facilité ou ce lien familial. Il y a aussi la musique. Mes parents écoutaient Slimane Hazem, Daman Harash, où on parlait de l'immigration, mais plutôt sur le côté déchireur, déchirement. L'exil. L'exil, exactement. Donc, c'est un peu ambivalent. On avait tous des histoires de telle personne qui est partie en France, on n'a plus entendu parler. Moi, j'ai eu mon bac en 2000, ça date un peu, et 2000, c'était juste après le... C'est anecdotique, mais je pense que ça joue un peu après la Coupe du Monde 98, remportée par la France, avec, je pense que je vous l'ai rappelé, Zidane, président, affiché sur l'Arc de Triomphe. Et du coup, ça renvoyait une image plutôt positive, accueillante, même si elle était complètement biaisée. La télé, ce n'était pas la réalité. Et voilà. Donc, c'était une attraction forte, naturelle via la langue aussi. Voilà, donc...
- Speaker #0
La facilité de la langue.
- Speaker #1
C'est ça, la facilité de la langue, tout à fait. Et puis, il y a l'aimant qui attire, et puis il y a l'aimant qui répulse. En Algérie, à la fin des années 90, c'était la sortie de la décennie noire. L'actualité était un peu morose. Ce n'était pas quelque chose que... Enfin, pour un ado, en tout cas à l'époque, qui permettait de se projeter dans un avenir meilleur. Voilà, c'est à peu près tout ça. Il y a peut-être un peu du subjectif là-dedans, mais je pense que c'est ça qui m'a attiré pour venir étudier en France.
- Speaker #0
Donc, tu as fait les démarches classiques que font les étudiants pour venir en France ?
- Speaker #1
À l'époque, il n'y avait pas encore Campus France. Je crois que c'est quelques années avant Campus France. Alors, c'est assez anecdotique. J'étais à l'Institut National d'Informatique à Alger. Et puis, j'avais un camarade de... J'étais à l'Université, j'avais un camarade que j'accompagnais, parce qu'ils faisaient des virées sur Alger. Et il me disait, tiens, je vais à l'ambassade faire mon dossier. J'ai accompagné, un peu par hasard. Je n'avais pas forcément de but précis, d'agenda précis. Et du coup, j'ai fait un peu les démarches par défaut, j'ai envie de dire, les démarches pour m'inscrire en université française. Et mon dossier a été accepté. Et voilà, j'ai... J'ai réuni un petit pécule pour pouvoir... Il y avait quand même un fonds. Ça coûtait un peu cher de venir s'installer en France.
- Speaker #0
À mon époque, c'était 5 000 euros l'année. Fallait prouver qu'on avait 5 000 euros sur le compte.
- Speaker #1
Tout à fait. C'était ça qu'on avait fait. J'ai fait le tour de la famille. Ils se sont tous un peu cotisés. Et ça fait un dossier qui a été accepté. Je ne me rappelle pas d'avoir eu de difficultés pour constituer ou faire accepter mon dossier à l'époque.
- Speaker #0
Tant mieux. Et les premiers temps, les premiers moments en France, c'était comment ? Est-ce que justement ta famille t'a aidé à t'installer ou alors t'es arrivé avec tes valises comme un peu plusieurs d'entre nous, qui n'avaient pas trop de logement, qui ne savaient pas trop où aller ? Comment ça s'est passé pour toi ?
- Speaker #1
Alors déjà, j'ai récupéré mon visa, ça va parler à tout le monde, un certain 12 septembre 2001. Je ne sais pas si ça vous évoque quelque chose, c'est le lendemain des attentats du 11 septembre, où le monde entier, particulièrement le monde occidental, était dans la stupeur. Je me rappelle, en allant vers l'ambassade pour récupérer mon visa, je ne savais pas s'ils allaient fermer ou pas, s'ils allaient tout arrêter. Je pense que tout le monde,
- Speaker #0
je pense que tous ceux qui ont vécu le 11 septembre, savaient où ils étaient à ce moment-là. Et moi, j'en ai une idée très claire.
- Speaker #1
Très bien. C'est dramatique,
- Speaker #0
mais c'est traumatique aussi.
- Speaker #1
Tout à fait. Je débarque, j'ai 19 ans, en France. Alors oui, c'est là où les solidarités un peu familiales jouent un peu. J'avais un oncle, troisième niveau oncle, qui m'avait dit, au fond, on est auprès de mon père. Il m'a dit, tu viens, tu t'installes chez moi. Il avait une auberge à Paris. Moi, je partais confiant que j'allais être hébergé quelques mois. le temps de me retourner. C'est ce qui s'est passé, mais au bout de quelques semaines, assez vite finalement, au bout d'un mois et demi, je me rappelle, il m'a dit « maintenant, il faut que tu partes. » Je comprends maintenant, parce que c'était comme son business, il n'était pas tout seul, il avait un partenaire. À l'époque, c'était fin 2001, donc il y avait encore les francs. J'avais ramené des francs avec moi. Je me rappelle, j'avais ouvert ma petite besace et je comptais le nombre de francs. J'avais conclu qu'il me restait trois semaines d'hôtel ou de logement. Sachant que les premiers mois, on ne pouvait pas travailler. Il fallait faire pas mal de démarches. J'étais un peu dans l'embarras. C'est là où parfois, il y a des anges gardiens au-dessus de soi. C'était un camarade de classe que je venais de rencontrer. J'étais plutôt bon en maths. il m'a éveillé passer un deal, un logement contre des cours de maths. C'est un peu ça, il était en CTU. Quand j'y repense maintenant, ça m'émeut un peu. Non mais c'est un super deal ça. C'est très naïf comme deal. Bah oui, tu viens chez moi. Alors c'est une piole de 9 mètres carrés. À la fin, on s'est retrouvés à 3 avec des enfants frangins qui avaient des marques.
- Speaker #0
Oh tu sais, quand on est étudiant. On était contents. Exactement. Tu mets ta note à toi, t'es content.
- Speaker #1
Tout à fait. Moi j'étais content. Je faisais du tutorat en maths. Et puis j'avais ma petite piole de 9 mètres carrés. de carré, enfin je partageais une piole de 9 mètres carrés elle est citée à l'université d'Antony voilà et puis après il fallait comprendre le plus gros je pense que le plus gros choc on va dire c'est un choc on va dire au delà du choc culturel mais je m'attendais un peu, je connaissais un peu les trucs le premier truc qui m'a, il y avait le contexte sécuritaire, je me rappelle que les médias parlaient durant septembre et tout Je ne sais pas pourquoi, je me sentais concerné, mais légatiment. C'était drôle parce que je passais d'un statut de victime potentielle en Algérie dans les années 90, où quand tu allais prendre ton bus universitaire, tu savais pas si tu allais péter ou pas, à agresseur en puissance, même si ce n'était pas personnellement. Il y avait ce côté-là un peu lourd. Je me rappelle que je m'étais dit, vas-y, fais profil bas, souris, montre que tu n'es pas là pour créer des problèmes. évite les tracasseries qui pourraient t'emmener je voulais vraiment faire profil bas et puis de fil en aiguille l'autre choc c'est un choc administratif la bureaucratie algérienne elle est ce qu'elle est mais je pense que la bureaucratie française pour les étudiants étrangers c'était quelque chose à l'époque aussi où rien n'était numérisé où il n'y avait pas d'informations sur internet il fallait se déplacer chercher l'information Merci. C'était vraiment un gageur. C'était compliqué. Donc voilà, ça date un peu, mais les souvenirs que j'ai, c'est aller demander autour de moi à ceux qui avaient déjà fait les démarches qu'est-ce qu'il faut qu'on papier. Ils te disaient tous, prends tout ce que tu as, tout ce qui est possible, imaginable, parce que tu n'es pas à l'abri quand on te demande quelque chose qui n'est pas sur la liste des documents. Bon, filons l'aiguille, j'ai pu retrouver un petit job. Après,
- Speaker #0
les choses se sont numérisées, entre guillemets. pas forcément mieux parce que le site de l'ANEF, qui est le site de référence pour demander les titres de séjour quel que soit son statut, est aujourd'hui très critiqué et ce qui fait qu'il y a plusieurs étudiants, plusieurs étrangers qui se retrouvent en situation irrégulière parce que le site déconne tout simplement. Ils ont créé une plateforme mais elle n'est pas optimale et elle met en difficulté des immigrés aujourd'hui qui se retrouvent trouve sans emploi. J'avais lu il y a deux jours un article qui parlait des dommages psychologiques de ces démarches administratives, que ça crée des détresses psychologiques qui sont documentées et on n'en parle jamais. Parce que oui, je m'en rappelle aussi, je pense que ça te parle aussi, l'angoisse, le stress que c'est. de préparer ne serait-ce que le dossier et l'angoisse la veille avant de déposer ton dossier. Moi, je ne dormais pas. Je ne dormais pas. Je ne dormais pas et à chaque fois que j'y allais, je pleurais. Je sortais en pleurs de la préfecture parce qu'il y avait... Je sentais qu'à chaque fois, j'avais subi une injustice ou une maltraitance ou on m'avait demandé un document le matin que j'ai pris toute la journée à chercher. en traversant toute l'île de France. Et tu y retournes l'après-midi et les équipes ont changé. Et la dame du guichet te dit, ben non, on n'a pas besoin. Tu peux t'inquiéter.
- Speaker #1
Oui, il y a un arbitraire. Je me rappelais que c'est doit être le cas encore. Vu qu'il y a les procédures différentes selon les préfectures, tout le monde passait selon les têtes. Exactement, j'avais des noms des personnes qu'il fallait viser. aller voir dans les guichets parce qu'ils sont un peu plus gentils, un peu moins... Et je me rappelle, voilà, les petites astuces pour... Alors, il faut aller plutôt à la préfecture de... Le Graal, je crois que c'était à l'époque, en tout cas, à l'époque où je faisais les démarches, c'est la préfecture de Paris. Parce que j'imagine qu'il y avait peut-être un peu plus de fonctionnaires, tout bêtement. Donc, il fallait trouver un hébergement ou se faire héberger à Paris. Demander aux gens, est-ce que tu peux me faire un papier ? Tout ça. Si tu veux, en face de la... complexité bureaucratique, voulu ou pas, je pense qu'il y a beaucoup de gens, des personnes qui travaillaient dans ces guichets, c'était pas une vocation pour eux. Et ça se voyait, ils étaient peu nombreux, peut-être mal formés ou pas assez formés, et ça se voyait qu'ils ne voulaient pas être là.
- Speaker #0
Il y a des gens qui sont agris.
- Speaker #1
Et gris, voilà, tout à fait. Et en face, il y avait des... Je comprends parfaitement, il y avait des gens en détresse parfois parce qu'ils étaient sujets à l'arbitraire, à l'administratif, à l'insécurité juridique. Et donc, je crois que c'est propice à des étincelles entre les gens qui ne veulent pas être là et les gens qui sont obligés d'être là pour faire avancer leur démarche. Et on a tous vécu des scènes... De personnes en pleurs parce que le prochain rendez-vous est dans six mois. Du coup, la personne va soit rater son boulot, soit rater son inscription, etc. Donc vraiment, c'est la cour des miracles. Et justement,
- Speaker #0
par rapport à ça, il y a beaucoup de gens qui pensent que la France est une passoire, que c'est facile d'avoir une situation régulière et de venir, et qu'on accueille les immigrés à bras ouverts. Il y a même un moratoire qui est demandé pour arrêter l'hémorragie. Qu'est-ce que tu voudrais leur dire à ces gens-là ?
- Speaker #1
Tout est relatif. Si on part sur d'autres pays, je vois l'Espagne en ce moment où on considère l'immigration comme étant une chance, voire quelque chose de salutaire pour leur démographie, pour leur économie. Et puis, l'autre bout du spectre, les États-Unis de Trump, où l'étranger est la cause de tous les maux. Je pense qu'en France, on est en entre-deux. Il y a eu des évolutions au gré des circulaires, des administrations, des ministères, tout ça. Je ne dirais pas que c'est une passoire. Vraiment, il y a comme un parcours d'obstacles pour l'immigration légale. Alors, je n'imagine même pas. Je plains et je ne sais même pas ce que c'est que vivre en France dans un cadre illégal. Je n'ose pas imaginer les difficultés que tu peux avoir pour faire la moindre démarche. Mais en même temps, je suis là, j'ai pu le faire. Je ne me considère pas comme étant quelqu'un d'ultra chanceux. Je suis assez banal. Donc, c'est possible. J'ai envie de dire à ceux qui pensent que c'est une passoire ou à l'inverse, que c'est un mur, une porte fermée. faites valoir vos qualités, votre plus-value, tapez à des portes, il y a bien une qui va s'ouvrir, soit nous s'ouvrir, ou du moins une petite fenêtre qui pourra s'ouvrir pour juger au mieux de vos qualités, de vos talents. Donc ne pas partir avec un, ne pas s'auto-censurer, partir avec, enfin disons, c'est perdu d'avance, ça ne sert à rien, ou à l'inverse, de dire bon ça va passer, tiens j'y vais et puis je vais voir. Il faut avoir un projet, il faut réfléchir un peu à ce qu'on a envie de faire. On a la chance d'avoir des outils maintenant qui permettent d'avoir l'information. Ce n'était pas le cas il y a quelques années. Et ne pas s'arrêter à la première porte fermée. Il y a des recours, il y a des voies de recours, il y a de l'aide qu'on peut demander. Donc pour celui ou celle qui a un vrai projet, qui veut changer de vie, améliorer sa vie, voir autre chose, je pense qu'il y a encore des voies de passage normales. Ça ne va pas être un long fleuve tranquille, mais c'est faisable.
- Speaker #0
Et toi, aujourd'hui, tu es français ?
- Speaker #1
Oui, naturalisé au bout de dix ans, huit ans et demi de présence en France. J'ai déposé un dossier de naturalisation qui a mis trois ans. C'était un record à l'époque. Pourtant, c'était à Paris. A l'époque, on disait que c'était Paris.
- Speaker #0
Pourtant, Paris, on dit que c'est les meilleures préfectures.
- Speaker #1
Là, c'est assez marrant. Je dépose mon dossier. Il y a des sites où on voyait l'avancement des différentes étapes en fonction de la date de dépôt. Je voyais que j'étais en retard. Je ne comprenais pas. Je me déplace à la préfecture de Paris. Mon tour arrive. J'ai dû poser une journée au boulot. Bref. Et l'agent me dit « Monsieur, votre dossier était incomplet. » Je dis « Ah bon ? Pourtant, j'ai bien reçu un papier me disant que le dossier était complet. » Il me dit « Non, non, il y avait un terme fiscal à régler. » Je dis « Non, absolument pas, ce n'était pas sur la liste. » Il me dit « Si, on vous a envoyé un courrier recommandé stipulant qu'il fallait payer 85 euros de timbre. » Je dis « Mais je n'ai jamais eu ce courrier. » Il me dit « Si, regardez, je vais chercher la souche. » Il va dans le récupèrement dossier, trouve un courrier. Il trouve bien la souche, mais il ne trouve pas que la souche, il trouve tout le courrier qui n'est pas parti. En fait, l'Ukrainien n'est jamais parti. Donc, il était un peu... Un peu méta devant moi. Ah oui, un peu, oui. Ah oui, ah bon, d'accord, bon. Il faut payer ce truc. Donc, j'ai perdu six mois, je crois, un peu. C'est un petit truc. Puis, la deuxième étape, il devait y avoir deux enquêtes, police de proximité et renseignements généraux. Et maintenant, il faut demander à n'importe quelle personne qui a fait ce parcours, il est expert, ingénieur en procédure de nature. Ah, ça c'est sûr.
- Speaker #0
On apprend et on devient juriste presque.
- Speaker #1
Exactement. Et du coup, la deuxième enquête, à part qu'il a pris énormément de retard, il s'est arrivé que j'avais un contact, une personne, un de mes amis qui avait... contact au ministère de l'Intérieur qu'il pouvait s'enquérir un peu du truc. Il m'avait dit que mon dossier n'était pas revenu négatif des renseignements généraux. Qu'est-ce que j'ai pu faire pour avoir une fiche ou quoi que ce soit ? J'ai demandé par la suite. On peut demander, pour info, qu'est-ce que la justice ou l'administration a contre vous ? Est-ce que vous êtes fiché ou pas ? C'est des démarches à faire en ligne. J'avais demandé, il n'y avait rien. Mais je les suis par la suite. Quand j'étais étudiant, je vous parlerai peut-être après, je pense que c'est assez important, j'étais engagé dans un syndicat étudiant, beaucoup de gens, et il y avait une partie militante de ma vie. Enfin, j'étais un peu militant, et je pense que c'était lié à ça. Un militant,
- Speaker #0
ça ne fait pas toi un hors-la-loi.
- Speaker #1
Oui, hors-la-loi, oui. Mais les militants sont fichés. certains d'entre eux, et je pense à force que c'était pas français. Et donc, alors, il n'y avait rien à me reprocher. À la fin, l'enquête a conclu que c'était néant. Mais il y avait probablement quelque part une fiche, quelque chose qui a retardé la démarche. Donc, au bout de trois années, trois longues années, j'ai pu avoir ce sésame. Et il y avait une dernière étape, il y avait un entretien aussi. Donc, je crois qu'il y a encore un entretien pour voir si vous êtes en adéquation.
- Speaker #0
Tu t'en souviens ou pas ?
- Speaker #1
Ah oui, alors c'était marrant. Je me rappelle parce que j'avais potassé le truc. Je crois que j'ai plus révisé que pour le bac. J'avais appris le deuxième couplet de la Marseillaise. J'étais incollable sur les trois pouvoirs en France. Vraiment, j'avais aussi jugé qu'ils m'intéressaient par ailleurs. Et arrive le jour de l'entretien, l'agent, un peu blasé, pose quand même une question. Quelles sont les trois valeurs principales de la République ? Jusque là,
- Speaker #0
ça va ?
- Speaker #1
Eh bien, ça s'arrêtait là. Donc, il me dit merci, j'ai liberté, égalité, fraternité. Il me dit très bien merci, et puis il me pose des questions banales sur ce que je viens faire, ce que je veux faire, ce que j'ai fait. Tout était dans le dossier, par ailleurs. T'as bien de la chance. Ben oui, j'ai... Je me suis dit, attends, vas-y, pose-moi encore d'autres questions. J'ai bossé ! J'ai bossé ! J'ai pas envie d'avoir bossé. Enfin, j'ai bossé pour rien. Donc, il y avait... Bon, finalement, c'était pas plus mal. J'avais pas de questions un peu.
- Speaker #0
T'as bien de la chance. Moi, j'ai eu des questions très orientées, comme allez-vous à la mosquée ?
- Speaker #1
Ah oui, d'accord.
- Speaker #0
Allez-vous besoin de l'autorisation de votre mari pour aller travailler ? Oui, très orienté. Pour parler que de celle-là. Et qu'est-ce que ça a changé pour toi de devenir français ?
- Speaker #1
Au jour le jour, rien, pas grand-chose. J'avais déjà ma petite vie, mes projets professionnels, privés, mes cercles d'amis. Je n'ai pas noté de changement. Alors, s'il y avait comme un changement majeur, c'est le passeport. Je travaille pour une compagnie aérienne qui vend du voyage. Du coup, je suis un peu frustré parce que j'ai vu mes collègues partir au-delà du monde. Et puis, moi, j'avais le droit d'aller en Algérie ou dans l'espace Schengen, ce qui est très bien par ailleurs. Mais voilà, donc cette liberté, en fait, c'est cette ouverture. C'est comme s'il y avait une nouvelle porte dans ta maison. Tu n'es pas obligé de sortir, tu n'es pas obligé de la prendre, mais tu sais qu'elle est là. Tu as les clés, tu peux... être un peu plus libre. Voilà, cet espace de liberté. Et par la suite, il y a ce que j'avais, la plus-value, d'être français aussi. Bien sûr, il y a l'adéquation avec les valeurs. Moi, j'étais déjà assez aligné avec certaines valeurs de la République. Au contraire, je pense que c'est des choses qui doivent être un peu plus... un peu plus partagé. Quand on parle liberté, égalité, fraternité, ça ne se déquine pas forcément dans la vie de tous les jours. Donc, j'avais envie de plus de liberté, plus de fraternité et plus d'égalité, vraiment, sur ces trois-là. Le contrat n'était pas rempli, je trouve. Et c'est surtout la sécurité au sens émotionnel, administratif, juridique. Je savais qu'il y avait déjà le code du travail qui me protégeait, entre guillemets, quant à ma situation de travailleur. Il y avait la sécurité sociale, etc. pour la partie santé, prévoyance, tout ça. Mais il manquait la sécurité administrative au gré des... aléas politiques, du jour au lendemain, on peut dire « Ciao, ta vie, tu l'oublies, tu n'as pas le bon document, tu peux rentrer chez toi. » Donc, il y avait ce côté-là de « Ouf, maintenant, quoique, je ne sais pas ce que l'avenir nous renouvelle. »
- Speaker #0
Les binationaux, comme on est des Français de seconde zone. Oui,
- Speaker #1
exactement. Je me rappelle la déchéance des nationalités pour les binationaux, ça m'avait vraiment choqué à l'époque. Mais voilà, c'était cette sécurité sérénite. de pouvoir se projeter, fonder un foyer. C'est-à-dire que maintenant, on est là. On est là, vraiment. Je n'ai plus à me justifier, à m'excuser d'être là. J'ai exactement les mêmes droits et devoirs que tout le monde. Et maintenant, il faut faire avec moi. Je ne suis pas là aussi pour m'imposer ou quelque chose comme ça, mais voilà. Et aussi, le droit de vote. Je n'avais pas accordé trop d'importance jusque-là, mais au final...
- Speaker #0
j'ai voix au chapitre je participe Ausha collectif pour l'instant ça n'a pas trop marché mais c'est notre contribution et c'est notre expression parce que avant d'être français finalement on a les mêmes devoirs citoyens mais on n'a pas les mêmes droits et de faire valoir son droit de contribuer à la démocratie du pays c'est important moi aussi la première fois que je suis partie voter en France Merci. J'ai envie de te dire, c'était la première fois que je votais. Je n'ai jamais voté en Algérie. J'étais contente d'aller voter et contribuer à la vie démocratique du pays.
- Speaker #1
C'est fait.
- Speaker #0
Ce n'était pas pétillant français, mais est-ce que tu t'es sentie quand même toujours ramenée à tes origines malgré ça ? Pas du tout ? Ou alors même avant, ce n'était pas le cas et du coup, ça n'aurait changé à ta vie ?
- Speaker #1
Sur cet aspect, est-ce que je me sentais... bien, comment gérer le regard des autres sur mes différences. En fait, peut-être que je fais le biais de sélection. Parfois, on retient que ce qui nous intéresse. J'ai mis à part des trucs très mineurs. Je ne me rappelle pas d'événements où je me suis senti, soit avant ou après ma naturalisation, ostracisé, victime de racisme. Il y a... Si tu veux, il y a... trois niveaux pour schématiser, trois niveaux un peu de racisme ou de discrimination, de sens large. Le premier niveau, c'est le niveau un peu naïf du préjugé, peut-être bienveillant, parfois bienveillant, je veux dire. L'exemple, je pense qu'il y a beaucoup de gens qui ont été à la cantine de l'entreprise, préposé au cuisinier qui me dit attention, il y a du porc. Alors que je ne vais rien demander, je sais lire les étiquettes, ce qu'il y avait de temps. Je pense que ça part d'une bonne attention, mais ça reste un préjugé. Il s'est dit, j'ai la couleur de peau que j'ai ou le morphotype que j'ai, forcément je suis... C'est des projections, racines ordinaires. Le collègue qui te parle qu'il adore le rail, alors que c'est pas ma tasse de thé. Il me dit « Ouais, j'ai pensé à toi » . C'est naïf, c'est pas méchant, mais on va même dire qu'il y a comme un fond de…
- Speaker #0
Préfère Henri.
- Speaker #1
Oui, voilà. Je vais dire « Je préfère Brassens ou Renaud, on peut en parler » . Et puis le deuxième niveau, là, pour le coup… Voilà, pour le premier niveau, il faut laisser passer. Je ne vais pas dire « Non, non, mais attends, tu prends pour qui ? » Le deuxième niveau, c'est l'injure raciale, c'est l'acte raciste. visibles. Ça, je n'ai pas à souvenir.
- Speaker #0
Tant mieux.
- Speaker #1
Le troisième niveau, pour le deuxième, c'est plus facile de se retourner contre la personne. Il y a des lois, je ne sais pas si elles sont forcément appliquées, mais l'injure raciste est pénalement...
- Speaker #0
normalement, dans le cadre du pénal, ce n'est pas un avis traciste, ce n'est pas une liberté de l'union, quoi que ce soit. Donc, heureusement qu'il y a ça. Mais le troisième niveau, je trouve que c'est peut-être le pire, parce que c'est insidieux, c'est la discrimination systémique. Je pense qu'on l'a tous plus ou moins subi, mais vu que ça ne se voit pas, on ne peut pas trop vraiment juger. Ça peut être dans le cadre du logement, de moins de logement. ton dossier peut-être qu'il est tout en bas de la pile parce que tu t'appelles d'une certaine façon, au boulot aussi, demander un stage, tu ne peux pas trop savoir, ou l'orientation scolaire, je sais que quand j'avais fait mes premières années d'études, j'avais plutôt un bon dossier, un bon résultat, mais personne ne m'a dit qu'il y a les grandes écoles, il y a ce type de parcours auquel j'aurais pu prétendre. Après, il y a aussi l'autocensure, tout bêtement. Je dis que ce n'est pas pour moi. Donc, c'est ce troisième niveau qui est plus insidieux, qui est plus systémique, qui est difficilement objectivable. Il y a des testings qui se font pour quantifier. Je pense que c'est le plus difficile. Et puis,
- Speaker #1
sur lequel on ne peut pas trop agir. Exactement, c'est ça. Tu parlais tout à l'heure, tu adressais un message... assez large aux personnes qui souhaitent venir, alors qu'ils sont face aux difficultés qui existent quand on veut être régularisé. Est-ce qu'il y a des choses que tu veux leur dire en plus, compte tenu de la conjoncture actuelle et éventuellement future en 2027 ?
- Speaker #0
Oui, je redis un peu ce que j'ai dit tout à l'heure sur le... Le fait d'avoir un projet clair, de se poser les bonnes questions de ce que tu as envie de faire, il n'y a pas de fatalité dans aucun des sens. Il ne faut pas s'autocensurer. Je pense que c'est la première des choses. Il ne faut pas se dire que je n'y arriverai pas parce qu'ils sont tous racistes. D'ailleurs, parenthèse, ils sont tous racistes parce qu'on en a parlé un peu avant. Ce n'est pas vrai. Déjà, c'est très... C'est une espèce de racisme de dire qu'ils sont tous racistes. C'est un préjugé. C'est du même niveau. Et de deux, il y a des bons et des mauvais partout. Et personnellement, j'ai pu se rencontrer des gens qui ont essayé de m'aider que de gens qui m'ont fermé des portes. J'ai pas mal de cas en tête. Ça a commencé par le petit chef de restaurant, le directeur de restaurant. Je me suis présenté, je n'avais pas tous les documents. Il m'a dit, ce n'est pas grave, je te prends. Et même, il m'a demandé après de faire recruter, de l'amener d'autres personnes. Donc, j'ai pu mettre mon salaire. Quand tu étais étudiant ? Quand j'étais étudiant, tout à fait. Oui. Jusqu'au… au responsable des études, directeur des études d'une grande université parisienne. À l'époque, j'étais représentant des étudiants. Et on allait le voir avec des dossiers de personnes qui étaient en galère d'inscription, qui allaient voir le rendez-vous au consulat, à la préfecture qui allait arriver, mais ils n'avaient pas d'inscription parce qu'ils étaient inscrits à l'université d'Artois ou que sais-je. Et ils prenaient les dossiers, ils leur faisaient des attestations d'inscription pour qu'ils puissent les débloquer. Et où, au-delà de l'aide, c'est aussi de la promotion. Toujours quand j'étais étudiant, représentant des étudiants, la responsable de l'université m'a envoyé comme représentant de l'université dans un forum européen. C'est valorisant. Exactement. Ou récemment au travail, où j'ai pu... Mon manager m'a choisi pour représenter... représenter mon entreprise, représenter l'entreprise dans une conférence internationale. Voilà. Donc, on peut très bien dire, de toute façon, on peut trouver des cas où telle personne n'a pas eu sa promotion, n'a pas eu ce qu'il voulait parce qu'il a subi du racisme. Mais ça existe et peut-être c'est très répandu. Personnellement, je n'ai pas forcément... peut-être se vécu.
- Speaker #1
Il était victime de ça. Autant il y a des cons partout, il y a des gens censés aussi.
- Speaker #0
Exactement. Et donc, c'est un choix. éditorial finalement, de focusser sur là où ça ne marche pas ou de focusser là où ça marche. Peut-être moi, je suis un peu naïf, je regarde le verre à moitié plein. Non,
- Speaker #1
c'est un mindset,
- Speaker #0
c'est bien. Exactement. Et je trouve que c'est plus facile peut-être d'avancer et de toquer aux portes. Il y a des portes qui sont fermées, mais il y a des portes qui vont s'ouvrir si on a un vrai projet, si on a des compétences à faire valoir. Utiliser l'information, donc vraiment, c'est peut-être le... c'est aussi important de choper l'info, de contacter les gens qui ont fait ces démarches, d'y aller au culot. Voilà, il y a neuf portes qui vont se fermer.
- Speaker #1
Comment on dit le nom tu l'as, le oui tu le tentes de toute façon.
- Speaker #0
Exactement, c'est bien résumé. C'est un peu prétentieux de venir, ça fait plusieurs années que je viens d'installer Jumabi. Donc, donner des leçons, c'est peut-être un peu plus... C'est des conseils. Non,
- Speaker #1
mais c'est des conseils. Tu vois, quand tu arrives... Moi, j'aurais adoré avoir ce podcast-là. Quand je suis arrivée, j'étais étudiante, je ne connaissais personne, je ne connaissais pas le système. Je ne connaissais pas... Vraiment, dans mon entourage, il n'y avait pas des gens qui pouvaient être des modèles pour moi, des modèles à niveau modeste. Des gens qui sont arrivés, qui ont réussi. qui travaillent, qui ont une vie stable. J'en connaissais pas. J'en connaissais pas parce que j'avais pas de réseau ici. Mais j'aurais adoré écouter un podcast qui parle de ça ou trouver du contenu ou une vidéo. Peut-être à l'époque YouTube, il y en avait pas. Ça m'aurait donné, je pense, plus de courage et de force quand j'en avais besoin ou j'étais en down parce que t'as des hauts, t'as des bas dans la vie en général. Mais c'est plus compliqué quand tu arrives dans un pays où tu connais personne ou tu cites. tu subis aussi des violences alors que tu n'as rien demandé.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Vas-y, dis-moi.
- Speaker #0
Oui, et pour ceux qui ont fait ces parcours, ceux qui veulent rentrer, venir en France, s'installer. Mon conseil, pour paraphraser un film populaire, c'est, je me disais, oublie que tu n'as aucune chance sur un malentendu, ça peut marcher. c'est dans un autre contexte mais je pense que ça s'applique plutôt bien donc ne pas s'auto-censurer y aller au culot et en deux pour ceux qui sont déjà là et ont traversé un peu ces étapes il faut assumer et dire maintenant qu'on est là on est là pour longtemps nous contribuons à la construction de ce pays et nous représentons aussi ce pays une facette peut-être un peu différente Merci. avec nos richesses, avec notre culture, nos cultures au pluriel, qui ne se contredisent pas à la culture ambiante ou locale, à bien l'enrichir, à mélanger, la créoliser. Et c'est une richesse supplémentaire. Donc ça aussi, il faut qu'on l'assume. J'ai mis du temps aussi à mettre en avant un peu ma dimension. Je viens d'Afrique du Nord, je suis berbère. arabophone, au départ je le masquais plutôt parce que je voyais comme étant un frein à l'intégration et depuis quelques années, surtout que maintenant je suis papa, j'ai envie aussi de transmettre ça à mes enfants, leur dire bah non c'est des couches qui se superposent, qui se conjuguent même. Donc voilà, il faut assumer et aussi avoir de la profondeur historique. L'histoire de l'immigration, dans le monde et particulièrement en France, c'est une longue histoire qui fait partie de ça. de l'histoire de France, qui a commencé par les mouvements indépendantistes en début de siècle dernier, les mouvements ouvriers, une bonne partie de ceux qui ont construit les routes et les métros, les voitures en France, s'appelaient aussi Mohamed, Mamadou, Marco, parce qu'avant, il y avait des Italiens. Les Italiens, oui.
- Speaker #1
Mais les Italiens, pareil, les discours racistes étaient exactement les mêmes.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
J'avais regardé un reportage la dernière fois, je me suis dit, en fait, c'est... L'histoire se répète. C'est le dernier arrivé qui prend cher.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Pour continuer le fil historique, il y a eu aussi les luttes antiracistes des années 70-80, ne touche pas à mon poste, qui ont quand même bien dimensionné la vie politique française. Il y avait des immigrés qui étaient dedans et qui ont fait souche. Maintenant, leurs enfants représentent aussi. la France. Il faut l'assumer, cet héritage historique, et s'y inscrire complètement. Les formes ont changé un petit peu, on ne parle plus de partis politiques. Maintenant, les mouvements sont un peu plus dématérialisés, ça se passe en ligne. des communautés différentes. Il faut utiliser, bien sûr, les outils du moment. Mais voilà, assumons... Alors, on est là pour durer, pour rester.
- Speaker #1
Et puis, justement, racontons notre parcours et notre histoire. Et c'est comme ça qu'on va avoir plus de visibilité. C'est pour ça, en tout cas, que j'ai créé ce podcast. C'est pour occuper cet espace qui est vide et qui n'est... Finalement, qui n'intéresse personne. qui n'intéresse personne parce que ce n'est pas clivant, ça ne fait pas vendre. Et moi, en tant que citoyenne française binationale, je trouve que c'est mon devoir de le faire. Et aux Français qui nous écoutent, qu'est-ce que tu voudrais leur dire ?
- Speaker #0
D'écouter d'autres épisodes de ce podcast parce que c'est autant de voix positives et d'itinéraires qui viennent enrichir un peu la... de notre communauté nationale. J'ai envie de leur dire aussi que les émigrés ou les étrangers, ce n'est pas que ce qu'on entend à la radio ou à la télé, et certainement sur certains médias en ce moment, où ça devient vraiment leur cheval de bataille pour un agenda politique, ou à l'inverse, ceux qui disent que tout va bien. il faut avoir de la nuance et puis d'aller demander à votre collègue qui a eu ce parcours peut-être ou à votre voisin, à votre marchand de légumes lui demander ce qu'il aime ce qu'il aime dans ce pays, ce qu'il aime moins et je pense que vous serez très étonné de découvrir qu'on a tous à peu près les mêmes rêves et les mêmes... et les mêmes sources d'énervement.
- Speaker #1
Merci beaucoup Mohan pour ton témoignage. Il est très riche et puis encore une fois, il raconte une histoire différente, mais qui converge vers les mêmes aspirations, comme tu disais, de juste vouloir vivre sa vie et de contribuer à construire la France et de vivre juste en liberté, en étant fraternel et en étant égaux vis-à-vis. des autres français également. Merci à vous aussi de nous avoir écoutés. Si vous avez aimé cet épisode, n'hésitez pas à me laisser un commentaire, à me laisser un avis. Ça donne de la visibilité au podcast. N'hésitez pas à en parler aussi autour de vous. Et puis si vous voulez participer à ce podcast, n'hésitez pas à me contacter sur LinkedIn ou par mail. Le mail est disponible. dans la description. Et puis, je vous dis à très bientôt pour un prochain épisode. Au revoir. Au revoir, Mohand.
- Speaker #0
Au revoir, Wasila.