- Benoît Nave
On est devenu l'animal dominant sur Terre parce qu'en fait on est le meilleur chasseur. Tous les animaux qu'on chassait couraient plus vite que nous. Nous on était capable de les chasser très longtemps jusqu'à ce que ces animaux s'épuisent. A l'époque il n'y avait pas des gels pour les chasser.
- Romain Adam
J'avais une autre question, la caféine. Pas forcément sur marathon mais peut-être sur des trails longs.
- Benoît Nave
A gérer avec beaucoup d'attention et de précaution. Je respecte tout à fait le fait de courir un marathon à 4h30 ou à 5h et c'est super, c'est fabuleux. Sauf qu'en fait c'est deux moteurs différents.
- Maéva Bonfils
Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de BPM. Aujourd'hui on se retrouve pour un format long, sans fin BPM, avec un sujet qui va concerner tous les sportifs, la nutrition à l'effort. Pour en parler, j'ai le plaisir d'être accompagnée par Benoît Nave, ostéopathe, nutritionniste et coach d'athlète, autant vous dire que le corps humain, il le connaît parfaitement. Il est également diplômé en micronutrition, alimentation, prévention et santé de la faculté de médecine de Paris Descartes. Et je suis également accompagnée par Romain Adam, cofondateur de Remotion Coach. Romain, Benoît, comment allez-vous ?
- Benoît Nave
Très bien, je te remercie Maéva.
- Romain Adam
Très bien aussi, très content de parler du sujet nutrition. C'est un sujet que tous les coureurs, enfin ça intéresse tout le monde je pense, et moi en particulier.
- Maéva Bonfils
Super, et bien si vous le voulez bien, on va commencer par poser d'abord les bases, c'est-à-dire comprendre pourquoi la nutrition à l'entraînement est si essentielle. Et ensuite on fera un focus sur la stratégie nutritionnelle en course, donc avant, pendant et après l'effort. Et enfin, on terminera avec un zoom sur Baou, puisque du coup, Benoît est cofondateur de la marque. Pour mieux comprendre le développement de vos produits, est-ce que ça vous va ?
- Benoît Nave
Très bien, allez, en avant.
- Maéva Bonfils
Super. Alors pour commencer, Benoît, une petite question pour mieux te connaître. Comme on l'a dit, tu es nutritionniste et ostéopathe. Pourquoi avoir choisi ces deux disciplines ?
- Benoît Nave
Parce qu'en fait, ce sont deux disciplines qui s'intéressent à la cause des problèmes que peuvent présenter les gens. et Et plutôt qu'à chercher à aller coller une étiquette sur un symptôme et à essayer d'effacer le symptôme. L'idée quand tu travailles en ostéopathie comme en nutrition, en micronutrition, c'est de chercher l'origine du déséquilibre qui s'est installé. De manière à ce qu'ensuite l'individu puisse être bien conscient de ce qui a provoqué le symptôme. et puisse avoir la main sur sa santé.
- Romain Adam
Et si tu devais choisir qu'une des deux disciplines, tu choisirais laquelle ?
- Benoît Nave
Ah, tu me poses une sacrée colle. Les deux se complètent parfaitement. Elles sont extrêmement complémentaires parce qu'il y a des tas de gens qui arrivent en consultation d'ostéopathie avec des symptômes qui peuvent sembler être mécaniques, des douleurs à gauche, à droite, et qui relèvent de déséquilibres nutritionnels. parce qu'il y a des carences en je ne sais pas quoi, en oméga 3 par exemple, et donc une mauvaise capacité à lutter contre l'inflammation, ou des carences en vitamine B9 ou B12 qui provoquent, elles, de l'inflammation. Enfin, je ne sais pas, il y a plein d'éléments nutritionnels qui vont favoriser l'apparition de symptômes mécaniques, douloureux, chroniques, etc. Et donc, c'est vraiment difficile de répondre parce que... Parce que les deux pratiques se combinent parfaitement et du coup tu as accès à peut-être 95% de la bobologie du quotidien qui va embêter les gens.
- Maéva Bonfils
Ça a l'air d'être très intéressant de pouvoir creuser un petit peu sur tout ça, mais peut-être que ça pourra faire l'objet d'un épisode complémentaire. Pour commencer, on va parler des bases de la nutrition à l'effort. On parle beaucoup des apports de glucides à part heure, donc 90-100 grammes. chez les professionnels. Et pour un amateur qui court un trail ou un marathon, est-ce que l'intérêt est réel ?
- Benoît Nave
Alors, la réponse, elle n'est pas... Ce n'est pas noir ou blanc, c'est très nuancé. Effectivement, tu parlais d'athlètes professionnels. Ce sont des gens qui ont des physiologies qui sont quand même un peu différentes grâce à l'entraînement, très souvent. Parfois, grâce un peu à la génétique aussi. Et on va en reparler un tout petit peu de cette génétique. C'est... En fait, quand ton organisme... est capable de produire beaucoup d'énergie, il est aussi capable de brûler beaucoup d'énergie, forcément. Alors, ce qu'il faut comprendre, en fait, c'est que pour fabriquer l'énergie musculaire dont tu as besoin pour avancer, il y a une molécule que le corps fabrique qui s'appelle l'ATP, qui est en fait la monnaie d'échange énergétique de toutes nos cellules. Et cette ATP peut être fabriquée à partir de différents substrats dans ton corps. différentes molécules. La molécule la plus simple, la plus efficace, la plus rentable, on va dire, c'est le glucose. Et dans les situations d'urgence, quand tu as besoin de beaucoup d'énergie sur un instant T, pas sur des très courts temps d'effort, en dessous de 7-8 secondes, ce n'est pas le cas, mais à partir d'une quinzaine de secondes, trentaine de secondes surtout, c'est surtout le glucose qui est très efficace. Quand les intensités sont très élevées. Quand les intensités sont modérées, le corps sait aussi normalement très bien utiliser les lipides. Sauf que dans notre alimentation moderne, avec nos modes de vie modernes, on a perdu en partie, des fois en grande partie, cette capacité à utiliser les lipides. Et donc on est devenu un peu moins efficace sur l'utilisation des lipides. Ça c'était un préambule, c'est important de le comprendre. Et donc en fait, l'idée c'est d'essayer d'optimiser l'utilisation à la fois des lipides et à la fois des glucides à l'effort pour être à la fois économique et en même temps efficace. Voilà, au bout du compte c'est ça qui va déterminer ta performance en fait. Alors les athlètes de haut niveau, eux, ils ont une capacité à... ils ont besoin... et une capacité à utiliser le glucose, les glucides, en grande quantité. En fait, l'utilisation d'un substrat au niveau de tes cellules musculaires, on appelle ça l'oxydation. On oxyde un substrat pour fabriquer de l'énergie. Et donc, c'est la capacité d'oxydation des glucides qui va déterminer ta capacité à fabriquer beaucoup d'énergie sur une période donnée. 30 minutes, 60 minutes, 2 heures, etc. Et en fait, plus tu t'entraînes, plus tu as d'années d'entraînement derrière toi aussi, ça ne se fait pas en quelques semaines ou en quelques mois, plus tu es efficace, plus tu es capable d'utiliser une quantité de glucose importante. Et ce n'est pas le cas forcément de la majorité des pratiquants. qui, pour des tas de raisons, en fait, mode de vie essentiellement, quantité d'entraînement aussi, évidemment, qui ne vont pas avoir, en fait, la capacité d'oxyder une grosse quantité de glucose aussi. Parce qu'en fait, ce qu'il faut faire, c'est la différence entre ta capacité à absorber au niveau de l'intestin le glucose et ensuite ta capacité à l'utiliser, ce glucose que tu as absorbé intestinalement. On dit que l'intestin, on peut l'entraîner. On va tout à l'heure, je crois, parler un peu de gut training. En fait... Oui, on peut entraîner son intestin à absorber plus de glucides. Mais une fois que tu l'as absorbé, t'en fais quoi ? Si t'es pas capable d'oxyder plus de 30 grammes de glucose à l'heure, en fait, si t'en as absorbé 90, t'en as 62 trop qui t'en servent à rien et qui t'ont fatigué.
- Romain Adam
Est-ce qu'il y a une question aussi d'intensité ? Parce que finalement, mettons que ce soit un marathon, un marathon et un elite va forcément avoir une intensité qui est plus élevée parce que la durée de l'effort est plus courte.
- Benoît Nave
Évidemment.
- Romain Adam
Et il a une capacité aussi à maintenir une allure élevée plus longtemps. Du coup, il y a une partie... Est-ce que c'est ça aussi ? C'est plus de glucides qui est consommé par les athlètes élites par rapport à leur intensité, alors qu'un athlète plus amateur aura une répartition lipidique qui sera peut-être plus élevée que pour des athlètes élites, non ?
- Benoît Nave
C'est exactement ça, en fait. C'est-à-dire que quant à Sébastien Nso, qui va courir son marathon en 1h59, 30, on va dire 2h pour être... enfin un chiffre rond, là où sur un marathon de Paris, tu as au moins la moitié du peloton qui court en plus de 4 heures. Ça veut dire que le vainqueur court son marathon à son allure max capable de tenir sur 2 heures, alors que plus de la moitié du peloton va courir son marathon à l'allure maximale qu'il peut tenir sur 4 heures. En fait, si on mettait Sébastien Nso sur une course qui dure 4 heures pour lui, Et bien en fait... il courrait évidemment moins vite sur 4 heures que ce qu'il n'est capable de courir sur 2 heures. Et donc la proportion de glucides utilisés, de glucose utilisé pendant ces 4 heures, elle serait aussi moins importante. Il aurait une proportion de lipides plus importante. Donc en fait, on serait sur un ratio qui serait déjà un peu différent. Donc évidemment que pour quelqu'un qui va courir un marathon à 4h30 ou 5h, on n'est pas du tout sur le même fonctionnement physiologique déjà. Et en plus de ça, il est moins entraîné. Donc, en fait, on a un cumul des deux facteurs qui fait que les besoins en glucides à l'heure, en fait, sont effectivement beaucoup moins élevés déjà.
- Romain Adam
Est-ce que tu as analysé la performance, justement, de ces marathonniers en moins de deux heures d'un point de vue nutrition ? Tu as pensé quoi de leur stratégie de nutrition ? Je crois qu'ils sont montés à plus de 100 grammes de glucides par heure d'effort.
- Benoît Nave
On est à 115 pour Sébastien Nso. Alors, en fait, c'est assez simple de faire un petit calcul. On est... Pour courir un marathon en deux heures avec un gabarit comme le sien, il doit peser entre 55 et 60 kilos. On estime environ 58 kilos, je crois, quelque chose comme ça. Et donc, il a consommé environ 85% de l'énergie qu'il a utilisée pour courir son marathon. En fait, en gros, il a dû consommer 2500 calories à peu près, à 50 calories près, pour courir à cette vitesse-là. Alors après, ça change un tout petit peu parce que selon comme il est protégé par ses pacer, etc. On est à quelques calories épargnées. Et du coup, en fait, ça veut dire que sur ces 2500 calories, il a consommé à peu près 85% sous forme de glucose et le reste sous forme de lipides à cette vitesse là. Donc c'est assez peu effectivement en termes de lipides. Malgré tout, ça participe quand même. C'est-à-dire que 15%, ce n'est pas négligeable. Ça veut dire qu'il a consommé à peu près 550 grammes de glucides environ sur l'ensemble de son marathon. Il a oxydé au niveau musculaire, il a oxydé 550 grammes de glucides. Et ces 550 grammes de glucides, c'est quasiment la quantité de glucides qu'il avait probablement en réserve au départ au niveau musculaire, à peu de choses près.
- Romain Adam
Donc ça voudrait dire qu'il n'aurait pas eu besoin normalement d'ingérer ces 115 grammes de glucides ?
- Benoît Nave
Alors, en fait, il y a... Ça, c'est très, très théorique. Ça veut dire qu'effectivement, les 230 grammes de glucides qu'il a absorbés en surplus n'auraient peut-être pas été nécessaires. Sauf que, en fait, ce qu'on a tous probablement déjà perçu, si on a expérimenté un peu les grosses hypoglycémies à l'effort, les gros coups de bambou, Moi, je l'ai senti. Pas mal d'athlètes avec lesquels j'ai bossé l'ont ressenti. Je peux même citer une anecdote assez vraiment frappante. C'est celle de Xavier Tenard sur un championnat du monde de trail. C'était sur la Maxi Race, par exemple. Où il a fait l'erreur de consommer des gels un peu trop tôt au cours de sa course. parce qu'en fait, à cette époque-là, il courait avec... normalement avec le Team Asics pour lequel je bossais. Et puis là, c'était avec l'équipe de France. Et donc, la stratégie nutritionnelle avait été mise en place par la FED. Et donc, il a changé sa stratégie habituelle. Et en fait, il a commencé à consommer déjà un peu tôt en course. Et derrière, en fait, il a passé son temps à être en dents de scie au niveau sensation. Et en fait, ce qui se passe, c'est que... Quand tu es réserve de glycogène, en fait on a longtemps cru que c'était les réserves en glycogène au niveau musculaire qui étaient le frein à la performance sur les sports d'endurance. Il semblerait quand même que ce soit beaucoup plus la constance de la glycémie gérée par le cerveau et qu'il soit un frein. On n'en est pas absolument certain, mais c'est quand même quelque chose qui semble être assez clair. Et en fait... Quand tu consommes des glucides régulièrement, tu renseignes ton cerveau sur le fait que tu ne mets pas l'organisme en danger, tu lui amènes suffisamment d'énergie pour qu'il puisse continuer dans de bonnes conditions. Et d'ailleurs, il y a une étude qui a été très très sympa sur ce sujet. Ils ont pris trois groupes d'athlètes, ils les ont mis sur tapis et ils les ont fait courir au deuxième seuil. C'est l'allure en gros semi-marathon à peu de choses près pour des gens qui vont courir un semi-marathon en 1h20, 1h30. Voilà, pour des bons athlètes. C'est l'allure à laquelle vous pouvez tenir entre 45 minutes et 1h20, 1h30 pour les athlètes un peu entraînés. Donc, ils ont mis à courir à épuisement sur le tapis à cette allure-là. Et le premier groupe recevait une boisson placebo. Le second groupe recevait une boisson isotonique. Et le troisième groupe prenait la même boisson, mais en fait, recrachait la boisson. Et donc, évidemment que le groupe qui a le moins performé, c'est le groupe qui avait le placebo. Le groupe, par contre, qui a performé le plus contre toute attente, c'est celui qui recrachait. Ce qui veut donc dire qu'en fait, ce n'est pas l'apport des glucides qui importait, l'apport réel. C'est le message envoyé au cerveau. Et pourquoi ça ? Parce qu'en fait, dans la bouche, il y a des récepteurs au sucre. Et donc, quand on met en bouche un produit sucré, même si on le recrache, le cerveau, lui, il a enregistré l'information et il s'est dit « Ah, c'est bon, en fait, je ne suis pas en danger, on peut continuer. » Et pourquoi c'est le cerveau qui commande ? Parce que le cerveau, lui, fonctionne presque exclusivement sur le glucose, en fait. Il peut consommer, il peut fonctionner sur les cétones, certes. Il peut fonctionner aussi grâce au lactate, très très bien d'ailleurs. C'est pour ça que les séances d'intensité élevées sont des vrais stimulants pour le système cérébral. Mais en fait, le substrat le plus performant pour le cerveau, de loin, c'est le glucose. Et donc quand il y a une baisse du taux de glucose dans le sang, donc une baisse de la glycémie, le premier organe qui va être impacté, c'est le cerveau. Et c'est pour ça qu'en fait, c'est si important d'avoir une glycémie constante à l'effort. Et il est possible que si Sébastien Nso avait recraché tout, ça aurait été super intéressant d'ailleurs de le faire, avait recraché tout ce qu'il a mis en bouche pendant son marathon, alors je ne pense pas qu'il nous l'aurait dit de toute façon, parce qu'en fait son sponsor lui aurait dit non, non, il ne faut surtout pas le dire. En fait, peut-être qu'il aurait parfumé autant, mais ça on ne peut pas le savoir.
- Romain Adam
Et donc ça va dire ? On en reviendra sûrement après sur la stratégie pendant la course si tu as des aléas, mais ça veut dire que si tu n'arrives plus rien à avaler, ça voudrait dire que tu aurais intérêt à mettre en bouche ton gel par exemple, et le recracher en fait.
- Benoît Nave
C'est exactement ça qu'il faut faire.
- Romain Adam
Si tu n'arrives rien à avaler, tu mets quelque chose en bouche très sucré.
- Benoît Nave
Le temps que ton système digestif puisse retrouver un état de fonctionnement qui te permette à nouveau d'avaler correctement. Parce qu'évidemment que autant sur un marathon en deux heures, Ça...
- Maéva Bonfils
éventuellement ça pourrait ne pas poser de problème par contre si ta course elle va durer 7-8 heures il va quand même falloir apporter de l'énergie pour de vrai sinon ça ne va pas le faire ça marche on a parlé de l'oxydation du glucose tu disais qu'il faut habituer son corps à oxyder pour utiliser ce glucose là on est d'accord qu'on s'habitue avec l'entraînement ?
- Benoît Nave
oui parce qu'en fait plus tu t'entraînes et en fait plus Merci. tes entraînements sont variés aussi, plus tu vas développer une quantité de mitochondries. Alors en fait, voilà, il faut quand même qu'on explique ce que c'est. En fait, dans toutes nos cellules, fabrique de l'énergie grâce à des petites organites qu'on appelle les mitochondries. En fait, ce sont les centrales énergétiques de nos cellules, celles qui fabriquent l'énergie dont on a besoin, celles qui fabriquent cette fameuse monnaie d'échange, l'ATP. Et en fait, ces mitochondries, on peut augmenter leur nombre et augmenter aussi leur efficacité. C'est-à-dire qu'elles peuvent être très nombreuses mais pas très efficaces. Et elles peuvent être très nombreuses et très efficaces. Pour vous donner un petit chiffre, entre un sédentaire et un sportif de haut niveau, la densité mitochondriale peut passer du simple au double dans l'organisme. C'est-à-dire qu'à effort égal, la capacité d'utilisation des substrats énergétiques peut vraiment doubler. dans un même corps. C'est très important, ce n'est pas rien du tout. Capacité d'utiliser l'oxygène aussi, évidemment. Et donc, d'ailleurs, un athlète de très haut niveau peut monter à des quantités d'utilisation d'oxygène qui sont extrêmement importantes, qui peuvent être trois, quatre fois plus élevées qu'un individu sédentaire. Et donc, en fait, c'est ces fameuses mitochondries qui vont être capables d'utiliser... plus ou moins, évidemment, ces subtras énergétiques. Et donc, ça, ça joue clairement.
- Romain Adam
Et donc, comment on entraîne ? Comment on fait pour doubler ses capacités ?
- Benoît Nave
Déjà, le travail en endurance va augmenter le nombre de témitochondries.
- Romain Adam
La fameuse endurance fondamentale, c'est très important. Ça va constituer 70% d'un volume d'entraînement.
- Benoît Nave
Au global, c'est ça. 70, voire Plus ta quantité d'entraînement est importante, plus ton volume d'entraînement est important, plus la proportion d'endurance fondamentale est importante. Et puis après, ce qui se passe quand tu fais des efforts à très haute intensité, toutes les mitochondries qui ne sont pas performantes vont être éliminées. Il y a un phénomène d'élimination naturelle. Elles s'auto-éliminent. C'est un phénomène qu'on appelle la mythophagie. Donc, mitochondrie, et phagie, pour manger, elle s'auto-digère en fait, elle-même. Et elle se refabrique. Et donc, elle refabrique des nouvelles mitochondries. Pour autant, aussi, que tu aies dans ton alimentation quotidienne, les éléments nécessaires à une reconstitution efficace de ces nouvelles mitochondries. Et en fait, tu refabriques des Mithukandri plus efficaces. Voilà. Et donc, en fait, c'est pour ça aussi qu'il y a une si grande différence entre les athlètes élites et puis les gens qui vont courir un marathon. Je respecte tout à fait le fait de courir un marathon en 4h30 ou en 5h. Et c'est super, c'est fabuleux. Sauf qu'en fait, c'est deux moteurs différents. Voilà.
- Maéva Bonfils
Et pour quelqu'un qui n'aurait pas assez de mitochondries pour oxyder tout ce glucose, est-ce que c'est dangereux d'apporter trop de glucose ?
- Benoît Nave
Alors à court terme, non. À court terme, tu risques juste de présenter un inconfort digestif qui va rendre ta course plus ou moins désagréable, avec des arrêts vomito-réguliers ou plus ou moins réguliers, voire un peu plus bas au niveau digestif aussi. Et donc voilà, c'est pas fun, mais si c'est une fois dans l'année, c'est pas très grave. Après, t'as des gens qui vont vouloir copier les façons de procéder des athlètes de haut niveau et qui vont se mettre à consommer aussi beaucoup plus de glucides à l'entraînement, s'adonner à ce qu'on appelle ce fameux gut training, qui veut dire entraînement de l'intestin. Et alors ça, ça peut poser plus de problèmes. Ça peut déjà imposer chez les athlètes élites, si le suivi n'est pas parfaitement effectué. Et d'ailleurs, on commence à avoir des athlètes élites qui systématiquement rentrent de l'entraînement, ils vont se brosser les dents. Pendant l'entraînement, si c'est un peu long, ils vont se brosser les dents. Et pourquoi ça ? Simplement parce qu'en fait, tu modifies ton microbiote. Ok. Alors tu me dis... Tu modifies ton microbiote buccal, évidemment, c'est tous, le sucre ça provoque des caries, et c'est pas anodin en fait, c'est simplement parce que tu modifies ton microbiote buccal. Si tu modifies ton microbiote buccal, évidemment que tu vas aussi modifier ton microbiote intestinal. Or, de ce microbiote intestinal, en fait, dépend une grosse partie de toute ta santé. Il faut savoir que par exemple, 70 à 80% de ces cellules immunitaires, elles sont fabriquées ou maturées dans ton intestin.
- Romain Adam
Ça influe aussi sur le bien-être mental ?
- Benoît Nave
Directement, on en a tous entendu, intestin, deuxième cerveau, etc. Mais en fait, c'est bien plus que ça. Le microbiote, par exemple, communique en permanence aussi avec tes mitochondries.
- Romain Adam
Le risque, si tu prends trop de glucides à l'entraînement, c'est de modifier ça et que ça vienne t'impacter négativement d'un point de vue de ta santé ?
- Benoît Nave
Globalement, oui, exactement. Et l'un des premiers risques, par exemple, c'est de développer une résistance à l'insuline. Parce que la modification du microbiote dans un certain sens va possiblement entraîner de la résistance à l'insuline. Et d'ailleurs, l'un des plus grands scientifiques que le milieu de la course à pied ait connu et qui bosse encore, qui s'appelle Tim Knox, qui était triathlète lui-même, à lui, parce qu'en fait, à lui, il a fait de la compétition à l'époque où c'était glucide, glucide, glucide toute la journée. Et en fait, il a développé de la résistance à l'insuline alors qu'il s'entraînait 30 heures par semaine. Donc, ce n'est pas à force de rester sur le canapé assis à boire des sodas qu'il a développé sa résistance à l'insuline. Ce n'est pas ça. C'est simplement parce que ça a dû probablement modifier son microbiote suffisamment profondément pour que cette résistance à l'insuline apparaisse.
- Romain Adam
Et ça, toi, tu le vois dans tes suivis nutritionnistes, des athlètes qui développent des pathologies ? mange trop de sucre ?
- Benoît Nave
Alors moi, je l'ai vu. Je l'ai vu avec l'apparition de début de stéatose hépatique, en fait. Et chez des gens qui, avec des gabarits d'une soixantaine de kilos, consommaient à l'entraînement et en compétition régulièrement 90 grammes de glucides à l'heure.
- Romain Adam
Sur combien de temps ? Sur deux ans, trois ans ?
- Benoît Nave
Sur quelques années, oui.
- Romain Adam
C'est ça.
- Maéva Bonfils
OK. Et du coup...
- Romain Adam
Le but, il n'est pas non plus de culpabiliser complètement, mais en tout cas, c'est de montrer qu'il faut de la nuance. Et effectivement, il ne faut pas suivre un schéma préconçu ou parce qu'on entend un discours assez inflationniste sur le nombre de glucides. Et essayer de rester mesuré finalement dans sa pratique et dans sa consommation de glucides.
- Benoît Nave
Exactement, c'est juste au bon sens. Simplement, il faut quand même... Enfin, je veux dire, on peut plaisanter un peu sur le sujet. Mais on est devenu l'animal dominant sur Terre parce qu'en fait, on est le meilleur chasseur. On est le chasseur le plus endurant. C'est-à-dire que tous les animaux qu'on chassait couraient plus vite que nous. Simplement, nous, on était capable de les chasser très longtemps jusqu'à ce que ces animaux s'épuisent. À l'époque, il n'y avait pas des gels pour les chasser. On était capable de courir 6 heures, 7 heures, 8 heures après un troupeau d'antilopes. Et puis, de les épuiser suffisamment. Et en fait, tout simplement parce que nous, on a un métabolisme qui est ultra performant sur l'endurance. On n'est pas bon en vitesse, mais on est très bon d'endurance. Et ce n'était pas grâce au gel à l'époque.
- Romain Adam
C'est bien expliqué dans le fameux livre Born to Run.
- Benoît Nave
Ah ouais !
- Romain Adam
Qui explique justement qu'on est des êtres très endurants.
- Benoît Nave
Mais à côté de ça, on peut quand même... utiliser ce que la science nous a appris, ce qu'on a compris de la science, c'est-à-dire utiliser évidemment des glucides à l'effort pour performer au mieux, mais ça, sans mettre sa santé en danger. C'est tout à fait possible. Moi, je le dis évidemment, quand je tiens ce discours de mesure, je le tiens avec d'autant plus de facilité que, évidemment, vous le savez, je suis cofondateur d'une boîte qui vend des produits destinés à l'effort. et que je vais pas faire de la contre-pub absolue pour ce qu'on fait nous, mais on essaie de le faire en incitant les gens à être simplement mesurés, raisonnables et à prendre soin de leur santé en fait. L'idée c'est que le sport soit au service de la santé, évidemment quoi.
- Romain Adam
C'est exactement ce qu'on prône aussi chez Runmotion Coach. Et justement, si tu devais donner un seuil peut-être ou des indications en termes de grammage qui permettent à la fois d'optimiser raisonnablement sa performance et de préserver sa santé,
- Benoît Nave
tu dirais que c'est quoi pour un amateur en nombre de glucides par ordre d'effort ? Alors, pour répondre à cette question, je vais vous donner deux exemples. il y a un athlète qui était... Je ne sais pas si vous connaissez peut-être un entraîneur en triathlon, moi que je respecte beaucoup, je trouve son job remarquable, il s'appelle Carol Ispy. Carol Ispy, en fait, il avait à l'entraînement un athlète qui avait fait un très très bon chrono sur l'Ironman d'Ambrun, qui est l'Ironman probablement le plus difficile au monde. Tout simplement parce qu'il se déroule en montagne, sur la partie vélo il y a le col de l'Isoard à franchir, le marathon est loin d'être tout plat, c'est vraiment une épreuve très difficile. Et cet athlète avait couru en 2023 l'Ironman d'Ambrun avec 120 grammes de glucides à l'heure. Et l'année suivante, il a gagné l'Ironman de Nice avec 60 grammes de glucides à l'heure. Et en fait, pourquoi il est passé de 120 à 60 ? Parce que Caroli, Spi, avait détecté... un début de difficulté à tolérer de telles quantités de glucides à l'heure chez un certain nombre de ses athlètes qu'il entraînait qu'il commençait à y avoir aussi déjà l'exemple de Sam Ledlow qui commençait à avoir des soucis aussi lui-même. Un autre très très bon triathlète français, l'un des tout meilleurs mondiaux, et en fait il a montré avec une approche très réfléchie qu'il valait mieux essayer de bosser sur ce qu'on appelle la flexibilité métabolique, c'est-à-dire la capacité à utiliser les deux substrats, les lipides et les glucides, plutôt que de compter exclusivement sur les glucides. Donc en fait dans cet exemple... on a déjà un début de réponse à ta question c'est à dire qu'avec 60 grammes de glucides à l'heure on est capable de faire des performances incroyables sur des formats de course qui sont des formats où l'intensité moyenne est quand même relativement élevée surtout qu'on est sur 3 sports combinés et donc on est capable de développer une intensité moyenne plus élevée que sur un même sport puisque en fait tu sollicites des muscles différents et donc tu es capable d'aller les solliciter à des niveaux plus intenses ce qui veut dire que euh... Pour quelqu'un qui va courir un marathon en 4 heures, 5 heures, 6 heures, ou un trail sur des formats à peu près identiques, moi je pense qu'effectivement, en fonction du gabarit, en fonction du niveau d'entraînement, parce que le gabarit joue beaucoup, évidemment que si tu pèses 45 kilos ou si tu pèses 90 kilos, évidemment que ta consommation d'énergie, ce n'est pas la même. Et donc, en fait, entre... En fait, ce qu'il faut savoir, c'est qu'à l'effort, le cerveau consomme 12 grammes de glucides à l'heure. Voilà, ça, c'est standard. Alors, que ce soit un effort physique ou intellectuel, c'est-à-dire que tu fais une partie d'échec, tu vois, sur un championnat du monde d'échec, si tu mesures la consommation de glucides à l'heure, de glucose à l'heure du cerveau d'un joueur d'échec de niveau mondial, c'est 12 grammes. pendant une épreuve de sport pendant laquelle il y a du stress, tu es focus, etc. Si en plus il se met à faire un peu froid donc les conditions sont un peu plus difficiles à gérer, c'est aussi 12 grammes à l'heure. Donc il faut ces 12 grammes. Et puis après tu as d'autres organes qui vont consommer aussi un peu de glucose, tu as ta peau, etc. Et donc on arrive à des besoins qui sont aux alentours, j'allais dire, minimaux de 35-40 grammes. C'est vraiment le minimum. Et puis, après, ton muscle est capable de recapter une partie du glucose que tu vas absorber. Pour autant que ton intestin soit en bon état pour l'absorber aussi. Parce qu'il y a des tas de gens qui prennent le départ des épreuves. Ils ont mangé un peu n'importe quoi le reste de l'année. Ils se sont fait gaffe les trois dernières semaines. Mais leur microbiote n'est pas en état. Ils ont de l'hyperperméabilité intestinale. Il y a de l'inflammation un peu partout. Et du coup, en fait, au bout de trois heures de course, il n'y a plus rien qui passe. Et puis là, c'est la cata. Mais en fait, si tu y arrives, on va dire que 60, pour les gros gabarits, peut-être 80 grammes à l'heure, on est dans quelque chose qui me semble à peu près raisonnable. Au-delà, ça devient un peu plus compliqué, je pense. Ok,
- Romain Adam
super. Est-ce que Romain, tu as une dernière question sur la partie ? On va dire base de la nutrition.
- Maéva Bonfils
J'aurais peut-être des questions un peu plus pratiques pendant la course, mais on peut passer peut-être pour ceux qui nous écoutent, qui vont avoir une course bientôt, la nutrition à l'approche d'une compétition. Donc on va dire j'ai une course dans une semaine.
- Benoît Nave
C'est tout proche, on n'a plus grand chose à faire.
- Maéva Bonfils
Oui, c'est vrai. On va dire que c'est un objectif intermédiaire. Ça marche, super. En l'occurrence, j'ai l'UTMV dans à peu près trois mois. Allez, on va dire donc du coup, trois mois avant la course, qu'est-ce qu'on fait d'un point de vue nutritionnel ? Et puis après, on approchera jusqu'à la course.
- Benoît Nave
Alors, il faut absolument trois mois. C'est presque même déjà court, en fait, tu vois. Alors toi, je sais que tu fais à peu près gaffe à ce que tu fais. Globalement, c'est pas mal. Donc, en fait, il y a un peu moins de boulot que chez certains. Mais on va dire que là, la priorité des priorités, c'est... En fait, il y a plusieurs priorités, c'est dommage. Non, en fait, il y a des fondamentaux à respecter, c'est ça le truc. En fait, les gens qui participent à ces courses, pour la grande majorité d'entre eux, à part une toute petite poignée, ce ne sont pas les athlètes professionnels. Ça veut dire qu'ils ont une vie professionnelle, ils ont une vie de famille et ils ont l'entraînement. Donc, il faut pouvoir assumer les trois dans de bonnes conditions. Et donc, qu'est-ce qu'il va falloir ? il va falloir que tu puisses... récupérer tes séances d'entraînement, que tu puisses nourrir ton cerveau et que tu puisses prendre soin de ton intestin. Voilà, c'est à mon avis les trois points clés. Alors, nourrir ton cerveau, qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'il va falloir que tu amènes suffisamment de protéines pour fabriquer des neurotransmetteurs qui vont te permettre de rester motivé, ça c'est la dopamine, d'être performant sur tes séances d'entraînement et dans ton job de tous les jours quand il y a un peu de stress, ça c'est la noradrénaline, de pouvoir te sentir zen à la maison et pas énervé et ça c'est la sérotonine. et de pouvoir bien dormir la nuit, ça c'est la mélatonine. Donc en fait, il faut suffisamment de briques de construction de ces neurotransmetteurs et ça, ça se fait grâce aux protéines. Les protéines vont aussi permettre de récupérer au niveau musculaire. Après, il faut les apports énergétiques, évidemment. Il faut reconstituer tes réserves après chaque grosse séance d'entraînement. Sauf si tu es sur un bloc particulier où tu vas vouloir augmenter ton efficacité à brûler des graisses. Donc sur 2-3 jours, tu vas peut-être diminuer tes apports, etc. Mais en fait, après chaque grosse séance d'entraînement, tu fais une séance de travail excentrique en descente où tu vas casser. Donc si tu es descendu, c'est-à-dire que tu es monté. Et donc tu vas avoir brûlé pas mal de glycogène. Et donc il faut reconstituer ce glycogène après la séance. Pareil sur les séances de seuil, les séances de VMA, peu importe, etc. Les grosses sorties à vélo en montagne, compagnie. Il faut prendre soin de ton microbiote. Donc en fait, il faut une alimentation qui soit riche en polyphénol. Ça c'est ce que tu vas trouver dans les fruits et les légumes, enfin les végétaux essentiellement. Le thé, peu importe. Il faut une alimentation qui soit riche en fibres. Parce qu'en fait, ces fibres, elles vont permettre à certaines bactéries de fabriquer des substances qui vont nourrir à la fois ton intestin, mais qui vont aussi permettre à tes mitochondries de fonctionner de façon optimale. Il y a un dialogue permanent entre les bactéries de l'intestin et les mitochondries. On en a parlé tout à l'heure. En fait, ce sont d'anciennes bactéries qui ont été intégrées dans les premiers êtres unicellulaires, il y a 3 milliards et quelques d'années. et qui ont permis aux cellules d'être capables d'utiliser de l'oxygène pour respirer et pour fabriquer de l'énergie de façon autonome. Et donc en fait, elles ont toujours un fonctionnement bactérien et donc elles sont capables de communiquer avec les autres bactéries de notre corps, et donc tous nos microbiotes. Et donc c'est hyper important de prendre soin de son microbiote, pour plein de raisons, on en a parlé, communication avec le cerveau, etc., mais aussi communication avec les mitochondries. Et donc, on a parlé des polyphénols, on a parlé des protéines, on va parler aussi des oméga-3. Une alimentation riche en oméga-3 est très importante parce qu'en fait, elle va assurer une gestion des phénomènes inflammatoires de manière optimale. Elle va assurer ce qu'on appelle la fluidité membranaire de toutes nos cellules et donc de tous les échanges qu'il y a entre les cellules, les messages hormonaux, etc. Donc, les fameux neurotransmetteurs, par exemple. Si tu n'as pas assez d'oméga-3 dans ton cerveau... Tu as beau produire suffisamment de dopamine ou de noradrénaline, si la membrane de ta cellule en face est rigide, ça ne passe pas.
- Maéva Bonfils
C'est ce qu'on retrouve dans les bonnes graisses, dans les huiles. Huile d'olive, huile de colza.
- Benoît Nave
Plutôt colza. Oui, colza. Moi, je ne suis pas un grand fan du colza. En fait, on compte trop sur les oméga-3 végétaux. Parce qu'en fait, les oméga-3 végétaux, il faut pouvoir les transformer en oméga-3 utiles pour le corps. C'est-à-dire que l'oméga-3 qu'on retrouve dans l'huile de lin, l'huile de colza, l'huile de noix, par exemple, c'est un oméga 3 qui doit être ensuite transformé par le corps pour être utilisé et soit à cause de carences alimentaires soit à cause de particularités génétiques et bien cette transformation est plus ou moins efficace plutôt moins que plus d'ailleurs dans un grand nombre de cas Donc il vaut mieux aller sur des aliments riches en oméga-3, utilisables directement, comme les petits poissons gras par exemple, la sardine, le mackerel, le hareng, l'anchois, etc. Ou des œufs de poules qui ont été élevés en plein air et qui n'ont fait que picorer, qui n'ont pas été nourris au maïs, etc. Et donc ces oméga-3-là, c'est vraiment important. Ils sont importants aussi, par exemple, pour le transport de l'oxygène, parce que si tes membranes de globules rouges sont rigides, Et bien en fait, tes globules rouges ne sont plus capables de passer à travers les petits capillaires en bout de chaîne, en bout de course, et d'aller alimenter ton muscle en oxygène, par exemple. Donc en fait, globalement, c'est trois points clés sur lesquels il faut vraiment insister. L'intestin, le microbiote, avec les polyphénols et les fibres. les protéines, les oméga-3. Et puis après, évidemment qu'il y a d'autres statuts nutritionnels qui sont très importants, la vitamine D, etc.
- Romain Adam
Justement, en termes de fibres, on dit souvent que 48, 60... Enfin, on va dire la veille ou même deux jours avant, il ne faut pas manger de fibres. Enfin, il faut limiter en tout cas les apports en fibres. Alors, il faut que ce soit des fibres qui soient cuites. Je pense notamment à la compote. Très bon point. C'est très bon.
- Benoît Nave
Là, on est vraiment à l'approche sur les tout derniers jours. En fait, on est dans les 4-5 derniers jours avant l'épreuve. Mais à 3 mois de l'épreuve, on n'en est pas là tout à fait. Mais effectivement, quand tu arrives à S-1, là, il y a des choses qui vont être vraiment modifiées. C'est-à-dire que, évidemment, par exemple, si c'est avant un marathon ou un semi-marathon, tu vas avoir pris soin, après ta dernière séance d'entraînement intensive, d'avoir fait un gros stock. de glucides, d'avoir eu des repas très riches en glucides, pour avoir restocké au maximum au niveau du glycogène musculaire. Et puis aussi, tu vas avoir effectivement éliminé toutes les fibres crues, dures. Tu ne vas pas manger de poireaux, tu ne vas pas manger d'oignons, tu ne vas pas manger de choux, de lentilles. Tu vas éviter tout ce qui est un peu difficile au niveau intestinal. Mais sinon, en fait, ce qui est intéressant aussi, c'est de... Dans les trois semaines qui m'ont précédé, peut-être modifier certaines habitudes que tu peux avoir, éliminer l'excès de produits laitiers par exemple, qui au niveau digestif peut être un petit peu délicat, même au niveau hépatique parfois, au niveau musculaire aussi, peut-être éliminer l'essentiel des aliments glutineux, qui contiennent du gluten, que tu peux consommer en fait. Ça peut avoir aussi un impact négatif au niveau du système digestif. Parce que ce qu'il faut voir, c'est qu'en fait, sur une épreuve d'endurance, et encore plus à pied, le système digestif, c'est vraiment un élément clé. En gros, 70% des abandons sur un UTMB, c'est à cause du système digestif. Et je ne parle que des abandons, je ne parle même pas des gens qui finissent en rampant la course, parce qu'en fait, ils ne peuvent plus ni boire ni manger depuis des heures et des heures. Il faut absolument prendre soin de ce système digestif. On l'a compris. Et du coup, tout ce qui va le soulager en amont de la course sera quelque chose de bénéfique. Parce qu'en fait, sur une épreuve d'endurance, au bout de 10 minutes passées à 70% de VO2 max, or sur une épreuve de genre-là, c'est à peu près l'intensité que tu vas mettre, 70-75% de VO2. Et bien en fait, tu as l'apparition d'une et hyperperméabilité intestinale qui est due au stress généré.
- Maéva Bonfils
Plus le stress de la course.
- Benoît Nave
Plus le stress de la course. Plus l'hyperperméabilité potentielle que tu peux avoir toi parce que ton intestin ne fonctionne peut-être pas de façon optimale avant le départ. Et donc, tout ça, ça peut avoir des effets un peu cata sur cette course. Donc, en fait, on en revient à ce gluten. Si tu l'élimines pendant trois semaines avant la course, c'est plutôt une bonne idée. Et... Et puis après, on a parlé de la recharge anglicogène. On a parlé des fibres. Maintenant, on va se rapprocher encore un peu plus de la course et on va être à J-1, J-2, J-1. Et là, on fait hyper simple en fait. C'est des repas ultra simples. Ce n'est pas en deux jours qu'on va se carencer. Donc, on ne se pose plus de questions. Ça va être du riz, des patates, du poisson, de la viande blanche. un yaourt de chèvre ou de brebis, même encore mieux que vache, plutôt chèvre, de la compote de pommes, et voilà. Les menus, ça va être ça. Ça va tourner autour de ça pendant deux jours. Les repas gastronomiques, exactement. Ça va tourner autour de ça, en fait. C'est hyper simple et il ne faut pas se poser.
- Maéva Bonfils
Et ce qu'on dit souvent, c'est qu'il ne faut pas manger forcément plus, mais parce que tu vas mettre plus de glucides finalement dans ton assiette, tu vas faire ta recharge glucidique.
- Benoît Nave
En fait, ta recharge glucidique, elle se fait beaucoup alors à Elle se fait presque tout le temps pour les gens qui sont très entraînés. C'est-à-dire que quelqu'un qui est très entraîné, il a le phénomène de fenêtre métabolique qui est un petit peu moins important à respecter pour quelqu'un qui est un peu moins entraîné. C'est-à-dire que quelqu'un qui s'entraîne moyennement, on va dire, chez lui, la fenêtre métabolique est très importante. Cette fenêtre métabolique, c'est le moment où le corps restocke le plus les glucides. Alors, toutes les études montrent que de toute façon, quel que soit le type d'athlète qu'on soit, c'est toujours important d'essayer de restocker le plus vite possible. Mais c'est encore plus important chez quelqu'un qui s'entraîne un petit peu moins, quelqu'un qui s'entraîne beaucoup en fait. Chaque fois qu'il a une prise de glucides, ça va permettre de recharger plus aisément. Et donc... Cette fenêtre métabolique, il faut l'avoir utilisée lors des tout derniers entraînements avec un petit peu d'intensité. Si 5-6 jours avant, tu fais un petit rappel de séance un peu tonique, où tu vas monter un peu en intensité, juste après cette séance, c'est le moment idéal pour faire ta recharge en glycogène. Par contre, il faut maintenir tes stocks. Il faut maintenir tes stocks à la fois au niveau hépatique, parce que c'est ce qui va permettre d'avoir une glycémie la plus constante qui soit. On a parlé de cette fameuse glycémie qui est très importante pour le cerveau. Donc, c'est à la fois ton foie et tes apports énergétiques pendant l'épreuve qui vont permettre de maintenir la glycémie constante. Mais il faut donc tenir compte du foie. Or, le foie, lui, brûle en permanence toute la journée, en fait. Et donc, il se recharge au cours de chacun de tes repas. Et donc, à chacun de tes repas, tu vas refaire le plein au niveau hépatique de ton glycogène. Et puis, au niveau musculaire, ça a été globalement fait. Donc, tu l'entretiens un petit peu. Voilà, et donc il faut que ces repas maintiennent en fait les stocks qui ont été réalisés.
- Maéva Bonfils
Ok,
- Benoît Nave
top. Mais sans que ce soit de la surcharge, parce que la pasta party de la veille au soir, en fait, où on mange la grosse assiette de pâtes, et bien en fait ça va être mal proportionné, et le ratio de ton repas, de ton assiette, entre les protéines et les glucides, peut être déséquilibrée. Si tu manges beaucoup de pâtes et très peu de protéines, ça va déséquilibrer le truc. Or, les protéines permettent aussi, on n'en a pas parlé tout à l'heure, quand on a parlé des protéines, mais elles permettent aussi de favoriser toutes les circulations liquidiennes dans ton organisme. Elles permettent de maintenir des niveaux de pression entre l'extérieur des cellules, l'intérieur des cellules, les différents secteurs liquidiens de ton corps. Dans ton corps, tu as plein de liquide. Tu as du liquide à l'intérieur de tes cellules. Tu as le liquide dans lequel baignent tes cellules, tu as le liquide qui est en circulation dans ton système lymphatique, dans ton système artériau-véneux. Et en fait, ces protéines, elles permettent aussi les échanges entre ces différents milieux liquidiens. Et si tu n'as pas assez de protéines dans ton alimentation, tu fais de la rétention. Donc, tu as une mauvaise circulation. Et en fait, si tu fais la pasta party le samedi soir pour ta course du dimanche, le dimanche matin, au départ de l'épreuve, tu as deux gros poteaux à la poche des jambes. et tu as des sensations pourries et tu n'avances pas en fait, alors que tu es super entraîné tu es nickel et tout, tu t'attendais à une belle perf et en fait tu as des sensations dégueulasses
- Maéva Bonfils
De toute façon en général, il ne faut jamais rien tester la veille de la course des fois il y a des gens qui vont tester l'aliment miracle et comme tu disais tout à l'heure le plus simple c'est le mieux, alors même si ce n'est pas un repas gastronomique, finalement tu seras en forme le jour de ta course si tu ne fais rien de complètement extraordinaire la veille Exactement
- Romain Adam
Et donc, admettons qu'on a appris le départ de notre course, tout s'est bien passé, on mange correctement. Tu l'as dit, si jamais il y a un aliment qui ne passe plus, enfin en tout cas si on n'arrive plus à manger quand on est sur la course, tu as conseillé de pouvoir manger un petit peu de glucose, mais sans forcément l'ingérer, juste pour faire un signal au cerveau. Est-ce que tu as d'autres astuces, en tant que nutritionniste, sur la course, l'alimentation en course ?
- Benoît Nave
Alors déjà, le... Un conseil qui va s'appliquer à tout le monde, je pense, c'est d'avoir testé ces stratégies en amont. Et d'avoir testé aussi différents scénarios. Plan A, plan B, plan C, au cas où. Et donc, il faut savoir d'abord qu'est-ce qui est le mieux pour toi. Est-ce que c'est essentiellement liquide ? Est-ce que c'est semi-liquide plus un peu liquide ? Est-ce que c'est solide plus semi-liquide plus liquide ? Donc ça, il faut l'avoir testé en amont. Est-ce que si jamais tu n'arrives plus à mastiquer, le fait de ne consommer que des trucs un peu genre purée, compote, gel, ça va t'aller ? Si même ça, ça ne passe plus, est-ce que sous forme de liquide, ça colle aussi pour toi ? Ce n'est pas trop désagréable, ça ne fait pas glouc-glouc dans l'estomac ? En fait, il faut avoir testé ces stratégies-là à l'entraînement ou sur les cours de préparation. Et puis, effectivement, il y a la stratégie de, temporairement, en fait, de soulager son système digestif, vraiment, pendant une période suffisamment longue, 30, 40 minutes, une heure. Dès qu'on sent que ça commence à ne plus passer, ça ne sert à rien d'insister de toute façon. Il faut arrêter d'insister à ce niveau-là. Donc là, il faut tout soulager. Donc, si on a besoin de s'hydrater, c'est des toutes petites gorgées. Par contre, il faut maintenir les apports en électrolytes. Ça, c'est hyper important. Alors, à doser de manière différente selon les conditions de température, d'humidité, etc. En fait, plus il y a de transpiration, plus il faut doser. Moins il y a de transpiration, moins on dose. C'est assez simple. Et donc, il faut maintenir un petit peu minimum d'hydratation parce qu'en fait, la déshydratation au niveau digestif va. augmenter la fragilité digestive et va augmenter les phénomènes de troubles digestifs à l'effort. Donc ça, c'est hyper important. Et donc, on soulage l'allure, évidemment, aussi. Donc, on ralentit un petit peu. On se dit, ben voilà, en fait, sur une épreuve qui va durer pour un UTMB, par exemple, si on reprend le cas, qui va durer pour la majorité des gens, 35 heures, 30-35 heures, euh... et bien en fait, plutôt 35 voire 40 c'est pas parce qu'on aura ralenti 30-40 minutes que ça va impacter énormément la perf et par contre on aura probablement gagné beaucoup en termes de plaisir de plaisir éprouvé
- Maéva Bonfils
pendant l'épreuve et puis il y a des moments, je me rappelle sur l'UTMB que j'avais fait en 2023 à 11h du soir, en général tu vas pas dans ton frigo à 11h le soir pour manger Oui. donc je pense que le corps aussi il doit te dire aussi réduire un peu la consommation de glucides je me rappelle que pendant une heure j'ai vraiment eu du mal à m'alimenter et justement j'ai fait comme t'as dit en fait j'ai ralenti l'allure et j'ai laissé passer et en fait une heure plus tard j'avais à nouveau envie de manger et je me suis à nouveau bien réalimenté mais j'ai pas paniqué à ce moment là et je pense que si j'avais insisté il y a des chances que j'aurais vomi à un moment donné et que ça se serait pas bien passé derrière donc évidemment il faut je pense écouter son corps aussi et Si tu ressens moins le besoin de manger à un moment donné, il faut aussi peut-être se faire en fonction de ses ressentis.
- Benoît Nave
Et puis, il faut gérer aussi en fonction du profil de l'épreuve. C'est-à-dire que moi, je le recommande régulièrement. En fait, quand les gens demandent, quand on fait des protocoles nutritionnels sur les épreuves comme ça, on regarde le profil. Et en fait, j'essaie toujours d'insister sur des moments où on doit soulager le système digestif pendant l'épreuve, de manière régulière, de façon à ce que, justement, le système digestif, comme tu l'as ressenti toi, très bien ressenti, une fois qu'il a été soulagé pendant plusieurs dizaines de minutes, il retrouve sa capacité à fonctionner à peu près correctement. Et donc, on... On regarde l'ensemble de la course, on regarde le profil et on se dit, ben voilà, là c'est des moments opportuns pour soulager, là aussi, là aussi, et là c'est des moments opportuns pour augmenter un peu les apports. En fait, ce n'est pas linéaire les apports, ce n'est pas 30 grammes à l'heure, donc toutes les heures, boum, Ça, sur un marathon, ça marche bien, ça marche super bien. Sur un ultra, d'autant plus montagneux, ce n'est pas forcément le plus efficace.
- Maéva Bonfils
Et donc c'est plutôt en montée ou plutôt en descente ? Tu fais comment pour soulager ?
- Benoît Nave
On soulage dans les parties descendantes, évidemment. Par exemple, tu arrives au sommet du Grand Colferré. Tu sais qu'une heure et quart après, tu vas avoir le ravito de la foulique. Et donc peut-être pendant cette heure-là, tu vas juste t'hydrater un petit peu. Et puis, tu vas arriver tranquille à la folie. Ton estomac, il va être reposé. Et là, tu vas pouvoir refaire un peu le plein à ce moment-là.
- Maéva Bonfils
D'accord. Et à l'effort, est-ce que c'est intéressant ? On a parlé beaucoup de glucides. Est-ce que c'est intéressant de manger des protéines, par exemple ?
- Benoît Nave
Alors, les apports protéinés ne sont pas... Alors, ils sont intéressants, pas en termes de structure musculaire, mais ils sont intéressants en termes de, en petite quantité, ils sont intéressants en termes de circulation des liquides, toujours, ces fameux phénomènes de pression. Et ça peut être intéressant là. Et après, il peut y avoir aussi d'autres... Ouais, non, c'est essentiellement pour ça, en fait. En fait, pendant l'effort...
- Maéva Bonfils
Parce que sur un ultra, au bout d'un moment, c'est le facteur musculaire qui devient la limite. Tu as parlé effectivement de la partie nutrition, mais il y a aussi la partie musculaire.
- Benoît Nave
Mais tu ne peux pas reconstituer.
- Maéva Bonfils
Tu ne peux pas reconstituer, non, il n'y a aucun moyen. C'est trop court.
- Benoît Nave
Tu ne peux pas faire de resynthèse, en fait. Il n'y a pas d'anabolisme possible. En fait, le corps, en fonction des moments, il est dans une phase soit de... catabolisme, c'est-à-dire où il brûle, où il doit brûler. Et là, il n'a pas le choix, il est obligé de brûler. D'accord. Il n'y a pas le choix. Et puis, il y a la phase anabolique, la phase de reconstruction, de réparation. Et en fait, quand tu es dans une phase catabolique où le cortisol sécrété vient saturer tous les récepteurs, il ne peut pas y avoir de reconstruction musculaire, il ne peut pas y avoir d'anabolisme parce qu'en fait, la testostérone qui sert à... Les hormones de croissance qui servent à reconstruire, en fait, elles ne peuvent pas aller sur ces fameux récepteurs qui sont saturés par le cortisol. Donc, il n'y a pas de reconstruction possible. Donc, prendre des protéines...
- Maéva Bonfils
Et si tu restes longtemps à ravitaillement ? Non, ça ne fait pas.
- Benoît Nave
Il va te falloir quelques heures avant que ça commence à marcher. Et donc, en fait... Donc,
- Maéva Bonfils
pas d'un point de vue musculaire, mais plutôt d'un point de vue fonctionnement général. Oui, fonctionnement général.
- Benoît Nave
C'est intéressant d'avoir un petit peu d'apport protéique. D'autant plus que la course va durer longtemps pour toi, en fait.
- Maéva Bonfils
J'avais une autre question, la caféine. Est-ce que c'est intéressant ? Pas forcément sur marathon, mais peut-être sur des trails longs ?
- Benoît Nave
Même sur marathon, d'ailleurs, ça peut être intéressant. Mais sur les trails longs aussi. Par contre, à gérer avec vraiment beaucoup d'attention et de précaution. Parce que quand c'est pris trop tôt dans la course, tu risques d'avoir un effet rebond d'ailleurs qui peut t'occasionner des moments un peu délicats plus tard. Donc moi j'irais vraiment mollo et aussi à gérer en fonction des conditions de météorologie. Plus il fait chaud, plus on est précautionné avec ça, parce que la caféine va avoir un effet important sur pas mal de minéraux, sur le sodium en particulier et le magnésium. Et derrière, si tu te retrouves percu de crampes... les effets bénéfiques que tu auras eu pendant quelques heures vont vite être annihilés par le fait que tu marches de façon robotique au lieu de courir.
- Maéva Bonfils
Et si tu sois un UTMB, des gens qui font 40 heures, par exemple, qui vont passer deux nuits dehors, la caféine, c'est aussi la première nuit ou c'est que la deuxième nuit ?
- Benoît Nave
Moi, j'essaierais que la deuxième nuit, si possible. Si c'est envisageable, je ne ferais que ça, que la deuxième nuit.
- Maéva Bonfils
C'est la première nuit, en général, tu as pas mal d'excitation, tu ressens moins d'endormissement que la deuxième.
- Benoît Nave
Après, il y a d'autres abscesses qu'on peut utiliser pour les nuits. Parce que je vous ai parlé tout à l'heure de mélatonine et de sérotonine. En fait, il y a des acides aminés qui sont... Pour fabriquer de la sérotonine et de la mélatonine, la mélatonine est fabriquée à partir de la sérotonine. Et pour fabriquer d'abord la sérotonine, il faut un acide aminé particulier qu'on appelle le tryptophan. Et le tryptophan est en compétition avec les acides aminés à chaîne ramifiée, les BCAA. Et donc quand tu prends des BCAA, tu empêches le tryptophan de rentrer dans ton cerveau ? Et du coup, en prenant des BCAA, tu vas abaisser les quantités de sérotonine et de mélatonine à disposition. Et donc, tu vas abaisser le moment où tu vas avoir cette espèce de perte de vigilance, d'envie de dormir, d'envie de t'allonger sur le fossé, d'envahir dans l'herbe pour piquer une sieste. Et donc, tu peux utiliser des BCAA à des moments opportuns pour essayer de... conserver ta vigilance.
- Romain Adam
Une fois qu'on est arrivé, quelles sont tes astuces clés pour la récup ?
- Benoît Nave
Les astuces clés pour la récup, je vais faire hurler un paquet de trailers et de coureurs à pied, mais je pense que le premier truc à éviter, c'est la fameuse bière. Oups ! Pourquoi ? Parce que tu as une perméabilité intestinale qui est explosée. Or, l'alcool augmente considérablement la perméabilité intestinale. Je ne dis pas ça juste pour être un rabat-joie, simplement parce qu'une grosse augmentation de la perméabilité intestinale, si jamais tu as une dysbiose intestinale, donc un déséquilibre du microbiote un peu cogné, ça peut mener à la catastrophe. Ça peut mener carrément à l'arrêt cardiaque. Ça peut mener à ce qu'on appelle, ça a été un de mes sujets de mémoire de DU. et ça peut mener à ce qu'on appelle une endotoxémie majeure, c'est-à-dire que c'est des bactéries intestinales qui vont passer à travers la paroi et qui vont générer une inflammation telle et tellement massive sur une très grosse hyperperméabilité que ça peut mener à l'arrêt cardiaque. En tout état de cause, et heureusement ça n'arrive que extrêmement rarement, même si ça ne mène pas à ça, ça va de toute façon retarder énormément ta récupération. Donc autant aller sur des boissons très sympas, autres que ça. Il n'y a pas d'alcool dedans, mais ça peut être des bières sans alcool par exemple, déjà, première chose. Ça peut être aussi, je ne sais pas moi, des très bons kombucha, des ginger beer, des trucs comme ça, des trucs un peu sympas qu'on peut boire à l'apéro. Il ne faut pas se priver d'un truc un peu chouette. Il faut éviter l'alcool pendant plusieurs heures derrière. Oui,
- Romain Adam
parce qu'en plus, l'alcool, ça déshydrate et on est souvent déshydraté à l'arrivée de la course.
- Benoît Nave
Exactement.
- Romain Adam
Donc, on attend cette fenêtre métabolique un petit peu d'avoir refait notre stock. Et puis après, la bière, on peut la prendre plus tard.
- Benoît Nave
On se prévoit une soirée entre potes une semaine après. Et puis voilà, on se refait le match pendant la soirée. Et voilà, ça sera le bon moment en fait. Mais voilà, juste après la course, on évite ce genre de choses. En fait, l'idéal...
- Maéva Bonfils
Si tu veux vraiment prendre une, c'est une toute petite. Et il faut bien boire à côté, bien boire de l'eau.
- Benoît Nave
Oui, et puis il faut vraiment prendre soin de son organisme avec éventuellement des probiotiques, de la glutamine, etc. Il y a plein de stratégies qui peuvent être sympas pour remettre ça en état le mieux possible et puis se sentir bien derrière, surtout. L'idée, je pense que globalement, la recherche, pour la plupart des gens, ça devrait être le plaisir optimal, à mon avis, je pense. Et le plaisir, il est à la fois pendant l'épreuve, il est aussi après dans le ressenti qu'on peut avoir les jours qui suivent, les semaines. Parce que si on est végétatif pendant un mois et demi derrière, ok, c'est chouette, on a fait sa course, mais punaise, pour l'entourage, pour ta vie professionnelle, c'est pas chouette. et les gens ils vont se dire ça donne pas vraiment envie tu vois alors que si derrière t'es en bon état que t'es vital que tout va bien derrière t'es déjà un bon exemple pour toi c'est sympa, tout va bien
- Romain Adam
Est-ce que t'avais d'autres questions sur cette partie là Romain ?
- Maéva Bonfils
Non c'est tout bon, je pense qu'on va passer à la partie Baouw, parce que t'es co-fondateur de la marque Baou d'ailleurs tout à l'heure il y a Merci. Ça m'a fait penser à plein de choses parce que tu as parlé de tout ce que tu avais besoin pendant l'effort et je crois que j'ai regardé récemment la composition des boissons d'effort. Il me semble qu'il y a beaucoup de choses, il y a des BCAA, il y a évidemment des électrolytes, des glucides en plus, de la glutamine,
- Benoît Nave
de la taurine.
- Maéva Bonfils
Est-ce que tu peux nous en dire plus sur pourquoi tu as créé cette marque Baouw ? Et comment vous faites en sorte que les produits correspondent aux besoins des coureurs ou des sportifs en général ?
- Benoît Nave
L'élaboration d'un produit, c'est un truc assez un peu complexe. Déjà, mon cahier des charges, il est souvent un peu... La R&D chez nous, il s'arrache les cheveux quand je donne mon cahier des charges. Parce que vous l'avez compris, en fait... Ma vision, elle est vraiment le plus possible 360. C'est à la fois efficacité, aller fort, mais aussi optimisation de la santé, optimisation du fonctionnement du corps. Et puis en plus, on a rajouté une contrainte importante, c'est le goût. Que ce soit la texture ou le goût même. C'est pour ça qu'on a le troisième de la bande, c'est Johan Comte, qui est chef étoilé. Et qui vient mettre, sans jeu de mots, son grain de sel. pour vraiment faire en sorte que les produits soient bons en bouche et soient agréables à consommer. Parce que quand on a créé la marque, les premières réflexions, ça date de 2013, la marque a été créée en 2017. À l'époque, sans plaisanter, moi je me cassais les dents, pour de vrai, ça m'est arrivé, sur des power bars. sur des sorties vélo où il faisait 5 degrés la barre était dure comme la table et ça m'est arrivé de me péter les dents dessus c'était pas bon et puis la compo nutritionnelle elle était vraiment pas terrible ok, t'avais de l'énergie mais par contre dedans, le reste c'était vraiment pas terrible il y avait des marques qui mettaient, je vais pas les citer mais il y a des marques qui mettaient dans leurs produits par exemple des huiles hydrogénées et nous on a mis un grand coup de pied dans la fourmilière à ce moment là et je pense qu'on a fait beaucoup avancer les choses pour rappel les huiles hydrogénées en fait c'est les trucs qui vont c'est ce qu'on a dans le Nutella, c'est ce qui va boucher les artères du coeur entre autres et donc vendre des produits destinés aux sportifs qui normalement veulent prendre soin de leur santé en y mettant des produits qui vont boucher les artères de leur coeur, je trouvais ça plutôt gonflé et donc en fait l'idée c'était de créer des produits qui et... amener suffisamment d'énergie, mais de très bonne qualité, de manière à ce que la pratique du sport n'induise pas plus que ce qu'elle génère en elle-même, de déséquilibre, par l'apport de produits qui étaient totalement incohérents d'un point de vue nutritionnel. Et donc, le cahier des charges, l'idée de base, c'est toujours la même. C'est de faire en sorte que les produits ne génèrent le moins possible de dysfonctionnement. et amène le plus possible d'éléments micronutritionnels qui vont à la fois permettre ta performance sur l'instant, ta récupération derrière et ton bien-être au quotidien. Voilà, c'est ça l'idée. Et donc quand on met par exemple de la glutamine dans la boisson de l'effort, c'est simplement parce qu'on sait qu'à l'effort, la consommation de glutamine par intestin est extrêmement importante et que sur une épreuve de 40 heures, elle est d'autant plus importante. Si on met de la taurine, contrairement à ce que la majorité des gens pensent, la taurine ce n'est pas du tout un excitant. En fait c'est un acide aminé, donc un extrait de protéines, qui va participer de manière très efficace au fonctionnement du foie. Et donc qui va permettre d'améliorer ce fonctionnement hépatique pendant l'effort entre autres. On y met des minéraux, mais les minéraux... Par exemple, il faut savoir que tous les minéraux dans tous les produits qu'on consomme, que ce soit des compléments alimentaires, des médicaments, boissons de l'effort, ils sont toujours associés à une molécule qui les transporte, un sel transporteur. Si je prends l'exemple du magnésium, si vous prenez un comprimé de magnébésis, le sel transporteur du magnésium dans le magnébésis, c'est du pydolate de magnésium. Or il s'avère que en fonction des sels transporteurs, l'absorption de ce magnésium va être très différente. Et il y a des marques qui cartonnent, par exemple en ce moment, sur les réseaux qui sont vendus uniquement en ligne, et vous regardez la compo, le magnésium qui est mis dedans, c'est de l'oxyde de magnésium par exemple. Pour moi, c'est absolument... Alors évidemment, c'est pas cher. C'est pas cher, c'est facile à mettre. sous forme de comprimés effervescents. C'est facile à mettre parce que ça se dissout bien, etc. Ok, hyper, super. Mais par contre, efficacité zéro. Que dalle. Taux d'absorption ridicule. Et donc, nous, on s'arrache les cheveux avec la R&D. Et c'est l'objet d'un nombre d'allers-retours incroyables entre la R&D et moi, la R&D et notre sous-traitant. pour savoir comment on va réussir à formuler le truc pour que mon choix de départ, qui va être par exemple un citrate de magnésium, parce qu'il est très bien absorbé, parce que c'est du citrate et donc que c'est alcalin, et que l'alcaliniser un corps à l'effort c'est ultra important parce qu'en fait il a tendance à s'acidifier, et donc si on alcalinise, on va tamponner l'acidité, donc c'est bien. Et puis ça ne génère pas... En fait, le magnésium, des fois, ça peut provoquer des diarrhées, ou une accélération du transit chez certaines personnes. Or, le citrate, pour ça, c'est vachement bien aussi. Et donc, effectivement, ça fait, par exemple, dans nos électrolytes, des comprimés qui vont se dissoudre un peu moins vite. Alors, les gens vont dire, « Ah ouais, mais ça se dissout en 15 minutes au lieu de 4 minutes. » Ben ouais, mais il faut savoir ce qu'on veut, en fait. Est-ce qu'on veut un truc qui soit bien assimilé, qui ne déclenche pas de diarrhée, qui soit efficace, ou est-ce qu'on veut juste un... pseudo magnésium qui effectivement va être dissous très vite. Et donc en fait, l'élaboration des produits chez nous, elle se fait comme ça. Et elle se fait souvent avec beaucoup, beaucoup de temps, beaucoup d'aller-retour, beaucoup de boulot. En moyenne, les produits, c'est presque toujours un an et demi, deux ans de boulot en amont avant qu'on en sorte. Parce qu'on les a beaucoup réfléchis dans un premier temps. Ensuite... On les fait tester beaucoup par notre pool d'athlètes. On a une espèce de labo interne. Et on a même un groupe d'athlètes qui participe en permanence à l'élaboration des produits. Dans l'eau, il y a par exemple Thibaut Baronian. Ils sont un certain nombre. Il n'y a pas que lui. Il y a Loana, Le Coronte. Ils sont divers. Et puis... Et une fois que ça a été validé par eux, par moi et par le sous-traitant, finalement, on lance la prod. Mais ça demande beaucoup, beaucoup d'étapes et beaucoup de travail en amont. Et ça ne sort pas à la vente avant que tout ça soit testé vraiment et approuvé par tout le monde.
- Maéva Bonfils
Et comment vous priorisez ? Parce qu'au début, vous avez sorti beaucoup de barres après les purées. Et après, plutôt les gels ?
- Benoît Nave
Les boissons d'effort.
- Maéva Bonfils
Les boissons d'effort,
- Benoît Nave
comment vous priorisez tout ça ? Au départ, on a sorti les barres parce que c'était le truc, j'allais dire, le plus simple. Non, ce n'était pas simple, mais c'était l'objet le plus demandé au tout début. C'est-à-dire que n'importe qui qui va faire de l'activité, pas forcément du sport, tu pars toi en famille avec tes gamins faire une rando. Le truc le plus sympa à prendre, c'est une barre. Si elle est bien fichue, si elle est bonne, c'est simple à transporter. C'est un rapport poids-énergie-plaisir qui peut être intéressant. Et puis très vite, les gens nous ont dit que c'était superbe aux barres, très bien. Mais moi, si je veux courir vite, les barres à mastiquer, ce n'est pas simple. Donc, est-ce que vous pourriez nous faire un truc plus simple ? Du coup, on est allé sur les purées. Et en fait, systématiquement, les nouveaux produits sont venus de la demande de nos utilisateurs, des gens qui consomment nos produits. Toujours, à chaque fois. Une fois qu'on a fait les purées, on nous a demandé des gels et des boissons. Donc on a développé les gels naturels, et puis on a développé les boissons, et puis là on nous a dit, ah ouais mais en fait il nous faut aussi des électrolytes, donc on a fait les électrolytes, et puis on nous a dit, il nous faut des boissons de récup, donc on a fait les boissons de récup, et puis voilà. Et là on va sortir les gels stick classiques, ce coup-ci, qui sont plus comme les gels naturels, qui sont plus faits à base de purée de fruits en fait, mais qui sont faits à base de, pour le coup. de sirop de glucose et de fructose, enfin de maltodextrine. Mais par contre, on va utiliser... Enfin, c'est même pas de sirop de glucose d'ailleurs. En fait, on est tout à base de maltodextrine, mais on va être sur des ratios glucose-fructose qui sont intéressants. Mais encore une fois, on va toujours rechercher la qualité optimale. C'est-à-dire qu'on va utiliser, par exemple, des maltodextrines de manioc plutôt que des maltodextrines de maïs. En fait, on va chercher à minimiser les impacts négatifs en optimisant l'efficacité. Ça,
- Maéva Bonfils
c'est un peu le grand écart finalement, d'être allé sur ces gels plus naturels. Moins naturels, mais plus transformés. Moins naturels par rapport aux produits de base. Ça a été une bataille en interne, ça peut-être ?
- Benoît Nave
En fait, de toute façon, tu ne peux pas empêcher les gens d'aller en consommer. Donc est-ce que tu leur laisses l'unique possibilité d'aller consommer des produits que tu ne considères pas comme optimaux ? Ou est-ce que tu te dis, allez, je tente le coup, j'essaie de faire le produit le moins agressif possible pour l'organisme, le plus proche du souhaitable en fait. Et puis tu fais l'effort d'aller là-dessus. Et donc c'est ce qu'on a fait avec ça aussi. Voilà, et puis il y a encore pas mal d'idées dans les tiroirs, parce qu'on nous en demande toujours plus.
- Romain Adam
Est-ce que tu as une dernière question sur cette partie-là Romain ?
- Maéva Bonfils
Non, moi après je connais très bien Baou parce que je fais partie aussi de la team des ambassadeurs. Et du coup, je vois l'évolution et c'est en tout cas vraiment chouette ce que vous avez fait. Parce qu'effectivement... Quand j'ai fait l'UTMB en 2022-2023, il n'y avait pas assez de boissons d'effort. Et tout à l'heure, j'ai dit que j'ai eu du mal finalement sur une boisson d'effort. En fait, c'était une boisson ultra-glucidique d'une autre marque que je ne citerai pas. Et du coup, je trouve ça vraiment bien ce que vous avez apporté comme nouveauté. Et en fait, maintenant, on peut rester complètement dans l'univers Baou. Et effectivement, je sais que derrière, les produits sont bons pour la performance, mais aussi sont bons pour la santé. Donc pour moi, c'est très important.
- Benoît Nave
Tu as pu tester du coup les boissons et elles passent bien ?
- Maéva Bonfils
Oui, super. Vraiment bien. La menthe, je pensais que ça ne passerait pas. À la base, je n'aime pas trop le sirop de menthe. Et à l'effort, ça passe super bien. Par contre, je vais quand même changer un tout petit peu ma stratégie. C'est que la dernière fois, sur le trail du Ventoux by UTMB, je n'ai pris que de la boisson d'effort. Je crois que c'était un peu une erreur. Je vais alterner une flasque avec une boisson d'effort et une flasque avec de l'eau.
- Benoît Nave
Je vais t'expliquer pourquoi, à mon sens, c'est mieux. de faire comme tu vas faire la prochaine fois. C'est qu'en fait, la mastication participe de manière hormonale à la cascade d'événements qui te permet de mieux digérer. Et à partir du moment où tu mastiques, d'abord tu vas imprégner un peu de salive. Donc, il faut savoir que tes enzymes digestives, tes glucides sont dans la salive quand même. À part si tu n'as que du glucose, en fait, malgré tout, il s'est quand même mieux... Enfin, que du glucose et du fructose. Mais dès que tu as un tout petit peu autre chose, il faut pouvoir casser tes molécules glucidiques. Et donc, l'amylase, elle est dans la salive aussi en partie. Donc, ça, c'est la première chose. Et puis, la deuxième chose, c'est que le simple fait de mastiquer un petit peu, et de mettre en bouche et de ne pas avaler directement, ça participe à tout un ensemble de réactions au niveau du système digestif qui vont faire que derrière, ton intestin va bosser dans de bien meilleures conditions. Ton estomac d'abord, puis ton intestin ensuite vont bosser dans de bien meilleures conditions. Et donc, c'est pour ça que sur des épreuves très longues, genre UTMB, c'est vachement intéressant de pouvoir continuer à manger des barres un peu régulièrement. Parce que d'abord, ça participe un peu plus au phénomène de satiété. Et aussi parce que tu vas continuer à activer un peu ton système digestif et à lui permettre de mieux fonctionner.
- Maéva Bonfils
Et puis sur certains aliments, j'aime bien la purée par exemple. La purée de patates avec de l'huile d'olive et un peu de sel. C'est parfait. D'accord, ça marche.
- Romain Adam
On va bientôt terminer cet épisode. Mais juste avant, on a un dernier petit point qu'on appelle l'instant cœur à cœur. L'idée, c'est de pouvoir poser la question de ton choix au prochain invité. Donc, on ne le connaît pas. On ne sait pas qui c'est. Il faut juste que c'est une question qui soit politiquement correcte, bien sûr. Donc, l'épisode dernier, on recevait Julien Chaurier.
- Benoît Nave
Ah oui.
- Romain Adam
Du coup, qui avait posé la question. Quel est ton parfum de boisson à l'effort préféré ?
- Benoît Nave
Ah bah zut, Romain a déjà répondu. C'est la boisson menthe, en fait. Pour... Parce que je trouve qu'elle est très rafraîchissante. Le goût de menthe n'est pas très prégnant. En fait, il est juste équilibré. Et on a mis aussi du citron vert dedans, qui donne la petite pointe d'acidité, qui fait que du coup, la menthe n'est pas trop douceuse. Et ça fait un truc qui est très frais. Et je trouve que dans un maximum de conditions, en fait, c'est super agréable à boire. Même si les autres parfums, je les trouve plutôt sympas aussi. Mais voilà, celui-là est vraiment top.
- Romain Adam
Ça fait un peu un mojito.
- Benoît Nave
Oui, c'était un peu l'idée, en fait. Sérieusement,
- Maéva Bonfils
après la course.
- Romain Adam
Exactement,
- Benoît Nave
voilà. Non, mais sérieusement, en fait, on avait ça. Le premier qu'on a développé dans ce parfum-là, c'était les gels, en fait, citron-vermente. Et en fait, nous, en interne, on les appelait Morito. Et on en avait un autre qui est, en fait, ananas-coco. dans les gels et qu'on appelait Pina Colada sur un colap voilà on avait d'ailleurs hésité à aller vendre toute cette appellation là mais on s'est dit non non parce que ça va pas faire super et du coup quelle serait la question que tu poserais aux prochaines invitées j'imagine que ça va forcément tourner autour du sport et des sports d'endurance et de la course à pied quelles sont tes motivations profondes pour ta pratique de la course à pied super Merci.
- Romain Adam
Du coup, quelle serait ta réponse pour cette question ?
- Benoît Nave
Pour moi ?
- Romain Adam
Oui.
- Benoît Nave
J'en ai plusieurs, en fait. J'en ai plusieurs qui se chevauchent et je ne saurais pas laquelle mettre en tête. La première, c'est d'explorer le fonctionnement de mon corps, d'explorer ses réactions. Puisque, vous avez compris, ça me passionne un peu. Et du coup, je trouve que c'est passionnant de comprendre comment le corps réagit à tel ou tel type de stimulation. Le deuxième, c'est que ce matin, je n'ai pas eu le temps parce que vous m'avez fait lever de bonne heure. J'étais debout à 5h45, donc je n'ai pas eu le temps d'y aller. Mais quand j'ai besoin de, par exemple, j'étais à Paris pour une réunion importante il y a 15 jours. Et en fait, je suis parti courir sur les quais à 6h du matin parce que derrière, je sais que intellectuellement, je suis ultra performant. Enfin, je me sens performant. Peut-être que je ne le suis pas, mais moi, je me le sens en tout cas. Je me sens efficace en tout cas. Et puis, j'ai des enfants aussi avec lesquels j'adore faire du sport. Et ça, je trouve que c'est des moments vraiment privilégiés. Et donc, j'ai envie de rester le plus longtemps possible en bon état pour pouvoir pratiquer avec eux. Voilà. Qu'est-ce qu'il y a d'autre ? Et puis j'ai aussi envie de pouvoir... parler en connaissance de cause avec les gens avec qui j'échange sur ces sujets, parce qu'en fait, pour être crédible, il faut savoir un peu de quoi tu parles, je pense. Et donc, si je ne pratiquais pas, j'aurais forcément un peu moins de légitimité et de crédibilité, j'imagine. Et puis aussi parce que pendant l'effort, d'abord j'éprouve du plaisir. Il y a plein de fois aussi, j'ai des tas d'idées et des tas de solutions et des problèmes qui me viennent pendant la pratique de l'effort. C'est incroyable, c'est un moment où tu es dans ta bulle et en fait des solutions à des problèmes que tu n'avais pas à trouver te viennent pendant que tu es en train de courir ou de rouler. Ça c'est génial je trouve. En fait tu es vraiment en pleine conscience pendant la pratique d'un effort. Et ça je trouve ça génial. Et puis il y a aussi le côté un peu mec, testo, etc. Et t'aimes bien te confronter, quoi. Donc en fait, il y a plein de raisons qui font que j'aime bien, j'adore pratiquer.
- Romain Adam
Et toi Romain ?
- Maéva Bonfils
C'est marrant, je me retrouve à peu près dans tout. Et finalement, les motivations elles évoluent. Et je pense que pour moi la raison vraiment profonde, c'est d'être en mouvement, de me sentir bien dans mon corps. Et puis c'est un mode de vie qui est super... Quand tu l'as adopté, tu ne peux pas revenir en arrière.
- Benoît Nave
C'est clair.
- Maéva Bonfils
Mais sinon, chaque modalité finalement, je m'y retrouve à certains moments dans ma pratique.
- Romain Adam
Et puis on a quand même une région qui est assez sympa. donc ça permet aussi de pouvoir... profiter du plein air, de tout ce que la nature a à nous offrir autour de nous.
- Benoît Nave
C'est incroyable. Je vais faire une sortie de ski de rando, par exemple, un soir au mois de mars ou même avril quand les jours commencent à rallonger et tu vois des lumières absolument incroyables si tu vas au coucher de soleil, par exemple. Ça, c'est des trucs, c'est juste magique. Tu vas courir en pleine nature le matin à 6h et tu vois des animaux un peu partout. Tu vois, ça peut être aussi magique, le soleil qui passe à travers les arbres, un lever de soleil là-dedans, c'est magique. Il y a plein de moments qui peuvent être extra.
- Maéva Bonfils
Et en courant, sur des sports d'endurance, ça permet aussi de voir plus de paysages et de profiter encore plus.
- Benoît Nave
Carrément, oui.
- Maéva Bonfils
Ce qu'on peut préciser, c'est qu'il y a un code promo pour tester les produits Baou dans notre club privé Round Motion Coach. On pourra vous mettre le lien en commentaire.
- Benoît Nave
Génial. Merci à vous deux pour les échanges, c'était top.
- Romain Adam
Merci beaucoup Benoît d'avoir été présent pour cet épisode de BPM. On a été ravis de te recevoir et d'en avoir appris un petit peu plus sur la nutrition à l'effort. Si vous souhaitez plus d'infos nutrition, dites-le nous en commentaire. Nous pourrons vous y répondre et puis potentiellement réinviter Benoît pour parler nutrition saine en dehors des courses et des entraînements. Merci également à toi Romain pour tes questions. Cet épisode est maintenant terminé. Je vous dis merci à toutes et à tous pour votre écoute et on se dit à la semaine prochaine pour un nouvel épisode de BPM.
- Benoît Nave
Parce qu'il y a des mauvaises capacités à lutter contre l'inflammation.