- Marcello Del Zio
L'entrepreneuriat, c'est persévérer dans le temps, c'est se remettre en question, c'est avoir une passion fondamentale pour un projet. Et puis aujourd'hui, on valorise à fond créer sa boîte, démarrer tout ça. Je ne sais pas si c'est ça qu'on devrait valoriser. Moi, je trouve qu'on devrait plutôt valoriser le fait que les gens aillent dans la voie qu'elle a l'heure. En Suisse, la Constitution garantit que les médias ne sont pas à la merci de l'État. Et les médias sont un contre-pouvoir. Ça fait partie d'une démocratie qui fonctionne bien.
- Bryan Umana
Ils doivent être libres.
- Marcello Del Zio
Voilà. pensent que ce n'est pas le rôle d'un média de service public de militer pour une cause. Surtout pas. Et aujourd'hui, c'est quand même problématique. Moi, je vois, on a beaucoup de jeunes qui veulent travailler dans le monde du journalisme. Beaucoup de jeunes aujourd'hui veulent devenir journalistes parce qu'ils veulent militer pour une cause. Notre journal d'information, ça doit être un journal d'information qui est objectif, qui n'est pas teinté d'une influence de qui que ce soit. Donc, ça ne doit pas être influencé commercialement, ça ne doit pas être influencé politiquement. Puis en même temps, on doit vendre de la publicité pour notre chaîne, pour financer notre...
- Bryan Umana
travail donc c'est un peu ces éléments qui sont pas tout simple à mettre en oeuvre aujourd'hui quelle est l'émission qui cartonne le plus salut les amis et bien sûr en podcast comme les épisodes j'échange librement avec des entrepreneurs ou des experts passionnés sur des thèmes variés comme le sport éducation et la santé je suis bryan umana associé gérant de l'entreprise willight telecoms spécialiste en infrastructures informatiques téléphonie si ou est associé de la start up solarsplit une plateforme qui veut démocratiser l'investissement dans l'énergie solaire enthousiastes de sport et de développement personnel. Pourquoi ce podcast ? Pour apprendre, être inspiré et partager tout ça avec toi. Dans un nouvel épisode, j'échange avec Marcello Del zio, directeur associé de l'agence de création digitale Mystik qui détient les chaînes de télévision Canal Alpha et Canal B. Avec Marcello, on a parlé de comment et pourquoi lui et son associé ont repris une télévision originale en 2000. On parle des différentes radios en Suisse, des concessions, des moyens financiers pour la télé en Suisse et de son audience, Les attentes du public... de ce qu'il pense de l'avenir de la télévision et bien d'autres sujets. Avant de débuter l'échange, je tiens à remercier la mobilière agence de Neuchâtel qui soutient cet épisode et qui accompagne les entrepreneurs et les initiatives locales en Suisse. Pour m'aider à grandir et à continuer, je te demande une seule chose, c'est de t'abonner à la plateforme de podcast sur laquelle tu l'écoutes, de laisser ta meilleure note possible, c'est-à-dire 5 étoiles, et de commenter. Ce qui fait grandir le podcast et qui me permet d'inviter plus de personnes. Je suis aussi sur Instagram, at bryanumana.swiss. Et notre nouveau site internet bryanumana.swiss est en ligne. Tu y trouveras toutes les références citées durant l'épisode. Je ne te retiens pas plus longtemps. Bienvenue dans mon podcast et bonne écoute. Marcello, toi et ton associé avez créé un véritable séisme dans le monde médiatique romand. En plus de la couverture de l'actualité dans les cantons du Jura et de Neuchâtel, ainsi que de la région d'Iverdun et le Jura bernois avec Canal Alpha, vous avez obtenu la concession pour la télévision qui couvre notamment le Jura bernois, Bienne et le Zélande, avec ce nouveau projet Canal B. Qu'est-ce que ça veut dire pour toi d'obtenir cette concession ?
- Marcello Del Zio
C'est déjà le fruit d'un long travail, ça faisait plusieurs années qu'on avait... On a mis en place cette stratégie, en fait. Donc ça a pris pas mal de temps. Il a fallu déjà un petit peu se décider à se lancer dans ce projet, parce qu'on ne se lance pas comme ça, sans réflexion, derrière un projet aussi important. Ensuite, on a dû un petit peu construire ce qui fait un peu les bases de ce projet, de savoir si on avait les reins assez solides, si on avait la possibilité de se déployer davantage. Et puis il y avait ensuite la mise au concours. répondre à la mise au concours, qui était quand même un immense travail de plusieurs mois. Et puis voilà, après, on était très heureux d'apprendre que le concours avait eu comme résultat qu'on a eu cette concession, même si on savait que le chemin serait encore long jusqu'à ce qu'elle soit effective, parce qu'il y a des possibilités de recours une fois que le DTEC choisit le candidat qui a une concession. Et puis voilà, maintenant on attend encore que ces recours soient jugés. Ce n'est pas encore terminé. Ce n'est pas encore terminé, non. Il y a encore une dernière étape qui doit être décidée par les juges du tribunal administratif fédéral qu'on attend ces prochaines semaines.
- Bryan Umana
Donc tu cites le DTEC, qui est le département fédéral de l'environnement, des transports, de l'énergie et de la communication, qui justement octroie ces concessions.
- Marcello Del Zio
C'est ça.
- Bryan Umana
Ok, mais finalement, pourquoi se lancer ? Pourquoi, comme tu l'as dit, il y avait quand même des risques, c'est un projet ambitieux. Pourquoi, voilà, vous avez Canal Alpha qui fonctionne bien, enfin, tu me diras si ça fonctionne bien ou pas, mais voilà, Canal Alpha, et bien ici, on a Neuchâtel, on a Micro City, qui est le pôle innovation du canton de Neuchâtel. Pourquoi ce projet ?
- Marcello Del Zio
Bon, je crois que déjà... Avec Joël, on est deux entrepreneurs. Joël qui est mon associé, Joël Pelé. On est deux personnes qui aimons entreprendre, qui aimons développer des projets. C'est, je dirais, ce qui nous motive le plus. C'est pour ça qu'on est fait. Donc, on a toujours souhaité aller de l'avant, développer les choses qu'on a mis en place, qu'on a créées. Et puis, pour nous, c'était une occasion d'aller plus loin, quelque part, de grandir davantage, de développer les différentes choses qu'on avait mis en place pendant les 25 années qui se sont écoulées, depuis qu'on travaille ensemble, on travaille ensemble depuis bientôt presque 30 ans avec Joël. Et puis voilà, ce qui a été un facteur déclencheur, peut-être davantage que le reste, c'est que la concession de Canal Alpha jusqu'à fin 2024 couvrait, comme tu l'as dit, le canton de Neuchâtel, le canton du Jura. la région d'Hiverdon et le Jura bernois. Et puis depuis 2025, les zones de dessert, comme on les appelle techniquement, ont été redécoupées par le DTEC justement. Et le Jura bernois ne faisait plus partie en fait de la concession Arc Jurassien, ce qui pour nous était un peu un crève-cœur, parce que ça fait quand même longtemps qu'on couvre le Jura bernois avec Canal Alpha. Et puis on se disait, voilà, est-ce qu'on va devenir un peu plus petit à l'avenir ? On trouve que c'est un petit peu contre nature. pour une entreprise de rapetisser. Donc, on s'est dit, peut-être que le chemin, c'est de faire une deuxième chaîne de télévision, une autre chaîne de télévision. Et puis, c'est le choix qu'on a pris. Mais je pense que fondamentalement, on est des gens qui aimons créer des projets, développer des projets. Donc, ça va un peu dans cette idée-là.
- Bryan Umana
OK. Donc, est-ce que ça veut dire que potentiellement, vous ouvrirez une nouvelle chaîne en 10 ans, dans 5 ans ?
- Marcello Del Zio
Je ne sais pas ce qu'on fera dans 5 ans ou dans 10 ans. Je pense qu'on aura fait plein de nouvelles choses d'ici là. On peut se dire que Canal Alpha, c'est toujours Canal Alpha depuis longtemps, mais quand même, ces 25 dernières années, quand on a racheté la chaîne à la fin de l'année 2000, avec Joël et deux autres associés à l'époque, il y avait 14 collaborateurs. Le programme couvrait à peine le canton de Neuchâtel. Et puis notre boîte de prod Mystik avait 5 ou 6 personnes. Donc c'était un autre... Enfin voilà, on a bien grandi depuis, on a bien développé. Aujourd'hui, sans Canal B, on n'est pas loin des 60. Quand Canal B se sera complètement déployé, on touchera les 100 personnes. Donc ça s'est quand même pas mal développé, même si ce n'est pas un développement à l'américaine.
- Bryan Umana
Mais ce n'est pas encore 10 000 !
- Marcello Del Zio
Non, on n'est pas 10 000, mais... Ce qu'il faut dire aussi, c'est que ce qui nous motive, ce n'est pas forcément le développement pour le développement ou le chiffre d'affaires pour le chiffre d'affaires. Ce qui nous passionne, c'est le projet médiatique, en fait. C'est le fait que ce n'est pas juste une entreprise, c'est aussi participer à la construction d'une région. Et pour nous, ça, c'est très important. En fait, pour ça, on n'est pas des entrepreneurs classiques, je dirais, parce que ce n'est pas le business en soi qui nous intéresse. Mais je pense que c'est fondamentalement ce qui a trait aux médias. à la communication, à l'échange, à ce qui peut construire des liens entre les gens, ce qui peut contribuer au bon fonctionnement d'une société. Ça, c'est vraiment quelque chose qui nous motive.
- Bryan Umana
En tout cas, je connais deux, trois personnes chez Mystik, slash Canal Alpha, et puis c'est vrai que vous avez des belles personnes. Je pense à Jérôme.
- Marcello Del Zio
C'est sûr qu'on a des belles personnes, c'est je pense une de nos grandes fiertés, c'est les gens avec qui on travaille. Pour nous c'est aussi une des choses les plus importantes, c'est les relations humaines, ce qu'on arrive à faire en équipe, c'est la compétence d'équipe, plutôt que juste avoir un ou deux talents exceptionnels, mais ce qui nous intéresse c'est ce qu'on arrive à faire avec une équipe, avec des équipes, parce qu'en réalité c'est quand même plusieurs structures différentes. des domaines d'activités assez différents, des gens qui travaillent dans des métiers très différents.
- Bryan Umana
Marcello, peut-être avant qu'on continue, parce qu'on a cité des noms, tu as cité des noms, on parle de chaînes de télévision, Canal B, Canal Alpha, Mystik, tu parles de régions. Qui es-tu, Marcello ?
- Marcello Del Zio
Je suis un gars qui est né dans le canton de Neuchâtel, à Chaux-de-Fonc, qui a vécu toute son enfance au Brenet. Magnifique village qui fait encore partie du canton de Neuchâtel, maintenant qu'il a en plus fusionné avec le Locle. J'ai fait ma scolarité dans le haut du canton et puis quand j'avais autour de 20 ans, je suis descendu dans le bas, en travaillant encore dans le haut. Mais c'est à ce moment-là que je venais de faire ma première entreprise et qu'on s'est associé justement avec Joël. Donc on était assez jeunes, c'était quand on avait 20 ans. Et puis voilà, j'ai quatre enfants qui sont maintenant des adultes. Donc ma plus grande fille a 26 ans et ma plus jeune fille en a bientôt 21. Et puis j'ai un garçon et une fille entre encore.
- Bryan Umana
Quatre en cinq ans.
- Marcello Del Zio
C'est ça. Une belle perle. Une belle perle. Ouais, c'est surtout mon épouse qui a fait une belle perle. Non,
- Bryan Umana
c'est clair. Je te dis ça parce que, comme je te dis, je suis papa depuis pas longtemps. Et on se projette déjà un petit peu. Ouais, ben bravo. Et puis, donc tu dis, t'es un gars de Neuch, finalement, du canton. À 20 ans, tu t'associes à Joël. Tu crées ta première boîte ou vous créez votre première boîte. Avant ça, qu'est-ce que tu fais ? Tu fais un CFC ?
- Marcello Del Zio
Alors moi, je n'ai pas fait beaucoup d'études. J'ai fait l'école secondaire, ensuite je suis allé au gymnase parce que je ne savais pas quoi faire d'autre. Et puis en sortant du gymnase, je ne savais vraiment pas quoi faire. Alors là, j'ai commencé à faire un peu des boulots à gauche et à droite. J'ai fait une formation pour redevenir assistant de direction. Ensuite, j'ai fait une formation de trois ans, une demi-licence en théologie. et puis En parallèle de ça, j'avais toujours cette envie de créer une entreprise, que j'ai fait finalement. Après, j'ai quand même dû travailler parce qu'il faut manger aussi. Donc, j'ai travaillé à mi-temps. Et puis, avec Joël, on a commencé gentiment à développer notre entreprise en ayant chacun des jobs à côté. On s'occupait aussi d'un groupe de jeunes. Ici sur Neuchâtel, c'est un groupe de jeunes assez grand. Et puis, on a développé notre première boîte dans laquelle on a créé la première web TV en Suisse. Donc, dans les années 97,
- Bryan Umana
98,
- Marcello Del Zio
99. Précurseur. Oui, on était hyper précurseur. En Suisse, on était les seuls à faire une web TV. À l'époque, on avait fait tous les gros titres. C'était assez marrant, assez novateur. assez défiant parce que techniquement c'était largement plus compliqué qu'aujourd'hui. Donc on parle d'une époque où il y avait encore des modems. Donc le modem 56K venait d'arriver, donc on avait plutôt l'habitude du 288 ou du 336 pour ceux à qui ça évoque peut-être des souvenirs. Nos vidéos faisaient 160 par 80 pixels. Voilà. Mais c'était quand même compliqué de trouver des ordinateurs assez puissants pour les encoder. en live et puis aussi pour avoir un serveur de streaming qui fonctionne bien, qui était capable de supporter une certaine charge. Enfin, c'était une autre époque, clairement. Mais voilà, on a fait pas mal de trucs sympas. On avait fait un mariage en direct sur le web. On a fait pas mal d'émissions. Puis voilà, c'était vraiment une start-up. dans tous les sens du terme. Et c'est comme ça qu'on s'est un peu lancé dans le monde des médias à cette époque-là.
- Bryan Umana
Mais pourquoi ce secteur ? Parce que finalement, tu as cité les formations que tu as faites. Pourquoi cette Web TV ? Pourquoi ?
- Marcello Del Zio
Je ne sais pas, ça nous a toujours passionnés de pouvoir parler aux gens, de pouvoir leur transmettre des choses. D'accord. Voilà. Je ne me suis jamais vraiment posé la question pourquoi, je pense que parce que j'ai aussi envie de transmettre des valeurs, des valeurs positives, transmettre, je pense qu'aujourd'hui d'ailleurs j'ai encore plus envie, surtout avec la génération, la plus jeune génération, de donner un peu aussi une vision un peu plus empreinte de positivisme, d'espoir dans l'avenir, je trouve qu'on manque un peu de ça aujourd'hui. Et puis on a des gros défis dans notre monde, mais je pense qu'on ne va pas relever ces défis avec du fatalisme, ou avec de la rébellion, ou des bras tombés, ou de la déception. Enfin voilà, moi je pense que l'être humain peut faire beaucoup de choses, mais il a besoin d'une énergie, d'une motivation, il a besoin d'espoir quelque part. Et puis je pense que quand on est positif, quand on... Quand on regarde ce que les autres font, qu'on s'intéresse les uns aux autres, quand on se parle les uns aux autres, en fait, on aide tout le monde à aller de l'avant. Et puis, je pense que c'est ce qui nous motive fondamentalement aussi dans nos projets de médias régionaux. Aujourd'hui, voilà, le monde entier est à notre porte. Tout le monde peut se connecter avec n'importe qui à l'autre bout de la Terre. Mais finalement, nos racines, on les a dans l'endroit où on vit, les gens qu'on connaît, qu'on croise. Les vraies relations, on les a avec des gens qui sont autour de nous. Et ce qui se passe dans notre région, quelque part, c'est le plus important dans nos vies. Et ce qui se passe dans notre région, au niveau de la société, de la culture, du sport, de l'économie, de l'entrepreneuriat, c'est toutes des choses qui... Voilà, on peut s'y connecter directement, réellement. Ce n'est pas virtuel, ça existe, ça fait une différence. Et puis, je pense que de mettre ça en valeur, d'en parler, comme je le dis déjà, s'écouter les uns les autres ben c'est C'est des choses qui ont énormément de valeur dans notre monde aujourd'hui, puis peut-être qu'on oublie un peu en fait. Donc c'est ça qui nous donne envie quelque part de développer ces projets médiatiques. Et ce qui est étonnant, c'est qu'on est dans un monde de plus en plus globalisé, mais j'ai l'impression que de plus en plus les gens ont cette attente de contenu régional, de contenu auquel ils peuvent... connectés ils peuvent comprendre ce que c'est ou c'est qui sait s'identifier et je crois qu'il ya le contenu régional en fait peut-être jamais été autant désiré qu'aujourd'hui en tout cas c'est le sentiment que j'ai aussi
- Bryan Umana
quand j'observe notre audience en général ouais on prend vraiment ça en fait les gens ont besoin qu'on
- Marcello Del Zio
de savoir ce qui se passe autour d'eux, aussi qu'on parle de ce qu'ils font autour d'eux, et puis que ça soit enraciné quelque part, que ça soit connecté en fait, mais de manière réelle aussi, et pas seulement virtuelle.
- Bryan Umana
C'est vrai que de manière générale, on voit qu'il y a un petit retour en arrière, typiquement avec les épiceries qui s'ouvrent, le vrac. le café du coin, il y a ce retour. Je ne sais pas, on en parlait avec des amis. Est-ce que tout ce qui est technologie type mobile, smartphone et autres reviendrait un petit peu en arrière pour typiquement mes enfants à moi ? Je ne sais pas, j'espère qu'il y aura une limite un peu plus claire. Bon, ça, on le verra. Il a fallu choisir une assurance, j'ai naturellement opté pour la mobilière. Pourquoi ? parce que c'est une assurance suisse et qui redistribue une partie de ses bénéfices à ses clients. Mais au-delà de ça, ce qui m'a marqué, c'est leur fiabilité, ça compte vraiment. En 2020, en pleine pandémie Covid, ma femme et moi avons été rapatriés de Colombie et grâce à leur assurance voyage,
- Marcello Del Zio
tout a été pris en charge sans discussion. Si tu cherches une assurance de confiance, n'hésite pas à les contacter en mentionnant le podcast. Un petit cadeau t'attend à l'agence de Neuchâtel.
- Bryan Umana
Tu as dit, Marcello, quand je t'ai demandé... Pourquoi Canal B ? Pourquoi ces projets ? Il y a 20 ans, tu as créé ta première boîte et tu as dit c'est pour ça qu'on est fait. En citant toi et Joël, ton associé, on n'est pas tous fait pour ça, pour créer des boîtes, pour créer des projets, pour créer des organismes. Organismes, je dis les entreprises ou différentes personnes. qui évolue dans ces environnements-là. Depuis petit, tu veux créer une boîte ?
- Marcello Del Zio
Ben ouais, peut-être pas tout petit, peut-être que... En tout cas, depuis que j'étais ado. Après, je ne sais pas si c'était spécialement une boîte, mais de créer des projets, de créer quelque chose, ça a toujours été... Voilà, ça a toujours fait partie de moi. Après, peut-être que je ne l'ai pas identifié. tout de suite, mais des fois quand on vieillit un peu, on réfléchit un peu plus à ce qu'on veut vraiment faire, à son parcours, et puis je pense que c'est clairement ce qui me rend heureux et dans quoi je pense être à peu près pas trop mauvais. D'autres gens n'ont pas cette fibre-là, mais ont d'autres fibres, elles ne sont pas moins bonnes. Moi je trouve que ce n'est pas une question de valeur, c'est une question de savoir qu'est-ce qui nous caractérise, qu'est-ce qui nous définit. J'aime bien ce terme « pourquoi on est fait » parce que quelque part je pense qu'on a tous une identité, on a tous des traits de caractère, des forces, aussi des faiblesses. Souvent nos forces et nos faiblesses, ce sont des choses qui sont assez liées. Et puis des fois on essaie toujours d'être parfait, on essaie toujours d'améliorer nos faiblesses, on essaie toujours de se mettre dans des boîtes. Peut-être que c'est plus intelligent de se poser la question, mais où est-ce que je suis bon ? Où est-ce que je peux apporter quelque chose aux autres ? Autant mettre de l'énergie là-dedans plutôt que de lutter contre les choses que peut-être je n'arriverai jamais à corriger parce que j'ai un caractère trop comme ci ou trop comme ça. Maintenant, après, je n'ai pas envie non plus d'être présomptueux. On utilise des fois ce terme d'entrepreneur. Moi, je ne suis pas tellement quelqu'un qui aime bien les grands mots, se mettre en avant et tout ça, parce que ce n'est pas ça qui me motive. Encore une fois, par exemple, j'ai beaucoup plus de satisfaction quand je vois que des gens en équipe produisent quelque chose plutôt que de dire j'ai créé quelque chose. Ça peut être cool, un petit moment de plaisir, mais ça ne dure pas longtemps et finalement, ce n'est pas ce qui me nourrit dans le fond.
- Bryan Umana
Donc... Est-ce que tu es plutôt de l'école, j'ai des faiblesses, j'ai des lacunes dans un secteur donné et donc je développe ces faiblesses-là pour qu'elles arrivent plus ou moins dans mes plus grandes qualités ou forces ? Ou est-ce plutôt, tu dis, bon, j'ai ces faiblesses-là, elles ne m'intéressent pas en plus, je vais plutôt chercher des gens qui, eux, ont des forces dans ces faiblesses-là qui puissent m'accompagner et moi je me concentre sur mes forces et finalement je capitalise sur ces forces. Tu sais, il y a un peu deux écoles. Certains vont dire non, on va à fond, on mise tout sur les forces et d'autres qui vont dire non, allez, on essaye d'être moyen ou bon partout au lieu d'être excellent sur...
- Marcello Del Zio
Pendant des années, j'ai essayé de lutter contre mes faiblesses, de m'améliorer dans plein de domaines. Ce qui n'est pas forcément négatif parce que voilà...
- Bryan Umana
Tu peux en citer une, une faiblesse ?
- Marcello Del Zio
Par exemple, moi j'ai beaucoup de peine avec tout ce qui est répétitif.
- Bryan Umana
D'accord.
- Marcello Del Zio
Donc si on fixe des séances de suivi pour un projet, puis que c'est toutes les semaines, le mardi matin, pendant une heure, en général au bout de deux mois, ça va commencer à me fatiguer sérieusement. Par exemple, ça j'estime que c'est une de mes faiblesses, mais j'en ai des tonnes des faiblesses. Mais... Je pense que ces dernières années, j'ai compris que peut-être que c'est bien des fois de corriger des grandes faiblesses qu'on a, mais je pense que c'est bien plus intelligent de capitaliser sur ses forces. Et puis voilà, après il y a un moment où on a déjà fait pas mal de choses, on a déjà développé pas mal de choses dans notre vie. On se dit, ben voilà, on n'a peut-être pas, j'ai plus trop envie de prouver des choses, j'ai plutôt envie de m'épanouir dans ce que j'aime faire. et puis peut-être de progresser dans ce que j'aime faire puis où j'ai des forces mais c'est peut-être ces dernières années que j'ai eu cette prise de conscience avant j'étais, voilà, j'ai plutôt essayé de faire au mieux dans tous les domaines mais des fois je trouve que c'est il y a un côté aussi positif d'essayer de progresser dans les domaines où on n'est pas excellent mais je pense que c'est dommage en tout cas de ne pas se développer là où on est bon Je pense que c'est un piège, en fait.
- Bryan Umana
À refaire, plutôt, je vais te poser la question autrement, une personne qui débute ou qui a 5 ans de carrière et qui veut lancer sa boîte, est-ce que justement, tu lui dirais capitalise sur tes forces ou bien essaye quand même de combler un petit peu tes lacunes et puis ensuite, capitalise sur tes forces ?
- Marcello Del Zio
Ah ben... Je pense que je ne parlerai pas de ça avec une personne qui veut lancer sa boîte. J'essaierai plutôt de savoir est-ce qu'il est vraiment fait pour ça.
- Bryan Umana
Et comment tu essaierais de savoir ça ?
- Marcello Del Zio
Je pense qu'il y a des traits de caractère. Je pense qu'il faut être extrêmement persévérant. Je pense qu'il faut être extrêmement positif, extrêmement résilient. Et surtout, il faut avoir un élément qui passionne, qui motive profond. Je pense que quand on n'a pas ces choses, ou quand on n'est pas driveé par ces énergies-là, je pense que c'est un mauvais choix d'essayer de se lancer dans l'entrepreneuriat. Parce que l'entrepreneuriat, je ne dirais pas que c'est quelque chose de difficile, mais plus les années passent et plus je me rends compte qu'en fait, il y a des gens qui sont faits pour ça, puis il y a des gens qui ne sont pas faits pour ça. Puis encore une fois, ce n'est pas un jugement de valeur, ce n'est pas négatif de ne pas être fait pour ça. des fois je trouve même que des fois on manque un peu de gens qui ont plus des profils par exemple de gestionnaire, mais qui sont d'excellents gestionnaires, qui sont des gens capables de garder un cap. Je trouve ça hyper valeureux en fait comme profil aussi. Mais voilà, parfois on valorise à mort le côté être entrepreneur, mais je pense vraiment que tout le monde n'est pas fait pour ça. Et je pense que d'aller dans cette voie si on n'est pas fait pour ça, c'est un peu dommage parce qu'on peut un peu se casser. inutilement. D'autant qu'après, il y a aussi toujours le côté financier qui va avec. Parce que si on est entrepreneur, ça veut dire qu'on fait une entreprise, donc on va essayer de vivre de ça et faire vivre d'autres personnes de ça. Donc il y a des implications financières. Et voilà, si ça ne marche pas, ça a des conséquences. Alors voilà, ça fait partie aussi de prendre des risques. Mais je discutais récemment avec quelqu'un qui... qui voulait acheter une maison, et puis qui ne savait pas, les gens qui avaient construit la maison, si c'était fiable ou pas, etc. Et puis, moi j'ai dit à cette personne, te connaissant, si tu as des problèmes, tu arriveras à gérer ces problèmes, et puis ils ne vont pas t'abattre, donc prends le risque. Mais peut-être que j'aurais dit à une autre personne, prends pas le risque, parce que, voilà, si la construction finit mal, s'il faut se battre avec... des maîtres d'ouvrage ou des maîtres d'oeuvre, peut-être que pour certaines personnes, ça va les déborder, les dépasser, ça va leur occuper toute leur journée, toute leur nuit, les angoisser, les détruire quelque part. Parce qu'ils ne sont pas faits pour ça, ils sont faits pour autre chose. Mais je pense que ce n'est pas si simple, parce qu'aujourd'hui, tout est une question de valeur, en fait. Puis je trouve que dans notre monde où tout est ultra, dans la comparaison tout le temps, en étudiant toujours soumis à ce que d'autres font. C'est pour ça que je trouve que les réseaux sociaux sont une immense infection, et particulièrement pour l'entrepreneuriat. Parce que c'est que comparatif, c'est que des gens qui se mettent en vitrine, qui montrent toujours le beau côté et tout ça, puis en fait, c'est un espèce de grand leurre, en fait. Parce que c'est pas ça l'entrepreneuriat. L'entrepreneuriat, c'est persévérer dans le temps, c'est se remettre en question, c'est avoir une passion fondamentale pour un projet. Aujourd'hui, on valorise à fond créer sa boîte, démarrer tout ça. Je ne sais pas si c'est ça qu'on devrait valoriser. Moi, je trouve qu'on devrait plutôt valoriser le fait que les gens aillent dans la voie qu'elle a l'heure, qui peut ou non être l'entrepreneuriat, mais ça peut être autre chose aussi. Une autre voie qui n'est pas à la mode sur les réseaux sociaux aujourd'hui, ça peut être vachement cool quand même, même si ce n'est pas à la mode. Aujourd'hui, c'est difficile parce qu'il y a une espèce de mainstream comme ça. Puis souvent, on est enfermé dans sa bulle quand on est dans les réseaux sociaux parce qu'on a un centre d'intérêt. Puis bam, on se retrouve face à 10 000 personnes qui sont bien meilleures que nous dans un domaine. Puis je trouve que c'est hyper mauvais en fait parce que c'est difficile de trouver sa voix là-dedans. C'est pour ça que je suis assez extrême. Mais des fois, quand j'entends des jeunes qui… parce qu'il y en a de plus en plus. qui ont coupé les réseaux sociaux, je me dis peut-être que ce sera les leaders de demain. Parce qu'ils ne seront pas construits en se comparant, mais ils se seront construits en cherchant quelle est leur vraie voix à eux.
- Bryan Umana
C'est vrai qu'on a l'impression que c'est fait pour tout le monde, que tout le monde peut lancer sa boîte, même sur l'opreneur. Par contre... Je pense qu'il y a un peu un consensus quand on dit que pas tout le monde est fait pour être chirurgien, que pas tout le monde est fait pour être acteur, chanteur, sportif, professionnel. Il y a plein de métiers où on va se dire... Or, potentiellement, si on a des enfants, évidemment, s'ils veulent être, peu importe le job, on va leur dire que c'est possible, médecin, avocat, tous ces fonctions un peu... qui ont une bonne cote au niveau de la société. Par contre, c'est vrai qu'entrepreneur, moi je n'aime pas trop ce terme non plus, tout le monde entreprend d'une certaine façon, si on prend la définition du mot, ils ont créé sa boîte. Tu sais, c'est un peu comme, je vais prendre le domaine des panneaux solaires. C'est une bonne analogie, et tout le monde va comprendre, je crois.
- Marcello Del Zio
Aujourd'hui, tout le monde peut poser des panneaux solaires. Tout le monde, toi et moi, on s'associe, on crée une boîte de pose de panneaux solaires. On n'a pas besoin de certificat, on n'a besoin de rien du tout. Après, pour raccorder, pour la partie un peu technique, assez, on va dire pour le courant fort, là c'est un électricien qui doit avoir une maîtrise fédérale. Ça, c'est autre chose. Là, c'est très réglementé. Par contre, pour poser, vraiment, toi et moi, on prend une échelle, on pose les panneaux. Et ça, il y a... Il y a quelques règles évidemment, mais tout le monde peut le faire. Ce qui fait qu'il y a eu une période, on va dire 2021-2022, où il y a eu beaucoup de professions dans le bâtiment qui ont changé de voie parce qu'il y a eu cette opportunité de la pose de panneaux solaires. Et donc il y a eu aussi malheureusement un dégât d'image au niveau des installateurs parce qu'il y avait vraiment tout et n'importe quoi. Et en fait, entrepreneur, créer sa boîte, c'est pareil, tu n'as pas besoin de certificat pour créer une boîte. Le monde de la fiduciaire, c'est pareil, typiquement. Tu n'as pas besoin d'être expert comptable pour créer ta fidu et puis dire, moi, je vais faire ta compta. Tu vois, alors qu'il y a des experts comptables, alors qu'il y a des belles fidus, où tu as 4, 5, 6 experts comptables. qui ont fait des années et des années d'études et qui sont très calés dans ce niveau-là. Mais ce n'est pas comme les avocats, ce n'est pas comme le médecin, enfin bref, je crois qu'on a compris. Et donc, je trouve que tu as raison de dire que c'est important de le dire et ce n'est pas péjoratif de ne pas être fait pour créer sa boîte, pour créer ses propres projets. Parce que, comme tu l'as dit, typiquement, l'exemple de ton ami qui voulait acheter la maison et qui se pose des questions, bon, qu'est-ce qui pourrait se passer ? C'est vrai que si une personne n'arrive pas à dormir la nuit parce que, je ne sais pas, elle est endettée à un moment, ou parce que, enfin, x ou y raison, financière, RH, clientèle, etc., etc., et j'en passe des éléments. Là, je parle plutôt du négatif. Il y a beaucoup de positifs aussi lorsqu'on a sa propre boîte. Peut-être qu'effectivement, autant bosser justement pour quelqu'un ou quelqu'un, je dis, ça peut être public, privé, peu importe, qui a créé cet organisme-là et puis dormir un peu plus sereinement. Je trouve ça important. Merci de le souligner, mais merci de le dire. Et maintenant, si on revient un petit peu en arrière, Tu as dit qu'à la fin des années 2000, avec 4 associés, vous avez repris Canal Alpha ?
- Bryan Umana
Oui, à la fin de l'année 2000. Ah oui, ok. C'était en décembre 2000. Ok,
- Marcello Del Zio
voilà. Donc, décembre 2000, vous reprenez une télé locale. Est-ce qu'elle s'appelait déjà Canal Alpha ?
- Bryan Umana
Oui.
- Marcello Del Zio
Elle s'appelait déjà Canal Alpha, ok. Pourquoi reprendre cette télé ? En 1997-98 ?
- Bryan Umana
Parce qu'en fait, on avait commencé notre web TV. Et puis on s'est dit, tiens, on touche 200-300 personnes par webcast. Si on rachète cette chaîne de télévision, on en touchera 20-30 000. Donc c'est plus intéressant. Voilà la raison.
- Marcello Del Zio
Et l'opportunité, comment ça se fait ? L'opportunité,
- Bryan Umana
c'est parce qu'un de nos associés... Enfin, à ce moment-là, on venait de s'associer à une troisième personne qui était... actionnaire minoritaire de Canal Alpha et donc qui avait un droit de préemption et c'est comme ça qu'on a été au courant de la mise en vente et puis après on s'est associé encore à une quatrième personne pour trouver les fonds qu'on a empruntés auprès de nos différentes familles pour racheter ces deux entreprises à l'époque c'était TVP et Canal Alpha donc TVP qui est devenu Mystik aujourd'hui qui a toujours été l'actionnaire majoritaire de Canal Alpha
- Marcello Del Zio
Et les autres actionnaires chez Canal Alpha ?
- Bryan Umana
Il y en a toute une série de petits actionnaires. C'était une coopérative au tout départ, Canal Alpha, en 1987 quand elle a été fondée. Et puis après, petit à petit, ces actionnaires sont minorisés parce qu'il y en a beaucoup qui sont décédés. Et puis au fur et à mesure de l'histoire de la chaîne, on a eu quand même pas mal de soucis. Ce n'était pas rose tous les jours, on a plusieurs fois failli fermer. Canal Alpha parce que ce n'était pas viable économiquement, surtout avant 2010, la nouvelle loi sur la radio TV, les nouvelles concessions. Et puis on a eu diverses recapitalisations. de l'entreprise, puis on est devenu de plus en plus majoritaire. Donc voilà, aujourd'hui, plus de 90% du capital de Canal Alpha appartient à Mystik, et Mystik aujourd'hui appartient à Joël et moi.
- Marcello Del Zio
Ok, et donc ces 10% restants, c'est...
- Bryan Umana
Je ne peux pas dire combien, mais c'est peut-être une petite centaine de gens un peu éparpillés.
- Marcello Del Zio
Et eux, ils reçoivent...
- Bryan Umana
Ils viennent à l'Assemblée Générale, enfin il y en a... Une petite dizaine qui vient à l'Assemblée générale chaque année, parce que ça les intéresse de connaître un peu l'évolution du projet.
- Marcello Del Zio
Il y a un dividende quelque chose ? Non,
- Bryan Umana
alors personne ne peut recevoir de dividende de Canal Alpha, parce qu'étant donné qu'elle a une concession, elle fait partie des 13 chaînes de télévision concessionnées en Suisse, et dans la loi sur la radio-télévision, depuis 2007, les chaînes de télévision concessionnées n'ont pas le droit de distribuer du bénéfice en fait. Donc voilà, c'est pour ça que je disais avant que ce n'est pas le business premièrement qui nous... qui nous motive, c'est le projet. Parce que pour faire de l'argent, c'est bien mieux d'investir dans l'immobilier que dans une chaîne de télévision régionale.
- Marcello Del Zio
Ok, d'accord. Je comprends bien. Et donc, TP, comment ? TVP,
- Bryan Umana
télé vidéo production. Ah, ok,
- Marcello Del Zio
d'accord. TVP qui est devenu Mystique, donc votre agence de création digitale, mais qui en plus a Canal Alpha et donc qui aura Canal B. Oui, il y a déjà.
- Bryan Umana
Canal B est une société anonyme qui existe.
- Marcello Del Zio
À 30% par contre. Oui, à 100%. Vous n'avez pas l'effet 100 personnes.
- Bryan Umana
Bon, après, on n'est pas contre que des actionnaires nous rejoignent, mais pour l'instant, c'est comme ça. Après, il faut démarrer le projet. Bien sûr,
- Marcello Del Zio
bien sûr.
- Bryan Umana
Il y a beaucoup de risques quand même. Il y a le fait qu'on concourt. On ne savait pas si on allait gagner le concours. Donc, voilà, au départ, c'est notre projet. Mais après, pourquoi pas l'ouvrir à d'autres ?
- Marcello Del Zio
D'accord. Et aujourd'hui, toi, concrètement, entre Mystique, Canal Alpha, Canal B ? comment tu répartis ton travail ? Qu'est-ce que tu fais le plus ou chez qui ?
- Bryan Umana
Honnêtement, je n'en sais rien.
- Marcello Del Zio
Tu ne m'expliques plus qu'à Canal B, il y a un directeur ?
- Bryan Umana
Non, alors ce qui est un peu particulier, c'est que Canal B, c'est un projet qui sera assez autonome dans le sens qu'on a déjà deux directeurs qui sont engagés pour développer le projet. Et puis, à Canal Alpha, on a pas mal de gens qui... des rôles clés et mystiques, mais avec Joël on est encore aujourd'hui les deux dirigeants opérationnels. Mais notre objectif c'est un petit peu de réorienter un peu notre rôle et pour plus être les dirigeants opérationnels mais plutôt justement d'aller dans une direction davantage de développement de projets à l'intérieur ou à l'extérieur de cet écosystème. Mais on ne va pas s'en aller on veut. Ça reste quand même un projet important pour nous, mais on aimerait un peu changer notre rôle et être moins les managers opérationnels et peut-être davantage orientés sur du développement futur. Mais aujourd'hui, c'est clair qu'on s'occupe encore de pas mal de choses au quotidien, même si on a beaucoup de gens de valeur qui gèrent nos différents secteurs. C'est quand même déjà deux entités bien séparées. Mystique, c'est une agence de création digitale orientée vidéo. Donc, on a quand même pas mal de mandats, pas mal de travail assez diversifié. Non, c'est largement dans l'arc jurassien et plus loin aussi. Donc voilà, déjà en soi, c'est déjà une entreprise en tant que telle. Et puis après Canal Alpha, c'est... assez particulier. Une télévision, ce n'est pas juste une entreprise parce qu'il y a le côté économique, effectivement. On vend de la publicité, on fait de la publicité, on donne de la visibilité à nos clients. Mais il y a tout le côté de notre mandat de prestation qui vient avec la concession de l'Ofcom. Donc, on a des devoirs. On a aussi, au niveau de la gestion d'entreprise, on a beaucoup de critères sur lesquels on est évalué, surveillé par l'Ofcom, que ce soit au niveau de la gestion financière, au niveau du système qualité. l'organisation des journalistes, enfin il y a pas mal de choses comme ça qui sont, je dirais, qui sont plutôt dans des entreprises de 400-500 personnes qu'on aurait des systèmes comme ça, mais nous on est obligé de les avoir dans une entreprise de 35 personnes parce qu'on a des contraintes. Etant donné qu'on reçoit de l'argent de la Confédération, c'est normal qu'on a aussi des obligations. Et puis c'est aussi particulier parce qu'il y a ce côté relations clients comme dans toutes les entreprises, mais on a aussi le public. Le public c'est aussi une autre sorte de client, mais c'est notre audience, on doit aussi quelque part les satisfaire. On a aussi après tout le monde institutionnel, économique, politique, sportif de la région, pour qui on est aussi quelque part à leur service, mais je ne dirais pas qu'on leur est redevable, mais il y a quand même cette espèce d'attente aussi de notre côté, de par notre mandat de service public. Par exemple, les autorités politiques, elles attendent des médias régionaux qu'elles couvrent l'actualité politique ou les élections, les votations, ce qui est normal, ce qui fait partie de notre mandat. Mais on doit le faire avec notre indépendance, mais on doit le faire en bonne intelligence aussi avec ces autorités politiques. Donc ça, c'est tous des éléments qui sont un peu des univers en soi chaque fois. Donc c'est assez complexe à gérer, ça ne se gère pas comme une entreprise standard, je dirais. Parce que c'est des activités qui sont très différentes, qui sont parfois presque antinomiques. Notre journal d'information, ça doit être un journal d'information qui est objectif, qui n'est pas teinté d'une influence de qui que ce soit. Donc ça ne doit pas être influencé commercialement, ça ne doit pas être influencé politiquement. Puis en même temps, on doit vendre de la publicité pour notre chaîne, pour financer notre travail. Donc c'est un peu ces éléments qui ne sont pas... Tout simple à mettre en œuvre. Alors après, avec les années, on a une ligne claire. On a développé des méthodologies de travail, des principes, aussi des secteurs, des activités qui sont séparées aussi dans l'entreprise pour éviter les problématiques. Mais ce n'est pas quelque chose qui se met en œuvre très facilement. Et puis, il faut aussi s'adapter aux choses qui changent dans la société tout en gardant ses capes. Donc, ça demande pas mal d'investissement. Je dis toujours qu'une chaîne de télévision doit avoir une âme. Pour qu'elle ait une âme, il faut qu'on lui donne une personnalité. Il faut qu'elle évolue, qu'elle change, qu'elle réponde aux attentes des gens, qu'elle réponde aussi à l'évolution. Chaque année, il y a des nouvelles émissions sur le canal. Très souvent, il y a des changements visuels, graphiques, musicaux, parce qu'on est dans l'ère du temps, on bouge avec l'ère du temps et on est obligé. Sinon, on ne fait pas partie de la vie de la société. Donc ça, ça demande aussi pas mal de créativité, ça demande pas mal d'agilité quelque part. Parfois, les gens ne se rendent pas compte, mais c'est un espèce de renouvellement permanent. Il faut y mettre beaucoup d'énergie. Mais c'est ça qui est passionnant aussi.
- Marcello Del Zio
Et la différence entre un RTS et une chaîne... Tu as dit combien ? 13 ? Il y a 13 concessions, justement ? Oui, 13,
- Bryan Umana
de télévision.
- Marcello Del Zio
De télévision. 13 concessions, mais ce qui veut dire qu'il n'y a pas forcément... Ah oui, il y a 13...
- Bryan Umana
Il y a 13 chaînes de télé qui ont une concession avec un mandat de service public régional en Suisse.
- Marcello Del Zio
Ok. Et donc...
- Bryan Umana
Sans compter la SSR qui elle est dans un régime un peu particulier parce qu'elle a aussi une concession mais elle n'est pas considérée comme nous, comme des entités privées qui recevons de l'argent et un mandat de prestation. La SSR est considérée comme une entité publique, c'est basé sur des associations régionales et il y a des petites différences qui sont des grandes différences. c'est que l'argent de l'Arte de Vence, la SSR reçoit directement l'argent de l'Arte de Vence. Donc ça passe des caisses de Serafet à ces caisses. Alors c'est le DTEC qui détermine, le Conseil fédéral pour être précis, qui détermine le montant qui est octroyé. Mais ça ne passe pas par les caisses fédérales. Tandis que nous, les chaînes de télévision régionale et les chaînes de radio locale, il y en a aussi plus d'une vingtaine en Suisse qui sont concessionnées, l'argent va d'abord dans les caisses de la Confédération et ensuite elle est distribuée aux différentes chaînes. Donc... Il y a toute une mécanique qui se met en place parce qu'on est soumis à la loi sur les subventions fédérales. Et ça donne plein d'obligations supplémentaires que la SSR n'a pas. Par exemple, le DTEC ne peut pas aller vérifier comment dépense l'argent la SSR, tandis que nous, ils le font très régulièrement.
- Marcello Del Zio
Ok. Et donc là, si on parle de la partie suisse-romande, la RTS... Eux, typiquement, ils font de la pub aussi ? Oui, bien sûr. Ils ont quand même des revenus...
- Bryan Umana
Ils ont aussi des revenus publicitaires assez importants, qui ont beaucoup diminué ces 10-15 dernières années, mais qui sont quand même de l'ordre de dizaines de millions. À l'échelle de la SSR en Suisse, c'est des centaines de millions même. Donc, ce n'est pas des petits montants. Alors, après, ce qui est un peu différent en ce qui concerne la SSR, c'est qu'à la radio, il n'y a pas l'autorisation de faire de la publicité. et y'a tout. que l'autorisation de faire du sponsoring pour la SSR. Et à la télévision, il peut faire du sponsoring et de la publicité, tandis que les privés, on peut faire, tant les radios que les télévisions, on peut faire de la publicité, avec aussi des jauges. On va faire plus que 12 minutes de publicité par heure sur nos chaînes. Toutes les chaînes concessionnées sont soumises à ce genre de règles.
- Marcello Del Zio
Juste une petite définition, la différence entre sponsoring et publicité. Tu regardes ton émission, tu as 10, 20, 30 secondes dans le jargon un peu... Typiquement YouTube, donc un b-roll qui est intégré.
- Bryan Umana
En fait, dans la loi sur la radio-télévision, c'est très clairement distingué. La publicité, elle doit être dans un bloc publicitaire identifié par des jingle pubs. Donc on ne peut pas mettre de la publicité n'importe où dans le programme. Et puis c'est des spots publicitaires en fait. On a l'habitude d'en voir. Ceux qui nous pompent l'air sur YouTube par exemple, ça c'est des spots publicitaires. Donc en télévision, on a des blocs publicitaires avec un jingle in, jingle out. Ça, c'est ce qu'on appelle de la publicité. Puis après, le sponsoring, c'est un partenaire qui finance une émission et puis qui est annoncé comme tel avant ou après une émission. Par exemple, je ne sais pas, chez nous, on a actuellement le groupe E qui sponsorise le canal sportif. Voilà,
- Marcello Del Zio
ça,
- Bryan Umana
c'est ce qu'on appelle du sponsoring.
- Marcello Del Zio
Oui, c'est très... Comme tu le sais, cet épisode est soutenu par la mobilière Agence Générale de Neuchâtel. Donc là, on est dans du sponsoring, évidemment.
- Bryan Umana
Sauf que tu peux le dire trois fois dans l'émission.
- Marcello Del Zio
Je peux le dire vingt fois.
- Bryan Umana
Voilà, tandis que nous, en télévision, il y a des règles très précises, du nombre de secondes, de la manière dont on en parle. Et si c'est du sponsoring, par exemple, on n'a pas le droit de donner un message publicitaire. Donc on ne pourrait pas dire la mobilière, la super assurance, la Neuchâtel. D'accord. Tandis que toi, tu es libre de faire ce que tu veux.
- Marcello Del Zio
Oui, tout à fait. En 2020, en pleine pandémie Covid, ma femme et moi avons été rapatriés de Colombie. Heureusement, on était assurés chez la mobilière. Tout a été couvert. C'est pour ça que je leur fais confiance encore aujourd'hui. Tu veux une assurance suisse, fiable et proche de ses clients, contacte la mobilière. mentionne le podcast et tu recevras un petit cadeau à Neuchâtel. Donc il y a effectivement ces différences, mais n'empêche que, bon c'est vrai que moi je parle de la RTS, toi tu vas un cran plus haut en parlant de la SSR. Oui,
- Bryan Umana
c'est la même chose. Oui,
- Marcello Del Zio
oui, mais finalement, par contre, donc juste parenthèse pour parler de la RTS, là je parle vraiment de la RTS, donc pour le côté roman. À l'échelle régionale, d'après ce que j'ai trouvé, Canal Alpha, c'est près de 60 000 personnes chaque jour touchées. Oui,
- Bryan Umana
c'est plutôt 50 000, mais ça dépend des jours. Mais disons, c'est entre 45 et 65.
- Marcello Del Zio
Et puis, j'ai trouvé la RTS environ
- Bryan Umana
600-700 000. Oui, il me semble que c'est un peu haut. Un peu haut ? Bon,
- Marcello Del Zio
500-600 000. Petit temps, donc... Canal Alpha, c'est quand même environ 10%. Tu vois, c'est quand même... C'est pas anodin, quoi.
- Bryan Umana
Si on prend toutes les chaînes régionales romandes, on est en-dessus de 200 000, on est autour de 250 000. Donc c'est pas anodin. Alors après, on a quand même une audience beaucoup plus faible que la RTS. Les chaînes régionales, il faut pas se voiler la face. Mais après, on produit aussi beaucoup moins. En général, les chaînes régionales produisent entre une heure et une heure et demie de programmes par jour, alors que la RTS, il n'y a pas... Il n'y a pas de bouclage des émissions. On peut tomber à n'importe quelle heure, on va avoir une nouvelle émission, une série, un journal, une émission, un magazine, etc. Mais c'est des moyens qui sont... On est dans des autres univers au niveau des moyens. Nous, je dis souvent, un temps présent, c'est la RTS qui le dit, ce n'est pas moi. En moyenne, une émission de temps présent, ça coûte 150 000 francs. Nous, avec 100 000 francs, on peut faire une émission hebdomadaire à l'année, peut-être pas hebdomadaire, mais disons bimensuelle à l'année, de qualité.
- Marcello Del Zio
Il y a un message là ?
- Bryan Umana
Non, mais c'est pour dire qu'en fait, on est le bouton d'après sur la télécommande. Quand on fait un journal d'info sur Canal Alpha, je ne pense pas que nos sujets d'info soient moins bien que les sujets de la RTS. Mais on a 10, 20 fois moins de moyens pour les faire. Mais on est obligé de faire un truc qui est un peu la même tranche, parce que sinon les gens ne nous regarderaient pas. Donc on n'a pas, on n'est de loin pas, on n'a pas une audience comme celle comparable à l'RTS, même si elle est quand même très significative, mais on n'a pas non plus les moyens. Donc proportionnellement, je pense qu'on est assez bon. Et puis les chaînes romanes, depuis pas mal d'années maintenant, Maintenant, elles se sont bien professionnalisées et puis elles ont un niveau, je trouve, de pénétration dans le public qui est assez important et on fait vraiment partie du paysage médiatique. Et en Suisse alémanique, c'est aussi le cas. Et au Tessin, encore plus fortement. Au Tessin, qui est un peu plus orienté télévision. Mais c'est vrai qu'on a une pénétration qui est assez conséquente. Et puis on le voit bien. Après, il y a aussi des secteurs dans lesquels on sent bien qu'on a un retour assez positif. Je citerais par exemple les élections fédérales. On est toujours très regardé pendant les élections fédérales parce qu'on est un peu le seul endroit où, dans chaque région, les gens peuvent voir leurs candidats. Ils peuvent voir à quoi ils ressemblent, ils peuvent voir comment ils parlent, qu'est-ce qu'ils racontent. Parce que sur les médias, à l'échelon... de la région linguistique comme la RTS, on verra toujours les cadors des partis, mais on ne va pas voir les 10 candidats du haut du canton de Neuchâtel, du Parti Socialiste, ou bien les 15 candidats de l'UDC. Enfin, voilà. Donc, dans des moments comme ça, en fait, on est quand même, les télévisions régionales, un média qui remplit une case qui est couverte par personne d'autre. Et puis, je pense que c'est aussi ce qui fait notre succès.
- Marcello Del Zio
Et donc tu disais, typiquement, en parlant d'un budget de 100 à 150 000 pour une émission de temps présent à la RTS, ce que eux font, donc ce budget-là, lui, il n'est pas contrôlé par, c'est quoi, la DETEC ou c'est l'OFCOM ?
- Bryan Umana
Oui, c'est l'OFCOM, qui est l'Office fédéral de la communication, qui dépend du DETEC, qui fait partie du DETEC.
- Marcello Del Zio
Ça, ils ne vont pas aller voir ? Non,
- Bryan Umana
parce qu'en fait, c'est de la surveillance financière et puis ils n'ont pas vraiment d'autorité pour faire... Dans les grandes lignes, surveiller des choses, mais ils ne peuvent pas aller dire « vous dépensez trop d'argent dans telle ou telle chose » , ça, ça ne s'est jamais fait. Tandis que nous, par exemple, j'ai déjà eu des contrôles d'Ofcom qui nous expliquaient qu'on dépensait trop d'argent pour produire nos minutes, alors qu'on est à 20 fois moins cher que la SSR.
- Marcello Del Zio
Ils se basent sur quoi ?
- Bryan Umana
Je ne sais pas.
- Marcello Del Zio
Mais ton avis alors sur... Le fait que la SSR ne soit pas contrôlée, parce que, au final, justement, c'est de l'argent public. Donc, je ne sais pas, moi, je me dis... En fait, je te pose cette question parce que, récemment, j'ai un invité qui s'appelle Noam Yaron, qui est passé deux fois sur le podcast. Et puis, il y a eu toute une émission sur lui qui est sortie. Alors, je ne me suis pas... Je n'ai rien relayé sur les réseaux sociaux ou quoi que ce soit. Maintenant, je le dis ici. Et au final, je me suis quand même dit, purée, c'était bien 30 minutes d'émission ? Alors, je sais pas, en tout cas, c'était dispo en replay, après ils l'ont mis sur YouTube, etc. Et puis, les journalistes, ils sont allés, je crois, au Luxembourg pour parler avec un expert du sommeil. Il y a eu, je sais pas, un... comment... ah, le mot m'échappe. une grande assemblée sur le sommeil au Luxembourg. Donc, eux sont allés là-bas. Ils se sont déplacés, ils ont passé du temps. Il y avait évidemment des vidéastes, des journalistes, etc. Et je me suis dit, mais tout ça, pour un petit peu absolument tirer vers le bas Noam, il y a du vrai, il y a du faux, ok. Bon, j'ai envie de dire, peu importe, mais j'ai trouvé un peu... trop pour ce que Noam a fait. Et au final, j'ai trouvé trop exagéré, en fait.
- Bryan Umana
Oui, alors après, ça c'est un vrai problème, en fait, je pense, idéologique.
- Marcello Del Zio
Est-ce que tu veux goûter la naturelle ?
- Bryan Umana
Oui, vas-y. C'est un vrai problème idéologique. C'est vrai qu'en Suisse, la Constitution... Merci. La Constitution garantit que les médias ne sont pas à la merci de l'État. Les médias sont un contre-pouvoir. Ça fait partie d'une démocratie qui fonctionne bien.
- Marcello Del Zio
Ils doivent être libres.
- Bryan Umana
Voilà. Alors la problématique, c'est de se dire, OK, si certains médias sont financés par la redevance, on pourrait aller contrôler ce qu'ils font, et puis du coup, on influencerait le contenu de ce qu'ils font, puis du coup, c'est plus un quatrième pouvoir, et puis la démocratie fonctionne moins bien. Donc là, je pense qu'il y a quand même une pierre angulaire qu'il faut conserver parce qu'elle est bonne, c'est sain pour la démocratie. Maintenant, la problématique que tu évoques, moi je pense qu'il ne faut pas l'attaquer sous l'angle des coûts. Je pense certainement que la SSR doit se poser des questions sur sa gestion financière, puis est-ce qu'elle dépense trop d'argent. Mais moi, contrairement à beaucoup de gens, je ne suis pas hyper fan de militer pour qu'elle réduise ses dépenses, parce que je trouve que c'est bien d'avoir la SSR en Suisse, parce qu'on en a besoin dans un pays avec. quatre cultures, quatre langues. On en a besoin parce qu'elle amène beaucoup de choses. Et puis, je trouve qu'on a les moyens en Suisse, pour être franc, de financer la SSR comme elle l'est aujourd'hui. Et financer aussi, d'ailleurs, je trouve qu'on devrait augmenter les moyens pour financer les médias privés. Mais je trouve qu'on devrait porter le débat, c'est plutôt sur un élément fondamental de la loi sur la radio et la télévision, qui des fois n'est pas mis en avant. C'est que dans la loi sur la radio et la télévision, il est dit que les médias de service public doivent donner la parole au plus possible d'intervenants et ils doivent exposer le plus possible d'opinions. Et puis, moi j'estime que ce n'est pas à nous les médias de dire aux gens ce qu'ils doivent penser. Et je pense que dans notre monde aujourd'hui, c'est capital. Parce qu'aujourd'hui, tout le contenu digital qu'on peut trouver sur les réseaux sociaux, sur Youtube, etc., c'est toujours des gens qui ont une manière de penser et il ne faut penser que de leur manière. Puis tout le monde est enfermé dans sa bulle, etc. Je pense qu'aujourd'hui, notre société, ce dont elle a besoin, ce n'est pas de jugement, mais c'est qu'on puisse entendre les opinions de chacun avec respect. Et puis, à mon avis, c'est là-dessus qu'on devrait plutôt mettre le doigt, au niveau de la SSR, c'est de demander à la SSR qu'elle soit le plus objective, le plus non-militant possible, qu'elle milite pour aucune cause, qu'elle ne soit pas teintée de gauche ou de droite. Alors voilà, il y a plein de gens qui font des procès d'intention à la SSR. Parfois je trouve qu'elle ne se remet pas assez en question là-dessus et je trouve qu'elle devrait avoir plus un rôle, moi je n'en sais rien de Yoram, ce qu'il a fait, ce qu'il n'a pas fait, s'il a été honnête ou malhonnête. Je ne trouve pas en soi malsain qu'un média de service public fasse une enquête. Peut-être que je ne suis pas certain que l'intérêt général, comme tu le dis, peut-être que ça ne vaut pas de dépenser tellement d'argent pour ça. Je trouve que de dire qu'il ne faut pas dépenser de l'argent pour ça, ce n'est pas non plus sain pour le système démocratique. Par contre, je trouve qu'on devrait être beaucoup plus strict en disant que la SSR a un mandat de service public, elle doit présenter toutes les opinions et respecter toutes les opinions de manière correcte. Mais ça c'est assez difficile dans la vraie vie. On a des médias, si on prend la presse, la presse c'est quand même une presse d'opinion.
- Marcello Del Zio
Souvent en Suisse,
- Bryan Umana
on a des médias plus de droite, plus de gauche, mais dans les médias électroniques, qu'on appelle électroniques, la radio et la télévision, normalement, on ne devrait pas être de droite ou de gauche. On devrait simplement exposer les opinions. Et puis après, c'est aux gens de se faire une opinion, puis de choisir s'ils sont de droite ou de gauche. Et je pense qu'à mon avis, on devrait mettre l'emphase là-dessus. Je pense que c'est un sujet dont on ne parle pas beaucoup, mais à mon avis, c'est le sujet clé de ces prochaines années. Et toute la transformation du monde médiatique en général nous montre bien que c'est ça le cœur du problème. Ce qui se passe aux États-Unis, c'est choquant. La société se déchire de plus en plus. On ne sait pas encore combien de temps ça va durer aux États-Unis avant qu'il y ait une guerre civile. Ça fait des années et des années et des années que maintenant, c'est les réseaux sociaux. Mais avant ça, et aujourd'hui encore... Par exemple, les chaînes de télévision aux États-Unis, c'est vraiment militant, c'est démocrate ou républicain, et puis c'est que des partis pris, que des opinions, mais on déchire la société en fait, avec des masses médias qui... Et je pense qu'en Suisse, on a une démocratie, à mon avis, exemplaire par rapport au reste du monde, on a une démocratie directe, on a une démocratie qui fonctionne bien, on a un pays qui est encore très uni.
- Marcello Del Zio
qui peut mener des projets, qui peut, malgré sa taille, qui est prospère. On a une intégration culturelle des étrangers qui se fait bien mieux qu'ailleurs. On a un tissu social qui fonctionne bien. On a une économie qui fonctionne bien. Je trouve qu'on peut dire que tout va mal en Suisse, mais honnêtement, on vit quand même dans le plus beau pays du monde aujourd'hui. Et je pense qu'une des raisons, c'est cette démocratie. Et je pense qu'il faut qu'on fasse attention à notre système médiatique pour... qui nourrissent ça en fait et à mon avis plutôt que de savoir si on veut donner 200 francs à la SSR ou 335 on devrait plutôt se dire ok on veut des services publics forts en Suisse mais on veut que la parole soit donnée à chacun et que la parole de chacun soit respectée et que ce soit pas que ça ne se polarise pas quelque part et moi c'est un peu une préoccupation que j'ai, des fois je trouve que voilà il y a des émissions, des choses sur la RTS que je trouve super bien parce que j'ai pas l'impression qu'il y a de parti pris et il y en a d'autres où je me dis là ça milite un peu, on milite un peu d'un côté ou de l'autre et c'est pas forcément des mauvaises causes mais parfois c'est quand même du militantisme et je pense que c'est pas le rôle d'un média de service public de militer pour une cause, surtout pas. Et aujourd'hui, c'est quand même problématique. Moi, je vois, on a beaucoup de jeunes qui veulent travailler dans le monde du journalisme. Beaucoup de jeunes aujourd'hui veulent... devenir journaliste parce qu'ils veulent militer pour une cause, qui n'est pas mauvaise en soi, je ne dis pas la cause écologique, c'est une bonne cause mais le métier de journaliste ce n'est pas pour militer en fait le métier de journaliste c'est pour que chacun puisse découvrir ce qui se passe objectivement, puis après se faire son opinion c'est comme ça qu'on peut garder une société unie en fait, et je pense que c'est vraiment le défi d'aujourd'hui moi personnellement je trouve que l'art de vence on devrait plutôt l'augmenter Je trouve que le système comme les télévisions et les radios régionales, c'est un bon système. On devrait l'étendre en fait à la presse régionale en Suisse, mais avec des garanties. On devrait dire ok, si vous voulez bénéficier aussi la presse régionale qui a des crises complexes aujourd'hui à surmonter, pourquoi pas aussi la financer en partie par l'argent de l'art de vence, mais pour ça il faudrait augmenter l'argent de l'art de vence, mais en disant voilà ça doit être du service public, ça doit être objectif, ça doit être... Le but, en fait, c'est créer le lien social et créer un pays paisible. Et ce n'est pas autre chose, en fait. Et cette richesse-là, j'ai l'impression qu'on ne s'en rend pas compte en Suisse, qu'on est en train de la perdre petit à petit. On en voit, ta média licencie bientôt tous les trois mois, ils font des plans de licenciement. Il y a de plus en plus de journalistes qui sont licenciés, il y a de plus en plus de médias qui disparaissent en Suisse. Et je pense que ce n'est pas bien. Je pense que les réseaux sociaux ne sont pas des médias. Les réseaux sociaux sont des machines. à faire de l'argent basé sur des algorithmes pour que les gens restent le plus possible crochés dessus pour faire de l'argent et le reste ça ne les intéresse pas et déjà il y a de l'argent qui part de la Suisse qui pourrait servir à financer du contenu en Suisse et puis en plus cet argent il déchire notre société parce que les algorithmes ils déchirent notre société aujourd'hui et je pense qu'il faut gentiment qu'on se réveille parce que sinon on va finir comme aux Etats-Unis Mais je ne suis pas sûr que la prise de conscience... Elle commence à se faire, mais je pense que la volonté politique n'est encore de loin pas là pour réagir là-contre. Mais moi, je trouve qu'aujourd'hui, il ne faudrait pas réduire à 200 francs la redevance, il faudrait l'augmenter à 400 et puis financer, par exemple, les journaux régionaux, en plus de ce qui se fait déjà.
- Bryan Umana
Honnêtement, je n'avais pas suivi qu'il y avait un référendum.
- Marcello Del Zio
Le 8 mars prochain, on va voter une initiative de redevance à 200 francs. Ou le 9 mars, je ne sais plus exactement.
- Bryan Umana
depuis le début mars.
- Marcello Del Zio
Oui, et puis l'idée, c'est de baisser la redevance à 200 francs, ce qui ferait que la SSR aurait un budget qui passerait de... Enfin, au lieu de recevoir aujourd'hui, il recevrait à peu près 1,250 milliard de redevance, puis il passerait à 600 ou 700 millions. Donc, c'est des coupes énormes, en fait. Alors, bien que je pense que des fois, elle vit un peu au-dessus de ses moyens, la SSR, je pense quand même que là, ce serait...
- Bryan Umana
Trop.
- Marcello Del Zio
C'est quand même trop, oui. Là, je pense qu'elle n'arriverait pas... Je ne vois pas comment elle pourrait continuer d'évoluer. Et encore une fois, je pense que le problème, ce n'est pas trop d'argent, c'est quelle est sa mission. Et je pense que ça devrait être le vrai débat. Après, tout le monde dit que l'art de vente, c'est cher. L'art de vente, avant, elle était à plus de 400 francs. Après, elle est passée à 365. Maintenant, elle est à 335. Elle va encore baisser jusqu'à 300 francs en 2029. À mon avis, si on compare au renchérissement, C'est plutôt une... tendance descendante et je pense que c'est pas trop cher oui on peut dire que c'est trop cher mais quand on regarde comment les gens dépensent leur argent en Suisse que ce soit sur des services d'entertainment, si on parle de Netflix ou Nisteplus ou je sais pas quoi si on regarde les abonnements de téléphonie il y a beaucoup beaucoup beaucoup d'argent qui est dépensé je suis pas sûr que ces 335 francs C'est vraiment ça qui va changer la vie financière des gens en Suisse. Puis on parle bien par ménage. Et je trouve que pour le bien de la Suisse, on devrait plutôt augmenter, à mon avis, cette redevance et financer davantage les médias régionaux en Suisse, parce que la qualité de notre démocratie en dépend.
- Bryan Umana
Après, c'est vrai, c'est intéressant. Et tu dis que la SSR, potentiellement, elle vit quand même un peu en-dessus de ses moyens. Et en fait, parfois, on remarque quand, justement, tu as un peu trop, ben voilà, t'es dans le confort, tu te laisses un petit peu aller, t'innoves un peu moins. Tu parlais des US hier, on a fait un pitch, donc on est le 30 janvier, et cet épisode sortira début février, pardon, mi-février 2026, juste pour le contexte, et donc... Ça tombe bien que tu parles des votations du 6 ou 9 mars, on ne sait plus trop. Oui, je crois que c'est le 9. L'épisode sortira avant ces votations-là. Hier, on a fait, pour ce l'aspect, encore une fois, un pitch pour le Swissnext Boston. Tu connais, c'est des représentants de Boston et New York aussi. Généralement, c'est les entreprises ou les startups qui vont là-bas. là ils étaient là donc bon on a pu pitcher devant un parterre de quelques joueurs Jean, investisseur des US. Et puis ensuite, pendant le lunch, j'ai pu parler avec une VC. Et on a parlé des US.
- Marcello Del Zio
Une venture capitaliste.
- Bryan Umana
Exactement, une venture capitaliste. Et c'est la première fois qu'elle venait en Suisse. Elle aime beaucoup le système suisse. Et puis, elle disait, mais par contre, le marché, il est minuscule. tu vois aux états unis on parle de milliards ici vous parlez de millions investisseurs aux états unis il va pas investir si si le si le marché total qu'on qu'une start up peut attaquer fait pas au moins quelques dizaines de milliards et puis en suisse ben voilà c'est plutôt quelques centaines de millions après on est encore et encore et donc ce qu'elle disait aussi c'est que par contre aux états unis il n'y a pas de coussin de sécurité qu'on parlait d'entrepreneurs, quand tu lances ta boîte là-bas, si jamais tu fais faillite, tu fais faillite et après, tu es SDF. Avec ta famille, tes cadres de camp, ta femme. En Suisse, on a quand même un petit coussin. Je ne dis pas, quand tu crées ta boîte, pour le chômage, il faut attendre 6 mois, etc.
- Marcello Del Zio
Oui, mais on est quand même dans un autre univers.
- Bryan Umana
On est très bien lotis. Ce qui fait que, généralement, aux US, ça, c'est un échange que j'avais trouvé très intéressant avec... Olivier Di Natale, peut-être que tu connais Olivier Di Natale, c'est General Media, il est basé dans le canton de Vaud, ils sont derrière le passeport gourmand, passeport loisir, tout ça. Et donc Olivier Di Natale, qui a un nom de famille comme toi, d'origine italienne, et lui disait, ses parents sont arrivés, donc lui il est fils d'immigrés, et en fait ses parents, c'est une autre époque aussi, mais ils bossaient tout le temps, lundi à samedi, ils ne se posaient pas de questions, work-life balance, etc. ça n'existait pas, eux ils voulaient une meilleure vie pour eux et pour leurs enfants et Olivier il est un peu né avec cette mentalité mais avec la force de la langue en plus parce que ses parents, voilà ils sont italiens, ils ont un petit accent pas forcément toujours à l'aise de parler français etc alors qu'Olivier il parle comme toi et moi, il est né ici enfin je dis ici, dans le canton de Vaud donc voilà Pas de barrière de langue, mais en plus de ça, tu as la mentalité du travailleur immigré qui est arrivé et qui veut bosser, qui veut créer sa boîte. Et voilà, la générale média maintenant, c'est 67, 70 personnes. Donc, tu vois, une belle histoire comme la vôtre. Et donc, tout ça pour dire, je reviens, j'ai fait une grande parenthèse, que parfois, quand il y a de la nécessité, il y a plus de niaques, plus de... Plus d'innovation.
- Marcello Del Zio
Bien sûr, quand on a des difficultés, quand on a des contraintes, peut-être qu'on devient, nous on dit souvent, avec les moyens qu'on a eu, qu'on a à Canal, on est toujours obligé d'être ultra innovant. Si on ne trouve pas la bonne idée, on n'arrivera pas à mener un projet. Donc ça, je suis assez d'accord avec ça. Après... Là, on est en train de parler de la SSR qui a un service public. Je pense qu'il y a aussi des choses... On a besoin aussi d'avoir un service public qui peut couvrir des manifestations qui ne sont pas rentables, qui peut... L'exemple que tu prenais avant, OK, financer un sujet comme ça, est-ce que ça vaut la peine ou pas ? Mais tu vois, d'aller couvrir ce qui se passe au Parlement fédéral, ça ne va jamais rapporter un franc. Peut-être que ça n'intéresse pas tout le monde. Mais il faut le faire.
- Bryan Umana
Bien sûr.
- Marcello Del Zio
Et puis, il n'y a pas cette notion de rentabilité quelque part. Le journalisme ne peut pas être rentable. Alors après, moi, je n'ai pas réfléchi extensivement sur comment il faudrait que la SSR soit gérée, mais peut-être qu'il faudrait aussi qu'il y ait une espèce de mix, pour qu'elle ait aussi peut-être... plus de comptes à rendre au niveau financier, j'en sais rien, franchement c'est pas un sujet sur lequel j'ai beaucoup réfléchi. Peut-être qu'il y a un peu trop de confort, mais en même temps, je pense que c'est aussi bien, une fois j'avais visité, souvent au centre des médias à Berne, près du Palais Fédéral, une fois un des techniciens m'avait fait visiter la pièce avec la génératrice pour faire fonctionner le studio du Palais Fédéral en cas de... Problème majeur. Je pense que la pièce de la génératrice fait à peu près la taille d'un de nos bâtiments de la télévision. Je n'ose pas imaginer le prix. Mais en même temps, si un jour il y a un problème, on sera bien content.
- Bryan Umana
C'est clair.
- Marcello Del Zio
Voilà, je pense peut-être qu'aujourd'hui il y a des remises en question, c'est sûr. Mais je ne suis pas sûr que la remise en question, elle est juste sur le montant d'argent que la SSR reçoit. Peut-être qu'il faut... Il faut réfléchir à une autre gouvernance, il faut réfléchir à des autres objectifs. Je pense que bientôt la SSR doit avoir sa concession renouvelée. Moi je pense que c'est là qu'il faudrait faire un vrai travail, un vrai débat politique, puis un vrai travail pour se dire qu'est-ce qu'on attend de la SSR. Puis après, en fonction de ce qu'on attend d'elle, peut-être qu'elle a trop de moyens, peut-être qu'elle n'en a pas assez. Mais à mon avis, le vrai débat, il est là, je pense. en donnant moins, ils feront moins. Ils ne feront pas mieux. Parce que c'est l'état d'esprit qui fait qu'on fait mieux. Ce n'est pas le montant qu'on reçoit. Peut-être qu'à mon avis, ce n'est pas le vrai problème, l'argent.
- Bryan Umana
Et si on revient sur Canal Alpha, Canal B, tu as cité le fait que vous devez être créatif pour... lancer des émissions. Et puis, effectivement, j'ai parcouru votre site Internet où vous avez beaucoup d'émissions sur diverses thématiques. Aujourd'hui, quelle est l'émission qui cartonne le plus ?
- Marcello Del Zio
On en a pas mal. Notre boucle qu'on a lancée il y a quelques années, c'est l'émission qu'emballe notre programme. Ça marche assez bien, on a beaucoup de retours, parce que les gens aiment bien ce côté un peu détaché, sympathique, marrant, mais où parfois on invite quand même des gens qui ont des choses à dire. Et puis ça donne ce qui a beaucoup amélioré dans la consommation de notre chaîne, où les gens sont plus constants. En fait, avant, ils regardaient beaucoup le journal, puis pas beaucoup les autres choses. Puis là, ils regardent quand même un peu l'entier du programme grâce à cette boucle. Après, il y a un truc qui fait un carton depuis des années, depuis le Covid, c'est notre émission « Ça bouge à la maison le matin pour la gym pour les aînés » . D'accord. Je crois que chaque jour, on reçoit des mails de gens qui nous disent que c'est génial. Ok. Mais autrement, voilà, depuis toujours, notre émission sportive du canal sportif est très très appréciée. Et puis... Voilà, ces dernières années, on a lancé une émission sur la santé mentale, on sent qu'il y a un vrai intérêt aujourd'hui sur la santé mentale, c'était peut-être beaucoup moins un sujet il y a dix ans, aujourd'hui c'est un vrai sujet de société. Voilà, que dire, après on a aussi pas mal de saisonnalité dans nos émissions, bientôt il y a le Tour du Canton qui va recommencer, ça c'est toujours un moment... Rendez-vous important sur notre chaîne, parce que les gens regardent beaucoup cette émission. Voilà, on a diverses choses. Avec SolarSplit, on s'est fait le BCN Innovation chaque année. Ça, c'est plus des événements ponctuels, mais je dirais que... Ce qu'on a constaté quand même, c'est que... Les émissions ont du succès aussi quand elles s'inscrivent dans la durée.
- Bryan Umana
D'accord.
- Marcello Del Zio
Les émissions qui s'inscrivent dans la durée, en général, les gens après prennent l'habitude de les regarder et puis on a plus de retours sur les émissions qui s'inscrivent dans la durée.
- Bryan Umana
Ok. Et comment tu mesures le succès justement d'une émission ? C'est quoi ? C'est des stats ? C'est l'audience ?
- Marcello Del Zio
Alors l'audience, on ne l'utilise pas trop. Parce qu'en fait, on a un souci avec les chaînes régionales, c'est que le système actuel d'audience n'est pas très précis pour les chaînes régionales. Parce qu'on n'a pas assez de boîtiers de mesures dans nos régions respectives. Donc c'est beaucoup extrapolé, il y a une assez grosse marge d'erreur. On va plutôt chercher à regarder les tendances avec les résultats d'audience. Par contre, on se base énormément sur le retour des gens en fait. Alors on a déjà le retour de nos annonceurs, qui est toujours un bon... un bon thermomètre, c'est-à-dire les gens qui mettent de la pub sur le canal. Il y a pas mal de gens qui sont contents du retour qu'ils ont. Ils voient la différence, en fait, quand leur pub passe ou elle passe pas. Mais je dirais que, par rapport aux émissions elles-mêmes, on se base quand même beaucoup sur le retour des gens. On a aussi un panel, des fois on interroge des gens à certains moments de l'année. Alors c'est des gens... C'est un groupe de gens et puis ils doivent répondre à des questions qui sont plus qualitatives ou plus d'impressions, de retours qu'ils donnent sur les émissions. Et puis après, on a le retour des gens qui participent aux émissions aussi, qui sont pour nous un bon thermomètre. Voilà, ça je dirais que c'est les grands éléments. C'est difficile d'avoir des retours. Les gens réagissent assez peu souvent quand ils apprécient un programme. par exemple si d'un coup il y a un animateur ou une animatrice qui n'anime plus une émission, hop tout d'un coup on a des gens qui disent mais pourquoi cette personne n'est plus à l'antenne c'est souvent un déclencheur négatif mais en fait ça nous apprend aussi que ça veut dire que la personne était appréciée parce que on a quand même pas mal de retours des auditeurs en direct des téléspectateurs et tout ce qui est replay typiquement
- Bryan Umana
Votre site internet ?
- Marcello Del Zio
Aujourd'hui, ça représente moins de 10% de notre audience. Et puis, après, ça c'est une estimation, parce que c'est très difficile. Nous, on sait exactement combien de vidéos sont vues par nos plateformes qu'on gère directement. Après, il y a plein d'opérateurs qui font du replay qui n'est pas contrôlé. Par exemple, Zatoo, on ne sait pas tellement combien d'émissions sont regardées sur Zatoo en replay. Ce qu'on sait, c'est que de manière générale, le replay sur les grands opérateurs qui sont Swisscom, Sunrise, ça représente environ 30% du visionnage. Et puis ça fait quand même pas mal d'années qu'on a un peu plafonné à ces 30%. Il y a 10 ans, tout le monde disait, dans 3 ans, la télévision linéaire, c'est fini. Mais étonnamment, pas du tout. Il y a beaucoup de gens qui aiment bien regarder la télé, ce qu'on leur envoie. C'est quand même sympa.
- Bryan Umana
Une sorte de rendez-vous.
- Marcello Del Zio
Oui. Aujourd'hui, on doit toujours faire une recherche, choisir ce qu'on veut regarder. Mais des fois, on a aussi envie juste d'allumer la télé ou la radio et de regarder ce qui passe. Il ne faut pas sous-estimer ça. On parle beaucoup de la progression du digital, des autres plateformes, mais la télé en Suisse reste quand même le média roi. C'est le média qui touche le plus de gens en Suisse, largement. Et puis, on compare souvent Netflix, mais on est dans des domaines différents. Netflix, ce n'est pas de l'information. On ne va pas chercher de l'information sur Netflix. Et puis, quand on parle des plateformes comme YouTube, elle est encore aujourd'hui loin derrière la télévision en Suisse. Et ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que sur YouTube, c'est des milliers, des dizaines de milliers de vidéos différentes qui sont vues en télévision. on parle d'une Par région linguistique, on parle d'une vingtaine de programmes. Donc si on veut toucher la masse, la télévision reste le média roi en Suisse. Et puis je pense au niveau régional, c'est aussi le cas en fait. Mais ce n'est pas pour rien que toute la vie associative, culturelle, sportive, économique, politique, dans chacune de nos régions, par exemple en Suisse romande, s'appuie beaucoup sur les médias régionaux.
- Bryan Umana
Et puis il y a une entente entre les différentes chaînes, je vais parler de la Suisse romande. Voilà, c'est ces 13 concessions.
- Marcello Del Zio
Oui, alors au niveau suisse, on a une association qui s'appelle Télésuisse, qui est la fêtière des télévisions dont je suis vice-président. Et puis au niveau romand, on a aussi une association qui regroupe les télévisions originales romandes. Alors voilà, on a différents projets. On a un pool publicitaire commun au niveau romand, pas au niveau suisse. Et puis on échange énormément parce qu'on n'est pas du tout en concurrence. En fait, on a beaucoup de projets transversaux, des émissions parfois qui sont produites. pour l'ensemble de la Suisse romande ou pour deux chaînes. Et puis, on a des intérêts communs aussi. On a des problèmes communs. Donc, souvent, on se met ensemble pour parfois, des fois, sensibiliser le monde politique à certaines problématiques qu'on a. Des fois, on fait des projets ensemble. Donc, on a une assez bonne entente, je dois dire, tant au niveau romand qu'au niveau suisse, même si... Les 13 télévisions régionales concessionnées en Suisse ont des horizons assez différents parce qu'elles sont des structures assez différentes. En Suisse romande, on n'a presque que des indépendants. On a l'Aimant Bleu à Genève, la télé sur Vaux et Fribourg, Canal 9 en Valais. Et nous, ici, on est des acteurs un peu indépendants quelque part. Alors la télé... à des relations privilégiées avec Radio Fribourg, mais ça reste quand même une entité indépendante. En Suisse alémanique, ce n'est pas du tout le cas. La plupart des télévisions appartiennent à CH Media, qui est un groupe de presse. C'est le troisième groupe de presse en Suisse, qui possède aussi énormément de radio. Donc c'est une dynamique qui est assez différente, en fait, parce que pour eux, leur télévision régionale, elle vient s'inscrire dans une perspective de groupe, avec de la transversalité, avec leurs différents médias, etc. A-t-on pour l'offre ? publicitaires que pour leur contenu par exemple en suisse alémanique il ya des émissions des magazines qui sont produits pour pas mal de télé régional qui sont les mêmes en fait puis après la formation est différente mais ça on n'a pas tellement en suisse romande puis après on a aussi dans les grisons mini groupes médiatiques on a au tessin aussi un mini groupe médiatique donc on a des structures je dirais qu'ils sont assez différentes Mais étonnamment, on a des points communs et on arrive pas mal à travailler ensemble. C'est intéressant. Cette dynamique est assez intéressante. Surtout, je trouve que ces dernières années, on devient aussi un peu plus unis et puis on arrive un peu plus à construire ensemble. Je trouve que c'est bien pour la branche.
- Bryan Umana
C'est vrai que c'est intéressant le fait que vous êtes dans le même secteur.
- Marcello Del Zio
vous avez les mêmes problèmes mais vous n'êtes pas concurrent c'est positif c'est assez original généralement on est dans le même secteur on a les mêmes problèmes peut-être qu'on est concurrent mais après nous c'est ça c'est pour ça que je disais avant que c'est assez particulier une télévision parce que nous par exemple des fois on va donner la parole à des gens qui ne sont pas nos clients puis des fois peut-être nos clients vont se dire mais pourquoi ils donnent la parole à quelqu'un puis il y a plein d'espèces d'enchevêtrements comme ça Mais c'est notre rôle, parce qu'on doit parler, tout le monde doit donner la parole à tout le monde. Parfois, je ne sais pas si une boîte de prod concurrentes à Mystique va présenter un projet de documentaire, on va faire un sujet là-dessus. Mais pourtant, c'est un concurrent. C'est pour ça que c'est assez particulier en fait. Donc je dirais qu'on est un peu, bon gré mal gré, on est un peu sorti de cette idéologie de... de concurrence quelque part, c'est aussi des fois comme quand on travaille dans le développement software et à un moment on se dit ok, on va faire de l'open source peut-être qu'on se fera piquer des trucs mais c'est un autre mindset en fait, puis je pense qu'avec le temps on a aussi compris que de toute façon du boulot il y en a on peut être créatif, on peut faire beaucoup de choses donc soyons ouverts aux autres plutôt que d'être dans cette espèce de posture de faire attention aux concurrents Et je pense que les télés, en tant que telles, elles ont l'habitude de travailler aussi parce qu'elles le savent bien finalement.
- Bryan Umana
Et tu sens un changement au niveau des attentes du public ?
- Marcello Del Zio
Je dirais que, comme je le disais avant, j'ai l'impression que plus les années passent, plus les gens s'intéressent et ont besoin de quelque chose de régional. J'ai l'impression que les gens... disent davantage que ça leur fait du bien d'entendre des choses constructives plutôt que toujours de dénoncer ce qui ne va pas, même si on doit le faire. Mais c'est ce que je disais au tout début, les gens ont un peu besoin de positivité et d'espoir, parce que sinon on t'a abandonné. Et puis on a beaucoup de gens qui nous disent « Ah c'est cool que vous ayez parlé de ça, de voir ce qui se fait bien dans le canton. » Et je pense que peut-être plus qu'avant, j'ai l'impression que les gens ont soif de ça. Ils ont envie qu'on dise ce qui se passe de bien ici parce qu'ils ont besoin de cette espèce d'énergie positive aussi. Je pense que c'était moins le cas avant, par exemple avant le Covid.
- Bryan Umana
C'est vrai que moi, ça c'est une... On va dire un point assez négatif que j'ai vis-à-vis des médias, mais je pense surtout dans les pays comme par exemple la Colombie. Tu vois, en Colombie, quand tu vas regarder les nouvelles, c'est du négatif sur négatif, sur un accident, un vol, un ci, un ça. Et puis, en fait, tu es dans une négativité permanente, alors que moi j'y ai vécu deux ans. évidemment tu fais aussi attention où tu vas etc c'est comme si on montrait que le négatif t'es dans cette ambiance négative et tu te dis le châtel c'est dangereux alors que t'as montré que les 3 trucs qui ne se sont pas bien passés dans la semaine et tu martèles ça et ça au 19h30 et au 21h et au petit déj et tu vois et ça je trouve intéressant que justement il y ait plus Comme tu dis, cette vision positive, je trouve aussi que c'est clairement...
- Marcello Del Zio
Mais c'est aussi parce que ce qui marche, c'est ce qu'on appelle dans notre jargon la putaclic. Oui,
- Bryan Umana
complètement.
- Marcello Del Zio
Si tu regardes le 20 minutes, il y a de la putaclic, parce que c'est ce qui marche. Complètement. C'est pour ça que je trouve que l'art de vence, c'est un bon système.
- Bryan Umana
Oui.
- Marcello Del Zio
Parce qu'on a moins besoin d'être la putaclic. On se dit juste qu'est-ce qui a du sens. Aujourd'hui dans notre journal d'information, on parle de quoi et pourquoi. Et pas juste qu'est-ce qui va faire le plus de clics ou d'audience. Et c'est pour ça que c'est une richesse immense en fait ce système d'art devant. Je pense qu'on devrait plutôt l'élargir que de le restreindre parce qu'on aurait à mon avis davantage de contenu constructif, même s'il faut aussi parler de ce qui ne va pas. mais c'est vrai que de le marteler Voilà, quand je vois ce drame de Grand-Montana, je ne sais pas si ça sert vraiment à quelque chose, tout ce qu'on lit tout le temps, tous les jours dans les médias, je ne sais pas si ça va vraiment aider les familles à se remettre de ce drame, je ne sais pas si ça devient, on exploite ce drame pour, voilà, quelque part, on profite de cette souffrance pour se... soi-disant être scandalisé, vouloir faire justice mais en réalité la seule chose qui importe la plupart de ces médias c'est juste de faire du clic et je trouve que je ne suis pas sûr que ça aide en fait je ne suis pas sûr que ça aide à personne je suis d'accord et
- Bryan Umana
puis est-ce que tu n'as pas une petite info putaclic pour le podcast ?
- Marcello Del Zio
j'en ai mais je ne peux pas les dire ce sera la prochaine fois
- Bryan Umana
Et Marcelo, comment tu vois le futur de la télévision ? Tu as cité Netflix, il y en a d'autres, il y en a pléthore. On a parlé de ce retour en arrière, avec ce besoin d'ancrage et de voir, de constater ce qui se passe de manière locale et près de chez nous finalement.
- Marcello Del Zio
On a parlé des redevances aussi, mais faisons fi de cette partie-là.
- Bryan Umana
Moi, je suis assez positif en fait. Je ne pense pas que la télé, c'est un média qui va disparaître dans les 10-15 prochaines années. Au contraire, je pense qu'il y a pas mal de choses qui vont changer. Je pense que la manière de consommer va encore changer. Je pense que la génération des jusqu'à 25-30 ans aujourd'hui, ça va induire des changements. à mon avis plus des changements formels ou culturels. Aujourd'hui, je pense que les jeunes, ils ont toujours besoin d'avoir un justifiant ou un identifiant quand ils consomment du média, ce qu'on pourrait appeler un influenceur. Peut-être que nos contenus changeront à l'avenir dans cette direction. Peut-être que on devra trouver d'autres moyens de... d'atteindre ce public que par un écran dans un salon, ce qu'on fait déjà avec nos plateformes, mais peut-être qu'il y a des chemins qu'on devra développer. Mais à mon avis, les gens ont toujours envie de consommer, et davantage envie de consommer de la vidéo. Donc je pense que la télévision a de l'avenir, parce qu'on fait de la vidéo, on sait raconter des histoires en vidéo, et pour moi c'est quand même un métier. On dit souvent à un journaliste, il peut bosser dans une radio, dans une télé, dans un journal, il y a la convergence. Moi, je n'y crois pas. Je pense qu'on ne raconte pas les histoires la même chose avec de l'image et du son, qu'on raconte dans l'audio seulement, qu'on raconte en écrivant un papier. Je pense que c'est des médiums différents et je pense que si on veut le faire bien, ça demande des années d'expérience. Et je pense que l'audiovisuel a beaucoup d'avenir. Je ne sais pas comment ça se passera. Je pense qu'il y aura plus d'attentes qu'aujourd'hui pour du contenu médiatique, régional, audiovisuel. Ça, j'en suis plus que convaincu. C'est pour ça qu'on investit tellement dans ces projets. Par contre, ma question, c'est comment on les financera ? Et là, je pense qu'il faudra trouver des chemins, en fait, parce qu'il n'y a pas de miracle. Pour faire du bon contenu, il faut le financer. et puis les modèles Les paradigmes économiques qui se sont développés ces dernières années avec les GAFAM, ça ne permettra jamais de financer assez une vraie création de contenu. Aujourd'hui, on le voit bien, si tu veux faire des vidéos sur YouTube et en vivre, tu vas te retrouver à faire de la pute à clics. Il y a certains segments qui vont marcher, mais tu ne peux pas faire d'informations régionales pour une zone comme la nôtre de 320 000 habitants. Il n'y aura jamais le marché pour faire assez de trafic. pour payer ne serait-ce que peut-être deux personnes à plein temps, mais il en faut 30 ou 40 pour faire du bon boulot. Donc là, il faudra trouver des chemins, je pense. Là, je pense que le politique doit se réveiller aujourd'hui pour trouver des chemins. Mais à mon avis, le besoin, il sera encore plus fort demain qu'aujourd'hui.
- Marcello Del Zio
En 2020, en pleine pandémie Covid, ma femme et moi avons été rapatriés de Colombie. Heureusement, on était assurés chez la mobilière. Tout a été couvert. C'est pour ça... que je leur fais confiance encore aujourd'hui. Tu veux une assurance suisse, fiable et proche de ses clients ? Contacte la mobilière, mentionne le podcast et tu recevras un petit cadeau à Neuchâtel. Et donc tu dis que peut-être ça peut financer deux personnes alors qu'ils en font 30, 40. Qu'en est-il de l'IA aujourd'hui ? Vous, vous avez toujours été assez en avance techniquement. Je crois que vous avez eu un des premiers écrans... LED, le full HD, vous étiez assez précurseur aussi. Oui, en 2008,
- Bryan Umana
on a été la première question suisse qui faisait l'intégralité de sa prod en full HD, sauf qu'on n'était pas diffusé, parce que la SSR à l'époque n'était pas diffusée, donc l'opérateur voulait nous diffuser en HD.
- Marcello Del Zio
Ok, mais bon, vous avez toujours été en avance, et il y a aujourd'hui, est-ce que vous l'utilisez, comment est-ce que vous l'utilisez dans la prod, dans la post-prod, le montage, l'archivage,
- Bryan Umana
Alors nous on utilise beaucoup l'IA, dans notre boîte de prod on l'utilise évidemment beaucoup, depuis très longtemps en fait, c'est complètement intégré dans nos flux. Pour la télévision on l'utilise pas mal, mais on l'utilise pour faire du job réparbatif ou du job qu'on ne faisait pas avant, par exemple de l'indexation, par exemple de la détection de texte dans des vidéos, divers usages, l'aide à la rédaction, la correction, on l'utilise énormément dans tous nos workflows. Maintenant, aujourd'hui, l'IA à mon avis, elle n'est pas créative. elle reproduit et je pense que nous notre boulot c'est un boulot hautement créatif en fait donc je pense même si demain ou aujourd'hui parce que par exemple ta média c'est la voie qu'ils prennent beaucoup de leur contenu est fait et sera fait par l'IA je pense pas que nous c'est ce qu'on a envie de faire on va certainement utiliser l'IA partout ça nous donne des gains d'efficacité ou des facilités Mais je ne pense pas qu'on va l'utiliser pour créer ce qu'on veut dire aux gens ou ce qu'on veut transmettre aux gens. Parce qu'on veut garder ce côté authentique, ce côté... C'est quelqu'un qui te parle, quoi. Même s'il te parle moins bien ou même si on aurait pu faire dire exactement la même chose à une IA, c'est quelqu'un qui te parle. Si un journaliste te parle d'un truc qu'il a vu, c'est lui qui l'a vu et c'est lui qui te le raconte. Puis ça fait son authenticité, sa légitimité. Alors voilà, nous c'est notre... point de vue en fait on n'est pas du tout contre mais après on n'est pas non plus aujourd'hui des fois j'ai l'impression que les gens ils sont un peu aveuglé avec ce qui a il croit que c'est tout est parfait dans le meilleur des mondes ça va remplacer tout le monde c'est génial mais on le voit ça a peine émergé qui a déjà des gens qui disent qu'ils en sont fatigués moi je connais de plus en plus de gens je veux toujours quelqu'un m'a dit mais tu as tiens moi ça me fatigue plus que ça m'enthousiasme. Puis... J'ai l'impression que beaucoup de gens autour de moi pensent ça. Moi-même, je pense ça. Je me suis dit, tiens, je pense ça, en fait, quand il l'a dit. Moi, je pense qu'il y a plein de choses positives, mais ça reste un outil. Il faut le considérer comme un outil. La valeur ajoutée, elle reste, je pense, l'intelligence humaine est encore largement au-dessus de ce que l'IA peut produire. Honnêtement, les gens un peu malins voient vite ce qui vient d'une IA ou ce qui a été réfléchi par quelqu'un. Moi, en tout cas, je trouve que ça se voit beaucoup. Puis si, je dois encore perdre du temps pour trouver ce qui a été à moitié fait par une IA, donc qui n'est peut-être pas tout à fait cohérent, donc qui n'a pas été mise en perspective avec une expérience derrière, qui n'est peut-être pas adaptée au contexte exactement, parce que je ne suis pas sûr que ça ne fait que du gain de temps aujourd'hui. D'ailleurs, il y a des études qui montrent qu'il y a beaucoup d'entreprises qui ont perdu en productivité à cause de l'IA parce qu'il y a beaucoup d'erreurs qui s'induisent et qu'il faut corriger. Un de mes fils bosse dans la programmation, enfin il bosse dans l'informatique et puis il me dit des fois, on fait des trucs avec l'IA et puis tout d'un coup, un projet d'une année se casse la gueule parce qu'il n'y a plus rien qui va, parce qu'il y avait des mauvaises bases ou des choses qui n'étaient pas qualitatives à certains endroits où il aurait fallu être qualitatif. Et puis, je ne suis pas sûr que c'est que pour le bien, parce que les gens qui ont l'habitude de s'appuyer là-dessus, peut-être qu'ils ne développent plus les skills pour se poser les bonnes questions. Il y a aussi des pièges. Après, je ne dis pas qu'il faut tout jeter. Nous, on l'utilise tous les jours, tout le temps. Mais je pense qu'il faut être un peu prudent. Il faut rester tête froide un peu, même si c'est super enthousiasmant. Il y a plein de trucs. En plus, nous, dans l'image, c'est quand même un domaine. Je pense que c'est peut-être le domaine où il y a les choses les plus hallucinantes. Oui, elle est l'élève, mais la création d'images, de vidéos, il y a quand même des trucs hallucinants. Mais voilà, je pense qu'il faut garder la tête froide, il faut toujours se poser la question, qu'est-ce que je fais, pourquoi je le fais ? Est-ce que c'est juste ça m'excite ce truc ou c'est le résultat que je veux ? Il faut avoir un certain recul à mon avis. Et puis voilà, je pense que c'est une évolution technologique comme il y en a eu tant d'autres. des aspects super positifs, puis des aspects super négatifs, puis il faut savoir un petit peu les appréhender. Aujourd'hui, j'ai l'impression qu'il y a pas mal d'ignorance, puis on est tous surexcités, puis on se dit, oui, oui, ça va tout faire, ça fait déjà tout. Mais en réalité, dès qu'on fait des trucs un petit peu corsés, enfin, je ne sais pas, je... Je ne pense pas que je suis le seul qui a essayé. Il y a quelques temps, j'ai essayé de formuler un truc. J'ai passé deux heures à essayer de formuler un truc. J'ai beaucoup utilisé l'IA. Puis au bout d'un moment, je me suis dit, mais en fait, j'aurais fait ça en une heure, ce qu'on s'y a. Et puis, ça aurait été exactement ce que je voulais. Et puis là, je ne suis encore pas tout à fait content. Je pense qu'il faut qu'on apprenne à avoir cette maturité aussi avec cet outil.
- Marcello Del Zio
Complètement.
- Bryan Umana
Et puis je pense que ça prendra du temps. Il ne faut pas oublier que derrière, il y a une machine commerciale phénoménale, une machine qui investit des montants qui n'ont aucun sens. Et puis pour rentabiliser ça, même si on fait tous les businessmen du monde, je ne sais pas, il faut qu'ils nous prennent à chacun 100 balles par mois à tout le monde pour que ça commence à peine à payer les investissements qu'ils ont fait dans 5 ans. Donc je pense qu'ils vont beaucoup pousser pour qu'on trouve tout ce que c'est génial et puis qu'il n'y a aucun défaut. Il faut rester un peu critique aussi.
- Marcello Del Zio
Ce qui est sûr, c'est que c'est comme tu dis, c'est un outil. Maintenant, typiquement dans la vidéo, pour le podcast, tout ce qui est changement de caméra, ça c'est grâce à l'IA où on a gagné en productivité. Et ça c'est un truc, comme tu dis, c'est répétitif, il n'y a rien de positif à le faire.
- Bryan Umana
Mais pour ce genre de truc-là, nous on est ultrapreneurs. On bosse avec une boîte de la région ici qui développe un outil. Pour les créateurs de contenu qui travaillent en équipe, qui font une certaine masse de création, bien sûr qu'il y a de l'IA partout et plus il y en a, plus on est content parce que ça nous rend service, ça nous facilite le travail.
- Marcello Del Zio
C'est qui la boîte ?
- Bryan Umana
Enigmatique, à Marins.
- Marcello Del Zio
Ça me parle, Enigmatique.
- Bryan Umana
Ils font un soft qui s'appelle Mosaïque en fait. C'est une espèce d'outil qui permet de gérer toute sa production audiovisuelle, de la catégoriser, de la publier sur des plateformes, d'organiser le travail en équipe, les reviews, etc. Là-dedans, il y a plein d'IA. On est toujours hyper positif avec ça. Mais encore une fois, je pense qu'il faut... C'est comme pour tout, en fait, tous les outils. Il faut les jauger, les évaluer, voir s'ils nous apportent vraiment quelque chose ou pas. Mais à part ça, c'est sûr que c'est super excitant. Il y a plein de choses. Il y a des choses qui ne valent pas la peine de passer. Je ne sais pas s'il faut mixer un sujet d'actualité. Si je peux gagner une demi-heure en le faisant mixer automatiquement et que le résultat est le même, autant le faire mixer automatiquement par une IA, c'est très bien. Là-dessus, je pense qu'on est tous d'accord.
- Marcello Del Zio
Moi, je ne suis pas dev, mais chez SoirSplit, on a trois devs, dont notre cofondateur CEO Wilfried, qui lui est le lead developer. Et là où je te rejoins, c'est que c'est vrai que si t'as pas les bases, par exemple moi, qui ne sais pas coder, et là je prends une IA type Curser AI ou autre plateforme pour m'aider à coder, moi je vais pas déchiffrer les fautes, j'ai aucune base, donc concrètement je vais faire n'importe quoi. Ou peut-être je vais créer un truc petit à petit et en fait à un moment donné je vais me rendre compte qu'il y a une faute et je saurais pas où est cette faute et puis il faut revenir tellement en arrière que t'as perdu tout ton temps, bref. Par contre là, ce que j'ai entendu récemment, c'est qu'il y a ces outils qui se développent énormément et qui là sont vraiment à une maturité qui est incroyable et ce qui fait que typiquement chez Solarplit on n'est que 3 devs grâce à l'IA sans ça on se fait au bâtisse après on a créé notre propre IA pour détecter les éléments qui sortent du toit donc détection de surface automatique et ça c'est grâce à justement l'IA, une segmentation précise, et c'est vrai que par contre ce genre d'éléments, moi je trouve que c'est incroyable bien sûr, mais par contre je suis d'accord avec toi par exemple on va vouloir automatiser des éléments, mais ça va nous prendre beaucoup plus de temps de le faire par le biais de l'IA parce qu'on a l'impression que ça va nous aider, puis en fait ça nous ralentit un petit peu,
- Bryan Umana
mais il y a plein de domaines où on gagne énormément de temps on gagne en efficacité, même en qualité je ne dis pas le contraire mais il faut aussi dire Merci. il faut aussi dire le reste. Mais après, bon, voilà, je pense que c'est un peu des portes ouvertes. Par contre, je pense que c'est important quand même, c'est dans ce qu'on veut dire aux gens, dans les histoires qu'on leur transmet, je pense que le côté humain, par exemple dans l'information, le journaliste est témoin de ce qui se passe ou bien il va appréhender une situation, quelque chose qui se passe, puis il va leur transmettre. Je pense que c'est quand même positif que ce soit quelqu'un qui soit derrière parce que C'est p****. C'est personnalisé, quelque part. Et je pense qu'il y a une vraie attente du public là-dessus. On pourrait se dire, on peut faire la moitié de notre contenu, tu vas chercher des infos, tu fais des dépêches, tu les illustres en vidéo, et puis ça fait du contenu, mais je ne suis pas sûr. En fait, je ne pense pas que c'est le meilleur moyen pour augmenter son audience aujourd'hui, parce qu'il n'y a que ça sur le web. Je pense qu'aujourd'hui, faire des trucs qui ont... une authenticité, une légitimité, c'est peut-être comme ça qu'on peut se distinguer quelque part. Puis je pense que c'est ce que les gens attendent. Moi, je n'ai pas envie d'écouter de la musique faite par Ria sur Spotify, parce que si j'ai besoin d'avoir du bruit dans mes oreilles... Peut-être que je pourrais faire ça, mais je n'aime pas avoir du bruit dans mes oreilles. Moi, j'ai envie d'écouter un truc qui a du sens pour moi. Mais peut-être que c'est un problème de notre société aujourd'hui, c'est qu'on est tellement biberonné, on est tellement habitué à consommer, à être soumis à un bruit numérique phénoménal que ça devient presque un espèce de besoin comme une drogue. On est prêt à bouffer n'importe quoi, mais je ne suis pas sûr que ça nous rendra meilleur.
- Marcello Del Zio
Et Marcelo, si on revient juste un peu sur ton parcours, tous ces projets, est-ce que tu peux nous parler de ta plus grande leçon, ou en tout cas une leçon que tu retires ? Tu as dit que typiquement Canal Alpha, ça n'a pas toujours été tout rose, vous avez perdu un petit moment, enfin une concession. Oui,
- Bryan Umana
une partie de région. après ça c'était pas Ce n'était pas le plus dur dans ma vie. Je ne sais pas, on a vécu des moments assez difficiles. Je pense que peut-être une des choses qui est pour moi le plus marquant, c'est le fait qu'on est deux avec mon associé. Et puis, on a réussi à trouver un moyen de fonctionner ensemble. En fait, c'est une richesse d'être deux. Ce n'est pas facile toujours. Aujourd'hui, ce n'est pas difficile parce qu'à un moment, on se pratique. Mais ça veut dire que des fois, on ne fait pas exactement comme on veut. Mais des fois, il vaut mieux que ce ne soit pas comme on veut, puis d'arriver à faire un beaucoup plus long chemin, puis d'être plusieurs. Je pense que c'est une immense force. Ce que je retiens de tout mon parcours jusqu'à aujourd'hui, c'est peut-être le côté relation humaine. C'est peut-être ça le plus important. Et puis, on a toujours fonctionné ensemble avec mon associé, avec Joël. On a une grande chance, je pense, d'avoir pu faire ça ensemble. je ne suis pas sûr que tout seul j'aurais eu les épaules assez larges je suis même sûr que je n'aurais pas eu les épaules assez larges et je suis assez heureux en fait d'avoir pu jusqu'à aujourd'hui vivre ça et je suis assez admiratif des gens qui sont seuls en fait je ne sais pas comment ils font mais moi je trouve que ce qui est intéressant c'est quand on peut travailler avec des gens qu'on peut construire avec des gens, peut-être qu'à la fin, c'est le truc qui restera. Une société, une entreprise, ça va, ça vient. De toute façon, quand on mourra, soit elle disparaîtra, soit elle se transformera tellement qu'elle ne ressemblera pas du tout à ce qu'on a voulu faire, peut-être. Mais par contre, ce qui reste entre les gens, ça reste. Les expériences vécues... Nous, on est assez fiers parce qu'on a pas mal de collaborateurs chez nous qui sont là depuis longtemps. Et puis, je dirais qu'aujourd'hui, il y en a... pas mal où on a une vraie relation amicale, quoi. On a une vraie relation où on est content de travailler ensemble, de faire quelque chose ensemble. Puis pour moi, ça, ça a beaucoup de valeur en fait. Bien plus que des résultats en argent ou en succès. Je dirais que c'est peut-être ça qui est...
- Marcello Del Zio
Donc l'humain, ça c'est à l'autre. Ouais,
- Bryan Umana
ouais. À la fin, c'est ce qui compte en fait. C'est ça.
- Marcello Del Zio
Et on va gentiment terminer l'épisode. Est-ce que tu as des recommandations de livres, de podcasts ? Est-ce que toi, tu lis ?
- Bryan Umana
Alors, je ne lis pas énormément. En fait, je ne consomme pas beaucoup de... Moi, je suis plutôt du genre à essayer de me libérer l'esprit quand j'ai du temps pour aller réfléchir.
- Marcello Del Zio
Et par quel biais ?
- Bryan Umana
J'aime bien marcher. Prendre du temps pour penser. J'aime bien me barrer dans des grands endroits où il n'y a pas trop de monde.
- Marcello Del Zio
Perdu ?
- Bryan Umana
Oui. J'étais en Islande tout l'été, par exemple. Ah oui ? Seul ou en famille ? Avec ma femme. Ok. Mais... L'été ? Oui, presque. Quatre semaines ? Quatre semaines, quoi. Ok. Voilà, je n'ai pas trop de recommandations à faire. Peut-être que je n'ai pas trop de sources à donner. Mais un truc, une recommandation que je ferais, c'est ce que j'ai dit au tout début, c'est peut-être se poser la question, c'est quoi vraiment ma voie ? Pourquoi je suis fait ?
- Marcello Del Zio
Ça, c'est difficile à répondre.
- Bryan Umana
Ouais, il y a des moyens de chercher un petit peu des exercices.
- Marcello Del Zio
T'en as, comme ça, tu penses à quelque chose ?
- Bryan Umana
Ouais, par exemple, il y a un truc, quels sont les deux mots qui me caractérisent ?
- Marcello Del Zio
Ah ouais.
- Bryan Umana
Il y a tout un chemin pour arriver à ça, c'est... Voilà, c'est pas mal. Peut-être se faire aider par quelqu'un. Et puis, c'est quoi mes deux mots, en fait ? Et puis, c'est tout con, mais je pense que des fois, on se pose des questions un peu tard dans la vie. Et puis, peut-être qu'on devrait se les poser un peu tôt. Et puis, peut-être aussi oser se les reposer de temps en temps. Et peut-être à dessein, je dis, voilà, peut-être qu'il ne faut pas trop chercher des sources. On en a tellement aujourd'hui, il y a tellement d'infos, tellement de trucs et tout ça. Des fois, j'ai envie de dire, il faut plutôt chercher sa voix. Puis peut-être que sa voix, il faut la chercher sans être trop influencé. Puis se demander vraiment qu'est-ce que j'aime, qu'est-ce que j'apprécie faire, qu'est-ce qui résonne en moi, qu'est-ce que les autres apprécient que je fasse. C'est quoi ma... place un petit peu, plutôt que d'être toujours dans la comparaison, dans la compétition, de se dire voilà, moi je suis plutôt comme ci, comme ça. Il y a des gens, ce ne sont pas des meneurs de projet, mais ce n'est pas grave, ils ont des autres valeurs. Et je trouve qu'aujourd'hui, c'est un message important dans ce monde où on est tous en comparatif, on doit exister. On doit avoir X personnes sur LinkedIn, tout ça. Puis, je ne suis pas sûr que ça construit, en fait.
- Marcello Del Zio
Oui, complètement. Et donc, chacun de tes enfants ont ces deux mots ?
- Bryan Umana
Je ne pense pas, non. Je n'aurais jamais parlé de ça. Ah, ok.
- Marcello Del Zio
Tu penses qu'ils écouteront ce début-là ?
- Bryan Umana
Je ne sais pas. Mon fils, il me recommande souvent des podcasts. D'accord. De temps en temps, j'en écoute. Souvent, c'est intéressant.
- Marcello Del Zio
Plutôt anglophone, francophone ? Les deux, mais...
- Bryan Umana
Mais voilà, je ne suis pas... Encore une fois, je ne suis pas à l'affût de...
- Marcello Del Zio
Non,
- Bryan Umana
peut-être que je devrais, mais j'en ressens pas trop le besoin maintenant.
- Marcello Del Zio
Ok. Et juste avant de te poser la prochaine question, donc tu dis se faire accompagner pour chercher, trouver ces deux mots, c'est un accompagnement par... Je ne sais pas.
- Bryan Umana
Aujourd'hui, il y a plein de gens qui font du coaching. Je ne vais pas donner des noms ici. Toi,
- Marcello Del Zio
tu avais fait ça ? Tu as fait cet exercice ? Oui. Ok.
- Bryan Umana
Puis ça m'a beaucoup apporté.
- Marcello Del Zio
Mais tu fais quoi ? Là, la personne qui se dit « Oh purée, mais ça me parle, mais tout seul, je ne sais pas comment faire » , qu'est-ce qu'elle fait là ?
- Bryan Umana
C'est juste un chemin. Voilà, comment tu y arrives ? Alors peut-être que là, le chemin qu'on avait suivi, c'est réfléchi à... à trois moments, trois histoires que tu as vécues dans ta vie qui t'ont profondément marqué, où tu as été profondément dans le bonheur. Et puis après, tire-en cinq verbes et cinq noms. Et puis après, si tu devais en retenir qu'un verbe et qu'un nom, et puis pourquoi, et puis qu'est-ce que tu mets derrière, ça, ça peut être un chemin, par exemple. Mais il faut prendre deux, trois heures pour ne pas le faire. Là, je l'ai fait la va vite. Le chemin est un petit peu plus élaboré que ça. Mais par exemple, après, c'est une connerie ce truc.
- Marcello Del Zio
Tu connais Ikigai ? Non,
- Bryan Umana
mais je pense que quand tu cherches sur Internet, tu trouveras plein de méthodes ou de gens qui peuvent t'aider à faire ce genre de trucs. Ce n'est pas ce truc-là en particulier, mais c'est plus de dire... Essaye de trouver un truc qui te permette de te définir, de te connaître, même si ça appelaient à évoluer, mais... t'es qui vraiment en fait ? t'es fait pour quoi ? je trouve que c'est cool de répondre à cette question et puis sans jugement de valeur parce que moi je trouve que les plus belles personnes ça se mesure pas à leur succès ou à ce qu'ils font c'est plutôt à quel point ils incarnent qui ils sont comment ils sont heureux d'être qui ils sont c'est bien plus beau que ce que...
- Marcello Del Zio
Ça me fait penser à ma fille, qui a six mois, qui est heureuse de la vie. Elle n'a aucun biais. Elle veut juste manger, l'amour, dormir. C'est sa seule préoccupation. Ok, alors, tu n'es pas à l'affût d'informations, de sources, etc. Par contre, est-ce que... Est-ce que tu as une façon d'apprendre ?
- Bryan Umana
Je lis quand même pas mal de trucs.
- Marcello Del Zio
C'est plutôt des articles comme ça ?
- Bryan Umana
Oui, des articles. J'aime bien tout ce qui est technique. Je me nourris. J'aime bien lire beaucoup de choses techniques aussi. Je surfe sur Internet. J'ai beaucoup de sources. J'ai des millions de trucs que je regarde tout le temps. Je n'ai pas une source en particulier que je pourrais conseiller.
- Marcello Del Zio
Ok.
- Bryan Umana
Après, ça dépend. J'ai aussi un peu des périodes. Des fois, j'aime bien regarder des débats télévisés le soir, tard à la télé, parce qu'à un certain niveau, d'autres fois, j'aime bien... Enfin, voilà, c'est un peu... C'est pas tellement une habitude de vie. C'est un peu, je prends ce qui vient et je me pose pas trop de questions, je dois dire.
- Marcello Del Zio
Ok. Marcelo, j'ai un concept où l'ancien invité pose une question au futur invité, il ne sait pas à qui il va poser cette question. Bon, là, elle m'a posé trois questions. Donc, je te laisse choisir un, deux, trois, et je te lirai soit la une, soit la deux, soit la trois.
- Bryan Umana
Vas-y, prends la deux.
- Marcello Del Zio
La deux. De quoi n'as-tu pas le courage ?
- Bryan Umana
C'est une question, ça. Franchement, je ne sais pas trop. Je pense que de faire un truc...
- Marcello Del Zio
Je t'entends un petit peu loin.
- Bryan Umana
De faire un truc genre... Par exemple, faire un immense soie à l'élastique, je crois pas que j'aurai le courage.
- Marcello Del Zio
Mais t'en as envie ?
- Bryan Umana
Non.
- Marcello Del Zio
Alors ça compte pas. Je rigole. Je dirais... Enfin, de toute façon, j'en sais rien, moi. Pourquoi est-ce qu'elle a posé... Tu veux un peu d'eau ?
- Bryan Umana
Non, ça va.
- Marcello Del Zio
Je sais pas pourquoi est-ce qu'elle a posé cette question, mais comme moi, là, comme ça, j'ai envie de te dire quelque chose plutôt que tu...
- Bryan Umana
aimerais potentiellement mais voilà il y a ce petit truc mais le problème c'est qu'à chaque fois que j'avais vraiment envie d'un truc je l'ai fait quoi après des fois je l'ai un peu regretté et non mais par exemple j'aime bien prendre des risques donc il n'y a rien je sais pas ma dernière question Marcello
- Marcello Del Zio
Qu'est-ce que le succès pour toi ?
- Bryan Umana
Le succès, c'est d'être bien dans sa tête, d'avoir des gens qu'on aime et qui nous aiment autour de soi, puis d'avoir un bon équilibre dans tout, dans la vie. C'est un truc que j'ai remarqué, qu'il y a peu de gens qui réussissent. Moi, je suis assez... heureux de... voilà ça fait bientôt 30 ans que je suis marié avec mon épouse je m'entends super bien avec, j'ai des amis de très longue date avec qui je m'entends très bien je me suis beaucoup donné dans mon travail mais des fois beaucoup trop mais j'ai appris avec le temps à m'équilibrer et pour moi voilà d'être équilibré puis de ne pas être extrême dans... de ne pas avoir tout un pan de vie foutu parce qu'on a sacrifié pour un autre, je pense que c'est ça, être heureux pour moi.
- Marcello Del Zio
Tes enfants, tu les as assez vus ?
- Bryan Umana
Non. Qui peut dire qu'il a assez vu ses enfants ? Je les ai... Oui, je les ai vus pas mal, mais je ne les ai pas assez vus, non. Mais ce n'est pas grave, j'essaie de les voir maintenant aussi. Parce que c'est aussi super cool, même s'ils sont grands.
- Marcello Del Zio
Mais est-ce qu'ils te reprochent quelque chose ?
- Bryan Umana
Non, ils ne m'ont jamais, je ne crois pas. Alors, ils ne me l'ont pas dit, mais il ne me semble pas qu'ils me reprochent ça. Après, j'ai toujours eu la chance d'habiter assez proche d'où je travaillais, donc je les ai quand même pas mal vus, mes enfants. Peut-être que je n'avais pas toujours 100% de mon esprit à tous les repas, mais... Mais quand même, on était toujours une famille soudée assez proche.
- Marcello Del Zio
Tu t'imposais un petit peu des horaires, pas de boulot après 19h, le week-end, ce genre de trucs ? Ça,
- Bryan Umana
je n'ai jamais fait, non. Maintenant, j'ai des zones où j'ai appris à ne pas travailler à des moments. Mais je ne l'ai jamais fait dans une forme de discipline. Je l'ai fait petit à petit, en fait. OK. Mais maintenant, je suis capable de rentrer et de switcher et de passer deux jours sans penser au travail, ce que je n'étais pas capable. Il n'y a encore pas si longtemps. Mais je ne me suis pas forcé à le faire.
- Marcello Del Zio
Très bien, Marcello, merci beaucoup
- Bryan Umana
Merci à toi
- Marcello Del Zio
On te suit sur LinkedIn Ouais Je publie rien,
- Bryan Umana
j'ai rien à dire donc je pense que, voilà, si vous voulez me revoir il faut attendre la décision du tribunal sur Canal B, je vais faire 2-3 interviews puis après vous m'entendrez plus pendant un moment
- Marcello Del Zio
Bon, sache que tu es le bienvenu sur le podcast si tu as quelque chose d'autre à dire euh... Canal B, il n'y a pas de date ? Non,
- Bryan Umana
on ne sait pas. On pense que c'est bientôt, mais on ne sait pas.
- Marcello Del Zio
On attend.
- Bryan Umana
Oui, on attend.
- Marcello Del Zio
Quoi d'autre ? Est-ce qu'il y avait quelque chose que tu voulais absolument dire avant qu'on termine ? Écoute,
- Bryan Umana
non, je crois que j'ai déjà bien parlé. Jamais autant parlé, je crois.
- Marcello Del Zio
Merci beaucoup. Merci, Marcelo. Merci à toi. Merci tout le monde et puis à tout bientôt.
- Bryan Umana
Bye bye.
- Marcello Del Zio
Ciao ciao. Merci d'avoir écouté l'épisode de l'entier et pour m'aider à continuer. Je te demande une seule chose, abonne-toi au podcast sur ta plateforme préférée, sur Spotify ou Apple Podcast par exemple, et sur Youtube. N'oublie pas de donner ton avis en le notant avec la meilleure note possible et de le partager autour de toi, c'est ce qui m'aide à continuer. Rendez-vous mi-mars pour un nouvel épisode dans lequel on parlera de formation alternative. Ciao ciao !