- Bryan Umana
Pour le côté roman, à l'échelle régionale, d'après ce que j'ai trouvé, Canal Alpha, c'est près de 60 000 personnes chaque jour touchées. Oui,
- Marcello Del Zio
c'est plutôt 50 000, mais ça dépend des jours, mais disons, c'est entre 45 et
- Bryan Umana
65. Et puis, j'ai trouvé la RTS environ 600-700
- Marcello Del Zio
000. Oui, il me semble que c'est un peu haut, mais oui.
- Bryan Umana
500-600 000. Donc Canal Alpha c'est quand même environ 10% c'est pas anodin
- Marcello Del Zio
Si on prend toutes les chaînes régionales romandes on est en dessous de 200 000, on est autour de 250 000 donc c'est pas anodin, alors après on a quand même une audience beaucoup plus faible que la RTS, les chaînes régionales il ne faut pas se voiler la face, mais après on produit aussi beaucoup moins en général les chaînes régionales produisent entre 1h et 1h30 de programme par jour Alors que la RTS, il n'y a pas de bouclage des émissions. On peut tomber à n'importe quelle heure, on va avoir une nouvelle émission, une série, un journal, une émission, un magazine, etc. Mais c'est des moyens qui sont... On est dans des autres univers au niveau des moyens. Nous, je dis souvent, un temps présent, c'est la RTS qui le dit, ce n'est pas moi. En moyenne, une émission de temps présent, ça coûte 150 000 francs. Nous, avec 100 000 francs, on peut faire une émission hebdomadaire à l'année, peut-être pas hebdomadaire, mais disons bimensuelle à l'année, de qualité.
- Bryan Umana
Il y a un message là ?
- Marcello Del Zio
Non, mais c'est pour dire qu'en fait, on est le bouton d'après sur la télécommande. Quand on fait un journal d'info sur Canal Alpha, je ne pense pas que nos sujets d'info soient moins bien que les sujets de l'RTS. Mais on a 10, 20 fois moins de moyens pour les faire. Mais on est obligé de faire un truc qui est un peu la même tranche, parce que sinon les gens ne nous regarderaient pas. Donc on n'a pas, on n'est de loin pas, on n'a pas une audience comme celle comparable à l'RTS, même si elle est quand même très significative. Mais on n'a pas non plus les moyens. Donc proportionnellement, je pense qu'on est assez bon. Et puis les chaînes romandes, depuis pas mal d'années maintenant, se sont bien professionnalisées. Elles ont un niveau de pénétration dans le public qui est assez important. On fait vraiment partie du paysage médiatique. En Suisse alémanique, c'est aussi le cas. Et au Tessin, encore plus fortement. Au Tessin, on peut plus s'orienter télévision. Mais c'est vrai qu'on a une pénétration qui est assez conséquente. Et puis on le voit bien. Après, il y a aussi des secteurs dans lesquels on sent bien qu'on a un retour. Assez positif, je citerais par exemple les élections fédérales. On est toujours très regardé pendant les élections fédérales parce qu'on est un peu le seul endroit où, dans chaque région, les gens peuvent voir leurs candidats. Ils peuvent voir à quoi ils ressemblent, comment ils parlent, qu'est-ce qu'ils racontent. Parce que sur les médias à l'échelon de la région linguistique, comme la RTS, on verra toujours les cadors des partis, mais on ne va pas voir les dix candidats. du haut du canton de Neuchâtel, du Parti Socialiste, ou bien les 15 candidats de l'UDC. Enfin, voilà. Donc, dans des moments comme ça, en fait, on est quand même, les télévisions régionales, un média qui remplit une case, qui est couverte par personne d'autre. Et puis, je pense que c'est aussi ce qui fait notre succès.
- Bryan Umana
Et donc, tu disais, typiquement, en parlant d'un budget de 100 à 150 000 pour une émission de temps présent à la RTS, Ce que eux font, donc ce budget-là, lui, il n'est pas contrôlé par la DETEC ou c'est l'OFCOM ?
- Marcello Del Zio
Oui, c'est l'OFCOM, qui est l'Office fédéral de la communication, qui dépend du DETEC, qui fait partie du DETEC.
- Bryan Umana
Ça, ils ne vont pas aller voir ? Non,
- Marcello Del Zio
parce qu'en fait, c'est de la surveillance financière et puis ils n'ont pas vraiment d'autorité pour faire... Alors, ils peuvent, dans les grandes lignes, surveiller des choses, mais ils ne peuvent pas aller dire, vous dépensez trop d'argent dans telle ou telle chose, ça ne s'est jamais fait. Tandis que nous, par exemple... J'ai déjà eu des contrôles d'Offcom qui nous expliquaient qu'on dépensait trop d'argent pour produire nos minutes alors qu'on est à 20 fois moins cher que la SSR.
- Bryan Umana
En 2020, en pleine pandémie Covid, ma femme et moi avons été rapatriés de Colombie. Heureusement, on était assurés chez la mobilière. Tout a été couvert. C'est pour ça que je leur fais confiance encore aujourd'hui. Tu veux une assurance suisse, fiable et proche de ses clients ? Contacte la mobilière, mentionne le podcast et tu recevras un petit cadeau à Neuchâtel. Ils se battent sur quoi ?
- Marcello Del Zio
Je ne sais pas.
- Bryan Umana
Mais ton avis alors sur le fait que la SSR ne soit pas contrôlée, parce que au final, justement, c'est de l'argent public, donc je ne sais pas, moi je me dis... En fait, je te pose cette question parce que... Récemment, j'ai un invité qui s'appelle Noam Yaron, qui est passé deux fois sur le podcast. Et puis, il y a eu toute une émission sur lui qui est sortie. Je n'ai rien relayé sur les réseaux sociaux ou quoi que ce soit. Maintenant, je le dis ici. Et au final, je me suis quand même dit, purée, c'était bien 30 minutes d'émission. En tout cas, c'était dispo en replay. Après, il l'a mis sur YouTube, etc. Et puis, les journalistes, ils sont allés, je crois, au Luxembourg pour parler avec un expert du sommeil. Il y a eu, je ne sais pas, comment... Ah, le mot m'échappe. C'est pas grave. Une grande assemblée sur le sommeil au Luxembourg. Donc, eux sont allés là-bas. Ils se sont déplacés, ils ont passé du temps. Il y avait évidemment des vidéastes, des journalistes, etc. Et je me suis dit, mais tout ça, pour un petit peu absolument tirer vers le bas Noam, du vrai à du faux, ok, bon, j'ai envie de dire, peu importe, mais j'ai trouvé un peu trop pour ce que Noam a fait. Et au final, j'ai trouvé trop exagéré, en fait.
- Marcello Del Zio
Oui, alors après, ça, c'est un vrai problème, en fait, je pense. idéologique.
- Bryan Umana
Est-ce que tu veux goûter la naturelle ?
- Marcello Del Zio
Oui, vas-y. C'est un vrai problème idéologique. C'est vrai qu'en Suisse, la Constitution garantit que les médias ne sont pas à la merci de l'État. Et les médias sont un contre-pouvoir. Ça fait partie d'une démocratie qui fonctionne bien.
- Bryan Umana
Ils doivent être libres.
- Marcello Del Zio
Voilà. Alors la problématique, c'est de se dire si certains médias sont financés par la redevance, on pourrait aller contrôler ce qu'ils font et puis du coup on influencerait le contenu de ce qu'ils font, puis du coup c'est plus un quatrième pouvoir et puis la démocratie fonctionne moins bien. Donc là je pense qu'il y a quand même une pierre angulaire qu'il faut conserver parce qu'elle est bonne, c'est sain pour la démocratie. Maintenant la problématique que tu évoques, moi je pense qu'il ne faut pas l'attaquer sous l'angle des coûts. Je pense certainement que la SSR... doit se poser des questions sur sa gestion financière, puis est-ce qu'elle dépense trop d'argent. Mais moi, contrairement à beaucoup de gens, je ne suis pas hyper fan de militer pour qu'elle réduise ses dépenses, parce que je trouve que c'est bien d'avoir la SSR en Suisse, parce qu'on en a besoin dans un pays avec 4 cultures, 4 langues, on en a besoin parce qu'elle amène beaucoup de choses. Et puis je trouve qu'on a les moyens en Suisse, pour être franc, de financer la SSR comme elle l'est aujourd'hui. Et financer aussi d'ailleurs, je trouve qu'on devrait augmenter les moyens pour financer les médias privés, mais je trouve qu'on devrait porter le débat, c'est plutôt sur un élément fondamental de la loi sur la radio et la télévision, qui des fois n'est pas mis en avant, c'est que dans la loi sur la radio et la télévision, il est dit qu'en fait les médias de service public doivent donner la parole au plus possible d'intervenants, et ils doivent exposer le plus possible d'opinions. Et puis... Moi j'estime que c'est pas à nous les médias de dire aux gens ce qu'ils doivent penser. Et je pense que dans notre monde aujourd'hui c'est capital. Parce qu'aujourd'hui en fait tout le contenu digital qu'on peut trouver sur les réseaux sociaux, sur Youtube etc. C'est toujours des gens qui ont une manière de penser et il faut penser que de leur manière. Puis tout le monde est enfermé dans sa bulle etc. Mais je pense qu'aujourd'hui notre société ce dont elle a besoin c'est pas de jugement. Mais c'est... qu'on puisse entendre les opinions de chacun avec respect. Et puis, à mon avis, c'est là-dessus qu'on devrait plutôt mettre le doigt au niveau de la SSR. C'est de demander à la SSR qu'elle soit le plus objective, le plus non-militant possible, qu'elle milite pour aucune cause, qu'elle ne soit pas teintée de gauche ou de droite. Alors voilà, il y a plein de gens qui font des procès d'intention à la SSR. Parfois je trouve qu'elle ne se remet pas assez en question là-dessus et je trouve qu'elle devrait avoir plus un rôle, moi je n'en sais rien de Yoram, ce qu'il a fait, ce qu'il n'a pas fait, s'il a été honnête ou malhonnête. Je ne trouve pas en soi malsain qu'un média de service public fasse une enquête. Peut-être que je ne suis pas certain que l'intérêt général, comme tu le dis, peut-être que ça ne vaut pas de dépenser tellement d'argent pour ça. Mais je n'aurais pas envie de dire, je trouve que de dire il ne faut pas dépenser de l'argent pour ça, ce n'est pas non plus sain en fait pour le système démocratique. Par contre, je trouve qu'on devrait être beaucoup plus strict en disant, ok la SSR a un mandat de service public, elle doit présenter toutes les opinions et respecter toutes les opinions de manière correcte en fait. Mais ça c'est assez difficile dans la vraie vie.
- Bryan Umana
Merci d'avoir écouté cet extrait et s'il t'a plu, n'hésite pas à aller regarder ou écouter l'épisode entier. D'ailleurs, n'hésite pas à partager le podcast autour de toi. Ciao ciao !