- Speaker #0
Je voulais parler du mental, Thomas. Le mental qui est dans la performance comme ce que toi tu fais, mais que ce soit sportif ou dans l'académique, très important. Parce qu'au final, le mental, c'est cérébral. Quand on pousse, quand on est à la salle, quand t'as plus envie, mais tu te dis, il me reste encore deux séries à faire, il faut que je les fasse. Même si tu as un côté de ton cerveau, celui qui te protège, te dit arrête, c'est bon, là c'est trop dur. Et l'autre il dit non, non, on y va, je ne suis pas la personne qui abandonne, etc. Ce mental-là, je le trouve beaucoup plus difficile que le mental qui te dit je vais me lever à 5h, 6h, 7h, peu importe l'heure, mais je vais bosser et je vais bosser. X temps, sans regarder mon attel, sans regarder les réseaux sociaux, je suis focus, ensuite j'ai ma petite pause, je fais, etc. Et en tout cas, pour moi, je le trouve, je ne dis pas que c'est facile, mais... C'est moins dur, quoi. Tu sais, ce mental physique où, je sais pas, t'as peut-être même le goût un peu du sang. Enfin, tu vois, et donc, tu es la meilleure personne pour comparer un peu ces deux. Tu vois de quoi je parle quand je dis ça ?
- Speaker #1
J'ai l'impression que la... la... différence en tout cas pour moi les packs alors il ya une partie et fort physique et fort plus intellectuel mais il ya à ces deux choses sont liées aussi là la durée pendant laquelle tu dois exercer ce mental le mental qui te pousse à faire des répétitions supplémentaires ou à tenir une minute de plus dans l'intervalle de course à allure très élevée Tu es, je trouve, confronté à une friction plus importante que celle de je continue à rester concentré ou je vais me lever tôt ou je vais prendre ma douche froide, je ne sais pas. Mais cette friction, elle est plus importante parce qu'il y a une intensité plus haute et j'ai l'impression que tu mobilises plus d'énergie, tu mobilises plus de ressources. pour aller au bout de ce que tu veux faire, mais tu le fais aussi sur une durée plus courte. Donc l'avantage, c'est que c'est peut-être plus dur, en tout cas le ressenti est plus dur, mais après une heure, deux heures, c'est bon, tu n'as plus besoin d'exercice mental, et puis tu vas prendre ta douche et te mettre au boulot, où là, comme tu dis, tu vas, je pense, mobiliser pas les mêmes ressources. une intensité un peu moindre. Donc, tu vas avoir moins besoin, tu vas, oui, avoir moins de nécessité de faire preuve de résilience. Par contre, il va falloir le faire pendant plus longtemps. Parce que là, tu vas démarrer une session de travail qui va durer 8 heures où il va falloir ne pas se laisser distraire, se reconcentrer à chaque fois que ton esprit... Justement, on disait qu'il y avait des moments où il fallait... Peut-être de temps en temps, laisser un peu l'esprit vagabonder, parce qu'on le fait, en tout cas moi je le fais jamais, et je pense que ça a des intérêts. Mais là, à l'inverse, quand tu veux réaliser quelque chose, c'est là où tu diriges ta concentration, tes ressources, vers un seul point, et ce focus, tu essaies de le garder tout le long. Donc le mental, pour moi, tu l'exerces à un niveau moindre, mais tu l'exerces sur une plus grande durée. Malgré tout... Moi, ce qui a été, je pense, le plus difficile jusqu'à aujourd'hui, en termes d'expression du mental, elle n'est pas d'ordre sportif, cette difficulté. Elle est vraiment d'ordre intellectuel pendant mes études, notamment en classe préparatoire. Donc, mon cursus, si tu veux, j'ai pris ce qui avait de plus difficile pour moi. J'ai fini mes études. au lycée et j'ai dit, ben c'est... Quelle est la matière, en fait, qui te demande le... Vraiment le p... le plus d'efforts pour obtenir le 20, donc à note égale pour toutes les matières, quelle est celle qui te demande vraiment de travailler intensément et pour moi c'était les maths. Je dis ok, c'est la tapante de the path of most resistance. En anglais on dit the path of least resistance, le chemin de moindre résistance. Je fais l'inverse, c'était vraiment prendre le contre-pied de ça. C'était, de nouveau, quelle est la plus grande difficulté ? Quelle est la pente avec la plus grande inclinaison ? Ah bah c'est les maths. C'est là où, à performance égale, c'est elle qui me demande le plus d'efforts, le plus d'énergie, le plus de temps. Donc je me suis orienté là-dessus. Et moi qui avais donc ces difficultés de concentration depuis petit sur lesquelles je travaillais, là ça a été... en classe préparatoire, trois ans où j'ai eu une vie monacale, où j'ai fait que ma journée n'a été que travail, hors sommeil, parce que même pendant les repas, si tu veux, j'écoutais la BBC pour faire travailler mon anglais, etc. Il n'y avait vraiment pas une seconde où j'ai fait autre chose. Je ne suis jamais allé au cinéma, au restaurant, je n'ai jamais touché les réseaux sociaux pendant trois ans. Je ne rentrais pas pendant certaines vacances à la maison, justement, pour faire que bosser. Même pendant les courses, en fait, je... Quand je faisais mes courses au supermarché, je continuais de travailler un peu mon cerveau. Et ça, ça a été en termes mentaux plus compliqué que ce que je fais actuellement en sport. Peut-être aussi parce que j'avais pris ce chemin de plus grande difficulté. J'étais avec une matière qui pour moi est particulièrement peu gratifiante parce qu'au début, je n'y comprends rien. C'est comme un langage en fait pour lequel tu n'as aucun mot auquel te raccrocher. Il faut toujours essayer de reconstruire, de poser les bases de la compréhension. Et j'étais en permanence en friction sur toutes mes journées pendant trois ans. À constamment me reconcentrer, mon esprit fatiguait. Je me laissais toujours trois secondes dès qu'il commençait à partir. de la feuille sur laquelle j'étais en train de travailler. Je comptais jusqu'à 3 et à chaque fois, j'en remettais. Mais ça, mentalement, ça a été vraiment, je pense, jusqu'à aujourd'hui, la chose qui m'a le plus coûté.
- Speaker #0
Donc ça, ça a été transformateur pour toi ?
- Speaker #1
Je pense que j'en... Et c'est aussi pour ça que j'avais choisi de mener ces études, c'est que je savais qu'en me mettant dans la difficulté... La plus importante, pendant trois ans, que j'allais faire ce périple un peu de... Je parlais de vie monacale, je savais que je n'allais pas en ressortir pareil à la fin. Et je pense que ça m'a transformé. C'est juste que comme tu évolues au jour le jour, toi, tu ne le perçois pas.
- Speaker #0
Thomas, on n'a plus énormément de temps, malheureusement, pour moi en tout cas. Il y a quand même un élément dont on n'a pas parlé et que je voulais mentionner pour les personnes qui nous écoutent et qui se diraient, de toute façon, Thomas, il est comme il est. Quand on va sur Insta, on te voit, tu es costaud, tu es un athlète d'endurance, tu as des temps phénoménals, etc. Mais pour rappel, quand tu débutes le sport en 2016, tu fais ton premier 10 kills en une heure.
- Speaker #1
Un peu plus d'une heure.
- Speaker #0
Un peu plus d'une heure, tu vois. Donc, pour les amateurs de course à pied qui ont un petit niveau, une heure pour un homme, 10 kills, c'est pas ouf ?
- Speaker #1
Qui plus est, je n'avais pas réussi à faire 10 kills tout de suite. J'ai dû arriver à faire le tour de quartier.
- Speaker #0
Voilà. Mais donc, tout ça pour dire que 9 ans plus tard, bientôt 10 ans, alors... Dans les stats que j'avais vues, tu avais fait un 10 kills en 36 minutes. Maintenant, peut-être qu'il est un peu plus bas. Normalement, oui. Il y a quand même une progression qui est... Tu vois, tu fais presque la moitié du temps. C'est quand même assez fou. Pour dire, quand on... Petite phrase cliché, mais quand on veut, on peut, quand on se donne les moyens, la discipline. Maintenant, c'est dommage, encore une fois, parce qu'on n'a plus beaucoup de temps. Ça, c'est le côté... Tu vois, quand tu dis ça à une personne qui, justement, n'a fait pas beaucoup de sport, mais qui aimerait, mais qui se trouve des excuses, ben, tu vois, ça va rien lui changer. Si tu lui dis, ouais, cool, mais la discipline, je l'ai pas. Enfin, je sais pas par où commencer. Bref, ça... Ça, t'en parles pas mal aussi, que peu importe ce que vous faites, justement, tu es parti de rien. On part tous. Alors oui, il y a certaines personnes qui ont plus ou moins des aptitudes génétiques ou autres, mais il y en a énormément qui n'en ont pas. et ça c'est un sujet que j'aurais voulu aborder mais étonné qu'on n'a plus beaucoup de temps J'aimerais quand même te poser une question que je pose à tous mes invités. Merci d'avoir écouté cet extrait. Et s'il t'a plu, n'hésite pas à aller regarder ou écouter l'épisode entier. D'ailleurs, n'hésite pas à partager le podcast autour de toi. Ciao, ciao !