- Bryan Umana
Comment est-ce qu'on sait si on doit, là maintenant, s'arrêter ou persévérer ? Alors, là tu cites les 300 000 qui vous manquaient en... c'était quoi en fait ?
- Christophe Wagnière
C'était 2022 ou 2023, je ne sais plus. Voilà,
- Bryan Umana
les 300 000 qui vous manquaient en 2022-2023. En l'occurrence, tu as un enjeu très particulier, précis. Là, on parle de l'école dans sa globalité. Mais par contre, dans un projet où une personne qui se lance... Quelqu'un qui se lance et qui veut créer son projet mais qui à côté bosse à 80-100%, peu importe, et donc qui n'a finalement, il n'y a pas vraiment d'enjeu, si ce n'est son temps, les soirs, les week-ends, etc. Mais comment on sait, là en fait je persévère mais je suis déjà dans l'échec, ou là je dois continuer à persévérer parce que, en fait, en sortant du tunnel, c'est là où... ou tout à coup le projet va prendre ?
- Christophe Wagnière
Alors, je pense qu'on le sait bien après, malheureusement. Non, c'est une excellente question, parce qu'effectivement, on a ce moment de la traversée du désert, on doit juste attendre, et puis serrer, faire le dos, etc. Alors, moi, j'ai envie de dire, et ma réponse, c'est pas juste ou faux, mais je pense qu'il faut écouter les gens autour de soi, Et puis... Une fois qu'on les a écoutés, il faut écouter sa voix intérieure pour dire, là maintenant que j'ai entendu tout ça, c'est quoi que j'ai envie de faire ? Moi j'ai créé des entreprises, je les ai fermées, j'ai bossé dans des boîtes qui ont fait faillite. J'ai jamais regretté, alors peut-être que j'aurais dû faire différemment, etc. Mais même si j'avance, parce que si je suis synchrone avec moi-même, si je sais pourquoi je suis là, si la raison d'être de ce que j'ai en train de faire a du sens, Même si j'ai chou à la fin, j'ai appris. Alors bien évidemment que c'est facile quand c'est ton temps et ton argent. Mais quand tu es en train de jouer avec le temps d'autres personnes et l'argent d'autres personnes, c'est un peu plus compliqué. Mais si ces personnes te font assez confiance, en fait, il ne faut pas oublier que c'est toi qui portes ce projet. Alors que ce soit un toi individuel ou un toi collectif, ce n'est pas important. Et je pense qu'il faut avoir ce système et être prêt à le faire. Et à l'inverse, quand on n'est pas capable de vivre avec ça, il ne faut pas le faire. Et je pense que c'est très individuel. Parce que vous allez avoir des gens, alors quand on est entrepreneur, le nombre de gens qu'on aime bien autour de nous, qui s'inquiètent pour nous et notre santé, si on les écoutait, on ne serait jamais entrepreneur. Maintenant, il faut aussi les écouter, puis il faut se dire, mais voilà, jusqu'à quel moment je suis OK de sacrifier une partie de ma vie privée, de ma santé, pour faire ce que j'aime ? Alors certains font faire du sport, d'autres font de l'entrepreneuriat. Je veux dire, c'est la même chose. Pour moi, souvent, on me dit « mais t'es fou » , mais j'aime ce que je fais. Même si je dois me tuer à la tâche pour être un peu extrême, mais je n'en ai rien à faire. Mourir pour un truc qu'on aime, moi, je n'ai pas de problème. Mais par contre, il faut vraiment se questionner. C'est-à-dire que s'il y a une dissonance cognitive interne, là, il ne faut plus y aller. Et je pense que c'est la clé chez les entrepreneurs, c'est de savoir qu'à un moment donné, ce n'est plus le moment. Et puis, quand vous savez que ce n'est plus le moment, Il faut passer la main ou arrêter. Et là, c'est dur. Parce qu'en fait, vous savez à l'inverse que tout repose sur vous et que si vous arrêtez, ça pourrait s'arrêter aussi. Mais là, si vous, vous n'êtes plus en état de le faire et si vous n'y croyez plus, ça ne marche pas. Alors, je ne dis pas qu'il y ait des phases. Il faut se laisser quelques jours. On en a toujours des phases. Des fois, ça m'arrive le soir en me couchant, puis le matin, ça va mieux. Mais voilà, je pense que c'est fondamental. Et puis, c'est de ne pas être seul là-dedans. C'est-à-dire qu'il faut en parler.
- Bryan Umana
On parle beaucoup de souveraineté digitale, mais quand il s'agit de passer à l'action, on ne sait pas toujours par où commencer. Heureusement, ici en Suisse, on a un acteur de confiance, Infomaniac. Avec ses outils comme le mail, le chat professionnel, le drive ou encore son IA Eurya, Infomaniac permet de garder ses données en Suisse avec un contrôle total. Moi, je les utilise depuis des années. Le respect de la vie privée, leur engagement social et leur engagement vis-à-vis de l'environnement c'est exactement ce que je cherche. C'est pour ça que cette collaboration est une évidence.
- Christophe Wagnière
Je fais beaucoup de coaching professionnel, c'est-à-dire de la part de professionnels qui me coachent de manière formelle ou informelle, c'est-à-dire je les paye ou je ne les paye pas. Et à l'inverse, je fais beaucoup de coaching professionnel aussi pour des personnes qui viennent me voir. Parce que je trouve, j'ai tellement reçu, que moi je donne aussi. Mais ce que je trouve intéressant, c'est d'écouter. Et puis, bah... Persister dans l'erreur ou persister dans son combat, ce n'est pas la même chose. Si vous prenez le mur à chaque fois, puis que vous recommencez, puis que vous ne dites pas « je vais peut-être aborder le mur d'une autre manière » , vous allez vous faire très mal, ça ne va pas aller. Donc essayez d'aborder le mur à gauche, à droite, puis au bout d'un moment vous dites « j'ai tout essayé, est-ce que j'étais capable ? » C'est bon, j'arrête, je vais voir autre chose. Votre énergie, vous pouvez la mettre dans quelque chose de beaucoup plus fort. Et en fait, ce que vous aura amené cette expérience, c'était peut-être de faire cette autre chose-là. Voilà. c'est très simple à dire, c'est très simple on le lit dans tous les livres de gens qui écrivent là-dessus, j'explique dans le livre sur 42, t'as vu le placement de produit quand même, sur l'aventure 42 c'est bien et quelle a été notre expérience puis les lessons learned et c'est drôle parce qu'on a ouvert 42 Lausanne, puis maintenant on est en train d'ouvrir 42 Zurich, on se dirait c'est une école 42 même personne, même pays on peut discuter de la notion de même pays avec Zurich mais euh Mais ce n'est pas la même histoire. Ça fait 4 ans que je me bats, 5 ans que je me bats. C'est un truc de fond. Maintenant, on peut ouvrir. On va ouvrir en septembre, octobre. Mais c'est bon. Alors, on est en train de finaliser le lieu. On a trouvé l'argent. On a changé. À Lausanne, on a été fondé par des entreprises qui ont mis l'argent, etc. À Zurich, c'est des fondations pour lancer le projet. On a réussi, grâce à Christina, qui est la responsable de Zurich, de trouver l'argent dans les fondations. Puis maintenant, on doit aller chez les entreprises. Et à Lausanne, c'était les entreprises, puis maintenant, c'est les fondations. C'est marrant, hein ? On est les mêmes personnes. Même si on est à des langues différentes, des cultures, on est quand même dans un écosystème économique assez proche. Mais l'histoire n'est pas la même. On a créé 42 Lausannes à l'ère du Covid. On a créé 42 Zurich à l'ère de l'IA. Ce n'est pas le même moment. Donc, je pense que c'est aussi ça. Et je trouve intéressant. C'est-à-dire que toutes les recettes toutes faites, ce ne sont pas des recettes dans le sens où je reproduis exactement la même chose. Je vais avoir un plat qui est assez proche. C'est vraiment des histoires, des bonnes pratiques, et puis c'est comme une méthode de projet. Si on ne l'applique pas à notre contexte, elle ne fonctionnera pas. Et ça, je trouve intéressant. C'est derrière les histoires, de comprendre les fils rouges, de comprendre les valeurs avant, les raisons d'être, c'est ça qu'il faut comprendre. Puis après, il faut l'appliquer dans un contexte, avec des aides humaines, dans un marché qui est celui dans lequel on est, puis c'est ça qu'il faut écouter.
- Bryan Umana
J'aimerais rebondir sur une phrase que tu viens de dire, il y a trois minutes. Tu as dit « il faut écouter les gens autour de nous » . Et ça, je trouve qu'il y a deux pendants à ça. Parce que, déjà, quels sont les gens autour de nous ? Est-ce qu'il nous tire vers l'avant ? Est-ce qu'il nous tire vers le bas ? Parce qu'on le sait, on est la moyenne des cinq personnes qu'on comptoie le plus. Donc très important de s'autourer de gens. Enfin après, encore une fois, ça dépend. C'est comme tu disais avant, un profil atypique ou typique, c'est plus ou moins égal. Les deux peuvent potentiellement créer des boîtes, créer des belles organisations et autres. Et là, pareil. Pas tout le monde veut avancer d'une certaine façon. Par contre, les gens qui nous écoutent sont plutôt des gens qui veulent apprendre, qui sont inspirés par des personnalités, des invités comme toi, et donc qui veulent avancer. Je dis ça parce que notre environnement est fondamental. On va grandir ou à l'inverse, reculer. Selon les gens qu'on côtoie. Et donc, je voulais remettre ça sur la table parce que si on est entouré de gens qui sont justement qui n'ont jamais lancé de projet, qui ont peur de se lancer et qui vont de facto. Comment tu sais, le mot m'échappe. Disons, je vais le tourner d'une autre façon. te voir comme un reflet, mais qui ont peur de ce reflet-là et donc qu'ils ne veulent pas te voir avancer. Donc, ils vont plutôt te dire, non, il ne faut pas le faire, attention à ci, attention à ça. A l'inverse, si on a des gens qui justement ont déjà lancé leur boîte, sont à un endroit ou un niveau auquel toi, tu aspires, là effectivement, là c'est des gens auxquels il faudrait T'inspirer et écouter. Merci d'avoir écouté cet extrait. Et s'il t'a plu, n'hésite pas à aller regarder ou écouter l'épisode entier. D'ailleurs, n'hésite pas à partager le podcast autour de toi. Ciao, ciao !