Speaker #1Bienvenue dans C'est normal ou pas ? Le podcast qui parle de ce qu'on ressent quand tout déborde. Ici on explore les émotions, le stress et cette mécanique humaine qu'on ne nous a jamais vraiment appris à comprendre. Si vous avez parfois l'impression de ne plus rien contrôler, le stress qui monte, les crises d'angoisse, les émotions trop fortes, la fatigue qui s'installe et que en silence vous vous demandez Est-ce que c'est normal de réagir comme ça ? Est-ce que je suis trop sensible ? Est-ce que c'est moi le problème ? Alors vous êtes au bon endroit. Je m'appelle Karine Agnès, je suis accompagnante en thérapie. Bref, dans chaque épisode, je vous propose d'explorer ce qui se passe en vous, surtout quand ça déborde. Sans culpabilité, sans recettes toutes faites, juste des éclairages, des outils concrets et de la douceur. On y va ? Bienvenue dans ce nouvel épisode de C'est normal ou pas ? On est en plein cœur de l'été. Vous êtes peut-être encore en vacances, ou vous venez de rentrer. Ou encore vous n'avez pas eu de coupure du tout ou vous attendez la vôtre avec impatience. Quelle que soit votre situation, j'ai envie de vous poser ces quelques questions. Dans quel état arrivez-vous généralement aux vacances ? Est-ce que vous en revenez reposé ? Et si oui, combien de temps ça dure ? Parce que pour beaucoup de personnes, la dernière ligne droite avant les congés c'est souvent ça. Compter les jours, tenir, puiser les dernières réserves et espérer que les vacances vont tout réparer. Et puis les vacances arrivent et là... Vous pouvez vouloir en profiter, voir la famille, les amis, visiter, bouger, ne rien rater ou rattraper le temps perdu. Surtout si c'est prévu depuis longtemps et que vous avez attendu ça pendant des mois, il faut que ça envahit le coup. Et quand c'est le moment de rentrer de vacances, vous avez changé d'air, ça a fait du bien, mais est-ce que vous vous êtes reposé ? A l'inverse, vous en avez profité pour dormir, traîner, flémarder tellement il y en avait besoin. Et quand c'est le moment de rentrer, il peut y avoir un peu de frustration, ne pas avoir fait grand chose. Elles sont passées vite ces vacances et vous n'êtes pas sûr d'être si bien reposé que ça. Alors aujourd'hui, j'ai envie de revenir vous parler du repos. Je vais m'appuyer sur des extraits d'épisodes précédents qui parlent de fatigue, repos, ressourcement vous avez les références en description, et y apporter un nouvel éclairage parce qu'on ne parlera jamais assez de ces sujets. Voici le premier extrait. La fatigue, ce n'est donc pas seulement une question de sommeil et de récupération, c'est un signal, un indicateur de l'état global de notre système, et plus on agit tôt, plus il est facile de réguler. Et donc je rappelle un point important, il peut y avoir de nombreuses raisons à la fatigue, pas seulement le stress dont je parle ici. Elle peut être liée à une apnée du sommeil, un trouble hormonal, un état dépressif, une carence alimentaire ou une maladie. Donc première étape, consulter son médecin et faire un bilan médical, toujours. Outre la cause médicale, la fatigue peut aussi venir d'un des règlements du cycle naturel veille-sommeil. En effet, quand le stress s'installe, il crée une surcharge dans notre organisme. Une surcharge physique, tension musculaire dans le dos, la nuque, la mâchoire, oppression dans la poitrine, palpitations, troubles digestifs. Une surcharge cognitive, rumination, pensée négative, difficulté de concentration. Une surcharge émotionnelle, irritabilité, nervosité, colère, saut d'humeur. Bref, notre système étant sur activation, c'est comme conduire avec le pied coincé sur l'accélérateur sans réussir à relâcher. Et une des clés, c'est d'apprendre à céder soi-même à décélérer. A chaque fois qu'on se pose dans la journée, même pour quelques minutes, on aide notre organisme à réduire son niveau d'activation. Et en faisant ça, on prépare aussi un sommeil de meilleure qualité le soir. Ainsi, ce que je vous disais dans ce précédent épisode, c'est que la fatigue a des stades, qu'elle est un signal, et que le repos, ça ne se résume pas à la nuit de sommeil. Et le repos, justement, savoir ce que c'est vraiment, faire la différence entre se reposer et se ressourcer, l'été, cette période des grandes vacances, est particulièrement intéressante pour se poser ces questions. Parce qu'on a souvent plus de temps que le reste de l'année, mais avoir du temps ne suffit pas à se reposer. Encore faut-il savoir ce dont on a vraiment besoin. Et ce n'est pas aussi évident qu'il n'y paraît. Prenons un téléphone portable. Quand il chauffe, qu'est-ce qu'on fait ? On l'éteint pour éviter la surchauffe. Et quand la batterie est vide ? On cherche un chargeur et on le branche. C'est pareil avec une voiture, si le moteur chauffe, on coupe le contact, si le réservoir est vide, on fait le plein. Il ne nous viendrait pas à l'esprit de remettre de l'essence si le moteur chauffe, ni de croire que le niveau d'essence va remonter tout seul en coupant le contact. Alors bien sûr, nous ne sommes pas des machines, le corps humain est beaucoup plus complexe, mais quand même, c'est la même logique. Et quand nous ne savons pas identifier nos besoins, on peut facilement se tromper. On peut chercher à se reposer alors qu'on a besoin de se ressourcer, Et dans ce cas, la fatigue reste là, incomprise. Concrètement, qu'est-ce que ça veut dire se reposer ? C'est comme mettre l'appareil sur off. Notre organisme est en surchauffe et il faut arrêter de l'utiliser un moment. Et se ressourcer, c'est comme refaire le plein d'énergie, recharger la batterie qui est vide. Se reposer, se ressourcer, deux besoins différents qui demandent des réponses différentes. Et pourtant, nous les confondons souvent, ou nous pouvons totalement les ignorer, tous les deux. Même en vacances. Et c'est maintenant que je vous parle de l'idée d'Albert Moukéber, docteur en neurosciences et psychologue, qui vient remettre tout ça en perspective. En effet, il nous dit que les vacances, telles que nous les vivons aujourd'hui, sont une absurdité biologique. Pas parce que le repos ne sert à rien, au contraire, mais parce que le rythme que nous nous imposons est fondamentalement incohérent avec notre fonctionnement. Comme argument, il indique que nous ne traitons aucune autre fonction de notre corps de cette façon. Il donne différents exemples du genre manger 20 kilos de nourriture en deux jours puis plus rien pendant plusieurs semaines, dormir la première semaine de chaque mois puis plus du tout jusqu'au mois suivant, ou encore retenir sa respiration pendant une heure puis souffler tout d'un coup. Alors nous demande-t-il pourquoi penser que nous pouvons nous épuiser pendant des mois et récupérer en 15 jours ? Résultat de ce mode de fonctionnement où nous arrivons aux vacances en apnée et elles risquent d'être vécues sous pression, surtout si nous nous mettons de nouvelles injonctions, profiter, voir des gens, ne rien rater, en avoir pour son argent, ou bien nous essayons de rattraper. Dormir 12 heures par nuit, s'effondrer sur un transat, oui parfois ça aide un peu, mais ça ne répare pas ce qui s'est accumulé pendant des mois. Bien sûr, Albert Moukébert ne dit pas d'arrêter de prendre des vacances de plusieurs semaines, ce qu'il pointe c'est le rythme global que nous adoptons généralement. Il recommande de prendre des vacances quotidiennes. des micro-pauses où on ne fait rien. Trouver le moyen d'utiliser et de reposer son cerveau tous les jours, de sortir de la pression de la performance. Nous avons besoin de micro-pauses, d'espaces de décompression réguliers pour que les grandes coupures puissent vraiment être des coupures. Alors l'été, c'est peut-être le moment de réapprendre à s'arrêter vraiment. Bien sûr, c'est facile à dire, car il y a quelque chose de plus profond derrière tout ça. La fameuse pression de la performance selon Hebert Muckeber, ou la question de pourquoi. on n'arrive pas à s'arrêter, même quand on en a besoin et même quand on le sait, dont je parle dans un autre épisode. Tenir n'est pas une valeur, c'est une stratégie. Et une stratégie peut devenir inadaptée. D'ailleurs, ce n'est pas parce qu'une phrase est courante qu'elle est juste. Beaucoup de ces injonctions valorisent la souffrance et disqualifient l'arrêt. Pourtant, continuer à tout prix n'est pas une preuve de solidité, c'est souvent le signe que la limite a déjà été dépassée. Et ce sont souvent les personnes les plus engagées, les plus consciencieuses, les plus loyales qui s'épuisent le plus. Pas parce qu'elles sont fragiles, mais au contraire, parce qu'elles tiennent longtemps, parfois trop longtemps. Autrement dit, ce n'est pas l'incapacité à supporter qui pose problème, c'est le fait de supporter au-delà de ce qui est soutenable. Et dans ce domaine, il existe un piège très fréquent, continué par principe. Dans la vie quotidienne, cela peut ressembler à... Une relation où chaque échange vous tend, mais que vous maintenez par fidélité ou par habitude. Un contexte professionnel où l'énergie dépensée à encaisser dépasse largement celle consacrée au travail réel. Un conflit familial ancien que vous continuez à nourrir en espérant un jour être entendu. Une tentative répétée de faire changer quelqu'un, qui ne change pas. Bien sûr, ce qui fait continuer, ça peut être l'envie que ça change, de réussir malgré tout, d'obtenir justice ou de la reconnaissance. Ce qui fait continuer, bien souvent, ça peut aussi être de la peur. de regretter, d'être jugé, de se juger, de laisser passer quelque chose, ou peur des conséquences qu'on imagine toujours au pire. Pourtant, il y a un indicateur qui est toujours fiable. Quand une situation vous coûte plus qu'elle ne vous apporte, sur la durée, ce n'est pas la situation que vous tenez, c'est vous que vous épuisez. J'aime bien cette formulation. Tenir n'est pas une valeur, c'est une stratégie. Parce qu'elle retire la dimension morale du mot tenir, comme si tenir voulait dire qu'on est fort, courageux, méritant. Et dans le contexte de l'été, on voit bien comment ça joue. On a tenu pendant des mois, et maintenant on se dit qu'il faut profiter, que c'est une chance, qu'il serait dommage de gâcher ses vacances à ne rien faire. Surtout si le reste de l'année, on n'a pas le temps de faire quoi que ce soit d'autre que de courir entre toutes les charges à assurer. Même en vacances, nous pouvons nous mettre la pression de bien faire les vacances. Alors prenons la décision de nous arrêter. Oui, s'arrêter est une décision active. C'est choisir de ne pas être dans la performance, et surtout pas la performance du repos. Vous savez, faire tant de minutes de méditation chaque matin, faire de la cohérence cardiaque trois fois par jour, ou tout autre exercice formalisé. Non, s'arrêter, c'est plutôt accepter de s'ennuyer un peu, de laisser de l'espace au vide. Et ce n'est pas forcément agréable, surtout quand on n'en a pas ou plus l'habitude. C'est aussi cette capacité à tolérer un moment sans rien de prévu à l'agenda, sans activité, sans but, et c'est probablement une des choses les plus difficiles pour beaucoup d'entre nous, parce que nous n'avons pas appris que c'était possible. Alors que vous soyez encore en vacances au moment où vous écoutez cet épisode, ou que vous soyez déjà entrés, est-ce que vous pouvez vous offrir un moment, même cours, juste vous, là, sans agenda, sans but ? Quand la fatigue s'installe, ce n'est pas toujours parce qu'on a dépensé trop d'énergie physiquement. C'est parfois parce qu'on a dépensé de l'énergie psychique et émotionnelle, à ruminer, à s'inquiéter, à compenser un besoin qui n'est pas nourri. Et effectivement, ça change tout. Parce qu'on se rend compte que la fatigue n'est pas seulement un signal de trop d'efforts, mais aussi un signal de manque de sens, de manque de joie ou de manque de lien. Alors qu'est-ce qu'on retient de tout ça ? La fatigue est un signal. Plus on l'entend tôt, plus c'est facile d'y répondre. Se reposer et se ressourcer, ce n'est pas la même chose, et confondre les deux, c'est risquer de rater les deux. Les vacances ne peuvent pas compenser 10 mois d'épuisement accumulés, pas parce qu'elles sont trop courtes, même si on est bien d'accord, les vacances c'est souvent trop court, mais parce que ce n'est pas comme ça que fonctionne notre organisme. Et s'arrêter vraiment, de rien faire, sans objectif, sans avoir à profiter de quelque chose, c'est certainement une des choses les plus difficiles à faire. Nous n'avons pas appris à le faire et nous n'en avons pas l'habitude. Nous avons plutôt appris à tenir et avons été formés à la performance. Pouvez-vous vous autoriser à vous reposer vraiment ? Non, non, pas dans l'idée d'être plus efficace après. Juste parce que vous en avez besoin. Ou aussi, juste parce que ça fait du bien. Juste pour le plaisir. A bientôt ! Vous venez d'écouter C'est normal ou pas ? Si cet épisode vous a parlé, si vous vous êtes reconnu, ou si vous pensez à quelqu'un à qui il pourrait faire du bien, n'hésitez pas à le partager, ou à laisser un petit avis. Ce podcast est là pour ouvrir des portes, mais il ne remplace pas un accompagnement. Ce que vous ressentez a une logique, toujours. Et parfois, ce dont on a besoin, c'est d'une vraie écoute, d'un espace sécure où déposer ce qu'on traverse, d'un regard extérieur, d'un coup de pouce, ou simplement d'un peu de soutien. Alors si vous sentez que c'est le moment pour vous, osez faire ce pas. Retrouvez tous les autres épisodes sur vos plateformes habituelles, contactez-moi sur mon site internet carinaniès.fr ou simplement parlez-en autour de vous. Merci d'avoir été là, à très bientôt.