Speaker #0Bonjour à tous et bienvenue dans ce premier podcast. Je m'appelle Candice, je suis psychopraticienne et ici j'ai envie de partager avec vous des choses que j'ai vécues, des réflexions et des expériences parce que je crois qu'on a tous besoin de se sentir moins seul dans ce qu'on traverse. Pour commencer, j'avais envie de vous parler de la dépendance affective. car c'est un sujet qui m'a beaucoup touchée et dont je suis encore en chemin. Si je devais mettre des mots simples sur qu'est-ce que la dépendance affective, je dirais que c'est quand on attend des autres, ce qu'on n'arrive pas vraiment à trouver en soi. Ça se construit très tôt, dans l'enfance, entre 0 et 7 ans, on va venir observer, regarder nos parents, nos proches, et avec notre regard d'enfant, on va en tirer des conclusions. Et ces conclusions, ça va devenir nos propres croyances et nos façons de fonctionner. Moi, j'ai vraiment découvert la dépendance affective à travers mes relations. Elles étaient souvent éphémères, mais ce n'était pas seulement le fait qu'elles ne duraient pas, c'était aussi le fait qu'elles étaient aussi très conflictuelles. J'avais tendance à en demander beaucoup à l'autre. Je cherchais sans cesse des preuves d'amour, des marques de présence. et forcément, ça finissait par créer de la tension. Je n'étais jamais vraiment satisfaite. J'avais toujours ce sentiment qu'il me manquait quelque chose. Et comme je projetais énormément mes besoins sur l'autre, j'avais vraiment l'impression de trop en demander et ce qui m'amenait souvent à me faire rejeter et à vivre de l'abandon. C'était un cercle sans fin. Plus j'avais peur de perdre l'autre, plus je m'accrochais et plus inconsciemment je... je provoquais ce que je redoutais le plus. Et quand ces relations se terminaient, je me retrouvais face à un énorme vide. J'avais l'impression qu'une partie de moi s'en allait avec l'autre, comme si je ne pouvais plus exister sans l'autre. Et ce vide-là, il n'est pas seulement émotionnel, parfois il devenait presque physique. Je ressentais une insécurité profonde, très douloureuse, qui me donnait la sensation de ne vivre qu'à travers l'autre. Il y a une image qui m'a beaucoup aidée à comprendre qu'est-ce qu'était réellement la dépendance affective, c'est celle du réservoir. On a tous un réservoir d'amour en nous, et quand on a une dépendance affective, on attend que ce réservoir soit rempli par l'autre. Et tant que la personne est là, on va se sentir bien, mais dès qu'elle n'est plus là, tout ce vide se retrouve face à un manque énorme. Et moi, je me suis rendu compte que mon chemin, c'est vraiment d'être à prendre, à remplir ce réservoir par moi-même. Avec du recul et surtout grâce à l'aide thérapeutique qui m'a accompagnée, j'ai découvert qu'il y avait énormément de croyances inconscientes derrière tout ça. Des choses que même moi, je n'avais vraiment pas du tout conscience. Comme par exemple, qu'en amour, on finit toujours par être déçu. Ou que si je montrais ma vulnérabilité, j'allais être rejetée. ou encore que pour garder quelqu'un, il fallait que je m'oublie. Et je n'avais pas conscience de ça, mais ça dirigeait mes choix. Et forcément, ça m'amenait à attirer des situations qui venaient confirmer ces croyances. Et puis, j'ai aussi compris que ce n'était pas que mon histoire, qu'il y avait quelque chose de plus large. Et ce qui m'a amenée aussi à avoir toutes ces prises de conscience, c'est de m'intéresser à mon tranche générationnelle, parce que parfois, on porte aussi les croyances. et les blessures de notre famille et de nos ancêtres. Et ça, on ne s'en rend pas toujours compte. Ça peut être une peur de l'abandon qui se répète par exemple de génération en génération, ou une croyance sur la place de la femme, ou sur la place de l'homme dans l'amour. Et c'est vrai que pour une femme, trouver sa juste place en amour, ce n'est pas toujours évident. On peut porter des loyautés invisibles, des mémoires qui ne sont même pas les nôtres. Et les hommes aussi peuvent porter ça. Et aujourd'hui, je peux dire que j'ai avancé, mais que je suis encore en chemin et que la dépendance affective, on ne s'en sort pas du jour au lendemain. J'ai compris que c'était vraiment un réel processus, une exploration et un retour vers soi, que ça demandait du temps et beaucoup de douceur avec soi-même. Alors, si je devais donner quelques clés, ce serait déjà dans un premier temps d'observer ses schémas relationnels et ses croyances. Donc, par exemple, de prendre une feuille, un carnet et de noter Qu'est-ce que j'ai observé en tant qu'enfant ? Quel schéma relationnel j'ai vu autour de moi ? Qu'est-ce que j'ai cru vrai à ce moment-là ? Et ensuite, est-ce que j'ai rejoué ? Est-ce que je rejoue ça encore à l'heure d'aujourd'hui ? D'apprendre à remplir aussi son propre réservoir. Ça peut passer par identifier qu'est-ce que je cherche toujours chez l'autre. Est-ce que c'est de la sécurité ? Est-ce que c'est du respect ? Est-ce que c'est de l'écoute ? Et de se demander comment je peux commencer à me l'apporter à moi-même. Ensuite, c'est d'observer ses comportements dans le quotidien, pas pour se juger, pas pour culpabiliser, mais pour prendre conscience Merci. et ensuite d'ajuster petit pas par petit pas. La dépendance affective, pour moi, j'ai compris que ce n'était pas une fatalité, qu'on pouvait s'en sortir, qu'on pouvait aussi apprendre à aimer autrement, mais que ça allait demander du temps, que ça allait demander de la patience et beaucoup d'amour de soi. Voilà, c'est ce que j'avais envie de partager avec vous aujourd'hui. Si ce sujet vous a parlé, si vous êtes reconnus dans ce que j'ai dit, n'hésitez pas à me laisser un commentaire, à aimer ce podcast. et à le partager avec quelqu'un pour qui ça peut être utile. Merci beaucoup d'avoir été là et je vous dis à très bientôt pour un prochain épisode.