Speaker #0Bonjour à tous et bienvenue dans ce tout nouvel épisode du podcast Les Sciences de la Vie. J'espère que vous allez bien. Aujourd'hui, j'avais envie de vous parler d'un mécanisme psychologique que je trouve vraiment fascinant. Je pense que c'est un de ceux qui m'a le plus aidé d'ailleurs à comprendre pourquoi parfois on a l'impression que notre réalité confirme exactement ce qu'on pense de nous. Pendant longtemps, je me suis dit que si je ressentais ça et que si je voyais les choses de cette façon, c'était que c'était de la réalité. Et en découvrant ce mécanisme, je me suis vraiment rendu compte que notre cerveau n'est pas toujours aussi objectif qu'on le croit. Et il a tendance à filtrer les informations d'une façon un petit peu particulière. Je pense qu'on le vit tous, sans exception, que ce soit dans nos relations, dans notre estime de nous, dans notre façon de voir les autres, ou même dans notre manière d'interpréter ce qui peut nous arriver. Et donc aujourd'hui, j'avais envie qu'on prenne le temps d'en parler ensemble pour pouvoir un petit peu plus comprendre comment ça fonctionne parce que je pense que ça peut vraiment aider à changer notre regard sur beaucoup de choses. Donc voilà, si ça vous intéresse, je vous laisse avec la suite de l'épisode. Je m'appelle Candice, je suis psychopraticienne et à travers mes accompagnements, j'aide à libérer les blocages émotionnels, à réconcilier le corps, le cœur et l'esprit et à retrouver une vie plus alignée. Si cet épisode t'a plu, n'hésite pas à le partager à quelqu'un de ton entourage qui pourra en avoir besoin. Et si tu veux soutenir le podcast Les Sens de la Vie, tu peux aussi laisser une jolie note ou un commentaire. Ça m'aide énormément et ça permet au podcast de toucher encore plus de personnes. Je suis très contente de pouvoir vous retrouver aujourd'hui pour vous parler du biais de confirmation. Et dans un premier temps, je voulais un petit peu vous expliquer ce que c'est concrètement le biais de confirmation. Le biais de confirmation, c'est... Tout simplement la tendance qu'a notre cerveau à chercher des preuves qui vont venir confirmer ce qu'il croit déjà. Dit comme ça, ça peut paraître assez simple, alors qu'en réalité, ce mécanisme va influencer notre quotidien et je trouve que c'est assez impressionnant la façon dont il va l'influencer. En fait, notre cerveau adore avoir raison, parce qu'il va aimer la cohérence, il va préférer retrouver quelque chose qu'il connaît déjà plutôt que de remettre complètement en question une croyance. Et du coup, inconsciemment, il va porter beaucoup plus d'attention aux informations qui vont dans son sens et parfois il va complètement passer à côté de celles qui pourraient nous montrer l'inverse. Avant d'aller plus loin, je pense que c'est important de revenir rapidement sur ce que c'est une croyance parce qu'on entend souvent parler de croyance, de croyance limitante, mais concrètement, qu'est-ce que c'est ? Déjà, une croyance, c'est quelque chose que notre cerveau a fini par considérer comme vrai. C'est pas forcément la réalité, ça va être une conclusion qu'on a construite à partir d'une expérience, de notre éducation, de ce qu'on a pu vivre et de ce qu'on a répété finalement. Par exemple, un enfant qui a grandi en ayant souvent l'impression qu'il dérangeait, il peut finir par développer la croyance qu'il est de trop. Un autre enfant qui va recevoir beaucoup de critiques peut commencer à croire qu'il n'est jamais assez. Au départ, ce sont des interprétations que notre cerveau fait pour essayer de donner du sens à ce qu'on vit, mais à force de les répéter, en fait, elles vont vraiment devenir comme des vérités auxquelles on ne pense même plus remettre en question. Et ce qui est aussi encore plus intéressant, c'est que la plupart de ces croyances vont être inconscientes. C'est-à-dire qu'on ne va pas se réveiller le matin en se disant qu'on n'est pas assez ou que les gens vont forcément nous rejeter. En réalité, ces croyances, elles sont tellement ancrées qu'elles deviennent comme une forme de programme qui va tourner en arrière-plan. On ne les entend plus vraiment, mais elles influencent notre façon de penser, de ressentir et même d'interpréter ce qui va nous arriver. C'est un peu comme si on portait des lunettes sans se rendre compte qu'on les porte. On finit par croire que ce qu'on voit est la réalité, alors que, en fait, c'est déjà une réalité qui est filtrée par nos croyances. Et c'est justement pour ça que le biais de confirmation, il est si puissant, parce qu'il va venir nourrir ces croyances inconscientes sans vraiment qu'on s'en rende compte. Ces croyances-là, elles peuvent directement concerner notre valeur. Donc il peut y avoir la croyance de « je ne suis pas assez » , « je ne mérite pas d'être aimé » , « je ne suis pas assez capable » , « je suis nul » , « je suis trop » , « je dérange » , « je dois être performant pour être accepté, pour être aimé » . D'autres, elles peuvent toucher nos relations. Par exemple, les gens finissent toujours par partir, on finit toujours par me rejeter, l'amour fait souffrir, je ne peux compter que sur moi-même. je vais forcément être abandonné, il faut se sacrifier pour être aimé. On peut aussi avoir des croyances sur le monde ou encore ça peut aussi toucher la réussite et l'argent. Et donc toutes ces croyances-là, on ne va pas les répéter consciemment, elles sont juste comme je vous disais en arrière-plan. Maintenant si on imagine que dans la journée on reçoit trois compliments. Quelqu'un qui va nous remercier, une personne qui va nous dire qu'il nous apprécie, qu'il apprécie passer du temps avec nous, mais qu'à un moment donné, on reçoit aussi une remarque un peu désagréable. Et bien le soir, qu'est-ce qu'on va penser ? Très souvent, on va repenser à cette remarque et pas aux deux remarques positives qu'on nous a faites. Et bien souvent, notre cerveau, ce qu'il va faire, c'est qu'il va se dire qu'on a raison. Par exemple, si on a la croyance de se dire qu'on n'est pas assez, il va se dire... Il va venir confirmer cette croyance-là qu'on se dit, alors que toute la journée, il y a eu aussi plein d'informations qui racontaient une autre histoire, mais elles ne correspondaient pas à la croyance de départ. Qui pouvait-être ? Je ne suis pas assez. Et donc là, en l'occurrence, si je reprends l'exemple de la paire de lunettes qu'on met, ces lunettes, c'est comme si elles étaient teintées en bleu et que tout ce qu'on regardait allait nous sembler bleu. Ce n'est pas le monde qui est bleu, mais c'est simplement le filtre à travers lequel on va le regarder. Et je pense que nos croyances, elles fonctionnent exactement comme ça. On ne va pas forcément voir la réalité telle qu'elle est, on va la voir à travers nos expériences, à travers notre histoire, à travers nos blessures et les croyances qu'on a construites justement au fil du temps. Et je trouve que ça explique énormément de choses aussi. Par exemple, quelqu'un qui est persuadé qu'on finit toujours par l'abandonner, il va bien souvent être très attentif aux moindres signes de distance, que ce soit un message auquel on va répondre moins vite, Une personne un petit peu plus occupée, un rendez-vous qui va être annulé. Et en fait, très vite, le cerveau, il va se dire, je le savais. Alors qu'en réalité, il existe peut-être dix autres explications plausibles, mais il ne va pas forcément aller les chercher parce que lui, il est déjà convaincu de son hypothèse. Et c'est ça qui va être fascinant, c'est que ce biais ne concerne pas seulement les relations, on peut aussi le retrouver dans d'autres domaines de notre vie, par exemple dans le travail. Si je pense que je suis une personne qui est... incompétente, je vais retenir toutes les petites erreurs que je fais. Alors bien évidemment, on ne va pas consciemment se dire qu'on est incompétent, mais ça peut être des croyances qu'on a encore une fois ancrées inconsciemment de nos expériences passées ou de notre éducation ou des croyances de la société. Et donc pour l'exemple que je reprenais tout à l'heure, si je me dis que je suis incompétente ou incompétent, je vais avoir tendance à retenir toutes les petites erreurs que je fais et je vais presque oublier tous les moments où les choses qui vont se passer bien. Si je pense que personne ne m'aime vraiment, je vais être beaucoup plus marquée par une personne qui va s'éloigner que cinq personnes qui vont être présentes. Petit à petit, en fait, mon cerveau, lui, va construire une réalité qui semble confirmer ses croyances. Et plus il va trouver de preuves, plus cette croyance va devenir solide et plus on va avoir tendance à répéter les mêmes schémas. Donc ça fait d'ailleurs écho à l'épisode que j'avais fait sur les schémas répétitifs, si... Ce que je vous dis, vous parle, vous pouvez aussi aller l'écouter parce que je pense que ça relie énormément les schémas parce que de toute façon ça va être relié aux croyances. Je crois que j'avais fait aussi un épisode sur les croyances limitantes et je pense que c'est aussi pour ça que c'est très difficile à changer parce qu'on croit souvent qu'il suffit de se dire qu'on est assez, qu'on mérite d'être aimé ou qu'on est capable. mais si derrière notre cerveau il continue de chercher uniquement les preuves qui vont nous raconter l'ancienne histoire, alors il aura... énormément de mal à intégrer cette nouvelle croyance. Et c'est là où je trouve qu'il y a quelque chose de rassurant aussi parce que ça voudrait dire enfin ça veut dire que nos pensées ne sont pas toujours la réalité. Et ça, c'est vraiment important de le conscientiser parce qu'elles sont parfois simplement le reflet du filtre que notre cerveau utilise depuis des années. Je sais pertinemment que c'est pas évident de changer ces filtres et je dis pas que c'est facile, mais je pense que la première étape Dans un premier temps, c'est d'en prendre conscience. Parce que je pense qu'à partir du moment où on réalise qu'on porte des lunettes, on peut enfin commencer à regarder ce qu'il y a au-delà. Ce qu'il y a aussi d'important à comprendre, c'est que le biais de confirmation, ce n'est pas un ennemi, c'est un bug de notre cerveau. Au départ, c'est un mécanisme qui est là pour nous simplifier la vie parce que notre cerveau reçoit des milliers d'informations chaque jour. Il est obligé de faire le tri, sinon je pense qu'il serait complètement submergé. Le problème, c'est que lorsqu'une croyance est douloureuse ou limitante, ce même mécanisme va finir par l'entretenir pendant des années. Et je pense que c'est aussi pour ça que le changement prend du temps, parce qu'il ne suffit pas de se répéter une nouvelle croyance devant le miroir. Je pense qu'il faut aussi offrir à son cerveau de nouvelles expériences, de nouvelles preuves petit à petit. C'est en vivant des expériences différentes qu'on va commencer à montrer à notre cerveau que l'histoire qu'il se raconte depuis des années n'est peut-être pas la seule possibilité. Et je trouve que c'est plutôt encourageant parce que ça veut dire qu'on n'est pas condamné à rester enfermé dans nos anciennes croyances et surtout dans nos schémas, dans nos mécanismes. On peut apprendre à les observer, à les remettre en question et avec le temps à construire une manière beaucoup plus nuancée de voir les choses. Le petit conseil que je voulais vous donner par rapport à ce que je viens de dire dans cet épisode, si vous vous reconnaissez dans ce que je viens de dire et que vous avez envie de vous sortir de certaines de vos croyances et surtout de ce biais un petit peu de confirmation, c'est que la prochaine fois que vous vous surprenez à penser par exemple et à vous dire j'en étais sûre, de vous demander est-ce que je suis en train de regarder toute la réalité ou seulement la partie qui confirme ce que je crois déjà ? Je trouve que cette question, elle est toute simple, mais elle peut vraiment changer notre façon de nous regarder, de regarder les autres et surtout de regarder la vie et surtout de reprendre notre responsabilité. Ça, c'est vraiment quelque chose aussi qui est important, c'est de reprendre sa responsabilité et de ne pas blâmer en fait l'extérieur parce que je pense que c'est à partir de ce moment-là aussi que les choses peuvent changer. en reprenant cette responsabilité-là et en essayant de voir les choses différemment. En tout cas, j'espère que cet épisode vous aura permis de découvrir ce mécanisme ou peut-être simplement de mettre des mots sur quelque chose que vous viviez déjà sans vraiment le comprendre. Comme toujours, prenez ce qui résonne avec vous, laissez ce qui ne vous parle pas et surtout continuez à vous observer avec beaucoup de curiosité et surtout beaucoup de bienveillance parce que je pense que c'est souvent comme ça que les plus grands changements peuvent commencer. Je vous remercie de m'avoir écouté aujourd'hui et je vous retrouve la semaine prochaine pour un tout nouvel épisode. Merci encore pour votre écoute.