Speaker #0Bonjour à tous et bienvenue dans un tout nouvel épisode du podcast Les Sciences de la Vie. Je suis très contente de vous retrouver aujourd'hui pour un nouvel épisode de podcast. Ça fait un petit moment que je n'ai pas enregistré parce qu'en ce moment je traverse un peu une période particulière de ma vie, une période avec beaucoup de remises en question, beaucoup de réflexions et surtout beaucoup de prises de conscience sur moi-même. Et je me suis dit que si je reprenais le podcast aujourd'hui, j'avais envie de vous proposer quelque chose vraiment encore plus authentique que ce que j'ai l'habitude de proposer. Et j'avais envie de vous partager aussi ce que je vivais réellement, les réflexions que je vis en ce moment et peut-être aussi des choses dans lesquelles certaines personnes pourront se reconnaître. C'est un peu l'objectif. Aujourd'hui, on va parler d'un sujet qui va peut-être parler à plusieurs personnes. C'est un mécanisme que j'ai depuis très longtemps et dont je voulais justement parler aujourd'hui. C'est un petit peu cette sensation d'avoir constamment le regard de quelqu'un sur nous, comme si quand on faisait quelque chose, une partie de nous imaginait une personne qui nous regarde, une personne qui est un petit peu présente comme une sorte de fantôme. Pendant longtemps, je n'ai jamais vraiment questionné son fonctionnement et pourtant, en prenant du recul, je me suis vraiment rendu compte qu'il était présent dans énormément de domaines de ma vie et qu'il était d'ailleurs probablement... Reli à quelque chose de beaucoup plus profond, un besoin d'être vu, d'être reconnu, d'être aimé, et parfois même une difficulté à nous accorder, à nous apporter de la valeur. Et justement, c'est pour ça qu'aujourd'hui, j'avais envie de vous en parler, de vous parler aussi de mon histoire avec ce mécanisme, de ce que j'ai compris au fil des années, mais aussi de la manière dont il peut influencer nos relations, notre estime, notre perception, notre façon de vivre. Enfin voilà, donc si ça vous intéresse, je vous laisse avec la suite de l'épisode. Je m'appelle Candice, je suis psychopraticienne et à travers mes accompagnements, j'aide à libérer les blocages émotionnels, à réconcilier le corps, le cœur et l'esprit et à retrouver une vie plus alignée. Si cet épisode t'a plu, n'hésite pas à le partager à quelqu'un de ton entourage qui pourra en avoir besoin. Et si tu veux soutenir le podcast Les Sens de la Vie, tu peux aussi laisser une jolie note ou un commentaire, ça m'aide énormément. Et ça permet au podcast de toucher encore plus de personnes. Avant de préparer cet épisode, je ne savais pas vraiment comment le nommer. Je ne savais même pas s'il existait vraiment un terme pour décrire ce que je vis et d'ailleurs ce mécanisme. Et peut-être que vous allez vous reconnaître dans ce que je vais dire et c'est l'objectif de cet épisode parce que... Parce que voilà, je ne sais pas du tout en fait si c'est quelque chose qui est commun. Je pense que je ne suis pas la seule à le vivre. Et j'espère en tout cas que si vous vous reconnaissez dans cet épisode, vous pourrez aussi peut-être me partager vos expériences et comment vous, vous le vivez. En tout cas, voilà, c'est un épisode que j'ai voulu faire parce qu'en ce moment, je suis vraiment en train de conscientiser des choses et de potentiellement essayer de changer certains mécanismes que j'ai depuis longtemps. Pour vous expliquer un petit peu ce mécanisme, je voulais vous donner un petit peu un exemple parce que je me dis qu'en vous donnant des exemples, peut-être que vous allez plus facilement vous reconnaître dans ce mécanisme. Par exemple, ça peut se jouer lorsque vous faites du sport, ça peut se jouer lorsque vous travaillez, lorsque vous dansez, vous vous préparez avant une soirée, vous partez en voyage, vous travaillez sur un projet. Vous cuisinez ou vous êtes simplement en train de faire quelque chose de très simple. Et sans le vouloir, vous allez imaginer quelqu'un. Imaginez une présence, imaginez quelqu'un qui vous regarde, quelqu'un qui vous admire, quelqu'un qui vous trouve intéressant, qui peut vous trouver beau, belle. Quelqu'un qui en fait serait impressionné par ce que vous êtes en train de faire. Alors ça peut paraître un peu fou comment je le décris, mais si vous le vivez, vous allez vous reconnaître. dans ce que je dis. C'est vraiment en fait un automatisme d'avoir toujours cette impression qu'il y a quelqu'un qui nous regarde, quelqu'un qui est présent avec nous. Et je sais que, enfin je pense que je ne suis pas la seule. J'en ai discuté avec mon entourage et en fait j'ai remarqué que ça ne se manifeste pas vraiment de la même façon selon les personnes. Il y a des personnes où ça va vraiment être un regard constant, il y a d'autres personnes où ça va être un regard dans certains moments. Ça va être un peu un besoin lorsqu'on est en insécurité, par exemple, d'imaginer cette présence. Pour moi, c'est souvent le regard d'un homme qui se présente. Donc ça peut être un homme qui me plaît, ça peut être un homme qui a compté pour moi. Parfois, c'est même quelqu'un que je connais à peine. En tout cas, ce qui est intéressant, c'est que même si c'est pas toujours la même personne, ce mécanisme, en fait, il reste. Et bien souvent, on change de personne selon ce qu'on va vivre dans notre vie. En tout cas, pour moi, ça a jamais été la même personne, ça a jamais été quelqu'un que j'ai aussi imaginé. C'est vraiment des personnes de mon entourage, des personnes de ma vie, en fait, que je projette et que surtout j'imagine présents dans... certaines activités. Je reviendrai aussi sur la projection pour vous expliquer un petit peu ce que c'est, parce que je pense que ça peut être très intéressant aussi de comprendre ça quand on a ce mécanisme. Mais dans un premier temps, j'aimerais d'abord commencer à vous expliquer un petit peu comment j'ai conscientisé ces choses-là. Parce que pendant longtemps, je ne l'ai pas vu comme quelque chose de problématique. Bien au contraire, je pense que ça me donnait vraiment beaucoup. Et ça me donne toujours beaucoup parce que je ne m'en suis pas libérée. Et en fait, ce mécanisme-là, c'est quelque chose qui va vraiment être utile. Parce que lorsqu'on nous regarde, même dans notre imagination, on peut vraiment avoir l'impression d'être beaucoup plus vivant, d'être beaucoup plus inspiré, d'être beaucoup plus motivé, parfois d'être beaucoup plus intéressant, comme si un peu notre vie prenait un peu plus de valeur avec ce regard, comme si ce qu'on faisait comptait davantage. quand on était vus. Et je vais être honnête avec vous, ça m'a vraiment demandé un certain courage de faire cet épisode. Parce que quand j'en parle, il y a vraiment une partie de moi qui a vraiment l'impression d'être égocentrique. D'être complètement égocentrique. Comme si le fait d'imaginer que quelqu'un me regarde vivre voulait dire que j'avais vraiment ce besoin d'être au centre de l'attention ou que je me donnais trop d'importance. Et c'est pour ça que d'en parler, je trouve que c'est vraiment quelque chose qui n'est pas évident. Avec le temps, en fait, je me suis dit que ce n'était pas vraiment ça. Je pense que déjà, ce qui est important, c'est de déculpabiliser de ce mécanisme, parce que je ne sais pas, peut-être que ça peut faire culpabiliser certaines personnes. Moi, en tout cas, quand j'avais des discussions avec certains proches à moi, et quand je parlais de ce mécanisme-là, j'avais vraiment l'impression d'être une folle. Et des fois, on n'ose pas en parler, on n'ose pas dire par honte, par peur, d'être jugée. Mais je pense que vraiment, si on a ce mécanisme-là, c'est pas par hasard et surtout c'est pas par égoïsme. Enfin du moins, c'est pas le côté égocentrique, parce que l'égoïsme c'est encore autre chose. Je pense que c'est important de l'être, mais c'est un peu cette impression d'avoir ce besoin d'être au centre de l'attention. Je pense qu'il y a beaucoup plus que ça derrière ce mécanisme. Et je pense que c'est important de déculpabiliser. Déjà, je voulais un petit peu vous donner des exemples de comment moi, je le vis au quotidien, ce mécanisme. Ça peut vraiment être le fait de danser. Moi, je fais de la danse et en fait, je me suis rendu compte que quand je m'imaginais danser, j'avais vraiment l'impression, à certains moments, d'avoir ce besoin qu'une personne me regarde. Ça peut être aussi le fait, quand je travaille, le fait de... Par exemple, d'avoir ce besoin d'être vue pour être plus performante. C'est vraiment cette idée-là, c'est vraiment l'idée d'être plus performante. Ça peut être le fait quand je fais du sport, pour me motiver. En fait, c'est vraiment une sorte de motivation et de boost. Quand j'imagine cette personne qui est présente et qu'elle me voit, ça va vraiment augmenter ma confiance en moi. Parfois, ça va vraiment être l'impression d'être beaucoup plus intéressante, d'être beaucoup plus vivante. En fait, ça joue vraiment aussi sur le côté énergie. Je sais que ça s'est joué dans des moments de ma vie, par exemple, aussi, où je me préparais, par exemple, pour un événement, pour une soirée, pour une sortie, et où j'imaginais vraiment qu'une personne était présente à côté de moi. Enfin, bien souvent, encore une fois, c'était un homme. et que... Et que grâce à cette personne qui me voyait belle, qui me voyait confiante, je l'étais. C'est comme si vraiment il y avait toujours ce besoin et cette identification à cette personne pour que je sois bien. En fait j'ai un petit peu du mal à trouver des exemples parce qu'en fait j'ai l'impression que c'est tellement constant. Pour moi, enfin du moins... Actuellement, je suis en train de m'en détacher. Dès que je commence à voir que j'ai ce mécanisme, j'essaie de faire autrement. Je vous dirai d'ailleurs comment je fais. J'essaierai de vous donner un petit peu des clés pour ça. Mais vraiment, avant, c'était quelque chose qui... Toute la journée, mon quotidien, j'étais accompagnée par cette personne. Cette personne imaginaire qui venait et qui me permettait d'être confiante, qui me permettait d'être vue, d'être reconnue. d'avoir ma place, de me sentir importante aussi. Voilà, j'aimerais maintenant vous expliquer un petit peu pourquoi ce mécanisme il existe et comment il se met en place. Parce que je pense que c'est important, du moins ça reste intéressant. Je ne sais pas si c'est important, mais ça reste intéressant de comprendre pourquoi il est présent. Est-ce que moi, en fait, j'ai pu aussi conscientiser de mon expérience ? Déjà... Comme je pense que je l'ai expliqué, ce mécanisme vient avant tout répondre à des besoins. Donc que ce soit le besoin d'être vu, le besoin d'avoir sa place, d'être reconnu, de se sentir important. Quand on est enfant, on construit notre identité à travers le regard de notre entourage, à travers les figures d'attachement qu'on va avoir. On va apprendre qui on est à travers les réactions des autres, à travers leur attention, leur présence, leur écoute, leur amour. Et parfois, sans que ces figures d'attachement-là s'en rendent compte, en fait, on va créer et développer énormément de croyances. J'ai vraiment à préciser ce point parce qu'il est important pour moi. Je ne raconte pas ça pour blâmer les parents, pour blâmer mes propres parents d'ailleurs. Je pense que, voilà, mes parents, ils ont toujours été présents. C'est plutôt la perception d'un enfant qui va être différente de celle d'un adulte et qu'on n'a pas vraiment... pu contrôler à ce moment-là. Et vraiment, l'objectif, c'est pas de venir faire culpabiliser les parents, si vous l'êtes. C'est plutôt, en fait, de venir apporter de la compréhension sur ce qu'on peut vivre, parce qu'on a tous vécu des choses dans notre enfance. On a tous créé des croyances. On a tous manqué de certaines choses. Et l'important, c'est juste de pouvoir venir mettre de la lumière sur tout ça, et de pouvoir grandir de ce qu'on a pu vivre. Pour ma part, j'ai grandi dans une famille où il y avait toujours beaucoup de monde. J'avais des frères et sœurs, j'avais aussi mes parents qui étaient famille d'accueil et j'ai toujours été entourée. Et pourtant, avec le recul, je pense qu'en fait, une partie de moi avait du mal à trouver sa place. Alors peut-être que pour vous aussi, ça peut jouer là-dedans, le fait d'avoir eu du mal à trouver sa place dans votre enfance. J'avais vraiment cette impression qu'il fallait que je sois sage. qu'il fallait que je sois intéressante, qu'il fallait que je sois performante, qu'il fallait que je sois gentille pour vraiment recevoir de l'attention, comme si un petit peu l'amour et l'attention devaient être mérités. C'est vraiment les croyances que moi j'ai ancrées à ce moment-là. Et je pense que pour beaucoup de personnes, vous allez potentiellement peut-être vous reconnaître dans ce que je dis. Ou peut-être qu'au contraire, ça va simplement vous permettre de prendre conscience de certaines croyances que vous portez sans même vous en rendre compte. Parce que la plupart du temps, on ne nous apprend pas à observer nos fonctionnements intérieurs. On ne nous apprend pas non plus à nous demander pourquoi on agit comme ça, pourquoi certaines situations nous touchent autant et pourquoi certains besoins prennent autant de place dans notre vie. Et c'est pour ça que justement, on avance avec des mécanismes, sans forcément les questionner. Et je pense que c'est souvent comme ça que ce type de fonctionnement se met en place. Lorsqu'on grandit avec cette impression consciente ou inconsciente, qu'il faut mériter l'attention, qu'il faut mériter l'amour, qu'il faut mériter sa place ou mériter d'être reconnu. On peut commencer en fait à associer notre valeur à ce qu'on fait plutôt qu'à ce qu'on est vraiment. Comme si être soi ne suffisait pas, comme s'il fallait constamment en fait prouver quelque chose, prouver qu'on est intéressant, prouver qu'on est performant, qu'on est gentil, qu'on est... qu'on est celle ou celui qui fait plaisir, qui a l'écoute. Et lorsque ces croyances vont s'installer, on va inconsciemment commencer à chercher des preuves à l'extérieur. Et donc, qu'est-ce qui se passe ? Si on a besoin d'être vu pour se sentir important, pour se sentir exister, justement notre cerveau va naturellement créer ce regard. Et a d'ailleurs créé justement ce regard. Donc un témoin, quelqu'un qui observe, quelqu'un qui va nous valider, quelqu'un qui va confirmer que ce qu'on fait en fait a de la valeur. Donc ça peut être, pour moi en tout cas, je pense que ce n'est pas un hasard non plus que ce soit un homme, mais ça j'y reviendrai. Je vais vous expliquer un petit peu aussi pourquoi ça peut être justement un homme ou une femme, si vous êtes un homme ou une femme, ça peut dépendre. Mais voilà, je voulais vraiment vous expliquer pourquoi en fait ça se met en place. Et... Et pourquoi en fait cette présence, elle devient permanente à certains moments. Comme si on avait besoin tout le temps d'un spectateur pour sentir exister pleinement. Moi c'est vraiment cette notion-là en fait, c'est vraiment le fait d'exister. Si j'ai ce regard. Et c'est vraiment ça que j'ai conscientisé et qui m'a d'ailleurs permis de comprendre beaucoup de choses sur moi et sur justement certains de mes comportements. Maintenant que vous avez pu un petit peu comprendre d'où venait ce mécanisme, comment il se crée et pourquoi en fait il est présent, j'aimerais maintenant parler du fait... de pourquoi, en tout cas, chez moi, c'est souvent un homme qui est présent. Alors, je ne sais pas si vous êtes un homme, ça peut être une femme, ou si vous êtes une femme, ça peut être une femme. Je ne sais pas du tout comment ça peut se présenter chez vous. Je serais d'ailleurs très curieuse de savoir. Mais en tout cas, chez moi, ça a souvent été un homme. Et je me suis d'ailleurs longtemps posé cette question, pourquoi est-ce que ce regard, il prend toujours la forme d'un homme ? Pourquoi ce n'est pas un ami ? Pourquoi ce n'est pas un membre de ma famille ? Pourquoi ce n'est pas une personne totalement neutre ? En fait, vraiment, pourquoi c'est toujours un homme que j'ai besoin d'imaginer ? Et bien évidemment, je n'ai pas la réponse. Je n'ai pas la réponse entre guillemets exacte et je n'ai pas la certitude de ce que je vais partager. Mais je pense que mes réflexions et ce que j'ai compris à travers mon propre cheminement... c'est que je me suis demandé si ce n'était pas parce que l'homme représentait inconsciemment certaines choses pour moi, que ce soit la sécurité, la protection, la validation, le sentiment d'être choisi, le sentiment d'avoir de la valeur. Et plus je travaillais sur moi, plus je me suis demandé si ça ne venait pas aussi du lien avec nos premières figures d'attachement. Parce qu'avant de chercher l'amour dans nos relations, on a d'abord appris. l'amour à travers les personnes qui se sont occupées de nous. Et on a appris ce que c'était la sécurité, ce que c'était l'attention, ce que c'était la présence, ce que c'était aussi le sentiment d'être important pour quelqu'un. Et parfois, lorsque certains besoins n'ont pas été pleinement nourris dans notre ressenti d'enfant, on peut justement continuer à les chercher plus tard dans notre vie. Encore une fois, ça ne veut pas dire que nos parents ont mal fait. Ce n'est pas une question de faute. C'est plutôt une question de vécu intérieur. Pour moi, deux enfants, par exemple, peuvent avoir grandi dans la même famille et ne pas vivre les choses de la même façon. Pour moi, en tout cas, pour en avoir parlé avec mon frère et ma sœur, je sais qu'on n'a pas vécu du tout les choses de la même façon. Pourtant, on a eu potentiellement la même éducation. Donc, parfois, je me demande si à travers ces hommes, justement que j'imaginais, je cherchais pas inconsciemment certaines choses que j'avais peut-être besoin de ressentir davantage et que j'ai pas forcément ressenti dans mon enfance. En fait je pense pas que l'objectif soit de chercher à tout prix ce qui nous a manqué chez notre père, chez notre mère ou avec nos figures d'attachement. Je pense que l'objectif c'est pas de les blâmer, mais c'est plutôt de comprendre notre histoire parce que selon moi ça va vraiment nous permettre de mettre du sens sur certains. certains fonctionnements qu'on peut avoir. Et la véritable clé, c'est pas de rester bloqué dans l'explication, mais c'est surtout de prendre conscience de nos besoins actuels et d'en reprendre la responsabilité. Voilà, je voulais faire un petit aparté un petit peu par rapport à ça, parce que je pense que c'est important de nuancer parfois aussi le fait d'analyser un petit peu ce qu'on a pu vivre dans notre enfance. Et finalement, au-delà de savoir d'où vient ce mécanisme, je crois qu'il y a une autre question qui est... assez importante, c'est qu'est-ce que ça vient créer dans nos vies aujourd'hui ? Parce que dans le fond, peu importe qu'il soit lié à notre histoire, à nos blessures d'attachement, à notre besoin de sécurité ou à autre chose, la vraie question pour moi c'est qu'est-ce que ce fonctionnement nous apporte, mais aussi qu'est-ce qu'il va nous coûter ? Parce que pendant longtemps, je me suis surtout intéressée à comprendre pourquoi j'étais comme ça. Mais à un moment donné, je me suis rendue compte aussi que comprendre, ce n'était pas forcément suffisant. Ce n'était pas toujours la clé, en fait, pour se libérer. Et c'est là que j'ai commencé justement à réaliser quelque chose d'important. C'est que lorsque l'on vit beaucoup à travers le regard imaginaire de quelqu'un, on vit aussi souvent à travers les projections qu'on fait sur cette personne. Et je pense d'ailleurs que c'est l'une des parties les plus difficiles de ce mécanisme. Parce que lorsque quelqu'un devient le support de nos besoins, de nos manques, de nos attentes, eh ben, on ne va pas toujours voir la personne telle qu'elle est réellement. Bien souvent, on va voir ce qu'elle représente pour nous et c'est ce qu'on va appeler la projection. La projection, c'est lorsque l'on attribue à quelqu'un des qualités, des attentions, un potentiel ou même une histoire qui viennent justement de notre imaginaire plutôt que de la réalité. Pour ma part, ce mécanisme-là, il me coûte beaucoup parce que bien souvent, je vais m'attacher à cette personne que j'imagine. qui est toujours un peu présente, donc qui va changer selon ce que je vis. Mais en fait, c'est vraiment le fait d'imaginer, de visualiser, de projeter sur cette personne ce qu'on espère. Parce que cette personne, elle va devenir une source d'inspiration, une source d'énergie. On va penser à elle, on va imaginer des scénarios, on va se sentir beaucoup plus vivant. Mais le problème, c'est que tout ce qui repose sur cette personne est une projection qui va... Deux ou tard finir par rencontrer la réalité. Quand je dis ça, je m'entends. En fait, c'est vraiment le fait que si cette personne-là ne répond plus à nos attentes, quand par exemple elle va s'éloigner, lorsqu'elle ne nous choisit pas, ou simplement lorsqu'on découvre qu'elle est différente de l'image qu'on avait construit, c'est à ce moment-là que tout peut s'effondrer. Et ce n'est pas seulement la relation qui va s'effondrer, mais c'est aussi parfois tout ce qu'on avait projeté sur cette personne. Tout ce que cette personne a pu représenter dans l'accompagnement qu'elle a eu avec nous pendant les périodes. Et je trouve que vraiment la projection, c'est vraiment quelque chose qui est relié à ce mécanisme. Cette personne est devenue le miroir à travers lequel on regarde notre propre valeur. Et je pense que c'est pour ça que ce mécanisme est fini souvent par nous confronter à nos manques, non pas pour nous faire souffrir, mais plutôt pour mettre en lumière des besoins qui au fond n'ont jamais vraiment été nourris et qu'on essaye de nourrir à travers justement cette présence imaginaire. Et d'ailleurs, je pense aussi que c'est pour ça que ce mécanisme devient vraiment une invitation à se demander qu'est-ce que je cherche réellement ? à travers cette personne. En tout cas, pour moi, c'est vraiment la question que je me suis posée et surtout comment je peux commencer à me la porter moi-même. Et du coup, maintenant, vous allez sûrement me demander comment on fait pour justement s'apporter un petit peu tout ça. Très honnêtement, je vais vous dire la vérité, je pense que je n'ai pas la recette miracle. J'aimerais bien la voir si d'ailleurs quelqu'un se... reconnaît et est passé par là et s'en est libéré. Je suis encore en chemin, je suis encore en train de justement essayer de me libérer de ce mécanisme-là. Je pense que c'est quelque chose qui met du temps. Je pense qu'on n'en sort pas du jour au lendemain parce que je pense que ce mécanisme, il est là depuis assez longtemps, il s'est construit au fil des années. Peut-être que pour certaines personnes, c'est un mécanisme qui a toujours été présent depuis toujours. Je pense qu'on ne sort pas de ce mécanisme du jour au lendemain, mais il y a quand même plusieurs choses qui peuvent aider et qui m'aident aussi aujourd'hui. La première chose, c'est simplement déjà de prendre conscience du mécanisme lorsqu'il est présent. Avant, je ne le voyais pas vraiment, ou du moins, je ne m'attardais pas vraiment dessus. En fait, je continuais à l'alimenter, à alimenter cette projection, à alimenter ce regard de l'autre. Et aujourd'hui, quand je remarque que je le fais, j'essaie déjà de ne pas me juger et de me demander simplement qu'est-ce que je suis en train de chercher à travers ce regard. Est-ce que je cherche à me sentir importante ? Est-ce que je cherche à me sentir désirable ? Est-ce que je cherche à me sentir aimée, intéressante ? C'est vraiment d'essayer de chercher derrière ça quel est le besoin. Parce que très souvent, derrière le regard, il y a un besoin. Et identifier ce besoin, c'est déjà pour moi un pas énorme. La deuxième chose qui m'aide beaucoup et qui me permet aussi de me sortir de ces moments-là, en fait, c'est déjà de revenir à moi. De me demander ce qui me nourrit réellement, ce qui me fait vraiment du bien, ce qui me fait vibrer. Parce que j'ai remarqué aussi que parfois, en fait, on se force à faire certaines choses et que... Quand on se force à faire certaines choses qui ne nous font pas vibrer, qui ne sont pas vraiment nourrissants pour nous, c'est dans ces moments-là qu'on a besoin d'un regard extérieur, d'avoir justement une projection d'un besoin ou de quelque chose qui est manquant. pour agir. Et je pense que c'est vraiment aussi de revenir à soi, de revenir à ce qu'on veut réellement, à savoir si c'est en accord avec ce qu'on est, avec ce qu'on veut, avec nos valeurs. Et surtout aussi, la chose qui m'aide beaucoup, c'est vraiment de travailler sur l'estime, sur mes besoins, sur tout ce dont j'ai pu manquer et qui a besoin d'être. nourri aujourd'hui par moi-même et pas par une autre personne à l'extérieur. Et aussi, ce qui m'aide énormément, c'est l'accompagnement que j'ai, parce que je me fais accompagner aussi. Et ça m'aide énormément à conscientiser justement ces besoins, les croyances que je peux avoir. Par exemple, une des croyances que j'ai réussi à trouver, c'est que ce que les autres pensaient de moi me définissait. Et justement, j'ai appris à déconstruire cette croyance-là pour... me dire que je n'ai pas besoin des autres pour définir ma valeur et définir qui je suis et surtout exister. Voilà, je pense qu'après c'est vraiment propre à chacun par rapport à ce qu'on a pu vivre, par rapport à nos besoins, mais en tout cas vraiment moi c'est ce qui me permet à l'heure d'aujourd'hui de moins souffrir justement de ce mécanisme, d'essayer petit à petit d'en sortir. J'espère en tout cas que cet épisode vous aura plu, j'espère que... qu'il vous aura peut-être parlé, qu'il vous aura peut-être permis de mettre des mots sur certaines choses, ou simplement de réfléchir à votre propre fonctionnement. Et surtout, si vous êtes reconnu dans ce que j'ai partagé aujourd'hui, n'hésitez pas à venir me le partager. N'hésitez pas à me partager votre expérience, que je serai hyper curieuse de savoir si je suis seule à traverser ça, ou si justement, d'autres personnes le vivent. N'hésitez pas non plus à noter cet épisode sur la plateforme d'écoute sur laquelle vous l'écoutez et à le partager à quelqu'un qui pourrait en avoir besoin. Merci beaucoup pour votre écoute et je vous dis à la semaine prochaine pour un tout nouvel épisode.