- Speaker #0
Pourquoi est-ce si difficile de croiser, d'écouter, de s'inspirer de ceux qu'on ne connaît pas ? Pourtant, tant de femmes et d'hommes inconnus portent en eux des histoires puissantes, capables de raisonner en nous et de nous transformer. Hello, moi c'est Laure, passionnée par ces récits de vie et par cette quête de sens qui anime tant de personnes aujourd'hui. Alors non, je ne suis pas une experte, mais une exploratrice, guidée par ces rencontres qui me font tant vibrer. C'est l'envie de créer du lien au-delà des cercles habituels qui a donné naissance à Cap vers toi. Un podcast où je pars à la rencontre de celles et ceux qui ont vécu un moment de bascule, cet instant clé qui nous pousse à choisir, ou pas, de changer de trajectoire pour se réveiller ou se révéler. Alors, cap ou pas cap de te laisser inspirer par ces âmes que tu n'aurais peut-être jamais vues ? jamais croisé autrement. Es-tu prêt pour la rencontre du jour ? C'est parti ! La rencontre avec un médecin mongol m'a ouvert à une autre vision du soin et de ma vie. C'est la phrase que mon invité du jour m'a partagée la toute première fois que nous nous sommes rencontrés. Aujourd'hui, dans ce nouvel épisode de Cap vers toi, je t'emmène à la rencontre de Pascaline. Pascaline est infirmière à la retraite. Depuis son enfance, les voyages font partie de sa vie. Dès son plus jeune âge, elle découvre d'autres cultures, d'autres façons de vivre. Puis plus tard, son métier l'emmène à travers différentes missions humanitaires dans le monde. Mais il y a un voyage qui a particulièrement marqué son parcours, la Mongolie. Là-bas, elle rencontre un médecin qui va profondément bouleverser sa vision de son métier d'infirmière. Une rencontre qui va lui faire comprendre que la connaissance permet de soigner, mais que le véritable soin passe aussi par la présence, les ressentis et le respect du vivant. À travers cet échange, on va parler de soins, bien sûr, mais aussi de notre manière de vivre, de regarder les épreuves et peut-être finalement d'apprendre à aimer davantage la vie telle qu'elle est. Je suis très heureuse de recevoir ici Pascaline. Bienvenue ! au micro de Cap Vers toi.
- Speaker #1
Merci Laure, merci beaucoup.
- Speaker #0
Tu as vécu énormément d'expériences à travers tes voyages. Aujourd'hui, c'est la première fois que tu prends la parole derrière un micro. Comment tu te sens là ?
- Speaker #1
Comment je me sens ? Je me sens très joyeuse. C'est comme s'il y a un petit zébulon à l'intérieur de moi qui saute de tous les côtés. Mais je suis très impressionnée quand même. Donc, merci infiniment de me donner cette possibilité-là.
- Speaker #0
Merci à toi pour ta confiance. Du coup, je vais enchaîner avec cette question. Qu'est-ce qui t'a donné envie d'oser le faire ?
- Speaker #1
D'oser venir vers toi ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Depuis de nombreuses années, ou sans doute de nombreux mois encore plus maintenant, j'ai envie de transmettre, de partager mes expériences. On me dit très souvent, il faut que tu en fasses quelque chose de tout ça. Je n'ai jamais réussi à savoir trop bien quoi en faire. J'ai découvert grâce à un ami, Fred, merci, toi. Et j'ai tourné autour du pot un petit moment. Et puis un jour, je me suis lancée, je t'ai appelée. Et me voici devant toi. Donc, les choses se sont faites comme ça.
- Speaker #0
Oui, merci. C'est une belle rencontre. Avant qu'on parle de ce voyage en Mongolie et de cette rencontre qui a changé beaucoup de choses pour toi, j'aimerais qu'on te découvre un peu plus. Qui es-tu, Pascaline ? Comment tu te définirais, là ?
- Speaker #1
Comment je me définirais, maintenant ? Je crois que je suis une grande amoureuse de la vie, par-dessus tout. Les années qui passent me font aimer, chaque instant. Alors, quels qu'ils soient, c'est un bien grand mot, parce que quand ils ne sont pas cools, je les aime quand même. Mais voilà, je prends un grand plaisir tous les jours à me dire que c'est une nouvelle journée. Et voilà, je me tire ma petite carte de tarot pour me donner un petit aperçu. Puis à la fin de la journée, je regarde, je dis « Ah tiens, ça peut coller » . Infirmière, je crois que je suis au plus profond de moi, différemment bien sûr. J'aime l'humain, j'aime le vivant, j'aime les animaux, j'adore la nature. J'aime partager, j'aime apprendre, j'aime me dépasser aussi. Ça, c'est quelque chose que j'imagine bien les petits défis, et là aujourd'hui, ça en est. Ouais,
- Speaker #0
c'est ça. Les voyages ont toujours fait partie de ta vie, d'où vient cette passion ?
- Speaker #1
Je suis née à l'île Maurice, est-ce que c'est l'île Maurice qui m'a mis ça dans le sang dans mon berceau, je ne sais pas. J'ai beaucoup voyagé avec mes parents, petite. J'ai été trimballée, trimballée c'est pas du tout péjoratif, mais d'un pays à un autre sans que je demande rien, en fait j'ai suivi le mouvement. Et je sais pas, au fur et à mesure, sans m'en rendre compte, j'ai dû magasiner ça dans mes cellules et j'ai pleuré à chaque départ, j'ai pleuré à chaque arrivée. Et je pleure encore à chaque départ, je pleure encore à chaque arrivée. Mais je trouve ça passionnant de me plonger dans la vie. de culture et de personnes que je ne connais pas et de découvrir plus ou moins facilement. C'est plus ou moins avec le sourire aussi, parce que parfois, je vois des choses qui me troublent encore aujourd'hui. Mais je trouve que c'est très enrichissant. Et en tous les cas, ça fait celle que je suis aujourd'hui.
- Speaker #0
Et tu dis que tu as été trimballée de pays en pays depuis ton plus jeune âge. Est-ce que tu as un souvenir en particulier qui t'a marqué, enfant ?
- Speaker #1
Petite. De l'île Maurice, j'avoue que je n'en ai aucun souvenir réel. Après arrive le Kenya. Le Kenya, je suis toute petite aussi, mais je crois qu'au fond de mes cellules et avec des photos, j'ai un souvenir de cette femme kenyane qui était Manonou, qui s'appelle Frida, qui est décédée maintenant. Mais j'ai des énormes souvenirs de câlins et de tendresse et de complicité avec elle. De langue aussi. Le Swahili, elle me parlait Swahili, donc j'ai appris le Swahili avant de... T'apprends le français ? J'ai fait un gros micmac de tout ça à un moment donné et ma sœur traduisait pour mes parents qui parlaient un peu swahili, mais c'était vraiment mon début de langue. C'est peut-être ça aussi qui fait que je crois que j'apprends les langues assez facilement et j'aime ça, en fait. J'ai ce souvenir-là. Après, j'ai le Nicaragua où j'ai le souvenir de... Je cours dans les bananiers avec ma petite robe blanche et mon chien berger allemand. Et je prends mes échasses et je joue avec mes échasses à courir dans les bananiers. Et pendant tout cela, moi je fais des cours par correspondance parce que je ne suis pas à l'école. Et après arrive la Jamaïque où là, c'est une vie de souvenirs. J'arrive à 10 ans jusqu'à mes 14 ans. Et là, c'est plein plein plein de souvenirs, plein de choses différentes. Le premier souvenir que j'ai, c'est en fait on arrive dans les pays, on va à l'hôtel avec mon père et ma mère et ma sœur. Et généralement, papa, il va un petit peu avant pour trouver un logement. Et là, on était à l'hôtel. Moi, je repars du Nicaragua où j'ai 10 ans. Je quitte mon cheval, mon chien et l'espagnol du coup. Et j'arrive à la Jamaïque où je ne parle pas un mot d'anglais. Je ne comprends rien et je suis à l'hôtel. Il y a une piscine et donc je nage. Je nage dans la piscine et puis j'ai cette amie qui arrive vers moi et qui me dit « Do you want to race ? » Et je ne comprends rien du tout, mais en langage d'enfant. Je comprends qu'elle veut faire des courses ou qu'on veut nager ensemble. Donc on nage ensemble sans se comprendre. Je pense que mon premier souvenir de partager des moments avec des gens que tu ne connais pas, dans un endroit que tu ne connais pas, mais le langage du cœur ou le langage enfant, ça a commencé comme ça et on s'est beaucoup amusé. Elle s'appelle Stacy, je l'aime de tout mon cœur, c'est une partie de ma vie. Et à la fin de cet après-midi, elle est allée voir ses parents. Ils m'ont appelé, ils sont allés voir mes parents et son père a demandé à mon père, en anglais, que je ne comprenais pas du tout, en fait c'était « est-ce que vous autorisez Pascaline à venir passer un week-end sur le voilier avec nous le week-end prochain ? » Et moi je ne comprenais rien, j'ai vu mon père me regarder et me dire « ils sont en train de t'inviter à passer un week-end sur le voilier, est-ce que tu veux y aller ? » « Non, non, non, surtout pas, non, non, je ne comprends rien, non, non, non, non, non, non, j'étais très peureuse à l'époque, dans les petits jupons j'étais timide. » et je ne comprenais rien. Je dis non, non. Et là, mon père m'a regardé comme il savait très, très bien le faire. Il me dit, Pascaline, si tu veux t'intégrer et apprendre la langue et avoir des amis, je te conseille d'y aller. Donc, je vais répondre oui. Et il a répondu oui et j'ai passé le week-end dans ce bateau avec cette amie sans comprendre rien du tout. Et ça a été le début d'une amitié qui dure depuis 46 ans. Voilà. Et c'est peut-être tout ça qui fait que... Je suis celle que je suis aujourd'hui. Un peu bizarre.
- Speaker #0
Un peu bizarre.
- Speaker #1
Un peu bizarre, un peu différente, mais c'est ça.
- Speaker #0
Là, tu as 14 ans, donc tu as beaucoup voyagé, tu as fait des rencontres. Là, cette expérience avec cet ami Stacy, où ton père t'a un peu...
- Speaker #1
Mis au pied du mur. Mis au pied du mur,
- Speaker #0
mais finalement, tu as osé et derrière, il y avait quelque chose de beau qui se tramait pour toi. Est-ce que tu peux nous partager comment tu es arrivée à ce métier d'infirmière ?
- Speaker #1
En fait, je voulais être sage-femme. Je voulais être sage-femme. Je n'ai pas pu être sage-femme parce qu'à l'époque, je n'ai pas eu mon bac jusqu'au bout. J'ai eu la première partie et j'ai loupé mon bac à un point près. Et je n'ai jamais voulu repasser mon bac, perdre une année pour un point. Ce n'était pas du tout mon truc. Donc là, c'était une première lutte contre mes parents. J'ai dit, je ne referai pas ça. Mon père a dit, oui, tu feras ça. Non, je ne repasserai pas mon bac, mais je serai infirmière. Et pour être infirmière avec l'oral du bac, il fallait passer par le parcours du combattant. Chose que j'ai fait, il m'a dit, tu n'y arriveras jamais, tu repasseras ton bac. Et j'ai réussi à me faire accepter à l'école d'infirmière. que j'ai fait mes études d'infirmière. J'ai fait juste après un DU de médecine tropicale en suivant, envers et contre tous. J'étais enceinte avec un gros bite de 8 mois. J'étais la première de cette promo, ce qui n'était pas du tout prévisible. Et j'ai toujours su que je voulais faire de l'humanitaire. Début infirmière parachutiste, et ça ne s'est pas fait. J'ai fait beaucoup de parachutisme. Je suis infirmière, mais je n'ai pas pu allier les deux. Mais l'humanitaire était partir et... partir au bout du monde et soigner me mettre dans le jus et puis de ce jus pouvoir en sortir quelque chose pour moi et pour les autres pour les autres et pour moi parce que ça va toujours ensemble et qu'est ce qui t'a mené me profondément dans le fait de prendre soin des autres je sais pas trop comment te répondre c'est intrinsèque en fait alors j'ai longtemps joué à la sauveuse n'était pas terrible c'est pas bien C'est humain. Je ne sais pas, je ne réfléchis même pas. Maintenant, je réfléchis parce que sinon, je suis sauveuse et il faut ce temps entre les deux pour que ça soit juste. Ça m'apporte un grand plaisir qui est forcément reçu et qui est forcément renvoyé. C'est cet échange qui me nourrit et je pense qu'il nourrit aussi les gens. Je regrette infiniment que ça ne se fasse pas plus.
- Speaker #0
Oui, tu vas souvent partager que tu aimes beaucoup cette idée du donner et recevoir.
- Speaker #1
Oui, c'est important. C'est important, je pense, encore plus à l'époque actuelle où les gens ont un petit jugement, mais un peu égoïste dans leur vie, dans leurs petits trucs. Alors que dans la culture africaine, c'est « je suis parce que nous sommes » . Le mot, c'est Ubuntu et c'est vraiment ça. C'est une guérisseuse péruvienne. m'a très récemment appris je suis toi et tu es moi. En fait, si je considère que je suis toi, je ne vais pas te faire du mal, je vais te respecter parce que je n'ai pas envie de me faire du mal et de me respecter et de ne pas me respecter. Et en fait, ça amène quelque chose de beaucoup plus doux et pacifiste et beau. Et en fait, donner sans l'intention de donner pour quelque chose, là aussi, ça s'apprend parce que, pareil, quand on est sauveur, on a envie de reconnaissance. Moi, j'ai eu un grand besoin de reconnaissance de par ma vie. Et en fait, donner pour se faire aimer n'est pas bon. Mais donner juste par envie de donner, parce que ça vient du cœur, sans rien attendre en retour, c'est tellement beau. Ça me fait vibrer, ça me remplit d'amour, de vie en fait. Ce n'est peut-être pas la personne que tu donnes qui va te donner quelque chose. Mais tu t'en fous parce que tu ne l'as pas fait pour ça. Mais la vie énergétiquement va forcément à un moment donné te renvoyer quelque chose. Et puis ça va te surprendre parce que tu ne t'y attends pas vraiment. Et c'était des belles surprises, des beaux cadeaux. Et de fonctionner comme ça, ça m'émeut parce que ce n'était pas inné. Et quand tu as réussi à casser ce truc-là et juste donner, parce que tu as juste envie de donner, pourquoi tu me fais un cadeau ? Parce que j'ai envie. Point. Tu en fais ce que tu veux, tu l'aimes, tu l'aimes pas, mais ça va pas me blesser parce que je te le donne pas pour que tu me dises merci ou j'aime ça. Et en humanitaire et dans les différents pays, on donne, mais on n'a pas, dans notre culture, il faut donner, dire merci et pa en faire des tonnes. Là-bas, enfin, dans beaucoup de pays, tu donnes, tu donnes. Et t'as rien en retour, mais t'as plein de trucs en retour différemment. Et en fait, ça m'a énormément appris ça.
- Speaker #0
L'humanitaire, t'as énormément appris ça, à donner, sans forcément appuyer en retour ?
- Speaker #1
Ah oui. J'ai pris des grandes claques. Parce qu'au début, notamment en Roumanie, mais ça fera partie d'autre chose. Mais oui, ça m'a beaucoup appris à donner sans attendre quelque chose en retour, en fait.
- Speaker #0
Il y a un des enseignements que l'humanitaire t'a appris, c'est ça.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et puis, il y a aussi ce voyage en Mongolie. Et d'ailleurs, j'ai même envie de te poser cette question juste avant. Est-ce que voyager, pour toi, c'est une manière de se rencontrer soi-même ?
- Speaker #1
Oui. Ah oui, voyager, c'est au début, on voyage pour aller voir-ci, pour aller à la plage, pour aller découvrir tel truc. Oui, c'est une sorte de voyage, bien sûr. Mais moi, ce n'est pas du tout mon truc parce que j'aime... J'organise un minimum dans ma tête quand même. J'ai un petit plan, mais c'est comme un filet de pêche. Il y a plein de trous. Et je prends toujours les deux premières nuits à l'endroit où je vais en me disant, tu arrives, tu ne connais rien de rien du tout, tu te poses. Et puis tu vas sentir, tu vas regarder, tu vas voir les gens, tu vas regarder comment ils font, comment ils bougent, comment m'imprégner de ce que je ne sais pas du tout. Et je considère qu'il faut deux jours parce que... Ben, c'est déstabilisant, puis ça peut faire peur. Et puis parfois, je comprends que ce que je me suis dit que j'allais faire et voir, gros flop, ce n'est pas du tout ça qui est en train de m'appeler. Et après, petit à petit, j'organise. Et en fait, même quand j'organise, parfois, je voulais aller à droite ou me dire, je vais rencontrer telle chose ou faire tel truc. Ben, pas du tout. Et au fur et à mesure des années et du temps, j'ai appris à me laisser surprendre et à me laisser aller vers un appel. comprendre ni savoir quoi. Parfois, c'est pas cool. Mais très souvent, c'est très cool. Et quand c'est pas cool, j'apprends. Et quand c'est très cool, j'apprends aussi. J'aime bien les surprises des voyages. J'aime bien ce côté d'être obligée de s'adapter. Je mange ce qu'il y a à manger. Je dors là où, en humanitaire, on est obligé de... Enfin, en tous les cas, je m'oblige et je trouve que c'est ça. Il n'y a pas de... Oui, mais moi, j'aime pas ci. Oui, mais moi, il me faut la noix pour dormir. Ah bah oui, mais moi, mon petit déjeuner, c'est ça. Non, il n'y a plus rien. J'adore me fondre dans l'environnement. Et puis, parfois, c'est compliqué parce que manger un œil de mouton, punaise, c'est pas cool. Mais on ne peut pas ne pas le faire parce qu'ils n'ont rien, ils te donnent ça. Donc, tu manges ton œil de mouton, tu t'imagines que c'est, je ne sais pas quoi, une pâquerette que tu vas avaler, et puis voilà, quoi.
- Speaker #0
Et tu te découvres des ressources, du coup.
- Speaker #1
Ah ouais. Ouais. Des manques aussi, tu te découvres. « Wow, au secours, au secours, SOS, qu'est-ce que je peux faire ? » Tu pleures, ça vient de chercher loin. Mais tu te découvres des tonnes de ressources. Tu vas dompter ta peur. Parce que forcément, parfois, je flippe. Parfois, je dis « Wow, voilà ! » Tu es obligé d'aller chercher ta confiance. Et je crois qu'au fond de moi, il y a un petit truc, un peu comme quand je suis partie sur ce bateau. « Merci, papa ! » je l'aurais bouffé quand il m'a dit tu fais ça, oui mais je crois que c'est peut-être ça le premier souvenir réel que j'ai qu'on ne me raconte pas ou que je ne lis pas ou que ce n'est pas une photo je crois que ça c'est ancré au fond de moi va, va, de toute façon tu as le choix on a toujours le choix mais lance-toi, le premier pas c'est à toi de le faire ça vient de chercher au fond de tes tripes et c'est ça qui est chouette merci et donc que...
- Speaker #0
Tu aimerais là partager un voyage humanitaire que tu as fait en Mongolie. Pourquoi déjà la Mongolie ? Tu es partie dans quelles conditions là-bas ?
- Speaker #1
Je suis partie deux fois. Une fois en mission humanitaire, il y a 16 ans, avec une association. La Mongolie, c'est un pays qui m'a toujours appelée. J'étais à l'époque avec un compagnon qui était parti avec moi, qui était infirmier aussi. La Mongolie, je ne sais pas, ça m'a toujours rappelé. Et le cheval, c'est l'une de mes passions. Et bingo, j'ai dit, oui, bien sûr, la Mongolie, allez hop, on va découvrir. Et c'était au plein mois de novembre-décembre, au nord-ouest de la Mongolie. Mais la météo, c'est moins 35 avec des vents qui caillent. Et moi, je travaillais à l'époque à Bangkok, en Thaïlande. J'ai fait Thaïlande, Nice, Nice. Los Angeles et Los Angeles, la Mongolie, j'ai perdu 70 degrés en deux jours. C'est ce genre de choc entre guillemets que j'aime bien. Et la Mongolie, c'est un peuple qui me... Je suis pleine d'admiration pour eux. Et je ne sais pas, je dois avoir une partie de mon mongol quelque part, peut-être.
- Speaker #0
Et comment tu rencontres du coup ce médecin mongol ?
- Speaker #1
En fait, le but c'est... C'était d'abord de passer un petit moment dans un hôpital, à 4 heures de là. On logeait chez le directeur de l'hôpital. On apportait des médicaments aux médecins, mais là, c'était me fondre dans la masse et donner mon coup de main dans cet hôpital-là. Donc il a fallu me faire accepter. Il a bien fallu de bonnes journées, facilement. Il a fallu que moi, je regarde ce que je pouvais amener pour les aider. Tout en gardant toujours en tête qu'il faut que, quand moi je parte, ça puisse être pérenne. Parce qu'apporter du chocolat pour leur montrer, pour faire un gâteau au chocolat, qu'ils vont déguster, qu'ils vont trouver ça délicieux, sachant très bien qu'ils n'auront plus jamais de chocolat, je trouve ça pas ok du tout. Donc il faut que moi je sache m'adapter en pouvant améliorer. par ma connaissance, mais avec le matériel qu'ils ont eux, pour qu'eux puissent après se servir de ça. Et moi, je pars et ils peuvent quand même faire tout ça après mon départ. Et le but, c'était sur plusieurs années, d'emmener petit à petit des choses, de récupérer leur artisanat, de le vendre en France et avec cet argent-là, de les rendre autonomes eux-mêmes en matériel. Ça, c'était pour la partie hôpital. Et la deuxième partie, c'était celle qui m'a le plus... éclaté, troublé. C'était pareil, très loin, au nord-ouest de la Mongolie, à la frontière kazakh, c'était d'aller chez les médecins de Baghe, Baghe c'est une région, apporter du matériel, leur expliquer et le but c'était juste ça. Mais ça n'a pas été du tout que ça. Ça s'est fait bien sûr, mais j'ai découvert un médecin qui aujourd'hui, j'aimerais tellement le serrer dans mes bras et lui dire merci. Donc, je lui ai apporté tout ça, un thermomètre tout bête que nous, ça semble tellement idiot. Mais le thermomètre qu'ils mettent sous le bras et qu'ils font bip, bip, bip, pour lui, c'était Noël. Donc, tout ce que j'ai pu lui apporter, c'était Noël. Il m'a reçu dans sa maison faite en briques de boussoyac, parce que c'était l'hiver et ils ne sont plus dans les yurtes à ce moment-là, au sein de sa famille, avec sa femme et leurs cinq enfants. Et j'ai passé du temps chez eux et il m'a dit... « Ok, est-ce que tu veux venir avec moi ? J'ai des soins à faire. » Et ce jour-là, j'ai compris que tout ce que je savais, c'était bien mignon, mais que c'était que dalle, quoi. C'était beaucoup, mais que dalle. Il m'a appris à regarder les gens. Le soin, c'est le soin, c'est ce que je dis. On sait, on a la connaissance. On a le matos en France. Et moi, je travaillais à l'époque à Bangkok, et après, je travaillais en néonate, et j'avais expliqué la néonate. C'était des prématurés de 500 grammes, 25 semaines de grossesse. Et nous, on avait les bébés de 500 grammes dans notre pomme de main. Et ils me regardaient en me disant « Ouh ! » Et ils me disaient « Mais les vieux, les vieux, c'est dans les EHPAD à 95 ans, à 100 ans, dans des conditions qui sont pour moi pas du tout tolérables. » Ils me disaient « Mais nous, on n'a pas du tout ça. Nous, on laisse la vie faire. On accepte la vie, on accepte la mort. La vie, la mort. On met au monde quelqu'un. » on sait très bien qu'on va mettre au monde aussi une mort, parce que cette personne elle va forcément mourir comme nous tous et c'est banal pour dire ça et nous ça peut choquer, mais c'est banal et il me dit, mais regarde, et moi je le regardais faire et je dis, waouh, j'étais mais comme un, je sais pas, dénudé mais ébloui, c'était tellement beau à voir, il prend le temps il prend le temps, là, bonjour carte vitale, 10 minutes on se touche même pas, au revoir, une ordonnance là, ça peut durer des heures ça peut même durer des jours il va palper les gens il va toucher la texture de la peau la moiteur, il va regarder les yeux il va regarder en regardant dans les yeux il va regarder la langue il va palper avec ses mains toucher la personne il va lui parler de sa famille, de sa façon de vivre il va toucher ses cheveux en fait le toucher l'humain il va prendre un temps infini à ça pour juste de ses mains, de ses 5 sens pouvoir avoir un diagnostic. Il me dit, moi, je n'ai pas de scanner, je n'ai pas de bilan sanguin, je n'ai pas des urines. Il va mettre le doigt dans l'urine, il va mettre la goutte dans la bouche, il va savoir s'il y a de l'acétone, s'il y a de la glycémie, s'il y a du sucre. Et moi, je regarde ça et je dis, j'ai tout appris avec lui. Parce que de ce moment-là, je n'ai plus jamais travaillé de cette façon-là et je comprenais pourquoi je tenais la main des gens. pourquoi j'étais assise sur leur lit à leur parler, à les toucher, et que je me faisais engueuler par mes supérieurs, que je mettais trop de temps dans les gens, et que ce que je faisais n'était pas OK. Je dis, mais on ne s'assoit pas sur le lit d'un patient. Mais oui, on s'assoit si on lui demande la permission et qu'elle dit oui. Et oui, s'il y a une main tendue, bien sûr qu'on la prend, parce que ça, c'est un soin, de tenir une main, c'est un soin. Et ma vision de soin a totalement changé. Et j'étais encore plus un petit canard dans les services hospitaliers que j'étais déjà avant.
- Speaker #0
Et oui, du coup, qu'est-ce que tu as ramené des enseignements avec ce médecin mongol que tu as pu t'approprier à ton retour ? Parce qu'effectivement, les contextes de soins ne sont pas du tout les mêmes. Donc, je comprends que ça a pu être difficile pour toi.
- Speaker #1
Qu'est-ce que ça a changé en moi ? J'ai toujours bataillé avec les gens en leur disant, mais si c'était toi, est-ce que tu le ferais ? Ma phrase culte des médecins, ils m'ont détesté pour ça. Je dis docteur, si c'était vous, votre femme, votre fille, votre maîtresse, quelqu'un que vous aimez de tout votre cœur, est-ce que vous le feriez ? Pascaline, tu ne peux pas me parler comme ça. Je lui dis si. « Répondez-moi, c'est non, alors pourquoi le faites-vous ? » Et en fait, eux ne vont jamais faire quelque chose à l'autre qu'ils ne feraient pas à leur propre famille, à eux-mêmes en fait. Il va passer 12 heures à cheval pour aller chez la personne qu'il a entendu dire qu'elle était malade et il va y rester trois jours sur place le temps de la stabiliser ou de pouvoir l'envoyer à l'hôpital. Et il aura fait un soin qu'en France on fait en 10 minutes, sans aucun humanité, sans rien. Il y avait un monsieur de 85 ans. sur un lit en paille, mais dans la yurte, c'était une autre fois. C'était un vieux monsieur avec son chapeau mongol et sa moustache qui tombait là, avec un petit enfant en mitonné dans plein de linge à la mongole. Et c'était l'arrière-grand-père. Mais en fait, il était tombé à cheval 20 ans avant, fracture, et il ne pouvait plus marcher. Mais il était là dans la yurte avec tout le monde, et tout le monde s'en occupait. Et lui divulguait toute sa connaissance. Et il avait son arrière-petit-fils, et personne n'était en train de dire, oh là là... qu'il va le faire tomber ou non, il faut le mettre à l'EHPAD. Non. J'étais là, je dis waouh, c'est beau. Et le soin qu'il lui faisait, ce n'était pas un soin médical pur et dur. C'était juste un soin du cœur et d'amour et de partage. Il avait juste besoin de ça. Ça faisait 20 ans qu'il vivait comme ça, tellement heureux.
- Speaker #0
J'aimerais revenir à quelque chose d'intéressant que tu as dit tout à l'heure, notamment en Occident. On a cette mission en tant que... que médecin de sauver les gens à tout prix. Tu parlais du prématuré, tu parlais de la personne âgée. Donc c'est chouette parce que la technologie a évolué, donc ça permet effectivement à des prématurés de vivre et de vivre bien pour la suite. Mais du coup, ça me questionne aussi sur la question de l'acharnement thérapeutique. Donc ce que j'entends, c'est qu'en Mongolie, ça n'existe pas, ça. C'est que la vie, la mort, elle est là et c'est quand c'est le moment, c'est le moment. Il n'y a pas à aller au-delà de ce que le corps a. à peu donner sur cette terre. Et donc, je trouve que c'est intéressant quand même d'aller explorer ça. C'est quoi ton point de vue par rapport à ça, cette mission de sauver à tout prix ? Qu'est-ce que tu as appris par rapport à ça ?
- Speaker #1
En Mongolie, effectivement, ils ont ce respect de la vie et de la mort, du vivant, avec les animaux, avec la nature, les arbres, les fleurs, les tout. Ce qui doit vivre, doit vivre. ce qui doit mourir, doit mourir, mais pendant ce chemin-là, on l'accompagne. Du mieux qu'on peut, avec tout ce qu'on peut, mais on l'accompagne. Ce que je vois en France, à Mayotte, en Néonate, j'ai fait des refus de soins, chose qui ne m'était jamais arrivée avant, j'en ai fait trois, parce que, et c'est tout un tas de choses à faire, et ça vient vous chercher de le faire, parce que les autres collègues ne le font pas, parce qu'il faut encore une fois de plus se sortir du lot et affronter un médecin. Au début, c'était des dieux pour moi. Wow, ils savent tout. Maintenant, c'est des êtres humains comme tout le monde. Je les respecte comme 34 humains, s'ils peuvent être respectables. Mais quand ils ne sont pas respectables, je les respecte au moins bien et je leur dis que ce n'est pas OK. Et les refus de soins, c'était non. Je dis là, le bébé, ça fait trop longtemps qu'on s'acharne pour le piquer, piquer à cheveux pour rentrer un cathéter pour poser une perfusion ou lui permettre de vivre. Lui donner de l'oxygène en veux-tu en voilà, ça se joue à un ou deux pourcentages d'oxygène. S'il y en a trop, on sait qu'il sera aveugle. Mais si on ne lui donne pas assez, on sait qu'il va mourir. Donc on joue toujours entre la vie et la mort. Et à un moment donné, quand la maman dit stop, c'est trop. Quand le bébé, on sait très bien qu'il va mourir parce qu'on le sait, c'est une évidence. Parfois, c'est une évidence. Et là, je dis non, je ne peux plus. Ça ne sert à rien. Je dis pourquoi ? tu veux que j'aille encore lui mettre des antibiotiques tu sais très bien que ça va servir à rien, je ne veux plus, je ne peux plus je pleure quand je me regarde dans une glace je ne peux plus, je me fais honte je ne peux plus, je te fais un refus de soin je ne veux plus rentrer dans ce box je sais qu'il y a d'autres collègues qui iront et là c'est tout un tas de paperas, c'est tout un truc je lui dis mais pourquoi tu t'acharnes comme ça et on s'est fâchés, il ne m'a pas parlé pendant longtemps ça a été compliqué et le jour de mon pot de départ, il est venu, il m'a embrassé il m'a dit que j'étais l'une de ses meilleures infirmières et pour lui, il me dit « je suis un réanimateur » . Mon but, c'est de réanimer les gens. Oui, mais jusqu'à quand ? Jusqu'à quoi ? Réanimer pour éviter de dire que la personne est morte ? Est-ce que c'est parce que tu n'as pas été bon ? Ou est-ce que c'est parce que c'était son moment de mourir ? Et qu'il faut respecter quand c'est le moment de mourir, même si c'est difficile.
- Speaker #0
Et j'ai toujours lutté contre ça. Et c'est venu me chercher, parce que, pareil, pour ma grand-mère, ma mère, mes meilleures amies, j'ai accompagné toutes ces morts-là. Et la limite, elle est dure. Mais à un moment donné, on n'est pas plus fort que la vie ou que la mort. Quand ça doit venir, ça doit venir. Cette guérisseuse péruvienne m'a dit, mais à 50 ans, nous, on commence à se préparer à la mort. Je lui ai dit, tu devrais y penser à la mort. Elle m'a dit, pense-y, tu vas mourir. Je vais mourir. Tout le monde va mourir. Et ça fait partie de la vie. Et quand on arrive à être comme ça, ça fait de la mort quelque chose qui fait partie de la vie et ça la rend plus légère. Je n'ai aucune envie de mourir. Mais jour après jour, ça m'allège la peur de la mort. Ou ça me permet de mieux accompagner les gens qui vont mourir. Parce qu'il y a ce respect-là de la mort.
- Speaker #1
Ce que ça veut dire, c'est que vu que nous ici en France, on a les moyens en fait. Pour soigner, est-ce qu'on est plus dans cette volonté de maintenir en vie le plus longtemps possible, contrairement à Mongolie où ils ont moins de moyens finalement ? Ce qui est plus important peut-être en Mongolie, c'est accompagner la personne à mourir. Et nous, c'est accompagner la personne le plus possible à rester en vie. Finalement, la finalité, elle est peut-être la même, mais la perception est totalement différente. D'un côté, on est dans l'encharinement thérapeutique et de l'autre, dans l'humain.
- Speaker #0
Après, on peut accompagner les gens à mourir et les soigner. Je n'ai surtout rien contre ça. Mais la personne là-dedans, elle peut peut-être avoir son mot à dire. Est-ce que je ne peux pas être l'actrice de ma vie et de ma mort ? On nous demande d'être acteur de notre vie, d'être responsable de notre vie. Est-ce qu'à un moment donné, quand je comprends, je décide que là, ça va être trop de souffrance pour rien ou que je veux mourir dignement ? ou que je ne veux pas mourir comme vous me le proposez. C'est un sujet qui est compliqué, mais ce n'est pas grave. Ça m'est égal de le dire. Bien évidemment que je ne vais pas m'acharner. Bien évidemment, ça m'a valu des confrontations, bien sûr. Mais le respect de la personne, je trouve ça complètement dingo de devoir partir à l'étranger pour pouvoir mourir dignement parce qu'on l'a choisi. Alors, c'est dur pour la famille, c'est dur pour tout le monde, mais récemment, j'ai vécu par des amis très proches qui ont accompagné au Canada la mort d'une personne qui était avec des cancers à non plus finir et qui avait décidé que c'était stop et qui voulait mourir dignement et qui ne voulait plus continuer à vivre comme ça. Et ça a été une mort magnifique, si on peut dire ça. Toute la famille était là. Il a fait une superbe fête, ils ont bu un coup, sa femme est restée, tous les autres sont partis et la mort est venue une demi-heure après. Je pense qu'à un moment donné, c'est bien de respecter la vie des gens quand c'est le moment et en tout cas de l'entendre et de l'accompagner.
- Speaker #1
C'est vrai que ce rapport à la mort, c'est un vaste sujet et c'est vrai que j'aime aussi penser que la mort peut être une fête.
- Speaker #0
J'aimerais bien ça pour la mienne en tous les cas. Elle n'a pas l'effet.
- Speaker #1
Donc du coup, cette expérience, cette rencontre avec ce médecin t'a amené effectivement à revoir cette notion d'humanité dans ton métier. Et tu as aussi partagé le quotidien de cette famille. Qu'est-ce que tu as vécu pendant ces moments avec eux ?
- Speaker #0
C'était dur, mais un immense bonheur. une immense leçon de vie, parce que je les voyais faire et je les voyais réagir. Et ces deux mots, ils ne résonnent plus du tout de la même façon depuis ce moment-là. Ils n'ont rien, ils n'ont rien par rapport à nous, mais ils ont tout. Ils partagent ce qu'ils ont à manger, ils partagent ce qu'ils ont de savoir, ils partagent la main tendue. La yurte est toujours ouverte. Les gens rentrent, ils s'assiedent, ils vont avoir du thé salé kazakh, du thé salé avec du lait de yak. Ils vont boire leurs trois bols, parce qu'il y a plein de traditions, ça passe par trois. Ils vont manger ce qu'il y a. Ils vont repartir, ils vont juste remercier d'un regard. Et personne ne connaît personne et ça se passe comme ça. Le cœur est grand ouvert. Nous, on était arrivés... avec du matériel pour le médecin, des cahiers de coloriage et des crayons de couleur pour les enfants. Et à un moment donné, on est dans l'Aïourt, et j'avais une traductrice, parce que tu parles des langues, mais si tu ne parles pas ni mongol ni kazakh, tu ne comprends rien, tu ne parles rien. Donc elle était traductrice français, kazakh, mongol. Et à un moment donné, elle me traduit, ils vont aller voir leurs chevaux. Mais il était 8h du soir, il faisait nuit noire, il caillait. Bon, moi je me lève, je vais aller avec eux voir des chevaux, mot magique. Et puis elle éclate dehors, elle me dit, non, non, tu restes assise, ça veut dire juste qu'ils vont aller pisser dehors. Ah, ok. Et du coup, on se retrouve pour la première fois, elle, donc la femme, et moi. Et les enfants, mais les enfants, ils restent tranquilles, c'est des anges. Et j'ai dit, chouette, on va pouvoir parler entre femmes. Et donc, on s'assied toutes les trois. Et quand ils vont faire pipi, ça dure longtemps. Donc, je me dis, super, on va pouvoir parler avec elles. Et donc, déjà, je la remercie de tout cœur de m'accueillir, de me donner tout ce qu'elle me donne, de m'apprendre tout ce qu'elle m'apprend. Et je lui dis, écoute, la prochaine fois que je viens, qu'est-ce que je pourrais t'emmener pour toi ? Parce que du coup, pour toi, toi, je ne t'ai rien amené. Qu'est-ce que tu voudrais ? Et la traductrice me regarde et me dit, Pascaline, elle ne va pas comprendre ta question. Je lui dis, elle est claire quand même. Elle me dit, non, moi, je peux la comprendre, mais elle me dit, non, elle ne peut pas comprendre. Oh, tu peux lui expliquer quand même, dis-lui. Et là, au fond de moi, je dis, mais tu vas me trouver une réponse, quoi. Et ça a pris. quelques longues minutes. Et puis je voyais bien dans les yeux de cette femme, elle ne comprenait pas l'objet de cette question ou la réponse qu'il fallait donner. C'est comme quand moi, je dis que c'est des mots français mais je ne comprends pas. Et je dis, mais Djanga, trouve un moyen. J'étais vraiment, mais il me faut quelque chose. Elle me regarde à un moment donné, elle me dit, oui, elle va pouvoir te dire quelque chose. Et là, waouh, quand je raconte cette histoire, personne ne peut imaginer ce qu'elle m'a demandé. Elle m'a demandé quelque chose. Elle me dit, peut-être que vous avez, vous, des objets pour m'aider à éplucher les légumes. Wow ! Elle a 45 ans. Je lui demande quelque chose pour elle. Et effectivement, ils vont au puits chercher de l'eau. Il fait moins 35. Les mains sont avec des gelures. Elle va traire les yaks. Les mains sont dehors avec des gelures. L'eau est froide. Et quand je regarde ses mains, elles souffrent, ses mains. Un économe ! Et là, je fous en larmes. On n'est supposé pas montrer ses émotions en tant qu'infirmière. Je n'ai jamais réussi. J'ai les larmes qui coulent. Je dis... Oh ! Mon monde à l'intérieur, c'est gros. Je me dis, mais des économes. Et je me vois, moi, toutes les fois où j'ai un économe, je me dis, oh, punaise, ça ne coupe pas. Et le jeter, en acheter un autre. Et je vois mon sac à dos de 23 kilos que j'aurais pu remplir d'économes et donner des économes à toutes ces femmes-là. Et je me dis, mais oui, mais on ne va pas attendre la prochaine fois que je viens. Je vais aller, dès que je rentre, je l'envoie au directeur de l'hôpital qui va te l'emmener à ton mari. Non, non, non, surtout pas, surtout pas. L'hôpital, c'est l'hôpital. Le travail de mon mari, c'est le travail de mon mari. Quand tu vas revenir, tu vas m'apporter un économe. Et ça a été une des grandes leçons de ma vie. Et je peux t'assurer que je ne vois plus jamais un économe de la même façon.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que tu comprends là, finalement ? Qu'est-ce qui t'a émue tant ?
- Speaker #0
Ben, on s'attend à tout sauf à ça. On s'attend à tout sauf à ça. Et elle, elle voyait juste son bien-être. Oui, parce que ça pouvait l'aider. Ça pouvait l'aider pour éplucher les légumes, donc c'est du bien-être. Mais c'est du bien-être, en fait, pour la communauté aussi. C'était pas « je veux un parfum, une crème, un bijou, un pantalon » . Non, c'est « je veux juste un économe qui va m'économiser un peu mes mains et je vais, derrière sa tête, c'était sûr, pouvoir faire encore plus de choses ou différemment. » Et juste un truc auquel jamais de ma vie j'aurais pensé. Je lui dis « Waouh, toi, on te demande ça, tu n'aurais jamais demandé un économe. Et tes besoins, là, ils sont tes besoins, ils sont respectables, mais est-ce que tu ne vas pas pouvoir les revoir différemment tes besoins ? » Et là, ouais, c'était juste l'économe. Et cette femme, on s'est tellement rencontrées, il y a eu cet amour, cette complicité, ce regard, on ne pouvait pas se comprendre par la parole, mais on se comprenait tellement. justement par tous les sens, le langage corporel, que j'adore, que j'apprends, que j'ai appris, qui me sert tellement dans ces cas-là. Le regard. En Occident, on ne regarde pas les gens. Le regard, ils sont fuyants, on dit « Salut, ça va ? » La personne ne t'a même pas regardé, elle part, elle n'a même pas attendu ta réponse. Là, quand ils te parlent, ils te parlent. Ils sont là pour toi, tu es reconnu. Cette femme-là, c'était vraiment ça. Et quand je suis partie, elle m'a fait un cadeau de « Je peux raconter cette histoire-là. » Au départ, bien évidemment, il y a des adieux. Mais les départs, ils sont tellement douloureux. Pour moi, parce que je les aime ces gens-là. Ils m'ont tellement donné, appris et accueilli, sans rien me demander. En France, on n'ouvre même pas la porte à quelqu'un qui vient toquer. On a peur, triple tour, au secours, au secours, qu'est-ce qui va se passer ? Et donc, on a dit au revoir à tout le monde. Moi, les larmes aux yeux, bien évidemment, eux aussi. Et le médecin m'a tellement dit merci et sa façon de... Cette accolade, jamais de ma vie, je vais l'oublier. Les enfants, pareil. Et elle, les gardés en dernier. Pourquoi en dernier ? Pourquoi on dit au revoir aux gens qu'on aime le plus en dernier ou avec qui on a le plus d'infinité ? C'est vraiment les dernières personnes à qui je dis au revoir. Et on s'est dit au revoir, on s'est regardé, mais ce regard non plus, je ne vais jamais l'oublier. Et on est parti, et moi j'étais en train d'avoir mes petites larmes, et la traductrice me dit, « Mais Pascaline, elle te rappelle, mais toi toute seule. » J'ai su retourner, et elle me dit, « J'ai quelque chose pour toi, je veux te donner quelque chose. » Et je l'ai vue dérouler ce bout de tissu tissé qui fait le tour de la porte, toute la porte, elle l'a désattachée, roulée. Et en fait, ce tissu, c'est eux qui le tissent, qui le brodent. Et ils s'en servent pour éviter les courants d'air, en fait. Mais je lui dis, mais non, mais tu ne peux pas me donner ça. Tu vas avoir froid, c'est tellement important pour vous. Et Janka, qui me regardait, qui me disait, tu ne peux pas le refuser. Mais je lui dis, mais ce n'est pas possible. Je n'ai même pas un tissu à te donner, une écharpe à te donner pour que tu le mettes. Mais non, elle va le rebroder. Et tout le temps qu'elle le rebrodera, elle pensera à toi, elle te remerciera. Et tu dois le prendre. Il est toujours à la maison, ça fait 26 ans, il trimballe d'un endroit à un autre, d'un déménagement à un autre. Et c'est quelque chose auquel je tiens tellement profondément, qui ne sert strictement à rien, qu'une décoration que des gens trouvent très moche ou très beau, mais ça m'est tellement égal. Et si je dois partir avec quelque chose quelque part, ça fera partie des choses avec lesquelles je partirai. Et pas un meuble, une télé, un bijou, non. Voilà, c'est des moments comme ça que je vis quand je fais ce genre de choses, que je ne vis jamais nulle part ailleurs. dans une vie plus banale, on va dire.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que cette rencontre, ces rencontres t'ont appris quand tu es revenue chez toi sur ta manière de vivre, ta vision de la vie ?
- Speaker #0
J'étais plus la même, mais après, il faut le mettre en application. C'est facile de l'entendre, de le voir, mais on se fait vraiment un peu aussi par notre vie. Mais j'ai vu ces gens-là remercier la terre, mettre du lait de Yaks par terre avant de commencer à manger. Je l'ai vu au Népal donner du riz aux oiseaux, à la nature, avant de commencer à manger. Je l'ai vu partout. Donc forcément, quand je mange quelque chose, ça m'a appris à remercier. Je les ai vus honorer une bête qui tuait pour manger. Ils m'ont appris la connexion avec les éléments. Ils vont honorer le vent, ils vont honorer le soleil, la pluie, l'eau. On dit « Ah, il pleut, quelle horreur ! » Oui, mais merci, l'eau, la terre en a besoin. Ils m'ont ouvert l'esprit à tous ces éléments.
- Speaker #1
Oui, c'est remettre du sacré. Là, je fais le petit clin d'œil à l'épisode de Frédéric. C'est remettre du sacré dans tous les éléments de la vie.
- Speaker #0
Il y a du respect partout, en fait. Ils respectent la personne qu'ils sont en face. Alors, je ne dis pas que c'est bisounours tout le temps, loin de là. Ils peuvent être très, très durs. Mais il y a ce respect du vivant. Et dans le vivant, il y a la nature. Depuis, la nature, c'est l'une de mes meilleures maîtresses. Ils sont tristes, ils sont dans la résilience. Je ne les vois jamais se... plaindre quand à 5h du matin on va traire les yaks bon sang, quand sa fille à 12 ans me dit je vais chercher de l'eau au puits, bah ouais j'irai avec toi sauf qu'elle part avec un petit pull moi je mets 3 couches et je trouve que je pense que c'est facile d'aller chercher de l'eau, oui je vais chercher de l'eau au puits, j'ai déjà fait ça plein de fois ah ouais, quand le son de vie bah non, parce que d'abord c'est un couvercle en métal donc c'est gelé et quand tu mets le doigt sur du métal gelé Et bien déjà, ton doigt il se colle et ça ne te gagne même pas l'esprit d'y penser. Mais quand ça t'arrive, tu te dis « waouh ! » Et déjà tu te dis « ouh, pas cool ! » Et puis quand tu prends la corde avec la pence de yade pour la mettre dans le puits et que tu la remontes, elle est mouillée. Et là, tu as les doigts gelés sur la corde. Ah oui, mais pas facile parce que moi j'ai déjà les doigts congelés et j'ai qu'une envie, c'est de rentrer au chaud. Mais rentrer au chaud dans le truc, ce n'est pas super chaud non plus. Puis la gamine de 12 ans, elle te fait ça, elle te remplit trois énormes seaux qu'elle va porter. Comme toi, tu portes un kilo de patates. Et puis après, elle continue sa vie. Et moi, je suis au coin du feu en train d'essayer de réchauffer mes petites mains. Et là, je me dis, cette gosse, elle vient de te donner une sacrée leçon de vie. Et ouais, je ne vois plus jamais un puits de la même façon non plus. Ça te met ton petit égo d'humilité. Ils te l'apprennent parce qu'ils ont cette adaptation à ce que la vie leur présente. Ils l'acceptent, ils en tirent le meilleur.
- Speaker #1
Tu m'as partagé cette phrase, tu m'as dit que la direction de ta vie était bonne, mais que tu devais en changer la vibration. Qu'est-ce que ça signifie pour toi ?
- Speaker #0
en changer la vibration après ce que j'ai vécu en Mongolie oui parce que je voyais bien que j'avais le soin en moi que j'avais l'amour de la vie de la nature, des gens mais j'avais pas ce côté être en symbiose avec tout ça et accepter la neige qui tombe, le vent froid qui te glace, ou dire punaise je caille ben ouais j'ai froid Mais ce n'est pas là pour rien, en fait. Et la vibration, c'est-à-dire d'accepter ce qui est. Je pense, avec des hauts et des bas, bien évidemment, ce n'est pas en ligne stable, mais je crois que j'ai aussi acquis cette capacité de danser avec la vie et avec ce qu'elle nous offre, plus ou moins facilement. Quand j'ai un gros souci, je le vis, je plonge, je vais dans mes tréfonds et ce n'est pas facile. De plus en plus, je remonte rapidement. Il y a toujours un cadeau mal emballé derrière une grosse merde. On a l'air, et la vie nous en fait plein de cadeaux. Qu'est-ce qu'on fait de ça ? Est-ce qu'on queen et on fait la victime ? Ou est-ce qu'on le traverse plus ou moins facilement et on en tire une leçon ? Ils m'ont appris ça parce que quand ils ont des coups durs, ils les traversent, ils ne queenent pas et ils en ressortent encore plus fort. Aller chercher sa ressource, c'est ok, peur, tu es là, mais tu vas venir avec moi.
- Speaker #1
Cette expérience t'a invité à voir peut-être différemment les épreuves de la vie et se dire que l'épreuve n'est pas là pour forcément t'enfoncer, mais elle est là. Et comment tu décides d'aller chercher dans cette épreuve la ressource pour avancer ?
- Speaker #0
Elle nous enfonce. Moi, je suis un petit scorpion. Ce que je dis, c'est l'humour qui m'a toujours tenue et sauvée. mais moi j'ai trace directe pour aller au fond dans ma vase, aller nettoyer, aller regarder, aller voir, c'est glauque, c'est noir, c'est pas cool, mais j'ai ma place et je sais y aller. Mais j'ai aussi un jet first class de plus en plus pour en remonter. Et quand j'en remonte, je laisse mes petites pleurs d'oignon au fur et à mesure et j'en remonte toujours plus ou moins facilement, ça prend plus ou moins de temps, mais ouais, ça t'apprend, c'est très résilient. Et merci, j'adore mon âge parce que ça me permet de jouir tellement de la vie. comprendre tellement le fil de ma vie grâce à tout ça, que je la trouve passionnante d'autant plus, même quand elle n'est pas facile. Et elle n'est pas facile tous les jours, loin de là. Mais elle est tellement belle, même dans le pas facile.
- Speaker #1
Et est-ce que du coup, cette expérience à Mongolia, tu as appris ce que c'était que finalement le vrai bonheur ?
- Speaker #0
Ça a dû y contribuer avec tout le reste de tous ces temps-là, parce que ça fait 16 ans. Ouais, pour moi, le bonheur, c'est juste d'être... Ma définition d'aujourd'hui, après, ça n'a pas été ça tout le temps et ça ne sera peut-être pas ça dans 15 jours, je n'en sais rien, mais d'être bien avec moi-même, d'être bien où je suis et de savoir dire non quand ça vibre non et de m'autoriser à dire oui quand ça vibre oui et surtout de m'émerveiller comme d'être là. J'avais la trouille, bien sûr, mais ça vibrait à l'intérieur. Et quand ça vibre à l'intérieur, il y a cette petite notion de peur. Est-ce que ça vibre de peur ? Attention, tire-toi ! parce que parfois il faut le faire, ou attention, allez, viens te titiller, viens te challenger, vas-y. Et j'adore ce moment-là quand je ressens ça et là j'y vais.
- Speaker #1
Et du coup là, on arrive bientôt à la fin de l'épisode, quel message là, t'aimerais transmettre aux personnes qui nous écoutent ?
- Speaker #0
Il y en a plein, mais le plus important c'est d'être heureux d'être là. Déjà d'être heureux d'être là, c'est d'avoir foi et confiance que Ce qui nous arrive, ça nous arrive pour nous faire grandir. Et quand il y a des challenges, de les embrasser et de leur dire « Ok, wow, bien sur le siège passager, mais c'est moi qui vais piloter, mais tu vas être là, je vais te prendre en considération, tu vas m'aider dans mon chemin à avancer. » De croire qu'il y a toujours quelque chose de bien qui va arriver après quelque chose de moins bien. Allez-y, profitez de la vie. Aimez, aimez, aimez. et donner et partager. Amusez-vous.
- Speaker #1
Oui, merci infiniment.
- Speaker #0
Si vous voulez m'amuser, faire honneur à la vie.
- Speaker #1
Oui, merci infiniment, Pascaline, pour ce partage et pour, quelque part, être venue ici à mon micro pour honorer la vie, honorer ton parcours. Donc, merci infiniment. Est-ce que tu aimerais rajouter quelque chose ?
- Speaker #0
Un grand merci. Un grand merci à toi. Un grand merci à chaque expérience et chaque personne qui a pu me... me bousculer, me faire du bien ou du mal. Mais en tous les cas, merci de toutes ces expériences et donc d'aimer et de tendre la main aux autres. et de partager ce qu'on a, ça peut être super cool.
- Speaker #1
Oui, ça peut être super cool.
- Speaker #0
Ça peut être super cool.
- Speaker #1
Oui, merci. Alors, ce que je retiens de notre échange, c'est qu'il existe parfois des rencontres qui bousculent. Cette rencontre qui nous fait voir les choses un peu différemment. Des rencontres qui nous rappellent que prendre soin ne passe pas uniquement parce que l'on sait faire, mais aussi par la manière dont on regarde l'autre, dont on l'écoute. dont on habite aussi l'instant. Et puis, il y a ce message très fort que tu nous laisses aujourd'hui. La vie n'est peut-être pas toujours celle qu'on avait imaginée, mais on peut choisir la manière dont on décide de la traverser. Donc, merci d'avoir osé prendre ce micro aujourd'hui, Pascaline, pour transmettre, pour partager ce beau voyage et ces enseignements avec autant de simplicité et de sincérité. Mais l'aventure ne s'arrête pas là pour toi. Puisque tu souhaites continuer à partager et à transmettre tes enseignements, tes découvertes, puisées au fil de tes voyages dans une série audio spéciale qui s'appellera les carnets de voyage de Pascaline, peux-tu nous dire quelques mots sur ce qui t'a motivé à créer ce projet ?
- Speaker #0
Tu me surprends, coquine ! Bah toi d'abord ! Bah oui ! Tu ne croyais pas que tu allais passer à travers les mailles du filet ? Toi, bien évidemment, tu m'as lancé une perche. Et la vie, je trouve qu'elle est pleine de perches qu'on nous lance et qu'on voit ou qu'on ne voit pas, qu'on veut voir ou pas. Mais merci pour cette perche. Qu'est-ce qui me motive ? C'est que, un peu comme là, j'ai eu la chance de vivre plein de choses. Alors, pas que ce soit exceptionnel et que je sois quelqu'un d'exceptionnel, mais je pense que ma vie n'est pas banale. Et elle a été ce qu'elle a été, ce qu'elle doit être. Mon envie profonde est de les partager. Pour qui, pourquoi ? Sincèrement, je ne sais pas. Pour ceux qui ont envie de l'entendre, d'en faire quelque chose, si ça peut aider à faire des ponts avec la vie des gens, c'est ma façon à moi de transmettre ce que la vie m'a fait le cadeau de me donner. Je suis contente de pouvoir le faire et d'éparpiller un peu ça à qui le veut, à ma famille, à mes enfants qui ne connaissent pas vraiment beaucoup ma vie non plus, pour eux, pour d'autres. ça me fait aussi vibrer autant peur que ça me fait vibrer et je suis partante pour me lancer dans ce projet avec toi,
- Speaker #1
avec grande joie merci infiniment rendez-vous début octobre pour la sortie de ton premier carnet de voyage tu nous emmèneras en Jamaïque waouh et si cet épisode t'a inspiré n'hésite pas à le partager autour de toi sur Instagram, Facebook LinkedIn Tu peux aussi laisser une note et un commentaire sur ta plateforme d'écoute préférée. Ça aide énormément à faire grandir le podcast. Je te dis à très vite pour un prochain épisode de Cap vers toi à Adishatz.
- Speaker #0
Merci Laure.
- Speaker #1
Merci à toi.