- Speaker #0
Quoi est-ce si difficile de croiser, d'écouter, de s'inspirer de ceux qu'on ne connaît pas ? Pourtant, tant de femmes et d'hommes inconnus portent en eux des histoires puissantes, capables de raisonner en nous et de nous transformer. Hello, moi c'est Laure, passionnée par... par ces récits de vie et par cette quête de sens qui enime tant de personnes aujourd'hui. Alors non, je ne suis pas une experte, mais une exploratrice, guidée par ces rencontres qui me font tant vibrer. C'est l'envie de créer du lien, au-delà des cercles habituels, qui a donné naissance à Cap vers toi. Un podcast où je pars à la rencontre de celles et ceux qui ont vécu un moment de bascule, cet instant clé qui nous pousse à choisir, ou pas, de changer de trajectoire pour se réveiller ou se révéler. Alors, cap ou pas cap, de te laisser inspirer par ces âmes que tu n'aurais peut-être jamais croisées autrement. Es-tu prêt pour la rencontre du jour ? C'est parti ! Il y a des épisodes qui commencent bien avant que les micros s'allument. Héloïse m'avait contactée en juillet 2025. Nous nous étions rencontrées, nous avions beaucoup échangé autour de ce que pourrait être cet épisode, de ce qu'elle avait envie de transmettre à travers son histoire. Et puis, l'épisode ne s'est pas fait tout de suite, parce que parfois il faut laisser mûrir une histoire pour comprendre ce que l'on a vraiment envie de partager, de déposer. Et aujourd'hui... Le moment est venu pour elle. Alors Héloïse est entrepreneur, mais son histoire commence bien avant l'entrepreneuriat. Elle commence avec une petite fille qui semble avoir besoin de plusieurs espaces pour se sentir pleinement elle-même, réfléchir, créer de ses mains, être en lien avec les autres et aussi régulièrement s'éloigner du bruit pour retrouver son équilibre. Puis au fil du temps, certaines injonctions vont prendre de plus en plus de place. Bien faire, répondre aux attentes, dire oui, être à la hauteur, jusqu'à ce que quelque chose se brouille. Et lorsqu'Éloïse devient entrepreneur, ce brouillard prend une autre forme. Beaucoup d'idées, beaucoup de projets, l'envie d'avancer partout à la fois, mais aussi l'épuisement et la difficulté à fonctionner avec les méthodes classiques. Puis vient une découverte qui va lui permettre de relire une partie de son histoire autrement. le TDAH, le trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité. Mais ce qui m'intéresse aujourd'hui dans cet épisode avec Héloïse, ce n'est pas de la définir par ce mot, c'est de comprendre comment elle a progressivement appris à se comprendre, à déconstruire certaines croyances sur elle-même et à construire un mode d'emploi qui lui ressemble. Parce que derrière son histoire, il y a une question qui peut nous concerner à tous. Et si le problème n'était pas que nous savons pas fonctionner, mais que nous essayons parfois de fonctionner avec le mauvais mode d'emploi. Je suis très heureuse de t'accueillir aujourd'hui au micro de Cap Vertois. Bienvenue Héloïse !
- Speaker #1
Merci, merci à toi pour cet accueil.
- Speaker #0
Alors, comment tu te sens là, ici et maintenant ?
- Speaker #1
Je suis impressionnée et honorée.
- Speaker #0
Ouais, on respire, tout va bien se passer. Donc, il y a un peu plus d'un an, tu m'as contactée avec l'envie de venir raconter ton parcours. Qu'est-ce qui t'avait donné envie de venir au micro de Cap vers toi ?
- Speaker #1
Les épisodes que j'avais tous écoutés et qui avaient beaucoup résonné sur le fait qu'il y avait un élément de bascule. Et je me suis vraiment retrouvée dans cette envie de partage et d'échange.
- Speaker #0
Et finalement, l'épisode ne s'est pas fait tout de suite. Qu'est-ce qui fait que pour toi, aujourd'hui, c'est le bon moment ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, je suis en train de clarifier à la fois qui je suis, à la fois mon message. Et il me vient maintenant plus clairement mon message. Donc, je pense que ça va être plus simple de le transmettre, de le partager.
- Speaker #0
Alors justement, pour comprendre ce message que tu as envie de partager aujourd'hui, j'ai envie qu'on remonte bien avant l'entrepreneuriat et même bien avant cette découverte du TDAH. J'ai envie d'aller à la rencontre de la petite Héloïse. Quand tu repenses à elle... Qu'est-ce qui l'a caractérisé ?
- Speaker #1
À la fois, je pouvais être joyeuse et à la fois, je pouvais avoir des moments de tristesse, des moments où je n'étais pas bien. Mais là, ce qui est différent, c'est comment on me définissait. Et c'est là où finalement, mon entourage, à différents âges de la vie, pouvait dire que j'étais madame je ne sais pas, indécise, désorganisée, tête en l'air, j'oubliais toujours quelque chose. Et c'est ces mots-là qui sont restés et qui ont grandi avec moi.
- Speaker #0
Et du coup, adolescente, ces mots t'ont suivi ?
- Speaker #1
Ah oui, parce que le bazar est encore plus grand.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Les indécisions encore plus grandes. Donc oui, tout est resté latent. Parce que justement, mon trouble n'était pas vu. Et quand j'ai découvert le TDAH, j'ai découvert que les mots qu'on me donnait étaient les traits du trouble du TDAH.
- Speaker #0
Ouais, ok. Et là, tu viens de dire quelque chose qui est hyper intéressant, je trouve. Mon trou ne l'était pas vu. Donc là, c'est-à-dire que tu es en train de me dire que ton entourage ne te voyait pas vraiment comme tu étais, mais te voyait uniquement à travers ce qui était difficile pour toi ?
- Speaker #1
Oui et non, parce que justement, il voyait mes forces, c'est-à-dire que j'étais capable, je savais faire des choses, je comprenais des choses, mais il y avait d'autres choses où ça ne rentrait pas, où c'était coûteux, où c'était compliqué. Justement, une personne qui est... très en situation de handicap, on va voir qu'elle est très handicapée. Moi, comme j'avais des bonnes compétences par ailleurs, le lien social, la créativité, il y a des choses que je comprenais très facilement avant que les autres aient compris. Mais à l'inverse, sur de la mémorisation, j'avais zéro. Sur de la dictée, j'avais zéro. Et c'est ça qui était compliqué finalement à comprendre pour l'entourage et c'est de là que vient encore une énergie énorme pour... parler et sensibiliser sur ces troubles parce qu'on ne les voit pas, on ne les repère pas et ce sont des enfants à qui on dit des choses très négatives que ce soit à la maison, que ce soit à l'école, donc on a des enfants qui, un, ont des troubles et deux en plus ont des bagages relationnels hyper lourds à porter alors qu'ils sont déjà encore que tout petits.
- Speaker #0
Et en grandissant, comment tu as évolué ?
- Speaker #1
J'ai grandi en faisant à la fois des choses que j'avais envie de faire sur les temps où j'avais le droit de le faire. Et à la fois, je rentrais dans le moule où j'allais à l'école, où il fallait que je suive la scolarité. Quand je pouvais, je me mettais aussi dans ma bulle avec mes créations, mes choses à côté, parce que le quotidien n'était pas facile, parce que faire les devoirs n'était pas simple non plus.
- Speaker #0
Là, ce que j'entends, c'est que ce qui était le plus difficile pour toi, c'était de suivre la scolarité, le cadre que l'école t'a imposé. Et du coup, au collège, comment ça se passait ?
- Speaker #1
J'étais une fille très studieuse, donc j'essayais d'apprendre. J'apprenais. Des fois, ça marchait. Des fois, ça ne marchait pas. Il y avait des matières où ça coulait de source. Finalement, c'était facile parce que je comprenais, je visualisais. Et d'autres matières sur lesquelles on avait beau me le répéter, ça ne rentrait pas dans ma tête. Et c'est ça qui était compliqué et compliqué pour mon entourage. C'est qu'ils essayaient comme s'ils essayaient de faire rentrer des choses dans mon cerveau, dans la boîte et ça ne rentrait pas. Et du coup, les tables de multiplication, les dates en histoire géo, enfin là, ils pourraient m'en parler encore, mes parents.
- Speaker #0
Et du coup, déjà là, à ce moment-là, est-ce qu'il y a eu une volonté de la part de tes parents de venir comprendre ton fonctionnement ?
- Speaker #1
Oui, il y a eu un moment donné, j'ai eu un rendez-vous avec un diagnostic, mais qui ne s'est pas avéré en faveur d'un TDAH à ce moment-là. Donc, il n'y a pas eu de suite finalement par rapport à ça. Plus petite, j'avais un CV orthophoniste au moment de l'apprentissage de la lecture. Et ça s'est arrêté après parce que j'ai réussi à acquérir la lecture.
- Speaker #0
Si tu devais résumer cette période scolaire et après étudiante, sur la manière dont tu fonctionnais, qu'est-ce que tu dirais là ?
- Speaker #1
Je dirais que c'était la galère. Et mes parents poussaient, surtout ma maman, à faire, à refaire, avec des méthodes, je dirais, classiques. Et on finit quand même par marcher. Mais je pense qu'on aurait pu aller beaucoup plus vite avec d'autres outils, une autre manière de faire. Et donc, j'ai galéré, j'ai persévéré. Ça m'a permis de réussir, mais non sans douleur. Et je pense que c'est ma santé mentale qui a été mise à mal finalement. Et ça n'a pas forcément été perçu et vu.
- Speaker #0
Et est-ce que là, tu vois, pour aller dans le concret de ce que tu vivais, tu vois, quand tu parles de méthode classique, est-ce que tu as un exemple précis à partager ?
- Speaker #1
Et récemment, j'ai visité une école spécialisée pour les enfants dys, troubles dys confondus, et rien que déjà sur les affichages, tout était en images, en visuel. Et rien que ça, rien que d'avoir une image visuelle des tables de multiplication par exemple, et bien ça aide, pour moi en tout cas, moi ça m'aurait aidé à mémoriser. Et j'ai accompagné des enfants avec autisme, et les apprentissages notamment des mathématiques se font avec des bâtons, des plus petits, des plus grands. On est dans la manipulation et pas dans quelque chose d'écrit finalement. C'est comme les parts de gâteau, mais on les manipule vraiment les parts de gâteau pour faire la division, la soustraction, les calculs.
- Speaker #0
Donc toi vraiment, ce qui te posait problème, c'était tout ce qui était à l'écrit.
- Speaker #1
J'étais d'autant plus en difficulté sur la question de l'écrit et de la mémorisation parce que j'ai aussi eu un diagnostic de dysnésie. Donc des problèmes de mémoire. Et en effet, le neurologue qui m'a suivie m'a fait lire des mots. Puis après, elle m'a demandé quels mots j'avais mémorisé. Et sur, je pense, plus d'une centaine de mots, j'ai pu lui en dire peut-être trois. Et c'est là où il s'est dit, comment vous avez fait à l'école ?
- Speaker #0
Oui. Et t'avais quel âge là ? Plus de 30 ans. Ah oui, ok. J'imagine que tu étais sans cesse en suradaptation pour répondre à des attentes. Alors, des attentes au niveau scolaire, peut-être à des attentes au niveau familial, des attentes sociales. Voilà, comment tu as évolué face à tout ça ?
- Speaker #1
Je pense que j'ai cherché à rentrer dans le moule, à ne pas faire de vagues, à ne pas qu'on soit déçu de moi. Et du coup, faire du mieux possible pour... réussir pour avancer et en effet parfois c'était très coûteux. En termes de fatigue, rentrer chez moi et juste besoin d'être dans ma bulle, de m'isoler, parfois pleurer, parfois juste avoir un vrai espace et c'est un espace pour moi de pause. Parfois ne plus pouvoir parler, discuter avec des personnes en fin de journée où le repas à table peut être très fatigant parce que la journée a été déjà très fatigante. Ça a mis forcément une tonalité dans mes relations, en tout cas auprès de mes parents et surtout mes parents. Parce que c'est eux qui attendaient des bons résultats scolaires, une bonne réussite. Donc il fallait que je fasse du mieux que je pouvais. Et c'est ce que j'ai fait. Et donc je cherchais à répondre à leurs attentes, à ce qu'ils attendaient de moi. Alors pas en étant ingénieur comme ils auraient aimé parce que j'ai compris à un moment que ce ne serait pas possible. Mais en tout cas au moins d'essayer d'avoir des bonnes notes, de toujours avoir la moyenne. Et ce que j'avais la moyenne, d'autres avaient la moyenne sans travailler, mais moi je travaillais finalement. Et peut-être m'allait pas bien, mais en tout cas je faisais l'effort de le faire. Et je pense que ça a été justement la fatigue après qui était compliquée. C'est-à-dire qu'après le travail, j'avais encore besoin de repos. Là où quelqu'un pouvait aller jouer, je pense que moi j'avais besoin d'abord d'une pause avant de pouvoir aller jouer et de faire autre chose.
- Speaker #0
À quel moment tu as senti... que tous ces il faut, avaient commencé à brouiller un peu ta propre voix intérieure.
- Speaker #1
Ça a été vraiment après la maternité, après l'arrivée de mon fils. J'ai appliqué tous les il faut sur l'alimentation, sur le sommeil, sur l'allaitement. Et en fait, en les cumulant tous, je me suis rendu compte que ce n'était pas possible sur un emploi du temps. Et c'est là où je me suis dit... non, mon fils, il a besoin d'une maman qui va bien, pas d'une maman qui respecte tous les faux de chaque catégorie. Et c'est à partir de ce moment-là, de cette mauvaise nuit, mais en même temps de ce bel éclairage, que je me suis dit, non, je me prends en main, je vais me faire accompagner pour que mon fils dorme, pour que moi, je dorme et pour pouvoir après gagner en clarté et reprendre en effet ce pouvoir et laisser un peu plus de temps pour moi et l'espace.
- Speaker #0
Tout ce qu'il faut, t'en as mis dans un brouillard presque noir. Comment ça se fait manifester dans ta vie, ce brouillard ?
- Speaker #1
C'est des petites voix qui disent, là, il faut faire le repas, il faut faire des légumes pour mon fils, il faut préparer telle chose pour le lendemain à faire. C'est vraiment toutes les actions et les tâches à faire, sur ce qui est bien de faire, et qui m'ont déconnectée de... qu'est-ce que j'ai envie ici et maintenant ? Qu'est-ce que je peux faire avec mon fils pour être auprès de lui et jouer avec lui ? Alors, j'avais cet espace de lucidité quand j'arrivais à m'extraire justement de toutes les tâches à faire. Mais mine de rien, en tant que parent, il y a eu des périodes de vie où j'étais très seule avec mon fils. Donc forcément, j'avais toute la charge mentale de la maison. Et c'est là où ça commençait à devenir vraiment lourd à gérer.
- Speaker #0
Et l'entreprenariat, il t'arrive à quel moment dans ta vie ?
- Speaker #1
Il est arrivé une première fois quand j'étais salariée en complément d'activité, parce que j'avais un travail à 70% en tant qu'éducatrice spécialisée et j'ai créé une entreprise de création de bijoux. Et j'ai commencé à vendre des bijoux. Donc j'ai eu cette première expérience en 2017. J'ai fermé ensuite la micro-entreprise, on a déménagé et puis je n'avais plus le temps pour ça. Et je l'ai réouvert après en 2021. en tant qu'éducatrice spécialisée en libéral.
- Speaker #0
Et quand tu es devenue entrepreneur, qu'est-ce que ça t'a permis ? Mais qu'est-ce que ça a rendu aussi plus difficile ?
- Speaker #1
Ça a justement réactivé la flamme, mes envies, mes projets. J'ai eu la chance d'avoir un gros contrat avec une association qui accompagne les adultes avec handicap. Et finalement, il y avait notamment un atelier que j'adorais, et c'était un atelier créatif, et j'avais carte blanche sur ce que je voulais sur ce temps de 14h à 16h. Et j'ai vraiment accompagné le groupe, et on a fait plein d'activités variées, et je partais de leurs envies pour les soutenir dans leurs projets, et donc on a fait des choses que je n'aurais même pas imaginées. Parce que c'était leurs envies. Et c'est là où je me suis dit, waouh, j'aime les ateliers créatifs, j'aime l'espace collectif. Je mettais aussi en place un système où chacun met la parole. Et c'est vraiment quelque chose qui m'a beaucoup nourrie.
- Speaker #0
Et du coup, qu'est-ce que l'entrepreneuriat a rendu un peu plus difficile ?
- Speaker #1
Ce qui était plus difficile pour moi, ça a été tout le côté, toute la gestion de l'entreprise. C'est-à-dire l'administratif, la comptabilité, la prospection. Là, je débarquais et je pense même que la première année, je n'ai pas prospecté ou peu prospecté. Et forcément, il y a un moment où il y a un problème. J'étais toujours dans le brouillard mental, mais lié à l'entrepreneuriat, à l'ensemble des tâches de l'entrepreneuriat. Ce que je pouvais faire, c'est que je pouvais commencer des tâches, mais pas forcément les finir. Et du coup, elles s'accumulaient et finalement, rien n'avançait. Et il y avait un mélange des activités. qui pouvaient être rentables, des actions à faire qui pouvaient être rentables, et les actions que je faisais, qui me faisaient du bien, parce que j'en avais réellement besoin, parce que les autres nous coûtaient trop.
- Speaker #0
Est-ce que ça, ce n'est pas le problème de tous les entrepreneurs ? Qu'est-ce qui fait qu'à un moment donné, tu t'es dit, mais il y a un truc qui ne va pas là ?
- Speaker #1
Je voyais d'autres entrepreneuses avec le même type d'activité que moi. Alors, certaines s'étaient lancées avant peut-être, mais elles, elles arrivaient à fonctionner et pas moi. Qu'est-ce que je fais ? qui ne va pas et qui ne porte pas ses fruits. Et qu'est-ce qu'elle, elle a fait ? Pourquoi elle, ça marche ? Je me suis rendue compte qu'elle, elle avait un projet et qu'elle avançait dans son projet en ligne droite, alors que moi, j'ai plusieurs projets. Et donc, j'avance un tout petit peu par tout petit peu, voire même, il y a des projets que je commence, donc je travaille dessus et que j'avorte et que je laisse et que je mets de côté.
- Speaker #0
Là, tu n'arrivais pas à mener des projets au bout ?
- Speaker #1
Non, parce que j'avais, un, la méconnaissance de l'entrepreneuriat. la méconnaissance de la prospection et il y avait aussi comment mon système nerveux était régulé, comment j'étais en capacité ou pas de faire des tâches coûteuses qui sont nécessaires à mon entreprise
- Speaker #0
Le TDAH, est-ce qu'il avait été diagnostiqué déjà là ?
- Speaker #1
Non pas encore, j'ai repris du salariat à ce moment là et c'est en reprenant du salariat justement auprès d'enfants avec autisme où je cumulais ma journée de salarié et le soir et je m'occupais de mon fils Merci. Et c'est en me rendant compte que je n'y arrivais pas. C'est-à-dire que je n'arrivais pas à le faire en étant bien, alors que j'avais l'impression en tout cas que toutes les personnes de mon entourage, toutes les femmes de mon entourage y arrivaient. En tout cas, c'est qu'aujourd'hui, comme ça fonctionne la société. C'est-à-dire qu'une femme part travailler, voire même a emmené son enfant avant l'école, va travailler, revient le soir, récupère son enfant et fait sa soirée. Et là, moi, je sentais que j'explosais au vol. J'avais besoin d'avoir une heure en off, dans le noir quasiment, en rentrant du travail. Donc j'étais en incapacité d'accompagner mon fils. Et c'est là où je me suis dit, je ne vais pas bien. Je ne savais pas ce que j'avais. Et je me revois appeler le neurologue en disant, je ne vais pas bien, j'ai trop de pensées. Et je pense que je n'ai trop rien dit de plus, juste ça, pour avoir un rendez-vous. La seule chose que j'avais fait avant, c'est que j'étais dans le réseau des personnes avec autisme et des personnes atypiques parce que j'accompagne ces enfants. Donc finalement, j'ai rencontré une responsable d'une association. Et je lui ai demandé, mais est-ce que moi, tu penses que j'ai un TDAH ? Elle m'a dit oui. Et c'est comme ça aussi, en la voyant fonctionner, la voyant éparpiller, je me suis dit, ah oui, mais je suis un peu comme elle quand même.
- Speaker #0
Et donc, qu'est-ce que tu as essayé de mettre en place pour fonctionner avec ce compagnon de route qui était le TDAH non diagnostical à l'époque, mais t'en doutais peut-être déjà ?
- Speaker #1
À partir du moment où j'ai pris conscience que déjà, je n'allais pas bien, que peut-être j'avais un TDAH. j'ai commencé à m'intéresser au sujet autant je connaissais très bien l'autisme autant le TDAH c'était quasiment nouveau et du coup j'ai vu beaucoup de contenu, je me suis informée et là je me suis dit non mais c'est sûr j'ai un TDAH et donc en fait comme il y a eu en entre l'appel pour prendre le rendez-vous et le rendez-vous je suis arrivée au rendez-vous en disant en gros j'ai un TDAH et c'est ça qui aussi m'a permis moi avant de mettre des choses en place et là ça m'a permis d'aller mieux avant même d'avoir le diagnostic ou pas finalement J'avais commencé à m'organiser, à planifier, à me laisser des espaces de pause.
- Speaker #0
Parce que ce que j'entends, c'est vraiment les espaces de pause sont aujourd'hui essentiels pour toi.
- Speaker #1
Oui, aujourd'hui, j'arrive à fonctionner, mais j'ai besoin régulièrement de pauses. Après, il y a différentes pauses. Mais en tout cas, j'ai besoin de ces espaces de transition pour revenir à mon corps, à ma respiration, à moi, avant de pouvoir passer à autre chose.
- Speaker #0
Face à ce diagnostic, ou quelle injonction personnelle ou entrepreneuriale tu as dû remettre en question pour pouvoir commencer à fonctionner différemment ?
- Speaker #1
Déjà, j'ai compris que je ne pouvais pas faire comme tout le monde. Et du coup... Les méthodes qu'on me proposait parfois ne me correspondaient pas. Et de trouver des outils qui me correspondent moi. Parce que finalement, même si on est deux personnes avec un TDAH, un outil va me correspondre à moi parce qu'il y a des couleurs, parce qu'il y a des formes. Mais cette même autre personne peut être déstabilisée, surchargée. Donc c'est à chacun de trouver son rythme. Et là, j'ai senti surtout que j'ai commencé à tester. À voir qu'est-ce qui marche, qu'est-ce qui ne marche pas. Je ne vous dis pas combien de logiciels d'organisation j'ai testé. Mais en tout cas... et je suis toujours en cours de test, mais au moins je sais que j'ai quand même des valeurs sûres par rapport à l'écrit, par rapport à tout ça qui marche et qui fonctionne, faute de mieux aujourd'hui.
- Speaker #0
Quel serait ton mot d'emploi que tu aimerais partager ?
- Speaker #1
La première chose qui m'a vraiment fait du bien, c'est de me connaître et de m'écouter. De ne pas dire oui à tout, de pouvoir dire non sur ce qui n'est pas ok pour nous, de pouvoir dire non sur ce qui n'est pas ok dans les délais impartis. Parce qu'il y a aussi la gestion justement du temps et comme j'ai besoin de plus de temps de pause que les autres, forcément, ça demande de l'inclure dans son planning quelque part. Et ce que j'ai découvert assez récemment, c'est que je pouvais travailler des journées de 7 heures, je donne des formations. Mais c'est aussi quel temps de récupération j'ai besoin après pour donner ces formations. Et certaines formations vont même être vigorantes pour moi, d'autres vont être épuisantes. et c'est ça que j'essaye de... de valider avec mon corps qu'est-ce qui est ok ou pas, et qu'est-ce que je peux continuer, qu'est-ce qui me dit que mon intuition est bonne, je peux continuer. Et là, je suis même en train de faire un autre process, qui est comment je fais pour dématérialiser, digitaliser ce que je fais, parce que dans l'autisme et le digital, il y a des choses à faire sur le côté distanciel, et parce que ce n'est pas le même coup, finalement, émotionnellement, organisationnellement, ce qui... peut aussi moi me soulager d'une certaine charge. Et c'est aussi parce que je l'ai testé, parfois même bénévolement, que je me dis, ça, ça fonctionne pour moi. Et finalement, ce n'est pas forcément ce qui fonctionne pour tout le monde, mais comme ça fonctionne pour moi, est-ce que ça a une plus-value ? Est-ce que c'est intéressant ou pas pour les autres ? Et finalement, je me rends compte que ce qui marche pour moi avec un TDA, je peux marcher avec quelqu'un aussi qui a des difficultés, des fois pas, ou qui en a d'autres, mais en tout cas, ça peut aider, ça peut être soutenant.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu t'autorises aujourd'hui que tu pensais auparavant ne pas avoir le droit de faire ?
- Speaker #1
Ce qui était compliqué pour moi et ce qui était impensable, c'était prendre du temps pour moi Par exemple, je n'imaginais pas du tout être une semaine dans une maison toute seule C'était de l'horreur me retrouver avec ma tête, avec moi-même, c'était impensable Alors qu'aujourd'hui... Matériellement, je ne prends pas forcément le temps de le faire une semaine, mais en tout cas, je le fais beaucoup plus dans mon quotidien et de manière régulière. J'ai aussi investi, acheté des petites choses qui me font du bien, des objets autour de la musique. Ça peut être des cartes, ça peut être m'autoriser à dessiner, à écrire. C'est des choses que je ne faisais pas, qui me permettent de régénérer mon énergie, plutôt que d'être dépendante de l'énergie des autres pour aller bien.
- Speaker #0
Mais ce qui est fou quand même, c'est que tu ne t'autorisais pas. quelque chose qui était essentiel pour ton bien-être finalement. Et tu as mis toutes ces années à t'autoriser ça ? Oui.
- Speaker #1
Ce n'est pas des choses que j'ai vues en fait. C'est-à-dire que moi j'ai vu des parents qui travaillaient 70 heures par semaine, donc des machines de guerre. Et moi j'ai l'impression que j'allais être une maman aux machines de guerre. Et là je me suis dit, je ne peux pas, je n'y arrive pas en fait. J'essaye, mais je m'épuise et je ne peux pas. Et du coup, je vois que ça impacte la relation avec mon enfant, ça impacte mon entourage. Les autres y arrivent peut-être, mais pas moi.
- Speaker #0
Et du coup, là, il y a une question qui me vient parce que j'ai cette croyance que pour réussir, il faut travailler énormément, 7 heures par jour. Et du coup, là, quand je t'entends, que tu t'autorises aujourd'hui à prendre des pauses dans ta semaine, quel regard tu as sur ça ?
- Speaker #1
C'est-à-dire que la mois d'avant faisait aussi plein de choses, mais désorganisées. pas constante dans l'effort. Et du coup, je faisais des choses, mais je ne récoltais pas les graines. C'est-à-dire que je n'avais pas la persévérance, le rappel de dire dans trois mois, je rappelle le client, je ne le faisais pas. Donc, forcément, je semais plein de graines que je ne récoltais pas. Et aujourd'hui, j'entends même, il n'y a pas longtemps, on dit, réservez-vous des plages horaires d'une journée pour travailler une journée. Une journée, ce n'est pas un rythme qui me correspond. Finalement, si je m'y mets une demi-heure, je vais être hyper efficace. Je sais que j'ai une demi-heure, je sais que là, il faut que je termine là ou j'avance là-dessus, même si je ne termine pas. Je suis beaucoup plus efficace par petits créneaux et il faut que j'arrive à me mettre des objectifs, un peu, je me fisse des deadlines parce que sinon, en effet, je n'avance pas, je procrastine. Et ce qui a été compliqué pour moi, c'était de comprendre la procrastination active. Et ça, la procrastination active, en fait, on fait plein de choses, mais juste ce qui n'est pas essentiel. Et donc, dans l'entrepreneuriat, il y a tellement de choses à faire qu'on se dit on fait plein de choses. Mais on ne va pas faire, par exemple, la prospection. Donc forcément, dans trois mois, on ne va pas récolter les graines qu'on aura semées ou ressemées parce qu'elles n'arriveront pas. On impulse des choses qu'on ne va pas suivre. Et c'est ça qui va être hyper coûteux, démoralisant. Parce qu'on avance, mais il ne se passe rien. Et il y a aussi, bien sûr, le côté mindset. Comment je suis quand je me lève le matin ? Est-ce que j'ai envie d'y aller ? Est-ce que j'ai envie de le faire ou pas ? Il y a aussi le côté, dans le TDAH, on manque de dopamine. On manque d'hormones du bien-être. De m'être suffisamment écoutée pour avoir justement des hormones du bien-être ou pour réussir à les injecter dans mon emploi du temps, dans mes pauses, m'a permis d'aller faire des tâches plus difficiles, d'aller faire des choses... plus coûteuse. Et l'autre exemple qui me paraît assez incroyable, c'est qu'aujourd'hui, j'anime le cercle des entrepreneurs, je propose une auberge espagnole gratuitement le midi. Souvent les jeudis. Je me rends compte que cette journée, elle est super chargée, parce que du coup, le matin, je me dis, il faut qu'à midi, avant midi, du coup, j'ai fini, j'ai fait telle tâche. Souvent, des fois, jusqu'à 14h, ça déborde un peu, mais l'après-midi, j'ai moins de temps. Et finalement, je suis assez efficace. Je passe moins de temps à être sur mon téléphone. Je passe moins de temps à faire d'autres choses. Des fois même, pour l'auberge espagnole, j'ai même le temps. Je fais une mousse au chocolat le matin. Et finalement, le fait de faire plein de choses que j'aime, j'arrive à tenir ma journée comme ça. Alors, j'ai quand même un coup et une fatigue, mais une fatigue aussi de je suis bien. Pas qu'une fatigue de je ne vais pas bien. Et tous ces échanges aussi me nourrissent. Faire de la cuisine, c'est aussi quelque chose de manuel et qui pose le mental. Ce que j'ai découvert, c'est que je ne sais pas faire de pause de rien faire. Aujourd'hui, nos pauses de rien faire correspondent à scroller, regarder un écran. Sauf que finalement, ce n'est pas bénéfique pour mon corps, pour mon fonctionnement. Ça ne veut pas dire que je ne le fais pas. Mais en tout cas, j'essaie de le limiter et c'est ça qui me laisse de l'espace pour d'autres choses. Et aujourd'hui, je travaille en gros de 9h, ça dépend à quelle heure je récupère mon fils, mais jusqu'à 17h. mais souvent je ne travaille pas de 12 à 14 heures et je me fais une pause d'une demi-heure le matin et une pause d'une demi-heure l'après-midi. Et au moins c'est cet étalage un peu de la journée qui me permet du coup que ce soit plus fluide pour moi. Et aujourd'hui j'ai aussi créé des activités où finalement je peux aussi travailler le week-end. Après c'est à moi de faire avec mon rythme mais il y a des choses où je n'ai pas l'impression de travailler. Et donc je suis ok pour le faire. J'ai tellement créé des choses qui partent de moi. que du coup, c'est fluide. Et je préfère même des fois me dire, je travaille un petit peu moins la semaine pour profiter de ma famille, pour avoir des temps de pause, et me dire, ce samedi ou ce dimanche, il y a un événement, il y a autre chose le week-end, parce que du coup, je sécrète de la dopamine, je vais bien et donc je peux continuer.
- Speaker #0
Il y a plusieurs chances qui me viennent là et que je trouve vachement chouette parce que... finalement, dans cette idée de se dire travailler 7 heures par jour, si on ne fait pas des tâches qui nous créent cette hormone du bien-être, en fait, finalement, on est dans une espèce de tunnel qui ne s'arrête jamais. Et au final, on arrive à la fin, on est épuisé. Et du coup, se créer ces temps-là où ça va nous rebooster pour repartir après plus efficacement, là, quand je t'écoute, c'est quasiment essentiel. Et donc, j'ai envie même de te dire que finalement, être entrepreneur en ayant une TDAH, c'est génial. Parce que du coup, ça permet cette liberté de s'organiser comme on veut et de se créer ces temps de pause quand on les veut, qu'on ne peut pas forcément quand on est salarié. Donc, au début, finalement, quand tu t'es lancé entrepreneur sans vraiment savoir comment tu fonctionnais, c'était peut-être un peu le chaos. Et aujourd'hui, ce que j'entends, ce que je vois... C'est que finalement, être entrepreneur, c'est plutôt une bonne nouvelle pour toi. Est-ce que tu partages cette idée ? Alors, c'est génial, je ne sais pas, mais en tout cas, c'est beaucoup plus facile et beaucoup plus fluide. Ça demande de prendre le temps de se connaître, de tester. Et en effet, par exemple, moi, le matin, je sais que je travaille sur du contenu difficile, la création de contenu sur les troubles neurodéveloppementaux, créer des petites slides, parce que je sais que je n'y arrive pas l'après-midi. Et donc, l'après-midi, je vais me prendre mes rendez-vous clients, je vais faire d'autres choses. Et c'est toute cette liberté-là qui me permet justement maintenant d'aller bien et d'être bien. Et je me rappelle, en effet, quand tu parles du tunnel, je me rappelle de dimanche soir où je devais reprendre du salariat. J'en ai des frissons dans les jambes. Je n'avais pas envie de retourner au travail parce que dans ma tête, je voyais, je visualisais le planning de ma semaine et je ne me voyais pas respirer. Je sais que même demain, prochainement, je vais être en stage avec des grosses journées. Je sais que j'ai plus d'outils pour y arriver. Je ne dis pas que ça va être simple non plus. J'ai sécurisé notamment le mercredi en me disant, là, je ne travaille pas sur le mercredi. Mais au temps, j'ai aussi des soupapes. C'est-à-dire que s'il doit travailler le mercredi après-midi, j'ai des voisines, on a des copains. Il y a le réseau aussi, il y a de l'entraide. Et du coup, c'est aussi parce que j'ai cette fibre aussi que ça permet cet échange. Je connais des personnes qui peuvent avoir des troubles ou pas, qui sont très isolées. Alors que quand on est dans le partage, dans l'interaction, ça amène aussi des jolies choses.
- Speaker #1
Oui, merci de préciser ça, c'est vrai. Donc tu viens de parler de ton propre mode d'emploi, en tout cas ce que tu expérimentes pour vivre au mieux ta mission d'entrepreneur. J'aimerais maintenant que tu nous transmettes trois clés que ton histoire t'a apprises sur la manière d'entreprendre quand on fonctionne différemment avec un TDAH. Est-ce que tu peux nous les partager ?
- Speaker #0
Ce que j'avais envie de vous partager déjà, c'est de ralentir pour écouter son corps, écouter les signaux. Est-ce que là je suis content ? Est-ce que là je ne suis pas content ? Est-ce que c'est ok ou pas pour moi ? Je ne me rendais pas compte, mais en fait dès qu'on fait une proposition, mon corps me disait tout de suite. Lui il savait si j'étais d'accord ou pas, mais je ne l'écoutais pas, je ne prenais pas ce temps-là. Et plusieurs fois je suis allée dans le mur, mais en même temps je récolte ce que je sème. Ça c'est la première clé, donc prendre le temps de s'écouter et ralentir. La deuxième chose, c'est de ne pas rester seule avec ses difficultés. De ne pas rester seule quand on voit que ça ne va pas, que c'est compliqué, que c'est coûteux, que c'est difficile. D'où l'importance d'avoir un entourage, un réseau. Je crois que le Cercle des entrepreneurs faisait partie de ce réseau-là et j'en suis très fière des années après. Et vraiment pouvoir se soutenir, s'entraider. Et notamment dans l'entrepreneuriat où on a un autre vocabulaire, un autre discours, où ce n'est pas du tout la même chose. Et il y a ce besoin justement de pouvoir en parler. Et la dernière clé, la troisième et dernière clé. C'est le fait de, si on ressent vraiment les difficultés qu'elles perdurent, c'est d'aller oser se faire accompagner, d'être capable d'arriver quelque part et car sur table en disant là c'est difficile, là je ne me sens pas bien, à la fois sur le côté santé mentale et à la fois sur le côté entrepreneuriat. Parce que la situation va difficilement évoluer positivement en restant seule, sans se regarder fonctionner et sans faire de changement. Pour que la situation change, il faut qu'on change les éléments de la situation et seule c'est très difficile. Et j'ai été la première à aller demander de l'aide et à me faire accompagner.
- Speaker #1
Merci Héloïse. Alors on aurait pu commencer par ça, ça vient maintenant. Est-ce que tu peux nous dire qui es-tu ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, maintenant, j'ai envie de dire je suis Héloïse, je suis créatrice, créative. Et j'aime les liens, les interactions. J'ai une première activité de formation et d'accompagnement sur les troubles neurodéveloppementaux, notamment autisme et TDAH avec HéloSens. J'ai une autre activité qui est d'accompagner d'entrepreneuses avec le cercle des entrepreneurs. Et une troisième activité qui est de la création de bijoux en pâte fimo ou en fleurs séchées qui sont résinées dans l'époxy.
- Speaker #1
Merci infiniment pour avoir partagé avec autant d'authenticité ton histoire. On a parlé beaucoup de TDAH, on n'en a pas vraiment donné la définition. Est-ce que tu pourrais là nous donner une définition de ce trouble ?
- Speaker #0
Le TDAH, le trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité, déjà il ne porte pas très bien son nom. En tout cas, il y a une comité qui réfléchit au nom du TDAH parce qu'on parle de déficit de l'attention, de difficulté à se concentrer. Mais finalement, je me rends compte que j'y arrive très bien quand j'aime ce que je fais. Mais par contre, quand ça ne m'intéresse pas... J'ai un mur noir dans ma tête. Donc je crois que c'est vraiment aussi ça, c'est que c'est difficile de se concentrer sur ce qu'on n'a pas envie, sur ce qui est coûteux et du coup l'acquisition des apprentissages est difficile. Dans le TDAH, il y a vraiment la question de la concentration, réussir à rester concentré, rester attentif, être disponible pour les apprentissages. Et il y a aussi la question du mouvement, d'avoir besoin de bouger. Moi, j'ai aujourd'hui un TDAH de diagnostiqué sans hyperactivité parce que je ne suis pas en train de courir partout. Mais par contre, là où je vous parle, j'ai un petit objet dans les mains que je manipule, que je touche, je tangue. Je bouge comme je peux. Et en effet, ce n'était pas des choses qui étaient autorisées petites, enfants. Et aujourd'hui, c'est des choses où je me rends compte dont j'ai besoin pour aller bien.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Héloïse. On arrive à la fin de cet épisode. Donc, à travers ton histoire, nous avons bien entendu parlé de TDAH, nous avons parlé d'entrepreneuriat. Ton histoire nous parle aussi de quelque chose de beaucoup plus universel, je trouve. Ce moment où l'on arrête de chercher ce qui ne va pas chez soi, mais plutôt où l'on commence à se demander de quoi ai-je besoin pour fonctionner pleinement. Je crois que c'est peut-être par là qu'il faudrait commencer. Tu as longtemps essayé de rentrer dans un mode d'emploi que la société a te proposé, et puis aujourd'hui tu sembles davantage en train d'écrire le tien. Et donc merci de l'avoir partagé aujourd'hui. Dernière question pour toi, si tu pouvais retourner voir la petite Héloïse que tu étais, avant tous les il faut, qu'est-ce que tu aimerais lui dire aujourd'hui ?
- Speaker #0
Aujourd'hui, j'ai envie de lui dire, tu es capable, tu vas faire de jolies choses, tu es une belle personne.
- Speaker #1
Ouais, merci. Est-ce que tu veux rajouter quelque chose, un message qu'on aurait oublié ?
- Speaker #0
Ce qui me vient là déjà, c'est que je suis en pleine gratitude par rapport à ce moment-là. je ne l'aurais pas imaginé il y a un an finalement et je suis ravie d'être là, je suis ravie de porter ce message et je crois que ce qui m'a permis d'arriver là c'est vraiment d'oser c'est de faire des choses que je n'avais pas l'habitude de faire pour avoir de nouveaux résultats et il y a des choses que je ne referai pas, j'ai osé que je ne referai pas il y a des choses que je referai mille fois en fait et c'est parce que je suis sortie de ma zone de confort que j'en suis là aujourd'hui bravo
- Speaker #1
Quel beau message. Donc, nous arrivons à la fin de cet épisode. Alors, j'ai envie là de rappeler que le TDAH ou toutes les étiquettes que l'on peut nous coller, en fait, ne définissent pas les personnes et que c'est juste un partenaire de route, de voyage qui est là à côté. Et donc, c'est important aussi de les regarder avec distance et non pas entièrement. de ce que l'on peut être. Donc ça, ça me tient particulièrement à cœur de partager ça. Et donc, si cet épisode t'a inspiré, n'hésite pas à le partager autour de toi, sur Instagram, sur Facebook, sur LinkedIn. Partage-le en message privé. Tu peux aussi laisser une note et un commentaire sur ta plateforme d'écoute préférée. Ça aide énormément le podcast à grandir. Merci Héloïse.
- Speaker #0
Un grand merci infiniment.
- Speaker #1
Je vous dis à dans un mois pour le prochain épisode de cap vers toi Adishatz.