- Speaker #0
On parle de capital humain comme d'une ressource. Ici, on parle d'abord du travail, tel qu'il est réellement vécu dans les organisations et ses conséquences pour les individus, le capital humain. Bienvenue dans Capital Humain, le podcast qui parle du travail en vrai, pour aider les DRH et les dirigeants à avoir des actions concrètes et à impact dans leurs organisations. Chaque mois, j'échange avec des DRH et des salariés pour comprendre les situations de travail et identifier des actions concrètes qui vont prévenir les risques psychosociaux et améliorer la santé mentale au travail. Pourquoi ces sujets sont devenus centraux ? Parce qu'aujourd'hui, les entreprises ont des obligations fortes en matière de prévention et de santé mentale au travail. Toutes les entreprises. Je suis Magali Sibion, cofondatrice de Lily Facilite la vie, coach, et j'ai été dirigeante opérationnelle dans deux grands groupes. J'accompagne les entreprises pour prévenir les risques psychosociaux et les aider à respecter leurs obligations en matière de santé mentale au travail, ce qui améliore aussi la productivité dans l'entreprise. Si ces sujets vous concernent, abonnez-vous au podcast. Et si ça vous intéresse, laissez-nous 5 étoiles, ça permettra de le faire connaître à plus de DRH. Si vous souhaitez échanger avec moi, vous pouvez me contacter directement sur LinkedIn. Aujourd'hui, je reçois Xavier de Mazonneau. Xavier de Mazonneau, j'ai pris contact avec lui parce que je lis sa newsletter depuis environ 5 ans. Et j'ai voulu aller voir un peu plus loin, j'ai voulu rencontrer celui qui était derrière des articles. qui m'intéresse beaucoup. Et je n'ai pas été déçue. Xavier pense, j'allais dire le futur du travail, mais ce n'est pas tout à fait exact. Xavier produit des choses qui peuvent contribuer à imaginer le futur du travail. Pour des dirigeants et des DRH, je ne peux que vous encourager à aller lire sa newsletter et à écouter cet épisode où sa vision sur l'IA est comme souvent originale. Et je pense que sur l'IA, nous avons besoin d'originalité. Je vous souhaite une bonne écoute. Bonjour Xavier.
- Speaker #1
Bonjour Magali.
- Speaker #0
Xavier, je lis votre newsletter depuis, je pense, au moins cinq ans. C'est une de mes newsletters préférées. C'est pour ça que j'ai pris contact avec vous. Votre sujet, alors ma perception de votre sujet, c'est le futur du travail, mais vous allez nous en dire un peu plus. Racontez-nous d'où vous écrivez. Pourquoi vous écrivez ? Puis après, on ira vers des sujets un peu plus concrets du futur du travail.
- Speaker #1
Le thème, effectivement, c'est le futur du travail. C'est comme ça que je l'affiche, ou que je l'affichais surtout avant, parce que c'était encore un petit peu innovant. Tout le monde parlait de futur of work, même, ça faisait plus chouette. Et puis, je glisse petit à petit dans la définition de la ligne éditoriale, parce que... j'aime pas cette expression de futur du travail en réalité, parce qu'il n'y a rien d'écrit. Je ne lis pas dans une boule de cristal pour savoir quel sera votre futur. J'ai un regard sur le travail qui est un petit peu original et qui me permet parfois d'être un peu caustique ou critique, mais c'est toujours constructif. Et donc, ce que j'essaie de faire, c'est de... Trouver des informations qui m'accrochent et de dire pourquoi je suis d'accord, je ne suis pas d'accord. Et la traduction pour les entreprises, parce que dans mon lectorat, c'est majoritairement des entreprises, même s'il y a aussi quand même 15-20% de lecteurs du secteur public. Pourquoi ou comment ils pourraient évoluer dans leur pratique ? Voilà, ce n'est pas du tout une critique agressive, ça se veut constructif. Le ton, il est assez libre, parfois un peu léger, décontracte. Parce que j'en ai marre du ton corporel de LinkedIn. Voilà, et puis c'est une newsletter, donc j'écris ce que je veux. C'est une grosse incontestabilité. Et en plus... Avec une condition, c'est que ça convienne à un lectorat. Donc aujourd'hui, on a un peu moins de 7800-8000 lecteurs, 8000 abonnés, ce qui n'est pas tout à fait pareil. Et donc, la ligne éditoriale s'est élargie et on parle librement du travail et de sujets connexes. Ce qui est d'ailleurs dans l'ADN du projet The Village, qui est né il y a un peu plus de 20 ans, quand j'ai quitté la région parisienne pour m'installer en pleine campagne. Et j'avais un métier de conseil et de formation qui permettait de travailler à distance. J'allais très peu à Paris, sauf quand il y avait une formation. parce qu'à l'époque c'était en présentiel, et je me suis intéressé donc au télétravail, et de manière connexe à l'aménagement du territoire, parce que pour pouvoir télétravailler, il fallait des infrastructures. Et petit à petit, j'ai creusé sur des sujets connexes et qui font le quotidien du travail. L'usage du vélo pour aller bosser, les bureaux bien sûr. rôle très important du bureau, les réticences du management, les dirigeants qui sont dans le déni, le rôle des femmes dans l'entreprise, la manière dont on les traite, le sujet des seniors. Donc, vous voyez, c'est très, très vague. Le lien, c'est... Non, c'est très, très large.
- Speaker #0
Excusez-moi, je suis obligée de vous reprendre. Vous venez de dire que c'est très, très vague. Ce n'est pas du tout vague. C'est très, très large. Mais ce n'est pas vague, parce que finalement, ce que vous écrivez... Plutôt que de dire que c'est le futur du travail, c'est votre contribution à un travail futur qui soit vivable en fait. Moi j'utilise beaucoup l'expression de confort, c'est-à-dire que je crois beaucoup au fait que c'est par le confort qu'on est productif et que contrairement à ceux qui imaginent que c'est dans l'inconfort qu'on va créer la stimulation, je pense que l'inconfort abîme. Et je crois beaucoup au confort et quand je lis votre newsletter, je trouve que les questions qui sont posées Mais on va rentrer dans le vif du sujet. Je trouve que les questions qui sont posées emmènent à se poser ça, c'est-à-dire comment on articule entre des besoins naturels de rentabilité d'une entreprise et la vie des gens, leur quotidien, ce qu'ils ressentent, c'est-à-dire aller en vélo en entreprise, ça nécessite de l'intendance, de l'infrastructure, une intention. Il y a beaucoup de choses autour de l'intention dans votre newsletter. C'est-à-dire que les choses n'arrivent pas par hasard dans les entreprises. Vous avez fait un numéro sur l'entreprise sans salarié, avec le développement de l'IA. Est-ce que vous croyez vraiment qu'un jour, on aura des licornes qui seront gérées par trois personnes ?
- Speaker #1
Des licornes, je ne sais pas, c'est encore un peu tôt, mais des entreprises qui tournent comme ça, il y en a. Mon fils a créé une boîte avec des agents IA. Il est tout seul, il est développeur. Ça l'aide un peu. Mais il a eu une idée un jour, une semaine après, il avait sa boîte, il est ses premiers clients. Donc, c'est presque une maquette, ça va s'avérer dans l'avenir. N'empêche qu'aujourd'hui, c'est faisable. Aux États-Unis, il y a des boîtes qui gagnent quelques dizaines de milliers d'euros comme ça. Alors, il faut mettre quand même un bémol, c'est que ce n'est pas dans tous les métiers. Ce n'est pas forcément tout de suite. On ne sait pas si ça sera viable. Il y a des problèmes de fragilité, parce que vous confiez toute votre entreprise à des technologies. Il y a quand même des problèmes de souveraineté, de fragilité technique. Donc voilà. Mais moi, il y a une petite cloche qui s'est mise à sonner quand j'ai vu ça. Je me suis dit, oui, c'est intéressant, il faut le savoir, il faut le surveiller. Ce qui ne signifie pas des licenciements massifs. Attention. On pourra en reparler si vous voulez. Allez-y,
- Speaker #0
le micro est à vous, Xavier. Donc, on peut en parler maintenant parce que c'est forcément le corollaire. C'est ce que je vous disais en préambule avant qu'on commence l'enregistrement. Moi, il y a eu des départs dans notre entreprise et qui ont été remplacés par de l'IA. C'est à la fois excitant, c'est intéressant quand on est dans le chef d'entreprise et c'est interpellant quand on est maire de famille et citoyenne.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Vous voyez ça comment ? Vous lisez ça comment, vous, aujourd'hui ?
- Speaker #1
Moi, d'abord, je suis très méfiant sur les études, les prédictions, les tout, parce que trois mois après, vous lisez le contraire d'une autre étude. Donc, il faut, surtout dans des technologies qui avancent aussi vite, évidemment qu'il y a une composante sociale, ce n'est pas juste économique, le bon chef d'entreprise idéal. Il va essayer de optimiser sa masse salariale, mais il ne va pas jeter les gens à la poubelle du jour au lendemain. Ça lui pose forcément des problèmes moraux, éthiques, de responsabilité. C'est sa responsabilité, on ne traite pas les gens. Comme vous le disiez, si on veut une entreprise qui tourne correctement, on est obligé de bien traiter les gens, les salariés. Donc ce sujet moral, il est un peu évacué parce qu'on est dans la hype de la technologie. Et c'est vrai que c'est très fascinant. Chat GPT, c'est à trois ans, un peu plus de trois ans. L'explosion de l'IA dans le grand public, l'IA existe depuis longtemps, mais dans le grand public, l'IA générative, c'est extrêmement récent. Et quand on voit les bouleversements que ça produit déjà... Les valorisations d'entreprises impensables. Regardez combien Musk a vendu son entreprise, enfin, il l'a fait coter en bourse, avec sous-jacent une grosse partie du chiffre d'affaires qui est prévu repose sur l'IA. Alors, l'IA fait gagner de l'argent, on le sait. Est-ce qu'elle va en faire gagner autant ? On ne le sait pas. Donc, c'est extrêmement fragile. Ce qu'on sait, c'est qu'il y a des métiers qui sont... extrêmement fragile face à l'IA. Donc, qu'est-ce que vous faites de ces salariés-là ?
- Speaker #0
Quoi comme métier, par exemple ?
- Speaker #1
Tous les métiers, ce qu'on appelle les bullshit jobs, les gens qui remplissent des tableaux Excel toute la journée, des choses comme ça. Avant, on trouvait des Malgaches ou des Pakistanais qui le faisaient pour moins cher, ou des Chinois. Maintenant, on a une IA qui le fait encore mieux et moins cher. Donc... C'est un petit peu, moi je fais le parallèle, un petit peu avec l'attitude qu'ont les milieux économiques face à la Chine, en Europe. C'est très avantageux de travailler avec la Chine, d'avoir des usines en Chine. Quel est le prix à payer ? Il faut quand même y réfléchir un petit peu. Est-ce qu'on abandonne notre souveraineté à de la technologie ? Est-ce qu'on abandonne nos responsabilités à la technologie et puis c'est vachement bien parce qu'on va gagner plus d'argent, ou pas ? Ou comment on le fait ? Et ça, je pense que personne ne sait y répondre parce que c'est trop récent, trop neuf. Mais on peut avoir des convictions.
- Speaker #0
Non, mais tout à fait. Vous avez un épisode, un numéro de votre newsletter, vous parlez aussi des nouveaux bullshit jobs qui pourraient être créés par l'IA. Est-ce que vous voulez nous en dire un peu plus ? Qu'est-ce que nous allons faire demain comme bullshit job alors ?
- Speaker #1
Alors, il y a nous, mais il n'y a pas que nous. Si vous regardez dans des pays asiatiques, les gens qui gagnent quelques centimes pour corriger, faire évoluer l'IA, lui apprendre, si ce n'est pas un bullshit job, c'est des nouveaux travailleurs de clics. Bon, ça touche déjà. Mais l'IA est une technologie... une technologie qui demande des supports, des supports numériques, des supports en énergie, des supports. Donc ça crée aussi de l'emploi, mais ça ne crée pas forcément de l'emploi qualifié. Et là aussi, ça fait partie du futur du travail. Et ce qui fera la différence, c'est ce qu'on accepte ou ce qu'on n'accepte pas. Et malheureusement, les freins, ils viennent d'où ? les freins, ils viennent des entrepreneurs, des chefs d'entreprise, mais ils viennent aussi des partenaires sociaux et des politiques, qui sont là pour mettre un cadre, aider à mettre des règles, etc. Et là, c'est la catastrophe, parce qu'on ne les entend pas sur le sujet. Ni les syndicats, ni les politiques. Regardez l'audition, je ne sais plus si c'était à l'Assemblée ou au Sénat, d'Arthur Mensch.
- Speaker #0
Hyper intéressant.
- Speaker #1
Vous avez vu combien il y avait de personnes dans la salle ? Je crois que... Moi, j'ai compté trois élus.
- Speaker #0
Mais non. Ah non, je n'ai pas fait attention à ça.
- Speaker #1
Oui, mais regardez. C'est un scandale.
- Speaker #0
C'est un scandale.
- Speaker #1
C'est-à-dire qu'il y a des sujets aussi graves, ça n'intéresse personne. Regardez, on est à peine un an de la présidentielle, regardez comment les politiques parlent de l'IA. Peu,
- Speaker #0
finalement.
- Speaker #1
Oui, peu et mal. Ils voient le côté, là aussi, la hype.
- Speaker #0
Et la peur. En fait, aujourd'hui, Euh... pour moi qui suis une très grosse utilisatrice de l'IA, où vraiment maintenant je fais des automatisations, je crée des choses que je ne faisais pas avant, donc l'IA m'a rendue plus productive. Ce que je vois autour de moi globalement, c'est plutôt des réactions d'inquiétude, plus fortes même que ce qu'on a connu au moment de l'arrivée d'Internet, c'est-à-dire une espèce de ressenti. d'avoir un chaudron dont on ne maîtrise rien, et plutôt que d'aller essayer de maîtriser, de cadrer, etc., de l'utiliser comme une espèce de vampire pour faire peur à tout le monde, ce qui est une aberration, parce que c'est là. Donc moi, je veux bien qu'on m'explique que je fais n'importe quoi, ce qu'on me dit, que je ne devrais pas, que les données… Par exemple, personne, moi je n'ai jamais entendu personne s'inquiéter de ses données sur un Gmail. Et tout le monde me dit, tu ne devrais pas donner autant de choses à Claude. C'est la même chose, en fait.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
On est d'accord ?
- Speaker #1
Bien sûr. Si vous croyez que la NSA ne lit pas vos mails… C'est pareil.
- Speaker #0
C'est pareil. Dans votre newsletter, vous avez aussi essayé d'imaginer des métiers, alors que vous avez qualifié de nouveaux métiers absurdes, comme par exemple un thérapeute de relations humaines, un coach anti-fatigue Zoom. Moi, quand je l'ai lu, je n'ai pas trouvé ça si absurde que ça, parce que j'ai trouvé que vous inventiez des choses qui avaient à voir avec le fait de réparer ou d'améliorer la relation avec la machine. ou avec la technique. Et vu la place que la technique prend aujourd'hui dans notre vie, finalement, ces métiers-là, ils ne sont pas si absurdes.
- Speaker #1
Alors, ça, je l'ai emprunté, je crois que je la cite d'ailleurs dans l'article, à une complice qui s'appelle Anne-Caroline Pocot, qui a écrit plusieurs livres sur les métiers de demain et qui utilise justement ce processus littéraire, si je puis dire, pour faire réfléchir et bouger les gens. Mais effectivement, quand vous regardez, ça a l'air absurde, les noms de métiers qu'elle propose. Mais en réalité, si vous creusez un petit peu, vous apercevez qu'il y a du vrai et que ça va vous poser de la question. Alors, ce n'est pas aussi caricatural que ça, mais oui. Et puis, c'est un peu le métier des prospectivistes, d'essayer d'inventer, grâce à la littérature souvent, d'inventer, si vous regardez Jules Verne.
- Speaker #0
Plus que grâce aux études. Oui, absolument.
- Speaker #1
Parce que comme on n'est pas capable d'anticiper, enfin si justement d'anticiper, mais comme on n'est pas capable de prévoir le futur, on peut essayer de l'imaginer. Et là, comme on n'a pas de contraintes et on est actuellement libre, souvent on tape très juste.
- Speaker #0
Alors, pour aller complètement dans le sens de votre acolyte, dans notre entreprise, pendant la semaine de la QVCT, on organise des webinaires. pour nos clients, pour les salariés de nos clients. Et cette année, on a fait un atelier en fin de journée sur la fatigue oculaire et comment détendre ses yeux. Et qui a été un des ateliers plébiscités de la semaine. Donc, sur la fatigue. Et voilà, avec une spécialiste qui a travaillé sur les sujets et qui démontre que la fatigue des yeux génère aussi une fatigue mentale. Donc, non, non, ce n'était pas complètement absurde. Et oui, je pense que... essayer d'imaginer a peut-être plus de sens que d'essayer de prédire aujourd'hui, parce que les choses évoluent tellement vite que la prédiction devient compliquée en fait. Si vous deviez imaginer, alors j'aimerais bien qu'on revienne un peu à cette entreprise sans salariés, si vous deviez imaginer une entreprise, imaginons, enfin non, imaginez-vous, dans cinq ans, il y a une entreprise qui s'est créée, qui est sans salariés, comment elle pourrait fonctionner ? Qu'est-ce qu'elle produirait comme service ? Et jusqu'où ça pourrait aller dans le modèle ? Comment vous voyez les choses ?
- Speaker #1
Vous avez dit le mot « service » . Pour l'instant, on ne parle que d'entreprise de service, parce qu'on est virtuel. Là où on peut attendre l'IA au tournant, alors que l'IA, elle est déjà très active dans l'industrie depuis 20 ans, 30 ans. Mais ce qu'on ne sait pas encore faire, c'est faire tourner une usine sans salariés. Donc je pense qu'il va se passer un peu de temps, parce qu'il y a tellement de paramètres à régler. que ça va être difficile. Mais c'est de la segmentation de tâches. Vous avez un agent IA qui est chargé du marketing, vous en avez un qui est chargé de la relation client, vous en avez un... Donc voilà, et c'est l'IA qui se charge de coordonner tout. Donc vous, vous êtes la chef d'orchestre, et vous allez lui donner des directives, et s'il se débrouille, vous avez l'IA chef d'atelier, vous avez l'IA... DRH entre guillemets, parce qu'il n'y a pas tellement d'humains. Voilà, c'est ça qui est à la fois génial et fascinant. Intellectuellement, c'est génial, parce que tout est possible. Et vous allez juste avoir besoin de compétences humaines pour mettre ça en place. Vous n'êtes pas obligé de coder pour apprendre à coder, pour faire ça.
- Speaker #0
Alors ça, c'est sûr, je ne suis pas obligé de coder, mais par contre, je vais me faire l'avocat du diable. Vous-même, vous disiez qu'il y a un ton LinkedIn et qui s'est accentué avec l'écriture des postes par l'IA.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Donc, par exemple, mon agent marketing, donc j'ai mon agent marketing, ce qu'il va faire, ça va être standard, mais quelque part, cette créativité humaine, on va arriver à s'en passer, le petit truc en plus dans votre newsletter ou le petit truc en plus dans certains postes LinkedIn, Moi, j'ai le sentiment, mais peut-être à tort, qu'aujourd'hui, on ne l'a pas avec l'IA.
- Speaker #1
Alors, si vous regardez la dernière livraison de la newsletter de Benoît Raphaël dont on parlait tout à l'heure...
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
qui est quand même un très bon connaisseur de l'IA, parce que c'est un praticien de l'IA. Ce n'est pas un développeur, il est journaliste, ce n'est pas un informaticien, mais ça fait trois ans qu'il a les mains dans le cambouis. Et d'ailleurs, si vous regardez ses formations il y a trois ans et ce qu'il dit aujourd'hui, ça a complètement évolué. Donc, c'est très intéressant. Et justement, il explique que la qualité, elle s'obtient aussi par l'exigence et ce qu'on demande à l'IA. Or, la plupart des utilisateurs, ils ont une utilisation basique de l'IA, ils s'en servent un peu comme un super Google. Ils posent une question, ils font un prompt de trois lignes pour lui dire, fais-moi un post-link-in sur ceci, cela. Évidemment, ça produit de la daube. Or, si vous avez une utilisation avancée, moi je l'utilise l'IA aussi pour ma newsletter, pour faire des recherches, pour lui demander son avis, pour me relire mon texte, pour me... m'aider à lire un rapport que je n'aurai pas le temps de lire. Voilà, on peut avoir une collaboration machine-humain qui produise de la qualité.
- Speaker #0
Oui, mais à nouveau, je fais un agent marketing, mais moi, je ne suis pas une experte en marketing. Je vais faire un agent qui sera aussi bon que moi, c'est-à-dire médiocre en marketing.
- Speaker #1
Non, parce qu'il sait plus que vous. Il est plus fort que vous. Vous, vous êtes là pour l'orienter.
- Speaker #0
Oui, donc comme vous dites.
- Speaker #1
Là, tu as prévu de spammer 300 000 personnes. Je ne veux pas que tu fasses ça. Il ne faut pas lui laisser l'abri et partir en vacances. Ça, c'est sûr. Donc,
- Speaker #0
il y a un vrai sujet d'exigence, en fait. Ce que vous êtes en train de dire, c'est qu'utiliser l'IA aujourd'hui, il y a un vrai sujet d'exigence dans les consignes qu'on va donner à la machine.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et de surveillance. Parce que le facteur moral dont on parlait, c'est vous qui l'avez. C'est vous qui êtes la garantie de ce qu'il doit faire et ne doit pas faire.
- Speaker #0
Oui, c'est moi qui dois lui dire, n'invente pas des services qui n'existent pas. Oui,
- Speaker #1
et puis de surveiller qu'il est bien compris ou qu'il ne fasse pas attention, ou qu'il y a un bug.
- Speaker #0
Alors, si on atterrit sur la fin de cet épisode pour s'adresser un peu plus, parce que là, c'est un épisode qui... qui s'adresse à toute personne qui s'intéresse finalement à l'IA, si on revenait un peu vers les DRH et vers ce qui a été votre métier, la formation. Une fois qu'on a dit tout ça, Xavier, comment je forme mes salariés à l'IA ? Je suis une dirigeante, je me dis ok très bien, c'est là, donc je ne peux pas faire comme si ça n'existait pas. Maintenant, ce que je vais faire, c'est créer un socle pour que ça soit utilisé correctement dans mon entreprise et que ça rende mes salariés encore plus employables. parce que moi, je considère que c'est une de mes responsabilités morales. Comment je fais pour créer ça dans mon entreprise ? Quel conseil vous nous donnez ?
- Speaker #1
Test and learn. Mais ça ne veut pas dire que vous faites un département innovation consacré à l'IA. Vous allez avoir 10 personnes, 20 personnes ou 3 personnes. Non, ça, c'est le meilleur moyen d'enterrer le truc. C'est à partir de lundi prochain, voilà ce que vous allez faire avec l'IA.
- Speaker #0
On y va essayer.
- Speaker #1
Je pense qu'il n'y a que cette méthode pour avancer. C'est tellement complexe, tellement technique, qu'il faut apprendre, il faut découvrir, il faut voir quel type de bêtise peut faire la machine, il faut s'en rendre compte. Et tant qu'on n'a pas mis les mains dans le cambouis, on ne peut pas ça. Vous connaissez les taux de performance et de rendement d'une formation classique, même si elle est un peu participative et tout. 48 heures après, tout le monde a oublié la majorité de ce qu'on leur enseignait pendant la formation. Parce qu'il n'y a pas de mise en pratique. Là, il faut de la mise en pratique permanente.
- Speaker #0
Donc, pas de formation, finalement, mais...
- Speaker #1
Peut-être des petites formations légères pour s'acculturer à l'IA, comprendre le vocabulaire, comprendre ce que c'est. Et puis après, il faut faire.
- Speaker #0
Donc, ça veut dire, pour l'entreprise, accepter un lâcher-prise... Absolument. courant aujourd'hui dans les grandes entreprises. C'est ce qu'on a fait dans la nôtre. C'est ce qu'on a fait. Vous êtes une PME. Il y a eu de la casse, mais c'est hyper intéressant. Mais dans une grosse boîte, à nouveau, je vais me faire l'avocat du diable, est-ce que c'est même possible dans une grande entreprise de lâcher les chevaux et de dire écoutez, il y a une prime à ceux qui testent ?
- Speaker #1
Non, il n'y a pas besoin d'une carotte. Il faut que la carotte, elle soit dans le fait de le faire. Vous le disiez tout à l'heure vous-même, tout le monde a peur de l'IA. Le plus grand nombre de gens ont peur de l'IA parce qu'ils ne connaissent pas.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Si vous contribuez à rassurer vos salariés en disant, vous allez voir ce que c'est, je ne vous oblige pas à l'utiliser dans votre boulot, mais voilà. Je cherche depuis tout à l'heure quelle est l'entreprise qui a, une grande entreprise américaine qui a fait ça avec ses salariés. Je ne sais plus si c'est Microsoft ou, ils ont jeté dans le bain. Et puis maintenant, vous nagez. Alors après, comment est-ce qu'on les jette dans le bain ? Tout ça, c'est la cuisine interne où on implique les RH. Mais là aussi, on va aller contre la culture des RH, parce qu'une formation, c'est un plan de formation. Absolument,
- Speaker #0
c'est Calliope, tout ça. C'est Calliope maintenant. Je suis sûre que les meilleurs en IA aujourd'hui en France soient complètement Calliope, parce que je pense que c'est… Alors si, sûrement, ils font leur agrément Calliope avec un agent, en fait.
- Speaker #1
Oui, et puis pourquoi Calliope et pourquoi tout ça pour avoir des financements de formation ? À partir du moment où ça ne vous coûte pas cher, vous ne payez pas des consultants extérieurs et tout, que vous faites des groupes à l'intérieur de l'entreprise, des groupes de l'Ottawa, c'est ça. Formé par ses pairs, voilà. Et en plus, ça a d'autres vertus, ça va créer du lien. Et ça fait un grand projet d'entreprise. Ce n'est pas du blabla du patron, c'est un truc concret.
- Speaker #0
Écoutez, Xavier, on va conclure là-dessus. Et moi, je vais conclure par un appel au DRH qui nous écoute. Si vous travaillez dans une entreprise qui a fait ce choix-là, d'aller faire du test and learn largement sur ses salariés, surtout prenez contact avec moi. Je serai ravie de vous interviewer pour ce podcast. Merci beaucoup, Xavier. Merci, Mégali. Merci d'avoir été avec nous aujourd'hui. Si vous avez aimé cet épisode, pensez à le partager avec vos collègues ou avec d'autres dirigeants. Et à nous laisser une petite note, ça fait toujours plaisir et ça nous aide beaucoup. Vous souhaitez en savoir plus ? Abonnez-vous pour rester avec nous et sentez-vous libre de nous faire part de vos réflexions en commentaire, j'adore ça. Et si vous avez envie de partager votre histoire ou vos expériences, n'hésitez pas à me contacter sur mon site Lily Facilite la vie. Info. A bientôt dans Capital Humain, le podcast pour que les salariés soient heureux et productifs.