- Alexandre FRANCO
Bienvenue sur Capté Podcast. Je suis Alexandre Franco. À travers ce podcast, je pars à la rencontre de femmes et d'hommes qui ont osé entreprendre. Ils partagent leur parcours, leurs réussites, leurs galères et surtout les petites étincelles qui ont fait la différence dans leur aventure. Si tu aimes découvrir des trajectoires inspirantes et des récits authentiques qui mêlent business, créativité et humain, tu es au bon endroit. T'as capté ! Dans ce nouvel épisode de Capté Podcast, je reçois Alain Samy de Tours à la carte.
- Alain Samy
Je ne me considère pas vraiment comme entrepreneur, parce que c'est quelque chose... Je suis devenu indépendant, on va dire, travailleur indépendant par accident. Et dans la quinzaine qui a suivi, j'ai eu une dizaine d'appels. Et puis c'est parti comme ça. Ce que j'ai découvert, c'est que les Suds-Africains sont très ouverts. En fait, la première chose qu'ils voient, c'est que c'est une opportunité. Il faut la prendre. Oui, mais c'est un peu la chance parce qu'après, il faut saisir l'opportunité. Ça arrive comme ça, après, il faut en faire quelque chose. Soit on en fait quelque chose, soit on le laisse comme ça dans un tiroir. Beaucoup de choses dont on pourrait parler en Afrique du Sud qui ne sont pas forcément aussi carrées que ce qu'on voudrait, mais côté hospitalité, ils sont champions. Ils ne sont pas que champions du monde du rugby, ils sont champions du monde de l'hospitalité.
- Alexandre FRANCO
Alain, c'est un entrepreneur touche-à-tout, un vrai connecteur de la communauté française à Johannesburg. Ultra réactif sur les réseaux des expats français en Afrique du Sud, il connaît toujours quelqu'un qui saura vous dépanner ou vous ouvrir une porte. Je l'ai croisé dans plein de rôles. Agent immobilier, distributeur de sirop français, animateur du réseau d'entrepreneurs Les Frenchies et maintenant guide touristique sur mesure avec son entreprise Tours à la carte. Bref, s'adapter, rebondir, créer du lien, c'est son ADN. Un entrepreneur hors pair, multiple et toujours en mouvement. Dans cet épisode, il nous raconte son parcours, sa vision de l'entrepreneuriat entre la France et l'Afrique du Sud, et surtout comment transformer chaque défi en opportunité. Est-ce qu'on aura le temps d'aborder tous ces sujets aujourd'hui ? Peut-être pas, mais ce qui est sûr, c'est qu'on va passer un bon moment et s'inspirer de sa volonté d'entreprendre. Salut Alain, comment ça va ?
- Alain Samy
Ça va très bien Alex, merci de m'accueillir, ça me fait très plaisir de te revoir. On a un passé en Afrique du Sud, donc comme ça que notre amitié s'est liée.
- Alexandre FRANCO
Exactement.
- Alain Samy
Donc c'est sympa de pouvoir reparler de tout ça.
- Alexandre FRANCO
J'ai essayé de faire un petit résumé de ton parcours avec mes souvenirs à moi. Mais justement, n'hésite pas à compléter un petit peu pour qu'on en sache un petit peu plus sur ton aventure.
- Alain Samy
J'ai une enfance d'expatrié, d'enfant d'expatrié. Toute ma jeunesse, je l'ai vécu un peu à travers le monde de par l'activité de mon père. Donc,
- Alexandre FRANCO
expatriation aussi en afrique ?
- Alain Samy
Oui, en partie. Je suis parti expatriation dans les Caraïbes, à Haïti, et puis ensuite essentiellement en Afrique. Mon enfance marquée par la vie dans les ports aussi, voir les bateaux marchands, pas les croisières. Et donc, je savais que je voulais travailler dans cette industrie-là et j'ai fait ce qu'il fallait pour. Donc ça, c'est 30 ans de ma carrière professionnelle et c'est ce qui m'a emmené en Afrique du Sud.
- Alexandre FRANCO
Ok. Donc, tu es arrivé en Afrique du Sud avec un poste salarié ?
- Alain Samy
Tout à fait. Moi, je suis arrivé, j'ai travaillé en France pour la filiale d'une compagnie maritime et je m'occupais des lignes sur l'Afrique, notamment l'Afrique du Sud. Et donc, ça m'a donné l'occasion de voyager plusieurs fois pour le travail en Afrique du Sud. Je ne compte plus le nombre de fois où j'y suis allé en voyage d'affaires. Et le pays m'a plu, ça me rappelait l'Afrique. C'est l'Afrique sans être l'Afrique. C'est le charme aussi de ce pays, c'est qu'on a les deux. On a l'Afrique et l'Occident en même temps. Moi, mon but, c'était vraiment de venir m'installer en Afrique du Sud. L'idée, ce n'était pas d'y aller en tant qu'expatrié sur une mission de 4-5 ans, mais c'était d'y aller et de m'y installer. Et c'est ce que j'ai fait.
- Alexandre FRANCO
Mais tu n'avais pas encore la vision de création d'entreprise, en tout cas.
- Alain Samy
Pas du tout. La création d'entreprise, c'est quelque chose qui ne m'avait jamais traversé l'esprit. Moi, je ne me voyais pas. J'admirais les gens qui étaient entrepreneurs parce que je trouvais ça vraiment courageux. Et moi, je ne me voyais pas du tout entrepreneur. Et donc, je suis parti en Afrique du Sud salarié. J'ai changé plusieurs fois de société là-bas, toujours dans mon métier. Et puis... Un jour, ça fait maintenant dix ans, au courant de l'année 2015, la dernière société pour laquelle j'ai travaillé, il y a eu une restructuration financière. Et moi, j'étais en contrat local, donc assujetti au droit local. Et donc, j'ai fait partie de la charrette. Et moi, je suis profondément attaché à l'Afrique du Sud, à l'Afrique en général, mais particulièrement à l'Afrique australe, on va dire. Et ce n'était pas ma première idée de rentrer. Et donc, je n'arrivais pas à retrouver un poste dans mon métier. Je continuais à chercher un travail salarié, parce que j'ai toujours fait ça. Et je ne m'étais jamais posé la question de faire autre chose. Et un jour, quelqu'un m'a appelé.
- Alexandre FRANCO
Le déclic.
- Alain Samy
Moi, je suis devenu entrepreneur par accident. Alors, entrepreneur, c'est un mot. Je ne me considère pas vraiment comme entrepreneur, en fait, parce que c'est quelque chose. Je suis devenu indépendant, on va dire, travailleur indépendant par accident. Un jour, il y avait quelqu'un qui m'a appelé, un expatrié qui arrivait et qui cherchait à s'installer, qui cherchait un logement. Et quelqu'un lui a donné mon numéro en lui disant, écoute, appelle Alain, il est installé ici depuis pas mal d'années, il connaît bien la ville et il pourra sûrement t'aider. Et donc, j'ai rencontré cette personne, on a discuté et donc il m'a exposé son problème et j'ai dit, écoute, bon. J'ai essayé de t'aider, mais moi j'avais vraiment pris ça comme un passe-temps. Sans jamais penser à le monnayer. On a trouvé son logement très rapidement. Il a été content. Le plus important, c'est que son épouse était contente. C'était le plus important. Et donc, voilà. Cette personne m'a dit, écoute, super, c'est vraiment génial et tout. Tu m'as bien aidé. Combien je te dois ? Et donc, je ne m'attendais pas du tout à cette question parce que je ne l'avais vraiment pas vue comme ça. Et là, je l'ai regardé avec des grands yeux en me disant « Écoute, je n'en ai aucune idée. » Et il a insisté « Si, si, si, écoute, tu as fourni un travail, c'est normal. En plus, tu l'as bien fait. » Et dans la quinzaine qui a suivi, j'ai eu une dizaine d'appels.
- Alexandre FRANCO
Pour la même chose ?
- Alain Samy
Voilà, pour la même chose. Deux gars qui arrivaient. d'expatriés qui arrivaient en général. Il y a toujours celui qui a le contrat, ça peut être homme ou femme qui arrive en premier, et puis la famille suit derrière. Et donc, il y a un autre gars qui m'a appelé en me disant « Écoute, je vais utiliser le prénom d'Alex juste pour l'histoire, mais il y a Alex qui m'a dit de t'appeler parce que tu l'as aidé. » Il était très content. Donc, moi, j'ai la même problématique. Et puis, c'est parti comme ça. Ma première activité. Donc, ce qu'on appelle en anglais la relocation, donc aider les gens à se relocaliser, à s'installer quand ils arrivent dans un pays et partir comme ça sur juste presque un jeu.
- Alexandre FRANCO
Et en même temps, c'était quand même quelque chose que tu connaissais d'une manière ou d'une autre, puisque tu avais cette enfance où justement, vous avez pas mal bougé avec la famille.
- Alain Samy
Et en fait, c'est quelque chose que j'avais vécu très souvent avec mes parents. de bouger de pays comme ça régulièrement. Et donc, ça m'a permis de pouvoir réfléchir un peu à comment je pouvais essayer de créer quelque chose différent parce que cette activité existe. Je n'ai rien inventé. C'est juste que j'ai voulu la faire différemment, de façon très personnalisée, en prenant vraiment le temps de comprendre ce que voulaient les gens, ce que je cherchais. Quand j'ai eu tous ces coups de fil, je me suis dit « Tiens, il y a peut-être un truc à faire. » et c'est parti comme ça.
- Alexandre FRANCO
C'est intéressant. Moi, j'ai une question. Tu commences à rendre ce service. On te propose de rémunérer, mais en fait, tu as besoin d'une structure, quelque part, pour facturer, etc. Comment ça se passe en Afrique du Sud, justement, quand tu es indépendant comme ça ?
- Alain Samy
En Afrique du Sud, il y a deux options. On peut créer une société, comme ici. Avec du capital ? Pas forcément, parce que là, justement, on peut créer une société de service comme ça assez facilement, sans capital. Et ensuite, c'est le véhicule pour pouvoir l'exercer et facturer. Mais on a aussi un autre statut, qui est ce qu'on appelle en Afrique du Sud le statut de self-employed. Je ne sais pas si c'est auto-entrepreneur en France. Donc, sous ce statut-là, en fait, on n'est pas forcément... On n'est pas obligé de créer une société. Mais on déclare des revenus une fois par an en tant que self-employé. Par contre, là, on est taxé comme... On est taxé sur ses revenus comme n'importe quel redevable, pas comme une entreprise. Et ce n'est pas forcément plus avantageux, mais disons que c'est... Moi, je suis dans ce cas-là parce que c'est flexible. Je n'ai pas à m'embêter forcément avec un comptable. Oui, c'est ça.
- Alexandre FRANCO
Tu as moins d'obligations qu'une société. Et comme moi, je disais en intro, Moi, je t'ai connu sur cette activité de relocation, mais aussi, pas que ça, tu as essayé plein de choses. C'est quoi, par opportunité ?
- Alain Samy
C'est au fil de l'eau, en fait. C'est que moi, j'ai démarré... Ma principale activité, en fait, c'était d'aider les gens à se loger en arrivant et puis de les conseiller sur les quartiers où habiter. Et puis aussi, une donnée importante en Afrique du Sud, c'est ce qu'on peut faire et ce qu'on ne peut pas faire. Il y a quelques règles de sécurité à respecter, sans être non plus alarmiste. Et j'ai démarré comme ça. Mais après, en discutant avec les gens, mon idée de rendre service aux gens, c'est d'être le plus personnel possible, de vraiment adapter le service au maximum. Et donc, en discutant avec les familles que j'accueillais, À chaque fois, il y avait des questions sur où est-ce que je peux trouver tel truc, est-ce que je peux trouver ça, comment on fait ça. Et puis, c'est un peu comme ça que j'ai rajouté, comme un maillon d'une chaîne. À chaque fois, il y a quelque chose qui s'est rajouté. J'ai trouvé, il fallait chercher, j'ai trouvé des trucs. Et puis, tout d'un coup, je me suis retrouvé avec plein de petits services que je proposais, soit en package, soit en plus. C'est un peu empirique et c'est artisanal, parce que ce n'était pas quelque chose que j'ai pensé. C'est des choses que j'ai nourries au fil de l'eau avec les attentes des gens.
- Alexandre FRANCO
Tu vois d'autres difficultés ou d'autres différences qu'il peut y avoir entre la France et l'Afrique du Sud quand tu veux démarrer un projet ? On va rester peut-être dans le service, pas forcément des grosses boîtes.
- Alain Samy
Ce que j'ai découvert, c'est que les Sud-Africains sont très ouverts. Moi, quand j'ai démarré mon activité dans le tourisme, par exemple, Moi, je n'étais pas connu. Je n'ai jamais été chez un secteur que je n'avais jamais abordé. Et quand j'ai commencé à bâtir mes itinéraires et chercher des hôtels, des lodges, des établissements hôteliers, tout de suite, on m'a dit, « Ok, ce que vous faites, c'est que vous nous amenez telle clientèle, très bien et tout, on y va. » Et en face, les gens sont réceptifs. Les gens, tout de suite, ont été réceptifs sans même chercher à savoir si j'avais une société, si j'avais quelque chose. eux, tout de suite, ils ont vu une opportunité. Ça, c'est le côté très sud-africain partout. C'est qu'en fait, la première chose qu'ils voient, c'est que c'est une opportunité. Ils vont la prendre. Après, les gens vont juste sur leur pièce. Et c'est comme ça que ça fonctionne. De ce que j'entends, ça n'a peut-être pas été aussi facile en France parce qu'il y a beaucoup de réglementations, il y a pas mal de corps. de corporatisme je pense que je n'aurais peut-être pas été accueilli de la même façon en France je pense qu'en France et surtout maintenant même dans le service t'es obligé de beaucoup plus préparer ton projet le
- Alexandre FRANCO
côté où je démarre quelque chose instantanément ça peut marcher je dis pas mais il y a un moment où t'es quand même obligé de structurer un petit peu ta démarche alors que oui t'as ce côté je pense anglo-saxon, on va dire des influences occidentales dans ce pays-là, qui facilitent ces prises de décision, cet intérêt, ce côté business fluide en fait.
- Alain Samy
Tout à fait. Les gens voient tout de suite des opportunités, ils se disent ça va pouvoir m'aider à grandir, et donc on va travailler ensemble. Et c'est comme ça que j'ai démarré, et ça va faire maintenant... pas dix ans mais j'ai vraiment démarré cette activité en 2017 j'ai logé un peu plus de 200 familles.
- Alexandre FRANCO
C'est bien c'est bien.
- Alain Samy
Donc avec des grandes années un peu moins depuis quelques temps on est tous passé au travers du Covid donc qui a laissé ses traces mais voilà donc c'est et je travaille toujours seul je fais voilà je fais rendu du sur mesure
- Alexandre FRANCO
C'est un sujet qui m'intéresse aussi, ton rapport avec le digital aussi. Alors je sais, c'est surtout avec les réseaux sociaux. Pour les expats de Jobourg, il y a un moment où... sur le réseau principal de Facebook, des expats de Jobourg. Tu poses une question, il y a quasiment tout le temps une réponse d'Alain Samy. Tu avais ce côté ultra veille et ultra réactif sur le réseau. Je veux bien que tu me détailles un petit peu cette démarche-là, ce que tu en retires, comment tu le fais avec plaisir, etc. C'est assez intéressant.
- Alain Samy
Oui, alors, plaisir, ça c'est toujours le maître mot. Et cette présence sur les réseaux sociaux, On vit dans un monde où c'est incontournable. Cette présence quasi permanente, c'est ce qui m'a permis de m'établir et de devenir un peu incontournable à une époque. Parce que j'étais le seul à l'offrir et comme je répondais tout le temps. Et c'est comme ça aussi que j'ai bâti mon offre. C'est-à-dire qu'il y a des fois, je répondais, mais je ne savais pas forcément. comment j'allais solutionner la question mais l'idée c'est d'être là une fois qu'on est là, il faut trouver la solution et on la trouve rapidement et ça fait boule de neige parce que tout d'un coup c'est comme ça qu'on se bâtit une réputation
et ça se complète avec le réseau physique aussi puisque tu as aussi animé c'est toi qui l'as créé "Les Frenchies" ? Oui, alors les Frenchies, on a créé cette... Je l'appelle plus un club qu'une association. Il faut l'appeler association parce que officiellement, c'est ça. Et c'est ça qui permet d'ouvrir certaines portes aussi. Mais c'est quelque chose qu'on a créé il y a maintenant 16 ans avec un groupe de copains à l'époque. Et donc, on est parti. En fait, il y avait une structure qui existait à une époque qui s'appelait les Froggies. mais qui faisait que des déjeuners. Et donc, nous, on voulait faire autre chose. Parce que le déjeuner, c'est bien, mais on se prive d'une partie du public. Et donc, on est parti comme ça, en disant, tiens, là, on va, plutôt que de faire des déjeuners, on va faire des dîners, peut-être d'autres choses, mais ça va commencer par ça. Et j'avais un ami restaurateur, très bon ami, Christian Girard, qui malheureusement nous a quittés il y a quelques années. qui avait un très bon restaurant français et on a débarré avec lui. Et donc, ce groupe d'amis avec lesquels on a créé les Frenchies, petit à petit, c'est un petit peu... C'est un petit peu éparpillé parce qu'il y a des gens qui sont partis et du coup, je me suis retrouvé le seul à l'animer. Et donc, au-delà des dîners, ce qui reste toujours l'événement phare, qui sont devenus maintenant des secret diners parce que la formule a changé. On peut créer un peu de trucs. Les gens découvrent l'endroit où on va au dernier moment. Maintenant, je fais d'autres événements, surtout autour du sport. C'est ce qui réunit beaucoup les gens. Les fameuses soirées foot, les fameuses soirées rugby, les Frenchies dans notre quartier général.
- Alexandre FRANCO
Mais ça reste du réseau quand même. Ça reste du réseau pro.
- Alain Samy
C'est une autre façon de réseauter. Ce n'est pas formel. Et ça permet aussi, au-delà du réseautage professionnel, parce que les gens se rencontrent comme ça, mais il y a beaucoup d'amitiés qui sont liées au travers des franchises, les gens qui se sont rencontrés. Et l'idée, c'était aussi de faire se rencontrer aussi... Ce n'était pas de rester franco-français. C'était qu'il y ait d'autres communautés qui viennent, notamment les Sud-Africains. Et donc, ça a bien pris comme ça.
- Alexandre FRANCO
Et les francophones d'Afrique ? Oui,
- Alain Samy
en fait, l'idée, c'est de faire se rencontrer les francophones et les francophiles. Ouais,
- Alexandre FRANCO
OK. Belle punchline. Écoute, tu parlais pas mal de personnalisation, déjà dans le service de relocation. Et je pense que c'est ça qui t'amène maintenant à proposer, justement, de Tours à la carte. Enfin, donc du... quelque chose de plus axé au niveau touristique.
- Alain Samy
Oui, Tours à la carte, c'est venu aussi un peu comme ma première activité, un petit peu par hasard, sur une demande d'une famille qui était installée à Johannesburg mais qui recevait de la famille et qui m'ont demandé de leur monter un petit circuit et de les accompagner comme ça. Donc, j'ai fait ça un peu au pied levé, mais encore une fois en dépannage, sans penser à ce qu'il pouvait y avoir derrière. Puis, j'ai eu un très beau coup de pied. pousse aussi par hasard, c'est qu'il y a une blogueuse de voyage professionnel belge qui a été installée à Johannesburg depuis pas mal d'années et qui a toujours un blog qui s'appelle Poesy by Sophie. J'ai commencé à recevoir à un moment donné pas mal de coups de fil, pas mal de mails de touristes belges. Je me suis dit, tiens, c'est bizarre. Comment est-ce que j'ai cette clientèle belge qui m'arrive ? À chaque fois que je leur posais la question, ils me disaient, en fait, on vous a trouvé sur Internet. Et à l'époque, ça ne fait pas très professionnel, mais à l'époque, je n'avais pas de site Internet. Je n'avais même pas ma page Facebook professionnelle. Et donc, ils me disaient, vous avez eu sur Internet. Je dis, non, ce n'est pas possible, je n'ai pas de site. Si, si, si, si, en fait, on vous a vu sur... C'est comme ça que j'ai eu connaissance de Poesy by Sophie. Quand ça arrivait, je n'étais pas en Afrique du Sud. En rentrant en Afrique du Sud, je l'ai appelée en disant que Sophie, il faudrait qu'on se voie. Et donc, on s'est vus, je lui ai dit je la remercie. Et je lui ai dit, mais en fait, tu ne me connais pas. Et en fait, tu m'as référé sur ton blog. C'est très sympa de ta part, mais comment sais-tu que... Ce que je propose correspond parce qu'elle a des critères assez pointus. Elle me dit si, si, si, je ne t'ai jamais utilisé, mais je connais des gens qui ont les mêmes exigences que moi et à qui tu as fait une journée guidée à Johannesburg. Et ils m'ont dit, en revenant, si tu cherches un guide francophone, différent des autres pense à lui et comme je leur fais confiance à 200%
- Alexandre FRANCO
j'ai pas hésité je t'ai référencé ce que j'entends là-dedans c'est que c'est des rencontres, c'est des demandes il y a un petit côté chance t'as cette humilité on dit souvent que la chance ça se provoque mais c'est vrai
- Alain Samy
Mais oui, c'est un peu la chance parce que après, il faut saisir l'opportunité. Ça arrive comme ça, après, il faut en faire quelque chose. Soit on en fait quelque chose, soit on le laisse comme ça, dans un tiroir. Et quand cette activité de touriste s'est présentée à moi, je me suis dit, tiens, il y a peut-être quelque chose à faire. Mais encore une fois, je voulais faire différemment. Et toujours dans le personnel, dans la personnalisation de l'offre. J'ai commencé Merci. avec une clientèle locale, de famille installée. Et puis en fait, très rapidement, aujourd'hui, je vais dire 80% de mes visiteurs, ce sont des vrais touristes. Ce ne sont pas des gens qui viennent rendre visite à de la famille, mais ce sont vraiment de vrais touristes qui viennent visiter l'Afrique du Sud et qui me contactent soit pour des journées de visite locale, soit pour des voyages accompagnés ou pas.
- Alexandre FRANCO
et comment ils te trouvent en fait en général ?
- Alain Samy
alors pendant pas mal de temps j'avais pas de site internet et donc c'était le bouche à oreille les gens me trouvent sur des forums de voyage ok que je n'ai jamais été voir ouais ok et à chaque fois souvent quand je demande à des gens mais comment vous m'avez trouvé ils me disent écoute on était sur tel forum tel forum et il y a eu un commentaire sur toi qui disait voilà Si vous voulez faire Soweto, contactez Alain parce que blablabla. Ou si vous voulez faire un voyage, les forums de voyage. Et puis, depuis, je me suis un petit peu structuré, on va dire, au niveau réseau social. Parce qu'on ne peut pas faire sans maintenant. Donc, j'ai un site internet, mais qui est vraiment une page d'appel. Et puis, j'ai les incontournables Facebook et Insta. Et donc, j'ai créé une page Facebook professionnelle qui s'appelle Tour à la carte.
- Alexandre FRANCO
OK.
- Alain Samy
Cette page, elle est dédiée à mon activité dans le tourisme. L'idée, c'est de parler des voyages que je fais avec les gens ou des journées que je fais avec les visiteurs.
- Alexandre FRANCO
C'est un truc qui ressort pas mal sur les réseaux, sur ce que tu proposes, etc. C'est le côté vraiment authentique. Parce que là, on a parlé des journées que tu fais en ville, on va dire en city guide, mais il y a aussi toutes les... Enfin, les safaris ou les tours guidées qui sont un peu plus longs ?
- Alain Samy
Alors oui, c'est l'essentiel de mon activité. Ce sont les voyages accompagnés. Et là, c'est pareil, je fais vraiment une sur-mesure. C'est-à-dire que moi, je passe beaucoup de temps avant de commencer à préparer un itinéraire. Je passe beaucoup de temps au téléphone avec mes visiteurs pour essayer de comprendre un petit peu leur... De trouver le petit truc qui fera qu'il y aura quelque chose qui va vraiment les marquer pendant le voyage. Et donc, je passe beaucoup de temps à discuter avec mes visiteurs avant, avant de commencer à bâtir une offre et à leur proposer, et puis on l'affine ensemble. Mais des fois, ça se fait sur le moment. Dernièrement, j'ai fait un voyage de huit jours avec deux jeunes étudiantes vétérinaires. Je ne savais pas du tout qu'elles étaient étudiantes vétérinaires avant leur arrivée. Elles venaient faire un stage de six semaines en Afrique du Sud. On en a discuté et elles m'ont dit qu'elles aimaient bien la nature, la randonnée. J'ai bâti un voyage axé sur la randonnée. Mais je ne savais pas du tout qu'elles étaient... élève vétérinaire. Et c'est pendant les randonnées, les premières randonnées, on a fait quatre jours de randonnées pour commencer. Et donc, en discutant, j'ai réagi, est-ce que ça vous dirait de faire ça ? Parce que ça correspond à ce que vous étudiez. On pourrait faire un stop sur le chemin dans une réserve privée. Je connais la fondatrice de la réserve, c'était française en plus. Et donc, parce qu'il y a un camp de volontaires et ça serait intéressant que vous le voyez. Donc, puis on a... On a modifié les choses et du coup, de fil en aiguille, le voyage s'est modifié sur la phare. Et on a fait des choses qui n'étaient pas prévues, mais qui collaient à leurs études et puis à leurs passions. Et des fois, j'ai aussi des demandes très pointues parce qu'un voyage personnalisé, ça peut se faire sur... Il y a le fil rouge du voyage qui est toujours des sites touristiques. et puis on trouve une activité des choses qui sont intéressantes un centre d'intérêt pour les voyageurs ça fait maintenant presque 20 ans que je suis installé en Afrique du Sud, ça fait 25 ans que je connais le pays, donc je l'ai parcouru en long, en large et en travers et donc c'est de partager ce pays que j'adore et le partager à ma façon avec mes anecdotes, avec mes endroits secrets, avec mes petits restos mes petits trucs, mes visiteurs je les promène comme si je promenais des copains ou de la famille Pour moi, il n'y a pas de différence. Mais parfois, j'ai des demandes plus pointues, avec des thèmes très précis. Il y a maintenant trois ans, j'ai accueilli deux couples qui venaient de France, deux couples de retraités. Et c'était une des dames qui m'avait contacté. Et puis, elle me dit, voilà, on va venir qu'à 14 jours, est-ce que vous pouvez me proposer un itinéraire ? Et elle me dit, mais voilà, il faut que ça tourne autour des plantes et des fleurs. Et j'ai dit, OK. Oui, alors pour encore une minute, pas que ça quand même, mais il faut que ce soit un peu le fil rouge. On peut faire autre chose au milieu parce que voilà. Donc déjà, moi, il a fallu que je me creuse un peu la tête parce que moi, je ne suis pas botaniste. Je connais l'Afrique du Sud, donc je sais que dans quel endroit on peut voir telle ou telle chose et qu'est-ce qu'il y a. Donc j'ai bâti un itinéraire autour du thème plantes et fleurs. Tu le sais, tu as été en Afrique du Sud, donc il y a quand même de beaux jardins, des superbes réserves naturelles. Et puis surtout, en Afrique du Sud, on a la chance d'avoir des... des plantes qui sont endémiques à l'Afrique du Sud qu'on ne trouve nulle part ailleurs. Donc, j'ai bâti un itinéraire comme ça en rencontrant des gens aussi.
- Alexandre FRANCO
Et puis, selon les mois je me rappelle vraiment le printemps en Afrique du Sud.
- Alain Samy
Le mois d'août, c'est beau. Et donc, j'ai bâti un itinéraire comme ça en rencontrant aussi des spécialistes. Et on a commencé le voyage comme ça. Pour moi, c'était super intéressant parce que la préparation du voyage, ça m'a demandé quand même un investissement intellectuel, on va dire. Et puis pendant le voyage, quand on a commencé, en fait, j'ai découvert que le monsieur en question, pour qui ce voyage était bâti avec ce thème, en fait, c'était un des anciens jardiniers en chef de l'Elysée. Et c'est pour ça que le voyage avait ce thème-là. Oui, du coup, on est sur une offre très, très personnalisée. Oui, oui. Et ça, c'est vraiment ce que j'aime faire. pour moi, c'est passionnant parce que ça m'oblige à sortir des sentiers battus et puis c'est un peu ma signature.
- Alexandre FRANCO
Un autre truc dont on a parlé tout à l'heure, pourquoi tu mets nos filters sur tes publications ?
- Alain Samy
En fait, les réseaux sociaux, c'est très bien parce que, encore une fois, c'est incontournable et c'est quand même un sacré véhicule pour faire passer des messages ou alors faire un peu de promotion. moi tout ce que je poste sur mon compte Instagram dans 99% des cas ce sont mes photos, c'est les photos de mes voyages je ne mets aucun filtre les photos que je poste elles sont telles quelles que ce soit paysages, animaux, personnes, il n'y a pas de filtre. Pourquoi ? Parce que moi, je montre vraiment mon ambition, c'est de montrer les choses telles que les gens...
- Alexandre FRANCO
Garder le côté authentique.
- Alain Samy
Le côté authentique. Des fois, on a des surprises assez drôles, comme ce que je disais tout à l'heure. Il y a des gens, des voyageurs avec qui je suis et quand on arrive sur un site, ils sont déçus ou surpris, on va dire, parce que c'est... pas conforme à une photo qu'ils ont vue.
- Alexandre FRANCO
Une photo un peu retouchée. Une photo retouchée,
- Alain Samy
il y a dû y avoir un filtre. Là, on est dans la vraie vie. Donc, c'est pour ça que je précise pour mes photos qu'elles sont sans filtre. Et ça ne changera pas.
- Alexandre FRANCO
Ça garde le côté authentique. Et de toute façon, l'Afrique du Sud est quand même un pays tellement beau qu'il n'y a pas besoin de rajouter beaucoup de choses déjà pour en prendre plein les yeux.
- Alain Samy
Et puis aussi, le tourisme, ce n'est pas que... Moi, je le conçois, ce n'est pas uniquement... Ce n'est pas que du sensationnel, ce n'est pas que les sites touristiques, c'est aussi l'histoire du pays. Connaître un minimum de choses, ça permet de mieux appréhender certains côtés quand on traverse le pays.
- Alexandre FRANCO
Au niveau du tourisme dans la région, toi, tu vois ça évoluer comment ?
- Alain Samy
En Afrique du Sud, c'est une très grosse industrie avec une offre vraiment fantastique parce que les Sud-Africains sont dans le domaine de l'hospitalité. Pour moi, ils sont imbattables.
- Alexandre FRANCO
En termes de confort et de...
- Alain Samy
Et puis, ils ont une réactivité qui est incroyable. Alors autant, il y a beaucoup de choses... dont on pourrait parler en Afrique du Sud, qui ne sont pas forcément aussi carrés que ce qu'on voudrait, mais côté hospitalité, ils sont champions. Ils ne sont pas que champions du monde du rugby, mais ils sont champions du monde de l'hospitalité. Avant la fameuse pandémie, c'est un secteur qui représentait pas loin de 12% du PIB du pays. Donc c'est énorme. Entre-temps, il y a eu un petit truc qui s'appelle le Covid, qui est passé par là et qui a beaucoup impacté. qui fait que dans le tourisme en Afrique du Sud, dû au Covid, il y a quand même eu 2 millions d'emplois de perdus. C'est pas rien. Et puis, il a fallu rebâtir. Dans certaines régions, ils sont revenus au niveau d'avant Covid et même au-delà. Dans d'autres régions, un peu moins, c'est un peu plus lent. Mais c'est un secteur très, très porteur. Mais si on a quelques idées et si on se donne un peu l'appel... C'est un secteur où on peut faire de belles choses assez rapidement, sans énormes moyens.
- Alexandre FRANCO
Sur le côté impact écologique, il y a peut-être des gens qui vont nous écouter qui connaissent moins cette région du monde et qui peuvent avoir des a priori aussi. Sur les offres que tu proposes, l'impact écologique ou ce côté... bien-être, les animaux qu'on va rencontrer, ils sont vraiment dans leur milieu naturel.
- Alain Samy
Tout à fait. Tout n'est pas parfait. Il y a des établissements qui proposent des activités sur lesquelles moi, je ne vais pas. Parce que ce n'est pas éthique, ce n'est pas sain pour les animaux. Par contre, tous les parcs nationaux et toutes les réserves privées travaillent avec des critères très stricts, le respect de la faune. Donc là-dessus, il n'y a pas de questions à se poser. Il y a des vrais métiers qui sont créés. C'est un très gros facteur d'intégration de la population aussi. Mais non, il y a un respect réel. Contre les safaris, c'est fait dans... dans de très bonnes conditions.
- Alexandre FRANCO
Tu as évoqué rapidement la période Covid. Toi, comment tu l'as traversée cette période-là, en sachant que le support de l'État n'est pas du tout le même que ce qu'on a pu avoir en France ?
- Alain Samy
Non, c'est diamétralement opposé. En France, il y a eu beaucoup de soutien de l'État. On peut toujours critiquer, c'était là. Mais en Afrique du Sud, ce n'était pas du tout le cas. C'est une période qui a été très, très dure au niveau du tourisme, parce que tout a été fermé. Beaucoup d'établissements ont disparu. Et beaucoup d'établissements ont réduit la voilure en termes de personnel. Et ça a mis beaucoup de temps à repartir, parce qu'il a fallu... En fait, rebâtir une confiance qui avait été perdue, à tort d'ailleurs, parce que le Covid, ça a été dans le monde entier, mais la Frisbee a été à tort pointée du doigt pour les virus. Et donc, du coup, ça a créé un peu une sorte de psychose à un moment donné. Il a fallu rebâtir et reconstruire. Ça a mis du temps, mais aujourd'hui, ça revient bien.
- Alexandre FRANCO
Écoute, on a évoqué beaucoup, beaucoup de choses. Est-ce que tu as un petit mot pour les expatriés ou les entrepreneurs qui nous écoutent, les entrepreneurs français qui voudraient monter un projet ?
- Alain Samy
Moi, j'ai mon expérience de l'Afrique du Sud qui est très empirique. Moi, je suis comme moi, l'entrepreneuriat, je suis tombé dedans par hasard. Mais en Afrique du Sud, c'est un pays qui est assez ouvert. qui a besoin encore de beaucoup de compétences, il ne faut pas hésiter à se faire accompagner. Il y a des gens qui sont là pour... Parce que c'est un pays qui, en termes de réglementation, et ça, c'est l'histoire qui fait ça, qui est quand même assez compliqué. Il y a des règles à respecter quand on crée une entreprise, surtout à partir d'une certaine taille.
- Alexandre FRANCO
Et des codes culturels aussi. Oui,
- Alain Samy
tout à fait. Et donc, c'est bien de se faire accompagner. Après, on peut aussi créer une activité complètement indépendante comme la mienne. Mais c'est pareil, comme dans tout pays, il y a tout le problème des visas et des choses comme ça auxquelles il faut faire attention. Une fois qu'on a passé cette étape administrative, localement, les gens sont très ouverts. Après, il y a des codes culturels à respecter. parce que la société sud-africaine, c'est quand même une société qui est une mosaïque de communautés incroyables. Donc c'est un sacré paradoxe par rapport à la période qu'ils ont connue durant l'apartheid, où c'était vraiment très clivé.
- Alexandre FRANCO
mais par contre cette mosaïque de communauté fait qu'il y a des codes culturels à respecter c'est la nation arc-en-ciel qui est réelle mais qui nécessite aussi c'est un énorme avantage en même temps il
- Alain Samy
faut parfois savoir passer entre les gouttes écoute super
- Alexandre FRANCO
Est-ce que tu peux nous rappeler où est-ce qu'on peut avoir les infos ?
- Alain Samy
Mon site internet, c'est toursalacarte.co.za. Ma page Facebook, c'est Tours à la Carte. Et mon compte Insta, c'est Tours à la Carte by A Samy. Donc, c'est mes trois vecteurs sur les réseaux sociaux. Et donc, n'hésitez pas à me contacter. J'essaie d'être le plus réactif possible.
- Alexandre FRANCO
Je confirme. Alain, je te remercie beaucoup d'avoir pris le temps de passer et de nous faire un petit peu ce témoignage. Je souhaite plein de belles choses pour la suite. Et puis, à très bientôt, j'espère.
- Alain Samy
Merci à toi, Alex. Et merci de m'avoir invité à partager ma passion de l'Afrique du Sud.
- Alexandre FRANCO
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