- #Marine
Bonjour Fanny.
- #Fanny
Bonjour Marine.
- #Marine
Merci d'avoir accepté mon invitation sur mon podcast.
- #Fanny
Merci à toi.
- #Marine
Est-ce que dans un premier temps, tu peux te présenter s'il te plaît ?
- #Fanny
Alors donc moi c'est Fanny Lanoé, donc j'ai bientôt 35 ans et donc aujourd'hui je suis accompagnante du deuil et j'accompagne en fait aussi les entreprises donc sur le conseil. Donc on peut dire aussi que je suis consultante funéraire. C'est un métier un peu connu mais je vais pouvoir t'expliquer ça bientôt.
- #Marine
Et c'était quoi ton poste ou activité avant cette transition professionnelle ?
- #Fanny
Eh bien, j'ai été conseillère funéraire pendant 10 ans. Voilà, j'étais un petit peu le couteau suisse du funéraire parce que j'avais accès en fait à tous les postes. Je pouvais très bien faire du transport de corps, je pouvais être à l'agence, recevoir les familles. Et puis, donc, je vendais tout ce qui était pierre tombale et j'avais accès aussi à la prévoyance. Donc, c'est vrai que j'ai un petit peu... évolué au sein des entreprises et puis j'ai bougé un petit peu de région aussi avant de revenir sur Nantes.
- #Marine
Ok, tu étais du coup en statut de salarié ?
- #Fanny
Oui, voilà, pendant dix ans. Après je suis devenue, donc j'étais conseillère au tout début, parce que c'était une vraie reconversion. Et puis après je suis devenue responsable d'agence et donc j'ai pu monter quelques agences auprès des patrons, mais toujours dans le salarial.
- #Marine
Ok, tu disais que c'était une vraie reconversion, c'est que tu faisais autre chose avant ça ?
- #Fanny
Oui, complètement. Moi, en fait, j'étais commerciale et dans la restauration dans les foires-expo, un peu partout dans la France. Donc, rien à voir avec ce métier. Et donc, c'est en vivant des choses un peu personnelles et en rencontrant une personne dans un supermarché que tout a été déclenché. Voilà, ce n'était vraiment pas prévu du tout.
- #Marine
Et justement, tu parles d'une personne que tu as rencontrée au supermarché et que les choses n'étaient pas forcément prévues, enfin prévues, organisées. C'est cette chose-là qui t'a déclenché la réflexion de dire « Ok, il faut que je change » . Est-ce que tu peux nous parler un peu plus de cette rencontre ?
- #Fanny
Oui, bien sûr. Alors en fait, déjà, ça remonte à quelques années. En 2010, j'ai perdu deux personnes de ma famille, pas très proches, en un mois. Et c'est vrai que déjà, j'étais très à l'aise et on m'a fait remarquer. que ça m'irait plutôt bien ce métier, mais j'étais assez jeune et pas du tout renseignée sur ce métier. Moi, j'étais dans le commerce, donc j'étais très bien. Et puis, au fur et à mesure des années, j'ai changé de région. Et donc, ça faisait que neuf jours que j'étais en Ile-et-Vilaine et donc je n'avais pas encore de travail. Donc, je vais faire des courses, tout simplement, un peu comme tout le monde. Et donc là, à une caisse, je vois une personne qui achète pas mal de bougies, des choses pour sentir bon. Et donc j'entame une conversation en lui disant, tiens c'est marrant, ça va vraiment sentir bon chez vous, vu tout ce que vous avez acheté. Et donc là elle rigole et elle me dit tout simplement, mais non en fait je suis la responsable de la pompe funèbre qui est juste à côté, et donc c'est pour ma chambre funéraire. Et là je ne sais pas pourquoi, vraiment pas pourquoi, c'était comme un déclic, je me suis dit, il faut absolument que je lui pose la question, ben voilà je suis nouvelle dans la région, est-ce que je peux venir voir votre métier ? Je n'ai pas encore retrouvé de travail, ça fait que 9 jours que je suis là. Et elle m'a dit, il n'y a pas de souci, viens. Donc, ça a commencé vraiment comme ça, au culot.
- #Marine
Mais hyper chouette, parce que du coup, c'est juste à travers une discussion, enfin à la caisse au final, que aujourd'hui tu as pris ce virage.
- #Fanny
Voilà, je ne savais pas que ça allait changer ma vie. Donc, à l'époque, c'était Pôle emploi. Donc, j'ai eu ce fameux papier pour venir dans cette entreprise, pour être protégée quand même. Et puis voilà, au bout de deux jours, clairement, elle m'a emmenée sur le terrain en cérémonie. Elle avait pas mal... de travail, j'ai rencontré son équipe et j'ai su tout de suite que c'était le métier de ma vie.
- #Marine
Et du coup tu as été embauchée avec elle en CDI ?
- #Fanny
Alors avant, du coup elle m'a ouvert les portes pour la formation, puisque c'est une reconversion, il faut avoir un diplôme, on ne peut pas rentrer dans ce métier comme ça, ou alors si on rentre comme ça dans ce métier, on a un an pour passer tous les diplômes. Donc j'ai trouvé un centre de formation avec qui elle travaillait, qui s'appelle Nova Formation à l'époque. Et donc je suis rentrée en tant que conseillère funéraire, donc pendant quelques mois on est en immersion, parce que c'est un métier aussi où on doit apprendre parce qu'il y a beaucoup de lois, beaucoup d'administrations, donc c'est quand même pas mal le bourrage de crâne, c'est un nouveau métier, c'est un petit peu de pression. Et donc on fait un stage et après on passe le diplôme avec un jury. Et donc une fois qu'on a le diplôme, on peut aller en poste. Malheureusement, cette personne n'avait pas un poste pour moi à 35 heures, donc j'ai retrouvé un employeur. qui s'appelait les pommes funèbres mélangées sur la zone de l'époque Saint-Malo.
- #Marine
Ok,
- #Fanny
voilà.
- #Marine
Et justement pour parler un peu plus de la formation, parce que c'est vrai que moi je ne connais pas du tout ce domaine-là, c'est en un an, c'est un diplôme qui équivaut à un niveau de diplôme ou c'est un certificat ? professionnel ?
- #Fanny
En fait donc c'est un diplôme qui est reconnu par l'état déjà pourquoi il y a des jurys et un questionnaire comme un QCM avant et en fait c'est une formation qui a été fait sur trois mois donc malheureusement voilà c'est pas financé donc c'est vrai qu'il faut vraiment avoir une disponibilité et aussi une aisance un peu financière parce que rien n'est pris en charge et donc c'est quand même 24h24 voilà à pouvoir apprendre pouvoir être disponible aussi pour les stages. Après, aujourd'hui, il y a des formations New Yearly, il y a des formations qui sont plus longues ou plus courtes. Ça a vraiment évolué en 2025.
- #Marine
Tu connais un peu le coût de cette formation ?
- #Fanny
À l'époque, en sachant qu'on peut soit la rémunérer par nous-mêmes ou soit France Travail peut la rémunérer si elle voit que c'est un vrai changement et un vrai projet. Ça, c'est sur acceptation et dossier. Et moi, à l'époque, c'était 3 000 euros. Mais on peut trouver entre 1900 et 1500, c'est vraiment différent aujourd'hui.
- #Marine
Et trois mois du coup ?
- #Fanny
Trois mois. Intentif. Et là je te parle de ça en 2015-2016, donc ça remonte un peu.
- #Marine
Ça marche. Et du coup il y a quand même le pratico-pratique de stage, ça doit être un peu encore la même chose, ou tu as une termine de durée par rapport au stage ?
- #Fanny
Moi j'avais un mois de stage, donc une vraie immersion avec des missions à accomplir. Et la dernière mission, c'est vraiment recevoir une famille seule quand c'est possible. Donc c'est pour ça qu'il est important de trouver la bonne entreprise, parce que toutes les entreprises ne sont pas prêtes à créer une famille comme ça, en sachant qu'on ne vit qu'une fois les obsèques. Donc je comprends aussi que ce n'est pas évident de passer la main, mais en ce cas-là, on peut être en duo aussi. Mais le but, c'est aussi d'aller en cérémonie, de pouvoir voir tout. tout vraiment le corps de métier et aussi participer pourquoi pas à un soin de conservation puisqu'il faut vivre les choses pour l'expliquer aux familles.
- #Marine
Est-ce que tu te souviens de ta première accompagnement d'œil ?
- #Fanny
Oui, mon premier premier, ça n'a pas été dans l'entreprise parce que j'ai toujours été plutôt en duo et que j'accompagnais la personne qui m'avait reçu en stage. Mais la première famille, ça m'a marquée puisque c'était le décès d'un enfant. Donc là, c'est quelque chose que je me souviens encore. D'ailleurs, je me souviens de tous les prénoms des enfants que j'ai pu accompagner avec leur famille. Et cette famille a été vraiment particulière parce que le jour où j'ai été dans une entreprise en premier poste, on m'a donné les clés d'une agence avec quatre salons funéraires et on m'a dit, voilà, maintenant tu as les rênes. C'est à toi de gérer un peu comme une petite entreprise parce que mon responsable n'était pas toujours là. Alors le premier décès, on l'attend avec un petit peu de stress et là il fallait que j'aille chercher un bébé à Pont-Chailloux donc sur Rennes et ça a été vraiment compliqué. On est tombé en panne sur le périph', j'ai dû changer de véhicule, la maman m'avait demandé de créer dans le salon funéraire une chambre d'enfants. C'est quelque chose qui m'avait marqué parce que quand on sort de formation on n'a pas les armes du tout, surtout pas dans le deuil périnatale.
- #Marine
Ça se fait sur le terrain de toute façon.
- #Fanny
Voilà, mais c'est vrai qu'il y a un grand manque aujourd'hui, c'est pour ça que j'exprimerai plus tard la clé unique, mais d'accompagner les professionnels, notamment dans le deuil périnatal, c'est très important. Et c'est quelque chose qui aurait pu m'éloigner du métier et que j'aurais pu être traumatisée parce que ça a été très intense d'accompagner cet enfant avec la famille, mais qui est devenu quand même magnifique à la fin avec une relation avec la famille qui est vraiment incroyable. Je m'en souviendrai toute ma vie.
- #Marine
Parce que ça remue et ça reste un enfant, même si quand c'est une personne âgée, ça reste aussi un décès.
- #Fanny
Un enfant, ce n'est pas le même accompagnement qu'une personne âgée, même si on peut bien sûr qu'une personne de 90 ans va être très touchée aussi, parce qu'il y a les enfants, il y a les petits-enfants, mais ce n'est pas le même accompagnement. Quand on a un enfant dans les bras de moins d'un an, qui est décédé et qu'on est seul dans la chambre funéraire, je t'avoue que là, tu es seul au monde et tu n'as pas d'âme. Et c'est quelque chose qui peut être vraiment traumatisant. Surtout que moi, j'étais jeune maman avec un enfant de six mois à cette époque. Donc, waouh !
- #Marine
Et ça a remis aussi pour toi, même si... tu essayes au maximum de couper le pro du perso peut-être surtout dans ton milieu, dans ton domaine mais il y a forcément toi qui tu es et tu te dis mais en fait ça pourrait potentiellement être aussi le mien donc forcément ça remue quoi c'est vrai que je me souviens aussi de quand je suis rentrée le soir,
- #Fanny
quand j'ai retrouvé ma famille J'ai vu mon fils, je peux te dire que je l'ai serré fort dans mes bras et j'ai dit que j'avais beaucoup de chance. J'avais beaucoup de chance. Et puis après, voilà, ça s'est un petit peu enchaîné pour moi. J'ai continué à apprendre, les décès sont arrivés de tout âge et j'ai commencé à faire mes armes.
- #Marine
Ok. Avant de te lancer dans cette reconversion-là, où tu étais... Du coup, commercial, tu t'es dit je me forme, après du coup tu as intégré une structure pour être accompagnatrice au deuil, où tu as fait à peu près, c'est dix ans c'est ça ? Oui. Donc en tant que salariée, aujourd'hui tu as créé ta structure, la clé unique, pourquoi ce souhait de créer ta propre structure aujourd'hui ?
- #Fanny
Et bien tout simplement, au bout de dix ans, j'avais parcouru tout le métier de conseillère. L'accompagnement au deuil aussi, je me suis spécialisée aussi dans le deuil périnatal parce que pendant dix ans, en fait, l'entreprise où j'étais ne me permettait pas d'évoluer dans des deuils compliqués, dans des deuils spécifiques. Et moi, j'avais besoin de continuer à me former. Donc aussi, à côté de ce travail, j'ai passé les formations, rentré dans des associations. Et au bout de dix ans, j'ai voulu faire évoluer l'entreprise où j'étais, sur l'accompagnement. tout ce que j'avais pu être formée. Et ça a été un non catégorique parce que, en fait, tout simplement, la personne ne se sentait pas forcément concernée, ça n'avait pas forcément sa place, ou pas le temps, ou pas le financement, parce que c'est aussi mettre une structure en place, ça demande du temps et de l'argent. Et donc, je me suis dit, il était temps pour moi de faire mon truc à moi. Et donc, c'était une évidence parce que j'y réfléchissais depuis un moment. Donc j'ai quitté en bons termes forcément l'entreprise, mes collègues que j'avais formés, un patron quand même génial, parce qu'on a vécu aussi le Covid, donc on a vécu quelque chose de très intense dans l'entreprise. Et mon patron est devenu d'ailleurs un ami aujourd'hui. Et on m'a dit, et on m'a encouragée à le faire. Donc pour moi, c'était l'évidence de créer la clé unique et de réunir toutes les clés que j'avais pu apprendre et prendre. Et tout ce que j'ai pu réunir pendant dix ans. Donc c'est pour ça qu'aujourd'hui, ça réunit plein de branches, plein de choses.
- #Marine
Ok. Tu disais justement que dans ta présentation, que tu accompagnais que ce soit les familles, mais aussi les professionnels. Est-ce que tu peux déjà peut-être parler des professionnels ? Après, on parlera des familles, de voir comment toi t'accompagnes. Et c'est quoi l'intérêt aussi de faire appel à toi ?
- #Fanny
Oui. Alors j'ai voulu en fait accompagner les professionnels. Alors... soit des agents funéraires, soit des entreprises des pompes funèbres parce que j'ai une expertise maintenant au bout de dix ans, j'ai monté pas mal d'agences, j'ai formé, j'étais vraiment au cœur du métier et donc c'était nécessaire de pouvoir les accompagner, alors pas en tant que dans le premier cap du diplôme, mais plutôt de pouvoir les aider à avoir les armes, de pouvoir aller plus loin que la simple formation de base. et de répondre à ce que eux attendent, leurs difficultés. Notamment aujourd'hui, j'ai lancé une formation avec l'école de Funé Plus qu'à La Roche-sur-Yon, Oser parler d'argent avec les familles, parce que c'est le vrai sujet aujourd'hui. On peut être transparent, on peut être humain, on sait qu'aujourd'hui les obsèques ça coûte cher, donc il faut accompagner les familles, il faut leur expliquer, il faut que le professionnel aussi se sente à l'aise et qu'il ait toutes les armes pour faire ses entretiens. Donc ça, c'est un premier pas en ce moment. Et puis, voilà, accompagner les dirigeants de ponts funèbres. Quand ils s'installent, aider à former leur équipe, parce qu'être manager, ce n'est pas évident, avec un métier qui demande beaucoup, beaucoup d'humanité. Et oui, il y a un petit peu de commerce, parce qu'il y a un devis et qu'une entreprise vit, mais il n'y a pas que ça. Donc ça, c'est le côté professionnel. Et à côté, aller dans les entreprises qui sont concernées. Par le deuil, parce que tout le monde est concerné par le deuil. Comment, quand il y a un salarié qui vit tout ça, comment le réintégrer dans l'entreprise, pouvoir sensibiliser. Donc, ça fait partie de ma mission auprès des professionnels.
- #Marine
Ok. Et ça, tu interviens en France, que pays de la Loire, Bretagne ?
- #Fanny
Eh bien, là où on demande la clé unique, j'y vais. Voilà, donc on va dire la France, forcément, parce que j'ai aussi une vie de famille et que j'ai autre chose à côté.
- #Marine
Ok. Et sur la partie du coup plutôt personnelle, moi c'est vrai que... J'ai des proches qui sont décédés, mais c'est vrai que c'est un peu un tunnel. La personne soit décède subitement ou soit est liée à une maladie. C'est quoi la procédure à suivre pour être bien accompagnée à ce deuil-là et qu'on n'ait pas cette charge mentale de se dire « il faut que je prenne ça, il faut que je commande ça » . On sait qu'il y a un coût. C'est quoi la suite ? logique et que tout se déroule bien pour que ça roule comme sur des roulettes, si on peut dire.
- #Fanny
Tu veux dire par rapport à quand il y a un décès ? Oui. Qu'est-ce qu'il faut faire ? Alors forcément, si c'est un décès soudain, on n'a pas pu se préparer, mais je sensibilise quand même sur l'anticipation. Ce n'est pas parce qu'on est en bonne santé qu'on n'est pas concerné. Respecter ses volontés et penser à ses proches, c'est très important aujourd'hui. C'est un cadeau que vous leur faites. donc j'encourage quand même à parfois Se renseigner, au niveau de l'âge, il n'y a pas d'âge limite, pour savoir à peu près combien ça peut coûter, et aussi se renseigner, ce qui est possible de faire. Parce qu'aujourd'hui, quand on va poser la question à quelqu'un, on va te dire, moi je vais être réunimée dans un cimetière, ou je vais être crématisée, mais derrière on ne se rend pas compte le nombre de questions qu'on va demander à la famille le jour du décès. Donc, parler entre familles, commencer à se renseigner à n'importe quel âge, ça c'est un conseil.
- #Marine
Et on se renseigne auprès de qui ?
- #Fanny
Eh bien, on peut aller auprès de moi, de la Clé Unique. Voilà, mais aussi bien sûr, on peut pousser la porte d'un pont de funèbre à côté de chez soi ou généralement, on peut aussi se renseigner parce qu'aujourd'hui, on a le droit de faire plusieurs devis, d'aller voir plusieurs entreprises. Donc, quand on ne connaît rien, quand on ne connaît personne, eh bien, on a le fameux outil Internet qui est là pour regarder un petit peu ce qui est auprès de chez nous. Et puis, on peut donc, voilà, quand c'est un décès soudain, donc là forcément, il n'y a pas eu d'anticipation, ou si on ne l'a jamais fait, il y a pas mal d'options. Aller voir un pompe funèbre ou une personne comme moi, donc une consultante funéraire, on peut être accompagné. Donc, quand le décès arrive, par exemple, à domicile, en pleine nuit, donc voilà, il faut appeler un médecin. Les pompes funèbres ne se déplaceront jamais si le décès n'a pas été constaté par un médecin et qu'il y a un certificat de décès parce que c'est la loi et que c'est comme ça. Et puis, généralement, la famille a toujours le choix du pompe funèbre. Même si c'est en pleine nuit, il y a des pompes funèbres où on va prendre par réflexe le pompe funèbre qui est à côté. C'est souvent un peu comme ça ou qu'on connaît. Mais la famille a le droit, pour X raisons, de changer. avant d'arriver à la cérémonie. Et puis, quand on est dans un état comme ça, où le deuil commence, où c'est soudain, on n'a pas forcément la tête à poser toutes les questions. Et on ne sait pas si on va tomber sur un super professionnel non plus. Donc il n'y a pas forcément de règles. Moi j'inviterais toutes les familles à oser rappeler, oser poser des questions, même si ça paraît bête, ou même à faire répéter le professionnel, parce que ce n'est qu'une fois. Et qu'il y a tellement d'informations à intégrer à ce moment-là que ce n'est vraiment pas évident. Et puis, pour moi, tout se déroule bien, c'est d'avoir des informations avant le décès. On revient toujours à la même. Quand on sait les volontés de la personne, on s'aperçoit que le jour J, c'est plus simple. Il n'y a pas toutes les questions à se poser. On n'a pas l'impression de faire le mauvais choix. Donc voilà, chaque histoire est différente, chaque accompagnement est différent. Il n'y a pas de mode d'emploi aujourd'hui, je ne pourrais pas te répondre en me disant... Voilà, se renseigner et anticiper avant, c'est vraiment une force, c'est ce que je dirais.
- #Marine
C'est bien d'avoir ça en tête et de savoir auprès de quel professionnel on peut se rapprocher, parce que quand ça nous tombe dessus, même si c'est le cycle de la vie, ce n'est pas simple de dire par où je prends la chose et puis... Je pense que quand on est en train de vivre la chose, on est dans un état aussi un peu second, donc les choses, les informations, les questions qu'on peut nous poser, c'est très un peu en mode robot et on répond comme ça parce qu'on n'est pas forcément là à l'instant T, parce qu'on vit l'émotion aussi pleinement. Et après le déroulé de se dire bon ok, s'il y a une personne qui a anticipé ou si la personne n'a pas anticipé. Il y a le décès qui a lieu, après on sait que les jours après ça va assez vite, c'est quoi la procédure derrière ? Qu'est-ce qui se passe en agence ?
- #Fanny
Eh bien oui, tu dis que ça va assez vite mais ça dépend parce qu'aujourd'hui le taux de crémation est plus de 50% donc c'est quand même très élevé en tout cas dans notre région, dans le 44. Donc vu qu'il y a beaucoup de délais parfois dans les crématoriums, malheureusement on peut arriver à 5, 6 jours et parfois... plus. Donc dans certains cas ça va vite et dans certains cas ça va doucement. Voilà ça les pompes funèbres n'y peuvent rien parce que ça va dépendre des délais. Voilà comment ça se passe ? Et bien quand on arrive en agence tout simplement vous êtes accueilli par un ou une conseillère funéraire et donc on va vous poser des questions comme s'ils ont les volontés, ce qu'ils souhaitent. Donc inhumation, crémation, ou est ce que vous voulez faire ça ? Est ce que si c'est une crémation vous voulez mettre les cendres au cimetière ou une dispersion beaucoup de questions et c'est pour ça que moi au sein de la Créunique on parle de tout ça de toutes ces questions là de toutes ces volontés et des possibilités aussi parce que ça ça change parfois un peu tous les ans et puis on va parler du choix du cercueil on va aussi demander si vous souhaitez aller en salon funéraire les vêtements que vous avez choisis si vous avez ramené tous les papiers le livret de famille Merci. Parfois, il y en a qui demandent la carte d'identité, comment vous comptez payer, si vous voulez des fleurs, si vous voulez un avis de décès dans le journal. C'est quand même assez conséquent. Et puis, généralement, on revoit le conseiller plusieurs fois. S'il y a une chambre funéraire, généralement, il y a une présentation du défunt qui va être programmée le jour même quand c'est possible ou le lendemain. Et puis, normalement, la pompe funèbre doit vous accompagner, doit venir vous voir aussi en salon funéraire pour voir si tout va bien. Et puis après, le jour de la cérémonie, si vous passez à l'église ou pas. Donc, c'est vraiment propre à chacun. Il y a des gens qui vont dire, nous, en trois jours, on voulait que ça soit rapide, ça a été possible. Et puis, il y en a d'autres qui vont vous dire, nous, ça a été pendant une semaine. Parfois, les familles ont besoin de temps. Des fois, ça n'a rien à voir avec les délais au niveau du crématorium ou l'église ou n'importe. C'est que les familles ont besoin de temps. Il y a de la famille qui n'est pas forcément ici en fait, ils peuvent devenir d'un autre pays ou d'une autre région. Le temps que tout le monde se réunisse, ils ont besoin de temps. Le temps de dire au revoir physiquement, je dis bien. Donc voilà, généralement, il faut qu'on s'accorde avec les familles, qu'on respecte ce qu'ils veulent.
- #Marine
Et tu as accompagné aussi des personnes qui vivent en France mais qui ont envie d'être enterrées dans un autre pays. Est-ce que tu as déjà eu affaire à ça ?
- #Fanny
Oui, on appelle ça un rapatriement. Donc là, c'est des dossiers. J'ai des dossiers parce qu'il y a vraiment un dossier à monter, assez compliqué et il nous faut beaucoup plus de temps. Donc moi, je travaillais avec Anubis. C'est une entreprise qui est sur Paris. Donc voilà, généralement, ils sont super parce qu'ils renseignent bien. Ça va dépendre du pays, des consulats. Il y a beaucoup de papiers qui sont demandés selon les lois du pays. Ils peuvent avoir un certificat de non contagion par rapport à des maladies. Donc il y a des procédures bien précises. Et donc généralement ça peut aller des fois à une semaine, voire deux semaines de délai. Donc c'est assez intense mais il faut aussi se rendre compte que quand on envoie un cercueil dans un avion, il faut qu'on soit sûr de qui va le recevoir, si c'est une compagnie, si c'est un membre de la famille. Donc c'est quand même une grande organisation et ça peut être partout dans le monde bien sûr.
- #Marine
Et ça t'accompagne aussi aujourd'hui ?
- #Fanny
Oui, alors aujourd'hui moi mon rôle je ne suis pas un pompe funèbre mais je vais faire le lien. En fait je complète les pompes funèbres. On peut me retrouver avant pour l'anticipation, pendant avec les pompes funèbres et après pour l'accompagnement du deuil. On va me dire mais pourquoi tu seras là au milieu de tout ça puisqu'il y a les pompes funèbres qui sont là. Il faut savoir que les pompes funèbres font beaucoup de choses, mais que moi je peux compléter... pour préparer déjà l'après ou faire tout simplement une cérémonie personnalisée que le pompe funèbre ne va pas pouvoir faire pour plusieurs raisons. Ou tout simplement parce que je vais pouvoir accompagner pendant, je ne sais pas moi, au niveau de la chambre funéraire. Donc c'est vrai que toute demande est acceptée et possible. Donc c'est pour ça que je suis un vrai collègue des pompes funèbres.
- #Marine
Parce que tu proposes vraiment un accompagnement qui est sur mesure en fait.
- #Fanny
C'est ça.
- #Marine
Personne ressource pour les familles, de se dire au moins on sait qu'on a famille qui va nous suivre tout du long et qui va pouvoir faire le lien. Je pense que dans des moments de vie comme ça, d'avoir quelqu'un qui ressource ou en tout cas référente sur ce sujet et qui maîtrise, parce que du coup tu as une expertise dans le domaine, pour les familles c'est aussi une sorte de charge mentale en moins.
- #Fanny
C'est ça, puis aujourd'hui on a parlé du côté professionnel tout à l'heure et là je reviens à la famille justement puisqu'on en parle. J'ai un cabinet moi qui est sur Clisson. où je peux recevoir les familles et je suis assez mobile aussi. Donc aujourd'hui, moi j'ai le droit d'aller à domicile, j'ai le droit d'aller un peu partout. Donc ça, en fait, ce que je vais pouvoir apporter en plus du pont de funèbre, c'est de la souplesse. J'ai des horaires qui sont beaucoup plus variables et puis j'ai plus de temps. Ça, c'est important le temps. Parfois, il faut comprendre qu'une pompe funèbre a plusieurs décès dans la journée, que la personne est seule et elle ne peut pas tout faire dans une même journée. Eh bien moi, j'ai beaucoup plus de temps. J'ai choisi ce temps-là aujourd'hui. Donc la personnalisation, pouvoir être moins pressée et pouvoir dire aux familles que je suis là 24 heures sur 24 et que je suis à leur écoute et que je peux vraiment aller au-delà de ce qu'une pompe funèbre peut vous apporter.
- #Marine
Mais c'est hyper intéressant parce que c'est un domaine que, en tout cas moi je ne connais pas et les auditeurs et les auditrices peut-être connaissent ou ne connaissent pas, mais en tout cas c'est important de savoir comment ça se passe et un peu le derrière des choses, parce qu'en fait on est un peu pris dans la vague et on se laisse vraiment voguer et on fait confiance aux professionnels qui nous accompagnent, mais de t'avoir toi en personne ressource, c'est encore un bonus je trouve pour vivre au mieux aussi. Ce deuil-là.
- #Fanny
En fait, pourquoi j'ai créé la Clé Unique ? C'est parce que j'ai pu justement, un peu comme une enquête, au fur et à mesure des années, j'ai pu entendre les familles, j'ai pu écouter ce qui leur manquait, ce qu'ils auraient bien voulu, l'espoir qu'ils cherchaient, quand ils ouvrent un pont de funèbre, ce qu'ils cherchaient vraiment, et puis aussi d'autres témoignages dans d'autres entreprises, bien sûr, de ce qu'ils ne voulaient plus jamais vivre. Et donc au fur et à mesure, j'ai rempli un peu mon panier et puis je me suis dit, c'est ça que je vais proposer. Donc la Clé unique, en fait, la base de la base, c'est mes familles.
- #Marine
Ok. Est-ce que ce changement-là, de passer, de créer ta structure, ça a eu un impact dans ta vie, que ce soit personnel, familial ou même financier ?
- #Fanny
Bien sûr, en sachant que c'était, on va dire... La Clé Unique, avec tout ce que je propose, c'était un peu nouveau. Donc oui, alors qu'est-ce que ça m'a apporté dans ma vie personnelle ? Pour te répondre, beaucoup plus de temps, beaucoup plus d'organisation possible. Pouvoir travailler comme je le peux, parce que voilà, j'ai plus 20 ans, mais je suis encore jeune. C'est vrai que j'ai peut-être moins d'énergie aujourd'hui, jour et nuit, vraiment. toujours assez courir parce que c'est ce que je faisais aujourd'hui je prends le temps je trouve de mieux accompagner les familles et ça c'est moi qui décide donc j'ai les rênes donc c'est quelque chose qui me plaît et que voilà il faut quand même savoir puisqu'on parle de la vie un peu personnel quand j'ai créé la clinique c'était la première fois pouvait aller chercher mon fils à l'école ok et donc ça ça n'a pas de prix parce que quand tu es maman Des fois t'as pas le choix et donc pour moi voir mon fils sourire quand je le suis au grillé de l'école ça n'avait pas de prix. Donc ça, ça m'a énormément apporté et j'ai bien vu que mon fils a senti aussi plus de disponibilité de sa maman. Et donc dans la vie professionnelle, oui au niveau salaire forcément, il y a un changement. Quand on est salarié, j'avais plus de sécurité, j'avais des primes. voilà aujourd'hui Il y a des choses qui se mettent en place puisque la Clé Unique va avoir un an au mois de février 2026, donc c'est tout récent. Mais ça y est, j'ai trouvé mon équilibre. J'avais déjà mon réseau, donc ça m'a beaucoup aidée aussi. Les gens me connaissaient, donc c'était plus au niveau du public. Alors j'étais un peu au culot, j'ai été faire les foires expo, j'ai été montrée dans des endroits où on ne m'attendait pas. Donc c'est un peu ça, c'est ça qui me caractérise un petit peu, c'est le culot. Voilà, moi je vais où on ne doit pas me trouver généralement et ça marche parce qu'on est curieux. Et puisque ça m'a apporté aussi beaucoup plus de l'épanouissement, clairement, à 100%. Je me suis retrouvée, je me suis plus écoutée. Donc voilà, c'est beaucoup déjà.
- #Marine
Et justement, qu'est-ce qui a été le déclic de se dire, OK, là, c'est le moment que je me lance et que je crée mes structures ?
- #Fanny
Quand on m'a dit un non. Quand j'ai voulu apporter des choses dans une entreprise que j'avais aussi lancée. Parce qu'il faut savoir que l'entreprise où j'étais avant de créer la Clé Unique, mon patron de l'époque n'était pas du tout du métier. Donc j'étais sa première salariée et du coup, c'était un peu curieux de voir un patron qui n'était pas du métier mais qui était très humain. Et donc j'ai beaucoup donné pour cette entreprise et à un moment donné où j'ai voulu apporter, on m'a dit que ce n'était pas possible. Et en fait, j'ai commencé à avoir quelques angoisses le matin quand j'arrivais dans mon poste. Je n'étais plus à ma place. Quand les familles arrivaient, je faisais toujours avec le cœur, mais je n'avais plus envie. Et là, je me suis dit, alerte, ce n'est pas normal. Je ne m'étais jamais réveillée en disant que je n'avais pas envie de venir. Et là, je n'avais plus envie. Et donc là, ça a été vraiment l'alerte. Donc,
- #Marine
tu as écouté ton corps.
- #Fanny
Exactement.
- #Marine
Est-ce qu'il y a un obstacle ou en tout cas une difficulté que tu as dû surmonter dans justement ce parcours-là, cette transition professionnelle ?
- #Fanny
Oui, en fait on est dans un monde où il y a beaucoup de professionnels qui arrivent comme ça sur internet. Le syndrome de l'imposteur, il est dans tous les métiers d'ailleurs. Même si j'avais mon réseau funéraire, j'y ai bien, pendant dix ans, en dehors du funéraire, on ne me connaissait pas forcément. puisque c'est un milieu qui est quand même tout le monde se connaît tout le monde travaille ensemble mais en dehors quand tu montes ton entreprise il faut t'ouvrir à d'autres professionnels en fait donc te faire connaître et puis les gens ne connaissaient pas du tout ce côté un peu plus que suisse que je pouvais faire ils comprenaient pas j'étais un pont de funèbre ou non donc il a fallu vraiment travailler sur ce discours là de ma présentation et de toujours raconter finalement prendre le temps de raconter un peu l'histoire et ce qui sortait un peu de l'ordinaire donc En fait, la méconnaissance de mon nouveau métier, ça, ça a été le frein. Ça a été beaucoup de travail. Donc, il a fallu que je prenne les rênes et que j'aille, justement, comme je te disais, au culot, de me faire connaître dans des endroits où... de rentrer dans des réseaux où c'était pas du tout connu, de prendre la parole, de me montrer sur les réseaux. C'était un métier où il fallait être discrète à l'époque. Maintenant, il faut que je sois sur le devant de la scène. Et ça, c'était pas du tout évident. J'ai toujours été auprès des familles, mais toujours discrète. Et là, il faut être un peu sous les feux des projecteurs en disant « Regardez ce que je fais, je parle de la mort, mais pas que. » Donc imagine bien, quand tu n'es pas renseignée, ça c'était vraiment... Donc des hauts et des bas sur ça. Mais la communication, ça a été vraiment la priorité quand j'ai ouvert la Clé Unique. Et puis la Clé Unique, pourquoi ? Parce qu'aujourd'hui, dans l'accompagnement du deuil, on retrouve toujours un peu les mêmes noms, quoi. Qui va nous parler tout de suite. sur l'accompagnement, le deuil. Et en fait, la clé unique, tant qu'on ne sait pas ce que c'est, on n'a pas d'a priori. Il faut l'attiser la curiosité. Et les clés pour moi, c'est les clés de l'accompagnement, de l'hommage, la personnalisation. D'ailleurs, j'offre une clé à chaque personne qui travaille avec moi ou qui vient être accompagnée. Et c'est quelque chose qui reste, et qui est quelque chose de palpable. Donc, je voulais vraiment un côté un peu plus poétique, un peu plus franc aussi. Et donc, voilà. Donc la communication, je dirais, pour répondre vraiment à ta question, ça, ça a été compliqué.
- #Marine
Et au final, tu as créé ton propre poste.
- #Fanny
Oui.
- #Marine
Ça ne se fait pas ailleurs. En tout cas, moi, je n'en ai jamais entendu parler.
- #Fanny
Alors, ce qu'on peut retrouver qui est un peu à la mode sur Internet, c'est les funérailles plein air. Ça, tu n'es peut-être pas au courant, mais il y en a de plus en plus. Wow, ok. Voilà. Alors, soit c'est des gens qui ne viennent pas du tout du métier et qui ont eu un deuil dans leur famille. un décès, donc en fait ils ont envie d'apporter eux-mêmes ce qu'ils n'ont pas trouvé au sein des ponts de funèbres. Et généralement, c'est aussi des personnes qui ont été conseillées aux conseillères funéraires et qui ont envie de faire un peu leur tambour, je dirais, à leur manière. Alors généralement, ils sont là pour accompagner, mais il n'y a pas autant d'expertise que moi, parce que moi, j'ai vraiment développé. Des agents, j'ai vraiment été plus que l'accompagnement des familles. Eux, ils vont se centrer sur l'anticipation. On va retrouver des similitudes, mais pas aussi tant approfondies. Puis moi, je n'aime pas ce côté funérail plein air. C'est un peu comme les mariages finalement, mais dans l'autre sens. Ça fait très commercial, je trouve, même si j'en connais qui sont formidables. Mais des fois, on me dit, mais tu es funérail plein air ou tu es tanadoula aussi. C'est un mot qu'on retrouve. Tanadoula, c'est quoi ? C'est des personnes qui sont aussi près des personnes en fin de vie, qui accompagnent le deuil. Donc aujourd'hui, on voit plein de choses. Donc, moi aussi, quand je te parlais de communication, c'était de sortir ce truc, mais qui je suis ? Et pourquoi je ne suis pas Tadadoula ? Pourquoi je ne suis pas Funeral Planner ? Je suis peut-être tout à la fois, mais à ma façon. Et donc, c'est ça qui n'était pas facile. Mais ça commence parce qu'aujourd'hui, ça y est, on fait appel à moi, on a bien compris. Mais c'est vraiment différent. On vend un service qu'on n'a pas l'habitude de voir. Je n'ai pas de produit, je ne vends pas... Un cercueil, je ne vends pas une honte, je ne vends pas une fleur spécifique. Donc, qui est Fanny ? Ça, ça a été vraiment compliqué. Mais ça y est, là, ça y est.
- #Marine
C'est bon.
- #Fanny
Ça y est, on a vraiment compris.
- #Marine
S'il y avait quelque chose où tu devais revenir en arrière, ou en tout cas que tu ferais différemment, est-ce qu'il y a une chose que tu ferais différemment ?
- #Fanny
Je n'attendrai pas autant avant de me lancer.
- #Marine
Ok.
- #Fanny
Je n'attendrai pas autant. C'est quelque chose que j'aurais dû faire bien avant même s'il n'y a pas de hasard et que je pense que ça arrive quand même au bon moment. Mais quand je vois l'épanouissement que j'ai, j'aurais voulu gagner quelques années.
- #Marine
Avec les 6, on refait le monde en soi. Ça chouette d'avoir aussi ce retour-là pour que les gens puissent avoir, de dire si vous voulez vous lancer, n'attendez pas, lancez-vous.
- #Fanny
Après, c'est plus facile à dire qu'à faire, c'est ce que tout le monde se dit, mais honnêtement, c'est parfois... En fait, je vois tellement de monde autour d'une table avec les amis ou autres, où ils me disent, moi, mon travail, que ce soit alimentaire, ou je ne m'y retrouve pas, ou ça fait tant d'années, je ne me vois pas, je ne sais pas où aller après. Mais quand on arrive à se lever avec un métier où on est passionné comme le mien, comme moi je suis, mais vous gagnez dans tout en fait. Parce que finalement on est plus au travail qu'à la maison parfois. Et l'épanouissement il n'est pas que « oui je vais au travail et je suis bien » . Ça se ressent partout en fait. Je repense, il n'y a pas longtemps j'ai fait le salon du funéraire professionnel sur Paris et les gens m'ont dit « t'as l'air rayonnante » . En fait c'est... Quand les gens, les professionnels t'ont connu avant et te voient maintenant, tu vois une différence, ça t'aide quand même à me dire « Ah ouais, ça se voit tant que ça que je suis bien. » Donc, il n'y a pas de regret. Et puis même si on ne sait pas, je ne sais pas où je serai dans 2, 3, 4 ans, mais je n'aurai aucun regret. La clé unique, elle fait partie de moi aujourd'hui. Elle me reflète. Donc, on ne voit pas rien.
- #Marine
Est-ce qu'en termes de ressources ou outils, tu as utilisé des choses en tout cas qui sont utiles que tu souhaites partager ?
- #Fanny
Alors déjà quand on se lance en entrepreneuriat, on est seul au monde. On peut connaître plein de monde n'est-ce pas ? Donc moi je suis rentrée dans l'ouvre-boîte mais avant de rentrer dans l'ouvre-boîte, avant que je vous en parle, j'étais vers une personne qui faisait des bilans de compétences mais qui aidait à la création d'entreprise. Je me suis dit Fanny, trouve quelqu'un pour t'aider, pour répondre à tes questions. Et donc elle est toujours auprès de moi aujourd'hui, elle s'appelle Samsy, elle est sur Rosé dans le 44 et c'est une personne extraordinaire qui a vu toutes mes évolutions et qui m'a vue en mode panique, en mode plus cool mais la création, oui t'es solo, t'as plein de questions. Et donc avoir quelqu'un à ses côtés, ça c'est très important. Et puis après je suis rentrée dans l'ouvre-boîte, dans le 44 et dans le 85 aussi à La Roche-sur-Yon pour tester en fait mon entreprise pendant un an. Donc, si on ne connaît pas, je vous invite à aller voir sur Internet parce que pour toutes les personnes qui ont envie d'entreprendre, on a une vraie structure. C'est une coopérative qui nous apporte plein de choses et on rencontre des gens formidables en plus. Donc, on n'est pas seul. Oui,
- #Marine
c'est dans ce cadre-là qu'on s'est rencontrés.
- #Fanny
Exactement.
- #Marine
Mais c'est vrai que ça permet de faire du lien, de découvrir d'autres entrepreneurs et entrepreneuses qui sont sur d'autres thématiques complètement différentes. Mais il y a cette synergie, il y a ce réseau, il y a ce partage. C'est vrai qu'il y a des CAE, alors là c'est sur Nantes et La Roche, mais il y en a d'autres partout. Renseignez-vous en tout cas auprès de où vous vous situez, où vous habitez, parce que c'est une vraie richesse pour en tout cas tester son activité la première année.
- #Fanny
Exactement.
- #Marine
Et plus après, parce que du coup, si on peut devenir salarié de la CAE tout en faisant son business.
- #Fanny
C'est ça. Et puis aussi, oui, en ressources en fait, je pense que... Il y en a qui disent que c'est fatigant, mais on n'a pas le choix. Aller se renseigner, aller rencontrer des personnes qui ont vécu, même si ce n'est pas la même branche, qui ont vécu la même chose. Se nourrir des autres. C'est fatigant d'aller chercher sur Internet, d'aller voir un peu ce qui existe, d'aller à des conférences, mais ça, ça fait partie du parcours. On n'est pas tout seul. Il y a plein de gens comme nous qui se sont lancés et qui ont sûrement des bons conseils à nous donner. Donc voilà, c'est pour ouvrir. Ne pas rester dans sa bulle.
- #Marine
Et ne pas rester seule. Mais c'est vrai que dans les accompagnements que moi je propose sur les bilans de compétences, ou coaching carrière, ou accompagnement retraite, c'est vrai que moi je suis beaucoup en veille, et du coup les personnes que j'accompagne, en fonction de où ils se situent, je vais avoir des informations. Mais c'est vrai que parlez-en autour de vous, renseignez-vous sur des événements, il y a plein de choses qui sont proposées aujourd'hui, peut-être des fois même trop, parce qu'on ne sait pas dans quel sens prendre la chose, mais il y a de l'information partout. Mais c'est intéressant je trouve d'aller sur des événements en présentiel, comme toi tu as pu faire les salons professionnels à Paris, tu rencontres d'autres pères, et tu te nourris, tu fais évoluer aussi ton réseau professionnel.
- #Fanny
Il faut se montrer, il faut se montrer, parce que comme on n'a plus d'entreprise au-dessus de nous, on n'a plus quelqu'un qui nous porte, finalement il n'y a que nous, il faut se montrer, il faut s'ouvrir à d'autres personnes, ça on me l'a bien fait comprendre. Vu que j'étais dans le funéraire depuis déjà dix ans, d'aller voir des gens qui n'ont rien à voir avec nous parce qu'ils nous apportent autre chose sur un autre sujet. Et parfois, alors oui, ça demande un peu certaines soirées, aller dans des soirées réseau, aller dans des événements. Mais en fait, quand on voit ce que ça apporte... et les contacts qu'on a, et bien franchement faites-le. Fanny,
- #Marine
est-ce que tu as un rituel ou en tout cas une habitude quotidienne qui t'aide aujourd'hui ?
- #Fanny
Alors vu le métier que je fais, j'ai toujours dit quand j'ai formé des personnes d'avoir un bon équilibre à côté. Même si je ne suis plus pompe funèbre, j'ai quand même affaire à des personnes endeuillées très souvent, au métier très souvent quand même. Et donc moi mon rituel... c'est avoir des super week-ends.
- #Marine
C'est quoi un super week-end ?
- #Fanny
Un super week-end, c'est avoir des moments en famille, voir mes amis. Moi, je marche, je vais beaucoup en Bretagne. J'adore la Bretagne. Et c'est mon lieu ressource. Donc, dès que j'ai du temps, je vais chercher cette énergie-là. Alors, parfois, s'arrêter et se poser, c'est important. C'est pas trop ma personnalité, mais je me force à faire ça. Mais aller chercher ce qui nous... En fait, je suis un peu une éponge moi. Donc il faut que j'extériorise, il faut que je cherche de l'énergie. Parce qu'être l'épaule des familles et même des professionnels dans un milieu comme le mien, ça épuise parfois. Donc si je suis encore là au bout de tant d'années, c'est parce que j'ai toujours trouvé mon énergie ailleurs, dans mes proches. Ça c'est mon énergie à moi, comme il y en a qui peuvent avoir le sport ou une autre passion. Mais moi, c'est mes proches mon énergie. Et ma Bretagne.
- #Marine
Je comprends, la Bretagne, je signe, il n'y a pas de souci là-dessus. Quelles sont tes actualités, ou en tout cas, projets, défis pour les prochains mois ?
- #Fanny
Eh bien, même si j'accompagne toujours les familles, bien sûr, ça ne s'arrêtera pas. Le projet actuel, c'est accompagner les professionnels du funéraire. C'est exactement ce que je suis en train de commencer. Ça a commencé déjà dès novembre de cette année, 2025. Et donc là, je suis sur plusieurs formations avec une école funétique, je le redis Funé Plus à la Roche-sur-Yon, et continuer à aider, à aider à développer les agences, à être auprès des conseillers, des dirigeants pour les aider. Vraiment, ça c'est vraiment le projet actuel.
- #Marine
Ok. Est-ce que tu as des conseils pratiques que tu pourrais donner à quelqu'un qui hésite encore à se lancer dans une transition ?
- #Fanny
M'appeler aussi. Parce que je reçois beaucoup de personnes qui sont en reconversion. Généralement, on prend une heure, voire deux heures. Je réponds à leurs questions. Aller absolument faire une immersion dans les entreprises avant de se lancer. C'est simple, c'est un métier. En quelques jours seulement, on sait tout de suite si on est fait pour ça ou pas. Parce que c'est tellement intense parfois quand on arrive dans une entreprise de pompe funèbre ou aux côtés de quelqu'un qui accompagne le deuil. que dans les premiers jours, il n'y a pas besoin de beaucoup de semaines, on va le ressentir tout de suite, il s'est fait pour nous. Toutes les personnes qui sont arrivées dans ce métier, par hasard ou par conseil de l'emploi au France Travail à l'époque, ou parce qu'on avait vécu un deuil et qu'on pensait pouvoir en donner aux autres parce qu'on avait vécu ça, mais que ce n'était pas vraiment une passion, une vraie volonté, que ça n'allait pas plus loin, ils ne sont jamais restés à 100% des cas. Toutes les personnes qui viennent me posent beaucoup de questions et je les informe sur plein de choses parce que c'est un métier qui demande beaucoup de disponibilité avec des astreintes. Et beaucoup savoir aussi de passer un peu du coq à l'âne, comme on dit, parce que c'est un métier, un jour on va recevoir une famille, un jour il va falloir être sur le terrain, un jour on va faire de la pierre tombale, on va vendre de la prévoyance. Et en fait, il faut quand même avoir une personnalité bien précise pour faire ce métier. Donc, appelez une personne par exemple comme la Clé Unique, renseignez-vous. Allez faire de l'immersion dans les entreprises qui vous accueillent et vous le saurez tout de suite. Là,
- #Marine
c'est les personnes qui souhaitent faire une transition plutôt dans ton domaine. Et s'il y a des personnes qui souhaitent faire une transition mais qui n'ont rien à voir, est-ce que tu as un conseil à leur donner aussi ?
- #Fanny
L'immersion, pour moi, il n'y a pas mieux. Allez rencontrer, faire votre enquête à vous. Alors, il y en a qui disent, oui, mais moi, il faut que je reste en poste, je n'ai pas le temps. Dégagez-vous du temps parce qu'en fait, ce n'est pas que parfois. Des fois, on voit les enquêtes métiers. quand on fait des bilans de compétences ou sur internet, ça peut parler, ça peut nous donner une idée, mais l'immersion et la rencontre de professionnels c'est primordial pour moi.
- #Marine
Sur le terrain, je suis complètement d'accord et d'accord avec toi là-dessus. Surtout qu'aujourd'hui auprès de France Travail, on peut demander des stages en immersion pour ceux qui sont demandeurs d'emploi. Du coup il y a des conventions de stage qui sont mises en place et au final ça sécurise tout le monde. Du coup il y a un contrat derrière, enfin voilà c'est tout contractualisé. Donc il y a moyen en tout cas d'aller voir et comment ça se passe sur le terrain.
- #Fanny
C'est ça, c'est vraiment aller voir et même si vous n'avez pas forcément le temps. Il y a des professionnels qui sont en capacité de vous répondre même au téléphone et aller au culot.
- #Marine
On arrive à la fin de cet épisode de podcast où on peut te suivre ou comment te contacter, comment on retrouve la clé unique, même si en tapant la clé unique sur internet on se trouve.
- #Fanny
Exactement, un peu partout, forcément sur Google, Fanny Hanoï, la clé unique. sur Instagram, sur Facebook, sur LinkedIn. On peut retrouver aussi plusieurs articles de presse, plusieurs témoignages et un peu les actions que je fais parce que je suis assez active sur Internet, mais aussi par téléphone et par mail. Généralement, je communique assez. Donc, il ne faut pas hésiter. M'appeler n'engage à rien. Me rencontrer n'engage à rien. Il suffit juste d'ouvrir la porte.
- #Marine
Oui, parfait. Merci beaucoup, Fanny.
- #Fanny
Eh bien, merci à toi, Marine. Et je voulais juste un... Dire une petite phrase, je voulais remercier à toutes les familles, tous les professionnels qui m'ont fait confiance et qui me font confiance aujourd'hui. Parce que la base, c'est eux. Voilà, merci beaucoup.
- #Marine
Merci beaucoup.