- Speaker #0
Et bienvenue dans un nouvel épisode de Ce n'est que du cinéma, le podcast qui réunit des amoureux de cinéma autour d'une table afin de commenter l'actualité des sorties, vous faire découvrir ou redécouvrir des pépites enfouies dans le passé, ainsi que nos coups de cœur du moment. Aujourd'hui, j'ai la chance d'être accompagné de Edouard et Julie. Comment ça va les amis ?
- Speaker #1
Eh bien écoute, ça va très bien.
- Speaker #2
Ça va.
- Speaker #1
Bonsoir à tous.
- Speaker #2
Bonsoir tout le monde.
- Speaker #0
Bon ok, ça va.
- Speaker #1
Et toi Martin, comment vas-tu ?
- Speaker #0
Ça va, fatigué, fatigué, mais je vois que vous n'avez pas envie de raconter d'anecdotes. tout va bien dans votre vie on est crevé il faut savoir qu'Edouard on couvre le bif actuellement mais qu'Edouard notamment a vu combien ? 21 films et on n'est pas encore à la fin du festival mais on vous en parlera dans un autre épisode dédié au bif mais il est là, vaillant guerrier debout, toujours debout toujours la banane Bon alors les amis, juste avant de vous présenter le programme de la semaine, j'aimerais évidemment remercier Sounor, notre partenaire officiel de ce podcast. Sounor, vous les connaissez maintenant, c'est une plateforme de streaming belge conçue par et pour les amoureux de cinéma, avec un très large catalogue riche et varié. Sounor propose une alternative locale aux plateformes internationales. Sur la plateforme, on y trouve des films intemporels, des films primés dans tous les plus grands festivals, des trésors cachés, mais aussi les toutes dernières sorties cinéma à la demande. Vous rappelez évidemment que si vous ne voulez rien rater de nos aventures, foncez vous abonner sur Instagram et TikTok. Ce n'est que du cinéma. C'est là-bas qu'on vous ouvre les coulisses du podcast et qu'on vous organise notamment des concours pour gagner des places de cinéma. Et puis si ce podcast vous plaît vraiment, c'est important, n'hésitez pas à lui mettre 5 étoiles sur Spotify, Apple ou quelle que soit la plateforme sur laquelle vous nous écoutez. Vous nous écoutez. Et de nous laisser un petit commentaire. Ça nous donne un maximum de force pour vous proposer toujours plus de magie cinéma. Alors les amis, cette semaine, on se plongera dans les... préparatifs du mariage de Zendaya et de Robert Pattinson, enfin pas officiellement, mais dans un film qui s'appelle The Drama, qui est donc le troisième film de Christophe Borgli. Ensuite, on vous parlera des Filles du ciel, le premier film réalisé par l'actrice, celle qui était connue comme actrice plutôt, Bérangère Macniss. Et puis côté pépites, c'est à mon tour de vous présenter un film. Il se trouve que j'ai revu par hasard, vraiment, Blue Velvet, il y a quelques jours, de David Lynch, et qui en plus est sorti pile il y a 40 ans. en 86. Et puisque son réalisateur nous a quittés il y a quelques mois, on s'est dit que c'était l'occasion de vous en reparler. Et le tout, bien sûr, sans oublier nos coups de cœur de la semaine. Est-ce que vous êtes prêts ? Alors, The Drama, pour le petit pitch très très court à l'eau ciné, un couple comblé voit son bonheur mis à l'épreuve lorsqu'un rebondissement inattendu vient tout bouleverser à une semaine de son mariage. Donc voilà, je l'ai dit, Christopher Borglie à la réalisation, Zendaya, Robert Pattinson, Alana Haim notamment. Petit tour de table les amis, qu'est-ce qu'on a pensé de ce drama qui était quand même très attendu, nouveau film A24 ?
- Speaker #2
Plutôt oui, mais sans plus.
- Speaker #1
Moi je trouve que c'est un film assez fascinant, mais il y a un moment où il y a un peu un creux, un ventre mou dans le film. Et je trouve ça assez dommage, parce que je le trouve assez jouissif.
- Speaker #0
Moi j'ai bien aimé, mais tout à fait d'accord sur un acte 2 un petit peu mou. C'est vraiment le seul petit truc à redire. parce que voilà, acte 3 payoff absolument jouissif et génial, extraordinaire le dit mariage alors on va vous prévenir une fois n'est pas coutume dans cette critique, on va d'abord faire un petit avis rapidement sans spoiler mais étant donné le pitch qui tourne autour de ce film et pour pouvoir un petit peu rentrer dans les détails quand même parce que le film mérite d'être analysé sous cet angle là, on va spoiler, pas tout de suite mais pour le moment une petite partie sans spoiler, niveau forme et réel et puis après on rentre dans le vif du sujet les amis avec un petit spoil, on vous a prévenu si vous ne l'avez pas vu ou est-ce qu'il peut au time code si vous regardez dans l'épisode il y a un time code pour passer au film suivant et puis évidemment revenez n'oubliez pas de revenir et goûter notre critique alors toi mon bon Edouard t'attendais ce film A24 Zendaya Pattinson a priori ça marche qu'est-ce que t'as aimé est-ce que A24 a toujours sa petite papatte là-dedans dans ce genre de film comment t'as senti les choses ?
- Speaker #2
alors moi du coup j'aime bien le réal j'avoue il avait fait rappelle-nous le scénario Dream Scenario et avant Sick of Myself et Sick of Myself qui était je trouve un film vraiment super réussi à tous les niveaux d'ailleurs.
- Speaker #0
Parce que c'est un réal norvégien à la base C'est ça,
- Speaker #2
et c'est avec ça qu'il a été connu avec Sick of Myself et puis après il a eu Dream Scenario et maintenant il a du coup The Drama et j'ai l'impression que ce mec n'arrête jamais, depuis Sick of Myself il enchaîne, il enchaîne.
- Speaker #0
3 films sur 4 ans, il est plutôt pas mal le bon
- Speaker #2
Et donc moi en fait je suis très fan, très très fan de Robert Pattinson et Merci. plutôt l'inverse au niveau de Zendaya donc l'un remonte l'autre j'ai envie de le dire, l'un équilibre l'autre voilà je me disais bon un couple on verra bien comment ça va se passer mais j'attendais le film avec impatience parce que ça fait longtemps qu'on nous le tease j'ai l'impression, un peu à l'image de Die My Love qui va sortir bientôt où c'est Pattinson et Tony Farren donc moi c'est les deux amour Robert Pattinson que j'attends d'ailleurs,
- Speaker #0
je ne sais pas à vous mais il y avait la bande annonce de Die My Love dans la salle de ciné avant de voir l'autre dans deux cas c'était la bise de mariage de Pattinson je ne sais pas ce qu'il pense en ce moment mais il a envie d'en parler moi j'avoue,
- Speaker #2
avant The Drama il y avait la pub de Spider-Man donc j'ai vu Zendaya, il y avait la pub de Dune j'ai vu Zendaya et il y avait la pub de Die My Love avec Robert Pattinson je me suis dit bon, oui je vais le regarder le The Drama, je suis déjà dans la salle et donc moi j'attendais beaucoup et euh ben c'est Surpris parce que j'avoue que je me suis quand même pas mal ennuyé à certains moments je trouve qu'il y a quand même des scènes qui se ressemblent beaucoup trop quelques unes notamment où c'est un peu tu comment dire c'est difficile sans spoiler on sait déjà un truc qui du coup nous permet de comprendre pourquoi les personnages agissent comme ça mais c'est plusieurs fois la scène qui amplifie l'émotion d'un des deux personnages.
- Speaker #0
On y reviendra dans la partie spoil dans quelques minutes
- Speaker #2
Pour moi, le film est à moitié réussi, à moitié raté, à moitié Rob Patt, à moitié Zendaya.
- Speaker #0
Sinon, réel quand même. Moi, j'ai trouvé qu'il y avait quand même une vraie chouette patte à 24. Il y a toujours le petit sang qu'on aime bien. Il y a des petits flashbacks. Le montage est pas mal un peu nerveux, un peu jumpscare à certains moments. Alors qu'on n'attend pas forcément dans un film comme ça.
- Speaker #2
C'était intéressant à voir et pas toujours justifié selon moi. Mais intéressant.
- Speaker #0
Ok, bon alors Julie et toi, qu'est-ce que t'en as pensé ? Et puis après, on passera dans la partie spoil.
- Speaker #1
Moi, je le trouve intéressant parce que... C'est à la fois une critique sociale, une critique aussi un peu de la comédie romantique. Et je trouve qu'il va voyager un peu entre les styles et je trouve ça assez intéressant. Ce qui est pas mal, c'est que c'est un film qui fait parler de lui avant qu'on le voit. Bon, c'est un coup de marketing, mais on a vraiment envie de le voir. On a vraiment envie de savoir ce qui se passe, quelle est la fêlure. Et on a envie de voir aussi un peu la destruction. Le fameux drame. Le fameux drame. Après, ça s'appelle aussi Laveux en français. Donc on a envie de savoir qu'est-ce qui délite un couple, qu'est-ce qui les réunit ?
- Speaker #0
Oui, c'est quoi ce truc qui fait que deux semaines de leur mariage, ils vont douter éventuellement de la décision. Et d'ailleurs à dire quand même que le spoil a été très bien gardé. Moi personnellement, je n'avais pas été spoilé. Je trouve que les gens sont très respectueux quand même du twist.
- Speaker #2
En fait, ce serait dommage de le gâcher pour les autres.
- Speaker #0
Non, c'est clair, mais il y a des trucs qui fuient quand même, on sait. Et je trouve que sur celui-là, d'ailleurs, il y a même des fausses, des faux reveals qui n'étaient pas ça. donc Ferdinand je trouve que c'est vraiment
- Speaker #1
pour le coup moi j'adore Zendaya que j'ai découvert dans Euphoria d'ailleurs la saison 3 4 ? 3 ? la saison 3 le nouvel épisode est ce soir petite pub donc Robert Pattinson je le vois un peu trop je trouve qu'il y a un peu une recrudescence de Robert Pattinson j'aime moins en fait je trouve que là dans les derniers films dans lesquels je l'ai vu je le trouve un peu apathique un peu à mort je trouve qu'il joue un peu la même chose Je trouve que dans la caractérisation des personnages, ils sont un peu flous en fait. Les contours des personnages ne sont pas assez amenés. Il y a la préparation des discours qui est assez intéressante où on va connaître un peu plus sur les personnages. Mais pour moi, c'est un peu en dents de scie et j'aurais voulu en savoir plus sur eux, sur leur histoire, sur ce qui les rassemble en tant que couple. Et il y a des choses qui me manquent en fait et qui font que j'ai du mal des fois à accrocher et à y aller à fond avec eux. Par contre, j'ai adoré Alana. Aïm qui est absolument exceptionnelle dans le film on l'avait découvert dans Licorice et là franchement elle a un rôle génial et c'est très très savoureux tout ce passage bon allez les amis on va rentrer dans le vif du sujet pour pouvoir un petit peu plus rentrer
- Speaker #0
dans le dur je crois que c'est la première fois dans l'histoire du podcast que vraiment on fait un truc genre tu sais comme sur Youtube avec une grosse alarme je sais pas si je vais pouvoir au montage mettre un bruit ça sera mieux que ce que je viens d'essayer de faire Mais donc voilà, vous serez prévenus, petit spoiler qui arrive, même gros spoiler comme ça, on va pouvoir vous parler du film vraiment en détail. Alors bon, voilà, ce petit jeu qui part mal, genre le truc que vous avez fait le pire dans votre vie, voilà, quelle est la chose la pire que vous avez fait dans votre vie ? Et ils jouent tous les quatre le jeu et jusqu'à ce que ce soit le tour de Zendaya et Zendaya nous révèle qu'elle a eu des pensées, même plus que des pensées, elle a même mis en place une action de faire une fusillade de masse dans une école sujet hautement sensible aux Etats-Unis tellement il y en a... presque, enfin une tous les jours, même parfois plus, et elle dit que son papa avait des armes, donc elle était entraînée, elle avait 15 ans, et elle avait carrément été jusqu'à amener l'arme à l'école, et finalement, c'est par un concours des circonstances un peu hasardeux qu'elle n'est pas passée à l'acte, mais du coup ça choque très très fort sa meilleure amie notamment, qui est censée être sa témoin. donc joué par Alana Haïm qui vraiment s'offusque énormément notamment parce que sa cousine a été victime d'une fusillade et a perdu l'usage de ses jambes le pauvre petit Robert Pattinson ne s'attendait pas à entendre ça il s'apprête à se marier dans deux semaines, tout est lancé le choix des fleurs, le photographe, enfin la photographe très drôle d'ailleurs la blague sur I'm gonna shot you la photographe juste après la scène voilà, qu'est-ce qu'on a pensé de ce plot ? vous attendiez que ce soit ça ? je pense que personne ne pouvait devenir que c'était ça mais voilà
- Speaker #2
Je peux poser la question, qu'est-ce que ça va être ? C'est un peu la grosse question.
- Speaker #0
Ça ne peut pas être une tromperie,
- Speaker #2
c'est facile. En réalité, presque déçu. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #0
Mais en même temps habile.
- Speaker #2
Parce que ce n'est pas assez, et en même temps trop.
- Speaker #0
Au state, c'est touchy. Pour nous, ça parvient un peu. C'était juste une émo pas bien dans sa peau. Mais en fait, aux Etats-Unis, c'est dingue.
- Speaker #1
Le problème,
- Speaker #0
c'est qu'il y en a eu énormément. C'est là que c'est intéressant.
- Speaker #2
je vois ce que tu veux dire je trouve qu'on a eu des films qui en parlaient mieux récemment notamment Weapons qui était vraiment là dessus sur le sujet de manière très subtile très subliminale mais là du coup je sais pas de quoi le film veut réellement parler et moi ce qui m'embête des fois avec certains films notamment celui-ci c'est que là on te raconte le après, le bien après bien après bien après et je me dis mais ce serait pas... plus intéressant que le film ce soit juste la fille qui se fait bouiller et qui après pense à un school shooting et puis après passe de l'autre côté de la barrière et puis devient carrément activiste contre ce genre de choses contre les armes etc ce qui est je trouve un combat aux Etats-Unis c'est assez drôle parce qu'il est tout le temps éludé c'est jamais le problème des armes c'est toujours un autre problème je sais pas comment ils peuvent pas se dire que à chaque fois les shootings c'est les armes arrêtez de Tout est disponible, t'achètes ça comme t'achètes du pain le matin, presque à la rigueur. Et selon moi, c'est ça le vrai problème. Ils sont tout le temps en train de l'éluder, ce qui, je trouve, ça ne fait aucun sens, que des enfants ou plein de gens puissent acheter des armes comme ça.
- Speaker #0
Et aussi, ça permet aux Etats-Unis de ne pas affronter aussi tout le côté santé mentale des enfants, de continuer à faire une société de plus en plus inégalitaire, avec vraiment des choses très graves qui font qu'il y a des enfants qui pètent des gaffes. C'est pas normal à 15 ans d'arriver à cette conclusion-là. Donc oui, les armes sont un outil, mais aussi... de soigner vos enfants et de les accompagner les psychos, comment on appelle la PMS psychos médicaux sociaux le centre PMS tout à fait, ça fait longtemps qu'on l'a plus cité on l'embrasse, ils nous entêtent, ils nous écoutent c'est vrai d'ailleurs on en parlait un peu off c'est un peu ce truc Alana Haïm c'est vraiment bonne conscience américaine, c'est je ne vois rien, il n'y a rien, je m'offusque, je m'offusque mais je veux pas en discuter et je trouve qu'elle incarne vraiment les Etats-Unis qui ne veulent pas voir ce qui ne va pas et qui du coup préfèrent pointer le doigt à la pauvre Zendaya qui à la base est plutôt une victime finalement mais qui confie un truc et qui s'attend pas à la réaction de ses amis là-dedans C'est ça en fait où j'allais...
- Speaker #2
Qui est balancé en pâturage quoi tu vois C'est là où j'allais venir c'est qu'en fait moi Zendaya déjà premièrement je l'ai trouvé qu'elle jouait bien dans ce film ce qui ne m'était pas arrivé avant Non mais les deux jouent très bien en fait là Je trouve qu'elles le jouent très bien tous très subtils dans leur jeu en tout cas tu sais jamais vraiment ce qu'il y a dans leur tête tu sais jamais à quel endroit de leur pensée ils sont et là en fait quand vient cette révélation où elle dit j'ai failli faire un school shooting tout le monde lui chie dessus si je peux le permettre vraiment en mode t'es horrible, t'es la pire personne alors que les secrets des autres sont vraiment
- Speaker #0
grave.
- Speaker #2
Horrible aussi, on va pas se mentir.
- Speaker #0
Mais genre Alana qui a carrément enfermé un enfant un petit peu handicapé mental, dans un placard pendant toute la nuit en disant rien, alors que le père le lendemain a lancé une bataille pour essayer de le trouver, elle dit toujours rien pour pas se faire engueuler mais t'es là genre mais quoi ? Et elle, elle l'a fait, elle est passée à l'action et bizarrement ce truc est moins grave que les envies. Le film va vraiment pondérer en permanence la morale que ce soit la prise de drogue, il y a plein de choses morales condamnables dans la société donc c'est un peu, le film c'est vraiment un un thermomètre de la moralité aux Etats-Unis.
- Speaker #2
Et puis du coup, ça m'a donné envie, justement, là où le personnage, tout le monde la déteste, au bout d'un moment, t'as vraiment l'impression que c'est l'ennemi public numéro un, alors que ça va, en vrai. Elle a l'air complètement ok, c'était il y a 15 ans, donc je pense qu'il y a eu vraiment une vraie évolution. Et en fait, moi je me disais, mais félicitez-la plutôt d'avoir été jusqu'à ce point-là, parce que ça veut dire que tu dois avoir des démons et vraiment être à un niveau de balai. Donc complète, tu vois, et d'avoir réussi à te stopper. Bon, il y a un moment, il le justifie par le fait qu'il y en a eu un autre dans la ville, donc elle n'a pas besoin de le faire. En gros, c'est trop facile encore une fois, mais je me dis, félicitez-la. Elle s'est arrêtée à ce moment-là. Elle n'a pas fait, elle n'a rien fait. Elle a réussi non seulement à ne pas le faire, mais en plus à... On a trouvé une rédemption complète dans la défense contre les armes, etc. C'est là où le film m'a laissé un peu perplexe, parce que je me disais que les personnages ne font pas du tout ce qu'ils devraient faire. Mais c'est ça le point, quoi.
- Speaker #0
Voilà, c'est là où ça grince. Ouais, c'est là où ça grince. Je ne vois rien. Et toi, Julie ?
- Speaker #1
Mais justement, j'ai trouvé ça très étrange, la manière dont c'est reçu, et la manière dont c'est filmé. En fait, il y a presque une publicité qui est faite autour de ça. Et après, Robert Pattinson va imaginer son personnage tout le temps avec des armes. Et presque une pub de l'armée de terre. C'est assez drôle, c'est assez jouissif de découvrir ça. Et il y a presque une publicité autour de « prenez les armes et allez tuer tout le monde » . C'est ça qui est assez fou. Parce qu'on a presque envie d'être comme elle. Parce qu'elle se filme. Il y a ce petit côté très jouissif de se dire « je vais me venger contre mes persécuteurs » .
- Speaker #0
En tout cas, elle disait qu'elle aimait l'esthétique des armes. Elle se mettait en scène. C'est très américain.
- Speaker #1
J'aime l'esthétique. Et c'est ça qui est fou, c'est qu'il y a une petite pensée qui m'a traversée où je me suis dit, effectivement, c'est très esthétique. Et nous, et Ben tout. Et il y a ce sens moral qui est hyper intéressant. Et il y a toujours ce questionnement de, est-ce que je pourrais être avec quelqu'un qui a fait ça ? Jusqu'où j'ai envie de connaître mon partenaire ? Est-ce que j'ai vraiment envie de connaître ses secrets les plus profonds ? Moi, ce que je trouve intéressant, c'est la suite du film et ce que ça amène aussi, tous les questionnements moraux que ça amène. Et après, même le mariage, je le trouve complètement dingue parce que ça ne se passe pas du tout comme ça devrait se passer. Et même au-delà des secrets, ils sont ivres morts tous, il y a des scandales. Mais je me dis comment ça se fait que les gens réagissent comme ça ? Il y a une ambiance... terrible en fait. Une ambiance horrible.
- Speaker #0
En plus de parler de ça, le film se paye quand même un petit peu la tronche des mariages, des conventions des mariages, vraiment de l'ordre des trucs et je trouve ça sympa. D'ailleurs tu vois bien que dans le mariage, ils se jouent bien les acteurs qui sont dans le background. Quand je prenais un peu le temps de les regarder, il y a vraiment un côté, ils sont là pour profiter, pour s'en mettre plein derrière avec la casquette. Ils ne sont pas vraiment bienveillants avec le couple. Et d'ailleurs à un moment donné, Pattinson pète un câble genre « Can you stop fucking gossiping ? » parce qu'il entend tous les gens qui pif C'est vraiment ce truc des Etats-Unis C'est un peu partout pareil dans une société humaine Mais aux Etats-Unis t'as vraiment ce truc de la communauté Où tout le monde s'espionne un peu Sous couvert de bienveillance Raconte des ragots sur les gens Garde des opinions Et il pète un câble Quand il pète son câble T'as envie, tu le sens ce truc Parce que t'en as marre des gens qui parlent dans ton dos Qui jugent un oui et un non Parce que lui il aime sa femme C'est ça qui est beau C'est finalement une belle histoire d'amour entre les deux Mais c'est ouais, j'aime bien cette scène de mariage, elle est clean, si vous avez assisté à des mariages un petit peu de cet ordre là, un peu dans des châteaux, j'en sais rien, j'ai eu l'occasion d'être invité à l'un ou deux dans des mariages un petit peu avec de l'argent on va dire, c'est un peu un truc quoi, c'est un univers un peu, tu vois t'es là, t'as envie de faire... T'as envie de faire un truc un peu marrant au milieu parce que... T'as envie de faire tout péter. T'as envie de faire tout péter parce que c'est bizarre quoi, tout le monde est un peu genre...
- Speaker #2
Trop conventionnel quoi.
- Speaker #0
Ouais, tout ouf. Et ça j'aime bien le film, et tu sens que ça va péter, ça monte la tension là.
- Speaker #1
La tension est belle je trouve.
- Speaker #2
La tension est pas mal, mais c'est là où moi j'ai eu un problème, c'est-à-dire que je trouve qu'il y a énormément de scènes qui... Pas qui servent à rien, mais qui sont trop similaires à d'autres. Ouais, c'est vieux ouais. C'est ce que je disais tout à l'heure, tu vois, c'est genre... En fait, il y a eu cet aveu qui a fait quand même... très très rapidement aujourd'hui à 15 minutes on le sait quoi tu vois ça c'est notamment l'une des scènes que j'aurais gardé parce que elle est géniale cette scène elle dure 10-12 minutes très bien amenée très long tu vois et c'est vraiment dîner entre amis tu te dis qu'est-ce qu'on va bien pouvoir foutre avec un dîner entre amis et au final les sujets qui y sont abordés sont c'est la base du film on va dire donc j'ai gardé cette scène là mais ensuite tu vois t'as beaucoup de scènes où c'est on va chez le fleuriste on va chez chez la photographe on va chez si on va chez là et tu te dis Merci. les scènes disent plus ou moins toute la même chose la première patinette commence de plus en plus à douter de qui est vraiment sa femme et elle commence à être de plus en plus dans son état de l'époque parce qu'elle se fait un peu rejeter de toutes parts notamment sa mère et donc c'est un peu des scènes qui font augmenter ces deux sensations mais qui je trouve n'apportent pas non plus un truc de fou à ce film donc euh Je pense que si tu veux faire un grand court-métrage de 30 minutes, tu mets la scène du dîner et la scène du mariage jusqu'à la fin du film. Magnifico
- Speaker #0
Et en tout cas moi il y a quelque chose que j'aime vraiment bien C'est vraiment un thermomètre moral Enfin de la moralité aux Etats-Unis Ce que j'aime bien c'est qu'en fait il y a des choses qui sont évidentes On va parler beaucoup de Zendaya On va parler beaucoup de Evidemment il y a le personnage d'Alana Haim aussi qui réagit très fort Mais les autres personnages ont tous des choses Donc il y a des sujets qui sont moins traités fort Mais en fait c'est vraiment des jugements moraux pour tout le monde T'en as une qui prend de l'héroïne par exemple à un moment donné Et ça va quand même être un sujet Mais on sent que c'est à nouveau une question morale Est-ce que t'as le droit de te choper ? tu fais de mal à personne, mais du coup elle va être carrément virée pour ça, et ça va très mal se mettre mais par exemple aussi Pattinson forcément on a tendance à être de son côté, puisque c'est celui qu'on suit, c'est le héros c'est le gentil mais en réalité c'est pas du tout le gentil, il y a plein d'indices dans le film qui montrent que c'est potentiellement aussi un gars très problématique genre à la base son secret c'est qu'il a cyber harcelé hardcore quelqu'un à 14 ans jusqu'à le faire carrément déménager lui et toute sa famille rien que le début, la façon dont il l'aborde bon C'est ok mais disons qu'il va quand même mentir Ça peut être soit romantique soit quand même un peu sociopathique Tu mens sur un livre, t'essayes de mytho un peu que tu l'as lu Puis finalement heureusement t'avoues Mais ça va c'est pas très très grave Mais quand même manipulateur Il y a aussi un autre truc, c'est Alana C'est un petit détail, ça c'est pas moi qui l'ai remarqué C'est dans une autre critique Alana elle est potentiellement raciste avec son mec Parce qu'elle lui dit genre ouais mais toi t'as grandi avec plein de flingues Parce qu'il est forcément du quartier Forcément du Bronx ou je sais pas où, ça se passe à Boston le film Et il fait bah non en fait Ouais mais si ton père Ben non en fait tu vois Mais parce que comme il est black il y avait un côté comme ça En fait ils ont tous des trucs quand tu creuses un peu dans les détails de l'écriture Et ça que j'aime bien avec ce film A24 c'est que En fait personne n'est épargné et quand tu creuses il y a un monde Où Pattinson aussi est potentiellement Un peu le méchant d'histoire Enfin au méchant c'est un jugement de valeur Mais il n'y en a pas un pour sauver l'autre Et par contre toute la société décide de se refermer tel un piège Sur Zendaya Et parce que ça c'est le truc vraiment grave On peut pas rigoler avec ça Mais en fait il n'y en a pas un pour sauver l'autre dans votre histoire Et en même temps personne n'est mauvais non plus,
- Speaker #2
c'est juste des humains qui essayent d'être meilleurs chaque jour et ça je trouve que l'écriture elle est fine et la réelle est au service de ça je dirais en fait c'est tous un peu des enfoirés comme ils sont mais ils sont un peu repentis, je pense qu'on a tous une part de lumière mais il faut juste bien jouer avec ça et je pense que les personnages sont tous aussi gentils ou aussi horribles les uns que les autres mais juste ouais c'est ça pour une raison ou pour une autre, ce truc-là, c'est pire que les autres. C'est admis par tout le monde. C'est ça. Alors que, bon, voilà. Bref, tu n'as pas vraiment parlé de choses.
- Speaker #0
Très bien, parce que vous avez encore des petites choses à dire sur ça, sinon j'ai quelques anecdotes aussi.
- Speaker #1
Oui, moi, je pense vraiment que le film aurait pu aller, en fait, beaucoup plus loin dans sa dénonciation, dans la réaction des personnages, dans comment ils se placent, dans leur réaction, dans les scènes. Je crois que ça ne se mouille pas trop, en fait. Oui, moi, je... C'est que ça n'explose pas.
- Speaker #0
Ça n'explose pas autant que ça devrait. Ça explose, mais gentil.
- Speaker #1
Vraiment très gentil. Et c'est ça, en fait, qui fait qu'à un moment, je trouve que c'est un peu creux. Moi, ce n'est pas forcément la scène à répétition où on voit le malaise qui s'amplifie, mais c'est vraiment les scènes où ils se retrouvent chez eux un peu en huis clos, qui ne font pas avancer l'histoire, qu'il n'y a pas vraiment de narration intéressante. Et pourtant, la mise en scène est élégante. sur un... Il y a... plein de petites scènes, il y a plein de petits cachets qui sont nerveux, qui sont intéressants mais pour moi c'est ça il se passe pas grand chose qui fait avancer l'histoire.
- Speaker #2
Moi je pense que ce film il a été sauvé au montage je crois je pense que ça peut être bien bien pire si le montage est moins bien ou peut-être qu'il a été censuré au montage possible aussi ça ça m'étonnerait parce que Borgli il a quand même fait ce qu'il voulait jusqu'à maintenant j'ai l'impression donc
- Speaker #0
Non mais t'as raison et en plus ce qui est un peu bizarre c'est que finalement le truc qui va faire vraiment arriver un peu le climax, le sang, la bagarre, le truc ne vient pas du plot de base. Il vient d'un acte qui est rajouté à la con à nouveau au Pattinson, à nouveau le héros soi-disant mais qui tente quand même gentiment de se taper sa collègue à deux jours du mariage tu vois. Et qui du coup se fait casser la gueule par le boyfriend très costaud tu vois. Et c'est ça qui va déclencher cette espèce de climax de fou où ils vont se retrouver à Endis tous les deux en mode avec un burger en mode bon allez on recommence. C'est bizarre que le climax vienne d'un truc et finalement un élément rajouté un peu comme du sel et du poivre au-dessus, mais pas vraiment par le truc. C'est un peu dommage. Moi, j'aurais voulu que ça parte plus en let's go.
- Speaker #1
Et même la part où ils se retrouvent, ils font « Ah, viens, on fait semblant qu'on ne se connaît pas. » Et moi, je suis là.
- Speaker #0
Oui, et comme c'est déjà la deuxième ou troisième fois qu'ils jouent ce jeu de jeu, c'est un peu moins important. Et qu'en plus,
- Speaker #1
personne n'y croit spécialement. C'est un peu bizarre. Moi, j'aurais voulu autre chose, une confrontation, quelque chose. Finir le film comme ça, ça ne me va pas.
- Speaker #0
ça ne va pas ça ne va pas bon bah justement avant de terminer sur ce film petit on l'a pas dit en fait c'était l'éléphant dans la pièce fallait le dire mais le film en fait est produit par le seul et unique Harry Astor évidemment donc Harry Astor qui est connu pour avoir réalisé Héréditerie enfin Hérédit en français Midsommar Boy is Afraid Eddington qu'on avait moins aimé en 2025 et c'est aussi le deuxième film de Christopher Borgli qui produit puisqu'il avait produit Dream Scenario déjà et puis récemment justement il a notre petit Harry il a aussi et d'ailleurs Ghost Lantimos dans Bugonia on va pouvoir en produisant aussi ce film-là. Et donc tu sens que... Je ne sais pas s'il arrive à arrêter de... Je l'appelle Harry, c'est mon pote. Je ne sais pas s'il va arrêter de faire des films. Mais en tout cas, il produit, il met sa papatte derrière des films. Et ça, c'est quand même bien. Mais en fait,
- Speaker #2
si on connaît un tout petit peu plus Harry Astor, en fait, il a un court-métrage. C'est par là qu'il est vraiment rentré dans tout ce qui est la prod et qu'il a réussi à se faire financer des trucs. C'est parce qu'il a un court-métrage qui s'appelle All About The Johnsons, un truc comme ça. Et donc, c'est un truc familial que moi, je n'ai pas vu. Mais c'est aussi exactement... dans le truc de The Drama. C'est-à-dire qu'il y a un truc grinçant dans cette famille, tu ne sais pas ce que c'est quand tu commences ce court-métrage et tu vas le découvrir très vite et je pense que ça met très très mal. Et tout le monde dit très souvent que c'est l'un des pires courts-métrages qu'ils ont jamais vu tellement ça te prend par les tripes.
- Speaker #0
Ça s'appelle comment ?
- Speaker #2
Je crois que c'est All About The Johnsons, un truc comme ça. Je me renseigne vite fait.
- Speaker #0
Il tapote sur son clavier de façon frénétique. Je l'écris la fin puisqu'en étant audio, il fronce les sourcils.
- Speaker #2
Ça arrive.
- Speaker #1
Ça arrive, il dit.
- Speaker #0
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- Speaker #2
Ça met beaucoup trop de temps.
- Speaker #0
La connexion du studio n'est pas très bonne.
- Speaker #2
Je l'ai.
- Speaker #0
Il lève le doigt en contentement.
- Speaker #2
Du coup, 2011, the strange thing about the Johnsons.
- Speaker #0
Merci beaucoup, Edouard. Merci les amis pour cette analyse. On espère que cette petite analyse pleine de spoilers vous a plu pour la première fois de l'histoire du podcast. Il aura fallu attendre le 71e épisode. Pour pouvoir spoiler à balle, les amis, on n'est plus obligés de se contenir. C'est trop bien.
- Speaker #2
Vous connaissez tout le film.
- Speaker #0
C'est trop bien. Bon, allez, on va passer sans plus attendre au deuxième film de notre sélection. Tout à fait autre ambiance. On va passer aux Filles du ciel.
- Speaker #3
Valcom. Héloïse. C'est un prénom jumeau. C'est un prénom de tortue. J'en m'appelle.
- Speaker #1
T'es une tortue.
- Speaker #3
T'es un fût. Quelqu'un cherche.
- Speaker #1
Je suis en foyer. Il y en a tout le temps des fuits.
- Speaker #3
Il y a juste quelques règles. Tu ne mens pas. C'est clair ?
- Speaker #1
Ok. Vous faites quoi dans la ville ?
- Speaker #3
Je bosse en boîte de nuit. Tu veux venir ?
- Speaker #0
Alors les filles du ciel pour le petit pitch. Héloïse n'a nulle part où aller. Elle fait alors la rencontre de Malorie qui lui propose de l'héberger dans l'appartement qu'elle partage avec deux autres jeunes femmes. Héloïse va alors trouver là un nouveau foyer et une nouvelle famille. Mais leurs blessures passées menacent l'équilibre fragile entre ces femmes en apparence si solide. Donc le film, je l'ai dit, de Bérangère-Macni, son premier long métrage, avec Héloïse Voll, avec Chirel Nataf, avec Ausha Angelis-Chikaya notamment. Qu'est-ce qu'on a pensé rapidement de ce film ? D'ailleurs Julie, nous on l'a vu ensemble.
- Speaker #1
Oui, alors moi déjà je tiens à féliciter Bérangère-Macni pour son premier long métrage, que c'est quand même un court métrage fort, vivant, avec un quatuor d'actrices assez exceptionnel. Donc déjà félicitations. Après, j'ai trouvé qu'il y avait quelques petits manques dans les personnages. Des fois, dans l'histoire, on avait des problèmes au niveau de la narration. Et donc, c'est dommage parce que je trouve qu'il y avait vraiment des moments de grâce, de vibration et de force au niveau de la sororité.
- Speaker #0
Et toi, mon bon Edouard ?
- Speaker #2
Je partais avec des a priori, j'avoue. Je m'attendais à avoir un énième skin de drame belge, comme on sait les faire. Drame sociaux, bien sûr, j'appelle. Et en fait, je me suis fait cueillir, figure-toi. J'ai pris une petite claque, je ne vais pas te mentir. Et donc toi, Martin ?
- Speaker #0
Très bien, mais moi aussi, en fait, vraiment. A priori, je ne suis pas trop la cible pour ce genre de film, mais j'ai trouvé ça très fort, notamment dans l'incarnation. Les quatre actrices principales sont vraiment au topissime, franchement. Oui, il y a des vrais moments de grâce. Après, il y a des petites choses au niveau du scénario. On en avait débriefé un petit peu, Julie, des trucs. Notamment, il y a une scène avec un tatouage. Je ne comprends pas. C'est bizarre que la fille fasse ça. Je trouve que c'est un peu étrange de l'écrire comme ça. Il y a des petits trucs de scénario. C'est un peu hors caractère et potentiellement, ça ne sert pas vraiment le récit. Donc, il y a une petite frustration d'aller encore plus loin. Mais en vrai, à nouveau, la critique est aisée. Mais premier film incroyable, vraiment très bien réalisé. Super poignant, vraiment touché. Vraiment, j'étais avec ses filles. J'avais l'impression vraiment de les connaître après ce petit film d'une heure 45. Et vraiment, c'était quand même vraiment très très bien. Et toi Julie ?
- Speaker #1
Oui, donc il faut savoir que... En premier lieu, elle a réalisé un premier court-métrage qui a eu un grand succès.
- Speaker #0
C'était Amazon, elle a fait deux compétences sur Amazon et Matryoshka.
- Speaker #1
Donc c'était Le Sommeil des Amazones en 2015 qui raconte en fait la même histoire qui était avec Sophie Breillard. Et c'était aussi une jeune fille qui va donc atterrir au milieu, dans un nid auprès de jeunes femmes et qui font décider de créer société. Et donc elle est allée encore plus loin avec ce premier long métrage et Matryoshka va raconter l'histoire d'une jeune fille qui devait avorter. Et donc, il y avait aussi la question de garder un enfant, de faire de la maternité et d'avoir le choix, en fait, ou de créer sa famille et de se faire enlever ce choix par les gens qui nous entourent. Et donc, c'était hyper intéressant maintenant de faire un film et sur la famille qui se reconnaît parce que c'est assez fort comme symbole. Tu as oublié de parler de Mona Berhardt, que moi j'ai trouvé absolument géniale, qui a une présence très magnétique, très forte, qui est brute et à la fois poétique. Ça m'a rappelé un peu Adèle Haenel, dans ce côté très franc en fait, avec un personnage à la fois très doux, et en même temps c'est un peu la seule qui a plus ou moins la tête sur les épaules. J'avais vraiment envie de mettre un peu le focus sur elle, et il faut savoir qu'elles ont eu le prix d'interprétation pour Collectif. Au festival de Saint-Jean-de-Luz. Donc bravo à elle.
- Speaker #0
Oui, oui. Mais justement, à nouveau, au niveau scénario, on ne va pas spoiler, mais c'est vrai qu'à un moment donné, il y a une rupture qui va se passer avec ce personnage-là. À nouveau, je ne le comprends pas. Il est trop abrupt. La fille, elle est dans un état second. Il n'y a même pas de... Enfin, tu vois, il y a même une scène un peu de violence pour la sevrer, pour la calmer. Puis après, carrément, casse-toi. Tu es un peu genre... Ok. Voilà. Mais voilà, c'est un parti pris. C'est le scénario. Merci. si le thème c'est la sororité je suis un peu wow encore quoi il y a des trucs vraiment il y a des coups comme ça entre elles je suppose que c'est pensé comme ça mais dans le scénario je dis c'est tellement hors caractère à ce point là de faire cet acte qui sort un peu de nulle part surtout qu'à la base la pauvre elle est toute seule elles l'ont laissée toute seule on sait qu'elle était addict à une certaine substance qu'est-ce qu'ils vont lui dire va là va acheter des trucs là donc forcément ça peut pas bien se passer il n'y a pas de compréhension il n'y a pas de bienveillance j'étais un peu dans le scénario pourquoi l'écrire comme ça en tout cas si Merci. Pourquoi l'angle est si aigu sur cette écriture-là ? Je pense qu'il y a peut-être moyen de le rendre un peu plus soride là-dedans. Mais voilà, c'est un truc qui m'a un peu sorti.
- Speaker #2
Je pense que tu soulèves un bon point. D'un autre côté, moi, j'ai plutôt bien aimé ce moment-là, par exemple, notamment parce qu'elles se sont fixées des règles qui sont claires, nettes, précises et difficiles par moment. Mais c'est pour se protéger, pour se protéger entre elles et pour se protéger d'elles-mêmes aussi. Donc je pense que là-dedans, c'est là où c'est bien réussi, c'est qu'en fait, on voit notamment que le ciel, c'est cet appartement à un tiers étage, et donc en fait, les Filles du Ciel, je pense que ça raconte non seulement l'histoire de ces quatre films, mais également de toutes celles qui précèdent et de toutes celles qui suivront, tu vois.
- Speaker #0
Ça, le film le fait très bien. Et voilà. C'est une intro scène de fin merveilleuse.
- Speaker #2
C'est un truc où tu comprends que ce n'est pas la première qui a été recueillie, que ce ne sera pas la dernière, notamment du coup avec cette scène de fin, qui n'est même pas vraiment une scène.
- Speaker #1
C'est une passation.
- Speaker #2
C'est très logique.
- Speaker #0
Très belle façon de finir.
- Speaker #2
J'avoue que j'étais un peu... J'ai été laissé longtemps dans le film avec des questions sur la réaction des personnages que je trouvais, encore une fois, erronées. Et tu sais, un peu comme dans un slasher où je me dis « Pourquoi tu vas là-bas ? » « Pourquoi tu fais ça ? » Plein de trucs comme ça où je me suis dit « Là, c'est pas le bon choix. Pourquoi tu fais ça ? » Et en fait, je trouve que hum Dans ce film-là, il y a notamment un troisième acte qui est vraiment formidable. Je le trouve vraiment excellent à tout niveau. Parce que du coup, le personnage principal qui a une relation de base avec un certain bonhomme, qui ne reviendra plus par la suite, on comprend pourquoi. Et ensuite, il y a un appel qui est passé à quelqu'un sur qui elle pense qu'elle peut compter. elle peut compter sur plus de gens que ce qu'elle ne pense et en fait je trouvais ça très beau de prendre une décision à un âge pareil et c'est des situations compliquées qui arrivent beaucoup de fois à beaucoup de personnes je pense, difficile de se mettre dans la peau de chacune des filles à qui ça peut arriver, ce genre de choses mais très malin on commence à amener le chemin de pensée, il y a aussi un timelock qui est du coup un petit scénaristique bien bien comment dire
- Speaker #0
Rappelle-nous ce que c'est un timelock.
- Speaker #2
Un timelock, c'est-à-dire qu'il y a un moment où ça va être trop tard pour faire quelque chose et il faut réagir avant ce moment-là et ce n'est pas toujours évident. Et donc du coup, le chemin de pensée, il doit aller rapidement, vite, et ça doit cogiter beaucoup, même si elles sont plusieurs. Et notamment, ça, c'est le moment où je me suis dit, mais qu'est-ce qui se passe là ? Elles sont à quatre chez le médecin.
- Speaker #0
Cette scène est forte.
- Speaker #2
Oui, c'est fort, mais je me suis dit, vous faites l'inverse. Vous faites l'inverse de l'aider là pour le moment Mais tout est bien Tout est bien qui se finit bien Ça ne va plus pour ça Parce que les personnages ont ce qu'ils méritent Ils ont eu ce qu'ils méritaient Que ce soit en bien, en mal Le trajet à chacun Le trajet de chacun des personnages A été fait, accompli Je pense qu'ils ont chacun appris beaucoup de choses Notamment De qui elles étaient De qui elles aimeraient devenir aussi Et en fait, il y a notamment aussi un personnage qui fait beaucoup de mauvais choix, on va dire, parce que tu as le choix du jour et le choix de la nuit. Il choisit la nuit. Donc, tu te dis,
- Speaker #0
c'est beau ce que tu dis.
- Speaker #2
Pas forcément ce que j'aurais choisi. Et en fait, c'est là où je trouvais ça malin. C'est que ça n'a pas eu des conséquences trop néfastes comme ça aurait pu l'avoir dans n'importe quelle autre situation. Et c'est un film qui n'a pas choisi la facilité, justement. Et c'est pour ça que je me suis fait cueillir, parce que je m'attendais à un truc lambda. J'ai essayé de prévoir le film au fur et à mesure en me disant « Bon alors si c'est un drame, comme j'en ai déjà vu 15 000, ça va se passer comme ça, comme ça, comme ça. » J'ai été pris de revers. Donc bravo Bérangère, c'était très joli le premier film. Mais on attend la suite.
- Speaker #0
C'est une punchline, mais c'est un peu le jeune maire des Dardennes mais fait mieux et par une femme. Beaucoup mieux joué. Beaucoup mieux joué, beaucoup mieux fait. Heureusement, merci Bérangère.
- Speaker #2
Tu parlais du coup des... de leur prise d'interprétation bah oui complètement méritée elle pète toutes les 4 l'écran c'est vraiment formidable là la clique qu'elle a réussi à trouver c'est du grand travail de casting franchement parce que j'aurais pas pu imaginer ça autrement même s'il était de mettre d'autres filles que je connais en Belgique il y a des trucs qu'il aurait pu faire je pense qu'il y a des équivalences mais euh Là, ça rend du coup le film unique, c'est-à-dire que c'est des actrices qu'on n'a jamais, entre gros, vu. Et du coup, qui ont tous leurs personnages à construire et qui, du coup, sont un regard nouveau. Et qui vont, du coup, non seulement faire... Enfin, qui ont fait bouffer, du coup, quatre comédiennes belges, je pense. Je ne sais pas si elles le sont toutes, mais...
- Speaker #0
Faut vérifier, mais oui.
- Speaker #2
Mais, du coup, qui ont fait travailler quatre personnes qui ne travaillent pas tant que ça. Et ça aussi, c'est beau. Et en Belgique, ça arrive rarement. Parce qu'on a trois comédiens... connus et on les fait jouer dans tous les films Oui en plus mais je vois ce que tu veux dire C'est un peu ça que je veux dire et en France c'est la même d'ailleurs ça revient souvent pour financer des films et là du coup ça fait du bien de voir des nouveaux visages qui vont potentiellement être les prochains jours de chez nous.
- Speaker #0
Est-ce que tu trouves pas, moi j'ai une petite vibe surtout vers la fin, toi qui aimes beaucoup cette actrice il y a une petite vibe chez Héloïse, le personnage principal de Mia Goth un petit peu dans son minois, dans ce remous qu'elle fait et un côté un peu Merci. Je suis perdu et en même temps un peu imprévisible au niveau du visage. Parce que Miyagos, elle est un peu folle dingue. Mais il y a un petit côté Miyagos à la française ou à la belge.
- Speaker #2
En fait, il y a du fantomatique.
- Speaker #0
Il y a de l'éthéré. De l'éthéré.
- Speaker #2
Il y a de l'onirisme. Il y a plein de mots. C'est vrai que j'ai douté d'elle pendant le film. Je me disais, est-ce qu'elle va à un moment devoir nous en donner un peu plus ? Au final, elle est toute en justesse. Et je pense que ça prend encore une fois forme dans le troisième acte, que je trouve encore génial. Et non, vraiment, j'ai été relativement surpris, moi.
- Speaker #1
Mais c'est vrai que moi, j'ai eu beaucoup plus de mal avec elle. Mais en fait, c'est ce côté un peu apathique qui se fait malmener par la vie, qui accepte de rentrer dans cette sororité sans vraiment les connaître et qui se fait aussi un peu malmener par le personnage de Mallory, Chiril Nataf, qui est un personnage très fort. Moi, j'ai adoré. Ça m'a rappelé aussi mon adolescence et le fait qu'on puisse être pris par un groupe et par une emprise qui nous dépossède de qui on est. Je trouve qu'il y a une évolution. C'est vrai que j'étais assez énervée. Je me suis dit que ça m'énerve que ce personnage n'évolue pas plus. Mais à la fin, on voit qu'elle s'est agrandie de ce voyage qui a une évolution très rapide. Je pense que ça a lieu en quelques mois, comme tu disais, au niveau de la timelapse. Mais justement, c'est vrai que je me suis fait cueillir aussi par ce côté-là, où je me suis dit, ah, c'est pas un personnage si effacé qu'on peut... On peut le croire.
- Speaker #2
En fait, c'est un canevas, donc il suffisait juste de dessiner dessus.
- Speaker #0
Oh, quelle poésie. C'est pas ton parole. En tout cas, vous l'avez compris en écoutant notre critique du film. On a vraiment plutôt adoré ce film de Bérengère-McNeese. On vous encourage vraiment à aller le voir. En vrai, c'est important, même politiquement. Donnons de la force. Voilà, donnons de la force.
- Speaker #1
Et peut-être une équipe aussi essentiellement féminine. Donc c'est important. Merci.
- Speaker #0
Et d'aller soutenir ce cinéma-là parce que c'est si le cinéma a du succès de ce genre de film qu'on va pouvoir continuer d'en produire toujours plus. Et donc, vraiment foncez sur ce film, Les filles du ciel. Et bien nous, on va passer sans plus attendre à la pépite du passé. Alors les amis, ma pépite de la semaine, c'est Blue Velvet, film de David Lynch avec Isabella Rossellini, avec Kyle MacLachlan et Dennis Hopper notamment. Alors pour le petit pitch, c'est après avoir fait la découverte d'une oreille humaine, oui vous avez bien entendu, une oreille humaine coupée dans un champ, Jeffrey Beaumont, un étudiant attiré par le mystère et bien déterminé à enquêter. A l'éclair de sa petite amie, Jeffrey pénètre dans l'univers sombre et dangereux de Dorothy Valance, une chanteuse de boîte de nuit mystérieusement unie à Frank, un gangster sadique, autour d'une histoire de kidnapping. D'ailleurs, dans les actrices complètement oubliées, Laura Dern, évidemment, je ne sais pas pourquoi, Allociné ne la met pas dans le top 3 des acteurs qui sont dedans. Il y a évidemment la merveilleuse Laura Dern qui joue la petite amie notamment.
- Speaker #1
Et Isabella Rossellini.
- Speaker #0
Oui, qui était la première. Isabella Rossellini, Kyle MacLachlan, notre... J'adore dire MacLachlan, ça m'éclate. et Denis Hopper aussi qu'on aime toujours bien voir pourquoi c'est ma pépite ? moi David Lynch si vous êtes une fidèle auditrice de ce podcast vous savez que j'avais tunnelé complètement avec Mulholland Drive et Nora était là d'ailleurs et c'était un petit peu fou de me voir j'étais tombé dans le trou du lapin en essayant de comprendre désespérément ce qui se passait dans le film et bien Blue Velvet ça fait évidemment partie un petit peu de ces films alors David Lynch il y a énormément à dire on va pas le faire en deux minutes ici mais c'est clairement un réalisateur s'il fallait retenir un mot bon. du songe, du rêve, de l'onirisme, le petit filtre un petit peu ténu entre conscience et inconscience ou subconscient. Et Blue Velvet ne fait pas exception. Sorti en 1986, c'est les 40 ans du film, on va suivre ce personnage jeune qui, à nouveau, c'est un petit peu le thème lumière et obscurité dans cet épisode. Tout à fait.
- Speaker #2
À chaque fois, on se rend compte d'un nouveau thème.
- Speaker #0
C'est vraiment ça. J'aurais dû pitcher tout l'épisode sur ça parce que c'est vraiment ça. C'est un personnage qui, d'ailleurs, Les deux. amoureuse qu'il a, finalement les deux femmes qui sont là, la blonde, la brune, c'est un peu cliché mais voilà, t'as vraiment la lumière pure et la sulfureuse de la nuit. C'est un film érotique d'ailleurs, pour la petite anecdote, le premier rôle d'abord de Jeffrey avait été pensé pour Val Kilmer qui quand il a lu le script a dit, je ne vais pas faire ça, c'est un film érotique. Il ne l'a pas dit comme ça parce qu'il n'a pas l'accent belge Val Kilmer. Mais c'est une vraie histoire. Mais c'est vrai que c'est un film qui suinte, qui transpire d'érotisme et de pulsions, Eros un peu Thanatos aussi, il y a des scènes qui sont pas simples à regarder non plus mais qui sont pas gratuites je pense aussi, vous les petits amis ce Blue Velvet vous l'aviez déjà vu vous l'avez revu pour l'épisode qu'est-ce que David Lynch a situé
- Speaker #1
Julie ? Moi je l'avais déjà vu, en fait j'ai découvert moi David Lynch par Elephant Man, donc vraiment pour moi un des films qui représente un peu moins l'idée qu'on se fait de lui de par la lumière déjà et Après, j'ai découvert Lost Highway. En fait, mon père est un grand, grand fan. Son film préféré, c'est Razored. Et donc, j'ai découvert Mulholland Drive. Tu es un chouette, papa. Lost Highway. J'ai vraiment beaucoup moins aimé le dernier, qui pour moi, c'était trop David Lynch, qui fait du David Lynch.
- Speaker #0
Quel est le dernier, tu dis ?
- Speaker #1
Inland Empire.
- Speaker #0
Ah ouais, Inland Empire 2006.
- Speaker #1
Avec Laura Dern, qui est totalement enfermée dans dans un film et c'est très très effrayant c'est sa trilogie de Los Angeles avec Mobile Home Drive Lost Highway j'ai trouvé ça complètement fou et j'avais découvert après C'est l'heure et l'oula que moi j'ai beaucoup aimé et il me fait beaucoup penser à C'est l'heure et l'oula par sa lumière, par le travail sur le son par Laura Dern et il y a aussi tout ce côté C'est un côté de la lumière, il y a un côté Wisteria Lane et tous les secrets de ce qu'on va découvrir. C'est un peu le précurseur de Twin Peaks. Je trouve ça assez intéressant. Il y a aussi Cal McClartin.
- Speaker #0
Qui a joué dans Dune.
- Speaker #1
Et qu'on découvre après dans Twin Peaks. C'est passionnant aussi comme héros, qui me fait penser aux héros qu'on trouvait dans les films de Cronenberg, où on parlait par exemple dans Vidéodrome. Il y a eu Vidéodrome, un écoma personnel.
- Speaker #0
C'est toujours cette thématique aussi de cette petite bourgade d'apparence tout à fait calme, mais avec des choses qui grouillent à l'intérieur, vraiment en dessous.
- Speaker #1
Donc j'adore cette analyse un peu fantasmagorique de tout ça.
- Speaker #0
Et toi mon bon Edouard ?
- Speaker #2
Je reviens vite fait sur un truc que Julie a dit, tu as dit Westerly Lane, c'est drôle parce que Cameron Cacklin est également dans Desperate Housewives. C'est vrai ! Et il est formidable, il n'est pas supplémentaire. Moi c'est là que j'ai découvert cet acteur-là, moi personnellement tout d'abord dans Desperate Housewives, excellente série d'ailleurs.
- Speaker #0
Tu nous révèles des choses mon bon Edouard, Desperate Housewives, tu as regardé ça.
- Speaker #2
C'est extraordinaire, une série extraordinaire, je ne le dirai jamais assez.
- Speaker #0
Avec Terry Hatcher qui était ma Lois Lane dans... dans Superman 94 c'est pour ça que j'avais regardé la série aussi tellement j'étais fan de Lois Lane ça nous amène dans les années 90 tout le monde adore Despotas Voice c'est magnifique ma connaissance avec ce bon Kyle ça
- Speaker #2
a été fait avec cette série et mon entrée en matière avec David Finch ça a été Eraserhead tu commences par le on met le turbo boost Voilà, là c'est... tu te dis, ah bon, c'est ça Lynch du coup ? Et en fait, c'est plein d'autres choses en réalité. Moi, j'avais connu du coup ce film-là par une vidéo géniale qui s'appelle Les Midnight Movies, qui avait fait le fausseur de films sur YouTube. Genre, si jamais quelqu'un veut découvrir les Midnight Movies, ça vous parlera sûrement. Et David Lynch, on pourrait dire que presque toute sa filmo, c'est des Midnight Movies. C'est-à-dire que c'est le seul mec qui a fait des films extrêmement étranges. dont tout le monde a trouvé un sens et qui a mis tout le monde d'accord. C'est le seul gars, je ne vois même pas dans l'histoire du cinéma, un mec qui a fait des trucs aussi étranges et qui contente un public aussi aguerri, dévoué.
- Speaker #0
Et assez large aussi, il arrive à brasser plus large que le spécifique de ce film.
- Speaker #2
Parce qu'il a sorti des trucs, du coup on parlait d'Elephant Man, qui est vraiment une classe, c'est exceptionnel ce film-là. Et pourtant il est très normal. Ce que j'ai envie de dire, c'est pas vraiment un bon mot, mais t'es classique, tu vois. Blue Velvet est déjà plus dans sa vibe, mais c'est un peu le bon entre les deux, j'ai envie de te dire, tu vois. Si jamais tu commences à Lynch, je sais pas par quel je te le dirais de commencer, mais peut-être Elephant Man, c'est pas mal. Tu veux découvrir... Plus accessible, ouais. Voilà, c'est plus accessible. Si tu veux aller plus dans du Lynch, tu passes par Blue Velvet. Et si tu veux connaître Lynch jusqu'au bout des ongles, tu vas sur Eraserhead. C'est le boss final un peu.
- Speaker #0
D'ailleurs, Blue Velvet, je me suis rendu compte que ce n'était pas celui qu'on citait en premier. Ça ne devrait pas, mais il n'est considéré pas non plus dans le top 3. En quoi Lynch, on ne donne pas Blue Velvet. Je trouve qu'il est tellement fort.
- Speaker #2
En même temps, c'est si dur.
- Speaker #0
Mais oui, il s'est choisi moins que le film.
- Speaker #2
J'ai la liste. Il y en a quoi ?
- Speaker #0
Il montre de sa main un écran avec plein de films dessus.
- Speaker #2
Il y en a 10, 12.
- Speaker #0
Il semble être connecté sur Wikipédia.
- Speaker #2
Que des classiques, je suis sur Wikipédia. Il n'y a que des classiques. Lui, Lowland Drive, Une histoire vraie, Lost Highway, C'est l'or et l'oula, Blue Velvet, Dune, Elf, Hotman, Iris Oren. Que des classiques.
- Speaker #0
Pensez qu'il fait ça de mémoire, mais malheureusement, le petit et moi, lui, une liste sur son écran.
- Speaker #2
C'est un subordinateur de description.
- Speaker #1
Au dédescription, bonsoir.
- Speaker #2
Il a réalisé ? Il a beaucoup de comédies à lui, par contre. Mais si on veut parler un peu plus de Blue Velvet, moi, c'est un film que j'ai découvert cette année-ci. Enfin, pas en 2016, mais en 2025. c'est un film que je repousse en fait il y a des films comme ça où je me dis je le verrai un jour quand je le ressentirai il y a un moment où je l'ai ressenti je me suis dit ok c'est maintenant et je l'ai regardé très perplexe et d'un autre côté c'était vraiment le moment où moi je voulais voir du film noir et c'est vraiment exactement ça que c'est d'un côté où c'est accessible parce qu'on est un peu comme le personnage principal c'est à dire que on n'est pas enquêteur, on n'est pas des flics Merci. Mais pourtant, ça nous titille de savoir pourquoi il y a cette foutue oreille qui a été retrouvée quelque part. Et on veut en savoir plus. Et est-ce qu'on veut en savoir plus ? Ça, tu le découvres au fur et à mesure. Mais c'est jamais facile. Et c'est toujours une recherche, une vraie pérgrination. Et il faut que tu rencontres des gens. Ça ne va pas te tomber dans les pattes. Tu dois aller le chercher de plus loin, Et tu vas découvrir des secrets. Et de secret en secret, tu vas apprendre qui sont les gens qui ont vraiment fait... Bref, etc. En fait, tu... C'est du Lynch pur, dans le sens où tu vas dans un rabbit hole, comme tu le disais plus tôt. Tu t'engouffres dans cette porte des enfers, et tu ne sais pas jusqu'où tu vas aller. Mais on va y aller au bout. Et c'est là où ce film-là est un peu vertigineux, dans le sens où... Alors, soit ça ne prend pas, ça ne prendra pas, c'est sûr.
- Speaker #0
Tu peux arrêter le film direct.
- Speaker #2
Mais si jamais tu es un peu intrigué, là, tu vas tomber dans la spirale dans laquelle Lynch adore emmener les gens. Et le film devient un peu... pur plaisir et c'est vrai qu'on parlait des acteurs Mac Laclan moi c'est un mec que je trouve extraordinaire je trouve que c'est un acteur qui n'a jamais eu la notoriété qu'il aurait dû avoir alors que je pense que je ne l'ai jamais vu pas bien jouer, il est toujours impeccable dans tous les personnages qu'il interprète ici c'est plus dans la douceur on va dire mais il le fait à merveille et Laura Dern c'est un match made in heaven On dit en anglais, c'est vraiment... C'est le couple extraordinaire pour ce film-là. Et je pense que je n'aurais pas voulu un autre, moi, personnellement. Et c'est là où, par exemple, des enfoirés comme Denis Hopper sortent du lot aussi. Son personnage, oui.
- Speaker #0
Je ne te permettrai pas de...
- Speaker #2
Non, non, Denis, super. Denis, écoute, ça arrive. Mais qui, du coup, dénote vraiment avec les deux personnages qu'on t'a mis vraiment très gentillet, on va dire, plus ou moins.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Et Isabella Rossellini qui joue merveilleusement bien cette femme fatale. à la fois femme fatale et victime en même temps sensuelle donc très en pouvoir et en même temps à nouveau qui se fait agresser en demande et en même temps tout à fait dominante aussi elle aussi dans des registres c'est pas simple à jouer c'est quelque chose Pas tout le monde ne peut jouer ça. Elle est envoûtante. Je me souviens que j'avais vu la première fois il y a quelques années. J'ai aussi découvert sur le tard. J'avais été hypnotisé par le film. J'avais rien compris. Comme à chaque fois que je me regarde, j'avais vu la première fois. J'avais rien compris. Mais les images te restent. C'est pour ça que c'est onirique son cinéma. Tu ne comprends pas, mais les images sont gravées dans ta rétine. La diapositive, elle est à tout jamais dans ton cerveau. Et puis, du coup, tu y replonges à un moment donné, une deuxième fois. Et là, tu commences avec des clés qu'on peut te donner. Il y a quand même plein de vidéos sur YouTube d'analyse aussi qui sont faites. Ils permettent un petit peu de comprendre un petit peu plus. Mais malgré tout... Personne ne peut décider pour toi ce que tu ressens devant un film de David Lynch, c'est très personnel.
- Speaker #1
Je trouve qu'il y a quand même une immersion un peu sulfureuse parce qu'on part dans un univers très ensoleillé avec ce petit personnage un peu Bungay, et on va plonger avec ses rideaux, avec tout l'univers lynchien de la nuit, des couleurs très vives et cette musique. Pour moi c'est très texturé, c'est très sensoriel comme tu disais.
- Speaker #0
C'est très velours.
- Speaker #1
Voilà, c'est très velours.
- Speaker #2
Je viens de penser à un film un peu parallèle, si je peux me permettre, qui s'intitule Under the Silver Lake, un film d'un réalisateur à 24, qui est notamment aussi un peu une enquête...
- Speaker #1
Ah oui,
- Speaker #2
avec J.K. Rowling. Non, c'est pas J.K. Rowling, c'est Andrew Garfield. Andrew Garfield qui suit un chemin complètement what the fuck. pour retrouver quelque chose qu'il a perdu, ou en tout cas une réponse qu'il recherche. Et voilà, je voulais faire le parallèle, parce que ça vient de me sauter aux yeux. Donc si vous avez aimé Blue Velvet ou Under the Silver Lake, l'autre, ça se répond, je trouve. Et c'est tout aussi bien fait l'un que l'autre, et on ne comprend autant rien, et en même temps autant tout, si jamais on cherche un peu. Voilà, donc petite recours en plus.
- Speaker #0
Bon, très très bien. Eh bien, on va arriver, nous, à la fin de cet épisode. Mais pas avant de vous avoir parlé nous nos petits coups de cœur de la semaine.
- Speaker #3
Eh bien moi, cette semaine...
- Speaker #2
Je n'en ai pas assez d'A24, je n'en ai pas assez de Robert Pattinson, je vais donc vous parler du film High Life, réalisé par Claire Denis. Alors, pour le petit pitch, rapidement, condamné par la justice, un groupe de criminels expérimentés acceptent de participer à une mission spatiale gouvernementale d'emblée vouée à l'échec, dont l'objectif est de trouver des sources d'énergie alternatives et de prendre part à des expériences de reproduction. Donc voilà, c'est un film, vous l'aurez compris, de science-fiction. qui n'est vraiment pas fait comme les autres. C'est-à-dire que je n'avais jamais encore vu un film qui osait des choses pareilles, notamment dans l'espace. C'est-à-dire qu'on a quelque chose qui est, au niveau des décors, très 70's, très 60's, à la rigueur, et très minimaliste. Et pourtant, le rapport entre les personnages est vraiment tout ce qui prime, et je pense que c'est très intelligent de la part de Claire Denis d'avoir fait un film de ce style-là, à savoir de mettre des personnages dans un endroit... duquel tu ne peux pas t'échapper et notamment des personnages qui sont du coup des condamnés de justice, on le répète et qui vont devoir du coup non seulement collaborer ensemble pour essayer de trouver des réponses pour l'humanité mais qui en plus sont voués à l'échec donc d'un autre côté, ils n'ont plus rien à perdre donc comment ça peut se passer bien ça c'est une bonne question et comment ça peut se passer mal, il y a mille solutions il suffit juste de regarder le film et vous allez bien vite comprendre donc voilà, je vous recommande mille fois High Life de Claire Denis qui est disponible sur Suneur
- Speaker #4
Au commencement, il n'y avait rien. Un tube. Des jours, des semaines, des siècles passèrent. Et le miracle eut lieu. C'est ainsi que je suis née, par la grâce du chocolat.
- Speaker #1
Eh bien, moi, je vais vous parler d'Amélie et la métaphysique des tubes. Donc, une adaptation du livre d'Amélie Nothomb, de Maëlys Vallade et de Liane Chohan. Et donc, il a été présenté à... à Cannes, à Annecy où il a reçu le Grand Prix, il a été nommé au César, aux Oscars et évidemment, on comprend pourquoi. C'est un film émouvant, qui est fort, qui est palpitant. De quoi ça parle ? C'est une plongée dans la culture japonaise d'après-guerre. On suit la petite Amélie de ses zéros à ses trois ans. C'est une exploration de l'enfance. C'est très, très, très poétique. C'est magnifique. Ça parle d'énormément de sujets. Comme l'attachement à la grand-mère, la gestion du deuil, l'attachement à toutes les figures qui vont venir autour de nous, qui vont nous nourrir, comme une jeune nounou qui va venir avec elle. C'est très très beau, c'est très poétique, il y a une universalité des découvertes, c'est somptueux, c'est un environnement à la fois magique et en même temps j'ai été bouleversée par la maturité du récit. Très intelligent, ça questionne les souvenirs qui s'étiolent, les gens qui partent, les gens qui viennent, qui peuplent notre monde. Ce qu'on crée autour de nous, c'est très très beau, c'est très enivrant. La musique est aussi sublime. De Maritou Kouara, c'est un conte musical poétique sublime. A voir. Et c'est sur Sounar !
- Speaker #5
Vous allez où ?
- Speaker #4
La place communale de Molenbeek. Vous connaissez ?
- Speaker #5
Il aurait été Molenbeek. On va vous escorter, mesdames.
- Speaker #4
Hé, les filles, vous êtes là ! J'ai les filles. Non, c'est vrai.
- Speaker #0
Et bien, quant à moi, une troisième recommandation soudaine, décidément. Je vais vous parler des baronnes. Les baronnes, on l'avait vu au FIF à Namur, ça avait été projeté à ce moment-là. Voilà, le petit pitch, il est simple. C'est Fatima, 65 ans, qui découvre que son mari avait depuis une dizaine d'années une double vie au Maroc. Alors, du coup, le choc, un petit peu, est donc furieuse, mais bien décidée de ne pas se laisser faire. Donc, elle décide de reprendre un petit peu sa vie, une cinquantaine d'années plus tôt, où elle l'avait laissée avant de se... de dévouer à son mari et donc de jouer Hamlet notamment. Donc elle va embarquer pour ça ses copines Meryem, Romaïssa et Inès, qui sont trois autres darons, grand-mères de Molenbeek. Et donc ces barons vont prendre une décision qui va bouleverser leur vie, celle de leur entourage et de leur quartier et même peut-être de tout le pays. C'est un film à nouveau réalisé par Nabil Benyadir, je dis à nouveau parce qu'il avait réalisé, il y a presque une quinzaine d'années maintenant, en 2009, Les Barons du coup. avec Saïda Bentahim, avec Yann Declare, avec Alima Amrani notamment, que je salue. Et c'est un film assez chouette, qui mérite... Déjà, qui a plutôt bien marché, les gens sont allés le voir, et puis c'est très Bruxelles, c'est très Molenbeek, ça fait plaisir. C'est très très beau de voir ces femmes s'émanciper, comme quoi il n'est jamais trop tard pour reprendre sa vie en main, et juste envoyer tout péter. Je trouve que la personnage principale est juste très très forte là-dedans. J'adore aussi le fait que le film se permet de passer dans du réalisme magique. Donc vous avez des scènes un petit peu... Voilà, magique, où notamment le personnage rentre dans un ordinateur, dans une webcam, pour pouvoir aller observer ce qui se passe au Maroc, et pouvoir du coup surprendre son mari dans le lit avec une autre. Et ça, je trouve illimité. Je trouve que Nabil Benyadir, il maîtrise très très bien ces scènes-là, et donc moi je trouve qu'il aurait dû carrément les mettre dans la bande-annonce pour montrer ça. Et puis ce qui est super, c'est qu'il a écrit ça avec sa maman aussi, qui était vraiment script-docteur et superviseur de l'histoire, et donc c'était adorable aussi, en conférence de presse, à raconter à deux un peu leurs histoires. Et donc vraiment, ce petit Les Barons, c'est vraiment un film qui mérite tout à fait votre attention. C'est garanti, surtout si vous êtes de Bruxelles, c'est 100% bonheur. Allez le voir, c'est sur Sooner.
- Speaker #1
Et toi ? Oui, toi ? Merci d'avoir écouté cet épisode du ciel entre ombre et lumière. En tout cas, nous, ça nous a fait très plaisir de l'enregistrer. J'espère que toi, ça te fera plaisir de l'écouter. N'hésite pas à nous mettre 5 étoiles, à parler de nous, à nous republier, à nous aimer, pour qu'on devienne des stars, grâce à toi. Nous sommes déjà à plus de 1000. Vous voudrez bien être 10 000.
- Speaker #0
Excellent. Merci, Julie. En tout cas, merci à toutes et à tous de nous avoir écoutés pour cet épisode. On espère qu'il vous aura plu. Et puis, nous, on se retrouve très bientôt pour un prochain épisode. A ciao, ciao, les amis.
- Speaker #1
A ciao. Bisous. Ciao. Ciao. On aurait dit une chanson de Philippe Piatry. Ciao, ciao, ciao. Au revoir, les copains.
- Speaker #3
C'est un monde étrange, n'est-ce pas ?