- Speaker #0
On les appelle CEO, on les admire, on les écoute, on les cite, mais on oublie souvent que derrière le titre, il y a une personne, une vie et une histoire. Faites de choix pas évidents et de peur qu'on ne partage pas. CEO Recto Verso, c'est le podcast qui explore ces deux faces. Au recto, l'image publique, l'expertise, les réussites. Au verso, ce qu'on sait et ce qui nous forge vraiment. Je suis Lola Latar, fondatrice de l'agence de communication Kerencia. Et dans chaque épisode, je tends le micro à celles et ceux qui dirigent un projet, une entreprise ou un mouvement. On y parle communication, stratégie, décision. mais aussi doute, solitude, virage et conviction. Parce que derrière chaque réussite, il y a ce qu'on ne montre pas. Et c'est souvent là qu'il y a le plus à comprendre et à apprendre. Alors bonne écoute ! Hello Pauline !
- Speaker #1
Salut Lola !
- Speaker #0
Je suis ravie de te recevoir sur CEO Recto Verso, parce que ça fait quelques semaines que tu as repris suite à ton congé maternité. Et j'avais beaucoup, enfin j'avais très envie d'aborder ce sujet, parce que je trouve qu'on n'en parle pas énormément. Sauf que quand on est CEO, qu'on a sa boîte et qu'on part en congé maths, il y a quand même deux, trois petits trucs accessoirement qu'il faut mettre en place. Et donc, du coup, je voulais avoir ton retour d'expérience sur le sujet. Mais avant qu'on rentre dans le vif du sujet, justement, est-ce que tu pourrais nous dire un petit peu qui tu es, ce que tu fais, te présenter ?
- Speaker #1
Super, je vais essayer de faire le plus court possible, le plus concis possible. Donc moi, je m'appelle Pauline Sarda, je suis entrepreneur depuis sept ans maintenant. Il s'est passé plein de choses. Depuis que je suis entrepreneur, évidemment, j'ai eu différents business models, j'ai eu une équipe, puis après plus, puis après une équipe, etc. J'ai fait pas mal de choses. Et aujourd'hui, de toute manière, mon expertise a toujours été fondamentale sur la partie commerciale. Donc aujourd'hui, j'accompagne les entrepreneurs à devenir autonomes sur leur stratégie marketing et commerciale parce que j'estime que c'est deux choses qui permettent de s'émanciper et d'avoir la maîtrise sur pas mal de choses. Et je vais m'arrêter là parce que sinon, je pourrais en parler pendant des heures.
- Speaker #0
On te sent passionnée par le sujet commercial. Et donc ça, c'est qui tu es. Mais il y a eu un gros changement l'année dernière, puisque Baby is coming. Est-ce que tu pourrais nous dire un peu à partir de quand tu t'es dit « Ok, là, il va falloir que je m'organise pendant mon absence parce que… » mon modèle familial, en tout cas, va changer et que ça va avoir des répercussions sur le pro ?
- Speaker #1
Je vais essayer de donner des périodes pour que ce soit plus simple à comprendre. J'ai appris que j'étais enceinte fin janvier et j'ai commencé à travailler sur mon absence au mois de mars. Donc, assez tôt quand même, au final. Alors, j'imagine que tu vas vouloir rentrer dans les détails, qu'est-ce que j'ai fait, etc. Mais j'ai commencé vraiment à me dire, OK, là, maintenant... Il va falloir mettre des choses en place à partir du mois de mars.
- Speaker #0
Et du coup, à partir du mois... Donc, janvier 2025, tu apprends ta grossesse. Mars, tu commences à mettre les mains dans le cambouis pour préparer tout ça. Parce que toi, initialement, tu t'étais dit que tu allais prendre combien de temps de congé, Matt ?
- Speaker #1
Alors, c'est marrant parce que je me suis posé cette question au dernier moment. Ok. Ouais. Sur le timing, moi, l'idée que j'avais, c'était je pars le plus tard. tard possible. Je rentre le plus tard possible. Je reviens le plus tard possible. Au final, ce n'est pas du tout ce qui s'est passé.
- Speaker #0
Généralement, quand on fait des plans, ça ne se passe pas trop comme prévu.
- Speaker #1
Oui, mais pour le coup, j'expliquerai tout à l'heure pourquoi je pense que ça peut être intéressant. J'ai eu le choix. Parce que des fois, il faut prendre en considération que quand on est enceinte, on n'a pas toujours le choix de comment on vit la grossesse. Pour moi, ça a été une grossesse très compliquée, plein de raisons, mais j'étais... J'étais très très malade, en fait. Et ça jusqu'au bout, même jusqu'au jour de l'accouchement. Donc c'est pour dire. Mais c'est même pas ça qui m'a empêchée de faire exactement comme je voulais. Mais en tout cas, je pense que c'est important de prendre en considération qu'on choisit pas la grossesse qu'on va avoir. Et effectivement, c'est quand même à prendre en considération. Mais il faut lâcher prise. Il faut lâcher prise. Parce que sinon... Et c'est moi, la meuf la plus contrôle freak ever, qui dit ça.
- Speaker #0
Oui, entre contrôle freak, on se comprend.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça.
- Speaker #0
Mais concrètement, du coup, en mars, c'est quoi la première chose sur laquelle tu t'es penchée ? La première chose que tu as mis en place concrètement ?
- Speaker #1
La toute première chose que j'ai faite, c'est que j'ai ouvert un Google Doc sur mon ordi tout le temps. Et je suis venue juste inscrire au fur et à mesure. tout ce que l'équipe ne faisait pas et que moi je faisais. Voilà, tout bête. Alors, c'est marrant parce que c'est quelque chose que j'avais déjà fait. Trois ans et demi, quatre ans auparavant, quand j'ai commencé à avoir une équipe et à processiser et à avoir finalement des gens autour de moi qui font des choses que moi, je faisais auparavant. Mais là, c'est différent. Là, on va être absente pendant des semaines. Ce n'est pas genre 15 jours, c'est des semaines et des semaines. Donc, la première chose que j'ai faite, c'est ça. Donc, c'était juste l'idée, c'était d'abord de vider mon cerveau. Parce que ça tourne, Et aussi de venir me rendre compte de toutes les choses que je faisais. Et là, je me suis rendu compte à quel point il y a plein de petites choses, mais vraiment des petites choses que je faisais encore et qui étaient hyper facilement délégables en plus. C'est ça le pire. Il fallait le poser sur papier pour me rendre compte de tout ce qu'il y avait. Et ça, ça m'a pris un bon mois, un bon mois et demi. Et j'ai rajouté des choses sur cette fiche presque jusqu'à la dernière heure.
- Speaker #0
Parce que quand tu as fait cette liste-là, est-ce que parmi toutes ces tâches-là, ou toutes ces actions-là, tu dis qu'il y a des choses qui étaient très facilement délégables, mais est-ce qu'il y avait des choses qui ne pouvaient pas l'être ? Ou en mode, tu ne pouvais pas déléguer ça ?
- Speaker #1
Je dirais tout ce qui est gestion bancaire, les paiements, etc. Même si... même si je peux le faire ça en vrai on peut le déléguer ça c'est aussi une question de choix, c'est quelque chose que je ne peux pas déléguer j'aime bien avoir la maîtrise sur la partie chiffrée et je pense que toi Lola c'est pareil après est-ce qu'il y a d'autres choses qui me viennent en tête vraiment une des choses pas délégables du tout peut-être qu'il y a d'autres choses qui me reviendront mais c'est vraiment ça Le truc, faire les paiements à la fin du mois pour les prestataires, verser les salaires et tout. OK.
- Speaker #0
Et donc, une fois que ta liste a été terminée ou en tout cas bien avancée après un mois, qu'est-ce que tu... Tu vois ? Alors, moi, c'est un truc que je découvre aussi. Donc, qu'est-ce que tu as fait concrètement après ?
- Speaker #1
J'ai... créer, et on a créé avec l'équipe, tout un tas de process qui n'existaient pas. Tout en sachant que moi, j'ai déjà pas mal de process, de base. Même avant de partir en congé mat, j'avais déjà pas mal de process, donc ça a été de créer des nouveaux process. Et ça a été aussi de demander à mon équipe de filmer beaucoup de tutoriels. On en a, nous, en interne, on a carrément une bibliothèque de tutos qui va de comment intégrer et programmer une newsletter à... Comment facturer ? Ça va vraiment de tout à rien. On a plein de tutoriels comme ça. Pourquoi ? Parce que moi, le truc qui me stresse, c'est de me dire, OK, si un jour, j'ai telle personne qui se barre, ou même, moi, il y a des choses, il ne faut pas croire, ce n'est pas parce que c'est moi la gérante que je sais tout faire. Ce n'est pas vrai. C'est arrivé plusieurs fois qu'il y ait des choses, des problématiques qui arrivent, par exemple, des problématiques techniques qui arrivent en week-end. Si je n'ai pas de tuto, je suis obligée d'attendre le lundi que mon équipe soit là pour pouvoir régler le problème. Donc, on a... fait beaucoup ça. Et donc, du coup, ça, ça a été vraiment génial parce que ce qu'il faut savoir, c'est que je devais partir en congé maternité à la base en septembre 2025. Et à ce moment-là, j'avais une de mes salariés qui partait. Sauf que ce n'était pas du tout le moment pour moi de recruter de nouveau sur ce poste-là. Évidemment, puisqu'on a beau dire ce qu'on veut, je n'étais plus là. En fait, j'étais prévue absente pendant deux, trois mois. Et je me suis creusé la tête à ce moment-là. Qu'est-ce que je fais ? Est-ce que je recrute ? Et si je recrute de nouveau, comment je fais pour que quelqu'un gère l'onboarding ? Donc, j'avais quelqu'un éventuellement. Je pense à Marielle, je vais donner son prénom, comme ça sera plus simple pour les personnes qui nous écoutent. Marielle aurait pu le faire, mais c'était à distance, c'était en remote. Et sur un salarié, je trouve que c'est chaud. Donc, du coup, je me suis dit, il faut que je puisse onborder quelqu'un de nouveau, rapidement. à ce moment-là en plus et qui puissent avoir le maximum de clés possibles pour pouvoir aller dans la boîte. Et pour moi, la manière de faire, c'est process et tutoriel. Voilà. Et ça, ça a été game changer, même si je dis qu'on en avait déjà, mais c'est juste qu'on a dû en rajouter pas mal.
- Speaker #0
Et juste pour les personnes qui nous écoutent, les tutos, tu les faisais avec Loom ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Ouais,
- Speaker #1
tout à fait. L'équipe le faisait avec Lou, mais ce que je faisais, c'est qu'au lieu... En fait, on ne s'est pas fait une liste énorme de « il faut filmer ça, il faut filmer ça, il faut filmer ça, il faut filmer ça » . Ce qu'on a fait, c'est plutôt au fur et à mesure. Au fur et à mesure des projets, des missions qu'il y avait avant que je parte en conseil maternité. Dès qu'il y avait des choses nouvelles ou que je savais qu'il n'y avait pas de traces de ça dans notre wiki, on va dire de façon générale, je demandais tout simplement, est-ce que tu peux en profiter pendant que tu le fais, de tourner un tutoriel sur ça et le mettre dans notre bibliothèque ?
- Speaker #0
Ok, trop bien. Oui, donc c'était vraiment au fil de l'eau en même temps que les actions étaient faites parce qu'elles devaient être faites à l'instant
- Speaker #1
T. C'est ça parce que sinon, je trouve que c'est un travail trop titanesque et en plus hyper... démotivant potentiellement parce que pas forcément intéressant. Tu vois ? Pour tout le monde. En fait, c'est pas agréable. Il n'y a que Marielle dans la boîte qui aime faire les process.
- Speaker #0
Oui, alors qu'on précise... Bon, du coup, moi, je connais Marielle, mais Marielle est ta directrice opérationnelle, ton OBM. C'est ça.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça. Oui, été, c'est ça.
- Speaker #0
Voilà, j'ai pas précisé parce qu'on n'a pas encore expliqué l'aspect. Tu étais ta directrice opérationnelle. Et donc, à ce moment-là, il y avait Marielle, il y avait encore Camille. Camille qui était alternante.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Qui était alternante, OK. Et tu avais qui d'autre ?
- Speaker #1
Et plusieurs coachs.
- Speaker #0
Et plusieurs coachs, OK, dans l'un de tes programmes.
- Speaker #1
Et une personne aussi sur la partie marketing, qui n'était pas là tout le temps, mais qui était là quand même très régulièrement, selon les missions, en fait, et selon les projets.
- Speaker #0
OK. Et au fur et à mesure que le congé m'a... t'es arrivée, comment tu t'es sentie, toi, émotionnellement ? Alors, je ne vais pas te demander physiquement parce que je me doute que, voilà, physiquement, à la fin...
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
t'es fatiguée. Mais émotionnellement, en tout cas, au niveau de ton stress, de laisser, justement, de laisser ton... ton bébé. J'aime pas dire que la boîte, c'est un bébé, mais en tout cas, de laisser ta boîte, comment tu t'es sentie ?
- Speaker #1
En fait, j'étais davantage en stress quand l'événement était plus lointain que l'inverse. Mais je pense que ça, c'est logique, c'est parce qu'on reste trop dans sa tête. Tu vois, on reste dans l'histoire qu'on se raconte dans notre tête. Et en fait, quand ça arrive, on se dit, bon, en fait, ça devrait le faire. Mais c'est quand même un processus, moi, qui a été un peu long quand même. Tu vois, il faut se laisser le temps d'accepter pas mal de choses, de lâcher certaines choses aussi. J'en ai parlé d'ailleurs sur LinkedIn de ça. Moi, Je m'étais fait, en tout cas sur la partie financière, peut-être que je m'avance un peu sur les questions que tu veux poser, mais moi, c'est quelque chose qui me stressait beaucoup. Et sur la partie financière, je m'étais fait un scénario catastrophe, un scénario middle et un scénario tout se passe bien. Moi, j'avais évidemment extrêmement peur du scénario catastrophe. Et le scénario catastrophe, sans rentrer dans les détails, il me faisait rentrer de congé maternité. J'avais quasiment plus de trésor. Il me restait un mois. pour redresser la barre. Sinon, c'était finito. Et ça, je trouve que c'est important d'en parler parce que même sur une boîte comme la mienne où j'ai de la trésorerie, où il y a de la structure, où ça va, un congé maternité, ça fragilise. On peut dire ce qu'on veut. Je veux dire, c'est une réalité. Même si on va en parler de toutes les choses dont on a droit en France aujourd'hui, qui aident, mais selon moi, qui ne suffisent pas. Il y a un vrai sujet là-dessus. Je vais spoiler, ce n'est pas mon scénario catastrophe qui est arrivé. Franchement, le feu. Mais il faut savoir que j'ai mis énormément de choses en place pour que ça n'arrive pas. Vraiment. J'ai mis en place des opérations commerciales en mon absence qui n'avaient pas besoin de fonctionner avec moi. Et tout ça, je l'ai anticipé. Donc ça veut dire qu'avant de partir en congé mat, moi en tout cas dans ma manière de voir les choses, c'est comme si j'avais travaillé, j'avais fait six mois de projet. en trois mois avant de partir. C'est vraiment comme ça. Plus la création de contenu, plus les process. Enfin, voilà, il faut être honnête. Après, attention, c'est ma manière de voir les choses, c'est ma manière de réagir parce que je suis contrôle fric, parce que je suis toujours dans l'anticipation. Et c'est aussi pour ça que mes clients viennent me chercher. Il faut être honnête. Tu vois, mes clients viennent chercher la structure, l'anticipation chez moi. Donc, ça a des avantages et des inconvénients.
- Speaker #0
Oui, mais tu as raison de le préciser. Je ne l'ai pas dit au début, mais l'idée, là, ce n'est pas de donner une méthode parfaite, mais de donner une méthode parmi beaucoup d'autres méthodes. Il n'y a pas une grossesse qui est pareille, il n'y a pas un business qui est pareil. Il peut y avoir des similitudes, mais l'idée, c'est plus d'avoir un peu une idée de quel est le process de réflexion sur le départ en congé mat, puisque je voulais rebondir là-dessus et très bon rebond. sur les aides. Parce que moi, c'est vrai que pour avoir discuté avec plusieurs entrepreneurs, il y a toujours cette crainte de « oui, mon congé maternité, je ne vais rien avoir, ça va être l'horreur » . Et tu vois, je pense que même il y en a qui se créent vraiment d'énormes peurs sur cette idée de « en fait, congé mat égale zéro euro de chiffre d'affaires » . N'ou... Est-ce que toi, c'est encore un peu frais dans ta tête, je pense. Est-ce que tu peux nous dire un peu quelles aides tu as pu percevoir ? Pas forcément le montant, mais les aides que tu as pu avoir.
- Speaker #1
Je vais juste rebondir sur ce que tu dis. Je pense que c'est important pour les personnes qui nous écoutent, surtout que j'imagine que c'est parce que ou c'est en projet ou quoi ou qu'est-ce à ce moment-là de l'écoute. Je ne suis pas du tout une pro dans le calcul de ce que vous avez droit, etc. Mais ce qui est sûr, c'est qu'ils prennent en considération déjà, évidemment, le statut. Si vous êtes en micro-entreprise ou si vous êtes en société. Moi, je suis en société. Donc, du coup, je précise aussi mon cas. Et il y a aussi un chiffre d'affaires minimum à effectuer, que ce soit sur la micro-entreprise ou la société.
- Speaker #0
C'est 4000 euros.
- Speaker #1
4000 euros. Ça, c'est aussi pour la société ?
- Speaker #0
A vérifier. En tout cas, de ce que j'ai vu, c'est 4000 euros annuels minimum pour pouvoir bénéficier. Et il faut être inscrit. Il faut être inscrit, en tout cas. Ta société doit être créée au moins six mois avant ton congé mat. Alors, encore une fois, je ne suis pas non plus spécialiste, mais je vous recommande le compte Instagram de Solène Pigné.
- Speaker #1
C'est ce que j'allais dire.
- Speaker #0
Qui est absolument formidable, qui vous donne... énormément d'informations et qui sera bien plus à même que moi que d'aborder de ce sujet. Mais en tout cas, il y a des critères pour avoir les aides, mais il y a les aides, quel que soit le statut qui sont possibles en tout cas.
- Speaker #1
Du coup, moi, j'ai eu droit à... Déjà, c'est la... Si je ne dis pas de bêtises, c'est la CPAM qui vous rémunère pendant cette... C'est tout. cette partie-là de votre vie. Que dire ? Moi, en fait, j'ai cumulé le maximum. Donc, ils ont pris en considération mon chiffre d'affaires, les chiffres d'affaires des dernières années, mais aussi ma rémunération. Combien je me suis rémunérée ? Et je précise pour les micro-entrepreneurs, notamment, qui ne savent peut-être pas ça, je peux très bien faire 20 000 euros de chiffre d'affaires par mois, mais me rémunérer 3 000 euros par mois et je vais payer l'URSSAF sur les 3 000 et pas sur les 20 000. Je précise parce que les micro-entrepreneurs, s'ils font 10 000, ils vont payer 22 % sur 10 000. Donc là, c'est différent. Moi, ça a été pris sur l'URSSAF que j'ai payé sur ma rémunération. Et moi, il faut savoir que j'étais au maximum, j'étais au plafond. Donc, ça veut dire qu'honnêtement, je suis assez contente de la rémunération que j'ai eue. J'ai eu 90 % de ce que je me rémunère habituellement. Donc, en fait, hyper confortable d'un point de vue, en tout cas, personnel. Maintenant. Parce que moi, je reproche un peu au système aujourd'hui. Et attention, que les choses soient bien claires, je suis hyper reconnaissante d'être en France et d'avoir droit à tout ça. Mais j'ajoute quand même que je paye 25 000 euros d'Ursaf par an et que je pense que j'ai le droit d'être payée un petit peu quand même quand je m'arrête, je pense. Parce que les entrepreneurs, on n'est pas ceux qui s'arrêtent le plus. Donc clairement, c'est la première fois de ma vie, peut-être que c'est même quasi sûr, puisque je me souviens quand j'ai fait mes demandes. Je suis allée sur la CPM, je suis allée dans mes derniers arrêts de travail. C'est simple, il n'y a rien. Donc, je précise aussi, ça évidemment, c'est mon point de vue et c'est un langage que moi. Mais il y a quelque chose qui manque, c'est qu'aujourd'hui, pour les entrepreneurs, on nous a calqué un congé maternité comme pour les salariés. Sauf qu'on n'a pas du tout les mêmes besoins. Absolument pas, ce n'est pas du tout pareil. Moi, j'ai dû, en tout cas en société, L'entreprise peut continuer de facturer en l'absence de la gérante. Et moi, dans mon cas, il y a des charges qui continuent de tourner. Donc, c'est bien gentil de me payer mon salaire. Et c'est déjà top parce que c'est ça en moins en trésorerie à sortir. Mais ce n'est pas toi qui vas payer mon équipe. Ce n'est pas toi qui vas payer les personnes qui me remplacent et qui ont un certain coût. Plus, tu me demandes, en gros, la société de façon générale, me demande de faire autant de chiffre d'affaires si ce n'est plus. pour pouvoir rémunérer et payer cette absence. Et donc ça, j'ai eu quand même pas mal de frustration à ce niveau. Parce que je me suis dit, j'attends pas que l'URSSAF vienne payer toutes mes charges de société mensuelle. C'est pas ce que j'ai demandé, c'est pas ce que je dis. Par contre, au moins, un petit pécule pour pouvoir payer quelqu'un qui te remplace. Tu vois, en prestataire ou en salarié, en fonction de la société. Enfin, du type de société. Et je précise que pour les micro-entrepreneurs, vous êtes obligés de vous arrêter de travailler. Ce qui, pour moi, est encore pire. C'est encore pire. Parce qu'on demande à des indépendants, parce que moi, je suis semi-indépendante, on peut dire, puisque j'ai toujours des gens autour de moi, etc. Et quand on est full indépendant, ça veut dire qu'on demande à une femme qui a peut-être eu des... Voilà, qui a travaillé comme tout le monde, a fait son nom, a eu des clients, etc. Et de tout arrêter pendant 3-4 mois et de lui dire, tu reviens et tu peux espérer avoir exactement la même chose que quand t'es partie.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Je suis désolée que ce n'est pas le sujet, mais il y a moins de temps.
- Speaker #0
C'est le sujet, parce que j'ai échangé avec plusieurs personnes qui, on est devenues amies, mais sont tombées enceintes. D'ailleurs, tombées enceintes, je n'aime pas cette expression. Bref, ont vécu en tout cas un accouchement et les premiers pas dans la maternité. Et il me semble effectivement que quand tu es en micro-entreprise, tu n'as pas le droit de percevoir du chiffre d'affaires pendant toute la durée de ton congé maternité. Sinon, les indemnités ne s'appliquent pas. Je sais aussi qu'en entreprise, tu peux continuer à avoir du chiffre d'affaires. Par contre, il faut qu'à minima, tu prennes un congé maternité de huit semaines. Sinon, tu n'as pas d'indemnité.
- Speaker #1
Oui, exactement.
- Speaker #0
En fait, c'est énormément de... Je ne l'ai pas vécu, mais je trouve que c'est énormément de règles qui, certes, s'appliquent très bien quand la personne est salariée. Mais en fait, quand tu es CEO de ta boîte, si tu veux percevoir les aides, tu n'as pas le droit de travailler du tout. Donc, en théorie, j'espère que l'Ursaf n'écoute pas mes podcasts.
- Speaker #1
Il faut savoir que, je préfère le dire, ils ont quand même une... J'en avais parlé, ça, avec ma comptable. ils ont quand même une marge d'acceptation. C'est-à-dire qu'ils savent que tu es chef d'entreprise. Donc oui, ils savent que tu vas peut-être un petit peu checker tes mails, faire deux, trois trucs de gestion. Mais à partir du moment où toi, tu... Enfin, c'est délicat, là, tu vois, mais ils acceptent quand même un minimum. Je te dirais, ils acceptent 3%. Tu vois, que tu fasses quand même deux, trois trucs pour pouvoir maintenir à flot ce qui se passe pendant ton absence. Mais effectivement, non, tu n'as pas le droit de travailler. Et pour les micro-entrepreneurs, c'est pire. C'est pire, oui et non, parce qu'en fait, ça a des avantages et des inconvénients. Quand tu es micro-entrepreneur, en tout cas, si tu es dans un contexte où tu vends de la mission opérationnelle, je trouve qu'à la limite, tu peux très bien te chercher un remplaçant ou une remplaçante auprès de tes clients long terme, leur proposer cette solution. Et quand tu reviens, tu reprends ta place. Ok, soit. Ça, ça peut se faire. Mais ça, c'est dans le parfait. Et il y a beaucoup de micro-entrepreneurs qui ne sont pas dans cette situation-là et qu'on demande de tout arrêter, en fait, pendant trois, quatre mois. Donc, pour les micro-entrepreneurs, je trouve ça extrêmement difficile. Et pour nous, après, sur les sociétés, je trouve qu'il y a aussi d'autres difficultés. Comme je te dis, maintenir la trésorerie, me demander de faire exactement... Enfin, me demander.
- Speaker #0
On a compris ce qu'on veut dire. Personne ne me demande rien. Mais si je ne fais pas, ça... pu. Donc, du coup, est-ce que j'ai le choix ? Tu vois ? Il y a ça, et en fait, la société te demande aussi d'être une bonne mère. Et d'être là pour tout. Tu dois tout réussir. Si on rajoute du truc au truc, quoi.
- Speaker #1
Tu dois tout réussir. Non, mais c'est sûr. Mais voilà, ça, c'est un vrai sujet. Et moi, j'aimerais que les choses évoluent. Je trouve ça, encore une fois, très, très bien que ça existe. Parce qu'il y a des années, ça n'existait pas. Donc, c'est très, très bien. C'est une belle avancée. Mais je pense qu'il manque un petit cran, quand même. pour créer un congé maternité qui soit spécifique pour les micro-entrepreneurs et les gérantes de société. Parce qu'on n'a pas les mêmes réalités que les salariés. Je suis désolée, on est différents. Et c'est OK d'être différents, ce n'est pas grave. Parce qu'on veut mettre toujours tout le monde sous le même pied d'égalité, mais des fois, on ne peut pas. Et donc, je pense que ça... Moi, j'aurais aimé, par exemple, même si ça n'aurait pas suffi, mais j'aurais aimé recevoir 1000 euros par mois. pour prendre en partie mon remplacement. Juste 1 000 euros, c'est beaucoup 1 000 euros, on peut se dire. Et moi, ça ne m'aurait pas suffi. Mais j'aurais apprécié. J'aurais apprécié que la société me dise « Tu ne vas pas être là. » Donc, on sait que ta société, elle doit continuer. Donc, on sait que tu vas devoir te faire remplacer. Tu vois ?
- Speaker #0
Et du coup, on peut parler chiffres ou pas ?
- Speaker #1
Oui, on peut parler chiffres.
- Speaker #0
Combien ça m'a coûté, tu veux dire ? Oui, voilà. Concrètement, combien ça t'a coûté ? Enfin, combien tu as sorti de Tréso pendant ton congé maths ? Tu vois ? Alors, j'ai sorti... Enfin, j'ai sorti... J'ai perdu 15 000 euros sur ma trésorerie initiale. La trésorerie de laquelle je suis partie,
- Speaker #1
quand je suis revenue, il me manquait moins 15 000. Mais par contre, je peux dire le coût que j'avais sur la délégation.
- Speaker #0
Oui, oui, oui.
- Speaker #1
Je fais mon calcul rapide dans la tête. Je ne les ai pas sortis. J'avais 2 000 euros pour équivalent, enfin équivalent non, pour Marielle. J'avais 1 000 euros. pour une assistante. Et là, et encore, j'ai fait en sorte de faire, de mâcher le maximum de taf en amont pour pas que ça coûte le double. Clairement. Plus après, les coachs, et les coachs, c'est variable parce que ça a dépendu aussi du nombre de clients qu'on a fait. Mais du coup, j'avais encore des charges comme ça à sortir. qui, normalement, ne sont pas réparties, en tout cas, de cette manière-là, d'habitude. Donc, ça veut dire que j'avais au moins 4 000 euros. Et là, je ne parle pas de mes charges fixes habituelles.
- Speaker #0
Oui, le comptable, les assurances. Le comptable,
- Speaker #1
j'enlève tout ça. J'enlève toutes les charges fixes que j'ai habituellement. J'avais ça en plus. Donc, on n'est quand même pas sûr. Alors oui, ça dépend de la boîte. Oui. Ça dépend de ça. Mais 4 000 euros pour une TPE par mois. c'est beaucoup.
- Speaker #0
Oui, et puis en fait, ce qu'il faut prendre en compte, c'est que, en fait, oui, ces 4 000 euros, certes, tu encaisses du chiffre d'affaires puisque tu as des clients qui tournent dans tes programmes, mais tu peux avoir du chiffre d'affaires qui rentre, mais quand tu es CEO et que tu n'es pas CEO d'une multinationale, toute la partie, j'allais dire toute la partie vente, toute la partie commerciale dépend quand même en très grande partie de la CIO. Je ne sais pas quel est ton avis là-dessus.
- Speaker #1
Absolument.
- Speaker #0
Je trouve que du coup, ça veut dire qu'il te faut quand même du récurrent de sûr avant ton congé mat pour assurer le congé mat. Là, au moment où il n'y aura pas d'acquisition et donc pas de nouveaux clients, dans la grande majorité des cas, surtout quand tu fais de la prestat de service, même toi qui fais des accompagnements euh Dans tes programmes ?
- Speaker #1
Non, mais c'est vrai. Non, mais complètement. C'est-à-dire que moi, j'avais à ce moment-là, parce que pas mal de choses ont changé entre-temps, mais à ce moment-là, j'avais deux programmes. Un programme qui pouvait complètement fonctionner quasi en automatique et un programme où il y avait des coachs, etc. De l'accompagnement. Sur le premier accompagnement, j'avais un système d'acquisition, j'allais dire à 95%, mais non 100% automatisé. Donc, j'ai fait du chiffre sur ce segment-là. Mais il faut savoir que c'est 500 euros hors-tacte, le produit. Donc, ça veut dire que si tu veux faire du chiffre, tu as intérêt d'en vendre un pacasse.
- Speaker #0
Oui, c'est faux faire.
- Speaker #1
Non,
- Speaker #0
mais c'est une stratégie de volume.
- Speaker #1
Voilà, c'est ça, c'est une stratégie de volume. Mais effectivement, j'ai pu faire du chiffre d'affaires sur cette partie-là en mon absence. Par contre, sur l'accompagnement, c'est bien différent. J'ai fait quelques ventes, mais clairement, par rapport à d'habitude, rien à voir. Mais je sais, là, il y aurait peut-être des gens qui écouteraient et qui diraient « Oui, mais il faut faire une VSL, faire ci, faire ça, mettre des closeurs, tatitata. » Fermez-la, en fait. Tu vois, non, je vais être cash. Fermez-la parce qu'en fait, ça, c'est 1% des entrepreneurs qui peuvent se le permettre, qui peuvent se prendre des closeurs, des titatas. Et puis en plus de ça, est-ce qu'ils en ont envie aussi ou pas ? Ce que je veux dire, c'est que c'est trop facile de dire ça aux entrepreneurs. Oui, mais prends des close-ups, prends ci, prends ça. Là, je m'insurge aussi indirectement contre tous les discours. Quand tu peux,
- Speaker #0
tu peux.
- Speaker #1
Voilà, j'y vais à fond. Contre tous ces discours qui ne prennent en considération que 0,2% de la population entrepreneuriale. Et aussi, il faut aussi le vouloir, etc. Il y a plein de raisons. Moi, typiquement, mon cœur de métier, c'est la vente, c'est le commercial. J'adore ça et je sais que j'ai un plafond de verre sur ça. Et c'est quelque chose que je travaille. Je vais me refaire coacher d'ailleurs dans pas longtemps là-dessus. Je sais que...
- Speaker #0
J'aurai à gagner à effectivement faire moins peser la partie commerciale sur moi. Et je pense qu'on devrait tous travailler sur ce pan-là. C'est hyper important. Mais moi, je ne monte pas ma boîte pour m'arrêter totalement de travailler. Moi, j'aime ce que je fais. Ça veut dire que, oui, je n'ai pas construit une entreprise qui peut faire rentrer des milliers d'euros par mois sans moi. Désolée. n'en déplaise à tous les gourous LinkedIn et Instagram. Ben ouais, déso.
- Speaker #1
Tu pourrais faire un effort quand même, Pauline.
- Speaker #0
Donc oui, effectivement, il y a cette réalité qui vient, qui arrive et qui te dit, ben ouais, tu ne seras pas là pendant 3-4 mois. Donc en fait, tu feras beaucoup moins de chiffre d'affaires. Mais malgré tout, en tout cas, moi dans mon cas, il faut quand même que tu fasses un minimum parce que sinon, tu vas perdre tes reins dedans.
- Speaker #1
Oui, voilà, disons-le comme ça.
- Speaker #0
Tu as perdu l'air dans l'histoire. Non, mais c'est vrai. Non,
- Speaker #1
mais c'est...
- Speaker #0
Le fameux scénario catastrophe qui n'est pas arrivé au final, mais ça faisait partie du scénario catastrophe. Si je ne fais quasiment pas de chiffres, je me retrouve, je perds beaucoup de trésors et quand je reviens, il va falloir remonter la pente rapide. Oui,
- Speaker #1
fort heureusement, c'est un produit. Mais on n'a pas parlé, et j'avais envie qu'on aborde ça. Comment ça s'est passé ? Est-ce que tu as eu des réactions un peu négatives ou de méfiance vis-à-vis de tes prospects à partir du moment où tu as annoncé justement ton congé mat ? Sur les réseaux, j'entends.
- Speaker #0
Non, pas du tout.
- Speaker #1
Pas du tout. Ok, formidable.
- Speaker #0
Rien du tout, mais je pense aussi que j'ai rassuré. J'ai dit, en fait, c'est une équipe, j'ai mis les choses en place. Donc, en fait, vous pouvez y aller les yeux fermés. Je pense que si j'étais dans... cas où je ne déléguais pas auparavant et que là, juste pour le congé mat, j'avais délégué, peut-être ça aurait été différent. Tu vois, je pense que dans la perception de mon audience de façon générale ou des gens qui me font confiance ou qui ont voulu me donner leur confiance ensuite, ils avaient déjà en tête que je ne suis pas seule dans mon vaisseau. Et ça joue aussi. Donc ça peut être différent d'un entrepreneur à un autre.
- Speaker #1
Et pendant ton congé mat, Pat, tu as continué ta communication ?
- Speaker #0
Oui, la communication a continué. Une grosse partie a été programmée en amont.
- Speaker #1
Oh la vache !
- Speaker #0
Tu peux le dire,
- Speaker #1
c'est un travail titanesque.
- Speaker #0
C'est l'enfer. Franchement, c'est l'enfer. Tout en sachant que je savais en plus que c'était juste pour maintenir une présence. Mais je sais très bien que quand on n'est pas derrière l'ordinateur. Il y a moins d'engagement.
- Speaker #1
Oui, mais oui, oui.
- Speaker #0
C'est évident. Mais j'ai fait ce choix-là. J'aurais pu choisir aussi de ne pas être là du tout ou alors publier très peu. Et voilà, j'ai fait ce choix-là. Je n'ai pas de regrets plus que ça. Ça a été beaucoup de travail pour pas grand-chose quand même, il faut le dire.
- Speaker #1
Oui, OK.
- Speaker #0
Disons que si je refaisais, j'aurais... maintenu une présence, mais je ne me serais pas astreinte à autant de présence.
- Speaker #1
Ok. Voilà,
- Speaker #0
j'aurais peut-être voulu un post tous les 15 jours, peut-être, ou quelque chose comme ça, juste manière de maintenir. Par contre, j'aurais bien maintenu, et ça, je l'ai fait, et ça, je trouve que c'est important, la partie emailing.
- Speaker #1
Oui. Oui. Et ça, je l'ai fait,
- Speaker #0
et ça, ça s'est déroulé super. J'ai pu aussi faire du... du revenu entre guillemets passif de cette manière-là. Donc ça, je vous recommanderais, si vous avez une newsletter, de quand même la poursuivre. Et pour la partie réseaux sociaux, bon,
- Speaker #1
ça se discute.
- Speaker #0
Ça se discute.
- Speaker #1
Et quand tu es revenue, est-ce que tu avais un plan ? Est-ce que tu avais un plan genre je reviens, il va se passer ci, ça, ça, ça, ça ? Tu vois, en mode contrôle fric jusqu'au bout ?
- Speaker #0
Ouais, bien sûr. Ah mais oui.
- Speaker #1
Donc il y avait un plan ?
- Speaker #0
Absolument. En fait, je disais tout à l'heure, moi en tout cas dans mon cas, J'ai préparé l'équivalent de six mois de travail en trois mois avec l'équipe. Un travail énorme. Et dans ces fameux six mois qu'on a préparé, c'était six mois pendant après.
- Speaker #1
OK,
- Speaker #0
voilà, c'était ça qui était... Parce que ça, j'en ai parlé aussi avec des entrepreneurs autour de moi qui, elles, avaient déjà eu un enfant en étant entrepreneur. Je précise que ce n'est pas du tout la même chose. Je me suis sentie en décalage ultime. Et c'est quelque chose que je n'ai pas très bien vécu d'ailleurs. Avec mes amis salariés, j'ai deux amis salariés autour de moi qui ont eu des enfants en même temps que moi. Les enfants ont précisément trois semaines et deux jours d'écart. Donc pour te dire, on était vraiment tout pile au même moment. Donc je me suis sentie quand même très différente d'elles. Je précise par rapport à ça. Donc oui, j'avais un plan, mais trois semaines avant ma reprise, j'ai tout fait valdinguer.
- Speaker #1
Ah bon ? Je me rappelle de ce petit message WhatsApp. Et moi, je t'ai dit, mais feu, vas-y, go.
- Speaker #0
J'ai pris une décision un peu radicale et tout, mais du coup, j'ai... J'ai juste prévenu l'équipe qui a ensuite s'occupé du travail, mais j'ai dit, je vais faire ci, je vais faire ça, je vais faire ça. Tout ce qui avait été prêt, tant pis, on jette. Voilà, c'est fou. Mais quand je dis, je vais dire ce qui était prévu. Ce n'était quand même pas rien, puisque c'était une masterclass avec un gros lancement qui était prévu. Donc, qu'est-ce que ça veut dire ? Juste pour que les gens comprennent ce que c'est. C'est un contenu de masterclass. C'est une page de capture, des automatisations à foison derrière, des e-mails qui sont rédigés, qui sont programmés. qui sont segmentés. C'est des bonus qui sont offerts, qui sont créés. C'est énormément de travail.
- Speaker #1
Oui, et puis la com sur les réseaux aussi.
- Speaker #0
Exactement. J'ai tout dégagé. Voilà, j'ai tout dégagé. Je ne recommande pas forcément. Enfin, en vrai, je ne recommande pas. Dans le sens où, moi, c'était quelque chose qui a été au final assez facile à faire parce que j'ai une équipe, qu'elle me connaît bien. que ça a pu se faire de manière fluide. Mais je pense que moi, je recommanderais à toutes les personnes qui nous écoutent et qui seraient dans ce projet ou qui sont enceintes en ce moment, de quand même prévoir l'après. Prévoyez trois mois après, en fait. Qu'est-ce que vous allez faire dans les trois mois après ? Comme ça, vous pouvez déjà travailler dessus en amont ou faire travailler l'équipe dessus si vous avez une équipe. Je pense que c'est hyper important. Et au pire, si ça va le dingue, ça va le dingue, tu vois, c'est pas grave. Mais je pense que c'est important quand même de le préparer.
- Speaker #1
Bon, tu as tout envoyé valdinguer. Et du coup, concrètement, qu'est-ce que tu as changé ? Parce qu'il n'y a pas eu ce lancement sur ton offre.
- Speaker #0
Oui, l'offre phare. Oui,
- Speaker #1
sur l'offre phare que tu avais jusqu'alors. Et concrètement, c'était quoi le plan B, du coup ?
- Speaker #0
Alors, ce n'était même pas un plan B, puisque pour te dire, il y avait juste un plan A. Mais c'est juste que c'est devenu la priorité. Parce que j'ai commencé à avoir ces réflexions-là. quand même un mois avant d'accoucher. Ce que je veux dire, c'est que non plus, ce n'est pas sorti du jour au lendemain et tout. J'ai quand même pris le temps de reposer ça. Mais concrètement, là, à ce stade, je vais arrêter pour l'instant, en tout cas, toutes les offres d'avant. Et aujourd'hui, je n'ai plus qu'une offre. Donc déjà, on est sur un gros valdingue. On est aussi sur un gros valdingue puisque j'ai changé le business model.
- Speaker #1
Oui, c'est ce que j'allais dire.
- Speaker #0
C'est ça. J'ai changé le business model. Pour l'instant, je pense que j'ai fait le bon choix. Mais je sais aussi que j'ai fait ce choix-là, pas parce que mes priorités ont changé, parce que ça, ça peut être un gros sujet aussi. Moi, je n'ai pas ressenti le truc... Ah, tu es maman ! Ouais,
- Speaker #1
ouais, ça oui.
- Speaker #0
Mais ça, c'est très personnel, donc ça dépend. Mais forcément, il se passe des choses en toi. Ça, c'est sûr. Tu vois, évidemment. Donc non, aujourd'hui, je ne regrette pas, mais je sais que c'est pour... Je sais que là, la décision que j'ai prise, c'est une phase de transition.
- Speaker #1
Ok,
- Speaker #0
c'est tout ce que je sais aujourd'hui. Et d'ailleurs, on parlait de... Moi, je suis contrôle fricte aussi, d'ailleurs. D'habitude, moi, j'ai toujours un plan. Toujours. Depuis toujours, en fait. J'ai toujours eu des plans, toujours eu des visions. J'ai toujours eu ça. J'ai toujours une vision de fond, évidemment. Mais par contre, cette année, j'ai... Pas vraiment de plan. Ce n'est pas que je n'ai pas de plan à proprement parler, mais c'est la première fois que je n'ai pas autant de choses que d'habitude sur mon plan. Tu vois, je te dirais. Et pour le coup, pas parce que j'ai un enfant, parce que j'ai une chance extraordinaire et j'en ai bien conscience. Mon conjoint, il a un congé pater XXL. Donc, j'ai du coup... Je ne fais pas face aux mêmes difficultés que les mères isolées ou les mamans qui sont seules avec leurs enfants ou avec leur enfant, leur bébé. Donc, j'ai conscience de ça. Donc, pour le coup, moi, en tout cas, dans mon cas, ce n'est pas parce que j'ai un enfant que j'ai mis moins de choses spécifiquement. Parce que je pourrais faire presque tout autant. Mais attention, vraiment, je comprendrais si ça énerve des gens que je dise ça. Mais je sais que j'ai une chance extraordinaire. Donc,
- Speaker #1
je préfère quand même. Et en fait, j'ai envie de... de te dire, tu ne vis pas non plus le même postpartum. Déjà, si tu as un enfant qui dort, rien que ça. Si tu dors la nuit, tu n'as pas la même lucidité que si tu dors deux heures par nuit pendant X mois. Chaque contexte, chaque situation, chaque vécu est différent. Tant mieux pour toi. J'ai envie de dire que tu as... J'aime bien préciser que je sais que j'ai de la chance. Oui, oui, non mais d'accord.
- Speaker #0
On ne peut pas vous comparer parce qu'on n'a pas tous les mêmes cartes en fait.
- Speaker #1
Mais c'est aussi ça, je pense que c'est bien effectivement d'expliquer que du coup c'est ce qui te permet aussi peut-être de faire un choix plus serein en mode tu as le temps. Oui, c'est ça,
- Speaker #0
radical et tout. Oui, oui, non, complètement. Et je vais juste revenir parce que tout à l'heure je me suis, quand j'ai dit je ne sais plus ce que je disais, etc. Je n'ai pas repris ce que je disais par rapport au fait de... reprendre le plan qui allait après. J'ai discuté avec pas mal d'entrepreneurs qui ont eu des enfants en étant entrepreneurs déjà et qui m'ont dit, avant que je me mette en congé maternité, qui m'ont dit, méfie-toi quand même, prévois tout au cas où, parce que tu ne sais pas comment va se passer ton accouchement aussi et quelle est la convalescence que tu vas avoir. Pas de bol, j'ai eu une césarienne d'urgence, donc j'ai été un petit peu corsée. Sur le côté, on va l'essence, tu vois. Que qui n'était pas, en tout cas, alors ça ne veut rien dire, là aussi, il ne faut pas comparer et tout, parce qu'on est toutes différentes. Mais bon, pendant trois semaines, tu ne peux pas rester debout dix minutes, quoi. Donc, il y a quand même un truc à prendre en considération de ce point de vue-là. Et effectivement, tu es quand même content, peu importe ce qui se passe pendant ton accouchement, tu es contente d'avoir mis en place certaines choses pour pouvoir... prendre les choses plus sereinement. Si tu ne prévois pas tout, tu peux te retrouver embêtée.
- Speaker #1
À ce qui paraît, il y a aussi ce qu'on appelle le mommy brain, où tu oublies à peu près tout.
- Speaker #0
J'oublie des trucs et tout.
- Speaker #1
Je ne sais pas si c'est un mythe, mais j'ai des copines qui m'ont parlé de ça. Six questions que je voulais te poser aussi. Est-ce que là, avec du recul, maintenant que tu as repris depuis plusieurs semaines, est-ce que si c'était à refaire, tu aurais... tu aurais fait différemment ? Tu nous as dit sur certaines choses, oui, notamment la création de contenu. Est-ce qu'il y a d'autres choses que tu ferais différemment ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Non. Bon, bah écoute, tant mieux Pauline, tu peux parler.
- Speaker #0
Non, je pense que en plus, j'ai mis en place tout ce que je pouvais mettre en place. Je suis allée vraiment au maximum de ce que je pouvais faire de toute manière. Donc, j'ai zéro regret et oui, je referais exactement la même chose. D'autant plus que le fameux scénario catastrophe n'est pas arrivé. Donc, j'ai envie de dire tant mieux. Et ce scénario catastrophe n'est pas arrivé parce que j'ai mis les choses en place, effectivement. Donc, non, non, non. Ouais, j'ai pas de regrets et je referai pas différemment.
- Speaker #1
Trop bien. Et si t'avais, tu vois, avec du recul et avec ce que t'as vécu, ce que t'as aussi testé, mis en place, c'est quoi les... Mais tu vois, s'il y a une entrepreneur en face de toi qui s'apprête à vivre justement congé mat, etc. Ce serait quoi un peu les trois vérités que tu aurais envie de lui dire, qu'on dit un peu jamais, mais qu'elle aurait besoin d'entendre ?
- Speaker #0
Ne crois pas que tu ne vas pas perdre d'argent parce que tu vas en perdre.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
En tout cas, je pense que ça, c'est vrai pour 95%. des gérantes de TPE, en tout cas. Je précise parce que quand on a des plus grosses boîtes, on a une armée de personnes avec nous et donc là, c'est bien, bien, bien différent. Mais je pense que là-dessus, on est d'accord. Tu n'auras pas le choix que d'apprendre à lâcher le contrôle parce que tu ne contrôleras plus rien. Ou presque.
- Speaker #1
Mais ça, c'est génial. Contrôle fric, c'est un bain de thérapie. Tu vois ? Tu me vends du rêve, Pauline. Oui,
- Speaker #0
je te le dis.
- Speaker #1
En gros, là, tu es en train de nous dire si vous voulez arrêter d'être contrôle fric, faites un bébé. Oui, clairement.
- Speaker #0
Génial. Oui, évidemment. Évidemment, complètement. Et là, c'est les deux grosses vérités qui viennent.
- Speaker #1
Oui. C'est déjà pas mal. Tu nous as partagé... pas mal d'infos et merci beaucoup pour ta transparence et ton honnêteté sur tous ces sujets-là. Avant qu'on pourrait parler pendant des heures de ce sujet, mais avant qu'on se quitte, est-ce qu'il y a une question que tu aurais aimé que je te pose et que je ne t'ai pas posée ou que j'ai oublié de te poser et que tu aurais aimé partager ?
- Speaker #0
Peut-être. Est-ce que j'ai eu le choix vraiment de mes dates de congé maternel ?
- Speaker #1
Voilà. Je te la pose. Est-ce que tu as eu le choix de tes dates ?
- Speaker #0
Oui, par la sécu, mais non par les contraintes de l'entreprise. C'est-à-dire que déjà, j'ai pas pris... C'est quoi ? C'est 16 semaines ? J'ai pas pris 16 semaines, j'en ai pris 13. C'est pas énorme, j'en ai pas pris beaucoup moins que la moyenne, mais j'en ai quand même pris moins. Et surtout... j'ai finalement balisé mes dates autrement. Comme je disais au début de l'épisode, je voulais au départ partir le plus tard possible pour rentrer le plus tard possible. Je vais donner des dates entre guillemets. Ça me faisait partir mi-septembre et ça me faisait revenir début janvier. Mais finalement, j'ai choisi de partir mi-août pour revenir fin novembre. Oui, mais qu'est-ce que ça change ? En fait, ça change qu'au mois d'août, il ne se passe rien. D'un point de vue business, c'est le moment le plus mort, en tout cas chez moi. Donc, je trouvais que c'était plutôt opportun de s'arrêter à ce moment-là. D'autant plus que comme j'ai eu en plus une grossesse un peu complexe et tout, je me suis dit que ce n'est pas plus mal que je n'ai pas grand-chose à gérer sur la boîte, sur cette période pour me reposer vraiment. Spoiler, je ne me suis pas reposée. Je n'ai pas travaillé.
- Speaker #1
Oui, mais il y avait deux.
- Speaker #0
plein de choses autour qui ont fait que je me suis dit voilà bref peu importe et j'ai repris du coup fin novembre parce que je me suis dit si je veux préparer janvier il me faut du temps or je pense que si j'étais partie mi-septembre pour revenir en janvier oui j'aurais pu accélérer entre guillemets sur le chiffre d'affaires notamment jusqu'en début septembre mais après j'aurais été embêtée de reprendre qu'en janvier alors qu'en janvier c'est le début de l'année et je pense que là aussi c'est un moment un peu pire ou important Et moi, je voulais avoir la main sur ce moment pivot. Tu vois ?
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Donc, ça, c'est un pain.
- Speaker #1
C'est bien que tu aies pu avoir le choix. Et du coup, c'est quoi ? Tu t'envoies à la CPAM que tu veux changer tes dates, quoi. En gros.
- Speaker #0
En fait, non, parce que je n'avais pas encore envoyé mes dates.
- Speaker #1
Ah, ok.
- Speaker #0
Voilà. Mais moi, je m'étais posée, si tu veux, dans mon agenda, en gros, des dates spécifiques. Et au final, je n'ai pas du tout pris ces dates-là.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
parce que je me suis dit, wow, wow, stratégiquement, ça ne le fait pas bowling. Et là, c'est une des injustices entre guillemets de salariat versus entrepreneur. Mais moi, par exemple, j'ai eu que six semaines en post-natal. C'est très peu. C'est vraiment très, très peu. On ne se rend pas compte. Mais parce que moi, en plus, il est arrivé à J5 de la date initiale. Bon, ça, c'est le jeu. C'est la nature. C'est comme ça. Mais six semaines. Wow. C'est... C'est... pas beaucoup, tu vois. Mais j'avais le choix de prolonger encore ce que je pouvais. Mon obstétricien, en gros, pouvait très bien me prolonger de 15 jours. Mais je ne l'ai pas fait parce que je me suis dit d'une certaine façon, je n'ai pas le choix. Il faut que je reprenne là. Parce qu'il y a trop d'affaires préparées dans la vie. Ce n'est pas gérable en fait. Donc, tu reprends quand même. Il y a aussi des réalités comme ça.
- Speaker #1
Mais écoute... En tout cas, moi, je te souhaite plein de belles choses pour cette année qui commence. Tu as déjà mis beaucoup de choses en place en peu de temps, finalement, avec ta nouvelle offre. Donc, je pense qu'il y a pas mal de choses qui vont arriver. En tout cas, prends soin de toi. Merci beaucoup pour ton partage, pour ta transparence. Et je te dis à très vite.
- Speaker #0
À très vite, Lola. Bye bye.
- Speaker #1
Merci beaucoup d'avoir écouté cet épisode de CEO Recto Verso. Si cette conversation vous a inspiré, touché ou donné matière à réfléchir, pensez à lui laisser une note 5 étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée ou à le partager autour de vous, car c'est ce qui aide le podcast à grandir et c'est aussi une belle manière de soutenir mon travail. Vous pouvez également me retrouver sur LinkedIn ou sur notre site internet agent-kiancia.com. On se retrouve très vite pour un prochain épisode et je vous dis à bientôt.